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GLANURES

 

de George Vicesimus Wigram

 

GLANURES  RECUEILLIES  AUX  MEDITATIONS  de  G.V.W

 

 

Hier, pour Christ, a été l’accomplissement de la rédemption ; demain, pour Christ, c’est d’avoir son Église auprès de Lui dans la gloire ; mais Lui est un Christ vivant aujourd’hui.

 

Christ ne peut faire jaillir une seule étincelle dans le coeur d’un homme, sans que cette étincelle soit pour Dieu.

 

C’est Lui qui donne la lumière, et il a voulu que chacun des rayons de cette lumière réfléchisse quelque chose pour Dieu

Il n’est rien de plus doux que d’avoir communion avec Christ dans ses pensées, et d’être en état de dire : «Je sais de quoi Christ prend souci ; et ce qui fait la préoccupation de son coeur fera aussi la préoccupation du mien Christ prend souci d’un témoignage sur la terre pour Dieu, et si je suis assez petit à mes propres yeux, il dira : «Je puis faire luire un rayon par toi, et te placer là précisément où ce rayon pourra briller.

 

Christ a pour les siens des pensées d’un effet actuel ; si des rayons de lumière brillent sur lui maintenant, c’est afin qu’ils soient reflétés par lui.

Il se peut que vous ayez très peu de lumière ; mais l’éclat d’un ver luisant brille distinctement dans les ténèbres de la nuit.

 

Nous avons à rendre un témoignage pratique à la seigneurie de Christ. Autrefois nous ne connaissions pas la réalité de sa position à la droite de Dieu comme Seigneur de tous et de toutes choses : à présent, c’est notre joie de voir Christ revêtu de cette dignité.

Dieu produit en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir, et son bon plaisir est que toutes choses dans le ciel et sur la terre et sous la terre, rendent hommage à son Christ.

 

Si Dieu a opéré en vous, vous avez trouvé en Christ celui qui a soumis votre coeur, et qui vous fait désirer de Lui appartenir en tout ; il n’y a que l’Église qui puisse dire du coeur et de l’intelligence : «Qu’il soit le Seigneur que tout soit à Lui !

 

À la vue du courant puissant qui entraîne tout loin de Dieu, c’est notre devoir de témoigner, d’une manière pratique, que tout appartient à Christ ; il faudrait que le peuple de Dieu , rendît manifeste devant tous que Jésus de Nazareth, le rejeté et le méprisé des hommes, est Seigneur de tout à la droite de Dieu. Par sa foi déjà, ce peuple a scellé que telle est la place donnée de Dieu au Nazaréen, pour qui l’homme n’avait ici-bas d’autre place que la croix

 

Dieu nous conduit vers un avenir où l’on ne connaîtra pas d’autre nom que celui de Jésus, où tout genou se ploiera devant Celui Seul qui est le Maître

 

Quand on se représente ce que sera cette grande rémunération, et qu’on pense à ce moment, combien ce que l’on peut endurer en chemin perd de son importance .

 

Si je suis appelé à abandonner quelque chose pour être agréable à Mon Maître fût-ce même à m’arracher un oeil, vaut-il la peine d’en parler ? Pensons au poids de gloire éternel et souverainement excellent que Dieu nous réserve.

 

Nous n’entretenons pas assez la pensée de cette domination universelle de Christ, et du moment bien proche auquel elle sera établie.

 

La désirons nous de tout notre coeur ? Il n’y a pas de retard de la part de Christ ; il attend seulement d’avoir recueilli les âmes sauvées

 

Encore très peu de temps, et celui qui vient viendra et il ne tardera pas

 

Si nous avons pris, vous et moi, une position dans laquelle nous reconnaissons Christ comme Seigneur, nous pouvons être certains d’avoir plus ou moins à souffrir.

 

Si Christ est en effet mon Seigneur, je dois faire tout en vue de Lui plaire, et je puis m’attendre à déplaire à d’autres, à des amis peut-être.

 

Si Christ est mon Maître, je dois renoncer à tel objet, ne pas faire telle chose, coûte que coûte

 

Dieu fait que la pure lumière qui resplendit dans la face de Jésus Christ vient luire dans nos coeurs

 

Christ présente dans sa personne tout ce qui est agréable à Dieu : il répond à ses pensées d’une manière parfaite

Nous sommes en Lui, son caractère doit se manifester par nous ? Y a-t-il chez vous un tel reflet de la vie de Christ, que ceux qui vous entourent ne sauraient vous comprendre sans le connaître Lui-même ? Christ, pendant qu’il était sur la terre, avait le coeur dans le ciel, et tout Lui apparaissait dans la pleine saveur de l’amour du Père il était d’un même coeur et d’une même pensée avec le Père.

 

Je désire être comme Christ ; je désire que le monde puisse dire : «Tel maître, tel serviteur» L’intention du Seigneur Jésus, pour maintenant, est d’avoir ici-bas un peuple qui le manifeste dans sa vie, ses pensées, ses actes ; un peuple qui soit l’expression de ce qu’il est Lui même

 

Personne sur la terre ne connût dans son âme un bonheur constant comme Christ, parce qu’il considérait tout en rapport avec le dessein et la volonté de Dieu : plus l’affliction était profonde, plus les flots s’élevaient et se brisaient contre lui, et plus ce bonheur se révélait ; il y avait toujours l’action de grâces, une parole touchant le Père, quelque chose qui montrait que sa joie intérieure demeurait intacte, semblable à une source cachée d’eau rafraîchissante. Etait-t-il à l’étroit, c’était jus qu’à ce que la volonté du Père fût accomplie dans la mort de la croix

 

L’eau existait dans le rocher, mais avant d’être frappé, le rocher ne donnait pas d’eau ; il en a été de même de Christ ; il nous est révélé maintenant dans le ciel comme le Fils de Dieu de toute éternité, qui a été frappé pour nous. Nous levons les yeux vers Lui et nous trouvons la source des eaux vives, la source qui est à nous. De Lui nous recevons la vie éternelle comme d’une fontaine d’eaux jaillissantes Tout le long du chemin dans le désert, l’eau du rocher coulait pour les Israélites afin d’apaiser leur soif et de les rafraîchir ; durant tout ce temps, elle leur parlait de Christ en bénédiction. Le coeur de Christ était toujours ouvert pour eux, toujours disposé à soulager.

 

Vous et moi, nous sommes si fatigués quelquefois par notre expérience du dé sert ! Mais le coeur de Christ ne se fatigue jamais ; ses pensées envers l’Épouse ont aujourd’hui la même fraîcheur que lorsque Dieu nous élut en Lui avant la fondation du monde

 

Ce que l’esprit recherche le plus, ce vers quoi il tend toujours, sera aussi ce qui lui donnera son empreinte.

 

Si mes sentiments et mes pensées sont fixés sur Christ, je recevrai l’empreinte de Christ ; si je me tourne constamment vers Lui, selon toute la céleste mesure de son amour, j’en recevrai l’empreinte. Et si mon âme s’élève alors vers Celui qui a dit : «Je viens bientôt», je pourrai, dans cette liberté de l’amour, lui dire : «Viens Seigneur Jésus».

 

Il n’oublie pas que nous marchons péniblement à travers la solitude et les sables du désert : il est toujours avec nous, et nous procure tout soulagement Quand je m’adresse à Christ, au Fils de Dieu, je trouve dans son coeur un amour infini, toujours prêt à bénir.

 

Je suis peut-être un pèlerin lassé, fatigué du chemin ; eh bien ! dans le Christ je trouverai du rafraîchissement une source d’eau fraîche, pour me ranimer au moment où je tomberai épuisé de fatigue Oh ! quel amour puissant que celui de Christ qui ne connaît ni mains lasses, ni pieds traînants, ni aucune fatigue !

 

Je puis en tout temps aller à Lui et lui dire : «Viens» ; et son coeur répondra : «Oui, je viens bientôt».

 

Quelle source inépuisable que cet amour ! Quelle fraîcheur dans cette eau qui coule à jamais, incomparablement pure et limpide !

 

Si nous considérons le désert en rapport avec notre Souverain Sacrificateur dans le ciel, bien que les difficultés de la route nous restent, nous éprouverons en même temps la douceur de la sympathie de Christ, à chaque pas que nous ferons.

 

Toute bénédiction conservée ne peut l’être que par l’action présente du Seigneur Jésus.

 

Où s’est-il jamais trouvé une seule bénédiction, sinon dans la main de Christ ? Pourriez vous en désirer d’autres que celles qu’il donne ?

 

Christ est Celui qui donne, Celui qui guéri ; n’avez-vous rien à Lui demander ? Les croyants attristent l’Esprit en négligeant de s’adresser à Christ ; Dieu alors sait les y amener ; il sut employer Paul pour conduire à Christ l’âme du geôlier de Philippes.

 

Est-ce que je me rends compte que Christ dans le ciel a affaire avec moi ici-bas ? Qu’a-t-il vu dans mon coeur aujourd’hui ? Y a-t-il trouvé des sentiments pour Lui, ou de la froideur ? Christ répand son amour en nous ; mais du coeur humain il n’attend rien : il le connaît, quels qu’en soient les dehors.

 

Toutes choses sont nues et entièrement découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons affaire.

 

Il n’a pas de confiance en mon coeur, mais il dit : «Je veux donner ce qui est dans le mien».

 

Je vois le coeur de Christ plein de compassion pour de pauvres pécheurs ; je ne vois pas le coeur des pauvres pécheurs soupirer après Christ.

 

Ah ! il n’y a pas de nom auquel Jésus de Nazareth réponde plus volontiers qu’à celui de Sauveur.

 

Ce nom a du prix pour Lui ; il ne le partage avec personne.

 

Christ possédera toutes les gloires ; mais par dessus toutes, il y aura pour Lui auprès du Père celle d’avoir été le serviteur de Son amour, le Sauveur.

 

«II est le Dieu Sauveur» ; «la rédemption est par son sang» ; Quelles choses cela dit à l’âme ! Trouvez-vous du bonheur à contempler la gloire de ce Christ ? Êtes vous heureux, non seulement d’être sauvé, mais aussi de connaître qui est Celui qui vous sauve ? Quel Sauveur vous avez !

 

Christ abandonnera-t-il jamais son caractère de Rédempteur ? «L’Agneau au milieu du trône», le fait connaître comme Celui dont la gloire acquise par la rédemption sera toujours vue, bien que nous devions en éprouver la bénédiction d’une manière différente.

 

Les Israélites en Canaan avaient une autre part que celle des Israélites dans le désert, mais ce qui demeurait leur gloire à toujours, c’était d’être le peuple d’un Dieu Rédempteur.

 

Dans la cité céleste, chacun de nous sera une manifestation de la gloire du Rédempteur.

 

Dieu, dans la rédemption et selon son dessein formé dès l’éternité, réalise ses plus chères pensées, qui ont été de réunir dans la personne de Christ les gloires les plus élevées.

 

Votre âme est-elle remplie de bonheur à la pensée de toutes les gloires attachées à la personne de Christ ? Et quand vous le voyez ainsi élevé, n’arrive-t-il pas que vous dites : «Ah ! c’est Celui en qui j’ai la rédemption par son sang, le pardon de mes péchés !»

 

Dieu nous voit dans son Fils.

Il nous a cachés en Christ, comme Moïse qui fut mis par l’Éternel dans l’ouverture du rocher.

Si je suis caché en Christ, il ne peut y avoir de condamnation pour moi.

Dieu peut-il condamner ceux qui sont en son Fils ? Peut-il trouver quelque défaut dans leur position ? Satan ne peut pas ressaisir un homme qui est en Christ.

 

Toute condamnation retombera sur Satan ; il n’en existe pas pour moi.

 

En Christ, je me réjouis, non seulement comme en Celui qui m’a sorti d’Égypte, mais comme en Celui à qui je suis présentement uni Celui qui a été frappé sur le Calvaire, qui est ressuscité des morts et qui est un Esprit vivifiant dans le ciel.

 

La mort peut rester imprimée sur tout ce qui est en moi du premier Adam, mais l’Esprit du dernier Adam m’a affranchi de la loi du péché et de la mort.

 

J’apprends ainsi que Christ est ma vie : le canal de la vie coule de Lui à moi, me conduit en avant dans la vie de l’Esprit, parce que l’Esprit de Dieu habite en moi, et que je ne suis pas dans la chair, mais dans l’Esprit.

 

Christ est le rocher frappé, et l’eau vive se répand de Christ dans mon âme, y apportant le témoignage de choses célestes ; et si la vie éternelle coule à travers un corps qui est mort à cause du péché, elle communiquera à l’âme, quand même, une puissance immense de joie dans le Seigneur.

 

Qu’est devenue la joie inexprimable des premiers chrétiens ? D’où vient que les chrétiens d’à présent l’ont si peu ? C’est qu’ils n’ont pas laissé le premier Adam pour s’attacher au dernier, qu’ils n’ont pas appris à marcher comme les premiers chrétiens marchaient.

 

N’avons-nous pas conscience d’un besoin de l’action du Saint Esprit, d’un besoin de marcher, l’âme remplie du ciel ? Ignorons nous que tout ce qui est de nous est un dur rocher que doit pénétrer ce qui est de Christ, afin que le moi disparaisse ?

 

Ne vous contentez pas d’un christianisme vulgaire ; dites plutôt : «Si nul n’est occupé des choses d’en haut, pourquoi ne le serais-je pas ? Si d’autres ne sont pas remplis du Saint Esprit, pourquoi pas moi ?» Je vous conjure de ne pas traiter légèrement les miséricordes qui vous sont faites.

 

Dieu vous a donné une joie qui peut remplir votre âme jusque par-dessus les bords, si vous marchez par l’Esprit et non par la chair.

 

Il n’y a rien de terne dans la joie de Christ ; aucun nuage ne demeure sur Lui.

 

Notre bénédiction est grande, puisque c’est la sienne.

 

Oh ! que la puissance du Saint Esprit agisse dans nos coeurs, de telle sorte que nous connaissions l’abondante source de bénédictions qui est en Lui, et que nous goûtions les eaux rafraîchissantes qui procèdent du Fils de la dilection du Père !

 

S’il n’y avait rien chez Pierre sur quoi l’on pût compter, il avait, pour lui, le bonheur de marcher sur les traces de l’Agneau de Dieu, l’admirant, l’adorant, le regardant accomplir parfaitement la volonté de son Père, et voyant à chaque pas se manifester quelque chose de la pensée du Père, et aussi de la beauté et de la gloire du Fils unique du Père des fleuves de grâce découlant de Lui.

Et ainsi abrité derrière Jésus, éclairé de sa lumière, Pierre était en état de passer par la vallée de l’affliction, quand le moment serait venu.

 

Dans l’Apocalypse, il y a un ordre de vérité tout différent.

 

Il ne suffisait pas à Jean de dire : «Mon coeur est saisi d’étonnement et d’admiration devant la personne du Seigneur ici-bas, en voyant sa beauté et sa grâce» ; il pouvait dire également : «Je suis laissé sur la terre, les reins ceints, pour connaître la communion des souffrances du Seigneur Jésus».

 

Ce n’était pas Jean mis à l’abri derrière l’Agneau de Dieu ; ni Jean enseignant et allant de lieu en lieu comme son divin Maître ; non, c’est Jean souffrant, enfermé dans Patmos et, comme il le lui semblait peut-être, rejeté hors de tout service.

 

Mais il est bien doux quand nous pouvons rattacher au Seigneur Jésus ce qui nous conduit à la souffrance, et dire comme Jean : «J’étais à Patmos pour la parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ».

 

Si nous rendions un témoignage plus fidèle à cette vérité que toute puissance dans le ciel et sur la terre est donnée à Jésus, on nous prendrait pour des insensés ; la colère du monde serait excitée contre nous, comme au temps où le peuple saluait Jésus en l’appelant roi des Juifs.

 

Dans la scène où Christ a été rejeté, nous sommes placés comme des serviteurs pour présenter la parole de vie ; nous avons besoin de patience dans la tribulation, et de savoir attendre pour connaître la pensée du Maître.

 

Comme pour Jean, notre part sur la terre est la communion dans la tribulation, le royaume et la patience de Jésus Christ ; cela seul peut nous convenir maintenant : toute bénédiction venant à nous de la main du Père, quand celle de l’homme nous donne des brisements de coeur et la captivité de Patmos.

 

Comme vivifié avec Christ, j’ai à me demander : «Est-ce que je marche d’une manière digne de Lui ?» Je dois me juger comme un homme qui marche avec Dieu dans la lumière, qui prend sa place dans la présence de Dieu ; non comme un étranger, mais comme un fils, en veillant sur mon coeur pour que mes pensées reçoivent son approbation.

 

Étant dans le désert, comme j’y suis, placé entre la croix et la gloire à venir, il convient que j’amène toutes choses à la lumière et que je les juge.

 

Je crois que rien ne fait mieux connaître la mesure de vigueur et de puissance de la vie spirituelle que nous avons, que la manière dont nous amenons à la lumière et que nous jugeons, non pas ce qui peut paraître au-dehors, mais toutes les sources cachées au-dedans, mettant à nu nos pensées et nos motifs.

 

Que de fois, dans une action que l’homme pourrait admirer, il s’est trouvé une pensée ou un motif qui, vus dans la lumière, n’étaient pas dignes de Christ.

 

Comment peut-il y avoir de la joie, quand on veut se reposer sur l’oeuvre de Christ, et qu’on ne songe pas à se demander si on marche d’une manière qui convient à la position dans laquelle cette oeuvre nous a placés ? Qu’arrivera-t-il si je laisse aller les rênes ? Que de choses souvent dans l’âme d’un homme, qui ne sont pas en harmonie avec la mort de Christ ! Dois-je les tolérer chez moi ? Il est impossible que Dieu les tolère : si je ne les juge pas, Dieu les jugera.

 

Ah ! nous qui l’occupons, cette place, nous savons combien elle est heureuse et bénie : demeurer dans la lumière, être en état de discerner ce qui n’est pas digne de Christ et capables de nous juger nous-mêmes comme des vases qui doivent être gardés purs de la souillure !

 

Depuis dix-neuf cents ans, Christ est assis à la droite de Dieu comme l’offrande acceptée.

 

Merveilleuse grandeur de la grâce de Dieu : Celui qui fut le don magnifique de son amour envers nous ici-bas, est maintenant auprès de Lui, l’offrande acceptée de la justice.

 

En suite de cette grâce, Dieu dirige sur de pauvres êtres comme vous et moi un regard qui dit : «J’attends un sacrifice de votre part (Héb. 13:15, 16) ; j’attends de vos lèvres l’accent de la louange».

 

Ah ! quand je pense que Christ m’a aimé, qu’il m’a lavé de mes péchés dans son propre sang, que je suis héritier de toutes les bénédictions qui reposent sur la tête de l’Homme céleste, et qu’aussi je régnerai avec Lui ; quand je pense à tout cela, n’ai-je donc rien à dire à sa louange ? Qu’il est difficile de me former une idée de ce que je devrais exprimer ! Dans l’étonnante pensée que je suis rendu parfait par le sang de ton Fils, Dieu béni ! et que je suis destiné à régner avec Lui, comment pourrais-je savoir que dire ? J’ai besoin que tu m’enseignes pour trouver l’expression de ce qui surpasse toute intelligence : Dieu m’associant au Fils de son amour ! «Il est digne».

 

En pensant au sang précieux qui nous a lavés, nous trouvons toujours ce qui donne de nouveaux motifs de louange au chrétien, même au plus chétif.

 

Jusqu’à quel point vivons-nous dans une atmosphère de louanges ? Il n’est rien de comparable à la puissance inspiratrice de la louange pour délivrer le coeur de toutes les chaînes et de tous les liens du monde.

 

Une fois que vous aurez commencé à louer Dieu, une foule de choses vous y pousseront qui jamais ne vous avaient frappé auparavant, touchant la personne du Seigneur Jésus et sa grâce.

 

Vous dites : Comment offrir ces louanges ?

 

Elles jailliront d’abondance, mais elles doivent venir du jardin du Seigneur ; vous avez à recueillir les fleurs et les fruits de la louange dans le jardin des propres délices de Dieu ; une fois là, vous découvrirez que vous n’aviez jamais connu encore l’abondante richesse des louanges qui découlent maintenant de vos lèvres comme un encens perpétuel.

 

Dans 1 Jean 4, 8, nous trouvons le caractère de Dieu : «Dieu est amour» ; et aussi le trait de famille des enfants de Dieu : «Quiconque aime est né de Dieu».

 

Dieu, au milieu de toute sa gloire, s’est occupé des pauvres pécheurs.

 

C’est Lui qui a eu la pensée d’envoyer son Fils, afin qu’il meure pour que nous vivions par Lui.

 

Et quels étaient ceux à qui le Fils de Dieu fut envoyé ? De pauvres êtres «morts dans leurs fautes», des atomes de poussière, jouets de Satan, s’en allant dans le tourbillon de la destruction.

