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Entretiens sur la Genèse
Création, chute de l’homme, déluge, Babel
Genèse ch. 1 à 11
Adrien Ladrierre (probable)
Édition Sandoz, Fischbacher 1871
Table des matières :
1 Chapitres 1 à 2:3 — La création
2 Chapitres 2:4 à 3:24 — La chute
4 Chapitre 4 — Histoire de Caïn et d’Abel
5 Chapitre 5 — Histoire d’Hénoc
6 Chapitres 6 et 7 — Le déluge
7 Chapitres 8 à 9:17 — La sortie de l’arche
8 Chapitres 9:18 à ch. 11 — La tour de Babel
9 Chapitre 19 — Destruction des villes de la plaine — Lot sauvé.
10 Chapitres 20-21 — Naissance d’Isaac — Ismaël.
11 Chapitre 22 — Sacrifice d’Isaac
13 Chapitres 24 et 25:1 à 18 — Mariage d’Isaac. Mort d’Abraham
14 Genèse 25 à 36 — Histoire d’Isaac et de ses fils
14.1 Chapitres 25:19-34, et 26 — Les enfants d’Isaac
14.2 Chapitre 27 — Isaac bénit Jacob et Ésaü
14.3 Chapitre 28 — Le songe de Jacob
14.4 Chapitres 29 à 31 — Jacob chez Laban
14.5 Chapitres 32 à 33 (v 1 à 16) — Rencontre de Jacob et d’Ésaü
14.6 Chapitres 33 (v 17-20) ; 34 et 35 — Jacob en Canaan
14.7 Chapitre 36 — La postérité d’Ésaü
15 Genèse 37 à 50 — Histoire de Jacob et Joseph
15.1 Chapitres 45:25-28 ; 46 à 48 — Israël vient en Égypte — Il bénit les deux fils de Joseph
15.2 Chapitre 49 — Jacob bénit ses fils – Sa mort
15.3 Chapitre 50 — Joseph ensevelit son père — Ses derniers jours
Il manque les entretiens sur les chapitres 12 à 18 ; 37 à 45
— Pourquoi lis-tu toujours la Bible ?
— C’est que je préfère ce livre à tout autre.
— Mais l’auras-tu bientôt fini ?
— Non, jamais je n’arriverai à savoir toutes les choses précieuses qui sont dans ce livre. Il me parle du Seigneur Jésus et m’apprend à connaître Dieu. La Bible est le livre de Dieu ; elle nous dit de sa part des choses que nous n’aurions jamais pu connaître autrement.
— Y a-t-il aussi des histoires dans la Bible ?
— Oui, et de très belles histoires.
— Ne voudrais-tu pas m’en raconter quelques-unes ?
— Volontiers. Je commencerai par la toute première. Elle est dans le premier chapitre de la Genèse.
— La terre n’a pas toujours été telle qu’elle est maintenant. Il y a bien, bien longtemps, il n’y avait sur toute sa surface ni hommes, ni animaux, ni arbres, ni plantes. La terre était tout à fait vide ; le sec même n’existait pas, l’eau couvrait tout et il faisait toujours nuit. Tu comprends donc que Dieu seul a pu nous dire comment ont été faites toutes les choses qui sont maintenant sur la terre et au ciel puisqu’il n’y avait que Lui seul pour le voir. Dieu a toujours existé, Il connaît tout, et la première histoire que renferme son livre est celle de la création, c’est à dire qu’elle nous raconte dans quel ordre et de quelle manière Dieu fit toutes choses.
— Mais n’est-ce pas Lui aussi qui avait fait la terre ?
— Oui, la Bible nous dit qu’au commencement Dieu créa les cieux et la terre. Comme je te le disais, les ténèbres, c’est à dire une obscurité profonde, enveloppait cette immense étendue d’eau qui couvrait la terre. Mais au-dessus se mouvait l’Esprit de Dieu. « Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut ».
— Quelle chose merveilleuse ! Quoi ! Tout d’un coup la lumière apparut, cette belle lumière qui nous fait voir toutes choses ? Dieu est bon de l’avoir créée. Je n’aime pas quand il fait tout noir.
— Moi aussi, je préfère la lumière. Il nous est dit que « Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne ». Là où Dieu se trouve, il y a toujours de la lumière. Pour revenir à notre histoire, Dieu nomma la lumière jour, et les ténèbres nuit. Ce fut là l’œuvre que Dieu accomplit le premier jour. Le jour suivant, Dieu fit la grande voûte bleue étendue sur nos têtes, et l’appela ciel. Le troisième jour, il commanda au sec, à la terre ferme, d’apparaître. Les montagnes s’élevèrent et les vallées s’abaissèrent au lieu même que Dieu leur avait établi. Il rassembla les eaux en certains lieux pour former les mers et les lacs ; puis, sur cette terre ainsi préparée, Il fit croître les arbres, les plantes et toute espèce de verdure et de fleurs.
— Que Dieu est bon d’avoir fait toutes ces belles choses. C’est si agréable de voir le feuillage des grands arbres et de s’asseoir à leur ombre. Puis j’aime tant les prairies toutes vertes et les jolies fleurs avec leur doux parfum. Et tous les fruits qui sont sur les arbres, Dieu les a faits aussi ?
— Oui ; il montre en cela, comme en toutes ses œuvres, la richesse merveilleuse de sa puissance. Le nombre des espèces de plantes est considérable, et cependant chacune a sa forme, son feuillage, sa fleur et son fruit particuliers, comme tu peux l’observer, de sorte que l’on ne saurait les confondre l’une avec l’autre. Et en chacune aussi Dieu a mis une semence qui, plantée en terre, reproduit la plante d’où elle vient. N’est-ce pas admirable ? Ainsi d’une petite graine jetée dans la terre va sortir un grand arbre.
— C’est merveilleux. Crois-tu que Dieu ait créé tous ces arbres et toutes ces plantes si diverses afin que nous y trouvions du plaisir ?
— Certainement. Dieu est amour et manifeste son amour dans tout ce qu’Il fait pour nous. « L’Éternel est bon dans toutes ses œuvres » (Psaume 145:17).
— Qu’est-ce que Dieu a créé après les arbres et les plantes ?
— Que voyons-nous briller dans le ciel ?
— Le soleil pendant le jour, et la lune et les étoiles la nuit
— Eh bien, c’est ce que Dieu fit le quatrième jour, et il mit ces astres dans l’étendue des cieux pour éclairer la terre.
— Que c’est beau ! Dieu a donc suspendu dans le ciel le brillant soleil et la lune avec sa lumière si douce et toutes les étoiles ? Et comment les a-t-il faits ?
— Il n’a eu qu’à prononcer un mot. Dieu fit tout par sa parole. « Car, lui, il a parlé, et [la chose] a été ; il a commandé, et elle s’est tenue là » (Ps. 33:9). Quelle puissance, n’est-ce pas ? Et que l’on peut bien s’écrier avec la Bible : « Éternel, mon Dieu, tu es merveilleusement grand ! » (Ps. 104:1). Si tu regardes le ciel le soir, peux-tu compter les étoiles qui étincellent de toutes parts ?
— Oh non. À mesure que tu regardes, il semble que l’on en voie de nouvelles.
— La Bible nous dit que Dieu compte les étoiles, qu’Il les appelle toutes par leur nom, et que pas une ne manque parce qu’Il excelle en puissance. N’est-ce pas aussi une chose admirable que la régularité avec laquelle le soleil éclaire tour à tour chaque partie de la terre, répandant en même temps la chaleur pour réchauffer les hommes et les bêtes, faire croître les plantes et mûrir les fruits ? Par son mouvement il amène successivement le jour et la nuit, le printemps et l’automne, l’été et l’hiver. C’est Dieu qui a établi, qui règle et qui maintient tout cet ordre merveilleux.
Voilà ce que Dieu fit les quatre premiers jours. La terre était préparée, ornée de verdure, éclairée par ses luminaires, mais les habitants manquent encore.
Le cinquième jour, Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’un fourmillement d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre devant l’étendue des cieux ». Et à la parole de Dieu tous ces animaux furent créés.
Le sixième jour, Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et [tout] ce qui rampe et les bêtes de la terre selon leur espèce ». En ce jour-là furent donc créés tous les animaux domestiques et ceux qui vivent dans les champs et les bois.
— Ce devait être bien étrange de voir s’élever ainsi des eaux et sortir de terre les oiseaux et les autres bêtes.
— En effet, mais cela nous montre la puissance de Dieu « qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Romains 4:17). Quand nous pensons à la si grande variété de ces animaux, combien cette puissance de Dieu apparaît merveilleuse. Depuis le petit oiseau-mouche avec ses brillantes couleurs jusqu’à l’aigle puissant qui vole au plus haut des airs, quel nombre prodigieux d’oiseaux, tous différents de taille, de forme, de plumage et de manière de voler ; les uns habitant les rochers, d’autres les plus hauts arbres, d’autres encore les buissons, tandis qu’il y en a qui vivent sur les eaux. Quel admirable instinct ils montrent dans la construction de leurs nids et dans les soins pour les petits ; et parmi eux, quels ravissants chanteurs pour égayer les bois et les campagnes ! Ne voyons-nous pas en tout cela briller la puissance et la sagesse de Dieu ? Il en est de même quand nous considérons les autres animaux. La petite souris timide qui se cache dans son trou, l’énorme éléphant qui habite les forêts, le bœuf patient, le cheval plein d’ardeur, le chien obéissant, tous de grandeur, de formes, d’habitudes et de caractères si divers sont l’œuvre de Dieu et proclament son pouvoir.
Maintenant voilà la terre bien peuplée, mais penses-tu que ce soit tout ? Ne manque-t-il pas encore quelqu’un ?
— Oui, car tu ne m’as pas dit comment Dieu a fait les hommes.
— Eh bien, ce fut en denier lieu que Dieu créa l’homme à son image pour dominer sur tous les animaux qui peuplent les eaux, la terre et les airs. Il fit un homme et une femme, et il les bénit et leur dit : « Fructifiez, et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez ».
— Est-ce le septième jour que Dieu créa l’homme ?
— Non, ce fut encore le sixième jour après avoir fait les animaux. Le septième jour, Dieu se reposa.
— Comme tout devait être beau !
— Sans doute car la Bible nous dit que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon ». Aussi pouvons-nous dire avec le livre de Dieu : « Que tes œuvres sont nombreuses, ô Éternel ! tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est pleine de tes richesses » (Ps. 104:24).
— C’est une bien belle histoire. Maintenant quand je verrai le soleil et la lune et les étoiles au ciel, et sur la terre les arbres, les plantes et les animaux, je penserai que c’est Dieu qui a fait toutes choses et qu’elles Lui appartiennent. Oh ! Regarde ce charmant petit oiseau. Écoute, il chante ! Ne crois-tu pas qu’il dit que Dieu est bon ?
— Il semble bien que ce soit un chant de joie. Le petit oiseau est heureux d’avoir ce bon soleil chaud et ces beaux arbres, et son chant est une louange à Dieu. Mais l’oiseau, ni aucun animal ne connaît Dieu ; tandis que toi, tu peux le connaître, le remercier et le louer pour tous les soins dont Il t’entoure chaque jour. Tu peux surtout le bénir de ce qu’il t’a donné d’entendre parler de Lui, car Il désire que même les jeunes enfants le connaissent et l’aiment. Il les écoute quand ils prient, ses yeux sont sur eux nuit et jour. Il voit tout ce qu’ils font, Il entend chacune de leurs paroles, et s’ils pleurent, Dieu le sait aussi.
— Il me semble que je ne pourrais jamais pleurer si Dieu était là, près de moi.
— Il est toujours là ; Dieu est partout : en aucun temps ou lieu nous ne pouvons être hors de sa présence. Aussi le roi David disait-il : « Où irai-je loin de ton Esprit ? Et où fuirai-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au shéol, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aube du jour, si je fais ma demeure au bout de la mer, là aussi ta main me conduira et ta droite me saisira. Et si je dis : Au moins les ténèbres m’envelopperont, — alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres même ne sont pas obscures pour [me] cacher à toi, et la nuit resplendit comme le jour, l’obscurité est comme la lumière (Psaume 139:7-12).
— Aujourd’hui, je te parlerai de l’homme et de la femme que l’Éternel Dieu avait faits.
— Pourquoi dis-tu « l’Éternel Dieu » ?
— Parce que la Bible le dit. « Éternel » signifie « celui qui existe toujours et qui est toujours le même ». C’est le nom que Dieu prend pour faire voir qu’Il ne change pas, malgré tout ce qui arrive par suite des manquements des hommes. J’allais donc te dire que l’Éternel Dieu ayant créé d’abord l’homme qui fut nommé Adam, le plaça dans un magnifique jardin que Lui-même avait planté et que l’on appelait Éden, c’est à dire « délices », pour en marquer la beauté. Là croissait tout arbre désirable à la vue et dont le fruit était bon à manger, et un fleuve se partageant en quatre bras arrosait le jardin. L’Éternel Dieu fit alors venir tous les animaux des champs et tous les oiseaux des cieux vers Adam, afin que celui-ci leur donnât des noms. Mais Adam était seul, sans personne qui lui fût semblable et avec qui il pût communiquer. Alors Dieu dans son amour dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Et l’Éternel Dieu forma la femme pour être la compagne et l’aide d’Adam.
— Dieu voulait tout faire pour que l’homme fût heureux. Mais à quoi s’occupaient Adam et sa femme dans le jardin d’Éden ?
