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QUE TOUS LES HOMMES SOIENT SAUVÉS
KOUASSIT Jean-Claude
Table des matières :
1.1 Existence, origine, destinée — des questions auxquelles on ne peut échapper
1.2 S’arrêter et écouter ce que Dieu dit
2 L’homme sous le regard de Dieu
2.2.2 Conséquence de la désobéissance — la mort et ses effets
2.2.3 Je suis un pécheur perdu
2.3 Les raisons de la colère de Dieu — la culpabilité de tous
2.3.1 Le témoignage de la Création parle à tous
2.3.2 La connaissance de Dieu mise de côté et remplacée par des idoles — Rom. 1:21-22
2.3.3 Corruption et dégradation finales
2.4 L’homme entièrement responsable ; le jugement de Dieu justifié
2.4.3 Chacun concerné personnellement
2.5 Le sort du Juif — Rom. 2:17 à 3:2
2.5.1 Peuple de Dieu, peuple privilégié
2.5.2 Aussi coupables que les autres
2.5.3 Tous coupables, tous injustes
3 Nécessité de la justice de Dieu
3.2 La justification par la foi en Jésus — Rom. 1:16, 17 ; 3:22
3.2.1 Dieu apporte un remède quand il n’y a plus de ressources
3.2.2 Une justice qui justifie, non pas une justice qui condamne
3.2.4 Accepter ce que Dieu offre
3.3 Les moyens d’y avoir part — Rom. 3:24
3.3.1 Besoin de quelqu’un qui veuille racheter
3.3.4 Accepter par la foi ce que Dieu offre
3.4 Jésus, victime propitiatoire, victime excellente — Rom. 3:25-26
3.4.2 Christ fait péché pour nous
3.4.3 L’opprobre des hommes, le méprisé du peuple
3.4.4 Pourquoi Jésus a-t-il tant souffert ?
3.4.5 Pour qui Jésus a-t-il tant souffert ?
3.4.6 Jésus la victime excellente
3.5 Les résultats de la justification par la foi
4.1.1 L’annonce du royaume — message rejeté
4.1.2 Un nouveau message : la nouvelle naissance
4.1.2.1 Nicodème avait un besoin
4.1.2.3 La nouvelle naissance : de quoi s’agit-il ?
4.1.2.4 La révélation des choses célestes
4.1.3 Les résultats de l’action de la Parole, de l’Esprit
4.2 La repentance et la confession des péchés
4.3 La foi au Sauveur et la confession de Jésus comme Seigneur
4.4 Pardonnés et réconciliés avec Dieu
4.4.1 Richesses de l’œuvre de Christ à la croix — l’expiation par le sang
4.5 Sanctifiés et délivrés du péché — position et pratique
5 La Vie Éternelle donnée gratuitement (Jean 3:14-15)
6.1 Le Saint Esprit envoyé suite à la glorification de Christ
6.2 L’Esprit glorifie Christ — L’Esprit d’adoption
6.3 L’Esprit habitant dans le croyant — Puissance de la vie nouvelle
6.4 L’Esprit dans le croyant : Sceau, onction et arrhes (2 Cor. 1:21-22)
6.4.3 L’Esprit dans le croyant comme arrhes (ce qu’on goûte du ciel, à l’avance)
7 Sauvés pour quoi ? —- Pour servir et pour attendre des cieux le Seigneur Jésus
8.2 Dieu a donné le moyen de se faire connaître
8.3 Ne pas résister à Dieu qui offre son salut
8.5 Dieu a tellement fait pour nous — Luc 15
Quelle que soit sa position sociale, sa condition ou sa situation tout homme s’est au moins une fois posé des questions sur son existence, son origine et sa destinée. Il est vrai qu’il peut fuir la réalité en ne désirant pas voir les choses en face. Dès lors il peut se lancer dans l’activité, les religions, les sectes ; il peut être occupé par la science, la politique, l’art, les affaires, la tradition, les études, le travail… rien que pour fuir la réalité. Mais la réalité est comme une ombre qui le suit, comme un filet qui l’enveloppe même s’il tente par tous les moyens de s’en débarrasser. Dans sa tentative d’évasion, il peut parfois supposer, discuter, calmer sa conscience, faire semblant, accepter, refuser, calculer, se nourrir de vains espoirs, rien que pour fuir la réalité. Il peut aussi adopter cette maxime : «Mangeons et buvons car demain nous mourrons».
Or la réalité est là : Même s’il ne veut pas le reconnaître, l’homme a besoin de quelque chose qu’il n’arrive pas à définir. Il sait qu’il y a en lui un manque, un vide qu’il désire combler en s’offrant les plus grands plaisirs, en ouvrant son cœur aux fables, aux discours persuasifs et aux philosophies.
Nous désirons que notre lecteur marque un arrêt dans sa longue marche pour regarder, pour écouter une Personne vivante, Jésus Christ, le Fils de Dieu.
«la Parole était au commencement auprès de Dieu… en elle était la vie, et la vie était lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres ; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1:4-5).
L’homme n’a pas su, en Celui qui venait en ami pour l’éclairer, discerner son Créateur, celui de qui il sort, celui de qui il vit, celui qui donne un sens à sa vie. Que pouvons-nous faire devant une telle situation ? Abandonner et laisser tout se dégrader ou nous arrêter un peu pour écouter ce que Dieu nous dit pour nous montrer le chemin vers lui, pour le connaître ?
Il est bon de chercher à connaître Dieu, à recevoir ses pensées pour revenir vers lui, notre Créateur.
Mais, même en sachant qu’il existe, l’homme est capable d’une chose effroyable, à savoir que «la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises» (Jean 3:19). Tel est l’homme avec son cœur incurable et sa méchanceté sans nom qui voit la lumière et qui préfère les ténèbres à la lumière. C’est d’ailleurs l’une des causes de son jugement.
Ce refus de Dieu et cette hostilité se sont pleinement révélés quand le Seigneur Jésus s’est présenté comme le Messie promis à son peuple Israël. Face à ce cœur débordant d’amour et de bonté, les Juifs, suivis par ceux qui ne l’étaient pas, ont catégoriquement témoigné leur refus. Mais Dieu aime l’homme malgré tout, Il s’approche de lui, lui tend la main, compatit à ses douleurs, le comprend dans ses besoins, lui ouvre son cœur et bande ses plaies. Dieu n’est pas si loin qu’on ne le pense et Il «veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité» (I Tim 2:4). C’est pourquoi «il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance» (2 Pier. 3:9).
Il est vrai qu’on aime vivre dans le tâtonnement, dans le flou ou dans le doute. Mais il y a une question essentielle qu’on doit se poser. Job l’exprime ainsi : «Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ?» (Job 9:2). Posons la directement à Dieu. Et nous savons que «quiconque demande reçoit ; et celui qui cherche, trouve» (Matt. 7:8).
Nous avons l’assurance que l’Évangile s’adresse à tous ceux qui sont perturbés dans leur esprit au sujet de leur sort éternel. Or quel est l’homme sensé qui ne s’interroge pas sur cela ? C’est très souvent après s’être interrogé que l’on cherche une religion, une secte, une philosophie, une société secrète, ou bien on désire rester tel quel dans l’incertitude, ou encore on embrasse l’athéisme ou la religion des anciens.
Mais l’Évangile est la bonne nouvelle de Dieu. C’est le message de la grâce qui éclaire notre chemin, qui donne du repos à notre âme et qui ouvre le chemin de la paix avec Dieu.
Dieu lui-même nous parle. Qui est plus compétent que Dieu pour montrer le chemin qui mène à lui ? Est-ce l’homme, son intelligence, son raisonnement, sa philosophie ou son enseignement ? Est-ce le diable, sa doctrine, ses agents ?
Dieu seul peut, Dieu seul veut intervenir. C’est Dieu qui sauve ; le salut est son œuvre. Il en est la source et lui seul peut répondre à la question de Job : «Comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ?».
Les questions fondamentales que l’homme doit se poser sont les suivantes : Comment Dieu me voit-il ? Que pense-t-il de moi ? Quelle est au fait ma position réelle devant lui ?
On cherche souvent à se cacher devant Dieu, à fuir la réalité, mais on oublie que «il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire» (Héb. 5:13).
