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Deutéronome chapitres 1 à 11
Famille Ladrierre
La Bonne Nouvelle 1885 pages 8 à 14
Table des matières :
10 Chapitres 16:18-22 et 17:1-13
11 Chapitre 17:14-20 et Chapitre 18
16 Chapitre 23:24-25 et chapitre 24
Moïse rappelle au peuple comment l’Éternel l’a amené jusqu’au Jourdain.
— Tu m’as dit la dernière fois que tu aimerais que nous continuions ensemble l’histoire des enfants d’Israël. Nous commencerons donc aujourd’hui à nous entretenir de ce que Moïse leur dit et écrivit encore pour eux.
— Je sais comment se nomme cet autre livre que Moïse a écrit ; c’est le Deutéronome.
— Ce n’est pas seulement pour eux qu’il écrivit, mais aussi pour nous, « car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction (Romains 15:4) ; et ce livre du Deutéronome renferme, pour nous, des leçons très importantes.
— Que signifie « Deutéronome » ?
— Il veut dire répétition de la loi. Mais bien que nous y trouvions rappelées des choses rapportées dans les autres livres, ce n’en est point du tout la répétition pure et simple. L’Éternel avait un but tout spécial en donnant ces instructions par Moïse à son peuple. Chaque livre de la Bible a un enseignement distinct, aucun ne répète un autre. C’est comme les quatre évangiles. On trouve dans chacun des faits rapportés dans les autres, mais avec des détails particuliers. On voit tout de suite en les lisant que c’est bien l’histoire de la même personne, mais sous des points de vue différents. Je t’expliquerai peut-être cela une autre fois.
— Quelle instruction particulière Moïse donne-t-il aux enfants d’Israël dans le Deutéronome ?
— Il était sur le point de quitter ce peuple qu’il aimait tant, et comme un père, avant de mourir, il adresse à ses enfants ses dernières exhortations. Moïse voulait rappeler encore une fois à Israël la bonté dont Dieu avait usé envers lui et l’exhorter à obéir à l’Éternel. Moïse leur donne aussi, de la part de Dieu, des commandements relatifs à leur conduite dans le pays où ils allaient entrer, et insiste sur le fait que c’était seulement s’ils étaient obéissants que Dieu les y maintiendrait. De sorte qu’on peut dire que le Deutéronome est le livre de l’obéissance.
— Où est-ce que Moïse dit et écrivit ses dernières paroles ?
— Dans les plaines de Moab, près du Jourdain. Il commença par rappeler qu’il ne fallait que onze jours pour aller d’Égypte en Canaan, et ils étaient à la fin de la quarantième année de leur long voyage dans le désert.
— Je sais pourquoi cela avait été si long. Ils avaient murmuré contre Dieu ; ils avaient eu peur des géants et des villes fortes ; ils n’avaient pas eu confiance en Celui qui est plus fort que les géants et au dessus des plus hautes murailles. Alors Dieu les fait voyager dans le désert jusqu’à ce que tous ces hommes incrédules fussent morts.
— C’est bien cela. Et maintenant l’Éternel avait donné à leurs enfants devenus grands la victoire sur Sihon, roi des Amoréens, et sur Og, roi de Basan, de sorte qu’ils pouvaient bien voir que l’Éternel était avec eux et qu’ils n’avaient rien à craindre. Moïse rappelle ensuite au peuple que ce fut l’Éternel qui leur avait dit de partir de la montagne d’Horeb pour aller prendre possession du pays de Canaan, et comment avant de partir, il avait établi des chefs et des juges sur eux pour les aider, parce que les enfants d’Israël étaient devenus si nombreux.
— C’est quand Jéthro, le beau-père de Moïse vint le voir, n’est-ce pas ? (Exode 18).
— Oui. Et après cela Moïse leur rappelle que les enfants d’Israël avaient demandé que l’on envoie des espions pour reconnaître le pays de Canaan. C’était une marque d’incrédulité ; ils auraient dû aller de l’avant avec confiance puisque Dieu le leur avait dit. Aussi quand les espions revinrent, ils rendirent compte et dirent : « Le pays que l’Éternel, notre Dieu nous donne, est bon », le peuple murmura et dit : « C’est parce que l’Éternel nous hait qu’il nous a fait sortir du pays d’Égypte afin de nous livrer aux mains des Amoréens pour nous détruire ».
— Ils étaient ingrats et insensés ! Dieu, qui les avait tirés d’Égypte, leur avait fait traverser la mer Rouge, les avait nourris et désaltérés si merveilleusement, pouvait-il ne pas les aimer ?
— C’est ce que Moïse leur dit dans des paroles bien touchantes et propres à les encourager : « Ne les craignez point ; l’Éternel, votre Dieu, qui marche devant vous, combattra lui-même pour vous selon tout ce qu’il a fait pour vous sous vos yeux, en Égypte et dans le désert, où tu as vu que l’Éternel, ton Dieu, t’a porté comme un homme porte son fils, dans tout le chemin où vous avez marché ».
— Que c’est beau ! C’est comme si on voyait Dieu porter Israël dans ses bras, comme un enfant, pour qu’il ne lui arrive pas de mal.
— Oui, et nous pouvons même dire que son cœur est encore maintenant le même pour les siens (Voyez Jean 10:28-29 ; Romains 8:31-39).
— On ne comprend pas comment, en entendant de telles paroles, les Israélites ne furent pas remplis de confiance et de courage.
— C’est l’effet de l’incrédulité. « La parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi dans ceux qui l’entendirent » (Hébreux 4:2). Quand Dieu nous parle, il nous faut recevoir simplement ce qu’il nous dit parce qu’il ne peut ni ne veut nous tromper. Et alors nous sommes remplis de confiance et de force, car le Seigneur dit : « Toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9:23). Les Israélites ne crurent pas Dieu malgré les bonnes paroles de Moïse, et l’Éternel jura qu’ils n’entreraient pas dans le pays de Canaan, et ils moururent au désert. Mais quant à leurs enfants, ils devaient entrer dans le bon pays et, arrivé au terme de leur course, Moïse leur rappelle comment durant les quarante années de leur voyage, l’Éternel avait été avec eux et avait pris soin d’eux. « L’Éternel, ton Dieu, t’a béni dans toute l’œuvre de ta main ; il a connu ta marche par ce grand désert ; pendant ces quarante ans, l’Éternel, ton Dieu, a été avec toi ; tu n’as manqué de rien ». Ainsi Dieu qui avait exercé le jugement sur les incrédules, avait montré sa fidélité envers leurs enfants.
— J’aime entendre Moïse dire : « l’Éternel, ton Dieu », c’était leur assurer que Dieu était pour eux. Et Dieu est aussi pour nous, n’est-ce pas ? Quel bonheur ! (Romains 8:31).
— En effet. Et Dieu qui est pour nous, est aussi notre Père. C’est bien plus de le connaître ainsi que comme l’Éternel. Dieu, qui avait pris soin d’Israël dans le désert, leur défendit de toucher au pays qu’il avait donné aux descendants d’Ésaü, aux Moabites et aux Ammonites, et de ne pas traiter ces peuples en ennemis. Au contraire, Dieu leur avait dit : « J’ai livré en ta main Sihon, roi de Hesbon, l’Amoréen, et son pays : commence, prends possession, et fais-lui la guerre. Aujourd’hui je commencerai à mettre la frayeur et la peur de toi sur les peuples, sous tous les cieux ». Ils obéirent, et l’Éternel le leur livra ; ils furent vainqueurs bien que Sihon fût venu contre eux avec tout son peuple.
— Ils n’avaient pas peur parce qu’ils craignaient Dieu, n’est-ce pas ?
— Oui. Et l’apôtre Jean dit pour nous : « C’est ici la victoire qui a vaincu le monde, savoir, notre foi » (1 Jean 5:4. Voyez aussi 2:14). Si nous croyons Dieu et si nous nous confions en sa parole, toutes les difficultés s’aplaniront devant nous.
Aussi voyons-nous qu’après cela, les Israélites défirent et tuèrent Og, roi de Basan, qui était aussi venu contre eux avec tout son peuple. Ce Og était un géant dont on conserva le lit dans la ville de Rabba, sans doute comme une curiosité. Il avait quatre mètres et demi de longueur. Og se vantait peut-être, comme Goliath, de sa force et de sa stature ; mais qu’était-ce devant l’Éternel des armées ?
— Rien, toute sa force n’était rien. Comme les enfants d’Israël devaient être encouragés, Dieu leur montrait qu’ils n’avaient à craindre ni géants, ni armées, ni murailles. Dieu était plus fort que tout cela.
— En effet. C’était la confiance qui animait David lorsqu’il disait : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ?... Quand une armée camperait contre moi, mon cœur ne craindrait pas » (Psaume 27:1:3). Et le chrétien dit : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ». « Nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:31, 37). Le Seigneur Jésus a vaincu le monde et le diable, et en nous attachant à Lui, nous serons gardés contre tous nos ennemis et vainqueurs dans tous nos combats.
— Quel bonheur d’être ainsi gardés par le Seigneur Jésus ! Cela me rappelle ce verset de cantique :
« De tous nos ennemis Il sait quel est le nombre,
Son bras combat pour nous et nous délivrera.
Alléluia ! Alléluia !
Toute crainte, avec Lui, disparaît comme l’ombre ».
— Oui, la puissance de Dieu garde ceux qui se confient en Lui (1 Pierre 1:5)
La Bonne Nouvelle 1885 pages 25 à 33.
— Après avoir rappelé aux enfants d’Israël les victoires que l’Éternel leur avait donné de remporter sur Sihon et sur Og, et comment il avait donné le pays aux deux tribus de Ruben et de Gad et à la demi tribu de Manassé, Moïse fait souvenir ces derniers qu’ils devaient aider leurs frères à conquérir le pays de Canaan, et en même temps il encourage Josué qui devait conduire le peuple : « Tes yeux ont vu tout ce que l’Éternel, votre Dieu, a fait à ces deux rois ; l’Éternel fera ainsi à tous les royaumes où tu vas passer. Ne les craignez pas ; car l’Éternel, votre Dieu, est celui qui combat pour vous ».
— Cela ne faisait-il pas de la peine à Moïse de préparer ainsi le peuple et Josué à entrer dans le pays de Canaan et de se dire que lui n’y entrerait pas ?
— Sans doute ! Il avait dans son cœur un ardent désir de voir les merveilles que Dieu allait accomplir, et le beau pays qui serait le partage de son peuple.
— Mais l’Éternel lui avait dit qu’il ne pouvait y entrer.
— C’est vrai ! Malgré cela, Moïse demande grâce à l’Éternel. Il avait confiance en Lui et versait dans le cœur de Dieu ce qu’il y avait dans le sien. C’est là ce que nous pouvons toujours faire ; comme l’apôtre le dit, « en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications (Phil. 4:6) ».
— Comment Moïse demanda-t-il à l’Éternel de pouvoir entrer dans le pays de Canaan ?
— Il lui dit : « Seigneur Éternel ! Tu as commencé à faire voir à ton serviteur ta grandeur et ta main forte… Que je passe, je te prie, et que je voie ce bon pays qui est au-delà du Jourdain, cette bonne montagne, et le Liban ».
— Qu’est-ce que Dieu lui répondit ? Pouvait-il lui accorder sa demande ?
— L’Éternel lui dit : « C’est assez, ne me parle plus de cette affaire ». Dieu ne pouvait revenir sur ce qu’il avait prononcé contre Aaron et Moïse quand ceux-ci ne l’avaient pas glorifié devant le peuple (Nombres 20:12). Les Israélites pouvaient voir qu’il exécutait sa sentence même sur ses plus chers serviteurs quand ils avaient manqué, et ainsi le peuple devait avoir de la crainte.
— Je le plains beaucoup, mais je vois comme c’est une chose sérieuse de ne pas obéir à Dieu. Et cependant Dieu aimait Moïse.
— Certainement, mais justement parce que Dieu aime les siens, il les châtie. C’est ce que l’apôtre dit : « Mon fils, ne méprise pas la discipline du Seigneur, et ne perds pas courage quand tu es repris par Lui ; car celui que le Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu’il agrée ». Et il ajoute : « Il nous discipline pour notre profit afin que nous participions à sa sainteté » (Hébreux 12:5-11).
— Moïse ne fut-il pas très attristé ?
— Il se soumit à Dieu sans murmurer. Il était sûr que Dieu agissait pour le mieux, car il connaissait le cœur de Dieu pour lui. Mais l’Éternel voulait lui donner une consolation. Il le fit monter sur la montagne voisine et lui montra tout le pays que le peuple allait posséder. Mais Dieu avait de meilleures choses encore en réserve pour son cher serviteur.
— Lesquelles ?
— Ne te rappelles-tu pas une occasion où il est parlé de lui dans les évangiles ?