— L’Éternel Dieu y avait placé l’homme pour le cultiver et le garder. Au milieu du jardin se trouvaient deux arbres : l’un, l’arbre de vie, et l’autre, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu avait permis à Adam de manger librement du fruit de tous les arbres du jardin sauf de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. À l’égard de celui-ci, l’Éternel Dieu avait dit : « Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez ».
— C’était une défense bien terrible, n’est-ce pas ?
— Sans doute, mais Dieu, dans sa sagesse, voulait que l’homme lui obéît et fût ainsi parfaitement heureux. En lui interdisant d’y toucher, Il le mettait à l’épreuve pour voir si l’homme lui obéirait ou non. Et si l’homme n’obéissait pas il devait subir un châtiment qui est la mort.
— Adam et sa femme ont dû faire bien attention de ne pas désobéir.
— Malheureusement non. Le méchant serpent, celui qui autre part dans la Bible est appelé le diable et Satan ne pouvait souffrir de voir Adam et sa femme si heureux dans le beau jardin d’Éden. Il dit donc à la femme : « Vous ne mourrez point certainement ; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ».
— Mais c’était un mensonge puisque Dieu avait dit le contraire.
— Certainement ; aussi le Seigneur Jésus dit-il du diable : « il est menteur, et le père du mensonge » (Jean 8:44). Il voulait faire croire à Adam et à sa femme que Dieu ne les aimait pas et qu’ils ne devaient pas Lui faire confiance. Ils écoutèrent le serpent plutôt que Dieu. « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari [pour qu’il en mangeât] avec elle, et il en mangea ».
— Et que leur arriva-t-il ? Est-ce qu’ils moururent ?
— Pas immédiatement, mais ils ne pouvaient plus être heureux. Aussi dès qu’ils eurent mangé du fruit, ils surent qu’ils étaient nus.
— N’avaient-ils donc pas d’habits auparavant ?
— Non, et ils n’en avaient pas besoin. Mais quand ils eurent désobéi, ils acquirent la connaissance du bien et du mal comme le serpent le leur avait dit. Seulement, bien loin d’être des dieux, ils se sentirent repris dans leur conscience et le sentiment de péché les rendit honteux. C’est pourquoi ils prirent des feuilles de figuier et en firent des ceintures pour se couvrir. Bientôt après, ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu qui se promenait dans le jardin.
— N’ont-ils pas craint que Dieu ne sût ce qu’ils avaient fait ?
— Oui, aussi se cachèrent-ils parmi les arbres du jardin car ils avaient peur de rencontrer Dieu auquel ils avaient désobéi. C’est ainsi que le péché nous remplit toujours de crainte en présence de Dieu parce que nous savons qu’Il ne peut supporter le mal.
— Tu m’as dit que Dieu voit tout. Il voyait donc Adam et sa femme lorsqu’ils étaient cachés.
— Certainement ; nous ne pouvons jamais nous dérober aux regards de Dieu. Il savait tout. Il avait entendu la femme parler au serpent, Il l’avait vue manger du fruit avec Adam, Il les avait vus se cacher parmi les arbres du jardin. « Et l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? Et il dit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ». C’est le péché qui lui faisait sentir qu’il était nu.
— Qu’est-ce que le péché ?
— Pécher, c’est préférer sa volonté à celle de Dieu. Dieu avait dit à Adam de ne pas en manger. Adam suivit sa volonté et fit précisément ce que Dieu lui avait défendu : c’était là pécher. Mais alors sentant que Dieu était mécontent de lui, il eut peur et chercha à éviter la présence du Dieu saint qu’il venait d’offenser.
— Mais ni les feuilles de figuier ni les arbres ne pouvaient le cacher de devant Dieu.
— C’est vrai, aussi fut-il forcé de comparaître devant l’Éternel Dieu qui lui dit : « Qui t’a montré que tu étais nu ? As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai commandé de ne pas manger ? Et Adam répondit : « La femme que tu [m’] as donnée [pour être] avec moi, — elle, m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé ».
— C’était bien mal à Adam de dire cela et de rejeter toute la faute sur sa femme.
— Oui, et c’était une ingratitude envers Dieu. Mais c’est ainsi que nous cherchons toujours à nous excuser quand nous avons fait le mal, et alors nous accusons même Dieu.
— Qu’est-ce que Dieu dit à la femme ?
— Il lui dit : « Qu’est-ce que tu as fait ? » Elle répondit : « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé ». Alors l’Éternel Dieu dit au serpent qu’il serait maudit, qu’il ramperait sur la terre et mangerait la poussière tous les jours de sa vie. À la femme, Dieu dit qu’elle serait assujettie à beaucoup de douleurs et d’infirmités, et que son mari dominerait sur elle. Enfin Dieu dit à Adam que la terre serait maudite à cause de lui, qu’il serait obligé de travailler beaucoup pour en tirer sa nourriture, parce qu’au lieu d’être comme le beau jardin d’Éden, la terre désormais produirait des chardons et des épines, et qu’ainsi il mangerait son pain à la sueur de son visage jusqu’à ce qu’il mourût et que son corps fût mis dans la terre. L’Éternel Dieu dit : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière ».
— Quelle triste histoire ! Mais pourquoi faut-il que tout le monde meure maintenant, même les petits enfants comme mon petit frère ? Il n’avait pourtant pas pu désobéir à Dieu comme Adam.
— C’est vrai. Mais il était comme nous, comme tout homme qui naît dans le monde, un enfant d’Adam et, comme tel, un pécheur sujet à la souffrance et à la mort. Si Adam n’avait pas péché, nous aurions tous pu être bons et heureux, et dans ce cas, Dieu aurait continué à vivre avec nous. Et nous voyons bien que les enfants d’Adam ont la même nature que lui après la désobéissance, une nature dans laquelle est le péché qui n’aime point Dieu et ne se soumet point à Lui. Les hommes éprouvent à l’égard de Dieu ce sentiment qui était tout nouveau pour Adam et qu’il n’avait pas avant de désobéir : le sentiment de crainte. C’est pourquoi ils ont cherché à vivre loin de Lui. Mais dès lors ils ont commencé à faire toutes sortes de mauvaises choses, et en sont même venus à haïr Dieu et à ne plus vouloir entendre parler de Lui. « Et ils disent à Dieu : Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies » (Job 21:14). Tu comprends donc que « la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché » (Rom. 5:12), comme nous le dit la parole de Dieu.
— Dieu a-t-il abandonné Adam et sa femme après leur avoir dit qu’ils mourraient ?
— Oh non ! L’Éternel Dieu se montra plein de bonté à leur égard. Il fit des habits en peaux et les en revêtit.
— C’était bien mieux que leurs feuilles de figuier.
— Certainement. Dieu les aimait encore, malgré leur désobéissance. Mais ils durent sortir du jardin où était l’arbre de vie, parce qu’ils auraient vécu à toujours s’ils en avaient mangé ; or Dieu avait dit qu’ils devaient mourir. Il les chassa donc du jardin d’Éden, et mit des anges qui en défendaient l’entrée et qui gardaient le chemin de l’arbre de vie. L’homme s’en alla labourer la terre de laquelle il avait été pris.
— Avant de chasser Adam et sa femme du jardin d’Éden, l’Éternel Dieu, en parlant du serpent, avait dit une parole qui prouvait, plus que toute autre chose, son amour pour eux, et Il l’avait dite précisément à l’égard de la femme.
— Pourtant c’est elle qui avait désobéi la première.
— Oui, et c’est justement ce qui fait connaître l’excellence de la grâce de Dieu.
— Qu’est-ce que c’est que la grâce ?
— La grâce, c’est la manière dont Dieu nous traite, non selon ce que nous méritons, mais d’après son cœur qui est amour. Ainsi, la femme méritait de mourir ; mais Dieu manifeste sa grâce envers elle en disant qu’un de ses descendants briserait un jour la tête du serpent, c’est à dire détruirait la puissance et les œuvres du diable, le péché et la mort. Cette fois, Adam crut Dieu, c’est pourquoi il donna à sa femme le nom d’Ève, ce qui veut dire « vivante » parce que dit la Bible « elle était la mère de tous les vivants ».
Je vais te dire maintenant comment la promesse de Dieu fut accomplie. Te souviens-tu de l’histoire d’un petit enfant qui fut mis dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place dans l’hôtellerie ?
— Oh oui. C’était Jésus. Je me rappelle bien ce que tu m’as raconté. Il y avait des bergers qui gardaient leurs troupeaux pendant la nuit. Tout à coup ils virent une magnifique lumière et un ange leur dit : N’ayez point de peur : je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Il est né aujourd’hui à Bethléhem un petit enfant qui est le Sauveur, le Christ, le Seigneur. Vous pouvez aller le voir et vous le trouverez couché dans une crèche. Alors ils entendirent une multitude d’anges qui disaient : Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre. Ensuite les anges retournèrent au ciel et les bergers allèrent vite voir le petit enfant. Ils le trouvèrent avec sa mère et ils dirent à tout le monde ce qu’ils avaient vu et entendu ; puis ils s’en retournèrent en bénissant Dieu (Luc 2:6-20).
— Eh bien, ce saint petit enfant Jésus était celui qui avait été promis à Ève. C’était le Fils de Dieu, né d’une femme semblable à Ève. Dieu, en l’envoyant ici-bas, montrait son amour pour les hommes pécheurs. « Dieu a tant aimé le monde », dit Jésus lui-même, « qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). L’enfant Jésus devint un homme, et que fit-Il alors ?
— Il allait partout faisant du bien, Il guérissait les malades et consolait ceux qui pleuraient, mais les méchants l’ont pris et l’ont attaché à la croix où Il est mort. Pourquoi Jésus mourut-il, Lui qui était si bon et qui a toujours fait la volonté de Dieu ?
— Il s’est offert en sacrifice pour le péché. Il n’avait point commis de péché ; il n’y avait point en Lui, comme en nous, une mauvaise nature qui aime le mal. Lui était Saint et ainsi il n’y avait en Lui rien de mal et Il n’avait rien fait qui méritât la mort. Mais Il s’est mis à la place des pécheurs et, comme s’Il était le péché même, Il a bien voulu, par grâce, être placé sous le jugement et la condamnation et supporter l’abandon de Dieu, les souffrances et la mort. Et c’est ainsi qu’Il a été puni à la place de ceux qui croient en Lui, et que Dieu peut leur donner la vie éternelle.
— N’est-ce pas là ce que tu appelles la grâce ?
— Oui. Il te faut demander à Dieu de t’apprendre à connaître sa grâce dans ton cœur.
— Crois-tu qu’Il le fera si je le lui demande ?
— Oui, Dieu communique sa grâce même aux petits enfants afin qu’ils l’aiment. Jésus est mort pour leur donner la vie. À ceux qui croient, Il donne une nouvelle nature capable d’aimer Dieu et de Lui obéir, et Il leur montre comment ils peuvent être ses imitateurs en faisant quelque chose selon ses pensées.
— Ainsi si je ne me fâche point contre mon petit frère quand il prend mes jouets, mais si je suis patiente, est-ce de la grâce ?
— Oui, pourvu que Dieu te mette au cœur de le faire pour Lui plaire ; car si tu le faisais seulement pour penser ou pour que les autres pensent que tu es une sage petite fille, cela serait de l’orgueil et ne plairait pas à Dieu.
— Tu m’as dit que celui qui croit a la vie éternelle. Qu’est-ce que la vie éternelle ?
— C’est une vie telle que celle de Jésus, une vie qui dure toujours, toujours, dans la présence de Dieu.
— Mais si j’avais la vie éternelle, ne mourrai-je donc pas ?
— Ton corps mourrait peut-être, parce que tu es un enfant d’Adam ; mais si tu connais Jésus et si tu crois en Lui, tu Lui appartiens et tu as la même vie que Lui. Et si ton corps vient à mourir, Il prendra ton âme pour qu’elle vive près de Lui jusqu’au moment où Il te rendra un corps glorieux semblable au sien.
— Qu’est-ce que c’est que mon âme ?
— C’est une partie de toi-même qui ne peut jamais être anéantie, au contraire du corps qui meurt, qui est mis en terre et retourne en poussière. Mais pour bien comprendre cela, dis-moi comment fut créé le premier homme.
— Dieu a-t-il fait Adam autrement que les animaux ?
— Oui, la différence est grande. Pour faire les animaux, Dieu ne dit qu’une parole et ils sortirent tout vivants de la terre ou des eaux, mais quant à l’homme, Dieu forma d’abord son corps de la poussière de la terre. Ce n’était alors qu’un corps sans vie ; mais Dieu souffla dans ses narines le souffle de vie, son propre souffle. C’est ainsi que l’homme devint vivant, créé à l’image de Dieu. Le corps, qui est tiré de la poussière, peut donc mourir, être détruit, retourner en poussière ; mais le souffle de vie, qui est l’âme, retourne à Dieu qui l’a donné (Eccl. 12:9).
— Dis-moi bien ce que c’est que mon âme. À quoi puis-je la reconnaître ?
— Ton âme est ce qui en toi pense, connaît, sent, aime, veut ou ne veut pas. Mais il te faut aussi bien comprendre quel est l’état de notre âme. Depuis la désobéissance d’Adam, notre âme pense naturellement aux choses qui lui font plaisir et non à celles qui plaisent à Dieu. Elle ne connaît pas Dieu, ni son amour, et par conséquent elle n’aime ni Lui ni rien de ce qui le concerne, elle ne peut pas non plus se soumettre à la volonté de Dieu. Dans cet état, elle ne peut plaire à Dieu ni s’approcher de Lui. La mort éternelle, l’éloignement et la séparation éternelle d’avec Dieu est son partage.
