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COURTES MÉDITATIONS sur LES PSAUMES
considérés principalement sous leur caractère prophétique
par J. G. BELLETT
Des sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest dans l’Introduction, à la fin du Ps. 150 et dans la Conclusion
Table des matières abrégée :
7 LIVRE 5 : Psaumes 107 à 150 (sauf 107)
Table des matières détaillée :
2.1 Les Psaumes et la communion — l’exemple de Christ
2.2 Origine et portée des Psaumes
2.3 Importance morale des aspects prophétiques des Psaumes
2.4 Le Résidu d’Israël : ce qu’il est et ce qu’il sera
7 LIVRE 5 : Psaumes 107 à 150 (sauf 107)
7.19.12 Conclusion du Psaume 150
7.19.12.1 Le bonheur qui est la part du croyant
7.19.12.2 Ressources infinies à la disposition du croyant
8.1 Les Psaumes dépeignent les sentiments de Jésus
8.2 Les Psaumes et l’expérience chrétienne
8.3 L’état incurable de l’homme
8.4 Les Réveils et l’œuvre produite dans les cœurs
8.5 Les Psaumes préparés à l’avance pour le Résidu Juif
8.6 Le cœur de Christ pour Son peuple
8.8 La vengeance de Dieu et les motifs actuels des saints
8.9 Mettre nos âmes en harmonie avec les sentiments des Psaumes
8.10 S’aider l’un l’autre à la compréhension des Psaumes
8.11 Meubler son intelligence, ou apprendre la manière et les sentiments de Christ
8.12 Danger de la connaissance superficielle sans effet sur le cœur et la marche
8.13 Exercices spirituels personnels : leur importance et leur approfondissement
8.14 S’approprier la Parole par la foi
8.15 En vue de la gloire de Christ
L’introduction et la conclusion de l’ouvrage dont nous présentons la traduction française intégrale avaient déjà été publiées dans le Messager Évangélique (année 1932, pages 261, 266, 289, 328).
L’auteur en est J.G. Bellett (1795-1864) dont nous avons également : La Gloire morale du Seigneur Jésus Christ, Le Fils de Dieu, Les Patriarches, Méditations sur l’épître aux Hébreux, etc.
J.N. Darby disait de lui qu’il était un homme d’une douceur qui attirait tout le monde, et qui avait un don particulièrement attrayant. Et certes, ce caractère se retrouve dans ces Méditations sur les Psaumes. Il vivait dans la communion de « l’Homme de la fontaine de Sichar, de Celui qui daigna s’arrêter pour parler à Zachée, de l’Homme du chapitre 8 de Jean, de l’Homme qui fut pendu à la croix, de l’Homme qui mourut », selon qu’il l’exprimait lui-même.
Que la lecture de ces pages, qui développent devant nous les conseils de Dieu à l’égard de Christ, nous amène à goûter une même communion, « avant que les gloires et les couronnes du royaume soient manifestées ».
Les passages en italique intercalés dans le texte sont des NOTES de l’auteur. Nous les avons laissées à la place où elles figurent dans l’original.
Mais quelques notes en bas de page, que l’on trouvera çà et là, nous ont paru indispensables et sont le fait de la présente traduction.
Le Livre des Psaumes est un recueil de méditations, de prières et de louanges prononcées par diverses personnes en diverses circonstances, sous l’action du Saint Esprit. Ce titre de « Livre des Psaumes » lui est donné par une autorité inspirée (Actes 1:20).
Les Psaumes eux-mêmes sont ou commémoratifs, ou prophétiques, ou bien encore ils expriment les circonstances par lesquelles passe une âme. On y trouve aussi bien des confessions, des supplications, que des louanges. Le style en est doctrinal, historique aussi bien que prophétique. On y voit et on y entend le Seigneur Jésus, personnellement ou en esprit. Il en est quelques-uns auxquels on peut assigner une date et une place dans l’histoire du Seigneur : ils expriment ses sentiments dans une circonstance spéciale. Par exemple le Psaume 22. Mais il en est d’autres auxquels on ne peut attribuer un caractère aussi net ; ce sont alors des méditations ou des expériences moins définies.
Et c’est bien ce qui se voit dans la communion des saints avec Dieu. Parfois cette communion résulte des circonstances que l’on traverse ; d’autres fois elle suit le fil des pensées du croyant, amenées non pas par ce qui l’entoure présentement, mais par ce qu’il connaît de Dieu, de ses voies envers les hommes, ou de la manière dont Dieu s’occupe de son âme.
La vie du Seigneur Jésus a été une vie de communion constante et jamais interrompue. Son cœur était l’autel où le feu brûle continuellement (voir Lév. 6). Et ainsi, lors même qu’aucune circonstance particulière ne faisait ressortir sa communion avec Dieu, son âme était dans le sanctuaire ; le feu était entretenu par sa propre vertu.
Il faut remarquer que notre Seigneur a été solitaire dans l’adoration. Il est dit de lui qu’il se levait avant le jour, et s’en allait dans un lieu désert pour prier, ceci pour nous faire clairement comprendre qu’il priait seul. C’est ainsi qu’on lit : « Il se retira pour prier » ; « il passa toute la nuit à prier Dieu » ; « il priait seul ». On ne le voit pas une fois en prière avec les disciples, quoiqu’il approuvât leurs prières, leur enseignant à prier et les y encourageant.
Pourquoi donc en est-il ainsi ? S’il leur apprenait à prier et les y exhortait, et s’il priait lui-même, pourquoi ne se joignait-il pas à eux dans la prière ?
On peut répondre que ses prières avaient en elles un caractère qu’aucune autre ne pouvait avoir. Il fut exaucé « à cause de sa piété » (Héb. 5:7). Il n’avait besoin d’aucun médiateur, étant accepté à cause de ce qu’il était. Il ne se réclamait des mérites de personne, et n’avait pas besoin du propitiatoire avec le sang d’aspersion. Tel était le caractère de sa communion avec Dieu dans la prière ; aucun autre adorateur ne pouvait s’y associer. Il a prié, pour ainsi dire, dans un temple érigé spécialement pour cet adorateur qu’était le Fils de Dieu. Il a offert la prière sur un autel qui n’a pas son pareil. Nul modèle ne s’en trouvait en haut de la montagne. Il était un adorateur et un serviteur d’un ordre particulier, tout comme il était un sacrificateur d’un ordre particulier. Il ne devait pas le service, mais il l’apprit. Il ne devait pas l’adoration, mais il la rendit. Il fut le serviteur volontaire (Ex. 21:5 ; Héb. 5:8) et l’adorateur personnellement accepté. C’est ainsi qu’il pria seul.
