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RACHETÉ POUR L’ÉTERNITÉ :

 

 

Le croyant peut-il perdre le salut ?

 

Dérivé de « Kunnen gelovigen nog verloren gaan ? » de Jacob G. Fijnvandraat ; l’ouvrage en français a été considérablement changé, complété et remanié par rapport à l’original

 

TABLE DES MATIÈRES

1     Préface

2     Introduction

2.1      Croyants ou simples professants

2.2      Le sort des simples professants

2.3      Où est la difficulté ?

3     Enfant de Dieu pour l’éternité

3.1      Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu

3.1.1             L’élection

3.1.2             La parfaite sécurité du croyant.

3.1.3             Enfant de Dieu

3.2      Personne ne les ravira de ma main

3.3      Rendus parfaits à perpétuité

3.3.1             Et nos péchés futurs ?

3.3.2             Une autorisation de pécher ?

3.4      Le salut est l’oeuvre de Dieu

3.4.1             Dieu achèvera son oeuvre

3.4.2             Une nouvelle création

3.5      Celui qui croit a la vie éternelle

3.5.1             Vie éternelle et existence éternelle

3.5.2             La vie éternelle, notre part présente

3.5.3             Celui qui a le Fils a la vie

3.5.4             La vie éternelle est la vie divine

3.6      Autres preuves

4     Le Salut peut-il se perdre ?

4.1      L’homme n’est-il pas libre ?

4.2      Sauvé sous condition ?

4.2.1             Et si quelqu’un ne persévère pas ?

4.2.2             Et si quelqu’un n’est pas fidèle ?

4.2.3             Et si quelqu’un se retire ?

4.2.4             Et si quelqu’un s’en va ?

4.3      Et si quelqu’un abandonne la foi ?

4.3.1             Apostasie collective

4.3.2             Hyménée et Alexandre

4.3.3             Et si notre foi est vaine ?

4.4      Et si quelqu’un renie le Seigneur ?

4.4.1             Lui aussi nous reniera !

4.4.2             Renier le maître qui les a achetés

4.4.3             Et si quelqu’un retourne au bourbier ?

4.4.4             Et si quelqu’un déchoit de sa fermeté ?

4.5      Le Seigneur peut-il nous rejeter ?

4.5.1             Et si quelqu’un n’est pas vainqueur ?

4.5.2             Et si un nom est effacé du livre de vie ?

4.5.3             Et si le sarment est ôté ?

4.5.4             Un enfant de Dieu peut-il périr ?

4.5.5             Paul... réprouvé ?

4.6      Preuve ou condition ?

4.6.1             Exhortations pour un ensemble de professants

4.6.2             Le salut sous la loi

4.6.3             Sauvé . . . malgré la discipline et les épreuves

5     L’Épître aux Hébreux

5.1      But de l’épître aux Hébreux

5.2      S’écarter

5.3      Tomber

5.4      L’impossibilité d’être renouvelé à la repentance.

5.4.1             Des bénédictions qui n’impliquent pas la vie de Dieu

5.4.2             Pour quel motif l’auteur de l’épître écrit-il ces choses ?

5.4.3             Cela est-il donc si grave ?

5.4.4             L’abandon du christianisme est-il possible aujourd’hui ?

5.5      Si nous péchons volontairement

5.6      Se retirer

5.7      La sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur

6     Conclusion pratiques

6.1      Deux séries de versets

6.2      Agir pour le bien de tous

7     .Index des textes de l’Écriture cités dans l’ouvrage

 

1                    Préface

 

Écoutons les déclarations de Dieu :

«Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve... C’est moi, c’est moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même ; et je ne me souviendrai pas de tes péchés» (És. 43:11, 25 ).

«De Dieu juste et sauveur, il n’y en a point si ce n’est moi. Tournez-vous vers moi, et soyez sauvés, vous, tous les bouts de la terre ; car moi je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre» (És. 45:21-22).

«Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19:10).

«Vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu» (Éph. 2:8).

Sauver ce qui était perdu, voilà le salut. Les passages cités montrent clairement que le salut est l’oeuvre de Dieu, et que l’homme le reçoit par le moyen de la foi. C’est pourquoi nous parlons du salut de ceux qui croient, du salut des croyants.

Cette oeuvre, Dieu l’a accomplie par son Fils unique qui «est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur du salut éternel» (Héb. 5:9). Ce salut éternel, appelé en Hébreux 2:3 «un si grand salut», est donc une oeuvre divine que l’homme reçoit gratuitement comme un don. «Le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 6:23).

Le salut va de pair avec la nouvelle naissance, la communication de la vie divine, la vie éternelle, et la participation à la nouvelle création. «Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création» (2 Cor. 5:17) ; «nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance afin que nous marchions en elles» (Éph. 2:10).

La nouvelle naissance n’annule pas la responsabilité du croyant, elle l’affirme au contraire. Devenu enfant de Dieu, il est responsable de marcher comme tel : «marchez comme des enfants de lumière» (Éph. 5:10). S’il ne marche pas ainsi, il aura affaire à la discipline de Dieu, «nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde» (1 Cor. 11:32).

Pour le croyant, le jugement est passé parce qu’il a été porté à sa place par Christ, une fois pour toutes sur la croix. «En vérité, en vérité je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24).

D’une part, avoir conscience que son salut est l’oeuvre de Dieu remplit de certitude le coeur du croyant. «Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13). D’autre part, le croyant ne peut en aucune manière se prévaloir du caractère définitif de ce que Dieu a fait pour lui, pour agir comme bon lui semble et mépriser les injonctions de la Parole de Dieu de la même manière que les incrédules dont le chemin va à la perdition. Agir comme eux volontairement et y persister serait démontrer que l’on ne connaît pas Dieu.

Nos coeurs sont aussi réticents à accepter «la vraie grâce de Dieu» (1 Pi. 5:12) que disposés à la changer «en dissolution» (Jude 4). Aussi la Bible abonde-t-elle en passages qui établissent le salut de Dieu, et d’autres qui insistent sur la responsabilité de l’homme. L’esprit de l’homme qui n’accepte pas entièrement l’un et l’autre trouve des contradictions là où Dieu veut nous enseigner en mettant en échec nos raisonnements.

Dans ce traité, traduit et adapté du hollandais, l’auteur, pleinement convaincu que l’oeuvre divine du salut ne peut être détruite, a cherché à répondre aux questions soulevées à propos des passages qui insistent justement sur la responsabilité de l’homme quel qu’il soit, incrédule ou croyant. Il pourra être utile à ceux qui sont troublés par tel ou tel passage, ainsi qu’à ceux qui ont à coeur de les aider. Notre désir, comme notre prière, est qu’ils soient amenés à réaliser en même temps

«l’heureuse liberté d’un fils devant son Père,

et le saint tremblement d’un mortel devant Dieu» (*)

(*) D’après Adolphe MONOD, Cantique 90 des «Hymnes et Cantiques»

Heureux celui qui accepte la vraie grâce du Dieu Sauveur et la responsabilité du croyant de marcher en conséquence, sans chercher à les mettre en opposition ! il écoute la voix du Bon Berger et se repose paisiblement sur sa parole : «Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main» (Jean 10:27-28).

 

2                    Introduction

Avant de chercher à répondre à la question posée dans le titre de cet ouvrage, nous allons essayer de clarifier avec la Bible, la Parole de Dieu, ce qu’est un croyant, un chrétien et un professant, puis voir où se situe la difficulté de cette question.

 

2.1   Croyants ou simples professants

Le terme «croyant» , dans son sens biblique, désigne tous ceux qui ont cru Dieu, à quelque époque qu’ils aient vécu. Abraham est un croyant (Gal. 3:9), car «Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice» (Gal. 3:6).

Aujourd’hui, depuis la venue du Fils de Dieu sur la terre, les croyants sont encore ceux qui croient Dieu quand il parle, c’est-à-dire ceux qui croient les paroles de Jésus (Jean 5:24), la parole de l’évangile (Act. 15:7), la parole annonçant le Seigneur (Act. 11:20-21 ; 16:30-34), et se reposent pleinement sur son oeuvre de salut, se tournant vers Lui et se joignant à Lui (Act. 5:14 ; 9:35 ; 11:21, 24 ; 18:5, 8 ; voir aussi Rom. 10:4). Ces croyants sont des chrétiens parce qu’ils portent pour ainsi dire son nom (Act. 11:21, 24, 26). Ils ont reçu, par pure grâce et par le moyen de la foi (Éph. 2:8), la vie divine, la vie éternelle, selon ce qui est écrit : «Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils : Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie» (1 Jean 5:11-12) .

Un vrai croyant est quelqu’un qui est né de nouveau (Jean 3:3, 7, 14-16). Il ne s’agit pas de naissance naturelle ou de filiation. Avoir des parents croyants, avoir bénéficié d’une éducation chrétienne ou se rattacher à un rassemblement chrétien ne donne pas la vie nouvelle. Quelqu’un qui admet l’existence du ciel et de l’enfer, qui reconnaît même qu’il y a un Dieu qui nous demandera compte un jour de toutes nos actions, n’est pas nécessairement sauvé ou né de nouveau. En effet, les démons, eux aussi, croient que Dieu existe et qu’il y aura un lieu de tourment, mais ce n’est pas cela qui les sauve (Jac. 2:19).

Un «croyant», un «chrétien né de nouveau», est quelqu’un qui, dans une sincère repentance , s’est reconnu pécheur devant Dieu et a accepté par la foi que Jésus Christ est mort sur la croix pour porter ses péchés et que Dieu l’a ressuscité (Luc 24:47 ; Jean 3:3, 16 ; 5:24 ; Act. 2:38 ; 17:30 ; 20:21 ; 1 Jean 1:9).

Beaucoup cependant, au moins en Occident, se proclament chrétiens sans être vraiment croyants au sens biblique du terme. Selon l’expression de Tite 1:16, beaucoup «professent de connaître Dieu, mais par leurs oeuvres ils le renient». Et il y a aussi ceux dont les oeuvres sont trompeuses. Tout homme qui déclare se rattacher à Christ, c’est-à-dire être chrétien, est un «professant» du christianisme. Mais pour être sauvé, cette déclaration doit s’accompagner de la foi dans le cœur (Rom. 10:9).

Ainsi nous utiliserons l’expression «simple professant» pour désigner ceux qui se disent chrétiens, mais n’ont que l’apparence de la vie. Nous les désignerons ainsi pour la clarté de l’exposé en sachant bien qu’il ne nous est souvent pas possible de les distinguer des vrais croyants, car Dieu seul connaît l’état réel des cœurs (2 Tim. 2:19).

 

2.2   Le sort des simples professants

Le sous-titre de cette brochure ne signifie pas : Quelqu’un qui déclare être chrétien, ou qui se fait passer pour croyant, peut-il être perdu ? Hélas, cela est possible, car tous ceux qui ne sont que des chrétiens de nom, passeront effectivement l’éternité «dans les ténèbres de dehors» (Matt. 8:12 ; 22:13 ; 25:30). La parole prononcée par le Seigneur lui-même est déterminante : «Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité !» (Matt. 7:21-23).

Dans ce passage le Seigneur Jésus ne parle ni des incrédules ni des hommes qui ignorent tout de la foi puisqu’ils désignent le Christ comme leur Seigneur et sont même très zélés dans l’activité chrétienne. Pourtant il leur déclare sans équivoque qu’ils sont perdus. Insistons sur le fait qu’il ne dit pas : «Je vous ai bien connus, mais maintenant je ne vous connais plus» ; au contraire, sa Parole, une parole de jugement (Jean 12:48), retentit pour tous ces chrétiens de nom : «Je ne vous ai jamais connus». Ainsi ces hommes n’ont jamais fait partie des siens ! Pour le salut, dire simplement «Seigneur, Seigneur» ne suffit pas : il faut faire la volonté de son Père. Et celle-ci ne consiste pas en premier lieu à «prophétiser», «chasser les démons» et s’occuper d’activité chrétienne, mais à croire au Seigneur Jésus. Ceux qui demandaient : «Que ferons-nous pour faire les oeuvres de Dieu ?» reçurent comme réponse : «C’est ici l’oeuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé» (Jean 6:28, 29).

 

2.3   Où est la difficulté ?

Ayant vu la différence d’avenir entre un simple professant et un vrai croyant, nous comprenons que le sujet traité n’est pas : «des professants ou des chrétiens actifs peuvent-ils perdre leur salut», mais bien : «des croyants, nés de nouveau, peuvent-ils perdre leur salut ?»

On pourrait simplement répondre à la question en s’appuyant sur un passage de la Bible comme : «Qui croit au Fils a la vie éternelle» (Jean 3:36). Mais la question qui inquiète certains n’est pas de savoir si celui qui croit a la vie éternelle, mais si le croyant peut perdre cette foi et, par conséquent, perdre la vie éternelle. Nous allons montrer que, si quelqu’un croit, comme l’entend la Bible, il est sauvé et demeure sauvé, quoiqu’il puisse arriver. Pour cela nous devons soumettre nos sentiments et nos raisonnements aux déclarations de la Parole de Dieu ; et la Bible est la parole de Dieu.

Une difficulté se rencontre fréquemment chez les jeunes croyants : «Comment, disent-ils, peut-on avoir l’assurance que l’on est sauvé ?» D’un manière générale, le réponse est que l’on obtient cette assurance en se confiant simplement dans les déclarations de la Parole de Dieu et qu’ensuite le Saint Esprit nous donne le témoignage intérieur que nous sommes enfants de Dieu. Cette question importante n’est pas traitée dans ce livre qui se limite à étudier le cas de celui qui a déjà l’assurance du salut, mais qui craint de la perdre.

 

3                    Enfant de Dieu pour l’éternité

Avant d’aborder les versets qui peuvent troubler à propos de la perte du salut, il nous convient de bien nous affermir en recherchant ceux qui présentent des certitudes sur l’éternité de notre relation d’enfant de Dieu. C’est ce que nous ferons dans ce chapitre.

 

3.1   Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu

«Qui intentera accusation contre des élus de Dieu ? ... Qui est-ce qui nous séparera de l’amour du Christ ? ... je suis assuré que ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni choses présentes, ni choses à venir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur» (Rom. 8:33, 35, 38-39).

Dans ces versets, l’apôtre Paul ne laisse subsister aucun doute quant à la question que nous examinons. Rien, ni personne ne peut séparer de l’amour de Dieu celui qu’il a élu, et auquel il a manifesté son amour en Jésus Christ. L’expression «ni mort, ni vie» n’embrasse-t-elle pas tout ce qui peut exercer une influence ? Ni mort, ni vie ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. De même, dans le monde des esprits, il ne se trouve aucune puissance qui en soit capable : «Ni anges, ni principautés» (On peut voir dans les principautés» les anges qui sont tombés avec Satan ; voir Éph. 6:12). Paul ajoute encore «ni choses présentes, ni choses à venir». Peut-on imaginer un événement ou une expérience qui ne fasse pas partie de l’expression «ni choses présentes, ni choses à venir» ? Ainsi, celles-ci non plus ne peuvent nous séparer de l’amour de Dieu. L’apôtre continue «ni puissances, ni hauteur» — donc rien au ciel — «ni profondeur» — rien non plus dans le domaine de Satan — «ni aucune autre créature ne peut nous séparer de l’amour de Dieu». Ces versets nous montrent que le croyant est pour toujours à l’abri dans les mains de Dieu.

 

Oui, mais...

 

Contre ces certitudes, on peut objecter : Il est vrai que rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu, aussi longtemps que nous croyons, mais le doute produit en nous une séparation de l’amour de Dieu.

Il n’en est pas ainsi et nous le montrerons de trois manières différentes.

 

3.1.1       L’élection

Dans le verset que nous étudions, les croyants sont appelés des élus de Dieu. L’apôtre a déjà montré (Rom. 8:28 ) plus haut que «toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos».

Nous n’avons pas fait le premier pas vers Dieu spontanément, ce n’est pas nous qui l’avons aimé le premier. Dieu s’est penché vers nous et nous a appelés selon son propos éternel. Ainsi le salut vient de Dieu. Cette pensée est encore développée dans les versets qui suivent : «Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés» (Rom. 8:29-30).

Par nature nous n’aimons pas Dieu, et nous ne le recherchons pas. C’est Dieu qui, depuis longtemps déjà, avait des pensées de grâce envers nous. C’est Dieu qui nous a appelés par l’évangile et qui nous a justifiés. C’est Dieu qui nous glorifiera et ceci est déjà accompli en Christ.

Toute notre condition, tout ce que nous sommes comme chrétiens, repose sur ce que Dieu a fait et sur ce que Dieu est pour nous. Le plan de Dieu est comme une chaîne dont les maillons plongent dans l’éternité passée (préconnaissance et prédestination), pour traverser le temps (appel et justification) et se terminer dans la gloire de l’éternité future. C’est une chaîne d’or qui ne se rompt pas.

Il est important de remarquer qu’il n’est pas ici question de nous en tant que croyants, mais en tant qu’élus. L’élection donne à l’enfant de Dieu la certitude que son salut éternel ne peut être renversé !

Comment l’élection s’accorde-t-elle avec la responsabilité qu’a le pécheur de se repentir ? Dieu seul peut concilier ces deux aspects de la vérité. D’une part, Dieu est souverain dans son plan d’élection et n’a de compte à rendre à personne (Job 33:13 ; Rom. 9:20), et d’autre part l’homme est responsable de se convertir car Dieu «veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (1 Tim. 2:4 )  et il «ordonne ... que tous, en tous lieux, ... ils se repentent» (Act. 17:30).