— Quelle pensée terrible. Mais je sais que ce que tu dis de l’âme est bien vrai. Quelquefois je n’aime pas du tout entendre parler de Dieu et du ciel, et quand on lit la Bible, cela m’ennuie, je pense à toutes sortes d’autres choses et j’aimerais mieux aller m’amuser.
— C’est là la nature qui vient d’Adam et qui n’aime pas Dieu. Mais quand on croit au Seigneur Jésus Christ, on devient un enfant de Dieu. On a alors en nous une nouvelle nature qui connaît Dieu et qui l’aime parce qu’elle croit à l’amour de Dieu pour nous. Elle dit : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4 :19). Ainsi, celui qui croit en Jésus a dans son âme deux natures : l’une qui aime Dieu et les choses du ciel, qui pense à Christ et se réjouit à la pensée de le voir bientôt et d’être pour toujours avec Lui ; l’autre nature, au contraire, s’oppose à tout cela.
— C’est triste d’avoir cette méchante nature en nous. Ne pouvons-nous pas en être délivrés ?
— Non, pas avant que nous ayons quitté ce corps mortel. Mais Dieu donne maintenant à ceux qui croient en Jésus la force de ne pas céder à la mauvaise nature et de vivre selon la nouvelle, afin qu’ils puissent le servir sur la terre. Et quand nous serons avec Jésus dans le ciel, il n’y aura plus de péché car nous le verrons tel qu’il est, et nous Lui serons tout à fait semblables (1 Jean 3:2-3).
— Quel bonheur, comme j’aimerais aller au ciel ! Alors je verrai Jésus qui a été un petit enfant sur la terre, qui est mort sur la croix pour nous sauver et qui est monté au ciel auprès de Dieu. Et je pourrai dire à Jésus que je l’aime beaucoup parce qu’Il est mort afin que je puisse aller au ciel et ne plus jamais mourir.
— Oui, nous le Lui dirons tous. Nous chanterons les louanges de Celui qui nous aime et nous a lavés de nos péchés dans son sang. Nous ne serons jamais rassasiés de célébrer son amour et sa grâce et de dire combien Il est digne de toute la gloire que Dieu son Père lui a donnée.
— Ne crois-tu pas que le ciel sera encore plus beau que le jardin d’Éden ?
— Certainement. Le ciel est la vraie maison de Dieu, tandis que le jardin était seulement fait pour Adam. Dieu venait l’y visiter ; mais ne trouves-tu pas que c’est plus beau d’aller là-haut auprès de Dieu que si Dieu descendait auprès de nous ? Là-haut aussi nous serons avec Jésus et nous Le verrons dans sa gloire car Lui-même a dit : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire ».
— Cette fois-ci, je te parlerai des enfants d’Adam et Ève. Le fils aîné qui se nommait Caïn était laboureur. Te souviens-tu de ce que Dieu avait dit à Adam relativement à la terre ?
— Qu’elle produirait des chardons et des épines.
— Oui. Dieu avait déclaré que la terre serait maudite et qu’elle ne produirait de fruit qu’à force de travail : c’était une partie de la punition d’Adam. Caïn devait donc labourer une terre maudite pour en tirer les fruits à force de beaucoup de peines. Le second fils s’appelait Abel. Il était berger.
— J’aurais mieux aimé faire comme Abel. Il avait de jolis agneaux et un beau grand chien pour l’aider à garder son troupeau.
— Peut-être, mais j’aurais aussi aimé avoir des fleurs, des plantes et des fruits. Nous tirons notre nourriture de bien des choses qui croissent de la terre, du blé, par exemple, avec lequel on fait le pain, et dans ce temps-là, c’était encore plus nécessaire d’avoir les produits de la terre parce qu’on ne mangeait pas la chair des animaux. Au bout de quelque temps, Caïn et Abel voulurent faire une offrande à l’Éternel. Que penses-tu qu’ils offrirent ?
— Sûrement Abel apporta un petit agneau, et Caïn peut-être des fruits.
— C’est en effet ce qu’ils firent. La Bible nous dit qu’Abel offrit à Dieu des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse ; c’est à dire qu’il les tua et les présenta à Dieu avec leur graisse qui en était la meilleure partie. Quant à Caïn, il offrit des fruits de la terre comme tu le disais. Mais la Bible ajoute que l’Éternel eut égard à Abel et à son offrande, mais il n’eut point égard à Caïn ni à son offrande.
— Pourquoi donc ?
— C’est qu’Abel en tuant un agneau et l’offrant à Dieu confessait qu’il était un pécheur méritant la mort, et qu’il fallait que quelqu’un d’autre mourût à sa place afin que lui pût s’approcher de Dieu. Caïn faisait-il cela en présentant à Dieu des fruits de la terre ?
— Oh non, les fruits de la terre ne pouvaient pas mourir pour les péchés de Caïn.
— Non seulement cela, mais ces fruits provenaient d’une terre maudite et ils étaient le résultat du travail et des propres efforts de Caïn, d’un homme pécheur. C’étaient ses œuvres qu’il présentait comme si de lui-même il eût pu produire quelque chose qui plût à Dieu. Or cela était impossible : depuis le péché d’Adam, tout ce que l’homme fait par lui-même est souillé de péché et ne peut être agréé de Dieu. « Toutes nos justices », dit le prophète Ésaïe, c’est à dire tout ce que nous faisons pour plaire à Dieu, sont « comme un vêtement souillé » (chap. 64:6). Au temps du Seigneur Jésus, les Pharisiens se vantaient beaucoup de leurs bonnes œuvres comme si elles pouvaient les rendre agréables à Dieu, mais Jésus dit à ses disciples : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux » (Matthieu 5:20). Tu comprends maintenant pourquoi Dieu ne pouvait avoir égard à Caïn ni à son offrande. Il ne venait pas à Dieu comme un pauvre pécheur qui a tout à attendre de la grâce de Dieu, mais comme quelqu’un qui est satisfait de ses efforts et qui pense que Dieu lui doit quelque chose.
— Mais toi, offres-tu quelque chose à Dieu ?
— Non, au moins pas comme Abel. Dieu lui-même a donné son Fils unique, et a mis sur Lui l’iniquité de nous tous. Le Seigneur Jésus s’est livré à la mort pour nous, et maintenant c’est Lui qui est notre offrande. En mourant, Il est devenu le sacrifice qui a ôté à jamais le péché de devant Dieu. Le pécheur n’a donc plus besoin d’offrir un animal qui meure à sa place ; mais quand il a cru en Jésus, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, alors il est exhorté à offrir « sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Hébreux 13:15).
— Je comprends que l’offrande de Caïn ne pouvait pas plaire à Dieu parce qu’en la faisant il cherchait sa propre volonté. Abel connaissait mieux Dieu, n’est-ce pas ?
— Oui, il croyait Dieu. La Bible nous dit que c’est par la foi qu’Abel offrit un plus excellent sacrifice que Caïn (Hébreux 11:4).
— Et que fit Caïn quand il vit que Dieu ne recevait pas son offrande ? Ne chercha-t-il pas à mieux faire ?
— Hélas ! Non. Au contraire, Caïn fut irrité et son visage fut abattu. Cependant l’Éternel le mit en garde contre le mauvais sentiment qui était dans son cœur. Il lui dit : « Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé » ? Mais Caïn n’écouta pas Dieu, il continua à nourrir de l’envie contre son frère et, un jour qu’il était aux champs avec lui, il le tua. Alors l’Éternel, auquel rien n’est caché, lui dit : « Où est Abel, ton frère ? » Cela n’aurait-il pas dû toucher le cœur de Caïn et agir sur sa conscience ?
— Quelle devait être sa douleur et sa confusion !
— La mauvaise nature de l’homme est telle que, si elle n’a pas écouté les avertissements de Dieu, elle s’endurcit toujours plus. C’est ce qui eut lieu pour Caïn qui eut l’arrogance de répondre à l’Éternel : « Je ne sais. Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? »
— Quelle affreuse histoire ! Je suis sûre que c’est encore le serpent qui avait dit à Caïn d’agir ainsi.
— La Bible nous dit en effet que « Caïn était du méchant et tua son frère » (1 Jean 3:12). Et le Seigneur Jésus parlant du diable disait aux Juifs : « Lui a été meurtrier dès le commencement » (Jean 8:44). Ainsi Caïn, en haïssant son frère et en le tuant, agissait comme un enfant du diable.
— Dieu ne fut-il pas bien fâché contre Caïn ?
— Dieu lui dit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi. Et maintenant, tu es maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu laboureras le sol, il ne te donnera plus sa force ; tu seras errant et vagabond sur la terre ». Et Caïn répondit que sa punition était plus grande qu’il ne pouvait la supporter ; et qu’il arriverait que quiconque le rencontrerait le tuerait. Mais Dieu dit qu’il punirait celui qui tuerait Caïn, et Il mit une marque sur lui afin qu’on ne le tuât point. Ainsi Caïn avait peur du châtiment, mais nous ne voyons pas qu’il se repentît. Aussi sortit-il de devant la face de l’Éternel. Comme il n’aimait pas Dieu, il tâcha d’être heureux loin de Lui et sans Lui. Il bâtit une ville qu’il appela du nom de son fils aîné, et ses descendants, s’établissant comme lui sur la terre, inventèrent toutes sortes d’arts et de métiers comme de forger l’airain et le fer, et de jouer des instruments de musique.
— Je pense qu’après la mort d’Abel, Dieu prit soin de son âme.
— Oui, certes. En parlant de ceux qui sont morts dans la foi avant la venue du Seigneur Jésus, le livre de Dieu les appelle les esprits des justes parvenus à la perfection, et nous les montre auprès de Dieu. Abel était un de ceux-là, car il nous est dit qu’il a reçu le témoignage d’être juste (Héb. 12:23 ; 11:4). Maintenant, veux-tu me dire quelles sont les deux choses que Dieu aime à voir en nous ?
— L’obéissance est une de ces choses.
— Oui, mais la première, c’est de croire en Lui, Le croire quand Il parle et avoir confiance en son amour. Comment pourrions-nous obéir de cœur à quelqu’un dont nous ne serions pas sûrs qu’il nous aime et à qui nous ne nous fierions pas ?
— Cela me semble bien étrange que tout le monde ne croie pas ce que Dieu dit. Il est si bon et si sage qu’il ne peut tromper personne.
— C’est bien vrai. La Parole de Dieu dit qu’il n’est pas homme pour mentir (Nbres 23:19). Cependant Ève ne crut pas Dieu et n’eut pas confiance en Lui, et depuis lors tel a toujours été le sentiment naturel du cœur à l’égard de Dieu. C’est ce qui fit la différence entre Caïn et Abel. Quand on croit Dieu et qu’on a confiance en son amour, on obéit et ainsi l’on pratique ce qui est juste. Abel crut Dieu de sorte que ses œuvres, c’est à dire la manière dont il agit, étaient justes, selon la pensée de Dieu. Au contraire, Caïn ne crut pas, et tout ce qu’il fit fut déclaré mauvais ; il ne put plaire à Dieu, car sans la foi il est impossible de lui plaire. C’est ainsi que Caïn fut conduit à tuer son frère. L’apôtre Jean dit : « Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes » (1 Jean 3:12). Nous voyons là, dès le commencement, les deux classes d’hommes entre lesquelles se partage le monde : les uns croient Dieu, ils pratiquent ce qui est juste et ont de l’amour dans leur cœur ; ce sont les enfants de Dieu — tel était Abel. Les autres ne croient pas Dieu, leurs œuvres sont mauvaises, ils n’aiment pas les enfants de Dieu, ils ont de la haine dans le cœur ; ce sont les enfants du diable, nous dit la Parole de Dieu — tel était Caïn.
— Oh ! Je ne voudrais pas être comme le méchant Caïn.
— Que Dieu te donne de croire de cœur en Jésus, alors tu seras une enfant de Dieu comme Abel et Dieu te donnera son Esprit pour que tu pratiques ce qui est juste.
— Cette fois-ci, je te parlerai des enfants d’Adam qui aimèrent Dieu. Après la mort d’Abel, Ève eut un autre fils qu’elle nomma Seth, ce qui veut dire « mis, assigné ». Elle disait que Dieu l’avait mis à la place d’Abel que Caïn avait tué. Le serpent, qui est le diable, avait été bien aise de voir mourir Abel le juste par les mains de son frère, c’était pour lui une nouvelle victoire. Mais Dieu se montre toujours plus fort que l’ennemi et il donna à Adam un fils pour remplacer Abel. Il ne voulait pas qu’Adam et Ève fussent sans espérance, mais qu’ils se souvinssent de sa promesse. Te rappelles-tu laquelle ?
— Qu’un des descendants d’Ève briserait la tête du serpent.
— C’est cela. Tu comprends, Adam et Ève en voyant qu’Abel était mort auraient pu dire : Comment ce que Dieu a dit pourra-t-il s’accomplir ? Car Caïn, qui était d’accord avec le serpent pour faire le mal, ne pouvait lui briser la tête. Alors Dieu leur donne Seth. Toute cette histoire nous fait penser à ce qui est arrivé au Seigneur Jésus. Par qui fut-il mis à mort ?
— Par les Juifs.