— Quand le Seigneur Jésus fut transfiguré sur la montagne, Moïse et Élie apparurent en gloire avec Lui (Luc 9:30, 31).
— Être avec Jésus dans le ciel vaut mieux que tous les plus riches pays du monde. Cela me rappelle un cantique que nous chantons quelquefois à l’école du dimanche :
Il est un pays magnifique,
Sans péché, douleur, ni chagrin
Où des élus le saint cantique
Vers l’Agneau montera sans fin.
C’est le pays de la lumière,
Du vrai repos et de la paix ;
C’est là, sur cette heureuse terre,
Que nous vivrons tous à jamais.
C’est le pays de la promesse,
Où Jésus nous introduira ;
Où notre cœur plein d’allégresse
Avec amour le servira.
— Puissions-nous contempler par la foi cette patrie céleste ! Ce qui en fait la gloire et la beauté, c’est en effet la présence de notre précieux Sauveur.
Continuons maintenant à voir ce que Moïse dit aux enfants d’Israël. Avant tout, il leur recommande d’écouter, de garder et de pratiquer ce que l’Éternel leur prescrit, s’ils veulent jouir de sa bénédiction.
— C’est aussi ce qui nous est recommandé, n’est-ce pas ?
— Sans doute. Le Seigneur Jésus disait : « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 9:28). Et nous avons de plus forts motifs encore que les Israélites d’écouter et de garder cette parole, car nous connaissons l’amour de Dieu et de Jésus. Aussi ce tendre Sauveur nous dit-il : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15). Les Israélites étaient tenus d’observer la loi pour vivre, et ils se trouvaient sans force. Mais pour nous, Dieu commence par nous donner la vie pour connaître son amour, et puis il nous communique la force par le Saint Esprit pour que nous puissions obéir (Lisez 1 Jean 4:8-10, 13 ; 5:1, 2). Nous serions bien coupables de ne pas garder sa Parole. Jésus dit encore : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ». Si nous l’aimons, c’est qu’il nous a aimés le premier, et alors tout notre bonheur ne sera-t-il pas de faire ce qui lui est agréable ? (Lisez 1 Jean 4:19 ; 2 Corinthiens 5:9, 14, 15).
Moïse dit aussi aux enfants d’Israël : « Vous n’ajouterez rien à la parole que je vous commande et vous n’en retrancherez rien ». La parole de Dieu est pleinement suffisante pour nous instruire des pensées de Dieu et nous conduire dans la vie, de sorte que nous n’avons rien à y ajouter, et elle ne renferme, non plus, rien d’inutile que l’on puisse retrancher. Chaque chose y a sa place et son importance, bien que notre intelligence bornée puisse ne pas le comprendre. Et pratiquer ainsi ce que l’Éternel leur commandait, devait rendre les Israélites sages et intelligents, même aux yeux des autres peuples.
— C’est aussi comme cela que nous sommes rendus sages, n’est-ce pas ?
— Oui. Dieu dit : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon la parole » (Psaume 119:9). Après avoir ainsi recommandé aux Israélites d’écouter et de pratiquer ce que Dieu leur commandait, Moïse leur rappelle une autre chose. Au jour où ils se tinrent devant l’Éternel, en Horeb, au bas de la montagne qui était brûlante de feu jusqu’au milieu du ciel, avec des ténèbres, une nuée et de l’obscurité, l’Éternel leur parla du milieu du feu ; mais ils ne virent aucune forme ; ils entendirent seulement une voix.
— Pourquoi Moïse le leur rappelle-t-il d’une manière aussi expresse ?
— D’abord pour leur faire bien comprendre que la parole de Dieu qu’ils avaient entendue leur suffisait, et ensuite pour qu’ils n’eussent pas la pensée de vouloir représenter Dieu sous une forme quelconque. Et Dieu leur recommande , non seulement de ne se faire aucune image taillée ni d’homme ni d’animal pour les adorer, mais aussi de ne point se prosterner devant le soleil, la lune et les étoiles comme les autres peuples.
— Quelle chose étrange que les hommes aient pu ainsi oublier Dieu et adorer même des animaux.
— Cela montre bien l’aveuglement de leur cœur causé par le péché. L’apôtre dit : « Ce qui peut se connaître de Dieu est manifesté parmi eux…savoir et sa puissance éternelle et sa divinité…mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur cœur destitué d’intelligence fut rempli de ténèbres : se disant sages ils sont devenus fous » (Romains 1:19-24).
— Les enfants d’Israël qui avaient entendu l’Éternel leur parler n’auraient jamais dû tomber dans l’idolâtrie.
— C’est pourtant ce qu’ils firent. Ils dressèrent un veau d’or, très peu de jours après que Dieu leur ait parlé du milieu du feu et devant la montagne de Horeb même. Et maintenant, c’est à leurs enfants que Moïse adresse de nouvelles exhortations pour les mettre en garde et les menacer de la colère de l’Éternel s’ils adoraient des idoles. Il leur dit : « Si vous vous corrompez et que vous vous fassiez quelque image taillée ou la ressemblance de quelque chose que ce soit…l’Éternel vous dispersera parmi les peuples ».
— C’est ce qui est arrivé. Les Juifs ont été dispersés.
— Oui, ils ont été chassés de la terre de Canaan à cause de leurs idolâtries. Moïse, ou plutôt Dieu qui parlait par Moïse, le prévoyait bien, mais aussitôt il ajoute une promesse de grâce : « Et de là vous chercherez l’Éternel, ton Dieu ; et tu le trouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme. Dans ta détresse, et lorsque toutes ces choses t’auront atteint, à la fin des jours, tu retourneras à l’Éternel, ton Dieu, et tu écouteras sa voix. Car l’Éternel, ton Dieu, est un Dieu miséricordieux, il ne t’abandonnera pas et ne te détruira pas ; il n’oubliera pas l’alliance de tes pères, qu’il leur a jurée ». Et le temps approche où Israël se retournera ainsi vers l’Éternel, son Dieu.
— J’aime me représenter ce temps-là où le peuple juif reconnaîtra Jésus pour son Roi. Je me rappelle cette poésie que tu m’as lue quand nous avons parlé de la Genèse. Il est parlé de Jacob bénissant ses fils :
Alors il tressaille et s’écrie :
« Éternel ! J’attends ton salut ! »
Il connaît la grâce infinie
Qui conduit tout au divin but.
Il voit de loin le Roi de gloire,
Le Christ, autrefois rejeté,
Qui vient jouir de sa victoire
Avec son peuple racheté.
— Moïse termine cette partie de son discours en disant au peuple : « Sache donc aujourd’hui, et médite en ton cœur, que l’Éternel est Dieu dans les cieux en haut, et sur la terre en bas ; il n’y en a point d’autre. Et garde ces statuts et ces commandements que je te commande aujourd’hui, afin que tu prospères ».
— Cela devait bien impressionner leurs cœurs d’entendre ce vénérable serviteur de Dieu les exhorter ainsi. Il les aimait tant.
— Peut-être sur le moment furent-ils touchés ? Mais, hélas, le cœur naturel n’a que des impressions passagères. « Votre piété » disait le prophète Osée aux Israélites de son temps « est comme une nuée du matin, comme une rosée du matin qui s’en va » (Osée 6: 4). Nous avons besoin d’une nouvelle nature et de la grâce à chaque moment pour marcher dans l’obéissance, et c’est alors seulement que nous jouissons de la présence de Dieu. Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23).
— C’est bien beau que Dieu, le Père et le Fils, viennent demeurer chez nous. On ne saurait être malheureux alors. Combien Dieu nous aime !
— Oui, il nous aime et prends son plaisir en nous, à cause de son Fils. Nous lui sommes agréables dans le « Bien-aimé ». Après avoir dit ces paroles, Moïse sépara trois villes en deçà du Jourdain, pour être des cités de refuge, afin de montrer dès ce moment-là que Dieu prenait possession du pays donné aux tribus de Gad et de Ruben et à la demi tribu de Manassé.
Moïse présente aux Israélites les motifs qu’ils ont d’obéir
La Bonne Nouvelle mars 1885 pages 47 à 55.
— Avant de continuer à parler du Deutéronome, je voudrais te dire quelque chose de remarquable sur ce livre. Tu te rappelles que le Seigneur Jésus avant de commencer son ministère d’amour au milieu des hommes, fut tenté par Satan.
— C’était au désert, et il fut tenté trois fois de suite.
— Comment le Seigneur repoussa-t-il Satan ?
— En lui citant la parole de Dieu.
— Eh bien, les trois passages que cite le Seigneur Jésus sont tirés du Deutéronome et précisément de la partie dont nous allons nous parler (Comparez Matthieu 4:7, 10 avec Deutéronome 8:3 ; 6:16, 13). Ce livre du Deutéronome indiquait aux Israélites tout ce en quoi ils devaient obéir à l’Éternel quand ils seraient en Canaan. C’est le livre de l’obéissance. Le Seigneur Jésus était le vrai Israélite, l’homme obéissant. La loi de Dieu était dans son cœur (Psaume 40:8). Voilà pourquoi il prend dans ce livre des armes contre Satan qui voulait le faire sortir du chemin de l’obéissance.
— Nous devons faire comme le Seigneur quand nous sommes tentés de mal faire, n’est-ce pas ?
— Oui. L’apôtre Paul nous dit, entre autres armes contre Satan, de prendre « l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu » (Éphésiens 6:17). Maintenant commençons nos chapitres. Moïse rappelle d’abord aux Israélites que l’Éternel avait traité alliance avec eux en Horeb.
— N’était-ce pas avec leurs pères que l’Éternel avait traité une alliance ?
— En effet, le plus âgé n’avait pas vingt ans et beaucoup d’entre eux n’étaient pas nés. Mais ils avaient succédé à leurs pères morts dans le désert, ils étaient maintenant le peuple de Dieu et c’est à eux que la parole de Dieu s’adressait. Moïse leur dit : « Ce n’est pas avec nos pères que l’Éternel a fait cette alliance, mais avec nous, avec nous qui sommes ici aujourd’hui tous vivants ». Et c’est ainsi que, bien que nous vivions longtemps après ceux auxquels les apôtres s’adressaient, leurs paroles sont aussi pour nous. Les chrétiens qui vivent maintenant sur la terre sont l’Église de Dieu, comme l’étaient ceux à qui Paul, Pierre et Jean écrivaient, et chacun de nous doit écouter leurs paroles comme si elles étaient pour lui seul. Moïse dit ensuite : « L’Éternel vous parla face à face, sur la montagne, du milieu du feu ». Te souviens-tu de ce qu’il leur dit ?
— L’Éternel leur donna les dix commandements.
— Eh bien, Moïse rappelle aux enfants d’Israël ces dix commandements que leurs pères avaient reçus autrefois. Seulement Dieu changea quelque chose dans le commandement de garder le sabbat, le repos du septième jour. Il ne donne pas pour raison que Lui s’était reposé ce jour-là, c’est à dire qu’il avait terminé son œuvre de la création (Voyez Genèse 2:1-3 ; Exode 20:11) ; mais qu’il les avait tirés d’Égypte où ils étaient de misérables esclaves sans repos, assujettis à un dur labeur. « Garde le jour du sabbat pour le sanctifier, comme l’Éternel, ton Dieu, te l’a commandé…et tu te souviendras que tu as été serviteur dans le pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait sortir de là à main forte et à bras étendu ; c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a commandé de garder le jour du sabbat ».
— Cela me semble une raison bien touchante. Le sabbat rappelait chaque semaine au peuple d’Israël la bonté de Dieu envers lui. C’est comme le dimanche pour nous. Tu m’as dit une fois quand nous lisions le chapitre vingt de l’évangile de Jean, que le premier jour de la semaine Jésus est ressuscité et que cela nous montre qu’il nous a entièrement délivrés de la mort et du diable.
— En effet, les enfants d’Israël avaient été rachetés par le sang de l’agneau de Pâque, et ensuite délivrés de la main du Pharaon ; et nous, nous avons été rachetés par le sang précieux de Christ comme d’un agneau sans défaut et sans tache. Par la mort, Christ a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est à dire le diable. Et Dieu a ressuscité son Fils bien-aimé d’entre les morts, et nous avons ainsi la preuve que Dieu a accepté son sacrifice, et que Jésus a vaincu la mort et le diable. C’est là ce qui donne du repos à ceux qui croient en ce précieux Sauveur, et le dimanche leur rappelle tout particulièrement, quand ils se rassemblent pour la fraction du pain, l’amour de Jésus qui s’est livré pour eux (Lisez 1 Pierre 1:18, 19, 21 ; Hébreux 2:14-15 ; Romains 1:4 ; 4:25 ; 5:1-3 ; Actes 20:7).
— Les Israélites devaient être bien heureux d’entendre l’Éternel leur parler ainsi.