Mais je n’ai nullement l’intention de dire que tous les Psaumes peuvent être mis dans la bouche du Seigneur Jésus. Rien ne justifierait cette pensée. Le Psaume 1, par exemple, n’est pas directement son langage, mais bien la description que Dieu lui-même fait de l’homme béni et prospère. Je ne doute pas que Jésus soit, dans un sens complet et parfait, l’homme bienheureux décrit ici ; mais le Psaume n’est pas prononcé par lui.
On parle communément des Psaumes comme des Psaumes de David, et à juste titre, car si Moïse, Éthan, Asaph et d’autres en ont composé quelques-uns, c’est David qui a été le plus souvent employé pour les écrire. Et en outre David, qui fut, par l’Esprit Saint, le vrai « maître de la lyre hébraïque », a fait des expériences plus riches et plus variées que n’importe lequel des saints de jadis. Il a connu toutes les souffrances pour la justice et toutes celles qui sont la conséquence du péché, les épreuves d’un martyr et aussi celles d’un pénitent. Il a connu aussi tous les degrés tant de l’humiliation que des honneurs. Sa vie, pleine de vicissitudes, a donné à l’Esprit nombre d’occasions d’exercer son âme. De tout cela pouvait bien sortir un livre comme celui des Psaumes.
2 Samuel 22 et 1 Chroniques 16 sont des exemples de la manière dont beaucoup de psaumes ont pris naissance. Ils contiennent des extraits de plusieurs psaumes. Et nous apprenons ainsi que les conditions dans lesquelles se sont trouvés David et d’autres saints hommes de Dieu, leurs circonstances et leurs actes, sont devenus autant d’occasions pour le Saint Esprit d’exprimer ou de révéler par leur moyen ce qui convenait à la circonstance, tout en allant bien au-delà. David délivré de Saül, l’arche amenée dans la tente préparée pour elle, sont des événements dont l’Esprit fait usage. Mais selon le champ et l’étendue de l’inspiration (car Il connaît la fin d’une chose depuis le commencement), l’Esprit embrasse des scènes plus grandes et encore lointaines. Le cantique d’Anne peut être considéré comme un psaume de cette sorte. Le fait qu’elle allait devenir mère donne au Saint Esprit l’occasion de l’employer comme son instrument, et il lui inspire des expressions qui, tout en célébrant son bonheur personnel, anticipent les intérêts et les joies du royaume de Dieu dans d’autres dispensations (1 Samuel 2).
C’est de là que beaucoup de psaumes tirent leur origine ; c’est, si j’ose dire, l’histoire de leur naissance, chacun en son lieu et en son temps. David est spécialement employé par l’Esprit à cet effet. Et à la fin de sa vie mémorable, si merveilleusement caractérisée par la puissance de Dieu et par l’Esprit de Dieu, il dit de lui-même et de ses cantiques : « David, le fils d’Isaï, a dit, et l’homme haut placé, l’oint du Dieu de Jacob, et le doux psalmiste d’Israël, a dit : l’Esprit de l’Éternel a parlé en moi, et sa parole a été sur ma langue » (2 Samuel 23:1-2). C’est ainsi qu’il a été employé ; il était le chantre, mais le Saint Esprit a composé la musique. Les cantiques de David étaient les « cantiques de l’Éternel », et par eux il a prophétisé, dirigé par l’Esprit. Sa langue a été le style d’un écrivain habile. Le Seigneur « disait en David » (Héb. 4:7).
Il y a une grande importance morale à apprendre les vérités prophétiques par les Psaumes ; elles ne sont pas traitées là comme pure doctrine, mais elles sont éprouvées dans les divers exercices de l’âme. Ainsi Paul nous enseigne qu’un « aveuglement partiel est arrivé à Israël », ou que « les branches ont été coupées ». C’est une vérité doctrinale qu’il nous faut comprendre et croire. Mais on trouve la même vérité dans les Psaumes (voir le Ps. 65), par exemple dans les mots : « Les iniquités ont prévalu sur moi ». Il ne s’agit pas ici d’une doctrine telle qu’elle peut être développée dans le style didactique des épîtres, mais de l’expression de ce qui brisait le cœur d’un pauvre Juif, lorsqu’il y pensait. De même « tout Israël sera sauvé » est un autre enseignement de l’apôtre Paul. Mais nous le retrouvons dans le même psaume 65 sous cette forme : « Nos transgressions, toi tu les pardonneras » (v. 3), non pas comme une simple déclaration, mais comme une heureuse anticipation dans le cœur de ce même Israélite affligé.
Il y a donc un profit moral à apprendre ces vérités par le moyen des Psaumes. Car nous avons tendance à saisir la vérité par l’intelligence, comme un objet ou une proposition, et à en parler de même. Mais dans les Psaumes la vérité est présentée en même temps que les exercices de l’âme. Les Psaumes sont, si j’ose m’exprimer ainsi, le cœur du divin volume. Ils se trouvent placés au centre du corps, là où l’on sent battre les artères, l’endroit d’où le sang sort et où il retourne, autrement dit où les affections du nouvel homme ont leur siège et leur exercice. Il est bon de se trouver là quelquefois : on y apprend à se servir des autres portions de la Parole.
Je n’ai pas besoin de dire que quelques-uns des psaumes sont des dialogues ; certains introduisent même plus de deux interlocuteurs ; d’autres apparaissent comme des méditations solitaires.
Certains aussi se trouvent être la suite logique les uns des autres, tels les chapitres d’un livre ; alors que d’autres doivent être lus isolément, sans relation avec les psaumes voisins.
Mais pour discerner ces choses, le sens spirituel doit être exercé (Héb. 5:14). La pensée de Dieu ne peut être connue, profitablement et saintement, que par l’Esprit de Dieu. Cependant, tant que nous sommes dans ce monde, il ne peut être question, pour chacun de nous, que de « connaître en partie » (1 Cor. 13:9).