— Précisément. Ils étaient son propre peuple, et on peut dire ses frères. Cependant ils le haïrent et le crucifièrent. N’est-ce pas ainsi que Caïn fit à Abel ? Il semblait donc que tout fût perdu quand Jésus fut mort, et c’est ce qui abattait et rendait tout tristes les disciples qui avaient cru en Lui. Mais qu’a fait Dieu qui remplit ensuite leurs cœurs de joie ?
— Il ressuscita Jésus d’entre les morts.
— Oui, de même que pour consoler Adam et Ève, Dieu mit Seth à la place d’Abel. — Dieu confondit la méchanceté des Juifs et détruisit la puissance du diable en ressuscitant Jésus. Dieu montrait à l’avance dans l’histoire d’Abel et de Seth ce qui devait arriver au Seigneur Jésus, et c’est ce que nous trouvons dans plusieurs autres histoires de la Bible. Maintenant je désire te parler de l’un des descendants de Seth. C’était le septième depuis Adam, il se nommait Hénoc et la Bible, pour nous faire connaître son caractère, dit qu’il marcha avec Dieu.
— Comment pouvait-il marcher avec Dieu ?
— Cela veut dire qu’il aimait être près de Dieu, Lui parler, écouter ce que Dieu lui disait, et que tout ce qu’il faisait, c’était en ayant Dieu présent à son cœur . Hénoc avait confiance en Dieu, aussi Lui plaisait-il.
— Est-ce que nous pouvons aussi marcher avec Dieu ?
— Certainement, le chrétien doit marcher avec Dieu, c’est à dire qu’en tout ce qu’il fait il doit être d’accord avec Dieu. C’est ce que la Bible appelle avoir communion avec Dieu. Le Seigneur Jésus disait : « Moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:29). C’était marcher avec Dieu. Et l’apôtre Jean dit en parlant des chrétiens : « Nous pratiquons les choses qui sont agréables devant lui » (1 Jean 3:22).
— Dieu parlait-il à Hénoc ?
— Certainement. La Parole de Dieu nous dit de lui qu’il a prophétisé, c’est à dire qu’il a reçu de Dieu des paroles pour les dire aux hommes (Jude 14).
— Mais Dieu ne nous parle pas, à nous.
— Non pas comme à Hénoc, mais Il nous parle dans son livre et, quand nous croyons, Il nous donne son Esprit qui nous fait comprendre ce qu’Il nous dit et nous y fait trouver du plaisir.
— Cela plaît-il à Dieu que nous aimions être auprès de Lui ?
— Assurément. Dieu dit dans le livre des Proverbes : « J’aime ceux qui m’aiment ; et ceux qui me recherchent me trouveront (8:17). Dieu récompense ceux qui le cherchent, est-il dit en parlant d’Hénoc, et Jésus, qui était sur la terre Dieu manifesté en chair, nous fait voir comment cela arrive. Une grande foule l’avait un jour suivi dans un lieu désert, bien loin de la ville. Là, ils eurent faim et personne n’avait emporté de quoi manger. Les disciples seuls avaient cinq pains et deux poissons. Alors Jésus fit asseoir toute cette multitude sur l’herbe et il leur partagea les pains et les poissons de sorte que tous furent rassasiés. Ne penses-tu pas que ces pauvres gens devaient trouver qu’il valait bien la peine de suivre Jésus ? Une autre fois, une pauvre femme qui avait commis beaucoup de péchés et qui était méprisée de tous vint pleurer aux pieds de Jésus. Tout le monde pensait qu’Il ne lui permettrait pas de Le toucher. Mais Jésus ne repoussa jamais aucun de ceux qui vinrent à Lui, et il n’eut pour elle que des paroles de pardon, de grâce et de paix. Cette pauvre femme n’a-t-elle pas pu dire combien Il est bon de venir auprès de Jésus ? Et Jésus ne montrait-Il pas qu’Il aime que même le plus grand des pécheurs s’approche de Lui ?
— Comment Dieu montra-t-il qu’Hénoc Lui était agréable ?
— D’une manière bien merveilleuse : Dieu enleva Hénoc dans le ciel sans le faire passer par la mort.
— Mais comment cela se fit-il ? La famille d’Hénoc et les autres hommes le virent-ils monter au ciel ?
— La Parole de Dieu ne nous le dit pas. Elle dit seulement qu’Hénoc fut enlevé pour qu’il ne vit pas la mort, et il ne fut pas trouvé parce que Dieu le prit. Elle ajoute qu’avant son enlèvement, il reçut le témoignage d’être agréable à Dieu (Héb. 11:5).
— Y a-t-il eu d’autres hommes qui furent ainsi enlevés au ciel sans mourir ?
— Il y en a eu encore un dont je te parlerai plus tard. C’était le prophète Élie. Mais il y en aura plusieurs autres qui ne passeront pas par la mort, mais qui seront enlevés pour être avec le Seigneur.
— Qui donc et quand sera-ce ?
— Ce sont ceux qui croient en Jésus et qui vivront sur la terre quand le Seigneur reviendra, selon sa promesse, pour prendre les siens avec Lui. L’apôtre Paul dit par la parole du Seigneur : « Le Seigneur lui-même…descendra du ciel… puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4:16-17).
— Que ce sera beau ! J’aimerais bien être là.
— Si tu es une enfant de Dieu, tu seras là. Et ceux qui croient au Seigneur Jésus et qui l’aiment doivent toujours l’attendre venant ainsi du ciel. Il est écrit : « Car encore très peu de temps, « et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10:37). Le Seigneur dit lui-même : « Oui, je viens bientôt ». Et ceux qui l’aiment répondent : « Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22:20).
— Hénoc était-il bien vieux quand Dieu le prit à Lui ?
— Il avait trois cent soixante-cinq ans.
— Quel grand âge ! Maintenant personne ne vit aussi longtemps.
— Non, mais dans ce temps-là Dieu donnait aux hommes une vie extrêmement longue. Adam vécut 930 ans. Méthushélah, le fils d’Hénoc, atteignit un âge encore plus avancé : il avait 969 ans quand il mourut. Il vécut 200 ans avec Adam, et plus de 700 ans après l’enlèvement d’Hénoc qui eut lieu 57 ans après la mort d’Adam. Ainsi, ce qui est arrivé à Adam, ce qu’il avait vu, ce que Dieu lui avait dit, tout cela se transmettait directement sans avoir besoin de passer par beaucoup de bouches. Ces vieux patriarches instruisaient les hommes de ce qu’ils savaient de Dieu et ainsi les descendants d’Adam ne pouvaient prétexter leur ignorance. Malgré cela, comme j’aurais à te le raconter plus tard, les hommes devinrent si méchants que Dieu fut obligé de les détruire.
— Ils auraient dû se souvenir que Dieu avait chassé Adam du jardin d’Éden, et craindre de L’offenser, et ils auraient bien dû aimer Dieu à cause de la belle promesse qu’Il avait faite.
— C’est vrai ; cet oubli du jugement et ce mépris de la grâce de Dieu montrent toute la vérité de ce que la Bible nous dit des hommes : « Toute l’imagination des pensées de son cœur n’était que méchanceté en tout temps » (Gen. 6:5) Cependant, si Dieu fut forcé de punir la méchanceté des hommes, sa grâce se montra aussi en faveur d’un arrière petit-fils d’Hénoc que son père Lémec appela Noé, ce qui veut dire « repos ». Son père l’appela ainsi en disant : « Celui-ci nous consolera à l’égard de notre ouvrage et du travail de nos mains, à cause du sol que l’Éternel a maudit » (Genèse 5:29). Lémec pensait sans doute à la promesse de Dieu.
— Te souviens-tu de ce que je t’ai dit relativement aux hommes ?
— Tu m’as dit qu’ils étaient devenus si méchants que Dieu dut les punir.
— C’est de ce châtiment que je veux te parler aujourd’hui. Mais, au milieu de tous ces méchants, n’y avait-il pas un homme envers qui Dieu montra sa grâce ?
— C’est Noé. Son père avait dit de lui qu’il les soulagerait dans leur travail. Noé aimait Dieu, n’est-ce pas ?
— Oui, la Bible dit qu’il était un homme juste et intègre, qui marcha avec Dieu comme Hénoc. Noé avait près de 600 ans quand son père mourut. Lui-même avait trois fils qui s’appelaient Sem, Cam et Japhet. Les hommes s’étaient alors beaucoup multipliés sur la terre. Parmi eux se trouvaient aussi des géants, c’est à dire des hommes de très haute stature, mais tous étaient extrêmement méchants. L’Éternel vit que la malice des hommes était très grande sur la terre. La terre était corrompue devant Lui et remplie de violence, toute chair avait corrompue sa voie. Alors l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme et dit : « J’exterminerai de dessus la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, jusqu’aux reptiles, et jusqu’aux oiseaux des cieux. Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel » (Genèse 6:7-8).
— Comment Dieu montra-t-il sa grâce envers Noé ?
— Nous allons le voir. Mais fais bien attention à ceci. Bien que Noé fut un homme juste et intègre qui ne participait pas aux méchantes actions des autres hommes, il était aussi par nature un enfant d’Adam, un pécheur, de sorte que ce n’est pas par sa bonne conduite qu’il échappe au jugement, mais par un effet de la grâce de Dieu qui voulut l’épargner. D’abord, Dieu l’avertit de ce qu’Il allait faire. Il lui dit : « La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux ; et voici, je vais les détruire avec la terre » (6:13). Ensuite Dieu montra à Noé comment il pourrait échapper à cette ruine universelle. « Fais-toi une arche de bois de gopher. Tu feras l’arche avec des loges, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors » (6:14).
— Qu’est-ce qu’une arche, qu’est-ce que le bitume ?
— L’arche était une sorte de grand vaisseau. Dieu indiqua à Moïse, avec beaucoup de détails, comment il devait la construire, quelle grandeur il fallait lui donner, et où seraient placées la porte et la fenêtre. Quant au bitume, c’est une substance noire qui peut être amollie par le feu. En recouvrant de bitume les planches dont était formée l’arche, on empêchait l’eau d’y pénétrer.
— Ce devait être bien étrange de voir construire un grand vaisseau sur la terre ferme.
— En effet, mais Noé croyait Dieu et obéissait, sans s’inquiéter d’autre chose. C’est là le vrai caractère de l’obéissance : faire simplement les choses parce que Dieu le dit. Dieu fit bientôt comprendre à Noé pourquoi il lui avait donné cet ordre. Il lui dit : « Voici, je fais venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire de dessous les cieux toute chair en laquelle il y a esprit de vie ; tout ce qui est sur la terre expirera » (6:17). Noé crut cette Parole de Dieu ; il craignit, nous est-il dit, et bâtit l’arche pour la conservation de sa maison (Héb. 11:7). Il fit selon tout ce que Dieu lui avait commandé.
— Mais Noé ne fut pas sauvé tout seul dans l’arche, n’est-ce pas ?
— Non, sa famille le fut aussi. Dieu lui dit : « J’établis mon alliance avec toi, et tu entreras dans l’arche, toi, et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi » (6:18). Dieu commanda encore à Noé de prendre avec lui dans l’arche deux animaux, le mâle et la femelle, de chaque espèce, des quadrupèdes, des oiseaux et des reptiles. Il lui dit aussi : « Prends de tout aliment qui se mange, et tu en feras provision près de toi et cela vous sera pour nourriture, à toi et à eux » (6:21).
— Comme Dieu prenait soin de Noé !
— Oui, Il prend toujours soin de ceux qui l’aiment. Il les garde dans les plus grands dangers, et même Il les met à l’abri des jugements qu’Il exerce sur les méchants.
— Mais que devaient penser ceux qui voyaient Noé construire l’arche ?
— C’était pour eux un avertissement de Dieu. Peut-être se moquaient-ils de lui, mais lui est appelé « prédicateur de justice » (2 Pierre 2:5) leur annonçait le juste jugement de Dieu qui allait les atteindre. En construisant l’arche, il montrait sa foi et condamnait la méchanceté des hommes. Dieu leur donnait du temps pour se repentir. Sa patience attendait pendant que l’arche se bâtissait, car Dieu ne prend point de plaisir à la mort du pécheur. Mais ils furent incrédules et désobéissants. Aussi, quand Noé eut terminé l’arche, l’Éternel lui dit : « Entre dans l’arche, toi et toute ta maison, car je t’ai vu juste devant moi en cette génération. De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, le mâle et sa femelle, et des bêtes qui ne sont pas pures, deux, le mâle et sa femelle ; de même des oiseaux des cieux, sept par sept, mâle et femelle, pour conserver en vie une semence sur la face de toute la terre. Car encore sept jours, et je fais pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits, et j’exterminerai de dessus la face de la terre tout ce qui existe [et] que j’ai fait » (7:1-4).
— Et les animaux entrèrent-ils aussi ? Comment Noé fit-il pour les rassembler ?
— Ils entrèrent, dit la Bible, deux à deux vers Noé dans l’arche, comme Dieu l’avait commandé à Noé. Il n’y a rien de difficile quand Dieu commande, et Celui à qui sont toutes les bêtes des champs pouvait bien les faire venir vers Noé. Ne te rappelles-tu pas une occasion où le Seigneur Jésus montre ainsi son pouvoir sur les animaux pour les rassembler où Il veut ?
— N’est-ce pas quand Il fit prendre à Pierre une si grande quantité de poissons que le filet se rompait ?
