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ENTRETIENS SUR LE LÉVITIQUE

 

Famille d’Adrien Ladrierre

 

La Bonne Nouvelle 1881 et 1882 pages 13 à 18

Table des matières :

 

1     Lévitique 1

2     Lévitique 2 — Les sacrifices (suite)

3     Lévitique 3 et 7:11-36 — Les sacrifices (suite)

4     Lévitique 4 à 6 — (Les sacrifices (suite)

5     Lévitique 8 et 9 — Établissement de la sacrificature

6     Lévitique 10 — Nadab et Abihu, ou la chute de la sacrificature

7     Lévitique 11 — Les choses pures et les choses souillées

8     Lévitique 13 et 14 — La Lèpre

9     Lévitique 16 — Le grand Jour des Propitiations

10      Lévitique 16 — Le grand Jour des Propitiations (suite)

11      Lévitique 17 — Le lieu du sacrifice, la sang, la vie

12      Lévitique 18 à 22 — Les droits de Dieu et la sainteté

13      Lévitique 18 à 22 — Pratiques idolâtres

14      Lévitique 19 — L’amour du prochain

15      Lévitique 21 à 22 — Ce que Dieu demandait des sacrificateurs

16      Lévitique 23 — Les grande fêtes de l’Éternel ; le sabbat

17      Lévitique 23 — Les grande fêtes de l’Éternel : Pâque, Pains sans levain, Pentecôte

18      Lévitique 23 — Les grande fêtes de l’Éternel : fêtes des trompettes et des Tabernacles

19      Lévitique 24 — Le sanctuaire et le blasphémateur

20      Lévitique 25 — L’année de repos et le jubilé.

21      Lévitique 26 — Obéissance, désobéissance et repentir

22      Lévitique 27 — Les vœux et leur estimation

 

 

 

Nous nous sommes entretenus l’année dernière du livre de l’Exode. Cette année, s’il plaît au Seigneur, les entretiens auront pour sujet le Lévitique, livre bien précieux en ce qu’il nous présente, en figures, l’œuvre parfaite et la personne du Seigneur Jésus, et aussi le moyen pour le pécheur de s’approcher, suivant ce que réclament sa sainteté et sa justice, de ce Dieu dont le désir est d’avoir autour de Lui un peuple saint et heureux.

Que le Seigneur vous donne de connaître pour vous-mêmes l’excellence de la personne et de l’œuvre de Christ. Pour profiter de nos entretiens, nous vous recommandons de lire avec soin les passages cités.

 

1                        Lévitique 1

— Nous allons continuer nos entretiens sur la Bible, le livre de Dieu.

— J’aimerais savoir comment Dieu a introduit les enfants d’Israël dans le beau pays qu’il leur avait promis.

— Bien que ce fût le dessein de Dieu de les y amener, ils n’y entrèrent pas tout de suite. Il leur arriva encore bien des choses dans le désert, et ils eurent à y apprendre plus d’une leçon.

— Cependant Dieu était venu habiter au milieu d’eux.

— Oui ; il était descendu et avait sanctifié par sa gloire le tabernacle que les enfants d’Israël avaient élevé, mais il était là comme un Dieu saint.

— Ce devait être bien beau et bien précieux d’avoir Dieu près de soi.

— C’est vrai ; seulement il faut nous rappeler que le péché n’était pas ôté. Aussi le trône de Dieu était-il caché derrière un voile, et tout parlait aux Israélites de la sainteté de l’Éternel et de leur condition comme pécheurs. Mais, dans sa grâce, Dieu voulait que son peuple pût s’approcher de lui, et il prépara un chemin pour cela. Après que l’Éternel fut descendu dans le tabernacle et l’eut rempli de sa gloire, il appela Moïse et lui fit connaître ce chemin.

— Quel était ce chemin ? Est-ce aussi le chemin pour nous ?

— Non. Ce que les Israélites avaient à faire n’était qu’une figure de ce qui a été fait pour nous, une ombre des biens à venir (Hébreux 10:1). Nous avons la réalité. Le Seigneur Jésus lui-même est le chemin pour aller au Père ; il a ôté le péché et il n’y a point de voile entre Dieu et nous (voir Jean 14:6, Hébreux 9:24).

— C’est vrai ; le voile a été déchiré quand le Seigneur est mort (Mathieu 27:50-51).

— Tu as raison. Voyons maintenant ce que l’Éternel commanda aux Israélites. Il y avait quatre espèces d’offrandes par lesquelles ils s’approchaient de Dieu : c’étaient l’holocauste, l’offrande de gâteaux, les sacrifices de prospérité et les sacrifices pour le péché. Toutes ces offrandes représentaient Christ (Hébreux 10:8-10). C’est de l’holocauste que l’Éternel parle d’abord à Moïse.

— Que veut dire holocauste ?

— Il signifie « brûlé tout entier », et tu verras pourquoi cette offrande ou sacrifice était ainsi nommé. Il consistait en un animal de gros ou de menu bétail que l’on offrait volontairement à l’Éternel. On devait choisir un mâle sans défaut. L’Israélite qui présentait cette offrande, par exemple un jeune taureau, l’amenait à la porte du tabernacle devant l’Éternel ; puis il posait sa main sur la tête de l’animal, ensuite il l’égorgeait devant l’Éternel et le sacrificateur, fils d’Aaron, venait et offrait le sang en le répandant tout autour sur l’autel d’airain. Ensuite celui qui offrait, coupait l’animal par pièces et lavait le ventre et les jambes dans de l’eau ; les sacrificateurs mettaient le feu sur l’autel, du bois sur le feu, et arrangeaient au-dessus les pièces de l’animal, la tête et la graisse, et tout brûlait sur l’autel. C’était un sacrifice fait par feu, en bonne odeur à l’Éternel.

— Je comprends maintenant pourquoi on appelle cela un holocauste. Mais pourquoi était-ce une bonne odeur à l’Éternel ?

— Parce que le feu, qui est une figure du jugement de Dieu, avait entièrement consumé l’offrande et qu’ainsi la sainteté de Dieu était satisfaite. Ne te rappelles-tu pas que Noé, ayant offert des holocaustes après sa sortie de l’arche, « l’Éternel flaira une odeur agréable – Genèse 8:21 » ?

Oui, mais comment cela peut-il satisfaire Dieu ?

— Pour que l’homme pût s’approcher de Dieu, il fallait qu’il fût parfaitement saint. Or l’homme est pécheur. Alors on présentait une victime sans défaut, à la place de l’homme, et Dieu l’agréait et il était satisfait. C’est pour marquer que la victime était acceptée à la place de l’homme que celui-ci mettait la main sur elle. La victime sans tache était acceptée de Dieu et l’homme avec elle.

— Comment l’holocauste était-il une figure de Christ ?

— L’holocauste représente le sacrifice parfait du Seigneur Jésus qui s’est offert volontairement pour faire toute la volonté de Dieu et qui, tout entier consacré à Dieu, s’est abaissé dans son obéissance jusqu’à la mort de la croix (Hébreux 10:5-9, Philippiens 2:7-8).

— N’est-ce pas la croix où Jésus a souffert qui est comme l’autel où la victime était brûlée tout entière ?

— Oui. Il était la victime pure. Sa pureté était figurée par l’eau dont on lavait l’animal égorgé ; il était « l’agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:19) présenté à Dieu et lui étant parfaitement agréable. Satan n’avait rien en lui ; Il faisait toujours ce qui plaisait à Dieu et ce que Dieu lui commandait (Jean 14:30-31 ; 8:29). Quand il laissa sa vie, c’était volontairement et selon le commandement de son Père (Jean 10:17-18). Et c’est ainsi que par l’Esprit éternel, il s’est offert à Dieu sans tache (voir Hébreux 9:14).

— Le Seigneur Jésus a-t-il donc passé par le jugement de Dieu ?

— Oui. Rappelle-toi son cri lorsqu’il était sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il s’était offert lui-même pour subir tout ce qu’il y a de plus terrible dans le jugement de Dieu contre le péché.

— Quel dévouement, quelle obéissance que celle du Seigneur Jésus !

— Oui, il n’avait pas connu le péché et volontairement avait pris cette place sous le jugement de Dieu et dans la mort, salaire du péché, et c’est pourquoi il était parfaitement agréable à Dieu. De cette croix, de ses souffrances, de cette mort de Christ montait vers Dieu un parfum de bonne odeur.

— Et que veut dire pour nous ce que l’Israélite faisait en mettant la main sur la tête de l’animal ?

— L’animal était accepté de Dieu et l’Israélite avec lui ; de même Christ, s’étant offert lui-même à Dieu volontairement en victime d’agréable odeur, Dieu accepte ceux qui s’approchent de Lui par Christ ; ils lui sont agréables comme Christ lui-même. Par sa grâce, il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé (Éphésiens 1:6).

— Quel bonheur pour nous ! Nous pouvons donc nous approcher de Dieu sans crainte.

— Assurément. Nous avons accès auprès de lui en confiance par la foi en Christ (Éphésiens 3:12).

— Les enfants d’Israël savaient-ils ce que signifiaient ces offrandes ?

— Non ; mais ils savaient qu’un holocauste était agréable à Dieu et que Dieu agréait celui qui l’offrait.

— Mais tous n’étaient pas assez riches pour offrir un jeune taureau.

— C’est vrai ; mais Dieu y avait pourvu dans sa grâce. Si quelqu’un n’avait pas de jeune taureau, il pouvait offrir un agneau ou un chevreau, et même, s’il était très pauvre, deux tourterelles ou deux pigeonneaux. Ainsi personne n’était exclu et chacun pouvait s’approcher avec une offrande d’agréable odeur à l’Éternel. « On est agréable selon ce que l’on a » (2 Corinthiens 8:12).

— Cela est bien selon ce que Dieu nous fait connaître de son cœur. Et nous, pouvons-nous lui offrir quelque chose ?

— Oui. Premièrement, nous sommes rendus agréables à Dieu en Christ, à cause de Lui ; mais ensuite l’apôtre nous dit : « Je vous exhorte donc par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service intelligent » (Romains 12:1).

 

2                        Lévitique 2 — Les sacrifices (suite)

 

— Te rappelles-tu de quelle offrande nous avons parlé la dernière fois ?

— De l’holocauste et du Seigneur Jésus qui s’est offert tout entier à Dieu, jusqu’à mourir sur la croix.

— C’est cela. Aujourd’hui nous nous entretiendrons de l’offrande du gâteau. Elle nous rappelle la vie sainte et dévouée du Seigneur Jésus sur la terre, sa grâce et sa perfection comme homme. Celui qui présentait cette offrande apportait au sacrificateur de la fine farine ; il versait de l’huile sur le gâteau et mettait de l’encens par-dessus. Ensuite le sacrificateur prenait une poignée de la fine farine et de l’huile dont le gâteau était fait, et tout l’encens, et il les faisait fumer sur l’autel. C’était une offrande faite, par feu, en bonne odeur à l’Éternel.

— Et que faisait-on du reste ?

— C’était pour le sacrificateur qui le mangeait comme une chose très sainte, dans le parvis du tabernacle d’assignation.

— Mais ce n’était pas la farine mêlée d’huile qu’il mangeait.

— Non, sans doute. Cette offrande était préparée sous différentes formes. C’était ou des gâteaux cuits au four ou bien des beignets ; ou encore des gâteaux cuits sur la plaque ou dans la poêle. Mais ils devaient toujours être faits de fine farine pétrie avec de l’huile et oints d’huile. Et jamais on ne pouvait y mettre ni levain ni miel.

— Pourquoi cela ?

— Je te le dirai plus tard. Pour le moment, occupons-nous des choses qui composaient le gâteau. Tu sais d’où l’on tire la farine ?

— Elle vient du blé.

— Oui, c’est le fruit de la terre, et le Seigneur Jésus était un vrai homme sur la terre, bien qu’il fût Fils de Dieu. Lui-même comme homme se compare à un grain de blé (Jean 12:24). Mais n’as-tu jamais passé ta main dans la fine farine ?

— Oui ; c’est extrêmement doux, on n’y sent rien de rude ni d’inégal.

— Eh bien, n’est-ce pas une image très juste du caractère que notre précieux Sauveur a montré sur la terre ? Chez les plus excellents serviteurs de Dieu, on découvre bien des inégalités et des imperfections ; voit-on rien de semblable chez le Seigneur Jésus ?

— Oh non ! Il est constamment le même, si doux et si bon envers les pauvres pécheurs et les affligés.

— C’est vrai, mais en même temps, quand il le fallait, il reprenait les orgueilleux pharisiens et il blâmait ses disciples. Depuis son enfance, nous le voyons parfait dans toutes ses voies, parlant et agissant exactement comme il le fallait et quand il le fallait. Te rappelles-tu ce qui Lui arriva quand il avait douze ans ?

Oui, il était resté dans le temple pour écouter les docteurs et leur poser des questions. Et Joseph et Marie le trouvèrent là, et il leur dit qu’il lui fallait être aux affaires de son Père. C’était Dieu, n’est-ce pas ? (Luc 2:49)

— Sans doute, mais ensuite il retourna avec Joseph et Marie et leur était soumis. Il savait, dans la même parfaite grâce, s’occuper de Dieu et demeurer dans la position d’homme qu’il avait prise. Et c’est ainsi que nous voyons qu’il avançait en faveur auprès de Dieu et des hommes (Luc 2:41-51). Dans toute sa vie, nous voyons cette harmonie parfaite. Il faisait toujours exactement ce qu’il y avait à faire parce qu’il faisait toujours la volonté de Dieu.