 

Mais Dieu pouvait dire : «S’ils sont morts, s’ils ne sont qu’une poussière entre les mains de Satan, j’enverrai mon Fils pour qu’ils aient la vie».

 

Assurément, durant l’éternité entière, un de nos grands motifs de joie sera cette pensée que Dieu a eue d’envoyer le Fils de son amour pour apporter la vie à des pécheurs morts : Christ donné, Christ notre vie éternelle au milieu de la mort dans laquelle il nous trouvait.

 

J’aurais été la proie de la mort durant l’éternité, si Dieu n’était intervenu pour me délivrer et me donner la vie en son Fils une nature dans laquelle je puis être auprès de Lui.

 

Il reste encore en nous la vieille nature mauvaise ; mais, Dieu soit béni, si plus d’une fois Satan m’a cherché du mal, jamais il n’a réussi à le perdre : la propitiation est là, je suis au dedans de la porte, abrité par le sang et pardonné.

 

Que ferais-je, si j’avais à porter le fardeau des manquements de la semaine dernière ? et même seulement des fautes d’hier ? ce serait comme une gangrène rongeant les os et la chair.

 

Mais il est quelqu’un qui peut sauvegarder mon âme, qui le fait sans cesse et parfaitement.

 

Vous apprenez par l’expérience ce qui vous manque pour ressembler à Christ, et Lui est la propitiation tout le long de votre chemin, jusqu’à ce que vous le voyiez et que vous Lui soyez semblable.

 

Quel amour que celui de Dieu, existant dans sa propre éternité, se déployant dans le don du Fils pour nous communiquer la vie, la puissance et l’amour ! L’amour de Dieu se manifeste en ce qu’il a voulu nous séparer de tout ce que nous sommes pour nous introduire dans sa propre félicité.

 

«Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père». Le Seigneur Jésus était ici-bas comme un livre ouvert qui révélait le Père.

 

Dans toutes ses actions, ses paroles, ses voies envers l’homme, le Fils manifestait le Père : «Celui qui m’a vu, a vu le Père» ; et s’il était le livre ouvert qui le révèle, il est aussi la porte ouverte par laquelle il nous conduit à Lui.

 

Et le Père qu’il est venu faire connaître, montre le Fils sur la croix comme la porte ouverte pour amener plusieurs enfants à la gloire.

 

Jean 17 nous présente le Fils en communion avec le Père.

 

Jésus détourne ses regards du monde et les dirige vers le ciel.

 

Nous l’entendons exprimer les pensées qui sont communes au Fils et au Père, et parler de la bénédiction de ceux qui participent à l’amour du Père.

 

Il les voit comme n’ayant rien à faire avec le monde ; il les prend d’emblée comme ceux qui ont été vus en Lui par le Père, dès avant la fondation du monde.

 

Nulle origine, nulle bénédiction n’est plus élevée ; rien n’est pareil.

 

C’est une pensée des plus bénies que de remonter jusqu’à Dieu le Père de pouvoir considérer le chrétien comme un homme qui est un même esprit avec le Seigneur, un de ceux que le Père avait donnés au Fils avant que le monde fût ! Donnés au Fils, mais appartenant au Père auparavant ! «Ils étaient à toi, et tu me les as donnés».

Mais de plus, Jésus parle de notre bénédiction, comme appartenant à une scène dans laquelle il n’y a rien du mal qui nous entoure maintenant.

 

C’est notre position, telle qu’elle existait dans la pensée du Père, avant que le monde fût.

 

«Ils étaient à toi».

Quelle douce pensée le Seigneur fait connaître, quand il déclare qu’ils lui seraient unis si étroitement, que la gloire qu’il allait recevoir pouvait aussi leur être donnée, et qu’ils seraient manifestés comme des objets de son amour dans lesquels sa gloire serait déployée.

 

Dès qu’il leur parle de la gloire qui Lui est donnée, il leur révèle qu’il se propose d’agir selon toute l’étendue de son amour, et qu’il veut tout partager avec eux.

 

Il ne place pas leur joie dans le désert ; il regarde les temps à venir, ce qui sera quand tout ce qui existe maintenant sera tombé en poussière et aura disparu ; il se tourne vers la maison du Père, où seront réunis tous les bien-aimés de Dieu, pour le déploiement de sa gloire.

 

Ah ! ne donnerez-vous pas un moment d’attention à ces pensées de Christ envers vous ? Songez que le coeur du Seigneur, à l’heure de son angoisse, pouvait trouver ses délices à révéler à ceux qui lui étaient donnés du Père, leur glorieux avenir et leur sécurité parfaite, afin qu’ils eussent une consolation quand il leur serait enlevé.

 

Les enfants de Dieu ne comprendront jamais quelle classe de personnes ils sont appelés à être ici-bas, aussi longtemps qu’ils n’auront pas saisi les pensées du Seigneur à leur égard : Avoir son origine dans l’élection du Père dès avant les siècles, subsister devant Dieu en vertu de sa parfaite et sûre grâce, et être destinés à entrer dans le bonheur du Fils de son amour, quelle immense faveur ! Et cette grâce est celle qui nous est donnée.

 

Ah ! quand de telles vérités remplissent l’âme, avec quelle puissance elles nous forment pour être, au milieu du monde, les témoins de l’amour du Père ! Et nous sommes laissés, durant les jours de l’absence de Christ, pour être ici-bas les témoins de cet amour.

 

Le vrai tabernacle est dressé ; Dieu l’a établi dans le ciel.

 

Si vous n’y êtes pas entré, vous êtes encore sans connaissance de la présence de Dieu, et vous n’avez point la conscience purifiée.

 

Nous ne pouvons pas nous approcher sans avoir les coeurs, par aspersion, purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure.

 

Dieu nous a ouvert l’accès jusqu’à Lui par une chose d’une valeur inestimable, et si je suis venu à Dieu, j’ai connu ce qu’elle est, cette valeur dans une faible mesure peut-être, mais en réalité.

 

C’est la réponse à bien des inquiétudes secrètes, parce que c’est la solution qui a satisfait Dieu, le sang de son propre Fils versé.

 

Vous sentez-vous à l’aise dans la présence de Dieu, dans ces moments où la conscience de sa sainteté agit plus fortement sur votre âme ? ou en êtes-vous à dire : «J’aurais peur dans la présence de Dieu» ? Alors vous ignorez la valeur du sang de Christ.

 

Dieu lui-même a ouvert l’accès jusque dans la pleine lumière, et frayé un chemin au premier des pécheurs ; et moi, serais-je mal à l’aise dans ce chemin, quand je vois que Dieu, dans sa sainteté, peut se tourner vers moi, et en vertu de l’oeuvre accomplie par son Fils, me regarder avec une satisfaction entière ? Dirai-je à une conscience purifiée qu’elle est un faux témoin, quand Dieu lui-même a fourni la victime, et que le Saint Esprit descendu du ciel pour rendre témoignage de la pleine acceptation d’un pauvre pécheur ?

 

En entrant dans ce chemin nouveau et vivant, je me prosterne et j’adore, non pas avec crainte, mais avec assurance, parce que j’ai le témoignage que j’y suis selon le bon plaisir de Dieu.

 

Les croyants faibles sont souvent troublés par les accusations de Satan L’adversaire profite de ce qu’ils ignorent la perfection de la grâce, et il les accuse dans leur conscience quand, devant Dieu, toute accusation est impossible.

 

Le sang de Christ répond à tout, et le Juge a prononcé en faveur des croyants.

 

Qu’est-ce que Satan peut dire contre un peuple qui est sous l’aspersion du sang, si ce n’est de prononcer une accusation contre Dieu ? Le peuple de Dieu sait que l’ennemi ne peut maudire ceux que Dieu a bénis.

 

La foi renvoie l’accusateur au Juge et à la valeur du sang de Christ ; et cela n’est point transiger avec le péché, mais c’est, en reconnaissant combien le péché est affreux, reconnaître aussi avec confiance la valeur de la mort de Celui qui mourut, Lui juste, pour des injustes.

 

Dieu recherchera-t-il le péché une seconde fois ? Non.

 

Je puis dire : Christ a porté mes péchés et je suis pardonné ; je suis le premier des pécheurs, mais j’ai mon pardon.

 

Quelle chose étrange, incompréhensible, que le Fils de Dieu ait été sous la colère, fait péché ! Ce sont les hauteurs et les profondeurs de la sagesse de Dieu.

 

Nous ne pouvons les sonder ; mais nous en avons le fruit, le Seigneur, maintenant vivant, dans la présence de Dieu pour nous.

 

Avoir le pied dans les parvis célestes, c’est pour moi chose surprenante.

 

Comment m’y trouver à l’aise ?

 

Par le sacrifice accepté.

 

Toutes choses là-haut appartiennent à Christ.

 

Sans Lui, le ciel serait pour moi un lieu tout à fait inconnu ; mais aussitôt que ma pensée s’arrête sur Lui dans le ciel, je le trouve là comme le sacrifice accepté en ma faveur, et la foi en Lui me met à l’aise.

 

Je trouve merveilleuse cette assurance que, si j’étais absent du corps cette nuit, j’ai une vie liée à Christ là-haut.

 

J’ai une paix effective, parce qu’il est là comme le sacrifice accepté pour moi.

 

Comment pourrais-je hésiter à m’approcher de Dieu, quand il m’a dit que tout son bon plaisir est dans le sacrifice accepté qui m’a rendu parfait à perpétuité ? C’est ce que me vaut le sang du sacrifice, cette mort qui est devenue dans le ciel aussi bien le mémorial de ce qu’est le péché, que celui de son abolition devant Dieu.

 

Quelle lumière Dieu a fait pénétrer en moi, s’il m’a fait connaître quelle misérable créature je suis, perdue, dégradée ! Mais je suis devenu la part du Seigneur Jésus : je ne suis plus cet être misérable, je suis un être sauvé.

 

Là où tout est gâté et perdu, là précisément je puis dire : «Je rends grâces à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur».

 

Je ne rends pas grâces pour la perdition, mais de ce que j’obtiens par le moyen du nouvel Adam.

 

Philippiens 3.

On voit dans la vie d’un homme tel que Paul, quelle est l’excellente joie de celui qui est en communion avec Dieu.

 

Christ disait : «Si vous m’aviez aimé vous vous seriez réjouis de ce que je m’en vais au Père»

 

Est-ce qu’il vous suffit toujours que Christ soit heureux ? Donne-t-elle du repos à votre coeur, la pensée que Celui qui a tout accompli et tout souffert pour vous, ait trouvé son repos ? C’est une marque caractéristique des sentiments d’un disciple durant l’absence de Christ, d’être occupé de la pensée que Christ est chez lui ; de le voir dans sa joie propre, rentré auprès du Père, mais ayant le coeur tourné vers son disciple et lui disant de se réjouir avec Lui ! Nos coeurs sont-ils remplis de cette joie céleste et trouvent-ils leur repos dans la joie actuelle de Christ ?

 

L’unique but de Christ, en toutes choses, ici-bas, était de faire la volonté de Dieu, et il l’a accomplie entièrement.

 

Toute sa vie ne fut qu’un témoignage éclatant et ferme rendu à Dieu, et rien qu’à Lui.

 

Plus il montrait d’énergie, plus cela Lui procurait de souffrances dans un monde comme celui-ci.

 

Mais le Seigneur voudrait-il descendre, obéissant jusqu’à la mort de la croix ? c’était la question.

 

Il le fit, et la colère de Dieu vint sur Lui.

 

Je n’ai pas d’idée de ce que nous ferons dans la gloire.

 

Je me dis : Christ sera là.

 

Je serai dans le lieu où toutes choses sont gouvernées par la pensée de Christ.

 

Avez-vous connu ici-bas l’effet tranquillisant de sa présence ? Avez-vous entendu de sa bouche, comme le doux murmure qui calme une tempête : «C’est moi» ?

 

Que sera-ce de nous trouver dans un monde où tout est soumis à Celui qui procure, même ici-bas, une telle paix ! Que sera le ciel quand Jésus, dans toute la beauté de sa grâce et dans tout ce qu’il est lui-même, nous sera manifesté dans la maison du Père, là ou tout sera en accord avec le nom de Jésus ! Le riche fleuve de ses affections débordera et répandra partout la bénédiction ; «sa plénitude» sera versée dans tous les coeurs, et tous les coeurs seront parfaitement satisfaits et heureux.

 

Comment Christ pouvait-il recevoir dans sa société une créature telle que la femme de Samarie ? De la manière la plus aimable et la plus touchante, Lui le Sauveur, car cette femme savait qu’elle était une pauvre indigne créature, et ce sont les indignes et les perdus que Jésus est venu sauver.

 

Étant chrétien, j’ai à connaître le Seigneur Jésus dans le ciel, et à marcher d’une manière qui soit digne de Lui, comme un fils du jour au travers des ténèbres de ce monde.

 

La lumière du regard de Christ descend directement sur moi, et s’il y a dans mon coeur un recoin qui reste caché, je suis mal à l’aise.

 

Je ne pourrais pas me tenir dans la maison du Père, si son regard ne trouvait pas tout à découvert dans mon âme.

 

Je n’aimerais pas qu’une parcelle de mon coeur fût voilée, fût-ce même par la plus faible gaze.

 

C’est pour l’âme une chose sérieuse, mais bien précieuse, que l’oeil de Dieu y pénètre jusqu’au fond.

 

Que Celui qui nous a lavés dans son propre sang, et qui a pris sur Lui de nous introduire dans le ciel, puisse du regard sonder tous les replis du coeur, et voir le moindre bourgeonnement du mal, est une chose infiniment douce et heureuse.

 

Quand vous avez fait ce qui vous paraissait être bon, il y avait encore des imperfections que Lui a su discerner : il a vu le mal qui se trouvait mêlé à vos actes, et Satan près de vous ; il vous fait discerner tout cela, et vous rend capable de juger le mal dans la lumière ; de sorte qu’il n’y aura pas lieu de le juger plus tard au jour dans lequel il prendra connaissance de toutes choses.

 

S’il nous occupe de son service, et s’il nous rend attentifs à notre marche, il y a ce premier résultat d’établir une entière et parfaite confiance entre notre âme et Lui.

 

Quelle chose solennelle et bienfaisante que Dieu s’attende à ce que vous marchiez comme étant dans sa présence.

 

La vie d’un homme peut être irrépréhensible, et malgré cela cet homme peut se trouver dans le cas de dire : «il me manque la puissance de la vie de Christ».

 

En ce cas, il n’y a pas tache ou souillure, mais le sentiment qu’il faudrait une plus grande manifestation de la vie de Christ et de ses affections, un témoignage mieux rendu à sa personne.

 

Rien ne devrait nous satisfaire, sinon un témoignage puissant rendu à Christ, notre Chef, assis à la droite de Dieu.

 

Quelle différence entre le témoignage d’un homme comme Paul qui avait Christ dans le coeur et regardait toutes les autres choses comme des ordures, qui posait le pied là où Christ a laissé la trace des siens afin de le suivre de près, et le témoignage d’un homme qui vit selon le train de ce monde, qui se trouve, il est vrai, établi sur le fondement de la foi, mais qui édifie dessus du bois, du foin, du chaume, au lieu d’édifier de l’or, de l’argent, des pierres précieuses.

 

Quelle grande différence entre Abraham et Lot, dans cette vie, et sûrement dans l’autre aussi, bien que Lot soit parfaitement sauvé.

 

«Que c’est beau !» m’écrierai-je quand je verrai Paul manifesté dans la cité d’or, lui qui pouvait dire étant ici-bas : «Pour moi, vivre c’est Christ».

 

Il y aura certainement une récompense pour les oeuvres qui sont le fruit de la grâce et de la foi.

 

Paul savait que son acceptation était certaine ; il pouvait en toute assurance lever les yeux vers la lumière de la présence de Dieu, et aussi dire à tous ici-bas : «Vous avez vu en moi le reflet de cette lumière».

 

Ce dut être une chose étonnante pour des anges de voir le Fils de Dieu habiter sur la terre comme un homme ; mais toute la plénitude de la déité était dans cet homme.

 

Jamais homme ne parla comme Lui.

 

Il était dans une même pensée avec Dieu, capable de communiquer la vie éternelle, d’accomplir tout miracle un homme, mais différent de tous les autres hommes.

 

Il n’y eut jamais en Lui que la perfection.

 

Dès que nous voyons Christ, nous ne pouvons que bénir Dieu de ce qu’il a trouvé en lui Celui qui a répondu entièrement à sa pensée.

 

La perfection de Christ est ma condamnation, à moins d’y avoir un titre par la grâce, car alors toutes les pensées de Dieu à mon égard se déroulent.

 

Le Christ que Dieu a placé à sa droite est ma justice, et cela change tout relativement à ce que je suis, moi.

 

Si Christ est pour moi force, sagesse, justice, tout, j’ai un motif de rendre grâces à Dieu de ce qu’une personne telle que le Seigneur Jésus Christ est venue sur la terre.

 

Non seulement je vois Christ sur le trône du Père, mais je puis dire de Lui : «Voilà Celui qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi».

 

Il est heureux dans l’amour du Père, et mon coeur, établi dans la liberté par la rédemption, jouit de le savoir heureux.

 

S’il est la vie éternelle de mon âme, le bonheur est ma portion.

 

Christ me dit : «Toi, mon heureux débiteur, je veux t’introduire dans la joie que j’ai auprès de mon Père».

 

Et moi de Lui répondre : «Je me réjouis, ô Seigneur, de ce que tu possèdes ce qui fait la joie de ton coeur, le repos auprès du Père, car je t’aime, oui, je t’aime».

 

Je puis dire : «Ma communion est avec le Père et le Fils».

 

La communion n’est pas une chose future : nous en jouissons pendant que nous sommes dans ces vases de terre.

 

C’est avec Christ sur le trône dans le ciel que nous sommes en communion ; cela ne peut changer.

 

Quelle position ! Christ dans le ciel, dans la parfaite lumière, et moi amené là par Lui.

 

Pendant que je suis dans ce corps vil, il y a du péché dans ma nature, mais le péché n’a plus d’empire sur moi.

 

Devenus une nouvelle création en Christ, bien que notre corps ne soit pas encore transformé, une nature nouvelle nous est communiquée, et nous sommes amenés dans la lumière, et marchant dans la lumière, nous avons une bonne conscience.

 

La racine du péché est encore là, il est vrai, mais le coeur occupé de Christ, ne va pas après le péché.

 

Revient-on aux choses de la terre, on perd bientôt la lumière et la puissance qui tiennent l’âme à l’abri du péché.

 

Si je sors de cette position bienheureuse que le Père m’a donnée lorsqu’il m’a choisi, je me retrouve là où règne le mal ; viennent ensuite l’affliction ou le châtiment.

 

Christ sur la terre était la lumière parfaite, et tout était manifesté par elle.

 

«En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes».

Nous sommes rendus participants de sa vie.

 

Nous sommes en haut par l’Esprit, ici-bas par le corps ; le corps doit être maintenu assujetti par l’énergie de cette vie.

 

Dans l’exercice, il y aura des manquements ; mais ne soyez jamais l’avocat du péché.

 

Il n’est pas dit : «quand quelqu’un a péché», il est dit : «Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père».

La ressource est là.

 

On ne se fait peut-être pas une idée juste de l’office du Seigneur Jésus comme Avocat.

 

Ce n’est pas le sacrifice pour le péché : il a eu lieu une seule fois, pour toujours.

 

Nous n’avons point à aller à Christ comme à notre Avocat : nous allons au Père auprès de qui nous trouvons un avocat.

 

Il n’y a pas une tache, pas un manquement qui n’ait été manifesté dans la lumière : l’oeil de Christ à tout pénétré.

 

Les saints oublient souvent que Christ veille pour eux d’une manière bien plus constante qu’ils ne le font eux-mêmes.

 

Il dit à Pierre, avant son reniement : «J’ai prié pour toi».

 

Dès que le croyant discerne le péché, il devrait reconnaître que Christ prie pour lui.

 

Christ fait plus, non seulement il restaure nos âmes, mais il maintient aussi continuellement le courant des affections entre le Père et son enfant.

 

Le Père trouve ses désirs en Christ comme en Celui qui est la parfaite expression de son amour, de tout ce qu’il est Lui-même ; et nous entrons dans sa joie.

 

Quel Dieu ! Ce n’était pas assez pour Lui d’être lumière et amour en demeurant dans sa gloire essentielle ; mais il a placé la lumière et l’amour devant nous dans son Fils.

 

Est-ce que la jouissance, la félicité de la communion avec Lui dans le ciel nous font apercevoir la misère de toutes choses ici-bas ? Sommes-nous un peuple céleste ? Avons-nous un trésor céleste gardé en Christ ? Pourquoi remettre la joie du ciel à un jour futur ? Pourquoi ne pas commencer maintenant à vivre dans le ciel ? Dieu nous appelle à jouir et à nous réjouir en Christ maintenant.

