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Les Petits Prophètes
Adrien Ladrierre (auteur probable)
Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Table des matières abrégée :
Tables des matières détaillée :
1.2 Chapitres 1 à 3 / Chapitre 1
2.1 À propos d’une invasion de sauterelles
2.3 La délivrance — l’Esprit répandu
2.3.1 Citation par Pierre en Actes 2
2.3.2 Citation par Paul en Romains 13
4.1 Circonstances de la prophétie
5.3 Le gros poisson et la fin de la mission de Jonas
5.4 Ce que dit le Seigneur de Jonas
6.5 Chapitre 5 et l’annonce du Messie
6.7 Citation de Michée dans Jérémie
7.2 Ninive, ville ennemie d’Israël. Ses fautes
7.4 Deux passages encourageants
9.2 Menaces et exhortations au peuple de Dieu, ch. 1 à 2:3
9.3 Annonce des jugements de Dieu contre les peuples païens, chap. 2:3 à 3:7
9.4 Prophéties sur la délivrance et la bénédiction d’Israël par le retour du Messie, ch. 3:8 à 20
10.1 La transportation et le retour à Jérusalem
10.2 Situation du peuple après son retour, au temps d’Esdras
10.3 La cessation de la construction du temple et le rôle des prophètes
10.5 Première parole prophétiue
10.6 Parole d’encouragement et seconde parole prophétique
10.7 Troisième parole prophétique
10.8 Quatrième parole prophétique
10.9 Application pour aujourd’hui
11.1 Contenu du livre de Zacharie
11.2 Circonstances de la première prophétie
11.3 Le livre des visions — chap 1:7 à 6:15
11.3.1 Première vision — chapitre 1:8-17.
11.3.2 Deuxième vision — chapitre 1:18-21.
11.3.3 Troisième vision — chapitre 2
11.3.4 Quatrième vision — chapitre 3.
11.3.5 Sixième vision — chapitre 5:1-4
11.3.6 Septième vision — chapitre 5:5-11
11.3.7 Huitième vision — chapitre 6:1-8
11.3.8 Neuvième vision — chapitre 6:9-15
11.4 Seconde partie du livre de Zacharie
11.4.1 Les jours de jeûne — chapitres 7 et 8
11.4.2 La charge contre le pays de Hadrac — chap. 9 à 11.
11.4.3 La charge touchant Israël — chap. 12 à 14
12.1 Israël et ses relations avec Dieu et son Messie
12.2 Généralités sur la prophétie de Malachie
12.3 Première partie — chapitres 1 à 3:6
12.3.1 L’ingratitude d’Israël — chapitre 1:2-5
12.3.2 L’impiété des sacrificateurs — chapitres 1:6 à 2:9
12.3.3 Les désordres de Juda — chapitre 2:10-16
12.3.4 Le Messie — chapitres 2:17 à 3:6
12.4 Deuxième partie — chapitres 3:7 à 4:6
12.4.1 L’infidélité du peuple — chapitre 3:7-12
12.4.2 La fidélité du résidu au milieu de la multitude rebelle — chapitre 3:13-18
12.4.3 Le jour du Seigneur — chapitre 4
La Bonne Nouvelle 1869 pages 169 à 176.
Osée veut dire délivrance ; c’était aussi le premier nom de Josué (Nombres 13 v.9), et le nom du dernier roi d’Israël. Il ne nous est rien dit de sa personne, sinon qu’il était fils de Beéri qui est lui-même tout à fait inconnu. Certains détails de son livre donnent lieu de croire, ou du moins de supposer, qu’il était originaire du royaume des dix tribus. C’est le premier en rang des douze petits prophètes. Nous le mettons après Amos parce qu’il prophétisa plus tard que ce dernier, savoir non seulement comme Amos au temps de Ozias de Juda et de Jéroboam II d’Israël, mais encore sous les règnes de Jotham, d’Achaz et d’Ézéchias, rois de Juda ; ce qui constitue une activité prophétique de plus de soixante-dix années. Il était contemporain d’Ésaïe.
Osée s’occupe plus particulièrement de l’état moral du peuple d’Israël ou des dix tribus, quoiqu’il y soit aussi question de Juda. Cette prophétie se divise en deux parties : le révélation des desseins de Dieu envers Israël, et les remontrances que le prophète adresse au peuple au nom de l’Éternel. C’est une espèce de plainte soutenue, pleine d’angoisse à l’égard de l’état des enfants d’Israël, en développant toutes les voies de Dieu envers eux.
