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Quelques pensées sur les épîtres de JEAN

 

Auteur Inconnu - Notes prises dans es conférences

 

Ces notes ont été prises à des Conférences qui eurent lieu à Tonneins pendant l’été et l’automne de 1904. La première partie est un résumé assez écourté de conférences tenues en d’autres localités.

La deuxième partie, chapitres 4 et 5, a été écrite par C. V.

ME 1906 p. 281 jusqu’à ME 1907

Table des matières détaillée :

1     Première épître de Jean

2     Deuxième épître de Jean

3     Troisième épître de Jean

 

Table des matières détaillée :

1     Première épître de Jean

1.1     Chapitre 1 et 2:2

1.2     Chapitre 2:3-12

1.3     Chapitre 2:13-27

1.4     Chapitre 3

1.5     Chapitre 4

1.6     Chapitre 5

2     Deuxième épître de Jean

3     Troisième épître de Jean

 

1                    Première épître de Jean

 

Cette épître est particulièrement précieuse pour confondre les faux docteurs, ces « plusieurs antichrists » de la « dernière heure », avec lesquels les chrétiens sont aux prises dans le temps actuel ; mais tel n’est pas son but spécial. Vous y trouvez aussi ce qui distingue dans ce monde la famille de Dieu et la famille du diable, distinction d’une grande importance pour nous ; mais ce n’est pas encore le vrai but de l’épître. Voici en quoi il consiste :

L’évangile de Jean nous présente la manifestation de la vie éternelle, de la vie divine, sur la terre, dans la personne de Christ, de la Parole faite chair. La première épître de Jean nous présente la reproduction de cette vie, de la vie éternelle dans le chrétien, en remontant toujours pour la définir à son origine et à sa parfaite manifestation en Christ sur la terre. Mais remarquez que cette épître n’a pas pour but de nous présenter des abstractions ; elle a au contraire une portée éminemment pratique. Elle nous enseigne à distinguer en nous ce qui est la nature de Dieu et ce qui est du diable. Elle prend le chrétien comme possédant la vie éternelle et ayant en même temps la chair en lui, et tire entre ces deux natures une ligne de démarcation tellement absolue, que notre conscience est nécessairement en jeu et que nous sommes conduits à juger journellement nos pensées et nos voies. Le but est donc, je le répète, essentiellement pratique ; c’est ce dont nous avons un besoin croissant dans les jours où nous vivons. Il ne suffit pas de connaître nos privilèges, nos rapports avec Dieu, la vie qui nous a été communiquée, et le Saint-Esprit qui en est la puissance. La question est de savoir si nous mettons notre vie individuelle d’accord avec les privilèges que nous possédons. Cette épître, en nous apprenant à nous juger sans restriction, à n’accepter aucun compromis avec la chair ou avec le monde, et en portant nos regards vers Celui qui est la source même de notre vie, est une puissante exhortation à remplir les obligations, que cette vie nous impose.

 

1.1   Chapitre 1 et 2:2

Le verset 1 nous fait remonter aux choses qui ont été entendues, vues, contemplées et touchées dès le commencement, et cela sans qu’elles n’aient éprouvé aucun changement. C’est également l’opposé de tout ce que nous entendons dire autour de nous. Le christianisme s’est développé, dit-on. Non pas. La vie éternelle a été manifestée dans une personne, la Parole faite chair, et c’est à cela que Jean nous ramène toujours. Cette vie nous a été manifestée, puis communiquée, mais, dès le commencement la perfection de cette vie est absolue, car elle est inséparable de Lui. Il ne peut y avoir de développement de la vie de Christ, car cette vie, c’est lui-même.

La vie éternelle tend toujours à se communiquer. La vie et la lumière sont inséparables. Dans la nature, le soleil produit la vie ; une plante ne peut germer et vivre sans lumière. Il en est de même dans le domaine spirituel.

(v. 2). L’apôtre dit : La vie éternelle nous a été manifestée. Ce « nous » est apostolique. La vie éternelle est, sans doute, une vie qui n’a pas de fin ; mais, bien plus, c’est une vie qui nous met en rapport de nature, de pensées, de désirs avec Dieu, qui nous rend capables de le connaître et de jouir de Lui.

L’immense fait qui caractérise le christianisme, c’est que cette vie éternelle nous a été communiquée. Dans les deux derniers chapitres de cette épître, l’apôtre montre que notre vie ne peut être indépendante ou exister séparée de celle de Christ. Cette vie qui nous est communiquée est en rapport avec sa source, qui est en Christ seul. Mon petit doigt vit. Coupez-le, il meurt, parce qu’il n’est plus en rapport avec sa source. Le chrétien est uni à Christ et doit lui rester uni par l’Esprit. La venue de cette vie éternelle dans le monde avait pour but de se communiquer à de faibles êtres comme nous, en se faisant connaître et en se donnant à eux.

J. G. — Y a-t-il une différence entre « vie » et « vie éternelle » dans ce passage ?

R. — C’est la même chose. Le but de cette vie est double (v. 3). Les apôtres avaient été mis en possession de la vie éternelle, non seulement pour entrer en relation avec Dieu, mais pour avoir communion avec Lui. Un frère a défini la communion : « Part et jouissance avec ». Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Nous avons communion de pensées, de joie, de bon plaisir avec le Père dans le Fils, avec le Fils dans le Père. Nous avons aussi communion avec les apôtres, part avec eux dans ce qu’ils avaient vu et entendu, en sorte que nous pouvons dire : Nous aussi nous avons vu, non pas de nos yeux comme Thomas, mais par la foi.

Le premier effet de cette vie a donc Dieu pour objet (Chap. 1). Au chapitre 2, nous trouvons un second point ; c’est que cette vie nous a été communiquée afin que nous la manifestions devant le monde par des fruits qui en soient la réalisation pratique. Cette vie doit porter des fruits que le monde puisse voir. Il ne peut voir ma communion, il peut voir mes fruits. Ces fruits sont détaillés dans le chapitre 2.

(v. 4). Nous voyons ici le but de l’apôtre en nous écrivant ces choses : « Afin que votre joie soit accomplie ». Le chrétien possède la même joie que Christ. La vie éternelle lui donne la communion, et le résultat en est une joie accomplie. En Jean 15:11, nous trouvons la joie accomplie dans l’obéissance ; en 16:24, dans la dépendance ; en 17:13, dans les relations ; enfin, en 1 Jean 1:4, dans la communion. La communion lie les chrétiens les uns avec les autres et sépare de ce monde toute la famille de Dieu (v. 7).

(v. 5). Après avoir parlé de la communion, l’apôtre a un message à communiquer, savoir que Dieu est lumière. Avec la communion, l’état de nos âmes doit être pratiquement en rapport avec le caractère de Dieu. L’apôtre réduit à néant toutes les prétentions des chrétiens à jouir de la présence de Dieu, sans que leur état moral y corresponde.

Notre relation avec Dieu n’est pas détruite quand nous nous conduisons mal. Je peux avoir un enfant qui me fait honte ; cela l’empêchera-t-il d’être mon enfant ? Ainsi la conduite ne rompt pas la relation, mais elle rompt la communion avec le Seigneur de la manière la plus absolue. Il suffit d’une pensée mauvaise, d’une convoitise d’une minute pour que le courant de la communion soit interrompu. Dieu, dans sa grâce, peut nous restaurer immédiatement, mais si l’interruption est durable, il faut souvent tout un travail de son Esprit pour que le courant soit rétabli. Du moment que j’abandonne le terrain de la sainteté pratique, je ne puis être en communion avec Dieu ; une chose est alors absolument nécessaire, c’est de confesser mon péché, seule ressource pour être restauré. Le pardon nous ramène à la communion. « Il est fidèle, et juste pour nous pardonner  nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (v. 9). Au chapitre 2, verset 1, nous apprenons comment le chrétien peut être pardonné ; au chapitre 1, verset 7, comment il peut être purifié.

Il nous arrive facilement, quand nous sommes dans un mauvais état d’âme, de continuer à agir et même d’exhorter les autres à une sainteté que nous-mêmes ne réalisons pas. Un état pareil nous conduit nécessairement sous la discipline du Seigneur. Jésus était un homme qui réalisait parfaitement ce qu’il disait et annonçait. Toi, qui es-tu ? lui disent les Juifs. Il leur répond : « Absolument ce qu’aussi je vous dis ». Par grâce, nous possédons la même puissance que Lui, mais nous n’avons pas à nous contenter de la manière dont nous la manifestons ; nous devons nous diriger selon la manière dont elle est manifestée en Christ. La ressource, quand nous avons manqué à cette réalisation, est toujours auprès du Père pour nous, toujours parfaite, dans la personne de Jésus-Christ le juste, notre avocat, qui est là, devant Dieu, sur la base de la propitiation (2:1). Son intercession est constante ; nous avons un avocat ; il ne l’est pas seulement quand nous avons péché. Notre ressource auprès de Dieu est donc toujours parfaite ; Dieu a devant Lui notre avocat dans sa justice personnelle et dans la propitiation qu’il a accomplie ; la question est réglée entre Lui et le Père, mais il faut qu’elle se règle aussi entre Lui et nous ; son travail regarde, pour ainsi dire, de notre côté. Il s’abaisse pour nous laver les pieds et accomplit souvent dans notre âme une œuvre qui coûte beaucoup de temps et de peine, comme nous le voyons dans l’histoire de Pierre, à la fin de l’évangile de Jean.

Un chrétien ami du monde peut passer sa vie entière sans se douter seulement de ce que c’est que la communion avec Dieu. En un jour de grandes prétentions spirituelles comme le nôtre, on entend dire : « Je suis en communion habituelle avec mon Sauveur ». Ceux qui parlent ainsi ne connaissent pas le premier mot de la communion.

L’expression « demeurer en Lui », si fréquente dans les écrits de Jean, signifie réaliser pratiquement la communion avec Lui et avec les choses qu’il nous a communiquées.

G. — Est-ce que l’état décrit au verset 6, s’applique au chrétien ou à un homme loin de Dieu ?

R. — L’apôtre dit : Nous. Il considère les choses dans le cœur du chrétien et remonte de là à leur source. La vie éternelle, nous la possédons dès le commencement en Christ ; la mauvaise nature, nous l’avions déjà en nous. L’apôtre m’amène à faire la différence entre ces deux natures afin que, si je découvre des ténèbres dans mon cœur, je dise : c’est du diable, et que je m’en sépare. Il fait en même temps la distinction entre mes paroles (« Si nous disons » : v. 6, 8, 10) et ce qu’il y a dans mon cœur, car il faut que notre état corresponde à notre profession.

G. — L’apôtre dit (v. 6) : « Nous ne pratiquons pas la vérité ». C’est la marche de l’homme naturel.

R. — Il met en lumière les prétentions d’un homme qui dit être en communion avec Dieu et qui marche dans les ténèbres. Il applique la chose au chrétien lui-même, afin qu’il apprenne « à ne pas pécher » (2:2). Dans l’épître de Jacques, nous trouvons quelque chose de semblable. Le chrétien, ayant la Parole et une nature nouvelle pour l’accomplir, il peut y avoir en lui l’action d’une volonté qui le fait pécher et que Dieu juge. Au fond, c’est la pensée de la 1ière épître de Jean.

On peut dire que la première division de l’épître se termine au verset 2 du chapitre 2. Le sujet est complet et comprend de fait toute la doctrine de l’épître : d’abord ce qu’est la vie éternelle qui nous a été communiquée ; puis le but pour lequel elle nous a été communiquée : communion et joie accomplie (v. 1-4). Ensuite vient un message pour nous faire connaître la nature du Dieu avec lequel nous sommes en communion, et comment un être faillible peut avoir part à cette dernière (v. 3-10). Enfin, le moyen employé de Dieu pour la maintenir ou la rétablir (2:1-2).

L’apôtre leur avait écrit de la communion, afin que leur joie fût accomplie, il y ajoute ensuite un message sur la nature de Dieu, qui est lumière, afin qu’ils ne pèchent pas. C’est ce que signifient les mots : « Je vous écris ces choses », au verset 4 du chapitre 1 et au verset 1 du chapitre 2. Il dit : « Si quelqu’un a péché », chose anormale, abominable en elle-même, contredisant absolument le but que poursuit l’apôtre. « Si quelqu’un a péché, nous avons » non pas : « Si quelqu’un pèche il aura « un  avocat ». La question est réglée entre Christ et Dieu, mais reste encore à régler entre Christ et nous. Son intercession a précédé notre chute (« J’ai prié pour toi », dit-il à Pierre, « afin que ta foi ne défaille pas »). Elle a donc aussi précédé notre retour à Dieu, aussi ne dit-il pas : S’il se repent, il aura un avocat, mais : « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat ».

La justice divine nous a placés dans la lumière comme Dieu y est, mais voici que nous péchons, et la communion est interrompue. Notre ressource, c’est que Christ est notre représentant devant Dieu. Sa justice n’est pas diminuée par notre injustice, ni la valeur de la propitiation par notre péché, et en vertu de ces deux choses, la grâce agit pour nous faire retrouver la communion par la confession de nos péchés et la repentance.

P. — Quelle est la portée du verset 8 du chapitre 1 ?

R. — C’est, hélas ! une assertion qu’on n’entend que trop dans la chrétienté de nos jours. On proclame que depuis plus ou moins longtemps on a atteint la perfection ici-bas ; un état dont on est soi-même satisfait. Cette fausse doctrine a été préconisée par le méthodisme. On se déclare parfait un jour ; souvent, il est vrai, on est perdu le lendemain. Celui qui a la prétention de n’avoir pas de péché, se séduit lui-même, et la vérité n’est pas en lui, c’est-à-dire la pensée de Dieu liée à la nature nouvelle et montrant les choses telles qu’elles sont.

Au verset 10, nier qu’on ait péché, va plus loin ; c’est le comble de la folie, c’est déclarer que Dieu est menteur, et mépriser sa Parole qui dit le contraire.

S. — Un chrétien ne peut-il pas dire, dans un certain sens, qu’il n’a plus de péché ?

R. — Non, car ce serait la proclamation, faite par le chrétien lui-même, d’une perfection en lui. S’il s’agit de nos péchés, Dieu déclare qu’en vertu de l’œuvre de Christ, ils n’existent plus pour Lui et qu’il ne s’en souviendra plus jamais. C’est notre position devant Dieu, mais en nous-mêmes c’est autre chose ; Jacques déclare que « nous faillissons tous à plusieurs égards » (Jacques 3:2), c’est la constatation du fait ; tandis que Jean nous dit (2:1) que la nécessité de ne plus pécher nous appartient.

G. — Jean voudrait que nous ne fussions occupés que de Christ. Nous ne devons pas dire : Je n’ai pas de péché, et cependant nous ne devons pas pécher. Nous possédons la vie éternelle et nous marchons dans la lumière comme lui-même est dans la lumière, afin que nous ne péchions pas.

R. — Il est nécessaire de faire remarquer ici que « marcher dans la lumière » ne signifie pas marcher selon la lumière et n’est pas une condition posée à notre purification par le sang de Christ, comme les « perfectionnistes » l’ont prétendu jadis ; mais « marcher dans la lumière, comme Lui-même est dans la lumière », est le caractère de notre position comme possédant la nature divine. Cela sépare de ce monde la famille de Dieu, en sorte que nous avons communion les uns avec les autres. Le Seigneur exprime dans l’évangile de Jean (8:12) cette même vérité quant à notre position, par ces mots : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie ».

P. — Jacques ne laisse-t-il pas supposer qu’on ne peut faire autrement que de pécher ?

R. — Dans Jacques, c’est une constatation. Qui d’entre nous oserait venir dire : Je ne manque pas en plusieurs manières ?

 

1.2   Chapitre 2:3-12

Dans cette épître les sujets se lient constamment l’un à l’autre, en sorte qu’il est souvent difficile de dire où un sujet finit et où l’autre commence. Les versets qui nous occupent en sont un exemple. Le sujet précédent est complet en lui-même, mais cette vie éternelle que nous possédons ne peut être connue du monde que par ses fruits, ne peut être prouvée devant lui que de cette manière. De là les versets 3 à 12. Le chapitre 3 reprendra ce sujet à un autre point de vue.

Dans les versets qui nous occupent, nous voyons deux caractères de la vie éternelle, l’obéissance et l’amour. Ces caractères sont toujours considérés dans cette épître comme étant ceux de Christ, car il est cette vie éternelle en personne, et par conséquent la vie en nous ne peut être que la sienne. De là provient, quand il parle de nous, l’absolu des déclarations au sujet des fruits de cette vie. Notre vie ne peut être autre chose que parfaite. « Celui qui dit demeurer en Lui, doit lui-même aussi marcher comme Lui a marché ».

G. — Quelle différence y a-t-il entre l’obéissance et la marche ?

R. — La marche va plus loin que l’obéissance. C’est la conduite en général. Elle est caractérisée par une dépendance complète (outre l’obéissance et l’amour) (cf. Éphésiens 5:2). Le chapitre 9 des Nombres illustre bien cette dépendance dans la marche. La nuée se levait, ils partaient ; la nuée s’arrêtait, ils s’arrêtaient ; la nuée demeurait, ils campaient. Dans ce passage des Nombres (9:15-23), ces mots sont répétés plusieurs fois pour montrer ce qu’est une dépendance habituelle du Seigneur. Le mouvement ou le repos de la nuée était le commandement de Dieu pour Israël. Israël « gardait ce que l’Éternel lui avait donné à garder » (v. 19). Il en fut de même de Christ, le vrai Israël, vis-à-vis de Dieu. Le secret de notre marche, c’est la présence du Seigneur avec nous. Pour réaliser cette dépendance, il nous suffit d’avoir les yeux fixés sur sa personne, comme Israël, qui se dirigeait pour sa marche d’après la nuée, signe manifeste de la présence personnelle de l’Éternel avec son peuple.

Outre l’obéissance et la dépendance, la confiance est un des éléments indispensables de notre marche. La vie tout entière de Christ comme homme ici-bas se résume dans cette parole : « Je me suis confié en Lui ». Nous trouvons continuellement dans les Psaumes la confiance caractérisant sa marche à Lui et aussi celle des fidèles.

G. — Dans l’histoire de la résurrection de Lazare (Jean 11), on peut trouver trois choses en rapport avec la dépendance du Seigneur. Il lui fallait aller (v. 4) mais il y avait le moment pour aller (v. 6, 15), et la confiance pour aller (v. 8, 9).