— C’est bien beau. Comme je voudrais ressembler à Jésus !

— Tu lui ressembleras toujours plus en te laissant conduire par son Esprit. Lui était le seul qui fût sans péché, et c’est pourquoi il ne devait pas entrer de levain dans le gâteau qui le représentait. Tu sais ce que c’est que le levain ?

— C’est ce que l’on met dans la pâte pour la faire lever.

— Oui, et dans l’Écriture c’est la figure de la corruption intérieure de l’homme (1 Corinthiens 5:8). Or le Seigneur Jésus n’a point connu le péché (2 Corinthiens 5:21). Te souviens-tu de ce que représente l’huile ?

— Tu m’as dit que c’était le Saint-Esprit. Que signifie donc que la farine était pétrie avec de l’huile ?

— C’est que le Seigneur Jésus comme homme avait été formé par le Saint-Esprit et par la puissance de Dieu (Luc 2:35, Héb. 10:5). Voilà pourquoi dès sa naissance, il était saint, sans aucune souillure. Il était vraiment un homme ; il fut un petit enfant dans la faiblesse, puis un jeune garçon et enfin nous le voyons parvenu à l’âge de trente ans, semblable à nous en toutes choses, hormis le péché.

— Mais les gâteaux étaient aussi oints d’huile, qu’est-ce que cela veut dire ?

— On versait de l’huile dessus. Cela représente la puissance du Saint-Esprit, suivant laquelle Christ agissait. Non seulement il avait été formé par le Saint-Esprit, mais à son baptême le Saint-Esprit descendit sur Lui, et après cela nous lisons que, dans la puissance de l’Esprit, il commença son ministère (Luc 4:14). Dieu l’avait oint du Saint-Esprit et de puissance (Actes 10:38). Comme homme, le Fils de Dieu était rempli du Saint-Esprit qui le faisait agir en obéissant à Dieu en toutes choses.

— Et l’encens, qu’est-ce que c’était ?

— Une substance qui, placée sur le feu, répand une odeur agréable. C’est ainsi que toutes les grâces et les perfections de Christ, son obéissance et son dévouement dans toute sa vie étaient comme un parfum qui montait vers Dieu. Tout ce que le Seigneur Jésus faisait c’était pour Dieu pour sa gloire. Comme les gâteaux cuits au feu, comme l’encens brûlé au feu, notre divin Sauveur était éprouvé de toutes manières ; c’est ce que représente le feu. Il souffrait en voyant l’état de misère et de ruine de l’homme ; il était ému de compassion et pleurait au milieu des souffrances que le péché a amenées sur la terre (Matt. 8:16-17 ; 9:36 ; 14:14 ; Luc7:13 ; 19:41 ; Jean 11:33 et 35). En même temps, il souffrait d’être méprisé, rejeté, de ne pas être compris même des siens, de voir les hommes refuser le salut qu’il apportait (Marc 3:5 ;9:19). Mais il n’en continuait pas moins son service d’amour envers les pécheurs, et cela était agréable à Dieu.

— Pourquoi ne devait-on pas mettre de miel dans ces gâteaux ?

— Le miel, comme tu le sais, est doux et agréable au goût. C’est l’image des choses qui nous plaisent naturellement, qui nous sont agréables, comme l’affection de nos parents, les amitiés, les qualités aimables que nous voyons chez les autres et dont nous jouissons. Ce n’est point mal en soi et l’on peut en user, (Proverbes 24:13 ; 25:16 et 27), mais cela ne pouvait entrer dans un sacrifice de bonne odeur. Quand Jésus accomplissait son service de dévouement et s’offrait tout entier à Dieu dans sa vie sainte, il disait : « Qui est ma mère ou qui sont mes frères, … Quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère » (Marc 3:33-35). Mais quand son service sur la terre est terminé, qu’il est sur la croix, alors il dit à sa mère en parlant du disciple qu’il aimait : « Voilà ton fils » et à Jean : « Voilà ta mère ».

— Jésus, par dévouement pour Dieu, renonçait à ce qu’il y a de si doux.

— En effet. Il y avait encore une chose qui devait se trouver dans les gâteaux, c’était le sel. L’Éternel dit à Moïse : « Tu ne laisseras point manquer sur ton gâteau le sel de l’alliance de ton Dieu ».

— Que représentait le sel ?

— Tu sais à quoi il sert.

—Oui, à assaisonner les aliments.

— Et aussi à préserver de la corruption. C’est donc ici une figure de ce qui est durable, de ce qui ne peut se corrompre et se détruire. L’alliance de Dieu est une chose stable, et Christ les délices de Dieu, la bonne odeur de tout ce qu’il est dans sa personne adorable, demeure à jamais, pour Dieu et pour nous. « Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement » (Héb. 13:8). Notre héritage dans les cieux est incorruptible (1 Pierre 1:4).

— Quel bonheur pour nous. Peux-tu m’expliquer une autre chose ? Les sacrificateurs mangeaient une partie du gâteau, mangeaient-ils aussi de l’holocauste ?

— Non ; Christ, dans sa mort sur la croix, s’offrait tout entier à Dieu pour le glorifier. Mais Christ était le pain descendu du ciel (Jean 6:51). Ceux qui croient en Lui sont faits rois et sacrificateurs (1 Pierre 2:5 ; Apoc. 1:6). Ils prennent leurs délices en Lui, se nourrissent de Lui, jouissent ainsi de la vie éternelle et partagent, pour ainsi dire, la table même de Dieu (Jean 6:51). Mais cela ne peut se faire que dans un lieu saint, en la présence de Dieu, loin du péché, car c’est une chose très sainte et l’on ne peut avoir communion avec Christ et le mal ; (2 Cor. 6:14-18 ; 7:1).

— Je comprends. C’est une chose si douce de penser à Jésus ; je suis toute réjouie quand tu me parles de Lui, quand il était petit enfant et que les anges chantaient de joie à sa venue ; puis quand il était un jeune garçon obéissant, puis un homme si bon, si doux, ne rejetant personne, accueillant même les petits enfants. Mais quand je fais mal, je suis triste parce que je sais que cela ne peut Lui plaire. Oh, que je voudrais l’aimer davantage !

— C’est le désir que l’Esprit de Dieu forme en nous. Plus nous le connaissons, plus nous le jugeons digne de notre amour et de nos louanges.

 

3                        Lévitique 3 et 7:11-36 — Les sacrifices (suite)

 

— Te rappelles-tu quelle était la troisième espèce d’offrande que les Israélites présentaient à Dieu ?

— Oui, c’étaient les sacrifices de prospérités. Mais pourquoi les offrait-on ?

— C’était pour rendre grâce à Dieu de quelque faveur ou à cause d’un vœu que l’on avait fait ou bien encore c’était une offrande que le cœur pieux désirait présenter à l’Éternel.

— Est-ce que c’étaient des animaux que l’on offrait ?

— Oui ; c’était une bête du gros ou du menu bétail ; mais tandis que pour l’holocauste ce devait être un mâle sans tare, ici on pouvait offrir un mâle ou une femelle, mais toujours sans tare.

— Et devait-on l’égorger comme l’holocauste ?

— Certainement. Celui qui l’amenait posait sa main sur la tête de l’animal puis l’égorgeait à l’entrée du tabernacle et ensuite un sacrificateur prenait le sang et le répandait sur l’autel.

— Que de sang ainsi versé !

— En effet. Cela rappelait constamment que l’homme était pécheur (Héb. 10:3-4) et qu’il ne pouvait approcher de Dieu, même pour rendre grâces, sans que le péché n’eût été expié. Maintenant on n’a plus de victimes à offrir. C’est au nom de notre Seigneur Jésus Christ que nous devons toujours rendre grâces pour toutes choses. À cause de son parfait sacrifice, offert une fois pour toutes (Héb. 10:10), Dieu reçoit nos prières et nos actions de grâces.

— Nous sommes vraiment bien heureux. Mais que faisait-on ensuite de l’animal égorgé ? Le brûlait-on sur l’autel comme l’holocauste ?

— Non ; on n’en brûlait que la graisse qu’on faisait fumer en bonne odeur à l’Éternel. Toute graisse d’un animal appartenait à l’Éternel.

— Pourquoi cela ?

— Parce que la graisse est la meilleure partie, ce qui montre la santé et la vigueur de l’animal.

— Et que faisait-on du reste ?

— Une partie était donnée aux sacrificateurs ; c’était la poitrine et l’épaule droite ; le reste était mangé par celui ou ceux qui offraient le sacrifice.

— Qu’est-ce que cela signifiait ?

— Dieu prenait plaisir dans ces offrandes de son peuple ; il les agréait et en même temps c’était comme s’il invitait celui qui les présentait à venir s’asseoir à sa table avec les sacrificateurs pour se nourrir des même mets que Lui. Nécessairement l’Éternel avait ce qui était le plus excellent.

— Je comprends. Maintenant, Dieu veut-il aussi que nous venions nous asseoir à la même table que Lui ?

— Oui, et c’est pour nourrir, non pas nos corps mais nos âmes et nos cœurs de ce qui est bien plus excellent que les sacrifices de prospérité. Ceux-là n’étaient qu’une figure. Sais-tu de qui ?

— Oui, de Christ.

— Eh bien, le Seigneur Jésus n’est pas seulement mort pour nous afin que nous soyons sauvés, mais Dieu, dans sa grâce, nous fait connaître combien il aime son Fils, quel plaisir il trouve en Lui, de quelle gloire il l’a couronné, et il nous invite à nous associer à Lui et à prendre en Christ le même intérêt, la même joie, le même bonheur qu’il y prend Lui-même. C’est ce que l’apôtre Jean appelle avoir communion avec le Père (1 Jean 1:3), et c’est ainsi que nos âmes sont nourries, fortifiées et rendues heureuses.

— J’aimerais bien que tu m’expliques un peu plus ce mot « avoir communion ».

— C’est avoir les mêmes pensées et les mêmes sentiments qu’une personne. Par exemple, tu te rappelles que, l’autre jour, nous regardions ensemble le soleil qui se couchait dans des nuages qui semblaient comme de l’or, et nous disions : Oh, que c’est beau ! Ensuite nous sommes allées chez ta tante Marie que nous aimons tant et nous avons eu un si grand plaisir à passer la soirée avec elle ; nous avons joui ensemble, nous avons été heureuses ensemble, nous avions communion ensemble. C’est la même chose avec Dieu à l’égard de Christ. Il nous montre la beauté qu’il trouve en Christ, nous fait connaître son amour pour Lui (Psaume 45:2 ; Jean 3:35) et quand nous entrons dans les mêmes pensées et les mêmes sentiments que Dieu, nous avons communion avec Lui et c’est ce qui fera notre joie dans l’éternité.

— Merci de m’avoir expliqué cela. Je désire bien avoir ainsi communion avec Dieu ; on est si heureux.

— Oui, mais notre appréciation de Christ est toujours bien faible en comparaison de celle de Dieu. Lui seul connaît toute la perfection de son bien-aimé (Matt. 11:27) ; l’amour de Christ surpasse toute connaissance (Éphésiens 3:19), mais nous le connaissons et en jouissons avec Dieu, et à mesure que nous avançons, nous le connaîtrons mieux.

— Est-ce que tout le monde pouvait manger du sacrifice de prospérités ?

— Non. Aucune personne impure ne pouvait en manger. C’est la même chose pour nous. Si nous avons de mauvaises pensées, si nous avons dit ou fait quelque chose de mal, sans l’avoir reconnu et confessé à Dieu, nous ne saurions être en communion avec lui et être heureux (Lisez 1 Jean 1:9 ; 2:1-2).

— C’est bien vrai. Quand j’ai été impatiente ou que je n’ai pas vite fait ce que tu me disais, je suis toute honteuse et je n’ose presque plus penser à Dieu. Mais alors je vais lui dire combien j’ai été méchante, et de nouveau je suis heureuse.

— Que Dieu te donne de vivre toujours plus près de Lui. Maintenant il faut que je te dise qu’on offrait autre chose avec le sacrifice de prospérités et c’était bien remarquable. On présentait des gâteaux et des beignets sans levain pétris et oints avec de l’huile, et tu sais que cela représentait Christ, l’homme parfait. Mais en même temps on offrait aussi du pain levé.

— Et qu’est-ce que cela signifiait ?

— Le mal qui reste toujours en nous, même quand nous nous approchons de Dieu, mais auquel nous ne devons pas permettre d’agir de peur d’être souillés.

— Tu m’as dit aussi que l’on offrait les sacrifices de prospérités pour rendre grâces ou comme offrande volontaire ; est-ce qu’il y avait quelque différence ?

— Oui, et j’espère que tu le comprendras aisément. Quand ta tante t’a fait cadeau dernièrement d’un joli livre, tu en as eu de la joie dans le moment et tu l’as remerciée. Mais quand tu penses à elle, que tu te dis : « combien tante Marie est bonne, elle pense toujours aux autres pour leur faire du bien ou leur procurer un plaisir. Oh, je l’aime et je veux faire quelque chose pour elle » ! Dans le premier cas, tu as eu un sentiment de reconnaissance parce que tu as reçu quelque chose ; dans le second cas, tu aimes la personne pour elle-même. Qu’est-ce qui est le plus profond ? Qu’est-ce qui est le plus durable ?

