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L’AVÈNEMENT PERSONNEL

 

 

du Seigneur Jésus-Christ

 

W. J. Lowe

Une partie des sous-titres a été ajoutée par Bibliquest

 

Table des matières :

1     Avènement personnel du Seigneur Jésus-Christ — Une venue réelle et personnelle

1.1      Selon l’Ancien Testament

1.2      Selon le Nouveau Testament

1.3      Un avènement en gloire

1.4      Détails sur cet avènement

1.4.1             Le Seigneur reviendra dans la gloire de Son Père

1.4.2             Il rendra à chacun selon sa conduite.

1.4.3             Il viendra pour régner.

2     Signes qui annonceront la venue de Christ

2.1      Matthieu 24

2.2      Des troubles croissants — évangélisation — jugements

2.3      Être prêts

3     L’Attente du Seigneur

3.1      Une caractéristique du Christianisme

3.2      Un retour certain

3.3      Effets sur le cœur des croyants

3.4      L’Époux — la parabole des dix vierges — Réalité de la foi

4     Conclusion

 

 

1                    Avènement personnel du Seigneur Jésus-Christ — Une venue réelle et personnelle

1.1   Selon l’Ancien Testament

 

On peut dire que l’avènement personnel du Seigneur Jésus Christ dans ce monde est l’objet principal de la prophétie de l’Ancien Testament. Les derniers prophètes surtout la présentent de la manière la plus précise, comme nous le voyons, par exemple, dans les passages suivants :

«L’Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints avec toi... Ses pieds se tiendront, en ce jour-là sur la montagne des Oliviers... L’Éternel sera roi sur toute la terre» (Zacharie 14:5-9).

«Et l’objet du désir de toutes les nations viendra» (Aggée 2:7). «Voici, j’envoie mon messager, et il préparera le chemin devant moi ; et le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple, et l’Ange de l’alliance en qui vous prenez plaisir, voici, il vient, dit l’Éternel des armées» (Malachie 3:1).

La citation faite de ce dernier verset au commencement de l’évangile de Marc, conduira peut-être quelques-uns à penser que cette prophétie, ainsi que les autres, se rapporte uniquement à la présence du Seigneur Jésus sur la terre, lorsqu’il y parut dans l’humilité et termina sa vie sur la croix. Bien qu’en effet il y ait eu alors un accomplissement partiel des prophéties, un examen attentif montrera que la majeure partie se rapporte à l’avenir. Une simple considération suffit pour le prouver. Elles parlent toutes d’un jugement qui sera exécuté lors de l’avènement du Messie. Or, à sa première venue, Jésus a dit expressément : «Je ne suis pas venu afin de juger le monde, mais afin de sauver le monde» (Jean 12:47).

Pour mieux faire ressortir cette vérité, examinons le contexte des passages cités plus haut. Zacharie 14:2-4 : «J’assemblerai toutes les nations contre Jérusalem pour le combat, et la ville sera prise, et les maisons pillées, et les femmes violées, et la moitié de la ville s’en ira en captivité ; et le reste du peuple ne sera pas retranché de la ville. Et l’Éternel sortira et combattra contre ces nations, comme au jour où il a combattu au jour de la bataille. Et ses pieds se tiendront, en ce jour-là sur la montagne des Oliviers...»

Aggée 2:6 : «Ainsi dit l’Éternel des armées : Encore une fois, ce sera dans peu de temps, j’ébranlerai les cieux et la terre, la mer et la terre sèche ; et j’ébranlerai toutes les nations. Et l’objet du désir de toutes les nations viendra, et je remplirai cette maison de gloire (*), dit l’Éternel des armées...» Ce passage, cité dans l’épître aux Hébreux, chapitre 12:26-28, y est distinctement rapporté à l’avenir.

 

(*) Le temple à Jérusalem.

 

Malachie 3:1-5 . «Voici, il vient, dit l’Éternel des armées. Mais qui supportera le jour de sa venue, et qui subsistera lorsqu’il se manifestera ? Car il est comme un feu d’affineur, et comme la potasse des foulons... Et je m’approcherai de vous en jugement».

Avec ces paroles s’accordent celles que nous lisons dans les Psaumes : «L’Éternel règne... Il vient pour juger la terre ; il jugera le monde avec justice, et les peuples avec droiture» (Psaumes 97, 98).

Ainsi, à l’époque dont parlent ces prophéties, Christ viendra, y est-il dit, pour combattre, pour ébranler et pour juger, choses qui sont tout l’opposé du ministère de grâce qui a caractérisé sa première venue.

Il nous paraît inutile de multiplier les citations pour démontrer une vérité qui remplit tout l’Ancien Testament, soit sous la forme de promesse ou de type, soit comme déclaration formelle, et souvent très-détaillée, de l’Esprit de Dieu par les prophètes. Qu’il suffise de rappeler que la prophétie d’Ésaïe est caractérisée d’un bout à l’autre par cette glorieuse espérance que Dieu présente aux fidèles pour les encourager, pendant qu’ils gémissent au milieu des désordres de toute espèce qui règnent dans le monde. La naissance du Christ, sa mort, sa venue en gloire sont annoncées de la manière la plus claire, et dans des termes qui manifestent en même temps la divinité et l’humanité parfaites de notre Seigneur (voyez chap. 7:14 ; 9:6-7 ; 53 tout entier, etc., etc.). Nous lisons, entre autres passages qui proclament la même vérité

«Dites à ceux qui ont le coeur timide : Soyez forts, ne craignez pas ; voici votre Dieu ; la vengeance vient, la rétribution de Dieu ! Lui-même viendra, et vous sauvera» (chap. 35:4).