 

Puis-je rattacher toutes mes afflictions dans le désert à la gloire de Christ ?

 

Ai-je écrit sur ma bannière : «Pour moi, vivre c’est Christ» ? Ai-je consacré ma personne, et tout ce que j’ai, à la gloire de Christ ; ai-je fait de tout une occasion de le magnifier ?

 

Qu’importe que mon coeur se brise, si j’ai Christ ? Il aime un coeur brisé.

 

Il prend souci de nous, plus qu’une mère de son enfant ; chacune des pulsations de notre coeur Lui est connue.

 

Il est beau de voir comment il sait nous montrer qu’il est souverainement capable de donner le repos et cette paix qui surpasse toute intelligence.

 

Si votre coeur est mis en pièces, il l’a fait vous mieux préparer à la place qu’il vous réserve.

 

Pour ceux qui trouvent leur appui dans l’amour de Christ, il y a un repos parfait, une paix divine que Satan ne peut pas ébranler.

 

Vous vous étonnerez d’éprouver cette paix ; et, en présence de ce qui frappe ou détruit vos plus chères espérances, vous serez en état de dire : «Je rends grâces à Dieu».

 

S’il y a dans mon coeur un repli que Christ n’ait pas sondé, c’en est fait de moi.

 

Pourrais-je avoir un Christ aveugle, un Christ étranger à l’état de mon coeur Ah ! j’aime mille fois mieux un Christ me montrant le mal que des amis qui me louent.

 

J’adore Dieu qui m’a donné Christ.

 

Qui suis-je, moi, pour que mon Seigneur condescende ainsi à sonder mon âme ? Là où le mal se découvre, là précisément Dieu répand des eaux purifiantes.

 

Il voit tout ce qui entrave et arrête, voudrais-je retenir sa main ?

 

La raison pourquoi il y a si peu de progrès en sainteté et en vie céleste, c’est que le coeur ne se tient pas dans la lumière du regard investigateur de Christ.

 

Il ne peut y avoir de puissance de bénédiction que celle qui procède de Christ, celle qui nous replace sur son coeur, nous rend la lumière et nous conduit.

 

La gloire divine brille dans la face de Jésus Christ, et se reflète sur nous.

 

Christ fait comprendre à nos coeurs que «autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen».

 

C’est d’un grand secours pour nous en des jours comme les nôtres, jours difficiles et obscurs, dans lesquels le monde cherche à embarrasser notre foi et à la troubler.

 

Mais en nous tournant vers Christ, nous trouvons qu’en Lui est le oui et l’amen.

 

Toutes les promesses sont accomplies en Lui.

 

Une promesse répandant la lumière dans l’âme, une portion de la vérité pénétrant le coeur avec fraîcheur et puissance, tout cela vient de Lui.

 

D’où vient que plusieurs demandent : «Où est l’Église du Dieu vivant ?» De ce que Christ ne l’a pas oubliée.

 

En pensant à la gloire et au ciel, il y a du repos pour l’âme à savoir que toutes choses ont leur centre en Christ.

 

Si je ne trouvais pas Christ dans le ciel, quelles qu’en fussent d’ailleurs les splendeurs, je dirais : «Sans Christ, rien ne peut me suffire».

 

Pour que des affections renouvelées puissent être satisfaites, il faut que le Seigneur soit pour elles un objet vivant, une vive réalité.

 

Comment connaîtrai-je qu’il m’aime ? Lui, le Rocher frappé, duquel découle le fleuve de la vie.

 

Lui qui connaît tous les secrets du coeur du Père ! Ah ! il est mort pour moi ! Lorsqu’il m’a regardé, je n’étais que souillure ; j’étais dans mes péchés ; et son sang en a effacé la tache profonde.

 

Dieu satisfait, reçoit son oeuvre comme suffisante.

 

Christ a jeté sur moi, misérable pécheur, le regard de sa grâce ; il a fait de moi un exemple de la puissance purifiante de son sang.

 

Quelle précieuse chose ! Quel amour que celui de Christ ! Quand cet amour est répandu dans le coeur d’un croyant, quel pouvoir il exerce contre tout ce qui lui est contraire ! Quelle assurance il donne pour lever les yeux et dire : «Je te connais, Seigneur Jésus, dans le ciel ; je te connais comme Celui qui m’a aimé malgré toute ma misère, toi qui es intervenu entre mes péchés et moi, qui m’as obtenu et donné le droit d’être roi et sacrificateur à Dieu ton Père, et qui me l’as révélé».

 

D’où vient qu’il y a si peu de louanges ? De ce qu’il y a peu de vraie appréciation de Christ, de son oeuvre, et de l’effet du sang qui nous a purifiés et donné une place en Lui dans les lieux célestes.

 

Pourquoi les saints sont-ils si peu disposés à se dépouiller pour Christ, comme Jonathan se dépouilla pour David ?

 

Pourquoi n’y a-t-il pas cette impulsion de l’amour qui se manifeste en louanges, comme cela se voit chez Jean, alors que ces paroles s’échappent de son coeur : «À celui qui nous aime» ? Une fois qu’il est entré dans une relation intime avec Christ et qu’il savoure les eaux jaillissantes de la vie, le chrétien n’est plus occupé de lui-même.

 

Quand je me transporte dans le ciel où est Christ, et que je l’entends qui dit : «Voilà un homme que j’ai lavé de ses péchés», je ne sais plus que désirer, si ce n’est que toute gloire soit à Lui ; et je serai heureux si je puis être, dans ce monde, un témoin de son amour, parle de sa gloire, célébrer sa louange.

 

Êtes-vous occupés de Christ uniquement ? Vous ne sauriez avoir en Lui l’objet de votre vie, si vous n’êtes pas occupés de Lui-même.

 

Rien n’est bon pour le coeur comme de connaître Christ personnellement, Lui en qui se concentre la gloire divine, Lui qui viendra et nous prendra auprès de Lui.

 

Nous resterons étrangers à la beauté de la marche chrétienne, aussi longtemps que nous n’aurons pas réglé notre marche sur celle de Christ lorsqu’il était sur la terre.

 

Je crois qu’un grand nombre de chrétiens savent peu de chose d’un Christ vivant, occupé des siens sur la terre, et qu’ils le cherchent peu dans le ciel.

 

Ils ne le connaissent pas comme Celui qui les a pris pour courir vers le but.

 

Avez-vous pensé quelquefois que Christ sait parfaitement ce que vous serez dans la gloire

 

Le coeur n’a pas la capacité de tout comprendre ; mais pouvez-vous dire cependant que Christ vous en a appris quelque chose, et que vous désirez en connaître toujours davantage ? Y a-t-il là ce qui forme votre coeur ? Rattachez-vous ces choses à votre marche ici-bas dans le désert ? Ce but, pour lequel vous avez été saisi, est parfaitement clair et distinct dans la pensée de Christ.

 

Je puis suivre Christ et découvrir toujours mieux la hauteur et la profondeur de son amour, et néanmoins être obligé de dire : «Je n’ai pas atteint, mais je poursuis».

 

Comment pourrais-je marcher dans la connaissance du Christ qui est au ciel, sans entrer en conflit avec le monde ? Est-ce que je marche comme un homme qui a des rapports actuels et vivants avec Christ, et dont le coeur est formé par la pensée constante de sa gloire .

 

Si j’en suis là, comment pourrais-je être conforme au monde ? N’ignorez pas que Christ n’a pas honte de confesser votre nom devant le Père, comme celui d’un homme qu’il a saisi pour la gloire.

 

Ah ! n’y a-t-il aucune plénitude divine, rien d’insondable dans cet amour qui vous demande : «De quelle manière marchez-vous est-ce comme quelqu’un qui court vers un but ?» Si je dois abandonner certaines choses, me séparer de quelques autres, est-ce pour moi douleur ou joie, sous le regard de Christ qui me conduit vers le salut ? La vie céleste ne se verra que chez un homme jouissant avec Christ d’une communion qui embrasse le bonheur du séjour vers lequel il est conduit par Lui.

 

Vivre dans une communion habituelle avec le coeur de Christ, et s’identifier en même temps avec le monde qui ne connaît pas Christ, sont choses qui ne vont pas ensemble.

 

Le Saint Esprit nous enseigne à fixer les yeux sur Christ pendant qu’il nous conduit à la gloire, car c’est pour cela qu’il nous a saisis.

 

Paul désirait l’apparition de Christ, sa pleine manifestation ; il avait les yeux levés au ciel vers Lui, attendant sa venue.

 

C’est là, le demain de Christ ; quel est le nôtre ? La venue de Christ est-elle notre demain ? Paul avait écarté tout ce qui se plaçait entre lui et Christ ; il marchait en avant, regardait en haut, et vivait dans l’attente de la venue de Christ.

 

Est-ce que nous vivons, vous et moi, dans cette espérance, attendant le Seigneur Jésus Christ d’un moment à l’autre ? Est-ce là, la lumière répand pour nous sa clarté sur toutes choses ?

 

La pensée qu’il vient, lui le Seigneur, est à la fois une immense consolation et une vraie puissance dans la vie pratique ; si elle était constamment devant nos coeurs, nous ne succomberions pas, comme il nous arrive trop souvent, sous la fatigue et les difficultés du chemin.

 

Christ peut venir cette nuit ; il se peut aussi que nous ayons à passer par des jours de souffrance et de persécutions avant qu’il vienne ; mais, sachant qu’il viendra nous chercher et qu’en attendant sa main nous soutient, supportons ces épreuves qui nous sont dispensées pendant que nous sommes dans le corps de notre abaissement.

 

Si je sais compter sur l’amour de Christ pendant tout le chemin, je serai en état de faire face à toutes les difficultés.

 

L’amour qui le fait venir nous chercher et qui sera manifesté alors, nous est déjà connu aujourd’hui.

 

Une marque éclatante de son amour, c’est qu’il viendra Lui-même nous chercher, pour nous introduire dans la maison du Père.

 

L’Esprit ne nous donne pas d’autre demain que Christ descendant du ciel pour nous conduire là.

 

À la lumière des pensées de Dieu, nous découvrons le contraste qu’il y a entre ce que nous sommes et ce que Dieu s’est proposé à notre égard.

 

Notre corps d’humiliation n’est pas en état de porter cette gloire.

 

Mais avec quelle grâce il nous est révélé que Christ transformera ce corps et le rendra conforme à son corps glorieux, quand nous irons le rejoindre.

 

Dans quel vêtement paraîtrai-je en sa présence ? Dans un vêtement pareil au sien.

 

Le changement par lequel ce corps mortel deviendra un corps immortel et incorruptible, est peu de chose en comparaison de cette transformation qui le rendra semblable au corps glorieux de Christ.

 

Dieu aurait pu donner l’incorruptibilité sans la conformité avec Christ.

 

Quelle pensée ! Christ venant bientôt pour me rendre conforme à Lui-même.

 

Est-ce que je l’aime ? Je suis donc un bourgeois du ciel, puisque ma vie est cachée avec Lui en Dieu, jusqu’au moment où sa gloire sera manifestée ? Qu’éprouvez-vous en pensant que vous aurez des corps pareils au sien ?

 

Quelle consolation d’être ainsi associés à Lui, d’être avec Lui et comme Lui, quand nous le verrons tel qu’il est ! Il est précieux de pouvoir se dire que, jusqu’à ce qu’il vienne, nous n’avons à nous occuper que de choses célestes, à ne rechercher que celles-là : «Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu».

 

Dans la mondanité, on suit toujours un plan fondé sur l’attrait que nous trouvons dans une chose ou dans une autre ici-bas ; mais notre plan à nous, c’est d’attendre Christ du ciel.

 

L’attrait de Christ devrait réduire à rien, pour nous, les choses de ce monde, et nous en détacher.

 

Quand Christ viendra comme l’homme honoré de Dieu, ce ne sera pas SEULEMENT pour nous conduire dans le ciel, mais ensuite pour apparaître avec un pouvoir qui se soumet toutes choses et qui soumettra ses ennemis.

 

Il a répandu la vie dans mon âme ; mais ce corps de mort, il le transformera selon l’opération de cette puissance qu’il a de s’assujettir même toutes choses.

 

Marchons-nous comme ceux qui aiment la croix de Christ ? Lorsque Celui qui est mort sur la croix vint du ciel, une gloire comme celle d’un Fils unique de la part du Père resplendissait dans sa personne, et sa vie a été la lumière qui éclaire la nôtre.

 

Regardez à Lui pour trouver la force de marcher, et ne cherchez aucun appui autour de vous ici-bas.

 

Que l’oubli d’être actuellement dans un désert, ne se glisse pas dans votre âme.

 

Soyez de bons soldats de Christ.

 

Il est étonnant que je n’aie pas les yeux constamment levés en haut, si je m’attends à voir le ciel ouvert, et Celui que j’aime, apparaître.

 

Quel moment, quand il viendra pour transformer le corps de notre abaissement et le rendre semblable à son corps glorieux !

 

Loin de vous la pensée que Celui qui vous a retirés d’Égypte, veuille vous laisser errants dans le désert, comme s’il n’y avait pas de place préparée pour vous ailleurs.

 

Au contraire, il désire que vous marchiez comme ceux qui ont une place préparée dans le lieu où Lui-même sera entouré de tous les siens, où ils seront revêtus de sa beauté, remplis de sa joie, alors qu’il aura ôté tout ce qui les affligeait dans le désert.

 

Le changement sera si grand pour les pèlerins et les soldats de la croix, que rien ici-bas ne serait assez bon pour eux, et que le ciel seulement pourra leur convenir.

(Et vous de même, ne vous contentez de rien moins).

 

Sur la terre, Christ n’eut pas un lieu où reposer sa tête ; c’était pour Lui le désert, non la maison de son Père.

 

S’il est un lieu qui doive me rester étranger, c’est celui où mon Seigneur a été crucifié.

 

Il n’y a pas de joie, dans cette vie, comme celle de marcher avec Dieu, de suivre, à travers le désert, les traces du Seigneur et d’avancer sous son regard.

 

Qu’il est triste pour un homme d’être appelé à partir lorsqu’il lui reste une foule de choses à régler !

 

Bienheureux celui qui peut dire : «Le peu d’ouvrage que le Seigneur m’avait donné à faire est achevé, et je suis prêt à monter dans la maison du Père, quand il le trouvera bon».

 

Aimeriez-vous que le Seigneur vous surprît à sa venue ?

 

Voyez ce qu’il fit dans l’âme d’Étienne : c’est quelque chose qui rappelle la saveur de son amour, quelque chose qui vint directement de Lui pour fortifier son serviteur, pour le rendre capable de servir son Maître avec joie.

Tout ce que l’homme faisait ne pouvait pas empêcher le cours de la sympathie vivante de Christ à son égard.

Étienne, lapidé, pouvait lever les yeux et se dire : «J’ai la sympathie de Celui qui se tient à la droite de Dieu».

Cela changeait tout pour lui.

Auparavant, il n’avait pas eu peut-être une telle preuve des affections de Christ ; il n’avait pas goûté autant sa vivante sympathie.

 

Étienne a-t-il été le seul martyr qui ait goûté l’amour de Christ, à ce point que toutes ses affections étaient réveillées, que son coeur débordait ? A-t-il été le seul homme dont le coeur ait ressenti la sympathie de Christ ? Chacun de nous répondra : «Non !» Si je me trouvais avec Étienne, je lui dirais que moi aussi j’ai goûté la sympathie de Christ, bien qu’en des circonstances beaucoup plus humbles, sans doute.

 

Sommes-nous étrangers à la sympathie de Christ ? N’avons-nous pas conscience de l’avoir éprouvée dans nos coeurs bien des fois ?

 

Voyez aussi l’histoire de Paul : «Pourquoi me persécutes-tu ? Si tu les touches, tu me touches, moi».

 

Toute la lumière de la sympathie de Christ envers un peuple souffrant sur la terre, pénétra dans le coeur de Paul.

 

Et plus tard , voyez-le, recevant lui-même du Saigneur cette parole : «Ne crains point. … je suis avec toi».

 

Il y avait, pour Paul, dans ce Rocher frappé, une provision d’eau pour le désaltérer.

 

Jésus est dans la présence de Dieu, toujours vivant pour intercéder pour nous ; de plus, quand il est monté au ciel, il a envoyé le Consolateur et gardien de son peuple, Celui par qui toutes ses sympathies pouvaient descendre sur les siens ici bas.

 

C’est une chose solennelle que le don du Saint Esprit aux enfants de Dieu.

 

Quelle est son action ? Il rend Christ présent à nos âmes ; il nous le révèle.

 

L’âme fortifiée s’élève jusqu’à Christ, et trouve en Lui toute consolation et tout encouragement.

 

C’est après être entré dans la gloire et s’être assis à la droite de Dieu, que Christ s’est fait connaître comme le chef d’un corps.

 

Notre vie est-elle l’expression de notre communion avec Celui qui est notre portion dans le ciel, où il est assis jusqu’au moment de venir nous prendre auprès de Lui ?

 

Un homme comme Paul ne pouvait pas (Actes l8:9, 10) comprendre, puisque Christ s’était donné pour lui, pourquoi il ne se donnerait pas aussi pour Christ, corps, âme et esprit.

 

Pour lui, «vivre, c’était Christ».

 

Le seul désir de son coeur était de placer toutes choses aux pieds de Christ, non seulement sa vie, mais tout.

 

«Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité».

Christ pouvait se sanctifier, mais non pas se purifier, par la raison qu’il était la pureté même.

 

La lèpre fuyait à son approche, son attouchement purifiait.

 

Ce n’est pas ici une question de pureté, mais d’être mis à part.

 

Le sang met le peuple de Dieu à part, parce qu’ils ne sont pas à eux-mêmes, mais ont été achetés à prix.

 

Il est précieux de connaître l’aspersion du sang comme la puissance de séparation.

 

Mais le croyant est aussi rendu parfait à perpétuité, par une seule offrande.

 

La valeur tout entière de l’offrande est appliquée pour rendre parfaits ceux qui sont sanctifiés.

 

Qu’est-ce qui pourrait autoriser une pauvre créature perdue à dire : «Je suis rendue parfaite à perpétuité», si l’offrande n’avait pas fait cela et ne l’avait établi pour toujours ? Si Christ s’est donné comme une rançon et a été accepté, cela suffit.

 

Je ne puis voir Christ dans le ciel sans penser que je suis un pécheur perdu, mais racheté, et c’est comme tel que je rends culte.

 

Mon coeur s’émeut en profonds sentiments d’adoration envers Lui.

 

Tout est changé du moment où la gloire de Christ brille dans mon âme.

 

Il est de toute importance pour nous de reconnaître Christ, comme le centre de toutes choses, de manière à pouvoir dire : «Pour moi, vivre c’est Christ» ; de marcher dans la lumière de sa gloire qui éclaire notre chemin, en maintenant cette gloire au-dessus de tout ; de ne pas permettre que deux vies agissent en nous, la vie de la chair et la vie de l’Esprit, mais de tenir la vie de la chair assujettie pour que celle de Christ seule vive en nous.

 

Une des plus grandes bénédictions que l’âme puisse connaître, c’est d’avoir une part aux rafraîchissements que le Seigneur Jésus Christ a reçus pendant qu’il était sur la terre.

 

C’est ce qui donne tant de prix aux choses qui se passèrent sur la croix entre Lui et le brigand.

 

Non seulement ce malheureux trouvait ouverte une porte de salut, mais Celui qui le sauvait voyait en lui un fruit du travail de son âme.

 

Qu’il fut doux pour Jésus de voir ces prémices, et de pouvoir parler bénédiction à ce pauvre être, avant de remettre son esprit.

 

Il est soleil, pour ceux qui sont les rachetés de Christ et un même esprit avec Lui, de penser que l’oeil du Seigneur vient sonder tout ce qui est en eux, et qu’il connaît toutes les pensées et les intentions du coeur.

 

S’il en était autrement, comment profiterions-nous des soins de Celui qui est auprès de Dieu, toujours vivant pour intercéder pour nous ? Découvre-t-il en nous une chose à l’égard de laquelle l’intercession nécessaire, il intervient pour nous auprès de Dieu.

 

Il a vu la chose qui ne va pas, et il nous la fait voir aussi à nous.

 

Il nous découvre tout : il nous montre nos infirmités, chaque symptôme de mal, pour que nous sachions que c’est Lui qui nous guérit ; et ainsi il remet en harmonie notre état et la position que nous avons en Lui.

 

Elle est remarquable la manière dont le Seigneur se révèle à nous comme Personne vivante.

 

Nulle part, nous ne le connaissons mieux ainsi que dans le désert.

 

Tous, nous sommes impatients de le voir dans le ciel, mais ce ne serait pas la même chose, si nous ne l’avions pas connu dans le désert.

 

Il est Celui dans lequel Dieu révèle son propre caractère.