— C’est vrai. Ils auraient dû être heureux, mais la voix de Dieu, comme autrefois à Adam (Genèse 3:8-10), leur faisait peur parce qu’ils étaient pécheurs et que la loi se plaçait devant eux comme un juge pour les condamner. Aussi dirent-ils à Moïse : « Si nous entendons encore une fois la voix de l’Éternel, notre Dieu, nous mourrons…Toi, approche, et écoute tout ce que dira l’Éternel, notre Dieu ; et toi, tu nous diras tout ce que l’Éternel, notre Dieu, t’aura dit, et nous l’écouterons et nous le pratiquerons ».
— Je pense en ce moment que nous sommes plus heureux, en effet, que les Israélites. Dieu nous a parlé dans la personne de Jésus, son Fils bien-aimé, et on n’a pas peur d’entendre la voix de ce bon Sauveur qui nous aime si tendrement et qui dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos – Matthieu 11:28 ». J’aime tant ces paroles.
— C’est la différence entre la loi et la grâce, comme le dit Jean : « la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ » (Jean 1:17 ; lisez aussi Hébreux 12:18-24). Mais le cœur naturel de l’homme est si méchant qu’il n’écoute pas mieux les appels de la grâce que les menaces de la loi (Luc 7:31-35). C’est pour cela qu’il faut naître de nouveau. Mais continuons à voir les exhortations de Moïse au peuple. « Vous prendrez garde », dit-il, « de faire comme l’Éternel, votre Dieu, vous a commandé ; vous ne vous écarterez ni à droite ni à gauche…Et ce sont ici les commandements, les statuts, et les ordonnances, que l’Éternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner afin que vous les pratiquiez ». Et le premier commandement que l’Éternel leur donne est celui-ci : « Écoute, Israël : L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel. Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force ». Pourquoi penses-tu que Dieu a donné d’abord ce commandement ?
— Quand on aime bien quelqu’un, on lui obéit facilement.
— Tu as raison. Aussi le Seigneur Jésus dit-il à ses disciples : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15). L’obéissance est la preuve du véritable amour. Un enfant désobéissant ne peut pas dire qu’il aime ses parents. Mais un enfant qui aime vraiment son père et sa mère se dit : Qu’est-ce que mes parents désirent que je fasse ? Comment veulent-ils que je me conduise ? On peut dire qu’il a leurs désirs dans son cœur. Et c’est ainsi que Moïse ajoute : « Ces paroles que je te commande seront sur ton cœur ». Il ne suffit pas d’avoir la parole de Dieu dans sa maison, dans sa chambre, ni même dans sa mémoire, c’est dans le cœur qu’elle doit être gravée. Le psalmiste disait : « Combien j’aime ta loi ! Tout le jour je la médite » (Psaume 119:97 et aussi 72). Et Jérémie s’écriait : « Tes paroles ont été pour moi l’allégresse et la joie de mon cœur » (Jér. 15:16).
— J’ai lu ce beau Psaume 119. On voit combien celui qui l’a écrit aimait la parole de Dieu, et je voudrais être comme lui !
— Que Dieu te donne de prendre toujours plus plaisir à ces saintes Écritures qui rendent sages à salut (2 Tim. 3:15). Moïse dit ensuite aux Israélites : « Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras dans le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; et tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles te seront pour fronteau entre tes yeux, et tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » (portes des villes, ou des enclos). Ainsi tout, dans la famille et dans la vie privée ou publique des enfants d’Israël, devait montrer l’estime qu’ils faisaient des paroles de Dieu et la rappeler à leurs cœurs afin de marcher selon ce qui plaisait à Dieu. En même temps, leurs paroles étaient la preuve pour les étrangers qu’ils étaient le peuple de Dieu tout comme aussi ce que l’on voyait écrit sur les portes de leurs maisons et de leurs villes.
— Ces choses sont-elles aussi écrites pour nous ? Devrions-nous écrire des passages sur les portes de nos maisons ?
— Tu sais que bien des chrétiens aiment avoir dans leurs maisons des passages qui leur rappellent l’amour de Dieu et de Jésus. C’est aussi un témoignage pour ceux qui entrent dans leurs demeures, et ces passages peuvent être un moyen, dans la grâce de Dieu, pour faire du bien à quelque âme. Mais on peut faire de tout cela une vaine forme. Comme je te l’ai dit, c’est dans le cœur que doit être la parole de Dieu par le Saint Esprit. Lis dans Colossiens 3 le verset 16.
— « Que la parole de Dieu habite en vous richement ».
— Et quand la parole est en nous, dans nos cœurs, elle nous occupe du Seigneur Jésus, de ce qui lui est agréable, des choses qui sont en haut, et sais-tu ce qui arrive. Lis Luc 6 verset 45.
— « L’homme bon, du bon trésor de son cœur produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais produit ce qui est mauvais : car de l’abondance du cœur sa bouche parle ». Je comprends : quand nous aimons la parole de Dieu, qui nous parle du Seigneur Jésus, nous aimons à parler de Lui.
— Oui, et c’est ainsi que nos paroles seront dans un esprit de grâce. Et cela vaut mieux que si l’on avait les passages écrits sur sa porte et qu’on ne les pratiquât pas. Moïse disait : « Tu les inculqueras à tes fils ». S’ils avaient les commandements de Dieu dans leurs cœurs, s’ils les aimaient, ils ne devaient pas avoir de plus grand désir que de les enseigner à leurs enfants. Et c’est pourquoi les parents chrétiens enseignent à leurs bien-aimés enfants « les saintes lettres ». Ils désirent que leurs enfants apprennent aussi à connaître Jésus et son amour, et soient sauvés comme eux.
— Je le sais et je suis si heureuse que tu lises avec moi la parole de Dieu et que tu me l’expliques.
— L’apôtre le dit aux parents : « Vous, pères, élevez vos enfants dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur » (Éphésiens 6:4). Mais qu’ont à faire les enfants ?
— Écouter docilement et demander au Seigneur de la force pour pratiquer ce qui leur est enseigné.
Moïse présente au peuple les motifs qu’ils ont d’obéir
La Bonne Nouvelle 1885 pages 57 à 74.
— Je pense que les Israélites devaient bien soupirer après le moment où ils seraient établis dans le beau pays de Canaan. Alors ils pourraient se reposer, et n’auraient plus à marcher sans cesse dans ce grand désert sans eau.
— C’est vrai, mais, comme nous le verrons plus tard, ils avaient, dans le désert même, bien des sujets de bénir l’Éternel qui les conduisait et les gardait avec tant de sollicitude. Et, dans le bon pays de Canaan, il pouvait y avoir pour eux des pièges contre lesquels Moïse les met en garde.
— De quels pièges s’agit-il ?
— Le premier danger que Moïse signale aux Israélites, c’est celui d’oublier l’Éternel qui les avaient tirés de l’esclavage d’Égypte d’une manière si merveilleuse, et de jouir des villes, des maisons, des fruits et de toutes les richesses de Canaan, sans plus penser à Celui qui les avait gratuitement données.
— Cela aurait été bien mal de leur part, n’est-ce pas ?
— Oui, mais c’est la pente naturelle de nos cœurs de jouir des bénédictions que Dieu nous accorde et d’oublier de lui en rendre grâces (Romains 1:21). C’est pour cela que Dieu, qui connaît le cœur de l’homme, avertit les Israélites. Et à nous aussi, il est recommandé de rendre grâces à Dieu pour toutes choses (Éphésiens 5:20). Les Israélites devaient aussi transmettre à leurs enfants le souvenir des grandes grâces dont ils avaient été les objets. Moïse leur dit : « Quand ton fils t’interrogera à l’avenir, disant : Que sont les témoignages, et les statuts et les ordonnances que L’Éternel, notre Dieu, vous a commandés ? Alors tu diras à ton fils : Nous étions serviteurs du Pharaon en Égypte, et l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte à main forte ; et l’Éternel a opéré, devant nos yeux, des signes et des prodiges grands et accablants sur l’Égypte, sur le Pharaon et sur toute sa maison ; et il nous a fait sortir de là, pour nous faire entrer dans le pays qu’il avait promis par serment à nos pères pour nous le donner. Et l’Éternel nous a commandé de pratiquer tous ces statuts, de craindre l’Éternel, notre Dieu, pour notre bien, toujours, pour nous conserver en vie ».
— Je suis frappée de ces trois mots « pour notre bien ». C’est pour que nous soyons heureux que Dieu demande que nous lui obéissions.
— Sans doute. Il n’y a de vrai bonheur que quand le cœur est soumis à Dieu, en se souvenant d’une bien plus grande délivrance que celle d’Égypte, celle opérée par le Seigneur Jésus qui dans son amour pour nous est mort pour nous délivrer de la puissance du péché, de Satan et de la mort (Romains 6:6 ; Hébreux 2:14-15 ; 2 Timothée 1:10). Et c’est quand on le connaît ainsi comme le Libérateur que l’on est rendu capable d’obéir, et que l’on se plaît dans l’obéissance envers Dieu qui nous a tant aimés (1 Jean 4:19 ; 5:1-4 ; Jean 15:10).
— Je pense aussi que tu as fait pour moi comme les Israélites devaient faire pour leurs enfants. Tu m’as appris à connaître le Seigneur Jésus. Combien j’en suis heureuse !
— L’un des plus grands bonheurs pour les parents chrétiens est de voir leurs enfants sauvés. Toutes les richesses, la beauté et la gloire du monde passent, mais « celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean 2:17). C’est bien plus que ce qui était promis aux Israélites, c’est à dire une longue vie et des biens sur la terre.
— Y avait-il encore autre chose dont les Israélites devaient se garder ?
— Oui. Un autre danger était de s’allier aux peuples méchants et idolâtres du pays, et d’être ainsi entraînés dans leurs mauvaises pratiques. Les Israélites devaient donc détruire entièrement ces peuples qui avaient tellement offensé Dieu par leurs crimes car, dit l’Éternel, « ce serait un piège pour toi ». Ils ne devaient point contracter de mariage avec eux parce que cela les auraient détournés vers d’autres dieux, comme on le voit dans l’exemple de Salomon, et ils devaient faire disparaître tout vestige d’idolâtrie, les statues et les images des faux dieux ainsi que leurs autels. « Car tu es un peuple saint, consacré à l’Éternel, ton Dieu ; l’Éternel, ton Dieu, t’a choisi, afin que tu sois pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, d’entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre ».
— Cela me semble bien terrible de voir que les Israélites devaient détruire tous ces peuples.
— En effet. Mais tu dois te rappeler que c’était un jugement que Dieu exécutait sur eux par le moyen des Israélites après des avertissements sérieux et de longues années de patience (Genèse 15:16. Voyez le jugement de Sodome : Genèse 18, et les paroles de Rahab : Josué 2:9-13. Pour Salomon, lisez 1 Rois 11:1-8). Il en est de même maintenant. Dieu use de patience envers un monde méchant, et fait annoncer l’évangile de la grâce, car il ne veut pas que le pécheur périsse mais se convertisse et vive (Ézéchiel 33:11). Ceux qui croient, comme Rahab à Jéricho, échapperont, mais le moment vient où le Seigneur Jésus sera révélé du ciel « avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ » (2 Thess. 1:7-9). Et alors nul n’échappera. Combien ce sera encore plus terrible qu’au temps de Josué !
Dans la recommandation de Moïse au peuple d’Israël de ne pas s’allier par mariage avec les peuples du pays et de détruire toute trace d’idolâtrie, il y a une grande leçon pour nous.
— Laquelle ? Nous ne vivons pas avec des idolâtres.
— C’est vrai ; mais le monde, bien qu’il se nomme chrétien, n’a pas changé. Il est resté l’ennemi de Dieu, et cherche sa satisfaction dans la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. Le chrétien est exhorté à ne pas aimer le monde, parce qu’il n’est pas du monde (1 Jean 2:15-16 ; Jean 17:14, 16). Par conséquent, il ne faut pas qu’il s’associe avec le monde, ses plaisirs et ses œuvres. L’apôtre Paul dit : « N’ayez pas de participation avec eux… N’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres » (Éphésiens 5:7-11). Et il dit encore : « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules… Soyez séparés ». « Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (2 Corinthiens 6:14-18 ; 1 Corinthiens 15:38).
— Je pense que le Seigneur veut que nous soyons tout entiers pour Lui. Et c’est bien juste, il nous a tant aimés.
— C’est vrai. En même temps c’est ce qui rend le cœur heureux. L’Éternel promet aux Israélites que, s’ils sont fidèles, ils jouiront de sa bénédiction. « Il t’aimera », dit Moïse, « et te bénira…Tu seras béni plus que tous les peuples ». Et Jésus dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23). C’est bien plus précieux que les bénédictions promises à Israël.
