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Le voyage sur mer de l’apôtre Paul :

 

Actes 27 est-il une allégorie ?

 

James BalderstonEdinburgh

 

Vous demandez dans votre lettre sur Actes 27, pourquoi je ne considère pas ce récit comme une allégorie.

 

D’abord je pense que dans la période caractérisée par la présence de l’Esprit Saint qui habite dans les saints individuellement et dans l’assemblée, il n’y a plus besoin de types, d’ombres ou d’allégories — tout est présenté parfaitement clairement. Ces choses appartiennent à l’Ancien Testament et à la période allant jusqu’à la mort de Christ. Ainsi, dans le ministère du Seigneur, il y avait des paraboles — Matthieu 13, Luc 15 etc… et en Jean 6 le bateau où se trouvaient les disciples pourrait bien représenter le résidu pendant que Christ est en haut, puis Il vient à eux et immédiatement ils touchent terre. Mais un enseignement clair sur l’assemblée ne pouvait pas être donné tant que le Seigneur se présentait à la nation pour qu’elle L’accepte. À la croix, Il a été finalement rejeté par l’homme. Dans les épîtres de Paul, on voit tout à fait clairement où Christ est, ce qu’Il fera, et ce qui est vrai quant à l’église comme dans les Éphésiens, les Corinthiens ou 2 Timothée. L’Esprit parle expressément. Quant à l’Apocalypse, après les lettres adressées aux assemblées dans les ch. 2 et 3, elle s’occupe essentiellement de ce qui se passe sur la terre après l’enlèvement, et elle est pleine de symboles qui se relient avec la prophétie de l’Ancien Testament comme dans Ézéchiel, Daniel, Zacharie, etc. Mais là où l’Écriture traite de l’assemblée, comme dans les écrits de Paul, où est-il besoin d’allégorie ? 1 Thes. 4 sur l’enlèvement est tout à fait clair, tout comme 1 Cor. 15 sur la résurrection. Les souffrances de Paul en 2 Cor. 4 doivent-elles être prises en un sens allégorique ? Elles étaient réelles, et il faut les prendre simplement comme elles sont rapportées. J’estime qu’il en est de même pour son naufrage ultérieur en Actes 27. Nous y voyons Paul et ses compagnons clairement distingués des marins et soldats incrédules — c’était à son époque. Paul pouvait dire à qui il appartenait et qui il servait, et par sa présence la vie d’incrédules fut préservée. Cela montre de façon pratique comment la présence du peuple de Dieu peut être profitable aux hommes mauvais (c’est-à-dire les marins). 2 Thes. 2 parle de Celui qui retient, et qui le fera tant que nous sommes ici-bas. Quand nous serons partis, combien grand sera l’accroissement du mal et des douleurs que souffriront ceux qui resteront.

 

La seconde difficulté que j’éprouve tient à l’application. Il y a trois bateaux en Actes 27. Pourquoi ne s’occuper que du second qui a fait naufrage ? Le troisième arrive à bon port et Paul rencontre les frères de Rome. Si nous appliquons l’allégorie au troisième bateau comme étant l’assemblée, elle arrive à Rome (!) où ils trouvent les frères et prennent courage. Bien sûr on soutiendra que l’église professante retournera à Rome, ce qui est vrai. L’allégorie montre-t-elle alors que les compagnons de Paul seront là et seront heureux d’y prendre courage ? Il suffit de poser la question pour avoir la réponse qui est unique.

 

Quant au second bateau, tous arrivent sain et sauf au rivage, les incroyants comme les croyants. Certains sont sur des débris du navire (l’église est-elle à l’état de débris ?). Mais les plus forts n’utilisent pas du tout des débris — l’église — : ils nagent (27:43). Y a-t-il là une instruction pour nous aujourd’hui : quitter les fragments de l’église et poursuivre indépendamment des autres ? Quand ils arrivent, le jour des débris et des défaillances semble achevé — et les voilà qui trouvent une vipère !

 

Bien sûr, je sais que dans les paraboles on ne peut pas faire application de tous les détails. Nous regardons à l’essentiel. Mais en Matt. 13 ou Luc 15 ou Jean 6, presque tout peut faire l’objet d’une application. Mais en Actes 27, c’est vraiment difficile. Si le navire est l’église, qu’est-ce que la chaloupe dont les marins voudraient se servir ? Que sont les ancres — on aurait pu penser que c’était bon d’avoir des ancres, mais il faut nécessairement les jeter loin ! Ils avaient du blé — on pourrait penser à de la nourriture spirituelle. Ils n’en sous-estimaient pas la valeur, mais dans leur extrémité, il a fallu s’en débarrasser.

 

Qu’est-ce que le navire est censé représenter ? Ce ne peut sûrement pas être la vraie assemblée comme en Éphésiens. Est-ce alors l’église professante ? Mais plutôt que de se briser en morceaux, au temps de la fin elle se réunit à Rome. Apoc. 2 et 3 n’enseigne rien sur une fragmentation. Pour le bateau de Jean 6, il en va autrement. Si en Actes 27 il y avait eu des petits bateaux et que les compagnons de Paul aient été dans l’un… mais ce n’est pas le cas.

 

L’allégorie ne laisse aucune place à une espérance placée en Christ, que ce soit par l’enlèvement ou par son apparition. Il s’agit plutôt de lutter indépendamment et d’atteindre le rivage par ses propres efforts. Cela enseigne presque le salut universel : les croyants et les incroyants font du mieux qu’ils peuvent, et à la fin personne n’est perdu — ceci étant la volonté de Dieu exprimée par Paul. Je pense que ceux qui veulent voir une allégorie ont tout à fait omis de voir que c’est un bateau païen, conduit par un capitaine païen avec des marins païens et un centurion païen (bien que favorable à Paul) et des soldats païens meurtriers. S’ils avaient écouté Paul, le navire n’aurait même pas dû naviguer.

 

Je pense que l’Écriture est beaucoup plus simple. Je vois l’église selon Dieu dans les Éphésiens — la profession, ses manquements et ses bons comportements en Corinthiens — son espérance en Thessaloniciens — ses écarts au temps de la fin en 2 Timothée — sa condamnation (mais avec quelque approbation) en Apocalypse 2 et 3, dans la partie de ce livre où l’Esprit s’adresse directement aux églises. L’Esprit parle expressément (1 Tim. 4:1).

 

Je peux dire que la vérité que ceux qui tiennent à l’allégorie cherchent à mettre en relief, si on l’étaie par d’autres parties de l’Écriture, est irréprochable. Mais la présentation de cette vérité est gâchée quand on essaie de la faire passer en force là où elle ne cadre pas, et ceux qui n’aiment pas le terrain que prennent les frères en déduiront que c’est une manifestation typique des vues non scripturaires des frères.

 

Si vous estimez que mon opposition à trouver une allégorie en Actes 27 est erronée, dites-le moi. Au passage, je n’ai jamais trouvé d’interprétation allégorique de Actes 27 chez JND et WK. Bien sûr, cela ne suffit pas à régler la question.