[ Page principale | Nouveautés | La Bible | la Foi | Plan des sujets | Études AT | Études NT | Index auteurs + ouvrages + sujets | Centres d'intérêt ]

 

«COMME UNE OUTRE MISE À LA FUMÉE»

 

 

«Car je suis devenu comme une outre mise à la fumée ; je n’oublie pas tes statuts» (Ps. 119:83)

 

traduit de l’allemand ; auteur inconnu

 

Table des matières :

1     L’outre mise à la fumée : image du croyant souffrant

2     Souffrant mais bienheureux

3     Restauration et souffrance : Espérance dans la grâce ou attente d’un droit

4     Se résigner ou se réjouir dans le Seigneur

5     Rôle de la Parole retenue dans le coeur

6     La forme de la piété

7     Ceux qui cherchent à échapper à la souffrance

8     Soif de l’Écriture

9     Christ dans sa vie : Comme l’outre mise à la fumée

 

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1983 p. 309-319

 

1                    L’outre mise à la fumée : image du croyant souffrant

En lisant entièrement le paragraphe d’où est extrait ce verset, nous remarquons qu’il y est souvent parlé de souffrances, et de souffrances qui réclament d’une façon toujours plus pressante la délivrance. Le psalmiste le traduit par des paroles telles que : «Quand me consoleras-tu ?... Quand exécuteras-tu le jugement contre ceux qui me persécutent ?... Aide-moi» ! Le croyant qui parle ici se trouve sous le poids d’une épreuve qui a atteint son paroxysme (119:86), et il ne lui reste pas d’autre solution que de s’attendre au Seigneur qui le délivrera. Mais il attend dans la confiance en la parole de Dieu qui lui donne l’assurance que le Seigneur entend le cri de la foi de tous ceux qui se confient en lui et qui marchent dans ses statuts. Alors même qu’ils ignorent le moment où Dieu se lèvera pour délivrer celui qui s’attend ainsi à lui ; pour le délivrer de ceux qui le haïssent et qui le persécutent sans cause.

L’image de l’outre mise à la fumée nous parle de la nature de la souffrance. Pour la comprendre, il est nécessaire de nous représenter la tente d’un Oriental. Au faîte intérieur de la tente est suspendue une outre dans laquelle le vin est conservé (Matthieu 9:17). L’outre est constamment exposée à la fumée qui s’élève du brasier allumé dans la tente. Sous l’effet de la fumée l’outre perd sa couleur ainsi que sa forme, elle noircit et se rétrécit. Le vin n’en souffre pas ; au contraire on dit que le vin nouveau est, par la chaleur du feu, plus rapidement consommable. Si tel est le cas, l’image acquiert pour nous une belle signification : la fumée étouffante, bien désagréable pour l’outre, est salutaire pour son contenu.

 

2                    Souffrant mais bienheureux

 

Cette image met sous nos yeux la souffrance du résidu fidèle d’Israël dans les derniers jours ; elle nous parle non seulement des souffrances intenses qu’il connaîtra mais également de la finalité de cette souffrance. Pour mieux comprendre cela, il est nécessaire d’examiner d’un peu plus près la position de ce résidu, telle qu’elle nous est dépeinte dans le Ps. 119. Après toute l’infidélité dans laquelle avait marché le peuple, nous trouvons dans ce psaume le résidu qui est retourné vers Dieu. Au milieu de toute la misère et de toute l’oppression, l’âme peut à nouveau s’adresser à Dieu avec confiance. On s’aperçoit à la lecture de ce psaume que la loi est «écrite dans leur coeur». C’est pourquoi ils sont appelés «Bienheureux» ; ils ne marchent pas dans le conseil des méchants, ne se tiennent pas dans le chemin des pécheurs ; ils ne sont pas non plus assis au siège des moqueurs, mais ils ont leur plaisir en la loi de l’Éternel, et méditent dans sa loi jour et nuit (comp. Ps. 1:1, 2).