— C’est quand on aime la personne même. Je suis bien contente quand tu me fais un cadeau, mais je t’aime toujours parce que tu es ma chère maman.

— C’est la même chose avec Dieu. Un Israélite pouvait offrir à Dieu un sacrifice pour Lui rendre grâces de quelque faveur que Dieu lui avait accordée. C’est ainsi que David disait : « Tu as délié mes liens ; je te sacrifierai des sacrifices d’actions de grâces » (Psaume 116:16-17). Mais un Israélite pouvait aussi être saisi à la vue de la grandeur et de la bonté de Dieu et dire avec le même David : « Je t’offrirai des sacrifices de franche volonté (ou de bon cœur) : Je célèbrerai ton nom, ô Éternel ! Car tu es bon » (Psaume 54:6). La différence des sentiments qui animait celui qui offrait est indiquée par le fait que, dans le premier cas, on devait manger la chair du sacrifice le jour même, et que, dans le second cas, on pouvait encore en manger le lendemain. As-tu compris ?

— Je le pense. Dieu nous comble de bénédictions et il le fait parce qu’il est plein d’amour.

— C’est cela. Il nous a donné son Fils et avec Lui il nous donne toutes choses de sorte que nous pouvons dire : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable » (Romains 8:32 ; 2 Cor. 9:15). Et d’où vient cela ? De ce qu’il est amour (1 Jean 4:9). C’est là sa nature adorable et c’est pourquoi nous lui offrons un sacrifice de louanges (Hébreux 13:15).

 

4                        Lévitique 4 à 6 — (Les sacrifices (suite)

 

— Nous en venons maintenant à la dernière espèce de sacrifices, tout à fait différents des autres. On ne les brûlait pas sur l’autel des holocaustes et ils n’étaient pas d’agréable odeur à l’Éternel.

— N’étaient-ils pas saints comme les autres ?

— Oh oui ! L’Éternel déclare même que « c’est une chose très sainte ». Aussi égorgeait-on la victime pour ces sacrifices devant l’Éternel au même lieu que l’holocauste.

— Pourquoi donc ne pouvait-on pas les offrir sur l’autel ?

— Parce que c’étaient des sacrifices pour le PÉCHÉ.

— Que faisait-on de ces sacrifices puisqu’on ne les brûlait pas sur l’autel ?

— Je vais te le dire. Quand le souverain sacrificateur ou le peuple avaient péché, on prenait un veau sans tare que l’on amenait devant l’Éternel. Puis le souverain sacrificateur ou les anciens du peuple, si c’était pour le peuple, mettaient leur main sur la tête du veau qui, ensuite, était égorgé à la porte du tabernacle.

— Je me rappelle qu’on faisait de même quand on offrait l’holocauste et les sacrifices de prospérités, mais cela voulait-il dire la même chose ?

— Non. Te souviens-tu de ce que je t’ai dit pour l’holocauste ?

— Oui. Dieu acceptait la victime sans tache et avec elle celui qui l’offrait.

— C’est cela. C’est comme si l’Israélite avait dit : Moi qui suis pécheur je ne puis plaire à Dieu, mais voici une victime sans tache qu’il accepte et qui lui est agréable ; je pose ma main sur sa tête pour que Dieu m’accepte avec elle.

— Je crois comprendre. Dieu nous reçoit à cause du plaisir qu’il trouve en Jésus.

— Tu dis bien. Mais quand il s’agissait de sacrifices pour le péché, celui qui offrait posait sa main sur la tête de la victime pour indiquer que son péché à lui passait sur elle. Alors l’animal qui portait ainsi le péché de l’homme qui l’offrait devenait « péché » à sa place et était égorgé parce que les gages du péché, c’est la mort (Romains 6:23).

— C’est ainsi que Jésus a pris nos péchés sur lui et qu’il est mort à notre place.

— Oui, Sophie ; il est dit de lui qu’il « a porté nos péchés en son corps sur le bois », qu’il « a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités », et que « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait PÉCHÉ pour nous » (1 Pierre 2:24 ; Ésaïe 53:5 ; 2 Cor. 5:21). Et comment sais-tu que cela est pour toi ?

— Parce que Dieu le dit.

— Et c’est ainsi qu’en croyant, nous posons pour ainsi dire la main sur Jésus. C’est par la foi que le pécheur perdu sait qu’il est sauvé. Après que la victime avait été égorgée, le sacrificateur faisait aspersion de son sang sept fois devant le voile, en mettait sur les cornes de l’autel des parfums et répandait le reste autour de l’autel des holocaustes.

— Pourquoi cela ?

— Parce que le péché souille tout et empêche d’approcher de Dieu pour l’adorer. Mais le sang montrait que la mort avait été subie pour le péché et qu’ainsi la justice de Dieu était satisfaite. Il est dit : « Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission » (Héb. 9:22). Et maintenant, c’est le sang de Christ, versé une fois pour toutes, qui purifie de tout péché ; Christ est venu avec son propre sang et est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, nous ayant obtenu une rédemption éternelle (1 Jean 1:7 ; Héb. 9:11-12).

— Que faisait-on ensuite ?

— On prenait toute la graisse que l’on brûlait sur l’autel des holocaustes, mais le reste de l’animal était brûlé hors du camp dans un lieu net.

— Pourquoi n’offrait-on pas la victime tout entière sur l’autel ?

— Parce qu’elle était faite « péché », et ainsi subissait tout le jugement dû au péché, loin de la face de l’Éternel.

— Mais comment cela pouvait-il représenter Jésus ? N’a-t-il pas toujours été agréable à Dieu ?

— Certainement ; il était toujours son Fils bien-aimé. Mais il a été fait péché, son sang a été versé pour le péché et ainsi il « a souffert hors de la porte » (Héb. 13:12), loin de la face de Dieu. Dieu détournait sa face de Lui quand il était sur la croix pour le péché, fait malédiction pour nous (Galates 3:13), et c’est pour cela qu’il s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matt. 27:46).

— Oh ! Combien il nous a aimés !

— En effet, et combien il avait à cœur la gloire de Dieu, son Père, car alors il abolissait le péché par le sacrifice de Lui-même (Héb. 9:26).

— Pourquoi la graisse n’était-elle pas brûlée hors du camp mais sur l’autel ?

— Précisément afin de faire voir que, tout en montrant sa sainteté, sa justice et son horreur du péché qui Lui faisait abandonner son Fils fait péché pour nous, Dieu ne cessait pas d’apprécier Jésus dans son dévouement parfait et de prendre son plaisir en Lui.

— Et pourquoi la victime devait-elle être sans tache puisque c’était un sacrifice pour le péché ?

— Parce que rien ne montre mieux la pureté parfaite de Jésus que d’avoir été fait péché pour nous. S’il avait eu sur Lui la moindre tache, le moindre péché, il n’aurait pas pu porter le nôtre, il aurait dû souffrir pour Lui-même.

— Ainsi, c’est le seul qui n’ait jamais péché qui meurt pour les pécheurs. Quelle chose merveilleuse !

— C’est bien vrai. Jamais ce ne serait monté au cœur de l’homme (1 Cor. 2:9) ; cela vient de Dieu seul, riche en moyens et qui, dans son amour, voulait sauver l’homme perdu.

— Tu m’as dit que ce sacrifice était offert quand le sacrificateur ou le peuple entier avaient péché, mais si c’était quelque autre ?

— Quand un des principaux du peuple avait péché, il amenait un jeune bouc ; si c’était quelqu’un du commun peuple, il offrait un chevreau ou un agneau femelles. Il posait aussi la main sur la tête de l’animal qui était fait péché pour lui et qui était égorgé, mais on ne portait pas le sang dans le tabernacle. On en mettait sur les cornes de l’autel des holocaustes et l’on versait le reste tout autour. Ensuite on brûlait la graisse et son péché lui était pardonné.

— Et la chair, la brûlait-on hors du camp ?

— Non. Il n’y avait que les corps des animaux dont le sang était porté, pour le péché, dans les lieux saints, qui fussent brûlés hors du camp. Quant aux autres, les sacrificateurs en mangeaient la chair comme une chose très sainte dans un lieu saint.

— C’était donc comme dans les sacrifices de prospérités ?

— Non, car ici les sacrificateurs seuls pouvaient manger ces victimes.

— Qu’est-ce que cela signifie ?

— Les sacrificateurs représentent Christ ; la victime, c’est le péché. Christ fait de notre péché le sien. Il a fait l’expiation de tous nos péchés si nous croyons, mais maintenant si quelqu’un a péché, Jésus Christ le juste est notre avocat auprès du Père, il fait de notre péché le sien, il prend notre cause en main, comme un avocat se met à la place de celui qu’il veut défendre (voyez 1 Jean 2:1-2) ; et le Seigneur Jésus fait cela pour que notre communion avec le Père soit rétablie.

— Quel précieux Sauveur ! Nous trouvons tout en Lui, mais je voudrais ne jamais pécher parce qu’il m’aime tant.

— C’est pour cela que l’apôtre Jean dit : « Je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas » (1 Jean 2:1). Plus on connaît l’amour de Christ et la sainteté de Dieu, plus on a horreur du péché qui a conduit Christ sur la croix. Il y avait encore d’autres sacrifices qu’on appelait sacrifices pour le délit.

— Quand est-ce qu’on les offrait ?

— C’était, par exemple, quand quelqu’un avait touché une chose impure ou entendu une mauvaise parole sans la reprendre ou fait légèrement un serment. Cela nous montre la sainteté parfaite de Dieu. L’homme qui avait péché en l’une de ces choses était coupable, même s’il ne s’en était pas aperçu. Quelle vigilance nous avons à exercer et quel besoin de prier pour ne pas être souillé. L’apôtre Paul dit : « Soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas ce qui est impur », et encore : « qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche … ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie … n’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les » (2 Cor. 6:17 ; Éph. 4:29 ; 5:4 et 11).

— Combien il m’arrive souvent de dire ou penser ainsi des choses légères ou mauvaises ; que faire pour l’empêcher ?

— Avoir son cœur et ses pensées constamment occupés du Seigneur Jésus ; voilà le moyen (voir Philippiens 4:6 à 8).

— C’est bien vrai. Quand je pense à Jésus, les mauvaises pensées s’en vont, mais je suis bien fâchée de les avoir eues. Que devait faire l’Israélite qui s’était ainsi rendu coupable ?

— Ce que nous avons à faire. La première chose, c’était de confesser ce en quoi il avait péché, et de nous il est dit : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Ainsi quand tu as fait ou dit ou pensé quelque chose de mal, il faut tout de suite aller le confesser à Dieu et à cause de ce que Jésus a accompli, le pardon est là pour toi et tu es heureuse.

C’est comme lorsque j’ai été désobéissante. Je ne puis être tranquille avant de te l’avoir dit. Mais était-ce tout ce que l’Israélite avait à faire ?

— Oh non ! Le péché devait être expié et pour cela le coupable amenait une victime au sacrificateur qui faisait propitiation pour lui, et alors il lui était pardonné. Pour nous, la victime a été offerte une fois pour toutes. Jésus « est la propitiation pour nos péchés » (1 Jean 2:2), et c’est pour cela que lorsque nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner.

— Je ne comprends pas bien ce mot de propitiation ou expiation. Voudrais-tu me l’expliquer ?

— Dans la langue où la Bible a été écrite, ce mot signifie couvrir ou cacher. La victime qui était offerte couvrait aux yeux de Dieu le péché de celui qui l’offrait. Ainsi, Jésus en mourant sur la croix, est la propitiation pour les péchés du croyant. Il les couvre devant Dieu par son sacrifice parfait. Il est le juste qui a souffert pour les injustes. IL s’est mis à notre place. C’est ainsi que David dit au Psaume 32 : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert ».

— Que l’on est bien à l’abri quand c’est Jésus qui nous couvre !

— En effet. C’est ainsi seulement que l’on a une paix parfaite. Il y avait aussi des délits que l’on commettait en ne donnant pas à l’Éternel ce qui lui appartenait ou en faisant tort à son prochain. Alors non seulement il fallait offrir un sacrifice, mais aussi rendre ce que l’on avait gardé injustement en y ajoutant un cinquième de la valeur pour le sacrificateur ou pour celui à qui l’on avait fait tort. Tu vois que les sacrifices dont nous avons parlé aujourd’hui diffèrent bien de ceux qui nous avaient occupées auparavant.

— Oui, mais j’aimerais bien que tu me montres encore une fois cette différence.

— Les premiers étaient ceux qui rendaient agréable celui qui s’approchait de Dieu pour l’adorer. Ils représentent Jésus qui, dans sa perfection et son dévouement, a été parfaitement agréable à Dieu et nous sommes rendus agréables à Dieu à cause de Lui. Par exemple, un enfant riche trouve dans la rue un petit pauvre tout sale et couvert de haillons ; il est ému de compassion et l’amène dans sa maison. Le père riche dit à son enfant : « Qu’est-ce que ce petit misérable qui va tout salir ? » « Oh, papa ! » dit l’enfant aimé de son père, « reçois-le pour l’amour de moi ; je vais lui donner à manger et, si tu le permets, quelques-uns uns de mes habits pour le rendre propre ». Le Père consent et accepte l’enfant pauvre à cause de son fils qu’il aime. Comprends-tu ?