 

En traversant les scènes tumultueuses de la vie, qu’est-ce qui nous donnera la force et nous viendra en aide, si ce n’est de voir avec nous et pour nous le Christ vivant ?

Quand, dans la lumière, nous apprenons que toute chair est comme l’herbe, qu’est-ce qui soutient et tranquillise le coeur, si ce n’est la pensée que Celui qui ne change pas est occupé de nous ?

Le péché est en nous, Christ en est entièrement séparé et pourtant il est pour nous.

 

La foi doit être active, énergique ; il serait sans fruit de rêver à la gloire ; ce qui vaut mieux, c’est la certitude que Christ nous a saisis pour nous y conduire.

 

La foi me fera regarder devant moi, et courir vers le but.

 

À quoi sert-il d’avoir un sentiment pour Christ, s’il n’amène pas une séparation entre le coeur et le monde ?

Connaître la croix, c’est mon privilège ; mais j’ai plus : j’ai trouvé en Christ lui-même l’objet dans lequel je puis me glorifier devant le monde entier, le coeur rempli d’adoration et de joie.

 

Dieu a vu dans la croix de son Fils la seule voie par laquelle il pourrait bénir des pécheurs.

 

Il est instructif de voir dans les épîtres, les diverses pensées de l’Esprit de Christ en rapport avec la venue du Seigneur.

 

Dans l’épître aux Éphésiens, Christ en haut se présente, à Lui-même, comme épouse, une Église glorieuse, sans tache ni ride.

 

Dans celle aux Philippiens, nous voyons de pauvres êtres gémissant dans des corps d’abaissement ; Christ opérera en eux et transformera leur corps vil en un corps glorieux.

 

Dans les Colossiens, la vie cachée avec Christ en Dieu sera manifestée avec Christ en gloire.

 

Dans peu de temps, Celui qui est votre vie sera manifesté et vous serez manifestés avec Lui.

 

Enfin, dans l’épître de Jean, au chapitre 3, il y a la relation d’enfants du Père, formée par Christ ; Dieu les traitera comme ses enfants.

 

Ils verront Christ et Lui seront semblables ; il leur apparaîtra comme il est.

 

Les saints qui nous ont quittés ne jouissent pas encore d’une bénédiction complète, bien qu’ils aient fait un pas immense en avant.

 

La position des croyants n’est pas changée par la mort : ils attendaient ici-bas, et ils attendent encore, présents auprès du Seigneur glorieux.

 

Dans le cas d’Étienne, nous voyons le Seigneur recevoir immédiatement l’âme de son serviteur ; il en est de même pour tous les bien-aimés qui se sont endormis en Jésus.

 

C’est là un adoucissement pour le coeur qui souffre du vide qui s’est fait, et qui ressent le brisement que laisse le départ de ceux qui s’en sont allés.

 

C’est une chose cruelle et humiliante que la mort, en ce qu’elle met fin à toutes les combinaisons et brise toutes les affections naturelles.

 

Mais il est quelque chose au-delà, et dont les saints n’auraient pas l’expérience s’ils ne passaient de la terre dans la présence du Seigneur : c’est la conscience de la sympathie tout entière de Jésus, quand la mort s’est approchée d’eux.

 

Le Seigneur lui-même viendra recueillir son peuple auprès de Lui.

 

Qu’il est doux de voir le Seigneur dans cet acte de voir en Lui le Fils de l’homme se levant du trône où il est assis maintenant auprès de Dieu, Lui, le vainqueur du sépulcre, venant retirer de la poussière les corps de ceux qui moururent en Lui.

 

La gloire est renfermée en Lui tout entière, mais bientôt elle sera révélée : le Seigneur en personne descendra du ciel.

 

Il viendra avec un cri de commandement : la voix du Seigneur lui-même sera entendue de tous les siens de ceux dont le corps est encore dans la poussière, et de ceux qui seront vivants sur la terre,

 

Les morts en Christ ressusciteront premièrement.

 

Je ne voudrais pas pour tout au monde voir effacer ce mot : «premièrement», parce qu’il montre, ce que j’ai toujours remarqué, que le Seigneur adresse le secours de son amour là spécialement où est l’expression de la faiblesse.

 

C’est cet amour là qu’il me faut, mon coeur en a besoin dans son infirmité.

 

Quelle chose de penser que Jésus saura trouver tous les siens dans la poussière de la mort, et faire rendre à la terre ce qui avait été déposé en elle ! À chacun il donnera un corps glorieux semblable au sien, et il établira dans la joie de sa gloire tous les coeurs devant Lui.

 

Par la foi, nous voyons le Fils de l’homme assis dans la gloire du Père ; et nous voyons aussi ce Fils de l’homme venir et pénétrer jusque dans la poussière où sont les corps de ceux qui dorment en Lui, et qui doivent ressusciter.

 

À sa voix puissante, ils sortiront du sépulcre ; ils se lèveront, en donnant un témoignage éclatant que Jésus est la résurrection et la vie.

 

Nous serons ainsi toujours avec le Seigneur.

 

Voilà ce qui est pour mon âme d’une douceur inexprimable, d’une grâce divine.

 

Que serait-ce, si Dieu, en donnant son Fils pour chef sur toutes choses, n’avait pas formé pour Lui le coeur des siens ?

 

Dieu eût-il ouvert toutes grandes les portes du ciel, aucune des choses que j’y verrais ne m’aurait dit ce que vaut cette seule parole : «Pour toujours avec le Seigneur».

 

La pensée que je verrai le Seigneur et que je serai toujours avec Lui, me pénètre jusqu’au fond del’âme.

 

Se peut-il que Jésus qui m’a supporté d’un amour si patient, qui a veillé sur moi avec une sainte sollicitude, depuis le moment où il m’a donné la vie, se peut-il qu’il dise aussi pour moi : «Vous viendrez à ma rencontre» .

 

Oui, mes yeux le verront, mes oreilles l’entendront.

 

Et ce ne sera pas une rencontre passagère : je serai enlevé pour être toujours avec le Seigneur.

 

Qu’est-ce que le brigand sur la croix savait du Paradis .

Rien, sinon qu’il serait avec Celui auquel il avait confié son âme.

 

Pourvu que je sois avec Jésus, l’endroit m’est indifférent.

 

Tout est compris dans ces mots : «Avec Lui» ; et c’est là déjà que, dans l’état intermédiaire, nous serons : absents du corps, présents avec le Seigneur.

 

Quand je quitterai ce corps, ce sera pour être avec celui qui est la riche source de toutes les bénédictions qui coulent maintenant dans mon âme.

 

Que serait la nouvelle Jérusalem et toute la splendeur de la gloire céleste, sans Jésus ?

 

Pour moi, il n’y a que cette seule chose : Je serai pour toujours avec Lui.

 

Suis-je heureux ? C’est parce que Christ m’aime.

 

Lui est heureux.

 

Quel homme uni à Christ dira : Je ne suis pas heureux si Christ l’est ?

 

Si les eaux du sombre fleuve de la mort coulent encore, n’oublions pas que Christ y est descendu jusqu’au fond, qu’il est ressuscité et qu’il vit à toujours.

 

Le Christ que nous connaissons est un Christ vivant, toujours occupé de l’oeuvre de sa grâce.

 

Il nous chargera peut-être d’un message.

 

Il nous mettra au coeur de porter la parole de vérité à un pécheur succombant sous le fardeau de ses péchés, et nous irons sans penser avoir la moindre puissance ; mais le résultat montrera que Christ s’est servi de nous comme d’un lien entre Lui et un peuple sur la terre.

 

Il fait ainsi parvenir par la bouche d’un saint, une parole de consolation ou de vérité à celui à qui elle est nécessaire.

 

Quel Christ que le nôtre ! Comme il veille pour bénir ! Si quelque chose est votre unique souci, croyez-vous qu’il le soit autant que vous-même êtes l’unique souci de Christ ? Ne pensez pas que son regard n’ait pas été sur chacun de nous aujourd’hui.

 

Nous savons peu comprendre de quel amour il regarde ceux qui Lui sont donnés du Père, ceux pour lesquels il a si parfaitement accompli ce qu’il a entrepris pour eux, et qui sont les objets de toutes les affections de son coeur.

 

Ah ! Christ aime à les entendre parler de Lui et pour Lui ! Il attend de son peuple sur la terre qu’il ait quelque chose à dire de Lui, qu’il Lui rende un témoignage ici-bas.

 

Il poursuit une oeuvre qu’il révélera clairement à ceux qui sont vraiment ses serviteurs.

 

Il l’avait révélée à Jean.

 

Quand vous avez parlé de Christ à d’autres, n’est-il pas venu à votre aide ? Vous ne saviez pas comment cela se faisait, mais c’était Christ

 

Christ toujours prêt à soulager la faiblesse de son serviteur, et à lui donner la puissance d’être un témoin pour Lui.

 

Quel touchant spectacle que l’humilité d’un enfant chez des saints, comme Jean et Paul de les voir soutenus par Christ à chaque pas de la route de voir Christ se servir de notre petitesse pour montrer la grâce exquise qui s’allie à sa gloire divine.

 

Nous pensons à sa gloire et non à sa grâce dans cette gloire.

 

Tout ce qui caractérise le Seigneur est grâce.

 

Tout doit venir de Lui, soit pour soutenir la foi, soit pour produire la louange.

 

Nous découvrons un homme dans le ciel, et nous pouvons dire : «C’est Jéhovah, le Dieu Sauveur !» Quelle hauteur de gloire il y a dans le salut rattaché à Dieu manifesté en chair ! Christ, à la droite de Dieu le Père, reçoit de Lui tout ce dont son peuple a besoin.

 

Ce n’est pas comme Homme de douleurs seulement qu’il a été serviteur ; il est serviteur dans la gloire, dans l’exercice des offices dont il est revêtu.

 

Il ne suffit pas pour moi de savoir que je suis faible et privé de sagesse, mais je dois savoir encore qu’il y a un Homme, auprès du Père, chargé de prendre soin des faibles.

 

Il n’était pas question pour Paul ou pour Jean de marcher dans sa propre force.

 

Christ confie à chacun des saints un service spécial.

 

Sachons regarder à Lui pour l’accomplir.

 

Souvent, nous voulons arranger d’avance les choses, sans prendre connaissance de l’intention de Christ.

 

Il s’attend à ce que nous recherchions la connaissance de sa volonté.

 

Nous avons peut-être une parole à porter de sa part.

 

Nous ne pouvons pas lire dans les coeurs de ceux auxquels nous parlons, mais Lui le peut : il connaît toutes les pensées d’un coeur, et il faut nous laisser guider par Lui dans ce que nous devons dire.

 

Si vous marchez avec Christ, vous trouverez qu’il vous dirige en tout.

 

Combien peu nos coeurs apprécient les choses en raison de leur proximité de Christ !

Combien peu aussi nous estimons les chrétiens en raison de ce qu’ils Lui sont chers !

C’est à cause de Christ que nous devrions aimer ce qui est bon, et non à cause de la fraîche rosée qui en découle pour nous.

 

Ce n’est qu’après que Christ a été frappé, comme le Rocher, que la source des eaux jaillissant en vie éternelle, a été ouverte dans le ciel.

 

Dans sa personne, il est Celui qui pouvait dire : «Moi et le Père, nous sommes un - celui qui m’a vu, a vu le Père».

 

Mais lorsqu’il s’est assis comme Homme glorifié à la droite du Père, il a répandu les eaux abondantes de la vie.

 

La vie que je possède me vient du Fils de Dieu.

 

De plus, il nous associe à Lui dans les choses qu’il a vues comme Fils serviteur.

 

Il ne donne pas la gloire qu’il avait auprès du Père, de toute éternité ; mais il peut dire : «La gloire que tu m’as donnée, moi, je la leur ai donnée».

 

Christ place les siens dans cette gloire, non dans la gloire de Dieu dans laquelle il reçoit l’adoration.

 

Dans les épîtres aux sept églises, nous voyons que Christ agit sur le coeur des fidèles de la même manière qu’il agit sur le nôtre : par la révélation d’une vérité distincte.

 

Ainsi, dans l’oeuvre de sa grâce, Christ met devant nous une vérité, puis une autre.

 

Aucune promesse ne dit que ma chair sera victorieuse du monde ; mais cette victoire est assurée à la foi ; elle saisira ce que Christ place devant moi, et par là je serai vainqueur.

 

La foi reçoit la parole que Christ nous révèle, elle s’y attache, et c’est ce qui nous donne la victoire sur le monde : rien autre ne la pourrait donner.

 

En apportant le remède à un état de choses, Christ annonce toujours qu’il veut donner : «Je te donnerai de manger de l’arbre de vie».

 

«Je te donnerai la couronne de vie».

C’est une des gloires divines de Christ d’être Celui qui donne, et il n’y a rien d’assez grand qu’il ne puisse donner.

 

Il donne de la manière la plus grandiose, dans une mesure digne de sa gloire divine, unie à la grâce la plus exquise.

 

Christ, dans sa propre éternité, connaît les secrets de Dieu ; il s’adresse à moi, pauvre créature perdue au milieu d’un océan de difficultés, et me dit : «Tu vois cet arbre de vie dans le paradis de Dieu ; sois vainqueur, et tu en mangeras».

Puis-je laisser échapper une si magnifique promesse ? Et encore : «Tu souffres, tu es appelé à passer par la tribulation ; sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie»

 

Quel autre que Lui peut donner une couronne de vie et en faire briller tout l’éclat sur nos fronts en présence de l’ombre de la mort ? Et la mort du corps, qu’est-elle en comparaison de cette couronne de vie, et de l’assurance de n’être pas atteint par’ la seconde mort ? Si je pose la tête sur l’oreiller, pour m’en aller dans la gloire auprès du Seigneur, ou si, comme Étienne, j’y monte en tombant sous les coups des meurtriers, avec quelle mort ai-je affaire ? Ah ! ce n’est pas avec la seconde mort : Christ me tend la couronne de vie et me met à l’abri de la seconde mort.

 

«Il donnera un caillou blanc».

Christ donnera un nouveau nom, impénétrable à tous, sauf à Celui qui le donne et à celui qui le reçoit.

 

Entre Christ et moi dans la gloire, il y aura un secret auquel personne ne sera initié.

 

Christ, assis maintenant à la droite de Dieu, attend avec patience ; il fut une fois l’Homme de douleurs ; bientôt il nous comblera de sa joie : trois caractères dans lesquels nous trouvons Christ.

 

Ici-bas, de la crèche à la croix, il a été le méconnu, le méprisé, le rejeté du monde, l’Homme de douleurs, sachant ce que c’est que la langueur ; mais sa gloire n’en paraît que plus grande : nulle part comme à la croix nous ne contemplons une gloire aussi divine.

 

D’où cette croix m’a-t-elle tiré, moi, pécheur ? où m’a-t-elle conduit ? Et Lui, maintenant où est-il ? Lui dont la mort a eu des résultats si grands.

 

Il est à la droite de Dieu, l’Homme de patience attendant, depuis bientôt deux mille ans,le moment où il réunira les siens et paraîtra dans sa gloire.

 

De quoi est-il occupé, en attendant ? Ah ! s’il répondait, il nous dirait : «Je m’occupe de vous, j’entre dans toutes vos afflictions ; tournez vos regards vers moi, ouvrez-moi vos coeurs, dites-moi tout.

 

Comme un berger, je prends soin de mes brebis, je panse les plaies, je guéris les blessures et toutes les meurtrissures».

 

Elle est bien douce cette pensée, que Celui qui fut ici-bas vraiment l’Homme de douleurs, sera plus tard Celui qui répand abondance de joie, «l’Homme oint d’une huile de joie au-dessus de ses compagnons».

 

Cependant, les peines du temps présent nous font trouver de la douceur à penser à Lui comme à l’Homme de douleurs.

 

Mais nos peines, si grandes qu’elles soient, pouvons-nous en parler quand nous sommes en présence de Celui qui connût une douleur comme il n’y en eut jamais ? Elle meurt sur nos lèvres, cette voix de nos peines, et nous pensons à Celui qui souffrit tant pour nous.

 

Aimez-vous à penser qu’il n’y aura pas de visage plus beau, pas de coeur plus heureux et plus parfait dans son bonheur que le sien ? Rien ne sera pareil à sa beauté.

 

Il vous veut avec Lui.

 

Son nouveau nom sera écrit sur vous.

 

Éprouvez-vous de la fatigue en traversant le désert ? Prenez courage : «Encore très peu de temps, et ce moment sera là, auquel il écrira sur vous son nouveau nom».

 

Avez-vous besoin de consolation ? Pensez à la venue de Christ.

 

Il peut y avoir des lamentations le soir, mais il y aura de la joie une plénitude de joie au matin où nous le verrons comme il est... alors que nous Lui serons rendus semblables et que nous serons avec Lui pour toujours.

 

Comme Dieu, toute gloire lui appartient ; mais comme Dieu homme, une chose répondra aux parfaites affections de son coeur d’homme parfait : «J’annoncerai ton nom à mes frères».

 

Il est précieux de se trouver dans une relation vivante avec Christ.

 

Si nous dormons, il ne dort jamais ; si nous bronchons, il ne bronche jamais.

 

Nous découvrirons l’étendue de sa tendresse et de sa grâce ; mais pour tout ce qui touche à la gloire de Dieu, nous apprendrons comment il ouvre l’oreille pour nous y rendre attentifs.

 

Il ne nous appartient pas de décider ce que Christ doit vouloir de nous ; mais si en toutes choses nous marchons avec Lui, nos voies seront réglées sur les siennes.

 

Si nous écoutons le moi, nous allons au-devant des difficultés.

 

Rien ne rend capable de discerner entre ce qui est de la chair et ce qui est de l’Esprit, comme d’avoir l’oeil simple, l’oeil dirigé sur Christ seulement.

 

Lorsque tout sourit à nos âmes, notre pensée considère moins peut-être ce prix, cette sûreté de la grâce par laquelle rien ne peut nous séparer de l’amour de Christ ; mais s’il survenait une persécution et que nous vissions dresser le bûcher, quelle consolation pour nous de savoir que rien ne peut nous séparer de l’amour de Christ.

 

«Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive».

Près de Jésus, le coeur se remplit aussitôt de bonnes pensées ; d’autres coeurs fatigués s’approchent et sont rafraîchis, puis d’autres encore.

 

Les pensées que Christ donne sont un fleuve d’eaux vives qui se répandent au-dehors.

 

Cela ne fait-il pas tressaillir le coeur, de l’entendre dire : «Approchez, âmes altérées, je suis venu pour celles qui ont soif».

 

Que votre première pensée soit de vous désaltérer à la source : vous ne pouvez pas donner à d’autres avant d’avoir reçu pour vous-même.

 

Étant en Christ, membre de son corps, une grâce ce repose sur vous ; et vous êtes appelé à faire servir cette grâce qu’il accorde à chacun des saints.

 

Il y a, à cet égard, une responsabilité positive.

 

La plus petite portion de vérité reçue de Christ n’est pas pour vous seulement, mais doit être communiquée à d’autres.

 

Supposez qu’un chrétien malade et âgé vous dise : «Ne me plaignez pas : je suis à Christ, il est la porte du ciel pour mon âme» ; n’aimeriez-vous pas à causer avec cet homme, et ne jouiriez-vous pas de ses paroles ?

 

Si vous êtes en Christ, vous avez part aux vives eaux de sa grâce et vous recevez en abondance ; mais des vases fêlés ne contiennent pas d’eau.

 

Un vase sans fond peut être plein s’il est plongé dans la source.

 

Hors de Christ, nous sommes des vases fêlés et vides.

 

Qu’il est merveilleux de contempler Celui que nous adorons à la droite de Dieu, descendant, comme Homme, toujours plus bas jusqu’à ce qu’il ait pris dans sa main la coupe de la colère ; puis de le voir couronné de gloire et d’honneur, haut élevé par Dieu, parce qu’il était descendu si bas.

 

Quelle différence entre un homme qui marche dans les ténèbres, et un homme qui se tient dans la pleine lumière de la présence de Dieu, ayant Christ pour justice, et étant à Lui comme un membre de l’Église, son corps.

 

Ceux qui connaissant Christ, trouvent dans son amour une telle plénitude et une telle fraîcheur, que seulement de panser à Lui éveille toutes les affections.

 

Quand je découvre ce qu’il y a en Lui, je m’aperçois qu’on ne m’en avait pas dit la dixième partie.

 

Ayez les yeux fixés sur Christ dans le ciel, et vos voies seront celles d’un homme qui a une portion céleste.

 

Cette portion occupe-t-elle une place dans le coeur, on voit bientôt combien elle est belle et attrayante, surtout parce que Christ est là.

 

Si vous être occupé de Lui, vous éprouverez qu’une bénédiction se répand dans votre âme qui vous fait habiter le ciel.

 

Le ciel n’est pas éloigné, mais près.

