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REMARQUES SUR L’ARMURE DE DIEU

 

Éphésiens 6:10-20

 

Auteur inconnu

Subdivisions à partir du point 6 ajoutées par Bibliquest. ME 1895 p. 21

Table des matières :

1     Préliminaires

2     Le lieu du combat

3     Notre force pour le combat

4     Ses ennemis

5     La nature de leurs attaques

6     L’armure de Dieu

6.1      Chapitre 6:14a — Les reins ceints de la vérité

6.2      Chapitre 6:14b — La cuirasse de la justice

6.3      Chapitre 6:15 — Les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix

6.4      Chapitre 6:16 — Le bouclier de la foi

6.5      Chapitre 6:17a — Le casque du salut

6.6      Chapitre 6:17b — L’épée de l’Esprit

7     Chapitre 6:18 — La prière

8     Conclusion

8.1      Importance de l’étude de la Parole — Discipline de l’armée

8.2      Danger des mésententes

8.3      Garder la Parole

 

 

 

1                        Préliminaires

« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par la grâce), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, afin qu’il montrât dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus » (Éphésiens 2:4-7). L’expression « les lieux célestes », ne se trouve que dans cette épître pleine d’instruction pour les enfants de Dieu, et lui donne un caractère tout spécial.

C’est la grâce qui nous place dans les lieux célestes en Christ ; la grâce qui descend jusqu’à nous quand nous étions morts, morts dans nos fautes, et qu’il n’y avait en nous ni vie, ni mouvement, pas le moindre symptôme de vie. C’est elle qui nous vivifie, nous ressuscite, et nous fait asseoir dans les lieux célestes dans le Christ Jésus, sans que nous ayons fait un seul pas ou un seul mouvement. Et comment l’aurions-nous pu ? Un mort se meut-il ? La grâce est venue nous prendre au point le plus bas et nous élève au plus haut dans le Christ Jésus. Il n’y a pas de degrés ici, nul mouvement intermédiaire. C’est l’acte souverain de Dieu.

L’apôtre adresse à Dieu de ferventes prières pour les saints d’Éphèse, afin qu’il leur donne l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, pour qu’ils sachent quelle est l’excellente grandeur de sa puissance envers eux, laquelle il a opérée dans le Christ Jésus, en le ressuscitant d’entre les morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme. Et, dans le second chapitre, l’apôtre leur dit qu’ils sont assis ensemble dans les lieux célestes en lui. Ainsi Dieu veut que nous connaissions l’excellente grandeur de sa puissance, non par des efforts ou des progrès que nous aurions faits par nous-mêmes, mais en nous donnant l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance. Nous connaissons l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons par ce qu’il a opéré dans le Christ, quand il l’a ressuscité d’entre les morts et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes. C’est par la connaissance de Dieu que nous apprenons quelle est l’excellente grandeur de cette puissance.

L’Esprit de Dieu ayant ainsi montré aux saints la position élevée dans laquelle ils sont placés, leur enseigne aussi, entre autres choses, quelle est la marche qui convient à cette position, quels ennemis ils ont à combattre et quelle est l’armure qui leur est nécessaire pour cela. C’est à propos de cette armure que je désire présenter quelques remarques. Mais auparavant voyons quel est

 

2                        Le lieu du combat

Dieu nous a appelés à son propre royaume et à sa propre gloire, non comme des anges ou des serviteurs — bien que toute place de service pour lui soit précieuse, — mais comme des fils. Nous ne sommes plus étrangers, ni forains, mais concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu. Comme tels, nous apprenons la marche qui est en rapport avec l’appel dont nous avons été appelés et aussi le genre d’ennemis contre lesquels nous avons à combattre dans les lieux célestes où nous avons été placés.

Dans les guerres entre nations, les armées ennemies, afin de combattre l’une contre l’autre, doivent nécessairement se rencontrer sur le même terrain, soit dans le pays de l’une ou de l’autre, soit dans toute autre contrée étrangère aux deux ; elles doivent être au même lieu en même temps. Ainsi, relativement aux ennemis mentionnés en Éphésiens 6, les saints doivent être là où ces ennemis se trouvent, afin de pouvoir lutter contre eux. Or Satan est dans les lieux célestes le chef de ces puissances de méchanceté.

Nous apprenons cependant par d’autres portions des Écritures, que ce n’est pas seulement dans les lieux célestes que les mauvais esprits assaillent les saints. Nous lisons dans Job (chap. 1 et 2), qu’à la question de l’Éternel : « D’où viens-tu ? ». Satan répond : « De courir çà et là sur la terre, et de m’y promener ». Dans la première épître de Pierre, nous lisons aussi : « Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer » (Chap. 5:8). Nous voyons aussi dans les évangiles que le Seigneur chasse les démons, et que c’était là aussi un des miracles opérés par Paul. Ces portions des Écritures nous montrent donc la puissance de Satan agissant sur la terre, mais dans aucune n’est présentée la vérité que cette puissance est dans les lieux célestes. Pierre, dans son épître, ne parle pas non plus des saints comme se trouvant là ; il les décrit partout comme étant dans le monde, le traversant comme « forains et étrangers », se dirigeant vers l’héritage conservé pour eux dans les cieux. L’enseignement que l’Esprit de Dieu nous donne par le moyen de Pierre est très précieux. Nous y sommes exhortés à ceindre les reins de notre entendement, à être sobres, et à espérer parfaitement dans la grâce qui nous sera apportée à la révélation de Jésus-Christ, à ne pas nous conformer à nos convoitises d’autrefois pendant notre ignorance, à être saints dans toute notre conduite, à nous aimer l’un l’autre ardemment d’un cœur pur, à rejeter toute malice, fraude, hypocrisie et envie, et toutes médisances, à désirer, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, à nous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme, à nous soumettre à tout ordre humain, au roi et aux gouverneurs, à avoir une bonne conscience, à faire le bien, à souffrir avec patience en le pratiquant. L’apôtre nous exhorte à faire ces choses et plusieurs autres, agréables à Dieu et un témoignage pour les hommes, mais toutes se rapportant à notre place ici-bas, comme « forains et étrangers », et en témoignage devant les hommes (1 Pierre 2:12, 15 ; 3:15, 16 ; 4:4, 14).

L’Esprit de Dieu, dans d’autres épîtres de Paul, mentionne l’armure ou des parties de l’armure. Ainsi, dans l’épître aux Romains, il est question des « armes de la lumière », en contraste évident avec « la nuit » et « les œuvres de ténèbres » (13:12). Aux Corinthiens, Paul parle « des armes de justice de la main droite et de la main gauche » (2 Corinthiens 6:7), comme se trouvant parmi les choses qui doivent recommander les serviteurs de Dieu. Il exhorte les Thessaloniciens, à revêtir « la cuirasse de la foi et de l’amour, et pour casque, l’espérance du salut » (1 Thessaloniciens 5:8). À Timothée, il dit de prendre sa part « des souffrances comme un bon soldat de Jésus-Christ » (2 Timothée 2:3). Mais de tous ces passages, très utiles pour nous comme enfants de Dieu dans ce monde, aucun ne s’adresse à nous comme étant dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. L’expression même « pour casque, l’espérance du salut », apporte à l’esprit une pensée toute différente de celle-ci : « le casque du salut ». Nous y reviendrons. Ce n’est que dans l’épître aux Éphésiens, que nous sommes envisagés comme étant dans « les lieux célestes », expression qui s’y retrouve cinq fois. C’est là que sont nos ennemis et nos combats. Voyons quelle est

 

3                        Notre force pour le combat

L’exhortation à revêtir l’armure de Dieu est précédée d’un appel aux frères, afin qu’ils se fortifient « dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». Il y a là une force, une puissance et une énergie qui rendent vainqueurs ; notre sagesse est d’avoir confiance dans le Seigneur et dans sa puissance, et, ayant cette confiance, de nous revêtir de l’armure complète de Dieu et d’être ainsi capables de tenir ferme contre l’ennemi. Tandis que nous glorifions Dieu pour une telle puissance, nous comprenons bien que c’est l’armure de Dieu qui rend le saint capable de tenir ferme, et non aucune chose qui se trouve dans le vase de terre lui-même. Au contraire, la faiblesse de celui-ci devient de plus en plus manifeste à celui qui est ainsi armé, le Dieu de grâce faisant tourner tout en bénédiction, de manière à nous faire marcher en toute humilité et douceur, tout en nous rendant plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. L’apôtre Paul pouvait, par grâce, se glorifier, non dans sa force, mais dans ses infirmités (2 Corinthiens 12:5, 9, 10), mais il eut d’abord à apprendre que l’écharde dans la chair, que par trois fois il supplia le Seigneur de lui ôter, lui était donnée, de peur qu’il ne s’enorgueillît de l’excellence des révélations dont il avait été favorisé. Nous apprenons là, de deux manières, ce qu’est l’homme, même dans les circonstances les plus favorables ; premièrement, par le besoin où était l’apôtre de cette écharde dans la chair, de peur qu’il ne s’exaltât à cause des bénédictions dont il avait joui ; et secondement, par l’état des Corinthiens qu’il avait engendrés par l’évangile et dont plusieurs le méprisaient à cause de son infirmité, infirmité dont Dieu, dans sa grâce, se servait pour les délivrer, eux, de la condition charnelle où ils étaient tombés, opérant en eux ce qui lui était agréable. Paul avait été ravi au troisième ciel, et y avait entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer (2 Corinthiens 12) ; mais ensuite, il avait à apprendre une autre leçon, et le Seigneur lui dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité ». Voilà la puissance dont le chrétien doit se revêtir. Voyons maintenant quels sont