À l’origine, l’homme a été créé sans péché, innocent et en relation immédiate avec Dieu dans un jardin de délices appelé Eden. Il lui avait été donné de dominer sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur les reptiles et sur toute la terre. L’homme jouissait de tous les privilèges, il était le maître de la création mais dans une position bénie de dépendance devant son Créateur. De plus, Dieu qui le connaissait à fond déclara : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde... Et l’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et l’amena vers l’homme» (Gen. 2:18-22). Adam était alors comblé et avait auprès de lui une aide avec qui il pouvait communiquer et communier. Dans cet état d’innocence où tout était beau et plaisant, l’homme était responsable d’obéir au commandement de Dieu : «Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (Gen. 2:16-17).
Mais le diable, sous l’apparence du serpent séduisit Ève en jetant un doute sur ce que Dieu avait dit. «La femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi a son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea» (Gen. 3:6).
Cet acte était grave car c’était désobéir au commandement de Dieu. Adam et Ève ont, de leur propre volonté, mangé le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il n’y avait aucune pression, aucune force surnaturelle qui les oblige à commettre un tel acte. Ils étaient donc à même de refuser de manger, ils pouvaient dire non au diable, mais délibérément ils choisirent de désobéir. Alors «les yeux de tous deux furent ouverts, et ils connurent qu’ils étaient nus». Ayant succombé à la tentation en désobéissant, «l’homme et sa femme se cachèrent de devant l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin» (Gen. 3:8). Tel est l’homme qui de tout temps ne supporte pas le regard de Dieu, et pour refuser d’y penser, il préfère très souvent nier son existence.
Mais c’est Dieu qui a créé l’homme et quoiqu’il soit l’offensé, c’est encore lui qui fait le premier pas. «L’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : où es-tu ? (Gen. 3:9). Nous voilà devant une question qui traverse les âges et qui s’adresse à l’homme quelle que soit sa cachette. Et que de fois n’a-t-on pas étouffé cette voix douce, qui nous atteint dans notre retranchement, et qui se fait entendre à la suite de la désobéissance.
Quelle a été la portée réelle de cette désobéissance ? C’est que «par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). La conséquence pratique de la désobéissance d’Adam se résume ici. C’est l’introduction dans le monde, du péché et de la mort. Le drame, c’est que désormais tous les hommes sont assujettis à la puissance de la mort. Rien ne peut arrêter ses œuvres, pas même les progrès extraordinaires de la science. Même si la mort est par moment banalisée à cause de la souffrance, respectée à cause de sa tyrannie, elle demeure le compagnon mal aimé et inséparable de l’homme. Pire, la mort a un pouvoir terrible, et elle règne en maître selon qu’il est écrit : «Par la faute d’un seul, la mort a régné» (Rom. 5:17). Elle est semblable à un filet qui enveloppe l’humanité. Personne n’y échappe. Elle est dépourvue de toute pitié et compassion. Elle frappe, impose sa loi et méprise les pleurs. Elle est devenue «le roi des terreurs» (Job 18:14).
Il faut se souvenir avec humilité que c’est par la faute de l’homme qu’elle a ce pouvoir.
Comment Dieu me voit-il dans ce sombre tableau ?
«Par une seule faute les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation» (Rom. 5:18). Sous le regard de Dieu, je suis un homme condamné à mort. Je suis perdu, ruiné et pécheur. La désobéissance d’Adam m’a placé dans cette position et Dieu me voit tel : «Il n’y a pas d’homme juste sur la terre qui ait fait le bien et qui n’ait pas péché» (Ecc. 7:20). Aucun raisonnement ne peut contredire Dieu et sa Parole : «Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous» (1 Jean 1:8).
Ami, sache donc que Dieu te voit pécheur, réalise que le péché est avant tout un problème de nature. La nature humaine a été marquée par le péché à cause de la faute d’Adam, et cette nature, je l’ai reçue en entrant par naissance physique dans ce monde. Le roi David avait pleinement compris cette vérité, ainsi déclare-t-il : «Voici, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu» (Ps. 51:5). Voilà un homme qui reconnaît avec force et humilité son origine : dans le péché. Cette vérité est pour tous ! Personne n’y échappe. Le péché est comme un mauvais gène qui se transmet de parents à enfants depuis Adam. Nous sommes donc tous pécheurs par naissance.
La première cause qui établit la culpabilité de tous les hommes, même celle des païens, vis-à-vis de Dieu c’est le témoignage parlant de la création.
«La colère de Dieu est révélée du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes qui possèdent la vérité tout en vivant dans l’iniquité : parce que ce qui peut se connaître de Dieu est manifeste parmi eux ; car Dieu le leur a manifesté ; car, depuis la fondation du monde, ce qui ne peut pas se voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites, de manière à les rendre inexcusables» (Rom. 1:18-20).
En venant dans le monde, tout homme a sous les yeux un merveilleux spectacle. La terre produit de la verdure, les arbres fruitiers donnent leurs fruits selon leurs espèces. En haut dans les cieux, des luminaires éclairent la terre pour que toutes les plantes qui y sont, reçoivent la chaleur et la lumière, indispensables à leur épanouissement. Les eaux ne sont pas vides. Il y a de la vie partout sur la terre comme dans le ciel. Les êtres vivants s’expriment chacun selon son espèce. Le tableau est riche, les sons et les couleurs sont à leur place. Tout est harmonieux. Nous sommes en présence d’une intelligence supérieure qui a appelé toutes ces choses à l’existence, et les fait croître avec un but précis. Rien n’est fait au hasard !
Au milieu de tout cela l’homme est différent de toutes les autres créatures vivantes : plus faible que bien des animaux, il a une intelligence ; il cherche à comprendre tout ce qui est devant lui. Il a été créé à l’image de Dieu (Gen. 1:27).
Nous entrons dans ce monde et nous voyons et contemplons la beauté de la création. À travers elle, nous découvrons son Auteur. Le doigt de Dieu est présent partout, la création est son œuvre.
Toutes les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle, sa divinité, se voient à l’œil nu depuis la création du monde. Si je ne peux pas voir Dieu physiquement, je le vois à travers ses ouvrages. La création est donc un témoignage trop parlant pour que l’on puisse nier l’existence de Dieu. C’est pourquoi même le païen est inexcusable et il attire sur lui la colère de Dieu, colère qui se révèle du ciel contre toute personne qui méprise ce témoignage de la vérité. Comment peut-on nier l’évidence ? On ne peut pas prétendre à l’athéisme. C’est à juste titre que l’Ecriture dit que seul «l’insensé dit en son cœur : il n’y a point de Dieu» (Ps. 14:1).
La deuxième raison de la colère de Dieu, c’est que les hommes ont connu Dieu dès le commencement. Mais qu’en ont-ils fait ?
«Ayant connu Dieu, ils ne le glorifièrent point comme Dieu, ni ne lui rendirent grâce ; mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur cœur destitué d’intelligence fut rempli de ténèbres : se disant sages, ils sont devenus fous» (Rom. 1:21-22).
La logique voudrait que devant la splendeur des choses créées on explose en louange devant Celui qui a déployé tant de puissance et de sagesse. Mais les hommes dépourvus d’intelligence ont sombré dans ce qui n’a pas de sens. Ils n’ont pas glorifié Celui qui en était digne, en suivant leurs pensées obscures et leurs raisonnements. La conséquence de cet égarement, c’est qu’ils sont devenus fous. L’homme a toujours eu tendance à représenter Dieu ; ils ont changé la gloire incorruptible de Dieu en image corruptible. L’homme a préféré adorer la créature au lieu du Créateur. Pour le prophète Ésaïe, les adorateurs d’idoles et leurs fabricants n’ont ni intelligence, ni entendement. Pour preuve : «Le sculpteur en bois étend un cordeau ; il trace sa forme avec de la craie rouge, il la fait avec des outils tranchants, et la trace avec un compas, et la fait selon la figure d’un homme, selon la beauté de l’homme, pour qu’elle demeure dans la maison. Il se coupe des cèdres, et il prend un rouvre et un chêne ; il choisit parmi les arbres de la forêt. Il plante un pin, et la pluie le fait croître. Et un homme l’aura pour en faire du feu, et il en prend et s’en chauffe, il l’allume aussi, et cuit du pain ; il en fait aussi un dieu, et l’adore ; il en fait une image taillée, et se prosterne devant elle. Il en brûle la moitié au feu ; avec la moitié il mange de la chair, il cuit un rôti, et il est rassasié ; il a chaud aussi et dit : ha, ha ! je me chauffe, je vois le feu ! Et avec le reste il fait un dieu, son image taillée : il se prosterne devant elle et l’adore, et lui adresse sa prière, et dit : délivre-moi, car tu es mon dieu. Ils n’ont pas de connaissance et ne comprennent pas ; car il a couvert d’un enduit leurs yeux, en sorte qu’ils ne voient pas, et leurs cœurs, en sorte qu’ils ne comprennent pas. Et on ne rentre pas en soi-même, et il n’y a pas d’intelligence, pour dire : j’en ai brûlé la moitié au feu, et encore, j’ai cuit du pain sur ses charbons, j’ai rôti de la chair et j’ai mangé ; et ce qui reste, en ferai-je une abomination ? Me prosternerai-je devant ce qui provient d’un arbre ? Il se repaît de cendres ; un cœur abusé l’a détourné ; et il ne délivre pas son âme, et ne dit pas : n’ai-je pas un mensonge dans ma main droite ?» (És. 44:13-20).
