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LA CRAINTE DE LA MORT

Koechlin Maurice

ME1937p96-99

 

Table des matières :

1       Les idées qu’on se fait de la mort

2       La rupture

3       Le sursaut final

4       Dieu parle aux âmes. La réaction de l’homme

4.1        Réaction paisible

4.2        Sujet d’inquiétude ou de tourment

5       Victoire de Christ pour le croyant

6       La pensée de la venue du Seigneur

 

1         Les idées qu’on se fait de la mort

La mort est personnifiée dans la Parole : elle est « le roi des terreurs ». Certes, il n’y a rien que l’homme craigne plus que la mort, à laquelle il sait que sa vie aboutira fatalement ; mais il en repousse la pensée, souvent jusqu’au dernier moment de sa vie.

Le jeune homme se dit qu’il a encore beaucoup de temps devant lui. À l’âge mûr, l’homme se glorifie de sa santé ; le vieillard en considère d’autres qui, quoique moins vigoureux que lui, ont atteint un âge plus avancé que le sien ; le malade croit à sa guérison ; et, quand il n’y a plus d’espoir qu’il se remette, ceux qui l’entourent, ses proches, lui cachent son état ; ils ne craignent pas de mentir, estimant même que c’est leur devoir de le faire ; puis, lorsqu’il est mort, sans souffrir et sans qu’il s’en soit rendu compte, c’est une consolation pour eux. Quelle folie ! Qu’en est-il de lui, de son âme immortelle, maintenant ? « L’homme meurt et git là ; l’homme expire, et où est-il ? » (Job 14:10). « Son esprit sort, 1’homme retourne dans le sol d’où il est tiré ; en ce même jour ses desseins périssent » (Ps. 146:4). La sentence que Dieu a prononcée contre lui après sa chute doit s’accomplir inévitablement : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière » (Gen. 3:19).

 

2         La rupture

La mort anéantit tout ce qui appartient à la nature ; elle rompt tous les liens que nous avions avec elle ; elle nous dépouille de tout ce qui nous a appartenu, de tout ce qui a eu une place dans notre vie, dans nos occupations, dans nos cœurs ; elle s’empare de nos corps dont nous avons pris tant de soin. Ces corps, on les mettra dans la terre qui les absorbera. « Nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter » (1 Tim. 6:7).

Mais notre âme est une âme vivante ; c’est elle qui rencontrera Dieu, avec toutes ses responsabilités, tout son passé, toute sa conduite.

 

3         Le sursaut final

« L’insensé a dit en son cœur : Il n’y a point de Dieu ». Il s’estime, dans son orgueil, bien supérieur à celui qui croit ; il raisonne, il explique, par les folles théories de la science humaine, les origines du monde et ses transformations, alors que la foi seule en discerne les secrets et les merveilles, car elle comprend que les mondes ont été formés par la parole de Dieu. L’insensé peut rejeter la Parole de Dieu, mais il ne peut en retrancher cette vérité : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois ». Qui sait ce qui se passe dans son cœur quand, à la suite de cette vérité, il est mis en présence de ces paroles : « Et après cela le jugement » ? (Héb. 9:27, 28). Malgré tout son orgueil, ses assurances, son apparence de tranquillité, n’y a-t-il pas, quand il voit s’approcher le terrible ennemi, des inquiétudes, des défaillances, des angoisses qu’il cache et que Dieu connaît, et provoque même, comme un suprême avertissement ? Et, quand le moment fatal est là, elles se manifestent. Quel affreux spectacle alors que celui de l’incrédule sur son lit de mort, cherchant, dans l’angoisse et les souffrances, à lutter contre la mort qui le terrasse.

 

4         Dieu parle aux âmes. La réaction de l’homme

Mais Dieu, dans sa riche grâce « qui ne veut la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie et vive », et qui adresse tant d’appels aux âmes, leur parle bien souvent encore au dernier moment pour les délivrer de leurs angoisses et leur donner la foi. Ses voies sont merveilleuses, son amour est infini, sa patience illimitée.

