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Entretiens sur la Genèse

 

Création, chute de l’homme, déluge, Babel

 

Genèse ch. 1 à 11

 

Adrien Ladrierre (probable)

Édition Sandoz, Fischbacher 1871

 

 

Table des matières :

1     Chapitres 1 à 2:3 — La création

2     Chapitres 2:4 à 3:24 — La chute

3     Chapitre 3 — La promesse

4     Chapitre 4 — Histoire de Caïn et d’Abel

5     Chapitre 5 — Histoire d’Hénoc

6     Chapitres 6 et 7 — Le déluge

7     Chapitres 8 à 9:17 — La sortie de l’arche

8     Chapitres 9:18 à ch. 11 — La tour de Babel

9     Chapitre 19 — Destruction des villes de la plaine — Lot sauvé.

10      Chapitres 20-21 — Naissance d’Isaac — Ismaël.

11      Chapitre 22 — Sacrifice d’Isaac

12      Chapitre 23 — Mort de Sara

13      Chapitres 24 et 25:1 à 18 — Mariage d’Isaac. Mort d’Abraham

14      Genèse 25 à 36 — Histoire d’Isaac et de ses fils

14.1       Chapitres 25:19-34, et 26 — Les enfants d’Isaac

14.2       Chapitre 27 — Isaac bénit Jacob et Ésaü

14.3       Chapitre 28 — Le songe de Jacob

14.4       Chapitres 29 à 31 —  Jacob chez Laban

14.5       Chapitres 32 à 33 (v 1 à 16) — Rencontre de Jacob et d’Ésaü

14.6       Chapitres 33 (v 17-20) ; 34 et 35 — Jacob en Canaan

14.7       Chapitre 36 — La postérité d’Ésaü

15      Genèse 37 à 50 — Histoire de Jacob et Joseph

15.1       Chapitres 45:25-28 ; 46 à 48 — Israël vient en Égypte — Il bénit les deux fils de Joseph

15.2       Chapitre 49 — Jacob bénit ses fils – Sa mort

15.3       Chapitre 50 — Joseph ensevelit son père — Ses derniers jours

16      Conclusion

 

Il manque les entretiens sur les chapitres 12 à 18 ; 37 à 45

 

1                        Chapitres 1 à 2:3 — La création

 

Pourquoi lis-tu toujours la Bible ?

— C’est que je préfère ce livre à tout autre.

— Mais l’auras-tu bientôt fini ?

— Non, jamais je n’arriverai à savoir toutes les choses précieuses qui sont dans ce livre. Il me parle du Seigneur Jésus et m’apprend à connaître Dieu. La Bible est le livre de Dieu ; elle nous dit de sa part des choses que nous n’aurions jamais pu connaître autrement.

— Y a-t-il aussi des histoires dans la Bible ?

— Oui, et de très belles histoires.

— Ne voudrais-tu pas m’en raconter quelques-unes ?

— Volontiers. Je commencerai par la toute première. Elle est dans le premier chapitre de la Genèse.

 

 

— La terre n’a pas toujours été telle qu’elle est maintenant. Il y a bien, bien longtemps, il n’y avait sur toute sa surface ni hommes, ni animaux, ni arbres, ni plantes. La terre était tout à fait vide ; le sec même n’existait pas, l’eau couvrait tout et il faisait toujours nuit. Tu comprends donc que Dieu seul a pu nous dire comment ont été faites toutes les choses qui sont maintenant sur la terre et au ciel puisqu’il n’y avait que Lui seul pour le voir. Dieu a toujours existé, Il connaît tout, et la première histoire que renferme son livre est celle de la création, c’est à dire qu’elle nous raconte dans quel ordre et de quelle manière Dieu fit toutes choses.

— Mais n’est-ce pas Lui aussi qui avait fait la terre ?

— Oui, la Bible nous dit qu’au commencement Dieu créa les cieux et la terre. Comme je te le disais, les ténèbres, c’est à dire une obscurité profonde, enveloppait cette immense étendue d’eau qui couvrait la terre. Mais au-dessus se mouvait l’Esprit de Dieu. « Et Dieu dit : Que la lumière soit. Et la lumière fut ».

— Quelle chose merveilleuse ! Quoi ! Tout d’un coup la lumière apparut, cette belle lumière qui nous fait voir toutes choses ? Dieu est bon de l’avoir créée. Je n’aime pas quand il fait tout noir.

— Moi aussi, je préfère la lumière. Il nous est dit que « Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne ». Là où Dieu se trouve, il y a toujours de la lumière. Pour revenir à notre histoire, Dieu nomma la lumière jour, et les ténèbres nuit. Ce fut là l’œuvre que Dieu accomplit le premier jour. Le jour suivant, Dieu fit la grande voûte bleue étendue sur nos têtes, et l’appela ciel. Le troisième jour, il commanda au sec, à la terre ferme, d’apparaître. Les montagnes s’élevèrent et les vallées s’abaissèrent au lieu même que Dieu leur avait établi. Il rassembla les eaux en certains lieux pour former les mers et les lacs ; puis, sur cette terre ainsi préparée, Il fit croître les arbres, les plantes et toute espèce de verdure et de fleurs.

— Que Dieu est bon d’avoir fait toutes ces belles choses. C’est si agréable de voir le feuillage des grands arbres et de s’asseoir à leur ombre. Puis j’aime tant les prairies toutes vertes et les jolies fleurs avec leur doux parfum. Et tous les fruits qui sont sur les arbres, Dieu les a faits aussi ?

— Oui ; il montre en cela, comme en toutes ses œuvres, la richesse merveilleuse de sa puissance. Le nombre des espèces de plantes est considérable, et cependant chacune a sa forme, son feuillage, sa fleur et son fruit particuliers, comme tu peux l’observer, de sorte que l’on ne saurait les confondre l’une avec l’autre. Et en chacune aussi Dieu a mis une semence qui, plantée en terre, reproduit la plante d’où elle vient. N’est-ce pas admirable ? Ainsi d’une petite graine jetée dans la terre va sortir un grand arbre.

— C’est merveilleux. Crois-tu que Dieu ait créé tous ces arbres et toutes ces plantes si diverses afin que nous y trouvions du plaisir ?

— Certainement. Dieu est amour et manifeste son amour dans tout ce qu’Il fait pour nous. « L’Éternel est bon dans toutes ses œuvres » (Psaume 145:17).

— Qu’est-ce que Dieu a créé après les arbres et les plantes ?

— Que voyons-nous briller dans le ciel ?

— Le soleil pendant le jour, et la lune et les étoiles la nuit

— Eh bien, c’est ce que Dieu fit le quatrième jour, et il mit ces astres dans l’étendue des cieux pour éclairer la terre.

— Que c’est beau ! Dieu a donc suspendu dans le ciel le brillant soleil et la lune avec sa lumière si douce et toutes les étoiles ? Et comment les a-t-il faits ?

— Il n’a eu qu’à prononcer un mot. Dieu fit tout par sa parole. « Car, lui, il a parlé, et [la chose] a été ; il a commandé, et elle s’est tenue là » (Ps. 33:9). Quelle puissance, n’est-ce pas ? Et que l’on peut bien s’écrier avec la Bible : « Éternel, mon Dieu, tu es merveilleusement grand ! » (Ps. 104:1). Si tu regardes le ciel le soir, peux-tu compter les étoiles qui étincellent de toutes parts ?

— Oh non. À mesure que tu regardes, il semble que l’on en voie de nouvelles.

— La Bible nous dit que Dieu compte les étoiles, qu’Il les appelle toutes par leur nom, et que pas une ne manque parce qu’Il excelle en puissance. N’est-ce pas aussi une chose admirable que la régularité avec laquelle le soleil éclaire tour à tour chaque partie de la terre, répandant en même temps la chaleur pour réchauffer les hommes et les bêtes, faire croître les plantes et mûrir les fruits ? Par son mouvement il amène successivement le jour et la nuit, le printemps et l’automne, l’été et l’hiver. C’est Dieu qui a établi, qui règle et qui maintient tout cet ordre merveilleux.

Voilà ce que Dieu fit les quatre premiers jours. La terre était préparée, ornée de verdure, éclairée par ses luminaires, mais les habitants manquent encore.

Le cinquième jour, Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’un fourmillement d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre devant l’étendue des cieux ». Et à la parole de Dieu tous ces animaux furent créés.

Le sixième jour, Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et [tout] ce qui rampe et les bêtes de la terre selon leur espèce ». En ce jour-là furent donc créés tous les animaux domestiques et ceux qui vivent dans les champs et les bois.

— Ce devait être bien étrange de voir s’élever ainsi des eaux et sortir de terre les oiseaux et les autres bêtes.

— En effet, mais cela nous montre la puissance de Dieu « qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Romains 4:17). Quand nous pensons à la si grande variété de ces animaux, combien cette puissance de Dieu apparaît merveilleuse. Depuis le petit oiseau-mouche avec ses brillantes couleurs jusqu’à l’aigle puissant qui vole au plus haut des airs, quel nombre prodigieux d’oiseaux, tous différents de taille, de forme, de plumage et de manière de voler ; les uns habitant les rochers, d’autres les plus hauts arbres, d’autres encore les buissons, tandis qu’il y en a qui vivent sur les eaux. Quel admirable instinct ils montrent dans la construction de leurs nids et dans les soins pour les petits ; et parmi eux, quels ravissants chanteurs pour égayer les bois et les campagnes ! Ne voyons-nous pas en tout cela briller la puissance et la sagesse de Dieu ? Il en est de même quand nous considérons les autres animaux. La petite souris timide qui se cache dans son trou, l’énorme éléphant qui habite les forêts, le bœuf patient, le cheval plein d’ardeur, le chien obéissant, tous de grandeur, de formes, d’habitudes et de caractères si divers sont l’œuvre de Dieu et proclament son pouvoir.

Maintenant voilà la terre bien peuplée, mais penses-tu que ce soit tout ? Ne manque-t-il pas encore quelqu’un ?

— Oui, car tu ne m’as pas dit comment Dieu a fait les hommes.

— Eh bien, ce fut en denier lieu que Dieu créa l’homme à son image pour dominer sur tous les animaux qui peuplent les eaux, la terre et les airs. Il fit un homme et une femme, et il les bénit et leur dit : « Fructifiez, et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez ».

— Est-ce le septième jour que Dieu créa l’homme ?

— Non, ce fut encore le sixième jour après avoir fait les animaux. Le septième jour, Dieu se reposa.

— Comme tout devait être beau !

— Sans doute car la Bible nous dit que « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon ». Aussi pouvons-nous dire avec le livre de Dieu : « Que tes œuvres sont nombreuses, ô Éternel ! tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est pleine de tes richesses » (Ps. 104:24).

— C’est une bien belle histoire. Maintenant quand je verrai le soleil et la lune et les étoiles au ciel, et sur la terre les arbres, les plantes et les animaux, je penserai que c’est Dieu qui a fait toutes choses et qu’elles Lui appartiennent. Oh ! Regarde ce charmant petit oiseau. Écoute, il chante ! Ne crois-tu pas qu’il dit que Dieu est bon ?

— Il semble bien que ce soit un chant de joie. Le petit oiseau est heureux d’avoir ce bon soleil chaud et ces beaux arbres, et son chant est une louange à Dieu. Mais l’oiseau, ni aucun animal ne connaît Dieu ; tandis que toi, tu peux le connaître, le remercier et le louer pour tous les soins dont Il t’entoure chaque jour. Tu peux surtout le bénir de ce qu’il t’a donné d’entendre parler de Lui, car Il désire que même les jeunes enfants le connaissent et l’aiment. Il les écoute quand ils prient, ses yeux sont sur eux nuit et jour. Il voit tout ce qu’ils font, Il entend chacune de leurs paroles, et s’ils pleurent, Dieu le sait aussi.

— Il me semble que je ne pourrais jamais pleurer si Dieu était là, près de moi.

— Il est toujours là ; Dieu est partout : en aucun temps ou lieu nous ne pouvons être hors de sa présence. Aussi le roi David disait-il : « Où irai-je loin de ton Esprit ? Et où fuirai-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au shéol, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aube du jour, si je fais ma demeure au bout de la mer, là aussi ta main me conduira et ta droite me saisira. Et si je dis : Au moins les ténèbres m’envelopperont, — alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres même ne sont pas obscures pour [me] cacher à toi, et la nuit resplendit comme le jour, l’obscurité est comme la lumière (Psaume 139:7-12).

 

2                        Chapitres 2:4 à 3:24 — La chute

 

Aujourd’hui, je te parlerai de l’homme et de la femme que l’Éternel Dieu avait faits.

— Pourquoi dis-tu « l’Éternel Dieu » ?

— Parce que la Bible le dit. « Éternel » signifie « celui qui existe toujours et qui est toujours le même ». C’est le nom que Dieu prend pour faire voir qu’Il ne change pas, malgré tout ce qui arrive par suite des manquements des hommes. J’allais donc te dire que l’Éternel Dieu ayant créé d’abord l’homme qui fut nommé Adam, le plaça dans un magnifique jardin que Lui-même avait planté et que l’on appelait Éden, c’est à dire « délices », pour en marquer la beauté. Là croissait tout arbre désirable à la vue et dont le fruit était bon à manger, et un fleuve se partageant en quatre bras arrosait le jardin. L’Éternel Dieu fit alors venir tous les animaux des champs et tous les oiseaux des cieux vers Adam, afin que celui-ci leur donnât des noms. Mais Adam était seul, sans personne qui lui fût semblable et avec qui il pût communiquer. Alors Dieu dans son amour dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde ». Et l’Éternel Dieu forma la femme pour être la compagne et l’aide d’Adam.

— Dieu voulait tout faire pour que l’homme fût heureux. Mais à quoi s’occupaient Adam et sa femme dans le jardin d’Éden ?

— L’Éternel Dieu y avait placé l’homme pour le cultiver et le garder. Au milieu du jardin se trouvaient deux arbres : l’un, l’arbre de vie, et l’autre, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu avait permis à Adam de manger librement du fruit de tous les arbres du jardin sauf de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. À l’égard de celui-ci, l’Éternel Dieu avait dit : « Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez ».

— C’était une défense bien terrible, n’est-ce pas ?

— Sans doute, mais Dieu, dans sa sagesse, voulait que l’homme lui obéît et fût ainsi parfaitement heureux. En lui interdisant d’y toucher, Il le mettait à l’épreuve pour voir si l’homme lui obéirait ou non. Et si l’homme n’obéissait pas il devait subir un châtiment qui est la mort.

— Adam et sa femme ont dû faire bien attention de ne pas désobéir.

— Malheureusement non. Le méchant serpent, celui qui autre part dans la Bible est appelé le diable et Satan ne pouvait souffrir de voir Adam et sa femme si heureux dans le beau jardin d’Éden. Il dit donc à la femme : « Vous ne mourrez point certainement ; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal ».

— Mais c’était un mensonge puisque Dieu avait dit le contraire.

— Certainement ; aussi le Seigneur Jésus dit-il du diable : « il est menteur, et le père du mensonge » (Jean 8:44). Il voulait faire croire à Adam et à sa femme que Dieu ne les aimait pas et qu’ils ne devaient pas Lui faire confiance. Ils écoutèrent le serpent plutôt que Dieu. « Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent ; et elle prit de son fruit et en mangea ; et elle en donna aussi à son mari [pour qu’il en mangeât] avec elle, et il en mangea ».

— Et que leur arriva-t-il ? Est-ce qu’ils moururent ?

— Pas immédiatement, mais ils ne pouvaient plus être heureux. Aussi dès qu’ils eurent mangé du fruit, ils surent qu’ils étaient nus.

— N’avaient-ils donc pas d’habits auparavant ?

— Non, et ils n’en avaient pas besoin. Mais quand ils eurent désobéi, ils acquirent la connaissance du bien et du mal comme le serpent le leur avait dit. Seulement, bien loin d’être des dieux, ils se sentirent repris dans leur conscience et le sentiment de péché les rendit honteux. C’est pourquoi ils prirent des feuilles de figuier et en firent des ceintures pour se couvrir. Bientôt après, ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu qui se promenait dans le jardin.

— N’ont-ils pas craint que Dieu ne sût ce qu’ils avaient fait ?

— Oui, aussi se cachèrent-ils parmi les arbres du jardin car ils avaient peur de rencontrer Dieu auquel ils avaient désobéi. C’est ainsi que le péché nous remplit toujours de crainte en présence de Dieu parce que nous savons qu’Il ne peut supporter le mal.

— Tu m’as dit que Dieu voit tout. Il voyait donc Adam et sa femme lorsqu’ils étaient cachés.

— Certainement ; nous ne pouvons jamais nous dérober aux regards de Dieu. Il savait tout. Il avait entendu la femme parler au serpent, Il l’avait vue manger du fruit avec Adam, Il les avait vus se cacher parmi les arbres du jardin. « Et l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? Et il dit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ». C’est le péché qui lui faisait sentir qu’il était nu.

— Qu’est-ce que le péché ?

— Pécher, c’est préférer sa volonté à celle de Dieu. Dieu avait dit à Adam de ne pas en manger. Adam suivit sa volonté et fit précisément ce que Dieu lui avait défendu : c’était là pécher. Mais alors sentant que Dieu était mécontent de lui, il eut peur et chercha à éviter la présence du Dieu saint qu’il venait d’offenser.

— Mais ni les feuilles de figuier ni les arbres ne pouvaient le cacher de devant Dieu.

— C’est vrai, aussi fut-il forcé de comparaître devant l’Éternel Dieu qui lui dit : « Qui t’a montré que tu étais nu ? As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai commandé de ne pas manger ? Et Adam répondit : « La femme que tu [m’] as donnée [pour être] avec moi, — elle, m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé ».

— C’était bien mal à Adam de dire cela et de rejeter toute la faute sur sa femme.

— Oui, et c’était une ingratitude envers Dieu. Mais c’est ainsi que nous cherchons toujours à nous excuser quand nous avons fait le mal, et alors nous accusons même Dieu.

— Qu’est-ce que Dieu dit à la femme ?

— Il lui dit : « Qu’est-ce que tu as fait ? » Elle répondit : « Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé ». Alors l’Éternel Dieu dit au serpent qu’il serait maudit, qu’il ramperait sur la terre et mangerait la poussière tous les jours de sa vie. À la femme, Dieu dit qu’elle serait assujettie à beaucoup de douleurs et d’infirmités, et que son mari dominerait sur elle. Enfin Dieu dit à Adam que la terre serait maudite à cause de lui, qu’il serait obligé de travailler beaucoup pour en tirer sa nourriture, parce qu’au lieu d’être comme le beau jardin d’Éden, la terre désormais produirait des chardons et des épines, et qu’ainsi il mangerait son pain à la sueur de son visage jusqu’à ce qu’il mourût et que son corps fût mis dans la terre. L’Éternel Dieu dit : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière ».

— Quelle triste histoire ! Mais pourquoi faut-il que tout le monde meure maintenant, même les petits enfants comme mon petit frère ? Il n’avait pourtant pas pu désobéir à Dieu comme Adam.

— C’est vrai. Mais il était comme nous, comme tout homme qui naît dans le monde, un enfant d’Adam et, comme tel, un pécheur sujet à la souffrance et à la mort. Si Adam n’avait pas péché, nous aurions tous pu être bons et heureux, et dans ce cas, Dieu aurait continué à vivre avec nous. Et nous voyons bien que les enfants d’Adam ont la même nature que lui après la désobéissance, une nature dans laquelle est le péché qui n’aime point Dieu et ne se soumet point à Lui. Les hommes éprouvent à l’égard de Dieu ce sentiment qui était tout nouveau pour Adam et qu’il n’avait pas avant de désobéir : le sentiment de crainte. C’est pourquoi ils ont cherché à vivre loin de Lui. Mais dès lors ils ont commencé à faire toutes sortes de mauvaises choses, et en sont même venus à haïr Dieu et à ne plus vouloir entendre parler de Lui. « Et ils disent à Dieu : Retire-toi de nous, nous ne prenons pas plaisir à la connaissance de tes voies » (Job 21:14). Tu comprends donc que « la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché » (Rom. 5:12), comme nous le dit la parole de Dieu.

— Dieu a-t-il abandonné Adam et sa femme après leur avoir dit qu’ils mourraient ?

— Oh non ! L’Éternel Dieu se montra plein de bonté à leur égard. Il fit des habits en peaux et les en revêtit.

— C’était bien mieux que leurs feuilles de figuier.

— Certainement. Dieu les aimait encore, malgré leur désobéissance. Mais ils durent sortir du jardin où était l’arbre de vie, parce qu’ils auraient vécu à toujours s’ils en avaient mangé ; or Dieu avait dit qu’ils devaient mourir. Il les chassa donc du jardin d’Éden, et mit des anges qui en défendaient l’entrée et qui gardaient le chemin de l’arbre de vie. L’homme s’en alla labourer la terre de laquelle il avait été pris.

 

3                        Chapitre 3 — La promesse

 

Avant de chasser Adam et sa femme du jardin d’Éden, l’Éternel Dieu, en parlant du serpent, avait dit une parole qui prouvait, plus que toute autre chose, son amour pour eux, et Il l’avait dite précisément à l’égard de la femme.

— Pourtant c’est elle qui avait désobéi la première.

— Oui, et c’est justement ce qui fait connaître l’excellence de la grâce de Dieu.

— Qu’est-ce que c’est que la grâce ?

— La grâce, c’est la manière dont Dieu nous traite, non selon ce que nous méritons, mais d’après son cœur qui est amour. Ainsi, la femme méritait de mourir ; mais Dieu manifeste sa grâce envers elle en disant qu’un de ses descendants briserait un jour la tête du serpent, c’est à dire détruirait la puissance et les œuvres du diable, le péché et la mort. Cette fois, Adam crut Dieu, c’est pourquoi il donna à sa femme le nom d’Ève, ce qui veut dire « vivante » parce que dit la Bible « elle était la mère de tous les vivants ».

Je vais te dire maintenant comment la promesse de Dieu fut accomplie. Te souviens-tu de l’histoire d’un petit enfant qui fut mis dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place dans l’hôtellerie ?

— Oh oui. C’était Jésus. Je me rappelle bien ce que tu m’as raconté. Il y avait des bergers qui gardaient leurs troupeaux pendant la nuit. Tout à coup ils virent une magnifique lumière et un ange leur dit : N’ayez point de peur : je viens vous annoncer une bonne nouvelle. Il est né aujourd’hui à Bethléhem un petit enfant qui est le Sauveur, le Christ, le Seigneur. Vous pouvez aller le voir et vous le trouverez couché dans une crèche. Alors ils entendirent une multitude d’anges qui disaient : Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre. Ensuite les anges retournèrent au ciel et les bergers allèrent vite voir le petit enfant. Ils le trouvèrent avec sa mère et ils dirent à tout le monde ce qu’ils avaient vu et entendu ; puis ils s’en retournèrent en bénissant Dieu (Luc 2:6-20).

— Eh bien, ce saint petit enfant Jésus était celui qui avait été promis à Ève. C’était le Fils de Dieu, né d’une femme semblable à Ève. Dieu, en l’envoyant ici-bas, montrait son amour pour les hommes pécheurs. « Dieu a tant aimé le monde », dit Jésus lui-même, « qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). L’enfant Jésus devint un homme, et que fit-Il alors ?

— Il allait partout faisant du bien, Il guérissait les malades et consolait ceux qui pleuraient, mais les méchants l’ont pris et l’ont attaché à la croix où Il est mort. Pourquoi Jésus mourut-il, Lui qui était si bon et qui a toujours fait la volonté de Dieu ?

— Il s’est offert en sacrifice pour le péché. Il n’avait point commis de péché ; il n’y avait point en Lui, comme en nous, une mauvaise nature qui aime le mal. Lui était Saint et ainsi il n’y avait en Lui rien de mal et Il n’avait rien fait qui méritât la mort. Mais Il s’est mis à la place des pécheurs et, comme s’Il était le péché même, Il a bien voulu, par grâce, être placé sous le jugement et la condamnation et supporter l’abandon de Dieu, les souffrances et la mort. Et c’est ainsi qu’Il a été puni à la place de ceux qui croient en Lui, et que Dieu peut leur donner la vie éternelle.

— N’est-ce pas là ce que tu appelles la grâce ?

— Oui. Il te faut demander à Dieu de t’apprendre à connaître sa grâce dans ton cœur.

— Crois-tu qu’Il le fera si je le lui demande ?

— Oui, Dieu communique sa grâce même aux petits enfants afin qu’ils l’aiment. Jésus est mort pour leur donner la vie. À ceux qui croient, Il donne une nouvelle nature capable d’aimer Dieu et de Lui obéir, et Il leur montre comment ils peuvent être ses imitateurs en faisant quelque chose selon ses pensées.

— Ainsi si je ne me fâche point contre mon petit frère quand il prend mes jouets, mais si je suis patiente, est-ce de la grâce ?

— Oui, pourvu que Dieu te mette au cœur de le faire pour Lui plaire ; car si tu le faisais seulement pour penser ou pour que les autres pensent que tu es une sage petite fille, cela serait de l’orgueil et ne plairait pas à Dieu.

— Tu m’as dit que celui qui croit a la vie éternelle. Qu’est-ce que la vie éternelle ?

— C’est une vie telle que celle de Jésus, une vie qui dure toujours, toujours, dans la présence de Dieu.

— Mais si j’avais la vie éternelle, ne mourrai-je donc pas ?

— Ton corps mourrait peut-être, parce que tu es un enfant d’Adam ; mais si tu connais Jésus et si tu crois en Lui, tu Lui appartiens et tu as la même vie que Lui. Et si ton corps vient à mourir, Il prendra ton âme pour qu’elle vive près de Lui jusqu’au moment où Il te rendra un corps glorieux semblable au sien.

— Qu’est-ce que c’est que mon âme ?

— C’est une partie de toi-même qui ne peut jamais être anéantie, au contraire du corps qui meurt, qui est mis en terre et retourne en poussière. Mais pour bien comprendre cela, dis-moi comment fut créé le premier homme.

— Dieu a-t-il fait Adam autrement que les animaux ?

— Oui, la différence est grande. Pour faire les animaux, Dieu ne dit qu’une parole et ils sortirent tout vivants de la terre ou des eaux, mais quant à l’homme, Dieu forma d’abord son corps de la poussière de la terre. Ce n’était alors qu’un corps sans vie ; mais Dieu souffla dans ses narines le souffle de vie, son propre souffle. C’est ainsi que l’homme devint vivant, créé à l’image de Dieu. Le corps, qui est tiré de la poussière, peut donc mourir, être détruit, retourner en poussière ; mais le souffle de vie, qui est l’âme, retourne à Dieu qui l’a donné (Eccl. 12:9).

— Dis-moi bien ce que c’est que mon âme. À quoi puis-je la reconnaître ?

— Ton âme est ce qui en toi pense, connaît, sent, aime, veut ou ne veut pas. Mais il te faut aussi bien comprendre quel est l’état de notre âme. Depuis la désobéissance d’Adam, notre âme pense naturellement aux choses qui lui font plaisir et non à celles qui plaisent à Dieu. Elle ne connaît pas Dieu, ni son amour, et par conséquent elle n’aime ni Lui ni rien de ce qui le concerne, elle ne peut pas non plus se soumettre à la volonté de Dieu. Dans cet état, elle ne peut plaire à Dieu ni s’approcher de Lui. La mort éternelle, l’éloignement et la séparation éternelle d’avec Dieu est son partage.

— Quelle pensée terrible. Mais je sais que ce que tu dis de l’âme est bien vrai. Quelquefois je n’aime pas du tout entendre parler de Dieu et du ciel, et quand on lit la Bible, cela m’ennuie, je pense à toutes sortes d’autres choses et j’aimerais mieux aller m’amuser.

— C’est là la nature qui vient d’Adam et qui n’aime pas Dieu. Mais quand on croit au Seigneur Jésus Christ, on devient un enfant de Dieu. On a alors en nous une nouvelle nature qui connaît Dieu et qui l’aime parce qu’elle croit à l’amour de Dieu pour nous. Elle dit : « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4 :19). Ainsi, celui qui croit en Jésus a dans son âme deux natures : l’une qui aime Dieu et les choses du ciel, qui pense à Christ et se réjouit à la pensée de le voir bientôt et d’être pour toujours avec Lui ; l’autre nature, au contraire, s’oppose à tout cela.

— C’est triste d’avoir cette méchante nature en nous. Ne pouvons-nous pas en être délivrés ?

— Non, pas avant que nous ayons quitté ce corps mortel. Mais Dieu donne maintenant à ceux qui croient en Jésus la force de ne pas céder à la mauvaise nature et de vivre selon la nouvelle, afin qu’ils puissent le servir sur la terre. Et quand nous serons avec Jésus dans le ciel, il n’y aura plus de péché car nous le verrons tel qu’il est, et nous Lui serons tout à fait semblables (1 Jean 3:2-3).

