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UN JARDIN CLOS — UNE FONTAINE SCELLÉE

 

Cantique des cantiques  4:12-15

 

Bremicker E.A.

ME 2000 p. 219-224

Table des matières :

1       Un jardin clos

2       Une fontaine scellée

 

Dans ce passage du Cantique des cantiques, le fiancé compare sa fiancée à « un jardin clos », à « une source fermée » et à « une fontaine scellée ». La fiancée est d’abord un type du résidu juif pieux de la fin, et le fiancé, une figure de l’Éternel, le Dieu d’Israël (cf. Osée 2:16-23). Dans le Nouveau Testament, cependant, nous trouvons une relation similaire entre Christ et l’Église : elle est la femme de l’Agneau (Apoc. 19:7), l’Assemblée que Christ a aimée jusqu’à se livrer lui-même pour elle (Éph. 5:22-33). Puisque « toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction » (Rom. 15:4), nous pouvons considérer ces types pour notre plus grand profit et pour notre bénédiction.

 

1         Un jardin clos

Un jardin est aménagé dans le but de procurer de la joie à son propriétaire et de produire du fruit. Le cœur du croyant peut être comparé à un jardin. Dans la parabole du semeur, le cœur de l’homme est le terrain sur lequel est semée la parole de Dieu (Matt. 13:3-9, 18-23). Paul nomme l’assemblée à Corinthe le « labourage de Dieu », que l’apôtre lui-même avait planté et qu’Apollos avait arrosé (1 Cor. 3:6-9 ; cf. Jacq. 1:21 ; 1 Pierre 1:23).

La semence de l’évangile répandue parmi les Colossiens avait porté du fruit (Col. 1:6). Nous avons été placés dans la liberté « afin que nous portions du fruit pour Dieu » (Rom. 7:4). Ce bon « fruit » est produit « dans la sainteté » (Rom. 6:22) c’est le « fruit de l’Esprit » (Gal. 5:22), le « fruit de la justice, dans la paix » (Jacq. 3:18).

« Tes plants sont un paradis de grenadiers et de fruits exquis, de henné et de nard, de nard et de safran, de roseau odorant et de cinnamome, avec tous les arbres à encens ; de myrrhe et d’aloès, avec tous les principaux aromates » (Cant. 4:13, 14). Parmi les « fruits exquis », les grenades sont évoquées d’abord. Ce fruit est mentionné pour la première fois en Exode 28:33, comme garniture sur les bords de la robe de l’éphod du souverain sacrificateur. Des sculptures de ce fruit contribueront plus tard à l’ornementation du temple de Jérusalem (1 Rois 7:18). La grenade était un fruit caractéristique du pays de Canaan ; elle est, par conséquent, une belle image du fruit spirituel que peuvent porter tous ceux qui croient au Seigneur Jésus et vivent dans sa communion (cf. Jean 15:1-8).

Les aromates énumérés ensuite sont presque tous mentionnés en rapport avec la sacrificature lévitique. En Exode 30:22-33, Moïse devait prendre, pour la préparation de l’huile de l’onction sainte, de la myrrhe franche, du cinnamome aromatique, du roseau aromatique, de la casse et de l’huile d’olive ; les versets 34 à 38 mentionnent le stacte, la coquille odorante, le galbanum et les drogues odoriférantes comme composants de l’encens saint. Cela reporte nos pensées sur la scène de Jean 12:3, où Marie oignit les pieds de son bien-aimé Seigneur d’un parfum de nard pur de grand prix. Le Père cherche des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Voilà l’odeur agréable que nous pouvons faire monter vers lui et qui le réjouit.

Notre attention est particulièrement attirée par l’encens et la myrrhe, ces deux aromates que, outre l’or, les mages ont offerts au roi d’Israël qui venait de naître, en lui rendant hommage (Matt. 2:11).

L’encens ne devait pas manquer dans l’offrande de gâteau (Lév. 2:1 ; 6:8) — l’image de la vie pure et parfaite du Seigneur Jésus. L’encens préfigure l’odeur agréable que le Père trouvait dans la vie terrestre de son Fils bien-aimé. Non seulement ses souffrances et sa mort, mais aussi sa vie entière a été pour Dieu un « parfum de bonne odeur » (cf. Éph. 5:2).

La myrrhe, par contre, oriente nos pensées vers l’intensité des souffrances de notre Sauveur. Il en est parlé lors de la scène de la crucifixion : « Et ils lui donnèrent à boire du vin mixtionné de myrrhe ; mais il ne le prit pas » (Marc 15:23). Il n’a voulu prendre que la coupe que le Père lui avait donné à boire, et il l’a bue entièrement (cf. Jean 18:11). Et quand l’œuvre douloureuse de la croix a été pleinement accomplie, Nicodème est venu pour ensevelir le corps de Jésus, « apportant une mixtion de myrrhe et d’aloès » (Jean 19:39).