— Oui, car alors nous possédons Jésus lui-même. Cela me rappelle ces paroles d’un cantique : « Quand Jésus remplit le cœur, il déborde de bonheur ».
— De peur que les Israélites ne s’enorgueillissent, l’Éternel prend soin aussi de leur rappeler leur petitesse et leur faiblesse : « Ce n’est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples que l’Éternel s’est attaché à vous et vous a choisis, car vous êtes le plus petit de tous les peuples. Mais c’est parce que l’Éternel vous a aimés, et parce qu’il garde le serment qu’il a juré à vos pères ». Et penses-tu que nous eussions en nous-mêmes, plus que les Israélites, quelque chose qui fît que Dieu nous aimât ?
— Oh ! Non. Nous avons appris une fois ce passage : « Nous étions, nous aussi, autrefois, insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, haïssables et nous haïssant l’un l’autre » (Tite 3:3). Il n’y avait rien en nous qui fît que Dieu pût nous aimer.
— En effet, c’est à cause de sa riche miséricorde et du grand amour dont il nous a aimés (Éphésiens 2:3-8), que Dieu nous a sauvés en donnant son Fils pour nous. Les Israélites auraient aussi pu se dire, en pensant aux « sept nations plus grandes et plus puissantes qu’eux » qui occupaient le pays de Canaan : ces nations sont plus puissantes que moi, comment pourrais-je les déposséder ? Mais Dieu prend soin de les rassurer : « Ne les crains point », dit Moïse ; « souviens-toi de ce que l’Éternel a fait au Pharaon et à toute l’Égypte…ainsi fera l’Éternel, ton Dieu, à tous les peuples dont tu as peur…Tu ne t’épouvantera pas à cause d’eux, car l’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, un Dieu grand et terrible ».
— Si Dieu était avec eux, ils pouvaient bien être tranquilles. Je me rappelle ce beau passage : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Romains 8:31-39). Et c’est pour nous aussi, n’est-ce pas ?
— Oui, et bien d’autres qui nous assurent que Dieu est avec nous afin que nous soyons sans crainte (Hébreux 13:5-6 ; Jean 16:33). C’est ce que le Seigneur disait une fois à Paul, quand il était à Corinthe « dans la faiblesse, et dans la crainte, et dans un grand tremblement » : « Ne crains point, mais parle et ne te tais point, parce que je suis avec toi ». Aussi Paul pouvait-il dire : « Je puis toutes choses en Celui qui me fortifie » (1 Cor. 2:3 ; Actes 18:9 ; Phil. 4:13). Et nous pouvons avoir aussi cette confiance que Dieu ne nous laissera point si nous nous attendons à Lui.
— Cela me fait encore penser à un verset de cantique que j’aime tant :
« La délivrance est dans ton bras
Et l’amour dans ton cœur.
Quel bonheur ! Toujours tu seras
Ma gloire et mon Sauveur ».
— Moïse termine le chapitre 7 en rappelant encore aux Israélites qu’ils devaient brûler entièrement les idoles et les détruire quand même elles auraient été couvertes de métal précieux comme l’or et l’argent. « Tu ne désireras pas l’or et l’argent qui sont dessus,…car c’est une abomination pour l’Éternel, ton Dieu ; afin que tu n’introduises pas l’abomination dans ta maison…Tu l’auras en extrême horreur ». Cela nous montre combien l’Éternel voulait que son peuple d’Israël fût séparé de tout ce qui était souillé. Et il demande la même chose de nous.
— Mais il n’y a plus d’idoles !
— Tout ce qui, dans le cœur, prend la place de Dieu est une idole que nous avons à laisser ; et tout ce qui, dans le monde, est exalté pour flatter le cœur naturel est aussi une idole. Et l’apôtre Paul dit : « Ne touchez pas à ce qui est impur » (2 Cor. 6:17), c’est à dire à ce que le monde exalte et recherche ; l’apôtre Jean aussi termine son épître en disant : « Petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21).
Moïse présente aux Israélites les motifs qu’ils ont d’obéir
La Bonne Nouvelle 1885 pages 88 à 94.
— Les Israélites ne devaient jamais oublier la grande délivrance que Dieu leur avait accordée en les tirant du pays d’Égypte où ils avaient été de misérables esclaves, mais le beau chapitre 8 que nous venons de lire nous montre qu’ils devaient se souvenir d’une autre chose encore. Peux-tu me le dire ?
— Oui. C’était de leur long voyage dans le désert. Moïse dit que c’était un « désert grand et terrible, de serpents brûlants et de scorpions, une terre aride où il n’y a point d’eau ». Quel affreux endroit ! Et ils y avaient été si longtemps.
— C’est vrai, mais l’Éternel les y avait gardés. Dans cet endroit sans ressources, ils n’avaient manqué de rien, et avaient ainsi pu voir les soins merveilleux de Dieu envers eux. Il leur avait montré sa puissance, sa tendresse et son long support. Peux-tu te rappeler ce que l’Éternel leur avait donné dans le désert ?
— Quand ils avaient eu faim, Dieu leur avait fait descendre la manne du ciel. Quand ils avaient eu soif, il leur avait fait sortir de l’eau d’un dur rocher.
— Et plus encore, Moïse leur dit : « Ton vêtement ne s’est point usé sur toi, et ton pied ne s’est point enflé, pendant ces quarante ans ». Comment auraient-ils pu se procurer des vêtements dans le désert, si l’Éternel n’y avait pourvu ?
— Je n’avais jamais pensé à cela. Que c’est merveilleux !
— Ne penses-tu pas que c’est encore ce que Dieu fait pour les siens maintenant ?
— J’en suis sûre ; mais cependant la manne ne tombe plus du ciel et les vêtements s’usent.
— C’est vrai, mais que dit le Seigneur Jésus à ses disciples ? « Ne soyez pas en soucis pour votre vie de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus…Regardez aux oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n’assemblent dans les greniers, et votre père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup mieux qu’eux ? Et pourquoi êtes-vous en souci du vêtement ? Étudiez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent, et cependant je vous dis que même Salomon dans toute sa gloire n’était pas vêtu comme l’un d’eux. Et si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs…ne vous vêtira-t-il pas beaucoup plutôt, gens de petite foi ? Ne soyez donc pas en souci disant : Que mangerons-nous ? Ou que boirons-nous ? Ou de quoi serons-nous vêtus ?... Votre père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses » (Matthieu 6:25-34).
— Que c’est beau ! Nous voyons bien par là que Dieu nous fournira comme aux Israélites tout ce dont nous avons besoin.
— Assurément, car il a dit : « Je ne te laisserai point, et je ne t’abandonnerai point » (Héb. 13:5) de sorte que nous pouvons être remplis de confiance. Tu as vu aussi que le désert que les Israélites traversaient était rempli de serpents, et même de serpents brûlants et de scorpions ; Dieu les avait garantis contre ces animaux venimeux, et même quand une fois ils eurent péché et que l’Éternel eut envoyé contre eux des serpents brûlants, il leur donna un moyen de guérison (Nombres 21).
— Moïse éleva un serpent d’airain sur une perche, et quiconque avait été mordu et le regardait, était guéri. C’est comme le Seigneur Jésus sur la croix, n’est-ce pas ? Celui qui croit en Lui ne périt pas mais il a la vie éternelle.
— Oui. La puissance de Satan est dans le monde, mais le Seigneur Jésus a vaincu Satan, et il garde les siens. Ce que nous avons à faire, c’est de veiller pour que le diable ne nous surprenne pas, et puis il faut lui résister en demeurant fermes dans la foi, attachés au Seigneur Jésus de tout notre cœur (1 Pierre 5:8-9 ; Jacques 4:7 ; Actes 11:23). Mais Dieu ne pourvoyait pas seulement aux besoins de son peuple comme un tendre Père, mais il avait aussi des leçons à leur apprendre. Moïse leur dit : « Connais en ton cœur que, comme un homme châtie son fils, l’Éternel, ton Dieu, te châtie ».
— Cela veut dire que Dieu ne les châtiait pas comme les autres peuples, ceux de Canaan par exemple, n’est-ce pas ? Mais quelles leçons Dieu voulait-il que son peuple apprît ?
— Moïse dit : « L’Éternel, ton Dieu, t’a fait marcher durant ces quarante ans dans le désert afin de t’humilier ». La première leçon qu’Israël devait apprendre, c’était l’humilité. Dans le désert où il n’y avait point d’eau, point de pain, point de chemin, mais du sable et des serpents, que pouvaient-ils faire ? Dieu leur montrait ainsi leur faiblesse et leur impuissance absolues. Sans Dieu, ils n’avaient qu’à y mourir. Se reconnaître ainsi faible et impuissant, c’est l’humilité ; mais notre cœur est naturellement orgueilleux. Nous aimons nous croire quelque chose, ou bien nous pensons que nous pouvons quelque chose de nous-même, et Dieu envoie quelque épreuve qui nous montre notre impuissance.
— Je me rappelle un verset que nous avons appris : « Vous, jeunes gens, soyez soumis aux anciens, et tous, les uns à l’égard des autres, soyez revêtus d’humilité, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles ». Le Seigneur Jésus était « humble de cœur » (1 Pierre 5:5 ; Matthieu 11:29. Lisez aussi sur l’humilité qui plaît à Dieu, Ésaïe 57:15 et comme exemple Luc 7:36-50).
— La seconde leçon que les Israélites avaient à apprendre, c’était de connaître leur cœur. « Afin de t’éprouver », dit Moïse, « pour connaître ce qui était dans ton cœur ».
— Comment cela ?
— Dieu les faisait passer par des épreuves et des difficultés diverses, et ainsi ils voyaient s’il y avait dans leur cœur de l’obéissance et de la confiance envers Lui. Hélas ! Ils durent voir que leurs pauvres cœurs étaient pleins de murmures. Quand tout va bien autour de nous, nous ne savons pas si nos cœurs sont obéissants et confiants, mais si quelqu’un tombe malade, ou perd sa fortune, il peut alors voir s’il se résigne et se confie en Dieu ou bien s’il murmure.
— Je sais cela. Quand j’ai eu mal au pied le printemps dernier, et que je devais rester à la maison, quand il faisait si beau dehors et que chacun pouvait sortir se promener, j’ai été souvent malheureuse. Je disais : Pourquoi Dieu m’envoie-t-il ce mal ? J’ai appris que mon cœur n’était pas soumis.
— Et le Seigneur t’a enseigné là une précieuse leçon. Quand on a appris à se connaître ainsi, Dieu nous conduit par sa grâce à apprendre à être content des circonstances où nous nous trouvons, et à voir que « toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Phil. 4:11 ; Romains 8:28). Enfin la troisième leçon que les Israélites apprirent dans le désert était celle de la dépendance. Moïse leur dit : « afin de te faire connaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4:4).
— Je me souviens que ce sont les paroles du Seigneur Jésus quand Satan lui disait de changer les pierres en pain. Mais j’aimerais que tu me les expliques.
— Le pain nourrit le corps, mais les Israélites devaient faire bien attention à la manière dont le pain et tout ce dont ils avaient eu besoin leur avait été donné. C’était par la parole de Dieu. Ils n’avaient pas autre chose dans le désert. S’ils avaient faim, ils devaient attendre que Dieu dise la parole qui envoyait la nourriture ; s’ils manquaient d’eau, c’est la parole de Dieu qui la faisait sortir du rocher. Ils n’avaient même pas un chemin dans le désert, mais Dieu leur disait comment ils trouveraient le chemin. De sorte qu’ils avaient à apprendre à dépendre non pas d’eux-mêmes, ni d’aucun homme, mais de Dieu seul.
— Je crois comprendre. Ils devaient s’attendre à Dieu pour toutes choses, et c’est ce que nous devons faire aussi, n’est-ce pas ?
— Oui. Ils ne devaient rien faire que ce que Dieu leur disait. C’était la vie pour eux comme pour nous. Vois le Seigneur Jésus. En citant à Satan ces paroles du Deutéronome, c’est comme s’il lui avait dit : J’ai faim ; je pourrais bien faire de ces pierres du pain, mais je ne le ferai pas à moins que Dieu ne me le dise. C’est là la vraie obéissance, la dépendance de Dieu, et c’est ce qui met Satan en fuite.
— Les paroles de Moïse me rappellent ce que le Seigneur Jésus disait aux foules qui le suivaient, après qu’il eut multiplié les pains : « Travaillez, non point pour la viande qui périt, mais pour la viande qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jean 6:26-29).
