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Le chrétien et l’argent

 

Source : Éditions BPC, Bibles et Publications Chrétiennes

 

Table des matières

1       Introduction

2       Deux sortes de richesses

2.1         Les bénédictions terrestres

2.2         Les bénédictions spirituelles

3       Pour les pauvres

3.1         Pourquoi suis-je pauvre ?

3.2         L’exemple de l’apôtre Paul

3.3         Encouragements

4       Pour les riches

4.1         Est-ce un mal d’être riche ?

4.2         Riches en bonnes œuvres

5       Recevoir

5.1         Tout nous vient de Dieu

5.2         La responsabilité de travailler de manière honnête

5.3         Les dettes

5.4         Le cas des serviteurs de Dieu

6       Donner

6.1         Combien donner ?

6.2         Comment donner ?

6.3         Les collectes

6.4         À qui donner ?

7       Conclusion

 

1         Introduction

John D. Rockefeller était durant sa vie l’homme le plus riche du monde ; sa fortune était si colossale qu’on pourrait dire qu’il avait des ressources illimitées. Au cours d’une entrevue, quelqu’un lui a demandé : « Combien d’argent faut-il pour en avoir assez ? »

Il a répondu : « Juste un petit peu plus ! »

John D. Rockefeller était un homme qui avait accepté Jésus Christ pour son Sauveur. Par grâce, il a beaucoup reçu de la part de Dieu, à la fois spirituellement et matériellement. Il a aussi eu la joie de beaucoup donner. Pourtant, dans sa réponse, il reconnaissait qu’au fond du cœur de tout être humain existe le désir de posséder toujours davantage.

En effet, trois tendances sont ancrées dans nos cœurs naturels :

 

Ø   le désir de possession, qui nous fait convoiter sans cesse ce qui nous plaît ;

Ø   la jalousie, qui nous pousse à nous comparer et à vouloir ce que l’autre possède ;

Ø   l’égoïsme, qui se traduit par le refus de partager ce que nous avons avec d’autres qui ont moins que nous.

 

Lorsque ces mauvais penchants sont à l’œuvre, l’argent devient un dieu qui gouverne nos vies. Chercher à posséder toujours plus et profiter au maximum de la vie sur la terre, c’est en réalité le programme de l’homme sans Dieu, perpétuellement insatisfait. « Celui qui aime l’argent n’est point rassasié par l’argent » (Ecclésiaste 5:10).

Mais qu’en est-il de nous, croyants nés de nouveau, qui désirons vivre pour le Seigneur ? Que faire dans la vie quotidienne ? L’argent est-il une chose mauvaise en elle-même que nous devrions rejeter ? Non ; mais loin de nous laisser asservir par l’argent, nous devons être conduits par Dieu à la fois dans la façon dont nous l’obtenons, et dans l’usage que nous en faisons. Souvenons-nous toujours que tout appartient au Seigneur : ce n’est pas notre compte en banque, ce ne sont pas nos biens. Tout ce que nous avons vient de lui, et il nous demandera un jour si nous avons été des gestionnaires fidèles de tout ce qui nous a été confié (Luc 19:15).

Quelle que soit sa situation, bien des questions se posent au croyant :

 

Ø   La richesse n’est-elle pas le signe de la bénédiction ?

Ø   Pourquoi suis-je pauvre, alors que d’autres sont dans l’abondance ? J’aime le Seigneur, pourquoi ne me bénit-il pas ?

Ø   Est-ce mal pour un chrétien d’être riche ?

Ø   Si je suis fidèle, et si je donne beaucoup, Dieu va-t-il me récompenser en m’enrichissant ?

Ø   Que faire de l’argent dont je dispose ?

Ø   Dois-je donner la dîme ?

 

La Parole de Dieu nous éclaire sur tous ces sujets concrets de notre vie de chaque jour.

 

 

2         Deux sortes de richesses

La Bible distingue deux sortes de richesses, et il est essentiel de bien comprendre ce qui les différencie :

 

Ø   Les richesses terrestres, qui sont souvent matérielles, visibles et passagères : l’argent, la prospérité matérielle sous toutes ses formes, mais aussi une vie longue et paisible, une bonne santé, une famille, une amitié...

Ø   Les richesses spirituelles, qui sont permanentes, et qui sont dans les lieux célestes : le pardon de Dieu, la certitude du salut, la vie éternelle, l’adoption par Dieu notre Père qui a fait de nous ses enfants, l’Esprit qui nous a été communiqué, les places préparées pour nous dans le ciel...

Comment sont-elles attribuées ?

 

2.1       Les bénédictions terrestres

Les bénédictions terrestres sont destinées à tous les hommes

 

La bonté de Dieu s’exerce en tout temps, envers tous les hommes : tous reçoivent, à des degrés divers, des bénédictions terrestres : « Votre Père qui est dans les cieux... fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu 5:45 ; voir aussi Genèse 5:2 et Ecclésiaste 5:18, 19). Combien en bénéficient (ils ont une famille, une bonne santé, un travail ou des revenus suffisants...) sans s’en rendre compte ni en remercier le donateur !