«...Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici, le Seigneur l’Éternel viendra avec puissance, et son bras dominera pour lui. Voici, son salaire est avec lui, et sa récompense devant lui. Comme un berger Il paîtra son troupeau, par son bras il rassemblera les agneaux, il les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent» (chap. 40:9-11).

«Le Rédempteur viendra à Sion et vers ceux qui, en Jacob, reviennent de leur rébellion, dit l’Éternel» (chap. 59:20).

 

1.2   Selon le Nouveau Testament

 

Le Nouveau Testament, comme on doit s’y attendre, annonce aussi le retour du Seigneur Jésus sur la terre. Lui-même en parle souvent dans ses entretiens avec ses disciples, ainsi qu’en d’autres occasions (*), et, quand Il vient de monter au ciel, c’est vers le moment de son retour qu’est dirigée la pensée de ceux qu’il a quittés, ainsi que nous le lisons dans le récit de son ascension, au chapitre 1 des Actes : «Eux donc, étant assemblés, l’interrogèrent, disant : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? Mais il leur dit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ; mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre. Et ayant dit ces choses, il fut élevé de la terre comme ils regardaient, et une nuée le reçut et l’emporta de devant leurs yeux. — Et comme ils regardaient fixement vers le ciel, tandis qu’il s’en allait, voici deux hommes en vêtements blancs, se tinrent là à côté d’eux, qui aussi dirent : Hommes galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici, regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel. Alors ils s’en retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, le chemin d’un sabbat» (Actes 1:6-12).

 

(*) Comparez Matthieu 16:27, 28 ; 19:28, 29 ; 23:39 ; 24:27-31, 37-51 ; 25:1-13, 14, 19, 31-46 ; 26:64 ; — Marc 8:38 ; 13:26, 27, 35-37 ; 14:62 ; — Luc 9:26 ; 12:36, 40, 46 ; 13:35 ; 17:24-37 ; 18:8 ; 19:11-27 ; 21:25-36 ; 23:42 ; — Jean 14:1-3 ; 16:22 ; 21:22,23.

 

La venue du Seigneur Jésus-Christ, qui occupe aussi une place très importante dans toutes les Épîtres et l’Apocalypse, est donc réelle et personnelle. Prendre dans un sens figuré ou spirituel, comme on le fait souvent, les déclarations réitérées et positives de la Parole de Dieu sur ce sujet, est une thèse inadmissible pour quiconque se soumet avec simplicité à l’Écriture. Le retour de Christ n’est ni «la mort», ni «la destruction de Jérusalem», ni «l’avancement du règne de Dieu», ni la soumission des peuples à l’autorité de l’Évangile ; c’est la venue personnelle, et au sens littéral, du même Jésus que les disciples ont vu s’en aller au ciel lorsqu’ils étaient avec Lui sur la montagne des Oliviers.

 

1.3   Un avènement en gloire

 

Toutes les Écritures s’accordent pour déclarer que cet avènement du Christ sera en gloire, et pour le jugement, ainsi qu’il est dit dans le dernier chapitre de l’Apocalypse : «Voici, je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son œuvre» (Apocalypse 22:12). Ce sera en même temps pour la complète délivrance et pour la manifestation en gloire de tous ceux qui croient en lui.

«Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent» (Hébreux 9:27, 28).

 

La première fois que le Seigneur Jésus annonce à ses disciples qu’il souffrirait beaucoup à Jérusalem de la part des chefs de la nation juive, qu’il serait mis à mort et qu’il ressusciterait le troisième jour (Matthieu 16:21), il ajoute aussi qu’Il reviendra en gloire sur la terre.

C’est la première mention de son retour qui soit faite dans le Nouveau Testament, et l’on comprend combien le moment était convenable pour faire connaître ce grand fait, autour duquel gravite tout ce qui concerne l’avenir de ce monde.

C’est cet avènement qui opérera bientôt un changement radical dans tout ce qui nous entoure ici-bas, qui mettra fin à tant de misères sous le poids desquelles gémit actuellement la création, et qui inaugurera cette liberté réelle que les hommes poursuivent toujours sans l’atteindre, par la simple raison que le pouvoir suprême sur la terre n’est pas encore publiquement exercé par Celui qui saura seul s’en servir pour le bien de tous en général et de chacun en particulier. Lui seul saura supprimer la malice des méchants et couronner de gloire et de joie ceux qui, en face de l’opposition du monde, se seront attachés à la vérité de Dieu et y auront marché.

Voici le passage auquel nous avons fait allusion plus haut : «Car le Fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. En vérité, je vous dis : Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le Fils de l’homme venant dans son royaume». Dans ces dernières paroles, le Seigneur faisait sans doute allusion à sa transfiguration dont furent témoins, six jours après, Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, alors que son visage resplendit comme le soleil et que ses vêtements devinrent blancs comme la lumière (Matthieu 16:27, 28 ; 17:1, 2).

En parlant plus tard de cette glorieuse vision, l’apôtre Pierre s’exprime ainsi : «Ce n’est pas en suivant des fables ingénieusement imaginées, que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, mais comme ayant été témoins oculaires de sa majesté. Car il reçut de Dieu le Père honneur et gloire, lorsqu’une telle voix lui fut adressée par la gloire magnifique : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir». Et nous, nous entendîmes cette voix, venue du ciel, étant avec lui sur la sainte montagne» (2 Pierre 1:16-18).

La vue de la gloire du Seigneur sur la montagne eut pour effet de confirmer, pour les apôtres, la parole prophétique, et de rendre plus réelle à leurs cœurs, ainsi qu’à ceux de tous les croyants, cette venue du Seigneur Jésus qu’ils attendaient avec tant d’ardeur, parce qu’elle était pour eux, comme elle l’est pour nous, le moment où la souffrance et le travail du temps présent feront place à la gloire et au repos que Dieu a préparés pour les siens. C’est seulement dans la révélation de Jésus-Christ que «l’épreuve de la foi» tournera à louange, à gloire, et à honneur.