Les trois premiers chapitres composent le première partie, ou la révélation des desseins de Dieu envers Israël. D’entrée, Israël est traité comme étant en révolte contre Dieu. C’est ce qui est montré par l’image de la femme corrompue, emblème de la conduite du peuple, avec laquelle le prophète devait s’unir. Le premier fils qu’elle a, doit s’appeler Jizreël, nom qui rappelle la résidence du méchant Achab, de sa femme, l’impie Jézabel, de leurs affreuses morts, entre autres à cause du meurtre de Naboth de Jizreël pour s’emparer de sa vigne (lisez 1 Rois 21 et 2 Rois 9). Ici, ce nom est donné au fils de Gomer, femme d’Osée, comme un signe du jugement de Dieu sur la famille de Jéhu et sur le royaume d’Israël. Jizreël qui veut dire Dieu sèmera est aussi employé par notre prophète (2 v. 22-23) comme un signe des bénédictions que l’Éternel sèmera un jour sur la terre.
Puis la femme d’Osée eut une fille, et Dieu dit à celui-ci de l’appeler Lo-Rukhama ce qui signifie : elle n’a pas obtenu miséricorde. Non seulement le jugement était exécuté sur Israël, mais ce jugement était final, si ce n’est pourtant que la grâce de Dieu s’exercerait encore envers son peuple dans les derniers temps. Juda serait encore épargné (1 v. 7) par la seule puissance de l’Éternel.
Enfin un second fils doit se nommer Lo-Ammi, pas mon peuple ; car maintenant l’Éternel ne reconnaissait plus le peuple comme sien. L’infidélité a plongé Israël tout entier sous le jugement terrible de ne plus être le peuple de Dieu et d’être abandonné par l’Éternel qui dit : « Vous n’êtes pas mon peuple, et je ne serai pas à vous ». Le jugement étant ainsi prononcé, Dieu annonce immédiatement après, avec une égale clarté, que ce malheureux peuple deviendra encore un jour l’objet de sa grâce souveraine. « Cependant le nombre des fils d’Israël sera comme le sable de la mer, qui ne se peut mesurer ni nombrer ». Mais cette grâce ouvre la porte à d’autres qu’aux Israélites car il est ajouté : « Et il arrivera que, dans le lieu où il leur a été dit : Vous n’êtes pas mon peuple, il leur sera dit : Fils du Dieu vivant » (1:10). L’application de ce passage aux nations est constatée par l’apôtre Paul en Romains 9 v. 24-26. Dans ces trois versets, il cite la fin du second chapitre de notre prophète comme exprimant la grâce envers les Juifs, et le passage que nous examinons (1 v. 10), la miséricorde envers les gentils. Dans 1 Pierre 2 v. 10, l’apôtre écrivant à des Juifs devenus chrétiens, fait aussi allusion à Lo-Ammi et à Lo-Rukhama : « Vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu ; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde ». Au dernier verset du chapitre 1, Osée annonce le retour, encore à venir, de Juda et des dix tribus, réunis et soumis à un seul chef dans la grande journée de Jizreël, c’est à dire de la semence de Dieu. Alors ils monteront du pays à Jérusalem, comme une seule nation, pour adorer ensemble l’Éternel dans leurs fêtes solennelles.
Les premiers mots du chapitre 2 : « Dites à vos frères Ammi (mon peuple) ! et à vos sœurs Rukhama (reçue en grâce) ! », indiquent, je pense, un résidu ou un petit nombre de fidèles parmi la masse rebelle. Ce résidu est reconnu pour peuple par le cœur de Dieu, et objet de miséricorde, pendant que la nation est rejetée par l’Éternel. Dans le même esprit, plus tard, au milieu de ces mêmes Juifs qui le méconnaissent, le repoussaient et le poursuivaient jusqu’à la mort, le Seigneur Jésus disait en étendant la main sur ses disciples : « Voici … mes frères ; car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère » (Matthieu 12 v. 49-50). Jésus peut-il dire de vous : ceux-là sont mes frères et mes sœurs ?
