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Le Modernisme face à la Bible

 

A. J. Pollock

 

Original rédigé vers le premier tiers du 20° siècle. Troisième édition.

 

Table des matières :

1     Chapitre 1 — Le Modernisme : son origine

2     Chapitre 2 — Le Modernisme : ses méthodes

3     Chapitre 3 — Le Modernisme : ses Enseignements

4     Chapitre 4 — Le Modernisme : Ses Résultats

5     Chapitre 5 — La Bible : Son Inspiration et Son témoignage au Fils de Dieu

6     Chapitre 6 — Remarques de conclusion

 

 

1                        Chapitre 1 — Le Modernisme : son origine

La valeur d’une preuve quelconque dépend largement du caractère des témoins. Un témoin bien connu par sa droiture, par son comportement et sa tenue, donnera du poids à une preuve. Mais mettez dans le box des témoins un homme de mauvaise réputation : qui va attacher du poids à son témoignage ?

Nous proposons de soumettre le Modernisme à ce test. Ce qui est sûr, c’est que, malgré son nom, le Modernisme n’est pas moderne. Il est aussi ancien que la plupart des erreurs. Combien sont vraies les paroles de la Saint Écriture : « Y a-t-il une chose dont on puisse dire : Regarde ceci, c’est nouveau ? — Elle a été déjà, dans les siècles qui furent avant nous » (Écclésiaste 1:10)

Par exemple, l’incrédulité vis-à-vis des miracles a déjà été soutenue par Celsus au deuxième siècle, puis par Porphyre au troisième, tandis que les anciens Ébionites croyaient en un Christ purement humain. Même au temps de Christ, beaucoup croyaient qu’Il n’était rien d’autre qu’un simple prophète, comme des millions de Musulmans le croient de nos jours.

Qu’entend-on par Modernisme ? C’est simplement la théologie de ceux qui ont été influencés par l’enseignement des tenants de la Haute Critique. Bien sûr, ils varient dans les détails, mais ils se rejoignent tous, tenants de la Haute Critique et Modernistes, pour refuser la pleine inspiration des Saintes Écritures. À l’inspiration divine de la Bible (« issue du souffle de Dieu »), on substitue des théories, et on se sert de méthodes qu’on n’appliquerait à aucun autre livre au monde : ceux qui le feraient se feraient moquer d’eux comme étant infantiles et puérils, sauf que ces méthodes sont compliquées et apportent de la confusion autant que le labyrinthe d’Hampton Court. Cependant ce dernier comporte une sortie, tandis que le Modernisme est sans issue ; ce n’est qu’une impasse sans espoir.

Il est beaucoup plus difficile de croire à la Bible des Modernistes, que dans les Écritures divinement inspirées, qui sont la Vérité. Un prédicateur âgé dit une fois à ses auditeurs consternés « la Bible est un libre prodigieux, s’il était vrai », — « mais », ajouta-t-il rapidement, « il serait dix fois plus prodigieux s’il n’était pas vrai ». Il aurait pu dire mille fois plus prodigieux, sans être coupable d’exagération. Lord Tennyson aimait dire : « C’est difficile de croire, mais c’est encore plus difficile de ne pas croire ».

Si Dieu a choisi de faire une révélation à l’homme, Il a sûrement pris soin de la préserver des erreurs humaines. C’est se faire une idée tout à fait ignoble de Dieu, que de supposer qu’Il ait fait une révélation de Lui-même, puis qu’Il ait laissé cette révélation aux mains d’hommes faillibles en leur donnant toute liberté pour la mélanger librement avec leurs propres pensées, chaque lecteur ayant ensuite à décider pour lui-même quelles pensées proviennent de Dieu, et lesquelles proviennent des hommes, ce qui est divin et ce qui est humain, ce qui est vrai et ce qui est faux. Aucun auteur humain ne le permettrait, et pourtant les hommes osent penser que Dieu l’autoriserait pour le message précieux qui est le seul par lequel les hommes peuvent connaître la vérité et trouver la bénédiction ; soumis à un tel traitement, ce message ne pourrait devenir qu’un véritable méli-mélo, dépourvu de pureté et d’autorité.

L’évêque Wordsworth pouvait fort justement écrire :

 

« Nous affirmons que la Bible est la PAROLE de Dieu, et qu’elle n’est pas entachée d’infirmités humaines. Nous ne saurions imaginer, comme le font certains, que la Bible est une aire de battage sur laquelle le blé et la balle se mêlent ensemble, et qu’il est laissé à l’appréciation du lecteur de vanner et cribler le blé d’avec la balle, au van et au tamis de son propre esprit ».

 

Nous pouvons bien nous enquérir sur l’origine du Modernisme. La source en est-elle pure ou impure ? Vient-il de personnes qui aimaient ou qui haïssaient la Bible ? Les hommes qui ont lancé le Modernisme, faisaient-ils leurs délices des Écritures, ou avaient-ils un préjugé contre elles ?

Dans le présent article, nous ne pouvons donner que quelques détails, et citer seulement les principaux auteurs à l’origine du Modernisme.

En 1670, le hollandais Spinoza écrivit un livre attribuant la rédaction du Pentateuque à Esdras, ou à un compilateur ultérieur, et il niait que Moïse en fût l’auteur. À noter que Spinoza était un juif incroyant, et non pas un chrétien. Nous ne pouvons attendre d’un tel homme qu’il traite correctement les Écritures.

En 1753, un docteur français, Jean Astruc, propagea la théorie qu’étant donné que Genèse 1 utilise le mot Elohim pour Dieu, tandis que Genèse 2 utilise les mots Jehovah Elohim pour Dieu, il a dû y avoir deux documents originaux, fusionnés ensuite en un seul livre. Or qui était Astruc ? Un libre-penseur et un homme à la vie débauchée.

Un professeur Allemand, Eichhorn, de l’université de Göttingen, reprit les idées d’Astruc, et publia en 1780 un livre qui les développait. Ce fut lui qui inventa l’expression La Haute Critique, qui a été définie ainsi :

 

« La découverte et la vérification des faits convernant l’origine, la forme, et la valeur de productions littéraires en se basant sur leurs caractéristiques internes ».

 

Quelques années plus tard (1806), De Wette, professeur allemand de philosophie et de théologie à Heidelberg, poursuivit la ligne d’Eichhorn. D’autres continuèrent ce travail de critique dans le même sens jusqu’à ce que Julius Wellhausen commença à publier en 1878 des vues qui allaient encore plus loin. Il croyait avoir trouvé 22 auteurs différents pour les livres de Moïse, tous inconnus.

Le docteur L. W. Munhall de Philadephie cite le témoignage suivant :

 

« Vous ne pouvez pas avoir à la fois Christ et les critiques ; il vous faut choisir qui vous voulez suivre. J’ai connu personnellement presque tous les grands érudits des trente dernières années en Allemagne, qui sont de la Haute Critique, et aucun d’eux ne croyait à la Déité de notre Seigneur » (The Drift of the Times, p. 7).

 

Nous n’avons mentionné que brièvement quatre ou cinq des auteurs principaux à l’origine du Modernisme, et il est déjà tout à fait certain que la source du courant de la critique Biblique est polluée. Un juif rationaliste, un français débauché, un ensemble de critiques allant jusqu’à ne pas croire à la déité de notre Seigneur, — tout cela ne contribue pas à nous inspirer confiance dans leur enseignement.

Certains Modernistes reconnaissent l’aboutissement de leur chemin, comme l’illustre l’extrait suivant du Professeur W. H. Griffith Thomas, D.D. :

 

« Il y a plus de vingt ans, marchant avec Julius Wellhausen dans les rues pittoresques de Greifswald, je m’aventurai à lui demander s’il estimait, au cas où ses vues seraient acceptées, si la Bible pourrait continuer à garder l’estime des gens : ‘Je ne vois pas comment cela serait possible’ fut sa triste réponse » (tiré de Back to the Bible).

 

On raconte que, quand Wellhausen fut informé que ses disciples anglais croyaient en l’inspiration du Pentateuque, il répondit stupéfait :

 

« Je savais que l’Ancien Testament était une supercherie ; mais je n’aurais jamais imaginé faire participer Dieu à cette supercherie, comme le font ces collègues Écossais ».

 

Que ce récit soit véridique ou non, la remarque est tout simplement logique.

 

2                        Chapitre 2 — Le Modernisme : ses méthodes

Jean ASTRUC (1753) fut pratiquement le point de départ de la méthode populaire du Modernisme, en attribuant la rédaction de la Genèse à deux auteurs au motif que Genèse 1 utilise le mot Elohim pour Dieu, tandis que Genèse 2 utilise les mots Jehovah Elohim. Nous demandons avec stupéfaction : est-ce une raison suffisante pour soutenir que le livre de la Genèse a deux auteurs ?

Prenons par exemple un critique en train de lire un récit de la vie de Napoléon Bonaparte, et trouvant que le petit Corse est nommé tantôt « Napoléon », et tantôt « Napoléon Bonaparte », dans le même récit ; que penserait-on de ce critique s’il concluait que le livre a été composé de deux documents émanant d’éditeurs ou rédacteurs inconnus, pour reprendre les termes favoris des Modernistes ? Ne penserions-nous pas plutôt qu’il est hors de sens ?

Et quand nous nous rappelons qu’un Français débauché est à l’origine de cette idée, nous devrions nous étonner qu’elle ait pu se diffuser, si nous ne savions pas à quel point les inconvertis se plaisent à croire tout ce qui paraît saper l’autorité du Livre qui témoigne contre eux.

Mais Wellhausen, comme nous l’avons vu, relégua complètement Astruc dans l’ombre par sa découverte imaginaire de pas moins de 22 auteurs différents pour les Livres de Moïse — tous inconnus.

On peut bien se demander, s’il est jamais arrivé dans toute la littérature du monde, qu’un éditeur publie un volume composé des écrits d’environ 22 auteurs différents, et qu’il réussisse à les imposer à une nation entière comme l’écrit d’un seul de ses grands hommes, et qu’il soit ainsi reçu pendant de nombreux siècles sans qu’aucune question soit soulevée. Et pourtant, c’est ce qu’on nous demande de croire dans le cas de Moïse et de la nation Juive.

Nous devons supposer que les gens ayant vécu plus près de l’époque de la rédaction devraient en savoir plus sur le sujet que des professeurs allemands de notre époque tardive. Des gens, y compris des gens compétents, beaucoup plus proches de l’époque de la rédaction, ont reconnu Moïse comme l’auteur unique des cinq livres sans le mettre en question. Nous pouvons bien demander : pourquoi la Bible est-elle le seul livre au monde à subir un pareil traitement ?

Le fait que les 22 auteurs de Wellhausen soient tous anonymes accroît la suspicion vis-à-vis de sa thèse. S’ils existaient, ils devaient être merveilleusement brillants pour être à l’origine des cinq livres de Moïse. Il n’y a absolument rien de comparable dans la littérature antique. Mais croire qu’un éditeur, ou rédacteur, a réuni ensemble les morceaux d’écrits de 22 auteurs différents, et a réussi à en faire un tout cohérent, au point que, pendant des siècles, les gens compétents n’ont jamais suspecté la manière dont le livre a été constitué, — cela requiert infiniment plus de crédulité que de croire que Dieu a inspiré Moïse pour écrire les cinq livres qui portent son nom.

Cela me rappelle une histoire en Amérique. Aux États-Unis, les insectes des champs sont appelés communément des « bugs ». Dans un collège, il y avait un professeur éminent de « bugologie », et un jour ses étudiants décidèrent de lui faire une plaisanterie. Ils se procurèrent des spécimens de différentes espèces d’insectes, et isolèrent la tête de l’un, les ailes d’un autre, les pattes d’un troisième, le corps d’un quatrième et ainsi de suite, puis ils assemblèrent soigneusement les membres, et montrèrent le résultat au professeur, l’invitant à examiner ce nouveau spécimen. Ils étaient sûrs que le professeur reconnaîtrait la variété, et serait capable d’en donner le nom. Il examina attentivement l’objet placé devant lui, puis annonça gravement : « Messieurs, cet insecte est une farce ».

De même la « Bible » des Modernistes est une farce, et une farce de taille. Que des gens raisonnables puissent croire qu’on peut imposer à une nation de telles fraudes littéraires, cela dépasse notre compréhension.

Comment aussi ces 22 auteurs auraient-ils fourni la matière pour produire un tel résultat, même aux mains d’un rédacteur intelligent ? Et même si les 22 auteurs étaient des hommes de lettres brillants, que doit être ce super-génie capable de fondre les différents articles en un seul et en faire un tout cohérent ? L’auteur d’un exploit aussi brillant ne peut pas s’attendre à être mieux caché que le soleil en plein midi dans un ciel sans nuage. Et pourtant, on nous le dit anonyme.

Rousseau, un incroyant immoral de son propre aveu, dit :

 

« Il est plus inconcevable que plusieurs personnes se mettent d’accord pour écrire une histoire, qu’une seule personne en fournisse le sujet. Les auteurs Juifs étaient incapables de l’expression qu’on trouve dans l’évangile, et étrangers à la moralité qui y est contenue. Les marques de sa vérité sont si frappantes et inimitables, que son inventeur devait avoir une personnalité plus étonnante que celle d’un héros ».

 

Si seulement ces Modernistes voulaient bien se soumettre eux-mêmes au test de savoir si leurs « résultats certains » peuvent être prouvés en quelque manière, leur suffisance disparaîtrait certainement.

Le résultat serait le même, nous en sommes persuadés, que celui qu’un ministre orthodoxe imposa un jour à un ministre Moderniste. Ils assistaient tous les deux à une conférence d’été en Amérique, et un jour ils se mirent à discuter amicalement des mérites de la Haute Critique. Le ministre orthodoxe demanda à son ami de la Haute Critique s’il connaissait deux des orateurs de la conférence, que nous appellerons Mr A et Mr B. Il répondit qu’il les connaissait tous les deux très bien, qu’il avait lu leurs écrits, qu’il les avait souvent entendu prêcher, et souvent rencontrés en privé. Le ministre orthodoxe alla alors vers Mr A, et lui demanda d’écrire un compte-rendu de ce qui avait été dit à la conférence un certain jour. Il fit la même demande à Mr B. Les compte-rendus furent écrits et le pasteur orthodoxe se mit à jouer le rôle de rédacteur, en mélangeant les deux récits des deux auteurs pour en faire un tout intelligible. Il montra alors le résultat à son ami de la Haute Critique, en lui demandant de séparer ce qui provenait de Mr A de ce qui provenait de Mr B, et de restaurer les documents originaux. Le résultat fut un échec ridicule.

Or si quelqu’un a un papier entre les mains dont il sait qu’il a été écrit par deux auteurs qu’il connaît personnellement, et dont les manière d’écrire lui sont familières, — si un tel homme n’est pas capable de démêler leurs travaux respectifs, quelle probabilité y a-t-il pour qu’un professeur occidental vivant 20 siècles après Jésus Christ puisse démêler les écrits de 22 auteurs orientaux datant de nombreux siècles avant Jésus Christ ?

Nous restons donc entièrement sceptiques quant aux sources et aux méthodes conduisant les Modernistes aux « résultats certains » auxquels ils prétendent.

Canon Cheyne est le nom d’un anglais bien connu, tenant de la Haute Critique, et qui a suivi les traces de Wellhausen, et l’a même surpassé même dans ses conjectures extravagantes.

 

L’évêque Welldon écrit de lui :

 

« Dans les mains d’un critique comme le Dr. Cheyne, la haute critique aspire à attribuer des dates non seulement aux livres en particulier, mais même aux chapitres et jusqu’aux versets d’un même livre. La méthode par laquelle le Dr. Cheyne traite les Psaumes et les livres prophétiques est presque de la FOLIE COMPLÈTE » (Modernisme, p. 4).

 

Le révérend Dr Hanson, lors de son discours présidentiel à la Fédération Métropolitaine des Églises Libres à Marylebone (27 novembre 1906), explique la manière dont le Dr. Driver traite Genèse 7:9 :

 

« Le Dr. Driver découpe ce simple verset en cinq morceaux séparés, puis il modifie un mot pour l’adapter à la théorie qu’il a adoptée, et finalement il y rattache un morceau de phrase d’un verset plus bas, simplement parce qu’il n’a pas pu lui trouver une place ailleurs selon l’hypothèses qui guide son analyse, et qu’il ne voulait pas le laisser suspendu en l’air. Imaginez qu’on mène ce genre d’analyse tout au long d’un livre ; et voilà ce qu’on appelle, s’il vous plait, de la critique. Au risque de choquer les convenances, j’appelle cela une ineptie. Qu’un homme y croie si il peut, mais pour ma part, je n’hésite pas à l’appeler du badinage laborieux, qui ne peut se recommander qu’auprès de ceux qui ont une théorie à étayer, et assez de culot pour le soumettre à l’approbation des gens qui réfléchissent. Une telle reconstruction est sûrement la farce la plus élaborée des temps modernes. Je m’étonne du manque d’humour des critiques » (Certitudes intouchables p. 10).

