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LA JOIE DANS LA FORCE

ME 1966 p.157-164, 176-181

W. J. Hocking

 

1       La faiblesse des Juifs

2       Le résidu ramené

3       L’effet de la Parole de Dieu

4       Mangez de ce qui est gras

5       La graisse des sacrifices

6       Christ dans les Écritures

7       Boire de ce qui est doux

8       Envoyer des portions aux autres

9       Le secret de la force

10     La joie de la venue de Christ

 

« Et Néhémie leur dit : Allez, mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé, car ce jour est saint, consacré à notre Seigneur. Et ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel est votre force » (Néhémie 8:10).

 

Ces paroles de Néhémie nous sont applicables dans un sens. Son exhortation tendait à encourager le peuple rentré de captivité, à se réjouir et à rendre grâces. Elle venait à un moment où tout semblait s’opposer à de tels sentiments. Il y avait autour de ces réchappés maintes choses qui ne pouvaient que les pousser au découragement, et les faire pleurer ; pleurer devant Dieu aussi ; mais la parole de Néhémie impliquait que s’il y avait un temps de se lamenter, il y avait aussi un temps de sauter de joie : le moment de se réjouir était venu, et il fallait que le peuple se réjouît en Dieu.

 

1         La faiblesse des Juifs

Les Juifs venaient d’entendre la lecture de la Parole de Dieu, qui se rapportait directement à eux-mêmes et à leur misérable condition, et ils pleuraient en constatant combien ils étaient loin, et cela par leur propre faute, de la part que Dieu avait voulu leur donner. Mais ils pouvaient aussi regarder d’un autre côté. En se considérant eux-mêmes, ils ne pouvaient que déplorer leur faiblesse ; mais en regardant en haut, ils trouvaient d’abondantes raisons pour une joie complète dans les choses que Dieu donne.

Il est bon pour nous aussi de sentir combien tout va mal, et que nous sommes entraînés vers les temps les plus funestes que le monde ait jamais connus ; mais voici ce qui devrait être profondément gravé dans nos cœurs : Dieu est notre Dieu, le Seigneur Jésus est notre Sauveur, notre Ami et notre Guide, nous avons l’Esprit de Dieu dans la même plénitude bénie que lorsqu’il fui donné à la Pentecôte, et enfin la Parole de Dieu demeure intacte.

 

2         Le résidu ramené

Le livre de Néhémie nous rapporte des épisodes de l’histoire du résidu juif revenu de la captivité de Babylone. Dieu avait touché les cœurs de leurs oppresseurs qui leur avaient permis de quitter le lieu de leur exil et de revenir dans leur pays. Leur retour commencé bien des années avant la date dont nous nous occupons s’était effectué en plusieurs fois. Le temple avait été reconstruit ; maintenant il s’agissait de relever les murailles de Jérusalem.

Mais il semblait qu’une poignée seulement eût profité de ce retour de la captivité. Jadis deux millions d’hommes avaient quitté l’esclavage de l’Égypte pour le pays de la promesse ; où était aujourd’hui cette nation nombreuse ? La plus grande partie des tribus était encore asservie aux gentils. Cinquante mille environ, seulement, étaient rentrés dans la ville du Grand Roi, à peine de quoi animer ses rues. Il y avait bien là motif à les décourager et ils pouvaient se demander : où sont nos frères qui sont, autant que nous, la semence d’Abraham ? Quelques-uns sont ici, d’autres là-bas ; quantité sont perdus au milieu des gentils ; plusieurs devenus apostats mêlent ou essayent de mêler le culte de l’Éternel au culte des dieux des païens. Et encore les Samaritains et d’autres nations nous haïssent. Pourtant, exposés comme nous le sommes aux attaques de nos ennemis, entourés de gens qui essaient de nous faire perdre courage et de s’opposer à notre travail de reconstruction, nous avons la Parole de Dieu pour nous guider dans notre difficulté et pour nous consoler à l’heure de l’oppression. Nous pouvons donc nous réjouir au milieu de nos épreuves.