R. — Nous avons vu que si nous possédons la vie éternelle en Christ, il faut qu’elle se manifeste et soit prouvée par certains caractères, sinon elle n’existerait pas. Si je marche dans la désobéissance, puis-je prétendre posséder la vie ? Cela fait tomber immédiatement toutes les fausses prétentions d’une profession sans réalité. De là viennent ces mots si souvent répétés dans ces chapitres : « Si nous disons » ; « celui qui dit ». Il faut de la réalité dans la vie chrétienne ; sans réalité pratique, notre christianisme ne vaut rien du tout ; il n’est pas la manifestation de la vie éternelle. Si nous ne manifestons pas celle-ci, nous manifesterons la vie de la chair et pas autre chose.

Jean nous place devant des axiomes absolus, non pas afin de nous faire douter que nous avons la vie éternelle, car il dit à la fin de l’épître : « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle », mais afin que nous apprenions à discerner en nous-mêmes, en remontant à leur source, ce qui est le fruit de la vie éternelle et de la vie de la chair (*).

 

(*) Le mot « nous savons » est dans toutes les épîtres le terme spécifique de la certitude chrétienne. Chose remarquable, il revient quatorze fois dans cette courte épître de Jean.

 

Il faut pour cela la parole de Dieu, parce qu’il nous est impossible de nous juger par nous-mêmes. L’apôtre n’admet pas de mélange ; la nature divine ne peut se mélanger avec la nature pécheresse en nous. Sans la Parole, nous serions disposés à admettre continuellement la possibilité de ce mélange, nous faisant illusion sur notre véritable état.

G. — Quelle différence y a-t-il entre garder ses commandements (v. 4) et garder sa Parole ? (v. 5).

R. — Les commandements sont l’expression de Sa volonté, la Parole, l’expression de toute sa pensée. Les commandements sont aussi les détails de la manifestation de la vie éternelle, la Parole en est l’ensemble. Du moment que nous gardons sa Parole, nous gardons l’ensemble de la vie divine, aussi est-il ajouté : « En lui l’amour de Dieu est véritablement consommé ».

G. — Quelle différence y a-t-il entre les commandements (v. 3) et le commandement ? (v. 7).

R. — Il n’y a pas proprement de différence, seulement nous avons un commandement qui prime tous les autres, c’est l’amour. Il y a d’autres commandements, la sainteté, la justice, etc., mais le commandement prééminent est l’amour. Il comprend tous les commandements de la loi et les résume, comme nous le voyons en Romains 13:8-10.

Il n’y a que deux mots qui expriment la nature même de Dieu, ce qu’il est. Il est lumière et il est amour. Les autres expressions sont ses attributs. Il est dit : Dieu est saint, et non pas Dieu est sainteté ; Dieu est juste, et non pas Dieu est justice.

(v. 7). Le commandement ancien était dès le commencement ; c’était l’amour en Christ, la pleine manifestation de la vie divine en Lui. L’apôtre ne pouvait pas leur écrire un commandement nouveau, il n’y avait rien au delà du commandement ancien qui était l’amour. Le fait de la venue du Seigneur dans ce monde était la manifestation de l’amour. Du moment où le petit enfant est dans la crèche, l’amour de Dieu est là. C’est comme une fleur qui s’ouvre. Si je veux connaître l’amour dans la plénitude de sa manifestation, je regarde à la croix où il a « éclaté ». Le commandement ancien était la Parole qu’avaient entendue ceux auxquels l’apôtre s’adressait. Elle était la parole de Dieu, la pleine révélation de ce que Dieu était, de ce que Christ était, Lui qui pouvait dire : « Je suis absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8:25), la pleine révélation de l’amour.

(v. 8). Après avoir écrit un commandement ancien, l’apôtre écrit encore une fois un commandement nouveau, non pas qu’il y ait quelque chose de nouveau à ajouter au premier, mais parce que cette nature divine dont il parle nous a été communiquée. Ce commandement est nouveau, dans ce sens que nous possédons maintenant cette vie éternelle qui était d’abord dans son isolement en Christ et qui est venue se manifester à nous. Cette vie porte immédiatement son fruit qui est de nous aimer les uns les autres. Nous le savons ; rien ne peut être comparé à ce lien, car il est la nature même de Dieu ; quand nous nous rencontrons dans ce monde, nous éprouvons bien vite ce qu’il a d’indestructible. Le monde ne le connaît pas, bien au contraire, car ce qui caractérise ce dernier c’est : « Haïssant Dieu et nous haïssant les uns les autres ».

L’apôtre ajoute : « Ce qui est vrai en lui et en vous ». La vérité de la nouvelle nature qui est amour est aussi réelle en nous qu’en Lui. Et il ajoute : « Parce que les ténèbres s’en vont et que la vraie lumière luit déjà ». Dieu est amour et lumière ; nous ne pouvons avoir l’un sans l’autre.

G. — Tout ce qui est dit dans ces chapitres suppose la foi. Nous trouvons à la fin de l’épître l’assurance que nous possédons la vie éternelle, parce que nous croyons au Fils.

R. — La chose est sous-entendue dans ces premiers chapitres parce que, du moment que la vie est manifestée, elle ne peut autrement que se donner et se communiquer.

(v. 9). Nous voici de nouveau en présence des prétentions. Quelqu’un dit être dans la lumière et hait son frère : il est dans les ténèbres jusqu’à maintenant. Comme cela nous juge ! S’il y a dans nos cœurs vis-à-vis de nos frères autre chose que l’amour (n’oublions pas cependant que le vrai amour est inséparable de la vérité) ; s’il y a de l’animosité, des sentiments de haine, « les ténèbres ont aveuglé nos yeux ».

G. — Au verset 10, on voit que, lorsque l’amour est vrai, le chemin est parfaitement illuminé. C’est ce qu’on trouve en 1 Thessaloniciens 3:12-13. Si quelqu’un manifeste l’amour, il n’y a point en lui d’occasion de chute. Le vrai amour ne va pas sans la lumière ; « l’amour se plaît avec la vérité ».

R. — Au verset 12 : « Je vous écris, enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés par son nom », ne se lie pas au verset suivant, mais termine la partie du sujet que nous venons de considérer. Ce verset nous montre que cette épître ne s’adresse pas à d’autres qu’aux enfants de Dieu ; c’est avec eux, non pas avec le monde que l’apôtre a affaire. Cela est très important, car on voit continuellement appliquer des passages de cette épître, tels que 1:9, par exemple, à des inconvertis ; on substitue ainsi la confession des péchés à la foi, et l’on détruit dans les âmes la vraie connaissance de l’Évangile. Notez que cette épître ne s’adresse pas, comme on est porté à le croire, à des chrétiens particulièrement avancés, mais à tout enfant de Dieu, quel qu’il soit, ce mot « enfant » embrassant tous les chrétiens. On dit que cette première épître de Jean est difficile à comprendre, et cependant elle est écrite à ceux qui ont tout simplement le pardon de leurs péchés, c’est-à-dire qui possèdent la première des choses que l’œuvre de Christ confère à l’âme !

 

1.3   Chapitre 2:13-27

Ces versets constituent une parenthèse, le verset 28 se reliant directement au verset 12. Cette parenthèse est très importante. Si elle n’existait pas, on pourrait croire que tous les « enfants » sont tenus d’être au même niveau de connaissance ou de manifestation de la vie éternelle. Dans cette famille, constituée par les « enfants » du verset 12, l’apôtre établit trois classes, dans chacune desquelles la manifestation de la vie sera différente et les dangers différents. Un petit enfant ne peut manifester la vie qu’il possède, comme le ferait un père, mais il doit se développer spirituellement, et ce développement doit aller jusqu’à la mesure de la pleine stature de Christ. La vie doit être nourrie. Une plante non arrosée, perd ses fleurs et ses feuilles et paraît morte ; arrosée elle reprend vie et croissance.

Un petit enfant connaît le Père (la relation) ; un jeune homme est entré dans le combat ; un père a la connaissance intime de Christ.

Rd. — N’y a-t-il pas des cas où manque ce développement spirituel ?

R. — Parfaitement. Dans les Hébreux, à la fin du chapitre 5, où l’apôtre parle de cette chose si élevée, la connaissance d’un Christ céleste, il ajoute : « Au sujet duquel nous avons beaucoup de choses à dire, et qui sont difficiles à expliquer, puisque vous êtes devenus paresseux à écouter. Car lorsque vous devriez être des docteurs, vu le temps, vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne quels sont les premiers rudiments des oracles de Dieu, et vous êtes devenus tels, que vous avez besoin de lait et non de nourriture solide ». Il y a là un état rétrograde, On voit cela dans la nature : pour cause de maladie, un petit enfant qui marchait déjà, désapprend de marcher, et c’est tout à recommencer.

Mais on trouve autre chose encore, et ce cas est extrêmement fréquent ; il peut y avoir arrêt de développement. Un petit enfant cesse de se nourrir normalement et par conséquent d’augmenter de taille et de poids. Cela peut être momentané, mais il en est qui restent des nains toute leur vie. L’apôtre dit aux Corinthiens : « Je n’ai pas pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants en Christ. Je vous ai donné du lait à boire, non pas de la viande, car vous ne pouviez pas encore la supporter, et même maintenant encore vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore charnels » (1 Corinthiens 3:1-2). Les Corinthiens étaient restés à l’état de tout petits enfants ; l’apôtre n’avait pu leur parler que de Jésus-Christ et de Jésus-Christ crucifié, et non pas de Jésus-Christ dans la gloire, parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était que leur vieil homme crucifié avec Christ.

La chose est très différente en 1 Pierre 2: « Désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut » (v. 2). Ici, ce n’est pas un blâme, ce n’est ni un arrêt de développement, ni un retour en arrière, mais l’état normal de tous les chrétiens. Le lait est le seul aliment complet ; la Parole est ce lait par lequel un homme peut croître jusqu’à la mesure de la stature de la plénitude du Christ. Nous savons que nous n’y atteindrons pas ici-bas, mais nous avons à ne jamais nous arrêter avant de l’avoir atteinte dans la gloire, en sorte qu’au moment de déloger, nous puissions dire comme autrefois un fidèle serviteur de Dieu : « Cela fait si peu de différence ! »

Rd. — Il est le modèle, le but à atteindre.

R. — Quand nous serons avec le Seigneur dans la gloire, nous aurons atteint une chose que nous n’avions jamais connue auparavant ; nous Lui serons conformes. Je ne parle pas de l’état de l’âme après la mort qui est intermédiaire et incomplet, mais d’être avec nos corps glorifiés, auprès de Lui. Dans ce monde, nous ne lui sommes jamais conformes, mais nous pouvons être transformés à son image de gloire en gloire, de la reproduction d’une perfection de Christ, à la reproduction d’une autre, et nous n’arriverons au bout de cette transformation que lorsque nous Lui serons semblables, quand nous le verrons comme il est.

(v. 13). Aux pères, il est dit : « Vous connaissez celui qui est dès le commencement », c’est-à-dire dans sa manifestation comme la Parole faite chair, comme homme ici-bas, au commencement du christianisme. Qu’est-ce que connaître celui qui est dès le commencement ? C’est avoir comme objet, le Seigneur Jésus venu pour manifester et communiquer la vie éternelle, le connaître, Lui, posséder la même vie que Lui, et être capable de la reproduire dans ce monde. À cela il ne reste rien à ajouter. Tous nos cœurs doivent tendre à cette connaissance de Christ qui a manifesté Dieu et la vie éternelle dans toute sa marche depuis le commencement. « Celui qui est dès le commencement » : Le verbe être est l’expression de la divinité : « Je suis Celui qui suis ». Chaque fois que vous trouvez dans la bouche du Seigneur ce mot : « Je suis », vous rencontrez Dieu.

Quand Paul dit : « Marchez… suivant le modèle que vous avez en nous » (Philippiens 3:17), il est un père, le modèle d’un homme qui n’a que Christ pour objet. Jean en est aussi un exemple. Connaître Celui qui est dès le commencement, c’est surtout la connaissance intime de sa personne. À mesure que les chrétiens avancent vers l’état de pères, ils donnent le bel exemple d’être occupés principalement de la personne de Christ. Sous ce rapport, leur christianisme se simplifie de plus en plus. Celui qui est dans le combat doit s’occuper de questions diverses. C’est le cas des jeunes gens. On verra ces derniers entrer plus particulièrement dans les questions de doctrine telles qu’elles sont exposées dans les épîtres. Les évangiles et les psaumes sont plus particulièrement les livres des pères ; les premiers nous montrent  Christ dans sa vie extérieure de sainteté, de confiance, d’obéissance, de dépendance, de puissance, d’humilité, de dévouement, d’amour ; les seconds nous parlent de ce qui se passait dans son cœur vis-à-vis de Dieu.

S. — N’y a-t-il pas beaucoup de ressemblance entre ce qui est dit des pères et des petits enfants ?

R. — Nullement. L’état des petits enfants est élémentaire, c’est la connaissance première qui suit la foi, la connaissance de leur relation avec le Père. Chez les pères, nous trouvons la connaissance de la personne de Christ venu en chair.

B. — Est-ce que tous les petits enfants peuvent aspirer à devenir des pères ?

R. — Sans doute ; tout soldat porte dans sa giberne le bâton de maréchal, mais on ne devient pas un père sans avoir été un jeune homme. Au reste, ce n’est pas de ce développement que parle proprement notre passage. Il établit les trois catégories dont, à l’instar de la famille humaine, se compose la famille de Dieu. Chacune de ces catégories forme un tout en elle-même : on ne peut blâmer un petit enfant d’être un petit enfant. Il serait un phénomène monstrueux s’il avait la faculté de raisonner, d’ordonner, d’enseigner, de reprendre ; ce que l’on trouve chez le chef de famille ; seulement, comme nous l’avons dit, il ne doit pas y avoir arrêt dans sa croissance. Il est dit de Jésus enfant : « L’enfant croissait et se fortifiait », et encore : « Jésus avançait en sagesse et en stature ». Mais l’apôtre insiste sur ce fait que la vie éternelle se manifeste d’une manière différente suivant ces diverses catégories spirituelles, et que ceux qui la possèdent ont suivant leur âge spirituel des dangers différents à courir. Seulement quand il mentionne les pères, il ne parle pas de dangers. Ils sont établis dans une connaissance suffisante pour qu’ils puissent glorifier Dieu, parce qu’ils sont attachés à Christ comme à leur objet. Il n’y a pour eux rien de plus à attendre, sinon de voir le Seigneur.

Rd. — Cette connaissance de la personne, s’étend-elle au delà de ce que le Seigneur a été dans ce monde ? Sa position dans le ciel entre-t-elle dans la connaissance des pères ?

R. — Sans doute, si vous pensez aux épîtres de Paul, mais il ne faut pas les transporter dans les écrits de Jean. Ce dernier nous parle de la manifestation de Dieu et de la vie éternelle sur la terre. Il s’agit de la Parole faite chair qui a habité parmi nous, et de le connaître tel qu’il a été ici-bas pour reproduire ses traits.

Les jeunes gens ont à combattre pour acquérir la connaissance de leurs privilèges et s’y établir. C’est comme Israël qui, ayant passé le Jourdain, avait à combattre pour conquérir le pays en réduisant à néant la puissance de Satan qui s’y opposait : « Vous avez vaincu le méchant ».

Je pense qu’il y a deux caractères du combat chrétien : 1° Prendre possession des lieux célestes. Notre combat est contre les puissances spirituelles qui s’y trouvent et veulent nous empêcher d’entrer dans ce bon pays d’où elles doivent être chassées. 2° Combattre en vue de délivrer nos  frères. S’il y a de l’amour dans nos cœurs, nous n’irons pas partager l’esclavage de nos frères, mais nous chercherons à les en délivrer. C’est ce que fit Abraham à l’égard de Lot quand, avec 318 de ses serviteurs, il combattit et vainquit les armées qui avaient emmené son frère prisonnier. La délivrance d’une âme de ce joug est une chose infiniment précieuse, mais souvent ceux qui se sont habitués au joug, perdent même le désir d’en être délivrés. Toujours leur cœur naturel les y ramène, cela a plus de prix pour eux que Christ et la liberté. « Il nous souvient du poisson que nous mangions en Égypte pour rien, des concombres, et des melons, et des poireaux, et des oignons, et de l’ail ; et maintenant notre âme est asséchée ; il n’y a rien, si ce n’est cette manne devant nos yeux » (Nombres 11:5-6).

Ces chrétiens, quand nous combattons tous pour les délivrer, rejettent nos efforts avec l’assertion que pour eux le combat chrétien consiste à prêcher l’Évangile et rien de plus. Sans doute, le combat de l’Évangile est une chose infiniment précieuse et bénie (Philippiens 1:7, 27, 30), mais l’apôtre combattait tout autant pour l’Assemblée (Colossiens 1:24, 29 ; 2:1).

G. — Est-ce que le deuxième cas, combattre en vue de délivrer nos frères, ne se rattache pas à la ruine ?

R. — Sans doute ; car le peuple de Dieu, autrefois délivré, est maintenant captif des puissances de ce monde.

G. — Quand Paul prêchait dans la synagogue, ceux qui étaient convertis ne pouvaient pas y rester, son action avait pour effet de les en faire sortir.

R. — Dieu a toléré pendant quelque temps un certain mélange chez les chrétiens sortis du judaïsme, mais après leur avoir présenté Christ dans l’épître aux Hébreux, en contraste avec les ombres, il leur fait la sommation finale en disant : « Sortons donc vers Lui, hors du camp ». Les Juifs accusaient Paul de « bouleverser toute la terre habitée », les gentils, de « mettre tout en trouble » quand il annonçait l’Évangile. En général, les chrétiens de nos jours se font une bien pauvre idée de ce que c’est que l’Évangile. Ils le restreignent au pardon des péchés prêché aux païens ou aux notoirement inconvertis. Paul était tout prêt à « annoncer l’Évangile » aux frères de Rome (1:15), et son épître qui va jusqu’au plein affranchissement avec toutes ses conséquences, nous en donne un échantillon. Dans les Colossiens, « l’espérance qui nous est réservée dans les cieux » fait partie de l’Évangile (Colossiens 1:5, 23). Si je voulais définir quelque peu cette chose immense, l’Évangile, il me faudrait dire : L’Évangile, c’est la vérité (quant à nous, quant au monde, quant à Dieu) ; c’est la grâce (la croix et le grand salut qu’elle apporte) ; c’est la gloire (que nous espérons avant de la posséder avec Lui).

