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CES LONGS SILENCES

 

 

ME 1955 p. 165-168; tiré de Bible Monthly; Fragment de lettre

 

 

…Je comprends bien que des moments de silence, parfois longs, dans les réunions, soit de prières soit de culte, vous semblent pénibles. Mais je crois que si vous les employiez comme il le faut, vous feriez une expérience très profitable et heureuse.

Je vois avec plaisir que vous n’en rejetez pas le blâme sur les autres, mais que vous reconnaissez que ces intervalles de repos sont remplis pour vous d’une quantité de pensées qui vous distraient de l’objet de la réunion. Vous remarquez que tel ou tel est absent, vous vous demandez pour quelle cause, maladie, accident ? Ou bien les mouvements d’un enfant attirent votre attention, et vous voudriez que la mère près de laquelle il est assis s’en occupât. Ou encore vous entendez tomber la pluie et vous souhaitez qu’elle cesse avant que la réunion ne prenne fin. Puis vous essayez de chasser ces pensées futiles, mais d’autres les remplacent bien vite. Et vous vous attristez, vous rendant compte que cet état d’esprit ne convient pas dans la présence du Seigneur, à sa Table. Mais où est le remède ?

Reconnaissons qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans votre «machine à penser» ; c’est elle qui vous entraîne, alors que c’est vous qui devez la contrôler. C’est le mécanicien qui règle la marche du moteur, non le moteur celle du mécanicien. L’inconstance de pensée est une cause fréquente de chutes. Dieu demande de nous toute notre pensée, aussi bien que tout notre cœur et toute notre âme. Mais hélas ! combien souvent nous laissons-nous aller à tous les vents qui soufflent. Donc nous constatons que l’activité de votre cerveau vous fait penser à ce à quoi vous ne devriez pas penser ; en conséquence vous ne pensez pas à l’objet qui devrait vous occuper.

Parfois pour remédier à cet état de choses dont on se rend compte, on emploie les silences à lire dans sa Bible ou dans son recueil de cantiques. Chose bonne en elle-même, cela va sans dire, mais qui n’est pas du tout à sa place ici. Car votre faiblesse provient d’une absence de thèmes saints dans votre pensée. Vous avez négligé de lire à la maison. Vous êtes en état de famine spirituelle. Mais le culte n’est pas le moment de prendre de la nourriture. L’Écriture dit : «Si quelqu’un a faim, qu’il mange chez lui». Vous auriez dû faire provision à l’avance de ces thèmes sacrés de l’Écriture.

Quand l’Israélite montait adorer l’Éternel, il lui était spécialement enjoint de mettre son offrande, les prémices de tous les fruits, dans une corbeille pour les apporter devant l’Éternel. Il ne devait pas paraître à vide devant Lui. S’il avait essayé de remplir sa corbeille dans les parvis de la maison de Dieu, il aurait ainsi négligé l’instruction donnée par Moïse. Pensez-y !

Vous devez, avant de venir à la réunion, remplir votre corbeille des paroles de l’Écriture ; vous serez ainsi tout préparé pour ces silences qui vous troublent. Vous pouvez toujours vous rappeler ce que le Saint-Esprit nous rapporte de la vie, des souffrances et de la mort du Seigneur Jésus ; il n’y aura alors plus de place dans votre cœur pour des pensées au sujet de vos amis ou de leurs expériences. Satan et ses agents remplissent vite une maison si elle est vide. Tenez-les éloignés en gardant votre mémoire occupée de ces paroles si belles que Dieu a données pour remplir votre esprit de ce qui Lui est agréable et qu’Il peut accepter.

Avez-vous jamais considéré la prière que Jonas a prononcée quand il était dans le ventre du poisson ? Ces paroles (Jonas 2), le prophète les a prononcées dans son cœur pendant ce long temps de trois jours et de trois nuits, sans pouvoir se référer à un manuscrit que de saints hommes auraient écrit auparavant. Mais il avait pris la peine de garnir sa mémoire de paroles de l’Écriture. Vous pouvez le vérifier vous-même et vous verrez que ces paroles de Jonas 2 se trouvent dans les Psaumes. Jonas se souvint, parla au-dedans de lui-même, et personne, hormis l’Éternel, ne l’entendit. Il ne s’était certes jamais attendu à se trouver une fois dans le ventre d’un poisson, mais sa mémoire était préparée. Prenez cet exemple à cœur ; lisez et relisez ; vous aurez ainsi dans votre cœur toute une réserve que vous sortirez pour vous-même lorsqu’un silence se produit.

Vous pouvez, quand vous allez vous réunir à d’autres pour vous souvenir du Seigneur dans sa mort, remplir votre corbeille de maints passages qui en parlent, ainsi que de ses souffrances ; la plupart vous sont familiers, mais ils sont toujours nouveaux. Pensez à Abraham offrant Isaac, aux sacrifices lévitiques avec leur explication dans les Hébreux ou Pierre, au Psaume 22, à Ésaïe 53, aux Évangiles, et à bien d’autres encore. Cherchez-les, mais pas pendant la réunion.

 

Il n’y a donc aucune raison pour qu’une part quelconque du temps, bien court, de la réunion soit perdue ou mal employée parce qu’il y a une pause. Chaque minute dans la présence du Seigneur ne devrait-elle pas être employée en joyeuse louange et en solennel souvenir ? Un silence devrait-il vous faire perdre la conscience de sa présence ? À ses disciples endormis à Gethsémané, Il dit : «Pourquoi dormez-vous ?» — «Vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi ?»

Le Seigneur attend de nous tout notre cœur, toute notre pensée, pendant tout le temps.

Ainsi, quand un silence se produit, ne permettez pas à votre esprit de rester inoccupé ; rappelez-vous les paroles de l’Écriture. Rappelez-vous que dans le culte Dieu regarde beaucoup plus à ce qui est dans le cœur, qu’à ce qui est sur la langue. Il condamne ceux qui s’approchent de Lui avec les lèvres tandis que leur cœur est fort éloigné (Marc 7:6-7 ; Ésaïe 29:13). Pendant le silence Dieu regarde votre cœur. Qu’Il ne le voie pas vide, mais rempli de sa parole pour que la méditation de votre cœur soit acceptable à ses yeux.

Qu’il en soit toujours ainsi pour vous. C’est l’ardent désir de votre affectionné.