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LES FAITS INVISIBLES

 

[Rom. 6 Affranchissement du péché en pratique]

 

« Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a point entendu... mais Dieu nous l’a révélé par son Esprit ! » (1 Cor. 2:9).

 

Jacques-Benjamin Rossier

 

Ed. C.F. Recordon, Vevey, 1870 — Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières :

1     Posséder la justice de Dieu

2     Ce qu’il faut croire pour être sauvé. Des faits historiques

3     Comment l’ennemi reprend sous sa domination

4     Des faits invisibles (Rom. 6). Affranchissement

4.1     Union du croyant avec Christ mort et ressuscité. Affranchissement

4.2     Baptême

5     Morts avec Christ : croire puis comprendre

6     Où est la puissance pour surmonter le péché qui habite en nous ? Rom. 6

7     Effets de la vie éternelle et responsabilité de ceux qui la possèdent

8     Puissance de la vérité qui est en Christ

9     Affranchissement et victoire

 

 

1                    Posséder la justice de Dieu

« Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a point entendu… mais Dieu nous l’a révélé par son Esprit ! » (1 Cor. 2:9).

 

Aussitôt que la connaissance de Dieu commence à agir sur la conscience, elle produit, dans l’homme, une certaine crainte qui est le commencement de la sagesse. L’Évangile complète cette sagesse, à salut, en nous apprenant que le Dieu Juste et Sauveur est amour ; en sorte que, même sous l’Évangile, celui qui ne craint pas Dieu ne peut ni le servir dans l’amour, ni l’aimer comme Il veut être aimé.

L’un des premiers effets de la sagesse est d’inspirer à l’homme le besoin de posséder une justice suffisante pour le rendre capable de s’approcher de Dieu et de subsister devant Lui. Or l’Évangile seul peut satisfaire ce pieux besoin : « Car une Justice de Dieu (*) y est révélée, sur le principe de la foi ; … une justice, dis-je, de Dieu, par la foi de Jésus-Christ, envers tous et sur tous ceux qui croient » (Rom. 1:17 ; 3:22).

 

(*) Afin que nul ne puisse dire que la foi possède une justice artificielle, ou que l’imputation d’une telle Justice est une manière de parler, etc., l’Écriture dit encore que, devant Dieu et de Sa part, nous sommes cette chose-là : « Nous sommes Justice de Dieu, en Christ » (2 Cor. 5:21).

 

Ils sont plus nombreux qu’on ne l’imagine peut-être, les chrétiens qui, comme les Juifs du temps de Paul, ont du zèle pour Dieu, mais non pas selon la connaissance. Car, ignorant la Justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice (il n’existe pas de moyen terme), ILS NE SE SONT PAS SOUMIS à la Justice de Dieu.

Veuille le Seigneur se servir des simples remarques qui suivent, pour amener — ne fût-ce qu’une seule âme — à ne se contenter d’aucune justice qui ne serait pas celle de Dieu.

 

2                    Ce qu’il faut croire pour être sauvé. Des faits historiques

Le Christianisme repose sur des faits ; les uns historiques, les autres invisibles ; tous également révélés à la foi, par la Parole. Celui qui croit les premiers « a reçu l’Évangile par lequel il est sauvé » (1 Cor. 15:1-5. Cf. Rom. 10:9, 10), savoir : que Christ est mort pour nos péchés — a été enseveli — et qu’il est ressuscité le troisième jour ; le tout, « selon les Écritures », soit prophétiques soit historiques.

Le croyant a donc ratifié, pour lui-même, la sentence de condamnation que la Justice de Dieu prononce contre toute chair ; il sait que le Seigneur, s’étant dévoué volontairement, a été fait péché pour nous ; que l’auguste victime a porté, ôté et laissé dans la tombe tous nos péchés. Le chrétien, ainsi justifié sur le principe de la foi, a la paix avec Dieu. La sentence de mort, le juste droit de la Loi contre lui, ont été exécutés — « Dieu ayant envoyé son propre Fils, en ressemblance de chair de péché, et pour le péché (à l’occasion, au sujet du péché), a condamné (cette horrible chose qui s’appelle) le péché dans la chair (Rom. 8:3-4) (*). Le croyant sait, en outre, que « Christ a été ressuscité d’entre les morts, par la gloire du Père » (Rom. 6:4). Dès lors, il reconnaît pour son père, un Dieu dont la sainte Justice, parfaitement satisfaite, donne à sa pure et souveraine Grâce un libre cours envers tous les pécheurs (**). Celui qui donne gloire à Dieu, en recevant ces témoignages, obtient, outre le pardon de tous ses péchés, la Justice de Dieu ; il comprend désormais cette précieuse vérité : «La Grâce règne par le moyen de la Justice, en vie éternelle, par Jésus-Christ, notre Seigneur » (Rom. 5:21). « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle, dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6:23).