— Quel bonheur, comme j’aimerais aller au ciel ! Alors je verrai Jésus qui a été un petit enfant sur la terre, qui est mort sur la croix pour nous sauver et qui est monté au ciel auprès de Dieu. Et je pourrai dire à Jésus que je l’aime beaucoup parce qu’Il est mort afin que je puisse aller au ciel et ne plus jamais mourir.

— Oui, nous le Lui dirons tous. Nous chanterons les louanges de Celui qui nous aime et nous a lavés de nos péchés dans son sang. Nous ne serons jamais rassasiés de célébrer son amour et sa grâce et de dire combien Il est digne de toute la gloire que Dieu son Père lui a donnée.

— Ne crois-tu pas que le ciel sera encore plus beau que le jardin d’Éden ?

— Certainement. Le ciel est la vraie maison de Dieu, tandis que le jardin était seulement fait pour Adam. Dieu venait l’y visiter ; mais ne trouves-tu pas que c’est plus beau d’aller là-haut auprès de Dieu que si Dieu descendait auprès de nous ? Là-haut aussi nous serons avec Jésus et nous Le verrons dans sa gloire car Lui-même a dit : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où je suis, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire ».

 

 

4                        Chapitre 4 — Histoire de Caïn et d’Abel

 

Cette fois-ci, je te parlerai des enfants d’Adam et Ève. Le fils aîné qui se nommait Caïn était laboureur. Te souviens-tu de ce que Dieu avait dit à Adam relativement à la terre ?

— Qu’elle produirait des chardons et des épines.

— Oui. Dieu avait déclaré que la terre serait maudite et qu’elle ne produirait de fruit qu’à force de travail : c’était une partie de la punition d’Adam. Caïn devait donc labourer une terre maudite pour en tirer les fruits à force de beaucoup de peines. Le second fils s’appelait Abel. Il était berger.

— J’aurais mieux aimé faire comme Abel. Il avait de jolis agneaux et un beau grand chien pour l’aider à garder son troupeau.

— Peut-être, mais j’aurais aussi aimé avoir des fleurs, des plantes et des fruits. Nous tirons notre nourriture de bien des choses qui croissent de la terre, du blé, par exemple, avec lequel on fait le pain, et dans ce temps-là, c’était encore plus nécessaire d’avoir les produits de la terre parce qu’on ne mangeait pas la chair des animaux. Au bout de quelque temps, Caïn et Abel voulurent faire une offrande à l’Éternel. Que penses-tu qu’ils offrirent ?

— Sûrement Abel apporta un petit agneau, et Caïn peut-être des fruits.

— C’est en effet ce qu’ils firent. La Bible nous dit qu’Abel offrit à Dieu des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse ; c’est à dire qu’il les tua et les présenta à Dieu avec leur graisse qui en était la meilleure partie. Quant à Caïn, il offrit des fruits de la terre comme tu le disais. Mais la Bible ajoute que l’Éternel eut égard à Abel et à son offrande, mais il n’eut point égard à Caïn ni à son offrande.

— Pourquoi donc ?

— C’est qu’Abel en tuant un agneau et l’offrant à Dieu confessait qu’il était un pécheur méritant la mort, et qu’il fallait que quelqu’un d’autre mourût à sa place afin que lui pût s’approcher de Dieu. Caïn faisait-il cela en présentant à Dieu des fruits de la terre ?

— Oh non, les fruits de la terre ne pouvaient pas mourir pour les péchés de Caïn.

— Non seulement cela, mais ces fruits provenaient d’une terre maudite et ils étaient le résultat du travail et des propres efforts de Caïn, d’un homme pécheur. C’étaient ses œuvres qu’il présentait comme si de lui-même il eût pu produire quelque chose qui plût à Dieu. Or cela était impossible : depuis le péché d’Adam, tout ce que l’homme fait par lui-même est souillé de péché et ne peut être agréé de Dieu. « Toutes nos justices », dit le prophète Ésaïe, c’est à dire tout ce que nous faisons pour plaire à Dieu, sont « comme un vêtement souillé » (chap. 64:6). Au temps du Seigneur Jésus, les Pharisiens se vantaient beaucoup de leurs bonnes œuvres comme si elles pouvaient les rendre agréables à Dieu, mais Jésus dit à ses disciples : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux » (Matthieu 5:20). Tu comprends maintenant pourquoi Dieu ne pouvait avoir égard à Caïn ni à son offrande. Il ne venait pas à Dieu comme un pauvre pécheur qui a tout à attendre de la grâce de Dieu, mais comme quelqu’un qui est satisfait de ses efforts et qui pense que Dieu lui doit quelque chose.

— Mais toi, offres-tu quelque chose à Dieu ?

— Non, au moins pas comme Abel. Dieu lui-même a donné son Fils unique, et a mis sur Lui l’iniquité de nous tous. Le Seigneur Jésus s’est livré à la mort pour nous, et maintenant c’est Lui qui est notre offrande. En mourant, Il est devenu le sacrifice qui a ôté à jamais le péché de devant Dieu. Le pécheur n’a donc plus besoin d’offrir un animal qui meure à sa place ; mais quand il a cru en Jésus, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, alors il est exhorté à offrir « sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Hébreux 13:15).

— Je comprends que l’offrande de Caïn ne pouvait pas plaire à Dieu parce qu’en la faisant il cherchait sa propre volonté. Abel connaissait mieux Dieu, n’est-ce pas ?

— Oui, il croyait Dieu. La Bible nous dit que c’est par la foi qu’Abel offrit un plus excellent sacrifice que Caïn (Hébreux 11:4).

— Et que fit Caïn quand il vit que Dieu ne recevait pas son offrande ? Ne chercha-t-il pas à mieux faire ?

— Hélas ! Non. Au contraire, Caïn fut irrité et son visage fut abattu. Cependant l’Éternel le mit en garde contre le mauvais sentiment qui était dans son cœur. Il lui dit : « Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé » ? Mais Caïn n’écouta pas Dieu, il continua à nourrir de l’envie contre son frère et, un jour qu’il était aux champs avec lui, il le tua. Alors l’Éternel, auquel rien n’est caché, lui dit : « Où est Abel, ton frère ? » Cela n’aurait-il pas dû toucher le cœur de Caïn et agir sur sa conscience ?

— Quelle devait être sa douleur et sa confusion !

— La mauvaise nature de l’homme est telle que, si elle n’a pas écouté les avertissements de Dieu, elle s’endurcit toujours plus. C’est ce qui eut lieu pour Caïn qui eut l’arrogance de répondre à l’Éternel : « Je ne sais. Suis-je, moi, le gardien de mon frère ? »

— Quelle affreuse histoire ! Je suis sûre que c’est encore le serpent qui avait dit à Caïn d’agir ainsi.

— La Bible nous dit en effet que « Caïn était du méchant et tua son frère » (1 Jean 3:12). Et le Seigneur Jésus parlant du diable disait aux Juifs : « Lui a été meurtrier dès le commencement » (Jean 8:44). Ainsi Caïn, en haïssant son frère et en le tuant, agissait comme un enfant du diable.

— Dieu ne fut-il pas bien fâché contre Caïn ?

— Dieu lui dit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi. Et maintenant, tu es maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu laboureras le sol, il ne te donnera plus sa force ; tu seras errant et vagabond sur la terre ». Et Caïn répondit que sa punition était plus grande qu’il ne pouvait la supporter ; et qu’il arriverait que quiconque le rencontrerait le tuerait. Mais Dieu dit qu’il punirait celui qui tuerait Caïn, et Il mit une marque sur lui afin qu’on ne le tuât point. Ainsi Caïn avait peur du châtiment, mais nous ne voyons pas qu’il se repentît. Aussi sortit-il de devant la face de l’Éternel. Comme il n’aimait pas Dieu, il tâcha d’être heureux loin de Lui et sans Lui. Il bâtit une ville qu’il appela du nom de son fils aîné, et ses descendants, s’établissant comme lui sur la terre, inventèrent toutes sortes d’arts et de métiers comme de forger l’airain et le fer, et de jouer des instruments de musique.

— Je pense qu’après la mort d’Abel, Dieu prit soin de son âme.

— Oui, certes. En parlant de ceux qui sont morts dans la foi avant la venue du Seigneur Jésus, le livre de Dieu les appelle les esprits des justes parvenus à la perfection, et nous les montre auprès de Dieu. Abel était un de ceux-là, car il nous est dit qu’il a reçu le témoignage d’être juste (Héb. 12:23 ; 11:4). Maintenant, veux-tu me dire quelles sont les deux choses que Dieu aime à voir en nous ?

— L’obéissance est une de ces choses.

— Oui, mais la première, c’est de croire en Lui, Le croire quand Il parle et avoir confiance en son amour. Comment pourrions-nous obéir de cœur à quelqu’un dont nous ne serions pas sûrs qu’il nous aime et à qui nous ne nous fierions pas ?

— Cela me semble bien étrange que tout le monde ne croie pas ce que Dieu dit. Il est si bon et si sage qu’il ne peut tromper personne.

— C’est bien vrai. La Parole de Dieu dit qu’il n’est pas homme pour mentir (Nbres 23:19). Cependant Ève ne crut pas Dieu et n’eut pas confiance en Lui, et depuis lors tel a toujours été le sentiment naturel du cœur à l’égard de Dieu. C’est ce qui fit la différence entre Caïn et Abel. Quand on croit Dieu et qu’on a confiance en son amour, on obéit et ainsi l’on pratique ce qui est juste. Abel crut Dieu de sorte que ses œuvres, c’est à dire la manière dont il agit, étaient justes, selon la pensée de Dieu. Au contraire, Caïn ne crut pas, et tout ce qu’il fit fut déclaré mauvais ; il ne put plaire à Dieu, car sans la foi il est impossible de lui plaire. C’est ainsi que Caïn fut conduit à tuer son frère. L’apôtre Jean dit : « Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes » (1 Jean 3:12). Nous voyons là, dès le commencement, les deux classes d’hommes entre lesquelles se partage le monde : les uns croient Dieu, ils pratiquent ce qui est juste et ont de l’amour dans leur cœur ; ce sont les enfants de Dieu — tel était Abel. Les autres ne croient pas Dieu, leurs œuvres sont mauvaises, ils n’aiment pas les enfants de Dieu, ils ont de la haine dans le cœur ; ce sont les enfants du diable, nous dit la Parole de Dieu — tel était Caïn.

— Oh ! Je ne voudrais pas être comme le méchant Caïn.

— Que Dieu te donne de croire de cœur en Jésus, alors tu seras une enfant de Dieu comme Abel et Dieu te donnera son Esprit pour que tu pratiques ce qui est juste.

 

5                        Chapitre 5 — Histoire d’Hénoc

 

Cette fois-ci, je te parlerai des enfants d’Adam qui aimèrent Dieu. Après la mort d’Abel, Ève eut un autre fils qu’elle nomma Seth, ce qui veut dire « mis, assigné ». Elle disait que Dieu l’avait mis à la place d’Abel que Caïn avait tué. Le serpent, qui est le diable, avait été bien aise de voir mourir Abel le juste par les mains de son frère, c’était pour lui une nouvelle victoire. Mais Dieu se montre toujours plus fort que l’ennemi et il donna à Adam un fils pour remplacer Abel. Il ne voulait pas qu’Adam et Ève fussent sans espérance, mais qu’ils se souvinssent de sa promesse. Te rappelles-tu laquelle ?

— Qu’un des descendants d’Ève briserait la tête du serpent.

— C’est cela. Tu comprends, Adam et Ève en voyant qu’Abel était mort auraient pu dire : Comment ce que Dieu a dit pourra-t-il s’accomplir ? Car Caïn, qui était d’accord avec le serpent pour faire le mal, ne pouvait lui briser la tête. Alors Dieu leur donne Seth. Toute cette histoire nous fait penser à ce qui est arrivé au Seigneur Jésus. Par qui fut-il mis à mort ?

— Par les Juifs.

— Précisément. Ils étaient son propre peuple, et on peut dire ses frères. Cependant ils le haïrent et le crucifièrent. N’est-ce pas ainsi que Caïn fit à Abel ? Il semblait donc que tout fût perdu quand Jésus fut mort, et c’est ce qui abattait et rendait tout tristes les disciples qui avaient cru en Lui. Mais qu’a fait Dieu qui remplit ensuite leurs cœurs de joie ?

— Il ressuscita Jésus d’entre les morts.

— Oui, de même que pour consoler Adam et Ève, Dieu mit Seth à la place d’Abel. — Dieu confondit la méchanceté des Juifs et détruisit la puissance du diable en ressuscitant Jésus. Dieu montrait à l’avance dans l’histoire d’Abel et de Seth ce qui devait arriver au Seigneur Jésus, et c’est ce que nous trouvons dans plusieurs autres histoires de la Bible. Maintenant je désire te parler de l’un des descendants de Seth. C’était le septième depuis Adam, il se nommait Hénoc et la Bible, pour nous faire connaître son caractère, dit qu’il marcha avec Dieu.

— Comment pouvait-il marcher avec Dieu ?

— Cela veut dire qu’il aimait être près de Dieu, Lui parler, écouter ce que Dieu lui disait, et que tout ce qu’il faisait, c’était en ayant Dieu présent à son cœur . Hénoc avait confiance en Dieu, aussi Lui plaisait-il.

— Est-ce que nous pouvons aussi marcher avec Dieu ?

— Certainement, le chrétien doit marcher avec Dieu, c’est à dire qu’en tout ce qu’il fait il doit être d’accord avec Dieu. C’est ce que la Bible appelle avoir communion avec Dieu. Le Seigneur Jésus disait : « Moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:29). C’était marcher avec Dieu. Et l’apôtre Jean dit en parlant des chrétiens : « Nous pratiquons les choses qui sont agréables devant lui » (1 Jean 3:22).

— Dieu parlait-il à Hénoc ?

— Certainement. La Parole de Dieu nous dit de lui qu’il a prophétisé, c’est à dire qu’il a reçu de Dieu des paroles pour les dire aux hommes (Jude 14).

— Mais Dieu ne nous parle pas, à nous.

— Non pas comme à Hénoc, mais Il nous parle dans son livre et, quand nous croyons, Il nous donne son Esprit qui nous fait comprendre ce qu’Il nous dit et nous y fait trouver du plaisir.

— Cela plaît-il à Dieu que nous aimions être auprès de Lui ?

— Assurément. Dieu dit dans le livre des Proverbes : « J’aime ceux qui m’aiment ; et ceux qui me recherchent me trouveront (8:17). Dieu récompense ceux qui le cherchent, est-il dit en parlant d’Hénoc, et Jésus, qui était sur la terre Dieu manifesté en chair, nous fait voir comment cela arrive. Une grande foule l’avait un jour suivi dans un lieu désert, bien loin de la ville. Là, ils eurent faim et personne n’avait emporté de quoi manger. Les disciples seuls avaient cinq pains et deux poissons. Alors Jésus fit asseoir toute cette multitude sur l’herbe et il leur partagea les pains et les poissons de sorte que tous furent rassasiés. Ne penses-tu pas que ces pauvres gens devaient trouver qu’il valait bien la peine de suivre Jésus ? Une autre fois, une pauvre femme qui avait commis beaucoup de péchés et qui était méprisée de tous vint pleurer aux pieds de Jésus. Tout le monde pensait qu’Il ne lui permettrait pas de Le toucher. Mais Jésus ne repoussa jamais aucun de ceux qui vinrent à Lui, et il n’eut pour elle que des paroles de pardon, de grâce et de paix. Cette pauvre femme n’a-t-elle pas pu dire combien Il est bon de venir auprès de Jésus ? Et Jésus ne montrait-Il pas qu’Il aime que même le plus grand des pécheurs s’approche de Lui ?

— Comment Dieu montra-t-il qu’Hénoc Lui était agréable ?

— D’une manière bien merveilleuse : Dieu enleva Hénoc dans le ciel sans le faire passer par la mort.

— Mais comment cela se fit-il ? La famille d’Hénoc et les autres hommes le virent-ils monter au ciel ?

— La Parole de Dieu ne nous le dit pas. Elle dit seulement qu’Hénoc fut enlevé pour qu’il ne vit pas la mort, et il ne fut pas trouvé parce que Dieu le prit. Elle ajoute qu’avant son enlèvement, il reçut le témoignage d’être agréable à Dieu (Héb. 11:5).

— Y a-t-il eu d’autres hommes qui furent ainsi enlevés au ciel sans mourir ?

— Il y en a eu encore un dont je te parlerai plus tard. C’était le prophète Élie. Mais il y en aura plusieurs autres qui ne passeront pas par la mort, mais qui seront enlevés pour être avec le Seigneur.

— Qui donc et quand sera-ce ?

— Ce sont ceux qui croient en Jésus et qui vivront sur la terre quand le Seigneur reviendra, selon sa promesse, pour prendre les siens avec Lui. L’apôtre Paul dit par la parole du Seigneur : « Le Seigneur lui-même…descendra du ciel… puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4:16-17).

— Que ce sera beau ! J’aimerais bien être là.

— Si tu es une enfant de Dieu, tu seras là. Et ceux qui croient au Seigneur Jésus et qui l’aiment doivent toujours l’attendre venant ainsi du ciel. Il est écrit : « Car encore très peu de temps, « et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Hébreux 10:37). Le Seigneur dit lui-même : « Oui, je viens bientôt ». Et ceux qui l’aiment répondent : « Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » (Apocalypse 22:20).

— Hénoc était-il bien vieux quand Dieu le prit à Lui ?

— Il avait trois cent soixante-cinq ans.

— Quel grand âge ! Maintenant personne ne vit aussi longtemps.

— Non, mais dans ce temps-là Dieu donnait aux hommes une vie extrêmement longue. Adam vécut 930 ans. Méthushélah, le fils d’Hénoc, atteignit un âge encore plus avancé : il avait 969 ans quand il mourut. Il vécut 200 ans avec Adam, et plus de 700 ans après l’enlèvement d’Hénoc qui eut lieu 57 ans après la mort d’Adam. Ainsi, ce qui est arrivé à Adam, ce qu’il avait vu, ce que Dieu lui avait dit, tout cela se transmettait directement sans avoir besoin de passer par beaucoup de bouches. Ces vieux patriarches instruisaient les hommes de ce qu’ils savaient de Dieu et ainsi les descendants d’Adam ne pouvaient prétexter leur ignorance. Malgré cela, comme j’aurais à te le raconter plus tard, les hommes devinrent si méchants que Dieu fut obligé de les détruire.

— Ils auraient dû se souvenir que Dieu avait chassé Adam du jardin d’Éden, et craindre de L’offenser, et ils auraient bien dû aimer Dieu à cause de la belle promesse qu’Il avait faite.

— C’est vrai ; cet oubli du jugement et ce mépris de la grâce de Dieu montrent toute la vérité de ce que la Bible nous dit des hommes : « Toute l’imagination des pensées de son cœur n’était que méchanceté en tout temps » (Gen. 6:5) Cependant, si Dieu fut forcé de punir la méchanceté des hommes, sa grâce se montra aussi en faveur d’un arrière petit-fils d’Hénoc que son père Lémec appela Noé, ce qui veut dire « repos ». Son père l’appela ainsi en disant : « Celui-ci nous consolera à l’égard de notre ouvrage et du travail de nos mains, à cause du sol que l’Éternel a maudit » (Genèse 5:29). Lémec pensait sans doute à la promesse de Dieu.

 

6                        Chapitres 6 et 7 — Le déluge

 

Te souviens-tu de ce que je t’ai dit relativement aux hommes ?

— Tu m’as dit qu’ils étaient devenus si méchants que Dieu dut les punir.

— C’est de ce châtiment que je veux te parler aujourd’hui. Mais, au milieu de tous ces méchants, n’y avait-il pas un homme envers qui Dieu montra sa grâce ?

— C’est Noé. Son père avait dit de lui qu’il les soulagerait dans leur travail. Noé aimait Dieu, n’est-ce pas ?

— Oui, la Bible dit qu’il était un homme juste et intègre, qui marcha avec Dieu comme Hénoc. Noé avait près de 600 ans quand son père mourut. Lui-même avait trois fils qui s’appelaient Sem, Cam et Japhet. Les hommes s’étaient alors beaucoup multipliés sur la terre. Parmi eux se trouvaient aussi des géants, c’est à dire des hommes de très haute stature, mais tous étaient extrêmement méchants. L’Éternel vit que la malice des hommes était très grande sur la terre. La terre était corrompue devant Lui et remplie de violence, toute chair avait corrompue sa voie. Alors l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme et dit : « J’exterminerai de dessus la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, jusqu’aux reptiles, et jusqu’aux oiseaux des cieux. Mais Noé trouva grâce aux yeux de l’Éternel » (Genèse 6:7-8).

— Comment Dieu montra-t-il sa grâce envers Noé ?

— Nous allons le voir. Mais fais bien attention à ceci. Bien que Noé fut un homme juste et intègre qui ne participait pas aux méchantes actions des autres hommes, il était aussi par nature un enfant d’Adam, un pécheur, de sorte que ce n’est pas par sa bonne conduite qu’il échappe au jugement, mais par un effet de la grâce de Dieu qui voulut l’épargner. D’abord, Dieu l’avertit de ce qu’Il allait faire. Il lui dit : « La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux ; et voici, je vais les détruire avec la terre » (6:13). Ensuite Dieu montra à Noé comment il pourrait échapper à cette ruine universelle. « Fais-toi une arche de bois de gopher. Tu feras l’arche avec des loges, et tu l’enduiras de poix en dedans et en dehors » (6:14).

— Qu’est-ce qu’une arche, qu’est-ce que le bitume ?

— L’arche était une sorte de grand vaisseau. Dieu indiqua à Moïse, avec beaucoup de détails, comment il devait la construire, quelle grandeur il fallait lui donner, et où seraient placées la porte et la fenêtre. Quant au bitume, c’est une substance noire qui peut être amollie par le feu. En recouvrant de bitume les planches dont était formée l’arche, on empêchait l’eau d’y pénétrer.

— Ce devait être bien étrange de voir construire un grand vaisseau sur la terre ferme.

— En effet, mais Noé croyait Dieu et obéissait, sans s’inquiéter d’autre chose. C’est là le vrai caractère de l’obéissance : faire simplement les choses parce que Dieu le dit. Dieu fit bientôt comprendre à Noé pourquoi il lui avait donné cet ordre. Il lui dit : « Voici, je fais venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire de dessous les cieux toute chair en laquelle il y a esprit de vie ; tout ce qui est sur la terre expirera » (6:17). Noé crut cette Parole de Dieu ; il craignit, nous est-il dit, et bâtit l’arche pour la conservation de sa maison (Héb. 11:7). Il fit selon tout ce que Dieu lui avait commandé.

— Mais Noé ne fut pas sauvé tout seul dans l’arche, n’est-ce pas ?

— Non, sa famille le fut aussi. Dieu lui dit : « J’établis mon alliance avec toi, et tu entreras dans l’arche, toi, et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi » (6:18). Dieu commanda encore à Noé de prendre avec lui dans l’arche deux animaux, le mâle et la femelle, de chaque espèce, des quadrupèdes, des oiseaux et des reptiles. Il lui dit aussi : « Prends de tout aliment qui se mange, et tu en feras provision près de toi et cela vous sera pour nourriture, à toi et à eux » (6:21).

— Comme Dieu prenait soin de Noé !

— Oui, Il prend toujours soin de ceux qui l’aiment. Il les garde dans les plus grands dangers, et même Il les met à l’abri des jugements qu’Il exerce sur les méchants.

— Mais que devaient penser ceux qui voyaient Noé construire l’arche ?

— C’était pour eux un avertissement de Dieu. Peut-être se moquaient-ils de lui, mais lui est appelé « prédicateur de justice » (2 Pierre 2:5) leur annonçait le juste jugement de Dieu qui allait les atteindre. En construisant l’arche, il montrait sa foi et condamnait la méchanceté des hommes. Dieu leur donnait du temps pour se repentir. Sa patience attendait pendant que l’arche se bâtissait, car Dieu ne prend point de plaisir à la mort du pécheur. Mais ils furent incrédules et désobéissants. Aussi, quand Noé eut terminé l’arche, l’Éternel lui dit : « Entre dans l’arche, toi et toute ta maison, car je t’ai vu juste devant moi en cette génération. De toutes les bêtes pures tu prendras sept par sept, le mâle et sa femelle, et des bêtes qui ne sont pas pures, deux, le mâle et sa femelle ; de même des oiseaux des cieux, sept par sept, mâle et femelle, pour conserver en vie une semence sur la face de toute la terre. Car encore sept jours, et je fais pleuvoir sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits, et j’exterminerai de dessus la face de la terre tout ce qui existe [et] que j’ai fait » (7:1-4).

— Et les animaux entrèrent-ils aussi ? Comment Noé fit-il pour les rassembler ?

— Ils entrèrent, dit la Bible, deux à deux vers Noé dans l’arche, comme Dieu l’avait commandé à Noé. Il n’y a rien de difficile quand Dieu commande, et Celui à qui sont toutes les bêtes des champs pouvait bien les faire venir vers Noé. Ne te rappelles-tu pas une occasion où le Seigneur Jésus montre ainsi son pouvoir sur les animaux pour les rassembler où Il veut ?

— N’est-ce pas quand Il fit prendre à Pierre une si grande quantité de poissons que le filet se rompait ?

— Oui, et encore dans une autre occasion après sa résurrection. Mais continuons l’histoire de Noé. L’an six cent de sa vie, il entra dans l’arche avec sa femme, ses fils et les femmes de ses fils ; toutes les bêtes aussi, le bétail, les reptiles, les oiseaux et même tout petit oiseau ayant des ailes, de quelque sorte que ce soit. Puis, quand tous furent entrés, l’Éternel lui-même ferma la porte sur eux. Et ce même jour la pluie commença à tomber.

— Comme Noé et les siens devaient être heureux de se sentir en sûreté !

— Certainement. Une fois dans l’arche, ils n’avaient plus rien à craindre. Pas une goutte de pluie ne pouvait les atteindre, pas une goutte d’eau ne pouvait pénétrer. Dieu Lui-même avait veillé à tout et les avait mis à l’abri. Mais aussitôt qu’ils furent entrés, « toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent ; et la pluie fut sur la terre quarante jours et quarante nuits » (7:11-12).

— Cela devait être bien triste de voir tomber la pluie toujours et toujours.

— C’était aussi bien effrayant pour ceux qui se trouvaient hors de l’arche. Ils voyaient alors le terrible jugement de Dieu s’accomplir sur eux, et il était trop tard pour échapper.

— Mais les hommes n’ont-ils pas essayé de se sauver en grimpant sur les arbres et sur les montagnes ?

— Ils ont fait probablement tout ce qu’ils ont pu. Mais on ne peut pas échapper au juste jugement de Dieu, si ce n’est par le moyen que Dieu indique. Le seul était l’arche, l’arche était l’unique refuge. C’est en vain que les hommes se seraient efforcés de fuir devant les eaux qui montaient, montaient toujours. « Et les eaux se renforcèrent extraordinairement sur la terre ; et toutes les hautes montagnes qui étaient sous tous les cieux furent couvertes » (7:19). Les eaux s’élevèrent de quinze coudées par-dessus et se maintinrent sur la terre pendant cent cinquante jours. Comment donc un seul homme se serait-il sauvé ? Toute créature vivante sur la terre mourut.

— Et l’arche ?

— À mesure que les eaux montaient, elles élevaient l’arche qui flottait, seule chose visible sur toute la surface de l’abîme. Ces mêmes eaux qui causaient la mort de tout ce qui vivait sur la terre, la portaient et la mettaient à l’abri du danger, de sorte qu’il n’y eut que l’arche qui demeura de reste. Tous ces hommes qui périrent avaient méprisé la riche patience et la bonté de Dieu qui les pressait de se repentir. Mais n’y a-t-il pas maintenant aussi quelque chose de plus terrible que le déluge et que nous sommes exhortés à fuir ?

— Oh oui, tu m’as dit que le Seigneur Jésus doit être un jour révélé du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, et que les méchants subiront une destruction éternelle.

— Mais je t’ai dit aussi que contre la colère et le juste jugement de Dieu il y a un refuge aussi assuré que l’était l’arche contre les eaux du déluge. Te rappelles-tu quel est ce refuge ?

— Oui, c’est le Seigneur Jésus. Il nous sauve de la colère à venir.

— Puisses-tu le croire ! Il est, comme l’arche, le seul moyen de salut préparé par Dieu Lui-même.

 

7                        Chapitres 8 à 9:17 — La sortie de l’arche

 

Qu’arriva-t-il à l’arche et à tous ceux qu’elle renfermait ? L’eau avait couvert toute la terre et même les plus hautes montagnes. Comment s’écoula-t-elle ?