— Oui, les foules pensaient seulement à être nourries pour cette vie, comme les Israélites l’avaient été dans le désert, et c’est pour cela qu’elles venaient à Jésus ; mais il était le pain de vie, qui donne la vie à l’âme, la vie éternelle. C’est là la seule chose importante, et c’est ce que Jésus aurait voulu leur faire comprendre. Mais quand il leur dit que, pour se nourrir de ce pain de vie, il faut croire en Lui, le recevoir, et dépendre aussi pour cela de Dieu, alors ils raisonnent et murmurent, et finalement le rejettent. Pour recevoir Jésus, il faut un cœur humilié, confiant dans la parole de Dieu, et dépendant de Lui.
Moïse présente aux Israélites les motifs qu’ils ont d’obéir
La Bonne Nouvelle 1885 pages 107 à 113.
— Te rappelles-tu quelles leçons nous avons trouvées au chapitre 8 ?
— Oui. Dans le désert, Dieu a voulu que les Israélites soient humiliés, qu’ils apprennent à connaître leur cœur, et qu’ils dépendent de Dieu. Et tu m’as montré que Dieu nous apprend, sur la terre, les mêmes leçons.
— C’est bien cela. Moïse ajoute ensuite : « pour te faire du bien à la fin ». Et l’apôtre Paul, après avoir parlé des souffrances que nous avons à supporter ici-bas, nous dit aussi : « Toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8:28). Si nous ne le voyons pas pleinement ici-bas, nous le verrons quand nous serons dans le ciel. Mais quel bien penses-tu que l’Éternel ait fait à la fin aux Israélites ?
— N’est-ce pas en les introduisant dans le pays de Canaan ?
— Oui. Mais l’Éternel donne à son peuple des avertissements très sérieux pour le temps où il serait établi dans la terre promise. Lis au chapitre 8 les versets11 à 20, et tu me diras quels sont ces avertissements.
— D’abord, Moïse leur dit que quand ils jouiraient de toutes les richesses du pays, ils devaient prendre garde d’oublier l’Éternel, leur Dieu, qui les avait délivrés d’Égypte. Et ensuite il ne fallait pas qu’ils pensent que c’était par leur propre force qu’ils avaient acquis ces richesses.
— Tu as bien compris. L’oubli de l’Éternel devait les conduire à dresser des idoles, et alors ils périraient. C’est ainsi que nous sommes aussi exhortés à ne pas oublier ce que le Seigneur a fait pour nous purifier de nos péchés de peur que nous ne servions le monde et ses convoitises (Lisez 2 Pierre 1:3-15). C’était l’Éternel, leur Dieu, qui donnait aux Israélites la force pour acquérir ces richesses de Canaan. Eux n’en avaient aucune. Penses-tu que nous en ayons plus qu’eux pour nous sauver, et ensuite pour que nous puissions servir Dieu ?
— Oh ! Non. Je me rappelle un passage où il est dit : « Alors que nous étions encore sans force, Christ est mort pour des impies » (Rom. 5:6). Nous n’avions donc pas de force pour nous sauver.
— Et l’apôtre Paul dit aux Éphésiens (6:10) : « Fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force ». C’est dans le Seigneur qu’est notre force, et non pas en nous-mêmes. Maintenant lis les six premiers versets du chapitre 9.
— L’Éternel lui-même voulait détruire les puissants ennemis d’Israël. Il dit qu’il irait devant eux comme un feu consumant. Et personne ne peut résister à Dieu. Ils devaient être bien encouragés. Il semble que je n’aurais peur de rien si Dieu marchait devant moi.
— Et c’est aussi ce qu’il fait. Le bon berger, Jésus, va devant ses brebis, non seulement pour leur montrer le chemin mais aussi pour les protéger. « Ta houlette et ton bâton, ce sont eux qui me consolent », dit David au Psaume 23. Le bon berger est allé devant nous dans la mort pour vaincre nos ennemis : « le bon berger met sa vie pour ses brebis » (Jean 10:11 ; Hébreux 2:14, 15). Et il dit encore : « Je ne te laisserai point, je ne t’abandonnerai point » (Héb. 13:5). Nous pouvons donc ne rien craindre.
— Ces enfants de Anak étaient bien les géants dont les Israélites avaient eu si peur, n’est-ce pas ?
— Oui, mais ils n’avaient pas à craindre même les plus forts géants, Dieu était avec eux. Mais il y a un autre avertissement que Dieu donne aux enfants d’Israël. Lis le commencement du verset 4.
— Je vois. Ils auraient été tentés de croire qu’ils méritaient quelque chose par leur bonté, qu’ils étaient meilleurs que les autres peuples.
— Oui. Nous sommes naturellement portés à croire qu’il y a en nous quelque chose de bon, et c’est tout le contraire. L’apôtre Paul le savait bien quand il disait : « Je sais qu’en moi, c’est à dire en ma chair, il n’habite point de bien – Rom. 7:18 », et en Tite 3:3-5, Dieu déclare que nous étions « insensés, désobéissants, égarés, asservis à diverses convoitises et voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, haïssables, nous haïssant l’un l’autre…Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur le principe d’œuvres accomplies en justice que nous, nous eussions faites, mais selon sa propre miséricorde ». Nous n’avons donc aucun sujet de nous glorifier si ce n’est dans le Seigneur (1 Corinthiens 1:29:31). Mais peux-tu me dire pourquoi Dieu dépossédait les nations du pays de Canaan, et donnait leur terre aux Israélites ?
— C’est parce que ces nations étaient extrêmement méchantes que Dieu les fait périr ; et il donne leur pays aux Israélites parce qu’il l’avait promis à leurs pères, Abraham, Isaac et Jacob.
— C’est vrai. Et Dieu montre ainsi tout à la fois sa patience, sa justice et sa fidélité. Il y avait quatre cents ans et plus que l’Éternel avait juré à Abraham qu’il donnerait la terre de Canaan à sa postérité. Dieu laissa tout ce temps aux Cananéens pour se repentir, car il est patient, mais il n’avait pas oublié sa promesse. Il est fidèle, et il allait l’accomplir en introduisant en Canaan les Israélites, qui ne l’avaient cependant pas mérité. En même temps, il allait exécuter son juste jugement sur ces méchants peuples du pays de Canaan. Et il en sera de même maintenant pour le monde et le peuple de Dieu.
— Je comprends ce que tu veux dire, et cela me rappelle un passage qui se trouve dans la seconde épître de Pierre. Tu sais, quand il parle des moqueurs qui disaient : « Où est la promesse de sa venue ? ».
— Veux-tu le lire ?
— Le voici : « Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement, mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). J’aime tant penser à la bonté et à l’amour du Seigneur qui ne veut pas qu’aucun pécheur périsse. C’est pour les sauver tous qu’il est mort, n’est-ce pas ? Pourquoi ne viennent-ils pas tous à Lui ?
— Ils sont d’autant plus coupables. Ce passage nous montre bien la patience de Dieu, mais l’apôtre dit au verset 7 : « Les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies ». Voilà la justice de Dieu. Ensuite, quant à sa fidélité envers les saints, il est ajouté au verset 13 : « Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre dans lesquels la justice habite ». Dieu n’oublie jamais d’accomplir sa promesse, et c’est pourquoi « si elle tarde, attends-la, car elle viendra sûrement, elle ne sera pas différée » (Habakuk 2:3).
— Que ce sera beau, ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre où tout sera pur et saint et où nous serons pour toujours avec le Seigneur Jésus. Combien je me réjouis de les voir, mais je voudrais que beaucoup de pauvres pécheurs soient convertis pour échapper au jugement, et pour être là avec nous.
— Nous pouvons le demander au Seigneur et saisir toutes les occasions d’annoncer, par nos paroles et notre vie, « les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière » (1 Pierre 2:9). Dieu peut se servir même d’un petit enfant pour convertir un pauvre pécheur, comme nous l’avons lu il y a peu de temps. Pour en revenir à notre chapitre, nous voyons le soin que Moïse prend de montrer aux Israélites que ce n’était pas leur justice qui leur ouvrait l’entrée en Canaan. Il dit : « tu es un peuple de cou roide », c’est à dire obstiné dans sa méchanceté. Et il leur en rappelle différents traits. Peux-tu me les dire ?
— La première fois que l’Éternel fut irrité contre eux c’est quand moïse était sur la montagne avec Dieu et que les Israélites firent un veau d’or pour l’adorer.
— Et combien ils étaient coupables ! Peu de temps auparavant, ils avaient dit à Moïse qu’ils feraient tout ce que l’Éternel avait dit. Ils avaient entendu la voix de l’Éternel leur commander : « tu ne te feras pas d’images taillées » et la première chose qu’ils firent c’est de dire à Aaron : « Fais-nous des dieux qui marchent devant nous » (Exode 19:8 ; 20:4 ; 32:1). Après cela, tout ce qu’ils méritaient c’était d’être détruits, mais Moïse intercéda pour eux, et l’Éternel leur fit grâce. Mais Moïse ne leur rappelle-t-il pas d’autres occasions où les Israélites se montrèrent rebelles. Lis les versets 22 et 23 du chapitre 9.
— Je me rappelle bien ce qui arriva à Kibroth-Hattaava. Les enfants d’Israël s’étaient dégoûtés de la manne, ils voulaient manger de la chair ; Dieu leur en donna, mais il les châtia aussi (Nombres 11). Beaucoup d’entre eux moururent. Mais qu’arriva-t-il à Tabhéra et à Massa ?
— Avant de te répondre, je voudrais te faire remarquer qu’en se plaignant de la manne, ils méprisaient les tendres soins de Dieu qui leur donnait, chaque jour, ce qu’il y avait de plus excellent, le pain du ciel. Hélas ! Plus tard, leurs descendants méprisèrent aussi le vrai pain du ciel, le Seigneur Jésus, venu pour leur donner la vie (Jean 6:32-36). Et combien de personnes, de nos jours, préfèrent le monde à Jésus ! Tabhéra était l’endroit où les Israélites se plaignirent de la fatigue alors que l’Éternel lui-même les conduisait, comme si, dans ses compassions, il ne mesurait pas leurs pas à leurs forces (Nombres 11:1-3 ; comparez avec Marc 8:1-3 qui montre les compassions du Seigneur). C’était l’accuser de dureté. Et à Massa, ils avaient murmuré parce qu’ils n’avaient pas d’eau, comme si, après leur avoir donné la manne, il voulait les faire périr de soif (Exode 16 ; 17:1-7 ; Nombres 20:1-13). Ne te souviens-tu pas aussi de ce qui était arrivé à Kadès-Barnéa ?
— Oui. C’est là que les espions firent défaillir le cœur des Israélites. Ils manquèrent de foi et de confiance en Dieu, et eurent peur des géants et des villes fortes, comme si l’Éternel n’était pas au dessus de tout. Quelle triste histoire ! On voit bien qu’ils n’avaient aucun droit à entrer en Canaan à cause de leur justice.
— Certainement non. Aussi Moïse leur dit-il : « Vous avez été rebelles à l’Éternel depuis le jour que je vous ai connus ». Si Dieu les introduisait dans le pays de Canaan, c’était par pure grâce et en vertu de ses promesses aux pères. Mais n’oublions jamais que notre cœur naturel ne vaut pas mieux que celui de ce peuple. « Vous êtes sauvés par grâce » (Éphésiens 2:5). Voilà ce dont nous devons toujours nous souvenir, et ce doit être pour nous un sujet d’actions de grâces et un puissant motif d’obéissance. « Vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Corinthiens 6:19-20).
Moïse présente aux Israélites les motifs qu’ils ont d’obéir
La Bonne Nouvelle 1885 pages 127 à 133.
— C’est si beau de voir combien Moïse aimait le peuple d’Israël malgré sa méchanceté. J’ai relu la prière qu’il adressait à Dieu pour eux. Veux-tu que je la relise ?
— Certainement.
— « Et je suppliai l’Éternel, et je dis : Seigneur Éternel ! ne détruis pas ton peuple, et ton héritage, que tu as racheté par ta grandeur, que tu as fait sortir d’Égypte à main forte ! Souviens-toi de tes serviteurs, d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, ne regarde pas à la dureté de ce peuple, et à sa méchanceté, et à son péché ; de peur qu’on ne dise dans le pays d’où tu nous as fait sortir : Parce que l’Éternel ne pouvait pas les faire entrer dans le pays qu’il leur avait promis, et parce qu’il les haïssait, il les a fait sortir pour les faire mourir dans le désert. Or ils sont ton peuple et ton héritage, que tu as fait sortir par ta grande puissance et par ton bras étendu ».
— C’est en effet une bien belle prière. Moïse aimait Israël parce que c’était le peuple de Dieu. Il avait à cœur la gloire de Dieu. Il ne fait pas valoir le justice d’Israël, au contraire, il parle de leur méchanceté ; mais il fait appel à la fidélité de Dieu, il demande que Dieu maintienne sa gloire parmi les nations, et il lui rappelle sa miséricorde envers le peuple qu’il avait racheté et qui était à Lui. Dieu exauça Moïse et ne voulut pas détruire le peuple. Quelle puissance il y a dans la prière de quelqu’un qui entre dans la pensée et le cœur de Dieu, et qui désire sa gloire !