Les esquisses suivantes n’ont d’autre propos que d’aider quelque peu à saisir la pensée de l’Esprit dans ces passages précieux, soit quant à leur portée prophétique, soit quant à leur portée morale, ou les deux à la fois. Car l’âme réalise très bien qu’elle ne boit que quelques gorgées de ces eaux vives et rafraîchissantes. Mais ce que nous pouvons bien désirer et rechercher avant tout, c’est que nous les communiquions sans les polluer ni les troubler, pour la bénédiction d’autres brebis du troupeau de Dieu. Qu’il en soit ainsi, Sauveur adorable !
Le mot de « résidu » se retrouvera maintes fois dans ces méditations. Je ferai simplement remarquer que ce mot est employé par les prophètes et les apôtres, et que les fidèles qu’il désigne sont souvent dans pensée de ceux-ci, alors même que le mot n’est pas utilisé. Ce mot se rapporte d’une manière générale au vrai Israël des derniers jours, ce troupeau fidèle qui, dans le temps de la complète apostasie de la nation, sera attaché au Seigneur, à la vérité et aux promesses de son alliance. En raison de cela, au moment où les jugements divins tomberont sur le peuple à cause de la transgression parvenue à son comble, il sera préservé comme Noé, pour la terre, et deviendra enfin la semence et le centre de la nation qui, acceptée et bénie, rendra culte aux jours du royaume.
Voyez ce mot : « résidu », ou « reste », ou « réchappés » dans : Ésaïe 1:9 ; 10:21-22 ; 11:11 ; Ézé. 14:22, Joël 2:32 ; Amos 5:15 ; Michée 2:12 ; 4:7 ; Sophonie 3:12-13 ; Zach. 8:12 ; Rom. 9:27 ; 11:5 et autres passages.
On trouve des types ou des échantillons de ce résidu à chaque époque de l’histoire de la nation. Les prophètes en parlent souvent, et le décrivent dans ses épreuves, dans sa repentance, dans sa foi et son obéissance, discipliné sous l’action de l’Esprit et sous la main de Dieu, dans ses larmes, ses expériences et ses délivrances. Les Psaumes ont beaucoup de rapports avec tout cela. (Voyez, entre autres : Ésaïe 6:13 ; 25-27 ; 33:15 ; 50:10 ; 59:9-15 ; 65:8-9 ; 66:2-5 ; Jérémie 31 ; Ézéchiel 6:8 ; 7:16 ; Osée 2:14 ; Joël 2:28 ; Zach. 12, 13 : Mal. 3:16.
Je suis toujours plus disposé à interpréter d’une manière générale les Psaumes comme les paroles du résidu l’Israël des derniers jours, sous la conduite de l’Esprit de Dieu, plutôt que comme l’expression du cœur du Seigneur Jésus, dans les jours de sa chair sur la terre. Mais n’était-il pas lui-même, pour ainsi dire, le résidu, le représentant de l’Israël de Dieu dans ce temps-là ?
Jésus, le Fils de l’homme, peut être vu ici dans sa sainteté et son intégrité personnelles, puis dans les récompenses acquises, comme « l’arbre planté près des ruisseaux d’eau » (voir Jér. 17). Ces récompenses ont été sa part au jour de sa résurrection, comme elles le seront au jour de son royaume (savoir « le jugement ») où les justes les partageront alors avec lui, et où les méchants ne seront plus.
Ce psaume est d’une grande douceur pour l’âme. Nous y voyons l’homme pieux aux soins et sous la direction de Dieu. Rien ne vient troubler le repos et la sécurité du juste ; il poursuit le chemin qui est devant lui, sans que rien vienne l’en distraire, vers la récompense qui en est le terme.
Qu’on est heureux de voir ce livre, précieux recueil des sentiments du fidèle, s’ouvrir sur un tableau si délicat et si consolant — la portion de l’homme pieux qui jouit de la faveur de l’Éternel et y trouve son bonheur. Et nos âmes devraient continuellement jouir d’un bonheur semblable. L’Israël des derniers jours, le résidu pieux, y aura lui aussi sa place.
L’atmosphère sereine du psaume précédent ne fait toutefois pas sentir son influence dans celui-ci ; elle est complètement changée : car le monde entre en scène. Ce n’est plus la communion de Dieu avec l’homme pieux. Le chemin de celui-ci est, dans ce psaume, violé par le pied rude et brutal d’un monde pervers et persécuteur.
Ce que nous trouvons ici c’est « la souffrance et la gloire » — la rage de l’homme contre l’Oint de l’Éternel, mais l’intervention triomphante de l’Éternel qui le place sur le trône.
Jésus, le Christ de Dieu, est présenté dans sa grâce et dans sa puissance ; c’est donc une folie de lui résister, et il y a bénédiction pour celui qui se confie en Lui.
La coalition qui est ici annoncée s’assembla quand Jésus fut crucifié (Actes 4). Il la brisera quand il reviendra dans son royaume (Luc 19). Dans son principe, cette coalition existe toujours, savoir le train de ce monde déjà jugé, mais que Dieu supporte dans sa longue patience. Elle atteindra son plein développement et revêtira toutes les formes du mal aux derniers jours, période à laquelle se rapportent si généralement les Psaumes. Elle agit selon la convoitise ancienne, et le mensonge du serpent (Gen. 3:5). Elle voudrait détrôner Dieu. Pour le présent cependant, Celui qui habite dans les cieux se rit de tous ces efforts. Ainsi fit l’ange qui roula la pierre, et s’assit sur elle, tandis qu’il mettait une sentence de mort dans le cœur des gardiens du sépulcre (Matt. 28). Que signifiait tout cela, sinon que Dieu déclarait à la coalition des hommes qui avaient crucifié Jésus qu’il se moquait d’eux ? Pareillement, en Actes 9, le Seigneur Jésus arrêta des cieux Saul, le zélateur qui persécutait les saints.
Mais il y a bien plus que ce rire du temps présent ; car le décret de Dieu concernant son Christ est le grand contre-projet, qui évidemment prévaudra. Et ce décret, comme le Seigneur l’annonce lui-même ici, le déclare Fils et Héritier. Fils, il l’est déjà par la résurrection (Actes 13) ; l’héritage sera bientôt à lui en gloire.
À considérer ces deux psaumes ensemble, c’est Jésus sous la loi, approuvé de Dieu et méritant la bénédiction à cause de sa justice que nous pouvons trouver dans le premier, et dans le second, Jésus, le témoin, ou l’Oint de Dieu, rejeté par l’homme mais exalté par Dieu, assurant la bénédiction des uns ou exécutant le jugement des autres.