— « Dieu se souvint de Noé, et de tous les animaux et de tout le bétail, qui étaient avec lui dans l’arche ; et Dieu fit passer un vent sur la terre, et les eaux baissèrent ; et les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie qui tombait du ciel fut retenue. Et les eaux se retirèrent de dessus la terre, allant et se retirant ; et les eaux diminuèrent au bout de cent cinquante jours » (Gen. 8:1-3). L’arche descendait en même temps et s’arrêta enfin sur le sommet d’une très haute montagne. Noé attendit pendant quelque temps, puis il ouvrit la fenêtre de l’arche et lâcha un corbeau qui sortit, allant et revenant, jusqu’à ce que les eaux se fussent desséchées sur la terre.

— Pourquoi n’est-il pas rentré dans l’arche ?

— Le corbeau est un oiseau qui se nourrit volontiers d’animaux et de corps morts ; il trouva sans doute une abondante pâture dans cette scène de deuil. Alors Noé laissa sortir une colombe pour voir si les eaux avaient diminué ; mais les eaux étaient encore sur la terre, les sommets seuls des montagnes se montraient, et le pauvre oiseau ne trouvant pas où reposer la plante de son pied revint à l’arche et y rentra. Noé attendit sept jours et lâcha de nouveau la colombe qui, cette fois, revint vers le soir avec une feuille d’olivier dans son bec. Noé comprit ainsi que la terre commençait à se sécher.

— C’est Dieu, n’est-ce pas, qui envoyait cette feuille d’olivier par la colombe à ceux qui étaient dans l’arche ?

— Oui, c’était pour leur dire d’avoir patience, qu’Il ne les avait pas oubliés et que bientôt ils pourraient sortir.

— Comme ils durent se réjouir à la pensée que bientôt ils ne seraient plus renfermés comme en une prison et qu’ils reverraient la terre couverte d’arbres et de verdure. Ils devaient avoir hâte de sortir.

— Oui, mais Noé attendit avec patience. Il laissa encore passer sept jours, puis lâcha la colombe qui, cette fois, ne revint pas. Alors Noé ôta la couverture de l’arche et vit que la terre se séchait. Enfin elle fut sèche.

— Alors je suppose que Noé se dépêcha de sortir.

— Non. Noé attendit l’ordre de Dieu, de même aussi qu’il n’était pas entré dans l’arche avant que Dieu l’eût dit. C’est là l’obéissance. Enfin Dieu dit à Noé : « Sors de l’arche, toi, et ta femme et tes fils et les femmes de tes fils avec toi. Fais sortir avec toi tout animal qui est avec toi, de toute chair, tant oiseaux que bétail, et tout reptile qui rampe sur la terre, et qu’ils foisonnent en la terre, et fructifient et multiplient sur la terre » (8:16-17). Ainsi tous sortirent de l’arche.

— Que la terre dut leur paraître belle, toute fraîche et verte comme le jardin après la pluie, je pense !

— Et aussi bien différente de ce qu’elle était avant le déluge, maintenant que tout ce qui déplaisait à Dieu avait disparu. Sais-tu combien de temps Noé est resté dans l’arche ? Un an et dix jours !

— Que c’est long ! Ils étaient sans doute bien reconnaissants envers Dieu de se retrouver au grand air, tous sains et saufs après le déluge.

— Je le crois, et en se retrouvant seuls sur la terre, quel profond sentiment ils durent avoir du juste et terrible jugement qui avait balayé de dessus la terre tous les autres hommes, et aussi quelle reconnaissance pour sa grâce qui les avait épargnés ! Ainsi la première chose que fit Noé après sa sortie de l’arche, ce fut de bâtir un autel à l’Éternel pour y offrir des holocaustes de toute bête nette.

— Qu’est-ce qu’un autel ?

— Ce sont des pierres arrangées les unes sur les autres, et sur lesquelles on brûlait les animaux qu’on offrait à Dieu après les avoir tués. On appelait cela un holocauste, et c’est ainsi que Dieu voulait alors que les hommes lui rendissent leur culte. Ne te souviens-tu pas du sacrifice d’Abel ?

— Oui, mais je ne comprends pas ce que c’est que le culte.

— Il est difficile de te l’expliquer. Quand on croit ce que Dieu dit et que l’on s’approche de Lui avec le cœur plein de joie parce qu’on a compris ce qu’Il est et ce qu’Il a fait pour nous, alors on sait aussi ce qu’est le culte. Dieu a dit que le pécheur doit mourir. Comme nous sommes tous pécheurs, il faut donc que nous mourions, à moins que quelqu’un ne meure à notre place. En offrant un agneau à Dieu, Abel reconnaissait qu’il avait mérité la mort. Mais, en même temps, il croyait en Dieu comme au Dieu Sauveur qui trouverait un moyen de le sauver de la mort. Voilà pourquoi il s’approcha de Dieu avec confiance, et l’Éternel eut égard à lui et à son oblation. En faisant ainsi, Abel rendait un culte à Dieu et en éprouvait du bonheur. Ne comprends-tu pas aussi que Noé, sauvé de la mort avec tous les siens, ait voulu en sortant de l’arche rendre ainsi culte à Dieu et Lui témoigner sa joie et sa reconnaissance ? Il offre un holocauste parce qu’il reconnaît qu’il avait mérité la mort aussi bien que les autres, mais il rend grâces à Dieu qui l’a sauvé et il est rempli de joie. C’est ainsi que celui qui se reconnaît pécheur et digne de la mort, mais qui est sauvé par la foi au sacrifice de Jésus, l’Agneau de Dieu sans défaut et sans tache, s’approche aussi de Dieu avec confiance et avec joie pour lui rendre grâces.

— Dieu témoigna-t-il à Noé qu’Il avait égard à son sacrifice, comme Il avait eu égard à celui d’Abel ?

— Oui, sans aucun doute. Voici ce que dit la Parole de Dieu : « Et l’Éternel flaira une odeur agréable ; et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus de nouveau le sol à cause de l’homme, car l’imagination du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus de nouveau tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait. Désormais, tant que seront les jours de la terre, les semailles et la moisson, et le froid et le chaud, et l’été et l’hiver, et le jour et la nuit, ne cesseront pas » (8:21-22). Tu vois que Dieu regardait le sacrifice de Noé comme une raison pour agir en patience envers le monde qui était, du reste, coupable comme auparavant ; car le déluge n’avait pas changé le cœur de l’homme. Et Dieu bénit Noé et ses fils et leur dit : « Fructifiez et multipliez et remplissez la terre » (9:1). C’est ainsi que Dieu, par sa promesse de ne plus maudire la terre et par la bénédiction qu’Il donna à Noé et à ses enfants, témoigna qu’Il agréait son sacrifice. Dieu leur dit encore : « Et vous serez un sujet de crainte et de frayeur pour tout animal de la terre, et pour tout oiseau des cieux, pour tout ce qui se meut sur la terre, aussi bien que pour tous les poissons de la mer ; ils sont livrés entre vos mains. Tout ce qui se meut [et] qui est vivant vous sera pour nourriture ; comme l’herbe verte, je vous donne tout » (9:2 et 3).

— C’est pour cela, sans doute, que les animaux nous obéissent. J’ai été bien surprise l’autre jour de voir un grand éléphant obéir à son gardien qui était un tout petit homme, alors qu’il aurait pu aisément le renverser. Les lions et les tigres obéissent-ils aussi à leurs gardiens ?

— Presque tous les animaux de la création ont été apprivoisés par l’homme ; les plus farouches même apprennent à le craindre. Tu sais que Dieu donna au premier homme la puissance sur les animaux avec le droit de leur donner des noms.

— Dieu donna-t-il à Noé tous les animaux comme Il les avait donnés à Adam ?

— Non, la situation était bien différente. Dans le jardin d’Éden, tout était très bon ; les animaux étaient soumis à l’homme par amour. Mais après la chute d’Adam, de mauvais sentiments se développèrent dans le cœur de l’homme et il devint capable de tuer même son propre frère. Le naturel des animaux fut aussi changé : nous le voyons en ce que Dieu dit que toute chair avait corrompu sa voie, et l’apôtre Paul nous enseigne que la création est assujettie maintenant à la vanité (Rom. 8:20). C’est pourquoi on voit beaucoup d’espèces d’animaux être en guerre les unes contre les autres, et c’est pourquoi aussi l’homme doit dominer sur eux par la crainte. Une autre preuve de ce grand changement introduit après le déluge est la permission que Dieu donne à l’homme de se nourrir de la chair des animaux, tandis qu’Adam devait manger des fruits de la terre et des arbres. Beaucoup d’animaux se repaissent aussi maintenant de chair ; mais, dans l’ordre primitif de la création, ils avaient tous pour nourriture la verdure des plantes. Tout cela nous montre combien le péché d’Adam a jeté de trouble dans ce que Dieu a créé. Il y eut encore une chose nouvelle que Dieu ordonna à Noé. Lorsque Caïn eut tué son frère, qui est-ce qui s’occupa du meurtrier pour le punir ?

— C’est Dieu qui avait même mis une marque sur Caïn pour qu’un autre homme ne le tuât point.

— Après le déluge, Dieu dit à Noé que désormais il faudrait faire mourir celui qui aurait tué quelqu’un ; c’est ainsi que Dieu établit sur la terre le gouvernement de l’homme par l’homme. Aussi l’apôtre Paul nous dit-il que toute autorité est ordonnée de Dieu, qu’il faut s’y soumettre, et que le magistrat ne porte pas l’épée en vain (Rom. 13:1-10). Enfin quand Dieu eut achevé de donner à Noé toutes ces directives qui devaient régler la conduite de l’homme sur la terre sortie du déluge, Il y ajouta quelque chose de bien précieux parce que c’était encore un témoignage de sa grâce. Quand Dieu annonça à Noé le jugement qui allait venir sur le monde et qu’Il lui fit construire l’arche, Il lui avait dit qu’il établirait son alliance avec lui et ses enfants.

— Qu’est-ce qu’un alliance ?

— C’est un engagement pris entre deux personnes. Dans l’alliance que Dieu fit avec Noé et ses fils et avec toute leur race après eux, Il promit qu’Il n’enverrait plus de déluge pour détruire la terre, puis Il leur donna un signe permanent de cette alliance afin que les hommes pussent toujours se rappeler la promesse de Dieu. Et ce signe, c’est l’arc-en-ciel que tu as souvent vu dans les nuages lorsque le soleil vient à luire pendant qu’il pleut. Dieu dit à Noé et ses fils : « Je mettrai mon arc dans la nuée, et il sera pour signe d’alliance entre moi et la terre ; et il arrivera que quand je ferai venir des nuages sur la terre, alors l’arc apparaîtra dans la nuée, et je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous et tout être vivant de toute chair ; et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. Et l’arc sera dans la nuée, et je le verrai pour me souvenir de l’alliance perpétuelle entre Dieu et tout être vivant de toute chair qui est sur la terre » (9:3-16).

— Quel beau signe ! Et dans tous les pays, on peut le voir. Toutes les fois maintenant que j’en verrai un, je me rappellerai que Dieu le regarde aussi et qu’Il pense à nous.

— Oui, malgré tous les péchés des hommes, Il se souvient de son alliance avec la terre, et Il les supporte avec patience. Bien longtemps après que Dieu eut traité son alliance avec Noé, Jean, le disciple que Jésus aimait, eut le bonheur d’être admis à contempler quelques-unes des merveilles du ciel. Il vit un trône, et sur le trône quelqu’un qui y était assis, et autour du trône il y avait un arc-en-ciel.

— Qu’est-ce que cela voulait dire ?

— Que Celui qui était assis sur le trône était le même Dieu qui avait donné l’arc-en-ciel à Noé comme signe ; et que, se souvenant de sa promesse, malgré les jugements qui étaient sur le point de fondre sur les hommes, Il bénirait la terre parce que son Fils avait porté sur la croix toute la malédiction. Cela signifiait enfin qu’Il allait rendre la terre plus belle et plus parfaite qu’elle ne l’était même au commencement lorsque Il avait déclaré que tout ce qu’Il avait fait était très bon.

— Quand cela arrivera-t-il ?

— Après que Jésus aura enlevé dans les cieux tous ceux qu’Il aime afin qu’ils soient pour toujours avec Lui. Alors Il reviendra pour établir sur la terre son règne de justice et de paix ; alors aussi, le serpent ancien, le diable, sera lié pour qu’il ne puisse point faire de mal pendant que Jésus règnera avec tous les saints.

 

8                        Chapitres 9:18 à ch. 11 — La tour de Babel

 

Que fit Noé après être sorti de l’arche et avoir reçu de Dieu la belle promesse dont tu m’as parlé ? Fut-il berger comme Abel ?

— Non, Noé commença de nouveau à cultiver la terre. Mais bientôt reparut aussi le mal qui se trouve dans le cœur de l’homme. Noé avait planté de la vigne. Il fit du vin et en but ; mais il ne sut pas se modérer. Il trouva sans doute que le vin était agréable au goût, il but trop et s’enivra. C’est dans cet état honteux que Cam, son plus jeune fils, le trouva dans sa tente. Tu vois comment l’homme, au lieu d’user des dons de Dieu pour ses besoins, en abuse pour satisfaire sa gourmandise ou d’autres mauvais penchants, et se couvre lui-même de honte.

— Pauvre Noé ! C’est bien triste pour lui après que Dieu lui ait accordé de si grandes grâces. Mais que fit Cam ? Ne fut-il pas bien affligé de voir son père dans cet état ?

— Hélas ! Non, et en cela se montra la misérable condition du cœur de l’homme. Au lieu d’être attristé et de cacher la faute de son père, Cam se hâta d’aller raconter tout à ses frères. Penses-tu qu’il eût raison ?

— Je ne le crois pas. Et je vois maintenant que j’ai eu tort de rapporter le mal que j’ai vu faire à mon frère ou celui qu’il m’a fait. Il vaudrait mieux demander à Dieu de le lui pardonner, n’est-ce pas ?

— Sans doute. Cela ressemblerait plus à la grâce dont nous parlions l’autre jour. Quand nous sommes vraiment peinés au sujet du mal que font les autres, c’est à Dieu que nous en parlons pour qu’Il agisse sur leurs cœurs. Mais nous sommes si méchants qu’il nous arrive souvent d’être contents du mal que nous voyons commettre et même d’en rire.

— Que firent Sem et Japhet ?

— Ils eurent de tout autres sentiments que Cam. Ils furent affligés de ce qu’il leur avait raconté touchant leur père, aussi s’efforcèrent-ils de cacher sa honte.

— Est-ce que Noé sut comment ses fils s’étaient conduits ?

— Oui, Dieu ne voulut pas qu’il l’ignorât. Avant d’aller plus loin, il faut que je te dise que Cam, entre autres fils, en avait un nommé Canaan. Quand Noé fut éveillé du sommeil causé par son ivresse, et qu’il eut appris ce que Cam avait fait, il dit : « Maudit soit Canaan ! Il sera l’esclave des esclaves de ses frères ». En prononçant la malédiction, il ne voulait pas l’étendre à tous les enfants de Cam, mais la limiter à celui qui, sans doute, était le plus méchant et puis les paroles de Noé étaient une prophétie de ce qui arriverait aux descendants de Canaan. Ensuite Noé bénit Sem et Japhet.

— De quelle manière la malédiction vint-elle sur Canaan ?

— Les enfants de Canaan et ses descendants devinrent toujours plus méchants. Dieu les avertit plus d’une fois et surtout d’une manière bien frappante en détruisant un grand nombre d’entre eux par le feu du ciel. Mais comme les autres n’y prirent pas garde, Dieu les fit exterminer pour la plupart. Nous verrons cela plus tard en détail.

— C’est triste de voir Noé et les siens tomber ainsi dans le mal après avoir été sauvés dans l’arche lors de la destruction des méchants, et avoir éprouvé toute la bonté de Dieu.

— C’est bien pénible, en effet, mais l’homme est toujours tel que Dieu peut lui adresser les paroles qu’il disait une fois au peuple d’Israël : « Tu m’as fatigué par tes iniquités » (Ésaïe 43:24). Dans les histoires de la Bible, nous trouvons constamment que même les hommes qui aimaient Dieu et qui jouissaient de ses bénédictions, ont succombé parfois à la tentation quand Satan parvenait à les induire à faire leur propre volonté. La volonté propre est toujours mauvaise. Il n’y eut qu’un homme qui ne chercha jamais à se complaire à lui-même : c’est Jésus. Lorsque Il eut faim au désert et que Satan lui proposa de changer les pierres en pain, Il ne le voulut pas, quoiqu’Il en eût le pouvoir, parce que Dieu ne l’avait pas commandé. Il pouvait dire en parlant de Dieu son Père : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent ». Lequel de nous pourrait parler ainsi ? Est-ce toi ?

— Oh ! Non. Je pense plutôt à ce qui me fait plaisir et c’est là ce que je veux faire.

— C’est le cas pour nous tous, aussi sommes-nous de mauvaise humeur et irrités quand quelque chose s’oppose à notre volonté. Si nous voulions plaire à Jésus, nous ne penserions pas à nous-mêmes et nous serions beaucoup plus heureux. N’est-il pas vrai que tu es contente de faire plaisir à ceux que tu aimes ?

— Certainement, je me sens toute heureuse quand je vois que tu es satisfaite de ce que j’ai fait. Sans cela, je suis triste.

— Eh bien, quand tu connaîtras l’amour de Dieu, quand tu sauras combien Jésus t’aime et comme tout en Lui est parfait, alors tu l’aimeras à ton tour, tu désireras Lui ressembler et vivre pour Lui.

— Noé vécut-il longtemps ?

— Dieu lui accorda une très longue vie. Il vécut 350 ans après le déluge, de sorte qu’il ne mourut qu’à l’âge de 950 ans.

— Quel grand âge ! Ce fut comme les hommes d’avant le déluge.

— Oui, mais bientôt après, la longueur de la vie diminua de plus en plus. Ainsi Sem vécut 600 ans ; son fils Arpacshad 438 ans et Péleg, arrière petit-fils d’Arpacshad seulement 239 ans. Après cela on voit encore des hommes qui atteignent un âge très avancé, mais à peu près comme les vieillards de nos jours.

— La Bible raconte-t-elle ce qui arriva aux enfants de Noé ?

— Elle nous dit ce qu’il nous importe d’en connaître. Sem, Cam et Japhet eurent chacun beaucoup d’enfants. Les hommes commencèrent donc à se multiplier sur la terre, mais en même temps ils perdirent aussi de plus en plus le souvenir de Dieu et du jugement qu’il avait exécuté sur la terre par le déluge. Ils auraient dû se souvenir de la puissance éternelle de Dieu dont ils voyaient aussi les preuves dans le bel ordre de l’univers. Au lieu de cela, ils oublièrent Dieu au point de se faire des dieux à la ressemblance des hommes et même des bêtes. C’est ce qu’on appelle des idoles.

— Je me souviens que tu m’as montré une fois une image où l’on voyait de pauvres sauvages qui se prosternaient devant une affreuse figure d’homme à tête d’éléphant. C’était là une idole, n’est-ce pas ?

— Oui, et tu comprends que les hommes devenus insensés à ce point se laissèrent bientôt aller à toutes sortes de mauvaises choses. Bientôt parmi eux, il s’en éleva un qui était plus hardi, plus fort et plus violent que les autres, et qui devint roi.

— Mais est-ce une mauvaise chose que d’être roi ? Dieu ne l’avait-il pas voulu ainsi ?

— Il l’a permis, cependant c’est à cause de la méchanceté des hommes que cela eut lieu. S’ils étaient tous restés dans la crainte de Dieu et dans l’obéissance, ils n’auraient pas eu besoin de quelqu’un pour les conduire et dominer sur eux. Aucun d’eux n’aurait non plus eu l’idée de s’élever au dessus des autres. Dieu leur aurait suffi comme roi et, sous son gouvernement, ils auraient été heureux ensemble. Mais en oubliant Dieu, les uns pleins d’orgueil s’élevèrent et assujettirent les autres, et ceux-ci, éblouis par la force et la puissance que déployaient ceux qui s’établissaient comme chefs, se soumirent et mirent en eux leur confiance au lieu de la mettre en Dieu. En tout cela, c’est la volonté propre qui domine.

— Qui fut le premier roi ?

— Nimrod, fils de Cush et petit-fils de Cam. La Bible nous dit que c’était un puissant chasseur devant l’Éternel. À cette époque, il n’y avait pas comme aujourd’hui, une multitude de nations diverses, séparées les unes des autres par les coutumes et par la langue. Tous les hommes avaient un même langage. Te rappelles-tu ce que Dieu avait dit à Noé relativement à ses descendants ? Que devaient faire les hommes quand ils se seraient multipliés ?

— Ils devaient remplir la terre.

— Eh bien, au lieu d’obéir paisiblement à cet ordre de Dieu, ils dirent dans leur orgueil : « Allons, bâtissons-nous une ville, et une tour dont le sommet [atteigne] jusqu’aux cieux ; et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés sur la face de toute la terre » (Gen. 11:4). La pensée de Dieu était bien loin de leurs cœurs. Ils ne pensaient qu’à eux-mêmes, à leur propre gloire et se mettaient en opposition ouverte avec la volonté de Dieu. C’est ce que font encore les hommes de nos jours.

— Comment s’y prirent-ils pour bâtir leur ville et leur grande tour ?

— Avec de la terre, ils fabriquèrent des briques qu’ils cuisirent au feu pour les durcir, parce qu’il n’y avait pas de pierres dans ce pays-là ; puis ils commencèrent leur ouvrage au milieu d’une immense plaine. Mais l’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que les fils des hommes bâtissaient.

— L’Éternel a dû se moquer de leur grande tour.

— Oui, Dieu se rit de toutes les vaines et folles entreprises des hommes. Leur cœur orgueilleux aime à former de grands desseins sans Dieu et contre Dieu, mais son œil voit tout, et sa puissance confond la propre volonté de l’homme. L’Éternel, voyant ce à quoi les hommes s’occupaient, dit : « Voici, c’est un seul peuple, et ils n’ont, eux tous, qu’un seul langage, et ils ont commencé à faire ceci ; et maintenant ils ne seront empêchés en rien de ce qu’ils pensent faire. Allons, descendons, et confondons là leur langage, afin qu’ils n’entendent pas le langage l’un de l’autre » (11:6-7). Ainsi l’Éternel les dispersa de là sur toute la terre, et ils cessèrent de bâtir la ville.

— Dieu fit donc la chose même qu’ils craignaient. Ils durent être bien étonnés de ne plus pouvoir se comprendre.

— Tu peux t’imaginer quelle confusion il y eut dans la ville. Chacun se mit tout à coup à parler une langue différente de celle des autres, et personne ne comprenait plus ce que les autres disaient. Il n’y avait plus moyen de travailler ensemble. Aussi donna-t-on à la ville le nom de Babel, ce qui veut dire « confusion ».

— Est-ce la même Babel qui était la ville royale de Nimrod ?

— Oui. Ainsi tu vois de quelle manière ont commencé les nations et les royaumes de la terre : ce fut à l’occasion du péché de l’homme, et la confusion y est comme écrite du doigt de Dieu.

— Au milieu de cette confusion, il y a une chose qui me paraît bien consolante, c’est que Dieu comprend tous les différents langages de sorte que chacun peut lui parler et le prier.

— La Parole de Dieu nous montre quelque chose de plus. Lorsque, après l’ascension de Jésus, Dieu eut envoyé le Saint Esprit sur la terre, les disciples en furent remplis et reçurent le pouvoir d’annoncer la bonne nouvelle du salut dans toutes les langues de ceux qui étaient assemblés à Jérusalem. Dieu voulait montrer que cette barrière que le péché avait élevée et qui rendait les peuples étrangers et ennemis, était maintenant renversée par la grâce. C’est ainsi qu’il est écrit que « La miséricorde se glorifie vis-à-vis du jugement » (Jacques 2:13).

— Tous les descendants de Noé furent-ils aussi méchants ?

— Les hommes ayant abandonné Dieu, Dieu les abandonna aussi. Il laissa les nations marcher dans leurs voies selon leur volonté, et n’agit plus envers les habitants de la terre comme Il l’avait fait jusque alors, « quoique, dit l’apôtre Paul, Il ne se soit pas laissé sans témoignage, en faisant du bien, en vous donnant du ciel des pluies et des saisons fertiles, remplissant vos cœurs de nourriture et de joie » (Actes 14:17). Il ne cessa pas non plus de manifester sa grâce car Il est amour, c’est pourquoi Il fit choix d’un homme qu’Il sépara de tout le reste du monde. Il voulait que cet homme fût son serviteur, qu’il marchât en communion avec Lui et n’attendît que de Lui seul toute bénédiction sur la terre. Ce fut un descendant de Sem que Dieu appela de cette manière.

Avant d’aller plus loin, et puisque Dieu va commencer à agir à l’égard des hommes comme Il ne l’avait pas fait auparavant, je veux te faire remarquer deux choses dont je désire que tu te souviennes. La première est que le cœur de l’homme est toujours méchant. Nous l’avons vu dans toutes les histoires que je t’ai racontées. Le bonheur de la communion avec Dieu ne peut pas maintenir l’homme dans l’obéissance, et les jugements de Dieu n’attendrissent pas son cœur. Les hommes cherchent toujours à s’éloigner de Dieu et ne désirent pas le connaître, de sorte que si Dieu les traitait selon leurs mérites, personne ne serait sauvé. La seconde chose que nous verrons plus clairement dans la suite, c’est que Dieu veut rester ce qu’Il est en dépit de toute la méchanceté de l’homme. Dieu est amour : comme tel, Il déploie les richesses de sa grâce pour sauver les hommes malgré eux.

— Veut-Il donc aussi me sauver ?

— Rappelle-toi ce que je t’ai souvent dit d’après la Parole de Dieu : Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Jésus Lui-même nous dit : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:15, 16, 36 ; 5:24 ; 6:40).

 

 

9                        Chapitre 19 — Destruction des villes de la plaine — Lot sauvé.

 

 

La dernière fois, nous avons parlé de l’Éternel qui vint visiter Abraham et de l’annonce qui lui est faite que Sara aurait un fils même si Abraham et elle étaient vieux, avancés en âge. Sara était surprise et quelque peu incrédule. L’Éternel en outre annonça autre chose. T’en souviens-tu ?

— Oui, Il annonce les jugements sur Sodome et Gomorrhe, et Abraham plaide avec Lui pour épargner Sodome.

— Les deux anges arrivèrent à Sodome vers le soir. « Et Lot était assis à la porte de Sodome » (v 1). C’était là, à la porte, que les anciens et notables d’une ville avaient l’habitude de se tenir. Ainsi, non seulement Lot habitait Sodome mais, malgré le sérieux avertissement qu’il avait reçu de Dieu quand il fut fait prisonnier, il s’était lié avec les habitants et occupait parmi eux un certain rang. Lot agissait comme le font maintenant beaucoup de personnes qui, tout en portant le nom de chrétiens c’est à dire appartenant à Christ, s’attachent pourtant au monde qui a crucifié Christ et veulent y jouir, y être riches et honorés, oubliant que la fin de toutes choses est proche et que la terre sera brûlée avec tout ce qu’elle contient.

Que fit Lot quand il vit venir les anges ? Les reconnut-il et ne fut-il pas honteux d’être surpris au milieu des méchants ?

— Il les prit pour des étrangers et alla au devant d’eux. Lot n’avait pas le bonheur comme Abraham de jouir des communications de l’Éternel. L’Éternel ne pouvait pas venir manger chez lui : s’Il venait à Sodome, Lui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, c’était pour la détruire. Entrer chez Lot aurait été approuver sa conduite. Dieu se contente donc d’envoyer des anges au lieu d’aller lui-même comme chez Abraham. Voilà de quel grand bonheur on se prive en ne vivant pas dans la communion et les pensées de Dieu. Abraham sut tout de suite que c’était l’Éternel qui venait sous sa tente, mais Lot ne reconnut pas les anges.

— Mais ne les accueillit-il pas ?

— Oh, oui ! Il exerça envers eux l’hospitalité : il alla au devant d’eux, se prosterna et dit : « Voici, mes seigneurs, détournez-vous, je vous prie, vers la maison de votre serviteur, et passez-y la nuit, et lavez vos pieds ; et vous vous lèverez le matin, et vous irez votre chemin. Et ils dirent : Non, mais nous passerons la nuit sur la place. Et il les pressa beaucoup, et ils se détournèrent [pour aller] chez lui, et entrèrent dans sa maison ; et il leur fit un festin, et cuisit des pains sans levain, et ils mangèrent » (Gen. 19:2-3). Mais avant qu’ils allassent se coucher, tous les hommes de Sodome, montrant leur méchanceté, environnèrent la maison de Lot et l’appelèrent en le sommant de leur livrer les deux hommes qu’il avait reçus chez lui. Lot sortit auprès d’eux pour les supplier de ne faire aucun mal à ces hommes et leur offrit à leur place ce qu’il avait de plus cher. Mais ces gens ne voulurent rien écouter et, faisant violence à Lot, ils s’approchaient pour briser la porte. Alors les anges avançant leurs mains retirèrent Lot à eux dans la maison, puis ils fermèrent la porte et frappèrent d’éblouissement tous les hommes qui étaient dehors de sorte qu’ils ne purent plus trouver la porte.