 

Christ est là, votre bourgeoisie est là.

 

Christ est-il devant nos yeux accessible comme une source ouverte ?

 

Avoir le privilège de dire : «Tout ce qu’il est, tout ce qu’il possède est à moi», et ne pas se réjouir d’une joie ineffable et glorieuse, ce n’est pas possible.

 

Ah ! si votre coeur délaisse les choses terrestres, et si vous vous retirez avec Christ, vous trouverez des trésors, non seulement à son sujet, mais en Lui.

 

Êtes-vous heureux en pensant que Christ vous a saisi, et qu’il l’a fait, parce que dans le coeur il a un sentiment personnel envers vous ? Les premiers chrétiens connaissaient cette joie ineffable et glorieuse ; pourquoi nous serait-elle étrangère Oh ! que mon coeur soit occupé de Christ comme du seul objet de ma vie.

 

«Pour moi, vivre c’est Christ».

 

Quelle douce pensée pour moi, pauvre vase fragile, mais qui contient la semence incorruptible, de savoir que Christ veille pour me faire passer par-dessus toute difficulté et me rendre capable de vaincre.

 

La victoire, c’est celle de la foi dans le Christ de Dieu.

 

Dieu peut s’en remettre à Christ pour le secours qui nous sortira de toutes nos difficultés et de toutes nos détresses.

 

Le désert que nous traversons est jalonné des témoignages de sa miséricorde.

 

Là, est le chemin par lequel Dieu conduit chacun des croyants jusque dans son paradis ; et les fatigues de la route auront été le moyen d’une association plus étroite avec son Christ

 

Christ retrouvera dans la poussière de la terre les corps de ses saints délogés, afin de les ressusciter parfaits et glorieux, et de les introduire dans la maison du Père.

 

Combien cela change nos pensées et nos impressions au sujet des souffrances et des tristesses du moment, quand nous réfléchissons à la puissance et à la gloire de Christ qui seront manifestées en cet événement béni ! Merveilleuse pensée ! Christ vient effacer les traces que Satan a laissées sur la terre et y apporter le bonheur.

 

Christ est-il pour nos coeurs tout ce qu’il y a de plus précieux ? Est-il la source d’où découlent des fleuves d’eaux vives ? Est-il pour nos coeurs un point central d’attraction ? Dans le ciel, tout se concentre autour de Lui.

 

Pouvons-nous nous réjouir de ce qu’il est là ? de ce qu’il n’est plus dans ce désert ? À nous, membres de son corps, il appartient de partager sa félicité là-haut.

 

Éprouvons nous de la joie de savoir qu’il est dans la maison du Père ?

 

Pour le présent, je suis dans un monde où il n’y a de lumière que dans la face de Jésus Christ.

 

Ma bourgeoisie est dans le ciel ; même dès à présent, je suis ressuscité en Celui qui bientôt transformera mon corps et le rendra semblable à son corps glorieux.

 

Je puis donc aussi me réjouir en Lui de ce qu’il est le garant du bonheur qui m’attend.

 

Quelle scène, quel déploiement de puissance, quand le Christ transformera nos corps ! Rien de semblable n’a encore été vu.

 

Nous n’attendrons pas que Christ descende sur la terre, nous irons à sa rencontre en l’air, et plus tard nous reviendrons avec Lui.

 

Christ fera de ce monde la scène sur laquelle il manifestera son pouvoir.

 

Sachons attendre la venue du Seigneur ; notre joie y gagnera.

 

Christ est l’objet des pensées de Dieu.

 

S’il n’est pas le seul objet de mon coeur, mon oeil n’est pas simple.

 

Que mes regards soient fixés sur Christ, le Seigneur, alors mon oeil sera simple.

 

Après que le Saint Esprit eut été envoyé sur la terre, un seul désir animait tous les coeurs, celui de voir le Seigneur Jésus ; on n’avait qu’une seule pensée : attendre du ciel le Fils de Dieu.

Mais ce désir fervent, cette préoccupation du coeur se sont perdus.

Aujourd’hui, l’indifférence est partout.

Mais Dieu s’occupe de ramener les coeurs à cette espérance vivante.

 

Dieu ne connaît qu’un Christ glorifié ; il nous voit en Celui qui est assis à sa droite, chef de l’Église, son corps ; et il agit envers nous maintenant en vue de Christ.

 

Être reçus dans le ciel comme inséparablement unis à Christ, quelle grâce ! Toute gloire est à Christ ; mais quel bonheur de savoir que c’est en Lui et par Lui que Dieu nous bénit !

 

Dieu attend que nous marchions comme un peuple céleste, et cette attente est fondée, parce que Dieu a fait de nous un peuple céleste.

 

Nous sommes en Christ qui est à sa droite, unis à Lui d’une union indissoluble, et ressuscités avec Lui.

Vivons dans cette sphère.

Tenons-nous au-dessus des choses d’ici-bas.

 

Nous ne devons pas affaiblir ce que Dieu a fait ; et en déplorant nos manquements, demandons-lui la puissance et la grâce de marcher comme ses témoins, comme un peuple céleste.

 

Il peut y avoir des expériences tristes : elles servent dans les mains de Dieu à ramener ses enfants, à leur faire rebrousser chemin, et reprendre leur route dans la bonne direction.

 

Elles leur montrent de nouveau le point de départ : «morts, ensevelis et ressuscités avec Christ».

 

Dieu souvent ramène nos coeurs en arrière pour que nous jugions où nous en sommes.

 

Il veut que nous soyons de vrais témoins sur la terre.

 

Ah ! si nous avions plus de communion avec Christ, nous aurions, devant Dieu, conscience de bien des choses humiliantes.

 

Je ne parle pas de notre acceptation, car en ce cas il n’y a que joie et assurance ; mais nous, enfants de Dieu, nous, membres du corps de Christ, nous avons un témoignage à rendre sur la terre.

 

Le croyant passe par le désert pour entrer dans la gloire ; son âme est en communion avec Christ dans la lumière, et il possède en Lui toute bénédiction ; mais s’agit-il de l’opposition de Satan et du monde, il est dit : «Ne craignez point».

 

Que Dieu nous rende capables de comprendre pourquoi il y a une fournaise pour nous montrer ce que nous sommes.

C’est humiliant.

Toutefois, si Dieu se sert de la chair (parce que nous avons marché par la chair), pour nous humilier et nous faire découvrir ce que nous sommes, c’est salutaire et nous dirons avec Job : «Je suis un homme vil».

 

Ô mon Dieu, continue de me le faire comprendre, fais-moi voir ce que je suis, mais que ce soit avec Toi, dans ta présence.

 

Quand nous serons dans le ciel, éprouverons-nous le besoin de parler du moi ? Je ne le crois pas.

 

Je sais que, lorsque Christ remplit nos coeurs, nous ne pouvons parler que de Lui.

 

Déjà, quand nous sommes affligés et qu’on nous parle du monde, cela nous ennuie ; tandis que si l’on nous parle de Christ, nous voilà restaurés.

 

Pourquoi tant parler du moi maintenant ? Pourquoi être si préoccupés de nous ? Pourquoi si peu occupés de Christ ? Oh ! que la pensée d’un Christ présent remplisse nos âmes, et devienne l’aliment de nos communications fraternelles et de notre joie commune.

 

La joie peut-elle faire défaut ? Non : Christ est mort pour nous.

 

La gloire le peut-elle ? Oh ! non : nous sommes un avec Christ, à la droite de Dieu.

 

Lors même que nous donnons à Christ une grande place, nous oublions souvent qu’on doit être occupé de Christ seul, non du moi.

 

Si nous pensons à Christ, que deviennent nos pensées, nos arrangements, nos projets ? Nous pouvons donner une grande place à Christ, et peut-être ne pas discerner que notre activité Lui est opposée.

 

Étant vivifiés, nous devons nous attendre à mourir chaque jour ; et nos projets, et notre activité humaine doivent aussi mourir.

 

En quoi notre activité a-t-elle affaire avec Christ ?

 

L’activité humaine nous met en rapport avec ce qui est autour de nous ; elle ne nous conduit pas à Christ.

 

Dés que nous connaissons Christ, nous avons à le suivre.

 

Il nous trace un chemin qui ne laisse de retraite nulle part : il nous place d’emblée par la foi, dans une association présente avec Lui.

 

Si vous et moi, nous partions demain, pleins de foi dans la puissance du Saint Esprit, occupés de Christ comme le voyant réellement, qu’est-ce qui nous resterait du moi ? Nous suivrions Christ comme une petite barque remorquée par une grande ; notre communion, notre joie, notre gloire seraient toutes en Lui.

 

Que la grâce nous soit donnée de le suivre et de le servir, de le confesser hautement, puisque le privilège de nous réclamer de son nom nous appartient.

 

Qu’il nous soit donné de marcher ici-bas en harmonie avec la bienheureuse position qu’il nous a faite.

 

Tant qu’on ne connaît pas la valeur de la mort et de la résurrection, on sait peu de chose de l’Homme oint ; la mort nous conduit à Lui ; la résurrection nous rassemble et nous associe à Lui.

 

Matthieu 11, 27.

Christ éprouvait de l’isolement : cela convenait à sa gloire divine ; il en avait la conscience : «Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père».

 

«Je sais qui je suis».

Une certaine solitude lui appartient.

 

Il n’y a qu’un seul Messie, qu’un seul Fils, et Christ le savait.

 

Jamais il ne perd de vue qui il est, ni n’agit au-dessous de ce qui convient au Fils unique du Père.

 

Il dit encore : «Personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler».

 

Qui pouvait révéler le Père, si ce n’est le Fils ? La gloire de Christ et la béatitude de la connaissance du Père, paraissent en ceci qu’il n’appartient qu’au Fils de révéler le Père.

 

Il faisait connaître le Père à qui il voulait : telle était sa prérogative.

 

Il est quelqu’un dont les hommes n’ont pas voulu.

 

Cet Homme se présentait comme le Fils du Père.

 

Il avait la conscience que l’amour du Père rayonnait sur Lui.

 

Il disait : «Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos».

 

Seul, il pouvait donner le repos, car Lui seul en avait le secret.

 

En effet, s’il y avait en Lui cette plénitude inépuisable et divine, à qui ne pouvait-il donner le repos ? à qui ne l’aurait-il pas donné Mais ce qui paraît ici, c’est moins le détail de nos peines que les soins u Seigneur pour les siens, pour chacun individuellement.

 

Quand ses yeux sont sur quelqu’un, fût-ce même sur un enfant qui n’aurait pas encore la conscience d’une souffrance, Jésus le voit, et il connaît toutes ses petites luttes avec la vie.

 

Il connaît aussi le poids qui oppresse un coeur ; il voit tout ce qui est contre nous.

 

Si je suis comme un navire surpris par la tourmente, Christ me dit : «Venez à moi... et moi, je vous donnerai le repos».

 

Comment douter de cette parole ? Est-il quelque chose au-delà du pouvoir de Christ ?

 

Non, et c’est dans ce pouvoir précisément qu’est l’essence de l’Evangile.

 

Reconnaître Christ comme Celui qui peut donner le repos, est autre chose que de marcher avec Lui, en portant son joug de telle manière que nous goûtons le repos quand tout est contre nous.

 

Oui, il y a du repos à marcher avec Lui en toutes choses, à dire : «Ma seule affaire, c’est de plaire à mon maître, de le servir».

 

On garde ainsi un coeur serein, et quoi qu’il arrive, on peut toujours dire : Je te rends grâces, ô Père».

 

Hélas ! c’est trop rarement le cas pour nous.

 

Nous avons nos arrangements, nous choisissons nos voies, et nous n’aimons pas que Christ se mette en travers et nous replace sous le joug.

 

Lui veut que sa lumière nous éclaire, qu’elle manifeste tout ce qui est en nous, et que nous marchions dans cette lumière.

 

Sous son joug, il n’y a pas de place pour la propre volonté.

 

Si Christ m’a donné le repos et m’a placé sous son joug, il ne me laissera pas suivre mon propre chemin.

 

Il veut que je suive le sien.

 

Christ a servi comme le parfait serviteur de Dieu : dépendance entière, communion avec le Père jamais interrompue, tout montrait en Lui le serviteur qui n’eut pas d’égal.

 

Il ne connût jamais le brisement de la volonté, car il n’avait pas d’autre volonté que celle du Père.

 

Nous avons une volonté qui doit être constamment brisée, parce qu’elle ne veut pas se plier.

 

Il est bien sérieux que nous ne sachions pas soumettre notre volonté à celle de Dieu.

 

C’est la propre volonté contrariée qui a toujours été pour nous la cause des plus amères souffrances : «Je ne veux pas faire ceci, je n’aime pas à faire cela ; je dois aller de ce côté et j’aimerais mieux aller ailleurs».

 

Ah ! c’est par ce brisement même que j’ai appris ce qu’est ma volonté.

 

Élie Pierre, Paul n’ont point cherché à se soustraire aux blessures du joug ; ils étaient avec Christ et devaient marcher où il a marché.

 

Pierre fut appelé à la fin à recevoir la couronne du martyre.

 

Si nous allons de bon coeur où Christ nous conduit, en mettant nos soins à apprendre de Lui et en voyant «Dieu notre Père» en tout ce qui arrive, tout sera facile.

 

Christ dit : «Je suis débonnaire et humble de coeur».

 

Où apprenons-nous mieux cette humilité et cette débonnaireté de Christ qu’en marchant avec Lui sous son joug ? Quelle douceur il a montrée ! Quelle patience, quel long support ! Il est facile de nous rappeler telles occasions où notre ami le plus tendre en aurait fini avec nous pour toujours.

 

Christ ne se lasse point, ne se détourne point de nous, lors même qu’il trouve en nous si peu pour Lui ; mais du ciel où il est maintenant, il poursuit patiemment son dessein d’amour à notre égard.

 

D’une part, il pouvait dire : «Nul ne me connaît, sinon le Père» ; de l’autre, il se tourne vers des êtres chétifs comme vous et moi et nous dit : «Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi».

 

Si nous savions imposer silence à notre volonté, nous aurions du repos en toutes circonstances.

 

Marchons comme Christ a marché, et nous trouverons Dieu notre Père en tout : privations, tentations, difficultés, en toutes ces choses nous verrons Dieu.

 

Se soumettre à la parole ; dire : «il est écrit», rend doux ce qui est le plus amer.

 

Où sont nos pensées ? Sont-elles occupées du monde, ou marchons-nous paisiblement vers le ciel, occupés de Celui que l’amour ne veut pas perdre de vue ? Si Christ est devant nos yeux, combien vite ces choses qui nous inquiètent ou tendent à nous troubler, disparaissent.

 

Et si nous n’avons pas Christ, que nous reste-t-il ?

 

Nos sources, durant tout le chemin, sont en Christ ; nous ne trouvons rien hors de Lui.

 

Celui qui a parlé comme jamais homme ne parla, est Celui dont la parole demeure à toujours.

 

Ô Seigneur ! ton amour est ma portion ; j’entrerai dans la maison du Père, pour être avec toi, là où ton amour sera déployé dans sa plénitude !

 

Christ glorifié dans la présence de Dieu est le fondement même de ma paix.

 

Je le connais comme Celui qui a porté mes péchés en son corps sur le bois, qui m’a révélé l’amour de Dieu, et je suis en relation avec Lui comme avec l’Homme de douleurs, qui est descendu dans le sépulcre, qui est ressuscité et qui vit à jamais à la droite de Dieu.

 

Là, est notre place en Lui devant Dieu.

 

Cette grâce ne varie jamais.

 

Mais quelle appréciation un pauvre pécheur peut-il faire du prix inestimable du sang de Christ ?

 

Ah ! quand nous serons entrés auprès de Lui, quand nous aurons vu la maison du Père et savourons ses joies, nous saurons quelque chose de ce sang précieux.

 

Et nous reconnaîtrons encore que nos joies en haut procèdent de la même source, reposent sur le même fondement que celles que nous avons goûtées ici-bas, lorsqu’il nous conduisait à travers le désert.

 

Quelles paroles bénies entendrons-nous dans le ciel ? «Digne est l’Agneau» ; «le sang de l’Agneau» ! Et nous serons là, introduits en vertu du sang de cet Agneau qui nous a purifiés.

 

Combien le péché doit être affreux, qu’il ait fallu l’effusion du sang du Fils de Dieu pour en effacer la tache !

 

Nul n’est plus haut que Jésus, et nul ne s’est abaissé aussi profondément.

 

Seul, le Très-Haut pouvait mesurer l’étendue du péché dans la créature, et descendre assez bas pour l’annuler.

 

Jean 17, 2.

Il y a dans ces paroles du Seigneur quelque chose qui pénètre le coeur et le porte à l’adoration.

 

Jésus reçoit du Père une autorité, mais s’il la désire, c’est pour donner la vie éternelle, afin que le Père soit glorifié.

 

Il peut jeter sur nous un regard satisfait et se dire : «J’ai glorifié le Père dans ces personnes : je leur ai donné la vie éternelle».

 

La souffrance qui était devant Lui, en allant à la croix, ne changeait point son désir de glorifier Dieu, de donner la vie.

 

Précieuse bénédiction que cette autorité que le Fils a reçue du Père.

 

Il en use pour nous vivifier et nous donner une place avec Lui.

 

Dieu n’oublie pas ce que son Fils a souffert pour nous amener là, et Christ n’oublie aucun de celui que le Père Lui a donnés : pas un ne manquera.

 

Notre vie est en Lui ; et quelque chose que nous ayons à rencontrer ici-bas, cette vie est incorruptible et immuable.

 

Le vase qui la contient peut être endommagé, mais la vie est préservée, elle est éternelle

 

Les anges, en voyant la puissance du Créateur déployée dans la beauté du jardin d’Eden, auraient-ils pensé que Celui qui manifestait cette splendeur et cette magnificence, serait cloué à une croix, sur cette même terre, comme un malfaiteur ?

 

Auraient-ils pensé encore qu’un second Adam, après avoir été couché dans le sépulcre, ressusciterait et monterait au ciel s’asseoir à la droite de Dieu ?

 

Rien autant que la lumière de la croix ne montre ce qu’est l’homme.

 

Après la mort de Jésus, quand la lumière du ciel éclaira une cité de meurtriers, Dieu pouvait dire : «Voilà ce qu’est l’homme»

Mais cet abîme d’iniquités dans lequel l’homme est plongé, Dieu l’a sondé, et il y est descendu par la croix pour en délivrer sa créature, parce qu’il est riche en miséricorde.

 

La vie d’Adam, dans le jardin d’Eden, n’était pas une vie au-delà du tombeau ; ce n’était pas la vie par laquelle le second Homme, le Seigneur du ciel, monta où il était auparavant.

 

Christ, comme Fils de l’Homme, pouvait mourir et il mourut ; mais s’il laissa sa vie, il la reprit, et c’est cette vie que nous recevons de Lui.

 

Le Christ opérait ses oeuvres en vue du Père : toujours il regardait vers Lui d’un coeur qui était à l’unisson de sa pensée.

 

Les oeuvres que nous avons à faire comme peuple de Dieu, doivent aussi découler de la pensée de Dieu connue.

 

Désirons nous savoir ce qui n’est pas «digne de Lui», demandons-nous si le Fils de Dieu, sur la terre, aurait fait telle chose ? Que nos oeuvres aient ce motif : «Voilà ce que j’ai à faire, parce que j’appartiens à Dieu».

 

Celui qui possède la vie de Christ produira des fruits acceptés de Dieu.

 

Il est important de juger nos oeuvres, et de nous assurer qu’elles conviennent à Dieu.

 

Dieu nous a révélé Christ.

 

Quoi de plus heureux que cette grâce, par laquelle la pleine lumière de la face du Seigneur brille dans notre âme et la remplit de bonheur.

 

Le Saint Esprit en nous entretient notre communion dans la jouissance de cette grâce.

 

Quoique nous soyons dans le désert et que ce trésor soit dans un vase de terre, nous n’en sommes pas moins riches.

 

Dieu ne connaît rien de plus beau que Christ.

 

Il voudrait que nos regards fussent constamment fixés sur Celui dont la présence fait ses délices.

 

Indicible faveur que la splendeur de la face du Seigneur ait pénétré dans nos âmes mais sérieuse responsabilité.

 

Nous avons à briller comme des luminaires portant la Parole de vie.

 

Le Christ que nous contemplons à face découverte, a resplendi de sa lumière sur nous, pour qu’elle brille au-dehors par nous.

 

La lumière à manifester est entièrement dans le Seigneur Jésus Christ.

 

Sommes-nous occupés de nous-mêmes, point de reflet de sa lumière.

 

Quand nous pensons à notre responsabilité, nous sentons que nous sommes laissés ici-bas pour être les témoins du Seigneur, et nous éprouvons le besoin d’être encouragés.

 

Dès qu’il viendra, toute la terre sera remplie de sa gloire ; nous devons attendre ce moment.