Ces fruits et ces aromates, qui réjouissent le Père et le Fils, ne peuvent croître que dans « un jardin clos ». Aucun étranger ne doit y avoir accès, non plus que « les petits renards qui ravagent les vignes » (Cant. 2:15). Un jardin clos ! Peut-il y avoir une illustration plus éloquente pour nous faire comprendre la nécessité de notre séparation du monde et du mal ? Quelle perte quant au fruit et à l’adoration que le Seigneur attend, si son jardin dans notre cœur n’est pas fermé aux mauvaises influences du dehors !

Dans la vision qui est montrée du temple millénaire, Ézéchiel voit un mur entourant la maison, « pour séparer ce qui était saint et ce qui était profane » (Ézéch. 42:20). De même aussi notre cœur doit être un « jardin clos », à l’abri de toute influence corruptrice. C’est ainsi seulement qu’il produira du fruit pour Dieu.

 

2         Une fontaine scellée

La fiancée est aussi comparée à une source fermée, à une fontaine scellée (v. 12). Un peu plus loin, elle est appelée « une fontaine dans les jardins » et « un puits d’eaux vives » (v. 15). Nous avons là une autre image qui trouve aussi son interprétation dans la parole de Dieu.

Dans l’évangile selon Jean, le Seigneur Jésus parle à deux reprises de sources d’eau. La première fois, à la fontaine de Sichar, il déclare à une femme pécheresse comment la soif de son âme peut être étanchée : « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais ; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jean 4:13, 14). Il est le grand Donateur ; et il donne « l’eau vive » à celui qui croit en lui (v. 10).

Dans l’Ancien Testament on trouve plus d’une fois « l’eau vive » (cf. Gen. 26:19 ; Jér. 2:13) — une source d’eau jaillissante, en contraste avec l’eau contenue dans les citernes. Dans le Nouveau Testament, « l’eau » est une image de la parole de Dieu dans son action purificatrice (Jean 3:5 ; 15:3 ; Éph. 5:26) ; « l’eau vive », par contre, est une image du Saint Esprit et de la vie qu’il communique. C’est la « vie en abondance » de laquelle le Seigneur parle en Jean 10:10 et qu’il souffle dans ses disciples, le jour de sa résurrection, en leur disant : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20:22).

Ce que le Seigneur donne a la puissance de transformer entièrement l’être humain. Non seulement la soif de l’âme est éternellement étanchée, mais le croyant possède désormais en lui-même une source d’eau qui jaillit en vie éternelle. Cela signifie que nous sommes dans une relation constante et vivante avec le Fils de Dieu qui est lui-même la vie éternelle (1 Jean 5:20). L’expression la plus élevée de cela est l’adoration du Père en esprit et en vérité, dont le Seigneur Jésus parle à la Samaritaine (Jean 4:20-24).

Plus tard, le huitième jour de la fête des tabernacles, le Seigneur Jésus crie à la foule rassemblée à Jérusalem : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ! Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre. (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié) » (Jean 7:37-39). De nouveau il est le Donateur, celui qui étanche la soif de l’âme, et de nouveau le croyant devient lui-même une source d’eau vive.

« Des fleuves d’eau vive » s’écoulent à travers lui, et cela pour la vivification et la restauration de ses semblables. Notre corps est non seulement le temple du Saint Esprit, mais il est aussi l’instrument par lequel notre âme et notre esprit se manifestent à l’extérieur. Les fleuves d’eau vive qui coulent à travers nous sont une image du témoignage que nous avons à rendre, dans la puissance de l’Esprit, aux richesses insondables de la grâce de Dieu. Ce ne doit pas être seulement un petit ruisseau qui s’écoule péniblement, mais ce que l’on a reçu soi-même peut et doit être un fleuve abondant.

Au temps d’Isaac, les Philistins avaient bouché les puits, de sorte qu’il n’y avait plus d’eau vive (Gen. 26:18). Jacques, dans son épître, pose la question : « Une fontaine fait-elle jaillir par une même ouverture le doux et l’amer ? » (Jacq. 3:11). Voilà deux dangers pour nous. Nous pouvons, hélas ! ressembler à ces puits bouchés desquels rien ou presque rien ne s’écoule à la gloire de notre Seigneur et en témoignage envers notre entourage. Et il peut aussi couler de nous non seulement des « fleuves d’eau vive », mais aussi beaucoup de choses qui sont bien loin d’être pour la bénédiction, pour l’édification et pour le profit de nos semblables.

Ceci nous amène peut-être à mieux comprendre l’expression « source fermée ». La « fermeture », s’il doit y en avoir une, ne doit pas entraver le cours du fleuve de la bénédiction, mais bien plutôt le protéger de la souillure et empêcher qu’il ne s’interrompe. Nous avons donc la même pensée avec la « source fermée » et avec le « jardin clos ». Tous deux nous parlent de la sainteté pratique et de la séparation du mal dans lesquels nous avons à marcher. Il faut que nous soyons des jardins clos ou des sources fermées pour que nos vies soient à la gloire de Dieu et en bénédiction à notre entourage.