Dieu est souverain et il suspend parfois ces bénédictions : cela peut avoir lieu pour parler à tous les hommes (famine, guerre...), mais cela peut aussi être la conséquence directe de leurs actes : « La paresse fait tomber dans un profond sommeil, et l’âme négligente aura faim » (Proverbes 19:15). D’une manière générale, « ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Galates 6:7).

Les bénédictions terrestres ne sont donc pas réservées au chrétien : elles sont pour tous les êtres humains.

 

2.2       Les bénédictions spirituelles

Les bénédictions spirituelles sont destinées aux croyants

 

Dieu se plaît à bénir d’une manière particulière les croyants de tous les temps. Dans l’Ancien Testament, et spécialement pour le peuple d’Israël, des bénédictions terrestres, récompensaient la fidélité envers Dieu. « Si tu écoutes attentivement la voix de l’Éternel, ton Dieu, pour prendre garde à pratiquer tous ses commandements... toutes ces bénédictions viendront sur toi... tu seras béni dans la ville, et tu seras béni dans les champs... » (Deutéronome 28:1-3). La bénédiction était conditionnée par l’obéissance et les œuvres accomplies (*). À cette bénédiction matérielle s’ajoutaient, déjà pour les croyants de cette époque, des bénédictions spirituelles comme en témoignent le livre des Psaumes et la longue liste des hommes de foi cités en Hébreux 11.

 

(*)La souveraineté de Dieu et son action pour éduquer les siens permettaient cependant que certains fidèles soient privés momentanément de bénédictions terrestres : voir le Psaume 73 et le livre de Job par exemple.

 

Dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus parle également de bénédictions spirituelles : il parle d’être « riche quant à Dieu » (Luc 12:21), riche de trésors dans le ciel qu’il place bien au-dessus des trésors de la terre. Mais il annonce quelque chose de nouveau et de radical : la richesse matérielle n’est pas à rechercher pour le chrétien, parce que cette recherche l’éloigne des vraies richesses : « Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres ;... vous ne pouvez pas servir Dieu et les richesses » (Luc 16:13).

« Ne vous amassez pas des trésors sur la terre... mais amassez-vous des trésors dans le ciel... car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur » (Matthieu 6:19, 20).

Les épîtres réaffirment la même chose : pour le chrétien, les bénédictions sont avant tout spirituelles. Paul s’écrie : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! » (Éphésiens 1:3), avant de détailler ces immenses richesses : salut, pardon, rachat par le sang précieux de Christ, héritage céleste, présence du Saint Esprit dans le croyant... sans compter la joie et la paix dans le cœur, lorsqu’on a le bonheur de connaître Jésus.

Mais alors, nous pouvons nous demander quelle contrepartie Dieu attend de nous pour nous les donner. Aucune. Rien que nous puissions faire, rien qui puisse les mériter. Ces richesses sont gratuites et inconditionnelles : nous avons été bénis en Christ. Le salut est gratuit, c’est le « don de Dieu » (Jean 4:10) pour les riches comme pour les pauvres. Les bonnes œuvres, la charité envers nos semblables, les aumônes sont inutiles pour nous acquérir le salut, et de la même manière elles ne nous donnent aucun droit aux bénédictions, même spirituelles.

Cependant, nous sommes appelés à nous approprier ces bénédictions spirituelles par la foi. Nous n’en profiterons réellement que si nos cœurs sont engagés pour aimer le Seigneur Jésus et si nous obéissons à sa Parole.

Alors, la joie et la reconnaissance liées à ce que la grâce de Dieu a fait en nous et pour nous vont produire des actions concrètes, que la Parole appelle de « bonnes œuvres préparées à l’avance pour que nous marchions en elles » (Éphésiens 2:10). Ces œuvres ne sont donc pas la cause mais bien la conséquence d’une bénédiction. Et Dieu, qui n’est jamais notre débiteur, tiendra compte de tout ce qui aura été fait pour lui lorsque les croyants auront leur récompense dans le ciel (*).

 

(*) Marc 9:41. Il est essentiel de bien comprendre que les récompenses pour les croyants dans le ciel ne sont pas à confondre avec le salut de l’âme, qui est un pur don de Dieu pour celui qui croit, sans le moindre mérite de notre part.

 

Nous pouvons être reconnaissants si le Seigneur nous accorde une famille, une bonne santé, un travail ou des revenus suffisants. Mais ce ne sont pas à proprement parler des bénédictions chrétiennes, puisque beaucoup d’incroyants en bénéficient également, et que des croyants fidèles en sont privés. Les richesses chrétiennes sont spirituelles, résultat de la pure grâce de Dieu ; elles peuvent remplir notre cœur et le détacher des richesses du monde qui ne durent qu’un temps : « Vous avez montré de la compassion pour les prisonniers et vous avez accepté avec joie d’être dépouillés de vos biens, sachant que vous avez pour vous-mêmes des biens meilleurs et permanents » (Hébreux 10:34).

L’avenir des chrétiens et leur espérance sont dans le ciel et cela conditionne leur vie sur la terre. Ils n’ont pas à attendre ni à rechercher la richesse matérielle même si Dieu dans sa sagesse peut parfois l’accorder (*).