— Je pense que nous pouvons aussi prier comme Moïse pour que Dieu ait compassion des pécheurs et les sauve.
— Sans doute. C’est ce que nous ferons si nous avons à cœur la gloire du Seigneur Jésus. Nous sommes exhortés à prier pour tous les hommes et en toutes choses nous pouvons présenter nos requêtes à Dieu (1 Tim. 2:1-4 ; Phil. 4:6). Moïse prend occasion de la miséricorde que Dieu avait exercée envers son peuple en lui pardonnant, pour l’exhorter à l’amour et à l’obéissance. Relis les versets 12 et 13 du chapitre 10.
La grâce que Dieu nous a faite en nous sauvant doit être pour nous le puissant motif de nous attacher à Dieu et de Le servir. « Nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19). Et alors nous gardons ses commandements et nous ne les trouvons pas pénibles. Mais pour cela, il faut être « né de Dieu » (1 Jean 5:1-3). Car l’homme naturel n’aime ni Dieu ni sa loi (Romains 8:7). Moïse dit ensuite : « Voici, à l’Éternel, ton Dieu, appartiennent les cieux, et les cieux des cieux, le terre et tout ce qui est en elle. Cependant l’Éternel s’est attaché à tes pères pour les aimer, et il vous a choisis, vous, leur semence, après eux, d’entre tous les peuples ». N’est-ce pas une chose merveilleuse, en effet, que le grand Dieu, à qui appartiennent toutes choses, aille choisir un petit peuple, sans force, méchant et rebelle, pour en faire son peuple ? Leurs pères n’étaient que soixante-dix personnes quand ils vinrent en Égypte, et maintenant, selon sa promesse à Abraham, ils étaient en nombre comme les étoiles des cieux.
— Cela me fait penser à une autre chose. N’est-il pas aussi bien merveilleux que Dieu nous ait donné son Fils pour nous sauver et nous conduire au ciel, même une pauvre enfant comme moi ?
— Tu as raison. Si Dieu a montré sa miséricorde envers son peuple d’Israël sur la terre, et l’a introduit en Canaan, malgré sa méchanceté, il nous fait connaître sa grâce d’une manière bien plus excellente par « le grand amour dont il nous a aimés », alors que nous étions « morts dans nos fautes et dans nos péchés » ; et il nous a vivifiés avec Christ, ressuscités, et fait asseoir en Lui dans les lieux célestes (Éphésiens 2:4-7). Mais continuons notre étude. Lis les neuf premiers versets du chapitre 11, et dis-moi ce que tu y trouves.
— Je vois que Moïse rappelle aux Israélites les châtiments que l’Éternel avait infligés à Pharaon et à son peuple par sa grande puissance : ils furent engloutis dans la mer. Et je trouve aussi le terrible jugement de Dieu sur Dathan et Abiram qui s’étaient rebellés, et qui furent engloutis dans la terre avec tout ce qui était à eux. C’est comme si Dieu leur disait : Je n’ai pas plus épargné les rebelles Dathan et Abiram que les rebelle Égyptiens, aussi prenez garde.
— Oui, c’était encore un avertissement sérieux que Dieu leur donnait afin qu’ils prennent soin d’obéir pour demeurer en possession du pays où ils allaient entrer, « un pays ruisselant de lait et de miel ».
— Je vois, en lisant les versets 10 à 15 de notre chapitre, combien le pays de Canaan valait mieux que le pays d’Égypte, alors que les Israélites avaient si souvent regretté ce dernier. Je pense que quand Dieu nous donne, c’est toujours ce qui est le meilleur.
— Certainement. Pour nous, nous savons qu’il nous a donné ce qu’il avait de plus précieux, c’est à dire son Fils, et avec Lui toutes choses (Romains 8:31-32). En Égypte où il ne pleut point et où il fait très chaud, il fallait beaucoup de peines et de travaux pour amener l’eau partout pour arroser les semences. Mais la terre de Canaan était un pays de montagnes et de vallées où la pluie tombait des cieux pour arroser la terre, et Dieu promettait aux Israélites, s’ils étaient obéissants, de leur envoyer les pluies régulières de la première et de la dernière saison, en automne et au printemps, afin que leurs récoltes fussent abondantes, et que leur bétail eût de l’herbe pour paître.
— Me permets-tu de te dire plusieurs choses auxquelles je viens de penser ?
— Bien sûr.
— D’abord j’ai pensé que, comme les Israélites qui allaient entrer dans le pays de Canaan, n’avaient pas à regretter l’Égypte où ils avaient eu tant de souffrances et de durs travaux, ainsi nous, nous n’avons pas à regretter le monde et la terre où il y a tant de fatigues et de douleurs, mais il nous faut plutôt regarder vers le ciel où tout est si beau et où nous serons bientôt avec Jésus. Ensuite je me disais combien les Israélites devaient être heureux de savoir que Dieu avait toujours les yeux sur le pays qu’ils habitaient, et sur eux aussi. Mais il a les yeux sur nous aussi, bien que nous ne demeurions pas en Canaan, n’est-ce pas ?
— Certainement. Il voit tous les hommes du haut des cieux, et prend garde à toutes leurs actions (Psaume 33:13-15). Mais « les yeux de l’Éternel regardent çà et là par toute la terre, afin qu’il se montre fort, en faveur de ceux qui sont d’un cœur parfait envers lui » (2 Chroniques 16:9). Et, d’une manière particulière, « les yeux de l’Éternel sont sur les justes, et ses oreilles sont tournées vers leurs supplications » ; « il ne retire pas ses yeux de dessus le juste » (1Pierre 3:12 ; Psaume 34:15 ; Job 36:7). Ainsi, en quelque lieu que nous soyons, nous pouvons être sûrs que Dieu s’occupe de nous avec une tendre sollicitude. Mais pour que les Israélites jouissent des bénédictions de l’Éternel, ils devaient être obéissants ; et nous aussi, nous ne sommes heureux, jouissant de la paix de Dieu, que quand nous sommes soumis et dépendants envers Dieu. Un enfant désobéissant ne peut pas être heureux.
— Je le sais. Quand on a désobéi, on se sent tout malheureux jusqu’à ce qu’on ait été dire à Dieu que l’on a mal fait. Et il nous pardonne (1 Jean 1:9). Combien il est bon et miséricordieux ! Nous devrions toujours l’aimer et lui obéir. Je pense souvent à ces deux lignes d’un cantique :
« Quel amour !
Tu veux sans cesse
Nous pardonner, nous guérir ».
— Moïse répète encore aux Israélites que, s’ils étaient obéissants et s’attachaient à l’Éternel, ils dépossèderaient toutes ces nations grandes et fortes devant eux. « Tout lieu » dit-il, « que foulera la plante de votre pied, sera à vous…Personne ne pourra tenir devant vous ». Et vois-tu, il en est de même pour les bénédictions que Dieu nous donne en Jésus, son Fils bien-aimé. Il dit que nous avons la rédemption par son sang, que la paix a été faite par le sang de la croix, que nous sommes agréables dans le Bien-aimé. Qu’avons-nous à faire ? Croire Dieu ; c’est comme si nous y mettions notre pied, comme sur une chose qui est à nous, puisque Dieu le dit. C’est ainsi qu’il est dit : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ». « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Éphésiens 1:3-7 ; Colossiens 1:20 ; Jean 3:36 ; Actes 16:31).
— Je comprends. Dieu a dans sa main toutes ces grâces, comme un trésor pour nous. Et nous n’avons qu’à les saisir de tout notre cœur et à lui rendre grâces. C’est là croire. Comme c’est beau !
— Enfin Moïse termine ses exhortations à l’obéissance en disant au peuple : « Je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction ; la bénédiction, si vous écoutez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, que je vous commande aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’écoutez pas les commandements de l’Éternel, votre Dieu ». Et plus loin : « Vous allez passer le Jourdain pour entrer, pour posséder le pays que l’Éternel, votre Dieu, vous donne ; et vous le posséderez, et vous y habiterez. Vous prendrez donc garde de pratiquer tous les statuts et les ordonnances que je mets aujourd’hui devant vous ». Le serviteur de Dieu a placé, devant les enfants d’Israël, toutes les raisons qu’ils avaient d’obéir quand ils seraient dans le pays. Les soins de Dieu envers eux, sa patience et sa miséricorde, ses grâces signalées, ses jugements à craindre, à aimer et à servir l’Éternel, leur Dieu, et enfin il leur dit : si vous obéissez, vous serez heureux ; si vous désobéissez, vous serez malheureux. Qu’ont-ils fait ?
— Ils ont désobéi, et ils ont été et sont malheureux, mais j’aime à penser que leur Dieu ne les oublie pas et qu’il aura compassion d’eux.
— Oui, le temps vient où seront réalisées ces paroles, pour Jérusalem et pour Israël : « Pour un petit moment, je t’ai abandonnée, mais avec de grandes compassions, je te rassemblerai. Dans l’effusion de la colère, je t’ai caché ma face pour un moment, mais avec une bonté éternelle, j’aurai compassion de toi, dit ton Rédempteur, l’Éternel » (Ésaïe 54:7, 8).
Moïse enseigne au peuple la manière dont il devra se conduire en Canaan
La Bonne Nouvelle 1885 pages 152 à 157.
— Du chapitre 12 au chapitre 26, Moïse fait connaître aux Israélites ce qu’ils auront à faire pour jouir de la bénédiction de l’Éternel, une fois entrés dans le pays de Canaan. Lis d’abord le chapitre 12 et puis tu essaieras de me dire ce qu’il renferme.
— En premier, les enfants d’Israël devaient détruire entièrement les lieux où les Cananéens avaient servi leurs dieux ; ils devaient démolir leurs autels, briser leurs images, et brûler les bocages où ces peuples adoraient leurs idoles. Je comprends cela. Il fallait que la terre de l’Éternel fût purifiée des souillures des idoles, qui sont une abomination devant Dieu.
— Tu as raison. Là où Dieu se trouve, il ne peut y avoir d’idoles. C’est pourquoi il nous faut prendre garde de ne pas avoir, dans nos cœurs, quelque chose qui prendrait la place de Dieu : ce serait une idole. Aussi l’apôtre Jean dit-il aux chrétiens : « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21). Et Paul écrit aussi : « Quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant » (2 Cor. 6:16). Mais qu’y a-t-il encore dans notre chapitre ?
— L’Éternel voulait avoir dans le pays un lieu qu’il choisirait, où il mettrait son nom et où l’on irait lui offrir des sacrifices. Je pense que c’était l’endroit où serait dressé le tabernacle, n’est-ce pas ?
— Oui, et plus tard le temple. La première et grande chose que l’Éternel demande de son peuple, c’est de l’adorer. Mais d’abord, le pays devait être purifié. Ainsi nous ne pouvons pas non plus adorer Dieu si nos cœurs ne sont pas purifiés. Ils le sont par la foi et par le sang de Jésus (Actes 15:9 ; 1 Jean 1:7 ; Hébreux 10:19-22). Alors, nous sommes propres pour adorer Dieu, car nous pouvons nous approcher de Lui. Mais remarque la différence entre le culte que rendaient les païens à leurs idoles, et celui que demandait l’Éternel. Les païens adoraient une foule de dieux et dans une quantité d’endroits qu’ils choisissaient à leur gré. Les enfants d’Israël ne devaient pas les imiter. Ils n’avaient qu’un seul Dieu, l’Éternel, le seul vrai Dieu, et ils ne pouvaient l’adorer qu’en un seul lieu choisi par Lui. Ils ne pouvaient pas dresser des autels et servir l’Éternel où et comme bon leur semblerait.
— Mais maintenant il n’y a plus de lieu que Dieu ait choisi pour que nous allions l’y adorer.
— Non, le Seigneur Jésus a dit : « L’heure vient, que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem…Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4:21-22). Mais Dieu ne nous laisse cependant pas ignorer comment nous avons à Lui rendre notre culte. Comme les Israélites formaient un seul peuple, ainsi les vrais adorateurs, c’est à dire les vrais chrétiens sauvés par la foi en Jésus, forment un seul corps (1 Cor. 12:13 ; Éph. 4:4). Et bien qu’en différents lieux, ils ont un centre commun de rassemblement. C’est le Seigneur Jésus qui lui-même a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matth. 18:20). Réunis ainsi au nom de Jésus, ils offrent par Lui à Dieu des sacrifices spirituels de louanges et d’actions de grâces (1 Pierre 2:5).