 

1.4   Détails sur cet avènement

 

Dans le passage de Matthieu que nous avons cité, le Seigneur Jésus parle de trois choses qui caractériseront son retour :

·     Il viendra dans la gloire, avec ses anges.

·     Il rendra à chacun selon sa conduite.

·     Il viendra pour régner.

 

Arrêtons-nous un moment sur chacun de ces points.

 

1.4.1       Le Seigneur reviendra dans la gloire de Son Père

 

C’est cette gloire que Pierre appelle la «gloire magnifique,» et que lui et ses deux compagnons furent admis à contempler sur la sainte montagne. Quel contraste avec la première venue de Christ ! Lui, le Fils de Dieu, il s’était abaissé ; il était Dieu fait homme, vivant et marchant sur la terre dans l’humiliation, la pauvreté et la souffrance. Quand Il viendra, ce sera en effet comme Fils de Dieu, mais en même temps comme Fils de l’homme, dans la gloire, avec tous ses anges à son commandement.

Sous quelque aspect qu’Il nous soit présenté, combien est ravissante la gloire de sa personne ! Dieu-Homme quand il était ici-bas, Il est l’Homme-Dieu à la droite de la Majesté dans les hauts lieux. Devenu homme en venant dans le monde, Il n’a pas quitté son humanité en remontant au ciel ; Il la conservera éternellement. C’est donc comme le Fils de l’Homme qu’Il reviendra dans la gloire de son Père. Quelle joie ineffable pour tous ceux qui le connaissent, qui sont sauvés par l’œuvre expiatoire qu’Il a accomplie sur la terre !

 

1.4.2       Il rendra à chacun selon sa conduite.

 

Que penses-tu de ces paroles solennelles, homme du monde qui ne t’attaches qu’à suivre les penchants de ton coeur, à satisfaire tes désirs et qui oublies Dieu ?

Qu’en penses-tu, toi qui professes être chrétien, qui, pour un temps, as été attiré par la bonne nouvelle de la grâce de Dieu, ou bien qui trouves un certain avantage à maintenir les convenances religieuses extérieures, mais qui sais très-bien au fond de ta conscience que ta profession n’a aucune réalité, aucun fondement solide, et que dans ton coeur il n’y a aucun attachement véritable à Jésus de Nazareth ?

Qu’en penses-tu, homme affairé du siècle, qui n’as pas le temps de penser au Fils de Dieu qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu ?

Ô vous tous qui négligez ce «grand salut,» que ferez-vous au jour des rétributions ? Que deviendrez-vous alors ? Où seront ces plaisirs qui vous entraînent, cette profession de religion par laquelle vous vous abusez, ces affaires qui aujourd’hui ont pour vous une si funeste importance ?

Et toi, enfant de Dieu, qui, dans un coeur honnête et bon, retiens avec humilité sa parole et marches en lui soumettant tes pensées, quelle perspective ouvre devant toi la venue du Seigneur ! Seul tu peux regarder avec calme et bonheur vers ce jour qui n’est pas éloigné ; tu entreras alors dans la joie de ton Maître.

Lecteur, où en êtes-vous ? Que vous le croyiez ou non, le Fils de l’homme va revenir et rendra à chacun selon sa conduite. Écoutez une des dernières et solennelles paroles que fait entendre le Seigneur Jésus-Christ à la fin de la Bible :

«Voici, je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son oeuvre» (Apocalypse 22:12).

 

1.4.3       Il viendra pour régner.

 

«Dans la régénération, le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire» (Matthieu 19:28 ; 26:31). Lui que les hommes ont méprisé, rejeté et crucifié lors de sa première venue, Il viendra pour régner, et ceux qui auront souffert pour son nom régneront avec lui (2 Timothée 2:12).

Dieu a sacré son Roi sur la montagne de sa sainteté ; les nations se sont mutinées, les peuples ont projeté des choses vaines ; les rois de la terre se sont trouvés en personne et les princes ont consulté ensemble contre l’Éternel et contre son Oint. Ils ont dit : «Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes». Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux ; le Seigneur se moquera d’eux ; Il leur parlera en sa colère. — Il a remis toute puissance entre les mains de son Fils, et celui-ci brisera les nations avec un sceptre de fer (voyez Psaume 2 ; Apocalypse 12:5.) Qui pourra tenir contre Lui, en ce jour-là ? «Le Père a donné tout le jugement au Fils, parce qu’il est Fils de l’homme».

La terre attend ; toute la création soupire. Tout est en désordre et sera mis à la renverse jusqu’à ce que vienne Celui auquel appartient le gouvernement, et Dieu le lui donnera (Ézéchiel 21:32). Jour de joie, jour de récompense et de gloire pour les uns ; mais, pour les autres, ce sera le jour de la colère et de l’indignation.

Le Seigneur Jésus, qui a été le méprisé et le rejeté des hommes, viendra pour être glorifié dans ses saints, et admiré dans tous ceux qui auront cru. Le monde l’a vu pour la dernière fois cloué à la croix et portant sur son front une couronne d’épines. Il va bientôt le revoir assis sur son trône de jugement et couronné de gloire et d’honneur.