Tout ceci est la conséquence du rejet de Dieu et pour combler ce vide l’homme a tendance à adorer du bois, des rivières, des montagnes, la lune, le soleil... mais nous devons prendre conscience que derrière ces éléments physiques se cachent des démons, c’est pourquoi l’apôtre Paul dit avec certitude qu’une idole n’est rien en elle-même «mais que les choses que les nations sacrifient, elle les sacrifient à des démons et non pas à Dieu» (1 Cor. 10:20). Et Dieu connaissant cette mauvaise tendance chez l’homme avait sévèrement mis en garde son peuple Israël en ces termes : «Tu ne feras point d’image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans les cieux en haut, et de ce qui est sur la terre en bas, et de ce qui est dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne t’inclineras point devant elles, et ne le les serviras point» (Ex. 20:4-5).
Même dans la chrétienté présente, cette tendance demeure. Ainsi sous le couvert du Christianisme, on est prêt à adorer tous les saints, après les avoir représentés par des gravures ou des statues.
En troisième lieu, la folie de l’homme peut l’amener à faire des choses ignobles :
«C’est pourquoi Dieu les a aussi livrés, dans les convoitises de leurs cœurs, à l’impureté, en sorte que leurs corps soient déshonorés entre eux-mêmes : eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge, et ont honoré et servi la créature plutôt que celui qui l’a créée, qui est béni éternellement. Amen ! C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes, car leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et les hommes pareillement, laissant l’usage naturel de la femme, se sont embrasés dans leur convoitise l’un envers l’autre, commettant l’infamie, mâles avec mâles, et recevant en eux-mêmes la due récompense de leur égarement» (Rom. 1:24-27).
La dégradation de l’homme s’est accentuée jusqu’à déshonorer son propre corps. En effet, beaucoup n’ont pas hésité à livrer leur corps au diable pour qu’il le possède. Oubliant que notre corps doit être respecté, certains hommes ont livré les leurs pour qu’ils soient abîmés et souillés dans des séances d’orgies sexuelles et encore, «leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et les hommes aussi pareillement, laissant l’usage naturel de la femme, se sont embrasés dans leurs convoitises l’un envers l’autre, commettant l’infamie, mâles avec mâles» (Rom. 1:26-27). C’est horrible ! Et c’est malheureusement là où on arrive lorsqu’on ne se soucie pas de connaître Dieu. Le sens moral est obscurci ; la nature mauvaise dont nous avons hérité ne fait que se dégrader davantage. C’est la ruine totale, et la déchéance irrémédiable. Tout ceci provoque la colère de Dieu qui se révèle du ciel.
Le passage de Rom. 1:26-27 s’applique à l’évidence à l’état banalisé du monde actuel — sans même qu’il y ait des séances d’orgies — à la liberté sexuelle sans frein que l’homme ne trouve pas horrible du tout, car il «trouve son plaisir dans ceux qui commettent de telles choses» (Rom. 1:32). Ce qui est terrible — un endurcissement terrible — c’est que l’homme persévère malgré le débordement de maladies entraînées par cette corruption morale, et le développement parallèle de la méchanceté et de la violence, visés par Rom. 1:29. Que notre lecteur veuille bien se rendre compte de cette situation et ne pas endurcir son cœur plus avant !
L’homme a été créé intelligent et responsable. Après la chute, il a acquis la connaissance du bien et du mal, c’est-à-dire une conscience qui le juge. Il sait très bien qu’il fait ce qui est mauvais : c’est cela être pécheur. Il est conscient des actes qu’il commet et il sait aussi que le jugement de Dieu est selon la vérité car «ceux qui commettent de telles choses sont dignes de mort» (Rom. 1:32). L’homme le sait ; cependant il fait le mal pour provoquer Dieu. Et s’il ne va pas jusqu’à accomplir un acte ignoble, pour une raison ou une autre, il approuve dans son cœur, et souvent même ouvertement, ceux qui les font.
Dieu est au-dessus de nous. Il voit tout, Il sait tout et rien ne lui échappe. Il connaît à merveille toute la personnalité de l’homme, ses tendances, ses pensées secrètes et sa volonté. Il sonde les reins et connaît le cœur de l’homme qui est tortueux par-dessus tout (Jér. 17:9). Une des choses qui doit nous couvrir de honte c’est que malgré notre état pervers, nous osons condamner et juger avec mépris ceux qui font le mal que nos cœurs désirent en secret : «C’est pourquoi tu es inexcusable, ô homme, qui que tu sois qui juges ; car en ce que tu juges autrui, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu commets les mêmes choses» (Rom. 2:1).
Peut-être que personne ne nous voit quand nous commettons des infamies. Mais arrêtons de faire semblant parce que Dieu est lumière et Il voit tout. Et celui qui juge se condamne doublement car cela montre qu’il sait faire la différence entre le bien et le mal et que même avec cette connaissance, il fait les mêmes choses. Mettons notre masque de côté et approchons-nous de la lumière pour voir notre ruine et notre pauvreté. Venons sous le regard de Dieu pour découvrir la perversité de notre nature. Acceptons que nous sommes coupables, perdus, car quoi que nous fassions, nous n’échapperons pas au jugement de Dieu qui est selon la vérité. Et c’est selon la vérité que Dieu jugera les actions secrètes des hommes. C’est selon cette même vérité qu’il rendra à chacun selon ses œuvres accordant «à ceux qui, en persévérant dans les bonnes œuvres, cherchent la gloire et l’honneur et l’incorruptibilité, la vie éternelle ; mais à ceux qui sont disputeurs et qui désobéissent à la vérité, et obéissent à l’iniquité, la colère et l’indignation ; tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal» (Rom. 2:7-9).
Chacun ayant un compte à rendre personnellement à Dieu, il s’agit ici d’un jugement individuel. L’homme est entièrement responsable des actes qu’il commet. Personne ne payera à sa place et de toute façon , «il est réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement» (Héb. 9:27).
À quoi bon s’endurcir tout en persévérant dans le mal ? À quoi bon fuir la réalité en calmant la conscience sous le couvert d’une propre justice ? À quoi bon prendre pour prétexte «ma religion» pour tenter d’apaiser la colère de Dieu ? Pourquoi ne pas dès maintenant accepter le témoignage que Dieu donne de ta propre vie ?
Qu’en est-il des Juifs ? Israël est une nation privilégiée parmi tous les autres peuples de la terre. «Les oracles de Dieu leur ont été confiés» (Rom. 3:2). Les Juifs étaient détenteurs des saints commandements de Dieu et des promesses leur avaient été faites, notamment la venue sur terre du Messie, Emmanuel, Dieu avec nous. Dieu donc avait les regards sur ce peuple. Mais, ayant tous ces privilèges, ils ont été remplis d’un orgueil démesuré allant jusqu’au mépris des autres peuples. Ils se glorifiaient de posséder la loi et de connaître la volonté de Dieu. Le Juif s’est cru «conducteur d’aveugles, lumière de ceux qui sont dans les ténèbres, instructeur des hommes dépourvus d’intelligence, maître des petits enfants, ayant la formule de la connaissance et de la vérité dans la loi» (Rom. 2:19-20).
