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La dîme

Auteur Inconnu. Tiré des éditions « Publications évangéliques, 04 BP 700, Cotonou, Bénin et adapté par Bibliquest.

 

Le mot « dîme » désigne une offrande matérielle de 10% (dix pour cent) du revenu ou biens acquis.

Table des matières :

1     Introduction

1.1      Christianisme et Saint Esprit

1.2      Offrandes matérielles. Exemples de dîme

1.2.1      Ancien Testament

1.2.2      Nouveau Testament

2     Attitude du chrétien vis-à-vis des choses matérielles et de la dîme

2.1      Dieu prend plaisir à de tels sacrifices

2.2      Part des biens du chrétien consacrés à la bienfaisance, comme offrande à Dieu

2.2.1      De bon gré

2.2.2      Libéralement

2.2.3      Désintéressement. Pour la gloire de Christ. Par amour

2.2.4      Le taux ou montant n’est pas déterminé. On ne doit pas exiger la dîme

3     Comment faire s’il n’y a pas de règle

3.1      L’état du cœur révélé par ce qu’on donne

3.2      Danger du légalisme

3.3      Exercices de cœur à désirer

 

 

1                    Introduction

1.1   Christianisme et Saint Esprit

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1Cor. 2 : 16). L’Esprit de Dieu demeure donc dans le chrétien. Cette présence le distingue des croyants de toutes les autres périodes de l’histoire de l’humanité que, dans le langage chrétien, on appelle aussi dispensations, celles de l’Ancien Testament notamment. Si l’Esprit Saint est libre d’agir dans le chrétien, il lui donne la force d’accomplir la volonté de Dieu de tout son cœur, sans avoir besoin de la pression d’un commandement pour le contraindre à s’y soumettre. Cependant, nous l’avons constaté dans plusieurs domaines, beaucoup de chrétiens se placent sous l’obligation d’obéir à des commandements légaux, qu’ils soient d’origine judaïque ou dictés par la superstition. Prenons le cas de la dîme et parcourons à ce propos l’Ancien puis le Nouveau Testament.

 

1.2   Offrandes matérielles. Exemples de dîme

1.2.1       Ancien Testament

La Parole toute entière nous enseigne que, si Dieu nous dispense tout bien (Jac. 1:17), nous devons lui manifester la reconnaissance de notre cœur, mais aussi la concrétiser par des offrandes matérielles : « Honore l’Éternel de tes biens et des prémices de tout ton revenu » (Prov.  3:9).

En Genèse 14:20 Abraham donne la dîme du butin à Melchisédec qui est une image du Seigneur Jésus, roi de justice et roi de paix (Héb. 7 : 1-2). Il exprime ainsi qu’il reconnaît la grandeur de la personne de Melchisédec. Plus tard, Jacob conclut un marché avec Dieu (Gen. 28:20-22) s’engageant à lui donner la dîme de tout ce qu’il recevra, en signe de gratitude.

Et sous la Loi, quelle obligation incombe entre autres, au peuple juif ? Il lui est ordonné de payer la dîme de tout son revenu (Lév. 27:30, 32) : « Toute dîme de la terre ... est à l’Éternel : c’est une chose sainte ». Par conséquent, négliger dès lors de donner la dîme de son revenu était une transgression de la loi, un mépris des droits de Dieu qui entraînait la malédiction. En quoi te frustrons-nous ? s’écrie le peuple avec insolence en s’adressant à Dieu qui répond : Dans les dîmes et les offrandes élevées. Vous êtes chargés de malédiction et vous me frustrez toujours, vous, la nation tout entière (Mal. 3:8). Bien que donner la dîme ne fût pas un acte méritoire, mais une simple obéissance à la volonté expresse de Dieu, il s’y attachait une grande bénédiction, qui était avant tout matérielle conformément aux voies de Dieu envers son peuple Israël. 

« Apportez toutes les dîmes à la maison du trésor… éprouvez-moi par ce moyen, dit l’Eternel des armées, si je ne vous ouvre pas les écluses des cieux, et ne verse pas sur vous la bénédiction… Et toutes les nations vous diront bienheureux, car vous serez un pays de délices… » (Mal. 3:9-12 ; voir aussi Prov. 3:9-10). 

