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La repentance et sa prédication

Bible Treasury, Vol.7, p.153 (1868) – Les titres et sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

C. E. Stuart

 

Table des matières :

1       Repentance de Dieu et repentance des hommes

1.1         Repentance de Dieu

1.2         La repentance des hommes, demandée de tout temps

2       Y a-t-il conflit entre la prédication de la grâce et celle de la repentance ?

3       Ce qu’est la repentance

4       Produire la repentance : l’annonce du jugement à venir

5       Produire la repentance : ce que prêchaient les apôtres

6       Prédication de Christ comme ressource divine pour ceux qui sentent leurs besoins

6.1         Ce que faisait le Seigneur

6.2         Ce que faisaient les apôtres

6.3         Une œuvre profonde et durable

7       Danger de négliger la repentance dans la prédication de l’Évangile

 

 

1         Repentance de Dieu et repentance des hommes

1.1        Repentance de Dieu

On trouve la repentance, ou repentir, à plusieurs reprises depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. Dans une première période de l’histoire, c’est de la repentance de Dieu qu’il est parlé ; dans une autre période, on trouve la repentance requise de la part de l’homme. «L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme» (Gen.6:6). «L’Éternel s’était repenti d’avoir établi Saül roi» (1 Sam. 15:35). «L’Éternel se repentit de ce mal» (2 Sam.24:16). Ces expressions, et d’autres semblables, qui se rapportent à Dieu dans l’Ancien Testament, ne se retrouvent jamais dans le Nouveau. Dans le Nouveau Testament, il n’est parlé que deux fois du repentir de Dieu, et les deux fois pour exprimer l’immutabilité de ce qu’Il a fait. «Car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir» (Rom. 11:29). «Le Seigneur a juré et ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec» (Héb.7:21). On comprend qu’un tel terme soit utilisé pour Dieu dans Ses rapports avec l’homme dans la chair dans l’Ancien Testament. C’est la méchanceté de l’homme qui amena l’Esprit à exprimer le repentir de Dieu d’avoir fait l’homme sur la terre. Ensuite les misères de Son peuple souffrant sous Ses voies gouvernementales, firent jaillir la compassion de Son cœur, L’amenant à les délivrer : «car l’Éternel avait pitié [se repentait, dans la traduction anglaise], à cause de leur gémissement devant ceux qui les opprimaient et qui les accablaient» (Juges 2:18). Dans le Nouveau Testament, quand Dieu eut devant Lui le Second Homme, le Seigneur Jésus, et le parfum de Ses mérites, toujours nouveau à Ses yeux, il n’y eut plus de place pour un repentir de Sa part. Le temps de la mise à l’épreuve de l’homme avait pris fin ; le jour de Ses voies en grâce suivait.

 

1.2        La repentance des hommes, demandée de tout temps

En ce qui concerne l’homme, la repentance lui est enjointe à la fois dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament. Job se repentit, ainsi que les Ninivites. Des exhortations pressantes, mais infructueuses à se repentir furent adressées à Israël par le prophète Ézéchiel. Dès le début du Nouveau Testament, on retrouve ces appels répétés. Jean-Baptiste prêchait la repentance, le Seigneur y appelait les hommes. Avant Sa crucifixion, les apôtres allèrent çà et là pour insister dessus, et après Son ascension ils continuèrent à la réclamer. Après la chute, en tout temps et sous toutes les dispensations, il y eut la nécessité de la repentance chez l’homme déchu. L’enseignement au sujet des dispensations ne l’a pas fait disparaître ; la grâce la plus complète n’a pas rendue la repentance périmée, car le Seigneur Jésus ressuscité a donné mission à Ses apôtres de la prêcher en même temps que la rémission ou pardon des péchés. Pierre et Paul insistent pareillement sur sa nécessité, tandis que le Seigneur Jésus avait parlé auparavant de la joie du ciel et des anges quand un seul pécheur se repent et se tourne vers Dieu. Une personne juste n’a pas besoin de repentance, à l’inverse d’un pécheur. Par conséquent, dans le Nouveau Testament, là où nous avons des principes énoncés, et pas simplement des actes extérieurs, le terme utilisé pour la repentance de Dieu est différent de celui employé pour le repentir réclamé de la part des pécheurs.