 

(*) Les conséquences de la satisfaction de la Loi et de la Justice, par la croix, sont envers tous les hommes, EN JUSTIFICATION DE VIE (Rom. 5:18). L’incrédulité ne se soumettant pas à cette « justice accomplie », n’a plus, devant elle, que le jugement, la condamnation, puis la seconde mort (Héb. 9:26-28).

(**) L’idée est encore plus générale en Héb. 9:26 : « Pour l’abolition du péché ».

 

3                    Comment l’ennemi reprend sous sa domination

Toutefois le péché habite encore dans nos corps mortels ; son activité redoutable et les manifestations de cette activité (nos convoitises, nos péchés, nos égarements, nos affections déréglées) sont autant de moyens dont Satan se sert pour créer, en nous, le doute et le découragement. Au moyen de ces dispositions, en nous faisant regarder à nous-mêmes pour nous séparer, au moins en esprit, du Christ de la Bible, l’ennemi réussit, trop souvent, à ramener nos âmes sous la domination du péché — autant vaut dire sous la Loi, et aux stériles pratiques d’une religion charnelle qui prescrit et exalte les efforts de la nature pécheresse, pour acquérir une justice. Un tel régime produit, et cela précisément chez des âmes sincères, le découragement et le désespoir, si ce n’est l’indifférence ou l’hypocrisie de l’orgueil spirituel. En d’autres termes, toute « propre justice qui est de la Loi, et non par la foi en Christ », amène l’homme sous la domination du péché. L’esprit légal n’est que de l’incrédulité, et celle-ci ne peut produire que le doute ou l’hypocrisie.

La Parole nous garantit de ces égarements par la révélation de certains faits, invisibles, mais tout aussi réels que ceux que nous avons appelés historiques. Nous les trouvons révélés au chapitre 6 des Romains (*).

 

(*) Ils sont abondamment mentionnés dans l’Évangile et dans les épîtres de Jean, ainsi que dans celles de Paul. L’union à un Christ glorieux est la base de notre affranchissement de la Loi, de la chair, du monde, du présent siècle ; du mal en général. — Elle est aussi le fondement de la doctrine de l’Église et de l’Évangile de la gloire. Le chapitre 6 aux Romains la présente uniquement en rapport avec notre affranchissement du péché et de la mort. Notre cadre restreint nous interdit de l’envisager sous ses autres aspects. C’est pourquoi nous nous en tenons à Rom. 6.

 

4                    Des faits invisibles (Rom. 6). Affranchissement

La doctrine de la grâce, surabondant là où le péché abondait, avait amené la question suivante : « Demeurerons-nous donc dans le péché, afin que la grâce abonde ? » (Rom. 6:1). Aussitôt le Saint-Esprit répond par la révélation de certains faits dont Lui seul est le témoin ; qui par conséquent, ne tombent point sous l’empire des sens, comme les faits historiques énumérés en 1 Cor. 15:1-5. Ces faits invisibles approprient les faits historiques à la foi. Sur eux, repose toute délivrance pratique, toute joie durable, toute paix inébranlable, toute consolation, toute exhortation.

Il est clair qu’ils tirent leur immense valeur des faits de l’Évangile, auxquels ils correspondent exactement, puisqu’ils imputent ceux-ci à l’être du croyant, pour le mettre au bénéfice de « l’Évangile, par lequel il est sauvé » (1 Cor. 15:2).

Ainsi : « Christ est mort pour nos péchés ». « Nous sommes morts avec Christ » et morts au péché ! (Rom. 6:8, 2) — « Christ a été enseveli ». « Nous avons été ensevelis avec Lui ». — « Il est ressuscité d’entre les morts ». « Nous sommes vivants à Dieu, dans le Christ Jésus ».