 

3.1.2       La parfaite sécurité du croyant.

Dans ce passage de Romains 8, il n’est jamais question de ce qui se passe en nous, mais de ce que Dieu est, et de ce qu’il a fait. Bien sûr, c’est par la foi que nous savons que nous sommes des élus de Dieu et que nous avons été justifiés. Mais nous trouvons ici ce que Dieu a fait ; et ce qu’Il fait est indestructible. Même le doute que Satan peut insinuer dans l’âme ne peut porter atteinte à ce que Dieu est, ni à ce qu’il a fait. Il n’est pas en la puissance de Satan de nous séparer de l’amour de Dieu. Notre sécurité est parfaite.

Pour le montrer, l’apôtre va poser trois questions importantes.

 

• Qui sera contre nous ?

 

Réponse : Personne, car «Dieu est pour nous» (Rom. 8:31), et nous donnera librement tout ce qu’il nous faut. Quelle en est la preuve ? Il a livré son propre Fils pour nous (Rom. 8:32 ).

 

• Qui accusera des élus de Dieu ?

 

Réponse : Nul ne peut accuser ou condamner ceux que Dieu, détenteur de l’autorité suprême, déclare justes, car Jésus a été condamné à notre place sur la croix et est ressuscité pour notre justification (Rom. 8:33-34 ; 4:25). Glorifié dans le ciel, il est notre garant en présence du Dieu juste.

 

• Qui nous séparera de l’amour de Christ ?

 

Réponse : Rien, ni personne. Puisque Christ est mort et est ressuscité, puisqu’il se tient à la droite de Dieu comme notre intercesseur permanent, quelle difficulté ou quelle puissance serait capable de couper ce lien d’amour qui nous unit à Christ et par lui à Dieu ?

Devant Dieu, personne ne peut s’opposer à un croyant, personne ne peut l’accuser, personne ne peut le condamner, et rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus. Ce passage établit de la manière la plus forte la parfaite sécurité de l’enfant de Dieu.

 

3.1.3       Enfant de Dieu

Dans ce qui précède, nous avons utilisé plusieurs fois l’expression «enfant de Dieu» sans en donner l’origine. Recherchons l’enseignement de la parole de Dieu sur cette expression car il éclaire très utilement le sujet. Le premier des passages qui utilise cette expression montre que c’est le privilège général de tous les croyants actuels d’être enfants de Dieu : «À tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, savoir à ceux qui croient en son nom» (Jean 1:12 ).

Lorsque le croyant est dans un état normal, l’Esprit de Dieu ayant sa libre action en lui, il est conscient de sa relation d’enfant de Dieu et apprécie de la vivre dès à présent (Rom. 8:16 ; 1 Jean 3:2 ). Cette nouvelle relation est un don de Dieu (1 Jean 3:1). Ceci donne au croyant une pleine certitude pour l’avenir dans la mesure où ce don, cette relation, dépend de Dieu et non pas de lui. C’est Dieu qui a agi comme pour les privilèges déjà considérés à propos des passages de Romains 8.

Après avoir parlé des privilèges et des responsabilités du croyant en tant qu’enfant de Dieu, l’apôtre Jean dit : «Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu» (1 Jean 5:13). Qu’est-ce qui pourrait porter atteinte à de telles certitudes ? Un enfant peut être désobéissant, mais sa qualité d’enfant ne cesse pas pour autant. Ainsi, ceux qui ont cru au Seigneur Jésus sont enfants de Dieu et bénéficient des conséquences éternelles de cette condition qui dépend de Dieu et non pas de l’homme.

Comment devient-on enfant de Dieu ? Par la nouvelle naissance produite en nous par le moyen de la Parole de Dieu et de l’Esprit. Cette nouvelle naissance nous introduit une fois pour toutes dans le domaine de la nouvelle création. Sur le plan physique, un homme ne passe par la naissance qu’une fois ; il en est de même sur le plan spirituel, le croyant passe par la nouvelle naissance une seule fois et les effets en sont pour l’éternité.

Comment Dieu montre-t-il qu’il reçoit comme son enfant celui qui croit ? Il le scelle de son Esprit : «Ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse» (Éph. 1:13). Ce sceau de l’Esprit n’est pas quelque chose de provisoire, le croyant est scellé «pour le jour de la rédemption» (Éph. 4:30), c’est-à-dire pour le salut final et complet du croyant, même si celui-ci attriste cet Esprit par des fautes durant sa vie. Dieu ne se trompe pas, il marque de son Esprit celui qui lui appartient pour toujours. Assurément, nous sommes enfants de Dieu pour l’éternité, et nous faisons pour toujours partie du corps de Christ. Dieu nous a donné sa vie, sa nature, son Esprit, et nous a unis à son Fils. Or «les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir» (Rom. 11:29).

Ainsi, ce que dit la parole de Dieu, à la fois sur l’élection du croyant, sa sécurité et sa condition d’enfant de Dieu, l’autorise à s’appuyer, pleinement et sans restriction, sur la certitude que rien ne peut ni ne pourra le séparer de l’amour de Dieu. Aucune objection valable ne peut ébranler cette certitude.

 

3.2   Personne ne les ravira de ma main

Voici un deuxième passage qui établit la sécurité du croyant : «Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous, et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un» (Jean 10:27-30).

Ces paroles du Seigneur sont tellement fortes dans leur simplicité, et tellement suffisantes pour établir la parfaite sécurité du croyant ! Que nous faut-il de plus ? Comment peut-on y retrancher quoi que ce soit, si ce n’est par incrédulité ?

Au jour du jugement, Jésus Christ répondra à ceux qui l’ont appelé «Seigneur, Seigneur» , sans pourtant lui appartenir : «Je ne vous ai jamais connus» (Matt. 7:23). Mais, puisqu’il dit de ses brebis : «Je les connais» (Jean 10:27), il ne pourra pas dire plus tard à l’une d’elles qu’il ne l’a jamais connue !

Jésus Christ dit : «Elles ne périront jamais». Si certains ajoutent : Ceci ne vaut, bien sûr, qu’aussi longtemps qu’elles restent ses brebis, nous répondons : Jésus Christ dit d’une part «Personne ne les ravira de ma main» ; et d’autre part «Personne ne peut les ravir de la main de mon Père».

Certains peuvent encore objecter : «Mais elles peuvent s’arracher de cette main en abandonnant la foi» ; cette pensée est sans fondement dans l’Écriture. La main qui les tient est une main divine et il n’est pas en leur pouvoir de quitter cette main.

 

3.3   Rendus parfaits à perpétuité

Voyons sur quels fondements repose le salut éternel du croyant. L’auteur de l’épître aux Hébreux oppose le sacrifice de Jésus Christ, fait une fois pour toutes, aux sacrifices toujours renouvelés du temps de la loi. Un Israélite ne pouvait pas affirmer que, par un seul sacrifice, la question du péché et du libre accès jusqu’à Dieu avait été réglée pour lui, à toujours (Héb. 10:2). Même les sacrificateurs ne trouvaient pas non plus le repos à cet égard. Ils n’étaient pas assis, mais se tenaient debout, toujours en activité (Héb. 10:11). Mais pour le croyant du temps de l’Église, il est écrit : «C’est par cette volonté (c’est-à-dire par la volonté de Dieu), que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes» (Héb. 10:10).

Jésus Christ s’est assis à la droite de Dieu. Sur la base de ce seul et parfait sacrifice, les croyants sont sanctifiés et sont rendus parfaits à perpétuité (Héb. 10:14). Pour combien de temps sont-ils rendus parfaits ? Tant qu’ils croiront ? Non, ils sont rendus parfaits à perpétuité ! Si quelqu’un enseigne que des rachetés peuvent perdre le salut — avec la conséquence qu’ils doivent à nouveau «se convertir» de leur état de pécheur pour devenir enfants de Dieu — il rabaisse, par-là, la valeur du sacrifice de Jésus Christ à celle d’un sacrifice de l’Ancien Testament.

 

3.3.1       Et nos péchés futurs ?

Arrêtons-nous un instant sur le raisonnement de ceux qui retiennent la doctrine de la perte possible du salut pour un pécheur racheté.

Laissons s’exprimer à ce sujet, un homme qui a retenu cet enseignement pendant un certain temps. Il s’agit de l’évangéliste américain Ironside. Il dit : «Lorsque je me suis converti, j’ai pensé que tous mes péchés commis depuis le moment où Dieu m’a tenu pour responsable, jusqu’à l’instant où j’ai mis ma confiance dans le Seigneur Jésus, avaient été ôtés. Dieu me laissait commencer une nouvelle vie, et si, dès lors, je maintenais pur jusqu’à la fin le déroulement de ma vie, je pourrais aller au ciel. Mais si je ne le maintenais pas pur, je cessais alors d’être un chrétien, et je devais de nouveau me convertir. Chaque fois que je me convertissais à nouveau, je pouvais me reposer sur le sang de Jésus pour mon passé, mais pour l’avenir, il m’appartenait de maintenir pur le déroulement de ma vie».

Il ajoute alors ceci : «Plus tard, j’ai compris combien cette doctrine est déshonorante pour Dieu ! Si seuls les péchés commis avant la conversion sont expiés par le sang de Christ, comment peuvent être expiés les péchés commis après ma conversion et que j’ai pourtant confessés devant Dieu (1 Jean 1:9) ? Le seul fondement pour Dieu, pour pardonner les péchés, est le sang de Christ qui a été versé une fois pour toutes. C’est là le sang qui «purifie de tout péché» (1 Jean 1:7) : sa valeur est permanente.

Christ n’est pas seulement mort pour les péchés que nous avons commis avant notre conversion, mais aussi pour ceux que nous pouvons encore commettre ultérieurement. Lorsque Christ porta «nos péchés en son corps sur le bois (de la croix)» (1 Pi. 2:24), il s’agissait bien de péchés futurs par rapport au moment où il les a expiés.

 

3.3.2       Une autorisation de pécher ?

N’est-ce pas là une affirmation dangereuse, qui nous accorderait une autorisation de pécher ? En aucune manière ! S’il est vrai que celui qui a reçu Jésus Christ comme son Sauveur n’aura à répondre au jour du jugement d’aucun de ses péchés, car Christ les a tous portés à sa place sous le jugement de Dieu, il est également vrai que le croyant acquiert, dès sa conversion, une nouvelle responsabilité, celle d’enfant de Dieu devant son Père. Si un enfant de Dieu pèche, Dieu s’occupera de lui dans son gouvernement à propos de ce péché, non pas en tant que juge, mais en tant que Père. Sans trop s’attarder sur ce sujet, on peut montrer quelles sont les conséquences d’une marche dans le péché pour l’enfant de Dieu.

1° Il perd la joie du salut et pourra même ne plus être assuré de son salut, bien qu’il demeure sauvé.

2° Il perd la communion avec le Père et se trouve sous sa discipline qui a pour but de ramener son enfant d’un chemin d’égarement. Il perd également la communion avec le Seigneur Jésus.

3° Il perd la communion avec les autres croyants et tombe sous la discipline de l’assemblée.

4° Pendant tout le temps où il vit dans le péché, il perd la récompense future liée à la fidélité. Être sauvé est une chose, recevoir la récompense en est une autre ; cela est bien clair dans la Parole (1 Cor. 3:14-15 ; 2 Cor. 5:10).

Seul celui qui est véritablement un enfant de Dieu, ressent le sérieux de ces choses, et comprend que pécher coûte cher. En tout cas, l’activité du Seigneur comme avocat (1 Jean 2:1 ; Jean 21:15-17) ne le laissera pas poursuivre un chemin de péché avec une conscience tranquille, mais travaillera à sa restauration et au rétablissement de relations de communion avec Lui, le Seigneur, avec son Dieu et Père, et avec ses frères.

 

3.4   Le salut est l’oeuvre de Dieu

Déjà l’Ancien Testament déclarait que tout ce que Dieu fait subsiste à toujours (Écc. 3:14). Combien plus pouvons-nous nous attendre à ce que le salut opéré par Dieu dans le don de son Fils ait pour nous des conséquences éternelles.

 

3.4.1       Dieu achèvera son oeuvre

Je suis «assuré de ceci même, que celui qui a commencé en vous une bonne oeuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ» (Phil. 1:6).

Et encore : «Jésus Christ, qui aussi vous affermira jusqu’à la fin pour être irréprochables dans la journée de notre Seigneur Jésus Christ» (1 Cor. 1:7-8 ; voir aussi 2 Thes. 3:3).

Ces deux versets montrent clairement que Dieu poursuit en nous son oeuvre jusqu’à ce que nous atteignions la gloire. Pourtant, celui qui pense que le croyant peut perdre le salut, citera aussitôt le passage (Matt. 24:13) : «Celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé». Il sous-entend par là, qu’il y a des croyants qui ne persévèrent pas et qui seront perdus. Cette déduction est fausse, mais nous y reviendrons plus tard (voir paragraphe 4.2.1).

Dans les deux versets cités, il n’est pas parlé de notre persévérance, mais de la persévérance de Dieu et de celle du Seigneur Jésus. L’oeuvre de la conversion et de la foi dans nos coeurs n’est pas vue ici comme notre oeuvre, mais comme l’oeuvre de Dieu, et par là on touche le fond du problème.

Par la prédication de l’évangile, Dieu met l’homme devant sa responsabilité de recevoir la bonne nouvelle du salut : «Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie» (Apoc. 22:17). Un évangéliste devrait toujours présenter le salut de telle sorte qu’il soit clair que la responsabilité se trouve du côté du pécheur, sans pourtant oublier l’autre face : le salut d’un pécheur est l’oeuvre de Dieu.

Nous ne pouvons pas concilier ces deux choses avec notre intelligence limitée. Nous devons les recevoir toutes les deux par la foi pour ne pas tomber dans des conceptions opposées, inspirées d’un seul des deux aspects de la vérité. En effet, certains insistent uniquement sur la responsabilité du pécheur de se convertir, et font ainsi du salut une affaire humaine, tout en maintenant que Christ a dû donner sa vie sur la croix pour que ce salut soit possible. D’autres excluent la responsabilité de l’homme et disent : «cela ne peut que t’être donné ; Dieu doit l’accomplir».

Quoi qu’il en soit, Dieu achèvera l’oeuvre qu’il a commencée et Jésus Christ nous affermira jusqu’à la fin. La question n’est pas de savoir si nous persévérons, mais si Dieu persévère. Et puisqu’il persévère, nous persévérons par lui jusqu’à la fin.

Dieu achèvera son oeuvre en nous, malgré nos défaillances, parce que Christ est le médiateur de notre salut. Il intercède continuellement dans le ciel pour chacun de nous et son intercession est toujours efficace car elle est fondée sur la valeur éternelle de son sang devant Dieu. Ainsi, nous sommes continuellement «sauvé par sa vie» (Rom. 5:10), car «il est toujours vivant pour intercéder» (Héb. 7:25 ; voir aussi 1 Jean 2:1) pour nous.

 

3.4.2       Une nouvelle création

«Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici toutes choses sont faites nouvelles» (2 Cor. 5:17). Voilà une preuve supplémentaire de l’éternité du salut.

Adam est le chef de race de tous les hommes. Parce qu’il s’est rendu indépendant de Dieu dans le jardin d’Eden, il est devenu un pécheur dans sa nature et dans ces actes. Aussi, tous ses descendants sont nés pécheurs et sur tous repose la sentence de mort (Rom. 5:12 et 2 Cor. 5:14).

Jamais un homme n’est venu au monde sans être de la race d’Adam, sauf le Seigneur Jésus Christ. Il fut conçu de l’Esprit Saint de façon miraculeuse (Matt. 1:20 ; Luc 1:35). Trois versets rendent clairement témoignage de sa pureté absolue : Il «n’a pas commis de péché» (1 Pi. 2:22), témoigna Pierre. Il «n’a pas connu le péché» (2 Cor. 5:21) (comme puissance séductrice) écrit Paul. «Il n’y a point de péché en lui» (1 Jean 3:5) déclare Jean. Jésus Christ est descendu vers nous, a pris nos péchés sur lui, fut fait péché, et entra volontairement dans la mort. Il est descendu dans l’abîme, dans lequel nous nous trouvions spirituellement par rapport à Dieu. Mais il est aussi ressuscité. Il n’est pas resté dans la mort, mais en est sorti en puissance et avec majesté par la résurrection. Cependant, ce n’est pas seulement pour lui qu’il a fait cela. L’Écriture dit : «(Dieu) nous a vivifiés ensemble avec le Christ... et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (Éph. 2:5-6).

Cela signifie que Dieu ne nous a pas de nouveau replacés dans la condition où se trouvait Adam avant sa chute, mais qu’il a créé pour nous quelque chose d’entièrement nouveau : nous appartenons maintenant, en Christ, a une nouvelle création, sur le terrain de la résurrection.

Et parce que nous appartenons à la nouvelle création, nous ne pouvons plus jamais être perdus.

 

Encore une fois : Oui, mais...

 

Certains peuvent se demander : «Est-ce que cela n’est pas seulement valable tant que l’on garde la foi ?»

Nous n’avons pas décidé nous-mêmes de naître, dans la première création, comme descendants d’Adam. De même, la nouvelle création n’est pas notre oeuvre mais celle de Dieu : «Car vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur le principe des oeuvres, afin que personne ne se glorifie ; car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus, pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles» (Éph. 2:8-10).

Ce passage, et d’autres avec lui (2 Cor. 5:15-18 ; 2 Tim. 1:9-10 ; Rom. 3:28), montrent très clairement que le salut est l’oeuvre de Dieu. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que Dieu veut ôter tout motif qui pourrait entraîner le pécheur sauvé à se glorifier et à s’élever. Si nous étions sauvés sur le principe de nos propres oeuvres, alors nous pourrions nous glorifier de quelque chose. Non, dit l’Écriture, vous ne pouvez être sauvés que sur le principe de la foi dans l’oeuvre accomplie par Jésus Christ.