 

4                        Ses ennemis

Ils sont décrits dans le verset douze. Il est important de distinguer entre ces ennemis qui sont dans les lieux célestes, et les adversaires que nous voyons dans le monde et que nous avons à rencontrer. Ceux-ci sont la chair et le sang dont, à la vérité, les méchants esprits se servent contre les saints. Il est fait allusion à ces adversaires — la chair et le sang — en diverses portions des Écritures. Par exemple : « Ils vous excluront des synagogues ; même l’heure vient que quiconque vous tuera, pensera rendre service à Dieu ». « Et tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus, seront persécutés ». « N’étant en rien épouvantés par les adversaires ». Mais notre douzième verset n’a pas rapport aux adversaires mentionnés dans les passages que nous venons de citer. Il n’y est question ni d’homme, ni de femme ; ce n’est pas la chair et le sang qui peuvent atteindre jusqu’aux lieux célestes. Le combat là est contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre les puissances spirituelles de méchanceté. Pour ce combat, nous avons à revêtir l’armure complète de Dieu.

Savoir qui sont nos ennemis dans les lieux célestes, aide beaucoup le croyant à comprendre ce que typifient dans l’Ancien Testament le Jourdain et Canaan. On échappe ainsi à l’erreur si commune parmi les saints de regarder le Jourdain comme un type de la mort physique, et Canaan comme un type du ciel. Le Jourdain n’est pas un type de la mort telle qu’on l’entend communément, mais de notre mort, dans le sens de Colossiens 3:3 : « Vous êtes morts », c’est-à-dire vous avez passé par la mort (voyez aussi Romains 6:8, 11 ; 2 Corinthiens 4:10 ; 5:17) ; et Canaan est le type, non du ciel, mais des lieux célestes mentionnés dans l’épître aux Éphésiens. Canaan nous rappelle un pays où il y avait des guerres continuelles, après le passage du Jourdain (Voir tout Josué). Si le lecteur veut chercher dans les Écritures, il ne trouvera pas un passage où le Jourdain est nommé et qui donne la pensée que c’est le type de la mort physique du corps. Peut-être qu’à certains égards, le chapitre deux du second livre des Rois semblerait à quelques personnes se rapprocher de la pensée courante, mais, en réalité, il en est aussi loin qu’aucun autre. En effet, Élisée demande une double mesure de l’esprit d’Élie après qu’ils ont tous deux passé le Jourdain, et quant à la mort du corps, il n’y a rien de tel, puisque Élie monte au ciel sans passer par la mort, et qu’Élisée repasse le Jourdain pour exercer le ministère de bénédiction pour lequel il avait été choisi. En Jérémie 12:5, on a aussi considéré le Jourdain comme désignant la mort du corps, mais il est évidemment nommé en contraste avec la « terre de paix », de même que, dans les paroles qui précèdent, « les chevaux » sont en contraste avec « les piétons ». Si le prophète s’est lassé en courant avec des « piétons », comment luttera-t-il contre des « chevaux ? ». S’il s’est lassé dans la « terre de paix », où il se croyait en sécurité, comment sera-t-il capable de traverser une rivière, sur l’autre rive de laquelle il trouvera une guerre continuelle ? La pensée que Canaan signifie le ciel est une erreur très commune parmi les croyants, qui cependant emploient constamment les expressions « l’Église militante » et « l’Église triomphante », désignant par ces derniers mots ceux qui ont quitté cette vie. Mais les croyants qui s’en sont allés pour être avec Christ ne combattent plus. Cela est évident, même d’après l’expression convenue dont nous parlions plus haut, tandis que, pour l’armée de l’Éternel dans le pays de Canaan, la guerre était continuelle. La Parole dit de ceux qui sont auprès du Seigneur, qu’ils « se sont endormis en Jésus », ce qui exclut aussi toute pensée de combat. Un des efforts de l’ennemi est d’empêcher les croyants de savoir quels sont leurs ennemis et où ils se trouvent, et d’apprécier l’armure dont ils ont besoin pour tenir ferme dans la lutte. Il les berce ainsi et les maintient dans cet état de sommeil où ils sont tombés en grande partie, état annoncé par le Seigneur dans la parabole des dix vierges. Nous le voyons en effet, les sages et les folles, après être sorties (c’est-à-dire avoir quitté le judaïsme et le paganisme) pour aller au-devant de l’époux, s’endormir toutes et rester dans le sommeil, jusqu’à ce que le cri se fasse entendre à minuit : « Voici l’époux, sortez à sa rencontre » (Matthieu 25).

Le Jourdain est le type de la mort de Christ, et quant à nous, non pas de notre mort physique, mais de cette mort mentionnée en Colossiens 3:3, mort vraie pour Dieu, qui nous le dit dans sa Parole, vraie aussi pour la foi. Ce sont ceux-là seuls pour qui elle est vraie par la foi, qui discerneront leurs plus redoutables ennemis, non dans la chair et le sang, qui s’opposent à ceux qui combattent pour la vérité, mais dans ces puissances spirituelles de méchanceté que l’épître aux Éphésiens mentionne. Ces ennemis agissent, sans doute, sur la chair et le sang et s’en servent (et il ne s’agit pas d’incrédules seulement, mais aussi de croyants) pour s’opposer à ceux qui, par grâce, ont été choisis par le Seigneur pour être ses soldats (2 Timothée 2:4).

 

Ayant vu quels sont nos ennemis, examinons

 

5                        La nature de leurs attaques

L’exhortation à revêtir l’armure complète de Dieu est répétée deux fois (v. 11, 13) ; la première en rapport avec les artifices du diable, la seconde en rapport avec ses dards enflammés. Si, par grâce, nous avons tenu ferme contre les artifices du méchant, nous aurons à le rencontrer, non seulement comme un tentateur cherchant à nous enlacer par la convoitise de la chair, par la convoitise des yeux et par l’orgueil de la vie, mais comme un adversaire déclaré, lançant ses dards enflammés. Lorsque l’ennemi a, par ses artifices, réussi à prendre le chrétien dans ses filets, ou à le faire tomber dans le piège qu’il a tendu, il peut bien le laisser là, car par rapport à la lutte contre les puissances spirituelles de méchanceté, celui qui a été ainsi pris sera, aussi longtemps qu’il est satisfait de son état, une pierre d’achoppement pour d’autres, plutôt qu’un soldat, et l’ennemi peut le laisser être une pierre d’achoppement ; mais contre ceux qui ont échappé à ses artifices, il lance ses dards enflammés. « Ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition » (1 Timothée 6:9). Celui qui est pris de cette manière, peut bien être laissé tranquille, car une violente attaque de l’ennemi contre lui pourrait servir à le réveiller de la stupeur où il est plongé (Éphésiens 5:14). Toutefois, Dieu, dans sa grâce, peut aussi éveiller un tel homme et le ramener dans cette lutte glorieuse. « Le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux » (2 Pierre 2:9).

Matthieu 4 et Luc 4, nous aident à comprendre quels sont les artifices du diable. L’ordre que nous trouvons en Éphésiens 6, quant aux attaques du méchant contre les saints, est semblable à la manière dont Satan agit envers notre Seigneur, et c’est, parmi d’autres, une preuve que Dieu nous donne de l’appel dont il nous a appelés dans le Christ Jésus. En Matthieu 4 et Luc 4, on voit l’ennemi s’approcher du Seigneur, non avec des dards enflammés, mais avec des artifices ; puis, ayant été vaincu, il laisse le Seigneur pour un temps, et revient plus tard avec la puissance de la mort. De même, en Éphésiens 6, nous avons d’abord à tenir ferme contre les artifices du diable, et si, par grâce, il y a eu chez le chrétien de la fidélité pour résister, il éprouvera le besoin de revêtir l’armure pour être protégé contre les dards enflammés que l’ennemi lancera contre lui.