— Oui, et encore dans une autre occasion après sa résurrection. Mais continuons l’histoire de Noé. L’an six cent de sa vie, il entra dans l’arche avec sa femme, ses fils et les femmes de ses fils ; toutes les bêtes aussi, le bétail, les reptiles, les oiseaux et même tout petit oiseau ayant des ailes, de quelque sorte que ce soit. Puis, quand tous furent entrés, l’Éternel lui-même ferma la porte sur eux. Et ce même jour la pluie commença à tomber.
— Comme Noé et les siens devaient être heureux de se sentir en sûreté !
— Certainement. Une fois dans l’arche, ils n’avaient plus rien à craindre. Pas une goutte de pluie ne pouvait les atteindre, pas une goutte d’eau ne pouvait pénétrer. Dieu Lui-même avait veillé à tout et les avait mis à l’abri. Mais aussitôt qu’ils furent entrés, « toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent ; et la pluie fut sur la terre quarante jours et quarante nuits » (7:11-12).
— Cela devait être bien triste de voir tomber la pluie toujours et toujours.
— C’était aussi bien effrayant pour ceux qui se trouvaient hors de l’arche. Ils voyaient alors le terrible jugement de Dieu s’accomplir sur eux, et il était trop tard pour échapper.
— Mais les hommes n’ont-ils pas essayé de se sauver en grimpant sur les arbres et sur les montagnes ?
— Ils ont fait probablement tout ce qu’ils ont pu. Mais on ne peut pas échapper au juste jugement de Dieu, si ce n’est par le moyen que Dieu indique. Le seul était l’arche, l’arche était l’unique refuge. C’est en vain que les hommes se seraient efforcés de fuir devant les eaux qui montaient, montaient toujours. « Et les eaux se renforcèrent extraordinairement sur la terre ; et toutes les hautes montagnes qui étaient sous tous les cieux furent couvertes » (7:19). Les eaux s’élevèrent de quinze coudées par-dessus et se maintinrent sur la terre pendant cent cinquante jours. Comment donc un seul homme se serait-il sauvé ? Toute créature vivante sur la terre mourut.
— Et l’arche ?
— À mesure que les eaux montaient, elles élevaient l’arche qui flottait, seule chose visible sur toute la surface de l’abîme. Ces mêmes eaux qui causaient la mort de tout ce qui vivait sur la terre, la portaient et la mettaient à l’abri du danger, de sorte qu’il n’y eut que l’arche qui demeura de reste. Tous ces hommes qui périrent avaient méprisé la riche patience et la bonté de Dieu qui les pressait de se repentir. Mais n’y a-t-il pas maintenant aussi quelque chose de plus terrible que le déluge et que nous sommes exhortés à fuir ?
— Oh oui, tu m’as dit que le Seigneur Jésus doit être un jour révélé du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, et que les méchants subiront une destruction éternelle.
— Mais je t’ai dit aussi que contre la colère et le juste jugement de Dieu il y a un refuge aussi assuré que l’était l’arche contre les eaux du déluge. Te rappelles-tu quel est ce refuge ?
— Oui, c’est le Seigneur Jésus. Il nous sauve de la colère à venir.
— Puisses-tu le croire ! Il est, comme l’arche, le seul moyen de salut préparé par Dieu Lui-même.
— Qu’arriva-t-il à l’arche et à tous ceux qu’elle renfermait ? L’eau avait couvert toute la terre et même les plus hautes montagnes. Comment s’écoula-t-elle ?
— « Dieu se souvint de Noé, et de tous les animaux et de tout le bétail, qui étaient avec lui dans l’arche ; et Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux baissèrent ; et les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie qui tombait du ciel fut retenue. Et les eaux se retirèrent de dessus la terre, allant et se retirant ; et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours » (Gen. 8:1-3). L’arche descendait en même temps et s’arrêta enfin sur le sommet d’une très haute montagne. Noé attendit pendant quelque temps, puis il ouvrit la fenêtre de l’arche et lâcha un corbeau qui sortit, allant et revenant, jusqu’à ce que les eaux se fussent desséchées sur la terre.
— Pourquoi n’est-il pas rentré dans l’arche ?
— Le corbeau est un oiseau qui se nourrit volontiers d’animaux et de corps morts ; il trouva sans doute une abondante pâture dans cette scène de deuil. Alors Noé laissa sortir une colombe pour voir si les eaux avaient diminué ; mais les eaux étaient encore sur la terre, les sommets seuls des montagnes se montraient, et le pauvre oiseau ne trouvant pas où reposer la plante de son pied revint à l’arche et y rentra. Noé attendit sept jours et lâcha de nouveau la colombe qui, cette fois, revint vers le soir avec une feuille d’olivier dans son bec. Noé comprit ainsi que la terre commençait à se sécher.
— C’est Dieu, n’est-ce pas, qui envoyait cette feuille d’olivier par la colombe à ceux qui étaient dans l’arche ?
— Oui, c’était pour leur dire d’avoir patience, qu’Il ne les avait pas oubliés et que bientôt ils pourraient sortir.
— Comme ils durent se réjouir à la pensée que bientôt ils ne seraient plus renfermés comme en une prison et qu’ils reverraient la terre couverte d’arbres et de verdure. Ils devaient avoir hâte de sortir.
— Oui, mais Noé attendit avec patience. Il laissa encore passer sept jours, puis lâcha la colombe qui, cette fois, ne revint pas. Alors Noé ôta la couverture de l’arche et vit que la terre se séchait. Enfin elle fut sèche.
— Alors je suppose que Noé se dépêcha de sortir.
— Non. Noé attendit l’ordre de Dieu, de même aussi qu’il n’était pas entré dans l’arche avant que Dieu l’eût dit. C’est là l’obéissance. Enfin Dieu dit à Noé : « Sors de l’arche, toi, et ta femme et tes fils et les femmes de tes fils avec toi. Fais sortir avec toi tout animal qui est avec toi, de toute chair, tant oiseaux que bétail, et tout reptile qui rampe sur la terre, et qu’ils foisonnent en la terre, et fructifient et multiplient sur la terre » (8:16-17). Ainsi tous sortirent de l’arche.
— Que la terre dut leur paraître belle, toute fraîche et verte comme le jardin après la pluie, je pense !
— Et aussi bien différente de ce qu’elle était avant le déluge, maintenant que tout ce qui déplaisait à Dieu avait disparu. Sais-tu combien de temps Noé est resté dans l’arche ? Un an et dix jours !
— Que c’est long ! Ils étaient sans doute bien reconnaissants envers Dieu de se retrouver au grand air, tous sains et saufs après le déluge.
— Je le crois, et en se retrouvant seuls sur la terre, quel profond sentiment ils durent avoir du juste et terrible jugement qui avait balayé de dessus la terre tous les autres hommes, et aussi quelle reconnaissance pour sa grâce qui les avait épargnés ! Ainsi la première chose que fit Noé après sa sortie de l’arche, ce fut de bâtir un autel à l’Éternel pour y offrir des holocaustes de toute bête nette.
— Qu’est-ce qu’un autel ?
— Ce sont des pierres arrangées les unes sur les autres, et sur lesquelles on brûlait les animaux qu’on offrait à Dieu après les avoir tués. On appelait cela un holocauste, et c’est ainsi que Dieu voulait alors que les hommes lui rendissent leur culte. Ne te souviens-tu pas du sacrifice d’Abel ?
— Oui, mais je ne comprends pas ce que c’est que le culte.
— Il est difficile de te l’expliquer. Quand on croit ce que Dieu dit et que l’on s’approche de Lui avec le cœur plein de joie parce qu’on a compris ce qu’Il est et ce qu’Il a fait pour nous, alors on sait aussi ce qu’est le culte. Dieu a dit que le pécheur doit mourir. Comme nous sommes tous pécheurs, il faut donc que nous mourions, à moins que quelqu’un ne meure à notre place. En offrant un agneau à Dieu, Abel reconnaissait qu’il avait mérité la mort. Mais, en même temps, il croyait en Dieu comme au Dieu Sauveur qui trouverait un moyen de le sauver de la mort. Voilà pourquoi il s’approcha de Dieu avec confiance, et l’Éternel eut égard à lui et à son oblation. En faisant ainsi, Abel rendait un culte à Dieu et en éprouvait du bonheur. Ne comprends-tu pas aussi que Noé, sauvé de la mort avec tous les siens, ait voulu en sortant de l’arche rendre ainsi culte à Dieu et Lui témoigner sa joie et sa reconnaissance ? Il offre un holocauste parce qu’il reconnaît qu’il avait mérité la mort aussi bien que les autres, mais il rend grâces à Dieu qui l’a sauvé et il est rempli de joie. C’est ainsi que celui qui se reconnaît pécheur et digne de la mort, mais qui est sauvé par la foi au sacrifice de Jésus, l’Agneau de Dieu sans défaut et sans tache, s’approche aussi de Dieu avec confiance et avec joie pour lui rendre grâces.
— Dieu témoigna-t-il à Noé qu’Il avait égard à son sacrifice, comme Il avait eu égard à celui d’Abel ?
— Oui, sans aucun doute. Voici ce que dit la Parole de Dieu : « Et l’Éternel flaira une odeur agréable ; et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus de nouveau tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait. Désormais, tant que seront les jours de la terre, les semailles et la moisson, et le froid et le chaud, et l’été et l’hiver, et le jour et la nuit, ne cesseront pas » (8:21-22). Tu vois que Dieu regardait le sacrifice de Noé comme une raison pour agir en patience envers le monde qui était, du reste, coupable comme auparavant ; car le déluge n’avait pas changé le cœur de l’homme. Et Dieu bénit Noé et ses fils et leur dit : « Fructifiez et multipliez et remplissez la terre » (9:1). C’est ainsi que Dieu, par sa promesse de ne plus maudire la terre et par la bénédiction qu’Il donna à Noé et à ses enfants, témoigna qu’Il agréait son sacrifice. Dieu leur dit encore : « Et vous serez un sujet de crainte et de frayeur pour tout animal de la terre, et pour tout oiseau des cieux, pour tout ce qui se meut sur la terre, aussi bien que pour tous les poissons de la mer ; ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut [et] qui est vivant vous sera pour nourriture ; comme l’herbe verte, je vous donne tout » (9:2 et 3).
— C’est pour cela, sans doute, que les animaux nous obéissent. J’ai été bien surprise l’autre jour de voir un grand éléphant obéir à son gardien qui était un tout petit homme, alors qu’il aurait pu aisément le renverser. Les lions et les tigres obéissent-ils aussi à leurs gardiens ?
— Presque tous les animaux de la création ont été apprivoisés par l’homme ; les plus farouches même apprennent à le craindre. Tu sais que Dieu donna au premier homme la puissance sur les animaux avec le droit de leur donner des noms.
— Dieu donna-t-il à Noé tous les animaux comme Il les avait donnés à Adam ?
— Non, la situation était bien différente. Dans le jardin d’Éden, tout était très bon ; les animaux étaient soumis à l’homme par amour. Mais après la chute d’Adam, de mauvais sentiments se développèrent dans le cœur de l’homme et il devint capable de tuer même son propre frère. Le naturel des animaux fut aussi changé : nous le voyons en ce que Dieu dit que toute chair avait corrompu sa voie, et l’apôtre Paul nous enseigne que la création est assujettie maintenant à la vanité (Rom. 8:20). C’est pourquoi on voit beaucoup d’espèces d’animaux être en guerre les unes contre les autres, et c’est pourquoi aussi l’homme doit dominer sur eux par la crainte. Une autre preuve de ce grand changement introduit après le déluge est la permission que Dieu donne à l’homme de se nourrir de la chair des animaux, tandis qu’Adam devait manger des fruits de la terre et des arbres. Beaucoup d’animaux se repaissent aussi maintenant de chair ; mais, dans l’ordre primitif de la création, ils avaient tous pour nourriture la verdure des plantes. Tout cela nous montre combien le péché d’Adam a jeté de trouble dans ce que Dieu a créé. Il y eut encore une chose nouvelle que Dieu ordonna à Noé. Lorsque Caïn eut tué son frère, qui est-ce qui s’occupa du meurtrier pour le punir ?
— C’est Dieu qui avait même mis une marque sur Caïn pour qu’un autre homme ne le tuât point.
— Après le déluge, Dieu dit à Noé que désormais il faudrait faire mourir celui qui aurait tué quelqu’un ; c’est ainsi que Dieu établit sur la terre le gouvernement de l’homme par l’homme. Aussi l’apôtre Paul nous dit-il que toute autorité est ordonnée de Dieu, qu’il faut s’y soumettre, et que le magistrat ne porte pas l’épée en vain (Rom. 13:1-10). Enfin quand Dieu eut achevé de donner à Noé toutes ces directives qui devaient régler la conduite de l’homme sur la terre sortie du déluge, Il y ajouta quelque chose de bien précieux parce que c’était encore un témoignage de sa grâce. Quand Dieu annonça à Noé le jugement qui allait venir sur le monde et qu’Il lui fit construire l’arche, Il lui avait dit qu’il établirait son alliance avec lui et ses enfants.
— Qu’est-ce qu’un alliance ?