 

L’auteur correspondait récemment avec un des Modernistes en pointe, et se risqua à lui faire la remarque que ses écrits montraient des vues modernes à l’évidence modérées, et contredites par sa formation initiale. Il se permit de citer les paroles du Dr. W. H. Green de l’université de Princeton :

 

« Ceux qui ont été fondés dans la foi chrétienne peuvent, par une HEUREUSE INCOHÉRENCE, retenir leurs anciennes convictions, tout en admettant les principes, les méthodes, et les conclusions qui logiquement les combattent. Mais qui s’étonnera de ce que d’autres adoptent une logique plus rigoureuse, et aillent jusqu’au bout des conclusions légitimes qu’on peut tirer de ces nouveaux principes et méthodes ? ».

 

Il constata que ses allégations étaient correctes, car ce Moderniste en pointe répondit :

 

« J’ai été éduqué à l’école la plus stricte de l’inspiration littérale de l’Écriture, et j’ai été contraint de m’en écarter sous la pression brutale de mon étude du phénomène réel de l’Écriture ».

 

L’auteur répondit en exprimant son souci que la génération montante prenne pour point de départ l’aboutissement des Modernistes de la présente génération, et qu’elle pousse le Modernisme à sa conclusion légitime et logique : l’incrédulité absolue. L’apostasie de la chrétienté est prédite dans les Écritures, et le Modernisme accélère l’accomplissement de cette prophétie. Quand l’église de Dieu sera enlevée à la seconde venue de Christ, il ne restera rien hormis la coquille vide d’une profession sans Christ, et il suffira d’un pas ou deux de plus pour achever le processus, et la chrétienté sera complètement et ouvertement apostate. C’est à ce but ultime que contribue le Modernisme.

Il est profondément instructif de voir que ce qui a détourné ce leader Moderniste de sa première croyance en l’inspiration littérale a eu l’effet exactement inverse dans le cas du distingué érudit d’hébreu, auteur du livre monumental « La Vrai Valeur de l’Ancien Testament », le Révérend A. H. Finn. Il écrivait :

 

« Pour ma part (qu’on veuille bien me pardonner une référence personnelle), ce sont les méthodes entièrement non-scientifiques employées par la soi-disante « critique scientifique », et mises en avant dans les travaux de la Haute Critique qui ont été pour moi un repoussoir, avant même que j’étudie les ouvrages de l’autre bord » (p. 12).

 

Le professeur Orr, titulaire d’une chaire de théologie, était tout aussi sévère. Il écrivait :

 

« La nouvelle méthode critique est radicalement viciée par le fait qu’elle remplace continuellement les faits historiques par des conjectures arbitraires » (Problèmes de l’Ancien Testament, p. 119).

 

En présence de telles positions — l’évêque Welldon, un érudit classique, qui décrit la méthode de critique de Cheyne comme « presque de la folie complète » — le Rév. A. H. Finn accusant la « critique scientifique » d’employer des « méthodes entièrement non-scientifiques » — et la mise en garde sévère du Professeur Orr, — et devant l’origine et les méthodes si contestables des enseignements du Modernisme, nous sommes certainement autorisés à soumettre cet enseignement aux tests les plus rigoureux.

 

3                        Chapitre 3 — Le Modernisme : ses Enseignements

Dans une petite brochure, il est nécessaire d’être concis, et c’est pourquoi nous proposons de ne citer ici les vues Modernistes que d’un seul de leurs livres : Le « Commentaire de Peake sur la Bible ». Il a été publié après la première guerre mondiale, et est donc assez à jour. Le Professeur A. S. Peake, M.A., D.D., fut son compilateur, et 61 érudits y ont joint leur contribution, la plupart d’entre eux des directeurs ou professeurs de facultés de théologie. Le Rév. W. Graham Scroggie décrivait ce Commentaire comme « pétri d’incrédulité ». Quelques extraits vont prouver abondamment la justesse de ce qualificatif.

Le Commentaire de Peake, comme il le dit lui-même, vise à faire le point des résultats généralement acceptés en matière de Critique, d’Interprétation, d’Histoire et de Théologie Bibliques. Il émet l’espoir de pouvoir être spécialement utile aux moniteurs d’école du dimanche (ou autre jour de la semaine), aux conducteurs de classes Bibliques, aux prédicateurs laïques, et aux étudiants en théologie. Que Dieu ait pitié des leaders enseignés d’une pareille manière.

L’inspiration littérale des Écritures originelles est niée par les Modernistes, comme le prouvent les extraits suivants.

Au sujet de la Genèse, le Professeur Peake écrit :

 

« Outre des incohérences internes, on y trouve des choses intrinsèquement impossibles à croire … une bonne partie de Genèse 1 à 11 a des mythes pour origine ; mais cela a été purifié à des degrés divers par le génie religieux d’Israël et l’esprit de la révélation » (Peake, p. 133).

 

Le Professeur pense donc que Genèse 1 à 11 est largement mythique, et par conséquent non inspiré, mais purifié par le génie religieux d’Israël et l’esprit de la révélation ; autrement dit, il est inspiré d’une manière vague et partielle.

Nous posons la question : est-ce le génie religieux d’Israël qui a apporté de la pureté dans les Écritures, ou bien les Écritures sont-elles à l’origine du génie religieux d’Israël ? Le Professeur Peake n’a-t-il pas observé la tendance perpétuelle des enfants d’Israël à retomber dans l’idolâtrie des nations voisines ? Où était alors le génie religieux naturel d’Israël ?

Abraham n’était-il pas un pauvre idolâtre quand le Dieu de gloire lui apparut ? Était-ce le génie religieux d’Abraham qui l’a purifié de l’idolâtrie, ou est-ce la révélation de Dieu qui a produit ce résultat merveilleux ?

Ismaël et Isaac étaient tous deux fils d’Abraham. Pourquoi Isaac a-t-il été seul à montrer un « génie naturel pour la religion » ? Ésaü et Jacob étaient tous deux fils d’Isaac. Pourquoi Jacob a-t-il été seul à développer un « génie naturel pour la religion » ?

Moïse fut élevé dans toute la sagesse des Égyptiens, et habitué à la vie d’une cour royale. Ce qui l’a envoyé faire sa grande tâche, était-ce son « génie naturel pour la religion », ou la vue du buisson ardent et la mission confiée par l’Éternel ?

Prenez la conversion de l’apôtre Paul. Ce qui l’a mis sur la route du christianisme, était-ce son « génie naturel pour la religion » ou bien cette expérience merveilleuse sur le chemin de Damas, quand une lumière plus brillante que le soleil le désarçonna, et qu’une voix du ciel le convertit ?

 

Dans tous les cas de figure, la vérité est exactement à l’opposé de l’opinion du Professeur Peake.

 

Il pense d’autre part que Genèse 1 à 11 a été purifié par l’esprit de révélation. S’il y avait un esprit de révélation, il aurait été capable non seulement de purifier ce qui était corrompu, mais tout simplement de nous donner une révélation pure et de première main. Cet « esprit de révélation » dans la Genèse, qui laisserait subsister des « incohérences internes » et des « choses intrinsèquement impossibles à croire », ce n’est qu’une fantaisie. La purification n’a pas purifié grand chose. C’est même une insulte contre Dieu que d’écrire de telles idées.

On peut très bien se demander pourquoi Israël a-t-il été la seule nation à avoir ce « génie naturel pour la religion » ? Pourquoi Israël a-t-il été la seule nation monothéiste au milieu d’autres nations plongées dans l’idolâtrie de nombreux dieux ? Pourquoi Israël adorait-il le Dieu vivant et vrai, et non pas les choses créées, comme les nations à l’entour ?

C’était en vérité quelque chose d’extérieur à eux et au-dessus d’eux qui fut à l’origine de ces idées, quelque chose qui les leur fit retenir malgré leur tendance constante à retourner à l’idolâtrie. C’était des forces : la révélation et l’Esprit de Dieu. Certainement si Dieu révèle Ses pensées, il les révèle correctement, sans être obligé de prendre des idées corrompues des hommes, de les purifier un peu tout en y laissant des mythes et des légendes, des « incohérences internes » et des « choses intrinsèquement impossibles à croire », susceptibles de rendre les lecteurs des Écritures interrogatifs et perplexes.

Que feraient le laboureur, le pêcheur, l’artisan, le marchand, ou même le savant et l’érudit, d’une Bible telle que le Professeur Peake souhaite nous la donner ? Où est l’assurance quant à la Parole de Dieu ? Elle a disparu.

Et si la fiabilité de la Parole de Dieu nous est ôtée, il n’y a plus rien qui reste. C’est la clef de voûte de l’arche, de l’édifice. Sans elle il ne peut y avoir ni voûte ni édifice.

 

Le directeur E. Griffith-Jones affirme :

 

« Il y a dans l’âme humaine une faim instinctive pour un type de croyance et de conduite destiné à être accepté comme infaillible. Stigmatiser ceci comme une superstition ou une infirmité, c’est juger sans discernement une tendance universelle. Ce qui caractérise l’homme partout, dans tous ses efforts tendant à la paix et à la certitude spirituelles, doit être un instinct valable en soi, même si de nombreux abus lui sont associés en pratique » (Peake, p. 7).

 

C’est vraiment très bien dit. Mais il en dit trop pour rester cohérent avec ses vues Modernistes. Il nous semble que le Professeur est pris à son propre piège. Il rejoint le Professeur Peake pour détruire notre foi en l’inspiration littérale de la Bible, et pourtant il nous dit qu’il y a dans l’âme humaine une faim instinctive pour un type de croyance destiné à être accepté comme infaillible. Nous demandons : qui a donné à l’homme cette faim ? La réponse doit être : Dieu. Et si Dieu donne cette faim, va-t-Il se moquer de nous en nous donnant un livre dont la plupart du contenu serait d’origine mythique, avec des « incohérences internes » et des « choses intrinsèquement impossibles à croire » ?

Si Dieu donne à l’homme la faim, Il doit nécessairement lui donner de la nourriture ; et Il doit aussi fournir la nourriture avant même de donner la faim ; et s’Il donne de la nourriture, Il ne la mélange pas avec du poison et de l’ordure. Et si Dieu répond à la faim physique de l’homme par de la nourriture qu’Il fournit Lui-même, ne va-t-Il pas aussi répondre à la faim spirituelle de l’homme en lui donnant ce qui satisfait son besoin ardent d’infaillibilité ? et n’est-ce pas ce que nous trouvons en Christ, et dans la sainte Parole de Dieu ?

 

Le professeur Peake affirme :

 

« L’histoire [de la création en Genèse 1] repose sur une tradition beaucoup plus ancienne, d’origine essentiellement Babylonienne, semble-t-il … L’époque à laquelle ce mythe est parvenu à Israël est très controversée » (Peake, p. 135).

 

Il est étrange à quel point les conclusions peuvent être contradictoires. Le Professeur Pinches écrit :

 

« Le point important est que, dans tout cela, il y a très peu de chose impliquant un emprunt à d’autres sources de la part de l’écrivain de la Genèse, comme on l’a prétendu. Selon l’opinion Babylonienne, les cieux et la terre vinrent à l’existence et ne furent pas créés … il n’y a pas de notion d’une Divinité apparaissant comme la cause première et unique de l’existence des choses … c’est pourquoi la théologie simple figurant dans ce livre de la Genèse n’existait donc pas chez les Babyloniens ni les Assyriens, mais elle a donné lieu à une théorie cosmologique habile et attrayante » (Le témoignage rendu par l’archéologie à la Bible, p. 7-8).

 

Une autre érudit faisant autorité sur le sujet de Babylone, Maunder, dit que la Bible est totalement dénuée de toute trace d’idée Babylonienne, autant que la neige qui vient de tomber.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que l’humanité ait eu généralement quelques idées sur la création, et que ces idées se retransmettant au cours des âges tout au long de l’histoire de l’homme, se soient mélangées à d’autres idées dégradantes et fantastiques. Romains 1 nous dit en effet comment l’homme, ayant connu Dieu au commencement, n’a pas gardé cette connaissance, et a changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l’image d’un homme corruptible, d’oiseaux, de quadrupèdes et de reptiles » (Romains 1:21-23).

Si Dieu ne nous avait pas révélé comment la création a eu lieu, nous n’aurions jamais pu le savoir, car personne n’était là pour voir. En dehors de la révélation, il n’y a que des suppositions, sans valeur.

Appréciez le contraste entre Genèse 1 et le récit suivant de la création, et décidez alors ce que Moïse a pu copier d’autres sources ; Berosus nous dit en effet ce que les Babyloniens soutenaient :

 

« Au début il n’y avait que des ténèbres et de l’eau ; de là naquirent des animaux aux formes étranges — des hommes avec deux ailes et deux faces, des hommes avec des têtes et des cornes de boucs, des taureaux avec des têtes humaines, des chiens avec des corps d’ours et des queues de poissons. Une femme les gouvernait. Alors Belus apparût, et coupa la femme en deux ; d’une moitié il fit les cieux, et de l’autre il fit la terre. Belus ordonna à l’un des dieux de se couper la tête et de mélanger au sang qui coulait de la terre et d’en former l’homme, et les bêtes qui pouvaient supporter la lumière ».

 

Si Moïse fut inspiré pour écrire la description simple, profonde et majestueuse de Genèse 1, il n’est pas croyable qu’il soit en aucune manière redevable à un récit de la création aussi grotesque que celui qui vient d’être cité.

La « Genèse » des Chaldéens est encore décrite ainsi :

 

« Une lutte entre Tiamat, la personnification femelle des eaux primitives (selon ce qu’on présume), et le reste des dieux. Anu revendique le droit de trancher la querelle, mais Tiamat déclare la guerre. Marduk se bat contre elle, fait prisonniers les dieux qui sont ses alliés, la fend en deux, et d’une moitié de sa peau il confectionne le firmament des cieux, et de l’autre la terre. Il place onze monstres dans le ciel comme signes du Zodiac ».

 

Ou bien prenez la théorie Hindoue de l’univers :

 

« La terre était une étendue plate et triangulaire, à trois étages, construite sur des dos d’éléphants, et ces éléphants se tenaient solidement sur une tortue, et la tortue était sur un serpent lové, et personne ne sait sur quoi était le serpent ».

 

Peut-être que le Professeur Peake croyait sincèrement servir Dieu en propageant des idées telles que celles que nous venons de citer de son Commentaire, mais cela ne fait que rendre cette propagande d’autant plus dangereuse. Saul de Tarse pensait sincèrement rendre service à Dieu en traînant hommes et femmes en prison, et même en consentant au meurtre d’Étienne parce qu’il était chrétien.

Récemment, un enfant de 18 mois laissé dans une voiture, toucha un levier qui la mit en route. Elle heurta un transformateur électrique, ce qui coupa le courant électrique à toute une grande ville pendant longtemps. Les conséquences de l’acte du petit enfant n’ont pas été moindres du fait qu’il n’avait pas réalisé la gravité  de ce qu’il faisait.

En matière de spéculations gratuites, non supportées par une seule ligne de l’Écriture, l’extrait suivant qui émane du Professeur Peake est probablement imbattable :

 

« Parmi les animaux formés par l’Éternel au cours de Sa première tentative de fournir un compagnon à l’homme, il y avait le serpent ; à cette époque, c’était un quadrupède, ou bien il se tenait debout » (Peake, p. 140).

 

Nous n’aurions jamais cru qu’une telle ineptie puisse avoir été écrite, si on ne la trouvait mot à mot dans son Commentaire. On peut mettre en cause la Bible, ou blasphémer Christ, mais ici il est affirmé que Dieu Lui-même a tenté d’apparier Adam et le serpent, et a échoué, sans la moindre preuve. Ce n’est que de la pure spéculation et de la supposition. Quelle sorte de Dieu est-ce là ? C’est de la littérature horrible, puérile et méprisable.

Critiquer chaque déclaration du Commentaire de Peake nécessiterait plusieurs volumes, mais si le reste des déclarations du Professeur Peake n’est pas meilleur que ce que nous venons de critiquer, il vaut mieux s’abstenir de lui faire la moindre confiance en tant que guide spirituel.

Prenons maintenant une déclaration du Directeur E. Griffith-Jones.

 

« Sur 275 citations de l’Ancien Testament, on n’en a trouvé que 53 où le texte hébreu, les Septante (la version grecque de l’Ancien Testament) et les auteurs du Nouveau Testament s’accordent littéralement. Dans 99 citations, le Nouveau Testament diffère de l’hébreu et des Septante, lesquels diffèrent aussi entre eux. Dans 76 citations la traduction correcte des Septante a été modifiée à tort. C’est tout à fait incompatible avec la position selon laquelle les mots de l’Écriture sont tous pareillement inspirés ; car peut-on croire que le Saint Esprit se tromperait en se citant Lui-même ? » (Peake, p. 4).

 

À première vue, cette déclaration semble marquer un point contre les Écritures, mais, en réalité, elle ne démasque pas la Bible, mais l’ignorance et la candeur du révérend qui l’a faite. S’il n’est pas capable de regarder un peu mieux sous la surface, il n’est pas plus à prendre au sérieux que le Professeur Peake.