 

4.1   Union du croyant avec Christ mort et ressuscité. Affranchissement

Envisagées sous cet aspect, ces trois révélations peuvent s’exprimer par : L’Union du croyant avec un Christ mort et ressuscité ; union qui implique nécessairement l’affranchissement de toute puissance du mal, et une liberté de vie nouvelle et divine, pour servir Dieu, dans l’amour.

Si le croyant reçoit avec simplicité ces révélations de l’Esprit de Dieu, il les sondera par le même Esprit ; puis elles porteront leur fruit, selon qu’il est écrit : « MAINTENANT, ayant été affranchis du péché, et asservis à Dieu, vous avez votre fruit en sanctification et, pour fin, la vie éternelle ».

Par la foi en la révélation de ces faits, tous les croyants se trouvent affranchis, non seulement du péché et de ses conséquences, mais aussi du légalisme ; ils peuvent dire avec l’apôtre : Par la Loi, j’ai été mis à mort à la Loi par le corps du Christ » (*), « afin que je vive à Dieu ».

 

(*) Quoique l’affranchissement de la Loi soit en dehors de cette petite étude, je cite Rom. 7:4 ; Gal. 2:19 ; deux passages dans lesquels la vie pour Dieu et ses fruits suivent immédiatement la mort.

 

4.2   Baptême

Le baptême des croyants représente visiblement, devant le monde, les résultats ou plutôt les privilèges de notre foi. Il proclame que le fidèle est un homme en Christ, qui a traversé la mort, qui vit pour Celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous portions du fruit pour Dieu. Cet homme vit aussi « pour la justice », à laquelle il s’est complètement soumis à tous les points de vue possibles. Ce qui reste, c’est sa responsabilité d’être conséquent à une telle faveur.

 

5                    Morts avec Christ : croire puis comprendre

Le rationalisme a tellement envahi la science, que celle-ci s’est fait une loi de nier une foule de faits patents et visibles, dont elle ne peut découvrir les causes ni expliquer l’enchaînement de leurs lois.

La foi, au contraire, croit d’abord ; elle comprend ensuite. Ceci est spécialement le cas pour les vérités qui nous occupent.

Une comparaison pourrait, dans une certaine mesure, répondre à la question : Comment sommes-nous morts au péché et vivants à Dieu ? — Les criminels de ce monde parviennent à se soustraire à la mort, par une fuite — une émigration — qui les abrite contre l’extradition. Ils sont ce que le droit humain appelle « des contumaces ». Par ce changement d’État, ils ont préservé leur personne contre l’exécution de leur juste sentence de condamnation. Cependant, la sentence subsiste ; et, comme aucune justice digne de ce nom ne veut ni ne peut perdre ses droits, la justice humaine exécute ses contumaces en effigie — tout en se réservant leur exécution effective dès qu’il lui sera possible de saisir le coupable, ou de se le faire livrer. Quoi qu’il en soit, celui-ci EST juridiquement retranché de la société ; il EST civilement MORT.

Si, par un effet de la grâce, un pécheur contemple et discerne, sur la croix — non pas une effigie, mais — la victime vicariale (substituée), victime vivante, réelle et suffisante devant Dieu, qui l’a fournie, on peut dire que cet homme s’est livré et soumis à la Justice de Dieu en jugement : « Il est mort avec Christ ». Par la Grâce, en vertu de sa foi, il est « mort au péché », et « quitte du péché » (*) comme Christ Lui-même.

 

(*) Il n’est plus « sous le péché » (Rom. 3:9) ; ni exposé au jugement, à la condamnation et à la mort, c’est-à-dire, aux conséquences du péché.

 

L’incrédulité, au contraire, nécessite l’extradition finale du pécheur ; ou plutôt, elle le maintient sous la domination du péché dont la mort est le salaire, en vertu des justes exigences de la Justice de Dieu et de la Loi. Ceci sera rendu manifeste par le Jugement éternel devant le grand trône blanc.

Notre union à Christ, dans sa mort et dans sa résurrection, est un fait opéré par Dieu, en puissance (Éph. 1:19, 20 ;2:1, 5, etc.), et révélé au croyant par la foi. Elle est le complément, le corollaire, ou la conséquence indispensable de la vérité historique de la mort de Christ pour nos péchés, et de sa résurrection pour notre « justification de vie ».