 

3         L’effet de la Parole de Dieu

Il était tout à fait clair dans l’esprit d’Esdras que la seule chose qui pouvait le guider, le fortifier et lui rappeler l’Éternel, à lui et à ses frères juifs, était la Parole de Dieu, qui n’avait pas été changée depuis qu’elle avait été donnée aux pères. Il est vrai qu’ils n’avaient pas un temple digne même d’être mentionné ; ils n’avaient pas de ville pour le Messie, s’Il venait selon la promesse à la fille de Sion. Ils n’avaient rien sur quoi ils pussent compter, sinon la Parole de Dieu, et elle restait toujours ce qu’elle avait été depuis le commencement.

Esdras se tenait sur l’estrade de bois, et le peuple assemblé autour de lui écoutait la Parole de l’Éternel. La première chose qu’ils ressentaient était qu’ils se trouvaient bien loin d’hériter des promesses que Dieu leur avait faites.

Pour prendre un exemple de ces promesses, qu’est-ce que Dieu avait assuré à Abraham ? Que sa domination s’étendrait jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate (Gen. 15:18). Et voici qu’ils arrivaient de contrées d’au delà de l’Euphrate comme des prisonniers libérés ! C’est sur les saules de ses bords qu’ils avaient suspendu leurs harpes, parce que leurs conquérants se moquaient d’eux ! Ils ne pouvaient chanter un cantique de l’Éternel sur un sol étranger, dans le pays de leur captivité. Ils s’étaient absolument égarés loin de Dieu, et le pays même que la promesse leur assignait était devenu possession des nations !

Si nous considérons à la lumière de la sainte Parole de Dieu notre propre position ecclésiastique, ne sommes-nous pas couverts de honte ? Où sont aujourd’hui ceux qui suivent Christ ? Dans la pleine confusion présente, on peut à peine distinguer ce qui est de Dieu et ce qui n’en est pas. Beaucoup de gens craignant Dieu sont dans une extrême perplexité et disent : « Dieu est lumière mais où irons-nous pour trouver la vérité ? Nous nous joignons à un groupe pendant quelques semaines, puis nous allons ailleurs parce que nous ne sommes pas satisfaits, puis à un troisième et ainsi de suite. Nous ne trouvons pas le terrain solide ». Mais est-ce là une conclusion juste ? N’avons-nous vraiment rien de solide et de sûr pour nous appuyer ? Dieu soit béni, le Livre ancien reste vrai, comme il l’était au commencement, et vous et moi pouvons y lire et y apprendre aujourd’hui exactement les mêmes choses que les Églises apostoliques recevaient de Dieu par la bouche de ses serviteurs.

Mais le grand ennemi des âmes cherche à arracher à ceux qui suivent Christ la seule chose qui leur reste pour les diriger, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Que personne ne se trompe, la Parole de Dieu demeure ferme et vraie. Pourquoi tant de chrétiens ne lisent-ils pas la Bible autant qu’ils devraient ? C’est qu’en la lisant ils disent : « cela me dépasse ». Ils se découragent et acceptent le désordre comme inévitable.

Ces Juifs pleuraient parce que la Parole de Dieu pénétrait leurs consciences et leur disait qu’ils étaient dans l’erreur. Croyez-moi, vous trouverez plus de secours dans la Parole de Dieu en reconnaissant qu’elle vous montre où vous êtes, dans l’erreur, que si vous la lisez sans que votre conscience soit atteinte. Le tranchant de la Parole toucha au vif ces auditeurs juifs. Mais Dieu n’inflige jamais de blessure sans vouloir la guérir, et pendant qu’hommes et femmes pleuraient, le serviteur de Dieu leur adressa ce beau message : « Allez, mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé... car la joie de l’Éternel est votre force ».

Il fallait se réjouir au milieu des larmes, se réjouir parce que l’Éternel était encore avec eux. Le sentiment de leur faiblesse les écrasait, mais il leur était enjoint de détourner leurs regards d’eux mêmes et de regarder à Dieu : alors ils trouveraient la force — en Lui. « La joie de l’Éternel est votre force ».

 

4         Mangez de ce qui est gras

Considérons avec plus de détails ce verset 10, si riche en encouragements.

« Allez, mangez de ce qui est gras ». Que faut-il comprendre par ces mots ? Nous savons par la loi de Moise sur les sacrifices que la graisse de l’animal en était la partie de choix. Aussi les instructions données aux sacrificateurs enjoignaient de la manière la plus stricte que la graisse du sacrifice devait être réservée pour être brûlée comme étant la portion de Dieu. On comprend le but de cette ordonnance parce que, si l’on donne quelque chose à Dieu, il faut que ce soit ce qu’il y a de meilleur. L’homme égoïste prend le meilleur pour lui-même, et donne le reste aux autres. Mais incontestablement, si nous donnons quelque chose à Dieu, nous ne pouvons Lui donner que le meilleur.