(v. 14). Aux jeunes gens, il est dit : « Vous êtes forts ». Paul disait : « Quand je suis faible, alors je suis fort ». Gédéon se reconnaît le plus faible des fils d’Israël, et l’ange lui dit : « Va avec cette  force que tu as », force que la parole de l’ange lui communiquait. Son « moi » était ainsi mis de côté, quand il s’agissait de combattre.

G. — Nous voyons ici la source de la force : forts, parce que « la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le méchant ».

R. — Le Seigneur Jésus nous a laissé un exemple de ce que doit être le combat chrétien. Quand Satan vient le tenter au désert, il lui répond par la Parole, et il lie ainsi l’homme fort. Il remporte sur lui la victoire finale à la croix.

G. — Ce qui caractérise les jeunes gens, ce n’est pas seulement qu’ils connaissent la Parole, mais qu’elle demeure en eux.

R. — Le grand danger pour eux, ce sont les convoitises que Satan et le monde leur présentent. C’est le sens, je n’en doute pas, de cette parole à Timothée : « Fuis les convoitises de la jeunesse ».

« N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde ». Il y a : vaincre le méchant et vaincre le monde en nous. On peut avoir remporté la victoire sur le monde pris en bloc, et être tenté ensuite par les choses qu’il nous présente en détail. Tout ce que le monde nous offre consiste en convoitises. Elles se rangent sous trois chefs : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Il n’y a que ces trois avenues par lesquelles l’ennemi puisse s’approcher de notre forteresse. Ayons soin d’y placer des sentinelles vigilantes. Lors de la chute du premier homme, ces trois choses lui furent présentées par Satan dans un seul fruit défendu (Genèse 3:6), et  c’est sur ces trois principes que Satan a établi ensuite le vaste système du monde.

G. — « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ». Pourrait-on dire que l’amour du Père se rattache à son objet : Christ ; et que le monde a mis Christ de côté ? Si quelqu’un aime le monde, il aime quelque chose que Dieu ne peut pas aimer.

R. — Cet amour du Père « n’est pas en lui », parce que lui s’adresse à un système qui est entièrement opposé au Père, tandis que le Père à son système à Lui, un autre monde dans lequel est le Fils de son amour. Le monde et le Père, le diable et le Fils, la chair et l’Esprit, sont mis en contraste.

(v. 17). « Le monde s’en va avec sa convoitise ». Il disparaîtra complètement et il n’en restera rien ; tandis que nous appartenons à un autre monde ; ayant été transportés dans le royaume du Fils de son amour.

S. — « Celui qui fait la volonté de Dieu », est-ce tous les chrétiens ?

R. — Sans doute, mais ici, cela s’adresse particulièrement aux jeunes gens qui suivent sa Parole. Ils demeurent éternellement, comme cette Parole elle-même, à laquelle ils se sont attachés (1 Pierre 1:25).

Il dit aux petits enfants (v. 18) : « C’est la dernière heure ; et comme vous avez entendu que l’antichrist vient, maintenant aussi il y a plusieurs antichrists, par quoi nous savons que c’est la dernière heure ».

Une heure est une période de temps (Jean 5:25, 28). Cela ne veut pas dire que nous soyons au dernier moment de l’histoire de ce monde. Nous nous trouvons dans cette dernière période caractérisée par la venue de l’Antichrist, de l’homme de péché, et il y en a présentement déjà plusieurs. Dans l’évangile de Jean, le mot venir est répété constamment en rapport avec le Seigneur ; ici, en rapport avec l’homme de péché, le faux Christ, qui se présente comme le Messie (comp. 2 Thessaloniciens 2:9). N’est-il pas frappant que le catholicisme, avec ses superstitions et son idolâtrie, soit, en ces temps-ci, plus fidèle que le protestantisme à la doctrine du Christ et à sa déité ? L’antichristianisme est sorti de ce qui a reçu le plus de lumière. Les fausses doctrines sont généralement issues de ce qui, à un certain moment, était le porteur du témoignage de Dieu.

G. — Que veut dire, au verset 20 : « Vous connaissez toutes choses ? »

R. — C’est le résultat de l’onction du Saint-Esprit. Comme par le sceau du Saint-Esprit (Éphésiens 1:13), nous avons l’assurance et jouissons, par anticipation, ayant les arrhes dans nos cœurs, de l’héritage en vue duquel nous sommes scellés, — ainsi par l’onction nous avons la connaissance de toutes choses. Cela ne veut pas dire que les petits enfants connaissent toutes choses de fait et pratiquement, mais qu’ils ont en eux le Saint-Esprit, comme source et plénitude de la connaissance divine, et qui leur enseigne toutes choses. Vous lisez en 1 Corinthiens 2:10, que nous avons reçu l’Esprit qui est de Dieu (c’est l’onction), afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données de Dieu, c’est-à-dire sa Parole.

Ce fait de l’onction est de toute importance pour les petits enfants, car le danger est très grand pour eux. Un antichrist se présentait ; de fausses doctrines leur étaient enseignées ; qu’allaient-ils devenir, s’ils n’avaient, au dedans d’eux-mêmes, un enseignement qui leur ferait discerner et rejeter le mensonge ? Ils avaient l’onction de la part du Saint ; la connaissance était là et ils pouvaient aller y puiser à chaque instant. Cette onction demeurait en eux, et ils n’avaient pas besoin que personne les enseignât (v. 27). C’est le sens du passage ; il ne s’agit pas ici d’une connaissance intrinsèque, d’une connaissance essentielle qui leur appartienne en propre.

On peut remarquer chaque jour, parmi les chrétiens, que les personnes simples discernent mieux le mal que celles qui sont arrivées à un haut degré de connaissance, et c’est un grand encouragement pour les petits enfants de savoir qu’ils peuvent se tirer d’affaire, dans les temps fâcheux que nous traversons, et au milieu des embûches de l’antichristianisme, parce qu’ils ont l’onction.

G. — L’onction est-elle une chose personnelle, ou faut-il l’entendre dans un sens général ?

R. — Je pense que c’est une onction particulière à chacun, mais il y a aussi une onction sur l’ensemble. « C’est comme l’huile précieuse, répandue sur la tête, qui descend sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements » (Psaume 133). Les saints sont comme le bord du vêtement du souverain sacrificateur. Il y a une onction qui joint l’ensemble de ce qui constitue le témoignage de Christ, avec lui-même.

Ici, les fidèles sont considérés comme un pauvre petit troupeau, environné de dangers de toute espèce et incapable d’y faire face. Jean voit ces faibles brebis au milieu des loups et leur dit : Ne craignez pas ; ne vous laissez pas dire que vous êtes trop jeunes pour comprendre, que vous êtes incapables de sonder ces choses, qu’il vous faut laisser ce soin à d’autres. Ceux qui vous conduisent peuvent être détournés et détourner les brebis. Vous avez l’onction, et la Parole est là pour vous garder dans la fidélité. Adressez vous à la Parole ; vous trouverez que les mauvais esprits qui s’opposent à Dieu y sont pleinement dévoilés et qu’on peut aisément les reconnaître (v. 22-23). Cette intelligence est toujours liée à la connaissance de la parole de Dieu : « Je ne vous ai pas écrit parce que vous ne connaissez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et qu’aucun mensonge ne vient de la vérité » (v. 21).

« Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? » (v. 22). C’est le caractère juif de l’Antichrist : cet homme qui « vient » cherchera à mettre de côté Celui qui « est venu », afin d’usurper sa place. Il me semble voir dans Daniel que l’Antichrist, à sa venue, ne tient pas compte de la première demi-semaine, celle du ministère du Christ. Il a la prétention de la recommencer. Mais il ne se contente pas de rejeter Christ et de se présenter comme étant lui-même le Messie : il nie le Père et le Fils ; il est antichrétien, comme il est antijuif. Au commencement du chapitre 4, l’apôtre revient d’une manière particulière à l’esprit de l’antichrist : « Beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde ». « Tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair, n’est pas de Dieu, et ceci est l’esprit de l’antichrist » (4:1, 3). Cette négation de Jésus-Christ venu en chair va bien plus loin que nier, comme au chapitre 2, qu’il soit le Christ. Il n’y a qu’une seule personne dont on puisse dire qu’elle est venue en chair, c’est Dieu. Nous sommes nés de la chair ; la chair était notre nature et notre personnalité. Mais l’Antichrist nie la Parole faite chair, Jésus-Christ fait homme ; il nie Dieu venu ici-bas dans la personne de Christ ; il dit : Celui-là était un faux Messie ; je suis le vrai ; c’est moi qui suis Dieu, et il se fait adorer comme tel.

Tel est le terrible développement que va prendre le mal, et nous en voyons actuellement les sinistres avant-coureurs dans une grande partie de la chrétienté protestante. Ne va-t-on pas jusqu’à dire que Christ est une créature parfaite, élevée par Dieu au rang de la divinité ? Ce soi-disant christianisme se présente avec la prétention d’adorer Christ, mais s’il nie Dieu venu en chair dans cette Personne, sa prétention est un pur mensonge.

G. — Ceux qui ont reçu ce venin sont jetés hors du salut : « Celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jean 3:18). Il y a, dans le chapitre 4, un second caractère de l’antichristianisme : « Celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas ».

B. — Le « nous », ce sont ici les apôtres, les porteurs de la Parole, qui ont reçu les révélations par lesquelles elle a été complétée. Satan, pour introduire l’Antichrist, a commencé par saper la Parole confiée aux apôtres, et les âmes se trouvent ainsi désemparées pour résister au mal. Elles sont privées de la vérité (v. 21), car il est dit : « Ta Parole est la vérité ». Si un petit enfant n’a pas la Parole, il n’a rien ; si un esprit ne se fonde pas sur la parole de Dieu, c’est un esprit d’erreur (4:6).

L’apôtre ajoute (v. 24) : « Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement, demeure en vous ». Il ne dit pas : « Ce que vous entendez aujourd’hui » ; c’est une exhortation excessivement importante pour tous les chrétiens. Il ne parle pas à ces petits enfants comme à des pères. Il ne s’agit pas pour eux de connaître Celui qui est dès le commencement, mais de l’entendre. C’est de sa Parole qu’il s’agit pour eux. Ce qui leur avait été transmis par les apôtres qui avaient été dès le commencement avec le Seigneur, voilà ce qu’ils devaient garder. Or, cette Parole était la révélation que le Père avait faite de son Fils, et cela les préservait des antichrists ; ils demeuraient dans le Fils et dans le Père.

P. C. — Combien c’est précieux ! Une âme attachée en toute simplicité au Seigneur et à sa Parole a la somme de toute vérité ; elle est à l’abri de tout danger.

R. — « Et c’est ici la promesse que Lui nous a promise, — la vie éternelle » (v. 25).

G. — Pourquoi introduit-il ici cette promesse ?

R. — Entendre la Parole, demeurer dans le Fils et dans le Père, et avoir la vie éternelle, ces choses se lient ensemble. « La vie éternelle » : il était important de montrer à ces petits enfants qu’ils la possédaient tout aussi bien et au même degré que les autres membres de la famille spirituelle. La vie éternelle est une de ces très grandes et précieuses promesses qui nous ont été données, afin que par elles nous participions à la nature divine (2 Pierre 1:4). Ces promesses sont la vie, le pardon, le don du Saint-Esprit, la justice, l’héritage, la gloire. Dans le Nouveau Testament (voyez, p. ex., Hébreux 11, et le passage que nous venons de citer), la promesse est très fréquemment la chose promise.

La vie éternelle n’est pas toujours considérée comme une chose présente, il en est souvent parlé comme de la manifestation future de ce que nous serons. Il en est ainsi dans les écrits de Paul et de Jude (cf. Romains 6:22 ; Jude 21). Mais Jean nous dit que nous avons la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Cette vie nous met en relation avec Dieu et peut nous faire marcher dans ce monde comme Christ lui-même a marché.

Ce n’est pas tout de connaître ces grandes choses. Nous sommes appelés à demeurer en Lui (v. 27, 28). En Jean 15:11, il fait dépendre notre joie de ce que nous demeurons en Lui. Demeurer, c’est la réalisation pratique de la communion avec le Père et avec le Fils. Ainsi le sarment doit demeurer dans le cep, tirer toute sa substance de lui, jouir de la sève qui ne lui vient que s’il reste attaché au tronc.  Remarquez, en terminant, que ces petits enfants sont très riches, malgré leur petitesse : ils ont le Père (v. 13), le Fils (v. 23), le Saint-Esprit (v. 21), la Parole (v. 21, 24), la vérité (v. 27), et la vie éternelle (v. 25). Possédant toutes ces choses, ils n’ont qu’à demeurer en Lui, selon qu’ils ont été enseignés.

Le sujet des diverses manifestations de la vie éternelle dans la famille de Dieu est terminé au verset 27. Le verset 28 se relie au verset 12. L’apôtre comptait, au verset 27, que les « petits enfants » demeureraient en Lui ; maintenant, il exhorte tous les « enfants », ceux dont les péchés sont pardonnés par son nom, à demeurer en Lui. Dans quel but ? Nous, les apôtres qui avons travaillé pour vous, qui vous avons « annoncé ces choses afin que vous ayez communion avec nous », perdrions-nous le fruit de notre travail ? C’est une exhortation que les chrétiens oublient souvent. On pense généralement peu à la perte que, par notre infidélité, peuvent faire les ouvriers qui ont travaillé pour le Seigneur. Si les âmes qu’ils ont amenées marchent mal, le fruit de leur travail est perdu. C’est un motif que les croyants devraient prendre en considération pour leur marche. On retrouve la même pensée au verset 8 de la 2ième épître : « Prenez garde à vous-mêmes, afin que nous ne perdions pas ce que nous avons opéré, mais que nous recevions un plein salaire ».

Depuis le verset 29, qui devrait proprement être le premier verset du chapitre 3, nous pénétrons au cœur même de l’épître.

 

1.4   Chapitre 3

Ce chapitre forme le centre de l’épître. Dans le 1ier chapitre, nous trouvons la communion comme résultat de la vie éternelle ; dans le 2ième, nous trouvons les fruits de cette vie et ses diverses manifestations dans la famille de Dieu ; le 3ième nous montre que la vie éternelle que nous possédons a son modèle parfait en Christ. C’est cette vie en Christ qui met à l’épreuve ceux qui prétendent y avoir part. Nous apprenons ainsi à distinguer et à séparer entièrement les choses qui se trouvent en Christ, de celles qui ne s’y trouvent pas.

La chair, dans le chrétien, peut porter des fruits, et il y a souvent en lui un tel mélange, qu’il n’arrive pas à distinguer nettement ce qui est des deux natures. Il lui faut pour cela remonter à la source de ces fruits. Ils sont de Christ, ou du diable. Ayant la vie éternelle et la nature de Dieu, nous sommes parfaitement à même de rejeter tous les fruits de la vieille nature, comme des produits sataniques. L’apôtre nous parle des fruits de la vie éternelle en nous, dans leur manifestation journalière.

Le chapitre 3 est très pratique. Il range toute la manifestation de notre vie chrétienne sous deux grandes catégories : la justice et l’amour.

La justice est ici la justice pratique. Le chrétien possède une vie qui pratique la justice : « Celui qui pratique la justice est juste, comme Lui est juste ; celui qui pratique le péché est du diable, car dès le commencement le diable pèche » (v. 7-8). On nous a fait une fois cette objection : Il faut faire attention qu’il n’est pas dit : commettre le péché, mais le pratiquer. Nous avons répondu : commettre le péché, c’est pratiquer le péché. Il ne s’agit nullement ici d’une pratique habituelle. Un boulanger n’est pas boulanger, parce qu’il fait beaucoup de pains. Il n’en ferait qu’un par jour qu’il n’en serait pas moins boulanger pour cela. Cela revient à dire qu’on connaît l’arbre à son fruit. J’avais loué une terre contenant des châtaigniers à un fermier malhonnête. Celui-ci, en faisant le compte de la récolte, laissait un certain nombre d’arbres de côté. Quand je le lui fis remarquer, il me répondit que c’étaient des sauvageons. « Allons voir », dis-je, et arrivé sur les lieux, je ramassai une châtaigne tombée d’un de ces arbres. Elle était très bonne. Mon châtaignier montrait par son fruit ce qu’il était. Voilà ce que c’est que pratiquer la justice.

La justice pratique n’est pas autre chose que l’absence du péché dans nos voies.

Du verset 29 du chapitre 2, au verset 3 du chapitre 3, il traite des deux grandes catégories dont nous avons parlé : la justice et l’amour.

Je prends la mesure de ma conduite dans ce monde sur la nature parfaite de Christ. Je sais qu’il est juste ; quiconque pratique la justice, c’est-à-dire marche dans ce monde en se garantissant du péché, est né de Lui. Pour réaliser cela, je trouve en Lui la pleine manifestation d’une vie parfaite de justice pratique.

Cette vie se montre, non dans de grandes choses exceptionnelles, mais dans notre conduite de chaque jour. Le verset 29 nous présente la justice ; le verset 1 du chapitre 3, nous présente l’amour. « Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ». On pense généralement que cette phrase signifie : « Voyez quel amour le Père a eu pour nous, en nous appelant ses enfants ». Tel n’en est pas le sens. Le Père nous a fait don de cet amour ; il l’a mis en nous, nous le possédons, et, le possédant, nous sommes appelés enfants de Dieu ; nous possédons la nature de Dieu, et pouvons en reproduire le caractère. Le Père nous a fait don de sa nature, qui est amour, et la conséquence est que nous avons droit à cette relation avec Lui. C’est pourquoi il est impossible que le monde nous connaisse, parce qu’il n’a pas connu ce Dieu d’amour quand il s’est révélé en Christ. Comment le monde connaîtrait-il l’amour, lui qui est sous la domination du diable ? Un frère a dit : « Satan sait une quantité de choses que nous ne savons pas, mais il en est une que nous connaissons et qu’il ignore complètement : l’amour ». C’est ce qui a mené Satan à sa ruine. Ses efforts pour séduire Christ ou pour le faire reculer devant la croix, le gardaient dans une illusion complète sur leurs résultats, parce qu’il ignorait l’amour.

S. — J’ai de la difficulté de penser que le verset 29 se rapporte à moi, et non pas aux autres.

R. — Cela ne me jugerait pas, s’il en était ainsi. Cette épître, est éminemment pratique ; elle me force à me juger. Elle me montre la nature divine et la mauvaise nature avec leurs conséquences absolues.

G. — La certitude se trouve au verset 2. « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que, lorsqu’il sera manifesté, nous lui serons semblables ».

