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Dans quel but chaque épître fut écrite

 

avec un court sommaire correspondant

 

(apocalypse incluse)

 

Auteur Inconnu

 

Table des matières :

1     Introduction aux épîtres

2     Épître aux Romains

3     Première Épître aux Corinthiens

4     Seconde Épître aux Corinthiens

5     Épître aux Galates

6     Épître aux Éphésiens

7     Épître aux Philippiens

8     Épître aux Colossiens

9     Première épître aux Thessaloniciens

10      Seconde épître aux Thessaloniciens

11      Première épître à Timothée

12      Deuxième épître à Timothée

13      Épître à Tite

14      Épître à Philémon

15      Épître aux Hébreux

16      Épître de Jacques

17      Première épître de Pierre

18      Seconde épître de Pierre

19      Première épître de Jean

20      Deuxième épître de Jean

21      Troisième épître de Jean

22      Épître de Jude

23      Apocalypse

 

 

1                        Introduction aux épîtres

La Bonne Nouvelle, 1932, pp. 156

Puisque nous avons terminé les Actes des Apôtres, nous devrions continuer par les épîtres qui suivent ce livre ; mais elles présentent des sujets si profonds qu’il est à craindre qu’une étude de cette partie du Nouveau Testament, si simple soit-elle, ne demeure au-dessus de votre portée. Cependant il est bon de se familiariser dès sa jeunesse avec toutes les vérités de la Parole de Dieu. Aussi, pour ne pas éliminer entièrement de notre étude biblique ces précieuses épîtres, nous chercherons à expliquer simplement, dans quel but chacune des épîtres fut écrite.

Lorsqu’on adresse une lettre à quelqu’un, on a toujours une raison pour le faire, un sujet à présenter. Il en va de même pour chaque livre de la Parole de Dieu, et pour les épîtres tout particulièrement. Si l’on se rend compte du motif qui engageait tel apôtre à écrire, on comprend mieux le sens de ses propos. Sans doute, à part les sujets principaux, on y trouve beaucoup d’instructions d’ordre général, mais elles se lient au thème principal, dont on ne peut parler que dans une étude plus ou moins complète. Nous exposerons donc, autant qu’il nous sera possible, avec le secours du Seigneur, les raisons pour lesquelles l’auteur écrivait et indiquerons les circonstances particulières de ceux auxquels il s’adressait.

 

2                        Épître aux Romains

 

La Bonne Nouvelle, 1932, pp. 157-159

 

L’épître aux Romains n’est pas la première en date de celles que Paul écrivit ; mais vu son importance, c’est avec raison qu’elle occupe la première place, puisqu’elle expose l’évangile dans toute sa plénitude. C’est toujours par l’évangile qu’il faut commencer quand on s’adresse à une personne qui ne connaît pas le Seigneur et qu’on veut exposer de quelle manière Dieu agit envers l’homme pécheur pour le sauver. Non que l’épître s’adresse à des inconvertis, mais bien : « A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, saints appelés » (Chap. 1:7). C’est à eux que Paul veut annoncer l’Évangile (v. 15).

Le mot évangile signifie bonne nouvelle ; il comprend toutes les précieuses vérités du christianisme, et non pas seulement la grâce présentée aux pécheurs. Cette épître expose donc ce que Dieu révèle aux hommes, et aux croyants tout particulièrement, afin de les établir pleinement dans tous les résultats de l’œuvre de Christ et de les rendre capables de marcher dignement ou chrétiennement dans ce monde, à la gloire de Dieu. Les v. 1-3 du chap. 1 parlent de « l’évangile de Dieu touchant son Fils », parce qu’il tire son origine de Dieu et a pour objet et sujet son Fils.

Malgré le désir de l’apôtre de voir les chrétiens de Rome, l’œuvre qu’il accomplissait pour le Seigneur en Asie Mineure, en Macédoine et en Grèce l’en avait empêché. Mais une fois sa tâche achevée dans ces contrées, il chercha à aller à Rome et de là en Espagne (Chap. 1:9-15, et 15:22-33). Il connaissait plusieurs des chrétiens qui se réunissaient dans cette ville (voir chap. 16). Mais avant de les voir, il s’arrêta encore à Corinthe, afin de recueillir des dons pour les chrétiens pauvres de la Judée (voir 2 Cor. 8 et 9) et leur écrivit cette épître, dans laquelle il expose, avons-nous dit, les résultats de l’œuvre parfaite de Christ pour la pleine justification du pécheur (chap. 3:21 à 5:11). Puis (chap. 5:12 à ch. 8) il parle de l’application de cette mort de Christ au chrétien en vue d’une marche qui honore Dieu, par la manifestation des caractères de la vie de Christ au lieu de ceux de la vieille nature qui déshonorent le Seigneur. Suivent divers enseignements et exhortations pratiques, toujours en rapport avec la doctrine exposée dans les huit premiers chapitres.

Mais pourquoi l’apôtre écrit-il cela à des chrétiens qui devaient connaître ces vérités ? Paul fut suscité par le Seigneur pour révéler aux nations surtout les vérités relatives à l’Assemblée, ainsi que nous l’avons vu dans le livre des Actes. Partout où il passait, il évangélisait et constituait l’Assemblée en groupant les convertis, auxquels il communiquait les instructions qu’il avait reçues du Seigneur. Or l’assemblée de Rome, qui n’avait pas été fondée par Paul, se composait, en partie, de chrétiens fidèles, parmi lesquels des Juifs convertis, fixés à Rome ; ils s’étaient réunis et furent sans doute le moyen de la conversion d’un certain nombre de gentils, car Paul considère cette assemblée de Rome comme formée de chrétiens pris d’entre les nations (chap. 15:15-16). Il sentait la responsabilité qui lui incombait de leur annoncer ce qu’il appelle l’évangile (chap. 1:15) et son évangile (chap. 2:16). Car il était (chap. 1:14) : « Débiteur et envers les Grecs et envers les barbares, et envers les sages, et envers les inintelligents : ainsi, pour autant qu’il dépend de moi, je suis tout prêt à vous annoncer l’évangile, à vous aussi qui êtes à Rome ». Il devait donc s’acquitter du service que le Seigneur lui avait confié, envers ceux qu’il n’avait jamais vus à Rome, quoiqu’il n’eût pas fondé lui-même cette assemblée.

Ce n’est pas sans intention que le Seigneur permit que Paul ne la constituât pas. Il savait quelle importance l’homme donnerait dans la suite à cette Église, placée à la tête de la chrétienté, entièrement déchue de la position d’une assemblée sous la dépendance du Seigneur. On en attribue la fondation à Pierre, sur une fausse interprétation de ce que le Seigneur dit à cet apôtre en Matth. 16:18-19. On aurait encore compris que l’on fît de Paul le grand évêque de Rome, comme on le prétendit de Pierre, puisque c’est à lui que le Seigneur révéla tout ce qui concerne l’Assemblée, tandis que Pierre avait reçu un ministère à exercer envers les Juifs, et Paul envers les nations (Galates 2:7-8). En outre, nous savons que Paul visita Rome, tandis qu’aucun passage des Écritures ne prouve que Pierre s’y soit rendu, lors même que la tradition de l’Église romaine prétende qu’il y exerça la charge d’évêque de 42 à 67.

On voit facilement, dans les Actes et dans les épîtres, que Pierre était ailleurs dans la plupart de ces années-là. La seule différence qu’il y ait entre l’assemblée de Rome et celles des autres gentils, c’est qu’elle ne fut pas fondée par un apôtre. Ce sont les hommes qui, en abandonnant les enseignements bibliques, surtout ceux de Paul, ont attribué à Rome la triste importance qu’elle possède encore.

 

3                        Première Épître aux Corinthiens

La Bonne Nouvelle, 1932, pp. 175-179

Corinthe, autrefois capitale de l’Achaïe, actuellement la Grèce, était une ville riche, où les arts, les sciences et la philosophie florissaient ; mais il y régnait une corruption proverbiale. Nous avons vu (Actes 18), que l’apôtre Paul, venu d’Athènes, y travailla pendant longtemps. Dans un pareil milieu, il vivait dans la crainte (chap. 2:3). Mais le Seigneur le fortifia dans une vision de nuit, lui disant : « Ne crains point, mais parle et ne te tais point, parce que je suis avec toi ; personne ne mettra les mains sur toi pour te faire du mal, parce que j’ai un grand peuple dans cette ville. Et il demeura là un an et six mois, enseignant parmi eux la parole de Dieu » (Actes 18:9-11). Pendant ce temps, il se forma une assemblée nombreuse, dans laquelle on ne manquait « d’aucun don de grâce » (1 Cor. 1:7).

Malheureusement, il se produisit dans cette assemblée ce fait trop fréquent : on y vit reparaître ce qui avait caractérisé le milieu dont ces chrétiens étaient sortis. Pour éviter ce péril, il faut une grande vigilance, la conscience du danger auquel on est exposé ; il faut aussi beaucoup prier. La vie divine doit être nourrie de la Parole, afin qu’elle prospère et que les anciennes habitudes mauvaises ne renaissent pas, car la vieille nature a les mêmes dispositions chez le chrétien que chez l’inconverti.

Paul apprit par des gens de la maison de Chloé (chrétien qui n’est pas mentionné ailleurs) quels désordres régnaient dans l’assemblée de Corinthe. Il écrivit donc cette épître aux frères de cette ville avant de quitter Éphèse, où il avait travaillé deux ans (Actes 19:22), afin de les exhorter et de leur enseigner à abandonner leur mauvaise marche, car il y avait beaucoup de choses à reprendre dans toute leur manière d’agir.

Premièrement il les blâme au sujet de divisions qui se formaient parmi eux. Ils imitaient les écoles grecques de philosophie, dirigées chacune par un chef, que l’on suivait selon ce que l’on voulait apprendre. Ils prenaient pour directeur un des apôtres et suivaient leurs enseignements au lieu de s’en tenir aux vérités de la Parole de Dieu. Les uns ne voulaient que Paul, les autres Apollos, ou Céphas (Pierre), et même Christ. Ils ne comprenaient pas que les dons que le Seigneur avait donnés pour enseigner la vérité, tout en étant divers, faisaient partie d’un tout indivisible. On ne pouvait vouloir Christ sans les dons par lesquels il avait révélé toutes les gloires de Sa personne et les ressources nécessaires pour la prospérité de l’Assemblée, comme des individus. En ne voulant que l’un d’eux, ils se privaient de tout ce que le Seigneur leur donnait au moyen des autres. C’est pourquoi Paul leur dit : « Que personne ne se glorifie dans les hommes, car toutes choses sont à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas… » (chap. 3:21, 22). Ils introduisaient donc la sagesse humaine, fort développée en Grèce, dans ce temps-là, dans les choses de Dieu, au lieu de dépendre du Seigneur et de recevoir de lui ce qu’il a donné pour croître dans la sagesse divine. C’est à cela que Paul répond dans les quatre premiers chapitres.

Plusieurs des Corinthiens ayant vécu au milieu de la corruption des mœurs qui caractérisait aussi la ville de Corinthe, étaient retombés dans ce mal grossier, surtout l’un d’eux. L’apôtre leur enseigne, au chap. 5 comment l’Assemblée doit se purifier d’un mal pareil.

On lui avait écrit sur la question du mariage ; il y répond au chapitre 7.

Certains docteurs, qui cherchaient à nuire à Paul et à son enseignement, voulaient faire perdre la confiance que les Corinthiens avaient en lui, pour se produire eux-mêmes. Il en parle au chapitre 9.

Vivant au milieu des païens, les chrétiens de Corinthe étaient exposés à participer à des repas idolâtres ; ainsi on mettait la Table du Seigneur en communion avec les cultes offerts aux idoles. Paul redresse cette pratique dans les chapitres 8 et 10.

Tout cet état de choses se faisait sentir dans les réunions où régnaient de graves désordres. Chacun y étalait ses dons, sans s’inquiéter de l’édification de l’assemblée. On dénaturait la célébration de la cène en y joignant un repas, probablement parce que la cène avait été instituée par le Seigneur après le repas de la Pâque. Mais par suite de leur état charnel, les Corinthiens donnaient plus d’importance au repas qu’au souvenir de la mort du Seigneur. Les femmes prenaient la parole dans les assemblées. Les enseignements de Paul et ses répréhensions relativement à tous ces points occupent les chapitres 11 à 14.

Certaines personnes niaient la résurrection. L’apôtre réfute cette erreur au chapitre 15.

Le Seigneur se sert du triste état dans lequel étaient tombés ces chrétiens de Corinthe, pour nous donner les précieux enseignements sur l’ordre et la marche d’une assemblée, contenus dans les épîtres que Paul leur adressa. Elle doit conserver son caractère d’Assemblée de Dieu, où tout correspond à ce qu’est Dieu, au milieu de la ruine où se trouve actuellement l’Église responsable. On a dit que ces épîtres aux Corinthiens pourraient s’intituler : constitution de l’Église.

En constatant tous les maux qui étaient dans l’Assemblée de Corinthe, il faut se rappeler que les chrétiens d’alors n’avaient pas, comme nous, la Parole de Dieu entre leurs mains. Ils recevaient les enseignements du christianisme oralement, lors des visites des apôtres, peut-être aussi par quelques lettres qui ne nous ont pas été conservées, à part celles données par inspiration. Nous sommes plus responsables qu’eux, parce que nous possédons les Écritures au complet. Même l’Ancien Testament, qui existait alors était entre les mains des Juifs seuls. Par contre ils avaient, avantage qui nous manque, la puissance du Saint Esprit qui agissait au milieu d’eux et n’était pas contristé par le triste état de l’Église professante, comme il est le cas aujourd’hui. Il opérait parmi les chrétiens avec une grande puissance par des dons abondants, divers et plus caractérisés qu’aujourd’hui. Cependant le Saint Esprit est toujours sur la terre dans l’Assemblée et pourvoit à tout ce qui est nécessaire, pour autant qu’on le laisse agir.