 

2                    Signes qui annonceront la venue de Christ

2.1   Matthieu 24

 

Au chapitre 24 de Matthieu, nous trouvons les explications que donne le Seigneur en réponse à la question de ses disciples : «Quel sera le signe de ta venue et de la consommation du siècle ?» — «Et Jésus, répondant, leur dit Prenez garde que personne ne vous séduise ; car plusieurs viendront en mon nom, disant : Moi, je suis le Christ ; et ils en séduiront plusieurs. Et vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres ; prenez garde que vous ne soyez troublés, car il faut que tout arrive ; mais la fin n’est pas encore. Car nation s’élèvera contre nation, et royaume contre royaume ; et il y aura des famines et des pestes, et des tremblements de terre en divers lieux. Mais toutes ces choses sont un commencement de douleurs. Alors ils vous livreront pour être affligés, et ils vous feront mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Et alors plusieurs seront scandalisés et se livreront l’un l’autre, et se haïront l’un l’autre ; et plusieurs faux prophètes s’élèveront et en séduiront plusieurs ; et parce que l’iniquité prévaudra, l’amour de plusieurs sera refroidi ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. Et cet évangile du royaume sera prêché dans la terre habitée tout entière, en témoignage à toutes les nations ; et alors viendra la fin.

«Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont il a été parlé par Daniel le prophète, établie dans le lieu saint (que celui qui lit comprenne), alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes ; que celui qui est sur le toit ne descende pas pour emporter ses effets hors de sa maison ; et que celui qui est aux champs ne retourne pas en arrière pour emporter son vêtement. Mais malheur à celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là ! Et priez que votre fuite n’ait pas lieu en hiver, ni un jour de sabbat ; car alors il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura jamais. Et si ces jours-là n’eussent été abrégés, nulle chair n’eût été sauvée ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés. Alors, si quelqu’un vous dit : Voici, le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus. Voici, je vous l’ai dit à l’avance. Si donc on vous dit : Voici, il est au désert, ne sortez pas ; Voici, il est dans les chambres intérieures, ne le croyez pas. Car comme l’éclair sort de l’orient et apparaît jusqu’à l’occident, ainsi sera la venue du Fils de l’homme. Car, où que soit le corps mort, là s’assembleront les aigles.

«Et aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil sera obscurci, et la lune ne donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors paraîtra le signe du Fils de l’homme dans le ciel : et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire. Et il enverra ses anges avec un grand son de trompette ; et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis l’un des bouts du ciel jusqu’à l’autre bout.

«Mais apprenez du figuier la parabole qu’il vous offre : Quand déjà son rameau est tendre et qu’il pousse des feuilles, vous connaissez que l’été est proche. De même aussi vous, quand vous verrez toutes ces choses, sachez que cela est proche, à la porte. En vérité, je vous dis : Cette génération ne passera point que toutes ces choses ne soient arrivées. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Mais, quant à ce jour-là et à l’heure, personne n’en a connaissance, pas même les anges des cieux, si ce n’est mon Père seul. Mais comme ont été les jours de Noé, ainsi sera aussi la venue du Fils de l’homme. Car comme, dans les jours avant le déluge, on mangeait et on buvait, on se mariait et on donnait en mariage jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, et ils ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emporta tous, ainsi sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront au champ, l’un sera pris et l’autre laissé ; deux femmes moudront à la meule, l’une sera prise et l’autre laissée. Veillez donc ; car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient» (Matthieu 24:4-42).

 

2.2   Des troubles croissants — évangélisation — jugements

 

Nous laisserons pour le moment la fin du discours du Seigneur. Dans la première partie que nous avons citée, Il a en vue évidemment d’abord le peuple juif, puis ses disciples ; ensuite, les nations en général.

Ce qui doit arriver au peuple d’Israël dans les derniers jours, occupe une très-grande place dans les prophéties de l’Ancien Testament. Le Seigneur y fait allusion dans les paroles que nous avons citées ; mais, pour le but que nous nous proposons, il suffira de remarquer qu’Il parle des troubles et des douleurs de divers genres qui iront en croissant, jusqu’à ce qu’arrive la période désignée ailleurs comme «la grande tribulation» (Apocalypse 7:14 ; comparez Jérémie 30:7) — temps de tribulation sans égale dans toute l’histoire de cette terre. Aussitôt après, paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme.

À travers toutes les guerres, les troubles et les persécutions qui se sont succédé depuis l’ère chrétienne, il s’est poursuivi une oeuvre d’un tout autre genre, c’est la proclamation de l’Évangile dans la terre habitée tout entière (*). Dans tous les siècles, les chrétiens ont plus ou moins senti leur responsabilité à cet égard. Seulement remarquez bien ceci : le Seigneur dit que c’est pour un témoignage à toutes les nations. Il ne dit pas, et ne laisse pas non plus supposer que la régénération du monde aura lieu par ce moyen. Au contraire, c’est par des jugements que la terre sera purifiée «comme il arriva aux jours de Noé».

 

(*) Comparez Marc 13:4-13. Dans les derniers jours, le témoignage aura un caractère spécial en rapport avec «le royaume qui vient».

 

Il ne manquera pas de gens qui prétendront être le Christ. Déjà l’on en a vu. Mais quand le Fils de l’homme viendra, on ne pourra s’y tromper ; ce sera comme l’éclair qui brille d’un bout du ciel à l’autre. Il viendra «du ciel», «sur les nuées du ciel, avec puissance et une grande gloire». Et il enverra ses anges avec un grand son de trompette ; et ils rassembleront ses élus (*) des quatre coins de la terre.

 

(*) Ces «élus» sont, sans nul doute, ceux de la nation d’Israël, maintenant dispersés, que le Seigneur rassemblera lorsqu’Il inaugurera son règne millénial sur la terre (És. 27:13.)

 

Et quant au monde en général, sera-t-il prêt à recevoir le Seigneur ? Hélas ! on ne l’attend pas plus qu’autrefois les habitants de la terre n’attendaient le déluge. Les affaires de chaque jour continuent et continueront à absorber toute l’attention des hommes, personne ne se souciera de Dieu ni de ses déclarations, lorsque, tout à coup, tous seront surpris par l’apparition en gloire de ce Jésus de Nazareth qui fut crucifié sur le mont Calvaire.