 

 

1.2.2       Nouveau Testament

Quel enseignement le Nouveau Testament donne-t-il au chrétien ? Il nous enseigne que, sous l’ancienne alliance, la Loi avait l’ombre des biens à venir et non leur réalité céleste et spirituelle (Héb. 8:5 ; 10:1). Quand Christ paraît, médiateur d’une meilleure alliance établie sur de meilleures promesses, l’ancienne alliance disparaît (Héb. 8:6, 13). Il est, lui, la bénédiction de Dieu, il est, lui, notre richesse.

S’il est vrai que Dieu nous confie parfois des richesses matérielles, n’oublions jamais qu’elles sont un don de sa part non pas pour satisfaire notre égoïsme et notre folie des grandeurs à nous qui ne méritons rien mais pour les mettre au service de nos amis, en définitive Dieu lui-même. Notons qu’elles sont appelées : « richesses injustes », en opposition avec les vraies richesses qui sont d’ordre spirituel ; « ce qui est à autrui », à Dieu, en opposition avec « ce qui est vôtre » (Luc 16:9-12). Nous ne sommes pourtant pas sans bénédiction de sa part : Éphésiens 1:3 nous dit que « nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ». Les vraies bénédictions qui sont la part spécifique du chrétien sont donc spirituelles et célestes, et non matérielles.

Notre séjour sur la terre est provisoire, tandis que les Juifs étaient destinés à posséder le pays, mais néanmoins, il est bien évident que nous avons besoin de biens matériels dont le Seigneur peut dire : « Votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matt. 6:33).

Venu parmi les Juifs, le Seigneur s’est placé sous la loi et l’a pleinement accomplie. Il enseignait à payer la dîme tout en insistant sur des choses plus importantes telles que l’amour de Dieu, la miséricorde, le jugement et la fidélité (Matt. 23:23 et Luc 11:42). Mais il s’adressait à des Juifs, car à ce moment l’Église n’était pas encore née. En Matthieu 16:18, il a révélé à Pierre cette glorieuse vérité : « Je bâtirai mon assemblée ». De fait, l’Église prendra naissance lors de la venue du Saint Esprit (Actes 2).

Après sa résurrection, le Seigneur dira à Marie de Magdala : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17), lui signifiant par-là que les siens sont désormais introduits dans une nouvelle relation : de Juifs qu’ils étaient jusque là, ils deviennent chrétiens, unis à un Christ céleste qui n’a plus rien à faire avec la loi. Plus tard, l’apôtre Paul écrira aux Galates qui étaient en danger de revenir à la Loi : « Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant ; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude » (Gal.5:1). Nous sommes donc affranchis du joug de servitude de la Loi.

 

2                    Attitude du chrétien vis-à-vis des choses matérielles et de la dîme

2.1   Dieu prend plaisir à de tels sacrifices

« Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom. Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Hébr. 13:15-16). Si le chrétien est appelé à offrir sans cesse, par Jésus, des sacrifices spirituels, à Dieu, il ne doit pas pour autant oublier la bienfaisance ni de faire part de ses biens matériels, car Dieu lui-même prend plaisir à de tels sacrifices.

Le croyant qui voudrait employer pour lui-même seulement ce qu’il possède désobéirait assurément à la Parole de Dieu et priverait Dieu du plaisir que lui procure un esprit libéral. Dieu est frustré, tout comme au jour de Malachie, si nous ne prenons pas à cœur de l’honorer dans l’emploi de nos biens matériels. Par conséquent, il ne s’agit pas que nous fassions fi des choses matérielles, ni que nous nous contentions de nous en servir égoïstement.

 

2.2   Part des biens du chrétien consacrés à la bienfaisance, comme offrande à Dieu

 

2.2.1       De bon gré

« Que chacun fasse selon qu’il se l’est proposé dans son cœur, non à regret, ou par contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2 Cor. 9:7). Nous devons nous placer devant Dieu : pas de contrainte extérieure quelle qu’elle soit, ni de loi établie pour déterminer le montant de notre offrande. C’est une affaire de cœur, d’un cœur joyeux de donner, uniquement.