 

4                        Seconde Épître aux Corinthiens

 

La Bonne Nouvelle, 1932, pp. 197-199

 

Paul avait écrit sa première épître avec la conscience du danger que courait l’assemblée de Corinthe de perdre son caractère d’Assemblée de Dieu, telle qu’il la nomme en s’adressant à elle au chap. 1:1. Une réunion de chrétiens ne peut porter le caractère d’Assemblée de Dieu, que si le mal qui surgit au milieu d’elle en est ôté, qu’il s’agisse de fausses doctrines ou de conduite immorale et mondaine. En présence de ce danger, il avait écrit très sévèrement. Son grand amour pour les Corinthiens souffrait à la pensée de la peine qu’il leur avait causée par son épître ; il était anxieux d’apprendre ce qui en était résulté pour eux (2 Cor. 2 et 7:8).

D’Éphèse, où il était encore lorsqu’il leur écrivit, il alla en Macédoine ; arrivé à Troas, il pensait y trouver Tite, qu’il avait envoyé à Corinthe pour savoir quel effet avait produit son épître. Ne le trouvant pas, quoiqu’une porte lui fût ouverte pour annoncer l’évangile (chap. 2:12, 13), il continua sa route vers la Macédoine, où Tite lui apporta de bonnes nouvelles. Les Corinthiens avaient obéi en ôtant le méchant du milieu d’eux ; ils acceptaient les exhortations de Paul, ce qui lui permettait de considérer cette assemblée comme une assemblée de Dieu. Il adressa donc cette seconde épître à « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe » (chap. 1:1), ce qu’il n’aurait pu faire s’ils n’avaient pas obéi, quoiqu’il y eût encore bien des choses à redresser.

Consolé et réjoui (chap. 7:6-16), Paul écrivit la seconde épître, peut-être de Philippe, première assemblée de Macédoine. Le récit des Actes, concernant le passage de Paul en Macédoine, très bref, se borne au chap. 20:1 et 2. Dans cette nouvelle épître, l’apôtre montre son grand amour pour les Corinthiens et tous les saints. Mais, quoique consolé et réjoui, il avait encore des avertissements à formuler, car, comme on le voit dans la première épître, des docteurs qui voulaient introduire des principes judaïques dans l’enseignement du christianisme, cherchaient à déprécier Paul et son ministère pour se faire valoir eux-mêmes. Aussi doit-il mettre les Corinthiens en garde contre eux. Puis il leur témoigne toute sa joie de ce que Tite lui a apporté de bonnes nouvelles concernant leur amour pour lui et des bons effets de sa lettre. Tout ce que Paul dit de l’activité de ces docteurs lui fournit l’occasion de placer devant nous aujourd’hui, et pour tous les chrétiens des siècles passés, ce qu’est le véritable ministère selon la pensée du Seigneur ; il montre le grand amour qui remplissait son cœur, car il peut dire : « Or moi, très volontiers je dépenserai et je serai entièrement dépensé pour vos âmes, si même, vous aimant beaucoup plus, je devais être moins aimé » (chap. 12:15). Bel exemple pour nous tous dont l’amour est si vite refroidi quand nous apercevons chez d’autres une ombre de désapprobation ou de haine ! Ce qui ressort de cette épître, c’est l’œuvre de l’apôtre pour les Corinthiens, son profond désintéressement, alors qu’ils oubliaient ce qu’il avait été pour eux, pour accréditer au milieu d’eux des docteurs qui les détournaient de lui et de la vérité. L’amour doit être le grand mobile de toute activité des serviteurs de Dieu, comme de tous les croyants ; ils imiteront en cela non seulement Paul, mais le Seigneur que son digne serviteur suivait de très près.

 

 

5                        Épître aux Galates

 

La Bonne Nouvelle, 1932, pp. 217-220 et pp. 232-234

 

La Galatie était une province romaine située au nord de l’Asie mineure, dont les habitants étaient d’origine gauloise. Elle avait pour capitale Ancyre, aujourd’hui Angora.

L’apôtre Paul évangélisa cette contrée lors de son second voyage (Actes 16:6) et à son troisième voyage (Actes 18:23). Le livre des Actes ne donne aucun détail sur l’œuvre de Paul en Galatie et ne nomme aucune localité. Plusieurs assemblées y avaient été formées. Il est fort probable qu’il y en eut une dans la ville qui est aujourd’hui Angora. Dans toutes les provinces qui se trouvaient sur le territoire de l’Asie Mineure actuelle, il y en eut un grand nombre.

On ne peut savoir exactement quand et d’où l’apôtre écrivit aux assemblées de Galatie. Cette épître est probablement la première ou une des premières que Paul écrivit. Ce dut être peu après le dernier voyage qu’il fit dans cette contrée, car il dit : « Je m’étonne de ce que vous passez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, à un évangile différent, qui n’en est pas un autre » (Chap. 1:6). Ce qui nous importe de connaître, ce sont les vérités que Paul expose dans cette épître.

Nous savons que les Juifs devenus chrétiens avaient beaucoup de peine à abandonner les pratiques du judaïsme. On le comprend puisque leur religion avait été donnée de Dieu ; mais c’est aussi Lui-même qui l’a mise de côté en envoyant son Fils pour sauver les Juifs aussi bien que les nations, puisque personne ne pouvait être sauvé par la loi. Non seulement les chrétiens d’entre les Juifs abandonnaient difficilement les ordonnances sous lesquelles ils avaient vécu ; mais ils cherchaient à les imposer aux chrétiens sortis du paganisme, qui n’avaient jamais eu affaire avec la loi. C’est ce qui eut lieu avec les Galates.

Nos jeunes lecteurs comprennent-ils bien quelle est la différence entre la loi et la grâce ? Par la loi, Dieu demandait à l’homme qu’il accomplisse tout ce qu’elle exigeait, afin que par ce moyen il vive. Mais personne ne put l’accomplir, parce que nul homme n’en est capable. Donc, si Dieu avait laissé les hommes sous la loi, nul n’eût pu être sauvé. Sous la grâce, au lieu d’exiger du pécheur qu’il obéisse pour avoir la vie, Dieu lui offre gratuitement la vie éternelle, le pardon de ses péchés, s’il croit au Seigneur Jésus qui est venu du ciel pour subir à la place du coupable le jugement qu’il avait mérité. En sorte que la loi qui condamnait à mort celui qui ne faisait pas tout ce qu’elle ordonnait, ne peut rien exiger du croyant, puisque Christ est mort à sa place et l’a délivré du jugement qu’elle prononçait sur lui. C’est pourquoi il est inutile de présenter la loi à un croyant parce qu’il possède la vie éternelle qu’elle ne pouvait lui donner. Cette vie le rendra capable, par la puissance de l’Esprit de Dieu, d’accomplir ce qui est agréable à Dieu ; c’est ainsi qu’il est dit en Romains 8:4, que la « juste exigence de la loi est accomplie en nous qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit ».

L’apôtre Paul ayant appris que certains personnages venus de Judée avaient troublé les assemblées de la Galatie en leur prêchant l’observation des ordonnances légales, ce qui était d’autant plus absurde que ces chrétiens sortis du paganisme n’avaient jamais été sous la loi de Moïse. C’est pourquoi Paul leur écrivit cette lettre pour leur exposer combien c’était insensé de prêcher la loi à des personnes qui étaient sauvées par la foi au sacrifice de Christ. Paul était bien placé pour les enseigner à cet égard, lui qui avait été un grand observateur de la loi, qui avait persécuté les chrétiens de Judée parce qu’ils avaient abandonné le judaïsme pour accepter le salut par la foi. C’est ce qu’il leur rappelle au premier chapitre, v. 11 à 24, en leur disant que ce n’était pas par des enseignements d’hommes qu’il avait été converti au christianisme, mais par la révélation de Jésus Christ (v. 12), et que, même après avoir été converti sur le chemin de Damas, il n’alla pas à Jérusalem pour être enseigné par les apôtres ; ce n’est que trois ans après son retour d’Arabie qu’il y alla pour faire la connaissance de Pierre chez qui il demeura quinze jours, et là, il ne vit que Jacques, le frère du Seigneur. Il rappelle cela pour faire comprendre aux Galates qu’il avait été enseigné par Dieu seul auquel il a plu, dit-il, « de révéler son Fils en moi afin que je l’annonçasse parmi les nations » (v. 15-17). Il tenait son mandat d’autorité divine, directement. C’est le même Dieu qui donna la loi à Moïse, qui fit connaître à Paul comment par l’œuvre de son Fils bien-aimé le régime de la loi avait été remplacé par celui de la grâce.

Au chap. 2, Paul leur dit que depuis son premier passage à Jérusalem il s’écoula quatorze ans — temps pendant lequel il avait prêché l’évangile aux gentils — et qu’alors il monta à Jérusalem avec Barnabas et Tite, pour exposer aux frères de cette ville, l’évangile qu’il prêchait parmi les nations ; parce qu’il y avait déjà des Juifs qui étaient venus là où Paul avait annoncé l’évangile, et disaient à ces païens convertis qu’ils devaient observer la loi de Moïse. C’est ce que nous avons vu au chap. 15 des Actes (Bonne Nouvelle, 1930). Paul rappelle que ce qui résulta de cette conférence avec les frères de Jérusalem, fut que les anciens de cette assemblée (Jacques, Céphas et Jean, qui étaient considérés comme des colonnes, étant tous des Juifs convertis, les deux derniers étaient des apôtres qui avaient été avec le Seigneur, Jacques était le principal ancien de l’assemblée à Jérusalem, frère du Seigneur) (chap. 1:19), tous, lui donnèrent la main d’association, ainsi qu’à Barnabas, afin qu’ils continuassent d’aller prêcher l’évangile aux nations comme le Seigneur le leur avait commandé.

C’était important à faire remarquer aux Galates, car si la loi devait encore être observée par les chrétiens d’entre les nations, ces principaux frères de l’assemblée de Jérusalem, ville qui était le centre du judaïsme, le leur auraient certainement recommandé.

Au contraire, dans ce concile de Jérusalem, Pierre dit en s’adressant à ceux qui voulaient placer les chrétiens sous la loi : « Pourquoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disciples un joug que ni nous ni nos pères n’ont pu porter ? » (Actes 15:10). Ainsi les chrétiens de Galatie purent être certains que ceux qui voulaient les placer sous la loi avaient complètement tort.

Dans toute l’épître l’apôtre établit par les Écritures qu’il est impossible de mélanger la loi avec le christianisme ; ils s’excluent l’un l’autre. La loi a pris fin à la croix par le fait qu’en Christ crucifié, l’homme en Adam, auquel elle s’adressait, est mort, et que par conséquent elle ne peut rien exiger de lui. Il a été remplacé en Christ ressuscité par le nouvel homme qui vit de la vie de Christ et le possède comme modèle de sa vie.

Paul écrit aux v. 19 à 21 du chapitre 1er : « Car moi, par la loi, je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu. Je suis crucifié avec Christ ; je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; — et ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi, la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. Je n’annule pas la grâce de Dieu ; car si la justice est par la loi, Christ est donc mort pour rien ». Ces paroles expriment ce qu’est le christianisme dans son essence. Si l’on veut prendre la loi comme règle de vie, on est maudit, parce que l’on ne peut l’accomplir, car il est écrit : « Maudit qui n’accomplit pas les paroles de cette loi en les pratiquant ! » (Deutéronome 27: 26). Mais Christ en mourant sur la croix a porté la malédiction de la loi (chap. 3:13), pour nous en délivrer.

En général, l’homme naturel préfère la loi à la grâce, quoiqu’il ne puisse l’accomplir, parce qu’elle s’adresse à lui, elle le prend ainsi en considération, comme s’il avait quelque capacité de plaire à Dieu. Tandis que la grâce lui déplaît, elle s’adresse à lui comme à un être incapable et perdu ; pour qu’il l’accepte il doit reconnaître qu’il est un misérable pécheur perdu, sans force pour accomplir la loi, et que pour être sauvé il doit croire comme un petit enfant l’évangile qui lui présente le Sauveur. Ce langage de la vérité l’humilie, il faut que l’Esprit de Dieu travaille en lui par la Parole pour le convaincre de péché afin qu’il accepte le salut que lui offre la pure grâce de Dieu.

Cette épître aux Galates est la seule que l’apôtre eut écrite de sa propre main (chap. 6:11). Il faisait écrire par un des frères qui étaient avec lui et il terminait par sa signature pour attester que l’épître était réellement de lui. Voyez Romains 16:22 ; 1 Cor. 16:21 ; Colossiens 4:18 ; 2 Thessaloniciens 3:18. Le fait que Paul a écrit aux Galates de sa propre main, montre l’importance de ce qu’il avait à leur dire, car s’ils recevaient les enseignements des docteurs judaïsants, c’était la destruction du christianisme. Au chap. 4:19, 20, il leur dit : « Mes enfants pour l’enfantement desquels je travaille de nouveau jusqu’à ce que Christ ait été formé en vous, oui, je voudrais être maintenant auprès de vous et changer de langage, car je suis en perplexité à votre sujet ». Au chap. 5:4 : « Vous vous êtes séparés de tout le bénéfice qu’il y a dans le Christ, vous tous qui vous justifiez par la loi ; vous êtes déchus de la grâce ».

Nous pouvons espérer que cette épître produisit les effets désirés par l’apôtre et que les Galates purent progresser dans le christianisme. Mais Dieu a permis que cette épître parvint jusqu’à nous, car dans les temps où nous vivons elle est à propos pour beaucoup de personnes qui font un mélange de la loi avec le christianisme, ce qui est sans profit pour leur âme, les empêchant de progresser dans la connaissance du Seigneur Jésus et de tous les résultats merveilleux de son œuvre.

 

6                        Épître aux Éphésiens

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 15-17 et 38-40.

 

Paul écrivit cette épître au cours de sa captivité à Rome, en même temps que celle aux Colossiens ; toutes deux furent remises aux soins de Tychique pour les porter à destination (Éph. 6:21 ; Col. 4:7).