Si la Bible affirme être inspirée, elle ne saurait être négligente au point de gâcher ses chances d’être acceptée comme telle, en laissant ouvertement paraître une négligence aussi évidente. Un simple copiste pouvait s’assurer de l’exactitude des citations. Un simple garçon de service aurait pu s’en charger.

Sur 275 citations, Mr Griffith-Jones nous dit qu’il y en a 222 d’incorrectes. À première vue, il semblerait que les écrivains de la Bible ont fait exprès d’être totalement négligents sur ce point. Il ne s’agit pas d’une demi-douzaine de citations altérées parmi beaucoup d’autres, et même dans ce cas, les ennemis de la Bible se seraient fait un plaisir de s’y jeter dessus, mais la proportion est si importante que l’on doit écarter l’hypothèse de la négligence.

La réponse à la remarque du Directeur Griffith-Jones est la suivante : Quand un auteur inspiré cite l’Ancien Testament, il cite juste ce qu’il faut du passage en question pour répondre au propos de la Pensée Divine, sans jamais le contredire, mais souvent en le modifiant pour communiquer, non pas la signification exacte du passage de l’Ancien Testament, mais la pensée complète que l’Esprit Saint veut communiquer dans le Nouveau Testament.

Personne d’autre que Dieu ne pouvait traiter pareillement l’Écriture. Le fait que ce soit fait ainsi, et même fréquemment, est une preuve supplémentaire de l’inspiration. Dieu est l’Auteur de la Bible, et Il peut citer Ses PROPRES paroles, les modifier et y ajouter pour mieux répondre ce qu’Il se propose. Si quelqu’un de nous cite l’Écriture, il doit par contre le faire avec soin et exactitude. Nous n’avons pas le droit de modifier un iota ou un trait de plume. L’Auteur du Livre, Lui, a le droit de le faire. Peu importe la plume qu’Il utilise, Moïse ou Ésaïe, Pierre ou Paul, ou Matthieu ou Jean : c’est toujours Son écrit.

 

Donnons une illustration.

 

Passage de l’Ancien Testament

 

Citation du Nouveau Testament

 

« Si elle tarde, attends-la, car elle viendra sûrement, elle ne sera pas différée » (Habakuk 2:3)

« Car encore très peu de temps, et Celui qui vient viendra, et Il ne tardera pas » (Hébreux 10:37)

 

Pourquoi le « elle » de l’Ancien Testament est-il changé en « Celui » et « Il » dans le Nouveau Testament ? Le Directeur Griffith-Jones ne voit là qu’une erreur maladroite de citation de la part de l’écrivain du Nouveau Testament. Il ne voit évidemment les choses que du point de vue d’un copiste travaillant mécaniquement. En fait, les deux passages sont littéralement inspirés autant l’un que l’autre. Ils conviennent chacun au déroulement de la dispensation à laquelle ils se rapportent.

Dans l’Ancien Testament nous avons l’espérance du Juif, dans le Nouveau Testament l’espérance du chrétien. Le premier attend le retour de Christ sur la terre, pour assujettir Ses ennemis, ôter de Son royaume tout ce qui L’offense, et établir Son règne glorieux, en faisant d’Israël la tête des nations parce qu’Il sera à la tête de la nation juive. C’est justement la perspective décrite dans la vision d’Habakuk 2:3, et c’est bien une vision brillante et glorieuse. La référence à cette vision est marquée par le mot « elle ».

Mais quand nous arrivons à l’espérance du chrétien, le point de vue est autre. Avant que le chrétien soit appelé à prendre part au règne AVEC Christ, Christ va venir POUR lui et le prendre hors de ce monde, « en un instant, en un clin d’œil » (1 Cor. 15:52), pour être avec Lui. Le chrétien attend donc une Personne, et la citation est modifiée volontairement et intentionnellement pour transformer le « elle » d’Habakuk en le « Il » d’Hébreux. Le passage de l’Ancien Testament et la citation modifiée du Nouveau Testament sont tous les deux pareillement inspirés littéralement et font pareillement partie de l’Écriture.

Mais le Directeur Griffith-Jones est aveugle à l’égard de tout ceci ; nous avons même lieu de craindre qu’il ne soit « aveugle conducteur d’aveugle ».

 

Prenez un autre cas, et cela suffira, bien que nous puissions faire une liste très longue.

 

Écriture de l’Ancien Testament

 

Citation du Nouveau Testament

 

« Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur » (Psaume 8:5)

« mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout » (Hébreux 2:9)

 

Il est évident que la citation du Nouveau Testament jette de la lumière sur le passage de l’Ancien Testament, en l’élargissant et l’amplifiant sous l’effet de la pleine lumière par laquelle Christ éclaire toutes choses. Au Psaume 8, le nom du Fils de l’Homme n’est pas donné. Christ n’était alors pas encore venu. Mais mille ans avant que le Fils de l’Homme vienne dans le monde, cette venue est annoncée par la prophétie de manière si certaine que, de ce qui n’était alors qu’un futur indéterminé, il en est parlé comme ayant déjà eu lieu. Aucune plume non inspirée n’aurait imaginé d’écrire les choses de cette manière.

Et non seulement cela, mais le Nouveau Testament nous dit que le Fils de l’Homme du Psaume 8 n’est personne d’autre que notre précieux Seigneur Jésus Christ, et le but pour lequel Il a été fait un peu moindre que les anges est donné : « à cause de la passion de la mort » et « en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout ».

Pourtant, le Directeur Griffith-Jones voudrait que l’écrivain du Nouveau Testament refuse la pleine lumière donnée par la venue de Christ, et il voudrait qu’il fasse ses citations avec la précision bête d’une simple machine à copier, ou d’un compilateur de statistiques arides. Mais la vivante Parole de Dieu ne peut être soumise à de telles contraintes. Nous aurions été infiniment perdants si cela avait été le cas.

Le Directeur Griffith-Jones commente ensuite le fait que les originaux des Écritures ont disparus depuis longtemps, et que les centaines de manuscrits existants varient beaucoup de l’un à l’autre ; bien que nous puissions être presque certains du sens de la plupart des passages, nous ne pouvons souvent pas savoir quelle variante est la plus proche du texte exact de l’original. Il dit alors :

 

« Devant ces faits indiscutables, il est vain de continuer à soutenir l’inspiration littérale de la Bible, et ceux qui voudraient « sauver la face » en suggérant cette inspiration littérale pour le texte original perdu n’honorent guère le Saint Esprit, car si cela valait la peine de faire un miracle pour produire un tel texte, pourquoi n’y a-t-il pas eu de miracle pour le préserver de la corruption ? » (Peake, p. 4).

 

Nous pensons qu’il y a une double réponse à la question de savoir pourquoi les Écritures originelles n’ont pas été préservées. D’abord, si elles l’avaient été, les sceptiques religieux auraient probablement nié que ce soit les originaux. Qu’est-ce qui aurait pu les en empêcher ?

Si d’un côté le rationalisme aurait raillé la revendication d’avoir les originaux, les ritualistes, de leur côté, seraient allés à l’autre extrême et les aurait entourés d’une superstition idolâtre.

Nous nous rappelons que les enfants d’Israël brûlaient de l’encens au serpent d’airain fait par Moïse, et que le Roi pieux Ézéchias le mit en pièces, et l’appela par dérision « Nehushtan », littéralement morceau d’airain. Nous croyons que Dieu a permis que les Écritures originales disparaissent pour la même raison qu’Ézéchias détruisit le serpent d’airain.

 

Si l’on estime qu’il méritait qu’il y eût un texte inspiré littéralement, le Directeur Griffith-Jones demande alors « pourquoi n’y a-t-il pas eu de miracle pour préserver le texte de la corruption ? »

Nous désirons poser à notre tour une question au révérend. S’il accepte (il l’accepte effectivement) une certaine mesure d’inspiration divine dans les Écritures, ne manque-t-il pas, lui, à honorer le Saint Esprit quand il affirme que les écrivains des Écritures ont écrit un mélange de vérité et d’erreur ?

C’est en effet ce qu’il dit :

 

« C’est par une analogie concordant avec d’autre faits, que l’on croit qu’une vraie vision de Dieu peut être compatible avec une connaissance imparfaite des faits et des événements, et qu’un point de vue juste peut co-exister avec beaucoup d’erreur et de confusion intellectuelles … La vérité a pu prendre la couleur du tempérament et de la personnalité de l’orateur, et avoir été ainsi plus ou moins tordue dans son expression, sans perdre sa qualité Divine » (Peake, p. 4)

 

Certainement si l’Esprit Saint était allé jusqu’à ce degré, Il aurait poursuivi, et aurait donné aux pauvres mortels la Parole de Dieu pure, non frelatée et infaillible.

Nous aimerions maintenant chercher la réponse à la question du Directeur : Pourquoi n’y a-t-il pas eu de miracle pour préserver les copies et traductions des Écritures de la corruption ? La question se poserait à l’identique si les Écritures originelles avaient été préservées. La révélation et l’inspiration étaient nécessaires pour les Écritures originelles, mais vouloir que tout copiste ait été préservé d’erreur reviendrait simplement à revendiquer l’inspiration pour quiconque choisit de copier les Écritures, quelle qu’en soit la raison.

Arrêtons-nous un peu et laissons le Directeur Griffith-Jones noter ceci. Pourquoi se fait-il que nous avons des centaines de copies manuscrites des Saintes Écritures, complètes ou partielles, et qu’aucun autre livre au monde n’a fait l’objet d’une pareille attention ? Pourquoi certains hommes des premiers siècles ont-ils passé leur vie entière à copier les Écritures avec tant de révérence et de soin extrême ? Pourquoi les écrits des premiers pères abondent-ils en citations de l’Écriture, au point que pratiquement toute la Bible a été citée par eux ? Pourquoi l’Écriture a-t-elle ainsi été considérée comme infaillible et faisant autorité ? Simplement parce que les apôtres, et tous ceux qui sont venus après eux, ont cru fermement qu’elle était la véritable Parole inspirée de Dieu.

Même le commentaire de Peake l’admet :

 

« Pendant plus de mille ans de notre ère [l’ère chrétienne] la tradition selon laquelle Moïse est l’auteur du pentateuque n’a jamais été remise en cause sérieusement » (Peake, p. 121).

 

Nous pensons que Paul, Pierre, Jean, Augustin, Chrysostome et Jérôme étaient aussi bons juges que le Professeur Peake et ses collaborateurs, et ils sont arrivés à une conclusion tout à fait différente de celle des Modernistes.

De plus, il est très remarquable que Dieu se soit servi d’hommes ayant pris beaucoup de peine à travailler avec révérence pour copier les Écritures, pour nous préserver Sa propre Parole. Regardez le zèle jaloux et fanatique avec lequel les Juifs ont garder l’intégrité des Écritures de l’Ancien Testament. Même aujourd’hui, des hommes qui nient la naissance virginale du Seigneur, prêchent en utilisant une Bible qui l’affirme. Les hommes qui nient l’existence de l’enfer tiennent dans les mains le Livre qui affirme à maintes reprises son existence. La Bible est imprimée par millions d’exemplaires en plus de 500 langues sans altération.

Finalement, si vous prenez tous les passages faisant l’objet d’une controverse à cause des variantes des manuscrits anciens, ce n’est qu’une poignée de balle en face de tout un champ de blé. Pas une seule doctrine Biblique n’est affaiblie. Il n’y a absolument aucun désaccord sérieux. La déité de Christ, Son humanité véritable, Sa mort expiatoire, Sa résurrection glorieuse, l’évangile glorieux, Son retour, — tout brille avec une lumière claire, et n’en est nullement affecté.

C’est comme si vous aviez un miroir, avec une ou deux tache dans le tain. Si vous vous regardez dans le miroir, et voyez votre image réfléchie, vous n’avez aucun doute sur ce que vous voyez, malgré cette défectuosité minuscule. Il en est de même avec les traductions de la Parole de Dieu (*).

 

(*) note du traducteur : cette affirmation est vraie pour les versions attachées à suivre de près les textes originaux. On ne peut pas en dire autant de plusieurs traductions récentes qui sont très déformantes. L’auteur anglais a surtout bénéficié de la version autorisée du roi Jacques.

 

Nous préférons que les Écritures originelles soient perdues. La multiplicité même des copies complètes ou partielles ne fait que prouver indubitablement l’existence des Écritures originelles ; et les variations tout à fait insignifiantes du texte ne font que mettre puissamment en relief la merveilleuse fiabilité de la traduction des Écritures que nous avons dans les mains.

Le fait même que les copistes n’étaient pas inspirés et que Dieu n’a pas fait de miracles avec eux, ne fait que prouver plus que jamais l’intégrité des Saintes Écritures, car si la plus grande partie de la Parole de Dieu n’est pas contestée, et que le peu qui l’est, n’affecte finalement rien de fondamental ou de vital, cela confirme de manière surabondante que, selon l’assurance de notre foi, nous avons dans les mains les véritables Écritures de Dieu.

Nous nous servons parfois d’une illustration pour montrer comment Dieu peut employer quelqu’un comme homme de plume inspiré sans le réduire pour autant à un simple automate dépourvu de personnalité (on peut en effet se faire quelque idée des différents écrivains à partir de leurs écrits ; Paul combinait de manière exceptionnelle une grande intelligence, la capacité d’argumenter, une volonté indomptable et une tendre affection ; Pierre manquait de la largeur de vues que Paul avait reçu par éducation, et il était impulsif et énergique ; Ésaïe était poétique ; Salomon, sentencieux et sage, etc., etc.).

Supposez que vous êtes à un banquet. Vous remarquez des gâteaux de différentes formes sur la table. Certains sont grands, d’autres petits, d’autres carrés, d’autres allongés, d’autres ronds, certains décorés et d’autres non. Que reste-t-il du moule dans le gâteau ? Le moule donne la forme au gâteau, et de la même manière, un passage de l’Écriture suffit souvent à dire qui en est l’auteur. Vous entendez un verset, et vous dites : cela ressemble à Paul, ou à Jean, ou à David. Vous pouvez dire dans quel sorte de moule le gâteau a été mis, mais que reste-t-il du moule dans le gâteau ? La réponse est : il n’en reste pas un atome. De la même manière, croyons-nous, Dieu nous donne, dans un langage moulé par la personnalité de l’écrivain, des pensées qui sont celles de Dieu seul, sans que l’erreur s’y mêle. Nous reconnaissons le moule mais ce qui est transmis est la vérité de Dieu. « Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures » (Ps. 12:6).

 

On nous demande parfois comment nous pouvons dire que les apocryphes ne sont pas inspirés. Une réponse brève peut être donnée en trois points : 1) ils ne sont absolument jamais cités dans le Nouveau Testament, alors que l’Ancien Testament l’est constamment ; 2) ils demandent qu’on les excuse de ce qu’ils disent, ce que ne fait jamais l’Écriture inspirée ; 3) le lecteur se rend tout à fait compte de leur niveau très en-dessous du niveau élevé des écrits inspirés.

 

Le Professeur Griffith-Jones montre son ignorance du sens spirituel de l’Écriture quand il pose la question :

 

« Qu’y a-t-il de valable pour la vie spirituelle dans les détails minutieux de la liturgie et des cérémonies du Tabernacle et de son service ? » (Peake, p. 5).

 

Il est vrai qu’il parle de l’épître aux Hébreux comme traitant du Judaïsme en tant qu’ombre du christianisme, mais il est évident qu’il n’aurait pas pu écrire la question ci-dessus, s’il avait compris et apprécié correctement l’épître aux Hébreux. Cette épître est remplie d’enseignements précieux pour le chrétien, basés sur les détails du Tabernacle, utilisés soit comme ombre de la substance, soit par contraste. L’enseignement basé sur les ombres du Tabernacle vues à la lumière de la substance du Nouveau Testament, est extrêmement profitable pour la vie spirituelle.

Sir Robert Anderson, docteur en droit, racontait comment la découverte du sens spirituel de la loi cérémonielle juive le convainquit de la merveilleuse inspiration de l’Écriture, et fut une bénédiction inexprimable pour lui.

Quand on voit le Directeur Griffith-Jones balayer d’un revers de la main telle portion de la Parole de Dieu comme sans valeur pour la vie spirituelle, alors qu’elle est une des aides les plus précieuses de la Parole de Dieu, nous ne pouvons qu’exprimer notre conviction que sa critique de la Bible ne fait que manifester son ignorance de la Bible.

Au sujet de la libération des vues démodées sur la Bible, le même Professeur écrit :

 

« Le premier coup est venu de l’astronomie Copernicienne, qui a détrôné la terre de sa place centrale parmi les corps célestes ; le second coup est venu de la géologie qui a supplanté le schéma de Moïse de la création du monde en six jours, et a substitué à la semaine légendaire de Genèse 1 des ères de longueur inimaginable pour la formation de la croûte terrestre ; le troisième coup est venu de la théorie de l’évolution qui a comblé les immenses espaces et intervalles de temps laissés ainsi disponibles, et les a rempli par une perspective de développement de la vie selon une évolution encore loin du but ultime. L’émancipation est maintenant pratiquement terminée, mais malheureusement le triomphe de la science a affaibli pour le moment l’autorité de l’Écriture non seulement en tant que manuel d’astronomie ou de physique, mais même dans son propre domaine de source de connaissance religieuse et d’inspiration spirituelle » (Peake, p. 5).