Les Juifs pouvaient enseigner les autres. Mais au lieu de mettre la Parole en pratique, ils se sont mis à faire le contraire de ce qu’ils enseignaient : «Toi qui prêches qu’on ne doit pas dérober, dérobes-tu ? Toi qui dis qu’on ne doit pas commettre l’adultère, commets-tu l’adultère ? Toi qui as en abomination des idoles, commets-tu des sacrilèges ? Toi qui te glorifies en la loi, déshonores-tu Dieu par la transgression de la loi ?» (Rom. 2:21-24). Sans loi, l’homme est démontré pécheur et perdu ; sous la loi c’est pire, car ayant la connaissance de la volonté de Dieu, il la viole délibérément, démontrant par-là que l’homme est incapable d’obéir à la loi. C’est donc en connaissance de cause que l’apôtre Paul dit que «la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, car elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas» (Rom. 8:7). À travers tout ce qui précède, la ruine de l’homme est constatée. Son état de péché est démontré, qu’il soit juif ou païen. Sous le regard du Dieu scrutateur des cœurs, «il n’y a pas de différence car tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» (Rom. 3:23).
Mais alors comment l’homme sera-t-il juste devant Dieu ? Il ne peut pas l’être par l’observation scrupuleuse de la loi car «nulle chair ne sera justifiée devant lui par des œuvres de loi, car par la loi est la connaissance du péché» (Rom. 3:20). Nous ne pouvons qu’être d’accord avec l’Ecriture lorsqu’elle dit : «Il n’y a point de juste, non pas même un seul. Il n’y a personne qui ait de l’intelligence, il n’y a personne qui recherche Dieu ; ils se sont tous détournés, ils se sont tous ensemble rendus inutiles, il n’y en a aucun qui exerce la bonté, il n’y en a pas même un seul» ; «car nous avons ci-devant accusé et juifs et grecs d’être tous sous le péché» (Rom. 3:10-12, 19).
Tel est en substance le fondement des relations de l’homme responsable avec Dieu son Créateur.
Tout homme doit rencontrer Dieu, même si ce fait est nié par toutes sortes de philosophies ou doctrines. Or Dieu est saint par nature et ne tolère donc pas le péché. La condamnation du pécheur est certaine, car le péché produit la colère. Est-il possible que Dieu acquitte le coupable qui mérite la condamnation sans compromettre son caractère saint et sa justice qui punit le mal ?
En d’autres termes comment serait-il juste en justifiant le pécheur ?
En outre, le besoin de justice n’est pas seulement pour éviter la condamnation finale, mais aussi pour goûter la vraie justice dès ici-bas, et en rendre témoignage, et pour goûter la paix et la vraie bénédiction qui s’y rattachent
Dieu, voyant tout ce que l’homme a fait et sachant qu’il a une nature déchue, n’attend plus rien de bon ou juste de celui-ci. Il s’approche de nous et nous trouve dans une position où nous sommes incapables de bouger étant morts dans nos péchés et ayant perdu tout espoir. Dans cette perspective, l’âme reste troublée et attend sa condamnation éternelle. Mais Dieu est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. Il nous offre une justice, dont lui est la source. Cette justice de Dieu met l’homme de côté car il est reconnu coupable. Il est frappant de constater que même les Prophètes et la Loi rendent témoignage à cette justice de Dieu. Cela nous amène à reconnaître que Dieu est au-dessus de nous et ses pensées sont haut élevées. Pour preuve, avant que l’homme n’ait démontré par l’expérience qu’en lui, il n’y a rien de bon, et qu’il est pécheur par nature, Dieu connaissait toutes choses et avait déjà pourvu au besoin de justice. C’est pourquoi, au moment où sa colère se révèle du ciel, la justice aussi fait son apparition pour rendre l’homme juste et agréable devant Dieu.
Ce n’est pas la justice qui condamne, c’est une justice positive que Dieu veut donner à l’homme. Elle émane du cœur de Dieu et fait partie intégrante de la bonne nouvelle du salut qu’il fait annoncer aux hommes.
Cette justice n’apparaît pas pour juger et condamner, mais elle vient en grâce et en amour pour rassurer l’homme, le faire sortir de son état d’angoisse et d’inquiétude, pour le prendre par la main et le conduire dans la présence même de Dieu, présence dont nous étions bannis. Dieu donc fait une offre qui répond au grand besoin de l’homme.
Il est doux de noter que cette justice est pour tous, car tous ont péché et il n’y a point de distinction entre les Juifs et les autres peuples parce que «tous nous sommes devenus comme une chose impure, et toutes nos justices, comme un vêtement souillé et nous sommes tous fanés comme une feuille, et nos iniquités, comme le vent, nous emportent» (És. 64:6).
L’homme n’a pas été capable de plaire à Dieu, de se faire lui-même une justice ; tout ce qu’il peut faire, c’est se tourner vers celui qui seul peut lui en donner une. Au moment où l’homme est déclaré pécheur et coupable, Dieu trouve le moyen de l’acquitter. Il déclare juste celui qui croit en Jésus. Après avoir découvert sa nudité et son incapacité, ce l’homme doit faire, c’est simplement accepter ce que Dieu lui tend.
«Justifiés gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est dans le Christ Jésus» (Rom. 3:24).
L’introduction du principe de la rédemption (ou rachat) dans l’acte par lequel Dieu déclare juste et acquitte un coupable, est significative : la rédemption suppose que nous sommes esclaves. Vu que nous ne pouvons pas nous affranchir nous-mêmes ; vu notre incapacité à cause du péché qui habite en nous et de la mauvaise nature qui sert le péché ; vu que Satan nous tient captifs dans son enclos faisant jour et nuit passer devant nous nos offenses, nos fautes, la mort et sa tyrannie, nous avons besoin d’un «racheteur» pour qu’il paye le prix qui correspond à notre état.
Celui qui a cette capacité, c’est le Seigneur Jésus Christ. C’est donc par l’œuvre de Jésus Christ que la justice nous est gratuitement accordée ; nous disons bien gratuitement car l’homme est entièrement absent dans cette œuvre. Il n’a rien fait pour mériter cette justification. La justification lui est donnée par pure grâce. Les desseins et les plans de Dieu sont extrêmement merveilleux et dépassent de très loin l’intelligence humaine. Dieu ne fait rien qui soit en contradiction avec lui-même. Il opère selon sa volonté. Si la justice s’obtenait par les œuvres de loi, seuls les Juifs auraient eu cette justice. Car «nous savons que tout ce que la loi dit, elle le dit à ceux qui sont sous la loi» (Rom. 3:19) et ceux qui sont sous la loi sont naturellement les Juifs. Du coup, le reste des hommes aurait été perdu sans espoir puisqu’ils ne possèdent pas la loi. C’est pourquoi «Dieu a renfermé tous, juifs et nations, dans la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous» (Rom. 11:32).
L’étendue de cette miséricorde est ici précisée par l’apôtre Paul «la justice, dis-je, de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient» (Rom. 3:22).
Elle est envers tous, proposée à tous et ceci montre que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Devant cette pensée merveilleuse, nous ne pouvons que nous courber et dire avec l’apôtre Paul : «Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ?» (Rom. 11:33-34).
L’Évangile est véritablement la bonne nouvelle de Dieu qui nous trouve dans notre état désespéré et nous offre non une justice humaine frêle et sans valeur, mais une justice divine qui vient du cœur de Dieu et qui a de grands résultats. Désormais, tout être humain peut l’avoir car elle est pour tous et donnée gratuitement.
Ne la méprisons donc pas, mais au contraire que notre foi saisisse ce que Dieu nous offre.
La particularité de cette justice, c’est qu’on la reçoit par la foi et seulement par la foi : elle est placée par Dieu sur tous ceux qui croient.
«Le Christ Jésus, lequel Dieu a présenté pour propitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice à cause du support des péchés précédents dans la patience de Dieu, afin de montrer, dis-je, sa justice dans le temps présent, en sorte qu’il soit juste en justifiant celui qui est de la foi de Jésus» (Rom. 3:25-26).
Pour sauver entièrement le coupable, Dieu s’est pourvu d’une victime propitiatoire en la personne de Jésus mourant sur la croix. Le propitiatoire est un lieu de rencontre entre le coupable et Dieu, de sorte que l’homme, qui par sa nature pécheresse avait attiré sur lui la colère, peut désormais avoir accès à la présence de Dieu qui lui est rendu propice.
Cette grande faveur est due à l’œuvre de Jésus Christ qui a entièrement satisfait la justice divine en faveur de l’homme.