Paul avait travaillé deux ans à Éphèse avec succès, et en y déployant une grande puissance (Actes 19). Plusieurs convertis avaient montré beaucoup de zèle et d’énergie spirituelle. Rompant résolument avec leurs anciennes pratiques, confessant ce qu’ils avaient fait, ils brûlèrent les livres qui leur enseignaient les pratiques occultes : « C’est avec une telle puissance que la parole du Seigneur montrait sa force ». (Actes 19:20). Ces chrétiens avaient continué de progresser dans la connaissance du Seigneur et Paul l’avait apprit : « C’est pourquoi moi aussi, ayant ouï parler de la foi au Seigneur Jésus qui est en vous, et de l’amour que vous avez pour tous les saints, je ne cesse de rendre grâce pour vous, faisant mention de vous dans mes prières » (Éph. 1:15, 16).

Il n’y avait donc rien à reprendre ni à corriger chez eux, comme c’était le cas chez les Corinthiens et les Galates. Aussi Paul leur expose les vérités glorieuses que le Seigneur lui avait révélées concernant la position céleste des croyants, individuellement et collectivement, savoir que chaque croyant est un membre du corps de Christ dont lui est la tête glorifiée dans le ciel : position infiniment plus élevée que le fait d’être le peuple de Dieu sur la terre, comme Israël dans le beau temps de son histoire, et même que de faire partie de ce peuple, lorsque Christ régnera glorieusement sur tout l’univers. À ce moment-là, les croyants qui forment le corps de Christ seront unis à Lui aussi comme son Épouse royale qui régnera avec Lui et partagera sa gloire durant le millénium.

Paul expose (chap. 1:3-14) les bénédictions spirituelles et célestes des croyants en Christ et montre comment ils hériteront avec Christ lorsque toutes choses seront réunies sous son pouvoir, et qu’il règnera.

Tout en reconnaissant le bon état des Éphésiens, Paul les voit encore progresser dans la connaissance des vérités glorieuses qu’ils possédaient. Il faisait mention d’eux dans ses prières, en rendant grâces pour eux, afin, dit-il : « Que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, les yeux de votre cœur étant éclairés », cela pour comprendre les choses merveilleuses exposées dans les v. 3-14 et la puissance qui leur valait ces bénédictions. Tant que nous sommes dans ce monde, nous avons à progresser dans la connaissance de nos bénédictions, toutes concentrées dans la personne du Seigneur, puisque le chrétien est béni en lui, élu en lui, qui est le centre de toutes les pensées de Dieu.

Et, il ne faut pas l’oublier, le moyen par lequel nous avons accès à de si riches bénédictions, c’est l’œuvre accomplie par le Seigneur à la croix : « En qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce ». (v. 7).

Dans cette épître, l’homme est considéré comme mort dans ses fautes et ses péchés (chap. 2:1), sans aucune capacité de faire quoi que ce soit pour Dieu, et cependant très actif pour pratiquer le mal sous la puissance de Satan. Dieu seul peut lui donner la vie au moyen de la même puissance qu’il a déployée pour ressusciter le Seigneur descendu dans la mort pour nous délivrer de notre état de mort et du jugement que nous avions mérité en obéissant à l’Ennemi. La même puissance tire l’homme de son état de mort morale, pour lui donner la vie et le placer dans la position glorieuse où il se trouve en Christ, en attendant d’être avec lui dans la gloire (Chap. 1:19, 20).

Depuis le v. 11 du chap. 2, l’apôtre parle de l’Assemblée, considérée comme un édifice qui s’accroît. Chaque croyant est une pierre vivante, ajoutée à cet édifice divin, qui sera complet lorsque le Seigneur viendra nous enlever au ciel. En attendant, les croyants vivant sur la terre forment l’habitation de Dieu par l’Esprit, descendu ici-bas le jour de la Pentecôte (v. 22). Cette Assemblée se compose de Juifs et de gentils, qui, en vertu du sang de Christ, ont tous accès auprès du Père par un seul Esprit. Il n’existe plus de différence entre eux ; ils forment ensemble la maison de Dieu sur la terre.

Au chap. 3, Paul rappelle aux Éphésiens quel service merveilleux il avait reçu du Seigneur. Il avait à révéler les grandes vérités concernant l’Église ou Assemblée, mystère caché jusque-là, tandis que Dieu éprouvait l’homme en Adam ; ce temps dure de la chute à la croix.

Au chap. 4, il montre que le Seigneur a donné tous les dons nécessaires pour l’édification de l’Assemblée jusqu’à son retour (v. 7 à 16). Ensuite ce sont des exhortations pratiques afin que les croyants marchent en conformité de leur position individuelle et collective. Chacun d’eux doit avoir conscience de la hauteur, de la dignité de la position merveilleuse que la grâce lui a faite en Christ, pour qu’il marche comme un être céleste dans ce monde.

Au chap. 6 ce ne sont pas seulement les adultes, les parents, qui sont exhortés à suivre les enseignements contenus dans cette épître ; mais les enfants doivent le faire aussi, tant les convertis que les autres. Tant qu’ils sont en bas âge, ils ne peuvent connaître les vérités élevées, présentées dans cette épître ; leurs parents doivent donc les enseigner, les guider en toutes choses, selon les avertissements du Seigneur. Ainsi les enfants n’ont qu’à les écouter et à obéir (v. 1-4), puisqu’ils ne savent pas se conduire eux-mêmes. Telle est leur responsabilité, Dieu ne leur demande rien d’autre. Leur salut en découle, car les parents ne peuvent les élever « dans la discipline et les avertissements du Seigneur » (v. 4), sans leur dire que par nature, ils sont perdus et pécheurs et que pour être sauvés ils doivent croire simplement que le Seigneur est mort pour eux. La loi déjà contenait une promesse pour les enfants qui honoraient leurs parents : « Honore ton père et ta mère afin que tu prospères et que tu vives longtemps ». (voir Exode 20:12). « L’œil qui se moque d’un père et qui méprise l’obéissance envers sa mère, les corbeaux du torrent le crèveront et les petits du gypaète le dévoreront » (Prov. 20:17).

On ne peut prétendre honorer ses parents autrement qu’en leur obéissant. Supposons qu’un enfant veuille faire plaisir à ses parents en leur prodiguant des caresses, en leur faisant de petits cadeaux, mais qu’il ne leur obéisse pas, quelle valeur auraient ces soi-disant témoignages d’affection ? Aucune. On peut dire aux enfants ce que le Seigneur dit à ceux qui lui appartiennent : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime... Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14:21-23).

Dans les v. 10 à 20, l’apôtre enseigne comment le chrétien peut résister à l’ennemi qui emploie toutes les puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes, c’est-à-dire les anges déchus, les démons, pour lui nuire et l’empêcher de réaliser les bénédictions dont cette épître l’entretient. Pour résister à ces ennemis, il faut ce que Paul appelle « l’armure complète de Dieu ». Au premier abord ce terme fait croire à une grande puissance apparente pour lutter contre Satan. Ainsi lorsque David dit à Saül qu’il combattrait contre le puissant Philistin, le roi le revêtit d’un casque d’airain, d’une cotte de mailles, d’une épée. Mais cette armure l’immobilisait, il lui en fallait une moins compliquée, celle qui permettait à Dieu de déployer en David sa puissance. C’était la confiance en celui qui l’avait délivré de la patte de l’ours et du lion. L’armure qui permet au chrétien de tenir ferme contre l’ennemi est très simple : c’est une marche conforme à la Parole de Dieu. C’est ainsi que le Seigneur vainquit Satan au désert en lui citant la Parole de Dieu. Lorsque le diable rencontre un chrétien qui manifeste les caractères de Christ dans l’obéissance à la Bible, la confiance en Dieu, la dépendance de Lui par la prière, il ne lui peut rien ; il est vaincu. Les diverses parties de l’armure, énumérées dans les v. 14 à 18, constituent dans leur ensemble un bon état pratique, semblable à celui dont le Seigneur Jésus est le modèle parfait.

 

 

7                        Épître aux Philippiens

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 56-60.

 

Paul écrivit cette épître aussi pendant son emprisonnement à Rome. Les Philippiens avaient toujours porté grand intérêt à l’œuvre de Paul et par conséquent à lui-même.

Philippes était la première ville de la Macédoine, ou, si l’on veut, de l’Europe, que Paul évangélisa lorsqu’il quitta les contrées de l’Asie où il avait exercé son ministère jusqu’alors (voir Actes 16). Il ne semble pas y avoir séjourné longtemps, car la persécution le chassa. Mais ce fut assez long pour que les cœurs des nouveaux convertis s’attachassent à lui et à son œuvre. Dès le début, Lydie, la marchande de pourpre, offrit l’hospitalité à Paul et à ses compagnons. Puis, lorsque Paul et Silas furent délivrés de la prison par un tremblement de terre, nous voyons le zèle du geôlier sitôt après qu’il eut cru au Seigneur Jésus, pour prendre soin d’eux en lavant leurs plaies et en leur donnant à manger.

Lorsque Paul fut à Thessalonique, très peu de temps après avoir quitté Philippes, les saints de cette ville lui firent en deux fois un envoi pour ses besoins (chap. 4:5, 6). Plus tard, malgré la grande distance qui séparait Rome de Philippes, et les dangers qu’offrait alors ce voyage, les Philippiens envoyèrent un secours à Paul, par un fidèle serviteur de Dieu nommé Épaphrodite que Paul appelle : « Mon frère, mon compagnon d’œuvre et mon compagnon d’armes, mais votre envoyé et ministre — ou serviteur — pour mes besoins ». (Chap. 2:25). Durant ce long et périlleux voyage, Épaphrodite risqua de perdre la vie ; il tomba malade à la mort, et les Philippiens en eurent beaucoup de tristesse. Épaphrodite, à son tour, fut très abattu en apprenant que les Philippiens avaient appris ce qui lui était arrivé. Paul le leur envoyait afin de les réjouir et d’être consolé lui-même. Il leur envoie aussi Timothée, car, dit-il, « je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment avec moi pour avoir une sincère sollicitude à l’égard de ce qui vous concerne » (Chap. 2:20). Il désirait avoir par lui connaissance de tout ce qui les concernait. Puis Timothée les renseignerait sur ce qui touchait Paul, entre autres sur sa comparution devant Néron. Mais Paul avait confiance dans le Seigneur qu’il irait les voir bientôt.

Il avait déjà dit (chapitre 1) qu’il ne savait que choisir, car pour lui « vivre était Christ et mourir, un gain ». Il désirait donc déloger pour être avec Christ, ce qui est de beaucoup meilleur ; mais il avait tellement à cœur les intérêts des saints qu’il était prêt à rester pour « l’avancement et la joie de leur foi ». (v. 20-26). C’est ce qui arriva, car il recouvra la liberté après deux ans de captivité à Rome.

Nous voyons dans les v. 19 à 30 de ce chapitre 2, comme dans toute l’épître, l’affection fraternelle réciproque entre Paul et ses compagnons et les chrétiens de Philippes, ainsi que l’intérêt que ces derniers portent à l’œuvre du Seigneur, résultat du développement de la vie divine en eux tous, manifestation des caractères du Seigneur, l’expression ici-bas de l’amour de Dieu que le chrétien est appelé à reproduire. Ce bon état pratique engageait Paul à écrire aux Philippiens et la communion qu’il éprouvait de leur part dans l’œuvre du Seigneur lui donne l’occasion de leur montrer ce qu’est la vie chrétienne dans sa réalisation de tous les jours.

Dans le chap. 1, le Seigneur est présenté comme vie. Non seulement le chrétien possède la vie de Christ, mais réalise ce qu’est Christ dans toute sa vie. « Pour moi vivre c’est Christ », dit Paul au v. 21. Au chap. 2, v. 1-11, Christ est présenté comme modèle dans son abaissement volontaire, son humilité. Quoique éternellement en forme de Dieu, il s’est anéanti lui-même, en contraste avec Adam qui était un homme, mais voulut s’élever et devenir comme Dieu. Après s’être anéanti comme Dieu, devenu homme, le Seigneur s’est abaissé ; il prit la forme d’esclave, devint obéissant jusqu’à la mort de la croix. Paul donne cet exemple d’humilité aux Philippiens, et à nous aussi, parce qu’il y avait parmi eux quelques personnes animées d’un esprit de rivalité, où l’orgueil a toujours une place. Au chap. 4, il supplie deux sœurs, Évodie et Syntyche, d’avoir une même pensée dans le Seigneur, cette pensée dont il parle au chap. 2:5.

Au chap. 3, le Seigneur est présenté comme objet à atteindre dans la gloire comme but de la course. Le chrétien doit courir pour l’obtenir. Paul compare la vie chrétienne aux concours fréquents à cette époque, où les athlètes luttaient de vitesse pour se faire couronner. Ils ne se préoccupaient de rien, sinon d’arriver au premier rang. Le chrétien doit marcher ainsi ici-bas. Malgré toutes les choses visibles par lesquelles l’ennemi cherche à le détourner du but de sa vie, il doit déployer une énergie encore plus grande que le coureur grec pour obtenir le prix, pour lui, Christ. Tous peuvent y arriver, mais chacun doit courir comme si un seul pouvait l’obtenir. Pour cela, il faut apprendre à connaître la valeur de ce prix, en apprécier la beauté. Les choses qui, pour Paul, étaient un gain, il les a regardées, à cause du Christ, comme une perte, et il ajoute : « Je regarde même aussi toutes choses comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur, à cause duquel j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ ». (Chap. 3:7, 8).

Au chap. 4, le Seigneur est présenté comme la puissance et le sujet de joie qui rend capable de surmonter toutes les difficultés du chemin, grandes pour Paul qui était prisonnier, empêché de travailler à l’œuvre du Seigneur comme il l’avait fait auparavant. Mais il savait que l’évangile n’était pas lié, il était annoncé, même par des personnes dont les motifs n’étaient pas désintéressés. Néanmoins, Paul s’en réjouissait (chap. 1:12-30). Puis il exposait à Dieu tous ses sujets d’inquiétude et exhortait les Philippiens à le faire avec des prières, des supplications et des actions de grâces, afin que la paix de Dieu gardât leur cœur occupé du Seigneur, en qui ils devaient toujours se réjouir (Chap. 4:4-7). Il pouvait les exhorter, et nous aujourd’hui, parce qu’il leur avait donné l’exemple. Il leur dit : « Ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, — faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous » (v. 9).