L’ordre des tentations dans l’évangile de Luc diffère de celui donné en Matthieu. Ce dernier suit l’ordre historique, et le premier l’ordre moral. Les tentations du Seigneur me semblent être du même caractère que celles qui furent présentées à Eve, et portant sur les choses que mentionne Jean — la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie (1 Jean 2:16). Dans ces deux cas aussi, elles sont nommées comme en Luc, dans leur ordre moral. Ainsi, changer les pierres en pain répond à la convoitise de la chair ; posséder tous les royaumes du monde et leur gloire, satisfait la convoitise des yeux ; être gardé et servi par les anges, est pour l’orgueil de la vie. De même, dans le chapitre 3 de la Genèse, le fruit de l’arbre est bon à manger — convoitise de la chair ; agréable à la vue — convoitise des yeux ; propre à donner de l’intelligence — orgueil de la vie. Les deux premières sont le désir des choses qui gratifient les passions et les goûts de la nature corrompue de l’homme, et la troisième est la satisfaction que prend cette même nature corrompue dans tout ce qui donne de l’importance au moi. Les deux premières peuvent s’affaiblir et presque disparaître avec l’âge, la maladie, ou d’autres causes ; la dernière dure et agit sur l’homme jusqu’à la fin.

Dans les deux évangiles, la première tentation est celle où Satan dit au Seigneur de changer les pierres en pain pour satisfaire sa faim. Jésus avait jeûné quarante jours et quarante nuits, et ensuite il eut faim. L’ennemi attend jusqu’à ce que le moment soit venu où tout semble concourir à donner puissance à la tentation et à affaiblir celui qui est tenté. Le Seigneur lui répond par la Parole : « Il est écrit », dit-il. Dans l’évangile de Matthieu, la tentation qui suit est celle qui se rapporte à l’orgueil de la vie. Le tentateur cite un passage d’un Psaume, mais il n’y prend que la partie qu’il estime devoir augmenter la force de la tentation, en laissant de côté celle qui est lumière et puissance pour nous, quand nous sommes tentés. Le Seigneur répond encore : « Il est écrit ». Enfin, la dernière tentation rapportée par Matthieu répond à la convoitise des yeux. L’ennemi offre au Seigneur tous les royaumes du monde et leur gloire. Mais quand la tentation vient sous cette forme, il est évident qu’elle procède de l’ennemi. Aussi le Seigneur, tout en disant : « Il est écrit », commande à Satan de se retirer. Il est important pour les jeunes croyants surtout qui n’ont pas encore beaucoup expérimenté ce qu’est le monde, que ce sont les choses du monde que Satan offre quand le reste n’a pas eu d’effet sur l’âme. Il les réserve jusqu’à la fin, mais c’est ce qui le démasque. Accepter le monde et rendre hommage à Satan vont ensemble. D’après cela, on peut voir toute la portée de l’exhortation que Jean adresse aux jeunes gens. Après avoir dit qu’ils ont vaincu le méchant, il ajoute : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ».

Combien le cœur du chrétien se réjouit en voyant la perfection du Seigneur, soit qu’elle se manifeste dans la manière dont il repousse les tentations, soit quand l’ennemi vient contre lui avec la puissance de la mort. Quant à nous-mêmes, nous nous réjouissons dans la grâce qui nous rend capables, en quelque manière que ce soit, de résister à la tentation, ou qui nous en délivre. Mais quoique la parole de Dieu déclare bienheureux l’homme qui endure la tentation (Jacques 1:12), nous apprenons cependant par elle combien le cœur de l’homme est trompeur. En même temps que nous pouvons louer Dieu qui nous donne d’endurer la tentation, nous sommes humiliés de découvrir encore en nous la convoitise de la chair, ou celle des yeux, ou l’orgueil de la vie plus subtil et plus permanent, choses dont Satan se servira pour accomplir ses mauvais desseins, à moins que nous ne soyons gardés par la grâce. Le mal est là, que nous le discernions ou non, mais heureux sommes-nous, si, par une semblable découverte, nous perdons toute confiance en nous-mêmes. C’est alors seulement que même le plus excellent parmi les saints pourra être classé parmi ceux qui courent (Philippiens 3:14), ceux « qui se glorifient dans le Christ Jésus et qui n’ont pas confiance en la chair » (v. 3).

Les saints, ayant été exhortés à tenir ferme contre les artifices de l’ennemi, sont une seconde fois invités à revêtir l’armure complète de Dieu (v. 13), afin que, au mauvais jour, ils puissent résister, et, après avoir tout surmonté, tenir ferme. Il est bon de remarquer combien souvent on trouve dans ce chapitre l’exhortation à « tenir ferme » (v. 11, 13, 14). Il ne s’agit pas ici de « courir », comme en Hébreux 12:1 ; ni de « poursuivre », ou « saisir », ou « tendre avec effort », comme en Philippiens 3:12, 13 et 14 ; il n’est pas, non plus, question de « chercher les choses qui sont en haut » (Colossiens 3:1), et la raison en est claire, car dans l’épître aux Éphésiens, les saints sont vus « dans les lieux célestes dans le Christ Jésus », et c’est là qu’il est assis à la droite de Dieu, « au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir » (Éphésiens 1:20, 21), et c’est là que nous sommes en lui (Éphésiens 2:6) ; de là résulte l’exhortation de « tenir ferme ». En Christ, nous sommes au-dessus de ces puissances spirituelles de méchanceté et tout ce qui nous est demandé, c’est de « tenir ferme » ; mais afin de le faire dans la puissance et la force du Seigneur, il nous faut être bien armés, et les détails de l’armure sont maintenant placés devant nous. Examinons donc en quoi consiste

 

6                        L’armure de Dieu

Je pense que chacune des pièces de l’armure se rapporte à ce qui est pratique, et que, bien que toutes soient nécessaires à chaque partie de notre lutte, cependant chacune a une application particulière. Ainsi la première, savoir la vérité, a rapport à nous-mêmes ; la seconde — la justice  — aux autres ; la troisième — l’évangile de paix — aux saints ; la quatrième — le bouclier de la foi — à la confiance en Dieu ; la cinquième et la sixième, à nos ennemis : le casque, ce qui est nécessaire pour nous défendre contre eux ; l’épée, ce par quoi ils sont vaincus. Chaque pièce de l’armure nous est évidemment nécessaire dès le commencement de notre course, et, en particulier, quant à celle qui est nommée la dernière, la parole de Dieu, il est clair que le chrétien doit en être muni dès ses premiers pas, aussi bien que pendant tout son chemin, selon ce qui est dit : « Ta parole est une lampe à mon pied, une lumière à mon sentier ». Cependant, quant à la lutte dans les lieux célestes, l’ordre dans lequel sont présentées les diverses pièces de l’armure est plein d’instructions pour le croyant.

 

6.1   Chapitre 6:14a — Les reins ceints de la vérité

« Ayant ceint vos reins de la vérité » : telle est la première partie de l’armure. On prend souvent cette exhortation comme signifiant que la parole de Dieu doit demeurer en nous. Il est certain que nous ne pouvons échapper aux artifices de l’ennemi, et encore moins demeurer ferme contre ses dards enflammés, si la Parole ne demeure pas en nous (1 Jean 2:14). Le Seigneur dit aussi lui-même : « Ta parole est la vérité », mais je crois que l’enseignement ici est que c’est la vérité elle-même, c’est-à-dire d’être exactement ce que nous sommes, qui doit être la ceinture de nos reins. Les reins sont la partie du corps où se manifeste la force ou la faiblesse d’un homme. « Fais continuellement chanceler leurs reins », est l’expression de l’extrême faiblesse. « Tu as mis un fardeau accablant sur nos reins » ; un homme peut être chargé d’un fardeau sous lequel son dos plie, mais si ses reins tiennent bon, il pourra porter ce fardeau.

Le chrétien doit donc avoir ses reins ceints de la vérité. Non seulement il doit être vrai, mais être ceint de la vérité. Cette partie de l’armure se rapporte au chrétien lui-même et vient la première. La vérité, c’est d’être exactement ce que nous sommes. Lorsque les pharisiens demandèrent au Seigneur : « Qui es-tu ? ». Jésus répondit : « Absolument ce qu’aussi je vous dis » (Jean 8:25). Ses paroles, comme quelqu’un l’a dit, exprimaient ce qu’il était, la vérité. Dans le même évangile, il dit : « Je suis le chemin, et la vérité, et la vie ». En s’adressant à l’assemblée de Philadelphie, assemblée qui indique spécialement la condition qui répond à la pensée du Seigneur au jour actuel, il se présente comme « le saint, le véritable », parole assurément solennelle quant à la sainteté et à la vérité qui doivent caractériser ceux qui sont appelés à être les témoins de la vérité aujourd’hui. Dans la série d’avertissements et d’exhortations que le Seigneur donne à ses disciples, au douzième chapitre de l’évangile de Luc, il leur dit, avant tout : « Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie », le manque de vérité. La vérité est donc la première partie de l’armure qui nous est présentée, et elle est personnelle à chacun de nous. Il est très précieux lorsque quelqu’un désire sincèrement que toute la vérité quant à lui-même soit manifestée, et nous pouvons être sûrs que l’ennemi (et notre propre cœur aussi, lorsque nous nous confions à lui), cherchera de tout son pouvoir à empêcher cette manifestation. Les ennemis contre lesquels nous avons à lutter sont appelés « les dominateurs de ces ténèbres » ; or le remède contre les ténèbres, c’est la lumière, et c’est elle qui manifeste, et ce qui est vrai, et ce qui est faux.