Cependant le prophète doit plaider contre sa mère, contre Israël. Dieu ne voulait plus le reconnaître comme son épouse ; Lui-même ne serait plus son mari. Le peuple devait se repentir pour ne plus être puni. Il attribuait à la faveur des faux dieux toutes les bénédictions dont le Seigneur l’avait comblé ; c’est pourquoi Dieu lui ôterait cette abondance et le laisserait nu et dépourvu de tout. Mais après avoir amené cette femme infidèle, c’est à dire Israël, dans le désert, où elle devait apprendre que ses idoles ne pouvaient l’enrichir ; après l’avoir Lui-même attirée là, l’Éternel parlerait de grâce à son cœur. La manière dont Dieu exprime ce retour à la grâce est d’un touchant intérêt. Pour le comprendre, il faut lire ainsi au verset 15 : « Je lui donnerai la vallée d’Acor pour une porte d’espérance », et se rappeler que c’est dans cette vallée que le jugement de Dieu avait commencé à tomber sur Israël après son entrée en Canaan. En effet, c’est là que l’on conduisit l’infidèle Acan et Josué lui dit : « Pourquoi nous as-tu troublés ? … Et tous les Israélites l’assommèrent à coup de pierres … C’est pourquoi on appela ce lieu-là la vallée d’Acor, ou du trouble » (Josué 7 v. 24-26). Or un jour, bientôt peut-être, la vallée du trouble deviendra pour les enfants d’Israël revenant à leur Dieu une porte d’espérance par laquelle ils rentreront sous la bénédiction, la faveur et la grâce qui surmontera et couvrira tous leurs péchés. Chers lecteurs, si vous passez aussi par la vallée du trouble dans le sentiment et le repentir de vos péchés devant Dieu, cette vallée deviendra pour vous la porte d’espérance du salut, car c’est pour que vous ayez la vie que Dieu vous convie à la repentance. Les relations des fils d’Israël avec l’Éternel seront changées ; Il ne sera plus pour eux un maître sévère mais un mari affectionné. Dieu ôtera de dessus la terre toute espèce d’ennemi, soit bête féroce ou nuisible soit homme violent. Puis Il dit à Israël, représenté comme une femme qui a été infidèle à son mari : « Je te fiancerai à moi pour toujours ; et je te fiancerai à moi en justice, et en jugement, et en bonté, et en miséricorde ; et je te fiancerai à moi en vérité ; et tu connaîtras l’Éternel — 2 v. 19-20 ». — Telles devant être un jour les relations d’Israël avec son Dieu, il en résultera alors pour ce peuple une suite ininterrompue de bénédictions sur la terre. L’Éternel exaucera des cieux, et les cieux exauceront la terre ; la terre produira ses fruits avec abondance lesquels répondront aux besoins de Jizreël, ou d’Israël, semence de Dieu, que Dieu sèmera sur la terre, et son nom sera Rukhama (reçue en grâce) et Ammi, c’est-à-dire, mon peuple, et Israël dira : C’est mon Dieu. En un mot, ce qui attend le peuple d’Israël aux derniers temps, sur la terre, ce qui est promis par l’Éternel, c’est un entier rétablissement de bénédiction, sur le pied de la grâce et de la fidélité de Dieu.
Au chapitre trois, encore sous l’image d’une femme corrompue, reprise par son mari, les enfants d’Israël sont représentés comme devant être, « beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim ». C’est l’état actuel des Juifs : ils sont sans gouvernement à eux, sans sacrifice selon la loi, puisqu’on ne pouvait les offrir que dans le temple et sur l’autel et que le temple est ruiné et l’autel rejeté, par conséquent sans culte ; sans statue, c’est-à-dire sans idole ; sans éphod, vêtement du souverain sacrificateur qu’il devait porter pour se présenter devant Dieu et le consulter (voyez 1 Samuel 30 v. 7 et 8), et sans théraphim ; c’étaient de petites idoles, telles que celles que Rachel avait dérobées à son père Laban (Genèse 31 v. 19:34 et 35), des statues idolâtres que l’on consultait comme des oracles. Comparez Juges 27 v. 5 et 28 v. 5 ; 1 Samuel 15 v. 23 ; Ézéchiel 21 v. 26 ; Zacharie 10 v. 2.
Mais après ces longs jours d’égarement et d’isolement dans le désert des peuples, les enfants d’Israël se repentiront, et rechercheront l’Éternel leur Dieu, et David leur roi ; il révéreront l’Éternel et sa bonté aux derniers jours ; en d’autres termes, tout Israël recherchera la vraie royauté de promesse donnée de Dieu, dont Christ, le vrai David ou le vrai Bien-aimé, est l’accomplissement.
C’est en Lui, et en Lui seul, que nous pouvons être rendus agréables ou acceptés devant Dieu (Éph. 1v. 6). Avez-vous recherché pour vous-mêmes, le vrai Bien-aimé ? Est-il devenu votre Bien-aimé ?