Aux jours de Noé, personne ne croyait au déluge prédit depuis si longtemps. Aujourd’hui, le monde ajoute-t-il davantage foi au témoignage rendu par la parole de Dieu à la venue du Fils de l’homme ? Le déluge vint et engloutit tous les hommes, sauf ceux qui avaient trouvé un refuge dans l’arche ; de même, le jugement tombera bientôt sur ceux qui ne croient pas au Seigneur Jésus-Christ et n’ont pas trouvé en Lui un sûr abri. Il se peut qu’il n’y ait pas extérieurement une grande différence entre les hommes ; mais Dieu connaît les coeurs de tous, et le Seigneur fait voir d’une manière frappante que, dans ce jugement terrible, il y aura une distinction faite parmi ceux qui se trouvent le plus intimement associés dans les occupations de tous les jours. «L’un sera pris et l’autre laissé» ; impossible de cacher au Seigneur l’état véritable de chaque âme.

 

2.3   Être prêts

 

Cher lecteur, avec quels sentiments attendez-vous ce jour si solennel ? Pour tranquilliser votre coeur par la pensée qu’il est encore éloigné, peut-être voudriez-vous essayer de déterminer l’heure de son arrivée. Mais tous vos efforts seraient inutiles. Dieu n’a pas voulu que ce moment soit connu. Le Seigneur Jésus dit : «Quant à ce jour-là, et à l’heure, personne n’en a connaissance, pas même les anges des cieux». Plusieurs ont essayé d’en fixer le moment par leurs calculs, mais il doit rester caché. Ce que nous avons à faire, c’est d’ÊTRE PRÊTS. «Veillez donc», telle est la conclusion du Seigneur, «car vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur vient. Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle heure le voleur devait venir, il eût veillé, et n’eût pas laissé percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, soyez prêts ; car, à l’heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme vient» (Matthieu 24:42-44). Si l’on ne veut pas être pris au dépourvu, il faut veiller. Le fait du retour du Seigneur est certain, le moment en est caché. Voilà le premier enseignement de la parabole.

Il y en a un autre, un avertissement très solennel pour ceux qui s’attachent aux biens de la terre et pour lesquels la venue du Fils de l’homme sera comme celle d’un voleur dans la nuit. Le chrétien ne doit pas avoir besoin de garder sa maison contre l’approche du voleur ; son coeur ne doit pas être attaché aux biens terrestres, de telle sorte que tout son souci soit de les garder intacts ; mais sa part précieuse est d’attendre le Seigneur qu’il aime, afin que, quand son Maître arrivera, il Lui ouvre immédiatement (Luc 12:36). Si son trésor est uniquement dans le ciel, son cœur y sera aussi, et la vue de son Sauveur remplira son âme de joie.

Mais pour le monde, le jour du Seigneur sera comme un voleur, car l’on perdra les choses auxquelles on s’était attaché.

Voici ce que dit l’Esprit de Dieu à ce sujet, par la bouche de l’apôtre Paul, dans la 1° épître aux Thessaloniciens, chap. 5:1-11 : «Mais pour ce qui est des temps et des saisons, frères, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive ; car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront : «Paix et sûreté», alors une subite destruction viendra sur eux, comme des douleurs sur celle qui est enceinte, et ils n’échapperont point. — Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, en sorte que le jour vous surprenne comme un voleur ; car vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour ; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres. Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres ; car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit ; mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, revêtant la cuirasse de la foi et de l’amour, et pour casque, l’espérance du salut ; car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous afin que, soit que nous veillons, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui. C’est pourquoi exhortez-vous l’un l’autre, et édifiez-vous l’un l’autre, chacun en particulier, comme aussi vous le faites».

Que Dieu vous accorde, cher lecteur, d’écouter cet avertissement, et d’avoir le coeur déjà saisi par l’amour du Seigneur, afin que vous soyez tout entier à Lui.

Le jour du Seigneur sera un temps de jugement pour ceux qui s’amassent des richesses sur la terre et qui vivent dans l’oubli de Dieu. À eux s’adressent ces paroles de l’épître de Jacques : «Pleurez, en poussant des cris à cause des misères qui vont venir sur vous !»

Mais pour celui qui connaît le Sauveur et qui souffre pour la justice sur la terre où son Maître a été crucifié, on trouve, dans le même passage, ces paroles consolantes : «Usez donc de patience, frères, jusqu’à la venue du Seigneur. Voici, le laboureur attend le fruit précieux de la terre, prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il reçoive les pluies de la première et de la dernière saison. Vous aussi, usez de patience ; affermissez vos coeurs, car la venue du Seigneur est proche» (Jacques 5:1-8).

 

3                    L’Attente du Seigneur

3.1   Une caractéristique du Christianisme

 

La foi lie le croyant à la personne de son Sauveur d’une manière personnelle, directe et intime : il est racheté par le Seigneur Jésus Christ et, par conséquent, il lui appartient ; il est appelé à marcher avec Lui par la foi, encore qu’il ne voie pas son Seigneur qu’il aime ; enfin, l’amour répandu dans son coeur par le Saint-Esprit le porte à attendre constamment des cieux l’apparition de Celui qui a tout fait pour lui. Car le même Sauveur qui a souffert sur la terre et qui s’est abaissé jusqu’à la mort, va revenir en gloire.