— Je suis bien contente de savoir Lot sous la protection des anges. Il a bien dû voir alors combien les habitants de Sodome étaient pécheurs.

— Oui. Aussi longtemps que Lot avait vécu avec eux sans s’opposer à leurs mauvaises actions, ils l’avaient laissé tranquille. Maintenant qu’il essaie faiblement de le faire, ils ne l’écoutent même pas, l’insultent et veulent lui faire du mal. Mais leur méchanceté étant ainsi clairement manifestée, Dieu ne peut plus retarder le jugement. Cependant pour l’amour de Lot, il veut épargner ce qu’il peut de ces villes coupables ; c’est pourquoi les anges dirent à Lot : « Qui as-tu encore ici ? Gendre, et tes fils, et tes filles, et tout ce que tu as dans la ville, fais-les sortir de ce lieu ; car nous allons détruire ce lieu, car leur cri est devenu grand devant l’Éternel ; et l’Éternel nous a envoyés pour le détruire » (Gen. 19:12-13). Alors Lot sortit et parla à ceux qui devaient épouser ses filles mais ils ne voulurent pas le croire et pensèrent que Lot se moquait d’eux.

— Pauvres gens ! Ils auront péri comme ceux à qui Noé annonçait que le déluge allait venir et qui ne l’écoutèrent pas.

— C’est ainsi que périront aussi ceux qui n’écoutent pas l’invitation que Dieu adresse aux pécheurs de se convertir pour fuir la colère à venir. Dès que l’aube du jour se fut levée, les anges pressèrent Lot de sortir avec sa femme et ses deux filles de peur qu’ils ne périssent dans la destruction de la ville. Mais comme Lot tardait regrettant peut-être tous les biens qu’il lui fallait laisser, les anges le prirent par la main ainsi que sa femme et ses deux filles, et les firent sortir de la ville parce que l’Éternel épargnait Lot.

— Je ne comprends pas qu’il ne se sauve pas le plus vite possible. Puisqu’il croyait les anges, il devait avoir bien peur. Comment donc tardait-il ? Dieu se montre bien bon envers Lot, Il l’aimait malgré ses fautes.

— L’Éternel se souvenait de la prière de son serviteur Abraham quoique celui-ci n’eût pas parlé de Lot parce que sans doute il avait confiance que Dieu le sauverait. C’est ce qui arriva en effet, mais comme malgré Lot. Dieu le force pour ainsi dire à s’échapper. Dès qu’ils furent sortis, l’Éternel dit à Lot : « Sauve-toi, pour ta vie ! Ne regarde pas derrière toi, et ne t’arrête pas dans toute la plaine ; sauve toi sur la montagne, de peur que tu ne périsses ». Et Lot répondit : ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux, et l’amour par lequel tu m’as conservé la vie est merveilleusement grand ; voici une ville qui est proche, permets que je m’y réfugie. Et l’Éternel lui dit : « Voici, j’ai accueilli ta demande en cette chose aussi, de ne pas détruire la ville dont tu as parlé. Hâte-toi de te sauver là ; car je ne peux rien faire jusqu’à ce que tu y sois entré. C’est pourquoi on a appelé le nom de la ville Tsoar » (19:21 et 22).

— Dieu est patient envers ceux qu’il aime.

— Dieu en effet suspend ses jugements pour l’amour des siens. Lot entra donc dans la petite ville de Tsoar comme le soleil se levait. Alors l’Éternel fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du feu et du soufre. Et il détruisit ces villes là et toute la plaine, et tous les habitants des villes, et le germe de la terre.

— Qu’est-ce que cela veut dire ?

— La terre ne pouvait plus rien produire, ni plantes ni arbres.

— Quelle chose terrible pour ces malheureux habitants d’être ainsi surpris par le feu et le soufre !

— Sans doute, mais Dieu les avait avertis et longtemps supportés. Combien plus terrible sera la jour de la « révélation du Seigneur Jésus du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ ; lesquels subiront le châtiment d’une destruction éternelle » (2 Thess. 1:7 à 9). Le monde dira : nous sommes en paix et en sûreté, et c’est alors qu’une subite destruction viendra sur lui (1 Thess. 5:3). Le Seigneur Jésus nous avertit de cela. Il nous dit : « De même aussi, comme il arriva aux jours de Lot : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais, au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr ; il en sera de même au jour où le fils de l’homme sera manifesté » (Luc 17:28-30). Le soleil s’était levé ce jour-là, tout paraissait beau et brillant, les habitants de Sodome avaient commencé leur vie habituelle sans se souvenir de leurs horribles péchés et des avertissements de Dieu quand, tout à coup, ils furent surpris. Il en sera de même pour le monde quand le Seigneur apparaîtra. Abraham n’était-il pas bien heureux à l’abri sur la montagne où il s’était entretenu avec Dieu ?

— Oh oui, certainement !

— Eh bien, c’est aussi le bienheureux sort de ceux qui croient en Jésus. Le jugement qui tombera sur le monde ne les atteindra pas car le Seigneur Jésus les aura déjà pris à Lui dans le ciel.

— Combien Lot devait être content d’être sauvé avec toute sa famille !

— Ils ne furent pas tous sauvés bien que tous fussent sortis de Sodome. La femme de Lot regarda en arrière et devint une statue de sel. L’Éternel avait recommandé à Lot de se sauver sans regarder en arrière. La femme de Lot désobéit et subit le châtiment de sa désobéissance. Sans doute regrettait-elle ce qu’elle avait dû quitter. Son cœur y était encore et elle regarda, espérant peut-être que la parole des anges ne s’accomplirait pas. Tu vois, c’est chose sérieuse que de ne pas s’attacher strictement à la parole de Dieu. Ce qu’Il dit arrivera certainement. Le Seigneur Jésus dit : « Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17:32) pour nous montrer qu’il ne faut pas que nos cœurs soient liés aux choses d’ici-bas qui vont périr.

— Abraham eut-il connaissance de tout ce qui était arrivé à Sodome ?

— Il n’avait pas besoin qu’on le lui dise. Il savait que la parole de l’Éternel est ferme et qu’Il accomplit ce qu’Il a prononcé. Il se leva de grand matin et vint à l’endroit où il avait parlé à l’Éternel. De là, regardant vers Sodome et Gomorrhe, il vit monter de la terre une grande fumée comme celle d’une fournaise. Il sut ainsi que l’Éternel n’avait pas trouvé même dix justes dans Sodome.

— Il dut avoir bien peur pour Lot.

— Non. Abraham savait aussi que Dieu est fidèle envers les siens, et qu’Il les délivre au milieu même des plus grands dangers. Aussi Dieu s’était-Il souvenu d’Abraham quand Il détruisait les villes de la plaine, et Il avait tiré Lot de la ruine.

— La Bible nous parle-t-elle encore de Lot ? Que devint-il ? Retourna-t-il auprès d’Abraham ?

— Lot craignit de demeurer à Tsoar. Il alla habiter sur la montagne où il se retira dans une caverne avec ses deux filles. Elles eurent chacune un fils ; l’un fut nommé Moab et l’autre Ammon. Leurs descendants formèrent deux peuples, les Moabites et les Ammonites qui furent toujours en guerre avec le peuple de Dieu. Ils furent aussi des idolâtres et Dieu finit par les détruire. C’est ainsi que se termine l’histoire de Lot qui avait été un mauvais serviteur de l’Éternel. Il avait choisi les biens du monde. Malgré l’avertissement que Dieu lui avait donné, il persévéra à vivre avec les pécheurs. Il perdit tout et n’eut de jouissance ni avec Dieu ni avec le monde. Ses descendants mêmes furent finalement détruits à cause de leur méchanceté. Quelle différence avec Abraham et sa postérité qui jouissaient de la faveur de Dieu ! Pour Lot, il n’y eut pas de bénédiction. C’est un enseignement bien sérieux ! Dieu n’aime pas que le cœur soit partagé. À l’égard du mal et des méchants, Il dit : « Sortez du milieu d’eux, et soyez séparés, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et moi, je vous recevrai ; et je vous serai pour père, et vous, vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, [le] Tout-puissant » (2 Cor. 6:17-18).

 

 

10                  Chapitres 20-21 — Naissance d’Isaac — Ismaël.

 

Nous sommes arrivés au moment où Dieu va enfin donner à Abraham le fils qu’Il lui avait promis, n’est-ce pas ?

— En effet, mais Isaac ne naquit pas au lieu où Dieu était venu visiter Abraham dans sa tente.

— Où donc, alors ? Abraham n’avait pourtant pas quitté le pays de Canaan.

— Non, mais tu te rappelles qu’il y était étranger et voyageur. Il était allé demeurer dans un endroit qui se nommait Guérar. Là, Abraham fit malheureusement comme en Égypte et dit de Sara qu’elle était sa sœur de sorte qu’Abimélec, roi de ce pays, enleva Sara.

— Il semble avoir oublié ce qu’il avait appris précédemment. Tout ce que Dieu lui avait dit et promis n’aurait-il pas pu l’empêcher de dire un mensonge ?

— Sans aucun doute, il eut grand tort et manqua de foi. La Bible nous rapporte ces fautes des enfants de Dieu pour nous apprendre que, quelles que soient leurs expériences de la bonté de Dieu, leur cœur naturel comme le nôtre reste toujours le même. Dès que nous l’écoutons, nous tombons. Il faut ne jamais perdre de vue ce qu’est Dieu et ce qu’Il a dit. Mais ce triste fait nous montre aussi combien Dieu est fidèle. Par son manque de foi et son mensonge, Abraham risquait de perdre Sara et les promesses. Quelle chose terrible ! Mais Dieu prit soin de Sara et même reconnut Abraham comme prophète. Dieu veut être glorifié quels que soient les manquements des siens.

— Comment Dieu garda-t-Il Sara ?

— Il parla au roi dans un songe et lui commanda de rendre Sara à son mari de peur d’être frappé de mort avec tout ce qui lui appartenait. Il dit aussi qu’Abraham était prophète et qu’il prierait pour le roi afin que celui-ci ne mourût pas. Ainsi Dieu empêcha-t-Il le mal.

— Mais Abraham fut-il repris pour son péché ?

— Oui. Ce fut le roi lui-même qui lui reprocha, ainsi qu’à Sara, le mensonge qu’ils avaient commis. Le monde ne manque pas de voir les fautes des enfants de Dieu, et il sait bien les leur reprocher. Comme il faut être attentif à ne donner aucun sujet de blâme !

— Et Abraham pria-t-il pour le roi ?

— Oui, Dieu guérit le roi et sa maison car Il avait commencé à le punir. Alors Abimélec permit à Abraham de demeurer dans son pays où il voudrait et fit à lui et à Sara de grands présents pour reconnaître le tort qu’involontairement il avait fait.

— C’était bien de la part du roi.

— Sans doute. Il ne faut jamais craindre de réparer le tort que l’on a causé. Maintenant le moment est venu où l’Éternel accomplit sa promesse faite à plusieurs reprises et qu’Il avait renouvelée un an auparavant dans la tente d’Abraham. Sara eut un fils au temps précis que Dieu lui avait dit et Abraham, obéissant à l’ordre de Dieu, le nomma Isaac. Puis, quand Isaac fut âgé de huit jours, il mit sur lui le signe de la circoncision comme Dieu l’avait commandé. Ainsi nous voyons Abraham obéir scrupuleusement à Dieu. On doit reconnaître les enfants de Dieu à leur obéissance. Abraham était alors âgé de cent ans ; il avait soixante-quinze ans lorsqu’Il sortit de Charan de sorte qu’il dut attendre vingt-cinq ans avant d’avoir le fils promis.

— C’était bien long.

— Oui, c’était une leçon de patience et c’est toujours long d’apprendre. Mais Abraham connut ainsi Dieu et sa fidélité, il apprit à s’attendre à Lui, à compter sur Lui. « L’épreuve de votre foi produit la patience » (Jacques 1:3), est — il écrit ; et encore « s’il tarde, attends-le, car il viendra sûrement, il ne sera pas différé » (Hab. 2:3).

— Quelle joie ce dut être pour Abraham et Sara d’avoir enfin leur cher petit Isaac !

— Leur joie fut grande, sans doute. Sara, en particulier, ne rit plus par incrédulité comme elle l’avait fait derrière la porte de la tente ; mais, voyant l’accomplissement de la promesse de Dieu, elle dit : « Dieu m’a donné lieu de rire ; quiconque l’entendra rira avec moi » (21:6). Elle croyait maintenant et devait en même temps être confuse d’avoir pu une fois douter de la puissance de Dieu.

— Et Ismaël, ne fut-il pas aussi content d’avoir un petit frère ?

— Non, peut-être en était-il jaloux. Voici ce qui arriva : le jour où le petit Isaac fut sevré, Abraham fit un grand festin et Sara vit qu’Ismaël, au lieu de se réjouir avec tout le monde, se moquait. Cela lui fit de la peine. Ismaël n’acceptait pas que lui, le fils aîné, n’eût pas la première place et que ce fût un petit enfant, Isaac, qui passât avant lui. C’est ainsi que les Juifs furent aussi jaloux de Jésus et de ceux qui croyaient en Lui.

— Mais ce n’était pas un grand mal de se moquer.

— Dieu ne juge pas ainsi. Dans sa Parole Il condamne formellement les moqueurs. Ismaël montrait ainsi l’incrédulité de son cœur. En parlant des deux fils d’Abraham, la Bible dit : « Celui qui était né selon la chair persécutait celui qui [était né] selon l’Esprit » (Galates 4:29). Tu vois donc que sa moquerie provenait d’un mauvais sentiment envers Isaac.

— Que fit Sara ? Agit-elle comme elle avait fait auparavant ?

— Sara ne maltraita pas sa servante ni son fils. Elle avait appris à rester dans la soumission. Mais elle avait aussi compris les voies de Dieu et entrait dans ses pensées. Elle voyait qu’Isaac seul pouvait être héritier, et elle demanda à Abraham de renvoyer Agar et son fils.

— Abraham dut être bien triste.

— Naturellement car il aimait son fils Ismaël au sujet duquel Dieu lui avait aussi fait des promesses. Mais Dieu dit à Abraham de faire ce que Sara demandait. Dieu approuvait Sara cette fois et Abraham dut faire passer la volonté de Dieu avant son amour pour son fils. C’est ainsi que nous sommes souvent appelés à faire, par obéissance envers Dieu, ce que nous n’aimons pas naturellement. C’est ce que l’on appelle renoncer à soi-même.

— Ainsi la pauvre Agar fut obligée de renoncer à Abraham ?

— Oui, c’était la volonté de Dieu. Abraham ne mit point de retard à obéir malgré le chagrin que cela lui causait. Il se leva de bon matin, prit du pain et de l’eau, les donna à Agar et la renvoya avec son fils. Elle se mit en chemin et erra dans le désert de Beër-Shéba. En laissant aller Agar, Abraham savait que Dieu aurait soin d’elle puisqu’Il avait promis qu’Ismaël serait le père d’une nation.

— Agar ne le savait-elle pas aussi ?

— Elle aurait dû le savoir et se souvenir de ce que lui avait dit l’ange de l’Éternel. Mais dans sa détresse elle l’oublia. Dans ce désert aride et très chaud, l’eau fut bientôt épuisée. L’enfant avait très soif, Agar ne voyait pas de fontaine et, dans son désespoir, elle jeta l’enfant sous un arbrisseau et, s’étant assise à quelque distance, elle dit : « Que je ne voie pas mourir l’enfant ». Et elle pleura.

— Pauvre Agar ! Dieu n’eut-il pas pitié d’elle ?

— Oui. Il entend ceux qui pleurent et qui sont dans la détresse. Le Seigneur Jésus rencontra un jour une pauvre veuve qui pleurait son fils unique qui était mort et que l’on allait ensevelir. Il lui dit : « Ne pleure pas », et Il rendit la vie à son fils. De même Dieu entendit la voix du jeune garçon « et l’Ange de Dieu appela des cieux Agar, et lui dit : Qu’as-tu, Agar ? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l’enfant, là où il est. Lève-toi, relève l’enfant et prends-le de ta main ; car je le ferai devenir une grande nation » (21:17-18). Alors Dieu ouvrit les yeux d’Agar et elle vit un puits d’eau et, y étant allée, elle remplit d’eau l’outre et donna à boire à l’enfant. Voilà comment Dieu exerce sa grâce. Il y a, pour ceux qui périssent, une source ouverte : c’est Jésus. Bienheureux ceux dont les yeux sont ouverts pour la voir et qui y puisent pour que leur âme vive ! Dieu fut avec le jeune garçon qui devint grand et demeura au désert et fut tireur d’arc. Plus tard sa mère lui donna une femme du pays d’Égypte, son propre pays. Ainsi, pour l’amour d’Abraham et à cause des promesses que Dieu avait faites, Ismaël fut sous la protection de Dieu.

— Est-ce tout ce que la Bible raconte d’Ismaël ?

— Non, elle nous dit que, suivant la promesse que Dieu avait faite à Abraham, Ismaël eut douze fils. Ils devinrent chefs de nombreuses tribus qui composent encore maintenant une partie du peuple que l’on nomme les Arabes. Ismaël eut aussi deux filles. Quand Abraham mourut, Ismaël vint pour l’ensevelir avec Isaac. Nous voyons donc qu’il n’avait pas oublié son père et qu’il ne voulait plus de mal à son frère. Dieu qui fut avec lui l’avait sans doute instruit. Enfin il nous est rapporté de lui qu’il mourut âgé de cent trente-sept ans.

— Maintenant tu vas continuer à me raconter l’histoire d’Abraham et d’Isaac, n’est-ce pas ?

— Oui. C’est sur eux et sur leurs descendants choisis de Dieu que la Bible s’arrête le plus. Mais avant de te parler de nouveau d’Isaac lui-même, il faut que je te raconte un fait qui montre de quelle manière Dieu honore les siens et se glorifie en eux. Tu te rappelles comme Abraham avait mal agi envers le roi de Guérar, Abimélec. Eh bien, ce même roi fut si frappé de voir comme Dieu bénissait Abraham qu’il vint le trouver avec le chef de son armée et lui dit : « Dieu est avec toi en tout ce que tu fais ». Et il demanda à Abraham de faire une alliance avec lui. C’est ainsi qu’un jour, les Gentils, c’est à dire ceux qui ne sont pas Juifs et qui méprisent souvent les descendants d’Abraham, rechercheront leur alliance (Zach. 8:23).

— Quand sera-ce ?

— Quand les Juifs auront tourné leur cœur vers le Seigneur Jésus qu’ils ont crucifié. Alors toutes les nations verront la gloire et la protection de Dieu s’étendre sur eux.

— Abraham reçut-il bien le roi de Guérar ?

— Oh certes ! Il lui fit des présents et consentit à l’alliance qui lui était demandée. Ensuite Abimélec retourna dans son pays, et Abraham resta dans cet endroit qui se nommait Beër-Shéba. Là, il invoqua le nom de l’Éternel, le Dieu fort d’éternité.

— Voilà un nouveau nom qui est donné à Dieu.

— C’est vrai. Tout dans la Parole de Dieu a de l’importance. Des noms différents sont donnés à Dieu selon la manière dont Il se présente Lui-même à nous. Ainsi le nom d’Éternel est celui que Dieu prend quand Il entre dans une certaine relation avec les hommes. Ici la Bible ajoute les mots « le Fort d’éternité » pour marquer que, dans sa puissance, Il a accompli, et pour toujours, ce qu’Il avait promis à Abraham puisque Isaac, l’héritier, était venu.

 

11                  Chapitre 22 — Sacrifice d’Isaac

 

Abraham et Sara devaient être bien heureux avec leur cher fils Isaac. Comme ils devaient l’aimer !

— Je n’en doute pas : l’amour des parents pour leurs enfants est un lien très puissant pour le cœur. Abraham et Sara devaient le ressentir d’autant plus pour Isaac qu’il était né dans leur vieillesse, qu’ils l’avaient longtemps attendu, que c’était un don de Dieu et que sur lui reposaient toutes les promesses.

— Ne craignaient-ils pas toujours qu’il lui arrivât quelque accident ?

— Je ne le crois pas : ils avaient confiance que Dieu le gardait. Du reste, ce que je vais te raconter te montrera combien grande était la foi d’Abraham. Dieu lui-même voulut l’éprouver, c’est à dire montrer que sa foi était bien réelle et que son cœur était tout à Dieu. Que penses-tu qu’Abraham eût de plus cher, de plus précieux ? Était-ce ses tentes, ses nombreux troupeaux, son or et ses richesses ?

— Oh, non ! C’est Isaac qu’il aimait le plus. Abraham aurait tout donné pour son fils.

— Tu as raison. Eh bien, c’est précisément par là que Dieu l’éprouva. Il voulut voir si Abraham L’aimait plus même que son propre fils. « Dieu lui dit : Abraham ! Et il dit : Me voici. Et [Dieu] dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur une des montagnes que je te dirai » (22:1-2).

— Quoi ! Devait-il réellement mettre à mort Isaac ?

— Oui, Dieu demandait à Abraham de sacrifier Isaac de ses propres mains.

— Quelle chose terrible ! Abraham ne pria-t-il pas Dieu de lui épargner cette douleur, lui qui avait prié pour Sodome ?

— Abraham connaissait Dieu. Que son cœur souffrît, il n’y a pas à en douter ; qu’il se demandât comment s’accompliraient les promesses de Dieu, c’est probable ; mais la foi d’Abraham était plus grande que les souffrances de son cœur et les raisonnements de son esprit. Il connaissait Dieu, il savait que Dieu avait tous les droits sur Isaac, qu’Il ne pouvait rien demander qui ne fût bon, et que Celui qui avait fait les promesses saurait bien les accomplir en dépit de tout. Le cœur d’Abraham était tout entier pour Dieu. Mais Dieu ne nous a-t-il pas, pour ainsi dire, donné l’exemple de ce qu’Il demandait d’Abraham ?

— Oui, Dieu a donné aussi son Fils unique.

— Et à qui l’a-t-il donné ? Pour qui ne l’a-t-il pas épargné ? C’est pour ses ennemis, des impies, des pécheurs. Tandis qu’Abraham était appelé à sacrifier son fils au Dieu qui l’avait comblé de grâces et sur lequel il pouvait compter.

— Et que fit Abraham ? N’eut-il pas bien de la peine à se décider ? N’attendit-il pas le plus longtemps possible ?

— Non. La foi conduit à une prompte obéissance. Quand Dieu parle, il faut se hâter de faire ce qu’Il commande. « Et Abraham se leva de bon matin et bâta son âne et prit avec lui deux de ses jeunes hommes, et Isaac, son fils ; et il fendit le bois pour l’holocauste, et se leva, et s’en alla vers le lieu que Dieu lui avait dit ». Abraham ne tarda point et il n’oublia rien de ce qu’il fallait pour obéir à Dieu.

— Abraham devait-il aller bien loin ?

— Le voyage dura trois jours.

— Que c’était long et combien le pauvre Abraham dut souffrir !

— C’est vrai, mais la Parole de Dieu dit : « Bienheureux est l’homme qui endure la tentation ; car, quand il aura été manifesté fidèle par l’épreuve, il recevra la couronne de vie, qu’Il a promise à ceux qui l’aiment » (Jacques 1:12). La foi, aux yeux de Dieu, est plus précieuse que l’or, et quand elle a été éprouvée, elle tourne à louange, à gloire et à honneur (1 Pierre 1:7). Voilà le but de Dieu quand Il éprouve : Il est amour.

— Abraham emmena-t-il ses deux serviteurs pour sacrifier son fils ?

— Non, cela regardait Abraham seul. Il leur dit : « Restez ici, vous, avec l’âne ; et moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous » (22:5).

— Mais Abraham allait offrir Isaac ! Comment peut-il dire « nous reviendrons » ?

— Abraham estimait que « Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut » (Héb. 11:19). C’est ce qui nous fait voir combien grande était la foi d’Abraham en la puissance de Dieu. « Et Abraham prit le bois de l’holocauste, et le mit sur Isaac, son fils ; et il prit dans sa main le feu et le couteau ; et ils allaient les deux ensemble ».

— Isaac savait-il que son père allait l’offrir en sacrifice ?

— Non, car il demanda à son père où était la bête pour l’holocauste. Son père répondit que Dieu se pourvoirait de l’agneau pour l’holocauste. « Et ils arrivèrent au lieu que Dieu lui avait dit. Et Abraham bâtit là l’autel, et arrangea le bois, et lia Isaac, son fils, et le mit sur l’autel, sur le bois. Et Abraham étendit sa main et prit le couteau pour égorger son fils ».

— L’a-t-il vraiment égorgé ?

— Non, il avait montré jusqu’où allaient sa foi et son dévouement, et quelle était l’intégrité ; cela suffisait. Dieu lui épargna la douleur de frapper son fils. « Mais l’Ange de l’Éternel lui cria des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il dit : Me voici. Et il dit : N’étends pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car maintenant je sais que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique (22:11 et 12) ». Ils devaient avoir le cœur heureux de la bonté de Dieu, heureux parce qu’ils avaient obéi. Le cœur est au large quand on marche simplement dans l’obéissance, quelles que soient les épreuves.

— Mais n’offrirent-ils rien sur l’autel ?

— Levant les yeux, Abraham vit un bélier retenu à un buisson par les cornes. Il alla le prendre et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

— Abraham avait bien raison en disant que Dieu se pourvoirait d’une bête.

— Abraham par la foi avait offert son fils. Il le recouvre maintenant comme par une résurrection et cependant il peut offrir à Dieu un holocauste. Pour rappeler le souvenir de cet évènement mémorable, Abraham nomma ce lieu Jéhovah-Jiré, « l’Éternel y pourvoira ». C’est ainsi qu’Issac est un type du Seigneur Jésus Christ. Lui, le Fils unique et bien-aimé de Dieu, a été ofert sur la croix en holocauste, en offrande, et sacrifice, et parfum de bonne odeur. Mais personne n’a été mis à sa place. Il a été obéissant à Dieu jusqu’à la mort. Voilà pourquoi l’Écriture nous dit que Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous (Rom. 8:32). Quel amour de la part de Dieu ! Mais Jésus est aussi ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père.

— Abraham put ainsi retourner avec Issac vers ses serviteurs comme il le leur avait dit.

— Oui. Ils avaient adoré, ils avaient offert leur culte à Dieu. Mais, avant qu’ils ne s’en retournent, « l’Ange de l’Éternel cria des cieux à Abraham, une seconde fois, et dit : J’ai juré par moi-même, dit l’Éternel : Parce que tu as fait cette chose-là, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai, et je multiplierai abondamment ta semence comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta semence possédera la porte de ses ennemis. Et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence, parce que tu as écouté ma voix » (22:15 à 18). Peux-tu me dire qui est « la semence » en qui toutes les nations de la terre seront bénies ?

— Que veut dire « la semence » ?

— C’est le fils, celui qui vient d’Abraham.

— Alors n’est-ce pas d’Isaac que parle l’Ange de l’Éternel ? Il était le fils promis, et il venait d’être délivré de la mort.

— C’est vrai, mais Isaac était le type de quelqu’un de plus grand. Ne te rappelles-tu pas ce que je t’ai dit au sujet des types ?

— Oui, c’est donc Jésus, qui était aussi fils d’Abraham.

— Au commencement de l’évangile selon Matthieu, nous lisons : « Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham », et Paul nous explique que la semence dont l’Éternel parle à Abraham est Christ (Galates 3:16). Ce n’est point par Isaac que les nations ont été bénies, mais c’est à Jésus que les promesses sont faites, et c’est par Lui que Dieu veut les accomplir. Dans le prophète Ésaïe, Dieu dit à Christ : « Je te donnerai aussi pour [être] une lumière des nations, pour être mon salut jusqu’au bout de la terre » (Ésaïe 49:6). Et l’apôtre Paul dit : « Il fallait que le Christ fût soumis aux souffrances, et que, le premier, par [la] résurrection des morts il devait annoncer la lumière et au peuple et aux nations » (Actes 26:23).

Après avoir entendu les paroles de l’Ange de l’Éternel, Abraham retourna avec Isaac vers ses serviteurs, et tous ensemble, ils s’en allèrent à Beër-Shéba où Abraham demeurait alors.

 

 

12                  Chapitre 23 — Mort de Sara

 

Abraham avait tout ce qu’il pouvait désirer sur la terre. Dieu avait accompli à son égard toutes ses promesses. Mais les biens sur la terre ne peuvent pas toujours durer. Tout change continuellement ici-bas. Et qu’est-ce qui apporte le plus grand et le plus douloureux des changements ?

— Ah ! N’est-ce pas quand quelqu’un meurt dans la maison ?