Nous voyons par les salutations de Paul que des chrétiens se trouvaient dans la maison de Néron, sans doute amenés à Christ en entendant l’apôtre dans ses comparutions, car il dit au chap. 1, v. 13 que ses « liens sont devenus manifestes comme étant en Christ, dans tout le prétoire et à tous les autres ». On reconnaissait donc que Paul n’était pas emprisonné comme malfaiteur, mais comme serviteur du Seigneur. Il portait ainsi l’évangile devant les nations et les rois, comme avait dit le Seigneur à Ananias en Actes 9:15. Le Seigneur accomplit son œuvre dans ce monde par des moyens bien divers, mais il l’accomplit aujourd’hui comme alors.

 

8                        Épître aux Colossiens

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 75-79.

 

Comme les deux précédentes, l’épître aux Colossiens fut écrite durant la captivité de Paul à Rome. Colosses était une ville de la Phrygie, assez importante autrefois, dont l’emplacement n’est marqué aujourd’hui que par un gros village nommé Chonus. Paul traversa deux fois la Phrygie (Actes 16:6 ; 18:23), mais le récit des Actes ne mentionne pas Colosses. Épaphras y avait annoncé l’évangile (chap. 2:1). Paul semble n’avoir pas visité non plus Laodicée, à trente kilomètres de là. D’autres serviteurs du Seigneur travaillaient en même temps que Paul qui évangélisait là où d’autres n’avaient pas été (Rom. 15:20, 21), selon Ésaïe 52:15, qu’il cite : « Ceux à qui il n’a pas été annoncé verront, et ceux qui n’ont pas entendu, comprendront ». En toutes choses, Paul était dirigé par la Parole écrite, comme par les révélations qu’il recevait du Seigneur. Nous devons agir de même, nous laisser diriger, par la Parole de Dieu qui est complète, car nous n’avons plus de révélations à attendre.

Paul s’intéressait à toutes les assemblées, même s’il n’avait pas travaillé à leur formation, car elles se composaient de croyants et constituaient l’Assemblée, corps de Christ, dont Il est la tête dans le ciel ; car c’était pour révéler les grandes et précieuses vérités relatives à l’Assemblée que le Seigneur avait suscité ce grand apôtre. C’est pourquoi, au courant de ce qui se passait dans chacune, il leur adressait des lettres suivant les besoins dont il avait connaissance. Il a probablement écrit un plus grand nombre d’épîtres que celles que nous possédons, toutes utiles à ceux auxquels il les adressait ; mais celles qui nous ont été conservées sont divinement inspirées, parce qu’elles pouvaient être utiles à l’Assemblée tout le long de son histoire, tandis que d’autres, s’il y en eut, traitaient de vérités qui ne s’appliquaient qu’au temps et aux circonstances qui y avaient donné lieu.

Les frères de Colosses, quoique dans un assez bon état, étaient exposés à un danger très grave dont ils ne se rendaient probablement pas compte. Les croyants ne prospèrent spirituellement qu’en demeurant attachés au Seigneur, parce qu’ils forment un corps spirituel dont Il est la Tête. De même que le corps humain ne se développe pas s’il y a obstruction dans le courant de vie qui découle de la tête pour l’alimenter et le vivifier, ainsi le corps de Christ ne se développe ni ne fonctionne, s’il y a interruption dans le courant spirituel qui l’anime. Il faut donc veiller constamment à ce que rien ne vienne séparer les âmes de la personne du Seigneur, en les occupant d’autres choses que de Lui-même, tel que la Parole le présente. De bonne heure l’ennemi a cherché à détourner les croyants de la personne du Seigneur et à remplacer ce qu’il leur ôtait par des ordonnances charnelles de tous genres. L’état de ruine dans lequel se trouve actuellement la chrétienté, provient de cette activité de Satan dont nous voyons le début aux temps apostoliques.

Certains chrétiens sortis du judaïsme recommandaient l’observation de la loi, comme chez les Galates ; Paul en souffrit toujours. Ils plaçaient devant les Colossiens un mélange de loi judaïque et de philosophie, toutes choses qui ont pris fin à la croix de Christ, car ces enseignements s’appliquaient au vieil homme, crucifié avec Christ. Le Seigneur est ressuscité et le croyant l’est avec lui ; tout ce qui le caractérisait et s’appliquait à l’homme dans la chair a été, pour ainsi dire, laissé dans le tombeau ; on ne peut nourrir un être vivant avec ce qu’on tire d’un sépulcre. Dès que l’on nourrit un croyant de choses qui appartiennent à la loi ou à d’autres systèmes, on le sépare pratiquement de la puissance vivifiante qui est en Christ seul.

L’apôtre signale ce danger aux Colossiens (chap. 2), après avoir montré (chap. 1), les gloires de la personne du Seigneur. C’est donc lui qui suffit entièrement au croyant. Au chap. 2:9-10, il est dit qu’ « en lui toute la plénitude s’est plue à habiter », tout ce qu’est Dieu dans toutes ses perfections. Et c’est en lui, dit l’apôtre, « que vous êtes accomplis », c’est-à-dire rendus parfaits. On ne peut rien ajouter à ce qui est parfait. Dans une position parfaite, accompli en Christ, chef de toute autorité et de toute puissance, le chrétien n’a besoin de rien d’autre que de Christ ressuscité ; on ne peut rien lui donner, rien ajouter à sa position si merveilleuse en cherchant à lui faire accomplir des ordonnances qui s’appliquaient à lui dans son état de péché ; mais maintenant il est mort avec Christ. Il lui faut donc les choses célestes, toutes concentrées dans la personne du Seigneur, et non des ordonnances, ombres de la réalité qu’il possède en lui.

Toutes les exhortations pratiques données dans cette épître se rapportent à ce grand sujet. Le croyant a tout en Christ ; il est ressuscité avec lui, encore sur la terre, il est vrai, c’est pourquoi il doit chercher les choses qui sont en haut, là où Christ est assis à la droite de Dieu, y penser et non à celles de la terre (Chap. 3:1-3). Là, en Christ dans le ciel, il n’y a ni loi, ni philosophie, il y a en lui tout ce qu’il faut pour le développement de la vie chrétienne. C’est pourquoi il faut se nourrir de Christ, par le moyen de sa Parole pour progresser dans la vie divine.

Les exhortations des chap. 3 et 4 ressemblent un peu à celles de l’épître aux Éphésiens. Les enfants sont aussi exhortés à obéir à leurs parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur (chap. 3:20). On voit l’importance que le Seigneur met à l’ordre dans les familles chrétiennes où tout doit s’accomplir en rapport avec ses propres caractères. Le chrétien a revêtu le nouvel homme, « renouvelé en connaissance selon l’image de celui qui l’a créé » (chap. 3:10). C’est pourquoi on doit voir les caractères de Christ dans celui qui le possède comme vie, et non ce qui tient aux différences de races et de conditions ; distinctions qui existent encore ici-bas (chap. 3:11). Puis viennent les exhortations appliquées aux diverses relations dans lesquelles tout croyant peut se trouver : femmes, maris, enfants, parents, serviteurs et maîtres (chap. 3:13-25 ; 4:1).

Le chap. 4 se termine par des recommandations et des salutations diverses. Il mentionne Épaphras qui combattait pour les Colossiens par des prières, moyen très efficace de leur être en bénédiction, service que nous pouvons tous accomplir ; il portait sur son cœur les saints de Laodicée et de Hiéropolis. Luc le médecin, auteur de l’évangile qui porte son nom et du livre des Actes, n’avait pas abandonné Paul depuis qu’ils voyageaient ensemble. L’apôtre exprime le désir que cette lettre soit lue dans l’assemblée de Laodicée et que les Colossiens lisent celle qui viendrait de Laodicée, probablement l’épître aux Éphésiens, écrite en vue de tous. Paul fait dire à Archippe : « Prends garde au service que tu as reçu dans le Seigneur, afin que tu l’accomplisses ».

Toutes ces mentions montrent quel intérêt Paul portait à tous les saints individuellement comme en assemblée. Il termine par sa salutation écrite de sa propre main, parce que, sauf celle aux Galates, il dictait ses épîtres à l’un ou l’autre de ses compagnons. Il désirait aussi que les Colossiens se souvinssent de ses liens, en souhaitant que la grâce fût avec eux.

 

 

9                        Première épître aux Thessaloniciens

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 96-99.

Nous avons vu, par le court récit du chap. 17 des Actes, que Paul n’avait pu séjourner longtemps à Thessalonique : les Juifs ayant soulevé le peuple contre lui et ses compagnons, les frères l’envoyèrent avec Silas, de nuit, à Bérée. Paul resta cependant assez longtemps à Thessalonique pour qu’une assemblée s’y formât et le premier chapitre de notre épître montre la vigueur, la réalité de la vie de Dieu chez ces jeunes chrétiens.

Les ayant laissés aux prises avec la persécution, Paul craignait que leur foi ne chancelât. C’est pourquoi, arrivé de Bérée à Athènes, il leur envoya Timothée pour les affermir, les encourager et avoir par lui de leurs nouvelles. Celles-ci se trouvant excellentes à cause de leur foi et de leur amour, Paul leur écrivit cette lettre pour les fortifier en leur adressant quelques exhortations et en complétant l’enseignement qu’il leur avait donné relativement à la venue du Seigneur. C’est probablement la première que Paul ait écrite. Par elle nous voyons la fraîcheur de vie de ces Thessaloniciens qui s’étaient tournés des idoles vers Dieu et dont la vie se caractérisait par deux grands faits propres à tout croyant : « Servir le Dieu vivant et vrai », et : « Attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (Chap. 1:9 et 10). Aussi la venue du Seigneur occupe-t-elle une grande place dans cette épître, dont chaque chapitre se termine en la mentionnant sous divers aspects. Elle « nous délivre de la colère qui vient » (chap. 1:10). Au moment de la venue du Seigneur, la joie de Paul sera grande de retrouver les Thessaloniciens que Satan l’avait empêché d’aller voir (chap. 2:19, 20). La sainteté caractérisera l’apparition du Seigneur avec tous ses saints et les croyants ont à le réaliser déjà dans leur marche (chap. 3:13). Lorsque le Seigneur viendra, tous les saints ressuscités et transmués seront avec lui (chap. 4:13-17). À la fin du chap. 5, on lit : « Or le Dieu de paix lui-même vous sanctifie entièrement ; et que votre esprit, et votre âme, et votre corps tout entiers, soient conservés sans reproche en la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera » (v. 23, 24).

Les Thessaloniciens attendaient journellement le Seigneur, comme nous devons tous l’attendre ; mais il leur manquait la lumière sur un point important que nous connaissons. Ils ne distinguaient pas sa venue pour enlever les siens au ciel, de sa venue en gloire pour régner ici-bas. C’est pourquoi ils étaient en peine pour ceux des leurs délogés, pensant que, absents à ce moment, ils seraient privés du bonheur de voir le Seigneur et d’être avec lui. Paul les éclaire en leur disant : « Or nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance à l’égard de ceux qui dorment, afin que vous ne soyez pas affligés comme les autres qui n’ont pas d’espérance. Car si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus » (chap. 4:13, 14). Puis il leur explique (v. 15 à 18) comment Dieu amène avec le Seigneur ceux qui se sont endormis. Avant sa venue en gloire, le Seigneur ressuscitera ceux qui sont délogés et transmuera les vivants ; tous monteront ensemble à sa rencontre en l’air, pour revenir un peu plus tard avec lui en gloire. Loin d’être privés du Seigneur lorsqu’il viendra en gloire, c’est des délogés premièrement qu’il s’occupera pour les ressusciter. Ainsi personne ne manquera à ce glorieux et prochain rendez-vous. « Et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles ».

Mais si les Thessaloniciens n’étaient pas au clair sur la venue du Seigneur pour enlever les siens, ils connaissaient mieux (chap. 3) ce qui avait rapport à sa venue pour établir son règne, ce que Paul appelle souvent « le jour du Seigneur » qui surprendra le monde comme un voleur dans la nuit. Durant le court espace de temps qui s’écoulera entre sa venue pour enlever les siens, et celle où il revient avec eux pour exercer ses jugements et établir son règne, les hommes ne posséderont plus aucune lueur de la vérité et rechercheront, comme ils le font déjà maintenant, le remède à leurs maux en eux-mêmes. Ils auront trouvé deux hommes extraordinairement puissants et intelligents, l’antichrist, roi des Juifs, et le chef de l’empire romain, désignés tous les deux, en Apoc. 13, par un terme humiliant pour des hommes célèbres, savoir celui de bêtes, car tel est l’homme qui rejette Dieu ; il a perdu ce qui le distingue de l’animal, car il avait été créé pour être en relation avec Dieu, dépendant de Lui, ce que la bête n’est pas. Dans leur aveuglement, confiants en ces deux personnages, les hommes croiront avoir trouvé la paix que l’on recherche tant aujourd’hui, et alors ils diront : « paix et sûreté ». À ce moment-là, au milieu des ténèbres morales dans lesquelles le monde s’organisera, le Seigneur apparaîtra soudain et une subite destruction les atteindra, sans qu’il en échappe un seul.

Dans les v. 4 à 11, Paul exhorte les croyants à réaliser une marche en rapport avec la lumière dans laquelle ils se trouvent, puisqu’ils sont appelés « fils de lumière et fils du jour ». Ils ne seront pas surpris par ce jour du Seigneur, car ils seront avec Lui, « le soleil de justice » (Mal. 4:2), qui sera un jour brûlant comme un four pour les méchants, mais qui apportera la délivrance et la prospérité au résidu juif après de cruelles persécutions sous le court règne des deux hommes dont nous venons de parler.

 

 

10                  Seconde épître aux Thessaloniciens

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 115-116.

