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Évangile et Évangélisation

 

Regroupement d’articles

 

E.A. Bremicker

ME 2006 p. 275-280 + ME2006 p.289-294

 

Table des matières abrégée :

1      Une grande mission, ou La grande commission

2      Notre Dieu Sauveur

 

Table des matières détaillée :

1      Une grande mission, ou La grande commission

1.1       L’Évangélisation : Manière et Contenu — Marc 16:15

1.1.1     Qui donne cette mission ?

1.1.2     À qui est-elle donnée ?

1.1.3     Allez

1.1.4     Dans tout le monde

1.1.5     Prêchez

1.1.6     L’évangile

1.1.7     À toute la création

1.2       Envoyés par le Seigneur

1.2.1     Matthieu 28:18, 19

1.2.2     Marc 16:15

1.2.3     Luc 24:46-48

1.2.4     Jean 20:21

1.2.5     Actes 1:8

2      Notre Dieu Sauveur

2.1       Dieu désire sauver tous les hommes

2.2       Le plan de salut de Dieu

2.3       Par pure grâce

2.4       Orner l’enseignement

2.5       Notre Dieu sauveur

 

 

1         Une grande mission, ou La grande commission

1.1       L’Évangélisation : Manière et Contenu — Marc 16:15

ME2006 p.289-294

« Et il leur dit : Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création » (Marc 16:15).

 

Cette mission a presque 2000 ans, mais elle n’a rien perdu de son actualité. Le Seigneur ressuscité, par ces paroles, met au cœur de ses disciples de porter le message de l’évangile dans tout le monde. Pourrait-il y avoir une mission plus importante ?

Les disciples avaient vécu trois ans avec le Seigneur Jésus. Ils avaient entendu comment il avait parlé aux foules, lui le parfait prophète de Dieu. Ils avaient vu comment il avait guéri et sauvé des hommes. Ils avaient été témoins de sa crucifixion, puis l’avaient vu au milieu d’eux ressuscité. Leur Seigneur était le Vainqueur de la mort. Tout d’abord, ils n’avaient pas voulu croire en sa résurrection — et le Seigneur avait même dû leur reprocher leur incrédulité et leur dureté de cœur (16:14). Néanmoins, ils reçoivent maintenant cette grande mission : aller dans tout le monde pour annoncer le message de la croix.

Aucun de nous n’a vu le Seigneur Jésus de ses propres yeux. Et pourtant tous ceux qui l’ont accepté par la foi ont eu une rencontre personnelle avec lui. Nous le connaissons comme celui qui est mort, qui a été enseveli et qui est ressuscité victorieux. Tout cela nous l’avons saisi par la foi et par le cœur. Et par les yeux de notre cœur, nous pouvons le voir maintenant dans le ciel à la droite de Dieu.

Celui dont le cœur est rempli de la personne de son Sauveur en parle aussi. Si, d’une part, notre privilège est d’ouvrir notre bouche devant lui pour lui dire notre reconnaissance pour ce qu’il a fait de nous, d’autre part, n’oublions pas qu’il nous a donné la mission d’aller dans le monde pour apporter aux hommes la bonne nouvelle. C’est le sujet qui est maintenant devant nous.

 

1.1.1        Qui donne cette mission ?

C’est le Seigneur Jésus lui-même. C’est Celui qui, sur cette terre, a parlé aux hommes de la part de Dieu. C’est Celui qui, comme preuve de son amour envers chacun de nous, a donné sa vie sur la croix, est entré dans la mort, a été enseveli, a été ressuscité victorieux et a été élevé dans le ciel. N’est-il pas en droit de donner une telle mission ? Et ceux qu’il a rachetés ne doivent-ils pas l’accomplir ? Pourrions-nous la lui refuser ?

 

1.1.2        À qui est-elle donnée ?

Lorsqu’il a prononcé ces paroles, le Seigneur s’adressait en premier lieu aux onze disciples. Quelle sorte d’hommes étaient-ils donc ? Tous avaient abandonné leur Seigneur en face du danger. Pierre l’avait même renié. Lorsqu’il s’agissait d’ensevelir le Seigneur, aucun d’eux n’avait eu le courage de demander son corps. Et lorsque sa résurrection leur avait été annoncée, ils n’avaient pas cru (v. 11-13). Le Seigneur avait dû leur reprocher leur incrédulité. Était-il possible de donner une mission aussi importante à des messagers si imparfaits ? Le Seigneur l’a fait malgré tout. Nous ne sommes pas meilleurs que les disciples — certes pas. Et pourtant, Jésus veut aussi employer aujourd’hui des gens faibles et indignes comme nous. Nous n’avons en nous-mêmes aucune qualification pour le service et pour le témoignage. Mais le Seigneur veut nous en rendre capables.