Si cette foi résultait de notre propre capacité, alors nous aurions de quoi nous glorifier. Mais la Parole montre que la foi elle-même fait partie du don de Dieu (Éph. 2:8 ; Phil. 1:29). Si la persévérance dans la foi dépendait de moi, alors je pourrais encore m’en glorifier. Mais ce motif de nous glorifier nous est aussi retiré. C’est l’oeuvre de Dieu du début jusqu’à la fin. Il a achevé en nous ce qu’il a commencé. Nous sommes une nouvelle création en vertu de ce qu’il a fait. Jamais nous ne pourrons détruire l’oeuvre de la nouvelle création de Dieu en nous.

Le croyant appartient à cette nouvelle création. Nous étions perdus à la suite du chef de la première création qui a failli et est tombé. Nous sommes sauvés parce que le chef de la nouvelle création ne sera jamais ébranlé et ne faillira jamais.

 

3.5   Celui qui croit a la vie éternelle

Nous avons vu qu’à la question «le croyant peut-il perdre le salut ?», des âmes inquiètes ne se satisfont pas de la réponse qui consiste à s’en tenir simplement au verset : «Qui croit au Fils a la vie éternelle» (Jean 3:36). On aurait pu aussi citer : «Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle» (Jean 3:16) et : «En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle, et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie» (Jean 5:24).

Ces trois passages sont convaincants en eux-mêmes, mais certaines personnes sont troublées et n’arrivent pas à s’appuyer sur ces vérités pour avoir la paix. Aussi pour expliquer leur riche portée, nous devons examiner ce que signifie «la vie éternelle». En effet il existe plusieurs conceptions insuffisantes de la vie éternelle. Pour certaines personnes, elle implique seulement une existence éternelle. Pour d’autres, elle signifie qu’un croyant, s’il persévère dans la foi, vivra pour l’éternité dans un état de perfection avec le Seigneur Jésus. Enfin quelques-uns considèrent la vie éternelle comme un don, que l’on reçoit ici-bas, et que l’on doit garder jusqu’au jour de sa mort, pour en expérimenter toute la gloire. Examinons en détail ces trois conceptions.

 

3.5.1       Vie éternelle et existence éternelle

Depuis la chute de l’homme, la vie naturelle est marquée par la mort (Rom. 5:12 ; Gen. 2:17). Celle-ci ne concerne pas seulement notre condition spirituelle, mais aussi notre corps (Rom. 5:14 ; Héb. 9:27). Aucun homme ne peut exister éternellement, en tant que pécheur, sur cette terre. Nous sommes ainsi soumis à la mort du corps. Ensuite l’homme inconverti doit comparaître devant Dieu pour être, après son jugement, jeté dans l’étang de feu qui est la seconde mort, la mort éternelle (Apoc. 20:11-15). Il continuera néanmoins éternellement d’exister (Matt. 10:28 ; Luc 16:23) bien qu’il soit éternellement mort. La vie éternelle n’est donc pas la même chose qu’une «existence éternelle» , elle est beaucoup plus que cela.

 

3.5.2       La vie éternelle, notre part présente

 

La vie éternelle est également davantage qu’une vie future dans la perfection auprès du Seigneur Jésus, bien qu’elle comporte aussi cette signification. L’Écriture parle dans ce sens-là de «l’espérance de la vie éternelle» (Tite 1:2) et cela concerne le plein accomplissement de tout ce que Jésus Christ a opéré pour le croyant. Notre âme est déjà sauvée par la foi, mais le salut de notre corps est encore à venir (Rom. 8:22-25). En ce qui le concerne, il est «sauvé en espérance» et nous attendons encore la rédemption. Lorsque Jésus Christ reviendra, il transformera nos corps misérables pour les rendre conformes à son corps glorieux (Phil. 3:21). Alors nous recevrons la vie éternelle dans sa plénitude, car même notre corps y aura part. Bien d’autres passages, essentiellement dans les écrits de l’apôtre Paul, présentent la vie éternelle comme une possession à venir (Rom. 2:7 ; Gal. 6:8 ; 1 Tim. 1:16 ; 1 Tim. 6:12, 19 ; Tite 1:2 ; 3:7).

Cependant la vie éternelle est aussi notre part présente. L’apôtre Jean nous la montre ainsi dans son évangile et dans ses épîtres. L’Esprit témoigne par lui, que le croyant possède déjà maintenant la vie éternelle. Les trois passages de son évangile cités plus haut le montrent clairement.

 

3.5.3       Celui qui a le Fils a la vie

Il n’est pas juste de comparer la vie éternelle avec un cadeau précieux, que nous emportons avec nous et sur lequel nous devons veiller soigneusement, afin de ne pas le perdre. La vie éternelle n’est pas quelque chose qui est ajouté à la vie naturelle, mais elle est de nature entièrement nouvelle par rapport à celle-ci. L’Écriture présente le croyant comme un homme qui est dans une condition toute nouvelle : Il est «passé de la mort à la vie» (1 Jean 3:14). Le croyant ne possède pas la vie d’une façon indépendante : il est «en Christ», lié à Lui, participant de sa vie (Rom. 6:23 ; 1 Jean 5:11 ; 2 Cor. 5:17).

La vie naturelle d’un homme commence à sa naissance et se manifeste dans toute son existence. De même, la vie éternelle commence à la nouvelle naissance du croyant et se manifeste tout au long de sa nouvelle existence d’enfant de Dieu. Nous ne transportons pas notre vie naturelle avec nous comme un paquet. De même, nous n’avons pas la vie éternelle comme un cadeau que l’on pourrait perdre.

De plus, cette vie éternelle ne peut avoir de fin. Ce serait une contradiction en soi que la vie éternelle ait une fin. Elle ne serait plus la vie éternelle. Elle serait semblable à la vie naturelle qui est assujettie à la mort.

 

3.5.4       La vie éternelle est la vie divine

Supposons qu’il y ait sur la terre un homme qui puisse vivre perpétuellement. Cet homme ne posséderait pas pour autant la vie éternelle. Il n’aurait que la vie naturelle qu’il a reçue d’Adam à sa naissance. La vie naturelle de cet homme n’aurait simplement pas de fin.

La vie éternelle n’est pas seulement une vie qui n’a pas de fin, mais c’est aussi une vie de caractère divin : «Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle» (1 Jean 5:20). Le Seigneur Jésus a dit aussi : «C’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (Jean 17:3).

La vie éternelle consiste à connaître Dieu et Jésus Christ, à être dans une relation vivante avec le Père et le Fils. Cela signifie donc avoir la vie de Christ. La vie éternelle est la vie divine. Celui qui a la vie éternelle, participe, comme l’apôtre Pierre l’écrit (2 Pi. 1:4), à la nature divine. Cette vie peut-elle avoir une fin ? Peut-elle mourir en nous, cette vie qui a vaincu la mort dans la résurrection de Christ ? Impossible. C’est pourquoi, tous les passages parlant du fait que le croyant possède la vie éternelle sont des preuves certaines qu’aucun croyant ne peut être perdu.

 

3.6   Autres preuves

En conclusion, nous apporterons encore trois preuves de l’éternité du salut.

Si la possibilité existait pour un croyant de perdre son salut, alors personne ne pourrait dire avec certitude qu’il ira au ciel, personne ne pourrait savoir s’il est réellement sauvé. La Bible montre cependant que nous pouvons avoir des certitudes.

Considérant la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, nous pouvons affirmer avec Job : «Je sais que mon rédempteur est vivant, ... et de ma chair, je verrai Dieu» (Job 19:25, 26).

Considérant notre vie terrestre, dans laquelle nous rencontrons tant de circonstances adverses, nous pouvons dire : «Mais nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos» (Rom. 8:28).

Considérant l’avenir, nous pouvons dire avec l’apôtre Paul : «Car nous savons que, si notre maison terrestre qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux» (2 Cor. 5:1).

Tel est le langage de la foi qui s’appuie sur la parole de Dieu.

 

4                    Le Salut peut-il se perdre ?

Bien, pourrait dire quelqu’un, vous avez cité maintenant beaucoup de passages qui prouvent la sûreté du salut du croyant, mais il y en a tout autant, voire plus, qui parlent de l’abandon, du rejet ou du naufrage de la foi !

C’est vrai, aussi allons-nous maintenant examiner avec soin ces passages souvent difficiles. Nous le ferons en gardant en mémoire les versets de la Bible examinés précédemment qui montrent qu’un enfant de Dieu ne peut plus être perdu. Pour les nouveaux passages étudiés, nous regarderons s’ils concernent vraiment des croyants, ou bien seulement des hommes qui se nomment chrétiens, mais ne sont pas nés de nouveau.

Au cours d’une telle recherche, nous ne devons jamais utiliser des passages que nous ne comprenons pas entièrement, pour rejeter un autre passage qui ne permet pas d’hésitation. C’est pourquoi nous ne pouvons que recommander vivement d’examiner sérieusement, la Bible en main, ce qui a été présenté ci-dessus.

Beaucoup de difficultés viennent du fait que le salut a une portée très large. Pour chaque passage, il faudra donc rechercher quelle est la véritable signification des mots «salut» ou «sauver». La Parole considère trois aspects (1*) du salut

a) le salut initial de l’âme (2*), salut éternel obtenu à la nouvelle naissance,

b) le salut journalier (3*), c’est-à-dire les délivrances divines journalières au milieu des difficultés dans le chemin vers le but céleste,

c) le salut final en gloire (4*), c’est-à-dire l’entrée dans la gloire à la venue de Christ.

Le croyant a l’assurance, dès le moment de sa nouvelle naissance, qu’il est déjà sauvé pour l’éternité, et qu’il sera sauvé «entièrement» , «jusqu’à l’achèvement», selon l’expression de l’épitre aux Hébreux (5*), c’est-à-dire jusqu’à l’entrée dans la gloire avec Jésus. Ce qui lui donne cette assurance, c’est qu’il est constamment soutenu par l’intervention toute-puissante de Christ exerçant la sacrificature pour nous auprès de Dieu. Nous recevons ainsi chaque jour le secours dont notre faiblesse a besoin.

(1*) En dehors de ces trois aspects présentés ci-après, la plupart des passages de l’Écriture présentent le salut comme l’oeuvre de Dieu, en délivrance, soit pour Israël dans la plupart des versets de l’Ancien Testament soit pour tous les hommes, par l’oeuvre de Christ à la croix, déjà dans l’Ancien Testament (És. 49:6 cité en Act. 13:47), mais aussi dans la plupart des passages du Nouveau Testament. Par exemple, les passages de Rom. 1:16 et 11:11 et Héb. 2:3 et 10 englobent les trois aspects donnés ci-après.

(2*) 1 Pi. 1:9 ; Rom. 1:16 ; 10:10 ; 1 Cor. 1:18 ; Éph. 6:17.

(3*) Phil. 1:19 ; 2:12 ; 2 Cor. 1:6 ; 7:10

(4*) Rom. 13:11 ; Héb. 9:28 ; 1 Pi. 1:5 ; Phil. 3:20

(5*) Héb 7:25 (voir la note de traduction)

 

4.1   L’homme n’est-il pas libre ?

On affirme que la volonté de l’homme est libre. Il ne serait sauvé que tant qu’il se consacre aux choses de Dieu. Un croyant pourrait décider, par un acte de sa volonté, de renier Jésus Christ, ce qui rendrait l’élection inopérante. Ne serait-il pas alors à nouveau perdu ?

Avant la chute, l’homme avait bien une volonté libre, c’est-à-dire, qu’il avait la possibilité — non pas le droit — de se décider contre Dieu. Mais depuis la chute, un homme naturel est esclave (Jean 8:34 ; Rom. 6:17) du péché et asservi ainsi à la puissance (Act 10:38 ; Héb. 2:15) de Satan. C’est pourquoi il doit se tourner du pouvoir de Satan vers Dieu (Act. 26:18). En fait, c’est Dieu, le Père, qui nous a délivrés du pouvoir des ténèbres (Col. 1:13).

Personne n’est sauvé par une vie de dévouement, mais seulement parce qu’il est né de nouveau, et il sera gardé par la puissance de Dieu (1 Pi. 1:5). De même un croyant ne choisit pas de rester croyant, mais Dieu l’a prédestiné pour l’adopter comme un fils pour l’éternité selon le bon plaisir de sa volonté (Éph. 1:4-6). Celui qui enseigne qu’un croyant peut perdre le salut, voudrait-il annuler la volonté de Dieu ? La volonté de l’homme n’est pas libre : elle est si entièrement pécheresse et mauvaise, que personne ne pourrait être sauvé, si Dieu n’avait pas élu et appelé des hommes (Jean 6:44). Cela n’enlève rien à la responsabilité du pécheur de se convertir (*).

(*) Voir les paragraphes 3.1.1 et 3.4.1

4.2   Sauvé sous condition ?

Regardons d’abord les passages qui semblent donner une condition au maintien du salut.

 

4.2.1       Et si quelqu’un ne persévère pas ?

 

«Celui qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé» (Matt. 24:13),

«Si vous persévérez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples» (Jean 8:31).

De ces passages, on conclut que si quelqu’un ne persévère pas, ou ne demeure pas dans la parole du Seigneur, il va à la perdition. Cette conclusion est correcte, mais nous allons voir qu’elle ne concerne pas la perdition éternelle de l’âme.

Dans le premier passage, il s’agit des croyants de la période qui suivra l’enlèvement de l’Église, juste avant que le Seigneur n’établisse son règne de justice et de paix. Il y aura alors des persécutions effroyables qui feront fléchir beaucoup de fidèles. Seuls ceux qui persévéreront jusqu’à la fin, seront sauvés dans le sens où ils accueilleront le Seigneur et entreront dans son royaume. Le verset qui suit confirme cette explication car il y est question de «l’évangile du royaume» et non de l’évangile de la grâce qui nous concerne actuellement. Ainsi ce passage ne concerne pas directement le croyant du temps de l’Église, bien qu’il comporte une exhortation à la persévérance valable pour tous les temps.

Dans le deuxième passage, il est question d’être disciple du Seigneur. Le mot disciple signifie simplement «élève, celui qui écoute l’enseignement». Un vrai disciple est celui qui met en pratique l’enseignement en y persévérant. Écouter un enseignement ou le mettre en pratique sont deux choses bien différentes (Jac. 1:22). Il n’est pas question ici du salut qui consiste à être justifié devant Dieu par la simple foi en l’oeuvre de Christ.

Ce passage est à rapprocher du verset : «Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n’est propre pour le royaume de Dieu» (Luc 9:62 ). Mettre la main à la charrue est un bon départ. Cependant celui qui se retourne, et met père et mère au-dessus du Seigneur, montre que son coeur n’est pas avec le Seigneur. Dans le livre de Ruth, Orpa avait bien commencé. Cependant, lorsqu’elle se trouva en face du choix décisif, elle laissa Israël et le Dieu d’Israël et choisit Moab (Ruth 1:14-15). De même, la femme de Lot sortit de Sodome, mais se retourna pour regarder et resta en arrière ; son coeur demeurait encore à Sodome, même si ses pieds en étaient déjà sortis. Elle a finalement désobéi au message du salut et fut perdue (Gen. 19:26). L’une et l’autre ont perdu leur vie sur la terre. Nous ne pouvons savoir ce qu’il en est du salut éternel de leur âme, bien que le fait de ne pas persévérer dans la foi laisse penser qu’elles ne possédaient pas la vie de Dieu.

 

4.2.2       Et si quelqu’un n’est pas fidèle ?

En relation avec ce qui précède, on cite souvent : «Sois fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie» (Apoc. 2:10).

Si quelqu’un n’est pas fidèle jusqu’à la mort, alors on en conclut, qu’il n’obtiendra pas non plus la vie éternelle. Dans ce passage, il n’est cependant pas question de salut, mais de récompense. Il n’est pas dit que celui qui est fidèle obtiendra la vie éternelle, mais la couronne de vie. Il s’agit ici de la récompense et non du salut, comme en Col. 2:18 : «Que personne ne vous frustre du prix du combat». L’Écriture parle de cinq couronnes :

* La couronne incorruptible, récompense d’une course persévérante dans le combat chrétien (1 Cor. 9:25-26).

* La couronne du serviteur, récompense d’un service fidèle pour le Seigneur (1 Thes. 2:19 ; Phil. 4:1).

* La couronne de justice, récompense d’une marche dans la justice pratique que le Seigneur approuvera publiquement au jour de son apparition (2 Tim. 4:8).

* La couronne de vie, récompense de la fidélité dans l’épreuve et les souffrances pour Christ, même jusqu’à la mort (Jac. 1:12 ; Apoc. 2:10).

* La couronne inflétrissable de gloire, récompense du dévouement de ceux qui paissent le troupeau de Dieu (1 Pi. 5:2-4).

Il se pourrait que je ne reçoive aucune de ces couronnes promises aux vainqueurs, et cependant que je sois sauvé. L’Écriture dit : «Si l’ouvrage de quelqu’un vient à être consumé, il en éprouvera une perte, mais lui-même, il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu» (1 Cor. 3:15). Évidemment aucun enfant de Dieu ne souhaiterait être sauvé de cette manière. Personne ne voudrait être délivré les mains vides comme Lot sortant de Sodome.

 

4.2.3       Et si quelqu’un se retire ?

«Plusieurs de ses disciples se retirèrent ; et ils ne marchaient plus avec lui» (Jean 6:66).

Un grand nombre de disciples suivaient le Seigneur. Cependant lorsqu’il parle de ses souffrances et de sa mort et qu’il leur dit qu’ils n’auraient la vie éternelle et ne demeureraient en communion avec lui que s’ils mangeaient sa chair et buvaient son sang, images de la foi au Sauveur mort pour eux, alors ils se retirent. Cet enseignement était trop dur pour eux. Ils ne voulaient pas recevoir cette parole. Cet épisode montre que la pensée d’avoir part à la mort du Seigneur comme une nécessité pour avoir la vie est insupportable à l’homme naturel, même s’il était initialement animé de bons sentiments.

