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Réflexions chrétiennes sur le monde actuel

 

Date 31 oct. 2003

 

Table des matières :

1     Fracture sociale et Mondialisation

 

 

 

1                        Fracture sociale et Mondialisation

Bien des gouvernants de beaucoup de pays s'efforcent de concilier le besoin de force pour faire fonctionner le pays dans l'ordre, et le besoin de maintenir une co-existence pacifique entre les diverses franges de la population, dont certaines sont souvent au bord de la révolte.

Certains ont prôné la lutte des classes comme seul moyen d'imposer le bien. L'échec de ces tentatives dans la plupart des pays a conduit la majorité des gens à y renoncer, non pas tous. Néanmoins ceux-mêmes qui y ont renoncé gardent la république et la démocratie comme idéaux, même si la fondation de la république à l'origine des droits de l'homme a vu périr plus de 2 millions de personnes sur une population d'un peu moins de 30 millions, et si l'hymne national correspondant fasse l'éloge des perspectives d'arroser la terre avec le sang des opposants. Mais ce sont des choses sur lesquelles il n'est pas de bon ton d'insister.

 

La mondialisation des échanges commerciaux fait craindre une nouvelle source de conflits entre civils, liés à l'affaiblissement, voire à l'effondrement de certaines économies régionales ou nationales.

Les remèdes à apporter à ces conflits ou germes de conflits font l'objet d'immenses palabres, et il est de bon ton de conclure qu'il faut tout régler par la négociation, la communication et la psychologie étant considérées comme des moyens sûrs et efficaces.

Alors le monde progresse-t-il ou non ? On le promet, mais on a de la peine à le voir.

 

Et la Bible, que dit-elle sur ces sujets ?

 

Les prophéties de Daniel donnent de la lumière sur le sujet.

Depuis le temps où Dieu a retiré au peuple d'Israël sa domination terrestre (prise de Jérusalem par le roi de Babylone et chute de la royauté et déportation du peuple) à cause de ses péchés, Dieu a permis que des empires se développent contrôlant un grand nombre de pays, dont la Palestine. Au temps d'Assuérus, sa domination couvrait 127 provinces, de l'Inde à l'Éthiopie (Esther 1:1). Selon ce que présente Daniel (ch. 7) on a vu se succéder 4 empires : Babylone, les Mèdes et les Perses, la Grèce, puis Rome. L'empire romain a eu une éclipse pendant toute la période chrétienne qui a constitué une sorte de parenthèse, comme si l'histoire reprenait ensuite là où elle s'était « arrêtée » (Dan. 9:23-27 ; Apoc. 13 et 17). On comprend d'après ces diverses prophéties que cet empire renaîtra, ce dont la constitution de l'Europe paraît bien être la concrétisation de ce que la Bible annonce.

Nous passons brièvement sur ces questions sans prendre le temps de justifier tous les détails explicatifs. On les trouve ailleurs et ce n'est pas le but de cet article.

Si le ch. 7 de Daniel voit divers empires se succéder les uns aux autres, le ch. 2 y montre une unité. C'est comme si la terre était dominée par une seule puissance, l'homme (vu par Daniel sous forme d'une statue), cette puissance prenant la forme d'une succession de 4 royaumes correspondant respectivement à 1) la tête, 2) la poitrine et les bras, 3) le ventre et les cuisses, 4) les jambes et les pieds — c'est Daniel qui donne les explications. La qualité et la valeur de ces royaumes se dégradent, passant de l'or (1), à l'argent (2), puis à l'airain (3) et enfin à un mélange de fer et d'argile (4). L'histoire se termine par une petite pierre lâchée sans main, qui heurte la statue, la renverse et la détruit, et tout est remplacé par le royaume du Dieu des cieux, un royaume qui demeure à toujours.

 

De toutes ces prophéties un peu complexes (mais claires pour ceux qui soumettent leur cœur à ce que Dieu dit), il ressort trois points qui nous intéressent ici :

a)                     l'histoire de l'homme voit au temps de la fin un empire unique ayant la domination sur la terre. Cette domination de l'homme ne s'achève que par une destruction totale par Dieu, avec remplacement par le royaume de Dieu.

b)                     La qualité des puissances mondiales ne va pas en s'améliorant mais en se dégradant, et la dernière puissance de l'homme est totalement hétérogène, faite d'éléments incompatibles, ce qui n'empêche pas cette puissance de subsister. Daniel nous dit qu'elle est comme les pieds de la statue : divisée, et constituée d'un mélange de fer et d'argile, sans que ces matériaux adhérent l'un à l'autre ; il y a en partie la dureté et la force du fer, en partie la fragilité de l'argile (Daniel 2:41-43).