— Oh oui ! Dieu nous reçoit et nous Lui sommes agréables à cause de l’amour qu’il a pour Jésus, parce qu’il est satisfait de ce que Jésus est et de tout ce qu’il a fait.

— Maintenant, dans les sacrifices pour le péché, la victime est substituée au pécheur ou frappée à sa place. Tu as peut-être lu qu’une fois, dans une école, un élève avait commis une faute et devait subir un sévère châtiment. Mais il avait un frère qui l’aimait tendrement. La verge était déjà levée sur le coupable quand le frère s’approche et dit au maître : « Je vous en prie, monsieur, châtiez-moi à la place de mon frère ». Il devint ainsi le substitut de son frère, il fut frappé à sa place pour la faute de son frère. Ainsi « Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu » (1 Pierre 3:18).

— Merci, je crois avoir tout à fait bien compris maintenant. Mais quand je pense aux enfants d’Israël, je suis étonnée de voir quelle quantité de sacrifices ils devaient offrir chaque jour.

— En effet ; et tout ce sang de taureaux, de boucs et d’agneaux ne pouvaient ôter les péchés. C’est pourquoi il fallait sans cesse renouveler les sacrifices. Mais maintenant Jésus « ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu » (Héb. 10:12). Et il attend là jusqu’à ce qu’il vienne prendre les siens qui sont sauvés par ce sacrifice, pour les introduire dans la demeure qu’il leur a préparée. Le feu devait brûler sans cesse, nuit et jour, sur l’autel des holocaustes. Chaque jour, le matin et le soir, on y offrait un agneau de sorte que constamment la bonne odeur montait à l’Éternel et son peuple était gardé dans l’assurance de sa faveur. Et maintenant c’est Christ qui, après avoir offert le sacrifice de Lui-même, « paraît pour nous devant la face de Dieu ». « Il nous a aimés et s’est livré Lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Hébreux 9:24 ; Éphésiens 5:2).

 

5                        Lévitique 8 et 9 — Établissement de la sacrificature

 

— Nous avons vu tout ce que Dieu commanda à Moïse relativement aux sacrifices ; maintenant l’Éternel lui dit de consacrer les sacrificateurs. Te rappelles-tu qui ils étaient ?

— Oui ; c’étaient Aaron et ses fils.

— Je t’ai déjà dit ce que Moïse devait faire pour les consacrer. L’Éternel lui commanda donc de les amener au tabernacle, de prendre avec lui tout ce qui était nécessaire et de convoquer toute l’assemblée des enfants d’Israël devant la tente d’assignation.

— Pourquoi cela ?

— Afin que tous pussent voir de leurs yeux et garder dans leurs cœurs, ce que Dieu faisait pour leur établir des sacrificateurs, par lesquels ils pourraient s’approcher de Lui et qui les représenteraient devant Lui.

— Est-ce qu’Aaron mit alors ses magnifiques vêtements ?

— Oui ; d’abord lui et ses fils furent lavés avec de l’eau, ensuite Moïse revêtit Aaron de ses vêtements de gloire et de beauté. Il plaça sur sa poitrine le pectoral avec Urim et Thummin, et lui mit sur la tête la tiare avec la lame d’or. Après cela, Moïse oignit de l’huile de l’onction le tabernacle et tout ce qui s’y trouvait, ainsi que l’autel, les ustensiles, la cuve et son soubassement.

— Pourquoi Moïse dut-il faire cela ?

— Pour les sanctifier, c’est à dire les consacrer au service de Dieu. L’huile, tu te le rappelles, représente le Saint-Esprit. C’est par le Saint-Esprit que le chrétien rend culte ; tout, dans le service qu’il rend à Dieu, doit être sanctifié par le Saint-Esprit (Lisez Philippiens 3:3 ; 1 Pierre 2:5 ; 2 Thessaloniciens 2:13 ; 1 Pierre 1:2). Moïse oignit aussi Aaron. Te souviens-tu de qui Aaron était la figure ?

— Du Seigneur Jésus. C’est lui qui est notre grand souverain sacrificateur.

— Et où exerce-t-il sa sacrificature ?

— Dans le ciel.

— Tu dis bien. Après qu’il eut fait par Lui-même la purification des péchés, en s’offrant en sacrifice, Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, et il est monté au ciel, à la vue des siens qu’il bénissait. Il est là maintenant revêtu et couronné de gloire et d’honneur. Il paraît pour nous devant Dieu et intercède pour nous (Lisez Hébreux 1:3 ; Actes 2:32-33 ; Actes 1:9-10 ; Luc 24:51 ; Hébreux 2:9 ; 9:24 ; 7:25). Mais comment le voyons-nous ?

— Je pense que c’est par la foi.

— Et tu as raison ; les enfants d’Israël voyaient Aaron de leurs yeux, et nous, nous contemplons Jésus des yeux de notre âme, en croyant ce que Dieu nous dit de lui dans sa Parole. – Après qu’Aaron eut été oint, les fils d’Aaron furent aussi revêtus de leurs vêtements, puis Moïse offrit les divers sacrifices dont nous avons parlé, un veau pour le péché, un bélier pour l’holocauste, et un autre appelé le bélier des consécrations dont le sang était mis sur l’oreille, la main et le pied des sacrificateurs. Sais-tu encore ce que cela voulait dire ?

— Peux-tu me le répéter ?

— À cause du sang précieux du Seigneur Jésus versé pour lui, le chrétien est consacré à Dieu pour écouter et obéir, pour agir pour Lui et pour marcher dans la sainteté. Après cela les sacrificateurs, les mains remplies des offrandes que Moïse y avaient placées, se présentèrent devant l’Éternel et les lui offrirent, puis ces choses furent brûlées en sacrifice de bonne odeur, et enfin Aaron et ses fils furent aspergés avec l’huile de l’onction mêlée au sang qui était sur l’autel.

— Aaron est la figure de Christ, notre grand Sacrificateur, mais j’aimerais que tu me dises ce que représentent les fils d’Aaron.

— Ce sont les chrétiens comme je te l’ai déjà dit. Pierre dit d’eux qu’ils sont une sainte sacrificature, une sacrificature royale (1 Pierre 2:5 et 9).

— Est-ce que la consécration des sacrificateurs durait longtemps ?

— Sept jours, durant lesquels ils ne devaient point sortir de l’entrée du tabernacle, et se nourrissaient des choses consacrées.

— Peux-tu me dire ce que cela signifie pour nous ?

— Comme Aaron et ses fils étaient loin du regard des Israélites pendant ces sept jours de consécration, de même, mon enfant, tandis que Christ est dans le ciel, les chrétiens ont leur vie cachée avec Lui en Dieu (Colossiens 3:3). Le monde ne connaît pas ce qu’ils sont aux yeux de Dieu et le bonheur, la paix, dont ils jouissent par le Saint-Esprit. Le chrétien se nourrit de Christ, se réjouit de l’amour de Christ, mais le monde ignore cela. La vie du chrétien est déjà céleste. Mais le jour va venir où Christ apparaîtra, et avec Lui les siens seront manifestés dans la gloire, et le monde connaîtra combien Dieu les aime (Lisez 1 Jean 3:1-2 ; Romains 14:17 ; Jean 14:16-17 ; Colossiens 3:3 ; Jean 17:23).

— Quel beau jour ce sera !

— Oui, et nos cœurs peuvent bien s’en réjouir d’avance. Les sacrificateurs ayant été consacrés, ils furent présentés au peuple pour accomplir leur service.

— Qui avait offert les sacrifices dont tu m’as parlé pour leur consécration ? N’était-ce point Aaron ?

— Non, ce fut Moïse. Mais au huitième jour, Moïse appela Aaron et ses fils et les anciens d’Israël et dit à Aaron : Prends un veau pour le péché et un bélier pour l’holocauste, et dis aux enfants d’Israël d’amener un bouc pour le péché, un veau et un agneau pour l’holocauste, un taureau et un bélier pour le sacrifice de prospérité, et un gâteau pétri à l’huile, car aujourd’hui l’Éternel vous apparaîtra. Ils firent ce que Moïse avait dit, et toute l’assemblée s’approcha et se tint devant l’Éternel. Alors Moïse dit : « Faites tout ce que l’Éternel vous a commandé, et la gloire de l’Éternel vous apparaîtra ».

— Comme ils devaient attendre avec impatience !

— En effet ; mais tu remarqueras que c’est en obéissance à la parole de Dieu qu’ils devaient se réjouir de ce bonheur. Et c’est la même chose pour nous. C’est dans l’obéissance que l’on jouit de la connaissance, de la présence et de l’amour de Jésus. « Celui qui a mes commandements et qui les garde », dit ce précieux Sauveur, « c’est celui-là qui m’aime, et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; et moi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui » (Jean 14:21 ; voyez aussi v. 23).

— Les enfants d’Israël obéirent-ils ?

— Oui, Aaron fit ce que l’Éternel avait commandé. Il offrit d’abord les sacrifices pour lui et ses fils, puis ceux pour le peuple. Après cela, comme souverain sacrificateur, vêtu de ses vêtements magnifiques, il éleva les mains et bénit le peuple.

— Que ce devait être beau quand Aaron bénissait le peuple ; les enfants d’Israël devaient être bien heureux.

— C’est vrai, mais c’est ce qu’a fait aussi notre grand souverain sacrificateur. Le Seigneur Jésus, après s’être offert lui-même en sacrifice sur la croix, et être ressuscité d’entre les morts, se présenta aux siens. « Et il les mena dehors jusqu’à Béthanie, et levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux et fut élevé dans le ciel » (Luc 24:50-51).

— Nous avons encore plus de raison d’être heureux que les Israélites.

— Oui, nos bénédictions sont célestes ; elles viennent de Celui qui est en haut, assis à la droite de Dieu, comme il est dit au Psaume 110 : « l’Éternel a dit à mon Seigneur. Assieds-toi à ma droite ». « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec ».

— Mais l’Éternel avait dit que sa gloire apparaîtrait. Quand cela arriva-t-il ?

— Je vais te le dire. Après qu’Aaron eut béni le peuple, Moïse et lui entrèrent dans le tabernacle d’assignation, précisément comme Jésus bénissant ses disciples entra dans le ciel. Ensuite ils sortirent et bénirent le peuple. Alors la gloire de l’Éternel apparut, car le feu sortit de devant l’Éternel et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses.

— Est-ce que les enfants d’Israël n’eurent pas peur ?

— Oh non ! Ce n’était pas comme lorsque Dieu descendit sur le mont Sinaï et donna, du milieu du feu, la loi qui condamne et fait trembler le pécheur (voyez Exode 19:11, 16, 18 ; 20:18, 19 ; Deutéronome 4:11-12). La sacrificature était établie pour maintenir en grâce la relation de Dieu avec le peuple, les sacrifices étaient offerts, la bonne odeur de l’holocauste montait vers l’Éternel, et Dieu en consumant par le feu venu de Lui, ce qui était sur l’autel, montrait qu’il reconnaissait la sacrificature et acceptait l’offrande. C’était le signe de sa faveur ; aussi bien loin d’avoir peur, ils sont remplis de joie ; ils se prosternent et adorent.

— Pourquoi Moïse entre-t-il avec Aaron dans le tabernacle ?

— Moïse était le législateur, ou comme le roi des enfants d’Israël, de même qu’Aaron était le sacrificateur. Or le Seigneur Jésus qui est entré dans le ciel, comme Moïse et Aaron dans le tabernacle, n’est pas seulement sacrificateur, il est aussi Roi, de même que Melchisédec (Genèse 14:18). Lui-même le dit à Pilate qu’il est roi (Jean 18:37). Seulement sa royauté n’a pas encore été manifestée. Mais bientôt il sortira du ciel comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs, son peuple d’Israël le reconnaîtra, il les bénira, et eux l’adoreront avec des transports de joie (Lisez Apocalypse 19:11, 16 ; Psaume 110:2-3 ; Psaume 2:6 ; Psaume 98).

— Et nous, ne serons-nous pas là ?

— Quand Il sera manifesté, nous serons aussi manifestés avec Lui en gloire (Colossiens 3:3). Les chrétiens seront toujours avec le Seigneur (1 Thessaloniciens 4:17).

 

6                        Lévitique 10 — Nadab et Abihu, ou la chute de la sacrificature

 

— Maintenant, je pense que les Israélites avaient tout ce qu’ils pouvaient désirer.

— Oui. De la part de Dieu, tout était parfait. Tout ce que Dieu établit a ce caractère. Mais, hélas ! Dès qu’il le confie à l’homme, celui-ci y introduit du mal et gâte ce que Dieu avait fait si beau. Ne te souviens-tu pas d’un exemple de cela ?

— Oh oui. Dieu avait tout fait bon au commencement. Mais l’homme a écouté le serpent, a désobéi à Dieu, et voilà que tout a été gâté. Mais les sacrificateurs désobéirent-ils à Dieu ?

— Il y en eut qui firent ce que Dieu n’avait point commandé. Retiens bien ceci. Nous déplaisons à Dieu non seulement en désobéissant ouvertement à ce qu’il commande, mais aussi en agissant d’après notre propre volonté, en mettant nos pensées à nous là où il ne doit y avoir que la pensée de Dieu.

— Comment donc arriva une aussi triste chose ?