 

1.1.3        Allez

Le Seigneur Jésus dit expressément : « Allez ». Cela signifie que nous devons nous lever et nous déplacer. Nous ne devons pas attendre que les gens viennent vers nous, ni nous contenter de les faire venir. C’est à nous de prendre l’initiative d’aller. Il y a un champ d’activité du chrétien à l’extérieur, sur le terrain. Ce service commence là où le Seigneur nous place. Aller signifie : être actif. À ce propos, prenons garde de ne pas confondre activité avec activisme. Quand l’activité devient un but en soi, on ne fait que tourner à vide ou battre l’air. Si nous désirons être actifs, ce doit être par amour et par obéissance envers notre Seigneur qui a tout fait pour nous, et non pour satisfaire le désir charnel de nous mettre en avant.

 

1.1.4        Dans tout le monde

Le Seigneur dit : « Allez dans tout le monde ». Pour les disciples, c’était une dimension toute nouvelle. Ils étaient habitués à penser dans les limites d’Israël, et le service de Jésus lui-même n’avait, jusqu’à ce moment, pas été au-delà de ces limites. Mais la grande mission qu’il leur donnait maintenant faisait éclater ces limites. Cependant, soyons attentifs au fait que « tout le monde » commence à la maison. C’est d’abord là où nous vivons que nous devons rendre témoignage au Seigneur Jésus. C’est là que commence notre « champ missionnaire ». Le Seigneur ne peut employer que ceux qui sont fidèles dans les petites choses, et il conduira chacun comme il le trouvera bon, selon sa sagesse.

 

1.1.5        Prêchez

Le « moyen » par lequel l’évangile est répandu est la prédication. Le Seigneur dit : « Allez... et prêchez ». Paul nous dit plus tard que « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). D’où l’exhortation à Timothée : « Prêche la parole » (2 Tim. 4:2). Nous n’avons pas à apporter aux hommes un évangile adapté au siècle dans lequel nous vivons, mais la parole de Dieu. Et pour cela, il n’est nullement nécessaire d’être un prédicateur professionnel. Parfois nous avons l’occasion d’apporter l’évangile à quelqu’un dans un entretien personnel. C’est toujours là un très bon moyen. Il y a aussi ces « prédicateurs silencieux » que constitue un traité ou une brochure évangélique. Enfin, n’oublions pas que toute notre attitude, tous nos faits et gestes, doivent être une prédication visible (cf. Phil. 2:15).

 

1.1.6        L’évangile

La « bonne nouvelle » est « l’évangile du salut », parce qu’elle apporte la délivrance à l’homme perdu. Elle est « l’évangile de la grâce de Dieu » parce qu’elle révèle que Dieu est plein de grâce envers le pécheur. Par elle, l’homme apprend que si le Dieu juste et saint peut lui offrir le salut et la vie, c’est parce qu’il a donné son propre Fils comme propitiation pour ses péchés. L’appellation « évangile de Dieu » nous montre que Dieu en est la source; et c’est « l’évangile de Jésus Christ » parce que Celui-ci en est le centre. Et depuis que le Seigneur Jésus est glorifié dans le ciel, l’évangile comprend non seulement le message adressé à ceux qui sont perdus, mais il proclame aussi toutes les richesses que Dieu a données à celui qui croit en Christ (cf. Rom. 1:15). Combien riche est cette « bonne nouvelle » de Dieu qui nous est annoncée ! Et c’est précisément ce message que nous avons à transmettre.

 

1.1.7        À toute la création

Le message de Dieu s’adresse au monde entier, à tous les êtres humains. Il n’y a pas un homme sur la terre auquel ce message ne s’adresse pas. Tous peuvent et doivent venir. Tous sont invités. « La grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2:11). Peu importe leur race, leur nationalité ou leur position sociale, la bonne nouvelle de Dieu est pour chacun d’eux. Il veut tous les sauver. La seule condition est qu’ils reconnaissent qu’ils sont perdus. Le Seigneur Jésus a dit : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Marc 2:17).