 

6                    Où est la puissance pour surmonter le péché qui habite en nous ? Rom. 6

Une seconde question se présente, relative à la réalisation pratique de l’union à Christ. Si le péché habite encore en nous, comment le surmonterons-nous ? En donnant aux faits invisibles le même crédit, la même autorité qu’aux grands faits historiques de l’Évangile.

Prétendre que l’union au Christ mort et ressuscité est une manière de parler ou une subtilité théologique, c’est affirmer qu’elle est une manière de parler, pour ne rien dire. — Effacez, alors, l’exhortation entière de Romains 6. Entreprenez de vous délivrer vous-mêmes du péché, de la mort, et de leur ancienne domination sur vous. Ou plutôt demeurez « sous le péché » et « dans vos péchés » ; Celui qui croit aux faits invisibles, dont nous parlons, est « mort au péché » et « quitte du péché » comme Christ Lui-même (Rom. 6:7). Si vous ne croyez pas, ou si, comme le dit Rom. 6 (v. 3, 6, 16), vous ignorez votre identification avec Christ, dans sa mort et dans sa résurrection, cette mort et cette résurrection resteront plus ou moins étrangères à tous vos efforts pour vivre désormais pour Dieu. Le péché aura toujours domination sur vous, parce que vous n’êtes pas, en votre esprit, sous la Grâce, mais sous la Loi. Qu’il règne dans votre corps mortel ; offrez-lui vos membres. Vous êtes libres à l’égard de la justice, mais esclaves du péché.

Qu’ainsi n’advienne, bien-aimés du Seigneur : « Car nous qui sommes morts au péché, comment y vivrions-nous encore ? » Reprendrions-nous donc le terrible joug de notre ancien tyran, pour vivre à son service et au profit de la mort ? Non ; obéissons à Dieu qui nous dit : « Vous aussi, tout de même, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu, dans le Christ Jésus ». Là est la puissance pour obtenir la victoire sur le péché qui, quoique habitant encore dans nos corps mortels, ne règne plus en eux (*). Il a perdu tous ses droits sur nous, en les épuisant sur Christ « fait péché pour nous ».

 

(*) Rom. 7:17 ; cf. 6:12 ; et 6, 14 — pour la nuance importante entre : « régner », et « avoir domination », ou «seigneurie » ; ou dominer.

 

Ignorez-vous, ou refusez-vous de croire que vous êtes morts, ensevelis et vivants avec Christ ? Vous êtes liés, dans vos consciences, à l’état et à l’impuissance des pécheurs (Rom. 5:8), ou de l’homme en la chair ; vous vous replacez, par cette ignorance, sous la juridiction de la Loi ; sous le péché et sous la mort : « Car l’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi » (1 Cor. 15:56, 57).

Vous croyez à l’Évangile, saisissez donc, avec une sainte hardiesse, votre position en Christ mort et glorifié ; demeurez-y par une sainte vigilance. La Grâce vous a délivrés de tout empêchement, de toute appréhension. Ayez confiance en Dieu. Soumettez-vous à la Justice de Dieu en grâce ; au don « d’une Justification de vie » (Rom. 5:18), que la Grâce octroie au croyant. Fuyez l’orgueil qui se couvre d’un masque d’humilité. Convaincus de votre impuissance personnelle, saisissez la Liberté à laquelle vous avez été appelés — « et non pas pour servir de voile à la méchanceté, mais comme esclaves de Dieu » (Gal. 5:1, 13 ; 1 Pierre 2:16). Puis, joignez vos voix au chœur des affranchis du Seigneur : « Grâces à Dieu qui nous donne la victoire, par notre Seigneur Jésus-Christ ».

 

7                    Effets de la vie éternelle et responsabilité de ceux qui la possèdent

Le chapitre 6 des Romains part du fait de l’union du croyant à un Christ mort, enseveli et ressuscité, pour nous signaler les effets de la vie éternelle et la responsabilité de ceux qui la possèdent. Cette union, glorieux apanage de la foi, est la base de notre subsistance, notre force dans le combat, notre raison d’être, et la source de notre victoire : « afin, dit la Parole, que nous aussi, nous marchions en nouveauté de vie ». Le chrétien a reçu une vie nouvelle et impérissable pour s’en servir ; pour vivre de cette vie-là. Elle le transporte dans la sphère divine, où vit et agit l’homme ressuscité, son modèle, l’aimant et la boussole de son cœur. C’est un état nouveau, état de délivrance et de liberté jointes à la capacité et au désir de servir Dieu comme Christ l’a fait, le fait et le fera toujours.