 

3                    Restauration et souffrance : Espérance dans la grâce ou attente d’un droit

 

Ce qui concerne ici le résidu d’Israël s’applique en principe à toute âme qui, s’étant éloignée de Dieu, revient à lui, quel que soit le moyen par lequel le retour a été opéré. Le Seigneur est libre dans le choix des moyens, et pour ramener l’âme, il saura toujours employer le moyen approprié. Dans la plupart des cas, il choisit la souffrance et l’humiliation. La conscience se réveille et l’âme revient à Dieu avec la confession de la faute. Et, même si la souffrance subsiste, en tant que conséquence de l’infidélité et de l’égarement, la confiance est retrouvée, le coeur humilié est heureux dans la présence de Dieu. C’est sous ce caractère que nous devons nous représenter la souffrance du résidu d’Israël dépeinte dans ce psaume. L’âme est restaurée, elle espère en Dieu, elle se confie dans sa parole, elle attend de lui la délivrance de tous ses ennemis ; elle peut réaliser toutes ces choses bien que la fumée tourbillonne autour de l’outre et la rétrécisse.

C’est là l’expérience de toute âme qui est revenue à Dieu en sincérité. Cette constatation ne doit pourtant pas nous amener à perdre de vue la différence entre Israël et l’assemblée. L’Israélite sincère marche dans les statuts du Seigneur et y trouve sa joie ; alors qu’un croyant chrétien a de plus l’amour du Père pour le connaître et en jouir (Luc 15). Chez le croyant de l’économie présente, tout est grâce, et il place son espérance dans cette grâce quant aux bénédictions futures ; tandis que le résidu fidèle d’Israël attend que Dieu lui fasse droit étant donné qu’il marche dans les statuts de l’Eternel, tout en reconnaissant que cette attente se fonde sur la bonté du Seigneur.

L’image de «l’outre mise à la fumée» ne nous permet pas de penser à une souffrance autre qu’extérieure : et éclairée sous ce jour, nous pouvons l’appliquer aussi bien au croyant des temps actuels qu’au résidu d’Israël à la fin des jours. Pour nous également, l’école des souffrances ne cessera que quand nous quitterons cette terre, soit par la venue du Seigneur Jésus, soit que nous entrions par la mort dans le repos éternel qui est la part du peuple de Dieu.

 

4                    Se résigner ou se réjouir dans le Seigneur

 

Le fait que nous sommes placés sur un autre terrain que le résidu, et que nos relations avec le Père sont bien plus intimes que celles d’Israël, ne change pas le caractère des souffrances et des épreuves. Cette vérité est souvent rappelée au croyant qui lit les saintes Écritures. Il est averti de la finalité de ses souffrances. Quand nous perdons de vue le but des souffrances, nous nous résignerons peut-être à la douleur parce que la chose est ainsi, de la même manière que le fataliste se soumet à son sort ; mais le coeur est malheureux. Le Seigneur voudrait éviter cet état chez les siens actuels, aussi dirige-t-il nos regards sur la manifestation de Christ en gloire, dans laquelle nous nous réjouissons avec transport tout en étant affligés maintenant pour un peu de temps par diverses tentations, si cela est nécessaire (1 Pierre 1:5, 6). Dans cette même épître, où les croyants sont vus souffrants, il est dit : «Bien-aimés, ne trouvez pas étrange le feu ardent qui est au milieu de vous, qui est venu sur vous pour votre épreuve, comme s’il vous arrivait quelque chose d’extraordinaire ; mais, en tant que vous avez part aux souffrances de Christ, réjouissez-vous, afin qu’aussi, à la révélation de sa gloire, vous vous réjouissiez avec transport» (1 Pierre 4:12, 13).

Nous ne pouvons évidemment pas oublier que, dans les épîtres de Pierre qui s’adressaient à des croyants d’entre les Juifs, il est avant tout question des souffrances pour Christ. Les croyants sont exhortés à ne pas avoir honte de telles souffrances. Souffrir comme chrétien n’était pas une honte, au contraire, cette souffrance était à la gloire de Dieu parce que c’était une souffrance pour le nom du Seigneur. Si quelqu’un souffrait à cause d’un méfait qu’il avait commis, que ce soit comme meurtrier ou comme voleur, ou comme faisant le mal, ou comme s’ingérant dans les affaires d’autrui, il avait des motifs d’avoir honte. Les croyants devaient se garder de telles choses, car les souffrances qui en résultaient n’étaient pas pour la gloire de Dieu, au contraire, elles jetaient un blâme sur le nom du Seigneur.

Mais même si les souffrances pour Christ sont au premier plan dans les épîtres de Pierre, nous pouvons néanmoins appliquer sans peine la belle instruction qui nous est donnée au psaume 119 aux souffrances du temps présent. Le point capital, c’est le contenu de l’outre : «Je n’oublie pas tes statuts». C’est ce contenu qui doit être gardé ; à cette condition, nous serons fortifiés sur le chemin si souvent pénible à travers ce monde.