Nous ne dirons rien sur les onze derniers chapitres de notre prophète, qui présentent bien des difficultés, vu le style concis et saccadé d’Osée ; ce sont en général des reproches entremêlés de promesses de grâce, de secours, de relèvement pour Israël. Méditez sur ce verset 9 du chapitre 13 où Dieu vous dit aussi : « C’est ta destruction, Israël, que tu aies été contre moi, contre ton secours ». Considérez le dernier verset du livre avec soin et prières. Pendant sa longue carrière, le prophète avait vu constamment ses compatriotes ne pas écouter ou ne pas accepter ses paroles qui n’étaient comprises et reçues que par le petit nombre de ceux qui connaissaient et servaient Dieu. Aussi en terminant sa prophétie, il dit avec une profonde tristesse : « Qui est sage ? Il comprendra ces choses. Et intelligent ? Il les connaîtra ; car les voies de l’Éternel sont droites, et les justes y marcheront, mais les transgresseurs y tomberont ».
Pour nous, les voies de Dieu sont des voies de grâce et d’amour. Jésus Christ est le chemin (Jean 14 v. 6). Pour comprendre et connaître les voies de Dieu, il faut être sage. Êtes-vous sages pour cela ? Sinon, lisez avec beaucoup d’attention Jacques 1 v. 5 et 6, avec le désir sincère d’en faire l’expérience.
La Bonne Nouvelle 1870 pages 54 à 61.
Joël, le deuxième des petits prophètes, était fils de Pethuel ; c’est là tout ce que l’on sait sur sa famille et son histoire. Son nom veut dire : « Dieu l’Éternel » ou « l’Éternel est son Dieu ». C’est dans le royaume de Juda, et pour ce royaume, qu’il exerça son ministère prophétique. On pense généralement qu’il prophétisait sous le règne de Ozias (ou Azaria), vers l’an 800 avant Jésus Christ.
Dans les deux premiers chapitres, Joël décrit, de la manière la plus animée et la plus poétique, l’invasion d’une armée redoutable dans la Judée : « Car une nation est montée sur mon pays, forte et innombrable. Ses dents sont les dents d’un lion, et elle a les grosses dents d’une lionne…les champs sont ravagés, la terre mène deuil… la vigne a séché… tous les arbres des champs sont desséchés… devant lui le pays est comme le jardin d’Éden, et après lui, la solitude d’un désert… Leur aspect est comme l’aspect des chevaux… c’est comme un peuple puissant rangé en bataille… ils marchent chacun dans son chemin, et ne changent pas leurs sentiers… et ils ne se pressent pas l’un l’autre. Ils marchent chacun dans sa route ; ils se précipitent à travers les traits et ne sont pas blessés ; ils se répandent par la ville, ils courent sur la muraille, ils montent dans les maisons, ils entrent par les fenêtres comme un voleur. Devant eux la terre tremble, les cieux sont ébranlés, le soleil et la lune sont obscurcis, et les étoiles retirent leur splendeur. Et l’Éternel fait entendre sa voix devant son armée, car son camp est très grand, car l’exécuteur de sa parole est puissant ; parce que le jour de l’Éternel est grand et fort terrible ; et qui peut le supporter ? »
Ce ne sont là que quelques traits de la description que nous donne Joël de cette formidable armée que l’Éternel appelle son armée, parce qu’elle n’était qu’un instrument entre ses mains pour exécuter les jugements que les péchés du peuple juif avaient attirés sur lui. Eh bien ! Pouvez-vous croire que, dans un sens purement littéral, cette armée n’était pas autre chose qu’une multitude de sauterelles ? C’est ce qu’indique le verset 4 du chapitre 1.
Il faut vous dire que les sauterelles sont un des fléaux les plus redoutés et les plus terribles des pays chauds, de l’orient en particulier. Elles sortent du sol au printemps, surtout quand la sécheresse a favorisé la maturité des innombrables œufs qu’elles déposent dans la terre, et portées sur les ailes des vents, elles viennent s’abattre en tourbillonnant et comme d’épais nuages sur les plaines d’Égypte, de Palestine ou de Syrie. Ces nuages ont quelquefois 16 à 24 km de long, et de 8 à 12 km de large. Lorsqu’elles approchent, elles voilent le ciel, couvrent la terre de leur ombre, et font entendre au loin le bruit de leurs millions d’ailes et de pieds. Quand elles s’arrêtent (et l’on chercherait vainement à les en empêcher), elles forment sur la terre qu’elles cachent une couche épaisse qui parfois dépasse la hauteur d’un mètre ; en un clin d’œil, elles rongent alors de leurs dents aiguës, et avec un bruit qui rappelle la marche de la cavalerie, l’herbe, les feuilles, les fruits, surtout les raisins, et jusqu’à l’écorce et à la racine des arbres, mettant le sol dans le même état que si le feu y était passé. Lorsqu’elles ont tout dévasté, elles se remettent en marche, ne laissant derrière elles que leurs œufs et des corps morts qui répandent une telle infection qu’il en résulte souvent d’affreuses épidémies.