R. — Oui, nous avons une pleine certitude dans le passé, le présent et l’avenir. Dans le passé, au verset 5 : « Vous savez que Lui a été manifesté, afin qu’il ôtât nos péchés ». Dans le présent, au verset 2 : « Nous sommes maintenant enfants de Dieu ». Dans l’avenir : « Nous savons que, quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu’il est ».

Nous ne pourrons le voir tel qu’il est que lorsque nous aurons des corps glorifiés. On ne peut dire qu’à l’état d’âme séparée du corps on voie Christ tel qu’il est, car on ne Lui est pas encore rendu semblable.

Cette certitude de l’avenir constitue notre espérance, et cette espérance a un résultat actuel : « Quiconque a cette espérance en Lui, se purifie comme Lui est pur » (v. 3). Il n’est pas dit : est pur comme Lui, mais le résultat de cette espérance est tout à fait pratique. La purification du chrétien se modèle sur la pureté de Christ telle que notre foi la saisit ; elle est une chose progressive. Le chrétien doit marcher de purification en purification, ayant devant les yeux la pureté parfaite en Christ, qu’il aura atteinte lorsqu’il sera avec Lui dans la gloire.

G. — La manifestation dans Jean est une manifestation publique.

R. — Oui, c’est en vue de cette manifestation que je me purifie. La maison royale doit défiler en cortège dans la ville. Au moment où les enfants du roi vont faire partie du cortège, ils ont eu soin d’être vêtus d’une manière qui réponde à cette solennité.

Après avoir posé ces deux grands faits, la justice et l’amour, l’apôtre reprend en détail le sujet de la justice et de l’injustice, de l’amour et de la haine. Cela remplit le reste du chapitre.

 

(v. 4). Le sens du mot iniquité est « une marche sans loi ». L’inique ne se soumet pas à une règle en dehors de lui-même ; la seule règle qu’il reconnaisse est celle qu’il trouve en lui. C’est pourquoi la propre volonté est un terme équivalent du terme iniquité. Quand j’ai compris que la propre volonté est l’iniquité même, cela me fait juger dans ma propre vie une quantité de choses que je n’estimais pas être péché. Si je me rends aujourd’hui à Bordeaux parce que c’est la volonté de Dieu, je pratique la justice ; si je m’y rends parce que c’est ma propre volonté, je pratique l’iniquité. C’est la volonté propre qui a perdu Adam, quand la tentation s’est présentée ; il ne serait pas tombé s’il était resté dans la dépendance de Dieu.

(v. 5). « Il sera manifesté », mais, auparavant, « il a été manifesté » une première fois, afin qu’il ôtât nos péchés, et il n’y a point de péché en Lui.

G. — Le Saint-Esprit nous fait toujours remonter à la source, Christ. Pouvons-nous pratiquer le péché, s’il a ôté nos péchés ? Comme la Parole est claire ! Notre place est de demeurer en Lui, qui n’a pas de péché. Si nous demeurons en Lui, en qui il n’y a pas de péché, nous ne péchons pas (v. 6).

R. — « Quiconque pèche ne l’a pas vu, ni ne l’a pas connu » (v. 6). Voilà qui nous juge ! Remarquez qu’il ne dit pas : Quiconque pratique le péché. Cela réfute la pensée de ceux qui, pour ne pas appliquer ces passages au chrétien, voudraient que pratiquer le péché fût autre chose que le commettre.

(v. 7-8). « Enfants, que personne ne vous égare : celui qui pratique la justice est juste, comme Lui est juste. Celui qui pratique le péché est du diable ». Cela devient de plus en plus absolu. Ce n’est plus comme au verset 29 : « Quiconque pratique la justice est né de lui », ou comme au verset 4 : « Quiconque pratique le péché pratique aussi l’iniquité ».

« Car dès le commencement le diable pèche » : Comme il y a un « dès le commencement » divin, il y a aussi un « dès le commencement » diabolique. Le commencement du diable, dès qu’il se manifeste, c’est le péché, l’iniquité d’Adam et la haine de Caïn. Le commencement de Christ, la justice et l’amour. « C’est pour ceci que le Fils de Dieu a été manifesté, afin qu’il détruisît les œuvres du diable ». La manifestation de Christ a eu deux motifs quand il est venu ici-bas. Le premier était d’ôter nos péchés (v. 5) ; le second, de détruire les œuvres du diable (v. 8). Cela ne veut pas dire que les œuvres du diable soient déjà détruites, ni que le péché ait été ôté du monde ; mais la base en est posée dans sa manifestation et dans l’œuvre de la croix. C’est le sens de ces mots : « L’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », et « Il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice » (Jean 1:29 ; Hébreux 9:26). Les enfants de Dieu ont déjà tout le bénéfice de cette œuvre ; leurs péchés sont ôtés et le diable est un ennemi vaincu ; ils sont en Christ, une nouvelle création, toutes choses étant faites nouvelles ; ils sont réconciliés dans le corps de sa chair ; mais la réconciliation de toutes choses n’est pas encore faite, et le « C’est fait » définitif de la nouvelle création n’est pas encore prononcé (Apocalypse 21:5-6).

(v. 9). « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, car la semence de Dieu demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu ». En 1 Pierre 1:23, nous lisons : « Vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptrice, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu ». Ce passage est parfois mal interprété. Il ne signifie pas que la parole de Dieu est la semence incorruptible, mais que cette Parole nous apporte la semence incorruptible, la nature de Dieu, la vie éternelle qui demeure en nous. De même dans notre passage : « La semence de Dieu demeure en lui ».

La Parole nous fait discerner les fruits de la mauvaise nature, afin que dans la puissance d’une vie nouvelle nous en venions à bout. Nous ne pouvons mettre à mort le vieil homme, puisqu’il a été crucifié avec Christ, mais nous pouvons mettre à mort nos membres qui sont sur la terre. Le grand but de l’épître est : « Mes enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas » (2:1).

Jean nous montre les deux natures d’une manière absolument tranchée, et il dit : Maintenant pouvez-vous vivre avec cette vieille nature ? « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ». Il nous considère d’une manière abstraite ; nous avons la nouvelle nature ; il est impossible que nous cultivions à côté d’elle les fruits de l’ancienne. Christ ne pèche pas, nous ne pouvons pas pécher. Quiconque demeure en Lui ne pèche pas. Quand, par l’habitude de la communion avec le Seigneur, notre conscience est rendue délicate, dès que cette communion vient à être troublée, nous serons prompts à placer la chose devant Dieu, et nos âmes seront restaurées. Notre relation avec Dieu ne peut être détruite, mais la moindre chose détruit la communion. On s’habitue facilement à cette perte, quand la communion ne caractérise pas l’état habituel de l’âme. Alors on végète, plus ou moins indifférent ; on a le cœur sec, peu de joie, et on s’y accoutume ; les soucis de la vie s’emparent de l’âme ; on s’endurcit. L’apôtre voudrait que la communion fût ininterrompue ; c’est pourquoi il dit : « Et maintenant, enfants, demeurez en Lui » (2:28) ; il veut que si elle est perdue, les enfants de Dieu la retrouvent immédiatement par la confession de leurs péchés (1:9).

(v. 10). Il passe maintenant à l’amour, tout en le reliant à la justice : « Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, et celui qui n’aime  pas son frère ». Et comme l’amour est lié avec la justice, la haine l’est indissolublement avec l’injustice. Bien plus, la justice provoque la haine des hommes. Exemples : Abel et Christ (v. 12). Dans les versets 10-12, il ne parle plus de deux natures dans le chrétien, mais de deux familles dans le monde, l’une composée des enfants de Dieu, l’autre des enfants du diable. L’amour de Dieu en nous se montrera par l’amour envers les frères. On retrouve ainsi, toujours à chaque pas, le but éminemment pratique de cette épître.

(v. 11). « C’est ici le message que vous avez entendu dès le commencement, savoir que nous nous aimions l’un l’autre ». Il y a deux messages dans cette épître. Le premier (1:5), que Dieu est lumière ; le second, que la nature du Dieu d’amour en nous doit se montrer au dehors par l’amour fraternel.

(v. 13). Quoi d’étonnant que le monde (les enfants du diable) nous baisse ? Le Seigneur dit à ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez que le monde m’a haï avant vous » (Jean 15:18).

(v. 14). L’amour pour les frères est la preuve que nous sommes passés de la mort à la vie, que nous possédons une vie de résurrection. Mais (v. 16) nous ne connaîtrons jamais l’amour par sa manifestation en nous ; nous l’avons connu en Christ, en Lui qui a laissé sa vie pour nous. Au chapitre 2:29, nous savons qu’il est juste ; ici, nous savons qu’il est amour, et il nous en a donné la preuve. Mais nous avons l’immense privilège de reproduire ce caractère de Dieu en Christ dans  le monde où nous sommes appelés à marcher. Et « c’est ici son commandement : Que nous nous aimions les uns les autres, comme lui nous a aimés » (Jean 15:12). Nous devons donc laisser nos vies pour les frères. Il n’y a pas de limites posées à notre dévouement ; ayant la même vie que Christ, nous devons aller aussi loin que Lui dans la manifestation de l’amour. Mais (v. 17) cet amour ne se montrera pas seulement par des actes exceptionnels, car il ne m’arrive pas tous les jours d’être appelé à exposer ma vie pour les frères, cet amour se montre plus souvent dans les rapports journaliers de la vie : « Celui qui a les biens de ce monde, et qui voit son frère dans le besoin, et qui lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? »

(v. 18). « Enfants, n’aimons pas de parole, ni de langue, mais en action et en vérité ». C’est une vérité bien connue, mais combien importante, et combien souvent contredite par ceux qui la connaissent le mieux ! Cela revient à dire que Dieu veut en nous la réalité de la vie divine et que l’apparence n’a aucune valeur pour Lui.

Au verset 19, nous trouvons deux conséquences de cette réalité de notre vie chrétienne. C’est par une marche conséquente que nous acquérons la certitude d’être de la vérité, et l’assurance de nos cœurs devant Lui ; s’il en est autrement, nous serons mal à l’aise en sa présence et nous chercherons les moyens de l’éviter ou de la fuir.

(v. 20). Il peut arriver qu’au lieu d’être assuré devant Lui, notre cœur nous condamne. La communion est détruite, notre âme est mal à l’aise ; nous ne savons peut-être pas ce qui a produit cet état de souffrance. Soyons sans crainte ; Dieu connaît l’état de nos propres cœurs. Nous pouvons dire au Seigneur comme Pierre : « Tu sais toutes choses ». Tu es plus grand que notre cœur si ignorant, si faible et si fautif ; tu nous enseigneras ; Cela revient à dire, comme au Psaume 139: « Tu m’as sondé et tu m’as connu… Sonde-moi, et connais mon cœur ».

(v. 21). « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance envers Dieu ». S’il y a de la réalité dans notre marche, nous sommes à l’aise devant Dieu, et nos rapports avec Lui sont empreints de confiance ; nous avons de l’assurance envers Lui pour le jour actuel ; tandis qu’au chapitre 4:17, il parle de notre assurance au jour du jugement.

Au verset 22, il ajoute : « Et quoi que nous demandions, nous le recevons de Lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous pratiquons les choses qui sont agréables devant Lui ». Il y a dans ces versets trois choses qui dépendent l’une de l’autre et sont inséparables. Une marche dans la justice pratique, dans l’obéissance et l’amour, marche ayant pour but de Lui être agréable en toutes choses, a pour résultats l’assurance, une heureuse confiance caractérisant nos relations avec Lui, et l’exaucement de nos prières, parce que ce que nous demandons n’est pas le fruit de notre propre volonté, mais celui de la nature nouvelle, qui est toujours dépendante de Lui et de la direction de son Saint-Esprit. Toutes ces pensées sont profondes, mais, il est bon de le répéter, au fond très simples, et avant tout d’une portée pratique immense pour nous.

Ici se termine proprement le sujet du chapitre 3. Depuis le verset 24 jusqu’au chapitre 4:6, nous avons accessoirement une troisième preuve de la vie, telle qu’elle a été manifestée en Christ et nous a été communiquée : la présence du Saint-Esprit qui nous a été donné. Au chapitre 4:7-21, nous avons, non seulement la vie, mais Dieu lui-même demeurant en nous et nous en Lui. Enfin, au chapitre 5, c’est la foi qui nous approprie ces choses, la foi qui reçoit avant tout le témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils.

 

1.5   Chapitre 4

Dans l’évangile de Jean, nous trouvons la vie éternelle qui était auprès du Père, manifestée dans la personne du Fils de Dieu, comme homme sur la terre ; vie exprimée en Lui dans une parfaite dépendance de Dieu, son Père, et dans une obéissance absolue. Lui, était la Parole éternelle, vivante — la Parole devenue chair — la parfaite révélation de ce que Dieu est dans sa nature comme lumière et amour. « En Lui était la vie, et la vie », pleinement manifestée, « était la lumière des hommes ». À ceux qui Lui demandaient : Toi, qui es-tu ? Il pouvait répondre : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8). Ses paroles (comme ses œuvres) étaient l’expression de ce qu’il était : la vie éternelle descendue du ciel, le Fils révélant le Père, n’ayant d’autre mobile, dans sa marche d’obéissance et son service d’amour, que la gloire de son Père et l’accomplissement de sa volonté, et cela jusqu’à la mort même de la croix. Aussi a-t-il pu dire à la fin : « Je t’ai glorifié sur la terre ». En effet, tout, dans la manifestation de la vie dans le Fils, a été dans la puissance de l’Esprit de sainteté, tous les fruits de la vie divine ont été trouvés en Lui ; il n’en manquait pas un, et tout a été à la gloire de Dieu. Quelle merveilleuse lumière !

Or cette lumière était la pierre de touche de l’état de l’homme ; elle a lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise, n’en ont pas non plus été dissipées, mais ont ainsi été manifestées dans leur caractère d’opposition à la lumière ; et tout l’effort de Satan tendit à éteindre cette lumière à la croix.

Dans la première épître de Jean, il s’agit plutôt de la manifestation de cette même vie divine, dans la marche pratique du croyant. Or cette vie nous ayant été communiquée, nous sommes, par ce fait, introduits dans la relation d’enfants, et dès lors « notre communion est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ ». Quelle grâce immense d’être amenés à jouir du plus glorieux des privilèges — que nul ange jamais ne connaîtra — d’être rendu capables, comme nés de Dieu, participants de sa nature, d’avoir communion de pensées, d’affections, de jouissance, de félicité, avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ! N’y a-t-il pas là, en effet de quoi rendre « notre joie accomplie » ?

Mais voilà précisément ce que le diable cherche sans cesse à nous ravir, et ce dont nous sommes constamment en danger, par nous-mêmes, de perdre la jouissance. La relation d’enfant subsiste, sans doute ; elle est immuable, et ne saurait être altérée ; mais la communion qui appartient à cette relation est nécessairement interrompue par le péché, car Dieu est lumière, il n’y a en Lui aucunes ténèbres. Impossible d’avoir communion avec Lui, dans le péché, quel qu’il soit, pensées, paroles ou actions. « Notre communion » n’est réalisée que dans une marche pratique dans la lumière. Que, s’il nous arrive, hélas ! de faillir, et qu’ainsi la communion soit interrompue, Dieu, dans son infinie grâce, a pourvu à son rétablissement et à la restauration de nos âmes par le ministère de Christ, notre Avocat auprès du Père. Christ intervient pour nous ; il nous lave les pieds.

Mais il y a plus. L’effort de Satan est de nous ravir tout ce qui appartient à notre foi. « L’antichrist vient, et maintenant aussi il y a plusieurs antichrists », lesquels cherchent à renverser la vérité — le christianisme, dans ses fondements et son essence mêmes. Or, ayant l’onction de la part du Saint, ceux auxquels s’adresse l’apôtre, « les petits enfants », connaissent toutes choses, et, si ce qu’ils ont entendu dès le commencement demeure en eux, ils ont tout ce qu’il faut pour être gardés. Demeurer en Lui, garder sa Parole, est notre sûreté. « Et celui qui garde ses commandements demeure en Lui, et Lui en cet homme, et par ceci nous savons qu’il demeure en nous, savoir par l’Esprit qu’il nous a donné » (3:24). Ainsi, par l’Esprit habitant en nous, nous savons que Dieu demeure en nous ; nous en avons conscience ; nous jouissons de Lui, de sa communion, de ce qu’il est pour nous, dans son amour ; nous nous réjouissons dans sa lumière.

(v. 1). « Bien aimés, ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de faux prophètes sont sortis dans le monde ». Ici, nous sommes mis en garde et appelés à éprouver les esprits. Or, quelle est la pierre de touche pour reconnaître l’Esprit de Dieu, et l’esprit qui n’est pas de Dieu ?

(v. 2-3). « Par ceci vous connaissez l’Esprit de Dieu », dit l’apôtre ; « tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair, est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus-Christ venu en chair, n’est pas de Dieu ».

Il s’agit de la personne de Christ. Jésus, le « Je suis » de l’Ancien Testament, l’Éternel, Jéhovah Sauveur ; le Christ, l’Oint de Dieu, le Messie — Jésus-Christ venu en chair. Merveilleux mystère, devant lequel la foi s’incline en adorant ! Dieu devenu homme dans sa grâce incomparable, pour le salut de l’homme et pour sa propre gloire ! Lui, le Fils éternel du Père, qui était en forme de Dieu, ne regardant point comme un objet à ravir d’être égal à Dieu, s’est anéanti lui-même en venant en chair ! Il a participé à la chair et au sang, sans péché, car son humanité était de conception divine. Objet des promesses et des conseils de Dieu, il est venu en chair afin d’accomplir (par sa mort expiatoire) ces conseils et ces promesses. Il fallait qu’il vînt en chair pour cela, comme pour nous faire connaître Dieu, et nous apporter la grâce et la vérité. Béni soit à jamais son nom ! Il est venu en chair. Tout le christianisme découle de ce fait fondamental. De là l’immense importance de retenir ferme cette confession et de nous détourner de tout esprit, enseignement  ou doctrine qui ne confesse pas « Jésus-Christ venu en chair ».