 

Représentons-nous une fois encore le nomade. Après un pénible voyage, tourmenté par la chaleur du soleil de midi et par le sable brûlant du désert, exposé à mille dangers imprévisibles, il arrive enfin à un lieu de repos. Il dresse sa tente, pour prendre un peu de ce repos et pour se remettre des fatigues qu’il vient d’endurer. Sa première pensée n’ira-t-elle pas au trésor qui est caché dans l’outre, au vin que Dieu a donné à l’homme pour la joie de son coeur ? (Ps. 104:15 ; comp. Juges 9:13). Une gorgée le désaltèrera et le fortifiera en lui permettant de poursuivre son voyage avec un courage renouvelé, malgré tous les obstacles et toutes les peines, jusqu’à ce qu’il en ait enfin atteint le but terminal, le pays du vrai repos où toutes les peines et où tous les chagrins seront oubliés à jamais.

 

Ainsi, comme ce voyageur qui fixe ses regards sur le vin de l’outre, nous fixons les nôtres sur le Seigneur, quand nous traversons des souffrances et quand nous sommes éprouvés. Le Seigneur emploie sa parole pour donner de la force à celui qui est las et donner de l’énergie à celui qui manque de vigueur. Le Dieu de toute consolation s’adresse par sa parole aux coeurs affligés, afin qu’ils ne soient pas accablés par une tristesse excessive.

 

5                    Rôle de la Parole retenue dans le coeur

 

Au verset 96 de notre psaume il est dit : «J’ai vu la fin de toute perfection» ; ainsi il peut aussi arriver au voyageur que le vin commence à manquer. Cette crainte n’est pourtant pas à redouter à l’endroit des statuts du Seigneur car «ton commandement est fort étendu». Quelles expériences précieuses et bénies peut faire le croyant qui n’oublie les statuts du Seigneur dans aucune circonstance du chemin de cette vie ! Malheureusement nous les oublions si souvent.

Le danger d’oublier les statuts du Seigneur est souvent plus grand que nous ne le pensons nous-mêmes. Pour expliquer ceci plus précisément, j’aimerais encore une fois diriger le regard du lecteur sur le résidu fidèle des derniers jours. Aucune souffrance extérieure, aussi accablante qu’elle puisse être, aucune adversité douloureuse, aucun mépris de la part de ceux avec lesquels ils étaient autrefois liés, ne pourront leur faire oublier les statuts du Seigneur. À travers tout ce qu’ils connaîtront, ils garderont intacts ces statuts, de sorte qu’ils ne seront pas seulement consolés et fortifiés par eux, mais ils connaîtront aussi le chemin dans lequel ils ont à marcher. Dans ce chemin de la fidélité ils compteront sur l’exaucement de leur cri en vue de la délivrance de la main de leurs ennemis et, même s’il se trouve que l’attente leur fait dire «Quand me consoleras-tu ?», ils ne doutent nullement du salut final qui sera leur part lors de la venue de leur Messie. Cette fidélité est belle et digne d’admiration, surtout quand nous nous rappelons l’infidélité d’autrefois dont tout le peuple s’était rendu coupable. Infidélité dont les conséquences sont des souffrances et qui les a amenés à être «comme une outre mise à la fumée».

Si nous nous représentons ainsi le résidu — et la parole de Dieu nous autorise à le faire — quel exemple humiliant n’est-t-il pas pour nous que Dieu a bénis bien plus richement ! Il nous a fait part de toute la richesse de sa grâce et de son amour dans le Christ Jésus, notre Seigneur, en ce qu’il nous a introduits dans la connaissance de sa volonté ! Les statuts du Seigneur nous sont-ils précieux, à nous qui avons été si richement privilégiés ? Leur méditation façonne-telle nos coeurs ? Sont-ils pour nous une lampe à notre pied et une lumière à notre sentier ? Toujours à nouveau nous devons nous poser de telles questions. La réponse nous amènera certainement d’abord dans la poussière, mais elle nous apportera ensuite un riche fruit de bénédiction. Oh, que nous puissions tous mieux comprendre quelle bénédiction le Seigneur lie à une marche dans ses statuts ! Ceci produira de la joie dans notre coeur plus qu’au temps où leur froment et leur moût ont été abondants (Ps. 4:7).