 

Notre position est celle d’étrangers et de voyageurs qui, en passant sur la terre, répandent la lumière de Christ.

 

Quand il viendra, il donnera une gloire excellente.

 

Quelle douceur dans la pensée que le Seigneur se sert de nous ici-bas pour faire luire sa lumière et servir ses desseins, car il veut qu’il y ait une lumière sur la terre pendant son absence.

 

À sa venue, vous aurez, outre la joie de son royaume, l’heureux souvenir de l’avoir servi ici-bas dans le désert.

 

Lorsqu’il vous a donné cette part de service, il savait bien qu’il la plaçait dans un vase de terre.

 

Plus nous serons faibles et chétifs, plus nous aurons le sentiment de la puissance de Christ.

 

Bientôt nous serons avec Lui dans le ciel.

 

L’intention de Dieu n’a pas été de nous rendre heureux loin de Christ ; mais il a voulu qu’avant d’entrer dans le repos, nous fussions ses témoins sur la terre et que nous fissions luire la lumière de sa connaissance.

 

Je suis peut-être un bien mauvais réflecteur, moi pauvre et faible.

 «N’importe, me dit le Seigneur, va de l’avant, la puissance vient de moi ; fais briller la lumière, pendant qu’il est temps, le jour approche».

Le matin sans nuages découvrira à nos yeux la lumière où Christ est maintenant.

 

Pour le présent, nous traversons les ténèbres de ce monde, mais éclairés par l’étoile brillante du matin, qui s’est levée dans nos coeurs.

 

Nous marchons vers ce qui est au-delà ; nous allons au-devant de Christ, l’étoile brillante du matin.

 

Bientôt nous le verrons.

 

Il nous réunira et nous conduira dans la maison du Père avant que vienne ce moment où le soleil se lèvera en justice contre ses ennemis.

 

Êtes-vous de ceux qui lui disent : «Viens, Seigneur Jésus» ? Désirez-vous qu’il vienne ? Est-ce une pensée constante de votre coeur ? L’attendre ! cela nous élève au-dessus des choses de ce monde.

 

Christ est maintenant dans le ciel, assis à la droite de Dieu et revêtu de tout pouvoir.

 

Il le montrera, ce pouvoir, en son jour.

 

Maintenant, il exerce le pouvoir de sa grâce, comme vainqueur de la mort, pour réunir son Église.

 

Plus haut que les agitations dans lesquelles se meuvent les hommes, il a la haute main sur ce monde ; et par ses soins, en dépit de Satan, il y a ici-bas un peuple qui le connaît, qui le sert et qui confesse son nom.

 

C’est Lui qui a formé Paul ; et nous voyons dans le tableau que présentent les sept églises, qu’il a tout pris en main.

 

Il met Lui-même ses serviteurs à l’oeuvre et les soutient dans leurs travaux.

 

Satan ne peut rien contre Lui ; et si une action est laissée à l’Adversaire, c’est toujours en subordination à Dieu qui gouverne tout.

 

«Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?» Cette parole renferme une consolation immense.

 

Ce n’est pas un manque de puissance qui retient Christ en haut.

 

Celui qui viendra avec une grande puissance, accompagné de tous ses anges, a été vu sur la terre dans la condition d’un étranger, allant de lieu en lieu.

 

Il connaît toutes nos peines ; son coeur sympathise à toutes nos afflictions.

 

Il a toujours les yeux dirigés sur nous en grâce.

 

Sommes-nous abattus, il nous dit : «Je sais que tu es faible, mais pense à ma force».

 

Qui a connu ce qu’est le désert comme Christ ? Qui l’a parcouru buvant du torrent dans le chemin ? (Ps. 110).

 

L’Homme de douleurs sait nous encourager par la puissance de sa sympathie.

 

Jamais il n’oublie les siens.

 

Dieu est occupé avec Christ d’un peuple ici-bas qu’il prépare pour Lui ; la puissance du ciel est à l’oeuvre sur la terre : le Saint Esprit est descendu.

 

Si vous voulez posséder Christ et le monde, il n’y aura pour vous ni service, ni joie.

 

Et si vous êtes sauvé, ce sera comme «au travers du feu».

 

Il est quelqu’un, à la droite de Dieu, qui est revêtu de la toute-puissance ; c’est Celui qui mourut sur la croix.

 

Une religion humaine ne donne jamais à la croix la place que Dieu lui a faite.

 

Que de gens s’en vont, année après année, sans avoir jamais regardé le Calvaire, ni pensé que là est la fin de toute la gloire de ce monde.

 

La seule chose en laquelle je puis me glorifier, c’est la croix de Christ.

 

Qu’y a-t-il dans cette croix pour que je m’en glorifie ? Elle est la croix du Seigneur Jésus Christ.

 

Sans elle, j’aurais été éternellement perdu.

 

Le coeur se serre à la pensée que la mort est le châtiment du péché : quelle autre chose aurait pu rendre la croix plus terrible ? Mais quand je me transporte au Calvaire, quand au travers des ténèbres qui sont là, je pénètre jusqu’à la croix, je vois de quel éclat elle brille, et je comprends que je peux me glorifier en la croix de Celui qui mourut pour glorifier Dieu et pour me sauver.

 

Sur la croix, je lis l’abolition de mes péchés, et c’est ce qui donne à mon coeur la liberté de se glorifier en elle.

 

Dieu a montré sa sagesse et sa puissance, non seulement dans les résultats de la croix, mais dans la croix elle-même ! La création de nouveaux cieux et d’une terre nouvelle témoigne moins de sa sagesse et de sa puissance que la croix.

 

Qui est Celui que nous voyons attaché à la croix ?

 

C’est Celui qui réunit dans sa personne la plénitude de la déité, le Tout-Puissant.

 

Lui, Dieu, a été manifesté en chair, et il s’est trouvé sur une croix entre deux brigands.

 

Les clous pouvaient-ils le retenir ? Non.

 

Si le Christ était là par l’acte de l’homme, il y était aussi par la volonté de Dieu.

 

Quelque chose de plus fort que les liens et les chaînes le retenait à la croix : «Voici je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté !» Le fils était devenu serviteur.

 

Celui par qui Dieu créa toutes choses, et qui avait la puissance de tout réduire à néant, était là, lié, enchaîné, comme un esclave, mais accomplissant la volonté de Dieu pour laquelle il était venu.

 

Abaissé jusqu’à la mort, il remet à Dieu son esprit dans une obéissance parfaite.

 

Où la puissance de Dieu paraît-elle autant que là ? la croix, brille une gloire morale qui éclipse toute autre.

 

Telle est la croix où le Christ s’abandonna lui-même avec toutes choses entre les mains de Dieu, pour tout faire tourner à sa gloire.

 

Dieu seul a le droit de faire ce qu’il lui plaît.

 

Il avait un Fils sur lequel il avait concentré tous ses desseins, et duquel il pouvait dire : «Il fait toutes mes délices».

 

Il a convenu à Dieu de faire tomber sur ce Fils les coups de son indignation contre le péché.

 

Qui osera dire à Dieu : «Que fais-tu ?» S’il avait un dessein dans lequel son Fils entrait, il a eu besoin de la coopération de ce Fils pour l’exécuter.

 

La mort existe à cause du péché.

 

Satan a le pouvoir de la mort sous le contrôle de l’autorité de Dieu ; mais Dieu a envoyé son Fils qui a brisé complètement ce pouvoir dans les mains de Satan.

 

Que ceux qui refusent de profiter de cette victoire du Fils de Dieu, soient encore moissonnés par la faux du destructeur, hélas ! c’est le cas de multitudes ! Que peuvent-elles contre lui ? Mais pour ceux qui sont de Christ, si la mort s’approche d’eux au terme de leur course, elle n’a point pour eux une saveur de mort.

 

«Absents du corps, présents avec le Seigneur», voilà tout ce qu’est la mort pour eux.

 

Satan fait son oeuvre en détruisant le corps, mais cela il n’a pu le faire à l’égard de Christ.

 

Le Prince de la vie, Celui qui avait le pouvoir de laisser sa vie et le pouvoir de la reprendre, l’a donnée librement ; et sa mort a enlevé des mains de Satan le pouvoir de la mort.

 

Merveilleuse sagesse de Dieu manifestée à la croix : Satan est vaincu !

 

La puissance de la croix vient à mon secours en toutes choses.

 

En présence de la croix, je sens ma profonde misère ; mais j’apprends que Christ est mort, parce que j’étais cette misérable créature.

 

Dans la mort de Christ, la sainteté de Dieu a brillé dans tout son sévère éclat : tous les attributs de Dieu y trouvent une éclatante manifestation.

 

Satan avait-il précipité l’homme loin de Dieu, l’avait-il mis dans une position où tout bonheur était perdu ? voici le second Adam qui prend tout en main, mais qui, pour ramener l’homme à Dieu et lui rendre la bénédiction, est cloué sur une croix.

 

Ah ! la croix de Christ ! elle flétrit entièrement l’orgueil de l’homme ; mais on l’apprécie quand on est amené par la lutte jusqu’aux portes de la mort.

 

J’en sais quelque chose : des semaines ont passé sur mon âme sans que j’aie pu trouver de repos, uniquement parce que je voulais faire quelque chose moi-même quand Christ avait tout fait.

 

La paix me fut donnée par la croix, quand Dieu me dit : «Mon Fils a porté tes péchés en son corps sur le bois».

 

Je compris alors que le Sauveur avait souffert pour moi, il y a près de dix-neuf cents ans, et que ma détestable volonté seule m’empêchait de trouver la paix en Lui.

 

Les souffrances de Christ qui ôtaient le péché n’étaient pas celles qui Lui venaient de la part des hommes ; ce n’étaient pas les clous à ses pieds et à ses mains, ni le coup de lance ; - c’étaient des souffrances plus profondes, c’était la colère de Dieu s’appesantissant sur Lui durant ces heures où les ténèbres enveloppaient la croix, alors que Celui qui était cloué sur cette croix s’écriait : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» - La croix a été un moment unique, qui reste seul au milieu de tout ce qui s’est passé sur la terre ; mais le mémorial en est dans le ciel : à la droite de Dieu, se tient l’Agneau qui a été immolé.

 

En vertu de la croix, nous entrerons dans le ciel avec une assurance entière, la face resplendissante de bonheur.

 

Qu’elle nous suffise sur la terre.

 

Que Dieu nous donne de trouver en elle l’objet de nos pensées, le repos de nos âmes et notre gloire ; - qu’il nous garde de vouloir dans ce monde autre chose que la croix.

 

La croix m’a séparé du monde qui a crucifié mon Seigneur.

 

Nous sommes crucifiés au monde, et cela a sa réalité dans notre communion avec la croix de Christ avec Christ crucifié.

 

La croix intervient en tout dans nos expériences journalières.

 

Comment un chrétien acceptera-t-il la vieillesse ? Comment supporterons-nous d’être mis de côté, n’ayant plus de force ? Par la croix.

 

Comment devant les difficultés, être gardé dans une tranquillité parfaite ? Encore par la croix.

 

Comment tenir la chair en sujétion, si le vieil homme ne s’améliore jamais ? En portant la croix.

 

Pourrait-on s’accorder avec le mal, quand à cause de lui le Seigneur a été crucifié ?

 

Nous remarquons dans la vie de Jésus, lorsqu’il était sur la terre, qu’il y avait pour Lui bien des sujets d’affliction, et d’une affliction croissante : une douleur succédant à l’autre, jusqu’au dénouement sur le Calvaire.

 

Il a souffert pour le témoignage de Dieu : quiconque est pour Dieu est sûr de souffrir dans ce monde.

 

Il a aussi éprouvé des souffrances en sympathie, comme au sépulcre de Lazare, et selon cette grâce qu’il manifestait dans le monde.

 

Mais à la fin, il a souffert pour la grâce elle-même : il ne se délivrait pas lui-même.

 

Il aurait pu appeler des légions d’anges, mais comment la grâce aurait-elle eu son cours ? Il garde le silence et prie pour ses meurtriers.

 

Ici, nous le trouvons dans cette passe particulière de la souffrance dans laquelle devait se résoudre le problème qui n’avait reçu aucune solution jusque-là, et qui paraissait n’en comporter aucune : «Comment Dieu et le pécheur pourraient-ils se rencontrer ?» Où Dieu trouverait-il celui qui maintiendrait la gloire divine, en même temps que la miséricorde envers un être plongé dans le péché et ennemi de Dieu ? En Christ, il a trouvé Celui en qui le péché pouvait être rencontré par le jugement dans la mesure de ce qu’il est devant Dieu.

 

Christ a pris la coupe de la main de Dieu ; il a connu cette heure de l’abandon de Dieu, et a reçu à la croix le coup de cette «épée» qui devait se réveiller contre Lui.

 

Son agonie en Gethsémané était une anticipation du moment où l’épée sortirait du fourreau.

 

Mais nous trouvons à la croix ce qui n’a jamais été vu, ni avant, ni après : Dieu voilant sa face au juste.

 

Et cela, parce qu’il ne se pouvait pas qu’il accordât un regard à un être portant le péché.

 

Je vois à la croix l’estimation que Dieu fait du péché quand il paraît dans sa présence.

 

Le Fils de son amour, une fois le péché mis sur sa tête, a dû supporter l’indignation de Dieu contre le péché.

 

Il était seul portant ce fardeau, seul sous le poids de la colère.

 

Durant sa vie, il était l’homme de douleurs, mais il avait Dieu avec Lui.

 

À la croix, c’était autre chose : il éprouvait l’éloignement de Dieu, et il exprime sa douleur quand il dit : «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?»

 

Et ce cri demeura sans réponse ; aucun rayon de la face de Dieu ne vint briller sur le Fils de son amour.

 

L’homme s’évertue à tenir le péché caché à Dieu, mais Christ l’a porté directement dans sa présence.

 

Je puis me faire une idée d’une grande affliction dans laquelle se trouverait la créature ; mais pourrai-je mesurer l’étendue des souffrances de Christ à la croix ? Qui les dira ? Comment mesurer l’infini de ce qui s’est passé à la croix : «Dieu, manifesté en chair», vu dans une telle situation ? Pas un rayon de lumière, pas le plus petit témoignage d’intérêt ; moins que cela : de l’indignation contre le péché.

 

Le Christ, parfait durant sa vie, ne fut jamais si grand qu’à la croix.

 

Sa confiance et ses sentiments demeurèrent dans toute leur intégrité.

 

Il pouvait dire : «Tu es saint, toi qui habites au milieu des louanges d’Israël».

 

Que s’est-il passé dans le coeur de Dieu, lorsqu’il dut se détourner de Celui qui seul devant Lui était parfait ?

 

Si je comprends ce que Christ a été pour moi sur la croix, je connais que je n’ai plus de péché devant Dieu.

 

Le jugement, eussé-je dû le rencontrer, m’aurait anéanti ou précipité dans les flammes éternelles, et voici que je puis me tenir dans la présence de Dieu en paix et heureux, comme un homme dont le péché n’existe plus, un homme qui a Christ pour Sauveur et Dieu pour lui.

 

Pouvoir dire «Je suis le salaire de Christ, je suis son partage», illumine toutes choses pour nous.

 

Il faudrait une foi plus simple en Celui qui est ressuscité, qui est maintenant assis à la droite de Dieu – en Celui qui porte les siens sur son coeur, et qui sympathise à toutes leurs difficultés dans le désert.

 

S’il manque cet aliment à votre foi, vous succomberez à la peine.

 

Nous retenons aussi parfois des choses qui ne peuvent pas entrer avec nous dans la gloire.

 

Il faudra qu’elles tombent.

 

Christ saura nous en délivrer.

 

Comment se fait-il que nous Lui laissions le soin de nos âmes et de notre avenir éternel, et non celui des choses de la vie présente ?

 

N’y a-t-il pas dans le ciel assez de lumière pour répandre ses rayons sur le coin du désert que j’ai à traverser, et éclairer ce qui reste à ajouter aux soixante-dix années de ma vie ? Oui, la lumière luit sur mon chemin, la vie éternelle que je possède est une chose effective.

 

La gloire est future, mais la vie de Christ en moi me relie à la lumière d’en haut maintenant.

 

Pendant que nous cheminons dans le désert, la vie éternelle remplit nos âmes, et le Saint Esprit nous annonce ce qui est de Dieu et de Christ.

 

Quelle immense chose, et qui touche à la gloire divine du Seigneur, qu’il ait été mon substitut ! L’Homme devant qui tout genou se ploiera, devant qui paraîtront toutes ces multitudes au jour du jugement, cet homme est mon substitut !

 

Comment m’abaisser assez bas, où trouver des mots pour exprimer ce que je sens, à la pensée que cet homme-là a pris ma place et a porté le jugement que je méritais ! Non seulement il a été mon substitut, mais il est aussi la source de ma vie ; et en Lui je suis adopté, et devenu un fils de Dieu.

 

De plus, il a fait de moi son serviteur, et comme tel, j’ai part à ses souffrances.

 

Si insignifiant que soit notre service, c’est en l’accomplissant que nous avons communion avec les souffrances de Christ.

 

Si vous traversez ce monde comme un enfant de Dieu, le coeur occupé des souffrances de Christ, et acceptant d’y avoir part dans une petite mesure, vous verrez qu’elles vous deviendront très précieuses ; ce sera pour vous une douceur d’éprouver que telle que fut la vie de Christ ici-bas, telle est celle de son disciple.

 

N’attendons pas de trouver un chemin plus uni que celui dans lequel marcha le Seigneur.

 

Notre faiblesse ne supporterait pas la millième partie de ce qu’il a souffert, mais dans notre petite mesure, nous pourrons le suivre et goûter à sa coupe d’affliction.

 

Quand je vois Christ, le Fils de Dieu, devenir homme pour souffrir tout ce qu’il a souffert ici bas, et quand je le vois, après avoir tout accompli, retourner auprès de Dieu, mon coeur se fond d’étonnement et d’adoration.

 

Quelle révélation de Dieu dans ce Nazaréen ! Pourrais-je connaître Christ et ne pas connaître Dieu ?

 

Et quand encore je le crois, attendre plus de dix-neuf cents ans pour rassembler des pécheurs sauvés et les introduire ensuite dans la maison du Père, je trouve cela merveilleux de patience et d’amour.

 

Mon coeur est transporté à la vue de tout ce que Christ fait.

 

Il y a dans la pensée de Dieu une étroite union entre les croyants et Christ.

 

Quand il aura quitté le trône de son Père, les siens seront vus assis avec Lui sur son trône, et seront reconnus comme Christ le sera.

 

Dieu montrera son bon plaisir en ce que Christ s’est acquis un peuple céleste au prix de son sang.

 

La maison du Père est préparée pour eux ; ils y seront chez eux comme Christ.

 

Ainsi que sur la terre, les disciples suivaient Jésus partout où il allait, nous serons avec Lui toujours, quand il sera venu.

 

Ne trouvez-vous rien à admirer en Celui qui a donné sa vie pour vous ? Ne désirez-vous pas Lui être semblable ? N’est-il pas le modèle sur lequel vos yeux se portent sans cesse ? Combien nous devrions désirer de Lui ressembler, d’avoir le coeur rempli de sa pensée ! J’ai Christ dans le ciel, et mon désir est de vivre en toutes choses dans un même esprit avec Lui, d’être un avec Lui dans un monde où il a été rejeté et crucifié.

 

Je ne saurais montrer mon amour pour Christ qu’en gardant sa parole, en ayant sa parole demeurant en moi, et Lui étant soumis en toutes choses.

 

Quelle miséricorde qu’il m’ait dit la manière en laquelle je pouvais lui montrer que je l’aime ! Il veut que nous gardions sa Parole.

 

«Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui» (Jean 14, 23).

Dans ce verset et dès les deux précédents déjà, le Seigneur parle de son amour dans une autre acception que lorsqu’il est dit qu’il aima les siens jusqu’à la fin.

 

Il parle ici d’ amour manifesté à ceux qui marchent dans sa communion et gardent sa Parole.

 

Jean aimait le Saigneur ; il gardait sa Parole, et son âme recevait communication d’un amour qui entrait dans sa communion avec le Père et le Fils.

 

Y a-t-il cet entretien du coeur entre nous et Jésus ? Gardons-nous sa Parole ? demeure-t-elle nous richement ? Si la Parole de Christ gouverne le coeur, elle chassera les choses contraires.

 

Christ m’a aimé jusqu’à donner sa vie pour moi, quand j’étais mort dans mes péchés ; il m’aime maintenant que je suis son disciple ; et son amour, répandu dans mon âme, me réjouit, me console et me soutient pendant la traversée du désert.

 

Ayant reçu le Saint Esprit, il y a en nous la force de marcher selon l’Esprit et non selon la chair.

 

Il n’est aucune chose, petite ou grande, qui ne puisse fournir l’occasion de glorifier Dieu.