— Nous sommes bien heureux de pouvoir ainsi nous approcher de Dieu, notre Père, au nom du Seigneur Jésus. Il me semble quelquefois que c’est comme si nous étions déjà au ciel. Et j’ai aussi remarqué que Moïse dit au peuple : « Vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu ». Au lieu d’avoir peur, comme à la montagne de Sinaï, ils sont invités à se réjouir.
— C’est que Dieu aime avoir son peuple rassemblé autour de Lui, et à le voir heureux dans la jouissance de ses bénédictions. Te rappelles-tu ce qui arriva le soir du premier jour de la semaine après la résurrection du Seigneur Jésus ?
— Oh, oui ! C’est si beau ! Les disciples étaient rassemblés et les portes fermées parce qu’ils avaient peur des Juifs ; et, tout d’un coup, le Seigneur Jésus se trouva au milieu d’eux et leur dit : « Paix vous soit » ; et Il leur montra ses mains et son côté. Oh ! Ils n’eurent pas peur mais ils se réjouirent en voyant le Seigneur au milieu d’eux (Jean 20:19-23). C’était Celui qui les aimait et qui était mort pour eux.
— Nous ne le voyons pas de nos yeux quand nous sommes réunis en son nom, mais il est au milieu de nous aussi réellement qu’il était ce soir-là au milieu de ses disciples, et comme tu le disais : C’est Celui qui nous aime. Aussi pouvons-nous de même nous réjouir devant notre Dieu et Père, en la présence du Seigneur Jésus (Phil. 3:1 ; 4:4 ; Actes 2:46).
— Que Dieu est bon. Il veut que nous soyons parfaitement heureux.
— Il est amour et veut qu’en Lui notre joie soit accomplie, parfaite. Mais continuons notre chapitre.
— J’y ai aussi remarqué que les enfants d’Israël pouvaient, partout où ils habitaient, tuer des animaux et en manger la chair, mais qu’ils devaient s’abstenir soigneusement de manger du sang. Ils devaient le verser par terre.
— Quand ils étaient dans le désert et qu’ils tuaient une bête, ce devait être devant le tabernacle, et le sang en était répandu sur l’autel (Lévitique 17:1-7). Mais une fois entrés dans le pays de Canaan, ils pouvaient tuer chez eux les bêtes qu’ils voulaient manger, et verser le sang par terre, puisqu’on ne pouvait de toutes les parties du pays venir jusqu’au tabernacle. Mais quant aux premiers-nés du bétail, les offrandes, les dîmes et les sacrifices, tout devait être présenté à l’Éternel et mangé au lieu que Dieu choisirait pour y mettre son nom. Et alors, le sang était répandu sur l’autel.
— Est-ce qu’il y a une instruction pour nous ?
— Certainement, voici celle qui me frappe. Les Israélites, toutes les fois qu’ils tuaient une bête pour leur nourriture, et qu’ils en répandaient le sang, devaient se souvenir des droits de Dieu sur eux et sur toute vie, aussi bien que quand ils allaient avec tout le peuple offrir leurs sacrifices devant le tabernacle. Et nous, ce n’est pas seulement le premier jour de la semaine, quand nous sommes rassemblés avec le peuple de Dieu, que nous devons nous souvenir que nous sommes au Seigneur, à Lui rendre grâces et à nous nourrir de Christ, mais chaque jour, nous devons pour toutes choses rendre grâces, et par la foi manger la chair et le sang du Fils de l’homme, c’est à dire saisir dans notre âme toute la valeur de Christ qui est mort pour nous (Phil. 4:6 ; Éph. 5:20 ; Jean 6:53-57).
— Je voudrais bien avoir mon cœur toujours occupé de ce bon Sauveur, et me rappeler que c’est Lui qui m’a sauvé, qui m’aime et me gardera jusqu’à la fin. Mais veux-tu me dire encore quelque chose sur la fin du chapitre ?
— Volontiers. Si nous lisons depuis le verset 28, nous verrons combien l’Éternel prenait soin d’avertir son peuple de se garder de l’idolâtrie. Il savait que c’était la pente naturelle du cœur de l’homme. Aussi lui dit-il : « Prends garde à toi,… de peur que tu ne recherches leurs dieux (ceux des Cananéens), en disant : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Et je ferai de même, moi aussi ».
— Comment auraient-ils pu avoir la pensée de laisser l’Éternel qui les avait délivrés et bénis, pour adorer des faux dieux, des dieux si cruels que les peuples de Canaan leur sacrifiaient même leurs fils et leurs filles ?
— C’est cependant ce que les Israélites ont fait plus tard (2 Rois 17:17), et cela nous montre combien l’avertissement leur était nécessaire. Il nous faut prendre garde aussi. Ce ne sont plus d’idolâtries et de monstruosités semblables que nous sommes entourés, mais il y a autour de nous le monde duquel il est dit : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2:15-16). Prenons garde de nous occuper de ce qui est dans le monde, de ce que le monde dit, de ce que le monde fait et comment il le fait. Notre cœur naturel, pour lequel le monde a de l’attrait, nous y entraînerait bientôt. Écoutons l’avertissement que Moïse adressait au peuple : « Prends garde à écouter tout ce que je te commande » et celui de l’apôtre Jean : « Le monde s’en va et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean 2:17).
Moïse enseigne au peuple la manière dont il devra se conduire en Canaan
La Bonne Nouvelle 1885 pages 167 à 175.
— Ce chapitre treize se rattache au précédent. L’Éternel avait ordonné à son peuple de nettoyer le pays de toute trace d’idolâtrie, et il lui avait dit que Lui-même choisirait un lieu où on pourrait l’adorer. Maintenant, il va enseigner aux enfants d’Israël ce qu’il y aurait à faire si quelqu’un voulait l’entraîner dans l’idolâtrie.
— Je crois comprendre. D’abord il y est dit que si un prophète ou un songeur de songes, faisant même des miracles, voulait engager le peuple à adorer de faux dieux, il ne fallait pas l’écouter mais le faire mourir. Mais cela ne nous concerne point, n’est-ce pas ?
— Le chrétien ne fait mourir personne. Mais si quelqu’un, même un homme savant et éloquent, venait nous enseigner des choses contraires à la parole de Dieu, faudrait-il l’écouter ? Non ; mais nous attacher à la parole de Dieu. L’apôtre Paul disait aux Galates : « Il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent pervertir l’évangile de Christ. Mais quand nous-mêmes, ou quand un ange venu du ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème » (Gal. 1:7-8). Et Jean écrivait à la dame élue : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas la doctrine du Christ, ne le recevez pas » (2 Jean 10). Voilà ce que le chrétien doit faire : écouter la voix du bon Berger dans la parole de Dieu et la suivre (Jean 10:4, 5), et bien se garder d’écouter la voix des étrangers, c’est à dire de ceux qui enseignent ce qui est contraire à la Parole. Des miracles ne sont pas une preuve qu’un homme dit vrai ; il faut que ce qu’il dit soit conforme à la Bible. Le temps viendra où des séducteurs feront « de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus » (Matth. 24:23-25). C’est le Seigneur Jésus qui le dit. Et l’apôtre Paul nous parle nous parle d’un homme qu’il appelle l’inique, qui viendra « selon l’opération de Satan, en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » (2 Thess. 2:8-10). Qu’est-ce qui empêchera les élus d’être séduits ?
— C’est qu’ils auront connu et aimé la vérité. Je me rappelle que le Seigneur Jésus a dit : « Ta parole est la vérité » (Jean 17:17).
— Oui, cette précieuse Parole est une lampe à notre pied, une lumière à notre sentier (Psaume 119:105) pour nous guider sûrement à travers toutes les ténèbres du monde et tous les pièges dont l’ennemi sème nos pas. Maintenant continuons notre chapitre.
— Ce qui vient après me semble bien terrible. Moïse dit : « Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils, ou ta fille, ou la femme de ton cœur, ou ton ami, qui t’est comme ton âme, t’incite en secret disant : Allons et servons d’autres dieux… tu ne t’accorderas pas avec lui et tu ne l’écouteras pas ; et ton œil ne l’épargnera pas, et tu n’auras pas pitié de lui, et tu ne le cacheras pas ; mais tu le tueras certainement : ta main sera la première contre lui pour le mettre à mort, et la main de tout le peuple ensuite ». Je comprends bien qu’on ne devait pas l’écouter, mais comme cela devait être douloureux de mettre à mort quelqu’un que l’on aimait tendrement.
— Cela est bien vrai ! Mais pense que l’Éternel était le Dieu et le Roi d’Israël, et qu’adorer des idoles, c’était le déshonorer et le trahir. Que fait-on de nos jours à un homme qui trahit son roi ? On le traite tout aussi rigoureusement. Et Dieu n’est-il pas bien plus que le plus grand roi de la terre ? Ensuite tu vois qu’il s’agit d’un séducteur qui, non content d’abandonner Dieu, cherchait à entraîner d’autres dans le mal. Il fallait couper le mal à la racine. Enfin, que devons-nous préférer, Dieu ou bien ceux que nous aimons le plus ?
— C’est Dieu certainement. Je me rappelle comment Abraham obéit à Dieu qu’il aimait plus que son cher Isaac. Il était prêt à le sacrifier sur l’ordre de Dieu, et cependant Isaac n’avait fait aucun mal. Mais Dieu l’arrêta. Oui, je vois que Dieu doit être préféré à tout. Mais nous sommes bien heureux de ne pas vivre en ce temps-là.
— Nous vivons sous la grâce et non sous la loi, et nous pouvons en bénir Dieu. Mais vois quel grand mal a amené l’oubli de ce commandement de Dieu. Le grand et sage roi Salomon se laissa égarer par ses femmes qu’il aimait, et lui que l’Éternel avait comblé de tant de grâces devint idolâtre et remplit Jérusalem de faux dieux (2 Rois 11:1-10). Et le peuple suivit l’exemple de son roi, et à la fin Dieu les chassa de leur pays. Tu comprends donc combien il était important d’être en garde contre l’idolâtrie. Il fallait prendre ouvertement parti pour Dieu, même contre ceux que l’on aimait le plus. Et ne penses-tu pas que nous avons aussi à le faire, bien que nous soyons sous la grâce ?
— Oui, mais pas de la même manière. Et j’aimerais que tu m’expliques un peu comment cela peut arriver pour nous.
— Le Seigneur Jésus a dit : « Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14:26). Que penses-tu que cela signifie ?
— Le Seigneur Jésus est digne que nous l’aimions par dessus tout, et nous devons être prêts à tout laisser pour Lui, même ce que nous avons de plus cher. Mais s’il me fallait vous quitter, toi et mon petit frère, je sens que je serais bien triste.
— Sans doute, nous pouvons être appelés à avoir le cœur brisé quand, ayant appris à connaître le Sauveur, nous désirons le suivre. Il peut arriver que ceux que nous aimons le plus ne connaissent pas Jésus, et voudraient nous retenir dans le monde ou nous y entraîner avec eux. On peut avoir à supporter les moqueries, les dédains et les injures pour Christ, et combien cela est douloureux de la part de ceux que nous aimons. On a vu des parents ne plus vouloir parler à leurs enfants convertis, ou même les renvoyer de chez eux. Que faut-il préférer ? Christ, ou ceux que l’on aime ?
— Christ ! Mais combien l’on doit souffrir !
— Les premiers chrétiens avaient à supporter davantage. Pour le Seigneur, ils devaient souvent tout perdre, même leur propre vie. Je t’en citerai un exemple. Au commencement du troisième siècle, une jeune dame de vingt-deux ans nommée Perpétue fut mise en prison et condamnée à être jetée aux bêtes féroces parce qu’elle était chrétienne. Elle avait un père, une mère, deux frères et un petit enfant. Son père était resté païen. Il aimait tendrement sa fille et vint plusieurs fois la supplier de sacrifier aux idoles pour sauver sa vie. Il se mettait à genoux devant elle, lui demandant d’avoir pitié d’elle-même, de son enfant, et des cheveux blancs de son vieux père. Tu peux penser si Perpétue devait avoir le cœur déchiré. Mais le Seigneur lui donna de rester fidèle. Elle aimait Christ plus que tout au monde : pour Lui elle fit la perte de tout et périt dans de grandes souffrances.
— Je crois comprendre la différence entre ce qui devait se faire en Israël et maintenant. Nous n’avons pas à mettre à mort ceux qui voudraient nous entraîner à abandonner le Seigneur, c’est nous, pour ainsi dire, qui avons à mourir en étant prêts à renoncer à tout.
— Tu as raison, le principe est le même. Il faut préférer Dieu à tout. Nous ne sommes pas appelés maintenant à des sacrifices semblables à ceux des premiers chrétiens, mais Christ qui nous a aimés jusqu’à la mort est digne d’avoir toute la place dans notre cœur. Nous devons bien prendre garde que nos affections naturelles ne nous entraînent à abandonner Christ. Quelle perte ce serait pour nos âmes ! Mais chez les Israélites, le peuple de Dieu, l’idolâtrie ne devait pas du tout être tolérée, le coupable devait être mis à mort. C’est aussi ce que montre la fin du chapitre. Peux-tu me dire ce que nous trouvons dans les versets 12 à 18 ?