Leur marche est très irrégulière (Prov. 30:27 ; Joël 2:7, 8) ; elles volent par colonnes et droit devant elles, de jour seulement ; le soir elles s’établissent sur la terre. Rien ne les arrête ; elles évitent tous les dangers, et ne sauraient être évitées. Elles pénètrent jusque dans les habitations, et en rongent non seulement les ustensiles en bois, mais encore les boiseries, les planches et les poutres (Ex. 10:4-6). Fatiguées de leur vol, elles s’abattent sur les eaux comme sur la terre (Ex. 10:19 ; Joël 2:20), et leurs légers cadavres, entraînés vers les rivages, viennent bientôt y apporter la peste, et les désoler par leur mort, après les avoir désolés par leur vie. La tête des sauterelles ressemble à celle du cheval ; aussi ont-elles été comparées à des chevaux dans l’Écriture (Voyez Joël 2:11 et Apoc. 9:7-9).
Cependant, il ne faut pas croire que les paroles du prophète ne s’appliquent qu’à des sauterelles. Ici, comme ailleurs dans l’Écriture et surtout dans les livres prophétiques, Joël ou plutôt l’Esprit de Christ qui était en lui (1 Pierre 1:11), prend occasion d’une disette sans pareille, causée par l’invasion d’innombrables armées d’insectes, pour réveiller l’attention du peuple à l’égard de la journée de l’Éternel.
« Hélas, quel jour ! Car le jour de l’Éternel est proche, et il viendra comme une destruction du Tout-Puissant (1:15). Que tous les habitants du pays tremblent, car le jour de l’Éternel vient ; car il est proche, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuées et d’épaisses ténèbres (2:1, 2). Ces mots : « le jour de l’Éternel » se traduisent dans le Nouveau Testament par : « le jour du Seigneur ». Ils désignent un jour de jugement et de vengeance. Malachie en parle ainsi : « Car voici, le jour vient, brûlant comme un four ; et tous les orgueilleux, et tous ceux qui pratiquent la méchanceté seront du chaume, et le jour qui vient les brûlera, dit l’Éternel des armées, de manière à ne leur laisser ni racine, ni branche » (4:1). De même l’apôtre Paul dit aux Thessaloniciens : « car vous savez vous-mêmes parfaitement que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand ils diront : « Paix et sûreté », alors une subite destruction viendra sur eux… et ils n’échapperont point (1 Thess. 5:2, 3 ; lisez aussi 2 Pierre 3:10:12).
Ce jour dont il est souvent question dans l’Ancien Testament, cette redoutable journée, ce grand jour du Dieu Tout-Puissant dont il est si souvent dit qu’il est proche et qui, en effet, est toujours plus rapproché, est encore à venir. Chez les Thessaloniciens, il y avait de faux docteurs qui, ne comprenant pas ce que l’apôtre avait écrit, ou même lui prêtant leurs propres idées, osaient affirmer que le jour du Seigneur était là parce que les fidèles de cette assemblée souffraient de persécution, et ainsi ils étaient encore ébranlés et troublés. Dans la seconde épître, l’apôtre a surtout en vue de combattre ces assertions erronées. Le jour du Seigneur ne peut pas être arrivé parce que, s’il était là, les saints ne seraient pas dans la tribulation, ils seraient avec le Seigneur qui viendra avec eux. Ceux qui les persécutent seraient punis ; car « c’est une chose juste devant Dieu que de rendre la tribulation à ceux qui vous font subir la tribulation, et [que de vous donner], à vous qui subissez la tribulation, du repos avec nous dans la révélation du Seigneur Jésus du ciel avec les anges de sa puissance, en flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile de notre Seigneur Jésus Christ ». « Il viendra pour être, dans ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru » (2 Thess. 1).