 

2         Y a-t-il conflit entre la prédication de la grâce et celle de la repentance ?

La repentance étant un sujet si important dans la prédication des apôtres, il y a bien lieu de se demander quelle est la part de cet élément de la prédication apostolique dans l’enseignement évangélique en général de nos jours. Dans la proclamation de la grâce de Dieu envers les pécheurs si répandue maintenant, la repentance n’est-elle pas parfois négligée ? N’y a-t-il pas aussi chez certains une sorte de peur que la prédication de celle-ci porte atteinte à la gratuité de la grâce ? Ce n’était pas du tout le cas dans les temps apostoliques, et ce ne devrait pas l’être non plus maintenant. Personne n’a combattu plus ardemment et plus constamment pour la gratuité et la plénitude de la grâce que Paul, mais personne n’a plus clairement insisté sur la repentance. Il en a parlé à Éphèse (Actes 20:21), à Athènes (Actes 17:30), et en écrivant aux Romains (Romains 2:4). C’était le commandement de Dieu adressé à tous les hommes. À Damas, à Jérusalem, dans toute la Judée, et partout où il allait chez les païens, on pouvait l’entendre insister sur l’importance et la nécessité de la repentance (Actes 26:20). Il prêchait la repentance et la foi : la repentance envers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ (Actes 20:21). Ce n’était pas la repentance à titre de préparation à la foi, ni la foi sans repentance, mais la repentance et la foi.

 

3         Ce qu’est la repentance

Certains peuvent demander ce qu’est la repentance. Tournons-nous vers l’Écriture pour le savoir. Ce n’est pas un simple changement de pensées sur certains points (ce serait la confondre avec la foi) ; mais le Seigneur prêchait : «repentez-vous et croyez à l’évangile» (Marc 1:15). Ce n’est pas simplement une conviction d’avoir mal agi ; car lorsque la multitude a été saisie de componction (transpercée dans le cœur), Pierre les exhorta à se repentir (Actes 2:38). Ce n’est pas la tristesse d’avoir péché, «car la tristesse qui est selon Dieu opère une repentance à salut dont on n’a pas de regret» (2 Cor.7:10). La repentance n’est pas synonyme de conversion, car Pierre dit aux Juifs de «se repentir et de se convertir» (Actes 3:19). Mais c’est un changement de pensées, un jugement de soi, de ses voies et de ses péchés, qui se traduit par un changement de vie. Elle est le don de Dieu (Actes 11:18 ; 2 Tim 2:25) accordé par Christ ressuscité et exalté (Actes 5:31). Elle porte du fruit, car il y a des œuvres qui conviennent à la repentance, qui en sont dignes (Matthieu 3:8 ; Actes 26:20). Elle donne à Dieu Sa juste place dans la conscience de Sa créature ; elle est donc «envers Dieu» (Actes 20:21) et elle est «pour la vie» et «à salut» (Actes 11:18 ; 2 Cor 7:10).

 

4         Produire la repentance : l’annonce du jugement à venir

Mais comment ce changement de pensée est-il opéré dans l’individu ? Ce n’est pas en prêchant la loi. La loi peut montrer au pécheur qu’il a mal agi, mais Dieu seul peut donner la repentance. Des saints d’avant le don de la loi ont passé par la repentance, de même que des non-Juifs qui n’avaient jamais été sous la loi. Job a vu Dieu et s’est repenti ; les Ninivites ont entendu la prédication de Jonas au sujet d’un jugement à venir et se sont repentis. Les apôtres ont souvent annoncé un jugement à venir (Actes 3:23 ; 10:42 ; 17:31 ; 24:25). Les saints de Rome en ont été instruits (Rom. 1:18), et les croyants de Thessalonique savaient qu’ils y avaient échappé (1 Thess. 1:10). Pierre a écrit à ce sujet, et Jude a cité la prophétie d’Énoch qui s’y rapporte. C’est en vue de la colère à venir, que les apôtres ont insisté auprès des âmes sur l’importance de la repentance. Mais pour Israël il y avait une raison supplémentaire de se repentir, à savoir que les temps de rafraîchissement viendraient par le retour du Seigneur Jésus du ciel (Actes 3:19).

 

5         Produire la repentance : ce que prêchaient les apôtres

Ce n’était pas seulement en vue de l’avenir que les apôtres prêchaient la repentance. Ils y exhortaient aussi leurs auditeurs en raison des événements précédents. L’homme avait crucifié le Fils de Dieu, et avait montré par là sa haine envers Dieu. Dieu avait répondu à l’action de l’homme en ressuscitant le Crucifié, et en Le faisant asseoir à Sa droite dans le ciel. Cela faisait clairement voir qui était Celui qui avait été crucifié, et cela démontrait aussi clairement que tous ceux qui s’opposaient à ce Crucifié, et qui persécutaient ceux qui Le suivaient, s’opposaient à Dieu Lui-même. Voilà une raison pour laquelle il était donné l’injonction de se repentir, et Pierre a insisté là-dessus au jour de la Pentecôte.