 

5         La graisse des sacrifices

Un Israélite que sa gratitude envers Dieu poussait à offrir un sacrifice, allait à son troupeau, examinait ses bêtes et en estimait la valeur, puis choisissait la meilleure, sans défaut ; il ne pouvait pas donner à l’Éternel plus que le meilleur, et n’aurait pas voulu donner moins que le meilleur. Je pose la question : Resterions-nous en arrière des Juifs en cela ? Si nous donnons quelque chose à Dieu, qu’allons-nous Lui donner ? Ce que nous avons de mieux. Vous direz : ce que j’ai de mieux est peu de chose. Peut-être. Mais ne Lui donnez pas moins que cela.

Il arrive que Dieu éprouve notre foi de cette manière. Par exemple avec Abraham. Dieu n’aurait pu demander à Abraham quoi que ce fût de plus précieux que son fils, celui en qui était tout son espoir, celui qu’il aimait, Isaac ; et sur la montagne de Morija, Dieu mit à l’épreuve la force de la foi du patriarche. Dieu vient à nous, une fois ou l’autre au cours de notre vie, et met son doigt sur telle ou telle chose en disant : donne-moi ceci. Sommes-nous toujours disposés à Lui donner le meilleur ?

Vous remarquerez qu’Abel, aux premiers jours, offrit à Dieu un sacrifice avec sa graisse. Il donnait cette part à Dieu, indiquant ainsi qu’il ne voulait rien retenir pour lui. Plus tard la loi ordonna d’une manière particulière que personne ne devait manger de graisse (Lév. 7:22-25), mais ici Néhémie dit aux Juifs de manger de ce qui est gras. Je ne pense pas que cela puisse se rapporter à la graisse de sacrifices offerts à l’Éternel. En fait c’est un autre mot hébreu qui est employé à cette occasion, mais nous comprenons facilement la signification générale de la phrase ; la graisse signifie ce qu’il y a de plus choisi, de plus raffiné dans la nourriture.

Ceux qui sont appelés au festin de Dieu sont invités à manger ce qu’il y a de meilleur. Le Seigneur dans une parabole parle du Roi qui avait apprêté son dîner et avait convié beaucoup de gens aux noces de son fils. L’invitation s’étendit à tous ceux qui étaient aux carrefours des chemins, qui n’avaient rien du tout, et ils sont invités à venir et à manger les bêtes grasses du Roi. On aurait pu dire : un morceau de pain aurait suffi pour ces gens-là ; mais cela n’aurait pas convenu au Roi. Il lui faut des bêtes grasses pour le festin, afin de manifester sa générosité royale.

Avons-nous compris ce que cela signifie ? De quoi devons-nous, vous et moi, nous nourrir comme chrétiens ? Que devons-nous nous approprier pour notre nouvelle vie ? Qu’est-ce que nous estimons nécessaire pour maintenir notre espérance spirituelle ? Si vous voulez avoir la force et la joie, « mangez de ce qui est gras » ; vous trouverez ces deux choses dans la précieuse Personne dont la Parole est remplie.

 

6         Christ dans les Écritures

Pourquoi tant de personnes n’estiment-elles pas les Écritures comme elles le devraient ? C’est parce qu’elles y cherchent quelque chose à leur propre sujet, au lieu d’y chercher Christ ; elles n’en sont pas aussi richement récompensées qu’elles le pourraient. Je ne puis pas trouver grand’ chose à mon sujet dans la loi ou dans les prophètes, mais je ne puis pas lire le premier livre de la Bible sans trouver immédiatement quelque chose du Seigneur Jésus, et quand j’arrive au dernier livre, sa gloire brille dans chaque chapitre et dans chaque verset. Pourquoi donc Christ remplit-Il ainsi toutes les Écritures ? C’est pour qu’en les lisant nous puissions manger « de ce qui est gras ». Cherchons Christ dans nos lectures privées, parce qu’Il est Celui en qui Dieu a trouvé son plaisir el qui a accompli ses desseins. Le Seigneur Jésus a dit : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6:56).