 

(*) Le verset : « Bien-aimé, je souhaite qu’à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère » (3 Jean 2) est souvent cité pour montrer que Dieu souhaite la prospérité matérielle. En réalité, il montre bien que la prospérité spirituelle de l’âme est plus importante que la prospérité matérielle et la santé. Des richesses matérielles sans que l’âme se trouve en bonne santé, sans la communion avec le Seigneur, peuvent au contraire être un piège pour celui qui les possède.

 

Cette distinction que fait la Bible entre richesses terrestres et richesses spirituelles est essentielle. Elle nous permet de mieux comprendre les multiples indications et exhortations que la Parole de Dieu donne pour chacun, pauvres, riches, serviteurs de Dieu.

 

3         Pour les pauvres

3.1       Pourquoi suis-je pauvre ?

Un croyant pauvre peut être amené à se poser beaucoup de questions : pourquoi suis-je dans cette situation ? Pourquoi Dieu a-t-il permis que je naisse dans un pays pauvre ? Est-ce un jugement, la conséquence d’un manque de fidélité ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ?

Non, la pauvreté n’est pas une « punition ». Jésus, le Fils de Dieu, a pris sur la terre la place la plus humble ; « pour vous, lui qui était riche a vécu dans la pauvreté » (2 Corinthiens 8:9) ; il n’avait « pas de lieu où reposer sa tête » (Luc 9:58) ; ses besoins terrestres étaient assurés par des personnes qui « l’assistaient de leurs biens » (Luc 8:3). Quand Jésus a eu besoin d’une pièce de monnaie, il a dû la demander à ceux qui l’écoutaient. À sa suite, les apôtres ont été pauvres, et il leur faut un miracle pour trouver l’argent nécessaire pour payer l’impôt (Matthieu 17:24-27). Pierre déclare au boiteux qu’il va guérir : « Je ne possède ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne » (Actes 3:6).

Aujourd’hui, on annonce parfois un « évangile de la prospérité » qui présente la réussite, la richesse et la bonne santé comme des conséquences directes de la fidélité aux commandements bibliques ; on promet que Dieu comblera de richesses matérielles ceux qui donnent la dîme aux prédicateurs. Ce faux enseignement s’oppose à la fois à celui du Seigneur et à celui des apôtres. Ce n’est pas ce qu’enseigne l’Écriture, c’est « pervertir l’évangile du Christ » (Galates 1:7).

 

3.2       L’exemple de l’apôtre Paul

Prenons l’exemple de l’apôtre Paul : l’application de ce principe de prospérité voudrait qu’un homme de Dieu aussi fidèle et engagé pour son Maître jouisse d’une parfaite santé et soit comblé de biens. Or, que nous dit la Bible à ce sujet ?

Concernant son statut social et la considération liée à son zèle religieux, Paul déclare qu’il considère ces choses comme une perte, et qu’il les estime désormais comme des ordures à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus (Philippiens 3:7, 8). Après avoir abandonné tous les privilèges de son rang de pharisien, Paul exerçait un métier : il fabriquait des tentes, pour subvenir à ses besoins et à ceux des autres. Nulle mention d’une réussite éclatante, d’une entreprise qui prospère en récompense de son service ou de sa fidélité. Il a été lui-même dans le besoin (2 Corinthiens 11:8). Au moment de quitter Éphèse pour son dernier voyage à Rome, il rappelle aux croyants avec qui il a vécu : « Je n’ai convoité ni l’argent, ni l’or, ni le vêtement de personne. Vous savez vous-même que ces mains ont été employées pour mes besoins et pour les personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré en toutes choses qu’en travaillant ainsi il nous faut secourir les faibles » (Actes 20:33-35).

Concernant sa santé, Paul avait un problème sans doute physique (une « écharde pour la chair ») qui le faisait souffrir, et dont il aurait voulu être délivré ; il avait prié trois fois le Seigneur pour ce sujet précis, et la réponse avait été : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12:7-9). Peut-on penser que cette réponse était la conséquence d’un manque de foi ou d’obéissance de l’apôtre ? Certainement pas ! Dieu permettait cette épreuve, et voulait que Paul, qui avait appris à être content dans les circonstances où il se trouvait, se repose entièrement sur sa grâce.

 

3.3       Encouragements

Cet exemple ne doit pourtant pas nous faire penser que pour un chrétien, il est « facile » de vivre dans la pauvreté. Non, souffrir de la faim, du froid, ne pas savoir comment on va nourrir sa famille jour après jour, ne pas pouvoir payer l’école ou les médicaments nécessaires pour se soigner, vivre dans l’insécurité permanente sont de grandes épreuves.

Pourtant, notre Père céleste sait parfaitement de quoi nous avons besoin pour notre vie quotidienne (Matthieu 6:32). Est-ce qu’il nous laisse seuls face à ces besoins ? Non, bien au contraire. Il fait des promesses toutes particulières à ceux qui sont éprouvés : « Quand tu passeras par les eaux, je serai avec toi, et par les rivières, elles ne te submergeront pas » (Ésaïe 43:2). Un chrétien n’est pas préservé des difficultés sur la terre ; mais il a cette promesse que Dieu est avec lui pour les affronter.