 

Voilà bien un échantillon pétri d’incrédulité. Voilà un ministre chrétien qui refuse de croire en Genèse 1 comme récit de la création du monde et de l’homme, au motif qu’il serait en conflit avec les spéculations de la géologie et les théories de l’évolution. Reprenons ces trois points :

 

1. Où est-ce que la Bible contredit la vérité que le soleil, et non la terre, est le centre de notre système ? Comme cette terre est l’habitation de l’homme, il est naturel que soient donnés les détails des étapes de la création et de l’aménagement de la terre en vue du confort de l’homme, alors qu’il est dit peu de chose du soleil, de la lune et des étoiles.

Prenez le cas d’un jeune enfant dont l’intelligence est en train de s’ouvrir. C’est la terre qui va naturellement occuper son esprit ; bientôt, en grandissant, il va saisir la signification du soleil comme source bienfaisante de lumière et agent pour faire fructifier la moisson de la terre, et sans lequel la terre cesserait de pouvoir maintenir la vie, animale ou végétale.

Si la Bible enseignait que la terre était le centre de l’univers, comment se fait-il que des siècles avant Copernic, nous ayons eu des prophéties annonçant la venue du Fils de l’Homme comme devant avoir lieu simultanément en plein jour, de bon matin, et dans les ténèbres de la nuit, comme cela ressort des deux hommes aux champs, des deux femmes qui moulent ensemble, et des deux personnes dans un lit, au même instant (voir Luc 17:34-36) ? Ceci ne peut avoir lieu que parce que la terre tourne autour de son axe, avec une partie de la terre tournée vers le soleil et baignée de lumière, tandis que la partie opposée est enveloppée de ténèbres. Comment le Directeur Griffith-Jones explique-t-il cela ?

L’Allemand Strauss avait confiance que le système de Copernic avait porté le coup de grâce au christianisme. Or le christianisme a bien survécu, si tant est qu’on puisse parler de coup porté. Non, la théorie Copernicienne n’a pas porté de coup au christianisme, parce que la Bible et la théorie Copernicienne ne se contredisent pas l’un l’autre. La vraie science et la Bible ne divergent pas, parce que Dieu est l’auteur de tous les deux.

 

2. Le Directeur Griffith-Jones dit que la géologie a remplacé le schéma de Moïse de la création du monde en six jours. Mais la Bible n’a jamais dit qu’il a fallu six jours pour créer le monde. La création du monde est indiquée en Genèse 1:1. Il a pu y avoir des millions d’années entre Genèse 1:1 et le reste du chapitre, et les géologues peuvent bien demander tout le temps qu’ils veulent pour la formation des roches dans leur état actuel. Les six jours, qu’ils fussent littéralement des jours ou de longues périodes de temps, furent des périodes de re-construction.

Ésaïe 45:18 nous dit que Dieu ne créa pas la terre « pour être vide », alors que Genèse 1:2 nous dit que la terre était « désolation et vide », utilisant le même mot hébreu dans les deux cas. Ce n’est pas un enseignement nouveau : il a été donné avant la naissance tant du Directeur Griffith-Jones que de l’auteur du présent article. Le mot « créer » n’est pas utilisé en Genèse 1:16 pour le soleil et la lune, mais le mot fit, comme s’il s’agissait de façonner quelque chose à partir d’un matériau déjà existant, comme un menuisier qui fabrique une chaise. Il se sert du bois, mais le bois ne peut être appelé chaise tant qu’il n’a pas été façonné d’une certaine manière.

La création du soleil est probablement incluse au v. 1 de Genèse 1, et c’est au v. 16 qu’il reçut sa place comme centre de notre système.

Il y a des choses mystérieuses si on veut les expliquer, comme la disparition des mammouths, et d’autres animaux préhistoriques, qui n’ont pas laissé de descendants sur la terre. Ont-ils disparus entre Genèse 1:1 et 1:2 ? Nous le pensons. Et aussi, comment se fait-il que dans les régions arctiques des Territoires de la Baie d’Hudson il y ait des fossiles de fougères et palmiers géants, qui montrent que ces régions arctiques ont eu autrefois un climat plus tropical que tout ce que nous connaissons maintenant ? Ces choses devraient conduire les hommes à avoir quelque réserve et quelque prudence dans l’exposé de leurs théories, notamment en rapport avec la place de la création dans les ères précédant la création de l’homme.

On a dit qu’il est beaucoup plus facile de concilier Genèse 1 avec la géologie, que de concilier la première et la dernière édition de l’ouvrage de « Géologie » de Sir Charles Lyell.

 

3. Le troisième coup subi par le christianisme, selon le Directeur Griffith-Jones, est celui de l’évolution, qui contredit le récit de la création d’Adam en Genèse 1. Le Directeur Griffith-Jones a raison d’appeler l’évolution une théorie, car c’est une théorie non scientifique et non prouvée. Il n’y a pas qu’un chaînon manquant pour achever de prouver la théorie, mais des millions, et ils manquent TOUS. Il n’y a pas trace dans la nature de transmutation d’espèce, alors que la théorie repose là-dessus. La sélection naturelle, une autre partie indispensable à la théorie, n’est pas non plus appuyée par des preuves solides. L’homme par son habileté et son art, peut bien sélectionner et produire des variétés améliorées des espèces, comme les pigeons ayant des queues en éventail ou de grosses gorges, etc. ; mais si les oiseaux retournent ensuite à la nature, la sélection naturelle balayera toutes les différences en quelques générations, et les descendants de ces différentes espèces de pigeons retourneront à l’état commun banal.

Le Directeur Griffith-Jones parle de la Bible comme d’un manuel d’astronomie et de physique. Il n’en est rien. Elle enseigne ce qui est nécessaire pour l’homme. Elle ne contredit jamais la vraie science, mais elle apporte un défi à ce que l’apôtre Paul appelle avec un certain mépris « la connaissance faussement ainsi nommée » (1 Tim. 6:20).

Nous regrettons de ne pouvoir donner ici que ces quelque idées ou réponses si brèves, car la réponse approfondie anéantit la théorie ; mais la place manque pour de plus amples développements.

 

Sir William Ramsay, une autorité de compétence indiscutable, écrit :

 

« Le théologien Moderniste sait tout ce que je ne sais pas. Il n’hésite pas ; il fixe les limites du possible, et sait exactement ce qui est impossible … Il sait toutes choses, et est content et heureux dans son ignorance complète … Il croit dans ce qu’on appelle les lois de la Nature, et il estime qu’il sait.

Je suis bien tout prêt à croire aux lois de la Nature, mais je ne les connais pas. Que sont-elles, ces lois de la Nature ? De toutes les vérités que l’on m’a enseigné au collège il y a cinquante-cinq ans sur la nature de la lumière, de l’électricité, de la chaleur, et des sons, il ne reste rien qu’un scientifique expose aujourd’hui à ses élèves sans se faire tourner en ridicule comme un ignorant prétentieux, répétant un boniment périmé enseigné dans l’antiquité. Le Moderniste n’est rien d’autre qu’un survivant d’un passé révolu ».

 

Ce sont des paroles méprisantes, mais leur aiguillon tient à ce qu’elles sont VRAIES.

 

Une preuve de l’inspiration est, que tandis que les théories de la science changent aussi souvent que la mode de l’habillement, la Bible reste la même, corroborée et non contredite par tous les faits authentiques, qu’il faut bien distinguer des hypothèses ou théories que la pseudo-science a à nous offrir.

La Bible est le seul livre qui a subsisté à l’épreuve de nombreux siècles. Quel livre aussi ancien conserve un intérêt autre qu’académique ? On n’imprime pas l’Iliade d’Homère ni l’histoire de la Guerre des Gaules de César à des millions d’exemplaires ; on n’a jamais entendu quelqu’un dire que l’Iliade l’a sauvé du péché et a fait de lui un homme nouveau. La poésie de Shakespeare ne remplit pas de lumière un lit de mort, comme la Bible le fait pour le croyant mourant. Ce fut la Bible que la Reine Victoria mit dans les mains d’un chef indigène comme le secret de la grandeur Britannique.

 

Nous nous tournons maintenant vers un autre extrait. Le Professeur Addis écrit :

 

« Nous avions entrepris de prouver qu’aucun psaume n’est de David avec certitude, ou même avec quelque probabilité. Nous sommes en réalité allés plus loin. Le psautier, dans son ensemble, appartient vraisemblablement au second temple, et même à l’histoire tardive de ce temple » (Peake, p. 368).

 

Le préjugé marquant cet extrait étonnant est évident. Il parle de « certitude » ou de « probabilité » alors qu’il nie ce que la Parole de Dieu affirme, et ensuite il utilise l’adverbe « vraisemblablement » pour affirmer une pure supposition.

Le révérend professeur aurait dû se rendre compte de la gravité de ses propos.

L’apôtre Pierre attribue le Psaume 16 à David, et montre que l’auteur royal, agissant en prophète, a prédit la résurrection de Christ Lui-même. Mais le Professeur n’en fait aucun cas, attribuant l’expérience décrite à un auteur inconnu du temps d’Esdras ou postérieur. Il prétend en savoir plus que l’apôtre Pierre.

L’apôtre Paul attribue le Psaume 32 à David (Romains 4:6-8). Mais le Professeur Addis estimait être mieux informé.

L’auteur de l’épître aux Hébreux attribue le Psaume 95 à David (Hébreux 3:7).

Ainsi le Professeur Addis voudrait nous faire croire qu’il en sait plus que les apôtres Pierre et Paul, et que toute la nation Juive, ses grands sacrificateurs et ses chefs.

Et finalement, le Seigneur Lui-même attribua le Psaume 110 à David, affirmant son inspiration en disant : « Car David lui-même a dit par L’ESPRIT SAINT » (Marc 12:36). Dans les évangiles de Matthieu, Marc, et Luc, et dans les Actes des Apôtres, nous avons l’affirmation que David a écrit ce Psaume. Que Dieu pardonne le blasphème désinvolte du commentaire de Peake qui ose attribuer un mensonge directement au Fils de Dieu tout en jetant le doute sur l’inspiration de la Parole de Dieu.

 

Au sujet du verset Ésaïe 7:14: « C’est pourquoi le Seigneur, lui, vous donnera un signe : Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel », le Professeur Peake écrit :

 

« Ce verset … ne fait pas référence à la naissance de Jésus qui a eu lieu plus de 700 ans après. Ésaïe ne visait aucune femme en particulier. Toute jeune femme qui donnait rapidement naissance à un fils pouvait l’appeler Emmanuel, et par cette expression de foi que Dieu était avec Son peuple, elle blâmait l’incrédulité du roi … Le nom Emmanuel signifie « Dieu est avec nous », et non pas « Dieu avec nous » ; ce nom ne contient pas de référence à une Incarnation de Dieu » (Peake, p. 442).

 

L’audace de l’extrait ci-dessus est choquante. Matthieu ne nous parle-t-il pas de la manière dont Christ est né :

 

« Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que LE SEIGNEUR a dit par le prophète, disant : ‘Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel’, ce qui, interprété, est : Dieu avec nous » (Matthieu 1:22-23).

 

Le Professeur Peake devait connaître ce passage, et pourtant il n’a aucun scrupule à l’ignorer, sauf s’il veut montrer que Matthieu s’est trompé. Matthieu nous dit clairement qu’Ésaïe 7:14 se réfère au Seigneur. Le Professeur Peake dit que non. La question est claire.

De plus, le Professeur Peake nie que « vierge » signifie vierge, mais il affirme que ce mot signifie une jeune femme en âge d’être mariée, sans même qu’il y ait suggestion qu’elle n’est pas mariée.

Pourtant le récit de Matthieu exprime clairement que Marie était une vierge ; il dit les choses très pudiquement, mais très explicitement.

Les coïncidences dans l’Écriture sont un argument fort en faveur de son inspiration. Pourquoi Moïse rapporte-t-il la prophétie que la semence de la FEMME devrait briser la tête du serpent ? Pourquoi ne parle-t-il pas de la semence de l’homme ? Selon l’ordre de Dieu, la procréation se fait par la semence de l’homme, sans quoi il n’y a pas de procréation. Pourquoi alors Moïse parle-t-il de la semence de la femme, s’il n’était pas inspiré pour noter les mots exacts de Dieu, alors que ceux-ci donnaient la première indication de la naissance virginale. Moïse, Ésaïe, et Matthieu, se rejoignent là-dessus, comme dit la vieille maxime « sans collusion ni collision ».

Beaucoup de Modernistes minimisent la nécessité de la naissance virginale, ou bien la nient entièrement. La tendance est de rabaisser le caractère humain de Jésus, qui était unique, au niveau de celui de l’humanité général, d’où le désir d’affaiblir ou de nier la vérité de la naissance virginale.

Il y a quatre manières différentes par lesquelles les êtres humains sont venus au monde :

 

·               Adam, sans l’intervention ni d’homme ni de femme,

·               Ève, par un homme, sans une femme,

·               Le Seigneur Jésus, par une femme, sans homme,

·               L’humanité en général, par un homme et une femme.

 

Ceux qui rejettent la naissance virginale sont souvent des Évolutionnistes, et ils refusent le récit Biblique de la création d’Adam et Ève. Le Modernisme et l’Évolutionnisme avancent main dans la main ; les deux sont fondés sur des conjectures et des suppositions. Si l’on ne croit pas à une partie de la Parole de Dieu, la confiance dans cette Parole en son entier est renversée.

Un docteur incroyant discutait de la naissance virginale avec un docteur chrétien, connu de l’auteur. Le premier dit « Je ne comprends pas la naissance virginale ». Il lui fut répondu : « Comprends-tu ta propre naissance ? », et l’incroyant fut obligé de reconnaître que l’une était autant mystérieuse que l’autre.

Introduisez Dieu, et tout devient simple et compréhensible. En choisissant que Christ naîtrait d’une vierge, Dieu voulait attirer l’attention sur ce qu’Il avait d’unique. Il n’a jamais fait partie et ne pouvait pas faire partie de l’humanité déchue, comme tous ceux de la race d’Adam. Si la naissance de Jésus a été générée par « la puissance du Très-haut » couvrant de son ombre celle qui fut Sa mère selon la chair, on ne s’étonne pas de la conclusion divine donnée par ces mots de l’Écriture : « C’EST POURQUOI aussi la SAINTE chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu » (Luc 1:35).

 

Considérons maintenant une autre citation. Dans l’une de ses phrases, Canon Streeter non seulement nie l’inspiration littérale, mais réduit l’inspiration à presque rien. Lisez cet échantillon de pure effronterie :

 

« Les étudiants de l’Ancien Testament se rappelleront tout de suite l’évidence qui fait voir que tous les livres historiques de l’Ancien Testament ont été assemblés par la méthode du « ciseau et de la colle » [copier-coller] par des compilateurs travaillant sur des documents antérieurs » (Peake, p. 673).

 

Y a-t-il jamais eu un seul livre au monde dans l’antiquité qui a été assemblé de cette manière ? L’extrait suivant de la plume du Rév. Dr F. R. Montgomery Hitchcock montre à quel degré de folie ces critiques sont arrivés. Il dit :

 

« Une règle de logique, connue comme « la loi de sobriété », interdit la multiplication capricieuse de principes ou de choses pour complaire aux vues de quelqu’un. Quand nous avons commencé à étudier la Haute Critique du Pentateuque, nous avions seulement J et E et P et D [lettres désignant quatre documents à partir desquels le Pentateuque aurait été compilé selon les dires des critiques] ; nous avons maintenant J1 J2 J3, E1 E2 E3, P1 P2 P3, D1 D2 D3, R1 R2 R3, etc. (*). En fait, on peut en rajouter autant qu’on veut, parce que la critique fait constamment appel à de nouvelles sources … Cette nébuleuse est devenue maintenant le fond de commerce de l’école critique, et on peut se demander s’il n’implique pas un miracle plus grand que celui de la théorie ordinaire qui fait intervenir Moïse » (Quand un critique rencontre un autre critique, p. 15).

 

(*) [Note de l’auteur] : à quoi on peut maintenant ajouter Q1 Q2 Q3 pour le Nouveau Testament.

 

À première vue, l’extrait ci-dessus a un air de formule algébrique, mais c’est ainsi que les Modernistes, sapant la confiance en la Parole de Dieu, désignent leurs auteurs et éditeurs imaginaires. N’est-on pas devant une masse de suppositions gratuites conduisant à saper entièrement toute confiance dans les Écritures ?

