Marie, une femme exemplaire — Jean 2:4-5

Dans tous les évangiles on voit le Seigneur prendre des distances dans ses relations vis-à-vis de sa mère, et plus généralement vis-à-vis de ses relations dans la chair (sa parenté) comme homme. En Matthieu (ch. 12 v.46-50) et en Marc (ch.3 v. 31-35), cela figure après le rejet du Seigneur par son peuple, marqué par le blasphème contre le Saint Esprit de ceux qui attribuaient Ses miracles au chef des démons ; en Luc cela figure plus tôt, non pas au ch. 11 où on trouve le même rejet, mais déjà au ch.8 (v.19-21) qui montre le nouveau service du Seigneur comme Semeur répandant la Parole de Dieu. Mais dans Jean, l'évangile du Fils de Dieu, où les détails de Sa naissance sont passés sous silence et où Son rejet figure dès le commencement (Jean 1 v.11), le Seigneur prend ses distances vis-à-vis de Sa mère déjà au ch. 2 (v.4), aux noces de Cana.

Quand nous disons qu'Il prend ses distances vis-à-vis de Sa mère, ce n'est pas qu'il y eut quoi que ce soit d'irrespectueux vis-à-vis d'elle, mais c'est comme le nazaréen de Nombres 6 qui ne goûtait plus du fruit de la vigne et qui laissait pousser cheveux, en signe qu'il ne participait plus aux joies humaines, mais se consacrait entièrement à l'Éternel et à son service, quand bien même cela lui faisait perdre sa dignité humaine.

Jean seul nous dit la réponse de sa mère vis-à-vis de cette prise de distance : elle ne dit rien au Seigneur, mais elle « dit aux serviteurs : faites tout ce qu'il vous dira » (v.5). Elle indique le seul chemin valable pour le croyant, écouter le Seigneur et Lui obéir en tout.

On est bien loin de ce qu'une partie de la chrétienté attribue (à tort bien sûr) à Marie, qualifiée de co-médiatrice, co-rédemptrice, reine des apôtres, centre du cénacle et du don du Saint Esprit en Actes 1 et 2.

Quel modèle d'acceptation de la position que le Seigneur lui attribue ! Elle ne murmure pas contre la parole du Seigneur du v.4 «qu'y a-t-il entre moi et toi, femme ?», qui manifeste cette prise de distance respectueuse, où Il indiquait à Sa mère que ce n'était pas à elle à Lui dire quand et en quoi Il avait à intervenir. Ce v. 5 de Jean 2 nous montre la pleine acceptation par Marie de la position que le Seigneur lui attribue, et où elle est ramenée à l'état de simple croyante, fidèle et disciple et servante du Seigneur, femme chrétienne, ne prenant pas la direction des opérations, – position de femme, fût-elle mère du Seigneur selon la chair, position d'humilité, position de dépendance et de modèle de dépendance : «FAITES TOUT CE QU'IL VOUS DIRA».

Tel est l'enseignement tiré de l'attitude de Marie, une femme exemplaire. Puissions-nous tous l'apprendre.