Si la foi vivante au Seigneur produit cet effet sur l’âme du croyant, il n’en est pas moins vrai que la profession de la foi en Christ, — l’acceptation ostensible du christianisme, — place le professant, vis-à-vis du Seigneur qui vient, dans une relation qui est fort bien désignée par le nom de «serviteur», ou, pour se servir de l’expression exacte, suivant les habitudes orientales, d’«esclave». Nous n’avons pas à examiner si cette profession est véritable ou non ; il suffit de savoir que là où elle se trouve existe aussi une responsabilité qui en découle ; à ce point de vue, elle doit nécessairement être mise un jour à l’épreuve ; mais, en attendant, son existence est un fait, et ceux qui professent le christianisme, que ce soit en réalité ou en apparence, sont tous dans la position de serviteurs dans une maison dont le maître s’est absenté pour un temps, après avoir annoncé son intention de revenir.

Ce qu’il y a d’important à comprendre, c’est que l’attente du Seigneur caractérise le christianisme. Ceux qui le professent sont des serviteurs dans la maison ; comment se conduisent-ils pendant l’absence du Maître ? telle est la question. Le Seigneur, à la fin du chapitre 24 de Matthieu, les distingue en deux classes, «l’esclave fidèle» et «l’esclave méchant» : le premier entre dans les pensées de son Maître et cherche à accomplir sa volonté, l’autre marche comme son propre coeur le mène, en se séduisant par la pensée que «son Maître tarde à venir».

 

3.2   Un retour certain

 

Remarquons toutefois que le Seigneur ne laisse pas place pour le moindre doute au sujet de son retour. — Même dans le triste cas du méchant esclave, celui-ci n’est pas représenté comme niant le fait du retour de son Maître, mais son cœur n’étant ni attaché à la personne de Jésus, ni soumis à sa parole, il éloigne, dans son esprit, le moment où son Seigneur reviendra, afin d’avoir plus de marge pour se conduire comme il le veut.

Le fait du retour du Seigneur est positivement annoncé : son effet sur le cœur de l’esclave est examiné ; là où l’attente du Seigneur existe, elle produit un résultat qui met en évidence le dévouement de l’esclave à son maître ; lorsqu’elle n’existe pas, l’esclave, livré à sa propre volonté, se prépare un jugement qui lui assignera une part avec les hypocrites, — sort terrible de celui qui n’est chrétien que de nom.

Voici les paroles de Jésus :

«Qui donc est l’esclave fidèle et prudent, que son maître a établi sur les domestiques de sa maison pour leur donner leur nourriture au temps convenable ? Bienheureux est cet esclave-là que son maître, lorsqu’il viendra, trouvera faisant ainsi. En vérité, je vous dis qu’il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce méchant esclave-là dit en son cœur : Mon maître tarde à venir, et qu’il se mette à battre ceux qui sont esclaves avec lui, et qu’il mange et boive avec les ivrognes, le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas, et à une heure qu’il ne sait pas, et il le coupera en deux et lui donnera sa part avec les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents» (Matthieu 24:45-51). Quel encouragement pour ceux qui aiment le Seigneur qui les a rachetés au prix de son précieux sang ! et quel avertissement solennel pour celui qui dit en son cœur : Mon maître tarde à venir !

Il est très-possible qu’une difficulté s’élève dans l’esprit du lecteur, lorsqu’il réfléchit à la longue durée du temps qui s’est déjà écoulé depuis que le Seigneur a prononcé ces paroles, sans que l’on ait vu leur accomplissement. En effet, Il n’est pas encore venu. L’Esprit de Dieu a prévu la difficulté et y a répondu d’avance par l’apôtre Pierre (2e épître 3:8-9) : «Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance». Voilà pourquoi on lit aussi dans l’épître aux Hébreux (10:37) : «Car encore très peu de temps, et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas».

 

3.3   Effets sur le cœur des croyants

 

Ce qui est présenté, c’est une espérance propre à agir sur le cœur du croyant, et non pas une explication détaillée des jours et des années qui doivent s’écouler avant que le Seigneur apparaisse. Qui oserait dire que l’apôtre Paul s’est trompé lorsqu’il se rangeait parmi les «NOUS, les vivants» qui resterons jusqu’à la venue du Seigneur ? (1 Thessaloniciens 4:17.) La mort physique est un fait accessoire qui peut sembler briser le cours des événements dans l’histoire individuelle de tel ou tel, mais la possibilité de la mort ne prive pas le croyant de la joie d’attendre son Seigneur, et ne rend pas moins brillante la part qu’il aura au jour de la manifestation de Jésus-Christ. Si la mort arrive, il sait que déloger afin d’être avec Christ est beaucoup meilleur que de rester ici-bas ; cependant il n’attend pas la mort, mais bien l’avènement du Seigneur, «qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire» (Philippiens 1:23 ; 3:21).

Nous ne pouvons pas raisonner avec justesse sur des choses qui nous sont cachées, et qui sont par conséquent en dehors de notre portée. Ce qui regarde le temps et la manière de le compter, est entre les mains de Dieu le Père. Les choses révélées sont pour nous ; et il est de la dernière importance de savoir comment le Seigneur parle de sa venue, de quelle manière Il la présente. Partout on la trouve comme une chose imminente, qui peut arriver à tout moment, qui pouvait avoir lieu du vivant de ceux qui écoutaient les discours du Seigneur et qui furent les témoins de son ascension dans le ciel. C’est ainsi qu’Il voulait qu’ils la comprissent ; c’est là aussi l’impression que les paroles des anges devaient laisser dans l’esprit des disciples qui, du haut de la montagne des Oliviers, regardaient fixement vers le ciel, tandis que le Seigneur Jésus-Christ y montait (Actes 1:10-11) : «Hommes Galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici en regardant vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été élevé d’avec vous dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en allant au ciel».