c)                     Le ch. 7 de Daniel qui parle de ces mêmes empires ou royaumes sous leur aspect moral, souligne le caractère effrayant du dernier empire dans sa dernière forme. Différent de tous ses prédécesseurs (Daniel 7:7), il se distingue par sa grandeur, sa puissance, sa complexité, sa force, son aspect effrayant et terrible, extraordinairement terrible, est-il même dit en Daniel 7:19. On note spécialement l'expression significative, deux fois répétée : « elle dévorait et écrasait, et ce qui restait, elle le foulait aux pieds » (Daniel 7:7, 19). Daniel 2:40 donne un autre aspect : fort comme le fer, il broie et écrase tout.

 

Bien que nous soyons convaincu que les événements que nous voyons aujourd'hui ne sont pas un accomplissement de la prophétie, et qu'aucune date ne doit être fixée pour cet accomplissement (la prophétie ne reprenant son cours qu'après le retour de Christ pour enlever son Église), il n'en reste pas moins qu'on peut bien voir aujourd'hui une préparation et une mise en place des événements futurs. C'est en cela qu'une vision du monde sous l'éclairage biblique est intéressante, et permet de comprendre ce qui se passe, le sens de l'histoire et le caractère moral des choses.

 

Toute une série d'enseignements nous sont donnés par ces écrits bibliques.

1.                     Le premier point nous montre une puissance unique dominant la terre. Les hommes crient contre la mondialisation et tentent d'agir à son encontre. Selon ce qu'on voit de Daniel, il ne faut pas s'étonner de cette mondialisation, et il y a tout lieu de penser qu'elle ne fera que s'accentuer et se centraliser. On peut freiner, lutter contre, mais ça ne changera pas ce qui est annoncé comme résultat final.

2.                     Il ne faut pas voir cette domination seulement comme une puissance par rapport à d'autres pays qu'elle asservirait. Les caractères moraux et destructeurs décrits sont aussi terribles pour les habitants eux-mêmes de ce dernier empire (qui correspond au monde occidental). La paix finale vient de Dieu, non pas de l'homme, et en balayant ce que l'homme a construit.

3.                     La puissance dominant le monde à la fin est terrible, dure, écrasante et dévorante. On est loin de toutes les notions de progrès de l'humanité et de la civilisation. Ne nous faisons pas d'illusion sur tous les efforts d'aménagements, de concertation du monde, d'état de droit etc. La bonté est par Dieu et non par l'homme, dont le cœur est trompeur par-dessus tout et incurable (Jér. 17:9).

4.                     L'argile mêlée avec le fer donne une image tellement significative de la fracture sociale. Il n'y a pas d'adhérence, l'hétérogénéité et l'incompatibilité demeurent; malgré cela, la force du fer subsiste ainsi que la fragilité et l'hétérogénéité de l'argile, et l'ensemble reste à former un tout fonctionnant ensemble ! — Ne nous étonnons pas de voir, dans nos pays, des forces totalement opposées se dresser les unes contre les autres, des partis dits religieux ou politiques pousser la violence contre le reste du pays qui aspire à une certaine paix — une paix forcément illusoire puisque sans Dieu. On comprend que cela durera jusqu'à la fin. Si étonnant que cela soit, les conflits civils persistent, et malgré leur effet affaiblissant pour les pays, ils co-existent avec l'exercice d'un pouvoir fort. Le monde poursuit son train malgré le désordre et malgré les promesses qu'on fait.

5.                     Il n'y a qu'une fin : celle de Dieu qui balaie tout ce qui est de l'homme et met en place son royaume. C'est alors seulement que la justice et la paix pourront co-exister, ainsi que la bonté et la vérité (Ps. 85:10), ainsi que la prospérité écologique (És 11 et 35 ; Éz. 47).

6.                     La foi ne compte pas sur l'homme mais sur Dieu, selon Jérémie 17 : « Maudit l'homme qui se confie en l'homme… Béni l'homme qui se confie en l'Éternel ». La foi ne se tourmente pas des désordres du monde, sachant que les efforts des hommes sont vains, mais elle sait qu'elle peut jouir de la paix de Dieu déjà maintenant, comme Jésus l'a promis (Jean 20:20-21). Cependant la paix de Dieu maintenant pour le croyant n'est pas la paix dans le monde.