Prenons-nous au sérieux, chacun pour soi-même, la mission confiée par le Seigneur à ses disciples ? Il n’est pas question de ce que fait mon frère ou ma sœur, mais il est question de ce que j’ai à faire moi- même. Après avoir chargé ses disciples de cette mission, le Seigneur « fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu » (v. 19). L’évangile de Marc s’achève en nous montrant les disciples obéissants à l’ordre reçu : « Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant la parole par les signes qui l’accompagnaient » (v. 20).

En terminant, souvenons-nous des paroles des quatre hommes lépreux d’Israël qui, étant venus dans le camp des Syriens et ayant vu la grande délivrance que Dieu avait opérée en faveur de tout le peuple, avaient d’abord gardé cela pour eux-mêmes : « Et ils se dirent l’un à l’autre : Nous ne faisons pas bien. Ce jour est un jour de bonnes nouvelles, et nous nous taisons. Si nous attendons jusqu’à la lumière du matin, l’iniquité nous trouvera » (2 Rois 7:9). Quelques jours après l’ascension du Seigneur, deux des disciples disent : « Nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (Act. 4:20). Que ces paroles nous encouragent à accomplir fidèlement l’ancienne mission donnée par le Seigneur !

 

 

1.2       Envoyés par le Seigneur

ME 2006 p. 275-280

Le message de la croix est prêché dans ce monde depuis presque deux mille ans, et nous pouvons en remercier le Seigneur de tout notre cœur. Dieu est un « Dieu sauveur » et il « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim. 2:4). Dans ce but, il a partout dans ce monde ses messagers qui annoncent l’évangile du salut.

Le Seigneur ressuscité lui-même en a confié la mission à ses disciples. C’était un ordre clair et pressant.

Cet ordre n’était pas seulement pour les disciples d’alors ; il est encore actuel. Il ne concerne pas seulement les missionnaires et les évangélistes ; il est pour chacun de nous. Nous sommes tous tenus de publier la parole de la croix ; nous avons à reluire « comme des luminaires dans le monde, présentant la parole de vie » (Phil. 2:16).

Tous n’ont pas le don d’évangéliste. Tous ne sont pas appelés à travailler en terre missionnaire. Toutefois, là où Dieu nous place, nous devons être les témoins du Seigneur, par notre comportement et par nos paroles.

La mission que le Seigneur a confiée aux siens est de toute importance. Dans les récits du Nouveau Testament, nous le voyons la donner à trois reprises à ses disciples :

1° le soir même de sa résurrection,

2° sur la montagne en Galilée,

3° juste avant son ascension.

Les quatre évangiles mentionnent ce fait, de même que le livre des Actes. Ces cinq passages montrent l’importance que le Seigneur donne à cet ordre et la responsabilité qu’il lui rattache. Chacun d’eux, considéré dans les détails qui lui sont propres, a un enseignement particulier pour nous. En les comparant, nous découvrons les points sur lesquels le Seigneur met tout spécialement l’accent.

 

1.2.1        Matthieu 28:18, 19

« Et Jésus, s’approchant, leur parla, disant : Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, et faites disciples toutes les nations ».

Cet évangile souligne particulièrement la mission donnée par le Seigneur. Toutes les nations doivent être faites « disciples ». Il s’agit d’accepter l’autorité de Celui qui est le Seigneur, et de le suivre. La mention des « nations » correspond au caractère particulier de l’évangile de Matthieu. Nous avons donc la tâche d’amener des hommes à être disciples du Seigneur Jésus. Être un disciple implique de se laisser instruire par le Maître, et de le suivre.

Il ne s’agit donc pas d’annoncer le message du salut aux hommes et de les abandonner ensuite à eux-mêmes. Le témoignage des chrétiens devrait amener ceux qui acceptent l’évangile à devenir véritablement des disciples du Seigneur Jésus, à apprendre de leur Maître et à le suivre. C’est seulement ainsi que le nombre de témoins pourra se multiplier. Cet aspect des choses a souvent été négligé. Par exemple, lorsqu’on a envoyé des missionnaires, on a parfois oublié que Jésus est non seulement le Sauveur, mais aussi le Seigneur que nous avons à suivre et dont nous avons à apprendre.

 

1.2.2        Marc 16:15

« Et il leur dit : Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création ».

Le récit de Marc met l’accent sur l’étendue de la proclamation de l’évangile. La mission n’est pas limitée au peuple juif. Le Seigneur parle de « tout le monde » et de « toute la création ». Pour les disciples, c’était nouveau. Jusqu’alors, Dieu s’était révélé à son peuple Israël, mais non pas aux autres nations. L’Ancien Testament avait déjà annoncé que le Christ apporterait le salut jusqu’au bout de la terre (cf. És. 45:22 ; 49:6). Toutefois, le fait que Juifs et nations seraient au bénéfice du même salut était tout à fait nouveau.