— Oui, la mort de ceux que nous aimons et avec qui nous sommes habitués à vivre cause de la tristesse. La mort est la suite du péché. Elle entra aussi dans la tente d’Abraham. « La vie de Sara fut de cent vingt-sept ans…Et Sara mourut à Kiriath-Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan ». Ce dut être un grand chagrin pour Abraham qui avait si longtemps vécu avec elle. Il la pleura et mena deuil. Dieu ne défend pas à ses enfants d’être affligés quand ils viennent à perdre quelqu’un qu’ils aiment. Mais Il ne veut pas qu’ils soient comme ceux qui n’ont pas d’espérance (1 Thess. 4:13-18). Sais-tu quelle est l’espérance des enfants de Dieu quand ils voient mourir un des leurs ?

— C’est qu’il va vers Jésus.

— Sans doute. Mais il y a encore autre chose : c’est qu’il ressuscitera. Jésus est la résurrection et la vie, et Dieu rendra la vie aux corps mortels de ceux qui sont en Christ et en qui habite l’Esprit de Dieu. De sorte que les vivants à la venue du Seigneur seront changés, et les morts en Christ ressusciteront, et tous avec des corps glorieux iront ensemble avec le Seigneur Jésus dans le ciel. Voilà l’espérance du chrétien.

— Abraham avait-il cette espérance ?

— Abraham avait foi dans les promesses de Dieu. Il nous est dit de lui qu’il désirait une meilleure patrie que la terre, c’est à dire une patrie céleste (Héb. 11:16). Voilà pourquoi, après avoir pleuré Sara, il montra sa foi aux promesses de Dieu en voulant ensevelir son mort dans le pays de Canaan. Il demanda donc au peuple du pays de lui vendre un sépulcre en disant : « Je suis étranger, habitant parmi vous ». Il n’avait pas même une petite parcelle de terrain pour y ensevelir Sara.

— Les habitants consentirent-ils à lui vendre un sépulcre ?

— Ils avaient pour lui un si grand respect qu’ils lui offrirent gratuitement le meilleur de leurs sépulcres.

— Peut-être Abraham leur avait-il fait du bien ?

— La Bible ne le dit pas. Mais Abraham marchait avec Dieu et pratiquait la justice. Chacun pouvait voir cela et c’est ce qui faisait la différence entre lui et Lot.

— Mais Lot n’était-il pas juste aussi ?

— Oui, l’Écriture lui donne ce nom, mais il s’associait avec les méchants, de sorte que, bien qu’il s’affligeât de leur mauvaise conduite et qu’il eût bien voulu qu’ils devinssent justes, personne ne le respectait. Au contraire, Abraham marchait avec Dieu dans la sainteté, séparé des méchants, comme étranger, sans s’associer avec ceux qui faisaient le mal. Les Héthiens au milieu desquels il demeurait, voyant cela, avaient pour lui la plus grande estime. Lorsqu’il voulut acheter un sépulcre, ils lui dirent : « Tu es un prince de Dieu au milieu de nous ; enterre ton mort dans le meilleur de nos sépulcres ; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour y enterrer ton mort » (23:6).

— C’était bien beau de la part des Héthiens. Abraham a-t-il accepté ?

— Non, Abraham ne voulut rien prendre qu’à condition de le payer.

— Pourquoi cela ?

— Il n’oubliait pas que c’était Dieu qui lui avait donné tout ce qu’il possédait ; il ne voulait être redevable de rien aux hommes. Il avait manifesté le même sentiment vis à vis du roi de Sodome. Abraham avait mis toute sa confiance en Dieu, c’était pour lui une gloire et un sujet de joie de montrer aux habitants du pays qu’il ne dépendait que de Dieu.

— Les Héthiens savaient-ils qu’Abraham possèderait un jour le pays ?

— Non. S’ils l’avaient su, ils n’auraient pas parlé de lui donner une possession parmi eux ; ils l’auraient plutôt chassé. Dieu avait révélé à Abraham seul, ce qu’Il voulait faire plus tard.

— Alors je ne comprends pas pourquoi Abraham désirait acheter un champ dans le pays que Dieu lui avait donné tout entier.

— Dieu avait bien donné le pays à son serviteur, mais Il ne voulait pas qu’Abraham le possédât alors. Il éprouvait la foi d’Abraham pour voir s’il croirait la parole de son Dieu sans en voir de ses yeux l’accomplissement. Abraham marcha donc par la foi et non par la vue, et il resta dans le pays comme étranger. Il avait éprouvé la fidélité de Dieu et savait comment Il récompense la patience. Il avait attendu Isaac vingt-cinq ans, n’est-ce pas ? C’était long. Sara et lui étaient si âgés qu’il ne semblait plus possible qu’ils aient un fils. Mais rien n’est impossible à Dieu. Il faut seulement s’attendre à Lui, et quand le temps est venu, Il accomplit ce qu’Il a dit.

— Avec Isaac, Abraham se trouvait plus riche que s’il avait possédé tout le pays de Canaan.

— Je le pense aussi. En voyant Isaac, il se rappelait que l’on peut compter sur Dieu. Il était étranger dans le pays, c’est vrai ; mais cela entretenait dans son âme le bonheur de ne dépendre que de Dieu seul. S’il n’y avait pas été obligé, il n’aurait jamais rien acquis dans le pays, pas même un champ ; mais il ne pouvait pas enterrer Sara autre part que dans la terre qui lui avait été promise, et qui, par la foi, lui appartenait. Il ne voulait pas non plus rien accepter du monde. Il demanda donc à acheter le champ.

— Les Héthiens le lui vendirent-ils ?

— Oui. Abraham demanda le champ de Macpéla où il y avait une caverne, et il le paya à Éphron, Héthien, quatre cents sicles d’argent. C’était en Hébron, à l’endroit où Sara était morte. Le champ, la caverne, les arbres qui étaient dans le champ, tout fut acquis en propriété à Abraham en présence des Héthiens. Après cela, Abraham enterra Sara dans la caverne du champ de Macpéla. Il eut ainsi un lien de plus avec le pays de la promesse où il continua de demeurer en étranger avec Isaac comme il l’avait fait auparavant.

 

13                  Chapitres 24 et 25:1 à 18 — Mariage d’Isaac. Mort d’Abraham

.

 

Isaac dut être bien triste de la mort de sa mère.

— Sans doute, et, quoiqu’il restât auprès de son père, il se sentait bien seul. C’est alors que son père pensa à lui choisir une femme. Abraham était devenu vieux, fort avancé en âge. L’Éternel l’avait béni en toutes choses. Un jour, il fit venir le plus ancien de ses serviteurs qui avait le gouvernement de tout son bien, et il lui commanda d’aller dans son pays, en Mésopotamie, et d’y chercher parmi ses parents une femme pour son fils Isaac.

— Pourquoi ne choisit-il pas lui-même une femme pour Isaac dans le pays de Canaan ?

— Les habitants de ce pays étaient des idolâtres et des méchants, et Abraham ne voulait pas s’allier avec eux comme Lot l’avait fait en prenant pour ses filles des maris à Sodome.

— Mais Isaac aurait pu aller avec le serviteur.

— Cela ne se pouvait pas non plus. Isaac, l’héritier, ne devait pas quitter le pays de Canaan, le pays de la promesse. Aussi, quand le serviteur dit à Abraham : « Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci ; me faudra-t-il faire retourner ton fils dans le pays d’où tu es sorti ? », Abraham répondit : « Garde-toi d’y faire retourner mon fils. L’Éternel, le Dieu des cieux, qui m’a pris de la maison de mon père et du pays de ma parenté, et qui m’a parlé et qui m’a juré, disant : Je donnerai à ta semence ce pays-ci, lui-même enverra son ange devant toi, et tu prendras de là une femme pour mon fils » (24:6-7). Abraham conserve toujours la même confiance en Dieu.

— Le serviteur avait-il aussi cette confiance ?

— Oui, Abraham avait appris à tous dans sa maison à connaître l’Éternel, et celui qui avait la charge de tout son bien partageait la foi de son maître. Nous le voyons par la suite de l’histoire. C’était un fidèle serviteur qui faisait tout « de cœur », comme Paul le recommandait aux serviteurs de son temps (Éph. 6:6 ; Col. 3:23). Il jura donc à Abraham de faire tout selon ses ordres. Puis il prit dix des chameaux de son maître, et se mit en route pour la Mésopotamie vers la ville où demeurait Nakhor, le frère d’Abraham. Arrivé là sur le soir, il fit reposer ses chameaux hors de la ville auprès d’un puits. C’était la coutume dans ces pays-là que les femmes sortissent, vers le soir, pour puiser de l’eau. Le serviteur d’Abraham savait que les jeunes filles de la ville viendraient bientôt au puits. Mais comment faire pour savoir celle que Dieu avait choisie pour être la femme d’Isaac ?

— Ne pouvait-il pas le demander à Dieu ?

— C’est ce qu’il fit. Il dit : « Éternel, Dieu de mon seigneur Abraham… qu’il arrive que la jeune fille à laquelle je dirai : Abaisse ta cruche, je te prie, afin que je boive, et qui dira : Bois, et j’abreuverai aussi tes chameaux, soit celle que tu as destinée à ton serviteur, à Isaac ».

— Dieu lui montra-t-Il quelle était la jeune fille ?

— Certainement. Dieu est près de tous ceux qui l’invoquent. Le serviteur d’Abraham n’a qu’une pensée : accomplir exactement ce qu’il a promis à son maître, mais pour cela il sent son impuissance. Il s’adresse donc à Dieu. Il aurait pu s’informer, demander : Où est Nakhor ? Où sont ses filles ? Mais il ne veut dépendre que de Dieu, car il sait que de cette manière il ne peut se tromper. Dieu exauce celui qui compte ainsi sur Lui seul. Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, Dieu y a égard.

— Comment Dieu montra-t-il au serviteur quelle devait être la femme d’Isaac ?

— En exauçant exactement sa prière. Avant qu’il eût achevé de parler, voici qu’une très belle jeune fille vint à la fontaine avec sa cruche sur l’épaule. Quand elle l’eut remplie, le serviteur d’Abraham lui dit : « Permets, je te prie, que je boive un peu d’eau de ta cruche. Et elle dit : Bois, mon seigneur. Et vite elle abaissa sa cruche sur sa main, et lui donna à boire. Et, après qu’elle eut achevé de lui donner à boire, elle dit : Je puiserai aussi pour tes chameaux, jusqu’à ce qu’ils aient fini de boire. Et elle se hâta et vida sa cruche dans l’auge, et elle courut encore au puits pour puiser et puisa pour tous ses chameaux ».

— C’était une jeune fille bien aimable et bien complaisante.

— Oui, elle nous donne un bel exemple. Nous empresser à rendre service, n’être point paresseux à nous employer pour autrui, soulager l’étranger et avoir même soin des bêtes, ce sont des choses agréables à Dieu. Donner à boire à quelqu’un dans ces climats chauds, tout le monde l’aurait fait. Mais la jeune fille va plus loin : elle pense que le voyageur doit être fatigué, qu’il lui sera pénible d’abreuver lui-même ses chameaux, et elle le fait. Le Seigneur aime les cœurs ainsi dévoués. Il n’oublie pas même un verre d’eau froide donné à l’un des plus petits. Le serviteur d’Abraham s’étonnait de ce qu’il voyait, et considérait sans rien dire, pour savoir si l’Éternel avait fait prospérer son voyage ou non. Quand les chameaux eurent achevé de boire, il fit de beaux présents à la jeune fille qui se nommait Rébecca, et lui demanda : « De qui es-tu fille ? Fais-le-moi savoir je te prie. Y a-t-il pour nous, dans la maison de ton père, un lieu pour y loger ? » Elle répondit : « Je suis fille de Béthuel, fils de Milca, qu’elle a enfanté à Nakhor ». Or Nakhor, comme tu te le rappelles, était le frère d’Abraham. Et elle dit : « il y a chez nous de la paille, et aussi du fourrage en abondance, et de la place pour loger ». Alors le serviteur d’Abraham vit bien que l’Éternel avait tout conduit, et avait ainsi répondu à la confiance qu’Abraham avait témoignée, et il se prosterna devant l’Éternel et dit : « Béni soit l’Éternel, le Dieu de mon seigneur Abraham, qui ne s’est pas départi de sa grâce et de sa vérité envers mon seigneur ».

— Cette histoire est bien belle et ce serviteur est si bon et dévoué.

— Oui, son exemple nous apprend comment nous devons exposer à Dieu nos besoins, nous laisser entièrement conduire par lui et lui rendre grâces. Quelle fidélité de Dieu ! Ce qu’Il fut pour Abraham, Il l’est pour tous les siens.

— Rébecca devait être bien étonnée et heureuse en même temps !

— Elle courut rapporter toutes ces choses à la maison de sa mère. Son frère Laban, ayant vu les cadeaux qu’elle avait reçus, courut aussitôt vers la fontaine et invita l’étranger à venir chez eux. Alors le serviteur d’Abraham entra avec ses chameaux et ceux qui l’accompagnaient. Et après lui avoir donné de l’eau pour laver ses pieds, on lui présenta à manger. Mais il dit : « Je ne mangerai pas avant d’avoir dit ce que j’ai à dire. Et [Laban] dit : parle ».

— Pourquoi le serviteur ne veut-il pas attendre d’avoir mangé ?

— Il ne pense pas à lui ni à ses besoins, mais uniquement au message dont l’avait chargé son seigneur. Il veut avant tout que ce qui concerne Abraham et Isaac soit bien fixé. C’est le caractère d’un serviteur fidèle et dévoué. Il dit donc : « Je suis serviteur d’Abraham. Or l’Éternel a béni abondamment mon seigneur, et il est devenu grand ; et il lui a donné du menu bétail, et du gros bétail, et de l’argent, et de l’or et des serviteurs, et des servantes, et des chameaux, et des ânes. Et Sara, femme de mon seigneur, a dans sa vieillesse enfanté un fils à mon seigneur ; et il lui a donné tout ce qu’il a. Et mon seigneur m’a fait jurer, disant : Tu ne prendras pas de femme pour mon fils d’entre les filles des Cananéens, dans le pays desquels j’habite ; mais tu iras à la maison de mon père et vers ma famille, et tu prendras une femme pour mon fils » (24:35-38). Puis il leur raconta comment il avait prié l’Éternel de lui montrer quelle jeune fille Il avait choisie, et de quelle manière l’Éternel l’avait exaucé en envoyant Rébecca. « Et maintenant, si vous voulez user de grâce et de vérité envers mon seigneur, déclarez-le-moi ». Et Laban et Béthuel dirent : « La chose procède de l’Éternel. Voici Rebecca devant toi ; qu’elle soit la femme du fils de ton seigneur, comme l’Éternel l’a dit ».

— Ils ne pouvaient pas douter, en effet, que l’Éternel n’eût tout conduit.

— La fidélité du serviteur d’Abraham fait que l’on reconnaît tout de suite qu’il a agi sous la direction de Dieu. C’est ainsi que Dieu est glorifié par notre vie si elle rend témoignage que nous nous attendons à Lui. Quand le serviteur d’Abraham eut entendu la réponse favorable des parents de Rébecca, il rendit d’abord grâces à l’Éternel, puis il fit de riches présents à Rébecca, à son frère et à sa mère ; et lui, avec ceux qui l’accompagnaient, logèrent là cette nuit. Mais quand ils se furent levés de bon matin, il dit : « Renvoyez-moi et que je m’en aille vers mon seigneur ». Les parents de Rébecca voulaient la garder encore quelques jours, mais il insista pour partir tout de suite. Alors ils appelèrent la jeune fille et lui dirent : « Iras-tu avec cet homme ? Et elle dit : J’irai ».

— Quoi ! Rébecca voulut partir tout de suite et laisser toute sa famille ?

— Oui, car elle savait que Dieu l’avait choisie pour être la femme de l’héritier des promesses. Comme Abraham l’avait fait autrefois, elle quitte tout, et s’en va avec un étranger parce qu’elle a foi en ce que Dieu a dit. Elle dit donc adieu à tous les siens, monta sur un chameau et suivit le serviteur d’Abraham. C’était un long voyage à travers le désert mais elle allait sans crainte, se confiant en Dieu. Ne penses-tu pas que cela nous enseigne quelque chose ?

— Je ne saurais pas bien l’expliquer. Isaac représente Jésus, et nous devons tout quitter pour aller vers ce bon Sauveur. Mais je ne sais pas qui représente le serviteur.

— Le chrétien traverse un désert qui est le monde pour arriver près de Jésus et partager sa gloire, comme Rébecca devait partager toutes les richesses d’Isaac. Mais pendant ce voyage, nous ne sommes pas seuls. Pour nous conduire, Jésus a envoyé le Saint Esprit, et tout le long du chemin, si nous écoutons sa voix, cet Esprit nous parle de Christ, de son amour, de sa gloire, de ses richesses, de son héritage, de même que le serviteur pouvait raconter à Rébecca tout ce qui concernait Isaac. Combien ce qui nous attend près de Jésus est plus beau que tous les biens que Rébecca allait posséder !

— Isaac savait-il que Rébecca allait arriver ?

— Il pouvait avoir confiance que Dieu conduirait tout pour son bien, et il en eut bientôt la preuve. Comme il était sorti aux champs pour méditer, levant les yeux, il regarda, et voilà des chameaux qui venaient. Rébecca aussi levant les yeux vit Isaac, et dit au serviteur : « Qui est cet homme qui marche dans les champs à notre rencontre ? Et le serviteur dit : C’est mon seigneur. Et elle prit son voile et se couvrit ». Le serviteur raconta à Isaac tout ce qu’il avait fait. Puis Isaac mena Rébecca dans la tente de Sara, sa mère. Elle devint sa femme et il l’aima. Ainsi Isaac se consola de la perte de sa mère.

— Et Abraham ? Est-il encore raconté quelque chose de lui ?

— Oui, il prit une autre femme et eut encore plusieurs enfants. Mais il donna tout son bien à Isaac. Puis il mourut fort âgé, et ses fils, Isaac et Ismaël, l’enterrèrent dans la caverne de Macpéla où avait été ensevelie Sara. Il avait vécu cent soixante-quinze ans.

— C’est un grand âge, n’est-ce pas ?

— Pour nous, en effet. Mais à côté de celle de Noé, par exemple, c’était peu. Après la confusion des langues à Babel, Dieu raccourcit graduellement la vie des hommes qui n’était alors que la moitié de ce qu’elle avait été avant le déluge. Après le temps d’Abraham, elle diminua encore. Moïse disait : « Les jours de nos années montent à soixante-dix ans, et si, à cause de la vigueur, ils vont à quatre-vingts ans, leur orgueil encore est peine et vanité » (Ps. 90:10). Abraham étant mort, Dieu bénit Isaac, son fils, qui demeurait près du puits de Lakhaï-roï, le puits du « Vivant qui se révèle ».

— C’est là que l’ange de l’Éternel avait trouvé Agar.

— C’est bien cela. Isaac aimait sans doute rester près d’un endroit qui lui rappelait la bonté et la fidélité de Dieu.

 

 

 

14                  Genèse 25 à 36 — Histoire d’Isaac et de ses fils

Conflit entre la chair et l’Esprit en apprenant la leçon de la grâce souveraine de Dieu.

 

14.1                      Chapitres 25:19-34, et 26 — Les enfants d’Isaac

 

Isaac avait quarante ans quand il épousa Rébecca, fille de Béthuel et sœur de Laban, Syrien. Comme Abraham, Isaac dut attendre longtemps avant d’avoir des enfants. Dieu éprouvait sa foi. Mais Isaac pria instamment l’Éternel à ce sujet et l’Éternel fut fléchi par ses prières et lui donna des fils jumeaux. Celui qui naquit le premier fut appelé Ésaü, et le second Jacob. Avant leur naissance, Rébecca avait consulté l’Éternel qui lui avait dit que de ses enfants sortiraient deux peuples, dont le plus grand serait asservi au moindre.

— Pourquoi Dieu dit-Il cela ?

— Pour montrer ce que c’est que la grâce. Le Seigneur Jésus a dit aussi : « Les derniers seront les premiers, et les premiers les derniers » (Matth. 20:16). Dieu bénit, non selon nos pensées mais selon les siennes. Il fait choix pour les bénir de ceux qui n’ont aucun mérite, comme nous le voyons ici, puisqu’Il dit cela avant que les enfants soient nés et qu’ils aient fait ni bien ni mal. C’est là le principe de la grâce. Dieu ne veut pas que les hommes recherchent en eux-mêmes quelque mérite ou quelque raison que ce soit pour qu’Il leur fasse grâce. Ils sont de pauvres pécheurs perdus, incapables de se sauver ; et c’est à cause de cette incapacité que la grâce s’exerce envers eux. Dieu veut que nous comptions sur Lui seul ; mais c’est là une leçon que nous avons beaucoup de peine à apprendre.

— Ainsi Dieu voulait que Jacob et ses descendants aient la première place ?

— Oui, mais, puisque Dieu l’avait dit, Rébecca et Jacob devaient s’attendre à Lui pour l’accomplissement de sa parole, ainsi que l’avait fait Abraham.

— Que firent-ils donc ?

— Je te le dirai. L’histoire de Jacob est longue. C’est seulement dans les derniers jours de sa vie qu’il apprit à se soumettre à Dieu et à ne dépendre que de Lui. Aujourd’hui, je te parlerai du temps où lui et son frère vivaient encore près de leur père Isaac.

— À quoi s’occupaient-ils ?

— Ils étaient devenus grands, mais ils étaient très différents de caractère et de mœurs. Ésaü était un habile chasseur et vivait habituellement dans la campagne, poursuivant le gibier. Isaac l’aimait parce que la venaison était sa viande préférée. Jacob, au contraire, était un homme tranquille, qui se tenait volontiers dans les tentes. Rébecca préférait Jacob.

— Était-ce bien de la part d’Isaac et de Rébecca d’avoir des préférences ?

— Je ne le pense pas. Nous devons prendre garde que les affections naturelles de nos cœurs ne nous entraînent à faire quelque chose que Dieu n’approuve pas. Cette faiblesse d’Isaac et de Rébecca entraîna l’une dans de grandes fautes, et fit que l’autre ne sut pas empêcher Ésaü d’en commettre. Ce que je vais te raconter te montrera les défauts d’Ésaü et de Jacob. Un jour, Ésaü, revenant des champs très fatigué et affamé, trouva Jacob qui cuisait du potage et lui en demanda. Jacob y consentit à condition qu’Ésaü lui céderait son droit d’aînesse.

— Qu’est-ce que le droit d’aînesse ?

— Dans ce temps-là, dans une famille, l’aîné jouissait de bénédictions, d’honneurs et de privilèges particuliers. Dieu avait voulu qu’il en soit ainsi. Dans la famille d’Isaac, il s’agissait pour l’aîné d’hériter des promesses de Dieu. C’était bien précieux comme tu le vois. Eh bien, Ésaü tout entier occupé de lui-même dit : « Voici, je m’en vais mourir ; et de quoi me sert le droit d’aînesse ? » (25:32). Ainsi il le vendit à Jacob qui lui donna du pain et du potage. Ésaü méprisa son droit d’aînesse. La Parole de Dieu nous dit qu’en agissant ainsi, il fut profane et offensa Dieu (Héb. 12:16).

— Pourquoi était-ce si mal de vendre son droit d’aînesse ?

— Parce que c’était le don de Dieu, et parce que les promesses y étaient attachées. Ésaü montrait par sa conduite qu’il ne se souciait que des choses présentes et non de ce que Dieu avait promis. Il aurait dû mourir plutôt que de renoncer au privilège que Dieu lui avait accordé. Jacob l’appréciait mieux, mais il aurait dû attendre que Dieu accomplît la parole dite à son sujet. Il eut tort de demander à son frère de faire une chose qui n’était pas bonne, et se montra peu généreux en profitant d’une telle occasion de priver Ésaü de ce qui lui appartenait. En agissant ainsi, Jacob se prépara bien des douleurs. Rappelle-toi maintenant la différence qu’il y avait entre les deux frères.

— Jacob connaissait la valeur du droit d’aînesse et il l’acheta, mais il aurait dû attendre que Dieu le lui donnât. Ésaü quant à lui méprisa le droit d’aînesse.

— Oui ; il montra en cela qu’il ne s’en souciait pas du tout, ni des promesses que Dieu avait faites à Abraham. Pauvre Ésaü ! À cause de cela, il se vit plus tard privé de la bénédiction.

— Isaac demeurait-il toujours dans le pays de Canaan ?

— Oh, non ! Comme Abraham, il était voyageur, transportant ses tentes d’un lieu à l’autre. De son temps, il y eut une famine dans le pays. Te souviens-tu de ce que fit Abraham en semblable circonstance ?

— Oui, il s’en alla en Égypte.

— Eh bien, Dieu défendit à Isaac de faire la même chose. Mais Il lui permit de se rendre à Guérar, auprès du roi des Philistins. Abraham avait séjourné pendant longtemps dans cette contrée, et y avait creusé plusieurs puits pour abreuver ses troupeaux. Mais les Philistins, après sa mort, les avaient bouchés et remplis de terre. Ces puits sont des réservoirs que l’on creuse dans la terre, et dans lesquels s’amassent les eaux des pluies qui tombent périodiquement dans ces pays. Ils sont absolument nécessaires pour abreuver les troupeaux, parce que pendant l’été les torrents et les ruisseaux tarissent.

En creusant ainsi, il arrive quelquefois que l’on découvre de l’eau qui jaillit de la terre. C’est ce que l’on nomme de l’eau vive. Ces puits-là sont les plus précieux parce qu’il n’y a pas besoin d’attendre que les pluies les remplissent, et que l’eau est meilleure. C’est pour cela que le Seigneur Jésus, voulant diriger la pensée de la pauvre femme samaritaine vers ce qu’il y a de plus excellent, c’est à dire le don de Dieu, commence par lui parler de l’eau vive (Jean 4).

— De quel don de Dieu Jésus voulait-Il parler ?

— Du Saint Esprit qui est dans le cœur de l’enfant de Dieu comme une eau qui le rafraîchit en lui faisant goûter l’amour de Dieu son Père. Mais revenons à notre histoire. Les serviteurs d’Isaac avaient de nouveau creusé les puits qui avaient été bouchés par les Philistins.

— Pourquoi les Philistins avaient-ils fait cela ?

— C’était par envie. L’Éternel bénissait Isaac : il était devenu très riche, et la vue de sa prospérité excitait la jalousie de ses voisins. Abimélec lui dit même de se retirer. Isaac s’éloigna donc ; mais lorsque ses serviteurs eurent de nouveau creusé un puits et trouvé de l’eau vive, les bergers de Guérar contestèrent avec eux et dirent : « L’eau est à nous » (26:20). Isaac ne voulant point avoir de démêlés avec eux, s’en alla donc toujours plus loin jusqu’à ce qu’on le laissât tranquille. Ensuite il vint demeurer à Beër-Shéba où l’Éternel lui apparut cette même nuit et lui dit : « Je suis le Dieu d’Abraham ton père ; ne crains pas, car je suis avec toi ; et je te bénirai, et je multiplierai ta semence, à cause d’Abraham, mon serviteur. Et il bâtit là un autel, et invoqua le nom de l’Éternel » (26:24-25).

— Isaac n’a pas voulu avoir de querelle avec les Philistins, il a préféré renoncer à ce qui était à lui.

— Oui, il abandonnait ses droits. Quand on jouit de la bénédiction de Dieu et qu’on l’apprécie, on peut céder facilement devant les hommes. On ne perd rien en se montrant ainsi un enfant de paix. Le Seigneur Jésus a dit : « Bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre » (Matthieu 5:5). Isaac en a fait l’expérience. Le roi des Philistins dut reconnaître que Dieu Lui-même bénissait Isaac ; il vint vers lui à Beër-Shéba avec son ami et le chef de son armée et lui dirent : « Nous avons vu clairement que l’Éternel est avec toi, et nous avons dit : Qu’il y ait donc un serment entre nous, entre nous et toi ; et nous ferons une alliance avec toi : que tu ne nous feras pas de mal, comme nous ne t’avons pas touché, et comme nous ne t’avons fait que du bien, et t’avons renvoyé en paix. Tu es maintenant le béni de l’Éternel » (26:28-29). Isaac leur fit un festin, ils traitèrent alliance avec lui, et ils s’en allèrent en paix. Tu vois la vérité de cette parole : « Quand les voies d’un homme plaisent à l’Éternel, il met ses ennemis mêmes en paix avec lui » (Proverbes 16:7).

 

14.2                      Chapitre 27 — Isaac bénit Jacob et Ésaü

 

Isaac était devenu vieux et ses yeux étaient si voilés qu’il ne pouvait plus voir. Un jour il appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit : « Tu vois que je suis vieux ; je ne sais pas le jour de ma mort. Et maintenant, je te prie, prends tes armes, ton carquois et ton arc, et sors dans les champs, et prends-moi du gibier ; et apprête-moi un mets savoureux comme j’aime, et apporte-le-moi, et j’en mangerai, afin que mon âme te bénisse avant que je meure » (27:2-4).

— Isaac ne savait-il pas que Jacob devait être béni le premier ?