Hélas ! un évêque catholique avait raison de lever sa Bible en disant : « Voici la Parole de Dieu en dépit de ce que disent les protestants ». L’érudit jésuite, le Rév. Jones, I. J. Corrigan disait récemment devant un auditoire de 1000 personnes, catholiques et non-catholiques :

 

« Le Modernisme est du Bolchévisme dans la vie religieuse, tout comme le Communisme est du Bolchévisme dans la vie privée … Le mouvement Moderniste est condamné à l’échec parce qu’il a attaqué les bases rationnelles du christianisme — qui est invincible … Le Modernisme est trop malhonnête pour gagner des esprits impartiaux. Son érudition est superficielle, sa philosophie fausse ; historiquement il est inexact, et scientifiquement il pèche par la base. En religion, il est anti-Christ » (Extrait de « Notre espérance », vol. 30, No. 11).

 

Tournons-nous maintenant vers ce que dit le commentaire de Peake sur le Nouveau Testament. Le Directeur Griffith-Jones écrit :

 

« Il n’est plus possible d’insister sur l’exactitude littérale des récits de l’évangile ; mais concernant le Fait derrière les récits — la personnalité authentique de Jésus Christ — il y a un témoignage concordant et fort » (Peake, p. 15).

 

Mr. H. G. Wood, écrit :

 

« Nous avons des doutes à l’égard du récit du statère dans la bouche du poisson (Matthieu 17:27), parce qu’il ne repose que sur le seul témoignage du premier évangile, et que la circonstance occasionnant ce miracle est triviale, et que la base du récit est un thème folklorique. L’étrange silence des évangiles synoptiques peut faire hésiter à accepter la résurrection de Lazare (Jean 11) comme un fait historique » (Peake, p. 663).

 

On est remplit d’indignation d’avoir à citer pareille sottise. Penser que la seule raison, pour Mr Wood, de suspecter l’histoire du statère tiré de la bouche du poisson et de l’argent de l’impôt est que seul Matthieu rapporte cette histoire ! et une raison du même ordre le fait hésiter à accepter la résurrection de Lazare ! Que penserait la femme de Mr Wood, s’il en a une, si elle lui racontait des nouvelles, et qu’il réponde : « Ma chère, je n’ai entendu cela que de ta bouche, je suppose donc que ce n’est pas vrai ». Cela ne revient-il pas à dire qu’elle est tellement menteuse que tout ce qu’elle dit, si ce n’est pas confirmé par autrui, est vraisemblablement faux ?

Le miracle du statère n’était pas une circonstance banale de paiement d’impôt. C’était justement un de ces incidents extraordinaires assurant la foi que Jésus était bien le Christ. Le Psaume 8 ne prophétisait-il pas que le Fils de l’Homme dominerait sur « les poissons de la mer » et n’était-ce pas une preuve qu’Il était bien le Fils de l’Homme ?

Quant à la résurrection de Lazare, il est certain que Jean n’aurait pas osé écrire une histoire telle que la résurrection de Lazare, si elle n’avait jamais eu lieu, car étant familier avec le contenu des évangiles synoptiques, et ayant écrit son évangile longtemps après que l’église chrétienne se fût elle-même familiarisée avec les évangiles, il savait certainement qu’il était le seul des évangélistes à la rapporter. Jean qui a écrit de si profondes vérités sur la Personne du Seigneur, Ses paroles, Ses actes, Sa mort et Sa résurrection, — est-il possible qu’il se soit abaissé à un mensonge aussi colossal, ou plutôt aussi stupide, car si l’histoire n’avait pas été vraie, Jean aurait été qualifié non seulement de menteur, mais de menteur extraordinairement stupide ? Aurait-il mis en péril son caractère d’enseignant et d’apôtre par une mésaventure aussi folle ? Toutes les circonstances de l’affaire montrent le contraire.

Ce que Mr Wood appelle «  l’étrange silence des évangiles synoptiques » au sujet de la résurrection de Lazare est, à notre avis, une preuve forte de l’inspiration — un cas de « preuve tirée des circonstances », si convaincante pour l’esprit juriste. Si les synoptiques n’avaient pas été inspirés, ils se seraient certainement emparés de ce miracle comme leur fournissant un gage d’authenticité. Ils n’auraient pas manqué un incident aussi considérable dans la vie de notre Seigneur. Mais la réserve de l’inspiration est aussi merveilleuse que sa retenue, et elle n’a pas sa pareille dans la littérature du monde.

De plus, la résurrection de Lazare est une sorte de gage de la résurrection de tous les saints. Si le Seigneur va vider les tombes de tous les Siens à Sa seconde venue, est-il étonnant qu’Il nous ait donné cet échantillon de Sa puissance au cours de Sa vie ici-bas ? N’est-ce pas très assez convaincant ? La résurrection de Lazare n’a-t-elle pas été donnée à titre d’échantillon de ce qui se passera à grande échelle à la venue de Christ ? N’était-ce pas l’annonce de Sa propre résurrection ? Si Il était « la Résurrection et la Vie », allait-Il rester dans le tombeau ? Non, Il prophétisa sur Sa propre résurrection et en donna un signe. N’est-ce pas pour fortifier notre foi ? Seule Sa propre résurrection dépasse ce miracle en importance : tout ce qui se réfère à Christ Lui-même est unique et se maintient tout seul.

La critique ne se retient pas non plus de porter atteinte de ses mains grossières au caractère du Seigneur Jésus Lui-même.

Le directeur Griffith-Jones dit du Seigneur Jésus :

 

« Il était quelqu’un dont la connaissance était faible, voire nulle en matière de philosophie Grecque, de loi Romaine, et surtout par rapport à l’énorme accumulation de connaissances amassée et systématisée après lui » (Peake, p. 8)

 

Vu que « toutes choses furent faites par Lui, et sans Lui, pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait » (Jean 1:3 ; [le texte Biblique dit « elle » par référence à « la Parole » qui est un titre de Christ]), il s’ensuit que le Seigneur connaissait certainement toutes les lois et phénomènes de la nature, y compris ce qui a trait aux pensées et à l’esprit, étant donné que Sa sagesse et Sa puissance les avaient amenées à l’existence. L’homme a travaillé lentement et laborieusement pour prendre connaissance de ce qui existait en tant qu’œuvre de Ses mains de tout temps. « C’est la gloire de Dieu est de cacher une chose » (Proverbes 25:2)

 

*                      *                      *                      *                      *

 

Le directeur Griffith-Jones dit encore :

 

« Nous ne pouvons pas revendiquer Son infaillibilité sur les questions d’histoire, ou d’identité des auteurs de l’Ancien Testament, sur les problèmes scientifiques. Dans ces domaines on doit considérer franchement qu’Il a suivi les notions courantes de Son époque » (Peake, p. 8).

 

Voilà comment écrit ce révérend, et le genre d’enseignements qu’il donne à ses étudiants en théologie, favorisant ainsi l’apostasie prédite par l’Écriture.

De manière semblable Mr H. G. Wood dit :

 

« Ésaïe 53 a probablement soutenu Sa [celle du Seigneur] conviction que Sa mort serait une rançon pour plusieurs » (Peake, p. 661).

 

Si cela a quelque sens, cela signifie que le Fils de Dieu ne savait pas ce qu’Il était venu faire dans le monde. Nous n’aurions pas de Christ, si cette déclaration était juste.

Mr Wood dit encore :

 

« Au baptême [de Christ], il Lui fut révélé qu’Il était Celui qui devait venir, dont Jean avait parlé, Il était destiné à être le Christ » (Peake, p. 662).

 

Peut-on trouver pire discours, que de dire que notre précieux Seigneur ne savait pas qui Il était ni quelle était Sa destinée ? Y a-t-il pire insulte ?

C’est avec répugnance que nous rapportons ces propos si déshonorant pour notre précieux Seigneur. Nous ne pouvons que les qualifier d’horribles et blasphématoires, et pétris d’incrédulité.

Si le Seigneur était aussi ignorant que le directeur Griffith-Jones le dit, comment a-t-Il pu prophétisé la destruction de Jérusalem et la dispersion des Juifs, et leur assujettissement universel aux Gentils, quarante ans avant l’événement, ce dernier point de Sa prophétie s’étant poursuivi tout au long des siècles, jusqu’à maintenant ? Car le problème de la survie des Juifs, jamais détruits par la persécution, ni disparus au sein des nations où ils séjournent, est une énigme insoluble, sauf à se référer à une puissance divine.

Si Christ était ignorant, comment expliquer de telles choses ? Bien sûr ce n’était pas Sa mission d’enseigner la science ni les arts ni l’histoire, mais Il enseigna juste ce qui était nécessaire pour que Dieu puisse se révéler Lui-même en Christ pour la bénédiction de l’homme.

Si un chirurgien écrit un article sur la chirurgie sans rien mentionner sur l’astronomie, faut-il supposer, selon les méthodes des Modernistes, qu’il ne connaît rien à l’astronomie ? Ou, s’il mentionne un seul fait d’astronomie, n’est-ce pas une supposition correcte de penser qu’il en connaît bien plus que ce seul fait ? Est-ce raisonnable de penser que sa connaissance est limitée à un seul fait, et qu’après en avoir fait état, il a épuisé ses connaissances du sujet ? Or les critiques de Christ ne Le traitent pas avec l’équité qu’ils accorderaient à un homme ordinaire.

Comment se fait-il que le Seigneur savait que la femme Samaritaine avait eu cinq maris, et qu’elle vivait alors dans le péché, sans l’avoir pourtant jamais vue auparavant ? Il ne faut pas s’étonner qu’elle réponde « Seigneur, je vois que tu es un prophète » (Jean 4:19), et quand elle se mit à parler de la venue du Messie, qui devrait faire connaître toutes choses, et qu’Il lui répondit à son grand étonnement qu’Il était effectivement le Messie, bien que présent en humiliation et non pas en gloire, elle Le crut, disant aux hommes de la ville :

 

« Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; celui-ci n’est-il point le Christ [Messie] ? » (Jean 4:29).

 

Non, quand on lit les quatre évangiles, on est émerveillé autant par leur concision que par leur richesse, autant par ce qu’ils ne disent pas que par ce qu’ils disent, autant par leur retenue et leur sobriété remarquables que par la perfection de l’expression et du caractère vivant des portraits des personnes vivantes. On ne peut alors que dire, en communion avec les apôtres,

 

« Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne te fasse des demandes ; à cause de cela, nous croyons que tu es venu de Dieu » (Jean 16:30).

 

Mr H. G. Wood dit :

 

« Du point de vue des historiens, l’importance donnée au fait de chasser les démons est normale dans une tradition populaire authentique, et dans un mouvement religieux qui recrutait peu de riches, peu de sages, peu de nobles. Mais pour la foi cela pose la question des limites de la connaissance de Jésus. Si croire aux démons est purement illusoire — une hypothèse moderne rarement mise en doute, bien qu’il y ait certainement lieu de le faire — alors Jésus fut entraîné dans une erreur populaire. Si cette croyance n’est que partiellement erronée — or il n’est guère douteux qu’il s’agissait et qu’il s’agit en partie d’une superstition — alors les récits dont nous disposons ne nous laissent pas supposer que Jésus Lui-même ait jamais rien dit pour corriger les éléments erronés d’une croyance qu’Il partageait avec les gens du commun. La même question de principe se pose en rapport avec l’acceptation inconditionnelle par notre Seigneur des traditions juives concernant les auteurs des écrits de l’Ancien Testament, et le caractère de ces auteurs » (Peake, p. 663).

 

Mr H. G. Wood n’hésite pas à affirmer que le précieux Seigneur Jésus avait tort de croire à la démonologie, et qu’Il fut trompé par une croyance populaire qui lui fit accepter une théorie fausse. Les quatre évangiles disent tant de choses à propos des mauvais esprits, et on y voit si souvent le Seigneur en chasser, que si Mr H. G. Wood avait raison, il serait plus sage que le Seigneur, et aussi plus sage que les quatre évangélistes. Or les quatre évangélistes avaient en tout cas l’avantage d’être des témoins oculaires, ou de connaître ceux qui l’avaient été, aussi pensons-nous qu’ils étaient en meilleure position que Mr H. G. Wood pour savoir la vérité.

Certains pensent que la démonologie n’était qu’une manière particulière de décrire les lunatiques, mais Matthieu 4:24 fait la distinction entre les maladies, les tourments, les possessions démoniaques, les lunatiques et les paralytiques. On aurait pu penser que le Spiritualisme Moderne était une preuve de la vérité de la possession démoniaque. Le médium qui gagne de l’argent en entrant en transe, est très clairement possédé et contrôlé par un esprit autre que le sien et, à en juger par les résultats, il s’agit d’un esprit mauvais.

Si ce que suggère ce commentaire de Peake était vrai, que le Seigneur avait des limitations, qu’Il pouvait tomber dans de sérieuses erreurs, ou pouvait s’abaisser à tromper les gens en soutenant leurs erreurs alors qu’Il en savait toujours plus qu’eux, — on peut alors dire : nous avons perdu notre Seigneur et Maître ; et cela nous fait sympathiser avec Marie de Magdala et reprendre à notre compte ses paroles de douleurs poignante :

 

« on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis » (Jean 20:13).

 

Le christianisme, s’il est vrai, se doit d’avoir une Personne infaillible et un Livre infaillible ; or nous avons les deux en Christ et dans les Écritures, Dieu soit béni.

Cette question se rattache à la théorie de la Kenosis [ou : anéantissement], prônée parmi les Modernistes, basée sur une perversion de Philippiens 2:5-7 :

 

« le christ Jésus, lequel, étant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Philippiens 2:5-7).

 

Le verbe grec pour « anéanti » est Kenoō dans l’original, d’où le nom de théorie de la Kenosis.

Les Modernistes n’hésitent pas à dire que Christ, en devenant Homme, S’est limité au point de se dépouiller de Son omniscience et de Son omnipotence (qualités de la déité), en sorte qu’Il pouvait être dans l’erreur, avoir une connaissance insuffisante des choses, être en perplexité et dans le doute, etc.

 

Le Dr F. W. Adeney dit de la théorie Kenosis :

 

« Ceci semble signifier que certaines qualités divines furent abandonnées, et qu’une certaine limitation humaine a été acceptée quand Christ a été vu sous l’apparence d’un homme » (Peake, p. 873).

 

C’est plutôt vague. Et il est impossible de comprendre comment le Seigneur Jésus en tant que Dieu le Fils, égal au Père, a pu se dépouiller de qualités divines, tout en restant Dieu le Fils. Comme Personne divine « qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement » (Rom. 9:5), Il a toujours été, et sera toujours Dieu. Il s’est anéanti [vidé] Lui-même, prenant « la forme d’esclave », selon ce que déclare Philippiens 2:6-7. En revêtant Lui-même « la forme d’esclave », Il n’a jamais cessé d’être ce qu’Il a toujours été : Dieu. Tordre le passage pour lui faire dire qu’Il s’est vidé Lui-même de la Déité et des attributs de la Déité est simplement une perversion de l’Écriture pour soutenir un mensonge « critique ». Qu’Il se soit anéanti [vidé] Lui-même, nous comprenons par là qu’Il a voilé la gloire visible de Dieu qui demeure dans une lumière inaccessible, et qu’Il a revêtu Lui-même volontairement l’humanité, et qu’il s’est assujetti à la volonté du Père, et qu’Il a vécu cette vie de parfait dévouement au Père dans ce monde. Il brillait pourtant constamment au dehors de ce qui révélait Sa gloire divine, et Il était constamment en communion avec Son Père, de sorte que les apôtres pouvaient dire :

 

« Et la Parole devint chair, et habita au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine de grâce et de vérité ; » (Jean 1:14).

 

Et plus tard Thomas, l’apôtre, quand il Le vit après Sa résurrection, s’exclama en disant :

 

« Mon Seigneur et mon DIEU ! » (Jean 20:28).

 

La théorie de la Kenosis voudrait réduire à néant la vérité quant à la Personne du Seigneur. Le mystère de Sa Personne ne peut jamais être compris par l’homme. « Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père » (Matthieu 11:27) : cette déclaration établit une barrière infranchissable, que nous ne pourrons jamais traverser ; cependant, combien sont satisfaisantes pour la foi ces affirmations de l’Écriture que Jésus est vraiment Dieu et vraiment homme, tout en étant une seule Personne. Comment une créature pourrait-elle être cela ?

Lord Byron, aussi dissolu et misérable qu’il fût, avait assez de sens pour dire :

 

« Si jamais il y eut un homme qui fut Dieu, ou un Dieu qui fût homme, c’est Jésus Christ qui fut tous les deux ».

 

Encore un seul extrait et cela suffira pour notre propos. Les Modernistes se sont jetés sur le Livre de l’Apocalypse, le seul livre de la Bible pour lequel une bénédiction est promise à celui qui le lit, à celui qui entend ses paroles, et qui garde les choses qui y sont écrites.

 

Cependant voici ce qu’écrit le Professeur H. T. Andrews :

 

« Le Livre de l’Apocalypse a raison de supposer que Dieu doit venir sauver Son peuple ; il se trompe seulement quand il essaie de décrire la manière dont cette délivrance doit arriver. Ses images atroces du déversement de la colère de Dieu ne se sont pas réalisées, mais Sa promesse de secours Divin et d’aide divine à l’Église persécutée s’est abondamment accomplie » (Peake, p. 926).