Ce psaume est la méditation fervente d’un serviteur de Dieu affligé. Ce fut sans doute l’expérience de David, mais l’Esprit de Jésus s’y révèle. C’est une méditation ou prière du matin et on y voit l’affligé prenant courage, du fait qu’il s’éveille maintenant en sécurité. Il a dans ce réveil comme l’avant-goût et le gage du matin de son royaume, quand tous ses ennemis seront anéantis. Ce lever matinal de l’homme pieux est précieux et remarquable à considérer comme l’assurance de l’avènement du royaume ; car le royaume sera tout près d’être établi quand seront arrivés ces « derniers jours » et que le résidu sera manifesté.
Cette méditation accompagne la précédente. C’est une prière du soir du même homme pieux. Il a de toute évidence traversé une journée éprouvante (comme chaque journée l’était plus ou moins pour Jésus), mais il y a trouvé aussi soutien et rafraîchissement.
L’homme pieux, présenté ici, peut se coucher et s’endormir (v. 8) ; mais il en exhorte d’autres à se coucher, puis là, sur leur lit, à méditer dans leur cœur, et à sonder leur esprit (v. 4). Il connaît son propre droit à reposer paisiblement en Dieu ; car « Dieu donne le sommeil à son bien-aimé ». C’est ce que le Seigneur Jésus réalisa, quand les vents et les flots ballottaient la nacelle sur la mer de Galilée (voir Marc 4).
Ce psaume aussi se lie aux précédents. C’est une méditation de nuit (v. 3). Elle suit ainsi celle du Psaume 4. L’homme pieux considère encore les puissances de mal qui font la guerre au Seigneur, mais il anticipe Sa victoire et Sa délivrance. Au matin comme au soir, de jour comme de nuit, ces psaumes nous présentent le modèle d’une foi entière en Dieu. Fruits différents selon la saison. Ainsi Jésus pouvait « pleurer » et pouvait aussi « se réjouir en esprit ». Chaque saison trouvait en Lui le fruit attendu, et tout était beau ; car tout venait à son moment. Il savait dans quel esprit se mettre en route vers la sainte montagne en Matthieu 17, et dans quel esprit entreprendre son dernier voyage vers Jérusalem (Marc 10:32). Il savait être abaissé et être dans l’abondance, parfait en toutes circonstances.
Voici encore une autre méditation de nuit (v. 6). Mais l’âme s’y trouve dans une affliction plus profonde qu’au Psaume 5. Symboliquement, c’est minuit ; l’homme pieux demande à être délivré du tombeau. Il invoque le secours divin contre le pouvoir de la mort : en effet, si la mort devait avoir le dernier mot, Dieu serait oublié ; car il n’est pas le Dieu des morts (voir Ésaïe 38).
Mais on y trouve aussi, comme au Psaume 5, l’anticipation de la même délivrance et de la même victoire. Tous ces psaumes suggèrent nettement que l’homme pieux qui y élève la voix traverse les derniers jours de l’affliction d’Israël, et se trouve à la veille de la délivrance et du royaume. Et, en esprit, Jésus traversait ces jours-là.
Les heures de ce jour mystique s’écoulent, et dans ce psaume nous arrivons à l’aurore. En conséquence, le psalmiste demande à l’Éternel de se lever et de se réveiller (v. 6), comme si le moment était venu pour Lui de prendre en main la délivrance des siens, intègres et persécutés. L’Esprit de Jésus s’y révèle toujours, mais, comme dans chacun de ces psaumes, il s’y trouve associé au résidu des derniers jours.
Ici, à l’approche du jour, il anticipe de façon encore plus complète et plus glorieuse la destruction du grand Ennemi — sa chute dans la fosse qu’il avait préparée pour d’autres, et cet événement, tel l’aurore, est l’avant-coureur du jour, car il sera suivi du rassemblement de la congrégation autour de l’Éternel, perspective qui est contemplée ici.
Ce Psaume clôt ce temps mystique : car nous y atteignons le second matin — le huitième jour, celui de la résurrection — l’avènement du royaume ou « le jour du Seigneur ». Point n’est besoin de commentaire pour montrer ou prouver cela (voir Héb. 2). Voici le matin anticipé par Jésus ou par l’homme pieux à son réveil au Ps. 3. Alors s’élève la louange, selon le vœu qui vient d’être exprimé à la fin du psaume précédent (7:17), les méchants ayant été exterminés et la congrégation rassemblée.
Le Seigneur cite ce psaume en relation avec les hosannas dont il fut salué lors de sa visite royale à Jérusalem (Matt. 21:15). Car ces hosannas étaient, en principe, comme dans ce psaume, les louanges du royaume. Et la création joint sa voix à ce chœur.
Dans le Psaume 2, nous avons considéré la royauté du Messie, Fils de David, Fils de Dieu ; ici nous voyons la seigneurie du Fils de l’homme, sa domination sur les œuvres de Dieu. Toutes ces gloires qui lui appartiennent seront effectives et manifestées dans les jours du millenium.
Ainsi nous pourrions faire ici une pause, et lire les Psaumes 3 à 8 comme un ensemble conduisant l’adorateur, en esprit, jusque dans le royaume. D’autres ont fait remarquer que notre histoire, en chaque journée de vingt-quatre heures (le temps considéré dans ces psaumes), est pareillement une sorte de mystère. Car après avoir passé les heures de jour, quand arrive le soir, nous mettons de côté nos vêtements et nous nous livrons au sommeil, symbole de la mort, et nous demeurons là (avec des visions de l’âme) jusqu’au réveil du matin ; et alors nous sommes à nouveau revêtus, comme nous le serons au deuxième jour, au matin de la résurrection et de la gloire.
1 Corinthiens 15:27-28 illustre la façon dont des écritures ultérieures développent, sans les altérer, des écritures précédentes. L’apôtre confirme chaque déclaration du psalmiste, attribuant la domination à Christ selon le Psaume 8. Mais il va plus loin : le psalmiste inspiré avait laissé, aussi bien que mis, la seigneurie universelle, ou le royaume, dans les mains de Christ. Mais l’apôtre, commentant la portée des paroles du psalmiste, est conduit par le même Esprit à donner la révélation d’une scène glorieuse qui va au-delà du royaume laissé par l’auteur du psaume entre les mains de Christ.