C’est par un mensonge que la femme a été séduite, et qu’ainsi le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort.

C’est par un mensonge que le jugement et la mort sont entrés sur cette scène de bénédiction et de vie, dont le tableau nous est donné dans les premiers chapitres des Actes.

« Et quiconque aime et fait le mensonge », voilà ce que nous trouvons à la fin de la parole de Dieu comme le caractère final de ceux qui sont « dehors ».

Ainsi la première chose qui vint ternir ce que Dieu avait créé et fait très bon, fut un mensonge ; la première chose qui vint ternir la beauté, la pureté et la sainteté de l’Église, fut un mensonge ; la dernière chose mentionnée dans la parole de Dieu concernant ceux qui sont loin de lui, c’est qu’ils aiment et font le mensonge.

Il faut donc avoir « les reins ceints de la vérité ». Mais cela va bien plus loin que la pensée ordinaire, même parmi les saints, que cela signifie être une personne véridique. C’est la vérité elle-même qui doit être la force du chrétien : « la vérité dans l’homme intérieur ». Ici, la parole de Dieu nous aide, non seulement quant à nos actes, mais aussi quant au discernement dans nos pensées ou nos intentions de tout ce qui a la moindre teinte de fausseté : « car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants… et elle discerne les pensées et les intentions du cœur », nous montrant la source d’où émanent nos pensées, si elles sont d’en haut, ou si elles viennent de ce cœur qui est trompeur et désespérément malin ; nous montrant aussi vers quoi nos intentions sont dirigées, si elles sont mêlées avec quelque chose qui se rattache à notre propre caractère, à notre position, ou à ce que nous estimons nos intentions, ou bien à ce qui est pour la gloire de Dieu.

Je crois que c’est en rapport avec cette première partie de l’armure, que nous avons à considérer la chute de plusieurs qui, pendant un temps, ont occupé une position élevée parmi les saints de Dieu. La lumière est venue et a manifesté ce qu’ils étaient en doctrine ou en pratique, en faux enseignement ou en mauvaise conduite, montrant ainsi qu’ils manquaient quant à la première partie de l’armure. Et cette manifestation, au lieu de les humilier devant Dieu et de les rendre reconnaissants de ce que la vérité fût mise en lumière, bien qu’à leur propre honte et à leur déshonneur, et ainsi de les conduire à être à la tête parmi ceux qui aiment la lumière, a seulement fait voir combien ils étaient loin d’avoir les reins ceints de la vérité, et combien ils étaient incapables de supporter la lumière qui s’était faite quant à eux, et en conséquence de laquelle ils ont pris une position et suivi un chemin entièrement opposés à la position et au chemin qu’ils tenaient et suivaient, avant que la vérité à leur sujet eût été manifestée. Que plusieurs soient entravés dans la course, parce qu’il leur manque quelque partie de l’armure, est une chose certaine ; mais même alors, si les reins sont ceints de la vérité, le chrétien, quoique brisé, poursuivra la course dans laquelle l’Esprit l’a déjà conduit. Il n’en est pas ainsi lorsqu’il y a quelque chose qui fait défaut quant à la première partie de l’armure.

 

6.2   Chapitre 6:14b — La cuirasse de la justice

Les saints sont ensuite présentés comme « ayant revêtu la cuirasse de la justice ». Cela se rapporte spécialement, je pense, à notre conduite pratique envers les autres, croyants ou non, parents ou étrangers, dans le cercle de la famille ou en dehors, envers des amis ou des adversaires. Que la justice ait rapport à notre conduite envers les autres, nous le voyons par la distinction souvent faite entre souffrir pour la justice, et souffrir pour l’amour de Christ ou pour son nom. Quant au premier point, on souffre pour avoir fait le bien (1 Pierre 3:17) ; quant au second, on souffre parce que l’on appartient à Christ (Jean 15:21).

Un chrétien, employé dans un magasin, pourra perdre sa place parce qu’il a agi honnêtement et selon la vérité envers les clients, ce que son patron envisagera comme contraire à ses propres intérêts. Dans ce cas, l’employé souffre pour la justice, parce qu’il a agi justement envers les autres. Mais le patron persécutera peut-être, d’une manière ou d’une autre, son employé, uniquement parce que celui-ci est chrétien ; il souffrira alors pour le nom de Christ. C’est ainsi qu’ont souffert les martyrs dans les sombres jours de la persécution.

Lorsque le sanhédrin, à Jérusalem, enjoignit à Pierre et à Jean « de ne plus parler ni enseigner, en aucune manière, au nom de Jésus », les apôtres répondirent : « Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous écouter plutôt que Dieu. Car pour nous, nous ne pouvons pas ne pas parler des choses que nous avons vues et entendues » (Actes 4:19, 20). La justice nous rend justes dans toutes nos actions, et justes envers tous, parce que l’on agit pour plaire à Dieu et non à l’homme. 2 Pierre 1:1, nous montre aussi la signification de la justice : « Siméon Pierre, esclave et apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi de pareil prix avec nous, par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ ». Dieu est juste en effectuant ce qu’il s’est proposé. « L’Éternel juste aime la justice » (Psaume 11:7). Et c’est par cette justice que ceux à qui Pierre écrivait, avaient reçu avec lui une foi précieuse.

 

6.3   Chapitre 6:15 — Les pieds chaussés de la préparation de l’évangile de paix

Ayant les reins ceints de la vérité et la poitrine couverte de la cuirasse de la justice, nous avons maintenant besoin d’avoir les pieds chaussés de la préparation (préparé à, prêt à) de l’évangile de paix. Il n’est pas dit « chaussés de l’évangile de paix », mais « de la préparation de l’évangile de paix ». Cette préparation sera, je le pense, la conséquence d’avoir les deux premières parties de l’armure jointes à l’amour des frères. Le croyant, en effet, étant ceint de la vérité quant à lui-même, et agissant justement envers les autres, a une bonne conscience, et l’amour pour les frères est l’expression des affections spirituelles selon la pensée de Dieu. La paix que le croyant ainsi armé est appelé à apporter, sera une paix fondée sur la vérité et la justice. On a souvent compris ce passage comme ayant trait à celui qui apporte le message de la paix aux pécheurs perdus, mais j’estime qu’il a une portée beaucoup plus grande. Celui qui est armé ainsi sera employé à apporter la paix parmi les saints eux-mêmes. Sans doute, il portera la bonne nouvelle de la paix aux pécheurs perdus (Romains 10:15) ; mais la porter parmi les saints, c’est être employé à procurer ce qui est un témoignage pour le monde : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour entre vous » (Jean 13:35).

Le croyant, armé de cette manière, ne doit pas s’attendre à ce que les autres discernent tout de suite que ses pieds sont chaussés de la préparation de l’évangile de paix. En effet, ayant les reins ceints de la vérité et étant revêtu de la cuirasse de la justice, il ne cédera rien de la vérité, ni de la justice, pour obtenir la paix, car ce serait dire : « Paix, paix, quand il n’y a pas de paix ». Or quand on maintient ainsi la vérité et la justice, ceux qui sont prompts à juger, ou sans frein, ou craintifs, ou aisément menés par d’autres, ou d’un cœur partagé, accuseront ceux dont les pieds sont chaussés de la préparation de l’évangile de paix, d’apporter la confusion et la guerre en troublant le sommeil et la quiétude dans lesquels ils se complaisaient. Achab disait à Élie : « Est-ce bien toi — celui qui trouble Israël ? »

La fausse doctrine, le légalisme, la mondanité, l’envie, la jalousie, et toutes les choses semblables, si contraires à la paix que le Seigneur donne, seront des obstacles à la paix, à moins que tous ne s’accordent à marcher avec elles. Il est nécessaire que là, où ces maux existent, il y ait quelques-uns des chrétiens qui en soient purifiés. C’est ce que nous voyons chez les Corinthiens, à qui l’apôtre écrit : « Il faut qu’il y ait des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient manifestes parmi vous » (1 Corinthiens 11:19). Si, pour gain de paix, ils s’étaient contentés de marcher ensemble dans l’état où ils étaient, il n’y en aurait point eu parmi eux qui fussent manifestés comme dignes d’être appelés « les approuvés ». Cette troisième partie de l’armure vient, selon l’ordre divin, après la première et la seconde, nous enseignant qu’il ne doit pas y avoir de paix aux dépens de la vérité et de la justice.