Chers lecteurs, il faut que vous fassiez partie ou de ceux qui seront alors jugés et punis, ou de ceux qui seront avec le Seigneur, lequel sera glorifié en eux. Avec lesquels seriez-vous si le jour du Seigneur était là ? Avec lesquels voudriez-vous être ? Il faut avoir été avec Jésus, avoir marché avec lui pendant sa vie, si l’on veut être avec lui quand il descendra du ciel pour juger les méchants. Alors on peut aller en avant avec confiance ; alors on peut, de tout son cœur, répéter le cri de l’Église : « Amen ; viens, Seigneur Jésus ! » Le livre de Joël expose, de la manière la plus sublime, la scène du jugement des vivants, et avant cela il indique très clairement comment un pauvre pécheur peut échapper au jugement. Écoutez ce qu’il dit d’abord sur ce dernier sujet, et que Dieu vous donne des oreilles pour entendre, une intelligence éclairée d’en haut pour comprendre, et des cœurs ouverts pour recevoir ces paroles de grâce !
Le peuple de Dieu, convié à la repentance et humilié, est entendu et délivré par l’Éternel qui rend l’abondance au pays ; l’armée venue du nord qui ravage la terre comme des sauterelles est jugée à cause de son orgueil, elle est chassée et poussée vers l’orient. Alors les enfants de Sion se réjouissent devant l’Éternel leur Dieu. Mais outre les bénédictions temporelles qui leur sont de nouveau accordées, il y a une grâce toute nouvelle qui leur sera donnée. Voici ce que dit l’Éternel : « Et il arrivera, après cela, que je répandrai mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards songeront des songes, vos jeunes hommes verront des visions ; et aussi sur les serviteurs et sur les servantes, en ces jours-là, je répandrai mon Esprit. Et je montrerai des signes dans les cieux et sur la terre, du sang, et du feu, et des colonnes de fumée ; le soleil sera changé en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le grand et terrible jour de L’Éternel. Et il arrivera que, quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé. Car sur la montagne de Sion il y aura délivrance, et à Jérusalem, comme l’Éternel l’a dit, et pour les réchappés que l’Éternel appellera » (2:28-32).
Cette prophétie est citée en Actes 2 par l’apôtre Pierre pour expliquer le grand fait que Dieu venait d’opérer à Jérusalem le jour de la Pentecôte. Le Saint Esprit répandu sur les disciples comme bientôt sur les convertis d’entre les nations, c’était là un commencement d’accomplissement du remarquable oracle de Joël ; mais évidemment les grands et effrayants prodiges dont il est question n’ont pas encore eu lieu, et doivent précéder plus ou moins immédiatement le jour grand et terrible du Seigneur lequel est encore à venir. Quoi qu’il en soit, il y a là une parole bien encourageante qui demeure toujours vraie. Que celui qui craint le jour grand et terrible du Seigneur qui s’approche, se confie en cette bonne parole et agisse en conséquence : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé ».
Elle est aussi citée par l’apôtre Paul (Rom. 10:13). Mais il ajoute : « Comment invoqueront-ils celui en qui ils n’ont point cru » ? C’est tout simple, pour appeler le Seigneur à son aide, il faut avoir confiance en sa puissance et en son amour. Confiez-vous donc en Celui qui est amour, qui est le Tout-Puissant et qui veut que vous soyez sauvés. Sans cela vous auriez affaire avec ce terrible jour du jugement dont notre prophète parle au dernier chapitre de son livre : « Que les nations se réveillent et montent à la vallée de Josaphat, car là je m’assiérai pour juger toutes les nations, de toute part. Mettez la faucille, car la moisson est mûre ; venez, descendez, car le pressoir est plein, les cuves regorgent ; car leur iniquité est grande. Multitudes, multitudes, dans la vallée de jugement ! car le jour de l’Éternel est proche dans la vallée de jugement » (3:12-14). Mais alors même, l’Éternel sera un asile à son peuple, et la force des enfants d’Israël. Puissiez-vous tous, dès à présent, trouver dans le Seigneur par la foi et votre asile et votre force. C’est Lui qui nous a délivrés de la colère à venir et qui nous met à l’abri du jugement. Allez à Lui et vous n’aurez rien à craindre ; allez à Lui, et vous ne serez pas jugés, mais sauvés.
La Bonne Nouvelle 1869 pages 146 à 153.