— Deux des fils d’Aaron, Nadab et Abihu, voulurent offrir du parfum devant l’Éternel. Ils prirent leurs encensoirs et y mirent du feu et du parfum et offrirent devant l’Éternel un feu étranger.

— Était-ce donc, chère maman, un si grand mal ?

— Oui, un très grand mal. On pourrait dire qu’ils avaient eu une bonne intention, c’est possible ; mais ils suivirent leurs propres idées. Ils voulurent adorer Dieu à leur guise, de la manière qu’il ne leur avait pas commandée, quand Lui avait tout prescrit. C’est ce que Dieu ne peut supporter. Ne te souviens-tu pas d’une histoire à peu près semblable ?

— C’est, je pense, celle de Caïn et d’Abel.

— Tu dis bien ; mais pourquoi Dieu n’agréa-t-il pas l’offrande de Caïn ?

— C’est qu’il offrait à Dieu quelque chose selon ses propres pensées et non selon celles de Dieu. Qu’arriva-t-il à Nadab et Abihu ?

— Le feu sortit de devant l’Éternel et les dévora et ils moururent devant l’Éternel.

— C’est bien terrible.

— Oui. Dieu, qui est si miséricordieux envers les pécheurs, est jaloux de sa gloire. Quand Moïse eut fait selon tout ce que l’Éternel avait commandé, le feu sortit de devant l’Éternel pour consumer ce qui était sur l’autel. Les Israélites lui étaient agréables et Il le montrait ainsi ; mais quand Nadab et Abihu ont la prétention de faire quelque chose que l’Éternel n’a pas commandé, alors le même feu qui avait été le témoignage que les offrandes faites selon sa volonté, lui étaient agréables, ce même feu consume ces deux malheureux fils d’Aaron.

— Est-ce qu’un mal semblable peut arriver maintenant ?

— Certainement, quoique ce ne soit pas de la même manière. Mais toutes les fois que l’homme veut introduire dans le culte qu’il rend à Dieu, des choses de son invention, qu’il veut adorer Dieu autrement que Dieu ne l’a prescrit dans sa parole, il fait comme Nadab et Abihu. Le Seigneur Jésus nous enseigne comment Dieu veut être adoré maintenant. « Dieu est esprit, dit-il, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4:24).

— Qu’est-ce que cela veut dire ?

— Je vais essayer de te l’expliquer. Le Seigneur dit cela à une femme samaritaine qu’il rencontre auprès d’un puits (Jean 4). Les Juifs rendaient à Dieu leur culte par le moyen des cérémonies et des sacrifices prescrits par la loi ; ils le faisaient au lieu que Dieu avait indiqué, c’est à dire à Jérusalem, et Dieu y était adoré sous son nom d’Éternel (Lisez 2 Chronique 12:11 ; 6:6 ; Ésaïe 42:8). Ainsi ils adoraient en vérité, puisque c’était selon ce que Dieu avait ordonné. Il n’en était pas ainsi des Samaritains, qui prétendaient servir Dieu autre part et autrement qu’il ne l’avait dit (voyez 2 Rois 17). Mais les Juifs n’adoraient pas en esprit : leur culte était tout extérieur. Le Seigneur Jésus étant venu, tout cet ancien ordre de choses allait prendre fin (Lisez Hébreux 10:1 ; Romains 10:4). Christ a offert sur la croix, une fois pour toutes, le sacrifice de Lui-même qui ôte le péché ; il est monté au ciel et de là il a envoyé le Saint Esprit qui habite en ceux qui croient en Lui. Maintenant, là où deux ou trois sont rassemblés par le Saint Esprit au nom de Jésus, il est au milieu d’eux, et c’est en son nom qu’ils adorent Dieu comme leur Père, le Saint Esprit rendant témoignage avec leurs esprits qu’ils sont enfants de Dieu, et les rendant capable de connaître Dieu et de jouir de son amour. On rend ainsi culte par l’Esprit de Dieu, on offre à Dieu des sacrifices spirituels de louange et d’actions de grâces. Voilà ce que c’est qu’adorer Dieu en esprit et en vérité. Adorer autrement, c’est faire comme Nadab et Abihu.

— Ce sont seulement ceux qui croient du cœur en Jésus qui peuvent adorer Dieu en esprit et en vérité.

— Assurément, car eux seuls étant lavés de leurs péchés peuvent s’approcher de Dieu, et eux seuls, ayant le Saint-Esprit, connaissent la vérité et peuvent adorer Dieu en esprit et en vérité.

— Que nous sommes heureux ! Un enfant comme moi peut donc adorer Dieu ! Mais voudrais-tu me dire ce qui arriva après la mort de Nadab et Abihu ?

— Moïse vit immédiatement que ce qu’ils avaient fait déshonorait Dieu, car il dit à Aaron : « C’est ce dont l’Éternel avait parlé disant : je serai sanctifié en ceux qui s’approchent de moi, et je serai glorifié en la présence de tout le peuple ». Ceux qui s’approchent de Dieu doivent être saints.

— Aaron devait être bien affligé.

— Oui, mais il ne dit rien. Il avait compris, par les paroles de Moïse, que les sacrificateurs avaient à veiller les premiers à ce que Dieu fut glorifié, et que ce châtiment était juste. Ensuite, Moïse appela deux fils d’Huziel, oncle d’Aaron, et leur dit d’emporter de devant le sanctuaire et hors du camp les corps morts de Nadab et d’Abihu.

— Combien les enfants d’Israël devaient être frappés de crainte !

— En effet. Quelle chose tristement solennelle c’était de voir porter à travers le camp les corps de deux des sacrificateurs de Dieu vêtus des vêtements qu’il leur avait donnés et que Moïse venait de mettre sur eux. Comme cela montre la sainteté parfaite de Dieu ! Ne te souviens-tu pas d’un fait rapporté dans le Nouveau Testament et qui nous fait voir aussi le jugement de Dieu sur le mal.

— Oui : c’est quand Ananias et sa femme Sapphira moururent devant les apôtres pour avoir menti au Saint Esprit.

— Tu as raison et nous voyons par là que « notre Dieu aussi est un feu consumant ».

— Est-ce qu’il n’y eut pas un grand deuil, à cause de ce triste événement ?

— Certainement ; tout le peuple d’Israël pleura, mais Moïse dit à Aaron et aux deux fils qui lui restaient : « Ne vous affligez pas et ne déchirez pas vos vêtements, et ne sortez pas de l’entrée du tabernacle, car l’huile de l’onction de l’Éternel est sur vous ».

— C’est étrange. Pourquoi Aaron et ses fils ne devaient-ils pas montrer leur affliction ?

— Ils étaient consacrés entièrement à Dieu ; ils étaient en sa présence ; là les sentiments naturels de l’homme devaient se taire pour ne laisser place qu’à l’adoration devant la sainteté de Dieu, même quand elle se montrait d’une manière aussi redoutable. D’un autre côté, les enfants d’Israël pouvaient pleurer. Ainsi, Dieu ne défend pas les affections naturelles ; il ne dit pas que nous ne puissions pas pleurer quand nous perdons quelqu’un que nous aimons, mais, en même temps, le chrétien adore Dieu, se soumet et reconnaît qu’Il fait toutes choses bien. Le chrétien sert Dieu, est patient dans la tribulation et joyeux dans l’espérance (Romains 12:11-12).

— Celui qui connaît Christ est vraiment heureux, même dans l’affliction.

— Oui, car il sait que « toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu », et que, même quand il châtie, c’est « pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (Romains 8:28 ; Hébreux 12:10).

 

7                        Lévitique 11 — Les choses pures et les choses souillées

 

Que se passa-t-il après cette triste scène où Aaron perdit deux de ses fils ?

— L’Éternel parla à Aaron et lui dit : « Vous ne boirez point de vin, ni de boisson forte, toi et tes fils avec toi, quand vous entrerez dans la tente d’assignation ».

— Pourquoi Dieu leur fit-il cette défense ?

— Tu sais ce que produit le vin, quand on le boit en certaine quantité. Il excite nos facultés naturelles, il amène une gaieté factice, et si l’on en prend davantage, il trouble l’esprit et l’on ne peut plus juger sainement. Or Dieu était dans le tabernacle. Serait-il convenable de se présenter avec un esprit excité devant quelqu’un que l’on respecte ? Combien moins devant Dieu. Quand un sacrificateur venait en la présence de Dieu, il ne devait être occupé que de Dieu, et sa joie devait découler uniquement du bonheur d’être près de Dieu. De plus les sacrificateurs devaient discerner entre ce qui était saint ou profane, entre ce qui était pur et impur. Comment auraient-ils pu le faire s’ils n’avaient pas été pleinement en possession d’eux-mêmes ? Ensuite ils avaient à instruire le peuple touchant les ordonnances que l’Éternel avait données. Pour cela aussi, ils avaient besoin d’être sobres.

— Cela nous concerne-t-il aussi ?

— Certainement.

— Nous est-il défendu de boire du vin ?

— Non. « Car », dit l’apôtre Paul, « toute créature est bonne et il n’y en a aucune qui soit à rejeter, étant prise avec actions de grâce », et il engage lui-même Timothée à user d’un peu de vin à cause de ses fréquentes indispositions (1 Timothée 4:4-5 ; 5:23). Mais, d’un autre côté, le même apôtre dit aux Éphésiens : « Ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit », et il recommande que les surveillants et les serviteurs (ou diacres) dans l’Église ne soient pas adonnés au vin (1 Timothée 3:2-8). Les ivrognes sont mentionnés comme étant ceux dont il faut se séparer et qui n’hériteront pas du royaume de Dieu (1 Corinthiens 5:11 ; 6:10).

— Je comprends cela et je pense que c’est là ce qui nous est recommandé, quand il est dit : « Soyez sobres », comme je l’ai appris dernièrement dans un passage (1 Pierre 4:7).

— Tu as raison, mais il ne faut pas oublier que le vin n’est pas la seule chose qui excite la chair, c’est à dire le mauvais cœur qui est en nous et duquel il est dit : « L’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès leur jeunesse » (Genèse 8:21). Quand il nous est recommandé d’être sobres, cela veut dire qu’il faut éviter tout ce qui peut exciter cette imagination du cœur, troubler l’âme et la détourner de Dieu.

— Et quelles sont ces choses qui excitent ?

— Elles sont bien diverses, selon les personnes. Quelquefois ce sont des lectures, d’autres fois des conversations, ou encore nos pensées qui se complaisent et s’arrêtent sur ce qui plaît aux yeux ; on désire certaines choses, on se dit : « Que je serais heureux dans telle position, dans tel endroit », et l’on oublie Dieu et la dépendance où l’on doit rester de Lui. On cherche des jouissances, du bonheur en dehors de Lui. On oublie que sa présence est un rassasiement de joie, que là est la seule vraie et durable jouissance.

— Mais comment faire pour réprimer toutes ces pensées ? Je sais bien que j’éprouve souvent ce que tu viens de dire.

— L’apôtre nous dit : « Soyez remplis de l’Esprit ». L’Esprit de Dieu nous occupe de Dieu, nous annonce les choses qui se rapportent à Christ, et nous remplit ainsi de joie. « Le royaume de Dieu est justice, paix et joie par le Saint Esprit » (Romains 14:17).

— Ah ! Que je voudrais que ces choses occupent davantage mes pensées.

— Pour cela il faut aussi veiller, sans quoi nos pensées s’égarent, et prier, car par nous-mêmes nous n’avons aucune force. Et c’est ainsi que nous apprendrons comme les sacrificateurs à discerner le bien et le mal, ce qui convient ou non à la présence de Dieu, que nous aurons de la sagesse pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards. Le Saint-Esprit nous enseigne (1 Jean 2:20, 27), et nous conduit dans la vérité (Jean 16:13). C’est à nous d’écouter sa voix et de nous laisser docilement instruire et guider par Lui.

— Mais je pense que Dieu instruisait aussi les sacrificateurs touchant ce qui était saint et ce qui ne l’était pas.

— Oui. Les soins de Dieu pour son peuple étaient tels qu’il entrait dans tous les détails de leur vie, même quant à leur nourriture. Ainsi la première chose que l’Éternel dit à Moïse et Aaron, concerne les animaux dont ils pouvaient manger la chair. Pour les bêtes à quatre pieds, c’étaient seulement celles qui ont le pied fourché et l’ongle divisé et qui ruminent.

— Que veut dire ruminer ?

— Certains animaux qui, comme le bœuf, se nourrissent d’herbe, avalent leur nourriture après l’avoir grossièrement broyée. Elle va ainsi dans un premier estomac nommé panse, qui est comme une sorte de magasin. Quand il est rempli, l’animal se couche, fait revenir dans sa bouche cette nourriture pour la mâcher tranquillement et la rendre propre à être bien digérée. C’est là ce qu’on appelle ruminer.

— Ah oui, je me rappelle avoir vu des vaches couchées dans un pré et remuant leurs mâchoires deçà, delà, comme si elles se parlaient à elles-mêmes. Je pense qu’elles ruminaient.

— Oui. Quant aux poissons, les Israélites n’avaient la permission de manger que ceux qui ont des écailles et des nageoires. Les oiseaux de proie, comme l’aigle, qui se nourrissent de chair, leur étaient interdits, de même que les reptiles. Toutes ces bêtes étaient impures pour les Israélites ; si même quelqu’un touchait leur chair morte, il devait vite laver ses vêtements et était souillé jusqu’au soir.