Le croyant dont les pieds sont ainsi chaussés, ne doit pas être surpris si d’autres pensent qu’il est préparé pour la guerre et les combats, car là où ces maux existent (et nous savons tous qu’ils existent), qui est le plus propre à être au milieu de la lutte, sinon celui qui a la préparation de l’évangile de paix, et qui, employé par la grâce à apporter la paix, n’a cette paix que si elle est accompagnée de la vérité et de la justice ? C’est une chose certainement bien précieuse, lorsque Dieu emploie quelqu’un de ses serviteurs pour introduire la vérité, la justice et la paix, là où, les deux premières faisant défaut, il y a confusion et guerre. « Le fruit de la justice, dans la paix, se sème pour ceux qui procurent la paix » (Jacques 3:18).

Dans le cas dont nous venons de parler, le croyant doit cependant veiller à ne pas être trop occupé du mal qu’il rencontre, car il y a chez l’homme une tendance à s’occuper du mal plutôt que du bien, et nous savons combien il est plus aisé de parler des erreurs et des manquements des systèmes et des personnes, que d’avoir notre « parole toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel ». Mais être occupé du mal, ne caractérisera pas celui dont les pieds sont chaussés de la préparation de l’évangile de paix, car bien qu’il faille agir contre le mal, soit doctrinal, soit moral, afin que la vérité et la justice soient maintenues, cependant la promesse d’avoir le Dieu de paix avec nous, est faite en Philippiens 4:8 et 9, comme conséquence d’avoir notre esprit occupé non du mal, mais du bien. « Au reste, frères », dit l’apôtre, « toutes les choses qui sont vraies, toutes les choses qui sont vénérables, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée, — s’il y a quelque vertu et quelque louange, — que ces choses occupent vos pensées : ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, — faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous ».

Très précieuse est cette troisième partie de l’armure, comme étant si entièrement d’accord avec les paroles de notre bien-aimé Seigneur, en Jean 13:34, et 15:12 : « Je vous donne un commandement nouveau, que vous vous aimiez l’un l’autre ; comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre » et : « C’est ici mon commandement : Que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Et à ce sujet, nous pouvons aussi nous rappeler le Psaume 133 : « Voici, qu’il est bon et qu’il est agréable que des frères habitent unis ensemble ! C’est comme l’huile précieuse, répandue sur la tête, qui descendait sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descendait sur le bord de ses vêtements ; comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel a commandé la bénédiction, la vie pour l’éternité ».

Lorsque, par la grâce, les saints sont revêtus de ces trois parties de l’armure, la vérité, la justice et la paix, le méchant cherchera à détruire par la violence ceux qui sont ainsi armés, et les assaillira, non plus par ses ruses, mais avec ses « dards enflammés ». Il ne se montrera plus uniquement sous son caractère de séducteur, mais comme un ennemi déclaré. Afin de résister à ce violent assaut, le saint a besoin du bouclier de la foi. Les mots « par-dessus tout », placés avant la mention du bouclier de la foi, ajoutent à la force de l’exhortation par rapport à cette quatrième partie de l’armure.

 

6.4   Chapitre 6:16 — Le bouclier de la foi

Être couvert du bouclier de la foi manifeste la patience du fidèle. Il doit s’attendre à Dieu. Lorsque le Seigneur parle à ses disciples de transporter les montagnes, c’est après leur avoir dit : « Ayez foi en Dieu ». Avoir les reins ceints, la poitrine couverte de la cuirasse, et les pieds chaussés, montre que l’on s’est armé pour la guerre, et la pierre de touche sera maintenant si celui qui est ainsi en partie revêtu, est satisfait d’être entièrement recouvert par le bouclier de la foi, s’attendant à Dieu pour les autres pièces de l’armure. Le saint doit être couvert de la tête aux pieds, car le casque n’a pas encore été donné, et le talon est l’endroit contre lequel prévaut particulièrement la puissance de Satan (Genèse 3:15). Le fidèle doit donc s’attendre à Dieu, s’abritant tout entier sous ce bouclier, rendu ainsi capable d’éteindre tous les traits enflammés du méchant, de sorte qu’ils ne puissent blesser ni le combattant ni les autres. Ils s’amortiront tous sur le bouclier.

La patience, comme on l’a souvent remarqué, est la première caractéristique d’un serviteur de Dieu (2 Corinthiens 6:4), la première aussi d’un apôtre (2 Corinthiens 12:12). Relativement aux serviteurs, la patience est nommée avant « les armes de justice de la main droite et de la main gauche », et par rapport aux apôtres, avant « les signes, les prodiges et les miracles ». Des exemples de l’excellence de la patience, abondent dans l’Ancien Testament. Là, nous lisons de celui que l’Éternel appelle si souvent « mon serviteur Moïse », qu’il dut attendre quarante ans au pays de Madian, avant de pouvoir délivrer le peuple que, bien des années auparavant, il avait voulu secourir. Là encore, nous voyons le plus jeune fils d’Isaï, l’homme selon le cœur de Dieu, et suscité de Dieu pour être roi sur Israël, après avoir été oint comme tel (Actes 13:22 ; 1 Samuel 16), chassé comme une perdrix sur les montagnes, assiégé par les dangers et les difficultés, au milieu desquels, bien que sa propre infidélité se montrât souvent, se manifestaient pour le garder les soins et la fidélité de Dieu, qui l’avait choisi pour gouverner son peuple. La foi et la patience sont plus d’une fois mentionnées ensemble dans les chapitres 11 et 12 de l’épître aux Hébreux. Le chapitre 11 tout entier parle de ceux qui « ont reçu témoignage par la foi », et le premier verset du chapitre 12, nous montre « une si grande nuée de témoins qui nous entoure », et nous invite en conséquence à « courir avec patience la course qui est devant nous ». De même, au chapitre 6, verset 12, nous sommes exhortés à être « imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience, héritent ce qui avait été promis ». En Jacques 1:3, nous lisons aussi : « Sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience ». Celle-ci est aussi mentionnée au verset 4, et la foi, en rapport avec elle, au verset 6. L’excellence de la patience ou endurance jointe à la foi, ou plutôt produite par elle, nous est aussi montrée dans la première victoire remportée par les Israélites dans le pays de Canaan. Pendant sept jours consécutifs (sept est le nombre type de la perfection), les Israélites durent faire le tour de Jéricho, et leur patience fut encore rendue plus manifeste le septième ou dernier jour, où ils en firent le tour sept fois (Josué 6).

La patience ou l’endurance doit donc caractériser le saint, qui, les reins ceints, couvert de la cuirasse et les pieds chaussés, s’attend avec foi à Dieu, jusqu’à ce qu’il lui plaise de le fournir du casque et de l’épée, le premier rendant le saint capable de regarder au-dessus du bouclier, la seconde de mettre en fuite l’ennemi.

 

6.5   Chapitre 6:17a — Le casque du salut

Par rapport au « casque du salut », il est important pour nous de remarquer que le mot traduit par « prenez », signifie plutôt « recevez » (*). Ce mot est plein d’instruction. Il nous apprend que, dans le combat contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes, le saint doit attendre avec patience et foi en Dieu jusqu’à ce qu’il « reçoive » de Dieu le casque du salut. « L’Éternel, le Seigneur, est la force de mon salut ; tu as couvert ma tête au jour des armes » (Psaume 140:7).

 

(*) Voyez la note, version du Nouveau Testament. Edition de 1872.

 

Plusieurs ont pensé que « le casque du salut » a rapport à l’assurance du salut, mais je ne pense pas que cette expression comporte une telle signification. Aucune âme, je le crois, qui n’est pas établie dans la vérité quant à la valeur du sang versé à la croix, et quant à la grâce dans laquelle le croyant est devant Dieu en vertu de ce sang, n’échappera aux ruses de Satan. Beaucoup moins pourra-t-elle tenir contre les mauvais esprits dans le combat dans les lieux célestes. Il n’est pas non plus possible que quelqu’un soit armé du « bouclier de la foi », et ne soit pas au clair touchant cette vérité qui est la portion de tout enfant de Dieu. Bien plutôt faut-il déplorer que tant d’enfants de Dieu, qui sont au clair quant à leur propre salut, soient arrêtés ou entravés dans le sentier de la foi, étant enlacés par les pièges que l’ennemi place devant eux, au moment, ou peu après le moment, où ils ont reçu le salut de leurs âmes. « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus ».

Le casque du salut rend le saint capable de regarder au-dessus du « bouclier de la foi », tandis que « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu », est l’arme par laquelle, comme nous l’avons dit, il peut vaincre l’ennemi. Non seulement sa tête est couverte au jour de la bataille, mais il est maintenant muni de l’arme qui met en fuite l’ennemi. « Résistez au diable, et il s’enfuira de vous », dit Jacques (4:7). L’épée de l’Esprit est la seule partie offensive de l’armure, les autres sont des armes défensives.