— Il aurait dû le savoir quoiqu’il ignorât le marché qui avait été conclu entre Jacob et son frère. Mais sa préférence pour Ésaü l’empêchait de voir quelle était la pensée de Dieu. « Si ton œil est simple », est-il écrit, « ton corps tout entier sera [plein de] lumière » (Matth. 6:22). Rien dans nos affections ne doit se placer entre Dieu et nous, si nous désirons agir selon sa volonté.

— Est-ce qu’en effet il bénit Ésaü ?

— Ce n’était pas selon le dessein de Dieu de sorte que cela ne pouvait pas avoir lieu. Voici ce qui arriva. Ésaü partit pour la chasse sans rien dire à son père de ce qui s’était passé entre son frère et lui. Mais Rébecca avait entendu tout ce qu’Isaac venait de dire. Elle appela Jacob et le lui raconta. Puis elle lui dit : « Va, je te prie, au troupeau, et prends-moi là deux bons chevreaux ; et j’en apprêterai un mets savoureux pour ton père, comme il aime ; et tu le porteras à ton père, et il mangera afin qu’il te bénisse avant sa mort ». Mais Jacob répondit à sa mère : « Et Jacob dit à Rebecca, sa mère : Voici, Ésaü, mon frère, est un homme velu, et moi je suis un homme sans poil. Peut-être que mon père me tâtera, et je passerai à ses yeux pour un trompeur, et je ferai venir sur moi la malédiction, et non pas la bénédiction ». Et sa mère lui dit d’obéir seulement à sa parole. Jacob fit donc ce que sa mère lui avait dit. Elle apprêta les chevreaux, puis elle revêtit Jacob des plus beaux habits d’Ésaü, et recouvrit des peaux de chevreaux son cou et ses mains qui étaient sans poil.

— Tout cela était une très vilaine tromperie. Cela ne pouvait pas plaire à Dieu, n’est-ce pas ? Ne croyaient-ils donc pas en Dieu ?

— Oui, tous deux croyaient la parole que Dieu avait prononcée. Mais ils n’avaient pas la patience d’attendre qu’Il l’accomplît de la manière qui lui semblerait bonne. Ils pensaient qu’ils devaient aider Dieu. Tous deux furent punis, comme nous le verrons. Jacob porta donc à son père les viandes que sa mère avaient apprêtées, et son père lui dit : « Qui es-tu, mon fils » ? Et Jacob répondit : « Je suis Ésaü, ton fils aîné ». Comme Isaac s’étonnait de ce que son fils eût trouvé si tôt de la venaison, Jacob ne craignit pas de dire : « Parce que l’Éternel, ton Dieu me l’a fait rencontrer devant moi ». Isaac fit alors approcher son fils pour le tâter et dit : « La voix est la voix de Jacob ; mais les mains sont les mains d’Ésaü ».

— Et l’a-t-il béni ?

— Oui, car il le méconnut. Il dit encore : « Es-tu vraiment mon fils Ésaü ? Et il dit : Je le suis ». Puis Isaac mangea de ce que Jacob avait apporté et but du vin qu’il lui présenta. Ensuite Isaac dit : « Approche-toi, je te prie, et baise-moi, mon fils. Et il s’approcha, et le baisa. Et il sentit l’odeur de ses vêtements, et il le bénit, et dit : Regarde, — l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ que l’Éternel a béni. Que Dieu te donne de la rosée des cieux et de la graisse de la terre, et une abondance de froment et de moût ! Que des peuples te servent, et que des peuplades se prosternent devant toi ! Sois le maître de tes frères, et que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit qui te maudit, et béni, qui te bénit ! » (27:26-29).

— Crois-tu que, malgré ses mensonges, Dieu aimait Jacob plus qu’Ésaü ?

— Oui, et la suite de son histoire te montrera toute la merveilleuse grâce de Dieu à son égard. Il est écrit : « J’ai aimé Jacob ; et j’ai haï Ésaü » (Malachie 1:3). Jacob croyait Dieu tandis qu’Ésaü n’avait aucun souci de Lui : nous l’avons déjà vu mépriser son droit d’aînesse. Il ne vivait que pour lui et pour satisfaire ses envies.

— Il a dû être bien fâché d’apprendre qu’Isaac avait béni son frère.

— Aussitôt qu’Isaac eut achevé de bénir Jacob, Ésaü rentra de la chasse, apprêta des viandes d’appétit pour son père, les lui apporta et lui dit : « Que mon père se lève, et qu’il mange du gibier de son fils, afin que ton âme me bénisse ». Et Isaac, son père, lui dit : « Qui es-tu ? Et il dit : Je suis ton fils, ton premier-né, Ésaü ». Alors Isaac fut saisi d’une fort grande émotion.

— Pourquoi ?

— Isaac, sans doute, vit à ce moment que son affection pour Ésaü l’avait fait agir contre les desseins de Dieu, et que Dieu avait permis qu’il fût trompé pour les accomplir. Il fut repris dans sa conscience en se souvenant de la parole que Dieu avait prononcée avant la naissance des deux enfants. Te la rappelles-tu ?

— Que le plus grand serait asservi au moindre.

— Oui, Dieu voulait que le plus jeune fût béni. Aussi Isaac, voyant la main de Dieu dans ce qui était arrivé, se soumit et ne chercha pas à défaire ce qui avait été fait. Du reste, Jacob avait effectivement le droit d’aînesse, le don de Dieu, dont Ésaü ne s’était pas soucié et auquel il n’avait plus aucun droit. Aussi Isaac dit-il en parlant de Jacob : « Je l’ai béni : aussi il sera béni. Lorsque Ésaü entendit les paroles de son père, il jeta un cri très grand et amer ; et il dit à son père : Bénis-moi, moi aussi, mon père ! »

— Jacob n’aurait pas dû lui prendre ainsi sa bénédiction.

— Ésaü, en effet, était bien à plaindre, lui qui avait mieux aimé vendre le don de Dieu plutôt que de souffrir un peu de la faim. Mais il est vrai aussi que Jacob avait mal agi à son égard. Or Dieu ne tient pas le coupable pour innocent : Ésaü reçoit son châtiment et Jacob recevra le sien.

— Isaac ne bénit-il point Ésaü ?

— Ésaü dit à son père : « Bénis-moi, moi aussi, mon père !... Ne m’as-tu pas réservé une bénédiction ? » Et Ésaü pleura. Isaac alors lui dit : « Voici, ton habitation sera en la graisse de la terre et en la rosée des cieux d’en haut. Et tu vivras de ton épée, et tu serviras ton frère ; et il arrivera que, lorsque tu seras devenu nomade, tu briseras son joug de dessus ton cou ». Ésaü eut en haine Jacob à cause de la bénédiction que celui-ci avait reçue de son père, et il se promit de tuer Jacob après la mort d’Isaac.

— Il voulait donc faire comme Caïn ?

— Ésaü n’était pas affligé d’avoir déplu à Dieu en méprisant son droit d’aînesse ; sans cela il aurait compris qu’il l’avait perdu par sa faute. Il était irrité de ce que son frère avait la prééminence sur lui. Ésaü avait méprisé le don de Dieu ; Jacob était méchant et rusé, son cœur naturel ne valait pas mieux que celui de son frère. Mais Jacob appréciait le don et la promesse de Dieu : c’est là ce qui constituait la grande différence entre lui et Ésaü.

— Ésaü essaya-t-il de tuer son frère ?

— Non, Rébecca ayant appris son dessein, pria Isaac d’envoyer Jacob bien loin, dans le pays de son frère Laban, en attendant que la colère d’Ésaü soit apaisée. Elle eut ainsi la douleur de devoir se séparer de son fils chéri, et Jacob fut obligé de quitter sa vie douce et paisible, sa mère et son père, et la terre de la promesse, pour aller en étranger dans un pays inconnu. Ainsi chacun moissonna les fruits amers de ce qu’il avait semé, et éprouva combien il est pénible de chercher à se frayer son propre chemin, au lieu de s’attendre à Dieu.

 

14.3                      Chapitre 28 — Le songe de Jacob

 

J’ai repensé à ce que tu m’as dit sur le droit d’aînesse. Dieu donne-t-il encore maintenant un tel droit ?

— Dieu nous accorde un beaucoup plus grand privilège. Il est dit qu’à tous ceux qui croient au nom de son fils Jésus Christ, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu. Jésus est le Fils premier-né, c’est Lui qui a le droit d’aînesse de Dieu, et que Dieu a établi héritier de toutes choses ; mais si nous croyons en Lui, nous devenons enfants de Dieu, et « si [nous sommes] enfants, [nous sommes] aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » (Romains 8:17). Nous avons la vie éternelle maintenant, et bientôt la gloire avec Jésus dans le ciel.

— J’aimerais bien y aller.

— Jésus veut aussi t’avoir près de Lui. C’est pour cela qu’Il t’invite à le croire et à le suivre. Il est venu sur la terre pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus, petits et grands ; et Lui-même nous dit qu’il y a de la joie au ciel devant les anges de Dieu lorsqu’un pauvre pécheur a compris que Lui, Jésus, est mort sur la croix pour le sauver.

— Tous ont-ils besoin de Jésus pour être sauvés ?

— Oui. Dieu, qui voit tout dans les cœurs, déclare dans sa parole qu’il n’y a pas de juste, non pas même un seul. Ainsi tous, riches ou pauvres, puissants ou faibles, grands ou petits, les rois, les reines, tout comme les plus misérables, ne sont devant Dieu que des pécheurs perdus qui ne méritent que la mort et l’enfer.

— Comment se fait-il donc que tous ne croient pas au Seigneur Jésus pour être sauvés ?

— C’est que Satan fait tout ce qu’il peut pour les en empêcher. Il voudrait que pas un homme n’eût la vie éternelle et n’héritât du ciel et de la gloire. Au contraire il voudrait les entraîner tous en enfer avec lui. Pour cela il cherche de toutes les manières à leur faire mépriser le don de Dieu, c’est à dire Jésus Christ. Il persuade certains qu’ils sont assez bons et qu’ils n’ont pas besoin de Sauveur. Aux autres il dit qu’ils ont tout le temps de se convertir, qu’ils sont trop jeunes, que c’est bon de s’occuper de ces choses sérieuses quand on est malade ou qu’on est devenu vieux. Ceux qui écoutent Satan et qui lui obéissent sont ses esclaves.

— C’est affreux d’être les esclaves du diable. Y en a-t-il beaucoup ?

— Hélas, oui. Il y en a des milliers, de tout rang et de tout âge. Ce n’est que le petit nombre qui écoute Jésus et croit sa parole. Fais bien attention : celui qui n’est pas un enfant de Dieu est esclave de Satan. Il n’y a pas de milieu. Ésaü obéissait au diable quand il disait : « De quoi me sert le droit d’aînesse ? » (Gen. 25:32). Les promesses de Dieu lui étaient indifférentes.

— Jacob était-il un enfant de Dieu ?

— Sans doute. Aussi, en même temps que Dieu le châtiait et permettait qu’il souffrît à cause de son manque de foi, il veillait sur lui et le gardait. Nous allons voir comment Dieu s’occupa de lui pendant son voyage solitaire. Mais avant, il me faut ajouter que, longtemps avant qu’Isaac eût béni ses deux fils, Ésaü avait pris pour femmes deux Héthiennes d’entre les habitants du pays de Canaan, ce qui causa un grand chagrin à Isaac et Rébecca. Isaac savait que ses fils ne devaient pas s’unir à ces peuples idolâtres. En agissant ainsi, Ésaü montrait combien peu il se souciait de plaire à Dieu. « Et Rebecca dit à Isaac : J’ai la vie en aversion à cause des filles de Heth. Si Jacob prend une femme d’entre les filles de Heth, comme celles-ci, d’entre les filles du pays, à quoi bon pour moi de vivre ? » (Genèse 27:46). Alors Isaac appela Jacob, le bénit et l’envoya à Paddan-Aram vers Laban, le frère de Rébecca, pour chercher une femme dans la famille de sa mère.

— Jacob s’en alla donc tout seul.

— Oui, Il partit donc de Beër-Shéba et quand le soleil se coucha, il s’arrêta pour la nuit. Ayant pris une pierre comme chevet, il se coucha et s’endormit. Et il eut un songe. Il voyait, dressée sur la terre, une grande échelle dont le bout touchait jusqu’aux cieux, et les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. Et voici, l’Éternel se tenait sur elle et lui dit : « Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac ; la terre, sur laquelle tu es couché, je te la donnerai, et à ta semence ; et ta semence sera comme la poussière de la terre ; et tu t’étendras à l’occident, et à l’orient, et au nord, et au midi ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta semence. Et voici, je suis avec toi ; et je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans cette terre-ci, car je ne t’abandonnerai pas jusqu’à ce que j’aie fait ce que je t’ai dit » (Gen. 28:13-15). Dieu montrait ainsi sa merveilleuse grâce. Mais Jacob ne le comprit pas à ce moment-là. À son réveil, il eut peur. Il dit : « Que ce lieu-ci est terrible ! Ce n’est autre chose que la maison de Dieu et c’est ici la porte des cieux ! » (v 17).

— Pourquoi eut-il peur ?

— C’est sans doute parce qu’il était mal à l’aise dans sa conscience, de sorte que la présence de Dieu le troublait. Ne te rappelles-tu pas qu’Adam eut aussi peur lorsqu’il entendit la voix de Dieu ?

— Oui, mais il me semble que nous devrions être heureux de savoir que Dieu est près de nous.

— C’est vrai, mais pour cela il faut connaître l’amour de Dieu, et avoir confiance en Lui. Alors, loin d’avoir peur nous pouvons dire : « Éternel ! J’ai aimé l’habitation de ta maison, et le lieu de la demeure de ta gloire ». « J’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai : [c’est] que j’habite dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, pour voir la beauté de l’Éternel et pour m’enquérir diligemment [de lui] dans son temple » (Psaumes 26:8 et 27:4). L’amour parfait bannit la crainte. C’est cet amour-là que Dieu nous a révélé quand Il nous a donné son Fils. Jacob ne savait pas cela, mais il aurait dû avoir une entière confiance en Dieu qui manifestait sa grâce en lui faisant de telles promesses. Abraham n’avait pas peur de Dieu parce qu’il croyait sa parole.

— Que signifiait l’échelle que Jacob vit dans le songe ?

— Dieu voulait montrer par là qu’Il établirait un chemin entre la terre et le ciel afin que les hommes puissent venir à Lui. Et ce chemin c’est le Seigneur Jésus. Il a dit Lui-même : « Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie ; nul ne vient au Père que par moi ». Il dit aussi à ses disciples : « Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme » (Jean 14:6 et 1:52). Il est venu sur la terre faire connaître l’amour de Dieu et mourir sur la croix pour nos péchés. Puis, le chemin étant ainsi ouvert, Il est remonté au ciel où nous pouvons le contempler dans la gloire, et par Lui y arriver aussi.

— Et les anges qui montaient et descendaient sur l’échelle, qu’est-ce que cela signifie ?

— La Parole de Dieu dit que les anges sont envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut (Héb. 1:14). Dieu voulait faire connaître à Jacob qu’Il envoyait ses messagers pour prendre soin de lui selon la promesse qu’Il lui avait faite de le garder.

— Jacob le comprit-il ?

— Au contraire, il eut peur parce qu’il ne connaissait pas encore la grâce de Dieu envers lui. Il comprenait peu et ne croyait pas pleinement les choses merveilleuses que Dieu lui avait découvertes, et les paroles qu’Il lui avait dites. Nous le voyons par ce qui suit. Il se leva de bon matin et prit la pierre dont il avait fait son chevet, la dressa pour monument, et versa de l’huile sur son sommet. Puis il appela ce lieu-là Béthel, ce qui veut dire : « Maison de Dieu ». Et Jacob fit un vœu en disant : « Si Dieu est avec moi et me garde dans ce chemin où je marche, et qu’il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir, et que je retourne en paix à la maison de mon père, l’Éternel sera mon Dieu » (Genèse 28:20-21).

— C’est bien singulier. Il n’a pas l’air d’être sûr que Dieu ferait ce qu’Il avait promis.

— Penses-tu que ce soit de la foi et de la confiance en Dieu ?

— Oh, non. Si Jacob s’était confié en Dieu, il n’aurait pas dit : Si Dieu est avec moi. Il en aurait été tout à fait certain puisque Dieu le lui avait assuré.

— Tu as raison. Quand on croit Dieu, on le bénit pour ses promesses et l’on ne dit pas : Si. Ce petit mot est un signe d’incrédulité quand on le met devant les paroles de Dieu. Que fit Abraham quand Dieu lui donna aussi des promesses ?

— Il crut Dieu.

— Et Dieu le lui imputa à justice. Il doit en être de même pour nous. Quand Dieu nous parle de son amour, du don qu’Il nous fait de son Fils pour que nous ne périssions pas, il ne faut pas dire : Si Dieu m’aime, si Dieu veut me sauver. Il faut croire Dieu sur parole et celui qui croit a la vie éternelle. Jacob, bien qu’il tînt beaucoup à posséder le droit d’aînesse, ne sut pas encore compter sur Dieu pour hériter toutes les bénédictions promises. Cela doit nous servir d’avertissement.

 

14.4                      Chapitres 29 à 31 —  Jacob chez Laban

 

Dieu avait miséricordieusement promis à Jacob de le garder et d’être avec lui partout où il irait. Après cela, Jacob se remit en chemin et « s’en alla au pays des fils de l’orient ». Étant arrivé dans un champ où il y avait un puits, il vit des bergers qui y avaient amené leurs troupeaux pour les abreuver. « Et Jacob leur dit : Mes frères d’où êtes-vous ? Et ils dirent : Nous sommes de Charan. Et il leur dit : Connaissez-vous Laban, fils de Nakhor ? Et ils dirent : Nous le connaissons…Et voici Rachel, sa fille, qui vient avec le bétail » (29:4-6). Quand Jacob eut vu Rachel, fille de son oncle Laban, il s’approcha, roula la pierre de dessus l’ouverture du puits et abreuva le troupeau de Laban. Puis il baisa Rachel et lui apprit qu’il était fils de Rébecca, sœur de son père. Rachel courut le rapporter à Laban qui vint aussitôt, embrassa Jacob et le fit venir dans sa maison où Jacob lui raconta tout ce qui lui était arrivé. Jacob demeura donc chez Laban et le servit.

— À quoi s’occupait-il chez son oncle ?

— Il était berger et prenait soin des troupeaux. Au bout d’un mois, Laban lui dit : « Parce que tu es mon frère, me serviras-tu pour rien ? Dis-moi quel sera ton salaire ? » Or Laban, outre Rachel, avait une autre fille qui était l’aînée et se nommait Léa. Jacob aimait Rachel qui était belle à voir et il dit à Laban : « Je te servirai sept ans pour Rachel, ta plus jeune fille ». Laban y consentit ; mais quand les sept ans furent écoulés et que Jacob demanda à Laban de lui donner Rachel pour femme, Laban le trompa et lui donna Léa en disant : « On ne fait pas ainsi, dans notre lieu, de donner la plus jeune avant l’aînée ».

— Pourquoi Laban fit-il cela ?

— Parce qu’il espérait que Jacob le servirait encore pour avoir Rachel, et c’est ce qui arriva. Laban était rusé comme Jacob. Ce dernier avait trompé son père et le voilà trompé à son tour !

— N’était-ce pas un châtiment ?

— Je le pense. Il put apprendre ainsi par lui-même combien il est odieux de tromper les autres. Il servit donc encore sept ans pour Rachel. Et Laban donna à Léa et à Rachel, à chacune une servante. Or Jacob aima Rachel plus que Léa. Mais l’Éternel, voyant cela, consola Léa en lui donnant plusieurs fils. Rachel, au contraire, fut longtemps sans avoir d’enfants, ce qui l’attrista beaucoup et la rendit jalouse de sa sœur. Enfin Dieu se souvint d’elle et lui donna un fils qu’elle nomma Joseph, et que Jacob aima beaucoup parce qu’il était fils de Rachel. C’était son onzième fils.

Voici les noms des fils de Jacob : son premier-né était Ruben ; puis venaient Siméon, Lévi, Juda, Dan, Nephtali, Gad, Aser, Issacar, Zabulon, et enfin Joseph. Léa eut aussi une fille qu’elle nomma Dina.

— Jacob resta donc longtemps avec Laban. Ne pensait-il pas retourner auprès de ses parents ?

— Ce n’est qu’après la naissance de Joseph qu’il dit à Laban : « Renvoie-moi, et j’irai dans mon lieu et dans mon pays » (30:25). Mais Laban dit : « J’ai aperçu que l’Éternel m’a béni à cause de toi » (30:27). Il le pria donc de rester et lui demanda quel salaire il désirait. Jacob consentit à rester et à garder les troupeaux de Laban à condition que celui-ce lui donnerait toutes les brebis tachetées et les agneaux roux. Laban le lui accorda, et ils séparèrent leurs troupeaux. Mais Dieu, qui voyait que Laban traitait durement Jacob et ne cherchait qu’à le tromper, fit abonder dans les troupeaux les brebis et les chèvres tachetées, de sorte que Jacob devint très riche.

— Jacob reconnut-il que c’était Dieu qui faisait cela et eut-il confiance en Lui ?

— Hélas ! Jacob ne savait pas encore dépendre entièrement de Dieu. Il s’imaginait toujours qu’il lui fallait aider Dieu et faire quelque chose par lui-même, au lieu de laisser agir la puissance de Dieu en sa faveur. Après sa convention avec Laban, il employa différents moyens pour que les brebis et les chèvres tachetées fussent plus nombreuses. Avait-il raison ?

— Non, Dieu lui avait promis de le garder et de le bénir, il devait s’attendre à Lui.

— De son côté, pour que Jacob ne devînt pas si riche, Laban changea plusieurs fois l’arrangement qu’il avait fait. Mais Dieu, malgré les fautes de Jacob, voulait le bénir et accomplir sa promesse, de sorte que tous les efforts de Laban ne servirent de rien.

— Laban connaissait-il Dieu et le servait-il ?

— Il ne connaissait pas l’Éternel comme son dieu ; il voyait bien sa puissance pour bénir Jacob, mais il ne le servait pas. Il avait ses idoles qu’il adorait.

— Alors il ne faut pas s’étonner s’il ne se conduisait pas bien envers Jacob.

— Cela ne l’excusait nullement. Puisqu’il voyait que l’Éternel le bénissait à cause de Jacob, il aurait dû servir l’Éternel. Mais Laban aimait le monde et les richesses, et ses faux dieux lui convenaient mieux pour cela qu’un Dieu saint.

— Jacob resta-t-il encore longtemps chez Laban ?

— Six ans, de sorte que son séjour dans ce pays fut de vingt années. Enfin il s’aperçut que les fils de Laban étaient jaloux de ses richesses, et l’accusaient d’avoir pris le bien de leur père. Laban aussi le regardait avec déplaisir. Et l’Éternel dit à Jacob : « Retourne au pays de tes pères et vers ta parenté, et je serai avec toi » (Gen. 31:3). L’ange de Dieu lui dit aussi en songe : « Je suis le Dieu de Béthel, où tu oignis une stèle, où tu me fis un vœu. Maintenant, lève-toi, sors de ce pays, et retourne au pays de ta parenté » (31:13). Pourquoi Dieu dit-il à Jacob : « Je suis le Dieu fort de Béthel » ?

— Parce que c’est à Béthel que Dieu lui était apparu et lui avait parlé en lui promettant de le garder et de le bénir.

— Précisément. L’Éternel lui montrait par cette parole qu’Il n’avait pas oublié sa promesse. Nous oublions bien souvent ce que Dieu nous dit, mais Dieu n’oublie jamais. « Il n’est pas homme pour mentir, ni fils d’homme pour se repentir » (Nombres 23:19). Jacob fit donc monter ses femmes et ses enfants sur des chameaux, et partit avec tout son bétail et tous les biens qu’il avait acquis pour retourner vers Isaac, son père, au pays de Canaan.

— Avait-il dit à Laban qu’il s’en allait ?

— Non, car il craignait que Laban ne lui reprît ses filles. Il saisit pour partit un moment où Laban était loin, étant allé tondre ses brebis. Rachel profita aussi de cette circonstance pour dérober, à l’insu de son mari, les idoles de son père. Trois jours après, on rapporta à Laban que Jacob s’enfuyait. Laban le poursuivit pendant sept jours et l’atteignit à la montagne de Galaad. Mais Dieu apparut la nuit à Laban en songe, et lui défendit de ne faire aucun mal à Jacob. Laban était très irrité de ce que Jacob s’était sauvé en cachette, et surtout de ce qu’on lui avait pris ses dieux. Il le reprocha à Jacob qui ignorait ce vol et qui lui permit de fouiller tout le bagage ; mais Rachel avait si bien caché les idoles que son père ne les trouva point.

— C’était très mal à Rachel d’avoir fait cela, mais Dieu gardait bien Jacob comme Il le lui avait promis.

— Oui, et comme Laban raconta à Jacob ce que Dieu lui avait dit, Jacob put bien voir la fidélité de l’Éternel à son égard. Alors Laban et Jacob traitèrent ensemble une alliance. Jacob offrit un sacrifice sur la montagne pour rendre grâces à Dieu et invita Laban et ceux qui l’accompagnaient à manger avec lui. Puis, Laban ayant embrassé ses filles et leurs enfants, les bénit et s’en retourna chez lui.

 

14.5                      Chapitres 32 à 33 (v 1 à 16) — Rencontre de Jacob et d’Ésaü

 

Après le départ de Laban, Jacob continua son chemin vers Canaan et les anges de Dieu vinrent au-devant de lui. Dieu lui montrait par là qu’Il prenait soin de lui et qu’il n’avait rien à craindre s’il voulait seulement mettre sa confiance en l’Éternel, au lieu de toujours vouloir se diriger lui-même. Jacob avait-il quelque sujet de crainte en revenant au pays de Canaan ?

— Oui, il devait se rappeler qu’il avait enlevé la bénédiction à Ésaü.

— Justement. Mais puisque Dieu lui avait dit de retourner, lui promettant de le garder, et puisqu’Il envoyait ses anges à sa rencontre, Jacob aurait dû être tout à fait tranquille. Mais il n’avait pas la foi d’Abraham, il n’avait pas encore compris combien Dieu l’aimait. Aussi quand il arriva près du pays qu’habitait son frère Ésaü, il eut peur que celui-ci ne voulut se venger et lui envoya des messagers pour lui dire : « Ainsi a dit ton serviteur Jacob : J’ai séjourné chez Laban, et m’y suis arrêté jusqu’à présent ; et j’ai des bœufs, et des ânes, du menu bétail, et des serviteurs et des servantes ; et je l’ai envoyé annoncer à mon seigneur, afin de trouver grâce à tes yeux » (32:4-5). Trouves-tu que c’était bien là le langage d’un frère à son frère ? Était-ce bien vrai de s’appeler son serviteur et de lui dire : mon seigneur ?

— Non, Isaac avait dit qu’Ésaü serait asservi à son frère et que Jacob serait le maître de ses frères. Mais je pense que Jacob parlait ainsi pour apaiser son frère en le flattant.

— Je le pense aussi, mais c’était de la ruse, et Jacob avait tort de l’employer. Dieu pouvait le délivrer des mains de son frère comme de celles de Laban. Jamais nous ne devons manquer à la vérité pour échapper au danger. Jacob eut bientôt un plus grand sujet d’inquiétude. Les messagers revinrent lui dire : « Nous sommes allés vers ton frère, vers Ésaü, et même il vient à ta rencontre, et quatre cents hommes avec lui ». Alors Jacob craignit beaucoup et fut dans une grande angoisse. Qu’avait-il à faire ?

— Prier Dieu et s’en remettre à Lui.

— C’est en effet ce qu’il fit. Mais, comme s’il eût eu quelque méfiance à l’égard de Dieu, il commença de séparer en deux bandes tous les siens afin que, si Ésaü en frappait une, l’autre pût se sauver. Alors, en dernier lieu, il pensa à exposer à Dieu sa misère, sa faiblesse et à Lui rappeler ses promesses. Mais ensuite, au lieu d’attendre avec foi et confiance, il continua à faire toutes sortes d’arrangements pour échapper. Il envoya devant lui de riches présents à son frère, en les partageant et en mettant de la distance entre chaque présent afin, pensait-il, que la colère de son frère eût le temps de s’apaiser. Puis Jacob se leva cette nuit, prit ses deux femmes, ses deux servantes et ses onze enfants et leur fit passer le gué de Jabbok. Il fit aussi passer tout ce qu’il avait, restant seul en arrière. Alors Dieu vint à lui comme un homme et lutta avec lui jusqu’à ce que l’aube du jour soit levée.

Dieu voulait abattre Jacob, lui apprendre à se soumettre en renonçant à sa propre volonté. Mais Jacob tenait beaucoup à sa volonté et résistait à Dieu. Alors Dieu, voyant qu’il ne voulait pas céder, lui toucha la hanche et le rendit boiteux.