Mais comment Pierre s’est-il adressé à ses auditeurs ? A-t-il parlé de la colère de Dieu contre le peuple, s’est-il appesanti sur le caractère terrible de Sa colère, et les a-t-il incités à apaiser le Juge en colère ? — Il a fait sentir à la foule l’énormité de leur culpabilité, en leur montrant par l’Écriture qui était réellement le Crucifié, et qui Il est encore : Il était le Christ, l’espérance d’Israël. Il était le Seigneur, le Souverain de tous. La fidélité de Dieu à Ses promesses avait été prouvée par l’envoi de Son Fils, et voilà la façon dont ils avaient traité leur Messie tant attendu. Croyant ce que Pierre disait, et acceptant le témoignage du Saint Esprit par la bouche de ce dernier, ils virent ce qu’était leur péché, et demandèrent ce qu’ils devaient faire.

De même au portique de Salomon (Actes 3), et devant le sanhédrin, les apôtres dirent clairement Qui était Celui qu’ils avaient crucifié, et ce que Dieu avait fait à Son égard. Ils prêchaient Christ, et l’accueil approbatif que Dieu Lui accorda, ce dont témoignait Sa résurrection et Son exaltation. La personne du Seigneur étant présentée, leur péché était manifesté dans toute son énormité. Ils n’hésitaient pas à le dire, ni à dire qu’une fois les cœurs des auditeurs convaincus de cela, il fallait la repentance. Paul lui aussi, a témoigné d’un Christ glorifié, et a prêché le royaume de Dieu, lequel, une fois qu’il était reçu, rendait la repentance nécessaire pour tous ceux qui s’étaient opposés à la vérité de Dieu, et pour ceux qui avaient vécu pour se plaire à eux-mêmes. Ce n’est pas aux foudres de la loi que les apôtres avaient recours en de telles occasions. Ils parlaient de Dieu et de Christ. Ils prêchaient Jésus comme Seigneur et comme Christ. Ils commençaient par Dieu et par Son Fils, et atteignaient ainsi au plus profond de l’âme de leurs auditeurs. N’est-ce pas aussi la façon de réussir maintenant ? Philippe a prêché Christ aux Samaritains (Actes 8:5,12). Paul a prêché le royaume de Dieu (Actes 20:25), et a enseigné les choses qui concernent le Seigneur Jésus-Christ dans sa maison louée à Rome (Actes 28:31). Il proclamait l’évangile de Dieu, qui est la puissance de Dieu en salut (Rom. 1:16).

 

6         Prédication de Christ comme ressource divine pour ceux qui sentent leurs besoins

6.1        Ce que faisait le Seigneur

Une autre caractéristique de leur prédication est encore à remarquer. Ils présentaient le Seigneur Jésus comme la ressource de Dieu pour les besoins et les désirs de l’âme. En cela ils suivaient l’exemple du grand Maître Lui-même. «Il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide» (Luc 1:53), voilà la description faite par le Saint Esprit par la vierge Marie, de la manière de Dieu d’agir parmi les hommes. À ceux qui avaient faim le Seigneur s’offrait Lui-même comme la vraie manne, — à ceux qui avaient soif Il s’offrait comme le Donateur d’eau vive, — à ceux qui étaient fatigués et chargés Il offrait le repos, — aux aveugles Il pouvait donner la vue, — et pour les brebis Il était le Berger. Tous ceux dans les âmes desquels il y avait un désir que le monde ne pouvait combler, trouvaient en Lui la réponse à l’avidité de leur cœur.