Les disciples devaient aller et annoncer l’évangile à tous. « Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes » (Tite 2:11). Personne n’est exclu. Dieu offre son salut à tous, sans exception. Tous ne le reçoivent pas, mais c’est une autre affaire. Parlant de la justice de Dieu, Paul écrit qu’elle est « par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient » (Rom. 3:22). « Envers tous » signifie qu’elle est offerte à tous les hommes. « Sur tous ceux qui croient » indique que son effet n’est que pour ceux qui acceptent le salut de Dieu par la foi en Jésus Christ.

 

1.2.3        Luc 24:46-48

« Et il leur dit : Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Et vous, vous êtes témoins de ces choses ».

Le récit de Luc mentionne spécialement le message qui doit être transmis. Les disciples avaient été témoins de ce qui était arrivé à Jérusalem. Ils avaient assisté aux souffrances de leur Seigneur et Maître et avaient vu comment il avait donné sa vie sur la croix. Ils avaient eu la grande joie de le voir ressuscité. Voilà ce qu’ils devaient transmettre. Mais plus encore : ils devaient prêcher au nom du Seigneur Jésus « la repentance et la rémission des péchés ».

Remarquons qu’il ne leur est pas expressément dit de proclamer l’amour de Dieu ou d’inviter les hommes à faire entrer Jésus dans leur vie — choses que l’on entend parfois et qui peuvent avoir leur place dans l’annonce de l’évangile. Le point central du message était, et reste pour tous les temps, « la repentance et la rémission des péchés ». L’homme est pécheur. Il a besoin de pardon. Pour cela, la repentance — la profonde tristesse à l’égard de tout le mal que l’on a commis — est indispensable. Il faut une vraie conversion. Ne pas dire clairement cela aux hommes, c’est manquer à l’ordre du Seigneur. Ce message n’est pas toujours agréable à entendre, mais il est nécessaire.

 

1.2.4        Jean 20:21

« Jésus donc leur dit encore : Paix vous soit ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

L’évangile de Jean souligne une autre pensée : le fait que nous sommes des envoyés. Le Seigneur Jésus lui-même était l’envoyé du Père. Et comme il a été envoyé, il envoie maintenant ses disciples. En venant d’auprès de lui, ils avaient maintenant à aller dans le monde, afin d’annoncer l’évangile aux hommes.

Lorsqu’il apparaît au milieu des siens, le Seigneur exprime d’abord les mots rassurants : « Paix vous soit ! » C’est parce que nous possédons la paix avec Dieu et que nous jouissons de cette paix que nous pouvons aller comme les envoyés du Seigneur. Cela signifie que nous n’allons pas de notre propre chef, mais sous l’autorité de Celui qui nous a mandatés. Cela signifie aussi que nous n’apportons pas notre propre message, mais le message de celui qui nous l’a confié. Nous n’appartenons pas à ce monde, mais nous avons une mission importante à remplir à son égard — et nous avons à le faire aussi longtemps que celui qui nous envoie le jugera bon.

 

1.2.5        Actes 1:8

« Vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre ».

Luc, l’auteur inspiré, met ici en évidence la puissance dont vont être revêtus les témoins. Les disciples en avaient grand besoin pour accomplir leur mission. Quant à eux-mêmes, ils étaient sans force pour y faire face, mais la puissance nécessaire leur serait donnée d’en haut. Le Seigneur explique comment elle allait venir sur eux. L’Esprit Saint qui habiterait bientôt en eux serait la source de cette puissance, pour que leur témoignage soit vivant et efficace.

Jusqu’à aujourd’hui, les choses n’ont pas changé. Ce n’est pas en nous-mêmes que nous trouvons la puissance nécessaire à notre témoignage. Mais le même Esprit, celui que les disciples ont reçu le jour de la Pentecôte, habite aussi en nous, prêt à nous donner la force nécessaire. Nous déplorons aujourd’hui, et avec raison, notre grande faiblesse et notre manque de courage. Mais cela n’est en tout cas pas dû au fait que l’Esprit Saint ait changé. Il est aujourd’hui aussi puissant qu’alors. Recherchons en nous les causes de cette faiblesse. Si nous ne permettons pas à l’Esprit Saint de déployer sa puissance dans notre vie, si des obstacles comme des péchés non jugés ou une vie mondaine entravent son action, alors notre témoignage restera faible. Jugeons-nous nous-mêmes et laissons agir le Saint Esprit. Aujourd’hui encore, il peut produire un témoignage puissant et énergique.