 

6                    La forme de la piété

 

Il convient d’insister d’une manière particulière sur cette expression : «Tes statuts». Quand le Seigneur Jésus était sur la terre, il attirait là-dessus l’attention des disciples, mais aussi des pharisiens et des docteurs de la loi. Il plaçait devant leurs yeux le fait qu’ils avaient annulé le commandement de Dieu par leurs traditions (Matthieu 15). C’est une chose sérieuse, et nous aussi qui croyons en Christ, nous sommes exposés à ce danger. L’homme naturel est incroyablement inventif parce que l’oeil simple par lequel «tout le corps est plein de lumière» lui manque. Tout comme les pharisiens de leur temps, la chrétienté professante d’aujourd’hui sait trouver des moyens par lesquels la forme de la piété est maintenue tandis que la puissance est reniée. Le Seigneur Jésus a appelé cet artifice du «levain» contre lequel il les mettait en garde. Il connaissait le coeur et savait à quels dangers les disciples seraient exposés une fois qu’il les aurait quittés. Aussi longtemps qu’Il n’était pas effectivement rejeté par son peuple, Il restait encore en relation avec lui. Ce fut également la position de ses disciples. La croix a mis fin à cette relation. Pourtant, le danger de mélanger les commandements divins et les commandements humains subsiste.

 

7                    Ceux qui cherchent à échapper à la souffrance

 

Toute l’histoire de l’église nous prouve que l’assemblée sur la terre n’a pas échappé à ce danger mais comment au contraire elle a choisi ce chemin, avant tout pour éviter des souffrances, du mépris, de l’incompréhension. Le chemin de l’apôtre Paul devint solitaire dans la mesure où il accomplissait dans sa chair ce qui restait encore à souffrir des afflictions du Christ pour son corps qui est l’assemblée (Col. 1:24). Démas l’abandonna parce qu’il avait aimé le présent siècle. Beaucoup l’avaient abandonné avant lui pour d’autres motifs. Démas manquait de courage et de dévouement de coeur pour porter la croix avec l’apôtre. Nous ne voulons pas dire par là qu’il a effectivement et ouvertement abandonné le Seigneur, cessant ainsi d’être un chrétien. La fumée du feu de l’épreuve qui a enlevé à l’outre ses caractères naturels : sa couleur et sa forme, le faisait fuir, alors que cette même fumée ne faisait pas céder l’apôtre d’un pied ; chez ce dernier le précieux contenu restait intact jusqu’à la fin comme il en rend témoignage lui-même : «J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi» (2 Tim. 4:7).

Le diable a toujours aspiré à mélanger ce qui est de Dieu avec ce qui est de l’homme. Dès que le Seigneur eut semé son champ avec de la bonne semence, l’ennemi ne fit qu’attendre le moment propice «pendant que les hommes dormaient», pour semer l’ivraie parmi le froment. Il corrompit ainsi la belle oeuvre de Dieu. D’une façon analogue ses efforts ont convergé dès le début vers un élargissement du sentier étroit de la séparation pour Dieu, le rendant ainsi plus commode, afin que l’outre ne reçoive pas trop de la fumée de la tribulation. Combien cette méthode lui a réussi chez la plupart des croyants ! Si nous n’avions pas dans la parole des exemples comme celui de l’apôtre Paul ou comme celui du résidu d’Israël des derniers jours, le courage nous manquerait pour continuer la course dans le chemin étroit et nous nous exposerions au danger «d’oublier les statuts de l’Éternel». Mais, Dieu soit béni ! Il saura nous fortifier et nous affermir. Même si nous ne pouvons pas placer notre sensibilité au niveau de celle de l’apôtre Paul, nous avons néanmoins compris quelque chose de ce qu’il éprouvait quand la masse des chrétiens l’abandonnait pour emprunter le chemin large, où l’opprobre du Christ était atténué, leur chemin allant de pair avec celui du monde.

 

Rester dans le «camp» est plus commode pour la chair et plus attrayant pour la nature. À mesure que la ruine augmente dans la chrétienté, que les partis se multiplient et que le fossé s’approfondit et s’élargit, l’ivraie semée par l’ennemi peut de plus en plus se développer par la propagation de toutes sortes d’hérésies. La frontière entre le «dedans» et le «dehors» devient de ce fait toujours plus difficile à discerner et ceci est dangereux pour tous ceux qui cherchent à servir et à suivre le Seigneur avec sincérité. Mais le danger est surtout grand pour les jeunes croyants qui ont encore peu d’expérience et de discernement spirituel, et pour lesquels un christianisme mondain est séduisant. Combien vite on raisonne pour apaiser la conscience, au lieu de s’en tenir aux statuts du Seigneur.