— Pourquoi Dieu ordonnait-il toutes ces choses aux Israélites ? Cela devait être souvent difficile.

— Premièrement, Dieu voulait séparer de tous les autres peuples, ceux qu’il avait rachetés. Il leur dit : « Je suis l’Éternel qui vous ai fait monter du pays d’Égypte, afin que je sois votre Dieu, et que vous soyez saint, car je suis saint ». Ensuite l’Israélite devait apprendre par là, que le peuple de Dieu ne peut pas marcher selon ses propres pensées, même dans les moindres choses, mais qu’il doit discerner ce qui est selon Dieu et veiller avec soin à ce que rien ne le souille.

— Mais cela nous concerne-t-il ?

— Non. Pas en ce qui concerne les animaux purs et impurs. L’apôtre Paul nous dit : « Mangez de tout ce qui se vend à la boucherie… car la terre est au Seigneur et tout ce qu’elle contient » (1 Corinthiens 10:25-26). « Toute créature de Dieu est bonne et il n’y en a aucune qui soit à rejeter » (1 Timothée 4:3-5). Mais Dieu veut encore maintenant que ceux qui sont rachetés à grand prix, par le sang de l’Agneau sans défaut et sans tache, soient saints. « Soyez saints », dit-il aussi aux chrétiens, « car moi je suis saint ». « Jésus Christ s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis ». Aussi l’apôtre Paul, en nous rappelant que nous sommes le peuple de Dieu et que Dieu habite au milieu de nous, ajoute-t-il : « C’est pourquoi sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai » (1 Pierre 1:16, 18 ; Tite 2:14 ; 2 Corinthiens 6:16, 17).

— De qui veut-il parler ?

— Des incrédules, des injustes, de ceux qui marchent dans les ténèbres et qui préfèrent le monde à Christ. Il ne s’agit pas pour le chrétien, comme pour l’Israélite, de souillures extérieures, il s’agit des pensées du cœur et de la conduite tout entière, comme dit l’apôtre : « Purifions nous nous-mêmes de toute souillure de chair et d’esprit » (2 Corinthiens 7:1). Nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce, afin que le péché ne domine plus sur nous (Romains 6:14, 18, 19).

— Le Seigneur demande que nous soyons tout à Lui.

— En effet, mais pour cela il nous a donné une nouvelle vie, une nouvelle nature, afin que nous prenions plaisir à le servir. C’est ainsi que nous serons heureux. « Quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, rendant grâce par lui à Dieu le père » (Colossiens 3:17). Cela comprend en effet toute notre vie, comme le dit encore l’apôtre : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Corinthiens 10:31). Tu vois que Dieu demande aussi bien de nous que des Israélites, que tous les détails de notre vie soient dirigés en vue de Lui.

— Oui, mais comment connaître ainsi ce qui est selon Dieu ? Les Israélites avaient des directions bien précises.

— La parole de Dieu, le Saint-Esprit, la prière nous donnent bien plus qu’à eux. Vois, par exemple, quand il est dit : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde : si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui, parce que tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, n’est pas du Père mais est du monde » (1 Jean 2:15-16). Puis : « N’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les aussi » (Éphésiens 5:11) ; et encore : « Que toutes les choses qui sont vraies, toutes les choses qui sont vénérables, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée,… que ces choses occupent vos pensées » (Philippiens 4:8). Est-ce que nous ne trouvons pas là et en bien d’autres endroits ce qui est selon Dieu ?

— C’est bien vrai.

— Et sais-tu ce que l’apôtre demandait pour ses chers Philippiens ? « Je demande ceci dans mes prières, que votre amour abonde encore de plus en plus en connaissance et toute intelligence pour que vous discerniez les choses excellentes, afin que vous soyez purs et que vous ne bronchiez pas jusqu’au jour de Christ » (Philippiens 1:9-10). Et pour les Colossiens ? « Nous ne cessons pas de prier et de demander pour vous, que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre » (Colossiens 1:9-10). Ce qu’il demandait pour eux, nous pouvons le demander pour nous-mêmes, et plus nous serons ainsi tout à Dieu, plus nous serons remplis de joie.

— Je désire qu’il en soit ainsi pour moi. Mais que signifie ce que Dieu fait voir à l’apôtre Pierre, quand il lui montre un grand drap lié par les quatre coins, rempli de bêtes, de reptiles et d’oiseaux, et qu’une voix lui dit : Tue et mange ? Est-ce pour lui apprendre qu’on pouvait manger de toutes les bêtes ?

— Oui, cela signifiait que la loi avec ses prescriptions avait pris fin. Mais cela surtout indiquait à Pierre que désormais il n’y avait plus de peuple terrestre à part, et qu’un pauvre païen était admis, tout comme un Juif, aux bénédictions que la grâce apportait. Avant cela, un Juif tenait pour impur quiconque n’était pas Juif, et il avait raison ; mais la grâce et la vérité venues par Jésus-Christ, sont pour tous (Jean 1:9 ; Tite 2:11 ; Jean 12:32).

 

8                        Lévitique 13 et 14 — La Lèpre

 

— Dieu ne s’occupait pas seulement de la nourriture des Israélites mais aussi de leur santé.

— Comment cela ?

— Le péché, mon enfant, a amené les maladies. Il y en avait, qui, par leur nature, rappelaient plus particulièrement le mal qui rend l’homme impur devant Dieu. À cause de cela, elles souillaient ceux qui en étaient atteints. Parmi ces maladies, la plus terrible était la lèpre. Te rappelles-tu quelques exemples de personnes affligées de cette maladie ?

— Oh oui. Il y avait Naaman le Syrien et le pauvre homme que Jésus guérit.

— Oui, et la parole de Dieu en mentionne encore d’autres.

— En quoi consistait cette maladie ?

— Elle se montrait dans la peau, mais indiquait un principe intérieur de mal. Elle commençait par des tâches et des pustules blanches qui s’étendaient, se manifestant surtout aux parties chevelues. La peau devenait blanche, gonflait, se crevassait, laissant voir la chair vive. Les ongles tombaient des pieds et des mains qui s’enflaient ; les oreilles et le nez étaient rongés par des ulcères, les cheveux tombaient. Toute la personne du lépreux présentait ainsi un aspect dégoûtant et horrible.

— Quelle affreuse maladie !

— En effet. Elle nous est montrée, dans plusieurs cas, comme l’effet d’un châtiment de Dieu infligé immédiatement à quelqu’un de très coupable.

— Comme Guéhazi, qui avait menti à Élisée, n’est-ce pas ?

— Oui. Marie, sœur de Moïse, en fut aussi frappée, pour avoir mal parlé de son frère, serviteur de l’Éternel. La même chose arriva au roi Ozias qui, dans son orgueil, avait voulu entrer dans le temple et offrir le parfum, ce qui n’était permis qu’aux sacrificateurs (2 Rois 5:27 ; 2 Chroniques 26:16-21 ; Nombres 12).

— Et que faisait-on aux lépreux ?

— Quand un homme était déclaré lépreux, il déchirait ses vêtements et découvrait sa tête en signe de douleur. Il devait couvrir sa lèvre supérieure, sortir du camp, se tenir à l’écart de tous les autres, et quand quelqu’un venait près de lui, il criait : « Impur ! Impur ! »

— Pourquoi devait-il dire cela ?

— Afin que personne ne l’approchât, car la lèpre était une maladie très contagieuse, et celui qui l’aurait touché aurait été souillé.

— Pauvre homme ! Ainsi, il devait vivre, tout seul, loin de sa famille et de ses amis ; mais ne pouvait-on pas guérir de cet horrible mal ?

— Oui. Ne te rappelles-tu pas Naaman, le Syrien, et les lépreux des évangiles ? Marie aussi fut guérie. Mais Dieu seul pouvait le faire.

— Comment est-ce qu’on savait que quelqu’un avait cette maladie ?

—Quand on voyait à une personne une tache ou une plaie qui semblait indiquer la lèpre, on l’amenait au sacrificateur. Celui-ci, d’après les indications de la parole de Dieu, examinait si c’était ou non une plaie de lèpre, et si la personne pouvait rester dans le camp ou devait en être exclue. Quand il y avait quelque incertitude, le malade était renfermé pendant 7 jours, après lesquels le sacrificateur l’examinait de nouveau, puis pendant 7 autres jours, afin de pouvoir bien s’assurer de la nature du mal. Tu vois quel soin Dieu mettait à ce que son peuple fût conservé sans souillure. Et quand le lépreux était guéri, il ne pouvait rentrer dans le camp avant d’avoir été purifié.

— Mais comment le lépreux savait-il qu’il était guéri ?

— C’était encore le sacrificateur qui en décidait. Il sortait du camp vers le lépreux, et examinait si en effet il était guéri.

— Et dans ce cas, le lépreux pouvait rentrer dans le camp, n’est-ce pas ?

— Non ; il fallait encore qu’il fut purifié.

— Comment cela se faisait-il ?

— On prenait deux oiseaux purs vivants, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope. Puis on coupait la gorge à l’un des oiseaux, au-dessus d’un vase renfermant de l’eau vive, de manière à ce que son sang y coulât. Ensuite, le sacrificateur prenait le second oiseau vivant avec le bois de cèdre, l’écarlate et l’hysope, trempait le tout dans le sang et l’eau, et en faisait aspersion sept fois sur celui qui était souillé ; puis l’oiseau vivant était lâché. Le lépreux était alors nettoyé ; il devait encore laver ses vêtements, raser tout son poil et se laver dans l’eau. Après cela, il pouvait rentrer dans le camp, mais pas encore dans sa tente.

— Que signifient toutes ces choses ?

— La lèpre est une figure du péché agissant en nous et souillant tout notre être. Rien ne pouvait mieux le représenter que cette horrible maladie, et nous voyons que David, après avoir péché, y pensait quand il disait : « purifie-moi du péché avec de l’hysope, et je serai net » (Psaume 51:7). Christ est le sacrificateur. Il voit tout le péché qui est dans nos cœurs ; mais quand un pécheur reconnaît son misérable état et vient, comme le pauvre lépreux (Marc 1:40-41), se jeter aux pieds de Jésus, le Seigneur lui dit : « Je le veux, sois net ». Et sais-tu pourquoi Jésus peut-il dire cela au pécheur ?

— Oh oui. C’est parce qu’il est mort sur la croix et que son sang nous purifie de tout péché. Je comprends maintenant que c’est là ce que signifie l’oiseau à qui l’on coupait la gorge. Mais que veut dire l’eau vive, dans laquelle on faisait couler le sang ?

— Cela représente le Saint-Esprit. Nous lisons, que Christ, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache (Hébreux 9:14) ; et c’est le Saint-Esprit aussi qui nous fait comprendre et saisir l’efficacité du sang de Christ pour laver nos souillures.

— Et le second oiseau qu’on laissait s’envoler, qu’est-ce qu’il représentait ?

— C’est encore Christ. Il n’est pas resté dans la mort ; après y avoir passé, il est ressuscité, et comme l’oiseau qui s’envolait vers le ciel, Christ est monté en haut. Et qu’est-ce que cela nous apprend ? C’est que le péché est tout à fait ôté. Il est mort pour nos offenses et est ressuscité pour notre justification. Après avoir fait par lui-même la purification des péchés, il s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux (Romains 4:25 ; Hébreux 1:3).

— Pourquoi est-ce avec du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate, qu’on faisait aspersion du sang sur le lépreux ?

— Je pense que ces choses représentent les choses du monde et toutes celles de la nature. L’écarlate était une couleur très précieuse et recherchée des riches et des grands chez les Juifs (2 Samuel 1:21 ; Proverbes 31:22) ; le cèdre, un arbre grand et majestueux, figure de la dignité et de la force royales ; son bois était considéré comme l’un des plus précieux ; quant à l’hysope, c’est une toute petite plante. Ainsi tout ce qui se rapporte au monde et à la nature (1 Rois 4:33), est comme plongé dans le sang de Christ et y prend fin pour le croyant (Galates 6:14 ; 2 Corinthiens 5:17).

— Tu m’as dit que le lépreux devait encore laver ses vêtements, se raser tout le poil et se laver lui-même dans l’eau ; qu’est-ce que cela signifiait ?

— Non seulement la mort du Seigneur Jésus satisfait la justice de Dieu, mais elle nous place devant Dieu dans la pureté qui lui convient. C’est ce que représente l’eau dont se lavait le lépreux. Nous voyons, en effet, que du côté percé de Jésus sortit du sang et de l’eau (Jean 19:34 ; lisez aussi 1 Jean 5:6). Et quant à ce que le lépreux devait laver ses vêtements et raser son poil, cela nous montre que l’on a à se purifier de tout ce qui dans la vie pourrait être entaché de souillure. Après cela, le lépreux était net, il pouvait rentrer dans le camp, reprendre sa place au milieu du peuple.

— Qu’il devait être heureux ! Mais il ne pouvait pas rentrer dans sa tente. Quand le pouvait-il ?

— Il devait attendre sept jours ; puis se raser encore tout son poil et laver ses vêtements et tout son corps. Il se débarrassait, pour ainsi dire, de ce qui appartenait à l’ancien « lui-même ». Alors il était net, et le huitième jour, il apportait des offrandes à l’Éternel.

— Lesquelles ?