En devenant notre substitut, le Seigneur Jésus, lui qui n’a pas connu le péché, a été fait péché, ce que nous étions : péché. Le châtiment qui donne la paix est tombé sur lui. Il a commencé par goûter cette horreur à Gethsémané. Devant la souffrance qui l’attendait, et dont Il réalisait déjà toute l’atrocité, Il pria ainsi : «Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! toutefois, que ce soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite.... Et étant dans l’angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre» (Luc 22:42-44).
Point n’est besoin de faire un commentaire sur ce passage parce que nous risquons d’en altérer la teneur ; et de toutes façons la plume ne traduira jamais toute l’agonie que le Seigneur connut en ces moments de douleur, moment où l’heure des ténèbres pointait à l’horizon. Pour mieux comprendre ce passage, il nous faut entrer dans ce que Christ a vécu en ce moment précis et où Luc mentionne que sa sueur devint comme des grumeaux de sang. Jésus dans toute sa perfection et ayant réalisé à fond tout ce qui l’attendait épanche son cœur devant son Père en lui demandant que cette coupe s’éloigne de lui si c’était possible. Lui qui était saint dans tout son être ne pouvait pas désirer être fait péché. Mais, venu ici bas pour faire la volonté de son Père, Jésus maintient sa position de dépendance, qui était la perfection de son humanité et sa raison de vivre. Il demeure obéissant jusqu’à la mort quoiqu’Il lui en coûte. Ainsi : «Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite».
Sur la croix où Il fut crucifié, Il fit siennes nos iniquités : «Des maux sans nombre m’ont entouré ; mes iniquités m’ont atteint, et je ne pus les regarder ; elles sont plus nombreuses que les cheveux de ma tête, et mon cœur m’a abandonné» (Ps. 40:12).
Le Seigneur Jésus s’est identifié à nous. Nos péchés sont devenus ses péchés. Il les a acceptés comme s’ils étaient siens, et les a portés. Lorsqu’Il eut dit «mes iniquités» Il fut fait «péché». Dès lors, dans cet acte de substitution, Il tomba sous le coup de la sainteté de Dieu. Dieu ne pouvait que se détourner de lui et l’abandonner malgré ses vives supplications : «Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné, te tenant loin de mon salut, des paroles de mon rugissement ?» (Ps. 22:1).
Jésus était en ce moment précis sous la colère de Dieu. L’innocent était par l’acte de substitution, devenu le coupable et Ésaïe le prophète dit : «Il a plu à l’Éternel de le meurtrir ; il l’a soumis à la souffrance» (És. 53:10).
Sous ce fardeau lourd et sous cette colère inflexible, Christ dit par l’esprit prophétique : «Je suis l’homme qui ai vu l’affliction par la verge de sa fureur. Il m’a conduit et amené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Certes, c’est contre moi qu’il a tout le jour tourné et retourné sa main. Il a fait vieillir ma chair et ma peau ; il a brisé mes os. Il a bâti contre moi et m’a environné de fiel et de peine. Il m’a fait habiter dans des lieux ténébreux, comme ceux qui sont morts depuis longtemps.
Il a fait une clôture autour de moi, afin que je ne sorte point ; il a appesanti mes chaînes. Même quand je crie et que j’élève ma voix, il ferme l’accès à ma prière. Il a barré mes chemins avec des pierres de taille ; il a bouleversé mes sentiers. Il a été pour moi un ours aux embûches, un lion dans les lieux cachés. Il a fait dévier mes chemins et m’a déchiré ; il m’a rendu désolé» (Lam. 3:1-11).
Jésus est l’Agneau de Dieu qui a pris sur lui le péché de l’humanité entière et cette vérité devient efficace pour celui qui croit. En ces trois heures sombres d’expiation, la communion avec son Père fut interrompue. La joie lui était ôtée, tous l’avaient abandonné. Il n’avait plus personne sur qui s’appuyer. L’agonie était à son comble, sa force l’abandonnait et la douleur physique avait atteint ses os. En plus, Il a connu l’opprobre et l’ignominie d’autant plus qu’il était nu comme un ver : «Moi, je suis un ver, et non point un homme ; l’opprobre des hommes, et le méprisé du peuple» (Ps. 22:6).
La terre l’avait jugé indigne et le ciel lui était fermé. Il était donc suspendu, à la merci des chefs du peuple, des dignitaires, des autorités, en un mot des grands de ce monde : «Beaucoup de taureaux m’ont environné, des puissants de Basan m’ont entouré ; ils ouvrent leur gueule contre moi, comme un lion déchirant et rugissant» (Ps. 22:12-13).
Jésus n’a pas seulement été objet de violence de la part de ceux qui détenaient le pouvoir mais aussi de la part du reste du peuple mélangé avec les païens ; des soldats romains, et de ceux qui étaient de passage ce jour là à Jérusalem : «Les chiens m’ont environné, une assemblée de méchants m’a entouré ; ils ont percé mes mains et mes pieds» (Ps. 22:16).
Celui qui avait parcouru Jérusalem et ses contrées est là, roué de coup, injurié et méprisé. Il souffre comme substitut, Il souffre comme victime expiatoire. Il est la risée de la populace et toute cette contradiction des hommes contre lui nous est dépeinte dans un tableau foncièrement sombre.
Or «certainement, lui, a porté nos langueurs, et s’est chargé de nos douleurs, et nous, nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ; mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris. Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin, et l’Éternel a fait tomber sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été opprimé et affligé , et il n’a pas ouvert sa bouche» (És. 53:4-7).
Jésus a été la victime parfaite qui répondait aux exigences divines. Même si le ciel était d’airain, Dieu lui-même dut souffrir en voyant son Fils cloué sur une croix comme un vulgaire malfaiteur qui méritait son châtiment. Pour faire la volonté de son Père, le Seigneur Jésus porta dignement sa croix, mourut comme sacrifice pour le péché. Il était seul dans cette affaire ; et Il porta sur lui notre iniquité. Et c’est l’Éternel lui-même qui fit tomber sur lui l’iniquité de nous tous . Quelles heures que celles où Jésus fut fait péché !
La contradiction des hommes était à son comble : «Pour mon amour, ils ont été mes adversaires ; mais moi je me suis adonné à la prière. Et ils m’ont rendu le mal pour le bien, et la haine pour mon amour» (Ps. 109:4, 5). L’une des choses les plus pénibles à supporter, c’est lorsque l’amour qu’on porte envers une personne est méprisé et bafoué. Tout ce qu’on désire c’est son bien et on est prêt à tout pour le bonheur de l’autre mais les choses deviennent insupportables lorsque l’autre ne comprend pas, pire, a de la haine pour notre amour. Jésus souffrit plus que tout parce qu’il nous aima d’un amour total qui ne s’explique pas.
Pourquoi venir souffrir ainsi pour des hommes, qui, en retour ne manifestent que de la haine et du mépris ? Pourquoi connaître l’agonie jusqu’à dire «sauve- moi ô Dieu ! car les eaux me sont entrées jusque dans l’âme. Je suis enfoncé dans une boue profonde, et il n’y a pas où prendre pied ; je suis entré dans la profondeur des eaux, et le courant me submerge. Je suis las de crier ; mon gosier est desséché ; mes yeux se consument, pendant que j’attends mon Dieu. Ceux qui me haïssent sans cause sont plus nombreux que les cheveux de ma tête ; ceux qui voudraient me perdre, qui sont à tort mes ennemis, sont puissants, ce que je n’avais pas ravi, je l’ai alors rendu. ô Dieu !» (Ps. 69:1-4).
Nous ne pouvons trouver qu’une seule réponse : Nous croyons que Jésus voulait d’abord maintenir la gloire de Dieu qui ne pouvait supporter le péché, quel que soit le prix, et ensuite parce que, de toute éternité, il débordait d’amour pour son Père. À la croix il en a donné la preuve à tout prix, même s’il devait être abandonné de Dieu. La croix a donné aux anges, aux hommes et aux démons de constater l’amour du Fils pour le Père (Jean 14:31). La croix a aussi permis de découvrir la perversité de l’homme, sa nature déchue et incurable. Nous avons pu connaître la haine terrible de Satan envers Dieu et les hommes, saisir la gloire de Dieu, son étendue et enfin constater l’amour de Christ envers son Père et les hommes. Et l’amour est fort comme la mort c’est pourquoi «beaucoup d’eaux ne peuvent éteindre l’amour et les fleuves ne le submergent pas» (Cant. 8:7). Il mourut à la place du pécheur, et en notre faveur. Tous nos péchés furent mis sur son compte et de ce fait, Il rendit Dieu accessible à tous. Il est la victime propitiatoire que Dieu destine à tous mais l’œuvre expiatoire elle-même devient réelle pour celui qui croit ainsi, «le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs» (Matt. 20:28).