 

La façon dont chaque croyant accomplit l’ordre donné par le Seigneur peut être différente. L’un le fait publiquement, l’autre de façon cachée. Celui qui n’a pas de facilité d’élocution peut aussi annoncer l’évangile en distribuant des traités. Mais quoi qu’il en soit, il est essentiel que nous soyons tous des témoins par notre façon de vivre. Il est important que nous allions effectivement, que nous acceptions d’être envoyés et que nous témoignions. Toutes ces expressions employées par le Seigneur parlent de mouvement. La vie chrétienne n’est pas une paisible vie de salon. Nous ne sommes pas appelés à attendre que les gens viennent à nous. Nous devons aller à eux avec un message. Encourageons-nous à cela.

 

 

2         Notre Dieu Sauveur

ME 2005 p. 233-237

 

Les vrais chrétiens, ceux qui ont trouvé le salut et la vie dans le Seigneur Jésus, ne sont pas liés seulement à leur Seigneur et Sauveur ; ils ont aussi été placés dans une relation consciente avec le grand Dieu des cieux, une relation dont ils peuvent jouir. Dieu est devenu, en Christ, notre Père. C’est la vérité capitale qui réjouit le cœur de chaque croyant, de chaque enfant de Dieu. Cette relation est le privilège des croyants qui vivent dans le temps de la grâce. Après sa résurrection, le Seigneur a fait dire aux siens : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17).

Cependant, bien que Dieu se soit révélé à nous comme Père et que nous le connaissions comme tel, il se présente aussi à nous autrement, dans plus d’un passage du Nouveau Testament. L’un des titres qui lui sont donnés est celui de « Dieu sauveur ». L’apôtre Paul utilise quatre fois cette expression dans ses lettres à Timothée et à Tite et nous désirons nous y arrêter quelque peu.

 

2.1       Dieu désire sauver tous les hommes

Déjà dans l’Ancien Testament, Dieu s’était présenté comme Sauveur. Par la bouche du prophète Ésaïe, il avait dit : « Hors moi il n’y a pas de Dieu ; — de Dieu juste et sauveur, il n’y en a point si ce n’est moi » (45:21). Paul — conduit par l’Esprit Saint — élargit cette pensée en parlant de « notre Dieu sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim. 2:3:4). Ainsi, notre Dieu est un Dieu qui sauve, et qui désire que tous les hommes soient sauvés. Sa grâce est apparue dans la personne du Seigneur Jésus, et « apporte le salut... à tous les hommes » (Tite 2:11). Elle les appelle. Son salut est assez vaste pour inclure tous ceux qui viennent à lui et qui l’acceptent.

Mais Dieu est aussi un Dieu juste. L’épître aux Romains nous révèle « la justice... de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient » (3:22). Le Dieu sauveur offre donc son salut à tous les hommes, mais ce salut ne devient réalité que pour ceux qui l’acceptent par la foi. Dieu tend sa main salvatrice à tous les hommes. Et pour échapper à la perdition éternelle, il faut la foi qui saisit cette main.

 

2.2       Le plan de salut de Dieu

Ce plan divin pour sauver les hommes de la perdition éternelle, autrement dit de l’éloignement éternel d’avec Dieu, date de l’éternité passée et il étend ses conséquences jusque dans l’éternité à venir. Paul y fait allusion tout au début de l’épître à Tite. Il parle de « l’espérance de la vie éternelle que Dieu, qui ne peut mentir, a promise avant les temps des siècles... ; mais il a manifesté, au temps propre, sa parole, dans la prédication qui m’a été confiée à moi selon le commandement de notre Dieu sauveur » (Tite 1:2:3). Dieu ne veut pas seulement sauver les hommes, c’est-à-dire les faire échapper à l’immense danger dans lequel ils vivent, mais il veut faire beaucoup plus : il promet la vie éternelle. Ceux qui étaient autrefois des pécheurs perdus, des ennemis de Dieu, seront un jour dans la gloire et pourront jouir de cette vie éternelle — qui est déjà notre possession actuelle — dans une forme parfaite et sans aucun obstacle. Dieu a fait cette promesse à son Fils avant les temps des siècles, c’est-à-dire dans l’éternité passée, et elle trouvera sa pleine réalisation dans l’éternité à venir. « Au temps propre », c’est-à-dire dans la période dans laquelle nous vivons, Dieu l’a manifestée.