— Pourquoi Dieu rendit-Il Jacob boiteux ?

— Pour l’obliger à reconnaître la puissance de Dieu et sa propre faiblesse, afin qu’il en gardât toute sa vie le souvenir et qu’il se vît contraint de chercher sa force en Dieu et non plus en lui-même. — Si un petit enfant qui marche juste voulait courir tout seul au lieu de prendre la main de sa mère, que lui arriverait-il ?

— Il tomberait et se ferait peut-être mal.

— C’est probable. Ne serait-il pas heureux de reprendre alors la main de sa mère ?

— Oh, oui ! Et il ne voudrait plus la lâcher. Je comprends ce que tu veux dire : Jacob devait toujours se rappeler qu’il ne pouvait se passer de Dieu.

— Il le comprit alors. Il sentit son impuissance et dit à Dieu : « Je ne te laisserai point aller sans que tu m’aies béni » (Gen. 32:26). Dieu le bénit en effet et lui dit : « Ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël ». Dieu mettait de côté et voulait oublier le rusé Jacob. C’est pourquoi il lui donne un nouveau nom bien plus beau que le premier. Jacob veut dire « qui prend par le talon » ou « qui supplante », tandis que Israël signifie « prince avec Dieu ». Dieu bénit donc Jacob qui nomma ce lieu Péniel ; « car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été délivrée ». Péniel veut dire « la face de Dieu ».

L’histoire de Jacob nous apprend que nous devons renoncer à notre propre volonté et ne pas compter sur nous-mêmes mais sur Dieu seul. Quand nous avons appris que nous sommes si faibles que nous ne pouvons rien par nous-mêmes, c’est alors que nous sommes forts parce que la puissance de Dieu se déploie dans notre infirmité. — Jacob après cela leva les yeux et vit Ésaü approchant avec quatre cents hommes. Il partagea ses enfants en trois bandes, en donna une aux servantes, l’autre à Léa, et fit marcher les derniers Rachel et Joseph parce qu’il les aimait le plus, et il pensait qu’ils seraient ainsi plus en sûreté. Nous voyons toujours là son même caractère ; si Dieu les gardait, Jacob devait avoir la confiance qu’Il le ferait parfaitement. Ensuite Jacob lui-même passa le premier, et se prosterna en terre sept fois devant Ésaü. Mais celui-ci courut vers son frère, l’embrassa et, se jetant à son cou, le baisa, et ils pleurèrent.

— Ils se repentaient sans doute tous les deux d’avoir été ennemis l’un de l’autre. Ésaü oubliait ce que Jacob lui avait fait.

— Dans sa bonté, Dieu avait apaisé son cœur envers son frère. Il demanda avec intérêt à Jacob quel était tout ce monde qui était avec lui. « Ce sont les enfants » dit Jacob, « que Dieu a donnés à ton serviteur ». Et tous vinrent, tour à tour, se prosterner devant Ésaü. Celui-ci demanda aussi pourquoi il avait envoyé tant de troupeaux à sa rencontre. Jacob répondit : « C’est pour trouver grâce aux yeux de mon seigneur ». Et Ésaü dit : « J’ai [de tout] en abondance, mon frère ; que ce qui est à toi soit à toi ». Mais Jacob le pressa tant qu’il le prit.

Ésaü voulait accompagner son frère ; mais Jacob s’y refusa en disant que les enfants étaient trop jeunes et qu’il avait trop de troupeaux pour voyager vite, mais qu’il suivrait Ésaü tout doucement. Ils se séparèrent donc et Ésaü retourna chez lui à Séhir.

 

14.6                      Chapitres 33 (v 17-20) ; 34 et 35 — Jacob en Canaan

 

Jacob alla-t-il chez son frère Ésaü ?

— Non, il alla d’abord dans un endroit nommé Succoth où il se bâtit une maison et fit des cabanes pour son bétail. Puis il arriva sain et sauf à la ville de Sichem, au pays de Canaan, et se campa devant la ville. Aux enfants de Hamor, père de Sichem, il acheta pour cent pièces d’argent une portion du champ où il avait dressé sa tente ; et il éleva là un autel qu’il appela « El — Élohé — Israël » ce qui signifie « Dieu, le Dieu d’Israël ».

— Jacob faisait-il bien d’acheter ainsi du terrain au pays de Canaan ? Abraham ne le fit que pour enterrer Sara.

— Je ne crois pas que Jacob fit bien de vouloir s’établir dans un endroit où il n’aurait dû être qu’étranger et voyageur, comme l’avait été Abraham. Mais Jacob pensait à lui-même bien plus qu’à Dieu. Il se figurait peut-être qu’en achetant ainsi une terre il se ferait bien voir des habitants du pays, et que l’on ne penserait pas à l’en chasser. Mais ainsi commencèrent, entre ses enfants et les Sichémites, des relations qui eurent des suites extrêmement fâcheuses. Ses fils, et en particulier Siméon et Lévi, se livrèrent à la violence et exercèrent une barbare vengeance contre les Sichémites, et Jacob leur dit : « Vous m’avez troublé, en me mettant en mauvaise odeur auprès des habitants du pays, les Cananéens et les Phéréziens, et moi je n’ai qu’un petit nombre d’hommes ; et ils s’assembleront contre moi, et me frapperont, et je serai détruit, moi et ma maison » (Genèse 34:30). Voilà ce que ce pauvre Jacob avait gagné en s’établissant au milieu des méchants. Au lieu d’en être respecté comme l’avait été Abraham, il est réduit à les craindre à cause de la mauvaise conduite de ses enfants.

— Cela ressemble un peu à Lot au milieu de Sodome, n’est-ce pas ?

— En effet. Seulement Lot avait choisi sa demeure au milieu des méchants, tandis que Jacob était bien au pays que Dieu lui assignait. Mais il ne restait pas séparé des méchants comme il l’aurait dû, et ne préservait ni lui ni sa famille de leur contact et de leur amitié.

— Dieu punit-il Jacob comme Lot ?

— Dieu eut pitié de lui et ne l’abandonna pas, selon sa promesse d’être partout avec lui. Il le tira même du mal et des conséquences fâcheuses que sa conduite aurait pu avoir. Il lui dit : « Lève-toi, monte à Béthel, et habite là, et fais-y un autel au Dieu qui t’apparut comme tu t’enfuyais de devant la face d’Ésaü, ton frère » (Gen. 35:1).

— C’est là que Jacob eut un songe et vit l’échelle qui allait de la terre au ciel. C’est là que Dieu lui parla et que Jacob fit un vœu.

— Jacob aurait dû y retourner quand il vit les anges venir à sa rencontre, au lieu d’aller s’établir à Sichem. Il aurait dû se souvenir avec gratitude de toutes les promesses que Dieu lui avait faites et qu’Il avait si fidèlement tenues. Maintenant Jacob se rappelle que Béthel est la maison de Dieu et que, pour rencontrer Dieu, il ne faut pas qu’il y ait dans sa maison des choses mauvaises. Il recommande donc à sa famille et à tous ceux qui étaient avec lui de se purifier, d’ôter tous les faux dieux et de changer de vêtements, afin d’aller à Béthel pour adorer Dieu. Rachel avait emporté les idoles de chez son père Laban ; et, en vivant si intimement avec les Cananéens, les personnes de la maison et de la famille de Jacob ne pouvaient pas sentir le mal qu’il y avait à conserver les faux dieux. C’était la conséquence de leur association avec les méchants. Quand on vit avec le monde, on garde facilement dans son cœur des choses qui ne conviennent pas à la présence de Dieu. C’est pourquoi l’apôtre Jean, après avoir dit dans un endroit : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2:15), ajoute plus loin : « Enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21). Jacob, jusqu’alors, avait laissé tout ce mal chez lui, sans s’en apercevoir ou bien en fermant les yeux. Quel contraste avec Abraham dont les serviteurs mêmes craignaient l’Éternel ! Mais au moment où Jacob va rencontrer Dieu, il comprend que les idoles ne peuvent rester dans sa maison. « Quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Cor. 6:16), a dit l’apôtre Paul. Jacob purifie donc tout chez lui ; et les personnes de sa maison lui donnèrent tous les dieux des étrangers, et les bagues qui étaient à leurs oreilles, et il les cacha sous un chêne, près de Sichem ; puis ils partirent.

— Les habitants du pays ne leur firent-ils rien ?

— La frayeur de Dieu fut sur les villes des environs, tellement qu’ils ne poursuivirent pas les enfants de Jacob. Quand ils furent arrivés à Béthel, Jacob bâtit un autel au Dieu fort de Béthel, et Dieu lui apparut et le bénit et lui dit : « Ton nom est Jacob ; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom ». Dieu lui dit aussi : « Je suis le Dieu Tout-puissant ; fructifie et multiplie ; une nation, et une multitude de nations, proviendra de toi ; et des rois sortiront de tes reins. Et le pays que j’ai donné à Abraham et à Isaac, je te le donnerai, et je donnerai le pays à ta semence après toi. Et Dieu monta d’auprès de lui, dans le lieu où il avait parlé avec lui » (35:11-13). Et Jacob dressa, au lieu où l’Éternel lui avait parlé, une pierre pour monument, et il y versa de l’huile.

— N’est-ce pas la seconde fois que Dieu lui donne le nom d’Israël ?

— Oui, mais l’ancien nom de Jacob restait encore attaché à lui. Il n’avait pas agi comme un « prince avec Dieu ».

— Isaac vivait-il encore ? Jacob n’était-il pas allé le voir ?

— Nous en parlerons bientôt. Ils partirent de Béthel, et n’étaient plus loin d’Éphrath, quand Dieu accorda à Rachel un second fils que son père nomma Benjamin ; mais elle fut très malade et mourut là. Jacob l’ensevelit au chemin d’Éphrath, qui est Bethléhem, et dressa sur la tombe un monument. Combien de fils avait alors Jacob ?

— Douze, puisqu’il en avait déjà onze lorsqu’il quitta Laban.

— Ruben était le premier-né, et c’est à lui par conséquent qu’appartenait le droit d’aînesse ; mais il pécha gravement contre son père de sorte que le droit d’aînesse, ainsi que nous le verrons plus tard, lui fut ôté et donné à Joseph, le fils aîné de Rachel (1 Chron. 5:1-2). Ensuite Jacob vint auprès de son père Isaac à Hébron, dans les plaines de Mamré, là où Abraham et Isaac avaient demeuré comme étrangers. Isaac vécut jusqu’à l’âge de cent quatre-vingts ans ; puis il mourut, et ses fils Ésaü et Jacob l’ensevelirent dans la caverne du champ de Macpéla.

 

14.7                      Chapitre 36 — La postérité d’Ésaü

 

Nous avons terminé l’histoire d’Isaac. Il avait hérité de toutes les belles promesses que Dieu avait faites à son père Abraham, mais comme lui il n’en jouissait que par la foi, car il demeura toujours comme étranger en Canaan. Qui devint, après Isaac, l’héritier des promesses ?

— C’est Jacob qui a eu la première bénédiction, n’est-ce pas ?

— Tu as raison. Aussi Dieu nous donne-t-il l’histoire de Jacob dans le reste du premier livre de la Bible. Il y est surtout question de Joseph, le fils aîné de Rachel. Mais avant de commencer à t’en parler, il faut que je te dise quelque chose d’Ésaü.

— Ésaü et Jacob vécurent-ils ensemble après la mort d’Isaac ?

— Non. Ésaü ne se souciait pas de vivre en étranger, il préférait s’établir sur la terre. Outre les deux femmes cananéennes qu’il avait déjà, il prit aussi une fille d’Ismaël. Étant devenu très riche, il prit ses femmes, ses fils et ses filles, et toutes les personnes de sa maison, tous ses troupeaux et ses bêtes, et le bien qu’il avait acquis au pays de Canaan, et il s’en alla dans un autre pays, loin de Jacob, son frère. Car leurs biens étaient si grands, qu’ils n’auraient pas pu rester ensemble ; le pays où ils demeuraient comme étrangers n’auraient pas pu les contenir à cause de leurs troupeaux. Ainsi Ésaü habita en la montagne de Séhir.

— Est-ce bien loin du pays de Canaan ?

— Non. C’est à côté, vers le sud. Ce pays avait déjà des habitants. Les enfants d’Ésaü se mélangèrent bientôt avec eux et ils ne formèrent qu’un seul peuple qu’on appela Édomites ou Iduméens, du mot « Édom » qui est un autre nom pour Ésaü. Ils s’établirent des ducs ou conducteurs, et ensuite des rois, avant qu’il y en eût chez les enfants d’Israël. Plus tard, les Édomites devinrent les adversaires acharnés des Israélites, se mettant toujours du côté de leurs ennemis quand l’occasion s’en présentait, et se réjouissant du mal qui leur arrivait. Aussi Dieu parle-t-Il souvent d’eux par ses prophètes et Il déclare qu’Il les détruira complètement. Toutefois, pendant longtemps, la Bible ne parle point d’eux.

— Jacob resta-t-il toujours en Canaan ?

— Pas toujours, comme nous le verrons plus tard. Plusieurs circonstances, en particulier ce qui arriva à son fils Joseph, l’engagèrent à quitter le pays. Dieu a permis que Jacob moissonnât, jusqu’à la fin de ses jours, les fruits de son impatience. Il dut quitter le pays de la promesse une première fois pour se sauver de devant Ésaü. C’est loin du pays qu’il a trouvé ses femmes et que presque tous ses enfants sont nés. Enfin, c’est loin du pays qu’il est mort. Toutes ces choses doivent nous servir d’avertissement et nous faire comprendre qu’il faut nous attendre à Dieu plutôt que de vouloir tout arranger nous-mêmes.

— J’ai bien de la peine à comprendre cela. Je ne puis pourtant pas rester sans rien faire et attendre que Dieu fasse tout.

— Ton devoir envers moi n’est-il pas d’obéir et de faire les choses que je te commande, non comme tu l’entends et quand tu veux mais de la manière et au temps que je t’ai dit ? Il en est de même quant à Dieu. Nous ne devons rien faire sans son ordre. Dieu avait dit que Jacob aurait le premier rang, mais Il n’avait pas dit à Jacob de faire quoi que ce soit pour y arriver. Jacob devait donc attendre que Dieu accomplît sa parole, et ne pas employer la ruse pour obtenir le droit d’aînesse et la bénédiction. Maintenant dis-moi : quelle différence vois-tu entre la vie d’Isaac et celle de Jacob ?

— Isaac ne quitta jamais le pays de Canaan. Quand il s’agit pour lui de prendre une épouse, son père Abraham envoya un serviteur en chercher une.

— Précisément. Isaac était d’une manière toute spéciale le type de « la semence » en qui toutes le nations de la terre devaient être bénies. Aussi Dieu le bénit-il dans le pays où il demeurait comme étranger et lui donna de très grands biens.

— Jacob avait de bien plus grandes difficultés qu’Isaac. Celui-ci était seul tandis que Jacob pensait qu’Ésaü, étant l’aîné, allait avoir les bénédictions et la promesse.

C’est vrai. Cependant les difficultés ne doivent jamais être un obstacle qui nous empêche d’être soumis à Dieu. Rébecca et Jacob auraient dû se rappeler qu’Il est tout puissant pour faire ce qu’Il a dit et qu’Il n’a pas besoin de l’homme. La foi croit ce que Dieu dit et reste tranquille en attendant qu’Il accomplisse ses desseins de grâce. Ceux qui s’attendent ainsi à Lui ne sont jamais confus.

— Je connais maintenant bien des personnes de la Bible. Mais entre tous, c’est Abraham que je préfère.

— Connais-tu aussi le Dieu qu’Abraham aimait ? Il ne faut pas oublier que c’est Lui que nous devons chercher et apprendre à connaître dans ces récits que son Esprit nous a conservés ? C’est dans ce but qu’Il nous les a donnés.

— Dieu nous aime car Il est amour, et c’est près de Lui seul que l’on est heureux comme Abraham l’a été.

 

 

15                  Genèse 37 à 50 — Histoire de Jacob et Joseph

Joseph, type de Christ dans l’humiliation et dans la gloire

 

15.1                      Chapitres 45:25-28 ; 46 à 48 — Israël vient en Égypte — Il bénit les deux fils de Joseph

 

Jacob ne fut-il pas très heureux lorsqu’il revit ses fils et qu’ils lui apprirent que Joseph vivait encore ?

— Pas d’abord. Ils lui dirent : « Joseph vit encore ; et même c’est lui qui gouverne tout le pays d’Égypte ». Mais il ne les croyait pas. Quand ils lui eurent dit toutes les paroles de Joseph, et qu’il vit les chariots envoyés pour le porter, l’esprit lui revint et il dit : « C’est assez ! Joseph mon fils vit encore ; j’irai, et je le verrai avant que je meure ». Israël partit donc avec tout ce qui lui appartenait et vint à Beër-Shéba où il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac.

— Pourquoi donc Jacob s’arrête-t-il d’abord là, au lieu d’aller tout de suite en Égypte ?

— Il avait appris à ne plus marcher selon sa propre volonté, mais à attendre celle de Dieu. Isaac avait longtemps vécu à Beër-Shéba où il avait bâti un autel, et c’est là qu’Israël voulait aller pour invoquer le nom de l’Éternel, lui rendre grâces et apprendre quelle était sa volonté. Dieu répond à ses sacrifices. « Et Dieu parla à Israël dans les visions de la nuit, et il dit : Jacob ! Jacob ! Et il dit : Me voici. Et il dit : Moi, je suis Dieu, le Dieu de ton père : ne crains pas de descendre en Égypte ; car je t’y ferai devenir une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte, et moi je t’en ferai aussi certainement remonter ; et Joseph mettra sa main sur tes yeux (46:2-4). Jacob, après ces paroles, pouvait partir sans crainte et descendre dans ce pays d’Égypte où Dieu avait autrefois défendu à Isaac d’aller.

— Il devait être bien impatient d’arriver et de voir son fils.

— Sans doute, mais, avant tout, il avait besoin de la bénédiction de Dieu. Les enfants d’Israël firent monter leur père, leurs femmes et leurs petits enfants sur les chariots que Pharaon avait envoyés.

— Étaient-ils bien nombreux ?

— Les fils de Jacob et leurs enfants étaient au nombre de soixante-six personnes, sans compter les femmes de ses fils et leurs filles. Puis il emmenait de très grands troupeaux, et sans doute beaucoup de serviteurs.

— Léa, l’autre femme de Jacob vint-elle avec lui en Égypte ?

— Elle était morte en Canaan et avait été ensevelie dans la caverne du champ de Macpéla. Jacob donc étant parti avec tout son monde, envoya devant lui Juda pour dire à Joseph de venir le rencontrer dans la contrée de Goshen. Joseph fit atteler son char et alla au devant d’Israël, son père. Quand il le vit, il se jeta à son cou et y pleura longtemps. Et Israël dit à Joseph : « Que je meure à présent, après que j’ai vu ton visage, puisque tu vis encore ».

— Jacob est consolé après tant de jours de tristesse.

— Les jours de l’épreuve avaient été bénis pour lui. Après avoir été châtié, son cœur s’était soumis, et Dieu lui donne du soulagement. Dieu veut amener les siens à dépendre entièrement de Lui. S’ils résistent, Il permet que des afflictions les frappent jusqu’à ce qu’ils reconnaissent leur erreur. Mais c’est toujours un Père qui châtie, et les longues épreuves de Jacob aboutissent enfin à lui faire voir la gloire de Joseph. Avec quelle sagesse merveilleuse Dieu a tout conduit ! Jacob soumis, ses fils repentants, Joseph élevé et marchant dans la piété, voilà les effets de la grâce : c’est ainsi que Dieu fait tout concourir à sa gloire.

Pour amener tout cela, Il agit par sa puissance. Il avait d’abord envoyé la famine ; puis Il disposa le cœur du roi d’Égypte à recevoir avec bonté Jacob et sa famille. Les hommes voient tous les évènements qui se passent autour d’eux sans savoir pourquoi ils ont lieu, mais les enfants de Dieu, éclairés par sa Parole, savent que c’est Lui qui dirige toutes choses avec sagesse vers un but qui est sa gloire. Il avait dit à Abraham que sa postérité irait en Égypte. Cela arrive de manière à exercer Jacob, à mettre en évidence la grâce de Dieu en Joseph, à glorifier le vrai Dieu devant les idolâtres, et à toucher le cœur des frères de Joseph, si durs d’abord.

— C’est en effet merveilleux de voir de quelle manière Dieu agissait.

— Il est bon que nous discernions les voies de Dieu et que nous sachions que c’est Lui qui dirige tout. Ce qu’Il a fait pour sauver les frères de Joseph et les Égyptiens, n’est qu’une faible image de ce qu’Il a accompli par son Fils bien-aimé, faisant tout servir pour ses desseins d’amour envers le peuple d’Israël et le monde. Et ce même Dieu fait aussi concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment.

— Joseph fit-il connaître son père et ses frères à Pharaon ?

—Oui. Il annonça d’abord leur arrivée au roi. Puis il prit cinq de ses frères pour les lui présenter. Pharaon leur demanda quel était leur métier. Ils répondirent : Tes serviteurs sont bergers, comme l’ont été nos pères ; et ils demandèrent au roi de pouvoir rester dans le pays de Goshen où il y avait des pâturages pour leurs nombreux troupeaux. Pharaon le leur accorda, et dit à Joseph que si, parmi eux, il y avait des gens capables, il devait les établir pasteurs sur les troupeaux royaux. Ensuite Joseph amena Jacob son père, et le présenta à Pharaon. Jacob bénit le roi qui lui dit : « Combien sont les jours des années de ta vie ? Et Jacob dit au Pharaon : Les jours des années de mon séjournement sont cent trente ans ; les jours des années de ma vie ont été courts et mauvais, et ils n’ont pas atteint les jours des années de la vie de mes pères, dans les jours de leur séjournement » (47:8-9).

— Que veut dire Jacob par « séjournement » ?

— Séjournement ou pèlerinage. Un pèlerin est quelqu’un qui va de lieu en lieu sans avoir de demeure fixe. Jacob non seulement avait été voyageur en Canaan, mais par deux fois il avait été obligé de quitter le pays de la promesse.

— Jacob dit que ses jours ont été courts, c’est pourtant être bien vieux que d’avoir cent trente ans.

— Pour nous c’est bien vrai, mais il parle en comparaison de la longue vie d’Abraham et d’Isaac. Cependant, bien que ses épreuves aient été si nombreuses, maintenant il était heureux et pouvait bénir Pharaon.

— Cela devait sembler étrange à Pharaon qu’un simple berger le bénisse !

— Quoique Jacob ne fût qu’un berger, il était un serviteur du vrai Dieu qui est le Roi des rois, tandis que le puissant roi d’Égypte était un idolâtre. C’est donc à juste titre que Jacob avait la conscience d’être bien au-dessus de Pharaon, et voilà pourquoi il le bénit. « Sans contredit, le moindre est béni par celui qui est plus excellent » (Héb. 7:7). Peut-être aussi Dieu le conduisait à témoigner ainsi sa reconnaissance envers le roi qui avait fait du bien à son fils. Dieu récompense toujours les services rendus aux siens, comme nous le voyons dans ce qui arrivera au jour où le Seigneur Jésus viendra dans sa gloire. Il dira à ceux qui auront pitié de ses frères : « Venez, les bénis de mon Père » (Matthieu 25:34). Mais aussi Il punira Lui-même le mal fait à ses serviteurs.

Joseph prit grand soin de son père et de toute sa famille, et leur donna du pain en abondance pendant la famine.

— Et les Égyptiens, que firent-ils ?

— La famine augmentait toujours. Le peuple avait d’abord acheté du blé pour son argent. Lorsque l’argent vint à manquer, les Égyptiens dirent à Joseph : Donne-nous du pain, car pourquoi mourrions-nous devant tes yeux parce que l’argent a manqué ? Joseph leur répondit : Donnez votre bétail, et je vous donnerai du blé pour votre bétail puisque l’argent a manqué. Joseph les nourrit toute une année pour leur bétail. L’année suivante, le peuple dit à Joseph : Il ne nous reste plus rien devant mon seigneur que nos corps et nos terres. Achète-nous et nos terres pour du pain. Nous serons esclaves de Pharaon et nos terres seront à lui. Joseph les acquit ainsi avec leurs terres, puis il leur donna du blé pour ensemencer leurs terres, et il leur dit que désormais la cinquième partie de la récolte serait pour Pharaon, et qu’eux garderaient le reste pour leur nourriture et celle de leur famille. Les Égyptiens reconnaissants dirent à Joseph : Tu nous as sauvé la vie.

Joseph était fidèle envers son maître. Dieu lui avait donné son Esprit, et il dirigea avec ordre et sagesse ce qui lui était confié, tout en conservant la vie au peuple. Voilà ce que sera un jour toute la terre quand notre bien-aimé Seigneur y règnera. Il sera la joie et la gloire de son peuple d’Israël, la lumière et la vie des nations.

— Que fit Jacob quand les années de famine furent passées ? Retourna-t-il en Canaan.

— Dieu ne lui dit pas ; il resta donc en Égypte où il vécut encore 17 ans. Lorsqu’il sentit approcher le moment de sa mort, il demanda Joseph et lui fit promettre de ne pas l’enterrer en Égypte, mais de transporter son corps au pays de Canaan pour l’ensevelir dans le sépulcre de ses pères.

— Pourquoi désirait-il cela ?

— Parce qu’il aimait la terre promise. L’Égypte, pour lui, n’était qu’une terre étrangère, car il croyait que la promesse faite par Dieu à lui et à ses pères de leur donner la terre de Canaan, s’accomplirait certainement. Cette demande qu’il faisait à Joseph était un témoignage de sa foi. Joseph lui dit : « Je ferai selon ta parole. Et Jacob dit : Jure-le-moi. Et il le lui jura. Et Israël se prosterna sur le chevet du lit ». Il adora Dieu qui l’avait gardé avec tant de fidélité et qui accomplissait tous ses desseins.

Après ces choses, on vint dire à Joseph que son père était malade. Joseph prit ses deux fils, Manassé et Éphraïm, et se rendit auprès de son père. Israël était très faible, mais quand on lui dit que Joseph venait, il s’efforça de s’asseoir sur son lit. Puis il dit à Joseph : « Le Dieu Tout-puissant m’est apparu à Luz, dans le pays de Canaan, et il m’a béni, et m’a dit : Voici, je te ferai fructifier et je te multiplierai, et je te ferai devenir une assemblée de peuples, et je donnerai ce pays à ta semence, après toi, en possession perpétuelle. Et maintenant, tes deux fils qui te sont nés dans le pays d’Égypte, avant que je vinsse vers toi en Égypte, sont à moi : Éphraïm et Manassé sont à moi comme Ruben et Siméon » (48:3-5).

— Que voulait-il dire par là ?

— Que les enfants de Joseph seraient comptés comme étant ses propres enfants, et auraient chacun leur héritage avec ses autres fils. Il voulait dire que comme fils de Joseph, ils jouiraient du droit d’aînesse que Ruben avait perdu par sa conduite. Israël, apercevant les fils de Joseph demanda qui ils étaient. Joseph répondit : « Ce sont mes fils, que Dieu m’a donnés ici. Et il dit : Amène-les-moi, je te prie, et je les bénirai. Or les yeux d’Israël étaient appesantis de vieillesse ; il ne pouvait voir. Et [Joseph] les fit approcher de lui, et il les baisa et les embrassa. Et Israël dit à Joseph : Je n’avais pas pensé voir ton visage ; et voici, Dieu m’a fait voir aussi ta semence ». Alors Joseph se prosterna la face contre terre. Il adora en pensant à l’amour et à la bonté que Dieu lui avait témoignés durant sa vie entière.

— Jacob et Joseph pensent toujours à Dieu dans tout ce qui leur arrive. Je suis bien loin de faire comme eux !

— Ils marchaient par la foi devant la face de Dieu, et nous devrions en effet les imiter, car c’est Dieu qui dirige tout, donne tout, prend soin de tout, et, si nous le considérions dans toutes nos voies, nous serions plus sages et plus heureux. Joseph fit approcher ses enfants afin qu’Israël les bénît, et plaça Éphraïm le plus jeune à la gauche de son père, et Manassé l’aîné à la droite.

— Pourquoi cela ?

— Pour qu’Israël pose sa main droite sur l’aîné et sa gauche sur le cadet. Tu sais que la droite est la place d’honneur. Mais Israël avança sa main droite et la mit sur Éphraïm, et sa main gauche sur celle de Manassé, transposant ainsi ses mains de propos délibéré. Et il bénit Joseph en disant : « Que le Dieu devant la face duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, le Dieu qui a été mon berger depuis que je suis jusqu’à ce jour, l’Ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes hommes ; et qu’ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu’ils croissent pour être une multitude au milieu du pays ».

— Que signifie ces paroles de Jacob : le Dieu qui a été mon berger, et comment peut-il dire que c’est un ange qui l’a délivré ?