Une foi simple dans la promesse produira nécessairement dans le coeur du croyant un état d’attente puissamment efficace pour le maintenir avec son Sauveur dans cette communion qui devient le mobile de sa vie et la source de sa joie, ainsi que son encouragement dans les temps difficiles qu’il peut avoir à traverser en fournissant sa carrière terrestre. C’est à ce point de vue que l’attente du Seigneur est toujours présentée dans le Nouveau Testament. Elle est un lien pratique entre l’enfant de Dieu et Celui qu’il a racheté et lui a révélé le Père, et, sous ce rapport, elle imprime au christianisme son caractère distinctif.

 

3.4   L’Époux — la parabole des dix vierges — Réalité de la foi

 

On le voit clairement dans la suite du passage de Matthieu que nous avons déjà cité. Le Seigneur continue son discours en se présentant sous un aspect nouveau, celui d’ «Époux». Ce titre fait ressortir la tendresse de la relation qui existe entre Lui et les siens, et renferme une ardeur d’affection que le coeur qui connaît sa grâce, sait apprécier.

Voici le passage dont nous parlons : «Alors le royaume des cieux sera fait semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre de l’époux» (Matthieu 25:1).

Pourquoi ces vierges sont-elles sorties ? Est-ce pour faire du bien dans le monde, pour y soulager la misère, pour y opérer quelque grande oeuvre (*) ? On ne voit rien de semblable. Elles sont allées à la rencontre de l’Époux : voilà le but de leur sortie, c’est pourquoi aussi elles portent des lampes.

 

(*) Nous ne voulons pas dire que le chrétien n’ait pas à accomplir de telles eeuvres, mais elles ne sont que la conséquence de la vie qui l’anime et de sa relation avec son Seigneur.

 

Il est vrai que toutes les vierges ne sont pas «prudentes» ; cinq d’entre elles sont appelées «folles» ; mais cela ne change rien au fait de leur sortie, ni à la position relative qu’elles ont prise vis-à-vis de l’Époux.

Extérieurement, il n’y avait pas de différence à remarquer entre les prudentes et les folles. Toutes, elles sont vierges ; toutes, elles ont des lampes ; toutes, elles sont sorties à la rencontre de l’Époux. Pour ce qui regarde le dehors, elles ont le même caractère de pureté aux yeux des hommes ; elles font la même profession, ont le même but ; et, comme on le voit dans la suite de la parabole, elles tombèrent toutes dans le même manque de vigilance, car, «comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent». Ce qui distingue les prudentes des folles est une chose secrète, cachée, connue de Dieu, non pas des hommes qui ne voient que l’extérieur : c’est que les prudentes avaient dans leurs vaisseaux une provision de l’huile nécessaire pour alimenter leurs lampes.

L’existence de cette provision est constatée lorsqu’à minuit le cri se fait entendre : «Voici l’Époux, sortez à sa rencontre». Le Seigneur, dans sa grâce, ne permet pas que les vierges dorment jusqu’au moment de son arrivée, en sorte qu’Il les trouve dans le sommeil ; elles sont éveillées par le cri de minuit et apprêtent leurs lampes. Les vierges folles commencent alors à se rendre compte de leur erreur, mais, hélas ! trop tard ! — La parabole continue : «Et les folles dirent aux prudentes : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Mais les prudentes répondirent, disant : Non, de peur qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt vers ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous-mêmes. Or, comme elles s’en allaient pour en acheter, l’Époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces ; et la porte fut fermée. Ensuite viennent aussi les autres vierges, disant : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! Mais lui, répondant, dit : En vérité, je vous dis : Je ne vous connais pas. — Veillez donc, ajoute le Seigneur, car vous ne savez ni le jour ni l’heure» (Matthieu 25:7-13).

À quoi sert une profession purement extérieure lorsque l’Époux vient ? C’est lui, et non pas nous, qui décidera qui Il veut reconnaître en ce jour-là ; de fait, il ne reçoit que les vierges qui sont prêtes. Celles-là possédaient l’huile lorsqu’elles se sont mises en route ; elles seules entrent avec l’Époux aux noces. La porte fermée en exclut les autres.

On ne se procure pas de l’huile en chemin ; d’abord on ne s’en soucie pas ; puis, lorsqu’on a envie d’en avoir, il est trop tard. — Lorsque la profession est mise à l’épreuve à l’approche de l’Époux lui-même, rien ne peut faire briller la lumière, si ce n’est le Saint-Esprit.

Or Dieu donne le Saint-Esprit à tous ceux qui Lui obéissent : c’est là la vérité centrale du christianisme, et ce qui le distingue de toutes les économies précédentes. Le don du Saint-Esprit dépend non-seulement de l’oeuvre de la rédemption accomplie et pleinement annoncée, mais aussi du fait que le Seigneur Jésus est assis à la droite de Dieu dans le ciel, d’ou nous l’attendons, — position qu’il a prise à la suite de l’achèvement de son oeuvre sur la terre (Hébreux 1:3). Il est dit (Jean 7:39) que les croyants allaient recevoir le Saint-Esprit qui n’était pas encore [venu] parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.

Devant le Sanhédrin juif (Actes 5:32) l’apôtre Pierre insiste sur le témoignage du Saint-Esprit comme donnant efficace à celui des apôtres, en disant : «Nous, nous sommes témoins de ces choses, ainsi que l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent».

Les discours du Seigneur avec ses disciples, les Actes, les Épîtres, abondant en assertions analogues qui démontrent que Dieu ne reconnaît pas de position réellement «chrétienne» en dehors de la possession du Saint-Esprit (Comparez Galates 3:14 ; 4:4-5, avec Romains 8:9). La présence de l’Esprit chez le chrétien est ce qui seule rend sa profession véritable (1 Jean 2:20 ; 5:6-12).