 

8                    Soif de l’Écriture

 

Pour Timothée, qui lui aussi était encore jeune et exposé aux mêmes dangers, parce que la ruine de l’église avait déjà commencé en ses jours, le fait d’avoir connu les saintes lettres dès son enfance était un immense privilège. Pour nous permettre de ne pas oublier les témoignages du Seigneur et de marcher en eux, il faut d’abord les connaître, ce qui était le cas pour Timothée. Quel bonheur ce serait si on pouvait dire la même chose de tous les jeunes croyants ! Hélas ! il leur manque parfois l’envie de lire la parole de Dieu pour eux-mêmes, de sonder ce qui pourrait leur être utile, ce qui les garderait dans les nombreuses tentations du monde et les affermirait dans la vérité divine ! C’est dans la jeunesse qu’est généralement posé le fondement ; la solidité ultérieure de l’édifice en dépendra. Si le fondement est insuffisant, l’édifice le révèlera. C’est pourquoi, jeunes lecteurs, considérez cette parole : «Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole».

 

9                    Christ dans sa vie : Comme l’outre mise à la fumée

 

Considérons encore une fois l’image de «l’outre mise à la fumée» en relation avec la personne bénie du Seigneur Jésus. Comme nous le savons, les psaumes ne parlent pas seulement des souffrances et des épreuves du résidu fidèle, mais des souffrances du Seigneur lui-même. C’est ce qui justifie l’importance capitale des psaumes pour nous. Les sentiments et les expressions qui servent au résidu d’encouragement et de consolation, qui le maintiennent ferme dans les circonstances les plus pénibles, sont produits dans son coeur par l’Esprit de Christ. Pour qu’il puisse en être ainsi, il fallait que notre bien-aimé Seigneur subisse lui-même ces souffrances. Ainsi seulement il peut les rendre attentifs aux mêmes ressources qui l’ont réconforté dans ses propres souffrances. Nous trouvons la même pensée à la fin d’Hébreux 2 quand il est fait mention de ses souffrances en rapport avec nous. Ce qui est dit là, va beaucoup plus loin que ce que pouvait être le Messie pour son peuple quand il était sur la terre. Ainsi il est pourvu à tout, afin que le Seigneur puisse venir au secours des siens quand ils rencontrent des souffrances et des tentations.

Personne ne répond mieux que lui-même à cette image de «l’outre mise à la fumée», lui, le Fils de Dieu qui, devenu homme, est entré volontairement dans toutes les souffrances. Il parcourut ainsi un terrain entièrement corrompu par le diable, où chaque source donnée par Dieu pour le salut des hommes était empoisonnée par Satan qui domine lui-même comme prince de ce monde. Aucun homme ne pourra jamais sonder ce qu’à représenté pour le Seigneur, le saint, le fait de poser son pied sur un tel terrain. Quel merveilleux amour et quelle bonté ! Un amour qui ne connaît pas de limites et qui fait de nous des adorateurs de Celui qui nous l’a révélé.

Toute la vie du Seigneur était un chemin de souffrances. On le persécutait déjà comme petit enfant dans la crèche et il n’y eut pour lui pas d’autre moyen de salut que la fuite (Matthieu 2:16).

Le feu que le diable avait allumé sur la terre dégageait sans cesse ses bouffées de fumée sous diverses formes et notre précieux Seigneur en souffrait infiniment. Mais dans toutes ces souffrances il plaçait sa confiance en Dieu, si même le chemin le conduisait à la mort. Jamais il n’oublia les «statuts de son Dieu». Pour d’autres ces statuts peuvent être précieux. Peut-être les observent-ils avec fidélité, mais avec l’empreinte permanente de la faiblesse humaine. Par contre chez Lui tout était parfait. Si haut que les vagues de la résistance et de l’inimitié de l’homme aient pu se dresser, quelles qu’aient pu être les tentations par lesquelles Satan s’approchait de lui, oui, même lorsque, ayant été fait péché il a dû être abandonné de Dieu, il n’oublia pas «les statuts de son Dieu» qui consolaient son âme !