L’expression que nous trouvons en 1 Thessaloniciens 5:8 : « et pour casque, l’espérance du salut », non plus que celle de « casque du salut », que nous avons en Éphésiens, ne comporte pas la pensée que le croyant n’est pas déjà sauvé. La première se trouve en 1 Thessaloniciens, en harmonie avec le caractère constant de l’épître entière, qui traite spécialement de la venue du Seigneur pour les saints. Cela est une espérance ; nous espérons ce que nous ne voyons pas, et l’attendons avec patience (Voyez Romains 8:25). Le salut, ainsi que le savent la plupart de ceux qui lisent ces lignes, est envisagé dans l’Écriture comme une chose passée, présente et à venir. Dans le premier sens, nous le trouvons en 2 Timothée 1:9 : « Qui nous a sauvés ». C’est une chose passée, déjà accomplie. Cependant, afin de comprendre cela, il nous faut apprendre de la parole de Dieu que le chrétien n’est pas dans le premier Adam, mais dans le dernier Adam, c’est-à-dire dans le Christ Jésus ; qu’il n’est pas « dans la chair, mais dans l’Esprit » ; que « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (Romains 8:1, 9 et 2 Corinthiens 5:17). Le salut est traité comme une chose présente en Philippiens 2:12 : « Travaillez (*) à (non pour) votre propre salut avec crainte et tremblement : car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir ». Le salut est envisagé ici comme une chose que nous avons à achever maintenant. Il est regardé comme à venir, en Romains 13:11 : « Car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru ». L’apôtre a en vue le plein résultat de l’œuvre de Christ, à son retour pour les saints. « Toute parole de Dieu est affinée » (Proverbes 30:5) ; la différence des expressions « le casque du salut », et « pour casque, l’espérance du salut », est pleine d’instruction pour le croyant.

 

(*) Le sens est « achever, amener à bonne fin en travaillant ».

 

Nous avons déjà fait observer que le saint doit recevoir le casque du salut, et cela de Dieu, non de l’homme. De là découle l’importance de la patience sous le bouclier de la foi qui s’attend à Dieu, jusqu’à ce qu’il lui plaise de donner le casque. C’est Dieu qui le donne. Cette partie de l’armure rend le saint capable de faire face hardiment à tout ce qui est contre lui, et lui rappelle, non seulement l’amour et la faveur de Dieu, mais aussi que sa volonté est que pas un cheveu de sa tête ne soit touché et ne tombe dans le combat. La confiance en Dieu croît avec la connaissance de Dieu. Je crois que cette confiance marche de pair avec l’expérience mentionnée en Romains 5:4. Nous lisons dans ce passage que la tribulation produit la patience (ou l’endurance), et que la patience produit l’expérience. La tribulation opère en nous la patience, parce que, dans la tribulation, nous apprenons quelle est notre faiblesse et notre incapacité pour nous aider nous-mêmes, et qu’ainsi nous attendre patiemment à Dieu est notre sagesse et une chose selon sa volonté. Tandis que nous attendons ainsi avec patience, nous apprenons comment Dieu, opérant toujours pour sa propre gloire, agit et travaille aussi pour notre bien. Nous faisons de cette manière l’expérience de son amour et de ses voies ; notre connaissance de sa sagesse, de son amour et de sa puissance s’accroît, et c’est ainsi que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience.

 

6.6   Chapitre 6:17b — L’épée de l’Esprit

L’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu, vient en dernier lieu, puissante pour abattre ou mettre en fuite les ennemis, tandis que les autres parties de l’armure offrent contre leurs attaques une défense complète.

Bien que l’ordre dans lequel l’Esprit présente, dans cette épître, les différentes parties de l’armure, soit rempli d’instruction, il faut nous rappeler que cet ordre a rapport au combat contre les mauvais esprits dans les lieux célestes, et que dans d’autres endroits de l’Écriture, où nous ne sommes pas envisagés comme étant dans les lieux célestes, l’ordre est différent. Ainsi, dans un passage qui nous instruit relativement à ceux avec lesquels nous avons à nous trouver, quand l’église professante est devenue semblable à une grande maison, dans laquelle se trouvent des vases à déshonneur aussi bien qu’à honneur, dans ce passage, la foi est nommée avant la paix : « Poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Timothée 2:22). Dans la même épître, l’apôtre, rappelant à Timothée les choses que lui, Paul, avait eu à traverser, place la doctrine (c’est-à-dire la Parole) avant la foi : « Mais toi », dit-il, « tu as pleinement compris ma doctrine, ma conduite, mon but constant, ma foi, etc » (2 Timothée 3:10). Et assurément, quant à nous-mêmes — bien que nous puissions remarquer qu’il y a un ordre selon lequel sont prises et reçues les pièces de l’armure dont nous sommes munis pour le combat dans les lieux célestes — néanmoins, il ne faudrait pas penser que nous les prenons l’une après l’autre dans cet ordre, mais plutôt qu’en tout temps, depuis le premier pas de notre course, jusqu’à la fin, nous devrions être vrais, justes, pacifiques, patients dans la foi, confiants en Dieu, prêts à faire face à tout ce qui s’oppose, et ayant la parole de Dieu demeurant en nous.

Quant à ce qui concerne la parole de Dieu, dernière arme mentionnée, les passages dans Matthieu 4, Luc 4, et 1 Jean 2:14, montrent que c’est par elle que nous déjouons les ruses du diable et que nous remportons la victoire sur lui. La Parole est une lampe à nos pieds et une lumière dans notre sentier, et cela naturellement durant toute notre course. Timothée avait dès l’enfance la connaissance des saintes lettres. Cependant, bien qu’il soit vrai que le croyant possède la Parole, dès le premier moment où il a reçu la bénédiction d’en haut, il peut se passer un long temps avant qu’il entre d’une manière intelligente dans la pensée de l’Esprit, soit quant aux ennemis dans les lieux célestes, contre lesquels il a à combattre, soit quant à l’enseignement spécial relatif à la lutte qu’il a à soutenir, telle que la présente cette épître. La parole de Dieu enseigne le jeune croyant d’une manière très précieuse dès l’instant qu’il l’a reçue, mais ce n’est pas à ce moment que son esprit entre dans l’enseignement du chapitre 6 aux Éphésiens. Il s’arrête plus volontiers sur l’amour de Dieu manifesté dans l’envoi de son Fils pour être la propitiation pour nos péchés, et sur l’amour et la grâce du Seigneur Jésus-Christ dans sa vie et dans sa mort ; sur le changement opéré dans le croyant lui-même, et sur la joie et la reconnaissance qu’il éprouve de se voir ainsi l’objet de la miséricorde et de la grâce de Dieu. Son esprit est occupé de toutes ces bénédictions plutôt que du combat dans les lieux célestes. Il y a aussi chez lui de la repentance, d’une part parce qu’il a des pensées plus exactes touchant Dieu, sa miséricorde, son amour et sa grâce, et d’une autre parce qu’il porte un plus vrai jugement sur lui-même comme enfant d’Adam et comme pécheur. Je le répète, un temps assez long peut se passer après sa conversion avant que le croyant entre dans l’enseignement de notre chapitre.

L’amour de l’argent et du monde sont des pièges qui entravent plusieurs, et un saint, s’il y est pris, comprendra peu, aussi longtemps qu’il y sera enlacé, ce qu’est cette lutte. Et même, s’il a échappé à ces ruses de l’ennemi, alors par l’orgueil de la vie, l’amour de la prééminence, de sa réputation, en un mot du moi sous une forme ou une autre, il peut, même en étant occupé aux choses du Seigneur, et accomplissant beaucoup de service, agir très peu contre les mauvais esprits dont parle cette épître. Il est question dans la Parole de quelques-uns qui « se sont égarés de la foi », d’autres qui « ont fait naufrage quant à la foi », ou dont la foi a été renversée par un faux enseignement ; il est parlé aussi de quelqu’un qui « est aveugle, et ne voit pas loin, ayant oublié la purification de ses péchés d’autrefois » (1 Timothée 6:9, 10 ; 1:19 ; 2 Timothée 2:18 ; 2 Pierre 1:9).

Toutes ces choses, aussi bien que le fait d’être mal à propos occupé de la chair et du sang, soit qu’ils attirent ou repoussent, empêchent le saint de répondre en obéissance à cette exhortation si grandement bénie qui lui est adressée par l’Esprit de Dieu, dans le dernier chapitre de l’épître aux Éphésiens.

De plus, le saint peut être conscient d’avoir eu la Parole pour le guider dès le commencement de sa course, et d’être entré, par la grâce, dans une grande partie de la précieuse vérité de cette Parole ; il peut jouir de ce que les Écritures lui ont été ouvertes, et que son esprit a été éclairé pour les comprendre (Luc 24:32, 45), et même de ce que Dieu, par son moyen, a béni sa Parole pour plusieurs ; mais en même temps, il sait qu’en avançant dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, la même Parole a servi à corriger et réprouver des pensées, des manières de faire et des actes, dont il n’avait pas discerné le mal, jusqu’à ce qu’il eût été mis en lumière et manifesté par la parole de Dieu (Hébreux 4:12, 13). Et le croyant, si sérieux soit-il, et désireux de faire la volonté de Dieu, doit apprendre combien son propre cœur est désespérément rusé, et qu’il ne doit point s’y confier, s’il veut être vraiment utile à ses frères.