 

« A raison de supposer » est une expression étrange quand on l’applique à la Parole de Dieu. « Supposer » implique que la connaissance n’est pas complète. Ces propos du Professeur Andrews supposent une doctrine Biblique bien connue, affirmée de manière si constante dans l’Écriture qu’il est inutile de la supposer, et puis il met de côté le livre en entier au motif qu’il contiendrait des images qui ne se sont jamais réalisées. L’extrait ci-dessus est une mise au rebut méprisante de toute l’Apocalypse, comme contenant une supposition fausse dans son exécution.

 

Nos citations n’ont pas été nombreuses, mais elles suffisent à montrer l’incrédulité mortelle du Modernisme, même dans une forme modérée comme celle du commentaire de Peake. D’autres Modernistes en sont à nier la déité de Christ, refuser la naissance virginale, nier le caractère expiatoire de Sa mort, et même la réalité de Sa résurrection.

 

Et quand nous nous tournons vers le témoignage des fouilles archéologiques, chaque découverte ne fait que renforcer la confiance du chrétien en la véracité et l’exactitude de l’Écriture. Il est surprenant de lire une affirmation comme la suivante sous la plume du Professeur Peake :

 

« Il est opportun de souligner que les fouilles archéologiques n’ont rien donné jusqu’ici qui puisse réhabiliter aucune des histoires dont une sobre critique a pu douter, ou donner aux patriarches un cadre défini dans l’histoire de leur époque. Le cas crucial ici est celui l’expédition de Kedor-Laomer » (Genèse 15) (Peake, p. 134).

 

Il entre plus loin dans des détails, cherchant à prouver que les découvertes archéologiques qui jettent de la lumière sur l’époque de Kedor-Laomer ne modifient pas les conclusions des critiques. Or ces découvertes ont au moins permis d’identifier Hammurabi comme étant Amraphel, roi de Shinhar, mentionné dans l’expédition, et elles ont donné le nom d’autres rois de ce chapitre 14 de la Genèse. Il est extraordinaire de voir que ces récits anciens, déterrés après tant de siècles, sont reçus et pris en compte sans qu’on soulève la moindre question sur leur valeur, tandis que l’on remet en question chaque détail de la Bible en y jetant le doute dessus.

L’extrait donné ci-dessus, erroné à un degré sans espoir, affirme que « les investigations archéologiques actuelles n’ont rien donné jusqu’ici qui puisse réhabiliter aucune des histoires dont une sobre critique a pu douter ».

Or il y a seulement quelques années, « la sobre critique » a soutenu que Moïse ne pouvait avoir écrit le Pentateuque, parce que l’écriture n’existait pas encore de son temps, au dire des critiques. Cette opinion aurait probablement été maintenue jusqu’à aujourd’hui si les découvertes archéologiques n’avaient prouvé le contraire.

Mais les découvertes archéologiques ont prouvé que l’écriture était pratiquée couramment quatre siècles avant Moïse. Le Professeur Orr écrivait :

 

« Il serait difficile d’exagérer l’éclat et l’importance des découvertes merveilleuses faites à Babylone. Le point qui nous concerne principalement est la lumière extraordinaire jetée sur le haut niveau de culture de la Babylone primitive. Longtemps avant l’époque d’Abraham, nous nous trouvons au milieu de cités, d’arts, de lettres, de livres, de bibliothèques : et l’époque d’Abraham lui-même — celle d’Hammurabi — a été l’apogée de cette civilisation. Au lieu qu’Israël soit un peuple émergeant de l’aube du barbarisme, nous trouvons à la lumière de ces découvertes que c’était un peuple qui, de son propre point de vue, avait été atteint par les limites du monde … Je lis parfois avec surprise l’affirmation que la découverte de Babylone n’a guère contribué, voire pas du tout, à confirmer ces parties anciennes de la Genèse » (The Fundamentals, vol. 6, p. 90).

 

Le Professeur Sayce qui dû abandonner le point de vue critique à la lumière du témoignage archéologique, écrivait :

 

« La Babylone à l’époque d’Abraham était un pays d’une éducation plus élevée que l’Angleterre de George III … D’un bout à l’autre de l’ancien monde civilisé, les hommes et les femmes lisaient et écrivaient et correspondaient entre eux ; les écoles abondaient et il y avait de grandes bibliothèques, — tout cela à une époque que la « critique » déclarait dogmatiquement, il y a seulement quelques années, presque complètement illettrée » (Monument Facts and Higher Critical Fancies, p. 35, 42).

 

Et pourtant la « sobre critique » affirmait que Moïse ne pouvait pas avoir écrit le Pentateuque. Certainement la truelle de l’archéologue avait retourné plus que la terre.

 

Encore une autre affaire : la « sobre critique » déclara qu’un code de lois n’était pas possible avant la période des rois de Juda ; or les tablettes de Tel-el-Amarna prouvèrent l’existence de l’écriture à une époque où la « sobre critique », avec sa connaissance imparfaite, sautait directement à la conclusion pour affirmer que l’écriture n’existait pas ; de la même manière et à la même époque, la découverte de la stèle d’Hammurabi révéla l’existence d’un code de lois bien avant les rois de Juda. Les tablettes de Tel-el-Amarna datent d’environ un siècle avant l’Exode, selon Urquhart. La stèle d’Hammurabi fut trouvée à Suse en Perse.

 

Encore une autre affaire : la « sobre critique » nia l’existence de la nation Hittite (ou : Héthiens), et se moqua de l’idée que sa puissance puisse avoir été l’égale de celle de la grande nation égyptienne, comme la Bible le dit. Pendant longtemps il n’exista aucune mention de l’empire Hittite dans l’histoire, si ce n’est dans la Bible. Ce n’était pas risqué de contredire la Bible.

Mais les fouilles ont renversé tout cela, et il fut démontré que l’ignorance était du côté de la « sobre critique » et non pas du côté de la Bible. Les hiéroglyphes d’Égypte et les inscriptions cunéiformes ont mis en lumière cet empire perdu. Son territoire s’étendait de la mer Égée à l’ouest, jusqu’au lac Van à l’est. Sa capitale était Carkemish, et cet empire s’est révélé être un ennemi implacable et redoutable de l’Égypte.

On peut ajouter beaucoup d’autres preuves pour démontrer la fausseté de l’affirmation du professeur Peake. De plus, chaque fois que l’archéologie a jeté de la lumière sur un point controversé de la Bible, elle a toujours prouvé, SANS UNE SEULE EXCEPTION, que la Bible avait raison et la critique tort. Et cependant le professeur Peake parle de « sobre critique ». Nous devrions la qualifier tout autrement.

Le Professeur Sayce dit :

 

« En nous occupant de l’histoire passée, nous sommes confrontés à deux méthodes diamétralement opposées, l’une objective, l’autre subjective, l’une reposant sur la base de faits établis, l’autre sur les hypothèses non étayées et non étayables d’érudits modernes. La première de ces méthodes est l’archéologie, l’autre la soi-disante « Haute Critique ». Entre les deux, l’esprit formé scientifiquement ne peut hésiter à choisir » (Monument Facts and Higher Critical Fancies, p. 17, 18).

 

Mademoiselle A. M. Hodgkin dit : —

 

« Le révérend James Neil, chapelain de l’évêque Gobat, le premier évêque de Jérusalem, était dans cette ville au commencement de la Société d’Exploration de la Palestine, quand un groupe de jeunes gens, sous les ordres du Lieutenant Conder, commença l’exploration. Charles Terry Drake, un descendant de l’Amiral Drake, faisait fonction d’interprète. À l’époque, il était sceptique à l’égard du christianisme, mais il s’exclama devant Mr Neil : « c’est merveilleux : nous sommes ici en train de tester la Bible comme elle ne l’a encore jamais été. Souvent nous pensons qu’elle a tort ; mais il suffit de s’arrêter trois semaines dans un endroit, pour être sûr, dans tous les cas, de confirmer l’exactitude de la Bible dans les détails ».

 

Ceci dura environ trois ans, puis Drake mourut à son poste, laissant un témoignage clair de sa foi en Christ et de sa confiance dans la Parole de Dieu.

 

Nous terminons avec un dernier exemple. Sir William Ramsay fut sevré de la Haute Critique par les faits découverts au cours des fouilles archéologiques. Écrivant sur le recensement décrit en Luc 2:1-3, il dit :

 

« Il y a quatre déclarations sur ce qu’a fait le Gouvernement Romain Impérial, que les critiques du Nouveau Testament disent être non crédibles et faux » (The bearing of recent discovery on the trustworthiness of the New Testament, p. 97).

 

Les quatre contre-affirmations formulées par les critiques étaient les suivantes:

·               Un tel recensement n’a jamais eu lieu,

·               S’il avait eu lieu, il ne se serait pas étendu à la Palestine

·               Il n’aurait pas été nécessaire pour Joseph, et encore bien moins pour Marie, de retourner à leur propre ville de Bethléem,

·               Cyrénius ne fut pas gouverneur de Syrie pendant le règne d’Hérode.

 

Sir William Ramsay dit : —

 

« Les découvertes confirment l’exactitude de tous les faits que Luc mentionne à propos du recensement, de son déroulement et de ses dates … Il nous donne un tableau très frappant d’un échantillon splendide du travail du gouvernement. L’homme qui ne peut voir la splendeur de ce passage doit être aveugle à l’esprit de l’histoire. Le puissant empereur Auguste, et Marie avec son jeune enfant, sont placés l’un en face de l’autre » (ibid. p. 235, 248 et 306).

 

Il est sûr que le Moderniste a toutes les raisons pour lâcher son assurance et pour cesser ses spéculations.

 

 

4                        Chapitre 4 — Le Modernisme : Ses Résultats

Le Modernisme n’est que de l’incrédulité sous un nouvel habit, s’avançant d’un air amical comme pour aider une chrétienté épuisée à redorer son blason, mais ses affinités ouvertement déclarées sont aussi mauvaises — nous le disons sciemment et volontairement — que le baiser de Judas, un baiser perfide, corrompu, hypocrite, le pire cas de traîtrise que ce monde ait jamais vu.

Judas a trahi la Parole vivante, le Christ de Dieu ; le Modernisme a trahi la Parole écrite, les Saintes Écritures, sans lesquelles nous ne pouvons connaître la Parole vivante.

Il a sapé la vie spirituelle de l’église de Dieu, et il a détruit l’effort d’évangélisation ; il a ôté la vigueur des vies chrétiennes ; il a augmenté le flot de mondanité qui inonde la profession chrétienne de toute part.

Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait de moins en moins de monde dans les églises et les chapelles, ni que pour attirer les masses on adopte des méthodes mondaines qui rivalisent avec le théâtre, le cinéma et les spectacles de variété. Les avis affichés aujourd’hui aux panneaux d’information des églises choqueraient nos grands-pères au-delà de toute mesure. Jeux de cartes, spectacles dramatiques, danses, etc., etc. sont largement utilisés dans une vaine tentative de retenir les masses, mais c’est sans résultat, et un échec au moins pour Christ et Sa cause. Ceux qui restent contribuent à accroître l’apostasie annoncée depuis longtemps par l’Écriture, et qui arrive maintenant à pas de géant.

Pendant ce temps, partout où prêchent des hommes fidèles, doués par Dieu et appelés par Lui au ministère, ils trouvent des auditeurs avides d’écouter leur évangile d’espérance et de certitude.

Un jeune homme, parlant des Modernistes, disait à sa mère :

 

« Si les professeurs peuvent me persuader que ce qu’ils disent à propos de la Bible est vrai, alors je jette tout par dessus bord. Je ne peux pas croire qu’elle puisse être réduite en morceaux ».

 

Hélas ! Ils le persuadèrent, et il devint un avocat de premier plan, n’ayant plus conservé aucune trace de religion sur lui.

Un journaliste suivit un cours d’une année dans un collège théologique avec l’idée de devenir pasteur. Il y fut influencé par le Modernisme, perdit toute foi en la Bible, et finalement dériva dans une vie entièrement sans Dieu, et mourut ainsi.

Une jeune femme, détournée par une amie, était écrasée de douleur ; quand sa sœur essaya de la consoler, son cri de désespoir fut :

 

« Je donnerais beaucoup pour croire la Parole de Dieu comme toi. Mais prends le texte que tu viens juste de me citer, comment puis-je savoir si Dieu l’a vraiment dit ? Ce peut n’être qu’une interpolation, comme c’est si souvent le cas à ce qu’on dit ».

 

La biographie du Professeur Huxley écrite par son fils, rapporte qu’il aurait tenu les propos suivants à propos de la Haute Critique (alors qu’il était loin d’avoir des préjugés en faveur de la Bible) :

 

« Si Satan avait voulu imaginer le meilleur moyen de discréditer la « Révélation » il n’aurait pas fait mieux » (LIFE, vol. 2, p. 118).

 

Quant aux leaders du Modernisme, ont-ils fait des progrès dans la foi et la paix de l’âme par leurs critiques ?

Wellhausen, comme nous l’avons vu, ne pouvait croire en l’inspiration de l’Ancien Testament, sinon, disait-il, il ferait de Dieu un participant de cette supercherie.

Le Dr Marcus Dods, un jusqu’au-boutiste de la Haut Critique, confessa clairement à la fin de sa vie :

 

« Je suis un relaps » … « Je ne trouve aucun intérêt à prier ».

 

Il confessa qu’il n’avait pas prié pendant des années, et il mourut dans un brouillard spirituel. Pauvre homme malheureux !

Le Dr A. B. Bruce, un camarade du Dr Marcus Dods, et décrit par lui comme « le plus grand pionnier de la pensée théologique de notre temps », mourut comme on nous l’a dit, sans la moindre conviction chrétienne.

Le Dr Cheyenne, un leader de la Haute Critique, mourut Bahaïste, une religion syncrétique.

 

Quand nous arrivons aux déclarations d’ordre général, la liste des sujets d’accusations est terrible.

Le principal missionnaire d’un éminent Collège Théologique en Inde écrit ce qui suit :

 

« Nous ne cachons pas notre désir d’envoyer ailleurs des hommes formés aux méthodes scientifiques modernes d’étude de la Bible ».

 

Cela veut dire … formés à toutes les spéculations profanes et sans fondement du modernisme. On l’accusa alors que ses étudiants perdaient leur zèle et leur ferveur pour l’évangile sous l’effet de l’enseignement du collège ; il répondit :

 

« Nous confessons que nous sommes très satisfaits que nos jeunes hommes perdent cet enthousiasme qui mousse et qui est dépourvu de toute base solide, et qui ne peut faire face à la tension de conditions nouvelles et étranges.

 

Ces derniers extraits sont tirés de « Les Ravages de la Haute Critique dans le Champ de Mission Indien ».

The English Churchman (Le prélat anglais — 20 juillet 1922, page 348), rapporte qu’un des principaux secrétaires centraux d’une Société Missionaire bien connue dit que 90% de leurs formateurs aux missions en Inde sont des tenants des vues avancées de la Haute Critique. Ce pourcentage élevé est effrayant.

Kanzo Uchimura, éditeur à Tokyo d’un magazine appelé « Étude Biblique », écrit :

 

« Il y eut un temps où nous envoyions nos fils et nos filles en Amérique et en Europe, pour y croître dans la foi et s’y affermir. Le temps est venu maintenant où nous avons peur d’envoyer nos enfants à l’étranger, car beaucoup sont partis bons chrétiens et sont revenus à la maison réprouvés et apostats. Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent ! »

 

Quand une telle réprimande vient d’un pays païen, il est grand temps pour tout vrai chrétien de combattre pour la foi une fois enseignée aux saints.

Que le Modernisme soit répandu, cela n’est pas surprenant, car l’Écriture l’annonce, et c’est une preuve supplémentaire de son inspiration. Nous lisons :

 

« Car il y aura un temps où ils ne supporteront pas le sain enseignement ; mais, ayant des oreilles qui leur démangent, ils s’amasseront des docteurs selon leurs propres convoitises, et ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Timothée 4:3-4).

 

Combien ceci est vrai à la lettre ! Et pourtant, tandis que nous savons que la marée montante de l’apostasie continuera à inonder toujours plus jusqu’à ce que l’Antichrist, l’homme de péché, apparaisse, nous savons que cela signifie pour les vrais croyants le retour imminent du Seigneur pour enlever Son Église.

Bien sûr, Satan ne ferait jamais les progrès qu’il fait, s’il ne travaillait pas de manière subtile. Cette subtilité se voit en ce que beaucoup de Modernistes croient honnêtement servir Dieu et Sa vérité, alors qu’il faut être terriblement aveuglé pour partager leurs pensées.

Encore une fois l’Écriture le signale. Nous lisons :

 

« mais les hommes méchants et les imposteurs iront de mal en pis, séduisant et étant séduits » (2 Timothée 3:13)

 

Les Modernistes sont des hommes mauvais car ils font un travail terriblement mauvais ; ce sont des séducteurs car ils séduisent en détournant de la vraie compréhension de l’Écriture. Ils vont de mal en pis comme nous l’avons vu. La génération suivante va sûrement prendre comme point de départ les idées qui étaient l’aboutissement de la génération précédente.