Dans l’ordre des temps, Amos vient après Jonas quoique son livre occupe la troisième place dans la série des douze petits prophètes. Amos était de Thekoa, ville de la tribu de Juda que Roboam avait fait bâtir, ou plutôt fortifiée (2 Chroniques 11 v. 6) car elle existait auparavant (voir 2 Samuel 14 v. 2). De même que Dieu avait choisi David en le tirant des parcs de brebis (Psaume 78 v. 70), il choisit aussi plus tard pour prophète Amos d’entre les bergers de Thekoa. De tout temps, le Seigneur a pris et Il prend encore, quand Il veut, ses ouvriers ou ses instruments où il lui plaît, n’ayant nul besoin d’aucun avantage purement humain en eux, pour en faire les interprètes de sa volonté ou les ministres de sa grâce. Ainsi le Seigneur Jésus choisit ses premiers apôtres parmi les pécheurs du lac de Génésareth. Il a toujours aimé choisir les choses faibles de ce monde pour confondre les fortes, afin que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur (1 Corinthiens 1 v. 27 et 31).
Amos vivait environ 800 ans avant Jésus Christ. Il prophétisa sous les règnes de Ozias, roi de Juda et de Jéroboam II, roi d’Israël. Il était ainsi contemporain d’Osée, de Joël et d’Ésaïe.
Amos s’adresse presque exclusivement aux dix tribus d’Israël, quoiqu’il renferme aussi des allusions à Juda. Rien de plus décidé contre le mal que ses paroles, quoique très simples et sans la force qui caractérise le langage brûlant et entrecoupé du prophète Osée.
Avant de dénoncer le jugement à Israël et à Juda, il proclame d’abord celui des nations circonvoisines (situées tout autour), tant pour leur hostilité et leur cruauté envers le peuple de Dieu que pour leur conduite inhumaine envers d’autres nations, car Dieu en tient compte.
Remarquez que ces jugements s’appliquent à des peuples établis sur le territoire promis à Abraham et à sa postérité. Dieu veut purifier sa terre de ce qui la souillait et, hélas, par conséquent, de Juda et d’Israël aussi, tout en conservant les droits de sa fidélité et de sa grâce qu’il exercera de nouveau en faveur d’Israël aux derniers jours.
À l’égard de Juda, l’Éternel signale, en particulier, le mépris de sa loi et la désobéissance à ses commandements (2 v. 4, 5).
Chez Israël, le péché signalé c’est le manque de crainte de Dieu, l’égoïsme, l’oppression des pauvres, la dureté envers les malheureux. Ils ont vendu le juste pour de l’argent, et le pauvre pour une paire de souliers. Cela leur est souvent reproché, voyez 2 v. 7 ; 4 v. 1 ;5 v. 11-12 ; 8 v. 5. Ils ne s’inquiètent pas des souffrances des malheureux. Cependant l’Éternel les avait délivrés de la servitude où ils étaient en Égypte ; il avait détruit leurs ennemis pour les mettre en possession de leurs terres. Il avait suscité du milieu d’eux des prophètes, et aussi des nazaréens ou consacrés à Dieu ; mais ceux-ci, ils les avaient entraînés à se profaner ; et quant aux autres, ils leur avaient dit : « Ne prophétisez plus ».
Après avoir ainsi mentionné chacune des nations qui se trouvaient sur le territoire promis à Abraham (ch. 1 et 2), Dieu s’adresse à Israël et à Juda réunis (3 v. 1) : à toutes les familles qu’il a tirées du pays d’Égypte. « Je vous ai connus vous seuls, leur dit-il, d’entre toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités ». C’est là un principe bien sérieux et, en même temps, bien simple : il faut que notre marche ou notre vie soit en rapport avec notre position devant Dieu, et avec les grâces que nous avons reçues. Sans cela le jugement de Dieu commence par sa maison. Si donc il y avait du mal dans la ville, c’est que l’Éternel agirait. Deux ne peuvent pas marcher ensemble s’ils ne sont pas d’accord. Êtes-vous d’accord avec Dieu ? Est-il pour vous non plus un juge mais un père qui vous a reçus en grâce par la foi en Jésus Christ ? Si non, il serait bon pour vous de vous hâter d’écouter cet appel qu’il vous adresse en vous suppliant d’y répondre : « Réconciliez-vous avec Dieu » (2 Corinthiens 5 v. 20).
Toutefois si Dieu intervient et fait entendre sa voix puissante et terrible, c’est qu’il y a une raison pour cela ; et d’un autre côté, Dieu n’agira pas sans avertir son peuple : Il ne fera rien sans révéler son secret aux prophètes ses serviteurs. Mais le lion avait rugi, ne devait-on pas trembler ? L’Éternel avait parlé, le prophète pouvait-il se taire ? Voilà où en était Israël, qui allait être dispersé, tellement qu’il n’en resterait que quelques petits fragments, comme des morceaux d’un agneau qu’un berger retirerait de la gueule d’un lion qui l’aurait dévoré.