Il y a là un avertissement solennel pour tous, y compris ceux qui sont réellement des croyants et disciples du Seigneur. On ne peut à la fois suivre le Seigneur et marcher selon nos propres préférences ou nos propres idées, refusant ainsi un évangile qui offre un salut qui passe par la mort du Sauveur, et la participation du croyant à cette mort. La Parole ne permet toutefois pas d’en dire plus sur ceux qui se sont retirés. Certains, comme Joseph d’Arimathée (1*), étaient tout de même disciples dans leur coeur mais sans témoignage public, d’autres n’étaient disciples qu’extérieurement. L’apôtre Jean dit à ce sujet : «Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres ils fussent demeurés avec nous» (2*).

(1*) Joseph d’Arimathée avait, semble-t-il, réellement cru, même s’il n’était disciple qu’en secret (Jean 19:38 ; 12:42)

(2*) 1 Jean 2:19, voir aussi Jean 2:23-25

 

4.2.4       Et si quelqu’un s’en va ?

Alors que plusieurs disciples s’étaient retirés, le Seigneur Jésus demande aux douze : «Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ?» (Jean 6:67). Quel sens a cette question si, au fond, les disciples ne peuvent pas abandonner le Seigneur ?

Premièrement, les douze n’étaient pas tous de vrais disciples. Judas était avec eux, et cette question était très certainement un appel à sa conscience. Ensuite, les disciples, tout en croyant dans leur coeur, risquaient d’abandonner momentanément le chemin difficile d’un témoignage public.

Cependant cette question a une autre portée. Le Seigneur la pose afin de toucher le coeur des douze. Et Simon Pierre donne la réponse qui doit jaillir du coeur de chaque croyant : «Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle» (Jean 6:68).

 

4.3   Et si quelqu’un abandonne la foi ?

Toute une série d’autres objections se fondent sur des passages qui parlent d’apostasier de la foi, de renier la foi, de faire naufrage quant à la foi, de foi vaine, etc... Nous les citerons en les commentant brièvement.

 

4.3.1       Apostasie collective

«Car ce jour-là ne viendra pas que l’apostasie ne soit arrivée auparavant et que l’homme de péché n’ait été révélé, le fils de perdition qui s’oppose et s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu» (2 Thes. 2:3-4).

Ce passage parle de l’apostasie collective qui est un sujet différent de celui de l’abandon de la foi personnelle. L’apostasie concerne le temps futur, où toutes les vérités de la foi chrétienne seront abandonnées sous l’influence de l’antichrist. Ce fils de perdition s’élèvera contre toute forme d’honneur rendu à Dieu et se fera lui-même adorer comme Dieu. Nous vivons déjà aujourd’hui le germe de ce qui éclatera plus tard au grand jour. De bien des manières, les fondements de la foi chrétienne sont secoués. Beaucoup ont jeté par-dessus bord ce qu’ils avaient autrefois reconnu. Depuis un siècle, une partie de la chrétienté a renié la divinité de Jésus Christ. Aujourd’hui, on touche à l’autorité divine de la Parole écrite et l’on met en question la résurrection de Jésus Christ. Bientôt, la chrétienté de nom rejettera entièrement le contenu de la foi chrétienne et suivra l’antichrist. C’est ici l’apostasie qui doit arriver, avant que vienne le jour du Seigneur (2 Thes 2:2-3).

Nous trouvons les mêmes pensées dans l’épître aux Romains. Les branches de l’olivier «ont été arrachées pour cause d’incrédulité, et toi tu es debout par la foi. Ne t’enorgueillis pas, mais crains (si en effet Dieu n’a pas épargné les branches qui sont telles selon la nature) qu’il ne t’épargne pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : la sévérité envers ceux qui sont tombés ; la bonté de Dieu envers toi, si tu persévères dans cette bonté ; puisque autrement, toi aussi, tu seras coupé» (Rom, 11:20-22).

Il ne s’agit pas ici de l’abandon de la foi personnelle, comme le montre le contexte des chapitres 9 et 10. L’apôtre parle des juifs et les appelle branches de l’olivier. Israël était le porteur du témoignage de Dieu sur la terre. Les promesses lui étaient destinées et il était l’objet de la miséricorde de Dieu. Mais, à cause de son incrédulité, il a été coupé et à sa place furent greffées les autres nations. La miséricorde de Dieu se tourne maintenant vers les non-Juifs et suscite un témoignage au milieu d’eux. Mais si les nations méprisent la bonté de Dieu, le témoignage divin leur sera également ôté comme le fut le témoignage juif, et Israël sera à nouveau greffé. La chrétienté apprécie-t-elle la bonté de Dieu ? Ce que nous voyons autour de nous montre que non. Nous allons donc vers le moment où Dieu mettra de côté le témoignage de la chrétienté. Le Seigneur fait dire à l’assemblée à Laodicée qui représente partiellement l’Église de la fin : «Parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche» (Apoc. 3:15-16).

 

4.3.2       Hyménée et Alexandre

De ce qui précède concernant l’apostasie globale de la chrétienté comme témoignage collectif sur la terre, il ne faudrait pas déduire que l’Écriture ne parle pas de l’apostasie individuelle de certains individus. En effet :

* Hyménée et Alexandre ont fait naufrage quant à la foi (1 Tim. 1:19-20),

* certains risquaient de renier la foi (1 Tim. 5:8),

* d’autres se sont écartés de la foi (1 Tim. 6:21),

* Hyménée et Philète avaient renversé la foi de quelques-uns (2 Tim. 2:17-18),

* quelques-uns apostasieront de la foi dans les derniers temps (1 Tim. 4:1),

* Paul avait envoyé Timothée auprès des Thessaloniciens pour connaître ce qu’il en était de leur foi, craignant que le tentateur ne les eût tentés et que son travail ne fût rendu vain (1 Thes. 3:5-6),

* quelques veuves s’étaient détournées après Satan (1 Tim. 5:15).

 

Avant d’étudier ces passages, il nous faut comprendre les trois significations différentes du mot «foi».

 

1° Le mot «foi» peut exprimer la foi personnelle en Jésus Christ, celle qui est liée au salut de l’âme. C’est une énergie produite par la grâce dans l’âme qui saisit les promesses de Dieu et le salut en Christ. C’est l’acceptation de ce que Dieu dit au sujet de son Fils et la réception du Sauveur. Par cette foi, nous sommes justifiés devant Dieu qui purifie nos coeurs par elle (Rom. 5:1 et Act. 15:9). Cette foi est liée à la nouvelle naissance et à la possession de la vie éternelle. Ce côté de la foi est essentiellement intérieur, et il est réservé à Dieu seul d’avoir la connaissance de sa réalité.

2° Le mot «foi» peut exprimer la confiance entière dans le Seigneur et dans sa Parole (1 Tim. 1:5, 1 Cor. 12:9, Matt. 21:21 et 2 Cor. 5:7). Ce côté de la foi est plus extérieur, et les hommes peuvent en avoir connaissance. C’est même le seul moyen, accessible aux autres hommes, y compris les croyants, leur permettant de reconnaître chez quelqu’un l’existence de la foi, dans le premier sens. Cet aspect de la foi est une force qui modifie le comportement et fait agir. Elle produit des oeuvres. Les témoins de la foi du chapitre 11 des Hébreux agirent tous «par la foi», elle était pour eux un principe d’action.

3° Le mot «foi» peut exprimer le contenu de la foi, ce que l’on croit, autrement dit de l’ensemble des vérités du christianisme, la doctrine chrétienne. Ainsi Jude nous exhorte «à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints» (Jude 3), et Paul avertit les Colossiens : «si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes» (Col. 1:23). On peut transmettre l’enseignement de la foi, alors que la foi personnelle en Jésus Christ, ainsi que la confiance pratique de la foi, ne peuvent se communiquer à d’autres.

 

Dans les passages cités au début de ce paragraphe concernant des apostasies individuelles, il s’agit principalement du troisième côté de la foi, même si le deuxième côté peut aussi être inclus. Il est question d’abandonner le contenu de la foi, en adhérant à de fausses doctrines, par exemple la doctrine selon laquelle la résurrection avait déjà eu lieu (2 Tim. 2:18). Il s’agit de faire profession de la connaissance faussement ainsi nommée (1 Tim. 6:20) ou de s’attacher à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons (1 Tim. 4:1). Paul parle, dans le même sens, de ceux qui se sont écartés de la vérité (2 Tim. 2:17). Un tel état s’accompagne généralement d’une perte de la confiance pratique (deuxième aspect de la foi). Mais la question de la foi personnelle dans le Seigneur Jésus (premier côté de la foi) n’est pas abordée dans ces passages, et Dieu seul sait ce qu’il en est (2 Tim. 2:19 et 1 Cor. 8:3). Elle peut ne pas avoir existé, auquel cas la personne se détourne sans avoir jamais eu la vie de Dieu ni aucun lien effectif avec Dieu. Elle peut exister et avoir produit la nouvelle naissance (*). Le croyant possède alors la vie divine qui demeure à toujours (Jean 10:28-29). Mais ces passages des épîtres à Timothée n’abordent pas ce point de vue.

(*) On peut citer le cas de Salomon qui, tout en étant un véritable croyant, s’est grandement détourné de son Dieu à la fin de sa vie et a pratiqué l’idolâtrie. La fin de Lot est également bien triste. On en déduirait facilement qu’il n’était pas sauvé si la Parole n’affirmait l’inverse en le qualifiant de juste c’est-à-dire de justifié (2 Pi. 2:7).

 

4.3.3       Et si notre foi est vaine ?

L’apôtre parle de la possibilité d’une foi vaine : «À moins que vous n’ayez cru en vain», «votre foi aussi est vaine» (1 Cor. 15:2, 14, 17). Dans ces versets, il s’agit véritablement de la foi qui conduit au salut. Mais quand donc cette foi serait rendue vaine ? S’il n’y avait pas de résurrection des morts !

Paul n’affirme en aucune manière que quelqu’un pourrait croire en vain dans le Seigneur Jésus parce qu’il pourrait abandonner cette foi. Ce qu’il dit ici n’est que la conclusion logique d’une fausse hypothèse. De fausses doctrines s’étaient introduites chez les Corinthiens. Quelques-uns disaient qu’il n’y avait pas de résurrection des morts. Si cela était vrai, la foi en Christ serait vaine, c’est-à-dire sans aucune valeur et nous serions encore dans nos péchés, et par là, perdus. Mais Christ est ressuscité, et la foi n’est pas une chose vaine.

Ailleurs, l’apôtre parle de recevoir la grâce en vain : «Nous exhortons à ce que vous n’ayez pas reçu la grâce de Dieu en vain» (2 Cor. 6:1). Collectivement les Corinthiens avaient reçu la grâce de Dieu qui avait produit de puissants effets au milieu d’eux. Cependant cette réception ne servait à rien si elle n’était suivie d’une foi individuelle et de coeur. C’est pourquoi l’apôtre les exhorte immédiatement après en leur rappelant que c’est aujourd’hui le jour du salut. On verra un enseignement semblable donné aux croyants hébreux (voir chapitre 4).

 

4.4   Et si quelqu’un renie le Seigneur ?

Plusieurs passages nous avertissent des graves conséquences d’un reniement du Seigneur. Analysons-les pour voir s’ils montrent qu’un croyant pourrait perdre le salut de son âme.

 

4.4.1       Lui aussi nous reniera !

«Quiconque me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux» (Matt. 10:33).

«Celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu» (Luc 12:9).

«Si nous le renions, lui aussi nous reniera» (2 Tim 2:12).

On peut renier le Seigneur en paroles, déclarer ne pas le connaître, mais aussi le faire en actions (Tite 1:16 ; 2 Pi 2:1 ; Jude 4). Ces versets sont des avertissements des plus solennels adressés à tous les chrétiens sans distinction, pour insister sur le sérieux de faire profession de christianisme. Il ne saurait être question d’en affaiblir la valeur sur nos consciences.

Le «si nous le renions», en 2 Tim. 2:12, a été donné pour les croyants à un moment où le mal était déjà tel dans l’assemblée qu’il était impossible de distinguer ceux qui avaient réellement la vie divine. L’assemblée était comme une grande maison dans laquelle il y a toutes sortes de vases qui représentent toutes sortes de personnes confessant le Seigneur.

Dans l’original, l’expression «si nous le renions» est au futur. Sa force semble correspondre à un reniement définitif et non à un acte temporaire. Ainsi, Pierre a nié connaître le Seigneur devant plusieurs témoins (Matt. 26:69-75 ;Luc 22:56-62). Mais ce reniement de la bouche a été momentané. C’était un croyant, ayant donc la vie divine. Il aimait le Seigneur dans le fond de son coeur et s’est repenti en pleurant amèrement aussitôt après sa défaillance. Jésus lui a pardonné et l’a restauré (Jean 21:15-17). Sa grâce travaille toujours dans le coeur des siens pour qu’il en soit ainsi.

À l’inverse, comme nous le voyons souvent dans cette étude, celui qui n’a pas la vie peut tomber dans un reniement définitif et sans repentance. C’est celui-là que le Seigneur reniera au jour du jugement final.

Peut-être y a-t-il également un reniement plus extérieur qui ne touche pas le salut de l’âme mais seulement la présentation publique du serviteur. Le verset de 2 Timothée peut concerner un tel reniement, car cette épître parle du service et évoque le jour de l’apparition du Seigneur, c’est-à-dire un jour de récompenses publiques (2 Tim. 4:8). Une parole du Seigneur renforce ce point de vue : «Quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le fils de l’homme aura honte de lui quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges» (Luc 9:26).

 

4.4.2       Renier le maître qui les a achetés

On tire aussi des épîtres de Pierre quelques objections. Ainsi Pierre parle de gens qui renient le maître qui les a achetés, faisant venir sur eux-mêmes une prompte destruction (2 Pi. 2:1). Quelle est l’explication de ce verset ?

L’apôtre désigne de cette manière des faux docteurs et les compare aux faux prophètes en Israël. Est-ce que les faux prophètes étaient réellement des serviteurs de Dieu ? Non ! Alors ceux dont parle Pierre ne sont pas davantage des disciples du Seigneur.

Mais ces faux docteurs ont pourtant été achetés par le Seigneur en tant que maître (le mot grec employé ici signifie «maître d’un esclave», celui qui possède un esclave, l’ayant acheté). En effet, Jésus Christ a payé le prix pour tous les hommes comme on le voit dans la parabole de Matthieu 13:44. L’homme, qui représente le Seigneur Jésus, n’achète pas seulement le trésor dans le champ, mais il achète tout le champ, c’est-à-dire tout le monde (Matt. 13:37), et en particulier tous les professants, qu’ils aient ou non la vie de Dieu. Si quelqu’un se réclame de la foi chrétienne, il reconnaît en cela que Jésus est son maître et qu’il a le devoir de le servir (Rom. 6:13). Si cet homme se révèle plus tard être un faux docteur, qui veut entraîner le troupeau après lui, il renie par-là le maître qui l’a acheté.

 

4.4.3       Et si quelqu’un retourne au bourbier ?

Dans le même chapitre, l’apôtre Pierre parle de ceux qui se détournent pour marcher dans l’immoralité et injurient les dignités. Pour eux, il «eût mieux valu ne pas avoir connu la voie de la justice, plutôt que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné». Pierre compare ces gens à un chien qui retourne à ce qu’il avait lui-même vomi, et à une truie lavée, qui se vautre au bourbier (2 Pi. 2:22).

Par cette comparaison, il montre qu’il ne s’agit pas d’enfants de Dieu. En effet, il ne dit pas que la brebis retourne à ce qu’elle a vomi, mais que le chien y retourne. Une truie peut être bien lavée, mais elle retournera pourtant dans la saleté. Un chien propre et une truie lavée ne sont pas pour autant changés dans leur nature. Ils ne sont pas devenus des brebis. Ils ne sont purifiés que pour un certain temps. Ainsi, certaines personnes, qui se disent chrétiennes, ont échappé pour un moment à la souillure du monde par la connaissance de Jésus Christ (2 Pi. 2:20), mais , semblables à ces animaux impurs, elles y sont retournées à nouveau. Pour elles, il aurait mieux valu ne pas avoir connu la voie de la justice, car maintenant, elles sont plus coupables qu’un ivrogne ou qu’un dépravé dont les oreilles n’auraient jamais entendu l’évangile. Ces personnes se sont imposé un certain temps une purification extérieure de leur vie, mais n’ont jamais eu une purification intérieure selon la Parole. C’est pourquoi l’apôtre les désigne aussi comme des «injustes» (2 Pi. 2:9). À aucun moment, elles n’ont été justifiées par la foi ; à aucun moment, elles ne sont nées de nouveau.

 

4.4.4       Et si quelqu’un déchoit de sa fermeté ?

La deuxième épître de Pierre contient aussi un verset cité comme une objection : «Prenez garde, de peur qu’étant entraînés par l’erreur des pervers, vous ne veniez à déchoir de votre propre fermeté» (2 Pi. 3:17).

Un véritable croyant peut faire une chute. Aussi avons-nous besoin d’être constamment avertis et exhortés. Il est toujours possible, même après avoir eu un excellent témoignage, de tomber dans une vie de péché si l’on ne veille dans la prière. Dans un tel cas, cela signifie-t-il que nous sommes perdus ? Non, ce n’est pas possible pour celui qui est réellement né de nouveau. Jésus Christ est son avocat auprès du Père (1 Jean 2:1), et l’Esprit de Dieu effectue en lui un travail de restauration (Ps. 23:3). David fit une chute terrible, mais, avec un coeur brisé, il reconnut devant Dieu sa culpabilité, et demanda : «Rends-moi la joie de ton salut» (Ps. 51:12) et fut rétabli. Pendant sa chute, il avait perdu la joie de se savoir sauvé et non le salut.

 

4.5   Le Seigneur peut-il nous rejeter ?

Voyons maintenant quelques versets qui montrent que le Seigneur juge les croyants et donc semble pouvoir leur ôter le salut.