La portée de ce psaume est très claire. C’est le Messie conduisant la louange des justes. Son peuple du dernier jour célèbre avec lui la destruction par l’Éternel de leur grand ennemi, anticipe son résultat, et l’avènement du Messie sur son trône en Sion. On y trouve aussi un beau chant de triomphe sur l’ennemi maintenant abattu, chant que l’on peut rapprocher de tout ce que l’Esprit de Christ exprime par le prophète Ésaïe, à propos du roi de Babylone (És. 14), et un rappel du cri des affligés au jour de leur calamité.
Le verset 16 déclare aussi que le monde apprend la justice, quand les jugements de Dieu sont sur la terre au dernier jour, comme en Ésaïe 26:9. La nature de ces jugements est également donnée à connaître — les méchants pris dans leur propre piège, comme dans les Psaumes 7, 10, 35, 57, 94, 109, 112. La chute d’Haman en est un type (Esther 7:10) ; et la croix est la glorieuse illustration du même jugement, car là, par la mort, celui qui avait le pouvoir de la mort fut rendu impuissant.
La chute et la destruction de l’ennemi lorsque Dieu paraît (v. 5), sont illustrées de façon frappante dans l’Écriture, aux jours de la visitation et du jugement divins (voir Ps. 114 ; Ex. 14:24-25 ; Jean 18:6). Elles sont anticipées dans la condamnation et la ruine du méchant — l’Antichrist du dernier jour (voir Apoc. 19). Quelle solennité terrible quand les nations apprendront « qu’elles ne sont que des hommes » (v. 20), bien qu’elles aient vécu enivrées par le mensonge du serpent : « vous serez comme des dieux ».
Il faut lire ce psaume en relation avec le Psaume 9. Le cri du résidu s’y prolonge davantage, et l’iniquité de l’ennemi est précisée avec plus de détails. La réponse au cri, et ensuite l’établissement du royaume sont magnifiquement anticipés à la fin du psaume.
L’orgueil athée — l’homme devenant son propre dieu, ne recevant aucune leçon de Dieu, ni en grâce, ni en jugement — et la persécution des justes, donnent un caractère marqué à cette dernière forme du mal. Puis sont révélés quelques traits du grand ennemi des derniers jours, comme partout dans l’Écriture toutes les fois qu’il est question de lui, prophétiquement ou typiquement.
Dans la version grecque des Septante, les Psaumes 9 et 10 n’en forment qu’un (*). En conséquence, du Psaume 10 au psaume 147, le numéro de chaque psaume est décalé par rapport à quelques traductions. Au psaume 147, les numéros concordent à nouveau, parce que ce psaume en devient deux dans la version des Septante.
(*) L’ordre des strophes, dans l’original hébreu, est un acrostiche alphabétique : parfait pour le Ps. 9 (onze premières lettres), irrégulier et incomplet pour le Ps. 10 (sept lettres au lieu des onze dernières).
Ce psaume est la méditation d’une âme que déconcertent les circonstances extérieures. Les bases naturelles de la confiance du juste, « les fondements » de l’ordre social, rois et juges (voir Ps. 82 ; Rom. 13), sont ébranlés. Mais Dieu demeure à la place qui est la sienne, et c’est là le soulagement de l’âme. « Que Dieu soit vrai et tout homme menteur ».
Nous avons ici le langage du résidu affligé aux derniers jours. Mais Jésus a été leur modèle et leur précurseur dans les douleurs qu’Il connut de la part de l’homme.
Quelle différence, remarquons-le, entre le monde que la foi discerne, et le monde des sens ou de la vue ! Le psalmiste déclare ici que tout le monde visible chancelle — les méchants prospèrent, les justes sont opprimés. Mais la foi discerne une scène où Dieu se trouve, dans toute la sainteté, la sérénité et la puissance du trône où il est assis et du temple qu’il habite ; Dieu qui aime les justes, hait les méchants et prépare les jugements qui fondront sur eux, lorsqu’aura pris fin l’épreuve que traversent les justes. Telles étaient les deux scènes, ou les deux mondes, que nous ouvre le début du livre de Job. Dans le monde visible et sensible, l’adversaire agissait à sa guise ; au sein du lieu invisible, le Dieu de toute grâce préparait, dans sa souveraineté, une bénédiction pour son serviteur. Moïse marchait « comme voyant celui qui est invisible ».
Ceci est à la fois une nouvelle méditation et une prière d’un juste placé au milieu d’un débordement du mal. Ce mal est à l’évidence celui qui doit mûrir et arriver à son comble aux derniers jours, ainsi que l’annonce le psaume précédent. La moquerie des incrédules (telle qu’elle est décrite à l’avance comme caractérisant les derniers jours — 2 Pierre 3) en est le trait le plus saillant. L’affligé, toutefois, entend en esprit la réponse de l’Éternel à sa prière (v. 5), puis célèbre la fidélité de ses paroles, reconnaissant qu’elles étaient toutes des paroles affinées et éprouvées, et enfin il affirme sa certitude que la fidélité de Dieu prévaudra même dans le temps le plus sombre.
« Cette génération » dont il est question au v. 7, est décrite au v. 8, et par conséquent le mot a un sens moral. De fait c’est le sens qu’il faut lui donner selon la portée de l’expression « à toujours ». Le peuple ou la génération avec laquelle le Seigneur Jésus et le résidu contestent en leurs jours respectifs, est une seule et même génération, du point de vue moral. Ceci nous permet d’interpréter Matthieu 24:34 dans un sens moral. Peut-être y a-t-il dans ce dernier passage une référence implicite à ce psaume.
Voici le cri d’une âme dont la patience est mise à rude épreuve. Mais la patience a « son œuvre parfaite », car cette âme espère en la miséricorde de Dieu, et, sa foi saluant l’avenir, chante le salut. C’est ce que Jésus réalisa pleinement, lui qui, jour après jour, sut « ce que c’était que la langueur ». Mais la patience du résidu dans l’attente, au dernier jour, trouve son expression dans ce psaume qui est écrit pour lui.
Les mots « jusques à quand » et « à toujours » expriment fréquemment dans les psaumes cette épreuve de la patience. « Sa bonté demeure à toujours » sera le nouveau langage de l’adorateur, lorsque le temps de la patience aura pris fin avec l’avènement du règne.