Nous avons déjà mentionné, à propos des épîtres aux Galates et aux Colossiens, l’activité de certains docteurs judaïsant ; ce fut pour Paul une cause de douleur que de les voir chercher à nuire aux chrétiens par un enseignement erroné. Cette activité néfaste atteignit les Thessaloniciens. Pour rétablir la vérité au sujet de la venue du Seigneur, Paul écrivit cette seconde épître.

Les croyants de Thessalonique avaient toujours à craindre les persécutions qui commencèrent lorsque Paul était au milieu d’eux. Certains personnages en profitaient pour leur faire croire que l’époque des jugements du Seigneur sur ce monde était arrivée. Ils se servaient même, paraît-il, du nom de Paul pour faire accepter leur erreur. C’est pourquoi il leur dit (chap. 2:1-2) : « Nous vous prions, frères, par la venue de notre Seigneur Jésus Christ et par notre rassemblement auprès de lui, de ne pas vous laisser promptement bouleverser dans vos pensées, ni troubler, ni par esprit, ni par paroles, ni par lettre, comme si c’était par nous, comme si le jour du Seigneur était là ». Puis il leur en donne les preuves (v. 3-12). Ce jour-là aucun des croyants appartenant à l’Église ne se trouvera mêlé aux hommes, puisqu’ils auront tous été enlevés auparavant. Ils ont leur part de souffrances dans ce monde en attendant le Seigneur, parce que, comme lui, ils n’en sont pas. Aussi, il vient les délivrer de la colère qui vient (1 Thess. 1:10). Ils n’ont donc aucune part aux calamités qui tomberont sur les hommes après l’enlèvement de l’Église. Ce jour n’arrivera pas avant l’établissement de l’apostasie, c’est-à-dire le rejet absolu du christianisme et de toutes ses formes, lorsque l’antichrist se sera fait passer au milieu des Juifs comme le Christ, se présentant lui-même comme Dieu dans son temple à Jérusalem. À ce moment Satan aura conduit l’homme à obtenir ce qu’il lui disait en Eden, s’il l’écoutait : « Vous serez comme Dieu ». Les principes qui aboutiront opéraient déjà alors, sous le nom de « mystère d’iniquité » (v. 7) et aujourd’hui il approche de son plein épanouissement. Ce qui l’empêche, c’est la présence de l’Église, en vue de laquelle Dieu retient les progrès du mal par la puissance du Saint Esprit, parce qu’il veut encore sauver des pécheurs et former les siens à attendre le Seigneur en les détachant des choses de ce monde. Les temps que nous traversons sont extrêmement sérieux, mais ils s’écoulent rapidement, c’est pourquoi ceux qui ne peuvent pas attendre le Seigneur pour être préservés de la colère qui vient doivent se hâter d’accepter le salut en détournant leur cœur d’un monde qui mûrit pour les jugements. C’est encore « Aujourd’hui » le jour du salut ; demain, peut-être, la porte sera fermée.

 

 

11                  Première épître à Timothée

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 116-118 et 136-137.

Les deux épîtres à Timothée et celle à Tite sont adressées à deux fidèles serviteurs du Seigneur et, en même temps, de Paul. Revêtu de l’autorité apostolique, il pouvait désigner des frères aptes à accomplir un travail au milieu des saints. Depuis lors, aucun serviteur de Dieu ne peut envoyer ici ou là d’autres serviteurs avec des ordres à exécuter. Chacun d’eux dépend du Seigneur pour accomplir son travail.

Paul avait prié Timothée de rester à Éphèse, alors qu’il allait en Macédoine (chap. 1:3). Ce passage nous fait comprendre que l’apôtre n’était plus prisonnier à Rome. La Parole ne donne pas de détail sur sa libération, mais la chose se confirme encore par l’épître à Tite et par certaines mentions dans 2 Timothée que Paul se rendit en Grèce, en Macédoine, en Crête et ailleurs. Il disait aux Philippiens : « Il est plus nécessaire à cause de vous que je demeure dans la chair. Et ayant cette confiance, je sais que je demeurerai et que je resterai avec vous tous pour l’avancement et la joie de votre foi, afin qu’en moi vous ayez plus abondamment sujet de vous glorifier dans le Christ Jésus, par mon retour au milieu de vous » (Phil. 1:24-26). Et en Héb. 13:23, il dit : « Sachez que notre frère Timothée a été mis en liberté : s’il vient bientôt, je vous verrai avec lui ». Paul paraissait donc sûr d’être relâché.

Paul était donc en route pour la Macédoine (chap. 1:5) avec Timothée, qu’il pria de rester à Éphèse, afin d’ordonner à certaines personnes de ne pas enseigner des doctrines étrangères qui avaient cours alors et de ne pas s’attacher à des fables et des généalogies interminables qui ne produisaient aucune édification, mais, au contraire, des disputes de mots. L’enseignement des Écritures est toujours clair et produit, en ceux qui le reçoivent, « l’amour qui procède d’un cœur pur et d’une bonne conscience et d’une foi sincère ». Tout enseignement procurant d’autres résultats ne provient pas de la source pure qui a pour objet la connaissance du Seigneur et une vie conforme à la sienne.

Espérant bientôt rejoindre Timothée, Paul lui donne dans chaque chapitre des exhortations et des enseignements divers pour une marche et une conduite qui conviennent à la « maison de Dieu qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (chap. 3:15). Au chap. 2, il veut que l’on prie pour tous les hommes, pour les autorités, selon la pensée de Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (v. 4). Au chap. 3, il indique les caractères que doivent revêtir ceux qui ont un service dans l’assemblée. Au chap. 4, il parle des enseignements fâcheux qui ne sont pas selon la pensée de Dieu et qui s’introduisaient dans l’assemblée. Il montre aussi que l’exercice corporel est utile à peu de choses, faisant allusion aux divers jeux qui se pratiquaient chez les Grecs et qui sont entrés dans nos mœurs aujourd’hui, tandis que « la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de la vie qui est à venir » (v. 8). Puis il adresse des exhortations qui concernent Timothée lui-même (v. 13).

Le chap. 5 contient des directions relatives aux veuves et aux anciens. Au chap. 6, il est question des esclaves qui doivent se conduire de manière à ce que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés. Puis l’apôtre met Timothée en garde contre ceux qui donnent un enseignement contraire à la pensée de Dieu et qui estiment que la piété est une source de gain, tandis que « la piété avec le contentement est un grand gain » (v. 6). Au v. 9, il dit que « ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi, et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs ». Timothée devait fuir ces choses, et nous aussi, et poursuivre, non l’argent, mais « la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur d’esprit ; et combattre le bon combat de la foi ». Il devait garder tout ces enseignements « jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus Christ » ; parce que, à ce moment-là, les résultats de la fidélité seront manifestés, ainsi que ceux de toute l’œuvre du Seigneur, qu’il a accomplie dans l’abaissement le plus profond, le mépris et la souffrance. Ceux qui l’auront suivi dans ce chemin-là verront aussi les conséquences de leur marche et de leur service. Tous les croyants sont ceux qui suivent le Seigneur.

Cette épître est très simple, à la portée de chacun. Il importe d’en prendre connaissance attentivement pour savoir comment agir dans les diverses circonstances où nous nous trouvons et réaliser la piété qui consiste à craindre Dieu pour lui obéir dans une pleine confiance en sa bonté, en son grand amour, piété qui l’honore et qui produit des conséquences éternelles.

 

 

12                  Deuxième épître à Timothée

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 137-140 ; 155-158 ; 175-176

Lorsque Paul écrivit cette épître, les circonstances avaient bien changé pour lui. De nouveau, prisonnier à Rome, il endurait une captivité beaucoup plus dure que la première. La Parole ne dit pas dans quelles circonstances il avait été arrêté, ni quel temps s’était écoulé entre ces deux captivités. Une persécution contre les chrétiens sévit à Rome sous l’empereur Néron, devenu très cruel depuis la première détention de Paul. C’est probablement à cette occasion que l’apôtre aurait été jeté au cachot. Dans sa première captivité, il occupait un logement qu’il avait loué ; il y recevait tous ceux qui venaient vers lui, prêchait le royaume de Dieu et enseignait les choses qui regardent le Seigneur Jésus Christ, « avec toute hardiesse, sans empêchement » (Actes 28:30, 31), tandis que, dans sa seconde captivité, il dit : « J’endure des souffrances jusqu’à être lié de chaînes comme un malfaiteur » (2 Tim. 2:9). Mais ses souffrances ne détournaient pas ses pensées du service qu’il avait reçu du Seigneur pour l’édification de son Assemblée. Il savait que de fausses doctrines s’étaient introduites chez les chrétiens. Lors du voyage qu’il fit après sa première détention, il avait laissé Timothée à Éphèse, pour ordonner à certaines personnes de ne pas enseigner des théories étrangères. De nouveau il s’adresse à ce fidèle serviteur pour l’encourager. Timothée était relativement jeune ; l’état général des chrétiens s’affaiblissait, en sorte qu’il avait besoin d’être fortifié pour poursuivre son service dans ces temps fâcheux.

Paul lui rappelle (ch. 1) les ressources immuables auxquelles il pouvait puiser pour être soutenu dans son service. On voit (v. 3 et 4) l’affection touchante qui existait entre ces deux serviteurs de Dieu. Paul se souvenait des larmes de Timothée, probablement lors de son arrestation. Puis il lui rappelle la foi sincère qui était en lui, car c’est par la foi que nous puisons dans les ressources divines dont nous avons besoin en tout temps. Cette foi avait caractérisé sa mère Eunice et sa grand-mère Loïs. Il avait appris les choses de Dieu dès son jeune âge. Nous voyons quel avantage il y a, pour les enfants, d’écouter les enseignements de la Parole de Dieu ; il en résulte une bénédiction pour toute la vie et pour l’éternité. Outre la foi, Timothée avait un don de grâce de Dieu qu’il reçut par l’imposition des mains de Paul. Il devait le ranimer et le faire valoir, ne pas se laisser aller au découragement d’autant plus qu’il possédait le Saint Esprit, qui n’est pas « un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil ». Avec un tel Esprit, Timothée pouvait utiliser son don, dans n’importe quelles circonstances.

Il ne devait pas non plus « avoir honte du témoignage du Seigneur, ni de Paul son prisonnier ». Paul était de nouveau prisonnier, lui qui avait fondé l’Assemblée de la part du Seigneur ; le désordre s’introduisant dans la maison de Dieu, Timothée aurait pu juger inutile de tenir ferme dans ce témoignage. Mais c’est celui du Seigneur, et Paul, son prisonnier. Qu’y a-t-il de plus grand et de plus glorieux que le Seigneur et par conséquent son témoignage ? C’est lui qui le rend, au milieu d’un monde hostile, au moyen de ses faibles rachetés. Que son serviteur, par lequel il l’avait établi, fût captif, cela ne changeait rien à la gloire, à la puissance, à l’amour du Seigneur. C’est pourquoi, au lieu d’avoir honte d’être attaché à ce témoignage, source de tant de souffrances pour les chrétiens fidèles, Timothée devait en prendre sa part comme à une chose glorieuse et dont la gloire serait manifestée éternellement.

Paul avait eu à Rome une consolation au moyen d’un frère d’Éphèse, nommé Onésiphore, qui n’avait pas craint de le chercher soigneusement et l’avait trouvé. Cette manifestation de l’amour fraternel l’exposait à être emprisonné lui-même, car dans les temps de persécution, ceux qui témoignaient leur sympathie aux prisonniers leur étaient assimilés. Le dévouement d’Onésiphore avait d’autant plus de prix pour Paul que d’autres s’étaient détournés de lui, au nombre desquels il nomme Phygelle et Hermogène.

Nous voyons (ch. 2:14-26) comment agir quand le mal doctrinal, l’erreur, entre dans l’Église et ne peut plus être expulsé. Il faut s’en séparer, et une fois séparé, ne pas demeurer seul, mais poursuivre ensemble ce qui est juste pratiquement : la foi, l’ensemble de la vérité que la foi saisit ; l’amour, qui doit caractériser toute l’activité chrétienne ; la paix, qui élève l’âme au-dessus des influences fâcheuses, pour manifester toujours les caractères du Seigneur Jésus. La poursuite de ces choses conduit à retenir les enseignements de la Parole au sujet du rassemblement selon la vérité, et l’on pourra, quoique peu nombreux, réaliser ce qu’est l’assemblée.

Au chap. 3, Timothée est averti qu’il viendra des temps fâcheux dans les derniers jours, caractérisés aux v. 2 à 5. À cela nous reconnaissons que nous y sommes arrivés. Beaucoup de ces caractères appartiennent aux hommes qui avaient abandonné la connaissance du vrai Dieu au commencement (Rom. 1) ; mais ce qui rend ce mal plus grave et odieux, c’est qu’au lieu d’être pratiqué par des idolâtres, il l’est par des hommes qui portent encore le nom de chrétien : « Ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance » (v. 5). Il faut s’en détourner, dit l’apôtre, et il rappelle à Timothée qu’il avait pleinement compris sa marche fidèle au travers de toutes les souffrances qu’il avait endurées ; tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés. Timothée devait demeurer dans ce qu’il avait appris de Paul lui-même et dont il avait été pleinement convaincu. Dès son enfance, il connaissait les saintes lettres, la Parole de Dieu qui rend sage à salut par la foi qui est dans le Christ Jésus. Elle a la même valeur dans tous les temps ; elle « est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (v. 16:17). Ce que Paul rappelle à Timothée, de la part de Dieu, il le place devant chaque enfant de chrétien qui a eu le privilège d’entendre les enseignements de la Parole dès son enfance. Il n’y a aucun autre moyen pour être conduit dans le bien au milieu du mal qui caractérise ce monde, et aucun autre moyen pour obtenir le salut.