 

4.1        Réaction paisible

Quel souvenir précieux, au contraire, laisse derrière lui celui que l’on a vu partir en paix, heureux de s’en aller pour être toujours avec son Sauveur. L’expression de son bonheur, dans ses dernières paroles et dans son regard dirigé en haut, a déjà comme quelque chose de céleste et laisse pour ceux qu’il quitte et qui ne voudraient pas le retenir, la pensée de l’ineffable bonheur dont les croyants jouiront quand ils seront tous ensemble avec le Seigneur.

 

4.2        Sujet d’inquiétude ou de tourment

La mort est cependant un sujet d’inquiétude pour beaucoup de chrétiens, car elle est un moment douloureux. Nos liens d’affection sont rompus, nous avons des soucis au sujet de ceux que nous quittons, et, malgré tout ce qui en est de notre position céleste, nos cœurs sont encore ici-bas. Mais le Seigneur est bon et fidèle, et, alors que beaucoup d’âmes pensaient avec inquiétude durant leur vie au départ, Il s’est tenu près d’elles à leurs derniers moments et leur a accordé d’une manière toute particulière de jouir tout à la fin de cette paix qui surpasse toute connaissance.

Pour l’homme dans la chair, la mort est à tous égards une chose effrayante ; elle est la puissance de Satan à laquelle personne ne peut se soustraire ; elle apporte avec elle toutes les terreurs qui se rattachent à Satan ; elle est la preuve de la culpabilité de l’homme, le gage du péché ; après elle vient le jugement ; elle est la colère éternelle ; aucune puissance humaine ne peut en délivrer. Elle est certes le plus terrible ennemi de l’homme, le roi des terreurs.

 

5         Victoire de Christ pour le croyant

Mais Christ l’a vaincue ; Il est entré dans la mort pour nous ; Il y a subi le jugement que nous avions mérité, étant fait péché pour nous, et Il a porté nos péchés en son corps sur le bois. Après avoir traversé la mort victorieusement à notre place, Il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père. Pour nous qui croyons, il n’y a plus un atome de colère, ni un atome de péché. La mort n’a pas seulement été annulée, mais, de même que toutes choses, elle « est à nous », comme dit l’apôtre (1 Cor. 3:21-23). Par le fait que le Seigneur y est entré pour moi, la mort et le jugement deviennent mon salut. Elle est la preuve la plus complète et la plus précieuse de l’amour de Dieu, elle est ma délivrance en même temps que mon salut.

Si la mort vient, en fait elle n’est que la mort de ce qui est mortel, du vieil homme. La vie de résurrection est en Christ, elle a passé avec Lui à travers la mort.

 

6         La pensée de la venue du Seigneur

Mais il y a une vérité, une promesse, une espérance qui doit élever nos pensées bien au-delà de la mort ; elle chasse toute crainte de nos cœurs et les détourne entièrement de tout ce qui se rattache à elle. C’est la venue du Seigneur. Humilions-nous de ce que, tout en la considérant comme une certitude, elle n’est pas devant nous comme une chose immédiate. Nous ne sommes pas comme les Thessaloniciens ; ils ne pensaient pas à la mort ; c’était le retour du Seigneur et non la mort qui était pour eux la fin de leur vie. Combien il est plus précieux de penser à notre départ pour aller à Sa rencontre, et non à la mort. Quand l’apôtre nous parle de ce retour, il nous dit : « Alors s’accomplira la parole qui est écrite : « La mort a été engloutie en victoire ». « Où est, ô mort, ton aiguillon ? où est, ô mort, ta victoire ?»

La mort engloutie en victoire ! Quel triomphe remporté par le Seigneur en amour pour nous ! Et cet amour ne doit laisser subsister aucune crainte dans nos cœurs. Il est parfait et il a tout accompli. « L’amour parfait chasse la crainte ».