 

Quelqu’un témoignait une fois le désir d’une sphère de service plus étendue, n’ayant guère l’occasion de glorifier Dieu dans ses occupations de chaque jour.

 

«Votre vie, lui répondit-on, est une occasion permanente».

 

Paul disait à Timothée : «Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus».

 

Car Timothée devait trouver en Christ la réponse à tout.

 

Et nous avons ce Christ, nous aussi.

 

S’il remplit notre âme, la grâce se répandra autour de nous abondamment.

 

Des fleuves de grâce découlent de Christ, et si nous avons goûté les dons gratuits de son amour, rien ici-bas ne nous affectera outre mesure.

 

Que les hommes disent : «Les choses présentent un aspect sombre», nous n’avons pas à dire comme eux, car toutes choses ensemble travaillent pour notre bien.

 

Et notre part en Christ ne peut jamais recevoir aucune atteinte.

 

Ne nous plaignons pas si le chemin est rude et difficile, mais plutôt rendons-en grâce à Dieu, car le chemin de Christ était semé de ronces et d’épines.

 

Pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour nous ? On me dit : «Vous marchez dans un chemin sans issue».

 

Oui, mon chemin n’a d’issue que pour le ciel, mais ce chemin est le même que celui de Paul ; je puis donc m’en réjouir ; il m’est bon de goûter la communion des souffrances de Christ.

 

Quelle différence dans les épreuves de cette vie, quand on les supporte en communion avec Christ, au lieu de les voir comme des choses qui nous contrarient.

 

Aimez-vous mieux passer au travers du feu et être sauvés, les cendres fumantes attachées à vos pieds, que de souffrir avec Christ maintenant ?

 

Le chrétien est un homme en état de rejeter Satan le monde, le moi, parce qu’il a en lui la vie éternelle, et qu’il a reçu le Saint Esprit.

 

La force que je possède est ce le aussi que possédait Paul.

 

Le mal peut s’accroître, les jours devenir plus sérieux ; mais Dieu est le même, et la grâce dans laquelle je suis demeure la même.

 

Une fois que Dieu m’a donné le salut en Christ, il n’est plus question de ce que je vaux, mais du prix de l’oeuvre du Fils de son amour.

 

Cette grâce embrasse à la fois ce que j’étais et ce que je suis.

 

Le sang versé à la croix répond à ce que j’étais ; et, quant à ce que je suis, Dieu m’a uni à Christ, je suis devenu justice de Dieu en Lui.

 

Puis-je faire ce qui me plaît, maintenant que j’appartiens à Celui qui est mort pour moi ? Il me veut entièrement pour Lui.

 

Paul pouvait dire : «L’amour du Christ m’étreint».

Ce n’était pas un lien extérieur comme la chaîne qui le liait à un soldat, mais le droit permanent de Christ sur son coeur joyeusement reconnu.

 

Il était le prisonnier de Jésus Christ.

 

Il était heureux de se trouver dans ces chaînes de l’amour de Christ qui le tiraient partout auprès de Lui.

 

Paul n’était pas un vase brisé, et réparé de la même argile : il y avait en lui quelque chose d’entièrement nouveau.

 

Il était une nouvelle création en Christ, les choses vieilles étaient passées.

 

La vie éternelle habitant en lui le rendait capable de vivre pour Christ ; mais il pouvait dire aussi : «Christ vit en moi».

 

Précieuse grâce, qui, par la faveur de Dieu, est aussi notre partage.

 

Marchons dans la puissance et la lumière de cette vie.

 

La vie ici-bas est pour la plupart des hommes une vie d’ennuis et de contrariétés ; le coeur se lasse ; on s’arme d’une sorte de stoïcisme pour demeurer impassible.

 

Mais pour le chrétien, quelle différence ! Il voit dans les choses qui lui arrivent des dispensations de son Dieu.

 

Il sait qu’une fleur ne s’ouvre pas, qu’un passereau ne tombe point sans la volonté du Père.

 

Quand vient l’affliction, et que les ronces et les épines se trouvent sous ses pas, il discerne la main du Père dans toutes ces choses ; et il poursuit son chemin sans inquiétude.

 

Christ a manifesté dans sa vie ici-bas un caractère moral d’une grande beauté.

 

Il allait de lieu en lieu faisant le bien, n’ayant pour but que la volonté de Dieu ; et il n’était nullement arrêté par la crainte des hommes, lors même qu’ils cherchaient à le faire mourir.

 

Toute bénédiction se trouve pour moi dans la personne de Christ.

 

Il m’a donné la vie éternelle et m’a placé dans la lumière ; mais cette lumière manifeste du péché en moi, et me fait découvrir que par moi-même je suis une pauvre créature.

 

Toutefois, aucune découverte de ma misère ne pourrait changer quelque chose à ma bénédiction, sauf de la rendre plus précieuse.

 

Quand je pense que Christ est ma vie, et que je considère ce que sera le déploiement de cette grâce au jour d’éternité, je me prends à dire : C’est trop pour toi.

 

Et cependant, c’est ce que Dieu m’a donné ; je puis en jouir dès maintenant, et y puiser de la force pour mon âme, en attendant ce jour.

 

C’est dans la communion avec Dieu seulement que l’âme trouve un avant-goût de la gloire à venir.

 

La nuit dans laquelle gît ce monde devient de plus en plus obscure.

 

Mais les disciples du Seigneur n’ont point leurs intérêts dans ce monde.

 

Comme leur maître, ils sont ici-bas gens en passage.

 

Veillons pour ne pas nous laisser distraire sur la route.

 

Bel exemple que celui de Jonathan, trouvant du miel en chemin, et qui sut n’en prendre qu’en passant, sans s’arrêter.

 

Le monde qui a crucifié Christ ne veut pas de lui aujourd’hui.

 

À la croix, Dieu a mis le sceau du jugement sur un monde responsable de la mort de son Fils.

 

La croix a aussi rompu nos liens avec ce monde.

 

Par elle, «le monde m’est crucifié, et moi au monde».

 

Il est de toute importance pour les chrétiens qu’ils prennent ici-bas la place de séparation que leur fait la croix.

 

Les chrétiens ont leur monde à eux, aussi bien que les gens de la terre ont le leur : un monde où la face de Jésus Christ est vue à découvert, où tout est sûreté pour la foi.

 

Mieux que personne, Paul discernait dans son éclat cette gloire qui brille dans la face de Jésus Christ, et il sentait l’importance d’en occuper les saints.

 

L’a-t-on contemplée, cette gloire, il en reste un reflet dans notre âme.

 

Elle luit dans le coeur pour nous transformer dans la même image de gloire en gloire.

 

Avez-vous pesé ces expressions : «Héritiers de Dieu», «cohéritiers de Christ» ? Vos noms sont unis à celui de Christ pour recevoir un même lot avec lui, comme il arriva quand l’héritage promis fut partagé entre les tribus d’Israël : chacun des lots portait un nom.

 

Christ est l’héritier.

Dieu a mis votre nom avec celui de son Fils.

Vous partagerez tout avec lui ! Pour commencer, vous partagez ses souffrances.

 

Que votre affliction, quand vous souffrez, ne soit pas celle du monde, mais celle d’un chrétien : que le Seigneur y ait sa place.

 

Réjouissez-vous de ce que vous êtes unis à lui.

 

Toute affliction où l’on trouve Christ, apporte avec elle de la douceur.

 

Une chose procure de la liberté à l’âme : celle de voir Christ ressuscité, notre précurseur dans le ciel.

 

Quelle merveilleuse chose que Dieu ait préparé un héritage céleste, et qu’il nous ait donné un titre pour y participer ! Quelle grâce ! quelle espérance bénie il a mise devant nous ! Il a daigné nous choisir pour un tel avenir.

 

Quelle chose pour nous, dont le coeur recèle tant de doutes et d’étroitesses, d’apprendre que Dieu nous donne non seulement tout repos en son Fils mais encore une part à tout ce qu’il a et à tout ce qu’il est, car nous sommes devenus les membres de son corps.

 

C’est ici les immenses richesses de la grâce, quelque chose de ce qui est largeur et longueur, profondeur et hauteur, un fruit de cet amour de Christ qui surpasse toute connaissance.

 

Dieu nous voit dans le Bien-aimé, unis à lui, formant son corps.

 

Pourquoi est-ce que les saints se considèrent si peu entre eux comme étant les membres d’un même corps ? C’est qu’on tient à sa personnalité, et qu’il n’est pas agréable de se voir effacé dans l’unité d’un tout.

 

Qu’en serait-il, si Dieu nous considérait comme nous nous considérons les uns les autres, avec tous nos défauts, nos manquements et nos chutes ? La grâce de Dieu nous a placés en Christ et faits un avec lui.

 

Nous sommes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit.

 

L’ignorer est une perte ; mais il peut y avoir aussi de l’incrédulité à ne voir dans les saints que des individus isolés, sans tenir compte du corps qui les embrasse tous dans l’unité d’un seul Esprit.

 

Il y a, au contraire, du profit pour l’âme, de la force de communion, de la liberté devant Dieu et de la lumière pour le service, quand cette vérité est reçue avec foi et simplicité.

 

Si vous connaissez Christ, sa lumière vous montrera ce que vous êtes : vous aurez horreur de vous-même, vous vous détesterez.

 

Mais dans la connaissance de Christ, vous jouirez d’une conscience purifiée par le sang de l’Agneau immolé.

 

Dieu donne cours à sa grâce envers nous, en vertu du sang versé ; et Lui seul peut apprécier dans son étendue quelle en est la valeur, comme Christ aussi, qui a livré sa vie pour donner cours à la grâce, peut seul mesurer quelle est l’étendue et la richesse de cette grâce.

 

Le Seigneur ressuscité, rentré auprès du Père après avoir détruit tout obstacle, maintenant assis à sa droite, et revêtu de tout pouvoir, prend soin de son Église ici-bas.

 

Il la forme, la réunit, la prépare, pour se la présenter un jour, glorieuse, sans tache ni ride.

 

Des fleuves d’affection se répandent déjà de son coeur sur ceux qui sont les membres de son corps.

 

Le Seigneur Jésus nous a pris, non à cause de ce que nous sommes, mais en vue de ce que nous serons.

 

Chacun des saints individuellement est préparé pour la place qui l’attend dans la maison du Père.

 

Mais en même temps qu’il nous réserve cette place, le Seigneur est, pour nous dans le ciel, le but vers lequel nous courons, Celui à qui nous serons conformes.

 

C’est pourquoi,, nous ne devons pas en rester toujours au même point : après la condition «d’enfants» vient celle des «jeunes gens», et enfin celle des «pères»

 

Pouvez-vous dire : «Je sais qu’il m’aime, et je dois courir jusqu’à ce que je le voie ; je ne serai satisfait que lorsque je l’aurai atteint» ?

 

Si j’aime Dieu, je désire être saint comme Lui est saint.

 

L’Agneau est le flambeau de la Cité céleste.

 

Toutes les gloires qui seront déployées dans ce séjour se concentrent en lui.

 

Elles sont mises devant nos yeux maintenant, par la révélation prophétique, pour que nos pensées se dirigent vers Christ.

 

Le Christ de Dieu est-il le centre de nos pensées, comme il est le centre de tout dans la Cité ? L’espérance de sa venue a-t-elle un effet sur tous nos motifs et sur toutes nos actions ?

 

Il est des choses ici-bas qui peuvent avoir bien de l’attrait pour un coeur d’homme.

 

M’y laisserai-je prendre ? Ah ! si je lève les yeux en haut, je vois Christ, et je reconnais que, tant qu’il n’est pas descendu du ciel, il n’y a pas de bénédiction pour la terre.

 

Sans lui, cette terre n’est qu’un désert : point de repos en elle.

 

La bénédiction, même pour la terre, se trouve renfermée en Christ ; mais durant son absence, rien n’existe du soulagement qu’il apportera.

 

Ne cherchons donc point ici-bas un repos impossible.

 

Christ est l’Étoile brillante du matin, l’espérance du croyant durant la nuit de ce monde.

 

Ceux qui attendent Christ, et qui le connaissent comme Celui qui est l’Étoile du matin, ont goûté ce qu’il y a de précieux pour l’âme dans cette clarté de l’aurore du jour qui va paraître, et dans le privilège de posséder en Christ un objet d’affection, car l’étoile s’est levée dans nos coeurs.

 

Ce que nous lisons dans un verset de la seconde épître aux Corinthiens (7:2), nous donne une idée juste de l’Épouse : «Je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste».

 

Combien le nom d’Épouse que le Seigneur donne à son Assemblée fait connaître son affection pour elle.

 

S’il abaisse ses regards, il trouve des êtres chétifs, dispersés çà et là ; et cependant il a fait d’eux les membres de son corps ; il les a lavés dans son sang ; il leur a donné le Saint Esprit, et les a unis à Lui.

 

Son Épouse sera préparée pour la demeure de Dieu.

 

Quand Dieu prit une des côtes d’Adam, il ne s’arrêta pas là : il fit de cette côte une femme à Adam.

 

Il ne lui suffit pas non plus d’appeler de pauvres enfants prodigues, de les purifier, mais il forme d’eux une assemblée qu’il donne pour épouse à son Fils ; il les fait devenir des membres de Christ, chair de sa chair, os de ses os.

 

Ce sera une partie de sa gloire d’avoir formé une épouse pour son Fils, prise d’êtres tels que nous.

 

L’Épouse possédera toute sorte de choses précieuses ; mais elle-même, elle est pour le Seigneur.

 

Quoi ! un être chétif comme moi, une feuille emportée çà et là dans le désert, je puis dire : «Viens, Seigneur !»

Mais Dieu m’a donné son Esprit, et m’a fait un avec Christ ; et si j’ose m’adresser au Seigneur avec cette assurance, c’est selon mon privilège.

 

Quand il n’y aurait qu’un seul croyant dans le monde, il peut aussi, par l’Esprit, s’écrier : «Viens, Seigneur !»

Ce n’est pas l’Épouse seule, c’est aussi l’Esprit qui dit : «Viens !»

Christ aime à nous entendre lui dire : «Viens !» C’est une chose heureuse et douce quand son attente est un sentiment habituel de l’âme.

 

Avez-vous éprouvé, dans le silence de la solitude, le charme de cette pensée naissante dans votre esprit et à peine consciente : «Viens, Seigneur, viens».

 

Elle ne m’étonne point, l’idée que je puis être enlevé cette nuit.

 

Si le temps nous paraît long en attendant qu’il vienne, Christ dans le ciel nous voit et nous dit : «Voici, je viens bientôt».

 

«Ayant aimé les siens, il les aima jusqu’à la fin».

Cette parole est une vérité connue de tous les croyants non seulement par la foi, mais par l’expérience que tous ont faite de cet amour.

 

Dans ce monde si froid, si glacé, quelle heureuse expérience que celle de l’amour de Christ ! un amour qui jaillissait pour nous du coeur de Dieu, déjà avant la fondation du monde, quand le Père nous a élus en Christ.

 

Le Seigneur Jésus jette-t-il un regard sur moi, il voit un de ceux que le Père a élus dès avant les temps des siècles, pour être rendu agréable dans le Bien-Aimé ; un de ceux en qui il lui a plu de manifester la gloire de sa grâce.

 

Pour l’accomplissement de ce dessein caché de Dieu et dans son amour éternel, le Christ a tout quitté ; il s’est donné Lui-même et nous a procuré par son sang la rémission des offenses.

 

Mais Dieu l’a fait asseoir à sa droite.

 

En lui, nous sommes morts, ensevelis avec lui par le baptême pour la mort, et ressuscités.

 

Pouvons-nous lever les yeux au ciel et ne pas penser aux richesses incomparables de la grâce du Dieu qui nous a unis à Christ, qui nous a ressuscités et assis dans les lieux céleste en lui ?

 

Pendant que nous sommes dans le désert de ce monde, il est très doux de recevoir les consolations qui nous viennent de Dieu comme à ses enfants ; mais il est encore une grâce également douce, celle de pouvoir dire : «J’ai communion avec les pensées et les affections du Père envers son Fils unique».

 

Rien n’est précieux comme de pénétrer dans l’affection du Père pour le Fils de son amour, et d’entrer ainsi plus avant dans ce qui révèle Dieu.

 

«Vous êtes tous fils de Dieu, par la foi dans le Christ Jésus».

«Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans vos coeurs, criant, Abba, Père».

Le repos de l’âme, dans l’adoption du Père, est la portion de ceux qui croient en Jésus Christ.

 

De ce nom merveilleux et nouveau, «Abba, Père», inconnu aux Juifs, mais révélé aux chrétiens, découle pour nous la bénédiction la plus grande.

 

Je suis devant Dieu sur un pied filial, jouissant, comme fils, d’une heureuse et sainte liberté ; je puis lever les yeux et voir le bon plaisir de Dieu dans le Fils ; j’ai aussi une part à la communion du Père et du Fils.

 

L’Église, c’est la réunion des enfants de Dieu ; et la bénédiction des enfants de Dieu constitue pour elle un de ses privilèges les plus élevés.

 

Vérité d’un prix infini : le Fils de Dieu, notre Seigneur, est devenu homme ; il demeure homme pour l’éternité.

 

Et nous, hommes rachetés, nous serons toujours avec lui.

 

Dieu a pu dire de l’Homme oint : «Je le recevrai au ciel».

 

Un homme est à la droite de Dieu.

 

Nous pénétrons du regard de la foi dans le ciel, et nous trouvons Celui qui a dit : «Si vous m’aviez aimé, vous vous seriez réjouis de ce que je m’en vais au Père».

Notre coeur y joint son amen, et nous entrons dans sa joie.

 

L’Église sera manifestée devant le monde qui verra la gloire que Christ lui a donnée.

 

Le Père a donné cette gloire au Fils, mais le Fils la partage avec ceux qu’il aime.

 

Être présents dans cette gloire, avec la conscience d’être aimés du Père comme le Fils est aimé, cela surpasse tout ce qu’on peut concevoir de bonheur.

 

Mais une autre grâce s’y ajoute – plus profonde encore : le Christ avec qui nous serons, habite aussi dans nos coeurs.

 

Oui, je te connais, toi, le Fils unique du Père.

 

Sans toi, rien n’aurait de prix pour mon âme !

 

La maison du Père, le sein du Père, c’est là que doit demeurer l’Église ; rien de moins ne peut satisfaire le Fils que d’avoir son Église dans la demeure où il est lui-même.

 

Cette place nous est donnée déjà maintenant, quoique nous n’en jouissions que d’une manière spirituelle, pendant que nous sommes ici-bas.

 

Nous sommes enfants de Dieu : nous ne pouvons pas être adoptés plus que nous ne le sommes aujourd’hui.

 

Dans l’Écriture, il est dit peu de chose de la maison du Père.

 

Mais on ne se lasse pas de lire ce que nous trouvons sur ce sujet au chapitre 14 de Jean ces précieuses paroles empreintes de l’amour de Jésus qui veut les siens avec lui auprès du Père.

 

Quel merveilleux déploiement de la grâce nous y est montré ! La grâce découvre la perspective des gloires splendides de la maison du Père devant ces disciples que Jésus voulait y introduire avec lui ces mêmes disciples qui, soumis à l’épreuve, allaient abandonner leur Seigneur.

 

Quel contraste entre nous et lui ! Sa sympathie heureusement ne fait jamais défaut.

 

Oserais-je dire que Christ me montre plus de sympathie aujourd’hui, parce que je l’apprécie plus que je ne l’appréciais hier ?

 

Quand le Bon Berger eut atteint sa brebis égarée, il pouvait arriver qu’elle fît de la résistance.

 

Il en est ainsi du moins de la part de l’homme envers Dieu.

 

Mais la résistance est inutile : Dieu sait la vaincre.

 

C’est là ce que je pourrais appeler le caractère agressif de l’amour de Dieu.

 

Je sais bien que je ne voulais pas de Dieu ; mais Dieu dit : «Je veux t’avoir et je t’aurai.

 

Il y a une place pour toi dans le ciel, tu viendras et tu seras dans le bonheur pour toujours avec moi».

 

C’est le coeur que Dieu demande.

 

Tout ce que l’amour pouvait faire pour attirer à lui le coeur des pauvres pécheurs, Dieu l’a fait à la croix de Christ ;

 

mais son amour n’est pas toujours compris.

 

Il vous ouvre ses bras pour vous recevoir dans la félicité.

 

Pourquoi ne pas venir ?

 

Être laissé ici-bas dans le désert, au milieu des épreuves de tout genre, serait-ce pour moi un sujet d’inquiétude, quand je puis reconnaître en tout l’amour de Jésus ? Il me serait plus doux, sans doute, d’être absent du corps, présent avec le Seigneur ; mais la volonté de son amour est que je demeure, la douceur d’accomplir cette volonté me suffit.

 

Est-ce l’état de votre âme ? Êtes-vous satisfait de votre part, à la pensée que vous verrez le Seigneur et que vous serez avec lui ?