Ils trompent sans aucun doute, mais eux-mêmes sont trompés. Ceci explique comment ils peuvent faire « honnêtement » le travail du diable, mais ils n’en sont que d’autant plus dangereux. Quel réveil les attend !

Par exemple, quand on lit le commentaire de Peake, il y a beaucoup de passages éloquents et beaux exaltant le Seigneur Jésus et Son œuvre, mais ils sont mélangés avec d’autres qui les annulent entièrement.

C’est comme si une équipe d’ouvriers s’étaient mis d’accord pour que la moitié d’entre eux sape les fondements d’un bâtiment, pendant que l’autre moitié distrairait l’attention des gens en faisant les éloges de la beauté de la partie supérieure de ce bâtiment, jusqu’à ce que tout s’écroule dans un fracas terrible, et que le bâtiment s’effondre.

Ou disons les choses autrement. Soit un verre d’eau pure. Une main malintentionnée y verse quelques gouttes d’un poison mortel. Si le mélange est bu, une mort certaine s’ensuit.

À quoi sert-il de discourir longuement sur la quantité relative d’eau et de poison (seulement quelques gouttes !), ou de persuader la personne qui tient le verre dans sa main, qu’elle se portera mieux si elle le boit ? C’est exactement ce que le Modernisme fait. Aucune parole n’est trop forte pour condamner fermement ce travail diabolique.

Voici un extrait provenant de « Les Ravages de la Haute Critique dans le Champs de Mission Indien ». Un missionnaire vivant au sud de Madras écrit :

 

« J’ai assisté à une conférence donnée à des étudiants Indiens non chrétiens par un leader de premier plan parmi les missionnaires en Inde. Dans cette conférence, il décrivait le soi-disant développement de la pensée religieuse depuis les temps anciens ; il enseigna et défendit la théorie moderne de l’Évolution religieuse. Il mit en garde ses auditeurs que leur religion ne survivrait pas, du fait qu’elle était simplement étroite et raciale. Il leur dit que bientôt, il y aurait une Fédération Mondiale des Religions, et que seules les religions universelles comme le Bouddhisme, l’Islam et le Christianisme survivraient. Il insista auprès de son auditoire qu’il était en pleine sympathie avec toutes les religions, et qu’il avait eu le privilège de rendre culte avec des Juifs, des Musulmans, des Unitariens, des Théosophistes, des Brahmo-Samajistes, et d’autres ; et qu’il voudrait aussi le faire avec les Hindous si leurs coutumes cérémonielles le lui permettaient. Il mit spécialement l’accent sur le fait que les missionnaires en Inde ne sont pas là pour les convertir au christianisme, mais pour faire d’eux de meilleurs Hindous, de meilleurs Musulmans, et de meilleurs Bouddhistes.

 

Peut-on mieux mettre à nu le caractère repoussant de jusqu’où peut aller le Modernisme ? Rendre culte avec les Juifs qui ont craché au visage de Christ au moment de sa dernière heure ; avec les Unitariens qui nient Sa divinité et sa mort expiatoire ; avec les religions païennes et leur idolâtrie et les immoralités indicibles dans les services de leurs temples, — tout cela n’est que la pire apostasie. Un tel missionnaire peut conserver le nom de chrétien, pour des raisons qui lui sont propres, mais il ne lui en reste plus un fil.

 

5                        Chapitre 5 — La Bible : Son Inspiration et Son témoignage au Fils de Dieu

La Bible revendique son inspiration, non pas partiellement, mais dans son absolue totalité, — non pas occasionnellement, mais toujours, non pas selon un genre d’inspiration mais par plusieurs. Si elle n’était pas inspirée, ce serait une construction basée sur un fondement mensonger et blasphématoire, et serait un livre particulièrement infâme. Inversement, si elle est inspirée, alors ce sont les enseignements des Modernistes qui sont mauvais et blasphématoires. Le seul bémol qu’on peut apporter à ces accusations peut concerner les Modernistes personnellement, mais on ne peut en mettre aucun sur leurs enseignements. Dans de nombreux cas, nous avons confiance que les Modernistes, quand ils se rendront compte de l’énorme erreur qu’ils ont faite, ils seront capables de dire avec l’apôtre Paul, qui avait persécuté l’église de Dieu, « mais miséricorde m’a été faite, parce que j’ai agi dans l’ignorance, dans l’incrédulité » (1 Timothée 1:13).

Il y a un cri poussé aujourd’hui : « revenons de la Bible vers Christ ! ». Il est complètement illogique de penser qu’il est possible d’avoir Christ à part de la Bible. Où allons-nous trouver une quelconque connaissance de Christ hormis dans la Bible et par Son Esprit ? Nous ne pouvons connaître Son nom que par Sa Parole.

Il n’est pas étonnant que David ait pu s’exclamer ainsi :

 

« Combien j’aime ta loi ! tout le jour je la médite » (Psaume 119:97).

 

Dans ce long psaume 119 aux 176 versets, seulement deux d’entre eux ne se réfèrent pas à la Parole de Dieu sous les termes de « loi », « commandements », « ordonnances », « préceptes », « témoignages », « parole », « jugements », « statuts ». Ceci ne montre-t-il pas le prix et l’importance de la Parole de Dieu ?

L’apôtre Paul écrivait à Timothée en disant :

 

« Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Timothée 3:16).

 

En tout cas ce verset montre ce que Paul pensait de l’Ancien Testament, et cela vaut aussi bien, croyons-nous, pour le Nouveau Testament que nous avons aujourd’hui.

Le Pentateuque nous informe environ 630 fois que le sujet a été prononcé par Moïse ; de très nombreuses fois, la formule utilisée est « Ainsi dit l’Éternel ». Le Nouveau Testament répète surabondamment la vérité que Moïse est l’auteur du Pentateuque. Notre Seigneur ne se référait-Il pas aux Écritures de l’Ancien Testament comme étant inspirées lorsqu’Il parlait aux deux disciples allant à Emmaüs : « Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent » (Luc 24:27) ? et pareillement, ne dit-Il pas : « il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies » (Luc 24:44) ? De plus, n’a-t-Il pas cité l’Écriture comme ayant définitivement autorité, quand Il repoussa Satan dans la tentation au désert ? Citant trois fois le Deutéronome, Il frappa Satan d’un coup qui le fit reculer comme un ennemi vaincu, quand Il disait « Il est écrit » (Matthieu 4:4, 7, 10). N’a-t-Il pas posé la question « n’avez-vous pas lu ?» (Matthieu 19:4), quand Il citait l’Écriture comme ayant autorité, et qu’Il a confirmé à cette occasion l’histoire de la création d’Ève et de sa présentation à Adam comme l’aide qui lui correspondait ?

Il a également posé la question : « n’avez-vous pas lu ? » (Matthieu 22:31) quand il a attesté qu’Abraham, Isaac et Jacob étaient bien des personnes réelles, et qu’Il a confirmé la vérité de la survie de l’esprit de l’homme après la mort. Il a encore demandé « n’avez-vous jamais lu ? » (Matthieu 21:16) quand il citait le Psaume 8 comme une cour d’appel de dernier ressort. En Matthieu 21:42, Il a encore demandé « n’avez-vous jamais lu dans les Écritures ? » à l’occasion d’une citation de Psaume 118:22. Et encore une fois, dans un seul discours (Matthieu 12), Il a demandé deux fois aux Pharisiens « n’avez-vous pas lu ? » citant d’abord 1 Samuel 21:6, et ensuite la loi de Moïse, comme ayant autorité. Et encore, combien les paroles suivantes de Christ sont percutantes : « Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi ; car lui a écrit de moi. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? » (Jean 5:46-47). Il mettait ainsi les écrits de Moïse au même niveau que Ses propres paroles, ce qui ne pouvait être vrai que si Moïse était inspiré. Le Moderniste dit que Moïse n’a pas écrit le Pentateuque, et que, ou bien Christ était ignorant du véritable auteur, ou bien Il s’est abaissé jusqu’à se conformer à une tradition erronée. Combien cela est terrible !

On voit des portions de l’Écriture revendiquer pleinement l’inspiration littérale d’autres portions dans les passages suivants :

 

·               Hébreux 12:27 [« Or ce «Encore une fois» indique le changement des choses muables, comme ayant été faites, afin que celles qui sont immuables demeurent »] base son affirmation sur l’expression « Encore une fois ».

·               Jean 10:35 [« S’il appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu est venue (et l’écriture ne peut être anéantie) »] base son affirmation sur un mot : « dieux ». Il s’agit bien là d’inspiration littérale.

·               Galates 3:16 [« Or c’est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas : «et aux semences», comme [parlant] de plusieurs ; mais comme [parlant] d’un seul : — «et à ta semence» , qui est Christ »] base son argumentation sur le nombre d’un substantif — « semence » et non pas « semences », ce qui, dans notre Bible française, ne tient qu’à une seule lettre (hormis l’article).

·               Galates 4:9 [« mais maintenant, ayant connu Dieu, mais plutôt ayant été connus de Dieu, comment retournez-vous de nouveau aux faibles et misérables éléments auxquels vous voulez encore de nouveau être asservis ? »] modifie la forme de la voix (actif/passif) du verbe de manière à attirer l’attention sur la nuance exacte du sens que l’Esprit Saint désire exprimer.

·               Jean 8:58 [« Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous dis : Avant qu’Abraham fût, je suis »] met en contraste une différence de temps entre « fût » et « suis ».

·               En dernier lieu, et comme preuve non des moindres, le Seigneur dit (Matthieu 5:18) : « Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli ». Le « iota » ou « yod » est la plus petite lettre de l’alphabet hébreu, tandis que le « trait de lettre » est le petit jambage ou le petit point qui distingue une lettre d’une autre très proche ; l’inspiration est ainsi ici revendiquée même pour une simple lettre ou partie de lettre.

Ainsi nous trouvons que le Seigneur revendique la pleine et entière inspiration des Écritures. S’Il se trompait, alors nous aurions un Christ faillible, et s’Il était faillible, le christianisme serait dénué de toute valeur, et ce serait même la plus grande tromperie basée sur la crédulité de l’humanité.

S’Il avait eu une meilleure connaissance, et s’Il avait pourtant affirmé cette inspiration alors que ce n’était pas le cas, Il aurait été dénoté comme le pire des hommes. Car ce qu’Il a revendiqué, est de nature si élevée que, ou bien c’est vrai et l’on peut bâtir dessus un fondement infaillible, ou bien c’est faux et cette revendication est blasphématoire au plus haut degré.

Y a-t-il un livre au monde qui répond au test de conception intentionnelle suivant :

Le Pentateuque nous donne les FIGURES de Christ.

Les Psaumes nous donnent les SENTIMENTS de Christ.

Les Prophètes nous donnent les PROPHÉTIES sur Christ.

Les Évangiles nous donnent les ACTES de Christ.

Les Épîtres nous donnent les FRUITS de Christ.

 

Souvenez-vous aussi, que la Bible est une collection de pas moins de 66 livres, et cependant ses parties forment un tout et sont reliées les unes aux autres, comme en témoigne ce qu’on vient de voir. Ceci prouve que la Bible est le produit d’un seul esprit.

La prophétie de Daniel au sujet des quatre empires mondiaux, ou royaumes, devant apparaître ne peut avoir été donnée que par inspiration. Aucun homme n’aurait pu prédire ce qui arriverait des siècles à l’avance ; seul Dieu a pu le faire, et donc Daniel a forcément été inspiré.

Les plus grandes prophéties dans l’Écriture sont celles concernant Christ. Canon Liddon avait l’habitude de dire qu’il y a plus de trois cents prophéties de l’Ancien Testament concernant la naissance, la vie et la mort de Christ, et toutes se sont accomplies. C’est quelque chose d’absolument unique dans la littérature du monde. Quand différents auteurs de différents siècles peuvent prophétiser ainsi, et que ces prophéties mises ensemble s’unissent pour faire une histoire prophétique de Christ, qui s’est accomplie en totalité sans exception, nous ne pouvons plus avoir de doute quant à son inspiration.

Quand le Livre de l’Apocalypse menace de jugement quiconque ajoute ou retranche parmi les paroles [ou : mots] de la prophétie de ce livre, nous confessons que cela met les tenants de la Hauts Critiques et les Modernistes dans une position bien peu enviable. Le Livre de l’Apocalypse revendique l’inspiration littérale par le fait qu’il attache autant d’importance aux moindres paroles [ou : mots] de la prophétie de ce livre.

Quel test la Bible nous donne-t-elle : « vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Matthieu 7:16, 20). Des bénédictions inexprimables dans des vies innombrables, une influence pour élever l’homme en le sortant de la dégradation du paganisme, en l’émancipant de la superstition, et en le préservant de la corruption de son propre cœur, — voilà ce que la Bible a fait, et la Bible seule dans toute la littérature du monde. La Bible est en effet un arbre de vie dont les feuilles sont pour la guérison des nations. N’est-ce pas le test ultime de son inspiration par Dieu ?

Le Professeur Huxley, un agnostique qui allait au fond des choses, écrivait :

 

« J’ai toujours été favorable à une éducation séculaire sans théologie ; mais je dois confesser que j’ai été sérieusement perplexe en me demandant par quelles mesures pratiques, en dehors de l’utilisation de la Bible, on peut préserver le sentiment religieux, qui est la base essentielle de la conduite morale, dans l’état de chaos où se trouvent actuellement les opinions sur ces sujets ».

 

Quel témoignage !

L’auteur bien connu H. G. Wells écrivait il y a quelque temps un article intitulé « Le Sauvetage de la Civilisation ». Il y mettait en évidence que la civilisation est dans un état très critique. Il montrait qu’il y a des forces et des tendances puissantes à l’œuvre qui, si on ne les suit pas pour voir à quoi elles en sont, et si on ne les garde pas sous contrôle, amèneront l’entière destruction de la société humaine. La Russie et l’Allemagne sont [ceci a été écrit au début du 20ème siècle] des exemples criants de ce qu’on craint. Et quel est le remède de Mr Wells pour cet état de choses effrayant ? Il écrivait :

 

« Nous voulons une Bible, on en a grand besoins ».

 

Qu’une telle confession soit faite par quelqu’un affirmant publiquement ne pas croire en la seule Bible qui soit, et qui sera jamais, est très significatif.

Quel témoignage extraordinaire à la puissance de la Bible ! Quand un ennemi fait son éloge, c’est vraiment une éloge. Job s’écriait autrefois : « Oh ! … que ma partie adverse fasse un écrit ! Ne le porterais-je pas sur mon épaule ? Ne le lierais-je pas sur moi comme une couronne ? » (Job 31:35-36) — il disait cela, tellement il était sûr que, si l’écrit de son ennemi disait la vérité, ce serait sa plus grande justification. C’était le cas de Mr. H. G. Wells à propos de la Bible. D’autres paroles encore de lui :

 

« Le miracle de son influence sur les vies et les esprits des hommes »

« C’est le Livre qui maintient la cohésion du tissu de la civilisation occidentale »

« Notre Civilisation n’aurait pas pu naître ni se maintenir sans elle »

« Elle a été le manuel de vie d’innombrables millions d’hommes et de femmes. Elle a expliqué le monde à toute la masse de notre peuple … elle leur a donné des normes morales et un cadre dans lequel leur conscience pouvait s’exercer ».

 

Pourrait-on dire le dixième, le millionième de tout ceci, d’un quelconque autre livre ? Le manuel de vie d’innombrables millions ! L’origine et le soutien de notre Civilisation Occidentale ! S’il en est ainsi, pourquoi Mr Wells aspirait-il à une nouvelle Bible ? Il aurait du certainement avoir assez de discernement pour voir que ce dont on a besoin aujourd’hui n’est pas une nouvelle Bible, mais un réveil de l’autorité de la vieille Bible dans les esprits des hommes.

Hélas ! la responsabilité du présent état des choses incombe justement aux efforts des tenants de la Haute Critique et de gens comme Mr Wells. Ils sont comme des casseurs qui ont l’imprudence de détruire les fondations, et qui paniquent à l’idée d’être tués dans l’écroulement du bâtiment.

Hélas ! toute cette critique destructrice a commencé en Allemagne, puis s’est propagée en Grande Bretagne et en Amérique, et a poursuivi son travail insidieux jusqu’à ce que presque tous les professeurs de théologie en soient imprégnés à saturation, et passent leur temps à remplir les esprits des candidats à la prêtrise avec ses spéculations destructrices. À leur tour, une fois ordonnés prêtres ou ministres, ils la transmettent à leurs congrégations, et contribuent ainsi au développement de l’apostasie.

Nous avons été très frappé récemment par une remarque sage. L’écrivain, un érudit croyant fermement en l’inspiration littérale, le Rév. Adolph Saphir, pressait ses lecteurs de juger la Bible comme un tout. Les incroyants s’attaquent à des points très spécifiques, et croient découvrir une incohérence ici, une contradiction là, et à cause d’un défaut imaginaire dans une gemme de prix infini, ils rejettent le tout.