Il nous faut reconnaître que parfois nous ne comprenons pas pourquoi Dieu permet des circonstances si dures pour ses enfants qu’il aime. Mais Dieu agit toujours pour notre bien, et il nous donne des encouragements et des certitudes auxquels nous pouvons nous « accrocher » quand nous sommes découragés : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses, toujours facile à trouver » (Psaume 46:1). « Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse » (Ésaïe 63:9). « Dieu... est le père des orphelins, et le juge des veuves » (Psaume 68:5), le soutien de ceux qui sont sans ressource. Notre Père céleste n’est jamais indifférent aux circonstances de ses enfants, il les traverse avec eux et désire que leur foi grandisse encore dans ces situations difficiles.

Que demander à Dieu dans ces circonstances ? De l’argent, la réussite, le succès ? Non, il veut que nous lui exposions simplement nos besoins, ce qui nous est nécessaire pour la vie du foyer, la nourriture, le logement, la santé : « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâce ». Quel sera le résultat de cette confiance ? « Et la paix de Dieu... gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Philippiens 4:6). Mais si l’objectif principal de notre vie consiste à sortir d’une situation précaire pour devenir riche, nous tombons dans un piège qui nous éloigne du Seigneur. Nous en subirons les tristes conséquences tout au long de notre existence (1 Timothée 6:9,10).

Parfois, comme Asaph dans le Psaume 73:3, nous pouvons avoir un sentiment d’injustice en voyant certaines personnes s’enrichir sans scrupule ou de manière malhonnête. Prenons garde aux comparaisons qui amènent à la jalousie et à l’amertume : être reconnaissant et content de ce que Dieu nous donne, ne désirer « ni pauvreté ni richesse » (Proverbes 30:8), c’est l’un des secrets d’une vie chrétienne heureuse et rayonnante.

Paul disait : « J’ai appris à être content dans les situations où je me trouve » (Philippiens 4:11) : cet apprentissage peut être particulièrement difficile lorsqu’on vit dans la pauvreté, mais Dieu veut nous donner les ressources nécessaires pour accepter notre situation, non pas avec résignation ou fatalisme, mais avec foi et confiance en Lui. Il prend toujours soin des siens.

« Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » (Jacques 2:5).

 

4         Pour les riches

4.1       Est-ce un mal d’être riche ?

Le Seigneur a été pauvre et n’a jamais rien possédé pour lui-même. Alors, est-ce mal pour un chrétien d’être riche ?

La Bible ne condamne jamais directement l’argent ou la richesse : par contre elle juge sévèrement l’amour de l’argent, et le désir d’en posséder toujours plus. À plusieurs reprises, elle avertit ceux qui sont riches d’être attentifs à l’utilisation de l’argent qui leur est confié et par-dessus tout à la place que cette richesse prend dans leur vie et dans leur cœur.

La Parole nous met en garde contre l’avarice, que Dieu appelle de l’idolâtrie. On a dit parfois que l’argent est un bon serviteur, mais un mauvais maître : un chrétien ne doit jamais se laisser prendre au piège de se laisser gouverner par le désir de posséder, d’épargner toujours plus, d’accroître ses revenus, de compter ses richesses : cela revient à servir Mammon, le dieu de l’argent. Or le Seigneur nous dit que nous ne pouvons servir deux maîtres. Dieu ou l’amour des richesses, nous devons choisir ! (Matthieu 6:24).

Rappelons-nous que la réussite matérielle pour le chrétien n’est pas le signe de l’approbation de Dieu par rapport à sa vie. Ce sont toujours des « richesses injustes » (Luc 16:9), parce qu’elles ne sont pas réparties équitablement entre les hommes, et que le riche ne les mérite pas plus qu’un autre.

Ce sont aussi des richesses qui passent : elles peuvent nous être ôtées à tout moment sur la terre, et de toute façon elles ne nous suivront pas lorsque nous la quitterons. « Insensé ! Cette nuit même, ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, qui l’aura ? » (Luc 12:20) L’or n’a pas cours au ciel.

 

4.2       Riches en bonnes œuvres

Qu’est-ce qui doit caractériser la vie du croyant sur la terre ? La foi en action, la dépendance de Dieu chaque jour, la recherche de Sa volonté dans toutes les circonstances. Le grand danger lorsque l’on possède beaucoup de richesses est de se détourner de cette vie de foi : au lieu de compter sur Dieu, nous risquons de mettre notre confiance dans nos richesses. Souvenons-nous de ce jeune homme riche, attiré par Jésus et réellement désireux de connaître la vérité : il s’en va « tout triste » après que le Seigneur lui a dit de vendre tout ce qu’il avait et de le suivre, « car il possédait de grands biens » (Marc 10:22).