Ce psaume nous présente la méditation solitaire d’une âme en présence de l’impiété du monde. Le psalmiste prononce le verdict que Dieu rend quant à l’homme (v. 3-4), après s’être solennellement enquis de son état (comme autrefois à Babel et à Sodome, Gen. 11:5 et 18:21) — ensuite il annonce la ruine des hommes, quand Dieu se manifestera au milieu de sa génération (dont le caractère est donc à l’opposé de celle dont il est question au Ps. 12:7-8), et il termine en exprimant son désir de voir ce jour se lever.
Le roi « qui agira selon son bon plaisir » aux derniers jours, est certainement évoqué dans l’expression « insensé », ou athée, du début de ce psaume ; car la confédération dont il est le chef (*)doit être brisée quand le salut, vu ici par avance, viendra de Sion. Mais l’homme est toujours l’homme. « Ce qui est né de la chair est chair ». De sorte que l’apôtre peut citer ce psaume en Rom. 3, dans sa description des hommes. Car tous nous sommes par nature animés de l’esprit de « l’inique », ou de l’athée — étrangers à la vie de Dieu (Éph. 4).
(*) ou plutôt l’allié car il s’agit de l’Antichrist (deuxième bête d’Apoc. 13), soutien satanique de l’Empire romain (première bête).
Ainsi, bien que ce psaume soit à la fois la méditation de Jésus et de son résidu fidèle considérant les incrédules des derniers jours, toute âme éclairée peut le faire sien (voir Ps. 53). De fait, les expressions du verset 3, dans la version des Septante, sont citées par l’apôtre en Romains 3:11-18.
Ce court psaume présente, semble-t-il, les justes dans les jours de « l’insensé », le résidu au temps de la dernière alliance apostate.
On peut lire les versets 2-5 comme la réponse de l’oracle divin à la question posée au v. 1.
Le sujet de ce psaume n’est pas quel titre doit posséder le pécheur pour avoir part au royaume. Un tel sujet serait traité de façon bien différente. Il s’agit du résidu qui se manifeste comme pratiquant la justice, en contraste avec les ouvriers d’iniquité du Ps. 14 (cf. Ésaïe 33:15-16).
C’est de caractère et non de titre qu’il est question ici. Il va sans dire qu’il n’y a qu’un seul et même titre d’accès pour tout pécheur, savoir le précieux sang de Christ qui a été accepté par Dieu.
On peut considérer ce psaume comme terminant une série de méditations et d’expériences commencées au Ps. 11. Tous ces psaumes sont le langage d’une âme qui, oppressée par le sentiment de la méchanceté caractérisant les temps qu’elle traverse, invoque Dieu avec ferveur. Et comme il y a là une allusion nette et certaine aux derniers jours, ils sont le langage du résidu en ces jours-là.
La question du v. 1 peut faire penser à une expression similaire du Ps. 24:3. Mais la réponse qui y est faite à la fin de ce psaume introduit le Messie lui-même d’une manière beaucoup plus nette et personnelle que dans le Ps. 15.
Ce verset rappelle Apoc. 5:2, car une question y est également posée : « Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ? » La glorieuse réponse qui est faite introduit à nouveau le Messie, mais il apparaît là dans des gloires plus complètes, plus riches et plus sublimes, comme l’Agneau qui a été immolé, et comme le lion de la tribu de Juda.
Le Saint Esprit, citant ce psaume en Actes 2:25-28, nous révèle que nous avons là les paroles de Jésus par la bouche de David. Christ y parle comme ayant conscience de demeurer dans la maison de Dieu, en tant que sacrificateur ou adorateur. Par conséquent il n’y a pas pour lui d’autre Seigneur, et il ne veut recevoir d’héritage que de Dieu (de même qu’Aaron le sacrificateur — Nombre 18:20), considérant cela comme la meilleure part. Et c’est dans une communion constante avec Dieu qu’il veut puiser sa confiance et sa joie, sa louange et son espérance. Le tout premier acte de cet adorateur est de se confier en l’Éternel, en reconnaissant qu’il ne peut rien apporter à l’Éternel, car il doit tout recevoir de Lui. Voyez le contraste avec le culte d’Israël (Ps. 2) et avec celui des Gentils (Actes 17). Il est facile et tout naturel de rappeler ici la réponse que fit Jésus au jeune chef du peuple en Luc 18. Dans la perfection morale de la place qu’il avait prise, le Fils comme homme pouvait dire que nul n’était bon que Dieu seul.
Bien qu’il soit vrai que Christ n’a pas été sacrificateur pour nous avant sa résurrection (Héb. 5:8-10), et qu’il ne s’est arrogé aucun office semblable, il reste qu’il a été sacrificateur, ou adorateur, pour Dieu pendant toute sa vie ici-bas, manifestant dans sa personne toutes les vertus convenant à un tel office, marchant toujours dans la sainteté du sanctuaire, et faisant toujours de Dieu la portion de son héritage. Quel parfum, quel encens parfait montant de façon ininterrompue, fut la vie de Jésus considérée sous cet aspect ! Quelle offrande de gâteau exquise dans tous ses actes et toutes ses paroles !
« Ton Saint » telle est la chair de Jésus (Actes 2:27, 31). Ce titre trouve son origine en Luc 1:35, passage où le Saint Esprit établit que la nature humaine de Jésus était exempte de toute souillure, et la présente comme faisant constamment et pleinement l’objet de la faveur et des délices de Dieu.
Ce psaume, à la différence du précédent, nous présente les paroles de Jésus, non pas comme ayant conscience de demeurer dans la maison de l’Éternel, mais comme s’avançant pour rencontrer la contradiction des hommes. Mais de même qu’au dedans il s’était toujours comporté avec la sainteté d’un adorateur, de même au dehors il se conserve pur de tout mal, au milieu des hommes. Fort de cette intégrité, il compte que Dieu agira par sa présence pour revendiquer son droit. Et il attend la résurrection comme récompense de sa justice, lorsque bientôt ses persécuteurs — des hommes « de ce monde, qui ont leur portion dans cette vie », seront brisés.
Les paroles de ce psaume peuvent être aussi dans la bouche du résidu fidèle persécuté, comme elles sont dans la bouche de Jésus. De fait, le résidu semble être introduit de façon nette au verset 11.
Ces deux psaumes nous présentent donc les expériences du Seigneur de manière très différente. Au Psaume 16, il entre dans le bonheur dont jouit l’âme lorsqu’elle habite dans la maison de Dieu : sacrificateur ou adorateur, il réalise que les cordeaux sont tombés pour lui en des lieux agréables parce qu’il est dans la maison, dans la présence de Dieu. Au Psaume 17, il est dehors, dans un monde hostile, en butte à l’opposition des hommes, implorant secours et délivrance, et ne trouvant sa joie que dans les choses à venir. Le Psaume 16 nous présente la résurrection comme le terme d’un sentier béni ; le Psaume 17 la présente comme la délivrance des épreuves et des dangers de ce sentier.