 

6.2        Ce que faisaient les apôtres

Les apôtres Le présentaient à des personnes ou à des congrégations de manière similaire. Dans la maison de Corneille à Césarée, à la synagogue d’Antioche de Pisidie, dans la prison de Philippes, Christ était présenté comme le remède de Dieu, et la pleine ressource de Dieu pour les enfants déchus d’Adam. Les païens entendaient parler du pardon des péchés par la foi en Lui. Les Juifs étaient instruits sur la manière d’obtenir une justification parfaite, que la loi n’avait jamais procurée, ni n’aurait jamais pu le faire. À Philippes, Paul parla du salut, mais il l’a fait auprès de quelqu’un qui s’en souciait. Ils apportaient la grâce de Dieu de manière adaptée aux âmes exercées. S’ils parlaient de salut à un individu, c’était parce que son cœur était exercé à ce sujet. S’ils prêchaient à une congrégation, ils visaient une catégorie : ceux qui en avaient le désir. Prenez les différents sermons dans les Actes. À la Pentecôte, c’est la question de gens dont le cœur était saisi de componction (transpercé) qui a manifesté le chemin du pardon. Au portique de Salomon, le pardon est assuré à tous ceux qui se repentent. Le Fils de Dieu a été envoyé d’abord à Israël ; mais seulement ceux qui se repentaient connaissaient le pardon des péchés. À Corneille et à sa compagnie, le Seigneur est présenté comme l’objet de la foi, par qui les âmes pouvaient obtenir le pardon. À Antioche de Pisidie, le pardon est prêché à tous, avec une justification parfaite par la foi en Lui. À Lystre, Dieu est proclamé comme le Créateur, et le Donateur de toutes les bénédictions temporelles. À Athènes, le Dieu inconnu est révélé, et le jugement futur annoncé. La grâce de Dieu était prêchée à la fois aux Juifs et aux non-Juifs ; Dieu était révélé aux païens. Mais la grâce de Dieu n’était-elle pas prêchée comme répondant à quelque besoin du cœur ? La foi en Christ est clairement présentée comme le chemin du salut et du pardon ; mais la façon dont elle est proclamée suppose un cœur exercé, une âme dans le besoin. Quelle différence entre le langage de Paul au geôlier et son discours à la foule insouciante de l’Aréopage ! Le geôlier a obtenu la réponse à sa question ; les Athéniens ont été informés au sujet du Dieu inconnu, et avertis du jugement à venir. Là où il y avait déjà un besoin, les apôtres y répondaient ; là où il n’y en avait pas, ils tentaient de le créer en prêchant au sujet de Dieu et au sujet de Christ. Le royaume de Dieu, l’évangile de Dieu, la personne de Christ, Son œuvre et ses résultats, voilà ce qu’ils plaçaient devant leurs auditeurs.

 

6.3        Une œuvre profonde et durable

Une telle façon de prêcher a alors conduit, et conduira toujours, à une œuvre profonde et durable. Faut-il voir dans la foi en Christ simplement un moyen d’aller au ciel ? Certes, c’est le seul moyen. Mais l’Évangile ne doit-il pas être considéré plutôt comme le remède divin aux conséquences terribles du péché, et comme la manière dont Dieu délivre et soulage les âmes travaillées par Son Esprit ? Un remède, et même beaucoup plus qu’un remède, car ce dont il nous parle va bien au-delà de la délivrance de la colère. Il demeure la manière dont Dieu répond aux besoins de l’homme, et il est destiné à ceux qui ont ressenti ces besoins. Ce n’est pas un chemin facile vers le ciel, mais un moyen d’échapper à ce que mérite le péché. Car la croix de Christ nous dit ce qu’est le péché aux yeux de Dieu ; elle montre ce que mérite le péché ; elle manifeste ce qu’est l’amour de Dieu et l’amour de Christ, et ce qui a été procuré aux pécheurs.

 

7         Danger de négliger la repentance dans la prédication de l’Évangile

C’est un sujet de profonde reconnaissance que l’Évangile de la grâce de Dieu soit prêché avec une plénitude et une gratuité auxquelles le monde a été longtemps étranger. Tous devraient se réjouir qu’au dix-neuvième siècle le message des évangélistes ait recommencé à être entendu avec clarté et simplicité. Mais chaque fois qu’une vérité est retrouvée, l’infirmité de l’homme et le désir de donner à cette vérité l’importance qu’elle mérite, font qu’il y a une tendance à l’amplifier au point que sa relation avec d’autres parties de la révélation divine sont en danger d’être négligée. La grâce de Dieu n’a-t-elle pas parfois été prêchée au point de presque négliger la nécessité de la repentance ? Et l’offre du salut n’a-t-elle pas été présentée de manière à ce que tous puissent y avoir part sans que la conscience ait été éveillée, et sans que le cœur ait été exercé quant au besoin et à la cause de cette riche et merveilleuse ressource de Dieu — cette ressource qui fait éclater Sa gloire et délivre les pécheurs de la colère à venir ?