On voit encore l’importance qu’il y a d’être rendu attentifs à la Parole dans les exhortations de Paul : « Je t’en adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui va juger vivants et morts, et par son apparition et par son règne : prêche la parole, insiste en temps et hors de temps, convaincs, reprends, exhorte, avec toute longanimité et doctrine » (chap. 4:1, 2). Pourquoi l’adjurer si solennellement de prêcher la Parole, en le mettant en présence de celui qui va exercer ses jugements sur les vivants et les morts ? Parce qu’il allait venir un temps, celui où nous vivons, où les hommes ne supporteraient plus le sain enseignement tel que les Écritures le donnent, parce que cette Parole les juge, leur dit la vérité quant à leur marche, choses désagréables à entendre pour le cœur orgueilleux des hommes. Alors, pour ne pas être incommodés et dérangés dans leur conduite, ils détournent leurs oreilles de la vérité, pour n’écouter que ce qui leur plaît, afin qu’ils puissent vivre à leur guise sans que leur conscience en pâtisse. Ces jours mauvais précèdent de très près la venue du Seigneur qui prendra à Lui tous les croyants et laissera pour les jugements ceux qui ferment leurs oreilles à la vérité. Combien cela est sérieux pour tous ceux qui, comme Timothée, ont été enseignés dès leur enfance au moyen de la Parole de Dieu et qui s’en détournent sans persévérer comme lui dans la foi et les saintes lettres qui seules rendent sage à salut.

Quant à Paul, arrivé au terme de sa course, il avait « combattu le bon combat, achevé la course, et gardé la foi ». Désormais, dit-il : « m’est réservée la couronne de justice que le Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment son apparition » (v. 8). Le Seigneur juge justement de la conduite et du travail de chacun pour le récompenser en son jour. Ceux qui aiment son apparition, vivent en vue du jour où toute leur conduite sera manifestée dans la pleine lumière de Dieu.

Dans les derniers versets, Paul parle à Timothée de ses circonstances personnelles. Il le prie de s’empresser de venir vers lui. Il était seul dans la terrible prison dont à chaque instant la porte pouvait s’ouvrir pour le conduire au supplice ; Démas l’avait abandonné, Crescens était allé en Galilée, Tite en Dalmatie. Luc seul restait avec lui. Timothée devait amener avec lui Marc qui lui était utile pour le service. Il quitta Paul au commencement de l’œuvre, pour s’en aller avec son oncle Barnabas, à Chypre (Actes 15:36-38) ; mais il avait jugé cet écart, puisque l’apôtre le réclamait. Malgré la proximité de sa fin, qui pouvait se produire d’un jour à l’autre, Paul ne cessait de s’occuper du service que le Seigneur lui avait confié. Il suivait de près son divin Maître.

L’hiver approchait, et l’on sait ce qu’étaient ces prisons de Rome où l’on jetait les chrétiens sans aucun égard. Paul avait besoin de son manteau qu’il avait laissé en Troade, chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins, sans doute les Écritures de l’Ancien Testament. Il avait besoin de ces choses comme un homme en pleine activité. Nous voyons par là que, dans le voyage qu’il fit après sa première captivité, il avait été en Troade et à Milet, où il laissa Trophime malade (v. 20), et Eraste à Corinthe.

Un certain Alexandre avait montré beaucoup de méchanceté envers Paul, il y était sensible ; « le Seigneur lui rendra selon ses œuvres », dit-il, et il ajoute cette constatation (v. 16) : « Dans ma première défense, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné ; que cela ne leur soit pas imputé ». Cela fait comprendre le danger couru par ceux qui témoignaient publiquement leur sympathie pour les chrétiens lors de leur comparution devant Néron. L’apôtre ne leur en voulait pas. Son Maître aussi avait été laissé seul, et même renié lorsqu’il fut cité devant ses juges. Mais le Seigneur connaissait son serviteur mieux que personne ; il avait passé par les mêmes circonstances et, écrit Paul, « il s’est tenu près de moi, et m’a fortifié, afin que par moi la prédication fût pleinement accomplie, et que toutes les nations l’entendissent : et j’ai été délivré de la gueule du lion » (v. 17). Lorsque le Seigneur arrêta Saul, sur le chemin de Damas, en envoyant Ananias auprès de lui, il lui dit : « Va ; car cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les nations et les rois, et les fils d’Israël ; car je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Actes 9:15, 16).

Paul arrivait au terme de son ministère. Il avait porté le nom du Seigneur devant les nations. Il l’avait fait entendre à Félix, à Festus, au roi Agrippa, et maintenant le chef de l’empire romain, dans la personne de Néron, venait d’entendre la prédication de Jésus. C’est pourquoi Paul dit que la prédication était pleinement accomplie, et au v. 7 : « J’ai achevé la course ». Cette fois-ci, il ne fut pas condamné, puisque le Seigneur le délivra de la gueule du lion qu’était Néron, comme un lion toujours prêt à fondre sur sa proie. Nous ne savons combien de temps il vécut encore, et si Timothée et Marc purent arriver à temps. Mais il était sûr d’une chose, c’est que le Seigneur le délivrerait quoi qu’il en fût, et le conserverait pour son royaume céleste. Il y est arrivé, et nous savons que, dans peu de temps, tous ceux qui connaissent Jésus comme leur Sauveur, le verront portant la couronne de justice que le juste Juge lui aura donnée. Il y en aura une aussi pour tous ceux qui aiment son apparition, c’est-à-dire qui marchent de manière à ne pas craindre que leur conduite soit manifestée à la grande lumière du jour des rétributions. Serons-nous de ce nombre ?

 

 

13                  Épître à Tite

 

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 176-178

La première épître à Timothée montre que Paul fut mis en liberté après deux ans de captivité à Rome, et qu’il visita un certain nombre d’assemblées en Macédoine, en Asie, ailleurs peut-être ; la Parole n’en parle pas. Comme il laissa Timothée à Éphèse pour surveiller l’enseignement, il laissa Tite en Crète pour organiser les assemblées de cette île.

Cette épître précède donc la seconde à Timothée, écrite de Rome. Les Actes ne mentionnent pas Tite, mais bien l’épître aux Galates qui nous apprend (chap. 2) qu’il accompagna Paul à Jérusalem pour le concile qui s’y tint (Actes 15). Plus tard, Paul l’envoya à Corinthe, désireux de savoir l’impression produite sur les chrétiens de cette ville par sa première épître. Nous lisons en 2 Cor. 7:13, 14, qu’il en rapporta de bonnes nouvelles. Après cela Paul l’envoya de nouveau à Corinthe avec d’autres frères pour exhorter cette assemblée à achever une collecte en faveur des chrétiens pauvres de la Judée. En 2 Cor. 8:23, Paul l’appelle : « Mon associé et mon compagnon d’œuvre auprès de vous ». En 2 Timothée 4:10, il dit qu’il alla en Dalmatie, depuis que Paul le laissa en Crète, preuve qu’ils visitèrent ensemble cette île. C’est tout ce que la Parole nous dit de ce précieux collaborateur du grand apôtre des nations.

Paul lui écrit : « Je t’ai laissé en Crète dans ce but, que tu mettes en bon ordre les choses qui restent à régler, et que, dans chaque ville, tu établisses des anciens, suivant que moi je t’ai ordonné. » (Chap. 1:5). Puis il lui décrit les caractères que doivent revêtir ces anciens ou surveillants, placés à la tête des assemblées ; ils les enseignaient même (1 Tim. 5:17). Plus tard dans l’Église on en fit des évêques dont le pouvoir était très étendu, contrairement aux enseignements donnés par Paul. On remarquera qu’un de leurs traits distinctifs était que leurs enfants fussent fidèles et non accusés de dissipation ou insubordonnés. Plus tard l’Église enseigna, et non la Parole, que les prêtres et les évêques ne devaient pas se marier, ce qui contredit ce que nous voyons ici.

Doit-on encore établir des anciens, puisque Tite et Timothée le faisaient ? Nulle part Paul n’a chargé les assemblées d’en désigner. C’était un acte apostolique, et comme il n’y a plus d’apôtres, ni par conséquent de délégués d’apôtres, comme Timothée ou Tite, il n’existe plus d’autorité pour cela. Mais le Seigneur, Chef de l’assemblée, veille à ce que ce service s’accomplisse au moyen de frères qui sentent leur responsabilité, sous sa dépendance, sans prétendre revêtir une fonction pareille.

Au chapitre 2, Tite doit enseigner aux vieillards, hommes et femmes, comment ils ont à se comporter, ainsi qu’aux jeunes femmes et aux jeunes hommes ; il faudra qu’il soit lui-même un modèle de bonnes œuvres, afin que l’on n’ait rien à dire contre lui. Les esclaves doivent être soumis à leurs maîtres, pour que leur conduite soit un ornement de la parole enseignée, non celle de la loi, mais celle de la grâce. Apparue à tous les hommes, elle enseigne non seulement comment on peut être sauvé, mais que « reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres » (v. 11-14). Tite devait annoncer ces principes, exhorter, reprendre, « avec toute autorité de commander ». Aujourd’hui, si nous n’avons plus d’autorité apostolique, nous avons celle de la Parole de Dieu.

Au chap. 3, Tite rappellera aux chrétiens d’être soumis aux autorités et de se bien conduire vis-à-vis de tous les hommes. Ils montreront dans leur marche qu’ils ne sont plus ce qu’ils étaient autrefois, puisque la puissance du Saint Esprit les a régénérés. Ceux qui ont cru Dieu doivent être les premiers dans les bonnes œuvres, qui comprennent tout ce qui est bien et provient de la vie de Dieu dans le croyant.

Paul désire que Tite vienne auprès de lui à Nicopolis, où il avait résolu de passer l’hiver, près de Philippes au bord de la mer. Il est probable que c’est en passant en Troade en allant ou en revenant de Nicopolis, que Paul avait laissé chez Carpus le manteau qui lui faisait besoin à Rome dans sa prison. L’épître se termine par des exhortations, le souhait que la grâce soit avec Tite et des salutations de tous et pour tous.

 

 

14                  Épître à Philémon

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 197-199.

Dans cette épître, écrite vers la fin de la première captivité de Paul, il charge Philémon (v. 22) de lui préparer un logement, car il espérait que par leurs prières, il serait rendu aux frères.

C’est une lettre adressée à Philémon, un frère de l’assemblée de Colosse, pour lui recommander de recevoir Onésime, un esclave qui s’était enfui de chez lui. Sans doute cet Onésime ne se plaisait pas dans une maison de chrétiens pieux, où se rassemblaient les enfants de Dieu. Il désirait voir d’autres lieux, la belle ville de Rome et ses divertissements, s’affranchir de l’esclavage, jouir de la vie. Il souhaitait le bonheur et la liberté et Dieu le voulait aussi pour lui, comme pour tous les jeunes gens et pour chacun, mais un bonheur et une liberté selon ses pensées de grâce. Désirant rendre heureux Onésime, Dieu le conduisit, par des circonstances que nous ignorons, jusque dans la prison de Paul et là il fut converti. L’apôtre, qui connaissait intimement Philémon, sa grande piété, son amour qui rafraîchissait les entrailles des saints (v. 7), voulait que l’esclave fugitif retournât auprès de son ancien maître, mais on se représente qu’Onésime redoutait de le rencontrer.

Paul écrivit donc cette lettre à Philémon de sa propre main, pour lui recommander Onésime comme son propre enfant, car il était son enfant dans la foi. Il l’exhorte d’une manière touchante à le recevoir, non plus comme un esclave, mais comme un frère bien-aimé, comme il aurait reçu l’apôtre. C’était beaucoup exiger de lui ; mais Paul savait qu’il y avait en Philémon un trésor qui ne demande qu’à se dépenser. Ce trésor, c’est l’amour. On peut y puiser sans jamais l’épuiser. Il commence donc par lui dire qu’il «  a une grande liberté en Christ de lui commander à cause de l’amour ». C’est dans cet amour que Philémon posséderait de nouveau Onésime, non comme un esclave, mais au-dessus d’un esclave, comme un frère bien-aimé. Il lui serait utile, comme son nom l’indique : Onésime signifie « utile », « profitable ».

Ce cas est un bel exemple de ce que fait la grâce. La loi de Moïse interdisait de livrer à son maître le serviteur qui s’était enfui de chez lui. Il devait demeurer auprès de celui chez qui il avait trouvé refuge (Deutéronome 23:15, 16). Paul dit : « J’aurais voulu le retenir auprès de moi » (v. 13). Mais sous la grâce, sous le régime de l’amour, tout a changé. L’amour de Paul le renvoie, l’amour de Philémon le recevra. Objet d’un tel amour, Onésime servirait dans l’amour, reçu comme un frère : belle illustration de la manière dont Dieu reçoit le croyant par amour pour son Fils, qui l’a engendré en vertu de ses souffrances, comme Paul avait engendré Onésime dans ses liens (v. 10).

Les voies de Dieu envers Onésime ont été merveilleuses en le dirigeant, sans doute malgré lui, là où se trouvait Paul, afin de le convertir. On voit que le salut ne vient « ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rom. 9:16). Onésime avait couru après le monde et aurait abouti à l’enfer. Quelle grâce, dans une course pareille de rencontrer Dieu, qui vient exercer sa miséricorde. Souvent des jeunes gens, élevés par des parents chrétiens ou en contact avec des chrétiens, comme c’était le cas d’Onésime, désirent leur liberté, inspirés par Satan qui leur fait croire que le bonheur se trouve dans le monde qu’il gouverne et qu’en le cherchant là, ils seront heureux. Ils ne se rendent pas compte qu’ils vont « comme le bœuf à la boucherie » et « comme l’oiseau se hâte vers le piège et ne sait pas qu’il y va de sa vie » (Prov. 7:22, 23). Dans sa miséricorde infinie, Dieu peut intervenir pour les empêcher d’arriver à cette fin, en les arrêtant comme Onésime. Cependant c’est dangereux de suivre ce chemin, ne serait-ce qu’un moment, car la vie est fragile et le Seigneur peut venir d’un instant à l’autre.

 

 

15                  Épître aux Hébreux

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 213-215.