 

4.5.1       Et si quelqu’un n’est pas vainqueur ?

 

Les lettres adressées aux sept assemblées de Apocalypse 2 et 3 contiennent les expressions : «À celui qui vaincra ...» suivi de la promesse d’une bénédiction. La question est alors posée : «Celui qui n’est pas un vainqueur, est-il sauvé ?»

Dans ces chapitres, l’Esprit s’adresse à la responsabilité des assemblées au milieu desquelles il y a des vainqueurs et d’autres qui ne le sont pas. Chacun est invité à avoir un comportement tel qu’il soit un vainqueur et reçoive la récompense annoncée. C’est le côté de l’homme qui est mis en avant et qu’il convient de retenir. Pour comprendre ces exhortations, il faut se laisser pénétrer de la force du passage et ne pas l’obscurcir par d’autres parties de la Parole. Il ne s’agit pas alors d’évoquer par exemple l’élection ou la grâce souveraine de Dieu sachant que nos esprits limités ne peuvent les concilier avec la responsabilité des hommes.

Quand un homme appartient à une assemblée, il est supposé être converti et avoir la vie. Il ne s’agit plus pour lui d’être vainqueur en venant à la connaissance du Sauveur pour être justifié devant Dieu. C’est une étape qui est déjà franchie. Par contre, il doit mener un combat en tant que chrétien au sein de son assemblée. Il doit tenir ferme dans la fidélité au Seigneur de toute manière. C’est dans ce sens qu’il peut ou non être un vainqueur et que le Seigneur l’encourage par la promesse de récompenses.

Parmi les récompenses, plusieurs d’entre elles semblent être la part de tous les rachetés du Seigneur de l’époque de la grâce. Par exemple, tous mangeront de l’arbre de vie (Apoc. 2:7), n’auront pas à souffrir de la seconde mort (Apoc. 2:11) et ne seront pas effacés du livre de vie. Seulement l’Esprit fait briller pour chacun la partie des bénédictions futures la plus en rapport avec les combats à mener dans son assemblée. Ainsi, pour les chrétiens de Smyrne, la seconde mort est évoquée, parce que plusieurs auraient à subir le première mort comme martyrs. Mais cela ne veut pas dire qu’eux seuls n’auraient pas à connaître la seconde mort. En effet, ces chapitres présentent la part des vainqueurs sans qu’il soit toujours parlé du sort des autres.

 

4.5.2       Et si un nom est effacé du livre de vie ?

Parmi les récompenses promises dans ces chapitres 2 et 3 de l’Apocalypse, il y en a une qui concerne directement notre sujet et présente quelques difficultés. En effet le Seigneur dit au vainqueur de l’assemblée à Sardes : «je n’effacerai point son nom du livre de vie» (Apoc. 3:5). Faut-il en déduire que le nom d’autres croyants sera effacé ?

À Sardes, il est question d’une assemblée qui a seulement le nom de vivre et dans laquelle beaucoup n’ont malheureusement pas la vie de Dieu. Mais ces derniers sont, pour ainsi dire, sur la liste des vivants, puisqu’ils sont dans une assemblée qui a le nom de vivre. Pourtant, devant Dieu, ce nom de vivre, cette étiquette qui ne correspond pas à la réalité, devra être ôtée par le Seigneur lui-même. Il n’en sera pas de même des vainqueurs : leur nom, écrit bien clairement dans le livre de vie ne sera pas effacé, lorsque le Seigneur révélera toutes choses et les confessera comme lui appartenant réellement.

Cette récompense, bien propre à soutenir la foi de croyants qui souffrent au milieu d’un ensemble sans vie, ne veut pas dire que les noms d’autres croyants seront effacés du livre de vie. Pour bien interpréter la Parole, il faut s’en tenir à ce qui est clairement affirmé et ne pas faire des déductions sur ce qui ne l’est pas, surtout pour l’opposer à d’autres versets. Si par exemple je dis à mon enfant : «Si tu es sage, nous irons nous promener» , cela ne préjuge pas de ce que je ferai s’il n’est pas sage. Peut-être, n’irons-nous pas nous promener ensemble, mais peut-être que nous irons après que j’ai grondé mon fils.

Tel est le sens général de la lettre à l’assemblée à Sardes. Mais si l’on veut donner le sens précis de l’expression «le livre de vie», il faut être prudent et noter deux significations qui ne se contredisent pas.

Le livre de vie peut être vu comme le livre de la profession chrétienne sur la terre, de même qu’il y a eu autrefois une profession au sein du judaïsme pour le peuple d’Israël qui était un peuple de professants (Ps. 69:28 ; Exode 32:32). Des noms, inscrits sur ce registre-là, pourront, hélas, être effacés si ceux qui les portent ont seulement «le nom de vivre» , mais sont morts aux yeux de Dieu (Apoc. 3:1).

D’autre part, le livre de vie doit être aussi vu comme le livre où sont inscrits ceux qui héritent de la vie éternelle. Lorsque les morts se tiendront un jour devant le grand trône blanc, le livre de vie sera là comme un témoin silencieux (Apoc. 20:12, 15). Alors ne s’y trouveront que les noms de ceux qui ont la vie de Dieu. Ils sont naturellement déjà connus de Dieu auparavant. C’est pourquoi nous lisons plus loin (Apoc. 13:8 et 17:8) que leur noms sont écrits dans le livre de vie dès la fondation du monde. Ce livre porte aussi le nom : «livre de vie de l’Agneau immolé». Les noms de ceux qui y figurent ne peuvent pas être effacés.

 

4.5.3       Et si le sarment est ôté ?

Le Seigneur Jésus a dit : «Moi, je suis le vrai cep, et mon Père est le cultivateur. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il l’ôte ; et tout sarment qui porte du fruit, il le nettoie, afin qu’il porte plus de fruit . ... Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche, et on les amasse, et on les met au feu, et ils brûlent» (Jean 15:1-2, 5-6). Ainsi il y a des personnes qui sont comme ces sarments ôtés, jetés dehors et brûlés. Est-ce que cela veut dire qu’elles ont perdu le salut ? Pour répondre à cette question, il nous faut d’abord étudier le contexte de ces versets.

Israël était la vigne que Dieu avait arrachée d’Égypte pour la replanter en Canaan (Ps. 80:8-16). Là le peuple devait porter du fruit pour Dieu. Mais au lieu de bons raisins, la vigne ne produisit que des raisins sauvages (És. 5:1-7). Qu’arriva-t-il alors ? Dieu jugea cette vigne. Le témoignage de ce peuple fut rejeté. Maintenant le Seigneur Jésus se nomme lui-même le vrai cep et remplace Israël. De plus Israël était le fils que Dieu avait appelé hors d’Égypte (Osée 11:1), mais le peuple s’étant révélé être un fils désobéissant, le Seigneur Jésus fut véritablement le Fils. La prophétie d’Osée 11:1 trouva son accomplissement en lui, lorsqu’il revint d’Égypte avec ses parents (Matt. 2:15). Enfin, Israël a été appelé le serviteur de l’Éternel (És. 41:8 ; 44:1 ; 45:4), mais il a été un serviteur infidèle, tandis que le Seigneur Jésus Christ a pu être le serviteur fidèle de l’Éternel (És. 42:1 ; 52:13 ; 53:11).

Tout ceci nous montre que Dieu a voulu un témoignage sur la terre qu’il avait confié à Israël qui était sa vigne, son fils et son serviteur. À cause de son infidélité, ce peuple a dû être mis de côté et Christ a pris sa place en perfection sous ses trois aspects. Les disciples de Jésus Christ appartiennent à ce témoignage qui doit porter du fruit pour Dieu. Ils sont les sarments attachés au cep. Il y a cependant deux sortes de sarments : certains qui portent du fruit et d’autres qui n’en portent pas. Les premiers sont nettoyés, afin qu’ils portent plus de fruit, voire beaucoup de fruit ; les autres sont coupés, séchés et seront brûlés.

Le Seigneur ne parle pas ici de la possession de la vie éternelle, comme dans la parabole des brebis (Jean 10), mais il parle de porter du fruit, c’est-à-dire de faire des bonnes oeuvres pour la gloire de Dieu. Quiconque se réclame de Jésus Christ, est un sarment et, par-là, fait partie du témoignage chrétien sur la terre et a le devoir de porter du fruit. Quant à ce devoir, il en va selon la parabole du cep : si quelqu’un ne produit aucun fruit, il est une terre qui produit des épines et des chardons et qui mérite le jugement comme nous le verrons dans les explications sur le chapitre 6 de l’épître aux Hébreux (voir paragraphe 5.4 ). Il peut être retranché comme témoin, mais cela n’est pas directement en rapport avec le jugement éternel de l’âme.

 

4.5.4       Un enfant de Dieu peut-il périr ?

«Celui qui est faible, le frère pour lequel Christ est mort, périra par ta connaissance» (1 Cor. 8:11). L’apôtre a parlé, dans ce qui précède ce verset, de la responsabilité des «forts dans la foi» envers les «faibles». Supposons qu’il se trouve quelqu’un, fort en connaissance, qui entre dans un temple d’idoles, pour y manger de la viande. Il ne prend pas part aux rites concernant les divinités, car il n’y vient que pour chercher de la viande. Ce «fort en connaissance» tient la divinité pour rien. La viande n’est pour lui rien d’autre que de la viande ordinaire.

Un autre chrétien le voit entrer dans ce temple, mais celui-ci étant plus faible, sa conscience ne lui donne pas la même liberté pour agir de même. Parce qu’il voit l’autre entrer, et que lui-même aime aussi manger de la viande, il entre dans le temple, agit contre sa conscience, et se trouve en communion avec une idole. Le résultat en est qu’il retombe dans le paganisme. Est-ce que le «fort dans la foi» peut dire maintenant : «Ce faible dans la foi ne devait pas être un vrai chrétien, et je n’ai pas besoin de me faire des reproches à ce sujet ?» Non, le comportement sans amour d’un croyant peut amener un frère faible, dont la réalité de la foi est connue, dans les griffes du paganisme et le faire pratiquement périr dans son comportement et son témoignage chrétien. Si ce frère faible est un enfant de Dieu, né de nouveau, le Seigneur le ramènera sûrement, mais ce n’est pas dit ici, probablement afin de ne pas affaiblir le sentiment de notre responsabilité quand nous agissons sans tenir compte de nos frères plus faibles. L’apôtre utilise cet argument pour exhorter «les forts dans la foi» à ne pas vivre selon l’esprit de Caïn qui disait : «Suis-je, moi, le gardien de mon frère ?» (Gen. 4:9).

 

4.5.5       Paul... réprouvé ?

L’apôtre Paul écrit : «De peur qu’après avoir prêché à d’autres, je ne sois moi-même réprouvé» (1 Cor. 9:27). En tant que serviteur de Dieu, l’apôtre Paul se compare à un athlète qui court et qui combat. Il mortifiait son corps, l’asservissait, ayant devant lui une couronne incorruptible s’il était fidèle et craignant toujours qu’après avoir prêché à d’autres il ne soit lui-même réprouvé. Ce mot est très fort, il signifie «rejeté, disqualifié», comme un métal que l’on affine et qui se révèle inutilisable. Ce mot «réprouvé» se rapporte d’abord à Paul en tant que serviteur, mais il le concerne aussi en tant que croyant (*). Il n’est malheureusement que trop vrai qu’un homme peut servir publiquement le Seigneur un temps et ne pas lui appartenir.

(*) Dans les autres passages où le mot «réprouvé» est utilisé, le rejet par Dieu est manifeste, non seulement quant aux oeuvres mais aussi quant aux personnes elles-mêmes. Voir en particulier Rom. 1:28, 2 Tim. 3:8, Tite 1:16, Héb. 6:8.

Ainsi, Paul aurait pu annoncer l’évangile sans avoir lui-même la vie de Dieu. C’est par la persévérance dans le dévouement et la fidélité qu’il montrait qu’il n’en était pas ainsi. Paul sentait toute la responsabilité de la profession chrétienne. Il ne dit pas : «de peur qu’après avoir cru», mais : «de peur qu’après avoir prêché», car il s’agit ici de profession, et non pas de la foi, il s’agit de la responsabilité et non pas de la grâce. Comme toujours, l’apôtre, quand il parle de responsabilité, use des termes aussi absolus que possible. Cela ne veut pas dire que l’apôtre doutât en rien de la perfection de la grâce, mais il prenait au sérieux sa course chrétienne et en considérait toute la solennité. Par la fidélité avec laquelle il accomplissait son service, il montrait qu’il n’était pas un simple professant, mais un véritable enfant de Dieu.

Ce mot «réprouvé» est aussi employé pour les Corinthiens. L’apôtre leur écrit : «Ne reconnaissez-vous pas à l’égard de vous-mêmes que Jésus Christ est en vous ? à moins que vous ne soyez des réprouvés» (2 Cor. 13:5). Les Corinthiens cherchaient une preuve que Paul était réellement un apôtre de Jésus Christ. Il leur demande alors de s’examiner eux-mêmes pour voir s’ils étaient dans la foi. S’ils pouvaient répondre oui, alors ils étaient eux-mêmes la preuve concrète de son apostolat, car c’est par lui qu’ils avaient entendu l’évangile de Jésus Christ. Pour les amener à faire cette réponse il leur pose la question de savoir si Jésus Christ était en eux, autrement dit, s’ils étaient nés de nouveau. Puis il ajoute : «À moins que vous ne soyez des réprouvés» ! C’est l’un ou c’est l’autre, ou l’on a Christ en soi ou l’on est réprouvé. En cela, il n’est rien dit de la perdition d’enfants de Dieu. Comme évidemment les Corinthiens ne s’estimaient pas des réprouvés, le raisonnement de l’apôtre consiste à les amener à une hypothèse absurde afin qu’ils en déduisent qu’il n’était pas non plus possible que Paul ne soit pas réellement un apôtre de Jésus Christ.

 

4.6   Preuve ou condition ?

L’Écriture contient des «si» ou des «si du moins» qui semblent montrer qu’il y a une condition pour rester dans la faveur de Dieu et donc qu’il est possible de perdre le salut. Regardons s’il en est bien ainsi.

 

4.6.1       Exhortations pour un ensemble de professants

«Par lequel aussi vous êtes sauvés, si vous tenez ferme la parole que je vous ai annoncée, à moins que vous n’ayez cru en vain» (1 Cor. 15:2).

«Si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes, et ne vous laissant pas détourner de l’espérance de l’évangile» (Col. 1:23).

«Et nous sommes sa maison, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance» (Héb. 3:6).

«Si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout le commencement de notre assurance» (Héb. 3:14).

Dans ces quatre passages, la Parole s’adresse à un ensemble de personnes dans lequel il peut y avoir des chrétiens de nom qui iront à la perdition. Si quelqu’un déclare être converti, se fait baptiser, devient membre de telle ou telle église, participe à la cène, enseigne les enfants ou fait tout autre activité chrétienne, mais se détourne plus tard de Jésus Christ en méprisant complètement son autorité, cela manifeste que, dans son coeur, rien n’est changé. Seul son comportement extérieur était modifié. Quelqu’un peut changer extérieurement pour un certain temps, sous l’effet de la doctrine chrétienne, mais ne pas être né de nouveau.

Cette différence apparaît de la façon la plus significative dans l’exemple de Pierre et de Judas. Pierre pécha gravement, mais persévéra malgré tout, jusqu’à la fin, car il croyait véritablement au Seigneur Jésus. Le Seigneur lui dit : «Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas» (Luc 22:32). Pendant un moment, sa vie n’a pas correspondu à sa foi, il a renié son maître. Mais Jésus Christ l’a rétabli. Judas, par contre, fut pendant trois années et demi un disciple du Seigneur Jésus, et pourtant il était en même temps un voleur (Jean 12:6) n’agissant que par intérêt. Jésus le nomme un diable (Jean 6:70). Plus tard, sa trahison lui causa du remords (Matt. 27:3)mais sans qu’il y eut une véritable repentance. Sa fin fut un suicide par pendaison (Matt. 27:5). Par là, nous voyons l’immense différence entre un vrai croyant et un simple professant. Pierre fit une chute, Judas tomba définitivement. Seul celui qui garde les paroles de Jésus est un véritable enfant de Dieu (Jean 8:51).

Supposons qu’un prédicateur parle dans une salle, devant un public chrétien. Il demande : «Que ceux qui sont chrétiens se lèvent !». Peut-être tous se lèveront-ils ensemble, mais cela ne prouvera pas qu’ils sont tous de vrais chrétiens. On peut seulement dire que tous professent être chrétiens. Quelle sera maintenant la preuve qu’ils sont tous des croyants ? Le fait qu’ils demeurent fondés et fermes dans la foi, c’est-à-dire dans la doctrine chrétienne. Si quelqu’un abandonne ce qu’il a professé, on peut douter qu’il soit un vrai croyant, qu’il y ait en lui une foi véritable. Il est relativement facile de dire que l’on est sauvé ; montrer sa foi (Jac. 2:18) par son comportement est toute autre chose.

Ainsi dans ces passages, le «si» n’est pas une condition à l’obtention du salut éternel de l’âme, mais une démonstration pratique que ce salut est réellement possédé. C’est une preuve et non une condition. Lorsque le croyant est considéré comme étant «en Christ» (voir par exemple 2 Cor. 5:17), il n’y a point de «si» : tout est de Dieu. Lorsqu’il est considéré comme pèlerin ici-bas, il est en route vers la gloire, et doit tendre vers ce but. Alors viennent les «si» et les dangers et le besoin d’être gardé. L’âme sauvée est ainsi maintenue dans la dépendance de Dieu et dans la confiance en sa fidélité.