— C’étaient deux agneaux, une brebis, de l’huile et de la farine fine, et le sacrificateur le présentait à l’Éternel avec ses offrandes à la porte du tabernacle. Là on offrait un agneau pour le délit et on mettait de son sang sur l’oreille droite, le pouce droit et l’orteil droit du lépreux. On faisait la même chose avec l’huile, après en avoir fait sept fois aspersion devant l’Éternel.

— C’était comme pour les sacrificateurs.

— En effet ; et cela indiquait comme pour eux que le lépreux nettoyé était maintenant consacré à Dieu dans tout son être. Lui qui auparavant était souillé et souillait ceux qui l’approchaient, pouvait servir Dieu. Après cela, on offrait le sacrifice pour le péché, puis l’holocauste et le gâteau.

— Pouvait-il alors rentrer chez lui ?

— Oui ; il jouissait maintenant de tous ses privilèges dans le camp et dans sa maison.

— Mais cela n’aurait-il pas pu avoir lieu après les premiers sacrifices ?

— Non. Le pécheur qui vient à Jésus a besoin, non seulement de savoir qu’il est pardonné, mais aussi qu’en vertu de la mort de Christ et par la puissance du Saint-Esprit, il est entièrement consacré à Dieu. De plus Dieu désire qu’il apprécie Christ dans toute l’excellence de son œuvre et de sa personne. C’est là avoir communion avec Dieu, et c’est ce que représentent le sacrifice pour le péché, l’holocauste et le gâteau. Christ a été fait péché pour nous, afin d’ôter nos péchés. Christ a été obéissant jusqu’à la mort de la croix ; et enfin, il a été sur la terre, dans toute sa vie, l’homme parfait. Quand une fois on est sauvé, notre privilège est de nous occuper de ce qui occupe les pensées et le cœur de Dieu.

— Merci, je crois comprendre ce que tu viens de me dire. Oh ! Comme l’on est heureux de connaître Jésus.

— En effet, rien n’est plus doux que d’entendre Jésus lui-même nous proclamer nets, en vertu de son œuvre, et ensuite nous introduire auprès de Dieu pour jouir de sa communion.

— Est-ce tout ce que Dieu dit à Moïse au sujet de la lèpre ?

— Non. La lèpre pouvait aussi attaquer les vêtements.

— Que faisait-on dans ce cas ?

— Quand le sacrificateur avait bien constaté que le vêtement était infecté, il fallait le brûler. Quand la tâche ne s’étendait pas, mais qu’après avoir été lavée, elle diminuait, il déchirait la partie infectée ; si la tache, après le lavage, avait disparu, on lavait encore le vêtement et il était net. Comprends-tu un peu ce que cela veut dire ?

— Dieu ne voulait pas que son peuple portât rien qui pût le souiller, mais je ne comprends pas très bien quel rapport cela a avec nous.

— Les choses qui nous entourent, la position où nous sommes, la vocation où nous sommes engagés, les sociétés que nous fréquentons, nos habitudes, sont comme le vêtement qui nous enveloppe. Si, dans ces choses, il y en a qui ne conviennent pas à notre caractère de chrétiens, à la sainteté que Dieu demande des siens, il faut les abandonner. « N’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres », dit l’apôtre (Éphésiens 5:11). La parole de Dieu, comme une eau qui lave, doit être appliquée à tout dans notre vie, pour que nous discernions ce qui ne convient pas à Dieu, ce qu’il est nécessaire que nous laissions, et il peut arriver qu’un homme ait à abandonner sa position si elle est telle qu’il ne peut y servir Dieu. Oh ! Ma chère enfant, nous ne saurions trop nous rappeler la parole de Pierre : « comme celui qui vous a appelé est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite » (1 Pierre 1:15). Il me reste encore une chose à te dire touchant la lèpre.

— Laquelle ?

— C’est que cette maladie pouvait infecter une maison.

— Quelle chose étrange ! Mais dans le désert, ils habitaient sous des tentes.

— Oui ; aussi c’est pour le moment où ils seraient entrés dans le pays de Canaan, que Dieu donne ses directions ; car là ils devaient bâtir des maisons. Quand quelqu’un voyait contre les parois de sa maison une tache, il avertissait le sacrificateur qui venait l’examiner. On fermait la maison pendant sept jours ; si, après ce temps, la tache s’était étendue, on ôtait les pierres souillées, on les remplaçait par d’autres, on grattait tout l’enduit de la maison et on l’enduisait de nouveau mortier. Si, malgré cela, la plaie continuait, on démolissait la maison, et on en transportait les matériaux hors de la ville. Si, au contraire, la maison ne présentait plus de tache, la plaie était guérie, la maison nette, et on la purifiait, comme le lépreux, avec deux oiseaux purs vivants, du bois de cèdre, de l’écarlate et de l’hysope.

— Je comprends bien que les Israélites ne pouvaient pas demeurer dans une maison impure, mais qu’est-ce que cela nous enseigne ? Je n’ai jamais entendu parler de semblables maisons chez nous.

— La maison représente une assemblée de chrétiens. Les personnes qui la composent en sont comme les pierres. Si, dans une assemblée, se manifeste quelque mal, il faut y faire attention et reprendre la personne qui ne marche pas bien (Galates 6:1 ; Matthieu 18:15-17) Mais si elle persiste dans le mal, il faut la séparer de l’assemblée. C’est ce qui était arrivé dans l’assemblée de Corinthe, et l’apôtre Paul dit aux chrétiens de cette assemblée : « Otez le méchant du milieu de vous » (1 Corinthiens 5). Mais quand le mal continue encore, l’assemblée tout entière est dans un mauvais état, comme nous en avons un exemple dans l’assemblée de Laodicée (Apocalypse 3:14-16).

— Quelle triste chose ce doit être pour un chrétien d’être séparé des autres.

— Oui, mais Dieu demande cela pour montrer sa sainteté. Il habite par son Esprit au milieu des siens. Chaque chrétien doit être saint, et chaque assemblée de chrétiens aussi. Un saint ne peut rester uni à ceux qui marchent mal. C’est ce que la parole de Dieu enseigne en bien des endroits. Il ne faut pas même manger avec ceux qui vivent dans le péché, tout en se disant frères. « Un peu de levain fait lever toute la pâte, et les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs » (Romains 16:17 ; 2 Thessaloniciens 3:14-15 ; 2 Timothée 3:5 ; 1 Corinthiens 5:6 ; 15:33).

— Mais quand un homme est ainsi séparé d’une assemblée, ne peut-il y rentrer ?

— Oh oui ! Béni soit Dieu. On le sépare pour qu’il rentre en lui-même, reconnaisse son péché, le confesse, s’humilie, et, comme le lépreux, il rentre au milieu des siens. Il devient comme une pierre nouvelle. C’est ce qui eut lieu à Corinthe (2 Corinthiens 2:6-8).

 

9                        Lévitique 16 — Le grand Jour des Propitiations

 

— Nous avons à nous entretenir d’un jour bien remarquable dans l’année, pour les Israélites. Te rappelles-tu comment était divisé le tabernacle ?

— Oui, en deux parties : d’abord le lieu saint, puis, derrière le voile, le lieu très saint où se trouvait l’arche.

— C’est cela. Et qu’est-ce que c’était que l’arche ?

— Tu m’as dit que c’était le trône de Dieu.

— En effet. Dieu avait promis qu’il serait là, entre les deux chérubins, et après que le tabernacle eut été dressé, l’Éternel vint habiter au milieu de son peuple racheté, dans la demeure qui Lui avait été construite (Exode 25:22 ; 29:43 ; 40:34). Mais les Israélites pouvaient-ils entrer dans le lieu très saint ?

— Oh non ! Tu m’as dit que les sacrificateurs seuls entraient seulement dans le lieu saint. Mais je ne me rappelle pas si quelqu’un pouvait entrer dans le lieu très saint.

— Eh bien, nous allons le voir. Après la mort de Nadab et d’Abihu, l’Éternel parla à Moïse et lui dit : « Dis à Aaron, ton frère, qu’il n’entre point en tout temps dans le sanctuaire, au-dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, afin qu’il ne meure point ; car je me montrerai dans une nuée sur le propitiatoire ».

— Quand donc Aaron pouvait-il entrer dans le lieu très saint ?

— Une fois l’an ; le dixième jour du septième mois. C’est le jour remarquable dont je te parlais et que l’on nomme le jour des propitiations.

— Pourquoi le nommait-on ainsi ?

— C’est qu’en ce jour-là le sacrificateur faisait propitiation pour les enfants d’Israël afin de les nettoyer de tous leurs péchés et de toutes leurs souillures. La propitiation était même faite pour le saint sanctuaire, pour le tabernacle d’assignation, et pour l’autel, aussi bien que pour les sacrificateurs et tout le peuple.

— Pourquoi ce jour était-il nécessaire, puisqu’il y avait des sacrifices offerts chaque fois que l’on avait péché ? Et pourquoi le sanctuaire, le tabernacle et l’autel avaient-ils besoin d’être purifiés ?

— Je te poserai quelques questions qui t’aideront à répondre toi-même. Comment les enfants d’Israël furent-ils mis à l’abri du jugement en Égypte ?

— Par le sang de l’agneau mis sur leurs portes. Cela représente le sang précieux de Christ qui nous a rachetés du jugement, n’est-ce pas ?

— Oui. Maintenant, quand l’assemblée ou quelque individu du peuple avait péché, de quoi avait-il besoin ? De quoi as-tu besoin quand tu as désobéi ?

— De pardon.

— Et que devait faire celui qui avait péché ?

— Il offrait un sacrifice, et Dieu lui pardonnait, parce que l’animal mourait à sa place.

— C’est bien ; et tu as compris que c’est ainsi que Dieu nous pardonne à cause de Christ.

— Oui, je me rappelle aussi ce passage : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés ». Mais c’est parce que le Seigneur Jésus a souffert à notre place, n’est-ce pas ?

— Sans doute. Te rappelles-tu aussi un cas où un Israélite était exclu du camp ?

— Ah ! C’était le pauvre lépreux.

— Et quand pouvait-il rentrer dans la société de ses frères ?

— Quand il était guéri ; mais il devait offrir des sacrifices.

Oui. C’est uniquement à cause de la valeur du sang, c’est à dire la mort d’une victime pure, que l’on échappe au jugement, que les péchés sont pardonnés et que la souillure peut-être ôtée, de manière à être en communion avec Dieu. Mais il y a une autre chose plus grande et plus étendue.

— Quelle est-elle ?

— Précisément ce qui se faisait le jour des propitiations, et cela répondra à tes questions. Qu’étaient les Israélites, comme d’ailleurs tous les hommes, dans leur nature ?

— Des pécheurs.

— Oui, et le péché exclut l’homme de la présence de Dieu. Sa sainteté ne peut le tolérer. Or Dieu habitait au milieu d’eux, peuple de pécheurs. Comment pouvait-il y rester ? C’est en vertu de la propitiation qui était faite ce jour là. As-tu compris ?

— Je pense que oui. Ce n’est pas à cause de leurs méchantes actions seulement, puisqu’alors ils offraient des sacrifices pour être pardonnés, mais c’est à cause de leur méchant cœur naturel que Dieu n’aurait pas pu rester au milieu d’eux, ni eux s’approcher de Lui. Mais je t’ai aussi demandé pourquoi le tabernacle avait besoin d’être purifié ?

— C’est parce que le péché qui souillait les enfants d’Israël souillait aussi ce qui était près d’eux. Si tes mains sont sales et que tu touches quelque chose de propre, tu la salis.

— Je comprends cela et je me rappelle que les yeux de Dieu sont trop purs pour voir le mal.

— C’est ainsi que le péché de l’homme a tout souillé dans la création. Mais Christ est la propitiation pour nos péchés, et non pas seulement pour les nôtres, mais aussi pour le monde entier (1 Jean 2:2)

— Je ne comprends pas très bien cela. Cela veut-il dire que tout le monde est sauvé ?

— Non ; mais d’abord, à cause de Christ qui a aboli le péché par le sacrifice de Lui-même, ceux qui croient en Lui subsistent devant Dieu et peuvent s’approcher de Lui ; et ensuite, cette propitiation s’étend à tout le monde, de telle sorte que Dieu peut avec justice recevoir tout pécheur. Et c’est pour cela que l’évangile est prêché partout.

— Qu’est-ce ce qu’Aaron devait faire pour entrer dans le lieu très saint ? Ne devait-il pas avoir bien peur quand il entrait ainsi dans la présence de Dieu ?

— Non, parce qu’il venait de la manière que Dieu avait prescrite. S’il y était venu un autre jour, ou autrement que selon l’ordre établi de Dieu, il serait mort. Mais en faisant ce que Dieu lui disait, il ne devait avoir aucune crainte. Et c’est ainsi que nous ne pouvons nous approcher de Dieu et subsister devant Lui et être heureux en Sa présence, que par le moyen qu’Il a établi, c’est à dire par son Fils bien-aimé. Mais si nous croyons en Jésus, nous pouvons nous approcher de Dieu sans crainte (Hébreux 10:19-22).

Voici ce que Dieu commanda à Moïse pour Aaron : « Aaron entrera en cette manière dans le sanctuaire : avec un veau pour le péché et un bélier pour l’holocauste. Il se revêtira de la sainte chemise de lin, ayant mis les caleçons de lin sur sa chair, et il se ceindra du baudrier de lin et portera la tiare de lin. Ce sont les saints vêtements dont il se vêtira après avoir lavé sa chair avec de l’eau ».