La différence dans les enseignements que nous trouvons chez ceux qui enseignent, prouve notre ignorance de la parole de Dieu, car si nous la comprenions, il n’y aurait point ces différences. « L’Esprit conduit dans toute la vérité », et il n’y a qu’« un seul Esprit ». Mais le saint, s’il est fidèle, sera reconnaissant, quelque humiliante que soit son ignorance de la Parole, de la voir manifestée et corrigée. Et c’est l’effet qu’elle aura, étant bénie pour lui par l’Esprit. Il apprendra que plusieurs choses que, dans son zèle, à une certaine époque, il pensait être justes, avaient été employées par lui, parce qu’il était occupé de la chair et du sang, et n’était pas entré avec intelligence dans le combat dans les lieux célestes. Bien souvent les efforts que l’on fait, montrent du zèle pour Dieu, mais non selon la connaissance, et des choses qui sont courantes même chez ceux qui sont rassemblés au nom du Seigneur Jésus, manifestent qu’ils sont occupés de l’effet qu’ils peuvent produire sur la chair et le sang, et qu’ils comprennent peu ou point que les armes qu’ils emploient selon les coutumes du jour, sont tout à fait opposées à l’enseignement des Écritures, et que ces armes, maniées souvent pour rehausser notre importance, sont précisément celles que les mauvais esprits désirent voir employer. L’apôtre, lui, pouvait dire : « Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles, mais puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses » (2 Corinthiens 10:4). Toutes les brebis et tous les agneaux de Christ ont été élus en lui avant la fondation du monde, et, en dépit de tout, seront amenés par les moyens dont il plaît à Dieu de se servir. Le Seigneur Jésus, en parlant des brebis d’entre les gentils, dit : « Il faut que je les amène, elles aussi », et il est certain que cela s’accomplira, que toutes seront amenées. Mais les exercices de cœur quant à la manière de faire l’œuvre du Seigneur par les moyens qu’il agrée, sont les plus profitables pour ceux qui désirent servir Dieu. Que notre ligne de service soit l’évangélisation, ou l’édification des saints, nous devrions suivre les règles qu’il nous a si gracieusement et richement données pour nous diriger, et éviter de tomber dans les manières de faire qui sont contraires à l’Esprit et à la Parole, bien qu’elles soient si communément employées dans la chrétienté et approuvées même parmi les saints.

Mais quand le croyant, ainsi que nous l’avons dit plus haut, avance dans la vérité et que la parole de Christ habite en lui, il apprend toujours mieux à séparer ce qui est précieux de ce qui est vil, et il voit de plus en plus quelle est la valeur de la Parole, lorsqu’elle coule d’un vase, pure et sans mélange de pensées venant de notre propre cœur, ou d’intentions dans lesquelles le moi prédomine. Il apprend sa propre insuffisance pour penser quelque chose comme de lui-même, mais il sait que, pour autant qu’il présente la Parole dans sa pureté, il est propre à être un ministre de la nouvelle alliance (2 Corinthiens 3:5, 6).

Le saint a donc l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu, dernière partie de toute l’armure. Il est clair, cependant, pour tout lecteur croyant, que depuis le commencement de sa course, il doit avoir la Parole. Mais il l’a maintenant comme ce qui doit lui servir contre ces ennemis, les puissances de méchanceté dans les lieux célestes, alors que les reins, la poitrine, les pieds, le corps et la tête, sont munis des diverses armes défensives qui leur sont respectivement destinées. Le saint est donc armé des pieds à la tête pour le combat, et une arme lui est donnée, non seulement pour mettre en fuite l’ennemi, mais aussi employée de Dieu pour délivrer d’autres de la puissance des ténèbres, pour restaurer ceux dont les pieds ont besoin d’être lavés, et pour retirer du piège du diable ceux « qui ont été pris par lui, pour faire sa volonté » (2 Timothée 2:26).

 

7                        Chapitre 6:18 — La prière

Et maintenant vers quoi la Parole dirige-t-elle nos pensées quant à ceux qui sont revêtus de toute l’armure de Dieu ? Il n’est ici fait mention d’aucun acte de puissance qu’ils aient à accomplir, ni d’autorité ou de supériorité qu’ils aient à assumer sur d’autres. La Parole leur dit de « prier par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit », et de veiller à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints, et pour Paul, le vase élu du Seigneur, « afin », dit l’apôtre, « qu’il me soit donné de parler à bouche ouverte pour donner à connaître avec hardiesse le mystère de l’évangile, pour lequel je suis un ambassadeur lié de chaînes, afin que j’use de hardiesse en lui, comme je dois parler » (v. 18-20).

On a souvent remarqué, mais on ne saurait jamais trop le répéter aux saints, que la prière et la parole de Dieu sont constamment jointes ensemble dans les Écritures. Il en est ainsi dans ce passage, comme aussi dans les Actes (6:4), où les douze disent : « Et pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole ». Nous le voyons encore aux chapitres 10 et 11 de l’évangile de Luc. Là, Marie est assise aux pieds de Jésus, écoutant sa parole, et aussitôt après nous trouvons les disciples demandant au Seigneur de leur enseigner à prier. Dans notre chapitre aussi, l’exhortation à prier vient immédiatement après qu’il a été fait mention de l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu.

Le guerrier donc, revêtu de son armure, doit non seulement prier, mais prier par l’Esprit, et pour tous les saints. Pour prier par l’Esprit, il faut être en communion avec Dieu, et prier pour les saints demande un cœur exempt de colère et de mauvais sentiments contre qui que ce soit des saints. La question est : « Y a-t-il quelqu’un d’entre les saints contre lequel j’ai quelque chose ? ». Marc 11:25, est un passage qui, à cet égard, parfois peut nous sonder. Je ne crois pas que quelqu’un soit libre honnêtement de prier pour tous les saints, conformément à l’exhortation d’Éphésiens 6, s’il a quoi que ce soit contre un saint. En Marc 11:24-26, nous lisons : « C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait. Et quand vous ferez votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père aussi, qui est dans les cieux, vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos fautes ». Le pardon, dans ces versets, s’étend à chacun, et par conséquent à chaque saint. C’est là une considération très importante, car un des principaux obstacles à la bénédiction et à la puissance parmi les saints, est de n’être pas capable de se pardonner l’un à l’autre les offenses. Il est clair, d’après Éphésiens 6, que le saint qui est revêtu de toute l’armure de Dieu, est quelqu’un qui prie pour tous les saints, et l’ennemi fera effort pour l’empêcher de prier ainsi. Lorsque Jacques mentionne qu’Élie pria, de sorte que pendant trois ans et demi il ne tomba pas de pluie, il dit, pour notre encouragement, que le prophète « était un homme ayant les mêmes passions que nous ». Marc 11 montre que celui qui ne doute pas dans son cœur, mais croira que ce qu’il dit se fait, tout ce qu’il aura dit lui sera fait (v. 23). Mais après ce verset et le suivant, vient le passage qui parle du pardon. Même parmi les Philippiens, ces fidèles obéissants, se trouvaient Evodie et Syntyche, entre lesquelles existait quelque chose qui entravait l’unité de pensée dans cette assemblée choisie. Le temps est court ! Ce n’est plus que pour peu de jours que chacun de nous peut ainsi prier pour les saints. Mais quelle grâce, si quelqu’un de nous a offert une seule prière (en Éphésiens 6, il est dit priant en tout temps) qui réponde à tous égards à l’exhortation de l’apôtre dans l’épître aux Éphésiens. Si elle est présentée avec foi, Marc 11 montre qu’elle sera exaucée, mais en même temps il ne doit y avoir aucune pensée, ni aucun sentiment de rancune contre un autre. Nous pouvons bien nous écrier avec le psalmiste : « Sonde-moi, ô Dieu ! et connais mon cœur ; éprouve-moi, et connais mes pensées. Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle ! » Le Seigneur veut la réalité, et un peu d’or, d’argent, ou de pierres précieuses, vaut mieux qu’une masse de bois, de foin et de chaume. Mais un peu de la poussière de ce monde suffit pour cacher, à celui qui passe devant elles, la valeur et l’éclat des choses précieuses, tandis que des nuages de la même poussière n’empêchera personne de voir la pile énorme que l’on aura élevée avec des matériaux sans valeur.