 

4.6.2       Le salut sous la loi

«Si le juste se détourne de sa justice…, vivra-t-il ?» (Éz. 18:24)

Dans ce chapitre d’Ézéchiel, Dieu déclare qu’un homme pécheur vivra, s’il se détourne du mal, fait du bien aux pauvres, n’a pas prêté avec intérêt, etc... Pourrions nous présenter cela, comme évangile, aux hommes de notre temps ? Non, ce serait clairement leur annoncer la loi. Supposons que, comme évangéliste, je dise à un alcoolique : «Abandonne la boisson, et sois un bon père de famille, et alors tu vivras». Serais-je alors réellement un serviteur de l’évangile ? Sûrement pas. Dans ce cas, j’aurais nourri cet homme de vaines promesses. Ainsi je ne dois pas non plus dire : «Toi qui es juste, si tu tombes dans le péché, tu mourras conformément à l’enseignement d’Ézéchiel». Je donnerais alors aux expressions «juste», «vivre» et «mourir» le sens qu’elles ont dans le Nouveau Testament mais qui n’est pas celui d’Ézéchiel où il ne s’agit ni de la justice en Jésus Christ, ni de la vie éternelle, ni de la mort éternelle, mais de la jouissance pratique de la vie sur la terre.

 

4.6.3       Sauvé . . . malgré la discipline et les épreuves

«Si le juste est sauvé difficilement, où paraitra l’impie et le pécheur ?» (1 Pi. 4:18)

Ce verset n’offre pas la moindre preuve en faveur de la pensée que le juste peut perdre le salut. Dieu y exprime clairement que le juste est sauvé pour l’éternité même si son chemin passe par toutes sortes d’exercices difficiles, comme le montre le contexte. Dieu utilise ces exercices pour purifier sa maison, car il ne tolère pas le mal chez ses enfants. Nous avons ici le même principe que lorsque Dieu dit à Israël : «Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités» (Amos 3:2).

Si tous les chrétiens atteignaient déjà sur la terre la perfection pratique, il n’y aurait plus besoin de sanctification. Mais il n’en est pas ainsi, Dieu se doit de faire tomber le jugement sur ce qui est inconvenant car il ne peut abaisser le niveau de sa sainteté. Si des hommes justifiés par le sang de Jésus Christ doivent être sauvés difficilement, c’est-à-dire n’atteindre la gloire qu’après bien des difficultés, où paraîtra donc le pécheur dont les péchés n’ont pas été lavés par le sang de Jésus Christ ? Le jugement éternel l’attend. Mais le juste sera sauvé, même s’il ne l’est qu’en surmontant des obstacles douloureux par la foi et avec le secours du Seigneur.

 

5                    L’Épître aux Hébreux

La doctrine selon laquelle de vrais croyants peuvent de nouveau être perdus est souvent appuyée sur un certain nombre d’expressions de l’épître aux Hébreux, sans cependant que le caractère particulier de cette épître soit réellement compris ou ait été approfondi. Aussi, avant de considérer ces versets, il est bon de rappeler pourquoi cette épître a été écrite.

 

5.1   But de l’épître aux Hébreux

Les premières assemblées en Judée étaient constituées presque exclusivement de juifs qui étaient persuadés qu’ils devaient encore se conformer aux ordonnances de la loi de Moïse. Par exemple, Pierre n’avait pas voulu en aucune manière manger un animal impur ou entrer dans la maison d’un païen (Act 10:14, 28).

Ces juifs considéraient encore le temple comme un lieu saint, faisaient des voeux, se soumettaient à des rites de purification (Act. 21:26), pratiquaient encore la circoncision. Lorsque l’apôtre Paul, avec Barnabas, apportèrent l’évangile en Asie, il se forma là des assemblées dans lesquelles les païens convertis représentaient une majorité. Avec la prédication de l’évangile, il ne leur fut rien ordonné concernant l’observation des ordonnances de la loi, le respect du temple, ou la pratique de la circoncision. Qu’avaient-ils en effet à faire avec ces choses en tant que convertis des nations ?

Ainsi, il y avait deux sortes de chrétiens avec des manières de vivre différentes, malgré une même foi en Jésus Christ. La manière de vivre des convertis des nations était plus en accord avec l’évangile que celles des Juifs convertis. Mais Dieu, dans sa miséricorde, a toujours montré beaucoup de patience à l’égard de son peuple. Aussi a-t-il permis une phase transitoire, pendant laquelle les juifs convertis se sont lentement détachés de leurs liens avec le système juif. Le but de l’épître aux Hébreux était de montrer que la transition arrivait à la fin, ou, pour l’exprimer avec le langage de l’auteur : «Ce qui devient ancien et qui vieillit, est près de disparaître» (Héb. 8:13).

Plus précisément, les motifs ayant donné lieu à la rédaction de cette épître étaient les suivants. Les juifs convertis étaient persécutés par leurs compatriotes, leurs biens confisqués et leur vie menacée (Héb. 10:32-34). Un retour au judaïsme aurait signifié la fin des persécutions. Combien cela était tentant pour tous ceux qui étaient encore liés avec la tradition juive quant à leur façon de vivre ! L’auteur explique que ceci équivalait à un reniement du Seigneur Jésus, pour lequel il n’y aurait pas de retour possible. Il leur décrit l’immense différence entre la période de la loi, avec le service dans le tabernacle, et l’oeuvre rédemptrice du Seigneur Jésus, base de la foi chrétienne. Il fait passer, devant eux, l’excellence de la personne de Christ, la nuée de témoins du temps passé (Héb. 11 ; 12:1), qui ne regardaient pas aux choses visibles pour s’y attacher, mais plutôt saisissaient les réalités de la foi. Il place ces exemples devant les yeux des Hébreux, les appelle à se ressaisir et les avertit solennellement des conséquences éternelles d’un abandon de la foi chrétienne et d’un retour au judaïsme.

L’épître aux Hébreux atteste avec force la valeur de l’oeuvre de Christ et de son service actuel. Elle parle d’une «rédemption éternelle» (Héb. 9:12), d’un «salut éternel» (Héb. 5:9), elle montre que les rachetés sont «rendus parfaits à perpétuité» (Héb. 10:14) et bénéficient des soins du Seigneur pour les «sauver entièrement» (Héb. 7:25), c’est à dire jusqu’a l’achèvement. Ainsi cette épître établit positivement le salut définitif des croyants. Pourtant elle contient d’autres versets qui peuvent troubler certains sur ce sujet et que nous allons étudier maintenant.

 

5.2   S’écarter

«C’est pourquoi nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne nous écartions» (Héb. 2:1 ; voir aussi Héb. 12:25).

Le Seigneur Jésus a annoncé le salut ; les apôtres qui l’avaient entendu de sa bouche l’ont confirmé, Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges (Héb. 2:1-4). Si déjà sous la loi, toute transgression et désobéissance recevaient une juste rétribution, quelle conséquence terrible devait entraîner le rejet du salut annoncé par Jésus Christ pour ceux qui l’avaient entendu.

Dans son sens premier, ce passage ne concerne pas la possibilité, pour un enfant de Dieu, de tomber dans des péchés. Qui de nous pourrait dire qu’il n’a plus péché depuis sa conversion ? Pour Pierre, qui avait renié son maître, il y eut un chemin de retour, et heureusement, il y en a aussi un pour nous. Mais ici, il s’agit plutôt, comme dans les épîtres à Timothée (voir paragraphe 4.3.2), d’un abandon total des vérités de la foi chrétienne par ceux qui s’y étaient attachés extérieurement. Plus loin dans l’épître aux Hébreux, il est encore question d’un abandon du Dieu vivant, d’un endurcissement par la séduction du péché (Héb. 3:12-13) et du refus d’écouter celui qui parle des cieux (Héb. 12:25). Chaque fois, il s’agit d’actes fort graves pour lesquels il est impossible d’échapper à Dieu et qui concernent fondamentalement les simples professants.

Cependant, ces versets s’adressent à tous les croyants, à ceux qui ont la vie de Dieu comme à ceux qui ne l’ont pas. Les premiers font l’objet de la discipline du Seigneur alors que les autres tomberont sous le jugement de Dieu. Nous devons tous y porter la plus grande attention. Dieu nous adresse ces exhortations sévères justement pour nous garder par elles, en nous maintenant rejetés sur lui. Ainsi, nous pouvons «retenir la grâce par laquelle nous servions Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte. Car aussi notre Dieu est un feu consumant» (Héb. 12:28, 29).

 

5.3   Tomber

«Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là, afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance» ? (Héb. 4:11)

«Craignons donc qu’une promesse ayant été laissée d’entrer dans son repos, quelqu’un d’entre vous paraisse ne pas l’atteindre» (Héb. 4:1).

Ces versets montrent que, comme tous les Israélites n’ont pas atteint le repos dans le pays de Canaan, de la même manière ceux qui professent être chrétiens n’entreront pas tous dans le repos céleste. Seuls entreront ceux qui ont effectivement la vie de Dieu. Pourquoi les Israélites n’entrèrent-ils pas dans le repos ? Nous voyons qu’ils n’y purent entrer à cause de leur incrédulité (Héb. 3:19).

À eux aussi, comme à nous, une bonne nouvelle avait été annoncée, mais «la parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi» (Héb. 4:2). De la même manière, beaucoup seront perdus, qui auront déclaré être chrétiens, ayant entendu la prédication de l’évangile, mais sans avoir vraiment cru ce qui était annoncé, ni reçu par la foi le Seigneur Jésus comme leur Sauveur.

Cependant, nous devons remarquer, comme dans le paragraphe précédent, que ces versets s’adressent à tous afin que chacun reste dans une crainte salutaire. L’épître aux Corinthiens nous exhorte aussi à la vigilance en rappelant l’histoire du peuple d’Israël : «La plupart d’entre eux .. . tombèrent dans le désert. Or ces choses arrivèrent comme types de ce qui nous concerne» (1 Cor. 10:5-6). Appliquons-nous donc, avec le plus grand soin, à nous comporter comme de véritables enfants de Dieu.

 

5.4   L’impossibilité d’être renouvelé à la repentance.

«Il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l’Esprit Saint, et qui ont goûté la bonne parole de Dieu, et les miracles du siècle à venir, et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l’exposant à l’opprobre» (Héb. 6:4-6). Ce passage a troublé bien des personnes. Pourtant nous allons montrer qu’il ne veut pas dire qu’un enfant de Dieu peut finalement être perdu.

 

5.4.1       Des bénédictions qui n’impliquent pas la vie de Dieu

Montrons d’abord que ce passage s’oppose à toute idée de «nouvelle conversion». Ceux qui en parlent ne font pas de différence entre le croyant qui trébuche, ou tombe dans le péché, et le chrétien de nom qui abandonne réellement la foi. D’après leur opinion, quelqu’un pourrait se tourner vers Dieu, se détourner ensuite, puis de nouveau se convertir, etc... Ainsi, on pourrait se convertir pour la première, la deuxième, la troisième fois. À les en croire, il faudrait lire Hébreux 6:4-6 ainsi : «Il est tout à fait possible, que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste ...., et qui sont tombés, soient de nouveau renouvelés à la repentance». La parole de Dieu dit cependant exactement le contraire : «Il est impossible ..».. Leur opinion est par conséquent démentie par ce passage.

Examinons maintenant ces versets dans leur ensemble, sous l’éclairage de toute l’épître, en recherchant de qui il est ainsi parlé.

L’apôtre s’adresse à des juifs qui déclaraient être dans la foi chrétienne, qui s’étaient même repentis en quittant le terrain juif. Ils connaissaient l’Ancien Testament et étaient persuadés que Jésus était le Messie. Même s’ils n’étaient pas pleinement convaincus par l’Écriture, ils avaient néanmoins reconnu son autorité en présence des miracles qu’ils avaient vus. Si de tels hommes retournaient au judaïsme pour échapper aux persécutions, ils reniaient alors Jésus Christ. Par là ils s’unissaient à nouveau avec le peuple juif, qui avait crucifié son Messie. Maintenant, dit l’auteur, pour ceux-ci, il n’y a plus de chemin de retour, ils sont allés trop loin, ils ne peuvent plus être renouvelés à repentance en quittant une deuxième fois le terrain juif. Mais le verset 9 montre que l’écrivain exclut la possibilité qu’il en soit ainsi des vrais enfants de Dieu : «Mais nous sommes persuadés, en ce qui vous concerne, bien-aimés, de choses meilleures, et qui tiennent au salut, quoique nous parlions ainsi».

Il est donc possible d’avoir joui des privilèges chrétiens, et cependant de ne pas être sauvé. Remarquons bien, qu’il n’est pas écrit : Il est impossible, que ceux qui ont été une fois nés de nouveau, et qui sont tombés, soient renouvelés à la repentance. Ce sont d’autres caractères qui sont cités, et ils n’impliquent pas nécessairement la nouvelle naissance. Examinons-les l’un après l’autre.

 

5.4.1.1              «. . . qui ont été une fois éclairés»

«L’entrée de tes paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples» (Ps. 119:130), et l’apôtre Jean témoigne que «la vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme» (Jean 1:9). Tous ceux qui ont entendu l’évangile de Jésus Christ ont été, par-là, éclairés. Ils ne peuvent plus se dire ignorants. La prédication de l’évangile a en particulier illuminé le monde occidental qui se trouvait dans l’obscurité du paganisme. Est-ce pour autant que tous ceux qui ont été ainsi éclairés se sont réellement convertis ? Malheureusement non.

 

5.4.1.2              «. . . qui ont goûté du don céleste»

Il y a une différence entre goûter et manger. Goûter n’est qu’une expérience extérieure et superficielle. Manger signifie au contraire réellement se nourrir, et implique une action intérieure plus profonde.

Ces hommes avaient ressenti quelque chose du salut que Dieu donne. Ils avaient vu quelque chose de la grandeur de la personne du Seigneur. Mais ils n’ont jamais «mangé la chair et bu le sang du Fils de l’homme» (Jean 6:53-54).

Jérémie a mangé les paroles de Dieu (Jér 15:16). Ézéchiel (Éz. 3:1-3) et Jean (Apoc 10:9-10) devaient prendre chacun un livre et le manger. C’est autre chose que seulement goûter ou examiner. Jésus Christ dit : «Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement» (Jean 6:51). Ceci exclut toute pensée de perdition.

 

5.4.1.3              «. . . qui sont devenus participants de l’Esprit Saint» .

 

Cela ne signifie pas que l’Esprit Saint ait fait son habitation en eux, après qu’ils sont venus à la foi. Le mot traduit par «participants» est le même que dans l’expression : «Ils firent signe à leurs compagnons» (Luc 5:7) et proche du mot «participation» : «N’ayez donc pas de participation avec eux» (Éph. 5:6-7).

Ces hommes étaient devenus participants de l’Esprit Saint dans la mesure où ils avaient collaboré avec l’Esprit Saint. À juste titre, l’auteur de l’épître aux Hébreux n’emploie pas des expressions comme : «scellé du Saint Esprit», «oint de l’Esprit Saint». Balaam était dans ce sens-là, un «participant» et un «compagnon» de l’Esprit de Dieu, lorsqu’il prononça ses prophéties sur Israël (Nomb. 23-24). Le roi Saül a prophétisé par l’Esprit parmi les prophètes (1 Sam. 10:10), Judas a chassé les démons par l’Esprit de Dieu, avec les douze. Or tous les trois firent cela, sans être nés de nouveau (1 Chr. 10:13 pour Saül).

 

5.4.1.4              «. . . qui ont goûté la bonne parole de Dieu»

À propos du verbe goûter, on peut faire les mêmes remarques qu’au paragraphe 5.4.1.2. Quelqu’un peut être attiré par l’excellence des enseignements de la foi chrétienne. Ses sentiments peuvent être touchés, sans qu’il en résulte du fruit pour Dieu. Telle est une leçon de la parabole du semeur (Matt. 13:1-9, 18-23). La semence est toujours la même, mais elle est en contact avec plusieurs sortes de terrains. Il y a le sol dur, le chemin, sur lequel l’annonce de l’évangile ne peut même pas laisser une impression derrière elle ; il représente un coeur endurci. Il y a aussi un terrain qui ne consiste qu’en une fine couche de terre sur du rocher ; la parole est reçue avec joie ; elle touche les sentiments, mais n’opère pas une véritable repentance ; aussitôt que la persécution ou des difficultés se présentent, la parole est rejetée. Ensuite, il y a une terre qui paraît propice pour la semence, mais les épines et les ronces étouffent la bonne semence ; ce sont des hommes qui laissent les soucis de la vie étouffer l’impression reçue par l’évangile. Dans les trois cas, la semence ne porte pas de fruit. Seule, la bonne terre préparée porte du fruit richement.

 

5.4.1.5              «... qui ont goûté ... les miracles du siècle à venir».

La prédication de l’évangile était accompagnée de miracles. Dans un temps futur, il en sera de même, et c’est pour cela qu’ils sont appelés les «miracles du siècle à venir». Les témoins de Dieu au temps de l’antichrist auront le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe point de pluie, et le pouvoir sur les eaux pour les changer en sang (Apoc. 11:6). Beaucoup de juifs avaient appris à connaître cette puissance de Dieu. Ils avaient vu les miracles et en avaient été très impressionnés. Cependant, cela ne signifiait pas du tout que leur coeur avait été changé (Jean 2:23-25). Oui, devant le trône du jugement, il y aura même des personnes qui auront fait elles-mêmes des miracles et chassé des démons au nom de Jésus, mais desquelles le Seigneur devra dire : «Je ne vous ai jamais connus» (Matt. 7:22-23).

Quelqu’un pouvait donc avoir joui de ces cinq privilèges et cependant ne pas être un enfant de Dieu, comme le montrent les versets d’Hébreux 6:7-10 : «Car la terre qui boit la pluie qui vient souvent sur elle, et qui produit des herbes utiles pour ceux pour qui elle est aussi labourée, reçoit de Dieu de la bénédiction». Ceci est comparable au quatrième terrain de la parabole du semeur.