Ceci est l’esprit de l’antichrist ; esprit déjà agissant dans le monde au temps de l’apôtre, et qui se manifeste de nos jours, au sein de la chrétienté, avec une audace et une puissance de séduction effrayantes. Sous le couvert des formes et de la profession extérieure du christianisme, on s’attaque à la personne de Christ, à sa divinité, à son humanité, ainsi qu’à la Parole divinement inspirée, qui rend témoignage de Lui. On veut bien un Christ, mais un Christ selon les pensées et l’imagination de l’homme, et non le Christ de Dieu, le Christ des Écritures. À ce propos, il est important de voir comment le Seigneur ressuscité se manifeste aux disciples d’Emmaüs. Il ne leur ouvre pas d’abord les yeux, pour qu’ils le reconnaissent ; il leur ouvre les Écritures. « Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Écritures, les choses qui le regardent ». Il se révèle, se montre lui-même à eux, dans la Parole, comme Celui dont elle annonçait d’avance les souffrances et les gloires subséquentes ; et la Parole leur donne une certitude divine. Aussi leur cœur brûle-t-il au dedans d’eux d’une joie jusqu’alors inconnue.

À ce témoignage des écrits de l’Ancien Testament est venu s’ajouter celui du Nouveau, savoir le témoignage de l’Esprit Saint envoyé du ciel à la suite de l’exaltation de Christ et le témoignage apostolique (Jean 15:26-27).

« L’esprit de l’antichrist ». Le caractère de cet  esprit est qu’il est opposé à Christ, à la vérité touchant la personne de « Jésus-Christ venu en chair », et qu’il tend à glorifier l’homme. Il trouvera sa pleine expression dans la personne de l’Antichrist. La chrétienté marche à grands pas vers l’apostasie finale, où toute profession publique de christianisme sera ouvertement rejetée, et où sera révélé l’homme de péché, « lequel s’oppose et s’élève au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu, ou qui est un objet de vénération ; de sorte que lui-même s’assiéra au temple de Dieu, se présentant lui-même comme étant Dieu » (2 Thessaloniciens 2:4). Combien c’est sérieux ! Qu’il nous soit donné, en attendant Jésus, de garder sa Parole et de ne pas renier son nom ! Quand il s’agit de la vérité touchant la personne du Seigneur, ou de la « doctrine du Christ », le devoir du chrétien est de se garder de tout compromis, d’être ferme, inébranlable et fidèle à maintenir la vérité, sans aucune concession.

S. V. — Dans l’épître de Jude, il est fait mention de « certains hommes qui s’étaient glissés parmi les fidèles » (v. 4).

R. — C’est un peu autre chose. Quant à ceux-là, la chose mise à leur charge, c’est qu’ils changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qu’ils renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ.

Leur principe est ceci : la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue ; elle n’impute pas le péché ; donc, peu importe comment nous vivons : on peut librement suivre ses propres convoitises et continuer à vivre dans le péché. La grâce qui nous a sauvés, qui a sacrifié Jésus pour expier nos iniquités et nous délivrer de l’esclavage du péché ; cette grâce qui règne par la justice, et nous enseigne que, « reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le siècle présent sobrement, justement et pieusement, attendant la bienheureuse espérance », ils en abusent pour vivre dans le péché, la changeant ainsi en dissolution. Quelle impiété ! « Péchons, afin que la grâce abonde ! » est une autre expression du même principe. « Desquels le jugement est juste ». Ils renient notre seul Maître et Seigneur Jésus-Christ ; ils renient tous ses droits, son autorité, sa volonté sainte, pour accomplir leur propre volonté, sans frein. C’est le mystère d’iniquité se mettant en train.

Tandis que ceux que mentionne 1 Jean 2:19, « sont sortis », ceux-ci, de faux professants, se sont glissés parmi les chrétiens, se sont insinués dans le giron de la chrétienté, pour ruiner la foi transmise aux saints et corrompre le corps professant tout entier.

A. S. — Un autre moyen de connaître les esprits est celui que nous trouvons au verset 6. « Celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas ; à cela nous connaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur ».

R. — (v. 4-6). Parfaitement. Celui qui connaît Dieu nous écoute, nous, les apôtres. Il s’agit du témoignage et de l’enseignement apostoliques. Les apôtres étaient les témoins établis par le Seigneur pour annoncer ce qu’ils avaient vu et entendu, et pour communiquer la vérité que l’Esprit leur révélerait, de sorte que ne pas recevoir leur témoignage est une preuve que l’on n’est pas de Dieu.

« Vous êtes de Dieu, enfants, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (v. 4).

Étant nés de Dieu, participants de sa nature, la vie éternelle manifestée en Christ sur la terre étant devenue notre vie ; possédant l’onction de la part du Saint ; nous sommes à même de discerner et de repousser quiconque n’écoute pas les apôtres et voudrait nous ôter tout, en nous ôtant Christ. Même un nouveau-né en Christ est rendu capable, par le Saint-Esprit, de discerner ce qui n’est pas de Christ, et son sens spirituel sera blessé par toute attaque contre la personne de Jésus. C’est la brebis qui, ne connaissant d’autre voix que celle du Berger, ne connaît pas celle des étrangers, mais s’enfuit. L’important est de garder la simplicité de la brebis. Voyez l’aveugle-né. Les œuvres de Dieu manifestées en lui, font de lui un témoin vivant de Jésus. Mais quelle simplicité et quelle puissance dans son témoignage ! Il ne connaît que Celui qui l’a guéri, auquel il a cru sans voir, et de la parole duquel il a éprouvé la divine puissance. La voix des pharisiens, il ne la connaît pas ; ce sont des « étrangers » ; il ne les suivra pas. Et le voilà seul, assailli de tous côtés par les adversaires, méprisé, injurié, mais calme, plein d’assurance, inébranlable au milieu de la tempête que son simple et fidèle témoignage soulève contre lui. Ils le chassent dehors, mais ne font que le rejeter dans les bras du bon Berger, du Fils de Dieu. Il adore.

Sachons demeurer dans la simplicité de cœur « quant au Christ » ; nourrissons-nous de sa Parole, et nous serons gardés. Si nous ne marchons pas dans un constant jugement de nous-mêmes, l’Esprit sera contristé ; Dieu peut alors nous abandonner à notre infidélité et nous pouvons être entraînés bien loin. Que le Seigneur nous garde et nous fasse croître dans la connaissance de la vérité et de l’amour pour Lui.

S. — Actuellement, si nous ne pouvons pas entendre les apôtres, nous avons leurs écrits.

R. — On entend dire parfois que les épîtres n’ont pas autant d’autorité que les évangiles, lesquels nous donnent les propres paroles du Seigneur. Est-ce là un esprit qui est de Dieu ? À cela nous connaissons au contraire « l’esprit d’erreur ». Le Saint-Esprit, par lequel le Seigneur a parlé dans les évangiles, est le même Esprit qui nous instruit dans les épîtres.

La sagesse de Dieu — ses pensées — « Dieu nous l’a révélée par son Esprit », dit Paul. « Mais pour nous, nous avons reçu, non pas l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été données de Dieu ; desquelles aussi nous parlons, non point en paroles enseignées par la sagesse humaine, mais en celles qui sont enseignées par l’Esprit » (1 Corinthiens 2:10-13).

On nie l’inspiration divine et plénière des Saintes Écritures. Chose effrayante, que l’homme s’élevant au-dessus de Dieu pour juger sa Parole et en renier la divine autorité ! Mais à qui regarderai-je ? « À l’affligé, et à celui qui a l’esprit contrit et qui tremble à ma parole » (Esaïe 66:2). C’est une parole d’autorité, qui requiert une soumission entière du cœur et de l’esprit, et l’obéissance de la foi. Là où elle est ainsi reçue, elle produit ses divins effets. À celui qui veut s’enquérir et discuter, demandons : Êtes-vous prêt à vous incliner devant la Parole ? Sinon, c’est inutile.

 

S. V. — Un mot sur les deux « celui » du verset 4 : « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ».

R. — « Celui qui est en vous », c’est le Saint-Esprit. « Nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu » (1 Corinthiens 2:12). « Vous avez l’onction de la part du Saint », et « l’onction que vous avez reçue de Lui demeure en vous », etc. Ceci est dit aux « petits enfants ».

Celui qui est dans le monde, c’est l’esprit de l’ennemi, c’est Satan, l’adversaire, le prince de ce monde et de l’autorité de l’air.

« Vous les avez vaincus ». Vous avez vaincu l’esprit de l’antichrist et l’esprit d’erreur, cette puissance satanique de séduction qui agit dans le monde, vaincu les séducteurs.

Bl. — Vous « les » avez vaincus ; ce « les » représenterait-il le monde et le diable ?

R. — Beaucoup de faux prophètes, « plusieurs séducteurs sont sortis dans le monde, qui ne confessent pas Jésus-Christ venant en chair » (2 Jean 7). Ce sont des « esprits séducteurs », des agents de l’ennemi qui tendent à renverser le christianisme, en portant atteinte à la personne de Christ. Demeurer dans la simplicité de la foi, et écouter les apôtres, nous rendra victorieux.

Quant au monde, « tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde », parce que celui-ci n’a rien pour le nouvel homme. Que Dieu nous garde humbles, simples de cœur, retenant ferme la vérité ; car, une fois qu’on s’en est écarté, qui peut dire où l’on s’arrêtera ? Si la simplicité est perdue, l’on est exposé à toutes les séductions. Que le Seigneur possède nos cœurs !

Rd. — En 1 Corinthiens 12:3, nous trouvons une autre manière de reconnaître les manifestations spirituelles : « Nul homme parlant par l’Esprit de Dieu ne dit « anathème » à Jésus, et nul ne peut dire : « Seigneur Jésus », si ce n’est par l’Esprit Saint ».

R. — Les Corinthiens, autrefois idolâtres, étaient entraînés vers les idoles muettes, selon qu’ils étaient menés. Or, comme dans le paganisme des esprits de démons se présentaient, prétendant parler par l’Esprit de Dieu, de même aussi, dans la sphère du christianisme, commençaient à surgir ces mêmes esprits, avec les mêmes prétentions et apparences trompeuses. La pythonisse, en Actes 16, en est un exemple (voyez encore 1 Timothée 4:1-2). Comment les discerner ? Nul homme parlant par l’Esprit de Dieu ne dit : « Anathème à Jésus ! » comme le font tout esprit ou tout enseignement qui rejette le Christ de Dieu. Et nul ne peut dire : « Seigneur Jésus, si ce n’est par l’Esprit Saint ». Reconnaître, par l’enseignement du Saint-Esprit, la seigneurie de Jésus, c’est se soumettre à Lui. Le caractère de tout esprit ou enseignement qui ne la reconnaît pas est ainsi clairement manifesté.

(v. 7). « Bien-aimés, aimons-nous l’un l’autre, car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu ». Étant nés de Dieu, participants de la nature du Dieu d’amour, nous sommes rendus capables d’aimer d’un amour qui est de Dieu, et sommes aussi enseignés de Dieu à nous aimer l’un l’autre. Il ne s’agit pas ici des affections naturelles, lesquelles, quoique créées de Dieu, ont leur source dans la nature ; mais de l’amour divin, qui a sa source en Dieu. « Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu ». L’amour des frères en est la preuve. « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères » (3:14). Si Paul, par exemple, était assuré du salut des Hébreux, c’est que la nature divine était manifestée en eux par l’amour qu’ils avaient « montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant encore » (Hébreux 6:9-10).

Nous trouvons, dans ce verset 7, un principe extrêmement important, savoir, qu’il faut être né de Dieu, pour connaître Dieu. On ne peut le connaître et jouir de Lui, ni connaître et goûter les choses divines, à moins d’être né de Lui.

Rd. — C’est bien là la nouvelle naissance.

R. — Oui, c’est là ce qui découle de la nouvelle naissance — quel immense privilège ! Dieu nous a donné la vie, nous a rendus participants de sa nature, afin que nous le connaissions et soyons rendus capables de jouir de tout ce qu’il est et d’avoir communion avec Lui.

(v. 8). « Celui qui n’aime pas, n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour ». C’est là sa nature, son essence, ce qu’il est. Il est lumière. Il ne saurait avoir communion avec le péché. Car « quelle communion y a-t-il entre la lumière et les ténèbres ? » Mais il est amour, et, parce qu’il est tel, il a voulu se révéler. La pensée et, si l’on peut dire, le besoin de son amour était de se faire connaître et d’amener, à tout prix, en relation et en communion avec lui-même, dans sa propre joie et son propre bonheur, de pauvres misérables pécheurs comme nous. Cet amour, jamais nous ne l’eussions découvert ; jamais nous n’aurions connu Dieu, si Christ n’était pas venu. Nous aurions bien eu connaissance de son existence, car les œuvres de la création suffisent pour nous en convaincre ; mais qu’est-il ce Dieu qui existe, et dont la puissance, la sagesse, et la déité sont manifestes dans ses ouvrages ? Quelles sont ses pensées à notre égard ? Là-dessus, la création nous laissait dans l’ignorance, et la loi ne révélait pas davantage le Dieu qui est amour.

(v. 9). « En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique au monde, afin que nous vivions par Lui ». Et quand est-ce que cet autour de Dieu s’est ainsi manifesté envers nous ? C’est lorsque nous étions morts dans nos fautes et dans nos péchés, quand nous étions encore pécheurs, ennemis et des impies. C’est quand nous étions tels, que Dieu a manifesté son amour pour nous ; un amour qui n’est que grâce toute pure, n’ayant puisé ses motifs qu’en lui-même ; amour incomparable, auquel aucune créature n’aurait jamais pensé !

Nous gisions dans la mort, sous une sentence de mort et de jugement ; celui qui avait le pouvoir de la mort nous retenait captifs sous sa puissance ; qui pouvait nous apporter la vie et la délivrance ? Dieu y a pourvu. Son amour a pensé à tout. « Il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par Lui, et pour être la propitiation pour nos péchés ». Il fallait pour cela que son Fils bien-aimé, le Saint et le Juste, prît notre place, se chargeât de nos péchés et répondît pour nous devant le tribunal du Dieu juste et saint. Le regard de Dieu mesurait à fond l’abîme des souffrances et des douleurs qu’impliquait pour son Unique l’accomplissement de ses pensées de grâce envers nous. Son amour n’a point reculé devant ce sacrifice infini.

Celui qui était la lumière du monde, le resplendissement de la gloire de Dieu en grâce au milieu des hommes, ne devait rencontrer que haine et contradiction de la part des pécheurs. Et quelle souffrance pour le Fils de Dieu, d’être dans un monde souillé, où tout était opposé à sa sainte nature, et au milieu de toute la misère amenée par le péché ! Tout cela Dieu le savait, mais rien n’a pu arrêter son amour. Il a envoyé son Fils unique dans le monde, il l’a donné et ne l’a point épargné ; et cela, afin que nous vivions par Lui et que nos péchés soient à jamais ôtés. Et Lui, le Fils de Dieu, après avoir essuyé tous les outrages de ceux qui outrageaient Dieu et enduré sur la croix le jugement de Dieu et sa juste colère contre le péché, a goûté la mort, est descendu au fond de cet abîme, afin que nous vivions par Lui. Il en est remonté comme un Sauveur vivant et victorieux, et maintenant nous avons la vie, la vie divine, la vie éternelle en Lui, le Fils de Dieu. Quelle grâce ! Ah ! ne fallait-il pas de l’amour, pour s’occuper ainsi d’êtres misérables, indignes et haïssables comme nous ?

(v. 10). Aussi est-ce « en ceci qu’est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que Lui nous aima (en dépit de notre inimitié), et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés ». Il a opéré pour nous une complète délivrance et de la mort et du jugement, et nous avons en Lui la vie et la justice. C’est une chose faite, et c’est en cela qu’a été manifesté l’amour, et que nous le connaissons. Or c’est notre privilège de détourner nos regards de nous-mêmes, pour considérer cet amour de Dieu manifesté envers nous, mais entièrement en dehors de nous, dans la mort de Christ à la croix. C’est là que nous apprenons ce qu’est l’amour, amour sans bornes, amour souverain, élevé au-dessus de tout notre péché et de ses conséquences ; amour qui a trouvé et fourni le moyen d’amener, tout en maintenant les droits de la justice divine, le pêcheur purifié, sans tache, dans la paix et le bonheur de Sa présence. La justice a été satisfaite, Dieu pleinement glorifié, et là où nous voyons  manifestée son inexorable justice en jugement contre le péché, là même nous voyons la manifestation de l’amour de Dieu, qui a tout sacrifié pour nous recevoir en grâce !

Rd. — Nous participons à la nature divine, cependant, il n’est pas dit que nous sommes amour, mais nous sommes appelés à marcher dans l’amour.

R. — Nous sommes « lumière », parce que nous avons la vie divine, et la lumière est la vie manifestée. La nature divine nous a été communiquée, de telle sorte que nous sommes dans ce monde lumière dans le Seigneur, appelés à marcher comme des enfants de lumière. Mais nous ne sommes pas amour. En Dieu, l’amour est souverain, indépendant dans son activité ; nous ne le sommes pas. Dieu est amour, et nous, nous sommes appelés à être les imitateurs de Dieu, comme de bien-aimés enfants, et à marcher dans l’amour…

Rd. — En ayant Christ pour modèle.

R. — Le Saint-Esprit, par lequel Dieu a versé son amour dans nos cœurs, agit en nous pour produire la manifestation pratique de l’amour, selon l’exemple que Christ nous a laissé ; « comme Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éphésiens 5:1-2). Quel parfait modèle et quel puissant motif pour le suivre !

(v. 11). Si donc Dieu nous aima ainsi, d’un amour tout gratuit, spontané, sans que rien en nous le motivât — bien au contraire — « nous aussi nous devons nous aimer l’un l’autre ».

(v. 12). « Si nous nous aimons l’un l’autre, Dieu demeure en nous, et son amour est consommé en nous ». La loi a démontré qu’il est impossible à l’homme naturel d’aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même. « La pensée de la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu, et aussi elle ne le peut pas ». En donnant la loi à son peuple, l’Éternel ne leur donna pas une nature nouvelle capable de l’accomplir. C’était le temps de l’épreuve de l’homme sous la loi. Il en est autrement du chrétien. Étant nés de Dieu, nous sommes rendus participants de la nature divine, d’une nature capable d’aimer comme Dieu aime. Le principe de l’homme naturel, c’est l’égoïsme ; le principe divin, c’est l’amour.

Le Seigneur dit (Jean 13:34) : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi, vous vous aimiez l’un l’autre ». « Comme », c’est-à-dire dans la même mesure et de la même manière. Le Seigneur, « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin ». Il les aimait jusqu’à mettre pour eux sa vie, et son amour le faisait s’abaisser, Lui, le Seigneur, pour les servir ; il prenait occasion de leurs imperfections et de leurs fautes même pour s’exercer envers eux en leur lavant les pieds. Sa seule pensée était leur bonheur, savoir qu’ils eussent part avec Lui. Quel exemple pour nous !