Un chrétien riche peut aussi tomber facilement dans des pièges que l’Ennemi placera devant lui et qui lui feront « perdre sa vie » (*) : gaspillage, amour du luxe, oisiveté, paresse, autant de comportements qui peuvent troubler des frères et sœurs plus pauvres et être un contre-témoignage pour les incroyants, qui devraient au contraire « observer nos bonnes œuvres » (1 Pierre 2:12). À ceux à qui Dieu accorde la prospérité matérielle, il donne en même temps un commandement très clair : « Ordonne à ceux qui sont riches dans le présent siècle de ne pas être hautains et de ne pas mettre leur confiance dans l’incertitude des richesses, mais en Dieu... ; qu’ils fassent du bien ; qu’ils soient riches en bonnes œuvres ; qu’ils soient prompts à donner, généreux, s’amassant comme trésor un bon fondement pour l’avenir, afin de saisir ce qui est vraiment la vie » (1 Timothée 6:17-19). Ils doivent aussi être attentifs, s’ils ont la responsabilité de faire travailler des salariés, à leur rendre ce qui leur est dû avec équité et justice (Jacques 5:1-6) : la richesse ne doit pas s’acquérir au détriment des autres.

 

(*) Luc 9. 24. Il ne s’agit pas ici bien sûr de la perte de la vie éternelle, qui est acquise pour le croyant qui a mis sa confiance dans le sacrifice de Christ, mais de la perte du témoignage et du service confié à chaque croyant sur la terre. C’est une vie sans fruit, perdue pour Dieu.

 

Dieu veut nous donner un cœur disposé à la générosité, tourné vers notre prochain, attentif aux besoins. Détenteur pour un temps de bénédictions terrestres, le chrétien à qui Dieu a beaucoup confié a la responsabilité d’utiliser ce qu’il a reçu avec sagesse, en ne perdant jamais de vue qu’il devra rendre compte un jour à son Maître.

 

5         Recevoir

5.1       Tout nous vient de Dieu

Ce qui nous est donné sur la terre, nous le recevons de la part de Dieu, que ce soit peu ou beaucoup. Cela peut être de l’argent, mais aussi des capacités intellectuelles ou physiques, ou encore du temps : le chrétien est simplement un gérant de tout ce qui lui est confié par Dieu. Il est responsable de la façon dont il va en faire usage, et aura à rendre des comptes sur sa gestion. C’est ce que nous enseigne la parabole du maître qui confie des sommes d’argent à ses serviteurs avant de quitter le pays pour un temps, et lorsqu’il revient demande à chacun ce qu’il en a fait Matthieu (25:14-30).

Sachant que nous recevons tout de lui, nous sommes exhortés à rendre grâce, c’est-à-dire à remercier en reconnaissant que ce qui nous est donné — nourriture, santé, travail,... — est une grâce de Dieu.

 

5.2       La responsabilité de travailler de manière honnête

Tout nous vient de Dieu ; mais cela ne doit jamais nous amener à penser que nous n’avons pas besoin de travailler, et qu’il nous suffit d’attendre une « divine providence » pour subvenir à nos besoins. La Parole de Dieu condamne sévèrement la paresse : « si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Thessaloniciens 3:6-13).

Dieu se soucie également de la manière dont nous effectuons notre travail. La corruption et les tentatives de détournement d’argent sont des péchés (Luc 3:12-14). La Bible nous enseigne à gagner notre vie par un travail honnête, et autant que cela est possible à ne dépendre de personne (1 Thessaloniciens 4:11, 12).

5.3       Les dettes

Cela veut dire aussi que nous devons être très vigilants sur les engagements financiers que nous contractons : « ne rien devoir à personne » (Romains 13:8), c’est par exemple tout faire pour rembourser nos dettes si nous en avons, et ne pas emprunter une somme d’argent sans être certain de pouvoir rembourser à tout moment ce qui est convenu.

Avant d’emprunter de l’argent, pour quelque projet que ce soit, nous devons avoir l’attitude de l’homme qui construit une tour : avant de se lancer dans son projet, il s’assied d’abord et calcule la dépense (Luc 14:28). Posons-nous ces questions : Quelles sont nos motivations ? Sommes-nous satisfaits de ce que Dieu nous donne ? Comptons-nous sur Dieu avec foi pour répondre à nos besoins ? Est-ce que nous ne confondons pas nos besoins avec nos désirs ? Ne préjugeons-nous pas de l’avenir et de notre capacité à rembourser ? Remettons notre projet à Dieu, en lui demandant de nous montrer sa volonté.

Il y a parfois des situations où l’on pense qu’il n’y a pas d’autre solution que d’emprunter : il faut acheter des médicaments de manière urgente, organiser un mariage ou des funérailles, payer les frais de scolarité d’un enfant... Des circonstances très difficiles telles qu’un licenciement, le chômage, une longue maladie, une grande pauvreté peuvent également nous exposer à contracter des dettes. Sans doute de telles épreuves, survenues contre notre volonté, sont permises par Dieu. Pour les traverser, le secours du Seigneur nous est assuré. Il nous apprendra à nous confier en lui comme la veuve d’un des fils des prophètes (2 Rois 4:1-7) : cette femme pieuse a eu recours à l’homme de Dieu et a été délivrée.

 

5.4       Le cas des serviteurs de Dieu

Tous les croyants sont des serviteurs de Dieu. Mais des instructions particulières sont données pour ceux qui ont renoncé complètement ou partiellement à une profession et à un revenu régulier pour se consacrer davantage au service du Seigneur : « De même aussi le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’évangile de vivre de l’évangile » (1 Corinthiens 9:14).