Ensuite, le verset 8 présente l’aspect opposé : «Mais si elle porte des épines et des chardons, elle est réprouvée et près de la malédiction, et sa fin est d’être brûlée». Ceux dont il est parlé ici, sont comparables à ce terrain à épines de la parabole du semeur : ils n’ont jamais porté de fruit pour Dieu.

Enfin vient l’expression déjà citée : «Mais nous sommes persuadés, en ce qui vous concerne, bien aimés, de choses meilleures et qui tiennent au salut, quoique nous parlions ainsi», ou, pour l’exprimer autrement : Vous dont le coeur a été saisi par l’évangile, je ne vous compare pas avec ceux qui ont abandonné le salut, le Seigneur et la foi chrétienne, parce qu’ils ne les ont connus qu’extérieurement.

 

5.4.2       Pour quel motif l’auteur de l’épître écrit-il ces choses ?

Si l’auteur était persuadé que son lecteur était sauvé et qu’il ne pouvait plus perdre le salut, pourquoi donc plaçait-il ces choses (Héb. 6:4-6) devant ses yeux ?

La raison principale de ses déclarations est la possibilité que, parmi les croyants, certains non convertis se soient glissés, lesquels, à la suite de persécutions continuelles, risquaient de retourner au judaïsme. Ce passage devait leur montrer les dangers d’un tel abandon. Mais il devait avant tout leur ouvrir les yeux sur la situation de leurs coeurs encore inconvertis. S’ils retournaient au judaïsme, il n’y aurait plus de salut possible pour eux. Mais s’ils restaient dans leur état actuel, ils n’étaient pas non plus sauvés, car il fallait ajouter la foi du coeur à leur profession chrétienne. Ils ne faisaient pas partie de ceux dont l’auteur était persuadé qu’ils étaient sauvés.

Ces considérations étaient par ailleurs un sérieux avertissement pour les juifs réellement convertis. Puisqu’une telle chute était si lourde de conséquences, ils devaient sentir que la tendance à une position chrétienne conciliante avec le judaïsme était un terrible péché et un déshonneur pour le Seigneur. Cette tendance devait être radicalement rejetée. Ils devaient au contraire rassembler toutes leurs forces pour faire des progrès dans le chemin de la foi chrétienne.

Les croyants hébreux étaient devenus paresseux à écouter. L’auteur ne pouvait pas leur parler de la signification spirituelle d’une personne comme Melchisédec. Ils ne pouvaient pas supporter de la nourriture solide. Ils étaient de nouveau devenus comme des enfants qui ont besoin du lait de l’évangile. Ils étaient inexpérimentés dans la parole de la justice (Héb. 5: 11-13). Ils connaissaient la parole du Christ, telle qu’elle se manifestait à eux dans l’Ancien Testament. Certes, ils saisissaient aussi la signification des ablutions dans le service lévitique et de l’imposition des mains sur la tête des animaux pour le sacrifice, et ils connaissaient quelque chose de la résurrection des morts et du jugement éternel. Mais tout ceci ne correspondait pas à la position du chrétien adulte (Héb. 6:1-3). Un Israélite avant la crucifixion de Jésus pouvait déjà connaître ces choses. Il devait donc ne pas s’arrêter à ces enseignements du commencement et avancer vers l’état d’homme fait. Au lieu de regarder en arrière en risquant un recul, il devait regarder en avant, croissant et portant du fruit pour Dieu.

 

5.4.3       Cela est-il donc si grave ?

Peut-être quelqu’un est-il choqué par le caractère définitif de l’expression : «il est impossible . . . qu’ils . . . soient renouvelés encore à repentance» (Héb. 6:4-6). Pourquoi était-il si grave pour un chrétien d’origine juive de retourner au judaïsme ?

L’épître aux Hébreux a pour but de montrer aux juifs que Christ était vraiment le Messie et l’accomplissement de toutes les figures et des ombres du temps de la loi. Celui qui s’était tourné vers la doctrine chrétienne avait reconnu le péché commis par son peuple en crucifiant Jésus, le Messie. Maintenant, s’il retournait au judaïsme, il répétait, le sachant et le voulant, le crime commis contre Christ.

De plus, les miracles accomplis au sein du christianisme, comme on les voit relatés dans les Actes, témoignaient de la glorification du Messie crucifié (Act. 2:32-33 ; 3:14-15), de la présence du Fils de Dieu dans le ciel. Ces miracles étaient appelés «miracles du siècle à venir» (Héb. 6:4-6), car ils étaient une anticipation partielle de la pleine et glorieuse délivrance qui aura lieu dans le monde à venir, quand le Messie triomphant détruira entièrement tout le pouvoir de Satan. Ces miracles étaient des témoignages que le pouvoir qui accomplirait cette délivrance existait dans la personne glorieuse du Fils de Dieu, même si ce pouvoir était encore caché dans le ciel. Or, si après avoir subi l’influence de la présence du Saint Esprit, goûté la révélation de la bonté de Dieu et connu les preuves de sa puissance, quelqu’un abandonnait Christ, il ne restait plus aucun moyen de renouveler l’âme pour l’amener à la repentance. C’était une situation où les trésors célestes avaient déjà été dispensés, mais ils avaient été méprisés comme ne valant rien. On avait rejeté la pleine révélation de la grâce et de la puissance après l’avoir connue. Dans un pareil cas il n’y avait plus aucun autre moyen pouvant être employé pour un retour.

Telle est la gravité du reniement volontaire et conscient de la personne de Christ. À la croix, Jésus pouvait encore prier «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font» (Luc 23:34). Pierre pouvait encore prêcher à Jérusalem : «Je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi» (Act. 3:17). Aussi a-t-il pu encore faire aux juifs l’offre du salut. Cependant, le premier martyr pour la foi, Etienne, dans sa prière, demanda seulement que le Seigneur «ne leur impute point ce péché» (Act. 7:60) ; il n’était alors plus question d’ignorance. Paul confirme aussi que la colère de Dieu est venue sur Israël au dernier terme (1 Thes. 2:15-16) même si, individuellement, le salut leur était encore accessible (Rom. 11:5).

 

5.4.4       L’abandon du christianisme est-il possible aujourd’hui ?

Ce texte de l’épître aux Hébreux (Héb 6:4-6) s’adressait en premier lieu aux chrétiens juifs qui se détournaient de la foi pour retourner au judaïsme. Il n’est cependant pas limité à cette seule situation. De simples chrétiens de nom peuvent aussi apostasier de la même manière.

Je relaterai deux cas. Dans le premier, il y avait deux frères, issus d’une famille de prédicateurs, et qui étaient eux-mêmes des prédicateurs. L’un s’est fait une renommée par ses écrits. Cependant une analyse de ses oeuvres laisse deviner, à une certaine époque, un recul spirituel. À la fin, il abandonna son service de prédicateur et renia totalement la vérité de la foi chrétienne. L’autre a servi dans la Parole auprès de nombreux enfants de Dieu, et a aussi laissé quelques écrits concernant des points fondamentaux.

Les deux sortes de terrain d’Hébreux 6:7-8 représentent ces deux hommes qui diffèrent par l’état de leur coeur. Chaque terrain a reçu la même pluie et le même soleil, mais ils se différencient par le fruit. L’un porte du fruit qui manifeste la réalité de la conversion. L’autre ne produit que des épines et des chardons et atteste que la vie de Dieu n’est pas là.

Un autre cas a été celui d’un homme instruit qui déclarait être chrétien. Il fréquentait de nombreux croyants avec lesquels il rompait le pain. Il fut même un temps missionnaire en Irak. Cependant plus tard, il se détourna, et se révéla être un ennemi de la croix de Christ. Il écrivit un livre dans lequel il développa de méchantes attaques contre le christianisme. Cet homme n’a-t-il pas marché dans l’esprit d’Hébreux 6:4-6 ?

Par ailleurs, des méthodes effroyables ont été souvent employées dans l’histoire pour pousser des chrétiens à abandonner leur foi ou leur christianisme, et les faire revenir soit au judaïsme, soit à une autre forme religieuse ou non religieuse contraire à la vérité. Dans les cas de persécutions violentes, il y a des situations extrêmes que l’homme n’est guère en mesure d’apprécier. Ainsi Saul de Tarse avait contraint des saints à blasphémer (Act. 26:10-11) ; la Parole dit que c’était des saints, et pourtant, extérieurement, ils avaient paru apostats.

Ajoutons que Dieu seul connaît l’état des coeurs et sait qui sont ceux qui lui appartiennent comme ses enfants (2 Tim. 2:19). Il peut y avoir des états d’endurcissement dans le mal et d’opposition à Christ comparables à l’apostasie, de même qu’il n’est rien de plus semblable à la mort que le sommeil spirituel chez un croyant (Éph. 5:13-14).

 

5.5   Si nous péchons volontairement

L’objection suivante s’appuie sur ce passage : «Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une certaine attente terrible de jugement et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les adversaires. Si quelqu’un a méprisé la loi de Moïse, il meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins : d’une punition combien plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui a foulé aux pieds le Fils de Dieu, et qui a estimé profane le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé l’Esprit de grâce ?» (Héb. 10:26-29). Ici, il est certainement question d’un croyant, argumente-t-on, car il est parlé de quelqu’un qui avait été sanctifié par le sang.

Cette expression ne signifie pourtant pas que cet homme était réellement né de nouveau. Tout le peuple d’Israël avait été sanctifié par le sang de l’alliance (Ex. 24:8 ; Héb. 10:29). Sanctifié signifie séparé, ou, mis à part pour Dieu. Comme Israël avait été séparé des nations, ainsi, quiconque se réclame de Jésus Christ et le reconnaît comme son Seigneur, est séparé des non-chrétiens.

En 1 Corinthiens 7:14, Paul dit d’un homme inconverti qu’il est sanctifié par sa femme convertie. Il reste cependant un incroyant, tant que, ne suivant pas l’exemple de sa femme, il ne reçoit pas Jésus Christ comme son Sauveur.

Supposons le cas d’un juif, ayant adopté le christianisme et étant par là sanctifié par le sang de la nouvelle alliance. Mais il tourne le dos à la croix, et se consacre de nouveau au service du temple et offre des sacrifices pour les péchés. Ces sacrifices seraient-ils pour lui une propitiation pour les péchés ? Déjà, sous l’ancienne alliance, aucun sacrifice ne pouvait justifier quelqu’un. À plus forte raison, après la croix, celui qui méprise le seul sacrifice pour les péchés (Héb. 10:12) est irrémédiablement condamné. Tous les sacrifices dans le temple ne pouvaient plus lui être d’aucun secours. Au contraire, le fait d’offrir ces sacrifices constituait le crime d’avoir foulé aux pieds le Fils de Dieu, et d’avoir estimé profane le sang de l’alliance.

Encore un mot concernant l’expression «pécher volontairement». Cette expression vient de ce que la loi distinguait le péché involontaire et la transgression délibérée de la loi de Dieu. Pour le premier, le pardon était possible par le moyen de sacrifices. Mais pour la transgression délibérée, rien n’était prévu quant au pardon, il n’y avait pas de sacrifices. Le contexte montre que le passage d’Hébreux 10:26-29 ne doit pas être appliqué aux faux-pas ou même aux péchés ordinaires des chrétiens (1 Jean 1:9), mais à un rejet total et conscient de l’oeuvre de la croix pour retourner sur un terrain juif. Celui qui fait une chose semblable se manifeste comme «adversaire» (Héb. 10:27), et il se retire pour la perdition (Héb. 10:39). Ne persévérant pas, il n’obtient pas les promesses de Dieu (Héb. 10:36). Il montre au contraire par sa chute qu’il n’était pas né de nouveau.

 

5.6   Se retirer

«Si quelqu’un se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui» (Héb. 10:38).

«Mais pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de l’âme» (Héb. 10:39).

Ces versets affirment que les Hébreux convertis auxquels s’identifiait l’auteur de l’épître, ne sont pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de l’âme ; autrement dit, de ceux qui possèdent cette foi vivante que rien ne peut annuler et qui sont «conservés en Jésus Christ» (Jude 1). L’auteur inspiré met ici en contraste deux caractères opposés, le fait de se retirer, et de périr, et le fait de croire et d’être sauvé, de «conserver» son âme.

Rappelons encore que l’épître s’adresse à des Hébreux professant être chrétiens et qu’il pouvait y avoir parmi eux à la fois d’authentiques croyants et de simples professants n’ayant pas la vie de Dieu. Les simples professants étaient en danger de se retirer de la profession chrétienne et de retourner au judaïsme, mais pratiquement le danger existait aussi pour les véritables croyants en butte aux persécutions. Il en est de même aujourd’hui par rapport au christianisme. Quiconque professe être chrétien, est caractérisé soit par la foi qui le fait vivre, soit par une croyance intellectuelle sans vie en laquelle Dieu ne peut pas prendre plaisir, mais tout croyant est en danger de se laisser aller à vivre «comme les autres» (1 Thes. 5:6).

 

5.7   La sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur

«Poursuivez la paix avec tous et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur, veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu» (Héb. 12:14-15). Ce passage est souvent compris comme si on devait atteindre un certain niveau de sainteté pour parvenir au ciel. On dit que, si l’on pèche, on redescend de la hauteur à laquelle on était parvenu et on doit recommencer à monter.

La comparaison avec l’expression qui précède : «Poursuivez la paix avec tous» montre clairement que cette interprétation est fausse. Il n’est pas parlé d’un certain degré de paix que nous devrions manifester. Il s’agit bien plutôt d’une disposition d’esprit qui doit être trouvée chez ceux qui sont nés de nouveau. Il en est de même de la «poursuite de la sainteté». Si quelqu’un affirme être chrétien, mais qu’il ne poursuive pas la paix et la sainteté dans sa vie pratique, il montre par là qu’il ne connaît pas la paix que Dieu donne, ni la sainteté de Dieu !

En outre, il est important de rappeler la signification du terme «saint». La traduction littérale est «séparé», «mis à part pour Dieu». Dieu attend de ceux qui ont été placés, par l’oeuvre de Christ acceptée par la foi, dans une position de sainteté qu’ils mènent aussi une vie de sainteté pratique dans la séparation du mal (*).

(*) Ce verset sur la sainteté est illustré par le cas d’Ésaü (Héb. 12:16-17) dont la Parole déclare qu’il est un profane, c’est-à-dire qu’il est étranger aux choses de Dieu. Il n’avait pas la vie. Il a recherché la bénédiction, mais ne l’a pas trouvée, car il ne s’est pas repenti à salut.

Sans la sainteté de position qui nous est donnée quand nous sommes scellés de l’Esprit, nul ne «verra le Seigneur» (Héb. 12:14) dans l’au-delà. Les incrédules ne verront pas Dieu, ils seront loin de lui pour l’éternité. D’autre part, sans la sainteté pratique, le croyant ne peut «voir le Seigneur», jouir de lui maintenant en le contemplant par la foi (2 Cor. 3:18).

 

6                    Conclusion pratiques

Ayant développé largement les aspects doctrinaux, nous désirons conclure par des exhortations plus pratiques.

 

6.1   Deux séries de versets

De l’étude des nombreux passages sur le sujet, nous déduisons qu’il en existe deux sortes. Une première série de passages présente le salut inconditionnel des enfants de Dieu, parce que l’oeuvre dans leur âme est de Dieu. D’autres passages montrent que quelqu’un qui professe être chrétien peut renier la foi et la marche chrétiennes.

Comment devons-nous appliquer pratiquement ces deux sortes de passages ? Nous devons laisser la parole de Dieu nous parler d’une manière adaptée à chaque situation particulière. Autrement dit : un message donné est adressé à un destinataire donné ! Ainsi par exemple la parole : «Maris, aimez vos femmes» s’adresse aux hommes et pas à leurs épouses. Et l’exhortation : «Femmes, soyez soumises à vos maris» est adressée à la femme et non pas à son époux.

On peut relier, pour ainsi dire, ces deux groupes de passages par deux fils de couleurs différentes. Un croyant, qui ne retient pas de fausses doctrines, et ne marche pas dans une mauvaise voie, mais qui doute de son salut, regardant à lui-même, doit tirer sur le fil du premier groupe de passages. Quelqu’un qui déclare être chrétien, mais dont la vie est en contradiction avec sa profession, doit tirer sur le fil du deuxième groupe de passages, ou plutôt, d’autres doivent le tirer pour lui.

Malheureusement, Satan est très rusé pour intervertir les deux fils. Le chrétien qui doute prend les avertissements du deuxième groupe pour lui, et désespère. Le chrétien qui marche dans un mauvais chemin, s’appuie sur le premier groupe et cherche ainsi à cautériser sa conscience. Le premier fil est le fil de la grâce, le deuxième est celui de la responsabilité. Les deux doivent être utilisés selon l’Écriture et avec la puissance et la sagesse de l’Esprit de Dieu (2 Tim. 1:7).

 

6.2   Agir pour le bien de tous

Comme chrétiens, nous ne sommes pas laissés isolés. Nous sommes responsables les uns des autres (1 Cor 12:25-26). Comment devons-nous aider nos frères au vu des deux lignes de conduite mentionnées ?

Dans le premier cas, ce ne sera pas difficile : aux croyants qui doutent, nous devons essayer de montrer clairement les pleins résultats de l’oeuvre de Jésus Christ. Le plus souvent, le doute provient de ce que l’on est déçu de soi-même. La découverte de la nature pécheresse et les échecs dans la vie pratique sont les causes les plus répandues du doute. Ces croyants ont besoin d’être instruits. Ils doivent apprendre que Jésus Christ n’est pas seulement mort pour eux, mais qu’eux aussi sont morts avec lui (Gal. 2:20 ; Rom. 6:2-4, 6-11). Dieu ne les voit plus dans leur état d’avant leur conversion, mais il les considère comme une nouvelle création en Christ (2 Cor. 5:17). Ils ont une nouvelle et parfaite position «dans le Christ Jésus» (Rom. 8:1, 39 ; 1 Cor. 1:30 ; Éph. 2:10) en qui ils ont une plénitude de bénédictions : vie, grâce, amour, salut et foi (2 Tim. 1:1, 9, 13 ; 2:1, 10 ; 3:12, 15). Leur regard doit être dirigé d’une part sur la position parfaite qui leur est conférée (Rom. 8:1, 11, 15) comme enfants de Dieu, et d’autre part sur Jésus, notre souverain sacrificateur dans le ciel. Rempli de miséricorde à l’égard de nos faiblesses, car il a été tenté en toutes choses comme nous, à part le péché (Héb. 2:18 ; 4:15-16), il nous vient en aide.