La mort est donc l’instrument, la rançon, l’issue de toute délivrance. La croix est cette porte étroite par laquelle le racheté entre dans la vie, entièrement délivré de toute domination qui n’est pas celle de Dieu. La Liberté de la grâce est tellement incompatible avec toute espèce de licence, qu’on peut la considérer comme un arsenal qui fournirait, libéralement et gratuitement, aux combattants de la foi, toutes les pièces de l’armure complète de Dieu.

Revu avant ; à voir après

 

8                    Puissance de la vérité qui est en Christ

Chers lecteurs, le bien faible frère qui ose vous adresser ces lignes, aurait reculé devant la sérieuse responsabilité de vous exhorter à un tel combat, si le sentiment humble et profond de ses propres défaillances n’était pas accompagné d’une certaine expérience de la puissance invincible et toujours agissante, que déploie dans des cœurs sincères, la vérité telle qu’elle est en Christ. Satan et son armée attaquent les enfants de Dieu ; et plus spécialement encore ceux que quelque zèle a mis tant soit peu en évidence dans le service. L’Adversaire estime comme son plus cher triomphe, de parvenir à ressaisir ou à subjuguer ceux qui, parmi ses anciens esclaves, se réjouissent le plus de lui avoir échappé.

Je ne doute pas que Paul lui-même n’ait dû expérimenter l’utilité et la puissance des armes dont il nous exhorte à nous servir. Paul a combattu le bon combat de la liberté. Or, à mon avis, un combat prolongé comme celui de la foi, une pareille lutte de tous les jours et de tous les instants suppose bien des blessures et bien des défaites ; au moins en ce qui concerne l’action des malices et des puissances spirituelles sur notre chair (*), et sur ses convoitises infiniment variées, parmi lesquelles l’orgueil spirituel n’est pas la moins dangereuse.

 

(*) Je fais cette réserve à cause de certains passages, tels que 2 Cor. 2:14 ; Col. 2:15, où la lutte est proprement celle de l’Évangélisation.

En Phil. 1:19, 20, etc., la sûre attente de l’apôtre repose sur « les secours de l’Esprit » et, je n’en doute point, sur la puissance des vérités dont nous avons parlé : « Christ sera glorifié en mon corps ». Instrument du témoignage, Paul était « toujours mené en triomphe dans le Christ ». Mais cet instrument élu avait été façonné, assoupli, trempé et purifié, dans la lutte dont parle Éph. 6:12-18.

 

9                    Affranchissement et victoire

Quel est celui qui ne perdra pas courage dans le combat ? Quel est celui qui, fût-il même couché à l’ambulance ou gisant parmi les morts sur le champ de bataille, finira peut-être par devenir un héros victorieux et sera, en tout cas, un des membres de l’armée triomphante ? Celui qui, par la foi, assuré de sa liberté, au lieu de s’arrêter à contempler sa faiblesse, résistera courageusement à l’adversaire, dans la puissance du Seigneur. Nous sommes appelés à discerner « les artifices du diable » (Éph. 6:11), parce que nous sommes autorisés à lui dire : Arrière de moi, Satan, je suis mort au péché et vivant pour Dieu : « Résistez à l’adversaire, et il s’enfuira loin de vous » (Jacq. 4:7).

Si notre âme a reçu en toute simplicité la révélation de notre position en Christ, elle jugera, sans effort ni controverse, la stupidité de ceux qui accusent la Grâce d’être un régime dangereux, sous lequel « les justes par la foi » seraient autorisés à dire : « Faisons du mal, afin qu’arrive le bien » (Rom. 3:8). Péchons parce que nous ne sommes pas sous la Loi, mais sous la Grâce. Demeurons dans le péché, afin que la Grâce abonde (cf. Rom. 6:14, 1). À ces accusations, l’esclave du Seigneur répond avec la Parole : « Ayant donc été affranchis du péché, vous avez été asservis à la Justice » (Rom. 6:18). « Car lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la Justice. Mais MAINTENANT, ayant été affranchis du péché et asservis à Dieu, vous avez votre fruit dans la sainteté et, pour fin, la vie éternelle » (Rom. 6:20-22).

« Je vous exhorte DONC, frères, par les compassions de Dieu, que vous livriez vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent » (Rom. 12:1).