L’apôtre Paul a été l’instrument particulièrement choisi par le Dieu sauveur et utilisé pour atteindre les hommes par la prédication de l’évangile. Il peut rendre témoignage qu’il avait annoncé « tout le conseil de Dieu » (Act. 20:27). Cette prédication se continue aujourd’hui, elle nous a été conservée. Nous possédons la parole écrite de Dieu et par elle nous avons connaissance de tout le plan divin du salut.

 

2.3       Par pure grâce

Le centre du plan de salut que Dieu a conçu, c’est le Seigneur Jésus. Les bénéficiaires, ce sont les croyants. Aucun de ceux qui ont accepté ce salut ne l’a reçu en vertu d’un mérite quelconque. C’est par la bonté et l’amour de notre Dieu sauveur que nous avons reçu le salut et la vie. L’apôtre écrit : « Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur le principe d’œuvres accomplies en justice, que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde, par le lavage de la régénération et le renouvellement de l’Esprit Saint » (Tite 3:4, 5). Nos cœurs devraient être touchés quand nous méditons de telles paroles. Nous n’avions rien à présenter à Dieu, si ce n’est notre culpabilité et notre péché. Et pourtant nous sommes devenus les objets de la bonté et de l’amour de notre Dieu sauveur. Notre Dieu est un Dieu de bonté, il fait grâce. La grâce est toujours imméritée. Et c’est sa grâce que nous avons reçue. Notre Dieu est un Dieu d’amour. Et nous sommes les objets de cet amour incompréhensible. Quelles raisons nous avons de le remercier chaque jour pour cela !

Dieu n’a pas seulement fait preuve de bonté et d’amour, mais aussi de miséricorde. Ce mot évoque la misère et la détresse de celui qui en est l’objet. Nous étions dans un état de perdition totale et Dieu a eu compassion de nous. Zacharie, le père de Jean le baptiseur, en parle déjà quand il dit : « ...par les entrailles de miséricorde de notre Dieu, selon lesquelles l’Orient d’en haut nous a visités » (Luc 1:78). Oui, notre Dieu est « riche en miséricorde » (Éph. 2:4).

 

2.4       Orner l’enseignement

Nous sommes devenus les objets de la grâce, de l’amour et de la miséricorde immérités de notre Dieu sauveur. Cela devrait nous inciter chaque jour à la louange, à la reconnaissance et à l’adoration, de façon toujours renouvelée. Mais il s’y lie une autre conséquence pratique. Dieu désire que notre vie quotidienne soit en accord avec ce que nous avons reçu. L’apôtre invite Tite à exhorter les esclaves à montrer « toute bonne fidélité », « afin qu’ils ornent en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur » (2:10). Bien sûr, ceci n’est pas valable seulement pour les serviteurs ou les esclaves. Il y a là un principe général. Dieu veut que, dans toutes les circonstances de notre vie, où que nous allions, nous nous comportions de manière à ne pas ternir le témoignage de notre Dieu sauveur. Par notre conduite, nous pourrions être un obstacle à ce que d’autres hommes reçoivent ce salut. Mais nous pouvons aussi leur être en aide par notre attitude. Par notre vie quotidienne, que ce soit au travail, aux études, à la maison ou dans nos loisirs, nous pouvons orner l’enseignement de notre Dieu sauveur.

En sommes-nous toujours conscients ? Nous rencontrons chaque jour beaucoup d’êtres humains. Certains d’entre eux, nous les connaissons, d’autres nous ne les voyons qu’une fois. Notre Dieu voudrait tous les sauver. Que ce soient nos collègues de travail, nos camarades d’étude, nos voisins ou tous ceux qui se pressent autour de nous dans la cohue de la ville — Dieu les voit tous. Chacun d’eux est une créature de Dieu qu’il désire sauver. Que nous soyons pour cela des aides et non des entraves !

 

2.5       Notre Dieu sauveur

Pour terminer, remarquons encore que Paul, dans les quatre passages où il parle du Dieu sauveur, dit : « notre Dieu sauveur ». Le Dieu qui sauve et apporte le salut n’est pas un Dieu anonyme. Il a placé ceux qui ont accepté sa grâce dans une relation intime avec lui. Si nous avons reçu le salut, nous pouvons parler avec une profonde conviction de notre Dieu sauveur. Nous avons un salut commun (Jude 3), une foi commune (Tite 1:4) et un Dieu sauveur commun. Quel motif constant de joie et de reconnaissance !