 

8                        Conclusion

8.1   Importance de l’étude de la Parole — Discipline de l’armée

Pour terminer, je désire faire quelques remarques relatives à l’importance pour les ouvriers du Seigneur de se réunir pour étudier la Parole — seule arme offensive dans l’armure complète. Il est manifeste que Dieu bénit dans ces derniers jours la prédication de l’Évangile, et cela a lieu largement dans les systèmes religieux bien éloignés en doctrine et en pratique de « ce qui était dès le commencement », de ce en quoi les petits enfants en Christ sont exhortés à demeurer (1 Jean 2:24). Nous pouvons assurément tous nous réjouir de cette bénédiction, et demander au Seigneur d’en accorder une plus grande encore. Mais bien qu’il soit précieux d’avoir des recrues, il faut aussi prendre en considération la discipline de l’armée, et là nous arrivons aux grands privilèges de ceux qui ont été doués d’en haut pour exhorter, aider, enseigner, ou gouverner parmi les saints. L’Écriture dit : « À celui qui a, il sera donné encore davantage », et nous pouvons bien croire, d’après 2 Timothée 2:2 ; 3:10, 14, que le jeune disciple de qui Paul pouvait dire : « Je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment », était quelqu’un que l’apôtre avait pris spécialement la peine d’instruire dans la Parole et la doctrine.

Si parmi les saints, il en est qui soient particulièrement instruits dans la Parole et doués pour l’enseignement, il est d’une grande importance que ceux qui enseignent et qui sont moins instruits, évangélistes ou autres, aient le bénéfice de l’enseignement que peuvent donner ceux qui sont qualifiés par le Seigneur pour aider leurs frères. Dans quelques contrées, ces occasions se présentent plus souvent qu’en d’autres, et aujourd’hui le pays qui a été entre tous le plus favorisé sous le rapport de l’évangile et de la Parole, est bien en arrière de plusieurs autres quant à ces occasions d’étude de la Parole. J’estime que c’est une perte. Je ne veux pas dire que les saints dans ce pays manquent à étudier la Parole ensemble dans les localités où ils demeurent, ni qu’ils ne se rassemblent pas dans ce but de différentes localités pour des réunions plus générales, mais je pense plutôt au manque de réunions durant plusieurs jours successifs en vue de rassembler les frères qui travaillent dans la Parole et la doctrine. Non pas que ces réunions soient limitées à ces frères-là, mais cependant destinées spécialement à les rassembler. De tels rassemblements où l’on se soumet l’un à l’autre dans la crainte de Christ, servent à la fois à la communion mutuelle, et à l’édification et l’affermissement des uns par les autres.

 

8.2   Danger des mésententes

L’histoire nous apprend quels désastres ont résulté d’un manque d’entente et d’accord entre des chefs de flottes ou d’armées. On peut aisément discerner ces fautes et leurs conséquences dans les choses du monde, mais ce n’est pas le cas quand il s’agit des fautes des saints. Le secret du Seigneur est avec ceux qui le craignent, et il doit y avoir un état d’âme formé par Dieu seul, qui prépare son enfant à recevoir ses communications, soit quant à la racine d’où le mal est issu, soit quant au remède à y appliquer. Lorsque des sentiments opposés existent entre ceux qui, par grâce, sont à la tête parmi les saints, ceux-ci peuvent se diviser en partis, et s’enfler les uns contre les autres, en se déclarant qui pour l’un, qui pour un autre, ainsi que cela avait lieu à Corinthe. Le témoignage de l’Écriture montre que les communications qui doivent servir à ôter le mal et à amener la bénédiction ne viendront pas de ceux qui sont divisés, mais seront données par le moyen de celui qui s’est séparé du mal. Quelqu’un dira : « Oui, mais à Corinthe, ce fut par un apôtre, et il n’y en a plus aujourd’hui ». Cela est vrai, mais néanmoins il faut remarquer que plusieurs des exhortations données par l’apôtre, peuvent être données maintenant par un saint quelconque soumis au Seigneur. Des exhortations à l’amour fraternel, à être parfaitement unis ensemble dans une même pensée, et d’autres semblables, peuvent être présentées par qui que ce soit en qui l’Esprit de Dieu demeure.

 

8.3   Garder la Parole

Un courant puissant d’incrédulité, d’universalisme, d’unitarianisme, et d’autres doctrines analogues, se précipite de tous côtés, et il est clair que des quatre assemblées, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée, qui représentent si distinctement les quatre dernières époques de l’Église sur la terre, et qui toutes quatre continuent jusqu’à la venue du Seigneur, ni Thyatire, ni Sardes, ni Laodicée, n’opposent une barrière efficace à ce grand courant. Il y a sans nul doute en Sardes des individus qui sont fidèles, et en chacun de ceux en qui l’Esprit de Dieu habite, réside la puissance qui empêche le plein développement de cette méchanceté (2 Thessaloniciens 2:7). Mais ce qui principalement caractérise ces trois assemblées, comme nous le voyons en Apocalypse 2 et 3, sont des choses qui tendraient à former un canal pour ce courant, plutôt qu’à l’obstruer dans sa course. Philadelphie est donc la seule de ces assemblées nommées par le Seigneur, comme ayant les caractères qui font d’elle, dans sa capacité collective, une barrière contre le torrent de méchanceté dont nous avons parlé. Or le Seigneur nomme trois choses qui caractérisent Philadelphie. De ces trois choses, l’une est qu’elle a gardé sa parole. Mais pour garder sa parole, il faut que nous l’ayons : « Celui qui a mes commandements, et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime » (Jean 14:21), dit le Seigneur. Il faut avoir les commandements avant de pouvoir les garder ; il en est de même de la Parole. Quelque obéissant et diligent que soit un serviteur, si la lettre ou le message de son maître ne l’a pas atteint, il ne peut faire ce que son maître désire. Ainsi quant à Philadelphie, « tu as gardé ma parole » implique que d’abord elle avait « eu la parole ». Or il peut y avoir une grande énergie pour prêcher l’Évangile, et comme résultat une grande bénédiction, comme nous le voyons aujourd’hui dans plusieurs de ces systèmes religieux qui ont cependant été établis ou formés depuis le commencement, dont parle 1 Jean 3:22. Mais le fait même que ces systèmes existent, est une preuve que ceux qui s’y rattachent n’ont pas et ne gardent pas le commandement contenu dans le verset de l’épître de Jean, auquel je viens de faire allusion. Ces systèmes ou les choses qui en émanent, ont donné grandement le ton à ceux qui, en quelque mesure, cherchent à répondre à ce qui caractérise Philadelphie. C’est une chose qui va croissant, et qui, pour autant qu’elle s’éloigne de ce qui est le caractère de Philadelphie, a la saveur de ce qui caractérise Thyatire, Sardes et Laodicée. Elle aide ainsi au courant fatal dont j’ai parlé, car bien que ne le faisant pas d’une manière ostensible, elle affaiblit, ou tout au moins ne fortifie pas ce qui s’y oppose.

Nous lisons, en Exode 35, comment le peuple d’Israël mit son cœur pour offrir ce qui appartenait au service de Jéhovah. Ils vinrent, tous ceux que leur cœur y porta, et tous ceux qui eurent un esprit libéral, les hommes et les femmes ; les uns apportèrent du bleu, de la pourpre, etc. ; toute femme intelligente fila de sa main, et apporta ce qu’elle avait filé, et les femmes habiles que leur cœur y porta filèrent du poil de chèvre. Les princes aussi apportèrent des pierres précieuses et des parfums exquis. Ensuite, l’Éternel remplit de sagesse de cœur un homme de la tribu de Juda, et un autre de la tribu de Dan, pour savoir faire selon la pensée de l’Éternel, tout ce qu’il avait commandé. J’estime que, qui a le cœur exercé pour réunir durant plusieurs jours pour l’étude de la Parole ceux qui travaillent dans la Parole et la doctrine, fera une bonne œuvre, une œuvre en accord avec ce qui est dit à Philadelphie. Il encouragera la communion et l’unité de pensée parmi les frères qui sont plus spécialement engagés dans l’œuvre du Seigneur au jour présent, et il fortifiera puissamment ceux qui, d’une manière quelconque, sont employés à opposer une barrière au flot d’iniquité dont j’ai parlé. J’ai déjà appelé l’attention sur le fait que la prière et la Parole vont toujours ensemble. Les premiers chrétiens avaient besoin des deux, et assurément elles nous sont nécessaires dans ces derniers jours.

Puissent les serviteurs du Seigneur qui sont plus particulièrement en avant dans ces jours de la fin, être conduits à peser ce que j’ai cherché à mettre devant eux. Puissent les conducteurs avoir à cœur de réunir ainsi pour étudier la Parole, les frères qui travaillent dans l’œuvre du Seigneur ; les réunir, non une fois l’an seulement, mais souvent, et en différentes localités. Ils trouveront, je le crois, de nos jours, plusieurs qui, comme ceux d’autrefois, sont à la fois prompts en esprit, et sages dans leur cœur, pour aider dans une telle œuvre. Ces dernières remarques sont faites en vue du courant du mal qui croit si rapidement, en vue de la manière dont il affecte plusieurs de ceux qui sont séparés pour se réunir simplement au nom du Seigneur, et de l’importance pour ces saints, aussi bien que pour d’autres, d’avoir, bien plus qu’autrefois, le privilège de l’enseignement et de l’expérience de ceux qui sont spécialement qualifiés pour aider leurs frères.