Selon 1 Corinthiens 16: 1-2, l’offrande est collectée lorsque l’Église est réunie chaque dimanche, chacun ayant mis « à part chez lui, accumulant selon qu’il aura prospéré ». Cela n’exclut pas d’autres formes de libéralité et de dévouement à l’égard de tous les hommes, ainsi que l’apôtre Paul y exhorte les croyants de Galatie : « Comme nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux de la maison de la foi » (Gal. 6 : 10).

 

2.2.2       Libéralement

« Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement » (2 Cor. 9 : 6).

Dans le Nouveau comme dans l’Ancien Testament une bénédiction s’attache à la libéralité. Il n’est précisé nulle part qu’elle soit matérielle. Les richesses matérielles confiées au chrétien peuvent lui apporter des bénédictions spirituelles ; il les place à ‘la banque du ciel’ comme nous y invite le Seigneur lui-même : « Amassez-vous des trésors dans le cieloù ni la teigne ni la rouille ne gâtent et où les voleurs ne percent ni ne dérobent ; car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matt. 6:20-21).

 

2.2.3       Désintéressement. Pour la gloire de Christ. Par amour 

Jacob dit à l’homme mystérieux qui luttait avec lui au gué du Jabbok: « Je ne te laisserai point aller sans que tu m’aies béni » (Gen. 32:26). Il désirait la bénédiction divine, prouvant ainsi qu’il appréciait ce qui venait de Dieu. Dans un sens, nous pouvons bien l’imiter, mais, quand il s’agit de faire part de nos biens, donnons sans rien espérer recevoir en retour. David pouvait bénir l’Eternel : « Tout vient de toi ; et ce qui vient de ta main, nous te le donnons » (1 Chron. 29:14). Un tel état d’esprit ne laisse aucune place aux mérites de l’homme et à toute forme d’action intéressée.

Matthieu 6, le Seigneur mentionne à plusieurs reprises les hypocrites auxquels il commence par reprocher de faire leurs aumônes « devant les hommes, pour être vus par eux… dans les synagogues et dans les rues » ; ils sonnaient la trompette devant eux « pour être glorifiés par les hommes ». Ils recherchaient leur propre gloire et non celle de Dieu.

Les récompenses qui sont promises au chrétien ne doivent pas être le mobile de ses actions. Elles l’encouragent et lui montrent que le Seigneur « n’est pas injuste pour oublier son œuvre d’amour » (Héb. 6:10). Notre seul but doit être Christ, sa gloire et non notre satisfaction ni l’attente d’une récompense. Un chrétien spirituel sera occupé de Christ et se réjouira de l’honorer en s’effaçant lui-même alors qu’un chrétien charnel cherchera toujours à se faire valoir devant les hommes, même dans son dévouement et son humilité.

L’histoire de la pauvre veuve qui a jeté deux pites au trésor du temple y mettant « de son indigence, tout ce qu’elle avait, toute sa subsistance » (Marc 12:41-44), indique combien le Seigneur apprécie nos dons, non par rapport à leur montant, mais par rapport au mobile qui nous conduit à les faire. Nous comprenons que le seul mobile qu’il apprécie est un véritable amour pour lui, un amour qui « ne cherche pas son propre intérêt » (1 Cor. 13:5).

 

2.2.4       Le taux ou montant n’est pas déterminé. On ne doit pas exiger la dîme

« Dieu est puissant pour faire abonder toute grâce envers vous, afin qu’ayant toujours en toutes choses tout ce qui suffit, vous abondiez pour toute bonne œuvre… » (2 Cor. 9:8), et nous pouvons compter sur lui pour incliner les cœurs à la libéralité. Nul besoin donc d’imposer le montant que chacun est appelé à consacrer à la bienfaisance.

Actes 15:29 donne une liste courte et précise de ce qui est demandé au chrétien. La dîme n’y figure pas plus qu’ailleurs dans le Nouveau Testament.