Les huit premiers chapitres de l’épître aux Romains ont pour but d’affermir des gens qui étaient déjà de vrais croyants, aussi bien quant au pardon des péchés (Rom. 3:22-26) que quant à la délivrance de la nature de péché, de la «chair» (Rom. 6:18, 22 ; 8:2). Ce sujet très riche ne peut pas être abordé dans ce petit livre, mais c’est l’affermissement dans ces vérités qui, outre ce qui a été développé plus haut, permet d’être bien paisible quant au salut que Dieu nous a donné, tout en étant conduit à une vraie sanctification pratique.

Dans le deuxième cas, face à ceux qui déclarent être chrétiens, mais dont la vie est en contradiction avec leur profession, il est plus difficile d’agir convenablement. Nous devons nous efforcer, vis-à-vis de tels chrétiens, de suivre l’exhortation de Paul aux Galates : «Frères, quand même un homme s’est laissé surprendre par quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez un tel homme dans un esprit de douceur, prenant garde à toi-même, de peur que toi aussi tu ne sois tenté» (Gal. 6:1).

Mais comment ? Deux cas sont possibles. Il peut arriver, qu’un croyant né de nouveau soit tombé dans le péché et que, dans un esprit de repentance, il ait reconnu sa culpabilité devant Dieu. Nous pouvons lui donner l’assurance que «si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés» (1 Jean 1:9), et lui montrer Jésus Christ comme notre avocat auprès du Père (1 Jean 2:1). Ce croyant a besoin d’encouragement et d’exhortation, pour ne plus retomber dans le péché.

Il peut aussi arriver que quelqu’un continue de vivre dans le péché et dise froidement : «Mais je suis cependant sauvé, car je suis un enfant de Dieu» . Allons-nous le fortifier dans son assurance, en lui montrant la grâce et la miséricorde de Dieu ? En aucune façon ! Car qui nous dit que cet homme est réellement né de nouveau ? Nous ne pouvons pas voir dans son coeur. Sa confession de foi est en contradiction avec ce que montre sa marche. Nous ne devons pas diriger l’attention de cet homme sur la grâce de Dieu, mais bien plutôt sur la responsabilité du chrétien. À lui s’applique le verset : «Si vous vivez selon la chair, vous mourrez» (Rom. 8:13). Il vit comme un ennemi de la croix de Christ, dont la fin est la perdition (Phil. 3:18-19). Cet homme se trouve sur le chemin de la perdition et nous devons l’en avertir.

Supposons que je longe un canal avec mon enfant. Celui-ci veut courir sur le talus en risquant de tomber dans l’eau. Est-ce que je vais lui dire : «Tu peux bien courir ; si tu tombes, je te rattraperai à temps» ? Non, je lui dirai : «Si tu fais cela, tu vas te noyer». Le fait que, parce qu’il est mon fils, je ne le laisse pas se noyer, est une autre chose. De même, nous devons fermement avertir un chrétien dont le comportement est opposé à la Parole. Nous devons le faire même si nous savons que, de toutes manières, Dieu le sauvera à la fin si c’est un vrai croyant. Le chrétien en mauvais état doit être averti. Si nous l’aidons à sortir d’un chemin d’égarement, nous pouvons dire que, comme dans l’exemple qui vient d’être présenté, nous avons sauvé une âme de la mort (Jac. 5:19-20).

La grâce de Dieu est infinie. Mais notre responsabilité, également, est grande. Le souhait de notre coeur est que ce petit livre ait donné aux deux aspects de la vérité leur vraie place dans la lumière divine.

 

7                    Index des textes de l’Écriture cités dans l’ouvrage

 

Référence

Paragraphe

Gen. 2:17

3.5.1

Gen. 4:9

4.5.4

Gen. 19:26

4.2.1

Ex. 24:8

5.5

Ex. 32:32

4.5.2

Nomb. 23-24

5.4.1

Ruth 1:14-15

4.2.1

1 Sam. 10:10

5.4.1

1 Chr. 10:13

5.4.1

Job 19:25, 26

3.6

Job 33:13

3.1.1

Ps. 23:3

4.4.4

Ps. 51:12

4.4.4

Ps. 69:28

4.5.2

Ps. 80:8-16

4.5.3

Ps. 119:130

5.4.1

Écc. 3:14

3.4

És. 5:1-7

4.5.3

És. 41:8

4.5.3

És. 42:1

4.5.3

És. 43:11, 25

Préface

És. 44:1

4.5.3

És. 45:4

4.5.3

És. 45:21-22

Préface

És. 49:6

4.

És. 52:13

4.5.3

És. 53:11

4.5.3

Jér. 15:16

5.4.1

Éz. 3:1-3

5.4.1

Éz. 18:24

4.6.2

Osée 11:1

4.5.3

Amos 3:2

4.6.3

Matt. 1:20

3.4.2

Matt. 2:15

4.5.3

Matt. 7:21-23

2.2

Matt. 7:22-23

5.4.1

Matt. 7:23

3.2

Matt. 8:12

2.2

Matt. 10:28

3.5.1

Matt. 10:33

4.4.1

Matt. 13:1-9, 18-23

5.4.1

Matt. 13:37

4.4.2

Matt. 21:21

4.3.2

Matt. 22:13

2.2

Matt. 24:13

3.4.1

Matt. 24:13

4.2.1

Matt. 25:30.

2.2

Matt. 26:69-75

4.4.1

Matt. 27:3

4.6.1

Matt. 27:5

4.6.1

Luc 1:35

3.4.2

Luc 5:7

5.4.1

Luc 9:26

4.4.1

Luc 9:62

4.2.1

Luc 12:9

4.4.1

Luc 16:23

3.5.1

Luc 19:10

Préface

Luc 22:32

4.6.1

Luc 22:56-62

4.4.1

Luc 23:34

5.4.3

Luc 24:47

2.1

Jean 1:9

5.4.1

Jean 1:12

3.1.3

Jean 2:23-25

4.2.3

Jean 2:23-25

5.4.1

Jean 3:3, 16

2.1

Jean 3:3, 7, 14-16

2.1

Jean 3:16

3.5

Jean 3:36

2.3

Jean 3:36

3.5

Jean 5:24

2.1

Jean 5:24

2.1

Jean 5:24

3.5

Jean 5:24

Préface

Jean 6:28,29

2.2

Jean 6:44

4.1

Jean 6:51

5.4.1

Jean 6:53-54

5.4.1

Jean 6:66

4.2.3

Jean 6:67

4.2.4

Jean 6:68

4.2.4

Jean 6:70

4.6.1

Jean 8:31

4.2.1

Jean 8:34

4.1

Jean 8:51

4.6.1

Jean 10

4.5.3

Jean 10:27

3.2

Jean 10:27-28

Préface

Jean 10:27-30

3.2

Jean 10:28-29

4.3.2

Jean 12:6

4.6.1

Jean 12:42

4.2.3

Jean 12:48

2.2

Jean 15:1-2, 5-6

4.5.3

Jean 17:3

3.5.4

Jean 19:38

4.2.3

Jean 21:15-17

4.4.1

Jean 21:15-17

3.3.2

Act. 2:32-33

5.4.3

Act. 2:38

2.1

Act. 3:14-15

5.4.3

Act. 3:17

5.4.3

Act. 5:14

2.1

Act. 7:60

5.4.3

Act. 9:35

2.1

Act. 10:14, 28

5.1

Act. 10:38

4.1

Act. 11:20-21

2.1

Act. 11:21, 24, 26

2.1

Act. 11:21, 24

2.1

Act. 13:47

4.

Act. 15:7

2.1

Act. 15:9

4.3.2

Act. 16:30-34

2.1

Act. 17:30

2.1

Act. 17:30

3.1.1

Act. 18:5,8

2.1

Act. 20:21

2.1

Act. 21:26

5.1

Act. 26:10-11

5.4.4

Act. 26:18

4.1

Rom. 1:16

4.

Rom. 1:16

4.

Rom. 1:28

4.5.5

Rom. 2:7

3.5.2

Rom. 3:22-26

6.2

Rom. 3:28

3.4.2

Rom. 4:25

3.1.2

Rom. 5:1

4.3.2

Rom. 5:10

3.4.1

Rom. 5:12

3.4.2

Rom. 5:12

3.5.1

Rom. 5:14

3.5.1

Rom. 6:13

4.4.2

Rom. 6:17

4.1

Rom. 6:18, 22

6.2

Rom. 6:23

Préface

Rom. 6:23

3.5.3

Rom. 6:2-4, 6-11

6.2

Rom. 8:1, 11, 15

6.2

Rom. 8:1,39

6.2

Rom. 8:13

6.2

Rom. 8:16

3.1.3

Rom. 8:2

6.2

Rom. 8:22-25

3.5.2

Rom. 8:28

3.1.1

Rom. 8:28

3.6

Rom. 8:29-30

3.1.1

Rom. 8:31

3.1.2

Rom. 8:32

3.1.2

Rom. 8:33, 35, 38-39

3.1

Rom. 8.33-34

3.1.2

Rom. 9:20

3.1.1

Rom. 10:4

2.1

Rom. 10:9

2.1

Rom. 10:10

4.

Rom. 11:5

5.4.3

Rom. 11:11

4.

Rom. 11:20-22

4.3.1

Rom. 11:29

3.1.3

Rom. 13:11

4.

1 Cor. 1:7-8

3.4.1

1 Cor. 1:18

4.

1 Cor. 1:30

6.2

1 Cor. 3:14-15

3.3.2

1 Cor. 3:15

4.2.2

1 Cor. 8:11

4.5.4

1 Cor. 8:3

4.3.2

1 Cor. 9:25-26

4.2.2

1 Cor. 9:27

4.5.5

1 Cor. 10:5-6

5.3

1 Cor. 11:32

Préface

1 Cor. 12:9

4.3.2

1 Cor. 12:25-26

6.2

1 Cor. 14:17

4.3.3

1 Cor. 15:2

4.3.3

1 Cor. 15:2

4.6.1

2 Cor. 1:6

4.

2 Cor. 3:18

5.7

2 Cor. 5:1

3.6

2 Cor. 5:7

4.3.2

2 Cor. 5:10

3.3.2

2 Cor. 5:14

3.4.2

2 Cor. 5:15-18

3.4.2

2 Cor. 5:17

3.4.2

2 Cor. 5:17

3.5.3

2 Cor. 5:17

4.6.1

2 Cor. 5:17

6.2

2 Cor. 5:17

Préface

2 Cor. 5:21

3.4.2

2 Cor. 6:1

4.3.3

2 Cor. 7:10

4.

2 Cor. 13:5

4.5.5

Gal. 2:20

6.2

Gal. 3:6

2.1

Gal. 3:9

2.1

Gal. 6:1

6.2

Gal. 6:8

3.5.2

Éph. 1:13

3.1.3

Éph. 1:4-6

4.1

Éph. 2:5-6

3.4.2

Éph. 2:8

3.4.2

Éph. 2:8

Préface

Éph. 2:8

2.1

Éph. 2:8-10

3.4.2

Éph. 2:10

6.2

Éph. 2:10

Préface

Éph. 4:30

3.1.3

Éph. 5:6-7

5.4.1

Éph. 5:8

Préface

Éph. 5:13-14

5:4.4

Éph. 6:12

3.1

Éph. 6:17

4.

Phil. 1:6

3.4.1

Phil. 1:19

4.

Phil. 1:29

3.4.2

Phil. 2:12

4.

Phil. 3:18-19

6.2

Phil. 3:20

4.

Phil. 3:21

3.5.2

Phil. 4:1

4.2.2

Col. 1:13

4.1

Col. 1:23

4.3.2

Col. 1:23

4.6.1

1 Thes. 2:15-16

5.4.3

1 Thes. 2:19

4.2.2

1 Thes. 3:5-6

4.3.2

1 Thes. 5:6

5.6

2 Thes. 2:2-3

4.3.1

2 Thes. 2:3-4

4.3.1

2 Thes. 3:3

3.4.1

1 Tim. 1:5

4.3.2

1 Tim. 1:16

3.5.2

1 Tim. 1:19-20

4.3.2

1 Tim. 2:4

3.1.1

1 Tim. 4:1

4.3.2

1 Tim. 4:1

4.3.2

1 Tim. 5:8

4.3.2

1 Tim. 5:15

4.3.2

1 Tim. 6:12, 19

3.5.2

1 Tim. 6:20

4.3.2

1 Tim. 6:21

4.3.2

2 Tim. 1:1, 9, 13

6.2

2 Tim. 1:7

6.1

2 Tim. 1:9-10

3.4.2

2 Tim. 2:1,10

6.2

2 Tim. 2:12

4.4.1

2 Tim. 2:17

4.3.2

2 Tim. 2:17-18

4.3.2

2 Tim. 2:18

4.3.2

2 Tim. 2:19

2.1

2 Tim. 2:19

4.3.2

2 Tim. 2:19

5.4.4

2 Tim. 3:12, 15

6.2

2 Tim. 3:8

4.5.5

2 Tim. 4:8

4.2.2

2 Tim. 4:8

4.4.1

Tite 1:2

3.5.2

Tite 1:2

3.5.2

Tite 1:16

4.4.1

Tite 1:16

4.5.5

Tite 3:7

3.5.2

Héb. 2:1

5.2

Héb. 2:1-4

5.2

Héb. 2:3, 10

4.

Héb. 2:15

4.1

Héb. 2:18

6.2

Héb. 3:6

4.6.1

Héb. 3:12-13

5.2

Héb. 4:14

4.6.1

Héb. 3:19

5.3

Héb. 4:1

5.3

Héb. 4:2

5.3

Héb. 4:11

5.3

Héb. 4:15-16

6.2

Héb. 5:9

Préface

Héb. 5:9

5.1

Héb. 5:11-13

5.4.2

Héb. 6:1-3

5.4.2

Héb. 6:4-6

5.4

Héb. 6:4-6

5.4.2

Héb. 6:4-6

5.4.3

Héb. 6:4-6

5.4.3

Héb. 6:4-6

5.4.4

Héb. 6:8.

4.5.5

Héb. 7:25

3.4.1

Héb. 7:25

4.

Héb. 7:25

5.1

Héb. 8:13

5.1

Héb. 9:12

5.1

Héb. 9:27

3.5.1

Héb. 9:28

4.

Héb. 10:2

3.3

Héb. 10:10

3.3

Héb. 10:11

3.3

Héb. 10:12

5.5

Héb. 10:14

3.3

Héb. 10:14

5.1

Héb. 10:26-29

5.5

Héb. 10:27

5.5

Héb. 10:29

5.5

Héb. 10:32-34

5.1

Héb. 10:36

5.5

Héb. 10:38

5.6

Héb. 10:39

5.5

Héb. 10:39

5.6

Héb. 11

5.1

Héb. 12:1

5.1

Héb. 12:14

5.7

Héb. 12:14-15

5.7

Héb. 12:16-17

5.7

Héb. 12:25

5.2

Héb. 12:25

5.2

Héb. 12:28, 29

5.3

Jac. 1:12

4.2.2

Jac. 1:22

4.2.1

Jac. 2:18

4.6.1

Jac. 2:19

2.1

Jac. 5:19-20

6.2

1 Pi. 1:5

4.

1 Pi. 1:5

4.1

1 Pi. 1:9

4.

1 Pi. 2:22

3.4.2

1 Pi. 2:24

3.3.1

1 Pi. 4:18

4.6.3

1 Pi. 5:2-4

4.2.2

1 Pi. 5:12

Préface

2 Pi. 1:4

3.5.4

2 Pi. 2:1

4.4.1

2 Pi. 2:1

4.4.2

2 Pi. 2:20

4.4.3

2 Pi. 2:22

4.4.3

2 Pi. 2:7

4.3.2

2 Pi. 2:9

4.4.3

2 Pi. 3:17

4.4.4

1 Jean 1:7

3.3.1

1 Jean 1:9

2.1

1 Jean 1:9

3.3.1

1 Jean 1:9

5.5

1 Jean 1:9

6.2

1 Jean 2:1

3.3.2

1 Jean 2:1

3.4.1

1 Jean 2:1

4.4.4

1 Jean 2:1

6.2

1 Jean 2:19

4.2.3

1 Jean 3:1

3.1.3

1 Jean 3:14

3.5.3

1 Jean 3:2

3.1.3

1 Jean 3:5

3.4.2

1 Jean 5:11

3.5.3

1 Jean 5:11-12

2.1

1 Jean 5:13

3.1.3

1 Jean 5:13

Préface

1 Jean 5:20

3.5.4

Jude 1

5.6

Jude 3

4.3.2

Jude 4

4.4.1

Jude 4

Préface

Apoc. 2:7

4.5.1

Apoc. 2:10

4.2.2

Apoc. 2:10

4.2.2

Apoc. 2:11

4.5.1

Apoc. 3:1

4.5.2

Apoc. 3:5

4.5.2

Apoc. 3:15-16

4.3.1

Apoc. 10:9-10

5.4.1

Apoc. 11:6

5.4.1

Apoc. 13:8

4.5.2

Apoc. 17:8

4.5.2

Apoc. 20:11-15

3.5.1

Apoc. 20:12, 15

4.5.2

Apoc. 22:17

3.4.1