Les «plusieurs» sont naturellement ceux qui acceptent cette œuvre bénie. Que mon lecteur sache que désormais, il y a un médiateur entre Dieu et nous. Chose que Job ne savait pas quand il se justifiait devant Bildad disant : «Il n’y a pas entre nous un arbitre qui mettrait sa main sur nous deux» (Job 9:33). Mais maintenant nous savons que «Dieu est un, et le médiateur entre Dieu et les hommes est un, l’ homme Christ Jésus qui s’est donné lui-même en rançon pour tous» (1 Tim. 2:5-6). Nous reconnaissons que Jésus est le Médiateur parfait capable de poser sa main sur nous et sur Dieu de sorte que nous sommes comme touchés de Dieu lorsque Jésus nous touche. Dieu peut désormais nous sauver par sa grâce, nous recevoir avec amour et l’amour de Dieu n’est pas inactif mais actif. C’est pourquoi l’apôtre Jean dit : «En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui ; en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son fils pour être la propitiation pour nos péchés» (1 Jean 4:9-10).
Dieu est à l’œuvre, et l’homme ne peut rien faire. C’est lui qui donne Jésus comme victime propitiatoire.
La raison en est qu’«un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon, car précieux est le rachat de leur âme, et il faut qu’il y renonce à jamais» (Ps. 49:7-8).
Cette déclaration est digne de toute considération en ce sens que tous, nous sommes pécheurs par naissance. Personne ne peut donc payer la rançon à notre place étant donné que lui-même aura un compte personnel à rendre à Dieu parce qu’il est lui aussi coupable.
Mais alors, quel est cet homme qui pouvait donner à Dieu la rançon atteignant la valeur du rachat de l’âme ? La Parole nous montre que Dieu est Esprit et saint par nature. Il punit le mal parce que sa justice et sa sainteté l’exigent. L’homme doit comprendre qu’il est manifesté coupable et ruiné et qu’il doit rencontrer Dieu dans l’éclat de sa sainteté et dans la réalité de son jugement. Nous ne pouvons pas nous présenter devant Dieu en pensant être purs, car au moins une fois dans notre vie, nous avons péché et par ce fait, sommes déjà disqualifiés pour prétendre à être juste. C’est donc inutile pour nous de faire le maximum de bonnes œuvres pour plaire à Dieu et espérer être sauvé, dans la mesure où une seule faute provoque la colère et donc la condamnation. Il ne sert à rien de dire comme l’homme de la rue : «Je n’ai ni tué, ni volé, ni commis l’adultère, pourquoi Dieu me punira-t-il ?» Ou encore être comme ceux qui veulent améliorer le monde par tout leur effort, établissant des lois pour les accomplir, respectant tous les tabous, s’acquittant avec soin des devoirs religieux. Inutile de vouloir impressionner Dieu : Tu es foncièrement mauvais, tu pèches à longueur de journée, soit en pensée soit en parole ou encore en acte.
Il est vrai que l’on peut arriver à ne pas commettre d’actes grossiers susceptibles d’attirer les regards, mais la colère, les injures, les convoitises, les mobiles malsains, les mauvais désirs, les mauvaises pensées sont des péchés aux yeux de Dieu. Nous pouvons être appréciés des hommes et recevoir leur approbation parce qu’en apparence on ne dérange personne mais Dieu connaît l’état de notre cœur et face à une telle situation, nous ne pouvons que trembler et nous demander : «Qui pourra me sauver ?»
Toute personne a un compte à rendre à Dieu. Le désir de l’âme qui veut la paix avec Dieu ne peut être satisfait par une religion quelconque, une philosophie ou une secte. Posons-nous sérieusement la question de savoir qui peut nous sauver et faire en sorte que notre âme ne soit plus dans le doute, quitte sa position de trouble, de perturbation, pour l’assurance et le repos ? Que mon lecteur réalise que l’âme souffre, désirant être en paix avec son Créateur. Nous pouvons vivre comme nous voulons, mais la réalité est là ; l’âme n’est pas en paix, elle est perturbée à la pensée de rencontrer Dieu un jour en jugement. Elle n’a aucune envie de se retrouver devant Dieu dans le doute, dans la crainte ou dans l’espérance mais plutôt dans l’assurance. C’est pour toutes ces raisons que Jésus a été envoyé par Dieu parce qu’il était le seul capable de satisfaire les exigences de Celui-ci.
Lui seul pouvait comprendre et partager ces exigences et cette volonté immense que Dieu avait de sauver l’homme coupable. En plein accord avec son Père, il s’est présenté lui-même pour accomplir cette volonté, disant : «Tu n’as pas voulu de sacrifice, ni d’offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas pris plaisir aux holocaustes ni aux sacrifices pour le péché ; alors j’ai dit : Voici, je viens, il est écrit de moi dans le rouleau du livre pour faire, ô Dieu, ta volonté... C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes» (Héb. 10:1 et 7).
Il était sans défaut et sans tâche, l’agneau préconnu dès avant la fondation du monde. Sa naissance fut miraculeuse : «sa mère, Marie, étant fiancée à Joseph, avant qu’ils fussent ensemble, se trouva enceinte par l’Esprit saint» (Matt. 1:18).
Cette naissance ne fut pas du type naturel que nous connaissons, car si cela avait été le cas, notre adorable Seigneur aurait eu en lui le principe du péché, conséquence de la désobéissance d’Adam.
S’il avait dû rendre compte pour lui-même à Dieu comme nous, Il aurait été disqualifié pour payer notre rançon. Mais gloire soit rendue à Dieu ; le prophète Ésaïe annonçait bien avant sa naissance que «la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel» (És. 7:14). Jésus est par ce fait la seule personne, qui en entrant dans le monde par naissance physique, n’a pas eu en lui et cela dès sa naissance, le principe même du péché. Il est donc le médiateur parfait capable d’accomplir la rédemption. Approchons-nous de lui comme victime propitiatoire, agréée de Dieu. Il est notre justice ayant accompli la justice de Dieu.
«Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ» (Rom. 5:1).
L’apôtre avait précédemment dit que la colère de Dieu se révélait du ciel contre toute impiété et toute iniquité des hommes. Dieu était en colère contre l’homme et il était impossible à ce dernier de fuir la colère, tant sa culpabilité était signalée sans la loi et sous la loi. Dieu, dans sa grande bonté a envoyé au temps marqué, c’est-à-dire au temps où la condition de l’homme s’est révélée irrémédiable et incurable, le Fils de ses délices pour mourir à notre place. Cet acte d’une valeur éternelle avait pour but de donner à Dieu le moyen de nous justifier ; ce qui fait qu’aujourd’hui encore, Dieu justifie l’impie en étant lui-même juste.
La paix qui est ici annoncée comme résultat pratique de la justification par la foi est ce qui est donnée à celui qui a connu cette vérité. Cette paix n’est pas la paix de Dieu, mais la paix avec Dieu ; Dieu ne me regardant plus comme un objet à condamner et à punir dans le feu qui ne s’éteint point. Mon âme trouve donc un profond repos parce qu’elle n’est plus troublée, angoissée et confuse mais elle trouve l’acceptation. Il est doux de constater ici, une fois de plus, que tout est de Dieu. L’homme n’y est pour rien. C’est pourquoi cette paix est ferme et inébranlable. Et c’est justement cette paix, résultat d’une œuvre divine qu’il faut à mon âme pour la tranquilliser et lui donner de l’assurance.
Certains veulent s’approcher de Dieu pour apaiser sa colère, et à force de réfléchir, tombent dans une vague espérance, ou dans le doute, ou encore dans le rationalisme, faisant des calculs avec beaucoup de raisonnements.
D’autres, à force de subir le martyre que connaît l’âme perturbée, lèvent le poing contre Dieu ou tout simplement adhèrent à une philosophie qui nie Dieu. Quel gâchis ! Pourtant il suffit simplement d’accepter le témoignage que Dieu donne de notre vie perdue et mauvaise, de reconnaître notre incapacité à être juste devant Dieu, d’accepter le remède que Dieu apporte à notre condition. Il suffit de saisir, par la foi, qu’il nous revêt comme d’un manteau de la justice parfaite de son Fils, ce qui fait que nous entrons librement, sans la moindre conscience d’être rejetés, dans la faveur et la présence même de Dieu. Lecteur, désormais la voie est libre, tu as accès à la faveur imméritée. Dieu n’est plus caché, Il est plutôt révélé comme Dieu Sauveur.