 

Pourquoi donc ne pas vous réjouir dans cette espérance ? Pourquoi être abattu et lever au ciel des yeux en larmes, au lieu de courir vers le but le coeur plein de joie ? N’est-ce point parce que le monde gouverne vos pensées, et qu’il y a dans votre coeur des soucis, du malaise ?

 

Le moment approche auquel le Fils à la voix du Père, se lèvera du trône et viendra.

 

Votre coeur déborde-t-il de joie à cette pensée ?

 

S’il venait cette nuit, trouverait-il beaucoup de coeurs qui l’attendent ? Plusieurs, béni soit Dieu ! Il est manifeste que Dieu agit en ces temps-ci.

 

Dieu n’est jamais venu autrefois sans qu’il suscitât un témoignage auparavant.

 

Au sein de toute la gloire de Dieu, le Seigneur Jésus a une place dans son coeur aussi pour moi : «Il y a sur la terre, peut-il dire, une pauvre créature, qui accomplit ses devoirs en trébuchant, qui marche souvent mal ; je vais la chercher et lui donner une part dans tout ce que je possède».

 

C’est l’amour de Jésus, non le mien, qui est à l’oeuvre.

 

Jésus nous a aimés avant la fondation du monde, son amour ne change pas en découvrant ce que nous sommes : Lui est le même, hier, aujourd’hui et éternellement.

 

«Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes oeuvres que Dieu a préparées, afin que nous marchions en elles».

Ces oeuvres ont-elles du prix pour Dieu ?

Sans doute, car il les a lui-même préparées.

Ne sont-elles que pour le désert ? Non, elles trouveront leur place au jour de la gloire : ces choses accomplies dans le secret du coeur, la volonté subjuguée, les affections purifiées, ont leur résultat pour l’avenir.

 

Dieu s’occupe de nous, en ce moment ; il veut que nous marchions en avant, avec Lui.

 

C’est un commencement de la bénédiction ; mais pas encore ce que nous serons quand nous verrons le Seigneur Jésus, et que nos corps seront rendus conformes au corps de sa gloire.

 

Est-ce peu de chose que Dieu agisse en nous maintenant, et qu’il opère le vouloir et le faire selon son bon plaisir ? Il veut que la vie de Christ en nous se manifeste ici-bas, et que nous connaissions la communion des souffrances de Christ.

 

Que sera-ce, quand la vie de Christ animera nos corps, et que nous entrerons dans le séjour où toutes choses sont en harmonie ?

 

La puissance de Dieu, communiquée à l’âme, nous rend capables de marcher dans des oeuvres qui sont l’expression de cette puissance et de notre union vitale avec Christ.

 

Dieu met chacun de ses enfants dans le chemin qui lui est propre ; il y a une Providence spéciale pour chaque individu.

 

Dieu est assez grand pour compter tous les cheveux de notre tête ; nous, nous sommes trop petits.

 

Dieu peut, parce qu’il est grand, tenir compte d’un verre d’eau froide donné en son nom ; nous sommes trop petits, trop chétifs pour entrer dans ces détails ; nous ne saisissons que les traits généraux.

 

Je dois être saint, cela est certain ; mais qui a assigné leur chemin à un Daniel, à un Paul, dans leurs jours, et aux premiers chrétiens, dans les leurs ? Qui a déterminé le moment de votre naissance, et tracé votre chemin dans la vie ? Qui a choisi vos épreuves, vos maladies ? C’est Dieu, le Dieu vivant ! Dieu est partout ; il prend connaissance de toutes vos pensées, d’un pas, d’un acte dans votre vie, même de ce que vous dites à un passant dans la rue.

 

La pensée qu’il y a des oeuvres que Dieu a préparées afin que nous marchions en elles, donne de l’importance à bien des choses insignifiantes en elles-mêmes ; elle adoucit plus d’une croix pesante, et prévient bien des actes de la volonté propre.

 

En regardant en arrière, nous apercevons des manquements, beaucoup d’actes de la propre volonté ; mais nous voyons aussi que Dieu était venu y mettre fin, et rétablir notre marche dans le sentier qu’il avait préparé pour nous.

 

Quelle différence quand nous nous considérons comme des individus isolés, ou comme faisant partie du temple édifié pour être une habitation de Dieu par l’Esprit ! Comme appartenant à ce temple, nous sommes des pierres précieuses, l’ouvrage même de Dieu ; nous sommes placés sur le fondement comme des pierres vivantes, pour y demeurer et briller de la splendeur du Seigneur Jésus qui est le fondement sur lequel repose tout l’édifice.

 

Quand nous serons avec Christ dans le ciel, trouverons-nous que nous avions épuisé tout son amour ici-bas

 

Dois-je retenir le monde dans mon coeur, parce que j’ai un corps de péché et de mort ? Non, Dieu soit béni ! Le fleuve de la vie coule de Christ au ciel en moi sur la terre.

 

Le vieux chrétien peut dire au jeune : «Ne te fais point d’illusion : rien dans le monde ne pourra satisfaire ton coeur ; je n’y ai jamais rien trouvé pour le mien».

 

Suis-je meilleur maintenant que lorsque je commençai avec Christ ? Il y a ce progrès du moins, qu’aujourd’hui je connais mieux ma vile nature.

 

Vous êtes entrés dans une sphère où la puissance existe, la puissance de Celui qui donne la vie.

 

La vie une fois reçue, il y a pour ceux qui la possèdent, une transformation à l’image de Christ, de gloire en gloire.

 

Quelle était la condition morale de ces quelques hommes qui accompagnaient le Seigneur ici-bas ? Ils étaient vivifiés, ils avaient la foi.

 

Par la lumière de la vie qu’ils avaient reçue, ils avaient discerné de quel prix est Christ.

 

Le Seigneur s’était emparé de leurs coeurs.

 

Gagner le coeur, c’est le secret de l’amour.

 

Le dévouement a affaire avec les affections.

 

Ces hommes, peu après, virent monter au ciel le Jésus qu’ils aimaient : Où furent leurs coeurs, dès lors ?

Le ciel se découvrait à eux.

Celui qui avait pris leurs affections y était, et leurs coeurs le suivait là.

 

C’est le premier élément de la vocation céleste : l’attachement à une personne divine, à Celui qui nous a aimés et qui est dans le ciel où nous le cherchons.

 

Le peu d’intelligence à cet égard explique la pauvreté spirituelle de bien des chrétiens : ils ne sont pas célestes dans leur manière d’être.

 

Et Christ a le droit d’avoir un peuple céleste.

 

Lorsque Étienne fut lapidé, Christ dans la gloire dominait toute la scène, et faisait pénétrer cette gloire jusque dans l’âme d’un homme.

 

J’apprends dans cette circonstance combien les affections de Jésus nous sont acquises ; j’apprends comment il s’occupe de moi en haut, non seulement pour me bénir, mais pour me faire savourer toutes ses sympathies, comme il l’a fait à l’égard de son serviteur lapidé.

 

Si vous vous associez à Christ rejeté, la lumière illuminera votre sentier, et les sympathies de Jésus seront avec vous.

 

Votre marche est-elle en rapport avec cette vision de Christ dans la gloire, est-ce qu’elle reflète Christ ici-bas ? Étienne, traversant toutes les circonstances dans lesquelles les hommes et Satan le placèrent, demeura dans la puissance de la vision de la gloire de Dieu.

 

Ne puis-je pas traverser aussi les miennes dans cette même puissance ? Mes pensées, mes affections sont-elles là-haut ?

 

Si oui, quel que soit mon service, je me trouverai là où la lumière éclaire.

 

Je sais que j’éprouverai de l’opposition, que je rencontrerai une foule qui va son chemin loin de Dieu et avec laquelle je me trouverai en conflit...

La lumière du ciel, descendant sur nous, nous met en contraste avec tout ce qui nous entoure.

 

Le Seigneur connaît notre faiblesse, et il convient que nous la connaissions, nous aussi.

 

Si Jean tombe aux pieds de Jésus, c’est afin qu’il sente sa faiblesse et qu’il éprouve la puissante main du Seigneur le soutenant.

 

Tous ceux qui connaissent Christ éprouvent ce sentiment grandissant toujours à mesure qu’ils avancent ; mais durant tout le chemin, Christ est pour nous.

 

S’il nous montre que nous ne pouvons pas faire un pas sans Lui, il ne laisse pas de nous conduire et de nous protéger.

 

La paix que Jésus donne n’est jamais plus sensible que lorsque nous nous trouvons dans la tourmente des choses d’ici-bas.

 

On trouve le Seigneur plus près de soi que la tourmente, et sa paix remplit l’âme.

 

Que Dieu ait dit de tous : «Toute chair est comme l’herbe... l’herbe est séchée», c’est sérieux ; mais cela nous aidera à nous glorifier dans les infirmités, afin que la puissance de Christ repose sur nous.

 

Souvent on parle de la vocation céleste comme si c’était une affaire d’intelligence, une théorie ; était-ce une théorie pour Énoch, lorsqu’il marchait avec Dieu, ou pour Moïse, lorsqu’il tint ferme comme voyant Celui qui est invisible ?

 

L’Homme du ciel, assis à la droite de Dieu, m’a appelé par mon nom ; et plus : il porte mon nom devant Dieu comme celui d’un être pour qui il a beaucoup fait, et pour qui il fera beaucoup encore.

Pourrais-je y être indifférent ? Mon âme s’élève jusqu’à Lui, tend vers Lui...

 

En regardant en arrière vers les fautes passées, vous trouverez qu’en maintes occasions, elles ont eu leur source en ce que vous avez voulu arranger les choses selon les circonstances ; et vous avez subordonné la foi aux circonstances, ce qui ne conduit à rien de bon.

 

Nous sommes incapables de rien arranger.

 

Si nous marchons dans la présence du Seigneur, nous aurons sa lumière, et nous serons guidés conformément à ce qui lui convient.

 

C’est bien précieux qu’il y ait dans le ciel, à la première place, un Homme, le Seigneur, occupé des siens toujours, et les tirant d’affaire chaque fois.

 

S’intéresse-t-il moins à nous qu’à Étienne ?

 

Dans la brillante lumière de la Transfiguration, l’objet principal était Jésus.

 

Celui qui apparaissait sur la montagne était une Personne divine, et aussi l’Homme, un homme plus beau qu’aucun des fils des hommes, un porte-bannière entre dix mille.

 

Il a revêtu, pour un moment sur la terre, son vêtement de gloire, et donné un aperçu de la gloire de son royaume.

Mais ce royaume, qu’est-il auprès de sa Personne ?

 

Il y a chez les croyants deux choses à remarquer : la vie nouvelle et le vase de terre qui la contient.

 

De cela résultent de la faiblesse au-dedans et des difficultés au-dehors.

L’expérience de Paul nous montre les deux choses (2 Cor. 12, 7-12).

 

Le Seigneur savait le préjudice que pourrait recevoir, du vase de terre, le trésor de la vie éternelle qui y était enfermé, car la chair est faible, le mal est là ; et pour tout mener à bien, dans l’intérêt de son serviteur, il avait ordonné qu’une écharde fût mise en la chair de Paul, rendu abject et gardé par ce moyen.

 

Comment, lui, fragment d’argile, ramassé par Christ, serait-il serviteur ? Comment savoir ce qu’il devait faire ? Ce serait en revêtant un esprit d’obéissance, auquel il serait formé en devenant dans les mains du Seigneur comme l’argile dans les mains du potier ; alors, il pourrait marcher sous la direction de son Maître et servir ses intentions.

 

Devenu dépendant, et en même temps ayant un même esprit avec son Maître, il pourrait le servir, en marchant sur ses traces.

 

Le Seigneur, ici-bas, avait servi son Père, ne connaissant jamais que la volonté du Père.

 

Mais Paul avait une volonté à lui.

 

Il devait apprendre cette entière dépendance, cet oubli de sa personne ; et l’épreuve qui fut mise en sa chair, cette écharde qui l’atteignait au-dedans et au-dehors servit à cette fin.

 

Paul apprit que la vie, mise en lui, vase de terre, n’a rien à faire avec la volonté de l’homme ; qu’en elle, Christ est tout.

 

Il n’est pas sans intérêt pour nous de remarquer, à l’égard de la vie qui nous est donnée, que Christ place d’abord la vie dans le vase de terre, puis il prend soin de cette vie.

 

C’est comme s’il disait : «Vous ne sauriez procéder avec cette vie vous-mêmes.

 

C’est à moi à en avoir le soin et à la conduire».

 

On ne peut vivre un jour de la vie nouvelle sans avoir conscience, à la fois, de la vie reçue et de la puissance qui la manifeste au-dehors : «Ma puissance s’accomplit dans l’infirmité».

 

Nous manifestons la vie sous la direction de Christ, et nous l’éprouvons en nous, parce qu’elle dirige nos pensées et nos sentiments vers Celui qui nous l’a donnée.

 

Vous et moi, nous n’aimons pas le désert : nous y trouvons tant de difficultés, des sables profonds, des pièges : le coeur se lasse.

 

Mais s’il nous faut y rester assez pour apprendre ce que nous sommes, c’est au Dieu qui ressuscite les morts que nous avons affaire, et il nous en sortira.

 

Cessons de ne voir dans le désert que les privations ou les pierres qui blessent le pied du pèlerin.

 

C’est en y trouvant Dieu qu’on chemine d’un coeur heureux.

 

L’intention du Seigneur est que nous ne passions pas un jour sans pouvoir dire : «Je connais que la force de Christ s’accomplit dans mon infirmité».

 

Il appartient à l’Épouse de désirer la venue de Celui qui possède son affection ; et cette affection et ce désir sont produits par le Saint Esprit : «L’Esprit et l’Épouse disent : Viens !» Il peut y avoir pour elle des moments de douleur en traversant la nuit obscure dans laquelle ce monde gît ; mais c’est moins pour voir un terme à ses peines qu’elle désire la venue de Jésus : elle l’attend, elle la désire pour Lui-même.

 

Vos pensées sont-elles à l’unisson du cri de l’Épouse ? Dites-vous avec elle : «Viens, Seigneur Jésus» ?

 

Le coeur des disciples était lié à Jésus pendant qu’il était sur la terre, et ils l’ont suivi dans le ciel quand il y est monté.

 

Dès lors, les saints ont regardé en haut et ils l’attendent.

 

Jésus est l’Étoile brillante du matin qui s’est levée dans nos coeurs.

 

Durant la nuit de ce monde, nous avons discerné la première lueur de sa venue.

 

L’enfant de Dieu a dans l’âme les affections de Christ, et quand il n’est pas occupé de Christ dans le ciel, il l’est de ce qui occupe Christ ici-bas.

 

Quand la lumière du retour du Seigneur pénètre dans l’âme, une foule de besoins et de devoirs se réveillent.

 

On se prépare à le rencontrer, mais aussi on pense à ceux qui ne sont pas prêts.

 

Si vous saviez que le Seigneur doit venir demain, ne feriez-vous rien pour conduire aux eaux jaillissantes de la vie éternelle ceux qui sont altérés ?

 

Il peut venir tel moment auquel cette espérance, sans perdre de son prix, n’est pas ressentie dans l’âme d’une manière aussi puissante.

 

Mais n’oublions pas que le coeur de Christ ne néglige point sa promesse de venir.

 

Il a dit : «Je viens bientôt».

 

La perspective de sa venue, comme proche, donne de la force à l’âme.

 

Lorsque Christ est entré dans le ciel, l’accès nous y a été donné par le voile déchiré de sa chair ; et le trône, sur lequel il est assis, est un trône de grâce, duquel nous approchons avec confiance.

Le sang est là pour nous.

 

Par les témoignages que nous trouvons en quelques endroits du Nouveau Testament, nous sommes fondés à penser qu’il y avait dans l’âme de Paul une grande sérénité — conséquence de sa communion avec le Seigneur et de sa foi qui considérait les choses toujours du côté de Dieu.

 

Quelles impressions célestes il devait laisser autour de lui ! Aujourd’hui, il est encore des exemples de ce christianisme heureux, dans lequel on remarque un coeur toujours serein : point de nuage qui voile Christ.

 

Qui peut contempler la face du Seigneur Jésus Christ sans en éprouver les effets dans l’âme- me ? «Contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire»

 

«Christ est mort pour tous, afin que ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité»

Quelle position cela nous fait ! Non seulement nous avons passé des ténèbres à la lumière, mais nous vivons, et nous pouvons, dès à présent, avoir communion avec la pensée de Christ.

 

Paul avait conscience de cette grâce, et il s’étudiait à la manifester, comme Christ, lorsqu’il était ici-bas, avait manifesté l’amour du Père.

 

Nous ne pensons pas assez à ce que nous possédons en Christ, en Celui qui a effacé toute trace du péché, et qui va nous introduire dans la maison du Père.

 

Et cette immense grâce est une réalité !

 

La puissance que Christ exerce dans l’âme est merveilleuse.

 

Paul trouvait en Christ la source de toutes ses pensées ; et, quoique dans les chaînes, la seule occupation de son âme était de glorifier le Seigneur dans l’état où il se trouvait.

 

Il sentait l’amour de Christ remplir son âme.

 

Il avait éprouvé la fidélité de cet amour au jour du péril, et c’était pour lui une joie de s’oublier pour Christ.

 

Quelle heureuse chose de penser que tout ce que j’ai, je le possède en Christ.

 

Cela m’est donné du Père, mais confié aux mains de Christ pour moi, et le Saint Esprit qu’il a envoyé en est le sceau dans mon coeur.

 

Quelle qu’en soit l’apparence, une oeuvre ne subsistera que si Christ en a été l’objet, si elle a été une manifestation de la vie de Christ.

 

Les circonstances peuvent varier, mais le fond de l’oeuvre doit rester le même.

 

Un chrétien se trouvera malade au lit ; un autre parcourra le monde en prêchant le salut ; un troisième sera en prison pour l’Évangile ; mais chacun d’eux a été placé précisément où il convient à Christ que sa vie en eux se déploie.

 

Ce n’est pas trop de dire que le moi sera banni de la maison du Père.

 

Christ remplira toute la scène.

 

Nous serons tellement enveloppés dans la lumière de sa présence qu’il n’y aura de place, dans nos pensées, que pour Lui et en Lui.

 

Il est deux circonstances dans lesquelles nous voyons la volonté de Christ être exprimée, et chaque fois selon la perfection qui était en Lui.

 

Dans l’une, Jésus anticipant la croix et ressentant dans son âme, avec angoisse, ce moment où il serait placé sous la colère de Dieu, portant le péché, demandait que la coupe passât loin de Lui, s’il était possible ; mais, en même temps, il faisait l’abnégation de sa volonté, il acceptait que celle du Père eût son cours ; et il prend la coupe quand il entre dans la pensée qu’elle vient de la main du Père.

 

Dans l’autre, il anticipait la gloire (Jean 17) ; et nous l’entendons dire au Père : «Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire».

 

Jésus n’oubliait point ses disciples et si le moment approchait, auquel la gloire allait succéder à ses souffrances, il voulait une place pour eux dans cette gloire.

 

C’était le droit de sa grâce, comme c’était l’intention de l’amour du Père.

 

Mais quel contraste ! Vous et moi, nous avons une volonté à faire taire, une volonté qui s’inspire de notre égoïsme, et qui est toujours prête à agir si elle n’est contenue.

 

Réglons nos coeurs sur l’exemple que nous offre Celui qui vint dans le monde en disant : Voici je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté».

 

Quelle scène, lorsque Christ se présentera l’Église à Lui-même, et qu’il l’introduira dans sa gloire pour qu’elle en jouisse avec lui, durant des siècles sans fin !

 

Quand nous suivons Jésus sur la terre, de la crèche à la croix, et qu’ensuite nous le voyons ressuscité et assis à la droite de Dieu,’ nous trouvons ses dernières circonstances bien différentes des premières ; mais au travers de tout, il est resté toujours le même Jésus : le même hier, aujourd’hui et éternellement.

 

«Faites ceci en mémoire de moi».

De qui est cet appel ? Qui est-il, Celui qui nous l’adresse ? La créature peut-elle le dire ? car c’est Celui qui est la vie éternelle, le Fils unique qui était dans le sein du Père avant qu’il y eût des mondes...

Mais il est venu ici-bas, où il a été la source abondante de la divine gratuité de l’amour de Dieu.

 

Et c’est Lui qui, avant de descendre dans les profondeurs de ses souffrances, avait désiré, avec désir, de manger la Pâque avec ses disciples, et qui, en nous laissant, pour le temps de son absence, le mémorial de sa mort et de son amour, a dit : «Faites ceci en mémoire de moi».

 

Son amour tient à notre affection.

 

Du sein de la gloire où il est depuis dix-neuf siècles, il pense à de faibles créatures telles que nous sur la terre ; il veut que nous nous souvenions de Lui, et, dans ses joies à la droite de Dieu, il continue à s’attendre à notre affection.