Ils ne font aucun cas de la majesté, de l’élévation, de la puissance, des preuves de l’inspiration qui brillent à chaque page, mais ils s’appesantissent sur quelques objections de détail, souvent avec l’acharnement d’un esprit étroit rempli de haine pour Dieu et pour la vérité. Nous plaidons pour qu’on analyse la Parole de Dieu de manière sensée et avec révérence, bien que nous croyions qu’elle ne peut être prise en défaut même dans le moindre détail.

Finalement, l’Écriture met le doigt sur le cœur de la difficulté, quand elle dit :

 

« Or l’homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu, car elles lui sont folie ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement » (1 Cor. 2:14).

 

Nous avons été si souvent douloureusement frappés dans l’étude du « commentaire de Peake sur la Bible » par le fait criant que les auteurs n’avaient pas la moindre idée du sens spirituel des Écritures qu’ils critiquaient, et que leurs affirmations ne montraient ni des « incohérences internes » ni « des choses intrinsèquement impossibles à croire », mais l’ignorance crasse des écrivains. Ils regardaient avec les yeux de l’« homme naturel », et à leur propre confusion, ils sont passés à côté du bel enseignement de la Bible, sans même le savoir.

Nous croyons que la vraie attitude à adopter vis-à-vis des Écritures fut exprimée par quelqu’un, qui n’avait rien à envier en intelligence et érudition à tous ceux que nous avons nommés, et qui, en matière de perspicacité spirituelle et de don spirituel, était bien au-dessus d’eux — John Nelson Darby. Il écrivait avec l’humilité qui dénote toujours un esprit de réelle vraie grandeur :

 

« Je dois reconnaître, ici de la manière la plus complète, la plus claire, et la plus distincte, ma conviction, profonde et enseignée de Dieu, de l’inspiration des Écritures. Ceci veut dire que, tout en admettant, s’il en est besoin, des défauts dans la traduction et autre, quand je lis la Bible, je la lis comme ayant autorité absolue sur mon âme comme étant la Parole de Dieu. Il n’y a pas de plus grand privilège que d’avoir des communications en direct de Dieu Lui-même. … Ma joie, mon réconfort, ma nourriture, ma force, pendant près de trente ans, ont été les Écritures reçues implicitement comme la Parole de Dieu. Au début de cette période, j’ai passé par de très profonds exercices d’âme sur ce point. Mais depuis ce temps-là, même si le ciel et la terre, l’église visible, et l’homme lui-même devaient s’écrouler dans le néant, je tiendrais ferme, par grâce, la Parole comme étant un lien indissoluble entre mon âme et Dieu. Je suis content que Dieu me l’ait donné comme telle. Je ne doute pas que la grâce du Saint Esprit soit nécessaire pour en profiter, et pour lui donner une vraie autorité sur nos âmes, à cause de ce que nous sommes ; mais cela ne change rien à ce qu’elle est en elle-même. Si elle est vraie quand on la reçoit, elle doit avoir été vraie auparavant ».

 

Nous croyons que les extraits ci-dessus dépeignent l’attitude juste à adopter vis-à-vis des Saintes Écritures. Ils dénotent un esprit renouvelé par le Saint Esprit de Dieu, et capable de recevoir des lumières spirituelles. Quel contraste avec les écrivains du Modernisme !

La Bible a de même reçu des hommages des ennemis directs de la croix.

John Stuart Mill, un athée avoué, écrivait :

 

« Qui parmi Ses disciples, ou parmi leurs prosélytes, fut capable d’inventer les paroles de Jésus, ou d’imaginer la vie et les caractères qui Lui sont attribués ? … Même maintenant, il ne serait pas facile, y compris pour un incroyant, de trouver une traduction de la règle de vertu passant de l’abstrait au concret qui soit meilleure que de s’efforcer de vivre de manière à être approuvé de Christ dans la vie ».

 

Spinoza, décrit par Bayle comme un « athée systématique », et qui a probablement fait plus que quiconque pour ébranler la foi en Allemagne, et qui fut l’un de ceux qui fit démarrer le Modernisme, disait :

 

« Christ était le temple de Dieu, parce que c’est en Lui qu’Il s’est le plus complètement révélé ».

 

Benjamin Franklin, qui n’a certainement pas pris place parmi les croyants, disait :

 

« Je pense que le système de morale et de religion tel que Christ nous l’a laissé, est le meilleur que le monde ait jamais vu, ou pourra probablement jamais voir ».

 

Jean Paul Richter dit de Christ :

 

« Le plus saint parmi les puissants, et le plus puissant parmi les saints, fit sortir de Ses mains percées des empires de leur gonds, fit sortir de son lit le courant de la civilisation, et continue à gouverner les âges ».

 

Lecky, l’historien incroyant, nous dit :

 

« Christ a exercé un influence si profonde qu’on peut vraiment dire que le simple récit de trois ans de vie active a fait plus pour régénérer et adoucir l’humanité que toutes les dissertations des philosophes, et toutes les exhortations des moralistes ».

 

Disraeli, un Juif de naissance, dit :

 

« Les rêves les plus fous de leurs rabbins ont été complètement dépassés. Jésus n’a-t-il pas conquis l’Europe et changé son nom en chrétienté ? Tous les pays qui refusent la croix se dessèchent, et le temps va venir, quand les vastes communautés et les myriades innombrables d’Amérique et d’Australie, considérant l’Europe comme l’Europe maintenant considère la Grèce, et se demandant comment une région si petite a pu accomplir de si grandes actions, trouveront de la musique dans les chants de Sion et du réconfort dans les paraboles de Galilée ».

 

Napoléon, qui certainement ne fut pas un chrétien professant, dit à ses compagnons d’exil à Ste Hélène :

 

« Je connais les hommes ; je vous dit que Jésus Christ n’était pas un simple homme … Tout en Lui m’étonne. Entre Lui et tout autre dans le monde, il n’y a aucun terme de comparaison. Il est vraiment un être par Lui-même. Ses idées et Ses sentiments, les vérités qu’Il annonce, Sa manière de convaincre, ne peuvent être expliqués ni par l’organisation humaine ni par la nature des choses. Sa naissance et l’histoire de Sa vie ; la profondeur de Sa doctrine, qui se saisit des pires difficultés, et leur trouve la solution la plus admirable ; Son Évangile, Son apparition, Son empire, Sa marche au travers des âges et des royaumes ; tout est pour moi un prodige, un mystère insoluble, qui me plonge dans des rêveries dont je ne peux m’échapper ; un mystère qui est là devant mes yeux et que je ne peux ni nier ni expliquer. Ici je ne vois rien d’humain ».

 

Theodore Parker, bien connu en Amérique pour son incrédulité, écrivait :

 

« Mesurez Jésus par l’ombre qu’il a projetée sur le monde ; non, plutôt par la lumière qu’Il y a versée. Nous dira-t-on qu’un tel homme n’a jamais vécu ? que toute cette histoire n’est qu’un mensonge ? Supposez que Platon et Newton n’aient jamais vécu. Qui donc, alors, fit leurs œuvres et pensa leurs pensées ? Il a fallu un Newton pour forger un Newton. Quel homme pourrait avoir fabriqué un Jésus ? Personne d’autre qu’un Jésus. »

 

Ce ne sont là que quelques déclarations remarquables d’hommes remarquables. Si le récit de Christ sous la plume des quatre évangélistes peut produire de telles pensées, ce sont des preuves évidentes que le Livre est inspiré, et s’il est inspiré, tout ce qui est dit de Christ est vrai.

Ces grands hommes ont beaucoup dit, mais pour être logiques ils auraient dû aller plus loin, car si ce qu’ils disent est vrai, Christ fut un homme bon, le meilleur que le monde ait jamais vu ; c’est pourquoi, tout ce qu’Il a revendiqué pour Lui-même doit être vrai, car un homme bon ne peut pas se laisser aller à la tromperie la plus basse et la plus cruelle que ce monde ait jamais vue, à savoir de revendiquer être Dieu quand on ne l’est pas. Il dit :

 

« Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jean 8:58).

 

Nous nous souvenons de la joie fervente avec laquelle un homme vint nous remercier d’être délivré d’un système d’erreurs niant la Divinité du Fils de Dieu, et son émerveillement lorsqu’il disait :

 

« Ce fut ce verset qui me délivra : et maintenant glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi AVANT que le monde fût » (Jean 17:5).

 

Combien est-il vrai que Christ prouve la Bible et que la Bible prouve Christ — une Personne infaillible et un Livre inspiré. Que nous ne doutions jamais ni de l’Un ni de l’autre.

 

 

6                        Chapitre 6 — Remarques de conclusion

L’apôtre Paul, écrivant à Timothée, a indiqué les caractéristiques des « derniers jours ». Il a énuméré ce qui se développerait dans le monde dans ces temps fâcheux, et notamment « les hommes égoïstes, avares, vantards, hautains, outrageux, etc. » (2 Timothée 3:2) ; à cette liste, l’apôtre a ajouté un qualificatif significatif et sinistre :

 

« ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance. Or DÉTOURNE-TOI DE TELS GENS » (2 Timothée 3:5).

 

« La forme de la piété » n’est pas la piété. Il est terrible de penser que Satan, qui lança il y a des années l’attaque contre la vérité par des gens ouvertement incroyants comme Tom Payne, Charles Bradlaugh, et Col. Ingersoll, est maintenant capable de saper la forteresse de l’intérieur. Nous trouvons des directeurs et des professeurs de facultés théologiques, des évêques, des doyens, des ecclésiastiques, des ministres, — tous ces gens prêchant maintenant les vues de Tom Payne depuis toutes les chaires disponibles dans les facultés ou les églises de toute part. Il est malhonnête de recevoir des honoraires pour professer la défense et la prédication de l’évangile, quand on passe son temps à détruire la foi des élus de Dieu, et à renverser au lieu d’édifier.

Quelle condamnation effroyable sera la leur ! Que Dieu aie pitié d’eux, et ouvre leurs yeux avant qu’il ne soit trop tard. Hélas ! ceci ne pourra jamais défaire le mal opéré dans les esprits de ceux qui sont tombés sous leur influence, mais ils peuvent obtenir miséricorde pour eux-mêmes par la repentance, et prouver leur repentance en cherchant avec vigueur à annuler leur mauvais travail autant qu’ils peuvent.

Il est hors de doute qu’un grand conflit est imminent. Il y en a des signes de partout. Par exemple, l’association des soldats chrétiens a rompu ses liens avec l’Union Chrétienne de Jeunes Gens (Y.M.C.A.), à cause de son insanité et de sa mondanité flagrantes. Il y a eu une sécession d’avec cette Union Chrétienne de Jeunes Gens pour des raisons similaires, avec formation de « l’Alliance Chrétienne des Femmes et des Filles ». Il y a aussi eu sécession d’avec la Société Missionnaire de l’Église, et départ de missionnaires et souscripteurs chrétiens qui ont formé la Société Missionnaire des Hommes d’Église Bibliques. Encore une autre scission de ce genre a eu lieu d’avec la Société Missionnaire Baptiste, les sécessionnistes se réunissant sous la forme de « L’Auxiliaire Baptiste de l’Association Biblique Missionnaire ».

Un mot ancien a été récemment remis en vigueur et mis en avant. Il est utilisé pour décrire les chrétiens qui croient en une Bible inspirée et en un Christ infaillible, qui croient en la déité du Fils de Dieu et Sa vraie humanité, Sa naissance virginale, Sa mort expiatoire, Sa résurrection glorieuse, et Sa seconde venue. On les appelle les Fondamentalistes.

La scission entre Modernistes et Fondamentalistes devient de plus en plus marquée, et des mouvements se mettent sur pied qui, croyons-nous, finirons par former un camp de Modernistes d’un côté, et un camp de Fondamentalistes de l’autre. Les Fondamentalistes n’ont pas d’autre choix que de se séparer des Modernistes, s’ils veulent être loyaux à leur Seigneur et s’incliner devant l’Écriture. Comment un vrai chrétien pourrait-il s’asseoir sous les blasphèmes des enseignements Modernistes ?

L’Écriture, que nous avons déjà citée, est très claire.

 

« DÉTOURNE-TOI DE TELLES GENS » (2 Timothée 3:5).

 

Nous lisons encore :

 

« Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. SI DONC QUELQU’UN SE PURIFIE DE CEUX-CI, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre » (2 Timothée 2:20-21).

 

« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incroyants ; car quelle participation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? et quel accord de Christ avec Béliar ? ou quelle part a le croyant avec l’incroyant ? et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, … « C’EST POURQUOI SORTEZ DU MILIEU D’EUX, ET SOYEZ SÉPARÉS, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai » (2 Corinthiens 6:14-17).

 

« C’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel : … si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme Ma bouche. Qu’ils reviennent vers toi, MAIS TOI NE RETOURNE PAS VERS EUX » (Jérémie 15:19).

 

Il est clair que l’Écriture est assez explicite. Que chaque chrétien agisse en conséquence. En le faisant, ils se délivreront eux-mêmes, et seront en aide aux autres. Combien restent dans des relations ecclésiastiques plus que douteuse avec la fausse excuse qu’ils peuvent faire plus de bien en restant dans ce qui est corrompu qu’en en sortant ? Soyons gouvernés par l’Écriture, et non pas par nos propres pensées. L’Écriture est plus sage que nous ne le sommes.

Il nous semble que les choses sont en train de se développer selon Apocalypse 3:7-22. On y voit l’église Philadelphienne, avec peu de force, gardant la Parole de Christ et ne reniant pas Son nom, et ayant la promesse d’être enlevée à la seconde venue de Christ ; tandis qu’une menace pèse sur l’église Laodicienne, elle qui se vante de ses richesses et de son absence de besoin ; cette menace est que, n’étant ni froide ni bouillante, mais tiède, elle va être vomie de la bouche de Christ.

Certainement quand Christ viendra, tous les vrais Fondamentalistes, c’est-à-dire tous les vrais chrétiens qui se reposent sur les principes fondamentaux de la foi chrétienne, seront enlevés, parce qu’ils appartiennent à Christ et qu’ils reposent leurs âmes sur Son œuvre accomplie et sur Sa précieuse parole.

Mais il est non moins certainement que les Modernistes, qui vont jusqu’à refuser la déité de Jésus, Son œuvre expiatoire, et qui enseignent qu’Il était ignorant et faillible, et qui jettent le doute sur Sa précieuse parole, ne seront pas enlevés, mais par le fait même qu’ils seront laissés en arrière, ils seront vomis de la bouche de Christ. Pensée solennelle et terrible !

Nous avons l’espoir, et nous croyons que beaucoup qui sont englués dans le Modernisme auront les yeux ouverts quand ils réaliseront jusqu’à quel point terrible il entraîne, jusqu’à une apostasie ouverte et effrontée, et qu’ils puissent malgré tout se retrouver dans les rangs des Fondamentalistes.

On est stupéfait de voir combien les Modernistes présument que l’érudition est toute de leur côté. Ils l’affirment tranquillement encore et toujours, si bien que finalement, l’érudit qui s’aventurerait à ne pas être d’accord avec eux, le fait au péril de détruire sa réputation d’érudit. Mais l’érudition n’est en aucun cas entièrement d’un seul côté. Nous pourrions donner de nombreux noms de Fondamentalistes qui sont aussi érudits que les hommes qui tournent en dérision leurs vues. Que personne ne soit troublé par ce postulat que l’érudition est toute d’un seul côté, ni par le mépris que les Modernistes déversent sur le terme de Fondamentalistes, en l’appliquant à tous ceux qui refusent l’enseignement des Modernistes.

Nous nous attendons à être accusés par les Modernistes de tenir un langage grossier et peu chrétien parce que nous dénonçons leurs enseignements blasphématoires. C’est la manière d’agir de ceux qui propagent les erreurs : au lieu de tenter de combattre ce qui est dit ou écrit contre eux, ils cherchent refuge dans la découverte de fautes de langage chez leurs opposants. Une telle conduite est de la dérobade pure et simple.

Mais ceci ne nous touche pas. Quand les fondements de la foi chrétienne sont en jeu, ce n’est pas le moment de mettre des gants de velours. L’affaire est on ne peut plus sérieuse. Ce n’est pas une question d’opinion, mais de vie ou de mort. Quand des soldats vont à la bataille, ils ne mettent pas des gants blancs ni n’ont la fleur au fusil. Leur travail est dur et grave.

Nous sommes sérieusement exhortés dans l’Écriture à combattre pour la foi une fois enseignée aux saints (Jude 3), et nous cherchons à suivre cette injonction. Il n’y a pas de langage assez sévère pour condamner ces menaces mortelles. Il ne peut pas y avoir de quartier. Nous n’en attendons aucun et n’allons pas en donner.

Que Dieu garde et préserve de cette illusion effroyable les Siens qu’Il aime, et qu’Il leur donne grâce et puissance pour supporter la vérité et la défendre à tout prix.