— Si les Israélites entendaient dire que les habitants d’une des villes que l’Éternel leur avait données étaient devenus idolâtres, ils devaient d’abord s’informer soigneusement de la vérité du fait, et si c’était vrai, détruire entièrement la ville, les habitants et tout ce qu’ils possédaient.
— Tout le peuple aurait été coupable s’il avait laissé subsister dans le pays une chose qui déshonorait l’Éternel, leur Dieu, et Il n’aurait plus pu bénir les enfants d’Israël. Ils devaient se purifier entièrement de ce mal, et faire ce que l’Éternel, leur Dieu approuve et trouve droit. Nous voyons la même chose dans le livre de Josué au chapitre 7. Malgré la défense formelle de l’Éternel, un Israélite nommé Acan avait pris en secret du butin de la ville de Jéricho. Quand Josué envoya une partie de l’armée contre la petite ville de Aï, les Israélites furent battus. L’Éternel ne pouvait pas être avec eux parce que l’un d’entre eux s’était rendu coupable, et qu’ainsi le péché se trouvait parmi le peuple. Dieu ne peut pas passer par dessus le mal. Acan fut découvert et lapidé avec toute sa famille et ses bêtes ; puis tout ce qu’il possédait et les corps morts furent brûlés au feu. Après ce jugement, le mal ayant été ôté du milieu d’Israël, Dieu put de nouveau le bénir et le rendre vainqueur de ses ennemis.
— Je vois par là combien la loi était rigoureuse, mais cela vient de ce que l’Éternel est un Dieu saint, et qu’il habitait au milieu d’eux, n’est-ce pas ? Mais Dieu est le même maintenant, cependant il n’ordonne pas de tuer le méchant.
— C’est vrai. Mais nous voyons que si, dans l’assemblée de Dieu où Dieu habite maintenant (Éph. 2:1 ; 1 Cor. 3:16-17), il y a un méchant, il faut l’ôter c’est à dire le retrancher de l’assemblée (1 Cor. 5:13). Si on ne le faisait pas, toute l’assemblée serait coupable.
— Je vois donc que les enfants d’Israël ne devaient s’associer à aucun mal, et qu’il en est de même pour nous.
— C’est vrai, et le chapitre 14 que tu peux lire maintenant le montre aussi pour Israël.
— (Après avoir lu) Je suis bien frappée par deux choses que Moïse dit aux enfants d’Israël : d’abord qu’ils étaient les enfants de l’Éternel, et ensuite qu’ils étaient un peuple saint, choisi et précieux.
— C’est pour cela qu’ils devaient s’abstenir de tout ce qui déplaisait à l’Éternel.
— Que veut dire Moïse quand il leur recommande de ne se faire aucune incision et de ne pas se raser entre les yeux pour un mort ?
— Dans leur deuil, pour montrer leur douleur, les païens se défiguraient par des incisions ou en se rasant les sourcils. Les Israélites devaient éviter ces choses, montrant ainsi leur séparation d’avec les idolâtres. Ils appartenaient à Dieu en propre : « Vous êtes les fils de l’Éternel, votre Dieu ». Leur corps même n’était pas à eux, mais à Dieu et ils devaient en prendre soin. C’était une bien grande chose d’être au milieu des nations un peuple choisi de Dieu, mis à part pour Lui, et précieux à ses yeux. Et il en est de même pour nous mais dans un sens bien plus élevé.
— Comment cela ?
— L’apôtre dit aux chrétiens qu’ils sont de bien-aimés enfants de Dieu, et qu’ainsi ils doivent être imitateurs de Dieu (Éph. 5:1). Autre part, il leur dit qu’ils sont des élus de Dieu, saints et bien-aimés (Col. 3:12), c’est à dire choisis de Dieu, mis à part pour Lui, et les objets de son amour. N’est-ce pas bien beau ? Nous ne sommes donc plus à nous-mêmes, car nous avons été achetés à prix ; notre corps même ne nous appartient pas : il est pour le Seigneur ; il est un membre de Christ et le temple du Saint Esprit. Quelle grande et merveilleuse chose ! Avec quel soin nous devrions veiller à ne rien faire qui souille ni déshonore notre corps. Aussi l’apôtre dit-il encore : « Glorifiez donc Dieu dans votre corps » (1 Cor. 6:19, 15, 20). Il dit aussi : « Je vous exhorte à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu », puis encore : « Livrez vos membres comme esclaves à la justice pour la sainteté » (Rom. 12:1 ; 6:19). Il exhorte encore les chrétiens à conserver leur corps en sainteté et en honneur (1 Thess. 4:3, 4). C’est par les actions de notre corps que nous montrons ce qui est en nous, et c’est pourquoi, quoi que nous fassions, il est dit : « Faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Cor. 10:31). Nous verrons une autre fois la fin du chapitre.
Moïse enseigne au peuple la manière dont il devra se conduire en Canaan
La Bonne Nouvelle 1885 pages 196 à 200.
— Dans les versets 13 à 20 du chapitre 14, je vois que Dieu qui voulait que les Israélites prissent soin de leur corps, faisait aussi attention à ce qu’ils mangeaient. Il leur dit quels sont les animaux dont ils pouvaient manger, et ceux dont ils devaient s’abstenir. Je me rappelle que nous en avons déjà parlé quand nous avons lu le Lévitique.
— Te souviens-tu aussi de quelques-uns des enseignements que nous en avons tirés ?
— Tu m’as dit que nous ne sommes plus obligés de suivre ces prescriptions qui étaient pour le peuple d’Israël, et que nous pouvons manger de tout, mais avec des actions de grâces et, soit que nous mangions, soit que nous buvions, faire tout pour la gloire de Dieu (1 Tim. 4:4, 5 ; 1 Cor. 10:31). Pourquoi l’Éternel répète-t-il ici ce qu’il a déjà dit aux Israélites dans le Lévitique ?
— Dans le Lévitique, le peuple était encore dans le désert, tout à fait séparé des autres peuples, et, en rapport avec la sainteté de Dieu, ils ne devaient se souiller par aucune des choses que Dieu déclarait impures. « Vous serez saints, car je suis saint » leur dit l’Éternel (Lév. 11:44, 45). Dans le Deutéronome, ils étaient sur le point d’entrer dans le pays promis, et ils auraient pu penser que là ils seraient libres de manger ce qu’ils voudraient. Non, dit l’Éternel « car tu es un peuple saint à l’Éternel, ton Dieu ». Ils ne cessaient pas d’être un peuple appartenant à Dieu et qui devait rester séparé des autres. Maintenant lis-moi la fin du chapitre.
— Auparavant, je voudrais encore te demander deux choses sur le verset 21. D’abord, pourquoi n’était-il pas permis aux Israélites de manger la chair d’une bête morte d’elle-même ?
— Tu vois la raison que Moïse donne : « Tu es un peuple saint ». La bête morte d’elle-même rappelait le péché qui a pour conséquence la mort, et qui souille, de sorte que la bête morte d’elle-même était souillée ; au contraire, les bêtes tuées rappellent le sacrifice qui expie le péché, et l’on pouvait s’en nourrir. Le sang, ou la vie, était offert à Dieu pour effacer le péché. Et quelle est la seconde question que tu voulais me poser ?
— Pourquoi est-il dit : « Tu ne bouilliras pas le chevreau au lait de sa mère » ?
— N’est-ce pas une chose contraire à la nature de cuire le chevreau dans le lait qui lui a donné la vie, dans le lait qui était destiné à entretenir sa vie ? La seule pensée ne nous en répugne-t-elle pas ? L’Éternel ne voulait pas que son peuple fît quoi que ce soit de contraire à la nature des choses que Lui-même avait établies.
— Maintenant je lirai la fin du chapitre !
— D’abord, la dîme ou dixième partie du revenu des Israélites, en grains, huile, vin ou bétail devait être apportée et présentée à l’Éternel au lieu qu’il aurait choisi pour y faire habiter son nom. Moïse ajoute : « afin que tu apprennes à craindre toujours l’Éternel, ton Dieu ». Tout le pays appartenait à l’Éternel, les Israélites n’étaient que ses fermiers. Un fermier a bien la jouissance des fruits de la terre qu’il cultive, mais il doit au propriétaire une redevance. Voilà pourquoi les Israélites apportaient la dîme. C’était la redevance fixée par l’Éternel. Mais quand ils les avaient offertes à Dieu, ils pouvaient en jouir en sa présence. Dieu n’était pas comme un maître qui garde tout pour soi ; il aimait à donner ce qui lui avait été offert, et tout le peuple réuni devant Lui, en communion les uns avec les autres et avec l’Éternel, se réjouissait dans les bénédictions dont son Dieu le comblait.
— Ce devait être bien beau de voir tous ces Israélites, avec leurs familles, rassemblés, pleins de joie, et bénissant Dieu ensemble. Qu’ils devaient être heureux d’être le peuple de l’Éternel ! Je pense qu’aucun d’eux n’avait l’idée de rester chez lui.
— Cela aurait été désobéir et se priver d’une très grande joie. Et cela me fait penser au bonheur dont se privent ceux qui négligent les réunions, le rassemblement des enfants de Dieu au nom de Jésus pour le bénir et se réjouir ensemble de lui appartenir (Voyez Hébreux 10:25).
— Je suis aussi frappée de voir comment Dieu, dans sa bonté, pense à tout. Il n’est pas un maître dur et exigeant. Quand la demeure d’un Israélite était trop éloignée pour qu’il pût apporter ses dîmes au lieu que l’Éternel avait choisi, il pouvait les convertir en argent. Il n’était pas accablé par un fardeau trop grand qui aurait diminué sa joie, et il n’était pas privé de se trouver avec ses frères. Quelle tendresse dans les soins de Dieu !
— Oui, Dieu se plaît à voir les siens heureux, mais ils ne peuvent l’être qu’en sa présence et dans l’obéissance. Et tu vois que les parents ne devaient pas aller seuls pour jouir de ces bénédictions ; il est dit : « Tu te réjouiras, toi et ta famille ». Et maintenant aussi, c’est le devoir et la joie des parents chrétiens d’amener leurs chers enfants là où se trouve la présence de Dieu, au milieu de l’assemblée. Combien les enfants des chrétiens devraient apprécier ce privilège !
— Oh ! Je suis bien heureuse de venir avec toi ! Quand on prie, que l’on chante les louanges du Seigneur et que j’entends parler de Lui, il me semble quelquefois être dans le ciel.
— J’en bénis Dieu et lui demande qu’il te donne de jouir toujours plus de sa présence. Dans notre chapitre, nous voyons ensuite l’Éternel invitant son peuple à exercer la grâce et la miséricorde envers ceux qui n’avaient rien. Dieu ne veut pas que nous soyons égoïstes. Lis les versets 27 à 29.
— Je vois ce que tu veux dire. Les Lévites ne pouvaient apporter de dîmes : ils n’avaient pas d’héritage ; et les veuves, les orphelins et les étrangers n’avaient rien non plus. Et l’Éternel qui pensait à eux voulait que son peuple en prît soin. C’est si beau de voir que Dieu n’oublie personne. Comme c’est consolant !
— Et c’est un grand privilège lorsque Dieu nous donne de pouvoir aider ceux qui sont dans le besoin. On n’a pas besoin pour cela d’être riche. Un verre d’eau froide, deux pites, un petit service rendu selon nos forces sont agréables à Dieu. Mais ce n’est pas seulement pour les besoins du corps que nous pouvons être utiles aux autres. Nous qui avons appris à connaître l’amour de Jésus, nous pouvons aussi en faire part à ceux qui n’en jouissent pas encore. Ou bien, si nous connaissons quelque chrétien malade ou infirme qui ne puisse jouir du rassemblement des enfants de Dieu, même un enfant comme toi ne peut-elle pas aller lui lire quelques versets de la Parole pour réjouir son cœur ? Dieu qui a dit : « Je ne te laisserai point, je ne t’abandonnerai point », se sert de ceux qui possèdent pour donner à ceux qui n’ont point. Et il dit : « N’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices » (Hébreux 13:5, 16).
Moïse enseigne au peuple la manière dont il devra se conduire en Canaan
La Bonne Nouvelle 1885 pages 208 à 220.
— Nous voici arrivés au chapitre 15. Veux-tu le lire et après cela, me dire ce que tu y as remarqué.
— Dieu voulait que de sept ans en sept ans, toutes les dettes fussent remises parmi les Israélites, et aussi que tous les Hébreux, qui avaient été vendus pour être esclaves, fussent renvoyés