Ainsi que son nom l’indique, l’épître aux Hébreux a été écrite à des croyants qui avaient été tirés d’entre les Juifs. Nous lisons dans le livre des Actes, chap. 21:20, que des milliers de Juifs avaient cru au Seigneur Jésus, et qu’ils étaient tous zélés pour la loi. C’était très bien d’avoir cru ainsi, mais leur zèle pour la loi montrait qu’ils n’avaient pas compris que par la loi le croyant est mort à la loi : Galates 2:19 ; et que la loi n’ayant rien amené à la perfection, un nouvel ordre de choses avait été introduit par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus. En conséquence ils devaient se séparer de la nation et mettre de côté toutes les ordonnances de la loi pour suivre Christ, ainsi qu’il est écrit au chap. 13:13 : « Sortons donc vers lui, portant son opprobre ».

Du reste le jugement de Dieu allait fondre sur la nation, car ils avaient mis à mort leur Roi, leur Messie, et ils refusaient la grâce qui leur avait été offerte depuis qu’il était monté dans le ciel. Les armées romaines allaient venir, détruire Jérusalem et le temple ; le peuple serait emmené captif parmi les nations où il se trouve encore aujourd’hui après bientôt deux mille ans. Il était donc de toute importance pour les croyants juifs de se séparer entièrement d’un ordre de choses sur lequel allait fondre la colère de Dieu.

Par le moyen de cette épître, Dieu a donc voulu donner un dernier avertissement à ces chrétiens pour qu’ils abandonnassent entièrement ces choses qui leur avaient été données par Moïse. Du reste, elles n’étaient que des ombres des choses célestes, et Christ les remplaçait toutes.

Pour arriver à son but, l’auteur inspiré, dans cette épître, montre à ceux auxquels il écrit, la supériorité de tout ce qu’ils possédaient en Jésus, sur tout ce qui avait été établi auparavant.

Chers enfants, nous aimerions vous voir, dès votre jeunesse, prendre la bonne habitude de faire vous-même des recherches dans la Parole de Dieu. Pour cette fois, prenez une feuille de papier, partagez-la en deux colonnes en faisant un trait au milieu. Au haut de la colonne de gauche vous mettrez ces mots : Ce que les Hébreux possédaient par la loi ; et au haut de la colonne de droite ceux-ci : Ce que les chrétiens possèdent en Christ. Après cela, vous lirez avec attention cette épître aux Hébreux, et lorsque vous y trouverez mentionnée une des choses que les Hébreux possédaient, notez-la dans la première colonne, puis regardez ce qui nous est dit en contraste comme étant la part des chrétiens, et mettez-le en face dans la seconde colonne. Par exemple : au premier verset, vous lisez : Dieu a parlé aux pères par les prophètes : mettez cela dans la première colonne. Ensuite : II nous a parlé dans le Fils ; mettez cela dans la seconde colonne. En continuant ainsi jusqu’à la fin de l’épître, vous verrez combien ce travail vous aidera à la comprendre ; et de cette manière vous saurez que, les anges, Moïse, Josué, Aaron, les sacrifices, le tabernacle et bien d’autres choses disparaissent pour faire place à la glorieuse personne de Jésus. De fait cette épître peut se résumer dans ces mots que nous trouvons au chap. 2:9 : « Nous voyons Jésus ». Nous avons tout en lui.

Dieu n’a pas trouvé bon de nous dire qui est celui dont il s’est servi pour nous donner cette épître. La chose importante est de savoir que, de fait, c’est Dieu lui-même qui en est l’auteur. Évidemment c’est par la plume d’un homme qu’il nous l’a donnée ; il l’a poussé par son Saint Esprit pour nous communiquer ses pensées par ce moyen.

Plusieurs choses font supposer que c’est l’apôtre Paul qui a été choisi pour cela : Elle est écrite d’Italie, et la Parole nous apprend que l’apôtre Paul a été captif à Rome. Elle nous parle aussi de Timothée, or Timothée était un fidèle collaborateur de l’apôtre. Enfin dans la seconde épître de Pierre, chapitre 3:15, 16, il nous est parlé d’une lettre de l’apôtre Paul distincte de ses autres lettres ; ce serait peut-être l’épître aux Hébreux.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur cette épître, mais cela prendrait trop de place dans les colonnes de la Bonne Nouvelle. En grandissant vous entrerez plus avant dans la connaissance des choses qui y sont contenues. Ce qu’il importe maintenant pour vous, c’est de pouvoir dire que vous voyez Jésus. C’est en lisant et en relisant la Parole de Dieu que vous serez rendus capables d’apprendre à connaître sa beauté.

 

 

16                  Épître de Jacques

La Bonne Nouvelle, 1933, pp. 231-233.

Le titre que prend Jacques dans cette épître est des plus remarquables : esclave de Dieu. Un esclave est quelqu’un qui fait la volonté d’un autre, quelqu’un qui n’a pas le droit de faire ce qui lui plaît. Jacques, donc, en toutes choses, faisait la volonté de Dieu.

Chers enfants, de qui faites-vous la volonté ? En obéissant à vos parents, vous faites la volonté de Dieu, car telle est sa volonté à votre égard. Il est écrit : Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère, c’est le premier commandement avec promesse, afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre (Éphésiens 6:1-3).

Obéissant ainsi à la volonté de Dieu, Dieu a pu se servir de Jacques pour nous donner cette épître. Elle est adressée à toute la nation d’Israël, aux douze tribus. Ces douze tribus étaient dispersées, elles le sont encore aujourd’hui.

Sans aucun doute, vous connaissez des Juifs ; vous en avez peut-être parmi vos petits camarades. Il faut vous souvenir qu’ils font partie du peuple de Dieu sur la terre. Nous avons à les aimer, car ils sont aimés de Dieu. Soyez bien assurés que nous ne pouvons pas les persécuter ou les mépriser sans encourir le jugement de Dieu. Il veille sur son peuple lors même qu’il a dû le disperser parmi les autres nations, parce que les Juifs ont rejeté leur Messie.

Vous remarquerez, en lisant cette épître que, au milieu de cette nation, il y a des personnes qui sont appelées « mes frères ». Ce sont ceux qui parmi les Juifs ont reçu le Seigneur Jésus comme leur Sauveur, ceux qui lui obéissent. Aux autres il dit : « vous », ou « à vous ». Ce sont ceux qui ont rejeté le Seigneur, qui l’ont mis à mort.

Dans cette épître, Dieu nous enseigne que nous avons à montrer notre foi par nos œuvres. Dans l’épître aux Romains il nous est dit que nous sommes justifiés par la foi, sans œuvres de loi (Rom. 3:28). Il est évident que cela ne sert rien de dire que nous croyions si nous agissons comme ceux qui ne croient pas : ce serait un non sens. C’est ce que nous trouvons dans cette épître de Jacques. Dieu, qui connaît les cœurs sait ce qui se passe au plus profond de notre être. Mais nous ne pouvons montrer notre foi à nos semblables que par le moyen de nos œuvres. Si Abraham n’avait pas obéi à l’Éternel lorsqu’il lui dit de sacrifier Isaac, il aurait simplement montré qu’il ne croyait pas que Dieu pouvait ressusciter son fils. Mais en le liant sur l’autel, et en prenant le couteau pour l’égorger, il montrait qu’il croyait simplement ce que Dieu lui avait dit. De la même manière Rahab, en recevant les messagers de Josué, montrait qu’elle croyait vraiment que le jugement allait fondre sur la ville de Jéricho. En mettant le cordon d’écarlate à la fenêtre elle proclamait qu’elle savait que Josué la délivrerait lorsque les armées d’Israël entreraient dans la ville. Elle montrait sa foi par ses œuvres. Les autres habitants de Jéricho, par leur manière de faire, montraient qu’ils ne croyaient ni au jugement qui allait fondre sur la ville, ni au moyen que Dieu mettait à la disposition de la foi pour y échapper. Ils ont péri dans le jugement, tandis que Rahab a été épargnée, elle et tous les siens.

Dans cette épître, ceux qui ne croient pas, sont invités à pleurer, car le jugement va les atteindre. Les autres sont des bien-aimés. Leur foi peut être éprouvée par diverses tentations, mais s’ils sont fidèles en montrant leur foi dans l’épreuve, ils sont bienheureux, et ils recevront la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment. — Chers enfants, je pense que vous croyez au Seigneur Jésus. S’il en est ainsi, souvenez-vous que vous ne pouvez pas agir comme ceux qui ne croient pas. Votre manière de faire, vos paroles, vos actes doivent montrer ce que vous êtes. En étant fidèles, vous rencontrerez des épreuves, des moqueries, mais pensez à la récompense de la fidélité : La couronne de vie ! vous aurez le privilège d’en jouir pendant l’éternité, et la joie inexprimable de la jeter un jour aux pieds du Seigneur Jésus (Apocalypse 4:10).

 

 

17                  Première épître de Pierre

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 11-13.

La première épître de Pierre a été adressée à des croyants Israélites qui étaient dispersés dans les provinces de l’Asie Mineure. Ces croyants avaient tout perdu pour ce qui concernait leurs privilèges d’enfants d’Abraham puisqu’ils étaient dispersés parmi les nations et bien loin de Jérusalem, le seul lieu où ils auraient pu jouir de la présence de l’Éternel et l’adorer.

L’apôtre Pierre, dans cette épître, leur montre qu’ils n’ont rien à attendre ici-bas que la souffrance, souffrance qui est pour un peu de temps, il est vrai ; mais que, par contre, ils ont dans la personne du Seigneur Jésus-Christ des bénédictions infiniment plus précieuses que tout ce qu’ils possèderaient comme Israélites s’ils étaient dans le pays de leurs pères, dans la terre d’Israël.

Comme chrétiens, ils avaient été choisis par Dieu le Père pour un héritage dans les cieux. Cet héritage n’était pas comme ce qui est sur la terre où tout se flétrit, se corrompt et se gâte. Toutes les choses qu’ils possédaient étaient si précieuses que des anges même désiraient les regarder de près.

L’apôtre les exhorte donc à se conduire en conséquence, c’est-à-dire comme des étrangers et des forains sur la terre, et à glorifier Dieu comme tels dans les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient, même s’ils étaient appelés à souffrir injustement. Du reste la fin de toutes choses s’était approchée ; à quoi bon s’attacher à des choses qui vont brûler ? En attendant d’être introduit dans les choses célestes, le croyant doit toujours faire le bien, veiller et prier, car le diable, comme un lion rugissant rôde sans cesse autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer. C’est une image effrayante que celle dont l’apôtre se sert pour nous montrer ce qu’est ce redoutable adversaire avec lequel nous avons à lutter sans cesse. Cela est bien propre à nous faire sentir notre extrême faiblesse et nous porter à crier au Seigneur sans cesse afin qu’il nous garde.

Parmi les exhortations qui nous sont données dans cette épître, il en est une qui s’adresse d’une manière toute particulière à la jeunesse (Chap. 5:5). Nous y voyons la soumission et l’humilité qui lui convient. Ce sont des choses qui font beaucoup défaut parmi les jeunes aujourd’hui ; on en voit même qui osent se moquer de ceux qui sont âgés, pensant qu’ils en savent beaucoup plus que ceux qui ont fait un long bout de chemin dans le monde et ont acquis bien des choses qui ne viennent que de l’expérience. Souvenez-vous, chers enfants, que les serviteurs de Dieu qu’il s’est plu à honorer ont tous été caractérisés par une grande humilité. On raconte que l’un d’eux rappelait ce passage dans presque toutes ses prières. Du reste, qui d’entre vous ne désirerait pas ressembler au divin Modèle, à Jésus, qui a été le plus humble des hommes ?

 

 

18                  Seconde épître de Pierre

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 34-36.

La seconde épître que l’apôtre Pierre a écrite est adressée aux mêmes personnes que la première, elle en est en quelque sorte la confirmation, ainsi que nous le montre le premier verset du chapitre 3 : « Je vous écris déjà, bien-aimés, cette seconde lettre ; et, dans l’une et dans l’autre, je réveille votre pure intelligence en rappelant ces choses à votre mémoire ». Ce simple fait nous montre combien l’apôtre avait conscience de l’importance des choses contenues dans ces épîtres.

L’apôtre Pierre avait été sur la sainte montagne et avait été témoin de la scène de la transfiguration du Seigneur. Il avait vu la gloire magnifique dans laquelle le Seigneur se trouvait ; pour ainsi dire, il avait vu un échantillon de la gloire de son royaume. Aussi il en avait remporté un souvenir inoubliable, et il rappelle dans cette épître les choses qu’il avait vues et entendues dans ce moment solennel. Puisque les saints sont des étrangers et des forains sur la terre et n’y ont aucune part, ils ne doivent jamais oublier quelle est leur glorieuse part dans ce royaume.

Dans le premier chapitre de notre épître, l’apôtre nous donne à connaître quelles sont les choses qui doivent caractériser ceux qui désirent avoir une riche entrée dans le royaume. À la foi qui s’empare de ces choses, il faut ajouter une sainte énergie qui nous permet d’aller de l’avant au travers des difficultés qui se trouvent sur notre chemin et nous rend capables d’aller jusqu’au bout ; c’est là la vertu. Cette énergie doit être dirigée avec sagesse et dans une bonne direction ; pour cela, il faut y ajouter la connaissance, connaissance qui ne peut être acquise qu’en lisant attentivement les Écritures. Cette connaissance doit nécessairement avoir une influence sur notre vie de chaque jour et nous amener à dominer nos passions, à mettre de côté nos désirs, en un mot la tempérance en toutes choses ; et cela d’une manière durable : la patience qui nous permet de persévérer jusqu’à ce que nous soyons arrivés dans le royaume. Ces choses ne peuvent s’obtenir que par des relations intimes de nos âmes avec Dieu, où, en d’autres termes la piété. Cette piété nous amènera tout naturellement à aimer ceux qui sont les objets du même amour que nous-même et qui ont eux aussi une part dans ce royaume : la piété développe l’amour fraternel. Enfin le dernier anneau de cette merveilleuse chaîne s’appelle l’amour, qui est la nature même de Dieu, car Dieu est amour. Lorsque nous avons ainsi joint les unes aux autres toutes ces vertus chrétiennes nous manifestons déjà sur la terre les caractères de ce royaume où tout est amour, où tout est de Dieu.