Qui est concerné par ce verset ? Les serviteurs appelés par Dieu et non pas ceux qui s’autoproclament ministres du Christ, ou qui ont un diplôme religieux. Ce n’est pas une qualification ni un titre qui donnent droit à un revenu. « L’ouvrier est digne de son salaire » à cause de son travail. Selon Luc 10:8, il mange et boit ce qui lui est offert, mais il n’est jamais question que le serviteur demande qu’on le serve, réclame un salaire et des avantages, ou encore exige que la dîme lui soit donnée. Paul disait à l’église de Corinthe : « Me voici prêt pour la troisième fois à aller auprès de vous ; et je ne vous serai pas à charge, car je ne cherche pas vos biens, mais vous-mêmes » (2 Corinthiens 12:14). Aux croyants de Thessalonique, il rappelle qu’il n’a jamais eu « d’arrière-pensée de cupidité » en annonçant l’évangile (1 Thessaloniciens 2:5).

La prétention à obtenir des avantages matériels en échange d’un service spirituel révèle les motivations profondes et l’état du cœur : Dieu condamne très fermement ceux qui cherchent à tirer profit de la religion pour s’enrichir, comme le faisaient les pasteurs d’Israël qui se nourrissaient sur le dos des brebis au lieu d’en prendre soin (*). Paul met en garde contre les hommes « corrompus dans leur intelligence et privés de la vérité, qui estiment que la piété est une source de gain » (1 Timothée 6:5). Un homme appelé par Dieu ne s’enrichit pas grâce à son service et aux offrandes des fidèles.

 

(*)Sur ce sujet, lire aussi Néhémie 5 ; Matthieu 6:3 ; Marc 12:38-40 et 11, 15-17 ; Luc 20:46, 47 ; 2 Pierre 2:15 ; Ézéchiel 34:2, 3.

 

Quelle doit donc être l’attitude du serviteur concernant l’argent ? Avant tout, il doit être désintéressé : le service de Dieu est totalement incompatible avec « l’avidité » (Tite 1:7). Paul est un bel exemple encore une fois de l’état d’esprit d’un croyant qui vit de l’évangile : entièrement dépendant de Dieu pour subvenir à ses besoins, ne réclamant rien à personne, et manifestant de la reconnaissance lorsque des croyants individuellement ou des assemblées le soutiennent financièrement par des dons (Philippiens 4:10-20).

Si la Bible enseigne qu’un serviteur de Dieu peut s’attendre à un soutien matériel afin d’être entièrement disponible pour son service (1 Corinthiens 9:6-14), cette situation n’est pas une règle absolue : Paul avait décidé lorsqu’il était à Corinthe de travailler de ses mains pour annoncer gratuitement l’évangile et ne pas être à la charge des croyants (Actes 18:3 et 1 Corinthiens 9:18). À Thessalonique, où des croyants ne travaillaient pas sous prétexte d’attendre le Seigneur, ce qui provoquait du désordre, il avait travaillé « nuit et jour », afin d’être un modèle (2 Thessaloniciens 3:8). Cela montre qu’on peut tout à fait servir le Seigneur et annoncer l’évangile tout en gagnant sa vie.

 

6         Donner

Pauvres ou riches, ce que nous recevons de Dieu (pas nécessairement de l’argent) doit nous servir pour donner à notre tour : « Je vous ai montré en toutes choses qu’en travaillant ainsi, il nous faut secourir les faibles et nous souvenir des paroles du Seigneur Jésus qui lui-même a dit : Il est plus heureux de donner que de recevoir » (Actes 20:35). « Que celui qui volait ne vole plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin » (Éphésiens 4:28).

À qui donnons-nous en réalité ? Celui qui donne au pauvre prête à Dieu (voir Proverbes 19:17), et Dieu ne reste jamais redevable de ce qui est fait pour Lui (Marc 10:30 ; Matthieu 6:4). Nous recevrons toujours en retour quelque chose de bon qui dépassera de loin la mesure de ce que nous avons donné, « selon ses richesses en gloire dans le Christ Jésus » (Philippiens 4:19). Pour autant, ne nous trompons jamais de motif : nous sommes appelés à donner par amour pour Lui, et non dans l’attente d’une récompense, ce qui reviendrait à marchander avec Dieu. Il lit dans nos cœurs.

Bien des questions pratiques se posent : combien donner ? de quelle manière et sous quelle forme ? à qui donner ?

 

6.1       Combien donner ?

La Loi de Moïse avait institué la dîme : chaque Israélite devait donner 10 % de ce que la terre avait produit. Il s’agissait d’un commandement de Dieu (même si des offrandes pouvaient aussi être faites volontairement). Dans le Nouveau Testament, il n’est plus question de la dîme pour les chrétiens ; le don est toujours présenté comme produit par la grâce, et non comme l’obéissance à une loi (*). Libéré de l’obligation de la dîme puisqu’il n’est pas sous la Loi, le chrétien peut donner avec joie, librement et par amour pour Dieu, que ce soit pour soutenir la prédication de l’évangile ou pour aider les plus démunis.