— C’est un engagement pris entre deux personnes. Dans l’alliance que Dieu fit avec Noé et ses fils et avec toute leur race après eux, Il promit qu’Il n’enverrait plus de déluge pour détruire la terre, puis Il leur donna un signe permanent de cette alliance afin que les hommes pussent toujours se rappeler la promesse de Dieu. Et ce signe, c’est l’arc-en-ciel que tu as souvent vu dans les nuages lorsque le soleil vient à luire pendant qu’il pleut. Dieu dit à Noé et ses fils : « Je mettrai mon arc dans la nuée, et il sera pour signe d’alliance entre moi et la terre ; et il arrivera que quand je ferai venir des nuages sur la terre, alors l’arc apparaîtra dans la nuée, et je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous et tout être vivant de toute chair ; et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. Et l’arc sera dans la nuée, et je le verrai pour me souvenir de l’alliance perpétuelle entre Dieu et tout être vivant de toute chair qui est sur la terre » (9:3-16).
— Quel beau signe ! Et dans tous les pays, on peut le voir. Toutes les fois maintenant que j’en verrai un, je me rappellerai que Dieu le regarde aussi et qu’Il pense à nous.
— Oui, malgré tous les péchés des hommes, Il se souvient de son alliance avec la terre, et Il les supporte avec patience. Bien longtemps après que Dieu eut traité son alliance avec Noé, Jean, le disciple que Jésus aimait, eut le bonheur d’être admis à contempler quelques-unes des merveilles du ciel. Il vit un trône, et sur le trône quelqu’un qui y était assis, et autour du trône il y avait un arc-en-ciel.
— Qu’est-ce que cela voulait dire ?
— Que Celui qui était assis sur le trône était le même Dieu qui avait donné l’arc-en-ciel à Noé comme signe ; et que, se souvenant de sa promesse, malgré les jugements qui étaient sur le point de fondre sur les hommes, Il bénirait la terre parce que son Fils avait porté sur la croix toute la malédiction. Cela signifiait enfin qu’Il allait rendre la terre plus belle et plus parfaite qu’elle ne l’était même au commencement lorsque Il avait déclaré que tout ce qu’Il avait fait était très bon.
— Quand cela arrivera-t-il ?
— Après que Jésus aura enlevé dans les cieux tous ceux qu’Il aime afin qu’ils soient pour toujours avec Lui. Alors Il reviendra pour établir sur la terre son règne de justice et de paix ; alors aussi, le serpent ancien, le diable, sera lié pour qu’il ne puisse point faire de mal pendant que Jésus règnera avec tous les saints.
— Que fit Noé après être sorti de l’arche et avoir reçu de Dieu la belle promesse dont tu m’as parlé ? Fut-il berger comme Abel ?
— Non, Noé commença de nouveau à cultiver la terre. Mais bientôt reparut aussi le mal qui se trouve dans le cœur de l’homme. Noé avait planté de la vigne. Il fit du vin et en but ; mais il ne sut pas se modérer. Il trouva sans doute que le vin était agréable au goût, il but trop et s’enivra. C’est dans cet état honteux que Cam, son plus jeune fils, le trouva dans sa tente. Tu vois comment l’homme, au lieu d’user des dons de Dieu pour ses besoins, en abuse pour satisfaire sa gourmandise ou d’autres mauvais penchants, et se couvre lui-même de honte.
— Pauvre Noé ! C’est bien triste pour lui après que Dieu lui ait accordé de si grandes grâces. Mais que fit Cam ? Ne fut-il pas bien affligé de voir son père dans cet état ?
— Hélas ! Non, et en cela se montra la misérable condition du cœur de l’homme. Au lieu d’être attristé et de cacher la faute de son père, Cam se hâta d’aller raconter tout à ses frères. Penses-tu qu’il eût raison ?
— Je ne le crois pas. Et je vois maintenant que j’ai eu tort de rapporter le mal que j’ai vu faire à mon frère ou celui qu’il m’a fait. Il vaudrait mieux demander à Dieu de le lui pardonner, n’est-ce pas ?
— Sans doute. Cela ressemblerait plus à la grâce dont nous parlions l’autre jour. Quand nous sommes vraiment peinés au sujet du mal que font les autres, c’est à Dieu que nous en parlons pour qu’Il agisse sur leurs cœurs. Mais nous sommes si méchants qu’il nous arrive souvent d’être contents du mal que nous voyons commettre et même d’en rire.
— Que firent Sem et Japhet ?
— Ils eurent de tout autres sentiments que Cam. Ils furent affligés de ce qu’il leur avait raconté touchant leur père, aussi s’efforcèrent-ils de cacher sa honte.
— Est-ce que Noé sut comment ses fils s’étaient conduits ?
— Oui, Dieu ne voulut pas qu’il l’ignorât. Avant d’aller plus loin, il faut que je te dise que Cam, entre autres fils, en avait un nommé Canaan. Quand Noé fut éveillé du sommeil causé par son ivresse, et qu’il eut appris ce que Cam avait fait, il dit : « Maudit soit Canaan ! Il sera l’esclave des esclaves de ses frères ». En prononçant la malédiction, il ne voulait pas l’étendre à tous les enfants de Cam, mais la limiter à celui qui, sans doute, était le plus méchant et puis les paroles de Noé étaient une prophétie de ce qui arriverait aux descendants de Canaan. Ensuite Noé bénit Sem et Japhet.
— De quelle manière la malédiction vint-elle sur Canaan ?
— Les enfants de Canaan et ses descendants devinrent toujours plus méchants. Dieu les avertit plus d’une fois et surtout d’une manière bien frappante en détruisant un grand nombre d’entre eux par le feu du ciel. Mais comme les autres n’y prirent pas garde, Dieu les fit exterminer pour la plupart. Nous verrons cela plus tard en détail.
— C’est triste de voir Noé et les siens tomber ainsi dans le mal après avoir été sauvés dans l’arche lors de la destruction des méchants, et avoir éprouvé toute la bonté de Dieu.
— C’est bien pénible, en effet, mais l’homme est toujours tel que Dieu peut lui adresser les paroles qu’il disait une fois au peuple d’Israël : « Tu m’as fatigué par tes iniquités » (Ésaïe 43:24). Dans les histoires de la Bible, nous trouvons constamment que même les hommes qui aimaient Dieu et qui jouissaient de ses bénédictions, ont succombé parfois à la tentation quand Satan parvenait à les induire à faire leur propre volonté. La volonté propre est toujours mauvaise. Il n’y eut qu’un homme qui ne chercha jamais à se complaire à lui-même : c’est Jésus. Lorsque Il eut faim au désert et que Satan lui proposa de changer les pierres en pain, Il ne le voulut pas, quoiqu’Il en eût le pouvoir, parce que Dieu ne l’avait pas commandé. Il pouvait dire en parlant de Dieu son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent ». Lequel de nous pourrait parler ainsi ? Est-ce toi ?
— Oh ! Non. Je pense plutôt à ce qui me fait plaisir et c’est là ce que je veux faire.
— C’est le cas pour nous tous, aussi sommes-nous de mauvaise humeur et irrités quand quelque chose s’oppose à notre volonté. Si nous voulions plaire à Jésus, nous ne penserions pas à nous-mêmes et nous serions beaucoup plus heureux. N’est-il pas vrai que tu es contente de faire plaisir à ceux que tu aimes ?
— Certainement, je me sens toute heureuse quand je vois que tu es satisfaite de ce que j’ai fait. Sans cela, je suis triste.
— Eh bien, quand tu connaîtras l’amour de Dieu, quand tu sauras combien Jésus t’aime et comme tout en Lui est parfait, alors tu l’aimeras à ton tour, tu désireras Lui ressembler et vivre pour Lui.
— Noé vécut-il longtemps ?
— Dieu lui accorda une très longue vie. Il vécut 350 ans après le déluge, de sorte qu’il ne mourut qu’à l’âge de 950 ans.
— Quel grand âge ! Ce fut comme les hommes d’avant le déluge.
— Oui, mais bientôt après, la longueur de la vie diminua de plus en plus. Ainsi Sem vécut 600 ans ; son fils Arpacshad 438 ans et Péleg, arrière petit-fils d’Arpacshad seulement 239 ans. Après cela on voit encore des hommes qui atteignent un âge très avancé, mais à peu près comme les vieillards de nos jours.
— La Bible raconte-t-elle ce qui arriva aux enfants de Noé ?
— Elle nous dit ce qu’il nous importe d’en connaître. Sem, Cam et Japhet eurent chacun beaucoup d’enfants. Les hommes commencèrent donc à se multiplier sur la terre, mais en même temps ils perdirent aussi de plus en plus le souvenir de Dieu et du jugement qu’il avait exécuté sur la terre par le déluge. Ils auraient dû se souvenir de la puissance éternelle de Dieu dont ils voyaient aussi les preuves dans le bel ordre de l’univers. Au lieu de cela, ils oublièrent Dieu au point de se faire des dieux à la ressemblance des hommes et même des bêtes. C’est ce qu’on appelle des idoles.
— Je me souviens que tu m’as montré une fois une image où l’on voyait de pauvres sauvages qui se prosternaient devant une affreuse figure d’homme à tête d’éléphant. C’était là une idole, n’est-ce pas ?
— Oui, et tu comprends que les hommes devenus insensés à ce point se laissèrent bientôt aller à toutes sortes de mauvaises choses. Bientôt parmi eux, il s’en éleva un qui était plus hardi, plus fort et plus violent que les autres, et qui devint roi.
— Mais est-ce une mauvaise chose que d’être roi ? Dieu ne l’avait-il pas voulu ainsi ?
— Il l’a permis, cependant c’est à cause de la méchanceté des hommes que cela eut lieu. S’ils étaient tous restés dans la crainte de Dieu et dans l’obéissance, ils n’auraient pas eu besoin de quelqu’un pour les conduire et dominer sur eux. Aucun d’eux n’aurait non plus eu l’idée de s’élever au dessus des autres. Dieu leur aurait suffi comme roi et, sous son gouvernement, ils auraient été heureux ensemble. Mais en oubliant Dieu, les uns pleins d’orgueil s’élevèrent et assujettirent les autres, et ceux-ci, éblouis par la force et la puissance que déployaient ceux qui s’établissaient comme chefs, se soumirent et mirent en eux leur confiance au lieu de la mettre en Dieu. En tout cela, c’est la volonté propre qui domine.
— Qui fut le premier roi ?
— Nimrod, fils de Cush et petit-fils de Cam. La Bible nous dit que c’était un puissant chasseur devant l’Éternel. À cette époque, il n’y avait pas comme aujourd’hui, une multitude de nations diverses, séparées les unes des autres par les coutumes et par la langue. Tous les hommes avaient un même langage. Te rappelles-tu ce que Dieu avait dit à Noé relativement à ses descendants ? Que devaient faire les hommes quand ils se seraient multipliés ?
— Ils devaient remplir la terre.
— Eh bien, au lieu d’obéir paisiblement à cet ordre de Dieu, ils dirent dans leur orgueil : « Allons, bâtissons-nous une ville, et une tour dont le sommet [atteigne] jusqu’aux cieux ; et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre » (Gen. 11:4). La pensée de Dieu était bien loin de leurs cœurs. Ils ne pensaient qu’à eux-mêmes, à leur propre gloire et se mettaient en opposition ouverte avec la volonté de Dieu. C’est ce que font encore les hommes de nos jours.
— Comment s’y prirent-ils pour bâtir leur ville et leur grande tour ?
— Avec de la terre, ils fabriquèrent des briques qu’ils cuisirent au feu pour les durcir, parce qu’il n’y avait pas de pierres dans ce pays-là ; puis ils commencèrent leur ouvrage au milieu d’une immense plaine. Mais l’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que les fils des hommes bâtissaient.
— L’Éternel a dû se moquer de leur grande tour.
— Oui, Dieu se rit de toutes les vaines et folles entreprises des hommes. Leur cœur orgueilleux aime à former de grands desseins sans Dieu et contre Dieu, mais son œil voit tout, et sa puissance confond la propre volonté de l’homme. L’Éternel, voyant ce à quoi les hommes s’occupaient, dit : « Voici, c’est un seul peuple, et ils n’ont, eux tous, qu’un seul langage, et ils ont commencé à faire ceci ; et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu’ils pensent faire. Allons, descendons, et confondons là leur langage, afin qu’ils n’entendent pas le langage l’un de l’autre » (11:6-7). Ainsi l’Éternel les dispersa de là sur toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville.
— Dieu fit donc la chose même qu’ils craignaient. Ils durent être bien étonnés de ne plus pouvoir se comprendre.
— Tu peux t’imaginer quelle confusion il y eut dans la ville. Chacun se mit tout à coup à parler une langue différente de celle des autres, et personne ne comprenait plus ce que les autres disaient. Il n’y avait plus moyen de travailler ensemble. Aussi donna-t-on à la ville le nom de Babel, ce qui veut dire « confusion ».
— Est-ce la même Babel qui était la ville royale de Nimrod ?
— Oui. Ainsi tu vois de quelle manière ont commencé les nations et les royaumes de la terre : ce fut à l’occasion du péché de l’homme, et la confusion y est comme écrite du doigt de Dieu.
— Au milieu de cette confusion, il y a une chose qui me paraît bien consolante, c’est que Dieu comprend tous les différents langages de sorte que chacun peut lui parler et le prier.
— La Parole de Dieu nous montre quelque chose de plus. Lorsque, après l’ascension de Jésus, Dieu eut envoyé le Saint Esprit sur la terre, les disciples en furent remplis et reçurent le pouvoir d’annoncer la bonne nouvelle du salut dans toutes les langues de ceux qui étaient assemblés à Jérusalem. Dieu voulait montrer que cette barrière que le péché avait élevée et qui rendait les peuples étrangers et ennemis, était maintenant renversée par la grâce. C’est ainsi qu’il est écrit que « La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » (Jacques 2:13).