Nous sommes donc vus en Christ avec un autre œil, non avec l’œil du Juge mais du Père qui aime et qui manifeste son amour.
Quel beau résultat que celui de la justification par la foi ! Nous qui manifestions méchanceté, désobéissance, mépris et hostilité, nous sommes amenés dans une nouvelle position devant Dieu : c’est la restauration dans sa faveur.
Que c’est rafraîchissant de voir de près ce qu’il y a dans le cœur de Dieu ! Il veut nous avoir près de lui dans la gloire là où se trouve présentement le Fils de son amour.
Dieu est amour et son amour actif va nous chercher dans une position où le mot misérable nous convient. Il nous revêt de la justice de son Fils Jésus Christ.
En effet, il a été déjà démontré que l’homme n’a pas de justice en lui-même ; c’est pourquoi Dieu lui impute cette justice pour qu’il soit apte à sa présence et du coup, Dieu le voit comme étant sans faute, ses péchés étant effacés. Quant à son étendue, la justification et ses résultats sont offerts à tous car «comme par une seule faute les conséquences de cette faute furent envers tous les hommes en condamnation, ainsi aussi, par une seule justice, les conséquences de cette justice furent envers tous les hommes en justification de vie» (Rom. 5:18).
Le Messie promis d’Israël était en lui-même le Salut de Dieu, la «lumière pour la révélation des nations» (Luc 22:32).
Il avait pour mission la délivrance d’Israël et l’introduction du règne millénaire. Toutes ces vérités avaient été annoncées dans les Psaumes et par les prophètes ; tout bon Israélite désirait vivement voir le moment où son Messie serait manifesté. Mais le temps s’était écoulé et beaucoup d’entre eux avaient méprisé ou même oublié cette promesse. Néanmoins, quelques-uns malgré l’indifférence générale, espéraient fortement. Parmi ceux-ci, figurent Zacharie, Elisabeth, Anne et Siméon qui, tous attendaient la consolation d’Israël. Jean-Baptiste avait été le précurseur de ce Messie. Sa naissance fut prédite et il naquit d’une femme qui, dans sa condition première, était stérile et avancée en âge. Il est dit de ce Jean-Baptiste «qu’il sera grand devant le Seigneur, et il ne boira ni vin ni cervoise ; et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère. Et il fera retourner plusieurs des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu... tu seras appelé prophète du Très-haut car tu iras devant la face du Seigneur pour préparer ses voies, pour donner la connaissance du salut à son peuple, dans la rémission de leurs péchés, par les entrailles de miséricorde de notre Dieu, selon lesquelles l’Orient d’en haut nous a visités afin de luire à ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix» (Luc 1:15-16 ; 76-79).
Tout ce qui avait été dit de lui s’est réalisé dans sa vie pratique et publique. Son message était fort et direct, ne ménageant personne mais déclarant la vérité. Cet homme était comme une lampe qui luisait et autour de laquelle Israël aimait à se retrouver, car depuis longtemps Dieu n’avait plus parlé à son peuple. Dès lors, voir un prophète surgir en cette période de ruine, apportait la joie. Son message était basé sur l’Évangile du royaume. De ce fait, les Juifs devaient se repentir et se faire baptiser pour attendre le règne qui venait. Jésus, pendant son ministère public démontra que le royaume de Dieu était proche et prêt à être établi ; il suffisait, pour Israël, de discerner en lui le Messie promis, de se repentir et d’accepter son témoignage ; mais parce que leurs œuvres étaient mauvaises, ils ont préféré les ténèbres à la lumière. Le message du Seigneur Jésus a été rejeté, sa parole méprisée, et sa vie devenue une occasion de chute pour plusieurs.
Dans cette atmosphère de confusion et d’incrédulité générale, le royaume de Dieu ne pouvait être établi, puisque le roi était rejeté. Dieu ayant renfermé tous les hommes juifs et païens dans la désobéissance, un nouveau message est annoncé : c’est celui de la nouvelle naissance qui s’adresse à tous. Désormais pour le Juif, on n’entrait plus dans le royaume de Dieu par droit de naissance mais par une nouvelle naissance. Ce nouvel ordre de choses dépassait de très loin l’espérance juive.
C’est ce que Jésus expliquait à Nicodème en qui le Saint Esprit produisait en vue de son salut, une soif de connaître et le sentiment qu’il n’était rien malgré sa position de docteur de la loi. Cet homme contrastait avec le reste du peuple qui ne croyait en Jésus qu’à cause de ses miracles. Cette croyance provoquée par la curiosité, par l’intérêt matériel, n’avait aucune valeur, et ne les délivrait pas de leur aveuglement. C’est pour tout cela que Jésus ne se fiait pas à eux car Il connaissait ce qui était dans l’homme «mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des juifs. Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui» (Jean 3:1-2).
Nicodème avait le sentiment de sa misère, il ne croyait pas seulement au nom de Jésus mais il voulait savoir un peu plus. Quoiqu’il fût docteur d’Israël, il n’en demeure pas moins qu’il désirait connaître. Les besoins de son âme étant forts et comme il savait que le monde allait être contre lui, il vint de nuit. Que c’est beau lorsque l’Esprit Saint opère dans un homme ! Même si les difficultés pour aller à Jésus semblent être un obstacle infranchissable à cause de la position sociale ou religieuse, à cause des «qu’en dira-t-on», ou même à cause de la peur de la persécution, l’Esprit saura ouvrir le chemin parce qu’il veut achever l’œuvre qu’il a commencée. Nicodème vient à Jésus avec des paroles aimables : «Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu». Jésus connaissait le grand besoin de Nicodème et savait aussi que le terrain sur lequel Nicodème s’approchait de lui était faux ; aussi faisant fi de toutes ces flatteries, Il va droit au but en présentant le nouvel ordre de choses en ces termes : «En vérité, en vérité je te dis : si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean 3:3).
Nicodème s’était approché de Jésus en tant que bon juif, donc fils, par naissance, du royaume et sur ce terrain, il voulait être enseigné ; mais Jésus n’est pas là pour enseigner la chair et satisfaire sa curiosité. Le royaume de Dieu était au milieu d’eux, dans sa personne. Il fallait une nouvelle naissance pour le voir. Dieu établissait quelque chose de nouveau que l’homme naturel n’était pas capable de voir. Mais le royaume de Dieu était là et Jésus, répondant aux pharisiens qui lui avaient demandé quand viendrait le royaume de Dieu dit : «le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l’attention ; et on ne dira pas : voici, il est ici, ou voilà, il est là ; car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous» (Luc 17:20-21).
C’est triste de constater que les Juifs ne le discernaient pas. Ils étaient assis dans les ténèbres et ne voyaient en lui que le fils du charpentier, l’homme qui n’avait pas étudié et qui venait de Nazareth, la ville méprisée. Ils avaient du mal à discerner que ce Jésus était le Christ, le Fils du Dieu vivant, Emmanuel, Dieu avec nous.
Il fallait une nouvelle naissance pour discerner en Jésus celui qui introduisait le royaume de Dieu. Mais Nicodème est surpris par ce langage qui n’a rien à voir avec ses connaissances. Il demande : «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te dis : si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ; ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit» (Jean 3:4-6).
Nous sommes ici devant une déclaration formelle du Seigneur Jésus ; Il place devant nous le contraste entre la naissance physique : ce qui est né de la chair, et la naissance spirituelle : ce qui est né de l’Esprit. «La chair et le sang ne peuvent pas hériter du royaume de Dieu» (1 Cor. 15:50). Il faut une nouvelle naissance caractérisée par ces deux éléments : l’eau, symbole de la Parole, et l’Esprit Saint. En clair, pour naître de nouveau, condition obligatoire pour entrer dans le royaume de Dieu, il faut que l’on écoute la Parole qui présente avec clarté notre état misérable et notre ruine irrémédiable. Il faut que l’on écoute Dieu quant à la manière dont Il nous voit, qu’on sache comment Dieu apprécie notre état et nos œuvres en tant qu’homme responsable. Nos oreilles doivent entendre ce que Dieu a fait pour nous racheter, comment il a jugé bon de mettre devant nous un propitiatoire afin que nous ayons part à sa justice. Cette Parole, ayant été entendue, l’Esprit Saint vient et l’applique à nos cœurs pour nous la faire bien comprendre et nous pousser à l’accepter. Ce processus nous conduit à la vie nouvelle, à la naissance par l’Esprit, la nouvelle naissance.