Les expériences de ses saints présentent les mêmes aspects. Tantôt on éprouve tout simplement la joie de la résurrection, tantôt on espère être délivré par la résurrection de plus d’un fardeau qui pèse sur l’âme. Être à la fois « au-dedans du voile » et « hors du camp » est l’attitude qui convient au croyant, et ceci est plein de beauté et de dignité morales.
Ce psaume fait entendre les accents de louange du Messie en réponse à la délivrance — la résurrection, annoncée à la fin du psaume précédent. Il célèbre l’Éternel, comme son rocher et sa corne, — symboles de force et de royauté. Il rappelle ses supplications au jour de sa détresse, et célèbre la merveilleuse rédemption opérée par la main de l’Éternel en sa faveur quand il Le fit sortir du sein de la mort, et en faveur de son peuple Israël, quand il le délivrera de ses ennemis coalisés, au dernier jour. Sa délivrance est la réponse de Dieu à son cri. La terre est alors ébranlée, comme fut ébranlé le lieu où les croyants étaient réunis à Jérusalem, à la voix de l’Église (Actes 4). Car le Juge de toute la terre vengera ses élus qui crient à lui, par le souffle de sa bouche et la splendeur de son apparition (v. 8, 12 ; 2 Thes. 2:8).
Dans ce psaume, Christ nous est présenté de façon très frappante dans deux conditions et sous deux caractères bien différents. Il y est à la fois vu comme l’objet de la délivrance et comme celui qui opère la délivrance. Il est celui qui présente cette supplication et celui qui l’exauce. Tout ceci découle simplement et nécessairement de sa personne en qui sont réunies l’humanité et la divinité, et du fait qu’il partage les afflictions de son peuple tout en étant le Seigneur qui le sauve et le bénit. C’est ainsi que nous le voyons en Ésaïe 8 s’attendant à l’Éternel qui a caché sa face à Israël, et en Matthieu 23 étant lui-même l’Éternel qui cache sa face.
La délivrance de David de la main de Saül illustre ce fait et l’accomplissement final de la délivrance célébrée ici par l’Esprit prophétique se réalisera aux derniers jours lors de la délivrance d’Israël (avec lequel le Messie s’identifie ici). Référence est faite au passage d’Israël à travers la mer Rouge, où la force du Pharaon périt (v. 15-16), car c’était là une autre délivrance typifiant la résurrection. De même la défaite d’Adoni-Tsédek, qui dans les jours de Josué fut le type du dernier ennemi ou de l’inique, est également évoquée au verset 12 (voir aussi Ps. 144 ; Ésaïe 30:27-33 ; et Ésaïe 64:1-3).
À la fin du psaume, celui qui a été délivré devient celui qui remporte les victoires et qui règne. L’Éternel le fortifiant, rien ne paraît pouvoir lui résister. C’est la même main de Dieu qui le délivre, lui donne la victoire, et enfin le revêt de l’autorité. Elle fait luire sa lampe, et par elle, il court au travers d’une troupe.
Ainsi donc ce psaume nous enseigne, comme Paul le fait en Romains 8, que « ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés ». Le Seigneur ne se satisfait pas — ne saurait se satisfaire — d’opérer simplement la délivrance, mais il consomme sa bonté dans le royaume. Le cantique d’Israël en Exode 15, de même que celui des anciens en Apoc. 5, expriment la même vérité. Son conseil étant de nous transporter dans le royaume du Fils de son amour, il l’accomplit en nous engageant dans le chemin sûr et facile qui conduit au lot des saints dans la lumière (Colossiens 1). Il achève ce qui nous concerne.
Mais tout ceci est en faveur des justes (v. 20-27) ; quant aux autres, un jugement mérité les atteint. C’est le caractère des voies divines dans ce psaume. Car la délivrance de la main de « l’homme violent » est une délivrance en justice plutôt qu’en grâce. Ce n’est que par grâce, en vertu de l’expiation, que le pécheur est délivré de la malédiction de l’accusateur, du châtiment du péché et du juste jugement de la loi ; et il en sera de même bientôt pour l’Israël de Dieu au jour de leur repentance. Mais dans leur combat avec l’ennemi, ils seront justes, comme l’était David vis-à-vis de Saül. C’est comme martyrs ou comme justes que ces fidèles souffriront, et comme tels qu’ils seront délivrés. Ce juste jugement, cette rétribution de la justice et du mal caractérisent les voies divines dans le livre de l’Apocalypse (voir 22:11-15), comme dans ce psaume.
2 Samuel 22 nous montre que ce psaume fut l’expression des sentiments de David en un temps approprié ; et j’insiste sur une remarque déjà faite : ce passage n’est-il pas une preuve de la valeur symbolique de certains événements historiques ? La délivrance de David de la main de Saül est célébrée ici dans un style montrant clairement qu’une autre et bien plus merveilleuse délivrance était entrevue par-delà celle dont il avait été l’objet.
De même, nous l’avons dit, le cantique d’Anne va bien au-delà de ce qui en fut l’occasion (1 Sam. 2). Ceci est extrêmement fréquent, et nous aide à comprendre 2 Pierre 1 : « Aucune prophétie de l’écriture ne s’interprète elle-même ». Tous les événements survenant isolément font partie du même vaste système du gouvernement divin.
Nous trouvons ici la méditation d’un vrai adorateur qui honore Dieu pour ses œuvres aussi bien que pour sa parole. Les nations auraient dû connaître Dieu par ses œuvres (mais elles ne l’ont pas fait : Rom. 1), et Israël aurait dû garder sa parole, c’est-à-dire sa loi (mais il ne l’a pas fait : Rom. 2). Ici le vrai adorateur condamne par conséquent et les nations et Israël, et glorifie Dieu pour les deux grandes ordonnances ou témoignages qu’il a donnés.