— Tous les descendants de Noé furent-ils aussi méchants ?
— Les hommes ayant abandonné Dieu, Dieu les abandonna aussi. Il laissa les nations marcher dans leurs voies selon leur volonté, et n’agit plus envers les habitants de la terre comme Il l’avait fait jusque alors, « quoique, dit l’apôtre Paul, Il ne se soit pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, en vous donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant vos cœurs de nourriture et de joie » (Actes 14:17). Il ne cessa pas non plus de manifester sa grâce car Il est amour, c’est pourquoi Il fit choix d’un homme qu’Il sépara de tout le reste du monde. Il voulait que cet homme fût son serviteur, qu’il marchât en communion avec Lui et n’attendît que de Lui seul toute bénédiction sur la terre. Ce fut un descendant de Sem que Dieu appela de cette manière.
Avant d’aller plus loin, et puisque Dieu va commencer à agir à l’égard des hommes comme Il ne l’avait pas fait auparavant, je veux te faire remarquer deux choses dont je désire que tu te souviennes. La première est que le cœur de l’homme est toujours méchant. Nous l’avons vu dans toutes les histoires que je t’ai racontées. Le bonheur de la communion avec Dieu ne peut pas maintenir l’homme dans l’obéissance, et les jugements de Dieu n’attendrissent pas son cœur. Les hommes cherchent toujours à s’éloigner de Dieu et ne désirent pas le connaître, de sorte que si Dieu les traitait selon leurs mérites, personne ne serait sauvé. La seconde chose que nous verrons plus clairement dans la suite, c’est que Dieu veut rester ce qu’Il est en dépit de toute la méchanceté de l’homme. Dieu est amour : comme tel, Il déploie les richesses de sa grâce pour sauver les hommes malgré eux.
— Veut-Il donc aussi me sauver ?
— Rappelle-toi ce que je t’ai souvent dit d’après la Parole de Dieu : Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Jésus Lui-même nous dit : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:15, 16, 36 ; 5:24 ; 6:40).
— La dernière fois, nous avons parlé de l’Éternel qui vint visiter Abraham et de l’annonce qui lui est faite que Sara aurait un fils même si Abraham et elle étaient vieux, avancés en âge. Sara était surprise et quelque peu incrédule. L’Éternel en outre annonça autre chose. T’en souviens-tu ?
— Oui, Il annonce les jugements sur Sodome et Gomorrhe, et Abraham plaide avec Lui pour épargner Sodome.
— Les deux anges arrivèrent à Sodome vers le soir. « Et Lot était assis à la porte de Sodome » (v 1). C’était là, à la porte, que les anciens et notables d’une ville avaient l’habitude de se tenir. Ainsi, non seulement Lot habitait Sodome mais, malgré le sérieux avertissement qu’il avait reçu de Dieu quand il fut fait prisonnier, il s’était lié avec les habitants et occupait parmi eux un certain rang. Lot agissait comme le font maintenant beaucoup de personnes qui, tout en portant le nom de chrétiens c’est à dire appartenant à Christ, s’attachent pourtant au monde qui a crucifié Christ et veulent y jouir, y être riches et honorés, oubliant que la fin de toutes choses est proche et que la terre sera brûlée avec tout ce qu’elle contient.
— Que fit Lot quand il vit venir les anges ? Les reconnut-il et ne fut-il pas honteux d’être surpris au milieu des méchants ?
— Il les prit pour des étrangers et alla au devant d’eux. Lot n’avait pas le bonheur comme Abraham de jouir des communications de l’Éternel. L’Éternel ne pouvait pas venir manger chez lui : s’Il venait à Sodome, Lui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, c’était pour la détruire. Entrer chez Lot aurait été approuver sa conduite. Dieu se contente donc d’envoyer des anges au lieu d’aller lui-même comme chez Abraham. Voilà de quel grand bonheur on se prive en ne vivant pas dans la communion et les pensées de Dieu. Abraham sut tout de suite que c’était l’Éternel qui venait sous sa tente, mais Lot ne reconnut pas les anges.
— Mais ne les accueillit-il pas ?
— Oh, oui ! Il exerça envers eux l’hospitalité : il alla au devant d’eux, se prosterna et dit : « Voici, mes seigneurs, détournez-vous, je vous prie, vers la maison de votre serviteur, et passez-y la nuit, et lavez vos pieds ; et vous vous lèverez le matin, et vous irez votre chemin. Et ils dirent : Non, mais nous passerons la nuit sur la place. Et il les pressa beaucoup, et ils se détournèrent [pour aller] chez lui, et entrèrent dans sa maison ; et il leur fit un festin, et cuisit des pains sans levain, et ils mangèrent » (Gen. 19:2-3). Mais avant qu’ils allassent se coucher, tous les hommes de Sodome, montrant leur méchanceté, environnèrent la maison de Lot et l’appelèrent en le sommant de leur livrer les deux hommes qu’il avait reçus chez lui. Lot sortit auprès d’eux pour les supplier de ne faire aucun mal à ces hommes et leur offrit à leur place ce qu’il avait de plus cher. Mais ces gens ne voulurent rien écouter et, faisant violence à Lot, ils s’approchaient pour briser la porte. Alors les anges avançant leurs mains retirèrent Lot à eux dans la maison, puis ils fermèrent la porte et frappèrent d’éblouissement tous les hommes qui étaient dehors de sorte qu’ils ne purent plus trouver la porte.
— Je suis bien contente de savoir Lot sous la protection des anges. Il a bien dû voir alors combien les habitants de Sodome étaient pécheurs.
— Oui. Aussi longtemps que Lot avait vécu avec eux sans s’opposer à leurs mauvaises actions, ils l’avaient laissé tranquille. Maintenant qu’il essaie faiblement de le faire, ils ne l’écoutent même pas, l’insultent et veulent lui faire du mal. Mais leur méchanceté étant ainsi clairement manifestée, Dieu ne peut plus retarder le jugement. Cependant pour l’amour de Lot, il veut épargner ce qu’il peut de ces villes coupables ; c’est pourquoi les anges dirent à Lot : « Qui as-tu encore ici ? Gendre, et tes fils, et tes filles, et tout ce que tu as dans la ville, fais-les sortir de ce lieu ; car nous allons détruire ce lieu, car leur cri est devenu grand devant l’Éternel ; et l’Éternel nous a envoyés pour le détruire » (Gen. 19:12-13). Alors Lot sortit et parla à ceux qui devaient épouser ses filles mais ils ne voulurent pas le croire et pensèrent que Lot se moquait d’eux.
— Pauvres gens ! Ils auront péri comme ceux à qui Noé annonçait que le déluge allait venir et qui ne l’écoutèrent pas.
— C’est ainsi que périront aussi ceux qui n’écoutent pas l’invitation que Dieu adresse aux pécheurs de se convertir pour fuir la colère à venir. Dès que l’aube du jour se fut levée, les anges pressèrent Lot de sortir avec sa femme et ses deux filles de peur qu’ils ne périssent dans la destruction de la ville. Mais comme Lot tardait regrettant peut-être tous les biens qu’il lui fallait laisser, les anges le prirent par la main ainsi que sa femme et ses deux filles, et les firent sortir de la ville parce que l’Éternel épargnait Lot.
— Je ne comprends pas qu’il ne se sauve pas le plus vite possible. Puisqu’il croyait les anges, il devait avoir bien peur. Comment donc tardait-il ? Dieu se montre bien bon envers Lot, Il l’aimait malgré ses fautes.
— L’Éternel se souvenait de la prière de son serviteur Abraham quoique celui-ci n’eût pas parlé de Lot parce que sans doute il avait confiance que Dieu le sauverait. C’est ce qui arriva en effet, mais comme malgré Lot. Dieu le force pour ainsi dire à s’échapper. Dès qu’ils furent sortis, l’Éternel dit à Lot : « Sauve-toi, pour ta vie ! Ne regarde pas derrière toi, et ne t’arrête pas dans toute la plaine ; sauve toi sur la montagne, de peur que tu ne périsses ». Et Lot répondit : ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux, et l’amour par lequel tu m’as conservé la vie est merveilleusement grand ; voici une ville qui est proche, permets que je m’y réfugie. Et l’Éternel lui dit : « Voici, j’ai accueilli ta demande en cette chose aussi, de ne pas détruire la ville dont tu as parlé. Hâte-toi de te sauver là ; car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois entré. C’est pourquoi on a appelé le nom de la ville Tsoar » (19:21 et 22).
— Dieu est patient envers ceux qu’il aime.
— Dieu en effet suspend ses jugements pour l’amour des siens. Lot entra donc dans la petite ville de Tsoar comme le soleil se levait. Alors l’Éternel fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du feu et du soufre. Et il détruisit ces villes là et toute la plaine, et tous les habitants des villes, et le germe de la terre.
— Qu’est-ce que cela veut dire ?
— La terre ne pouvait plus rien produire, ni plantes ni arbres.
— Quelle chose terrible pour ces malheureux habitants d’être ainsi surpris par le feu et le soufre !
— Sans doute, mais Dieu les avait avertis et longtemps supportés. Combien plus terrible sera la jour de la « révélation du Seigneur Jésus du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ ; lesquels subiront le châtiment d’une destruction éternelle » (2 Thess. 1:7 à 9). Le monde dira : nous sommes en paix et en sûreté, et c’est alors qu’une subite destruction viendra sur lui (1 Thess. 5:3). Le Seigneur Jésus nous avertit de cela. Il nous dit : « De même aussi, comme il arriva aux jours de Lot : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais, au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr ; il en sera de même au jour où le fils de l’homme sera manifesté » (Luc 17:28-30). Le soleil s’était levé ce jour-là, tout paraissait beau et brillant, les habitants de Sodome avaient commencé leur vie habituelle sans se souvenir de leurs horribles péchés et des avertissements de Dieu quand, tout à coup, ils furent surpris. Il en sera de même pour le monde quand le Seigneur apparaîtra. Abraham n’était-il pas bien heureux à l’abri sur la montagne où il s’était entretenu avec Dieu ?
— Oh oui, certainement !
— Eh bien, c’est aussi le bienheureux sort de ceux qui croient en Jésus. Le jugement qui tombera sur le monde ne les atteindra pas car le Seigneur Jésus les aura déjà pris à Lui dans le ciel.
— Combien Lot devait être content d’être sauvé avec toute sa famille !
— Ils ne furent pas tous sauvés bien que tous fussent sortis de Sodome. La femme de Lot regarda en arrière et devint une statue de sel. L’Éternel avait recommandé à Lot de se sauver sans regarder en arrière. La femme de Lot désobéit et subit le châtiment de sa désobéissance. Sans doute regrettait-elle ce qu’elle avait dû quitter. Son cœur y était encore et elle regarda, espérant peut-être que la parole des anges ne s’accomplirait pas. Tu vois, c’est chose sérieuse que de ne pas s’attacher strictement à la parole de Dieu. Ce qu’Il dit arrivera certainement. Le Seigneur Jésus dit : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17:32) pour nous montrer qu’il ne faut pas que nos cœurs soient liés aux choses d’ici-bas qui vont périr.
— Abraham eut-il connaissance de tout ce qui était arrivé à Sodome ?
— Il n’avait pas besoin qu’on le lui dise. Il savait que la parole de l’Éternel est ferme et qu’Il accomplit ce qu’Il a prononcé. Il se leva de grand matin et vint à l’endroit où il avait parlé à l’Éternel. De là, regardant vers Sodome et Gomorrhe, il vit monter de la terre une grande fumée comme celle d’une fournaise. Il sut ainsi que l’Éternel n’avait pas trouvé même dix justes dans Sodome.
— Il dut avoir bien peur pour Lot.
— Non. Abraham savait aussi que Dieu est fidèle envers les siens, et qu’Il les délivre au milieu même des plus grands dangers. Aussi Dieu s’était-Il souvenu d’Abraham quand Il détruisait les villes de la plaine, et Il avait tiré Lot de la ruine.
— La Bible nous parle-t-elle encore de Lot ? Que devint-il ? Retourna-t-il auprès d’Abraham ?
— Lot craignit de demeurer à Tsoar. Il alla habiter sur la montagne où il se retira dans une caverne avec ses deux filles. Elles eurent chacune un fils ; l’un fut nommé Moab et l’autre Ammon. Leurs descendants formèrent deux peuples, les Moabites et les Ammonites qui furent toujours en guerre avec le peuple de Dieu. Ils furent aussi des idolâtres et Dieu finit par les détruire. C’est ainsi que se termine l’histoire de Lot qui avait été un mauvais serviteur de l’Éternel. Il avait choisi les biens du monde. Malgré l’avertissement que Dieu lui avait donné, il persévéra à vivre avec les pécheurs. Il perdit tout et n’eut de jouissance ni avec Dieu ni avec le monde. Ses descendants mêmes furent finalement détruits à cause de leur méchanceté. Quelle différence avec Abraham et sa postérité qui jouissaient de la faveur de Dieu ! Pour Lot, il n’y eut pas de bénédiction. C’est un enseignement bien sérieux ! Dieu n’aime pas que le cœur soit partagé. À l’égard du mal et des méchants, Il dit : « Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, [le] Tout-puissant » (2 Cor. 6:17-18).
— Nous sommes arrivés au moment où Dieu va enfin donner à Abraham le fils qu’Il lui avait promis, n’est-ce pas ?