Possédez-vous cet Esprit, cher lecteur ? Ne songez pas à vous mettre en route sans l’avoir ; ne vous contentez pas d’une vaine profession, d’une lumière qui s’éteindra au moment même où vous en aurez le plus besoin.

Remarquons encore que les vierges qui sont éveillées et qui entrent aux noces, sont les mêmes qui s’endormirent au commencement ; ce n’est pas une génération nouvelle. Or, il est constaté dans l’histoire de la chrétienté que l’attente du Seigneur a été de bonne heure perdue de vue : pendant des siècles on a expliqué sa venue par la mort ou quelque autre chose tout aussi extraordinaire. C’est seulement dans le courant du dix-neuvième siècle que les enfants de Dieu ont été de nouveau rendus attentifs sur ce point, et que l’on peut dire que le cri : «VOICI L’ÉPOUX» s’est fait entendre. Le temps qui s’est écoulé peut bien se trouver indiqué dans l’expression «comme l’époux tardait» et plus clairement encore dans la parabole suivante par les mots «longtemps après» (Matthieu 25:19) ; mais cela regarde l’interprétation historique de la parabole qui n’est pas notre sujet actuel (*). Il suffit d’observer que le Seigneur présente la vérité de manière à produire chez ses auditeurs une attente de son retour personnel, propre à les conduire à examiner s’ils étaient réellement prêts à le recevoir. En résumé donc, nous voyons :

·     Que la position de tous ceux qui professent croire en Christ porte nécessairement un cachet particulier par le fait que le Fils de l’homme vient, et que, sous ce caractère, le Seigneur Jésus demandera compte de tout ce qu’Il trouvera sur la terre, et le jugera.

·     Que, pour le vrai croyant, personnellement uni à son Sauveur, la venue du Seigneur est ce qui doit former les pensées, régler les affections et stimuler l’ardeur de celui qui l’attend véritablement.

·     Cette venue mettra en évidence la foi vraie de l’enfant de Dieu qui a reçu le Saint-Esprit. Elle manifestera, en même temps, la vanité de la profession de celui qui conserve les dehors de la piété sans que son coeur soit réellement soumis à Christ ; et elle amènera en jugement celui qui, tout en professant le christianisme, marche d’après le penchant de son mauvais coeur.

 

(*) Voyez ici la perfection de la parole divine. Il y a une interprétation de la parabole, envisagée au point de vue de l’histoire de la chrétienté. Il y a aussi une interprétation dispensationnelle ou prophétique, qui regarde le résidu d’Israël dans les derniers jours. Ce résidu entrera dans la salle des noces avec le Seigneur, lorsqu’Il viendra chercher son épouse terrestre (d’après le Psaume 45, Ésaïe 62:4-5, et bien d’autres passages analogues), ou, en d’autres termes, lorsque le Seigneur inaugura au milieu du peuple d’Israël son royaume sur la terre. — Il y a en même temps une application pratique de la parabole, un enseignement individuel pour exercer le coeur et la conscience de chacun au sujet de la bénédiction et de la responsabilité solennelle de se trouver en relation avec le Seigneur Jésus-Christ.

 

Cher lecteur, le retour du Seigneur est proche. — Où en êtes-vous à cet égard ? Êtes-vous dans ce moment un enfant de Dieu, heureux dans la pensée que votre Sauveur vient ? — Êtes-vous un de ces méchants serviteurs qui se bercent de la pensée fausse et trompeuse que le Maître tarde à venir ? — Ou bien, êtes-vous de ces moqueurs qui sont signalés dans les Écritures, de ceux qui marchent selon leurs propres convoitises en disant : «Où est la promesse de sa venue ?»

La venue du Seigneur n’en est pas moins sûre, parce que quelques-uns la nient. «Les cieux et la terre de maintenant sont réservés par la parole de Dieu pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies» (2 Pierre 3:7). Profitez donc, cher lecteur, de ce moment de grâce qui vous est donné. Le temps est court. Réfléchissez, je vous en prie, à votre état actuel. Dieu connaît vos pensées ; vous ne pouvez pas vous cacher à Lui. Sauvez-vous donc de cette génération perverse, et venez au Seigneur pour avoir la vie, «pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient» (1 Thessaloniciens 1:10).

 

4                    Conclusion

 

Dans l’espace limité dont nous avons disposé,, nous nous sommes efforcés de présenter le grand fait du retour personnel du Seigneur Jésus Christ, en nous attachant au seul point de vue de l’évangile de Matthieu dans les passages que nous avons cités, sans parler de l’espérance propre de l’Église ni entamer le sujet de ce que le Seigneur fera lors de son retour. L’Évangile de Matthieu présente ce qui est en rapport avec la terre.

Il est facile de comprendre qu’une vérité d’une importance aussi capitale que la venue de Christ, est traité de bien des manières dans le Nouveau Testament, et que les trois autres évangiles nous la font voir sous des aspects différents. L’évangile de Jean la présente surtout au point de vue de l’espérance du croyant de l’économie actuelle, qui est appelé à attendre son Seigneur, non pas sous le caractère du «Fils de l’homme» mais comme le Fils de Dieu qui viendra pour le prendre avec Lui dans la maison du Père (chap. 14:1-4 ; 21:22, 23).

Dans les épîtres, le Seigneur Jésus, en rapport avec sa venue, est présenté aux siens sous trois caractères :

(1) D’une manière générale, comme le Seigneur.

(2) Comme le Sauveur qui va changer nos corps d’humiliation en la ressemblance de son corps glorieux (Phil. 3:20).

(3) Comme le Fils de Dieu, caractère sous lequel aussi l’Église comme telle est appelée à l’attendre (Rom. 8:29 ; 1 Thess. 1:10 ; Apoc. 2:18, 25, 28).