 

7         Boire de ce qui est doux

Je ne puis m’empêcher de penser que beaucoup de chrétiens ne tirent pas de cette vie de pèlerinage toute la douceur qu’ils pourraient. Ils semblent penser qu’il leur est nécessaire d’avaler maints breuvages amers ; mais la Parole de Dieu a ce qu’il faut pour rendre douces les choses amères. C’est dans cette Parole que nous apprenons à connaître le Christ Jésus, Celui qui, dans ce monde, a été l’homme de douleurs. Il est maintenant à la droite de Dieu, mais il reste toujours le même Jésus. N’y a-t-il pas de la force en cela ? Je sais que le Seigneur Jésus Christ est avec moi dans mes épreuves et mes peines pour sympathiser et pour fortifier.

N’y a-t-il pas abondance de consolation dans cette connaissance ? Si je L’ai avec moi, je sais que je ne serai pas trompé. Si Christ est dans la nacelle, elle arrivera au port, quelle que soit la fureur de l’orage. Ainsi Christ par sa présence rend douces les choses amères de ce monde. Le Seigneur Jésus Christ a été une fois dans le monde et si vous éprouvez que vos peines sont grandes, sachez que les siennes ont été plus grandes encore, mais « à cause de la joie qui était devant Lui, Il a enduré la croix, ayant méprisé la honte ».

 

8         Envoyer des portions aux autres

Si nous goûtons de ce qui est gras pour nous-mêmes, si nous buvons de ce qui est doux, que Christ donne aux siens et non pas au monde, nous sommes alors à même d’envoyer des portions à ceux qui n’ont rien de préparé. Il y a toujours des faibles qu’il faut aider à franchir les obstacles, des enfants dont on peut essuyer les larmes, mais pour faire cela, il faut avoir reçu soi-même la sympathie et la force. Il faut avoir ce que Dieu nous donne à nous avant de pouvoir donner des portions à d’autres. Nous ne sommes pas ici-bas pour vivre en égoïstes ; nous y sommes pour nous aider les uns les autres. Nous sommes aidés dans nos réunions par la présence de nos frères et de nos sœurs, et la raison en est que Dieu dans sa sagesse a disposé que chaque membre du corps de Christ est nécessaire au bien-être des autres membres ; et ceux qui peuvent le mieux aider ce sont ceux qui sont le plus en relation avec la Tête vivante dans la gloire. Que Dieu nous aide tous à envoyer des portions aux autres.

 

9         Le secret de la force

« Il y a un temps de pleurer et il y a un temps de rire ». Mais Néhémie dit : « La joie de l’Éternel est votre force ». Voici le vrai secret de la force spirituelle : la joie du croyant, qu’il a dans la connaissance personnelle de la communion avec le Seigneur. Qu’en est-il réellement pour nous ? Quels rapports personnels avons-nous eus, vous et moi, avec le Seigneur Jésus Christ pendant les jours qui viennent de s’écouler ? Avons-nous été en rapport vivant avec le Christ dans le ciel, personnellement, individuellement ? Avons-nous, pour ainsi dire, touché le bord de ses vêtements de gloire ? Avons-nous entendu le doux murmure de sa voix ? C’est un son que l’on peut percevoir même au milieu du bruit de la ville, quelque chose que l’on peut connaître n’importe où dans ce monde, et je ne doute pas que beaucoup de nos lecteurs n’en aient souvent fait l’expérience, mais je ne doute pas non plus que tous seront d’accord pour dire qu’ils ne l’ont pas faite aussi souvent qu’ils auraient pu.

Néhémie aurait pu dire : « Vous n’avez pas vos solides murailles, ni le temple magnifique de Salomon, mais vous avez l’Éternel. Il est pour vous ; Il vous a conduits depuis Babylone à travers le désert et vous a amenés à la montagne de Sion dans un but déterminé. Savez-vous pourquoi Dieu vous a délivrés de la captivité ? Serait-ce parce que vous êtes un peuple si bon et pieux qu’il ne convient pas de vous laisser plus longtemps sur les bords de l’Euphrate ? Non, c’est parce que, selon les prédictions de la prophétie, le Messie doit apparaître à Jérusalem monté sur une ânesse, venant comme Roi à Sion et que la semence d’Abraham doit se trouver ici, dans la cité de David pour le recevoir. Fidèle à sa promesse, Dieu veut vous apporter son salut. C’est sa joie de vous bénir. Que cette assurance soit votre force. Regardez en avant vers la venue du Seigneur ». Peu de temps après que ce témoignage eût été rendu, le canon de l’Ancien Testament fut clos, et Dieu ne parla plus par prophétie jusqu’à ce que Jean le Baptiseur fût venu, précurseur immédiat du Messie.