Nous lisons en Jean 1:18 : « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique qui est dans le sein du Père, Lui l’a fait connaître ». Tout ce que Dieu est : sa nature, son caractère, toutes ses perfections, le Fils unique nous l’a fait connaître. Il l’a révélé comme Père, et cela si pleinement qu’il a pu dire : Celui qui m’a vu a vu le Père, « celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé ». Or, cette révélation de Dieu le Père dans le Fils est un fait acquis, accompli ; nous n’y pourrions rien ajouter. On ne saurait ajouter à la perfection.

Ici, nous lisons : « Personne ne vit jamais Dieu ; si nous nous aimons l’un l’autre, Dieu demeure en nous, et son amour est consommé en nous ». Quelle douce réalité n’y a-t-il pas dans le lien divin et les affections divines de la famille de Dieu ? Or, si nous nous aimons l’un l’autre, qu’est-ce que cela prouve ? Non seulement que la même nature divine est en nous, mais que Dieu demeure en nous comme la source de nos saintes affections, et son amour remplissant nos cœurs est consommé en nous.

Rd. — C’est une transformation ; nous étions haïssables et nous haïssant l’un l’autre.

R. — C’est une nouvelle création.

(v. 13). « Par ceci nous savons que nous demeurons en Lui, et Lui en nous ; c’est qu’il nous a donné de son Esprit ».

S. — Pourquoi est-il dit : « de son Esprit », et non pas : son Esprit ?

R. — Ce n’est pas précisément, ici, l’Esprit comme personne, mais comme nature divine ; la pensée, les affections divines dont l’Esprit en nous est la source. « Par ceci nous savons qu’il demeure en nous ».

M. — Est-ce en rapport avec Jean 14:20 : « En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis dans le Père, vous en moi et moi en vous » ?

R. — « Ce jour-là », c’est le jour actuel. Le Consolateur, l’Esprit de vérité, étant venu et habitant en nous, nous savons que Jésus est dans le Père — ce qu’il était toujours comme un avec le Père, et ce que les disciples auraient dû savoir. De même aussi, par le Saint-Esprit descendu pour être le témoin de la gloire dans laquelle Christ est entré, nous avons le bonheur de savoir où il est allé, après avoir pleinement glorifié Dieu, son Père. Dieu l’a glorifié en lui-même ; « le Père l’a glorifié auprès de lui-même ». Quelle joie ! Nous ne serions pas ici, heureux ensemble, si nous ne savions pas où il est, nous serions malheureux et ne connaîtrions pas la joie. Mais maintenant, par l’Esprit qui nous unit à Lui, nous sommes rendus capables de nous réjouir du propre bonheur et de la gloire de Celui qui nous a tant aimés et a enduré la croix pour nous.

« Et vous en moi ». Le Saint-Esprit qui nous unit à Lui nous donne conscience de notre position en Lui. Lui dans le Père et nous en Lui, quelle union ! Nous sommes ainsi amenés au centre même de toute bénédiction. « Et moi en vous », afin que nous le manifestions dans ce monde, ayant en nous la même pensée qui était en Jésus-Christ. « Comme donc vous avez reçu le Christ Jésus, le Seigneur, marchez en Lui » (Colossiens 2:6). Le Consolateur nous fait connaître ces choses et nous en fait jouir. Le Saint-Esprit nous donne la conscience et l’intelligence de nos relations avec le Père comme ses chers enfants, ainsi que de notre union avec Christ comme membres de son corps, de sa chair et de ses os, aussi bien que de nos relations avec Lui, comme ceux que le Père Lui a donnés, ses rachetés, ses brebis, ses serviteurs et ses disciples.

 

(v. 14). « Et nous, nous avons vu, et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde ».

L’apôtre semble accentuer ici la manifestation de l’amour. En Jean 3, nous lisons : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Ici, c’est le Père. Qu’y a-t-il de plus cher, de plus précieux au cœur du Père que le Fils de son amour, l’objet et le centre de toutes ses affections ? Eh bien ! le Père l’a envoyé pour être le Sauveur du monde.

Rd. — Est-ce qu’il n’y a pas danger d’élargir un peu trop cette signification pour dire que tout le monde est sauvé ?

R. — Non, si l’on s’en tient à la Parole. Le Père a envoyé le Fils pour être le Sauveur du monde, non pas afin de juger le monde, mais afin que le monde fût sauvé par Lui. La grâce qui apporte le salut est apparue à tous les hommes : l’accueil fait à cette grâce est une autre question.

L’envoi du Fils pour être le Sauveur du monde a mis le monde à l’épreuve. Dieu était là en grâce, n’imputant point le péché. Cela rendait le monde d’autant plus responsable. Il n’a pas voulu de cette grâce, il a rejeté Christ. « Celui-ci est l’héritier, venez, tuons-le ! », « Ôte, ôte, crucifie-le ! » Telle fut la réponse du monde à l’amour de Dieu révélé dans le Fils. C’est pourquoi Jésus dit : « Maintenant est le jugement de ce monde ; maintenant le chef de ce monde sera jeté dehors » (Jean 12:31). Avant la mort de Christ, le monde était bien considéré comme perdu, mais non comme rejeté. Maintenant, c’est fini. Le monde ayant mis en croix le Fils de Dieu, est définitivement rejeté de Dieu, et il y a antagonisme absolu entre le Père et le monde.

J. P. — Cela établit irrévocablement la position et la responsabilité du monde vis-à-vis de Dieu.

R. — Sans doute ; le monde est jugé, son jugement est prononcé ; il n’est pas encore exécuté. Dieu use de patience, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous se repentent. C’est maintenant le jour de la grâce et du salut. Dieu fait proclamer dans le monde son glorieux Évangile touchant son Fils Jésus-Christ, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Sa grâce ne cesse d’agir dans ce monde pour amener à Christ de pauvres pécheurs perdus, les retirant de ce présent siècle mauvais. Mais c’est une chose individuelle. Ce n’est pas le monde qui est sauvé ; c’est celui qui croit. Le monde n’a devant lui que le jugement.

D. — Quelle est la différence entre ce verset 14 et le chapitre 2:2 : « Lui est la propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier » ?

R. — Je crois que, par « les nôtres », l’apôtre a en vue les Juifs. Hébreux 2:17, présente Christ comme « un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur, dans les choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple ». Pour nous, chrétiens, nous savons que la propitiation est accomplie. L’expiation a eu lieu une fois pour toutes à la croix, et Christ est entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang ayant obtenu une rédemption éternelle. Le sang ayant été porté devant Dieu, le Saint-Esprit est venu nous apporter le témoignage de la valeur infinie de ce précieux sang pour Dieu, comme de sa parfaite efficace pour nous : « Je ne me souviendrai plus jamais, dit Dieu, de leurs péchés, ni de leurs iniquités » (Hébreux 10). Ainsi nous avons une certitude divine quant à notre salut et notre éternel pardon. Il n’en est pas ainsi d’Israël. Il ignore les résultats de l’offrande de Christ pour son peuple. Le résidu n’en aura connaissance que lorsque Christ apparaîtra, quand le sacrificateur sortira du sanctuaire.

Christ est la propitiation « pour le monde entier », pas seulement pour les Juifs. Le propitiatoire, ou trône de grâce, est accessible à tous, mais « par la foi en son sang ». Et si le « temps agréé » dure encore, si Dieu a patience avant d’exécuter le jugement, c’est à cause de la propitiation.

Rd.Est-ce en rapport avec l’office de Christ comme Avocat ?

R. — Oui, en tant que cet office s’exerce envers nous en vertu du sang de Christ, qui fixe notre position devant Dieu pour toujours. Celui qui intercède pour nous est lui-même notre justice devant Dieu, et la propitiation pour nos péchés. Il n’est pas question d’imputation ni de justification, mais de communion. Christ prend notre cause en main et intervient pour rétablir la communion quand elle a été interrompue, et Dieu répond à son intercession en agissant sur nous par sa Parole.

Rd. — Et cela nous amène à la confession nécessairement. Ah ! nous ne savons pas tout ce que nous devons à sa sacrificature et à son intercession !

R. — (v. 15). « Quiconque confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu ».

S’il y a la réalité de la foi dans cette confession, si timide qu’elle puisse être, qu’est-ce que cela prouve ? Que Dieu est là. « Dieu demeure en lui et lui en Dieu ». Quel encouragement pour le plus faible croyant ! Savoir qu’il en est ainsi, est, en effet, bien propre à encourager notre faiblesse dans la confession de notre foi en Jésus, le Fils de Dieu, au milieu d’un monde qui l’a rejeté et qui le renie.

(v. 16). « Et nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous. Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour, demeure en Dieu, et Dieu en lui ».

Connaître et croire l’amour que Dieu a pour nous, est joie et paix. Dieu est connu ; or, il est amour, et demeurer dans l’amour, c’est demeurer en Dieu, et Dieu en nous.

(v. 17). « En ceci est consommé l’amour avec nous, afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement, c’est que, comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ».

Au verset 9, nous avons l’amour « manifesté envers nous » ; au verset 12, l’amour « consommé en nous » ; ici, c’est l’amour « consommé avec nous », et cela afin que nous ayons toute assurance au jour du jugement. Or, que faut-il pour avoir toute assurance en ce jour-là ? Il faut être comme le Juge, comme Christ lui-même. Eh bien ! « c’est en ceci que l’amour est consommé avec nous, c’est que, comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde ». Dieu ne pouvait nous donner une vie, une justice, une sainteté plus parfaites que Christ lui-même ; or, nous sommes en Christ devant Dieu, « rendus agréables dans le Bien-aimé », et « accomplis en Lui » (Éphésiens 1:6 ; Colossiens 2:10). C’est Lui qui est notre justice et notre sainteté, comme il est dit 1 Corinthiens 1:30 : « Or, vous êtes de Lui dans le Christ Jésus, qui nous a été fait sagesse de la part de Dieu, et justice et sainteté et rédemption ». Ayant pleinement glorifié Dieu par sa mort expiatoire, Dieu l’a glorifié à sa droite avec justice, et nous sommes devenus « justice de Dieu en Lui ». C’est Lui qui est notre vie ; nous la possédons en Lui, le Fils de Dieu ; vie qui nous a placés dans la même relation que lui-même avec le Père, et dans laquelle nous sommes aimés du même amour dont le Père l’a aimé. Quelle grâce merveilleuse ! Qui peut sonder l’amour du Père pour le Fils, objet de ses délices, centre béni de toutes ses affections ! Et dire que nous sommes aimés du même amour ! Qui connaissait à la fois le cœur du Père et la faiblesse et les imperfections des disciples, comme le Seigneur ? Eh bien ! en parlant des siens, il dit au Père, eux l’entendant : « Tu les aimes comme tu m’as aimé » et Lui, de même, pouvait leur dire : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ; demeurez dans mon amour » (Jean 17:23 ; 15:9).

Ainsi est consommé l’amour avec nous. Comme Christ est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde. Nous avons donc, dès maintenant, toute assurance en vue du jour du jugement, et aurons toute assurance en ce jour-là. Alors nous serons manifestés comme l’amour de Dieu l’a voulu ; c’est-à-dire dans une parfaite ressemblance à Christ, tout resplendissants de sa propre gloire et de ses propres perfections, et comme les objets de l’amour infini du Père. En ce jour-là, nous serons manifestés avec Christ en gloire ; et « Lui, sera glorifié dans ses saints et admiré en tous ceux qui auront cru ». C’est alors aussi que le monde connaîtra que le Père nous a aimés, comme il a aimé Jésus.

Quand le jour du jugement sera là, et que Christ aura pris place sur son trône judiciaire, alors tous auront affaire avec Lui. « Car il faut que nous soyons tous manifestés devant le tribunal  du Christ, afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, selon ce qu’il aura fait, soit bien, soit mal » (2 Corinthiens 5:10).

Les croyants seront manifestés dans la pleine lumière du tribunal de Christ, parfaitement semblables à Lui, conformes à l’image du Fils de Dieu, sans tache et irréprochables devant sa gloire ; et plus éclatante sera la lumière du tribunal, plus resplendira aux yeux de tous, à la gloire de Christ, la perfection de notre justice et de notre sainteté. Il n’y a pas d’endroit dans le ciel où Dieu sera plus magnifié que là, dans et par ses saints glorifiés. « Nous connaîtrons alors à fond, comme aussi nous avons été connus ». Là seront manifestés, dans la pleine lumière, tous les trésors de la grâce et de l’amour, de la sagesse, de la miséricorde et de la patience de Dieu envers nous. Par l’opération de son Esprit et de sa Parole dans nos cœurs, nous avons été amenés ici-bas à discerner et à sentir devant Dieu notre culpabilité et notre état de ruine, et ainsi à nous juger nous-mêmes, reconnaissant qu’il n’y a rien de bon en nous ; toutefois, ce n’est que bien « en partie » que nous avons discerné nos péchés, et notre indignité. Mais là, tout nous sera pleinement découvert ; nous connaîtrons tout ce qui nous a été pardonné ; nous comprendrons combien grande, riche et merveilleuse, a été la grâce déployée envers nous. Tout ce que Dieu a été pour nous en tendre amour, en soins paternels, tout le long de la route ; toute la perfection de ses saintes voies à notre égard, lesquelles notre faible perception ne peut maintenant pénétrer, tout cela sera alors dévoilé à nos regards étonnés et remplira nos cœurs d’adoration et de louanges.

 

Combien est précieuse la pensée de notre manifestation devant le tribunal de Christ ! Mais elle est aussi bien sérieuse, et de nature à agir sur nos consciences, « car il faut que nous soyons tous manifestés,… afin que chacun reçoive les choses accomplies dans le corps, soit bien, soit mal ». Quant au croyant, « il ne vient point en jugement », dit le Seigneur, et ses péchés ne seront plus jamais remis en mémoire devant Dieu (Hébreux 10:17 ; Jean 5:24). C’est le Juge lui-même qui les a portés et en a subi la peine pour nous. Il ne saurait annuler sa propre œuvre. Ce n’est que le bien que le croyant aura accompli, qui lui sera rendu, quoique ce soit la grâce qui l’ait opéré par lui. Mais là, manifestés en gloire devant le tribunal, nous verrons aussi — pensée solennelle ! — tout ce que nous aurons perdu.

Nous oublions trop souvent que nous appartenons entièrement au Seigneur. Il nous a rachetés au prix de son sang. Il s’est ainsi acquis tout droit sur nous ; nous ne sommes donc plus à nous-mêmes, mais à Lui, pour le servir dans une humble obéissance. Mais, hélas ! que de temps, que d’heures perdues où, au lieu de vivre pour Christ, ayant nos pensées aux choses qui Lui plaisent et l’honorent, nous avons pensé à nous-mêmes, vécu pour nous-mêmes ou pour les choses qui se voient ! Oui, que de temps dissipé ainsi, sans fruit, alors que chaque moment de notre existence appartenait au Seigneur et, étant employé à faire sa volonté, eût entraîné une éternelle récompense. Eh bien, cela sera perdu.

Puissions-nous donc « ne pas avoir reçu la grâce de Dieu en vain », mais nous appliquer « avec ardeur à Lui être agréables ».

Le plus faible des rachetés sera tout aussi conforme à l’image du Fils de Dieu que Paul, par exemple, mais s’il s’agit de récompense, quelle différence ! Chacun recevra selon sa fidélité. Le « verre d’eau froide », la « pite de la veuve », tout ce qui aura été fait ou laissé en vue de Christ, rien ne sera perdu, ni oublié du Seigneur. Le domestique fidèle qui aura rempli, sous le regard de Dieu, son humble tâche ou des devoirs tout de renoncement, « faisant tout de cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes », recevra du Seigneur en ce jour-là la récompense de l’héritage. Et que sera-ce pour celui qui aura été fidèle dans le « très peu de chose » qui lui a été confié, de recevoir, en ce jour-là, le témoignage de l’approbation du Maître : « Bien, bon et fidèle esclave,… entre dans la joie de ton Seigneur ». De même, si nous sommes appelés, en ces temps de ruine et d’apostasie, à combattre le bon combat de la foi, il y a pour l’encouragement du fidèle la précieuse promesse : « À celui qui vaincra, je donnerai… » Toutefois, le grand motif d’une marche sainte et dévouée n’est pas la récompense ; c’est la grâce de Dieu, l’amour de Christ et sa gloire.

Ainsi, pour ce qui est de notre position selon les conseils de Dieu, l’amour est consommé avec nous en ceci : c’est que, comme il est, Lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde, et serons manifestés tels qu’il est, en gloire, au jour du jugement. Ainsi, nous avons et aurons toute assurance. Le Juge, assis au tribunal, verra, dans ses heureux rachetés, sa propre image, ses propres perfections. Il verra en eux le fruit du travail de son âme et sera satisfait. Et nous ? Quel bonheur quand nos yeux le verront, Lui, dont la face est un rassasiement de joie, Lui, l’Agneau immolé, notre Seigneur et Sauveur à jamais béni ! Il faut que cette manifestation ait lieu et pour sa gloire et pour notre félicité.

(v. 18). « Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour parfait chasse la crainte, car la crainte porte avec elle du tourment, et celui qui craint n’est pas consommé dans l’amour ».

Nous avons connu et cru l’amour que Dieu a pour nous ; amour sans borne, immuable, versé dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. Croire cet amour, s’y reposer, voilà ce qui délivre de toute crainte, met le cœur au large devant Dieu, et le remplit de confiance, de joie et de paix. Nous sommes ainsi « consommés dans l’amour ». S’il y a de la crainte, il y a du tourment ; c’est que l’on ne croit pas cet amour, pour s’y reposer en parfaite confiance et en jouir comme d’un amour absolument gratuit. Ainsi celui qui craint n’est pas consommé dans l’amour.

(v. 19). « Nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier ». En effet, Dieu n’a pas attendu, pour nous aimer, que nos cœurs se tournassent vers Lui, car c’est lorsque nous étions encore des pécheurs — ses ennemis — qu’il a constaté son amour à Lui envers nous, en ce que Christ est mort pour nous. Quel motif pour nous de l’aimer ! Or, si son amour demeure en nous, il se manifestera nécessairement aussi envers nos frères. Il n’en saurait être autrement. Car, « si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, il est menteur ». L’amour qui est de Dieu embrasse tous ceux qui sont nés de Lui, et cela précisément parce qu’ils sont tels. « Et nous avons ce commandement de sa part, que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère ».