— Dieu, comme aussi le Seigneur Jésus Christ, est souvent comparé à un berger pour exprimer le soin qu’Il prend des siens et la protection dont Il les entoure. C’est Dieu qui protégeait et qui délivrait Jacob, et qui l’avait béni ; mais Dieu se faisait représenter par l’Ange de l’Éternel.

Quand Joseph vit qu’Israël mettait Éphraïm à la première place, il en eut du déplaisir, il crut que son père se trompait, et voulut soulever sa main droite pour la placer sur la tête de Manassé en disant : Celui-ci est l’aîné. Mais son père répondit : « Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi deviendra un peuple, et lui aussi sera grand ; toutefois son frère qui est le plus jeune, sera plus grand que lui, et sa semence sera une plénitude de nations. Et il les bénit ce jour-là, disant : En toi Israël bénira, disant : Dieu te rende tel qu’Éphraïm et que Manassé ! Et il mit Éphraïm, avant Manassé ».

— Pour quelle raison Éphraïm fut-il préféré à Manassé ?

— Dieu qui, par son Esprit, avait conduit Israël à faire cela, montrait qu’Il agit sur un principe de grâce, non selon les avantages naturels qu’un homme peut avoir mais selon les desseins de sa bonté et de sa sagesse infinies. Tel avait été aussi le cas de Jacob. Israël dit ensuite à Joseph : « Voici, je meurs ; et Dieu sera avec vous, et vous fera retourner dans le pays de vos pères. Et moi, je te donne, de plus qu’à tes frères, une portion que j’ai prise de la main de l’Amoréen avec mon épée et mon arc ». Il exprime ainsi de nouveau la foi qu’il avait en l’accomplissement des promesses de Dieu. Il donne à son fils chéri une portion de plus, qu’il avait conquise et qui lui appartenait déjà, comme des gages de l’héritage que ses descendants possèderaient. Cette partie du pays était Sichem qui, en effet, fut dans le lot assigné plus tard aux enfants d’Éphraïm.

 

15.2                      Chapitre 49 — Jacob bénit ses fils – Sa mort

 

Jacob n’a-t-il béni que Joseph et ses fils ?

— Il bénit aussi ses autres enfants. Il les fit appeler et leur dit : « Assemblez-vous, et je vous ferai savoir ce qui vous arrivera à la fin des jours. Réunissez-vous, et écoutez, fils de Jacob ; écoutez Israël, votre père ». Il bénit alors chacun d’eux en particulier de la bénédiction qui lui était propre ; mais il s’arrêta surtout sur les noms de Juda et de Joseph. Bien qu’il s’agisse particulièrement de bénédiction dans les dernières paroles que Jacob adresse à ses enfants, il ne leur cache cependant ni ses sentiments quant à leur conduite passée, ni ce qui devait leur arriver s’ils négligeaient, à l’avenir, de marcher selon les commandements de Dieu. C’est ainsi qu’il rappelle, avec douleur sans doute, le péché qui priva Ruben du droit d’aînesse, et la violence de Siméon et de Lévi. Il aurait eu encore bien d’autres choses tristes à dire sur les infidélités de ses enfants. Mais, se détournant de ces pensées pénibles, son cœur se réfugie avec bonheur auprès de l’Éternel dont il avait appris, dans sa longue vie, à connaître la grâce et la fidélité. Il savait ce que Dieu avait été pour lui, malgré ses manquements, et il avait l’assurance qu’Il serait de même pour ses enfants, et que, dans quelque condition qu’ils se trouveraient, l’Éternel les délivrerait. Aussi s’écrie-t-il au milieu de son discours : « J’ai attendu ton salut, ô Éternel ! » (v 18). C’est la première fois que nous rencontrons dans la Bible le mot « salut », et j’aimerais que tu saisisses bien le sens de cette expression car Dieu n’emploie jamais un mot au hasard.

— Cela ne veut-il pas dire quelque chose comme ce qui arriva, par exemple, à Noé et à Lot qui furent sauvés l’un du déluge et l’autre du feu ?

— Non. Le mot « salut » ne s’applique pas à la délivrance dont ils furent les objets. Il est employé lorsqu’il s’agit de faire sortir quelqu’un d’une position désespérée, et de plus il renferme l’idée de rédemption, c’est à dire que Dieu a acquis la personne sauvée et que, dès lors, elle lui appartient. Par les soins de Dieu, Noé et Lot furent placés à l’avance en dehors de la destruction qui allait fondre sur le monde. Or ce n’est pas là le salut proprement dit. Mais Jacob, par l’esprit de prophétie, entrevoit un salut qui viendrait de l’Éternel pour ses descendants, alors qu’ils seraient dans une condition dont rien ne pourrait les délivrer. La Parole de Dieu ne mentionne le fait que lorsqu’ils eurent été tirés du pays d’Égypte, comme nous le verrons plus tard. Pour le moment, je désire que tu comprennes bien l’expression dont Jacob se sert. Tu sais quel est Celui d’où vient pour nous le salut ?

— Oui, c’est Jésus.

— Tu dis bien. En annonçant sa naissance, l’ange dit : « Tu appelleras son nom Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés » (Matthieu 1:21). Il explique ainsi bien clairement le nom du Sauveur. Puisses-tu connaître pour toi-même le Seigneur Jésus et la merveilleuse délivrance qu’Il est venu apporter aux pécheurs ! Continuons maintenant notre récit.

— Pourquoi Jacob bénit surtout Juda et Joseph ?

— Tous deux étaient particulièrement des types de Christ. Juda l’était comme roi. Jacob dit de lui : « Toi, Juda, tes frères te loueront…Les fils de ton père se prosterneront devant toi » (49:8). Il le compare à un lion et dit que le sceptre, c’est à dire la royauté, ne sortira point de Juda. Enfin il parle d’un des descendants qui devait dominer un jour en paix sur toute la terre. Or la Parole de Dieu nous apprend que de la tribu de Juda est sorti David, le roi selon le cœur de Dieu, et c’est de lui qu’est descendu le Seigneur Jésus Christ. Dans le dernier livre de la Bible, Jésus est appelé le lion de la tribu de Juda (Apoc. 5:5), et l’un des prophètes nous montre le Seigneur Jésus parlant de paix aux nations et dominant d’une mer à l’autre (Zach. 9:10). Maintenant rappelle-moi en quoi Joseph était un type de Christ.

— Joseph fut haï et rejeté par ses frères comme Jésus le fut par les Juifs. Il souffrit beaucoup, mais ensuite il fut élevé à une position très glorieuse. Ainsi Jésus, après sa mort, est ressuscité, et Dieu l’a fait asseoir à sa droite. Puis Joseph, par le crime même de ses frères, devint leur sauveur ; et c’est ainsi que Jésus, crucifié par les mains des méchants, est le Sauveur de tous ceux qui croient en Lui. Joseph domina sur toute l’Égypte, et Jésus règnera sur toute la terre.

— C’est bien. La bénédiction prononcée sur Joseph rappelle les faits de sa vie. Israël parle des souffrances de Joseph et le nomme « nazaréen », c’est à dire séparé d’entre ses frères. Puis il dit que malgré tout ce qu’on a fait contre lui, sa force loin d’être abattue s’est au contraire accrue, parce que le Dieu puissant le fortifiait, de sorte qu’il a été le pasteur et la pierre d’Israël ; c’est à dire celui qui a protégé, nourri et sauvé ses frères. Enfin il lui annonce des bénédictions éternelles. Quel tableau frappant de tout ce qui concerne Jésus !

— Un jour, Jésus sera le Sauveur des pauvres Juifs.

— En attendant, Il sauve tous ceux qui viennent à Lui, et ceux-là auront part à sa gloire. Lorsque Israël eut béni tous ses fils, il leur dit : « Je suis recueilli vers mon peuple ; enterrez-moi auprès de mes pères, dans la caverne qui est dans le champ d’Éphron, le Héthien, dans la caverne qui est dans le champ de Macpéla, qui est en face de Mamré, au pays de Canaan, et qu’Abraham acheta d’Éphron, le Héthien, avec le champ, pour la posséder comme sépulcre : là on a enterré Abraham et Sara, sa femme ; là on a enterré Isaac et Rebecca, sa femme ; et là j’ai enterré Léa ». Quand Jacob eut achevé de donner ses commandements à ses fils, il retira ses pieds dans le lit et expira. Il avait 147 ans.

— Jacob a fini par être très heureux, n’est-ce pas ?

— Oui, après beaucoup de difficultés amenées par sa propre volonté, et beaucoup d’épreuves que Dieu permit pour le vaincre et lui apprendre à se soumettre, il sut enfin placer en Dieu toute sa confiance et s’attendre uniquement à Lui. Son cœur fut alors rempli de la bonté de Dieu à son égard. Il reconnut la fidélité de Celui qui lui avait parlé du haut de l’échelle en lui disant : « Je ne te laisserai point », et qui, malgré ses fautes, avait été avec lui jusqu’au bout de sa carrière. Aussi ses dernières paroles à ses fils exprimèrent-elles sa foi en la promesse de Dieu.

 

15.3                      Chapitre 50 — Joseph ensevelit son père — Ses derniers jours

 

Joseph fut bien affligé quand son père mourut. C’est toujours bien douloureux d’être séparé de ceux que l’on aime. Il se jeta sur le visage de son père, pleura sur lui et le baisa. Puis il commanda à ceux de ses serviteurs qui étaient médecins d’embaumer le corps de son père, et les médecins embaumèrent Israël.

— Que veut dire cela : embaumer un corps ?

— C’était une opération par laquelle on mettait le corps en état d’être conservé. On sortait le cerveau de la tête et on le remplaçait par certaines drogues. Par une ouverture pratiquée dans le côté on enlevait les entrailles qu’on lavait dans du vin de palmier. Puis tout le corps était oint avec différents parfums et placé dans de sel de nitre durant un certain nombre de jours. Après cela, il était enveloppé de bandelettes de lin trempées dans de la myrrhe, et enduit d’une gomme odorante. Les corps ainsi préparés se conservaient pendant des siècles, et l’on en retrouve encore en Égypte qui ont été embaumés il y a au moins trois mille ans. C’est ce que l’on nomme des momies. On mit quarante jours à embaumer Israël, et les Égyptiens le pleurèrent soixante-dix jours.

— D’autres personnes de la Bible furent-elles embaumées ainsi que Jacob ?

— Oui, Joseph entre autres. Quand notre Seigneur Jésus Christ fut mort, Joseph d’Arimathée et Nicodème, deux de ses disciples, l’enveloppèrent de parfums pour l’embaumer plus tard, puis ils le déposèrent dans le sépulcre. Mais ils n’achevèrent pas car le Seigneur ressuscita le troisième jour.

— Était-ce bien nécessaire d’embaumer Jacob ? Abraham ne l’avait point été.

— C’était un honneur que l’on rendait au père de Joseph, comme on le faisait aux grands personnages en Égypte. De plus, Jacob devait être enseveli au pays de Canaan, et son corps serait tombé en corruption pendant le trajet si on ne l’avait pas embaumé.

Quand le temps du deuil fut passé, Joseph fit demander à Pharaon la permission d’aller ensevelir son père comme il le lui avait promis, disant qu’ensuite il reviendrait. Pharaon le lui accorda, et Joseph partit pour accomplir ce devoir. Les principaux de la maison de Pharaon et du pays d’Égypte l’accompagnèrent, montrant ainsi leur sympathie et la déférence qu’ils avaient pour lui. Toute la maison de Joseph, ses frères et la maison de son père vinrent aussi. On ne laissa en Égypte que les femmes et les petits enfants. Ils arrivèrent près du Jourdain, fleuve qui sépare Canaan des autres contrées et, avant de le traverser, ils s’arrêtèrent et firent de grandes lamentations ; et Joseph pleura son père pendant sept jours. Et les Cananéens, voyant ce deuil, dirent : « C’est ici un grand deuil pour les Égyptiens » (50:11).

Les fils de Jacob transportèrent ensuite le corps de leur père au pays de Canaan, et l’ensevelirent dans la caverne du champ de Macpéla en face de Mamré où était le sépulcre d’Abraham. Puis ils retournèrent tous ensemble en Égypte.

— Voici déjà trois personnes dont tu m’as parlé et qui sont ensevelies à Macpéla. Ce sont Abraham, Isaac et Jacob. Savent-ils qu’ils ressusciteront un jour, et est-ce pour cela qu’ils voulaient être ensevelis au pays de Canaan ?

— Ils avaient la ferme assurance que Dieu accomplirait sa promesse à leur égard, et ils rendaient témoignage de cette confiance en voulant que leurs corps reposent dans ce pays que leur postérité devait posséder. Ils en prenaient ainsi possession par avance pour leurs descendants. Jésus n’était pas encore ressuscité, ils ne savaient donc pas de quelle manière Dieu accomplirait sa promesse ; mais ils en avaient la certitude.

— Comment vécurent les enfants de Jacob après la mort de leur père ? Ils aimaient bien Joseph, n’est-ce pas ?

— Ils avaient encore plus de crainte que d’amour. Ils avaient peine à comprendre que celui qui les avait sauvés et nourris, ne conservait aucune inimitié contre eux, et qu’il leur avait entièrement pardonné leur péché. Après la mort de Jacob, ils pensèrent que Joseph voudrait se venger du mal qu’ils lui avaient fait.

— Ils ne connaissaient pas bien Joseph, ils oubliaient sa bonté.

— C’est vrai, et c’est pourquoi il y avait en eux, à son égard, de la défiance et de la crainte. Tu m’aimes parce que tu es bien sûre que je t’aime, et ainsi tu as confiance en moi ; et, quand bien même tu es quelquefois méchante, tu sais que je ne cesse pas de t’aimer. Mais les frères de Joseph ne pensaient qu’à leur péché passé, et non à l’amour si grand qu’il leur avait témoigné. Ils lui envoyèrent dire : « Ton père a commandé avant sa mort, disant : Vous direz ainsi à Joseph : pardonne, je te prie, la transgression de tes frères, et leur péché ; car ils t’ont fait du mal. Et maintenant, pardonne, nous te prions, la transgression des serviteurs du Dieu de ton père ».

— Que dit Joseph quand il vit que ses frères doutaient de son amour ?

— Il pleura de douleur. Il y a là une grande leçon pour nous. N’y a-t-il pas quelqu’un qui nous aime infiniment plus que Joseph n’aimait ses frères ?

— Oui, c’est le Seigneur Jésus.

— Jésus a tout quitté, Jésus a tout souffert, il a été jusqu’à la mort pour sauver les pécheurs. Dieu a donné son Fils unique et bien-aimé ; quelles preuves plus grandes pourrions-nous avoir de son amour parfait ? Si nous y croyons simplement, nos cœurs sont remplis de joie et non de crainte. Sans cela, comme les frères de Joseph, nous pensons à nos péchés et nous sommes troublés.

— Est-ce donc un mal de penser à nos péchés ?

— Non, lorsqu’au lieu de nous faire redouter Dieu, cela nous porte à regarder à ce que Dieu a fait pour ôter nos péchés. Alors nous apprenons que si par nous-mêmes nous méritons l’enfer, Dieu nous a tant aimés qu’Il a donné son Fils pour nous. Penser ainsi à nos péchés est une bonne chose, mais y penser pour se désespérer, c’est oublier l’amour de Dieu.

— Les frères de Joseph furent-ils bien tristes de lui avoir causé de la peine ?

— Ils vinrent eux-mêmes et se prosternèrent devant lui, et lui dirent : « Nous voici, nous sommes tes serviteurs. Et Joseph leur dit : Ne craignez point ; car suis-je à la place de Dieu ? Vous, vous aviez pensé du mal contre moi : Dieu l’a pensé en bien, pour faire comme il en est aujourd’hui, afin de conserver la vie à un grand peuple. Et maintenant, ne craignez point ; moi je vous entretiendrai, vous et vos petits enfants ». Ainsi Joseph ajoute à tant d’autres, de nouvelles preuves de son constant et fidèle amour.

C’est ainsi qu’il les consola et rassura leur cœur. Dieu avait donné à Joseph un bien beau caractère, mais son Esprit seul pouvait lui apprendre à aimer ses ennemis, et à pardonner à ceux qui lui avaient fait du mal. L’esprit qui l’animait était celui de Christ qui, lorsqu’on le clouait sur la croix, disait : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34). Jésus avait tant d’amour pour les Juifs qui ne voulaient pas croire en Lui qu’Il pleurait en pensant aux malheurs qui allaient fondre sur eux. Maintenant aussi, Jésus s’adresse aux plus grands pécheurs, et leur dit : Ne craignez pas, venez seulement à moi et soyez sauvés !

— Lorsque j’entends ce que tu me dis de l’amour de Jésus, il me semble impossible que j’aie peur de Lui. Si je voyais sa gloire, je serais sans doute saisie, mais en le regardant, je penserais à son amour et je n’aurais plus de frayeur.

— Dieu veuille qu’il en soit ainsi ! Joseph continua à demeurer en Égypte où il vécut jusqu’à l’âge de 110 ans. Il eut la joie de voir des enfants et même des petits enfants de ses fils, qui jouèrent sur ses genoux. Puis, étant sur le point de mourir, il dit à ses frères : « Je meurs, et Dieu vous visitera certainement, et vous fera monter de ce pays-ci dans le pays qu’il a promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob. Et Joseph fit jurer les fils d’Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera, et vous ferez monter d’ici mes os » (50:24-25).

— Que voulait-il dire par ces mots que Dieu visiterait les enfants d’Israël ?

— Il voulait dire que Dieu viendrait les délivrer.

— Mais les enfants d’Israël n’étaient-ils pas très heureux en Égypte ? Ils habitaient la plus belle contrée du pays, et y étaient bien traités.

— C’est vrai ; mais Joseph savait que, quelles que fussent les apparences contraires, la parole de Dieu devait s’accomplir. Il croyait ce que Dieu avait dit à Abraham. Te le rappelles-tu ?

— N’est-ce pas que sa postérité serait affligée durant quatre cents ans ?

— C’est cela. Eh bien, Joseph savait que Dieu ne peut se tromper. Il était alors très honoré des Égyptiens, et ses frères bien traités à cause de lui, mais il était sûr, puisque Dieu l’avait dit, que les temps d’affliction viendraient pour son peuple, et ensuite les temps de délivrance. C’est par la foi qu’il voit toutes ces choses comme si elles étaient déjà, et qu’il fait promettre aux enfants d’Israël d’emporter ses os.

— Et cela eut-il lieu ?

— Oui, bien des années plus tard. Joseph étant mort, on l’embauma et on le mit dans un cercueil en Égypte. Mais longtemps après, quand les enfants d’Israël sortirent d’Égypte, ils se souvinrent de lui et prirent avec eux ses os. Ils marchèrent pendant quarante ans dans le désert, et enfin entrèrent dans le pays de Canaan que Dieu avait promis à leurs pères de leur donner. Là, on ensevelit Joseph à Sichem, dans la partie du pays qu’autrefois Jacob avait achetée.

Ainsi Joseph savait que, quelle que fût leur prospérité actuelle, les enfants d’Israël seraient un jour opprimés ; mais que Dieu jugerait et châtierait les Égyptiens pour délivrer son peuple, et qu’Il l’introduirait ensuite dans le pays de la promesse. Le chrétien aussi, fondé sur la parole de Dieu, sait que ce monde, malgré toutes ses belles apparences, bien loin de devenir meilleur, comme le pensent ceux qui ne croient pas Dieu, n’a que le jugement à attendre. Mais en même temps il a trouvé en Dieu un sûr refuge et il sait que ceux qui Lui appartiennent sont à l’abri du jugement.

— Y a-t-il donc des gens qui ne croient pas ce que Dieu dit ?

— Oui, il y a des moqueurs qui ne veulent pas croire que Dieu use de patience envers les pécheurs en laissant toutes choses dans le même état jusqu’à présent, et qui, se figurant que ce monde va durer toujours, cherchent à bien s’arranger et s’établir ici-bas. Mais voici ce que dit la Parole de Dieu : « Les cieux et la terre de maintenant sont réservés par sa parole pour le feu, gardés pour le jour du jugement et de la destruction des hommes impies. Mais n’ignorez pas cette chose, bien-aimés, c’est qu’un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas pour ce qui concerne la promesse, comme quelques-uns estiment qu’il y a du retardement ; mais il est patient envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance.

Or le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement. Toutes ces choses devant donc se dissoudre, quelles [gens] devriez-vous être en sainte conduite et en piété, attendant et hâtant la venue du jour de Dieu, à cause duquel les cieux en feu seront dissous et les éléments embrasés se fondront. Mais, selon sa promesse, nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite » (2 Pierre 3:7-13). Le chrétien ne s’attache donc point au monde et aux choses qu’il renferme, quelque belles et séduisantes qu’elles paraissent : il sait qu’elles vont passer, mais comme Joseph, il s’attache à la parole de Dieu et aux choses invisibles qui sont éternelles.

 

16                  Conclusion

 

Je t’ai maintenant raconté le premier livre de la Bible que l’on appelle la Genèse.

— Que veut dire ce mot ?

— Il signifie « commencement ». Ce nom ne convient-il pas bien à ce livre ?

— Oui, car nous y voyons le commencement de toutes choses, de la terre, des cieux, des animaux et des hommes.

— C’est vrai, et nous y voyons aussi le commencement des voies de Dieu envers les hommes. Ce livre ne nous révèle pas seulement l’origine de toutes choses, mais il montre aussi le commencement du mal dans la création, au milieu de laquelle Dieu avait placé l’homme, mal qui provient du premier péché de l’homme. Puis à côté du mal, il révèle le commencement du déploiement de l’amour de Dieu envers les hommes qu’Il voulait sauver. À mesure que nous lisons et comprenons mieux le livre de Dieu, nous y découvrons de merveilleux trésors. Voilà pourquoi ceux qui l’apprécient disent avec David qu’il est « plus précieux que l’or et que beaucoup d’or fin, et plus doux que le miel » (Ps. 19:10).

Te rappelles-tu ce que je t’ai dit autrefois quand tu me demandais si je n’aurais pas bientôt fini mon petit livre ?

— Oui, tu m’as dit que jamais tu n’arriverais au bout.

— Sais-tu pourquoi maintenant ?

— C’est que nous y apprenons toujours de nouvelles choses concernant Dieu et son amour.

— Tu dis bien. Quand bien même, comme Methushélah, nous vivrions près de mille ans sur terre, nous n’arriverions jamais à connaître l’étendue de l’amour de Dieu que nous révèle la Bible, et qui ne cesse de s’exercer envers les siens, même les plus petits.

— Dieu aime même les enfants qui ne peuvent encore rien faire pour Lui. Qu’Il est bon, ce Dieu qui habite dans les cieux, de bien vouloir être si près de nous pour nous garder et nous conduire. Plus tard j’espère faire beaucoup pour Lui, maintenant je sui trop jeune.

— Tu te trompes. Tu peux obéir, c’est ce que peut faire le petit enfant. Dieu préfère l’obéissance à toute œuvre que nous pourrions faire et que les hommes appelleraient bonne, mais que Lui ne nous aurait pas commandée.

Vois tous ces hommes de Dieu dont je t’ai parlé : ils étaient obéissants. Noé obéit et bâtit l’arche. Abraham par obéissance quitta son pays, et plus tard offrit son fils. Mais pour obéir à Dieu, il faut connaître sa pensée. Quelquefois, Il ne nous demande que de rester tranquilles, sans rien faire du tout ; et c’est là souvent ce qui nous plaît le moins, comme nous l’avons vu dans l’histoire de Jacob qui voulait toujours agir lui-même au lieu de laisser agir Dieu.

— Mais comment connaîtrai-je la pensée de Dieu pour Lui obéir ? Il ne me parle pas.

— C’est vrai, Il ne te parle pas directement du haut du ciel ; mais n’as-tu pas compris que, dans son livre, Dieu demande aux enfants d’écouter leurs parents et de leur obéir ? Eh bien, voilà la première chose que tu as à faire, c’est selon la pensée de Dieu. Une des raisons pour lesquelles Dieu traita Abraham en ami était celle-ci : « Je le connais, [et je sais] qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit, afin que l’Éternel fasse venir sur Abraham ce qu’il a dit à son égard » (Genèse 18:19).

Dieu nous parle maintenant par le moyen de sa précieuse Parole. Elle dit aux parents d’instruire leurs enfants dans les voies du Seigneur, et aux enfants d’obéir à leurs parents. Lorsqu’ils sont obéissants, Dieu les bénit.

— Crois-tu que Dieu soit attentif à toutes les petites choses que je fais.

— Oui, certes. C’est justement parce que Dieu est si grand en sagesse, en science et en amour, qu’Il fait attention à tout et n’oublie jamais rien, que ce soit une petite chose ou un petit enfant.

Beaucoup de passages de la Bible nous parlent des soins de Dieu pour les agneaux, les oiseaux, les fleurs, en un mot pour tout ce qui est faible et délicat, et que sa main a créé. Combien plus s’occupe-t-Il des petits enfants qui ont des âmes immortelles ! Il leur a donné un cœur pour qu’ils aiment, de l’intelligence pour comprendre ce qu’on leur dit de Lui, et une langue pour parler de Lui et Le louer. Les animaux n’ont pas tous ces privilèges. Oh ! Que nous devrions être joyeux de connaître sa bonté, et combien nous devrions veiller à ne rien faire qui puisse L’attrister ! Le Seigneur Jésus peut venir à n’importe quel moment pour prendre avec Lui ceux qui Lui appartiennent. Aimerions-nous que ce soit quand nous sommes désobéissants ?

— Veux-tu dire par là que nous pouvons mourir tout de suite ?

— Non. Il est vrai que, chaque jour, bien des personnes meurent et vont vers Jésus ; mais le moment arrive promptement où le Seigneur viendra chercher tous ceux qui sont à Lui. Il les prendra pour être pour toujours avec Lui dans la maison de son Père, et Il laissera en arrière ceux qui ne se sont pas souciés de Lui.

Jésus, qui savait qu’Il allait être mis à mort mais qu’Il monterait au ciel, dit à ses disciples avant de les quitter : « Je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3). Cette parole est aussi pour ceux qui maintenant aiment le Seigneur. Il tiendra sa promesse et reviendra, sa Parole nous l’assure. Il n’enverra pas un de ses anges pour nous chercher, Il viendra Lui-même. Ceux des siens qui seront déjà morts « ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4:16-17).

— Que c’est merveilleux ! Jésus nous prendra-t-il tels que nous sommes maintenant ?

— Tu n’as pas oublié l’histoire d’Hénoc, n’est-ce pas ? Ne fut-il pas ravi de la terre comme il était ? C’est ainsi que nous le serons aussi. En un moment, Il transformera nos corps actuels. Tous ceux qui aiment le Seigneur et qui seront en vie, seront changés à sa venue. En le voyant nous lui serons rendus semblables (1 Cor. 15:51-52 ; 1 Jean 3:1-2).

— Combien ce sera beau ! Mais j’ai peine à me le bien représenter.

— Nous ne pouvons en avoir maintenant une idée claire ; mais si nous aimons le Seigneur, nous avons confiance dans ce qu’Il dit, et nous le croyons sans avoir besoin de le comprendre entièrement. Ce sera une grande joie pour le Seigneur de venir chercher les siens pour les avoir près de Lui. Combien ne devrions-nous pas être heureux à la pensée qu’Il vient bientôt !

— Jésus a-t-Il dit quand Il viendra ?

— Il a dit : « Je viens bientôt », et nous recommande d’être comme des serviteurs qui attendent leur maître afin qu’à son arrivée, nous soyons prêts à tout quitter pour aller au-devant de Lui.

— Comment donc agissent ceux qui attendent Jésus ?

— Comme toi quand tu attends ton papa, ne pensant qu’à lui et à ce qui peut lui plaire. Aimerais-tu que ton papa, quand il arrive, te trouve méchante ou faisant quelque chose qui lui déplaît ? Eh bien, ceux qui attendent Jésus se purifient comme Lui est pur (1 Jean 3:3), c’est à dire se séparent du mal. Ils désirent Lui ressembler autant que possible. Ils ont encore leurs corps mortels, pleins de péché et de douleur, mais ils sont en paix parce qu’ils sont lavés de leurs péchés dans le sang de Jésus, et que ce précieux Sauveur va venir les prendre et les rendre tels que Lui, afin de pouvoir les introduire dans la présence de Dieu dans la gloire du ciel.

En attendant cet heureux moment, nous ne devons pas cesser de demander au Seigneur qu’Il tienne nos cœurs près de Lui pour que nous ne nous attachions pas aux choses du monde qui nous feraient oublier sa prochaine et glorieuse venue.

— Il me semble que ce sera bien facile de tout laisser quand nous verrons Jésus dans sa beauté.

— Oui, pour celui qui l’aime car Il est plus beau qu’aucun des fils des hommes. Que le Seigneur veuille conduire nos cœurs à l’attendre véritablement !