 

(*) Si un chrétien se place sous la loi de la dîme, il agit par obligation, dans la crainte d’être puni ou pour mériter une faveur de la part de Dieu : il se place sous la Loi et non plus sous la grâce.

 

1 Corinthiens 16:2 donne des instructions pratiques à ce sujet : « Que, chaque premier jour de la semaine, chacun de vous mette de côté, chez lui, sur ce qu’il aura gagné ». Cela concerne tous les croyants de l’assemblée à Corinthe, quelle que soit leur situation financière. Les montants mis de côté seront différents de l’un à l’autre, mais la mesure est la même : selon ce que chacun a gagné.

Si nous sommes favorisés, pensons à ce que le Seigneur a dit à propos des riches qui jetaient leurs offrandes au trésor du temple (Luc 21:4) : donnons-nous uniquement de notre superflu, ou sommes- nous prêts à renoncer à certaines choses pour pouvoir donner davantage ? Dieu ne regarde pas tant ce que l’on donne que ce que nous gardons pour nous : la veuve a tout donné ! Avons-nous conscience que tout ce que nous possédons lui appartient ?

Si nous sommes pauvres, notre situation n’est pas une raison pour ne rien donner : à la différence des riches, la veuve n’avait donné qu’une très petite somme, mais le Seigneur qui l’observe juge qu’elle a donné « plus que tous les autres » (Luc 21:3). De même, il est dit des assemblées macédoniennes que, « dans les grandes détresses qui les ont éprouvées, l’abondance de leur joie et leur profonde pauvreté ont fait abonder la richesse de leur générosité » (2 Corinthiens 8:2, 3). Ce que la Parole de Dieu met en avant, ce n’est pas la quantité donnée, mais l’état de cœur de celui qui donne.

Des croyants peuvent être dans un grand dénuement, et éprouver de grandes difficultés pour subvenir à leurs propres besoins ; n’ont-ils alors rien à donner ? Rappelons-nous que tout ce que nous avons appartient à Dieu, ce qui veut dire qu’il n’y a pas que l’argent : nous pouvons donner notre temps, venir en aide en prêtant nos bras, partager un repas avec une personne seule, ou avec quelqu’un dont la situation est plus précaire encore que la nôtre... Dieu prépare à l’avance pour chacun de ses enfants des bonnes œuvres, « afin que nous marchions en elles » (Éphésiens 2:10).

 

6.2       Comment donner ?

Ce n’est pas un point de détail : le Seigneur, assis en face de l’endroit où se faisaient les offrandes du temple, a observé « comment la foule jetait de la monnaie au trésor » (Marc 12:41).

L’exemple de la veuve, souligné par le Seigneur, nous montre que nous devrions donner avec foi. Ayant tout donné, cette femme sans ressource devait s’attendre à Dieu.

La Parole de Dieu nous présente également des exemples à ne pas suivre. Les pharisiens faisaient « toutes leurs œuvres pour être vus des hommes » (Matthieu 23:5). Ananias et Sapphira voulaient se faire bien voir des apôtres et des croyants en donnant publiquement une partie du prix de leur terrain. Le Seigneur nous rappelle : « Gardez-vous de faire votre aumône devant les hommes, pour être vus par eux... ne le claironne pas devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, pour être glorifiés par les hommes... que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, afin que ton aumône soit faite dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera » (Matthieu 6:1-4). Ce que nous donnons est quelque chose qui doit rester entre Dieu et nous.

La bienfaisance se pratique avec discrétion, mais aussi avec joie ! Paul nous dit à ce sujet : « Que chacun fasse comme il l’a résolu dans son cœur, non pas à regret, ou par contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2 Corinthiens 9:7). Encore une fois, c’est l’état de notre cœur qui compte plus que le montant donné : soyons heureux de pouvoir montrer notre amour pour le Seigneur et pour nos frères et sœurs, en rendant pour son service une part de ce qu’il nous a lui-même donné, nous rappelant que tout nous vient de lui. « Tu donneras [à ton frère pauvre] libéralement, et ton cœur ne sera pas triste quand tu lui donneras » (Deutéronome 15:10).

 

6.3       Les collectes

Il est important que chaque croyant demande à Dieu comment il peut donner pour répondre avec sagesse aux besoins qui se présentent devant lui. C’est donc un exercice individuel ou familial. Mais le Nouveau Testament nous présente aussi le fait de donner comme un acte collectif, effectué par l’assemblée. Ainsi, nous sommes enseignés à avoir des collectes chaque dimanche (1 Corinthiens 16:1, 2). Cette offrande matérielle est associée à l’offrande spirituelle (la louange), car Dieu prend plaisir à ces deux sortes de sacrifices (Hébreux 13:15, 16).

Les collectes peuvent alors être confiées à quelques frères qui, comme Étienne et Philippe, aient « un bon témoignage, pleins de l’Esprit Saint et de sagesse » (Actes 6:1-6). Ils auront la charge de distribuer cet argent de la part de l’assemblée.

 

6.4       À qui donner ?

À ceux qui sont dans le besoin, et aux serviteurs de Dieu.