 

1.6   Chapitre 5

(v. 1-5). Nous avons déjà remarqué que l’un des grands traits de cette épître, est la manifestation de la nature divine dans le croyant. Or, l’un des caractères de cette nature, c’est-à-dire de la vie divine dans l’homme, caractère manifesté en perfection dans l’Homme Christ Jésus, c’est l’obéissance. Au chapitre 2:29, nous lisons : « Si vous savez qu’il est juste, sachez que quiconque pratique la justice est né de Lui ». C’est la justice en contraste avec le péché, l’obéissance absolue à Dieu en contraste avec la volonté propre de l’homme. Et encore (3:7) : « Celui qui pratique la justice est juste, comme Lui est juste ». C’est la même vie, la même nature divine qui fut pleinement manifestée en Christ, en fruits parfaits portés pour Dieu. En nous, sans doute, la manifestation de cette vie divine, sa fertilité, est entravée par la chair, mais les fruits sont de même nature que ceux que Christ a portés.

Ici, nous trouvons une autre caractéristique de la vie divine ; « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ». — Ceci répond à Jean 1:11, 13. Jésus le Christ, venu chez soi, et « les siens » ne l’ayant pas reçu ; tous ceux qui le recevaient, croyant en son nom, montraient par là qu’ils étaient nés de Dieu.

« Et quiconque aime Celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de Lui ». C’est un amour de famille, découlant de la nature divine en nous et embrassant tous ceux qui sont nés de Dieu. Voici des chrétiens de nationalité et de caractère différents — inconnus jusqu’ici l’un à l’autre, qui se rencontrent en voyage et font connaissance comme chrétiens — ils se sentent aussitôt unis ensemble par des liens beaucoup plus étroits que ceux de la nature. Quel beau témoignage de vrais disciples de Jésus, quand la nature divine en eux se manifeste ainsi aux yeux de tous !

Mais il y a une contre-épreuve de la chose. « Par ceci, nous savons que nous aimons les enfants de Dieu, c’est quand nous aimons Dieu et que nous gardons ses commandements ». Voilà qui prime tout. Ce qui caractérise la relation d’enfant, c’est l’obéissance. Nous sommes nés de Dieu pour cela ; — pour hériter plus tard, sans doute ; — mais tout d’abord pour obéir. « Élus en sainteté de l’Esprit, pour l’obéissance de Jésus-Christ », etc. Si mon frère, au lieu de s’enquérir de ce que Dieu dit pour obéir à sa Parole, suit le chemin de son propre choix, ce ne serait pas l’aimer que de marcher avec lui dans la désobéissance ; — chose de toute importance à considérer en ces temps de déchéance et de ruine qui rappellent le sombre tableau de l’état d’Israël à la fin du livre des Juges (17:6 ; 21:25), où « chacun faisait ce qui était bon a ses yeux », comme si Dieu n’avait pas parlé ! « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime », dit Jésus. Si nous ne pouvons nous associer avec ce qui est le fruit de la volonté de l’homme, nous serons peut-être blâmés, taxés d’étroitesse — peu importe — « il sera aimé de mon Père, et moi, je l’aimerai », ajoute le Seigneur, « et je me manifesterai à lui ». « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:21, 23). Cela vaut bien mieux que toute l’approbation des hommes.

(v 3). « Car c’est ici l’amour de Dieu, que nous gardions ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ».

L’amour divin que nous avons connu et cru et qui est versé par le Saint-Esprit dans nos cœurs, remonte à Celui qui en est la source et l’objet et trouve son expression dans l’obéissance aux commandements de Dieu. Cela ne se sépare pas. Nous ne pouvons pas « être consommés dans l’amour », sans que nos cœurs ne soient inclinés vers l’obéissance à Dieu et à la soumission à sa Parole. « Ses commandements » ne sont pas la loi. Celle-ci promettait la vie à celui qui l’observerait, mais ne donnait ni une nouvelle nature, ni force pour l’accomplir, tandis que « ses commandements » sont l’expression de la vie qui nous a été communiquée et que nous possédons en Christ, comme ils sont l’expression de l’autorité de Celui qui a tout droit à notre entière obéissance. Ils répondent ainsi aux désirs de la nouvelle nature, et c’est pourquoi « ses commandements ne sont pas pénibles ». Aussi avons-nous à marcher par l’Esprit dans la puissance de cette vie nouvelle, comme il est dit : « Tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Romains 6:11).

Il ne peut y avoir de bonheur et de vraie liberté pour l’âme qu’en vivant à Dieu. « Je suis crucifié avec Christ », dit Paul, « et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ». Cela est vrai de tout chrétien ; il ne possède d’autre vie devant Dieu que Christ, mais l’apôtre ajoute : « Mais ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Galates 2:20). Ceci est personnel. C’est ce que réalisait l’apôtre pour lui-même. Or, c’est là qu’est la puissance de la vie et de l’affranchissement. Ce n’est pas en nous débattant avec nous-mêmes, ou en voulant considérer Christ en nous, que nous trouverons la délivrance ; ce n’est pas seulement la pensée que Dieu nous considère comme morts au péché mais vivants à Lui, qui nous donnera de la puissance pour marcher ; mais dans cette position nous avons Christ comme objet, un objet en dehors de nous-mêmes. Le cœur est saisi par Christ, le Christ vivant à la droite de Dieu. C’est Lui, « le Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ! » Quel repos et quelle joie pour le cœur ! Quelle force aussi pour marcher d’un cœur libre et heureux sur les traces de Celui dont la joie était de garder les commandements de son Père et d’accomplir sa volonté ! Nous sommes responsables comme de bien-aimés enfants de vivre à Dieu et de garder ses commandements, mais c’est là qu’est le bonheur. Ce n’est pas la responsabilité d’un enfant envers son Père qui le rend malheureux, mais c’est le fait d’y manquer. Un enfant obéissant est un enfant heureux qui réjouit le cœur de son père. Non, certes, « ses commandements ne sont pas pénibles ».

 

(v. 4). « Parce que tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ».

C’est le monde qui est le grand obstacle ; c’est l’influence du monde qui fait trouver pénible l’obéissance aux commandements de Dieu. Ce monde est un système arrangé par Satan, son prince, pour la satisfaction de la chair et de ses convoitises, un système ayant sa religion, sa morale, ses plaisirs à lui, mais entièrement ennemi de Dieu. Il s’est montré tel dans le rejet de Christ. Lorsque le Fils de Dieu y apparût en grâce comme Sauveur, le monde, conduit par Satan, son prince, lui cracha au visage et le mit en croix. Mais la croix fut la victoire de Christ sur le monde, qui, dès lors, est un monde rejeté. Elle est le jugement de ce monde, aussi bien que de l’homme dans la chair ; d’où il suit maintenant que nous, croyants, participants de la vie de Dieu en Christ ressuscité, nous ne sommes pas du monde comme Christ n’en était pas. La croix a fait définitivement séparation entre nous et lui. Par la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, dit Paul, « le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Galates 6:14).

Que peut donc offrir le monde à ce qui est né de Dieu ? Il n’a rien pour le nouvel homme. Ainsi, « tout ce qui est né de Dieu est victorieux du monde ». La chair est en nous, sans doute, et n’est jamais changée ; mais Dieu l’a jugée à la croix, et nous avons à la tenir constamment pour telle, sinon voilà le monde qui reprend sur nous son influence et le cœur qui retourne aux choses de l’Égypte.

Que Dieu nous donne de marcher par la foi, dans la puissance de la nature divine qui nous a été communiquée ! Si le cœur est tourné vers Lui, et jouit de Lui et de son amour, nous marcherons avec joie dans le sentier de « ses commandements », qui fût le sentier de Christ, le joug que lui-même a porté et qu’il nous invite à prendre sur nous pour le repos de nos âmes. Or, rien de plus doux que son joug, de plus léger que son fardeau. « Et c’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir notre foi ».

L’expression est remarquable : « notre foi ». C’est la foi chrétienne, la foi de Jésus, la foi du Fils de Dieu. La foi est en soi, dans son principe, la victoire sur le monde ; elle a trouvé en Christ sa suprême expression, en victoire à la croix où vinrent se briser toute l’opposition, l’inimitié et la puissance du monde soulevée contre Lui. « J’ai vaincu le monde », dit Jésus, et nous sommes exhortés à courir « avec patience la course qui est devant nous, fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (Hébreux 12:1, 2).

(v. 5). « Qui est celui qui est victorieux du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? »

Bl. — Dieu donne la victoire en donnant la foi ?

R. — C’est la foi qui est la victoire ; elle est caractérisée par son objet qui est Jésus, le Fils de Dieu, qui a vaincu le monde et est entré dans la gloire céleste. J’ai un Sauveur qui s’est donné pour moi et m’a sauvé de la perdition éternelle, et ce Sauveur est le Fils de Dieu ! Oui, c’est Lui, « le Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi ». Il est entré dans la gloire céleste dans la puissance de son éternelle victoire. Où donc seront nos cœurs ? Vers qui tendront nos désirs et se tourneront nos regards ?

Si Christ a du prix pour notre âme, pourrons-nous trouver notre plaisir là où le monde trouve le sien, nous associer ou participer à la politique ou à la religion d’un monde qui a crucifié le Fils de Dieu ? — Certainement non. Et son opposition nous arrêtera-t-elle dans le chemin de l’obéissance ? — Pas davantage. « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? Affliction, ou détresse, ou persécution, ou famine, ou nudité, ou péril, ou épée ?… Au contraire, dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:35, 37). Regardant à Jésus, le Fils de Dieu, gardant sa Parole, la foi obéit et triomphe de tout.

(v. 6). « C’est Lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus le Christ, non seulement dans la puissance de l’eau, mais dans la puissance de l’eau et du sang, et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité ».

Le fait déclaré ici est d’une telle importance, que l’apôtre en fait l’objet d’un témoignage tout spécial dans son évangile. « Mais l’un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (19:34). Comme enfants d’Adam, nous étions tous, par nature, entièrement souillés par le péché et avions besoin d’être purifiés ; et quant à notre responsabilité, nous étions coupables et il ne pouvait y avoir pour nous ni grâce, ni pardon, à moins que nos péchés ne fussent expiés. À cela, la mort de Jésus a pleinement répondu. L’eau qui purifie et le sang expiatoire sont sortis du côté du Christ mort. À la croix a été effectuée la purification, c’est-à-dire la mise de côté judiciaire complète de l’homme en Adam, aussi bien que l’expiation de nos péchés, et la vie, la vie éternelle, est maintenant le partage de tout croyant, en un Christ mort et ressuscité. Jean ne mentionne pas ici, il est vrai, le fait de la résurrection ; il parle de la puissance efficace dans laquelle Christ est venu pour accomplir et a accompli l’œuvre de la purification et de l’expiation. Mais Christ ayant été ressuscité par la gloire du Père et exalté à la droite de Dieu, le Saint-Esprit est venu ajouter son témoignage à celui des deux témoins sortis du côté percé du Christ mort, et nous dire à nous croyants : « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils ». Elle n’est pas dans le premier Adam, elle est dans le Fils de Dieu, et nous le possédons, Lui. « Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie ».

Dans son entretien avec Nicodème, le Seigneur, parlant de la nécessité de la nouvelle naissance, dit : « Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5). Ah ! me dis-je, je suis perdu ! S’il me faut être né de nouveau, c’est que toute mon existence en Adam est condamnée. En effet, mis à l’épreuve de toute manière (pour notre instruction), l’homme a été démontré incorrigible ; tout le travail de Dieu a été vain. La loi appliquée à l’homme dans la chair ne servit qu’à mettre en évidence le fait que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu, qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu’aussi elle ne le peut pas. C’est fini. Et alors ? Comment puis-je obtenir cette vie nouvelle, la vie éternelle ? — Il faut que la grande question du péché soit réglée. Dieu ne peut lever la sentence de mort et de jugement prononcée sur la race du premier Adam, et pour faire couler le fleuve de sa grâce, il faut que le péché soit expié, que la justice divine soit satisfaite. Pour introduire l’homme nouveau, il faut que Dieu en finisse avec l’ancien.

Béni soit son nom, son grand amour y a pourvu. « Car comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi il faut que le Fils de l’homme soit élevé, … et Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:14, 16). Ainsi, voilà le Fils de Dieu devenu homme pour accomplir cette œuvre merveilleuse. C’est une chose faite. Le péché est ôté, expié ; c’en est fini de l’homme en Adam, et nous qui croyons, nous avons la vie éternelle. Une nouvelle création est introduite par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus.

« Né d’eau et de l’Esprit ». — L’Esprit appliquant la Parole à l’âme, lui communique la vie, la nature divines. La Parole juge moralement tout ce qui est du vieil homme ; le jugement effectif de celui-ci a eu lieu à la croix.

En Jean 19:34, l’homme, ayant comblé la mesure de ses péchés en clouant sur le bois maudit le Fils de Dieu, veut encore, dans sa haine, s’assurer qu’il est bien mort et que le monde est débarrassé de Lui : « Un des soldats lui perça le côté avec une lance » ; et voilà que du côté percé de Jésus mort, sortent le salut et la vie. — le témoignage, de la part de Dieu, que la vie éternelle est la part de quiconque croit en son nom. Quelle réponse de Dieu à tout le péché et à toute la haine de l’homme !

La science humaine dit qu’il est impossible que du sang et de l’eau sortent d’un corps mort en le perçant. — Ce qui montre que Dieu — que le mystère de la mort comme celui de l’incarnation du Fils de Dieu — est au-dessus de la science. Cela n’a pas eu lieu pour la science, mais pour la foi.

 

(v. 7). « Il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord pour un même témoignage ».

Historiquement, l’Esprit vient en dernier lieu (v. 6) ; ici, en vue de l’application de la chose à l’âme, il est mentionné le premier.

L’œuvre de purification et d’expiation est accomplie, et Dieu l’a pleinement reconnue en ressuscitant Jésus et l’exaltant à sa droite. Mais à moins d’une œuvre divine opérée en nous par la puissance de l’Esprit, l’œuvre de la croix demeurerait sans efficace pour nos âmes. Or, le Saint-Esprit est venu ajouter son témoignage à celui de l’eau et du sang, et — ouvrant nos consciences et nos cœurs à la lumière et à l’amour divins — confirmer en puissance le témoignage de Dieu au cœur du croyant.

« Et les trois sont d’accord pour un même témoignage ». C’est un témoignage complet, divin, d’une certitude absolue et « digne de toute acceptation », lequel n’avait jamais été, ni pu être rendu auparavant, mais qui maintenant était rendu de la part de Dieu au sujet de son Fils.

(v. 9). « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; car c’est ici le témoignage qu’il a rendu au sujet de son Fils. Celui qui croit au Fils de Dieu a le témoignage au dedans de lui-même ».

Il s’agit de la personne du Fils, de ce qu’est le Fils pour le cœur du Père, et de l’œuvre du Fils à l’appréciation de Dieu. C’est le grand sujet de l’Évangile de Dieu (Romains 1:1-4).

Quelle bénédiction inappréciable d’avoir ce qui répond au besoin impérieux de l’âme, savoir un témoignage de Dieu, donnant à l’âme qui le reçoit une divine, inébranlable certitude. Car, « celui qui croit au Fils de Dieu a le témoignage au dedans de lui-même », par l’Esprit demeurant en lui. J’ai affaire à Dieu ; j’ai besoin d’avoir son témoignage à Lui, sur la personne et l’œuvre de son Fils ; je ne saurais avoir sans cela ni assurance, ni tranquillité : eh bien, je l’ai, ce témoignage, et voilà mon âme en repos pour l’éternité. Et quel est-il ce témoignage ?

(v. 11, 12). « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu, n’a pas la vie ».

Oui, nous avons la vie éternelle ; nous en jouirons en plein, dans des corps glorifiés, quand nous serons avec Jésus dans la gloire céleste, mais nous l’avons dès maintenant dans le Fils, parce que nous l’avons, Lui. C’est Dieu qui le dit.

« Celui qui a le Fils a la vie ». Dieu pouvait-il nous enrichir davantage ? Celui dont le Père rend témoignage, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé — le croyant peut dire : Il est ma part, et parce que je le possède, Lui, le Fils de Dieu, je possède tout en Lui : vie, justice, paix — tout. Qui peut mesurer les richesses de bénédiction qui découlent pour nous de la possession de la vie éternelle dans le Fils de Dieu ? Ah ! le Seigneur pouvait bien dire à Pierre (lequel ne pouvait se rendre compte de tout ce qu’impliquait pour lui la connaissance de Christ, le Fils du Dieu vivant), comme il le dit au plus faible croyant : « Tu es bienheureux ! » car ce bonheur c’est le sien propre. Le « lot des saints dans la lumière », auquel, par la grâce du Père, nous sommes rendus capables de participer, c’est le lot même de Christ ; nous avons été « transportés dans le royaume du Fils de son amour », centre de toute bénédiction, afin que nous jouissions de lui-même et, avec Lui, de tout ce que le Père lui a donné !

(v. 13). « Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ». En vue des faux docteurs qui cherchaient à ébranler la foi des chrétiens et à semer le doute dans les cœurs, l’apôtre leur écrit ces choses pour qu’ils sachent, avec une pleine et divine certitude, que eux, qui ont cru au nom du Fils de Dieu, ont la vie éternelle.

Combien d’âmes qui croient sincèrement que Jésus est le Fils de Dieu, mais qui, n’ayant pas saisi l’efficace de l’œuvre de Christ, sont affaissées sur elles-mêmes, assaillies par les suggestions de l’ennemi et dans le doute quant à leur salut ! À tous ces doutes, la Parole répond : « Vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu ».

Voici, par exemple, une âme atteinte par la Parole et réveillée par la puissance de l’Esprit de Dieu. Aussitôt un changement de pensée, des désirs, des besoins nouveaux sont créés en elle. Elle désire sincèrement être convertie, et elle montre par ce fait qu’elle l’est déjà, quoiqu’elle soit la dernière à le penser. La lumière divine a pénétré en elle ; la vie de Dieu est là : et voilà cette âme travaillée, malheureuse, gémissant sous le poids de ses péchés, se jugeant elle-même et soupirant après la paix, la délivrance. Cela prouve qu’une telle âme est née de nouveau, mais elle n’a ni paix, ni assurance. Le premier effet de la nouvelle naissance n’est pas de placer l’âme dans la paix. Ce qui donne la paix et une pleine certitude à l’âme, c’est la foi au sang de Jésus, c’est la connaissance de la rédemption saisie par la foi au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils et de la pleine suffisance de son œuvre accomplie. Il s’agit de croire Dieu qui nous dit qu’il a « ressuscité Jésus, notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses et a été ressuscité pour notre justification ». Il déclare que celui qui croit est justifié de toutes choses, est pardonné, et ainsi « justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ ». Mais Jean n’entre pas ici dans les détails, ni dans les expériences, de l’âme ; il présente le témoignage de Dieu au sujet de son Fils, savoir que celui qui croit au Fils de Dieu a la vie éternelle. Or, cela implique tout.