— J’aurais pensé qu’Aaron mettrait ses beaux vêtements pour entrer en la présence de Dieu.

— Non, cela ne pouvait être ; car ces vêtements parlaient de la gloire du Seigneur Jésus après que son œuvre fut accomplie. Ici, il s’agit de la sainteté de Dieu et de ce qui doit être fait pour que l’homme puisse subsister devant cette sainteté. Aussi Aaron doit-il d’abord se laver dans l’eau qui ôte les souillures et se revêtir des vêtements de lin, symbole de la pureté et de la sainteté. Après cela, Aaron devait prendre « de l’assemblée des enfants d’Israël deux jeunes boucs pour le péché et un bélier pour l’holocauste ».

— Pour qui donc étaient le veau pour le péché et le premier bélier ?

— Ils étaient pour Aaron et pour sa maison.

— Mais Aaron ne représente-t-il pas le Seigneur Jésus ?

— Sans doute, et l’eau dont il a été lavé et les saints vêtements dont il est revêtu, représentent la pureté et la sainteté parfaite de Christ.

— Pourquoi faut-il donc qu’Aaron offre un veau pour le péché pour lui et sa maison ?

— C’est qu’Aaron était un homme pécheur et qu’ainsi il avait à offrir des sacrifices pour lui-même (Hébreux 5:3 ; 9:7). Quant à sa maison, c’est à dire les autres sacrificateurs, ses fils, je t’ai déjà dit qu’ils représentent les chrétiens, et pour eux, ils avaient besoin d’une victime pour le péché. Après qu’Aaron avait offert le veau pour le péché et fait propitiation pour lui et pour sa maison, il devait prendre les deux boucs, les présenter à l’Éternel devant l’entrée du tabernacle d’assignation, et jeter le sort sur eux. L’un d’eux était pour l’Éternel et devait être sacrifié en offrande pour le péché ; l’autre était présenté vivant devant l’Éternel, pour faire propitiation par lui et était ensuite envoyé dans le désert.

— Quelle chose étrange ! Que voulait dire cela ?

— Je te l’expliquerai plus tard. Pour aujourd’hui rappelle-toi bien ceci ; c’est que si un monde souillé par le péché, si des pécheurs ennemis de Dieu subsistent, si Dieu use de patience, avec justice cependant, et attend pour faire grâce, faisant annoncer l’évangile du salut, c’est à cause du sacrifice de Christ.

 

10                  Lévitique 16 — Le grand Jour des Propitiations (suite)

 

Nous allons voir aujourd’hui comment Aaron entrait en la présence de l’Éternel.

— Et tu me diras aussi ce que signifiait ce bouc que l’on envoyait au désert.

— Oui. Mais chaque chose vient à sa place dans les leçons que Dieu nous donne. Aaron, ayant offert son veau pour le péché, prenait un encensoir rempli de la braise du feu de l’autel d’or, et plein ses mains de parfum. Alors il entrait derrière le voile, dans le lieu très saint, en versant le parfum sur le feu. La nuée d’odeur exquise qui s’élevait couvrait le propitiatoire, et Aaron ne mourait point.

— Pourquoi Aaron avait-il besoin de cette nuée de parfum pour ne point mourir ?

— Parce qu’Aaron était un homme pécheur pour qui la présence de Dieu était impossible, à moins d’être couvert par quelque chose d’excellent. Aaron, tu le sais, représente Jésus, notre grand souverain sacrificateur. Jésus est entré dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu (Hébreux 9:24). Mais il y est entré dans toute l’excellence de ce qu’il est comme homme, c’est ce que désigne le parfum agréable à Dieu, et c’est dans la mort et le jugement par où Jésus a passé, que s’est exhalé cette bonne odeur. Voilà ce que représente le feu de l’autel.

— Et nous, ne pouvons-nous pas entrer devant Dieu ?

— Certainement, mais comme Aaron, cela est impossible par nous-mêmes, dans l’état de péché où nous sommes. Nous avons besoin d’être couvert par l’excellence de Christ. Nous sommes « agréables dans le Bien-aimé » (Éphésiens 1:6). Christ est pour nous le seul moyen de subsister devant Dieu.

— Que faisait ensuite Aaron ?

— Il prenait du sang du veau pour le péché et en faisait aspersion sur le propitiatoire, et sept fois avec son doigt sur le devant du propitiatoire. Il en faisait de même avec le sang du bouc offert pour le peuple. Peux-tu me dire ce que représentent la victime et le sang dont Aaron faisait aspersion ?

— Oui ; la victime, c’est le Seigneur Jésus, et le sang est celui qu’il a versé sur la croix. Mais je ne comprends pas bien pourquoi Aaron devait mettre sur le propitiatoire et devant.

— Je vais te le dire. Christ est entré une fois pour toutes, avec son propre sang, dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle, c’est à dire dont la vertu dure toujours (Hébreux 9:12). Ce n’est pas comme Aaron, qui devait renouveler chaque année les mêmes sacrifices, parce qu’ils ne pouvaient ôter les péchés (Hébreux 10:4). Mais Christ a été manifesté une seule fois pour l’abolition des péchés par son sacrifice (9:26). Le sang était mis sur le propitiatoire, Dieu le voyait là et pouvait dire aux Israélites : « Je suis satisfait à cause de cette victime offerte pour le péché ; je puis rester au milieu de vous et vous recevoir ». Aaron voyait le même sang devant le propitiatoire et pouvait dire pour lui-même et pour les enfants d’Israël : « Dieu est satisfait par ce sang ; nous pouvons, nous pécheurs, nous approcher de Lui ». N’est-ce pas la même chose pour nous ?

— J’en suis bien sûre et cela me rend bien heureuse. Quand je m’approche de Dieu, je n’ai pas besoin d’avoir peur ; je pense que Dieu voit le sang de Jésus qui, par sa mort, a satisfait sa justice, et il me reçoit ; et je pense aussi à ce sang précieux qui purifie de tout péché (1 Jean 1:7), et me rend devant Dieu plus blanche que la neige. Oh, quel Sauveur que Jésus !

— Oui. Dieu a présenté Christ « pour propitiatoire par la foi en son sang » (Romains 3:25). C’est ainsi qu’Aaron entrait devant Dieu sans mourir, et faisait expiation pour le sanctuaire et le tabernacle, à cause des souillures des enfants d’Israël. Mais il y a une grande différence avec ce qui a lieu maintenant. Aaron entrait dans le sanctuaire, seul, pour un moment très court, et une fois par an ; tandis que maintenant le voile a été déchiré par la mort de Jésus (Matthieu 27:51), et tout pécheur croyant a, par le sang de Jésus, libre accès auprès de Dieu (Hébreux 10:19-20). Oh, pense combien c’est une chose glorieuse, de voir tous les saints, des milliers et des milliers, s’approcher ensemble par la foi et sans crainte, du trône de Dieu, devant lequel ils voient le sang de Christ, qui les met dans une sécurité parfaite, et Christ lui-même, les abritant dans toute l’excellence de sa personne.

— En effet, c’est bien merveilleux. Et bientôt ce sera dans le ciel même.

— Oui, car Christ y est entré comme notre précurseur (Hébreux 6:20).

— Aaron avait-il besoin de quelqu’un pour l’aider à faire toutes ces choses ?

— Non. Tout devait s’accomplir par lui seul, en présence de Dieu, loin des yeux du peuple et même des sacrificateurs. Et, de même, quelqu’un pouvait-il aider Jésus dans son œuvre sur la croix ? Quelqu’un était-il avec Lui dans les ténèbres où il criait : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

— Personne ! Ce bon Sauveur souffrait seul pour nous sauver. Personne ne pouvait l’aider ; oh comme il nous a aimés !

— Après qu’Aaron était sorti du lieu très saint, il mettait du sang sur l’autel d’or, car tout devait être purifié par le sang (Hébreux 9:22). L’autel d’or et le parfum qu’on y mettait représentent l’intercession de notre précieux Sauveur dans le ciel (lisez Hébreux 9:23), mais bien que parfait en elle-même, comme elle s’exerce en faveur des pécheurs, le sang, la mort, qui répond aux droits de la justice de Dieu, était nécessaire. Peux-tu le comprendre ?

— Je le pense. Nous sommes des pécheurs et à cause de cela, nous ne pouvons jouir d’aucune bénédiction, excepté par le sacrifice de Jésus. Mais j’aimerais savoir ce que faisait Aaron après être sorti du tabernacle. S’occupait-il du bouc vivant ?

— Oui ; il posait les mains sur la tête de ce bouc, et confessait sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël, les faisant ainsi passer, pour ainsi dire, sur l’animal. Puis le bouc était conduit au désert par un homme qui le laissait là, et le bouc emportait tous ces péchés dans une terre inhabitable.

— Cela je le comprends bien. C’est Jésus qui a chargé tous nos péchés sur Lui et les a emportés loin de la vue de Dieu, n’est-ce pas ?

— Oui. Il s’est mis à notre place ; il a porté nos péchés en son corps sur le bois ; il est descendu dans la mort à cause de ces péchés, et Dieu étant satisfait de son sacrifice, l’a ressuscité d’entre les morts. C’est là, dans le sépulcre, dans cette terre inhabitable, qu’il a laissé nos péchés et, pour nous le montrer, Dieu déclare : «  Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés, ni de leurs iniquités » (Ésaïe 53:4-6 ; 1 Pierre 2:24 ; Hébreux 10:17).

— Quel bonheur pour nous ! Combien l’amour de Dieu est grand !

— C’est cet amour qui sera le sujet de nos louanges pendant l’éternité. Le sacrifice parfait de Christ a glorifié Dieu en ôtant le péché ; en même temps, il nous permet d’approcher de Lui, parce que tous nos péchés sont pardonnés, et cela pour célébrer ses louanges. Quand Aaron avait accompli toute l’œuvre, qui ôtait de devant Dieu les souillures des enfants d’Israël, il offrait l’holocauste, sacrifice de bonne odeur à Dieu. Et le chrétien sauvé contemple la perfection de l’amour du Seigneur Jésus, « qui s’est offert Lui-même pour nous comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur » (Éphésiens 5:2).

— Le peuple n’avait rien à faire dans le sanctuaire, mais que faisait-il dehors pendant cette journée ?

— L’Éternel avait dit : « Vous affligerez vos âmes et vous ne ferez aucune œuvre ». Que pouvaient-ils faire pour ôter leurs souillures ? Absolument rien, ni dans le sanctuaire, ni au dehors. Ils ne pouvaient que se tenir en repos. Et quant à s’affliger, n’étaient-ce pas leurs péchés qui obligeaient Aaron d’accomplir cette œuvre de propitiation ? Voilà pourquoi ils devaient s’affliger. Et nous, mon enfant, qu’avons-nous pu faire pour ôter nos nombreux péchés ? Rien, n’est-ce pas ? Ni prières, ni œuvres, ni jeûnes ne peuvent en ôter un seul. Et quand nous voyons combien, pour les ôter, Christ a dû souffrir sur la croix, comment n’en goûterions-nous pas l’amertume ?

— Oh, c’est bien vrai. Mais nous sommes cependant heureux d’être sauvés et de nous approcher de Dieu.

— Assurément, et c’est le désir de ce précieux Sauveur que notre joie et notre bonheur soient parfaits. Mais plus nous verrons ce qu’il est et ce qu’il a souffert, plus notre péché nous paraîtra une chose affreuse. Quand tu as été désobéissant et que je t’ai pardonné, ne sens-tu pas ta faute d’autant plus que tu es plus heureuse d’être de nouveau auprès de moi ?

— Oui, je comprends ce que tu veux dire. C’est en pensant à la croix où Jésus a versé son sang pour moi, que je verrai toujours quelle misérable pécheresse j’étais et toute l’étendue de son amour.

— L’apôtre Paul, en pensant au Seigneur Jésus, disait : « Le Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Galates 2:20).

 

11                  Lévitique 17 — Le lieu du sacrifice, la sang, la vie

 

— Les enfants d’Israël savaient que chaque année revenait le jour des propitiations pour les purifier de leurs souillures, afin que Dieu pût demeurer au milieu d’eux ; mais penses-tu que cela dût être pour eux un motif d’être négligents à faire ce que Dieu demandait ou à s’abstenir de ce qu’il défendait ?

— Oh ! non ; s’ils l’avaient fait, ils auraient été bien méchants et bien ingrats envers Dieu.

— C’est pour leur faire comprendre cela que, dans les chapitres qui suivent, Dieu insiste de la manière la plus pressante sur ses droits comme étant l’Éternel leur Dieu, qui les avait délivrés du pays d’Égypte, et sur la sainteté qui convenait à son peuple. Mais avant de continuer, je te dirai que ce qui était vrai pour les Israélites, l’est encore bien plus pour nous. Christ est mort pour nos péchés, pour les ôter de devant Dieu. Est-ce une raison pour nous de vivre comme il nous plaît, sans nous inquiéter de ce que Dieu demande de nous ?

— Non, certainement pas. Ce serait pécher contre Lui. Et comment aimerions-nous commettre ce qui a fait mourir Jésus et ce qui déplaît à Dieu qui nous a tant aimés ?

— Tu as raison. Aussi l’apôtre Paul dit-il : « Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Qu’ainsi n’advienne ! Nous qui sommes morts au péché, com