 

De nos jours, bien des conducteurs chrétiens pensent devoir exiger la dîme de la part de leurs ouailles comme sous la loi juive, pour deux raisons essentiellement :

a) Ils ne voient pas clairement la différence entre la période de la Loi, donnée par Moïse, et celle de la grâce, venue par Jésus-Christ. Cette distinction est pourtant capitale. Les épîtres aux Galates et aux Hébreux ainsi qu’Actes 15 sont des textes fondamentaux à cet égard.

b) Ils cherchent une satisfaction charnelle dans le légalisme (voir plus loin sur ce sujet). On pose alors la question : puis-je faire ceci ? dois-je faire cela ? au lieu de demander : qu’est-ce qui plaît au Seigneur ? On veut connaître son devoir pour que, celui-ci une fois accompli, on puisse lever la tête et dire : « Je suis un bon chrétien ». Sans compter que peut alors germer dans le cœur d’humbles rachetés du Seigneur un sentiment de culpabilité de ne pas être obéissants et fidèles à la Parole de Dieu. Par une fausse application de textes bibliques, on arrive donc à troubler profondément de bien-aimés enfants de Dieu et à leur faire perdre leur liberté et leur joie dans le Seigneur.

 

3                    Comment faire s’il n’y a pas de règle

3.1   L’état du cœur révélé par ce qu’on donne

Il y a donc liberté, et par là même l’état du cœur est manifesté : si je donne peu de mes grandes richesses, je révèle mon égoïsme aux yeux de Dieu qui voit tout ; si, en revanche, je fais part de mes biens de tout mon cœur et sans ostentation comme les hypocrites que le Seigneur fustige au début de Matthieu 6, je montre mon amour pour lui et les siens.

La bienfaisance doit être un exercice permanent ; je ne peux jamais dire que j’ai assez donné et je dois sans cesse demander au Seigneur quelle est sa volonté dans chaque cas que je rencontre. Ainsi, je suis gardé d’être content de moi-même et je suis maintenu dans la dépendance du Seigneur.

 

3.2   Danger du légalisme

Le légalisme est une chose extrêmement trompeuse ; et, ce qui le rend si dangereux, c’est qu’il a une très belle apparence de dévotion et de piété aux yeux des hommes. En réalité, il éloigne le cœur de Christ et donne de la nourriture au pauvre « moi ». De plus, ne pensons pas qu’une vraie sainteté puisse se développer sur un terrain légal. Ce n’est que là où la pensée de Dieu est comprise et réalisée, qu’il y aura un joyeux accroissement de l’homme intérieur, une transformation en l’image de Celui que nous pouvons contempler à face découverte à la droite de Dieu. Si, avec le secours du Saint Esprit, on en saisit toute la plénitude, la grâce opérera toujours le bien selon Dieu et une séparation du mal beaucoup plus réelle et complète que ne saurait le produire un esprit légal aussi scrupuleux soit-il.

 

3.3   Exercices de cœur à désirer

Luc 14:33 nous enseigne que nous avons à renoncer à nous-mêmes et à tout ce que nous avons, pour être de vrais disciples du Seigneur.

1 Timothée 6:17 nous montre que même si nous agissons dans cet esprit de gestionnaire pour Dieu, de tout ce qu’il nous confie, il n’en reste pas moins que Dieu veut que nous ayons notre part, que nous jouissions des choses qu’il nous confie. Nous en jouirons alors sans y mettre notre cœur en réalisant qu’il est plus heureux de donner que de recevoir (Actes 20:35).

En réalité, selon le Nouveau Testament, ce n’est pas la dîme (dix pour cent), mais la totalité (cent pour cent) de nos biens et de nos revenus qui appartiennent à Dieu (Luc 5:11 ; 21:4). Nous devons même lui offrir nos corps en sacrifice vivant (Rom. 12:1). Il nous faut donc lui demander ce qu’il convient de faire de tout ce qu’il nous confie par grâce, que ce soit nos biens matériels ou notre habileté manuelle ou encore nos facultés intellectuelles.

« Les disciples, chacun selon ses ressources, déterminèrent d’envoyer quelque chose pour le service des frères qui demeuraient en Judée » (Act. 11:29).