Les œuvres et la parole de Dieu ont ce double caractère : elles glorifient Dieu et apportent le bonheur à sa créature, comme nous le voyons dans ce psaume. Ainsi le firmament raconte l’ouvrage des mains divines, mais sa voûte porte aussi le soleil qui prodigue sa chaleur à toute la création. De même la loi est parfaite, glorifiant son auteur — comme le fait le firmament, mais aussi elle restaure l’âme. Les grandes manifestations de la sagesse et de la puissance divines satisfont aussi bien à la gloire de Dieu qu’au bonheur de ses créatures. Mais la terre n’a aucun effort à faire, aucune résistance à vaincre, pour recevoir des cieux la bénédiction, alors qu’il faut un exercice à l’homme, tel le psalmiste ici, pour que son âme jouisse de la bénédiction que la loi (ou la parole) ont en réserve pour lui.
L’apôtre cite ce psaume (Rom. 10:18) pour montrer la glorieuse similitude du ministère des cieux et du ministère de l’évangile. L’influence bienfaisante du ciel à l’égard de la terre est semblable à celle de l’évangile à l’égard du monde, l’un et l’autre rayonnant leur chaleur en tous lieux de sorte que rien n’échappe à leur action fécondante et salutaire. Le ministère des cieux envers la terre, dans son universalité, est l’image du ministère de l’évangile envers le monde. Et il n’en allait pas autrement du ministère divin du Seigneur lui-même. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; et cette lumière, venant dans le monde, éclaire tout homme (Jean 1:4 et 9).
Tels étaient la vertu et le caractère de la lumière ou du ministère du Fils de Dieu : dans les plans de Dieu, tout en était atteint. Rien dans l’univers n’est caché à la chaleur du soleil, et aujourd’hui l’évangile est prêché sous tous les cieux (Colossiens 1:23).
Il est fait mention du péché par fierté en Nombres 15 et Deutéronome 17, et je pense, dans le Nouveau Testament, en Hébreux 6 et 10.
Je lis ce psaume comme l’expression des sentiments des fidèles du résidu juif dans l’exercice d’une foi vivante en leur Messie, au jour où il se chargera de toutes leurs détresses, et où il sortira pour revendiquer ses droits au royaume contre ses ennemis qui sont aussi les leurs. Par conséquent les fidèles le recommandent aux soins de l’Éternel, anticipent sa victoire et annoncent aussi que, bien qu’aux prises avec le véritable Amalek, ils auront, de même que leurs pères, l’Éternel comme leur bannière (Exode 17:15).
C’est dans cet esprit que le peuple recommandait Josué aux soins de l’Éternel quand il sortait pour la bataille (Josué 1:17-18). Et selon l’ordonnance divine, lorsqu’Israël sortait pour faire la guerre, il devait s’encourager en Dieu, et ne point s’effrayer de la multitude des ennemis, de leurs chars ou de leurs chevaux (Deut. 20:1). C’est dans le même esprit que Jésus, en pleine soumission à cette ordonnance, s’avance ici pour la guerre.
Le verset 3, dans toute sa portée, nous montre notre Seigneur quittant son service sacerdotal dans le ciel, maintenant qu’il est à la veille d’entreprendre un autre service comme « Dieu des batailles » et Rédempteur de l’héritage. Cette tâche qu’il entreprend, sortant au temps fixé contre ses ennemis, lui a été assignée avec serment dès l’instant où il s’est assis dans le ciel (voir Ps. 110:1), et il en a attendu le moment (Hébreux 10:13).
L’expression des sentiments du résidu se poursuit dans ce psaume. Les fidèles s’adressent d’abord à l’Éternel, reconnaissant qu’ils peuvent se réjouir sans réserve dans la pleine et glorieuse attente de la victoire de leur Roi et de son avènement dans son règne, parce qu’Il a mis sa confiance en l’Éternel son Dieu (voir Ps. 18:2-3 ; Hébreux 2:13, 7). Ensuite, dans ce qui est pour ainsi dire la seconde partie, à partir du v. 8, ils s’adressent au Messie encore dans le ciel, mais ils lui parlent en quelque sorte de ses victoires futures ; enfin ils terminent en appelant de leurs vœux le jour de son exaltation, et en le reconnaissant comme Seigneur.
Sa couronne est une couronne d’ » or fin » (v. 3), c’est-à-dire de justice immaculée, par conséquent son royaume ne passera pas (Héb. 1:8-9) ; « longueur de jours pour toujours et à perpétuité ».
David fut le type du vrai Roi dans sa victoire. Son désir fut comblé (2 Sam. 7:19) comme est ici exaucée la requête du Messie (v. 4).
Remarquons que le Ps. 110 offre un autre exemple d’un adorateur s’adressant tour à tour à l’Éternel et à Christ, qu’il contemple assis en gloire dans les lieux célestes. Dans quelle communion élevée nos âmes ne sont-elles pas admises ! À quelle découverte des cieux tels qu’ils sont présentement l’Écriture ne nous conduit-elle pas ! Quelles visions de gloires encore à venir n’y trouvons-nous pas !
Ce psaume exprime ce que furent les sentiments du Seigneur en croix (Matthieu 27:46). Même s’il n’exprima que les premières paroles du psaume, son esprit l’éprouva en son entier. Il commence comme si ses cris vers Celui qui pouvait le sauver de la mort (Hébreux 5:7) n’avaient pas été entendus, puisque, Dieu lui ayant caché sa face, il était alors dans les ténèbres. C’était là la mort d’une victime, non pas la mort d’un martyr ; c’était la mort sous le jugement du péché. Rien ne saurait jamais approcher de cela. Voyez quelle différence il y a entre la mort du martyr Étienne et la mort de l’Agneau de Dieu (Actes 7). Et cependant la victime parfaite justifie pleinement Dieu — le Dieu fidèle des pères, son Dieu dès la matrice.
C’est pourquoi son cri monte encore devant Dieu à qui il expose un à un tous les outrages qu’il subit de la part des hommes (voir : 7, 8, 12, 16, 17, 18). Et n’est-il pas étrange de constater que, dans ce moment-là, ses ennemis accomplissaient contre eux-mêmes la parole de Dieu jusque dans sa lettre ? (v. 8 et Matt. 27:43). Mais à la fin la sainte victime semble avoir conscience que sa prière a été entendue (v. 21) — entendue d’entre les cornes des buffles — entendue, à n’en pas douter, par Celui qui pouvait le sauver de la mort (Héb. 5:7). Nous pouvons remarquer que le cri de Jésus en croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » fut suivi plus tard d’un autre cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit ». C’est évidemment dans la conscience que son premier cri avait été entendu que le second fut exprimé.