— En effet, mais Isaac ne naquit pas au lieu où Dieu était venu visiter Abraham dans sa tente.
— Où donc, alors ? Abraham n’avait pourtant pas quitté le pays de Canaan.
— Non, mais tu te rappelles qu’il y était étranger et voyageur. Il était allé demeurer dans un endroit qui se nommait Guérar. Là, Abraham fit malheureusement comme en Égypte et dit de Sara qu’elle était sa sœur de sorte qu’Abimélec, roi de ce pays, enleva Sara.
— Il semble avoir oublié ce qu’il avait appris précédemment. Tout ce que Dieu lui avait dit et promis n’aurait-il pas pu l’empêcher de dire un mensonge ?
— Sans aucun doute, il eut grand tort et manqua de foi. La Bible nous rapporte ces fautes des enfants de Dieu pour nous apprendre que, quelles que soient leurs expériences de la bonté de Dieu, leur cœur naturel comme le nôtre reste toujours le même. Dès que nous l’écoutons, nous tombons. Il faut ne jamais perdre de vue ce qu’est Dieu et ce qu’Il a dit. Mais ce triste fait nous montre aussi combien Dieu est fidèle. Par son manque de foi et son mensonge, Abraham risquait de perdre Sara et les promesses. Quelle chose terrible ! Mais Dieu prit soin de Sara et même reconnut Abraham comme prophète. Dieu veut être glorifié quels que soient les manquements des siens.
— Comment Dieu garda-t-Il Sara ?
— Il parla au roi dans un songe et lui commanda de rendre Sara à son mari de peur d’être frappé de mort avec tout ce qui lui appartenait. Il dit aussi qu’Abraham était prophète et qu’il prierait pour le roi afin que celui-ci ne mourût pas. Ainsi Dieu empêcha-t-Il le mal.
— Mais Abraham fut-il repris pour son péché ?
— Oui. Ce fut le roi lui-même qui lui reprocha, ainsi qu’à Sara, le mensonge qu’ils avaient commis. Le monde ne manque pas de voir les fautes des enfants de Dieu, et il sait bien les leur reprocher. Comme il faut être attentif à ne donner aucun sujet de blâme !
— Et Abraham pria-t-il pour le roi ?
— Oui, Dieu guérit le roi et sa maison car Il avait commencé à le punir. Alors Abimélec permit à Abraham de demeurer dans son pays où il voudrait et fit à lui et à Sara de grands présents pour reconnaître le tort qu’involontairement il avait fait.
— C’était bien de la part du roi.
— Sans doute. Il ne faut jamais craindre de réparer le tort que l’on a causé. Maintenant le moment est venu où l’Éternel accomplit sa promesse faite à plusieurs reprises et qu’Il avait renouvelée un an auparavant dans la tente d’Abraham. Sara eut un fils au temps précis que Dieu lui avait dit et Abraham, obéissant à l’ordre de Dieu, le nomma Isaac. Puis, quand Isaac fut âgé de huit jours, il mit sur lui le signe de la circoncision comme Dieu l’avait commandé. Ainsi nous voyons Abraham obéir scrupuleusement à Dieu. On doit reconnaître les enfants de Dieu à leur obéissance. Abraham était alors âgé de cent ans ; il avait soixante-quinze ans lorsqu’Il sortit de Charan de sorte qu’il dut attendre vingt-cinq ans avant d’avoir le fils promis.
— C’était bien long.
— Oui, c’était une leçon de patience et c’est toujours long d’apprendre. Mais Abraham connut ainsi Dieu et sa fidélité, il apprit à s’attendre à Lui, à compter sur Lui. « L’épreuve de votre foi produit la patience » (Jacques 1:3), est — il écrit ; et encore « s’il tarde, attends-le, car il viendra sûrement, il ne sera pas différé » (Hab. 2:3).
— Quelle joie ce dut être pour Abraham et Sara d’avoir enfin leur cher petit Isaac !
— Leur joie fut grande, sans doute. Sara, en particulier, ne rit plus par incrédulité comme elle l’avait fait derrière la porte de la tente ; mais, voyant l’accomplissement de la promesse de Dieu, elle dit : « Dieu m’a donné lieu de rire ; quiconque l’entendra rira avec moi » (21:6). Elle croyait maintenant et devait en même temps être confuse d’avoir pu une fois douter de la puissance de Dieu.
— Et Ismaël, ne fut-il pas aussi content d’avoir un petit frère ?
— Non, peut-être en était-il jaloux. Voici ce qui arriva : le jour où le petit Isaac fut sevré, Abraham fit un grand festin et Sara vit qu’Ismaël, au lieu de se réjouir avec tout le monde, se moquait. Cela lui fit de la peine. Ismaël n’acceptait pas que lui, le fils aîné, n’eût pas la première place et que ce fût un petit enfant, Isaac, qui passât avant lui. C’est ainsi que les Juifs furent aussi jaloux de Jésus et de ceux qui croyaient en Lui.
— Mais ce n’était pas un grand mal de se moquer.
— Dieu ne juge pas ainsi. Dans sa Parole Il condamne formellement les moqueurs. Ismaël montrait ainsi l’incrédulité de son cœur. En parlant des deux fils d’Abraham, la Bible dit : « Celui qui était né selon la chair persécutait celui qui [était né] selon l’Esprit » (Galates 4:29). Tu vois donc que sa moquerie provenait d’un mauvais sentiment envers Isaac.
— Que fit Sara ? Agit-elle comme elle avait fait auparavant ?
— Sara ne maltraita pas sa servante ni son fils. Elle avait appris à rester dans la soumission. Mais elle avait aussi compris les voies de Dieu et entrait dans ses pensées. Elle voyait qu’Isaac seul pouvait être héritier, et elle demanda à Abraham de renvoyer Agar et son fils.
— Abraham dut être bien triste.
— Naturellement car il aimait son fils Ismaël au sujet duquel Dieu lui avait aussi fait des promesses. Mais Dieu dit à Abraham de faire ce que Sara demandait. Dieu approuvait Sara cette fois et Abraham dut faire passer la volonté de Dieu avant son amour pour son fils. C’est ainsi que nous sommes souvent appelés à faire, par obéissance envers Dieu, ce que nous n’aimons pas naturellement. C’est ce que l’on appelle renoncer à soi-même.
— Ainsi la pauvre Agar fut obligée de renoncer à Abraham ?
— Oui, c’était la volonté de Dieu. Abraham ne mit point de retard à obéir malgré le chagrin que cela lui causait. Il se leva de bon matin, prit du pain et de l’eau, les donna à Agar et la renvoya avec son fils. Elle se mit en chemin et erra dans le désert de Beër-Shéba. En laissant aller Agar, Abraham savait que Dieu aurait soin d’elle puisqu’Il avait promis qu’Ismaël serait le père d’une nation.
— Agar ne le savait-elle pas aussi ?
— Elle aurait dû le savoir et se souvenir de ce que lui avait dit l’ange de l’Éternel. Mais dans sa détresse elle l’oublia. Dans ce désert aride et très chaud, l’eau fut bientôt épuisée. L’enfant avait très soif, Agar ne voyait pas de fontaine et, dans son désespoir, elle jeta l’enfant sous un arbrisseau et, s’étant assise à quelque distance, elle dit : « Que je ne voie pas mourir l’enfant ». Et elle pleura.
— Pauvre Agar ! Dieu n’eut-il pas pitié d’elle ?
— Oui. Il entend ceux qui pleurent et qui sont dans la détresse. Le Seigneur Jésus rencontra un jour une pauvre veuve qui pleurait son fils unique qui était mort et que l’on allait ensevelir. Il lui dit : « Ne pleure pas », et Il rendit la vie à son fils. De même Dieu entendit la voix du jeune garçon « et l’Ange de Dieu appela des cieux Agar, et lui dit : Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant, là où il est. Lève-toi, relève l’enfant et prends-le de ta main ; car je le ferai devenir une grande nation » (21:17-18). Alors Dieu ouvrit les yeux d’Agar et elle vit un puits d’eau et, y étant allée, elle remplit d’eau l’outre et donna à boire à l’enfant. Voilà comment Dieu exerce sa grâce. Il y a, pour ceux qui périssent, une source ouverte : c’est Jésus. Bienheureux ceux dont les yeux sont ouverts pour la voir et qui y puisent pour que leur âme vive ! Dieu fut avec le jeune garçon qui devint grand et demeura au désert et fut tireur d’arc. Plus tard sa mère lui donna une femme du pays d’Égypte, son propre pays. Ainsi, pour l’amour d’Abraham et à cause des promesses que Dieu avait faites, Ismaël fut sous la protection de Dieu.
— Est-ce tout ce que la Bible raconte d’Ismaël ?
— Non, elle nous dit que, suivant la promesse que Dieu avait faite à Abraham, Ismaël eut douze fils. Ils devinrent chefs de nombreuses tribus qui composent encore maintenant une partie du peuple que l’on nomme les Arabes. Ismaël eut aussi deux filles. Quand Abraham mourut, Ismaël vint pour l’ensevelir avec Isaac. Nous voyons donc qu’il n’avait pas oublié son père et qu’il ne voulait plus de mal à son frère. Dieu qui fut avec lui l’avait sans doute instruit. Enfin il nous est rapporté de lui qu’il mourut âgé de cent trente-sept ans.
— Maintenant tu vas continuer à me raconter l’histoire d’Abraham et d’Isaac, n’est-ce pas ?
— Oui. C’est sur eux et sur leurs descendants choisis de Dieu que la Bible s’arrête le plus. Mais avant de te parler de nouveau d’Isaac lui-même, il faut que je te raconte un fait qui montre de quelle manière Dieu honore les siens et se glorifie en eux. Tu te rappelles comme Abraham avait mal agi envers le roi de Guérar, Abimélec. Eh bien, ce même roi fut si frappé de voir comme Dieu bénissait Abraham qu’il vint le trouver avec le chef de son armée et lui dit : « Dieu est avec toi en tout ce que tu fais ». Et il demanda à Abraham de faire une alliance avec lui. C’est ainsi qu’un jour, les Gentils, c’est à dire ceux qui ne sont pas Juifs et qui méprisent souvent les descendants d’Abraham, rechercheront leur alliance (Zach. 8:23).
— Quand sera-ce ?
— Quand les Juifs auront tourné leur cœur vers le Seigneur Jésus qu’ils ont crucifié. Alors toutes les nations verront la gloire et la protection de Dieu s’étendre sur eux.
— Abraham reçut-il bien le roi de Guérar ?
— Oh certes ! Il lui fit des présents et consentit à l’alliance qui lui était demandée. Ensuite Abimélec retourna dans son pays, et Abraham resta dans cet endroit qui se nommait Beër-Shéba. Là, il invoqua le nom de l’Éternel, le Dieu fort d’éternité.
— Voilà un nouveau nom qui est donné à Dieu.
— C’est vrai. Tout dans la Parole de Dieu a de l’importance. Des noms différents sont donnés à Dieu selon la manière dont Il se présente Lui-même à nous. Ainsi le nom d’Éternel est celui que Dieu prend quand Il entre dans une certaine relation avec les hommes. Ici la Bible ajoute les mots « le Fort d’éternité » pour marquer que, dans sa puissance, Il a accompli, et pour toujours, ce qu’Il avait promis à Abraham puisque Isaac, l’héritier, était venu.
— Abraham et Sara devaient être bien heureux avec leur cher fils Isaac. Comme ils devaient l’aimer !
— Je n’en doute pas : l’amour des parents pour leurs enfants est un lien très puissant pour le cœur. Abraham et Sara devaient le ressentir d’autant plus pour Isaac qu’il était né dans leur vieillesse, qu’ils l’avaient longtemps attendu, que c’était un don de Dieu et que sur lui reposaient toutes les promesses.
— Ne craignaient-ils pas toujours qu’il lui arrivât quelque accident ?
— Je ne le crois pas : ils avaient confiance que Dieu le gardait. Du reste, ce que je vais te raconter te montrera combien grande était la foi d’Abraham. Dieu lui-même voulut l’éprouver, c’est à dire montrer que sa foi était bien réelle et que son cœur était tout à Dieu. Que penses-tu qu’Abraham eût de plus cher, de plus précieux ? Était-ce ses tentes, ses nombreux troupeaux, son or et ses richesses ?
— Oh, non ! C’est Isaac qu’il aimait le plus. Abraham aurait tout donné pour son fils.
— Tu as raison. Eh bien, c’est précisément par là que Dieu l’éprouva. Il voulut voir si Abraham L’aimait plus même que son propre fils. « Dieu lui dit : Abraham ! Et il dit : Me voici. Et [Dieu] dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur une des montagnes que je te dirai » (22:1-2).
— Quoi ! Devait-il réellement mettre à mort Isaac ?
— Oui, Dieu demandait à Abraham de sacrifier Isaac de ses propres mains.
— Quelle chose terrible ! Abraham ne pria-t-il pas Dieu de lui épargner cette douleur, lui qui avait prié pour Sodome ?
— Abraham connaissait Dieu. Que son cœur souffrît, il n’y a pas à en douter ; qu’il se demandât comment s’accompliraient les promesses de Dieu, c’est probable ; mais la foi d’Abraham était plus grande que les souffrances de son cœur et les raisonnements de son esprit. Il connaissait Dieu, il savait que Dieu avait tous les droits sur Isaac, qu’Il ne pouvait rien demander qui ne fût bon, et