« Donne à qui te demande », nous dit le Seigneur en Matthieu 5:42. Ce devrait être le geste spontané de celui qui connaît le Dieu de bonté et qui lui fait confiance. Mais la Parole nous enseigne également à donner avec discernement, pour « ce qui est bon et utile aux hommes », « pour les choses nécessaires » (Tite 3:8, 14). La bienfaisance des croyants doit s’exercer envers tous ceux qui en ont besoin, mais plus particulièrement envers nos frères et sœurs chrétiens : « tandis que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Galates 6:10).

Le soutien aux serviteurs va en priorité vers ceux qui, appelés par Dieu pour cela, ont renoncé à leur profession pour se consacrer davantage à son service. Ils annoncent l’évangile ou enseignent la Parole, et s’attendent au Seigneur pour « vivre de l’évangile » ainsi qu’il l’a ordonné (1 Corinthiens 9:14). Nous avons vu que les serviteurs n’ont pas à réclamer de l’argent ; par contre, la responsabilité des croyants est d’avoir à cœur leur situation, et de leur faire part volontairement de leurs biens.

Que notre don soit destiné à faire du bien autour de nous, ou à soutenir tous ceux qui travaillent pour le Seigneur, il s’adresse en réalité au Seigneur lui-même : c’est un sacrifice, une offrande agréable à Dieu (Philippiens 4:18).

Faire du bien à tous sans distinction, c’est agir de la même manière que Dieu qui use de bonté envers tous (Matthieu 5:45). C’est en fait donner un témoignage de ce que Dieu est (Actes 14:17).

À l’inverse, si nous sommes égoïstes, nous rendons un triste témoignage : « Mais celui qui a les biens de ce monde, qui voit son frère dans le besoin et lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jean 3:17). Parfois la bienfaisance prépare le terrain pour annoncer l’évangile, et les deux choses ne devraient jamais être dissociées parce que le croyant désire avant tout partager les richesses célestes qu’il possède. Mais si les cœurs ne sont pas préparés, un don matériel peut quelquefois masquer la clarté du message de l’évangile et fausser les relations. Les donateurs ont besoin de sagesse voir (Jean 2:23-25 et Matthieu 13:58).

Le résultat des dons faits avec joie et libéralité est une chaîne de joie et de reconnaissance qui lie au Seigneur ceux qui donnent et ceux qui reçoivent : « La réalisation de ce service, non seulement comble les besoins des saints, mais encore multiplie les actions de grâce envers Dieu » (2 Corinthiens 9:12). La prière des uns pour les autres manifeste alors la profonde affection qui unit les croyants entre eux (2 Corinthiens 9:14). Enfin, cela nous amène tous ensemble à louer Dieu pour le don de son Fils : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable » (2 Corinthiens 9:15).

Notre Dieu est un Dieu qui aime donner : il « donne à tous libéralement » (Jacques 1:5). Le Seigneur sur la terre est allé sans cesse « de lieu en lieu, faisant du bien » (Actes 10:38). Imitons notre parfait modèle dans ce geste d’amour, afin que la vie de Christ soit visible en nous.

 

7         Conclusion

Chaque chrétien qui a cru au sacrifice de Christ et qui est à l’abri de son sang est immensément riche. Il possède des trésors bien plus grands que tout ce que le monde peut offrir. Et pourtant, il est en permanence confronté au danger d’être aveuglé, de se tromper de richesses, et de rechercher sur la terre celles que recherchent les hommes sans Dieu. Nos bénédictions sont du ciel, ne l’oublions jamais. Et nous appartenons entièrement au Seigneur, personnes et biens.

Notre rapport à l’argent nous amène finalement aux questions essentielles de la vie chrétienne : à quoi ou à qui suis-je réellement attaché ? Quelles sont les priorités de ma vie ? Est-ce que je vis pour moi-même, ou « pour celui qui pour moi est mort et a été ressuscité » (2 Corinthiens 5:15) ?

Mettons les choses dans l’ordre : « cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela [ce dont vous avez besoin pour vivre] vous sera donné par-dessus » (Matthieu 6:33).

La prière du croyant concernant ses besoins quotidiens devrait être ce qu’exprime ce verset des Proverbes : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse ; nourris-moi du pain qui m’est nécessaire » (Proverbes 30:8). Notre Dieu connaît nos besoins, il aime bénir et donner. Apprenons à nous confier entièrement en lui, à rechercher toujours ce qui lui plaît et à être reconnaissants de ce qu’il donne.

Le Psaume 37 rapporte l’expérience d’une vie de confiance et de dépendance pour un croyant :

 

« Confie-toi en l’Éternel, et pratique le bien ; habite le pays et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur... Demeure tranquille, appuyé sur l’Éternel, et attends-toi à lui...

Mieux vaut le peu du juste que l’abondance de beaucoup de méchants... Le méchant emprunte et ne rend pas ; mais le juste use de grâce, et donne...

J’ai été jeune et je suis vieux, et je n’ai pas vu le juste abandonné, ni sa descendance cherchant du pain » (Psaume 37:3, 7, 16, 21, 25).

 

Oui, « celui qui croit en Dieu ne sera pas confus » (Romains 10:11).