L’Esprit Saint est donc la source de la nouvelle naissance. Nous sommes véritablement dans un nouvel ordre de choses et tout ceci était étrange pour Nicodème d’où sa question : «comment ces choses peuvent-elles se faire ?» (v. 9). Jésus s’étonne que Nicodème n’arrive pas à saisir ce nouvel ordre de choses, car toutes ces vérités n’étaient pas si étranges que çà. Dieu parle, mais nous ne prêtons pas attention et Nicodème se croyait en face d’un message tout neuf. Or, il n’en était rien dans la mesure où en Ézéchiel 36, le prophète avait prophétisé montrant que l’entrée dans le règne millénaire ne se ferait que par un renouvellement intérieur d’où cette déclaration : «Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs : je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Et je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai au-dedans de vous un esprit nouveau, et j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair, et je mettrai mon Esprit au-dedans de vous» (És. 36:25-27).
Nicodème qui connaissait bien la loi aurait dû comprendre ces choses : «Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses ?» (Jean 3:10). C’est triste de constater que ces docteurs étaient aveugles, que dire donc du peuple ! Notre Seigneur Jésus a vraiment souffert pendant son passage sur la terre car chaque jour, Il voyait des aveugles conduire d’autres aveugles.
Nicodème était troublé devant cette vérité, lui qui avait étudié et certainement enseigné un grand nombre. Il enseignait des choses qu’il ne connaissait pas vraiment, mais Jésus dit : «Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage (Jean 3:11). Le Seigneur Jésus connaissait – non pas en partie, comme nous, mais à fond. Il parlait avec conviction de ce qu’il avait vu et entendu. Lui seul avait la compétence nécessaire pour rendre témoignage de ce qu’il avait vu et entendu et, chose contradictoire, ses contemporains ne recevaient pas son témoignage.
Face à cette incrédulité, cette indifférence et ce refus, Il dit : «Si je vous ai parlé des choses terrestres et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si je vous parle des choses célestes ?» (v. 12)
Ces «choses terrestres» étaient celles qui concernaient Israël et en grande partie le règne millénaire du Messie sur la terre. Mais ils n’arrivaient pas même à saisir que la première des choses pour entrer dans ce royaume où le Christ serait le Roi, c’était de naître de nouveau. Comment pouvaient-ils comprendre quelque chose d’une espérance céleste ?
Nous voulons ici marquer un arrêt pour louer Dieu qui nous a envoyé son Fils, l’homme venu du ciel pour nous révéler ses pensées de grâce. En effet, depuis que Christ est venu, le ciel s’est comme ouvert pour que nous comprenions et croyions aux «choses célestes». Cette connaissance des affaires d’en haut s’est accentuée depuis la Pentecôte après l’ascension de Jésus dans le ciel. Le Saint Esprit est alors venu sur la terre nous faire connaître que nous sommes liés à Christ dans le ciel, jouissant ainsi d’une part céleste avec lui. Les prophètes et apôtres, principalement Paul, ont été les canaux bénis pour exposer par écrit les pensées de Dieu quant aux «choses célestes» qui sont notre part maintenant.
Les mystères ont été donnés à connaître et il est bon pour l’homme d’écouter le Seigneur Jésus car «personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel» (v. 13)
Notre ruine a sa source dans la nature que nous possédons par naissance physique et nous avons démontré plus haut que l’homme est incapable d’être acceptable devant Dieu, ce qui fait que tout ses efforts ne sont que des œuvres mortes. La solution que Dieu annonce pour que l’homme puisse se tenir devant lui, c’est la création d’une nouvelle nature participant de la nature divine (1 Pier. 1:4).
Nous comprenons maintenant pourquoi Nicodème, quoiqu’il fut docteur de la loi ne comprenait pas le langage de Jésus. Jésus n’améliore, ni n’enseigne la chair. Il l’a met de côté et donne une nature nouvelle. De ce fait, Dieu donne la vie comme résultat de l’action de la Parole proclamée et reçue par l’opération puissante du Saint Esprit qui juge tout dans l’homme. Il lui présente sa misère, lui fait réaliser sa condition de pécheur perdu. À la place des pensées perverses de l’homme, il introduit celles de Dieu afin que l’homme voie comme Dieu voit. C’est la nouvelle naissance qui permet d’entrer dans une sphère nouvelle que la chair n’aperçoit ni ne comprend. C’est ce que Jésus enseignait à Nicodème, lui montrant que Dieu n’avait plus affaire à la vielle nature. Désormais la Parole symbolisée ici par l’eau, vient à l’homme avec son action purificatrice supplanter les pensées perverses de la chair par celles de Dieu : la naissance d’eau fait ainsi son apparition et l’Esprit applique toute cette Parole au cœur, convainquant l’homme d’accepter le témoignage de Dieu. Quand ce témoignage est accepté, le Saint Esprit communique la vie : c’est la naissance de l’Esprit et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
La nouvelle naissance, c’est donc le fait d’être né d’en haut, né de Dieu, c’est le fait de posséder la vie et une nouvelle nature pour se tenir devant Dieu, de comprendre son langage, d’être introduit dans le royaume du Fils de son amour parce que c’est sur ce terrain qu’il agit en puissance et en force et donne toute sorte de bénédictions.
L’apôtre Jean dit dans son épître que «quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu» (1 Jean 5).
Sachons donc que ce qui nous lie à Dieu sur la base de la nouvelle position de l’homme sous le doux regard de Dieu, c’est la vie et une nature nouvelle. Cette nature est créée selon Dieu dans une justice et une sainteté parfaites, qui ne pèche pas, comme l’apôtre Jean le précise en disant : «quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu. Par ceci sont rendus manifestes les enfants de Dieu et les enfants du diable» (1 Jean 3:9-10).
Celui donc qui est né de Dieu a deux natures fondamentalement opposées quant à leur source et leurs caractères. La vieille se reçoit par la naissance physique. Nous recevons la nouvelle par la nouvelle naissance, par la repentance et la foi en Celui qui s’est sacrifié lui-même pour nous sauver. Croyant que sans elle l’homme ne peut être en relation avec Dieu, nous souhaitons vivement que celui qui lit ces pages se repente.
L’homme naturel veut suivre son chemin en marchant malheureusement sans frein ni loi. Et même si par moments, il croit qu’il y a un Dieu dans le ciel, il veut être en relation avec lui et lui plaire, à sa manière et selon ses propres vues.
Qu’un tel homme s’arrête pour écouter l’Évangile de Dieu ! Cet Évangile lui dit qu’il est pécheur, coupable, perdu, et que son sort, c’est la condamnation éternelle. Cet Évangile lui déclare que le chemin qu’il suit, bien qu’il soit juste à ses propres yeux et réponde à ses aspirations, le mènera indubitablement à la perdition. Que doit faire cet homme dans une telle situation ? Il doit accepter le témoignage de Dieu. Ce processus douloureux et difficile de changement de pensée, de cœur et d’esprit est ce que l’on appelle la repentance. Elle suppose donc une nouvelle attitude, une nouvelle façon de voir et d’apprécier. Il s’agit pour l’âme coupable de réaliser au plus profond d’elle-même sa condamnation. En d’autres termes, c’est prendre le jugement de Dieu et l’appliquer à soi-même, à sa condition d’homme perdu, à son état irrémédiable de péché.
C’est désormais voir mon œuvre, ma justice propre, mes prétentions, avec le regard de Dieu. C’est saisir que tout ce que j’ai fait jusqu’ici pour obtenir le salut est nul devant Dieu. C’est enfin dire comme Job : «J’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre» (Job 42:6).
Pour que l’homme arrive à reconnaître ses fautes, à reconnaître que tout ce qu’il a construit pour obtenir le salut est abominable devant Dieu, il faut un travail de l’Esprit Saint. Car lui seul peut opérer pour convaincre l’homme d’accepter le témoignage que Dieu donne de sa vie. C’est difficile à dire mais il faut avouer que l’homme peut volontairement refuser de se laisser convaincre par le Saint Esprit. Ô homme, «la bonté de Dieu te pousse à la repenta