Il y a dans la Parole une puissance que rien ne saurait égaler. Quelle grâce que Dieu ne nous ait pas laissés à nous-mêmes, à nos propres pensées, ni abandonnés aux erreurs et séductions de l’ennemi, mais nous ait donné sa Parole qui est la vérité, Parole vivante et permanente à toujours, qui seule peut donner une parfaite et divine certitude : « Afin que vous sachiez que vous avez… »

L’apôtre dit toujours : nous savons, vous savez. La Parole ne connaît personne, comme étant dans l’état chrétien, qui doute de son salut. Comment voulez-vous plaire à Dieu si vous le faites menteur en ne recevant pas son témoignage ? Quelle offense faite à Celui qui seul est digne de toute notre confiance et qui nous a donné tous les motifs — et les plus grands motifs — de nous fier entièrement à Lui !

(v. 14, 15). « Et c’est ici la confiance que nous avons en Lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ; et si nous savons qu’il nous écoute, quoi que ce soit que nous demandions, nous savons que nous avons les choses que nous lui avons demandées ».

Dans la confiance que nous donne la certitude de son amour et de l’intérêt qu’il nous porte, nous avons le privilège de Lui présenter nos demandes et nos requêtes avec la ferme assurance qu’il nous écoute, si ce que nous Lui demandons est selon sa volonté. Son amour ne nous incitera pas à désirer autre chose que ce qui Lui est agréable et glorifie son nom. « Si vous demeurez en moi, dit Jésus, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait. En ceci, mon Père est glorifié que vous portiez beaucoup de fruit, et vous serez mes disciples ». Demeurant en Jésus, ses paroles demeurant en nous nous guideront dans tous nos désirs. Nous ne rechercherons que la volonté du Seigneur et la gloire de son nom, nous ne désirerons pas autre chose que ce qui plaît au Père, comme de vrais disciples de Jésus. Alors : « Vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait ». Si nous savons qu’il incline son oreille à nos prières, « nous savons aussi que nous avons les choses que nous lui avons demandées ». Nous pouvons demander avec la pleine certitude qu’il nous exaucera.

B. — Ce n’était pas le cas de ceux à qui Jacques dit : « Vous demandez, et vous ne recevez pas » (Jacques 4:3).

R. — Ce n’était pas la gloire de Dieu qui était le but de leurs demandes, mais la satisfaction de leurs convoitises.

Bien des choses peuvent préoccuper nos cœurs, bien des sujets d’inquiétude les alarmer, bien des désirs s’y former, mais quand nous n’avons pas une vue claire de la volonté du Seigneur au sujet des choses qui nous préoccupent, que faut-il faire ? — « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu, par des prières et des supplications avec des actions de grâces », remettez-Lui tout ! Lui sait beaucoup mieux que nous ce qui nous est bon. Il se peut ou non que les choses que nous demandons soient selon sa volonté, — nous ne savons pas, — présentez-lui vos demandes, — il n’est pas dit qu’il vous exaucera, mais que « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Philippiens 4:6, 7). Y aurait-il une difficulté pour sa toute-puissance ? quelque chose qui pourrait troubler la paix de Dieu ? — Elle surpasse toute intelligence. Lui ayant exposé nos requêtes, et tout remis entre ses mains — voilà sa paix qui fait la garde autour de nos cœurs pour les garder dans le bonheur qui est en Christ. Nous savons qu’il nous aime, qu’il a les meilleures pensées pour nous, qu’il s’occupe de notre bonheur bien plus que nous-mêmes, et sommes assurés qu’il amènera tout à bonne fin pour nous. Si nous sommes au clair quant à sa volonté, s’il s’agit de sa gloire, de sa cause, nous pouvons Lui exposer nos demandes avec la certitude qu’il nous entend. Il pourra peut-être nous faire attendre longtemps sa réponse, mettre notre patience à l’épreuve ; quoi qu’il en soit « nous savons qu’il nous écoute, et que nous avons les choses que nous lui avons demandées ». « Je disposerai ma prière devant toi et j’attendrai » (Psaume 5:3). Ce n’est certes pas pour rien qu’il nous encourage à le faire.

 

(v. 16, 17). « Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui n’est pas à la mort, il demandera pour lui ; et il lui donnera la vie, savoir à ceux qui ne pèchent pas à la mort. Il y a un péché à la mort ; pour ce péché-là, je ne dis pas qu’il demande. Toute iniquité est péché, et il y a tel péché qui n’est pas à la mort ».

Ici, il s’agit de quelqu’un qui se trouve sous le châtiment du Seigneur, à cause de telle ou telle faute. On peut prier pour lui, que Dieu l’humilie, l’amène à la repentance et le relève. Le Seigneur guidera les saints à cet égard et les exaucera ; Dieu lui donnera la vie, c’est-à-dire ne l’ôtera pas du monde.

Le péché à la mort peut être un péché quelconque ; mais un péché, commis dans des circonstances si aggravantes, qu’il n’éveille que l’indignation des saints et appelle le jugement direct du Seigneur. Tel fut le cas par exemple d’Ananias et de Sapphira. L’hypocrisie, le mensonge sont des péchés graves ; mais ici, ce péché fut commis dans des circonstances qui en augmentaient tellement la gravité, qu’au lieu de provoquer l’intercession, il n’éveillait que l’indignation. C’était « un péché à la mort ». On peut citer aussi le cas de ces Corinthiens qui s’étaient endormis, retirés de la scène de ce monde par un jugement de Dieu — en grâce. Ils avaient déshonoré la cène du Seigneur, « ne discernant pas le corps ». Ils eussent dû s’humilier et se juger eux-mêmes, et ainsi s’approcher de la table du Seigneur pour se souvenir de Lui, mais ils négligeaient ce jugement d’eux-mêmes, étaient indifférents à la gloire du Seigneur et à la sainteté de sa table, mangeant indignement, méprisant ainsi le saint mémorial de sa mort. Ils furent retirés de la scène de ce monde par un jugement du Seigneur : c’était un péché à la mort qui ne pouvait provoquer l’intercession, comme par exemple celui d’un « homme surpris en quelque faute » ; — mais ne devait éveiller que l’indignation. On ne pouvait que remettre les coupables entre les mains du Seigneur. Combien c’est sérieux ! Que Dieu nous garde dans sa  lumière, le cœur et la conscience toujours en éveil, car si nous ne veillons pas, la chair en nous se montre, et si nous ne la jugeons pas, elle prend le dessus ; l’Esprit contristé n’agit plus ; la vie s’affaiblit, le discernement spirituel s’obscurcit, la conscience s’émousse et s’endurcit, et l’on peut en arriver à tomber plus bas même que le monde et à s’attirer un châtiment à mort de la part du Seigneur. « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (1 Corinthiens 11:31, 32).

(v. 18). « Nous savons que quiconque est né de Dieu se conserve lui-même et le méchant ne le touche pas ».

Nous l’avons vu (3:9) : « Quiconque est né de Dieu — ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu ». C’est « le nouvel homme créé selon Dieu en justice et sainteté de la vérité » (Éphésiens 4:24). Or, « il se garde lui-même » ; le méchant ne trouve en lui — dans la nature divine — absolument aucun point d’attache : « il ne le touche pas ». Nous avons donc à marcher, par l’Esprit, dans la puissance de cette nouvelle nature. Nous savons que la vieille nature est encore en nous, mais la nouvelle n’a rien de commun avec l’ancienne ; c’est une nature divine, parfaitement pure et sainte, dont les aspirations ne peuvent qu’être conformes à la sainteté de Dieu. N’oublions pas qu’en tant que nés de Dieu, Dieu est en nous, son Esprit habitant en nous, afin que nous soyons vigilants, soigneux et appliqués à manifester dans ce monde sa pensée et son caractère.

(v. 19). « Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde tout entier gît dans le méchant ».

Quel contraste ! un contraste absolu. Souvenons-nous-en. Cela tranche et fixe la position du croyant vis-à-vis du monde. Marchons dans la conscience de ce fait, savoir dans une vraie séparation d’avec le monde, nous disant toujours : « Tu es de Dieu, et le monde entier gît dans le méchant ».

(v. 20). « Or, nous savons que le Fils de Dieu est venu ; et il nous a donné une intelligence afin que nous connaissions le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus-Christ : Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ».

« Enfants, gardez-vous des idoles ! »

C’est précieux de savoir cela. Il est venu, et il nous a donné ce que nous n’avions ni ne pouvions avoir comme enfants d’Adam — c’est-à-dire une intelligence pour connaître le Véritable. Nous sommes de Lui, nés de Lui, participants de sa nature ; nous possédons son Esprit, notre entendement est renouvelé, — nous avons reçu une intelligence pour le connaître. Tout dans le monde est mensonge — illusion : Satan est menteur et le père du mensonge, et nos propres cœurs sont trompeurs, — mais nous connaissons le Véritable. Lui est la « véritable lumière », le « véritable pain du ciel », le « véritable cep » ; il est la vérité, et « nous sommes dans le Véritable, savoir dans son Fils Jésus-Christ. Lui est le Dieu véritable et la vie éternelle ». Ainsi, nous connaissons la vérité, nous possédons la vérité, et nous sommes dans la vérité. C’est très frappant de voir comment, dans cette épître, le Saint-Esprit, venu pour glorifier Christ, parle de Dieu et de Jésus tour à tour ; sans faire de distinction. Nous trouvons cela plusieurs fois dans l’épître, par exemple 2:28 ; 3:1, 2.

Jean nous a présenté la personne du Fils de Dieu, Celui qui est le Dieu véritable et la vie éternelle ; il nous l’a présenté comme Celui qui est lumière et amour, qui seul a droit à tous nos hommages, à toutes nos affections, à notre entière obéissance : que rien ne vienne s’interposer entre nos cœurs et Lui ! Quoi que ce soit qui vienne se placer entre le cœur et Christ, est une idole.

Que nous sachions nous attacher à Lui d’un cœur entier, pour l’aimer, le suivre, le servir et l’adorer !

 

 

2                    Deuxième épître de Jean

 

Nous avons, en somme, dans la 1ière épître, la doctrine touchant la personne de Christ, et cela en rapport avec les erreurs qui couraient alors — comme aujourd’hui — et les attaques de l’ennemi contre la vérité de cette personne, de sa divinité et de son humanité.

Dans la 2ième épître, nous trouvons l’exhortation donnée à une sœur et à ses enfants de ne pas recevoir ceux qui n’apportaient pas cette doctrine, et dans la 3ième, l’exhortation adressée à Gaïus de recevoir ceux qui l’apportaient.

(v. 1, 2). « L’ancien à la dame élue et à ses enfants, que j’aime dans la vérité, et non pas moi seul, mais aussi tous ceux qui connaissent la vérité, — à cause de la vérité qui demeure en nous et qui sera avec nous à jamais ».

On peut remarquer ici l’importance de la vérité : elle prime tout. C’est la vérité du christianisme : Dieu révélé comme Père dans le Fils, et par l’Esprit et la Parole. Ce n’est pas une simple doctrine, mais une chose vivante : un Christ vivant ; — le Saint-Esprit, puissance de vie ; la Parole vivante, — l’expression parfaite de ce que Dieu est, de ses pensées, de ses conseils et de sa volonté. Il n’est pas dit que Dieu soit la vérité ; Il ne saurait être la représentation d’un autre, mais Christ est la vérité, parce qu’il nous a présenté Dieu tel qu’il est dans toutes ses perfections, — le Saint-Esprit est la vérité, parce qu’il le révèle à l’âme par le moyen de la Parole qui, elle aussi, est la vérité, et nous possédons les trois. Nous possédons ce qui demeure éternellement et ne saurait faillir : savoir, Christ, le Saint-Esprit et la Parole, — la vérité, « qui demeure en nous et qui sera avec nous à jamais ! » Quelles divines ressources et quel puissant encouragement pour la foi au milieu de la ruine et de la confusion de la chrétienté !

Il est précieux de constater ici cette communion de l’Esprit qui subsiste entre ceux qui connaissent la vérité et qui y marchent. L’amour qui est de Dieu est selon la vérité ; « il se réjouit avec la vérité », et non avec ce qui la renie.

(v. 3). « La grâce, la miséricorde, la paix seront avec vous de la part de Dieu le Père, et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père, dans la vérité et dans l’amour ». Assurance positive donnée à la dame élue et à ses enfants. La faveur divine accompagne le fidèle et repose sur lui dans le sentier de Dieu.

« Je me suis fort réjoui d’avoir trouvé de tes enfants marchant dans la vérité, comme nous en avons reçu le commandement de la part du Père ». Leurs cœurs y étaient engagés ; l’autorité de la Parole reconnue dans leurs consciences ; et c’est là l’important. « Or maintenant, ô dame, je te prie, non comme t’écrivant un nouveau commandement, mais celui que nous avons eu dès le commencement, que nous nous aimions les uns les autres : et c’est ici l’amour que nous marchions selon ses commandements. C’est ici le commandement, comme vous l’avez entendu dès le commencement, afin que vous y marchiez ».

L’apôtre insiste sur le commandement que « nous avons eu » — « que vous avez entendu dès le commencement » : que « nous nous aimions les uns les autres », puis il ajoute : « C’est ici l’amour, que nous gardions ses commandements », l’amour qui s’exprime dans l’obéissance à la Parole et le maintien de la vérité. Il s’agit d’être simple et ferme sur ce point : « Car beaucoup de séducteurs sont sortis dans le monde qui ne confessent pas Jésus-Christ venant en chair. Celui-là est le séducteur et l’antichrist ». Ils ne confessaient pas l’humanité de Christ ; elle n’était qu’un mythe à leurs yeux. S’il en était ainsi, il n’y avait plus de christianisme, et si Christ — le second Homme — n’est pas Dieu, Dieu béni éternellement, le Fils de Dieu, son œuvre n’est rien, le christianisme n’est rien. C’est pourquoi (v. 8), « prenez garde à vous-mêmes, afin que nous ne perdions pas ce que nous avons opéré, mais que nous recevions un plein salaire ». S’ils fussent venus à déchoir de la vérité, l’apôtre aurait perdu le fruit de son travail, mais son amour s’emploie à leur sauvegarde, afin de recevoir un plein salaire au jour de Christ. Il faut veiller tout d’abord sur nous-mêmes à ce que nos pensées ne soient pas détournées de la simplicité quant au Christ, et que nous n’entrions pas en contact avec ceux qui n’apportent pas la doctrine du Christ.

« Quiconque vous mène en avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ, n’a pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, celui-là a le Père et le Fils ». Quiconque vous mène en avant, c’est-à-dire dépasse la révélation qui nous a été donnée, prétendant nous apporter quelque chose de nouveau, — un développement de ce que nous avons reçu, savoir de la vérité révélée dans la Parole ; — quiconque apporte une doctrine portant atteinte à la personne de Christ, n’a pas Dieu. C’est un séducteur : « Ne le recevez pas, — ne le saluez pas ; car quiconque le salue, a communion avec lui, participe à ses mauvaises œuvres ». Quand bien même il dirait rejeter pour sa part la doctrine de l’hérétique, celui qui maintient la communion avec celui-ci, participe à ses mauvaises œuvres et doit être rejeté comme lui. C’est une question de fidélité envers le Seigneur.

 

 

3                    Troisième épître de Jean

Quant à Gaïus, l’apôtre dit : « Je souhaite qu’à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère ; car je me suis très fort réjoui quand des frères sont venus et ont rendu témoignage à ta vérité, comment toi tu marches dans la vérité ». Gaïus manifestait la vérité dans sa marche ; il y avait chez lui la réalité du christianisme, un christianisme vivant : « qui ont rendu témoignage à ta vérité »… « et qui ont rendu témoignage à ton amour ». L’apôtre l’encourage à continuer dans ce qu’il faisait envers les frères, et cela envers les frères qui étaient étrangers.

(v. 7, 8). « Car ils sont sortis pour le nom, ne recevant rien de ceux des nations. Nous donc, nous devons recevoir de tels hommes, afin que nous coopérions avec la vérité ». Ceux-ci apportaient la vérité, — la doctrine du Christ.

« Ne recevant rien des nations », indique que c’étaient des frères d’entre les Juifs qui visitaient les nations, mais ne voulaient rien recevoir d’elles, leur communiquant gratuitement ce qu’ils avaient reçu gratuitement. Ils étaient soutenus par les croyants d’entre les Juifs.

« Ils sont sortis pour le nom ». Sortis d’où ? — De chez eux, de leur pays, pour le nom de Jésus.

(v. 10). Quel contraste entre Gaïus et Diotrèphe ! L’un marchait dans la vérité et dans l’amour ; il coopérait avec la vérité en recevant les frères qui l’apportaient ; l’autre se recherchait lui-même, aimait à être le premier dans l’assemblée, exerçant sur elle une autorité toute cléricale ; et, non content de débiter de méchantes paroles contre Jean et les frères, non seulement il ne les recevait pas, mais empêchait ceux qui voulaient les recevoir et les chassait de l’assemblée. Aussi, dit l’apôtre, « si je viens, je me souviendrai de ses œuvres ».

Démétrius, par contre, avait le témoignage de tous et de la vérité. Il accréditait la vérité par sa marche et son service, et il était accrédité par la vérité elle-même.

« J’avais beaucoup de choses à t’écrire, mais je ne veux pas t’écrire avec l’encre et la plume, mais j’espère te voir bientôt, et nous parlerons bouche à bouche. Paix te soit ! »

Par analogie, on peut dire que le Seigneur nous a donné par écrit dans sa bonne Parole tout ce que nous avions besoin de connaître et de recevoir jusqu’à ce qu’il vienne, afin que dès maintenant notre joie en Lui soit accomplie. Que sera-ce bientôt quand il viendra ? Oui, que sera-ce de le voir comme il est, dans toute sa gloire et sa beauté, Lui, l’Agneau immolé pour nous, Celui en qui nous avons cru, dont nous avons goûté l’amour, la grâce et la tendresse, dont la Parole nous a nourris. Il vient, nous le verrons, et il nous parlera encore et — comme Moïse et Elie — nous lui parlerons « bouche à bouche ! » Béni soit à jamais son nom !