Au chapitre 2, l’apôtre nous met en garde contre les faux docteurs. Hélas ! Il y avait déjà de faux prophètes en Israël, et aujourd’hui les faux docteurs ne manquent pas. C’est contre eux que les jeunes ont besoin d’être mis en garde. Au chapitre 3, nous est annoncée la dissolution de toutes choses. C’est ainsi par le moyen de l’apôtre Pierre que Dieu nous apprend, ce que les savants n’ont pas encore pu nous enseigner ; comment le monde dans lequel nous sommes finira. Tout doit être consumé par le feu. Les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elles seront brûlées entièrement. Pourquoi donc s’attacher à ces choses qui vont passer ? Ne vaut-il pas mieux rechercher les choses qui concernent le royaume éternel de notre Seigneur Jésus-Christ, les désirer, les attendre et nous étudier à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui dans ce jour-là ?

 

 

19                  Première épître de Jean

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 45-47

La première épître de Jean est écrite à ceux qui croient au nom du Fils de Dieu afin qu’ils sachent qu’ils ont la vie éternelle, ainsi que nous le lisons au chap. 5:13.

Chers enfants, avez-vous la vie éternelle ? Pour en avoir l’assurance il ne faut pas regarder au-dedans de son cœur, mais il faut simplement croire ce que Dieu dit. Croyez-vous que Jésus est le Fils éternel de Dieu, que Jésus est le Sauveur ? Si vous croyez cela, vous avez la vie éternelle, c’est Dieu qui le dit. Jésus veut dire Dieu Sauveur.

Cette merveilleuse épître nous déclare qu’au commencement la vie éternelle a été manifestée, lorsque le Fils de Dieu est devenu un homme, que la Parole a été faite chair. Quelle vie toute entière à la gloire de Dieu que celle de Jésus, homme dans le monde. En croyant en lui nous recevons cette même vie. Nous comprenons que notre joie est accomplie lorsque nous la possédons et en jouissons. Cette joie est déjà la nôtre maintenant en traversant la terre, en attendant de pouvoir en jouir dans les cieux où elle aura son plein épanouissement.

Mais nous ne pouvons en jouir que dans la lumière, c’est-à-dire lorsque notre vie est entièrement manifestée à Dieu, lorsqu’il n’y a rien de caché dans tout ce que nous faisons, en lui confessant toutes nos fautes et en lui parlant de tout ce qui nous concerne. Ce sont là les grandes lignes de l’enseignement du premier chapitre.

Le chapitre 2 nous fait comprendre que dans la famille de Dieu il en est comme dans les familles des hommes. Il y a des degrés de développement divers. Nous y trouvons des pères, des jeunes gens et de petits enfants. Ces petits enfants sont ceux qui ne connaissent le Père que depuis peu de temps. Si vous connaissez le Père vous n’êtes encore que de petits enfants, mais si vous faites des progrès dans la connaissance du Seigneur Jésus, si vous gardez la Parole et êtes victorieux de la puissance du méchant, vous deviendrez des jeunes gens et peut-être des pères dans la famille de Dieu. On peut être un vieillard et n’être encore qu’un petit enfant dans la foi. Lisez à ce sujet : Hébreux 5:12-14 et 1 Corinthiens 3:1, 2.

Le chapitre 3 de notre épître nous montre le contraste entre deux familles : les enfants de Dieu et les enfants du diable. Les enfants de Dieu aiment et ils pratiquent la justice. Les enfants du diable n’aiment pas et ne pratiquent pas la justice. Caïn qui tua son frère était de la famille du diable. C’est un mauvais père que celui-ci. Si nous haïssons nos frères nous sommes de sa famille.

Le chapitre 4 nous fait connaître les trois grandes manifestations de cet amour de Dieu. 1° L’amour de Dieu pour nous, quand il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par son nom et pour qu’il fût la propitiation pour nos péchés. 2° L’amour de Dieu en nous, lorsque nous nous aimons les uns les autres ; enfin, en troisième lieu, l’amour de Dieu avec nous, lorsque, au jour du jugement, nous serons sans crainte avec Christ et semblables à Lui.

Le chapitre 5 nous enseigne que nous avons à aimer tous les frères, car tous ils font partie de la famille de Dieu, mais que nous ne pouvons marcher avec eux que dans le chemin de l’obéissance. Vous savez bien que si votre frère désobéit à votre père, vous devez vous éloigner de lui ; ce ne serait pas l’aimer vraiment que de l’encourager à continuer sa désobéissance en lui témoignant de l’affection dans un tel moment. Ce n’est qu’en vous séparant de lui que vous pourrez le ramener à de meilleurs sentiments. Enfin, depuis le v. 13, nous avons comme les conclusions tirées de cette épître : ce que nous savons en croyant au nom du Fils de Dieu. Voyez vous-même ce mot « nous savons » qui y est souvent répété. La foi nous donne des certitudes et nous permet de dire en toute assurance : Nous savons. Tous les lecteurs de cet article peuvent-ils dire tous les « nous savons » qui sont à la fin de cette épître ?

 

 

20                  Deuxième épître de Jean

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 76.

La deuxième épître de Jean a été écrite à une dame, qui est appelée la dame élue, et à ses enfants. L’apôtre lui dit sa joie d’avoir trouvé ses enfants marchant dans la vérité. Aux enfants qui lisent cet article et qui ont des mères pieuses qui leur enseignent la vérité, je me permets de leur demander si leur marche est semblable à celle dont l’apôtre Jean nous parle : Marchez-vous selon les enseignements de la Parole de Dieu, car c’est elle qui est la vérité ? Si vous agissez ainsi, vous réjouissez le cœur du Seigneur, celui de ses serviteurs et celui de votre bonne mère.

Dans cette épître l’apôtre Jean prend le titre d’ancien. Il était très âgé lorsqu’il nous a donné ces écrits. Ce sont les derniers écrits inspirés. Le but de cette épître est d’exhorter cette dame à ne pas recevoir dans sa maison et à ne pas saluer ceux qui n’apportent pas la saine doctrine, ou, si vous préférez, ceux dont l’enseignement n’est pas selon la vérité. L’amour ne peut se montrer qu’avec la vérité. L’erreur ôte toujours quelque gloire à la personne du Seigneur Jésus et nous prive de la jouissance de nos bénédictions.

Déjà dans sa première épître l’apôtre met en garde les petits enfants contre ceux qui les égarent (Chap. 2:17-27). Chacun a à veiller sur le mal, que l’on soit une sœur ou même un petit enfant dans la foi, de peur de participer aux mauvaises œuvres des faux docteurs.

 

 

21                  Troisième épître de Jean

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 77

La troisième épître de Jean a été adressée à un nommé Gaïus qui était un bien-aimé du Seigneur et aussi de Jean que l’on a surnommé le disciple de l’amour. Nous ne savons pas si ce Gaïus était le même que celui dont il est parlé plusieurs fois comme ayant été en relations avec l’apôtre Paul (Actes 19:29 ; 20: 4 ; Romains 16:23 ; 1 Corinthiens 1:14).

Mais ce que nous savons de lui, c’est qu’il agissait fidèlement dans tout ce qu’il faisait envers les frères et que même le témoignage de cette fidélité était rendu par eux devant l’assemblée. Un témoignage était rendu à son amour et les frères qui étaient venus vers Jean avaient rendu témoignage à sa vérité. Nous trouvons donc en lui les mêmes caractères que dans le disciple bien-aimé qui aimait dans la vérité. Il semble que la santé de Gaïus n’était pas très bonne, puisque l’apôtre dit qu’il souhaite qu’il soit en bonne santé comme son âme prospère. Être en prospérité dans son âme vaut mieux que les biens matériels, et même la santé, si précieuse qu’elle soit. Si nous prenons soin de nos corps, et avec raison, puisque Dieu nous les a donnés, nous avons aussi, et avec encore plus de diligence, à veiller sans cesse sur nos âmes dont le prix est inestimable. Gaïus était bien différent d’un Diotrèphe dont nous parle cette épître, qui ne cherchait que sa propre importance, et qui même chassait les serviteurs fidèles que le Seigneur envoyait pour édifier l’assemblée.

L’amour fait que ceux dont le cœur en est rempli se dépensent pour les autres, comme le faisait Gaïus. Au contraire, l’égoïsme ne recherche que sa propre importance et son propre intérêt.

Chers enfants, n’aimeriez-vous pas mieux ressembler à un Gaïus fidèle qu’à un Diotrèphe qui ne pensait qu’à sa propre importance ? L’enseignement donné dans cette épître est la contrepartie de celui qui se trouve dans la deuxième. Nous avons vu que dans celle-ci nous sommes exhortés à ne pas recevoir ceux qui apportent un mauvais enseignement ; et, dans la troisième nous avons à recevoir les serviteurs fidèles et à leur faire la conduite d’une manière digne de Dieu. En agissant ainsi nous faisons le bien.

 

22                  Épître de Jude

La Bonne Nouvelle, 1934, pp. 94-95

Nous arrivons à l’épître de Jude, la dernière qui se trouve dans nos Bibles avant l’Apocalypse. Elle nous a été donnée par l’apôtre qui porte ce nom. Nous en avons la preuve dans Luc 6:16, où les mêmes mots se trouvent : Jude, frère de Jacques. Cette épître présente quelques analogies avec la 2e épître de Pierre, mais dans le fond elle en diffère en ce sens que celle de Pierre nous fait connaître le péché qui se trouverait dans la chrétienté, tandis que Jude nous parle de son apostasie ou la mise de côté de la vérité. Cette épître est comme un petit tableau qui nous donne, sans détails, les formes que revêt ce mal dans ses grandes lignes. Certains hommes se sont glissés parmi les fidèles et avec leurs rêveries, leurs pensées charnelles, ont introduit le mal qui amènera inévitablement le jugement de Dieu sur la chrétienté.

Il y a trois grandes étapes dans la forme du mal dont il nous est parlé ici. La première préfigurée par Caïn, qui pensait pouvoir s’approcher de Dieu sans un sacrifice sanglant. Il oubliait qu’il était pécheur et que seul le sang de Christ nous permet de nous approcher de Dieu ; sans son sacrifice nous sommes perdus. Nous trouvons aujourd’hui bien des personnes qui pensent pouvoir être agréées de Dieu en vertu de leurs bonnes œuvres. Hélas ! Que sont nos œuvres devant celui qui a les yeux trop purs pour voir le mal ? Ensuite, nous trouvons Balaam qui donnait un mauvais enseignement à Balak pour avoir de l’argent ; et, en dernier lieu, Coré qui s’est révolté contre Dieu et a péri misérablement. Aussitôt que nous abandonnons les enseignements que Dieu nous donne dans sa bonne parole nous sommes sur la pente glissante qui entraîne les désobéissants vers l’obscurité des ténèbres éternelles.

Au milieu de ce triste tableau, nous trouvons des fidèles auxquels il est dit : Mais vous, bien-aimés. Ceux-ci ont à se souvenir des enseignements qui nous ont été donnés par les apôtres de notre seigneur Jésus Christ. Cette parole subsiste à toujours, elle nous enseigne à l’égard de toutes choses. Puis nous avons la prière ; en tout temps nous pouvons nous adresser à Celui qui a la puissance de nous garder sans que nous bronchions et de nous placer devant sa gloire avec abondance de joie. Enfin, nous pouvons attendre chaque jour Celui qui, dans sa miséricorde, viendra nous ravir de ce pauvre monde pour nous introduire dans le séjour de la vie éternelle, le ciel même. Après avoir fait le triste tableau que nous avons dans cette épître, Jude, au lieu d’être découragé, rend grâce en pensant à tout ce qu’est le Dieu dans lequel il se confie et dans lequel nous pouvons nous confier sans crainte. Faisons comme lui.

 

23                  Apocalypse

La Bonne Nouvelle, 1934, p. 111-113

Le livre de l’Apocalypse, dans son entier, est un livre de jugement. Le Seigneur y est présenté dans toute sa majesté de juge. Ce n’est plus l’humble Jésus duquel tous les misérables pouvaient s’approcher sans crainte, celui qui pardonnait aux plus coupables. Non, il est ici celui que Dieu a établi juge des vivants et des morts : Ses yeux sont comme une flamme de feu et ses pieds sont semblables à de l’airain brillant, comme embrasé dans une fournaise.

Jean, qui pourtant était son disciple bien-aimé, lorsqu’il le voit ainsi, tombe à ses pieds comme mort. Ce sera terrible d’avoir affaire avec lui après l’avoir refusé comme Sauveur. Tous les hommes, sans exception, devront paraître à la barre de son tribunal. Quelle chose effroyable que d’entendre sa voix puissante comme les grandes eaux prononcer une condamnation éternelle. Dieu veuille que ce ne soit la part d’aucun de nos lecteurs.

Il nous est impossible d’entrer ici dans quelques détails concernant ce livre, cela nous conduirait trop loin. Malgré cela nous aimerions attirer l’attention sur ce qui est promis au commencement du livre : Bienheureux celui qui lit, et ceux qui entendent les paroles de la prophétie de ce livre, et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche !

Il vaut donc la peine de porter une grande attention à ce livre. Il nous montre aussi ceux qui ont été lavés dans le sang de l’Agneau, assis sur des trônes dans le ciel pendant que se déroulent sur la terre les jugements effrayants qui nous sont dépeints, souvent sous une forme symbolique. Tous ces jugements aboutissent à l’établissement du règne de Christ. C’est lui qui est le Roi de gloire dont nous parle le Psaume 24. Son règne durera mille ans et il se terminera par la destruction des cieux et de la terre.

Après cela nous voyons, au chap. 21, un nouveau ciel et une nouvelle terre, dans lesquels jamais le mal n’entrera. L’Apocalypse se termine par l’assurance que l’accomplissement de ces choses est proche.

Celui qui rend témoignage de ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Puissions-nous tous ensemble dire, avec tous les rachetés : Amen ; viens, Seigneur Jésus.

Nous voici à la fin du Nouveau Testament. Peut-être que, avant que nous puissions commencer un nouveau sujet, le Seigneur sera venu chercher les siens. Alors le temps de la grâce sera terminé et le jour du jugement aura commencé.