 

10    La joie de la venue de Christ

Pourquoi Dieu a-t-il ouvert nos yeux afin que nous croyions en son Fils ? C’est pour que nous puissions l’attendre quand il viendra. Il nous a fait sortir du monde pour cela. Serons-nous trouvés prêts et attendant sa venue ? Est-ce là notre joie ? Nous pouvons être ravis à sa rencontre en l’air à l’instant même : cette pensée est-elle une joie pour vous ? Ou préféreriez-vous qu’Il attende encore jusqu’à la semaine prochaine ? Prenons garde d’être droits dans nos cœurs, et d’être prêts pour Lui. Il vient, et la joie de sa venue est notre force. Soyez certains que nous serons plus forts que nous ne l’avons jamais été, si nous pouvons maintenir cette espérance brillante dans nos cœurs. Nous désirons toujours être forts, mais n’oublions pas que nous ne pouvons l’être que dans le Seigneur.

Si l’on considère la vie de l’apôtre Paul au point de vue du monde on peut dire que la fin de ses jours a été désastreuse. La marque d’une carrière brillante c’est de marcher de succès en succès ; un pas soutient le suivant. Plus un homme considérable avance en âge, plus le monde le couvre d’honneurs. Mais où étaient les honneurs pour le grand apôtre ? Où le foyer pour finir paisiblement sa vie ? À Rome, dans une prison, attendant l’ordre de son exécution. L’éminent serviteur de Christ, le plus distingué des apôtres, semblait une brillante lumière qui allait s’éteignant dans une obscurité ignominieuse. On peut se demander pourquoi Paul a été réduit à cet emprisonnement, Il y a sans doute à cela de nombreuses raisons, mais l’une d’elles est certainement qu’il pût écrire son épître aux Philippiens, cette merveilleuse expression de la joie chrétienne. Inutile d’engager les autres à se réjouir, si l’on n’est pas joyeux soi-même. Paul se réjouissait et invitait les autres à se réjouir.

L’apôtre avait été jeté en prison pour mourir, mais il y avait quelqu’un qui était encore plus près de lui que le soldat auquel il était enchaîné. C’était le Seigneur Jésus. Quel meilleur compagnon pourrait-on désirer ? Si nous l’avons, cela suffit. Paul l’avait, et la joie du Seigneur était sa force.

Il faut insister là-dessus : si nous voulons être une aide réelle aux autres et leur rendre service, il nous faut mettre notre propre maison en ordre. Il nous faut découvrir pour nous-mêmes si ce que l’Écriture dit est vrai ou non, et si la foi en Dieu nous donne assez de force pour pouvoir toujours nous réjouir. Il y a une source de grâce qui ne manque jamais, c’est le Seigneur Jésus Christ Lui-même.

Nous sommes chacun à la place où Il nous a mis pour son témoignage, séparés, dispersés. Mais il y en a Un qui est avec nous où que nous soyons. Quelques-uns se trouvent maintenant dans des endroits très isolés, là où jadis un grand nombre se rassemblaient ; ils sont peut-être deux ou trois seulement, mais Celui qui est avec eux, ne vaut-Il pas infiniment plus que tous ceux qui ne sont plus ? Dieu a repris tel et tel, et celui-ci et celui-là. Mais il y en a Un qu’Il n’a pas ôté. Si nous regardons à ceux qui sont partis, nous pouvons pleurer et mener deuil, mais si nous regardons au Seigneur, nous l’entendons nous dire à tous : « Ne pleurez pas... allez, mangez de ce qui est gras et buvez de ce qui est doux, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé... car la joie de l’Éternel est votre force ».

« Voici, Dieu est mon salut ; j’aurai confiance, et je ne craindrai pas ; car Jah, Jéhovah, est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Et vous puiserez de l’eau avec joie aux fontaines du salut » (És. 12:2, 3).