Le chapitre 4 rappelle l’oppression des pauvres et le culte de leur invention que les enfants d’Israël rendaient dans les lieux qu’ils avaient choisis. Dieu aussi agirait contre eux comme Il l’entendrait. Il l’avait même déjà fait ; mais quoiqu’il eût répété ses châtiments, ils n’étaient pas retournés jusqu’à Lui. C’est pourquoi, ajoute-t-il, « prépare-toi à la rencontre de ton Dieu, ô Israël ! » — Et vous, êtes-vous prêts pour cette rencontre qui peut arriver d’un moment à l’autre ? Celui-là seul est prêt qui a Jésus pour Sauveur et pour Avocat.
Au chapitre 5, le prophète, après avoir déploré la ruine des Israélites, les conjure de fuir les lieux de leur faux culte et de revenir à l’Éternel, le Créateur : « Cherchez l’Éternel, et vous vivrez » leur dit-il et vous dit-il. Israël repoussait la pensée du mauvais jour, de même que tant d’entre vous le font ; le mal avait le dessus. Le mauvais jour viendrait : il viendra, il est proche. Quelques-uns désiraient « la journée de l’Éternel », que le Nouveau Testament appelle « le jour du Seigneur ». Ici, comme partout, l’Esprit prophétique nous révèle que ce jour sera une journée d’épouvante et de jugement, de ténèbres et non de lumière. — Au reste, les mauvais principes qui causaient la ruine des enfants d’Israël étaient en eux dès le commencement et n’avaient fait que se développer. Ce n’était pas Dieu que leurs pères avaient adoré dans le désert, mais leur Moloch et leur Ramphan, ou leurs faux dieux, que leurs cœurs s’étaient faits à eux-mêmes. Aussi ils seraient emmenés captifs, plus loin encore que le pays qui fait maintenant l’objet de leur crainte (comparez le verset 27 avec Actes 7 v. 43).
Le chapitre 6 condamne la fausse confiance qui trompait les grands d’Israël. Ils s’abandonnaient au luxe comme si tout allait bien. Ils ne sentaient pas l’affliction de Joseph. Ils seraient captifs entre les premiers. L’Éternel avait en horreur la gloire de Jacob, c’est à dire des descendants de Jacob qui se confiaient en ce qui n’était que vanité, dans leur veau d’or. Mais le Dieu vivant et vrai qu’ils méprisaient susciterait un ennemi qui mettrait tout en désolation.
Au chapitre 7, l’intercession du prophète, c’est à dire de l’Esprit de Christ qui agissait en lui, avait par deux fois arrêté des fléaux destructeurs. Puis, dans une vision, le Seigneur lui apparut debout sur un mur et ayant en sa main un niveau ou une équerre, tout prêt à exercer le jugement que rien ne pourrait plus détourner. Israël devait tomber avec la famille de Jéhu dont le roi Jéroboam était le dernier représentant. Une telle prophétie dut paraître bien audacieuse. Aussi Amatsia, sacrificateur du veau d’or, à Béthel, se hâta de dénoncer au roi Jéroboam le fidèle prophète comme conspirant contre lui au milieu de la maison d’Israël. Quelle différence avec les Ninivites qui avaient écouté les paroles de Jonas et s’étaient convertis ; tandis qu’au contraire, Amatsia dit à Amos : « Voyant (c’est ainsi qu’on appelait les prophètes), va-t-en ; fuis au pays de Juda, et mange là du pain, et prophétise là, mais ne prophétise plus à Béthel, car c’est le sanctuaire du roi et la maison du royaume ». Il devait s’en retourner en Juda, son pays, là où l’Éternel était encore reconnu comme Dieu, où vérité pouvait être annoncée. Mais, à Béthel, on ne supportait pas des vérités désagréables. L’homme, le roi était le seul maître. Cependant Dieu ne renonce pas à ses droits. Amos répond à Amatsia : « Je n’étais pas prophète, et je n’étais pas fils de prophète ; mais je gardais le bétail, et je cueillais le fruit des sycomores ; et l’Éternel me prit quand je suivais le menu bétail, et l’Éternel me dit : Va, prophétise à mon peuple Israël ». De même, 800 ans plus tard, Paul se disait apôtre, « non de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ, et Dieu le Père » (Galates1 v. 1). Ainsi l’Éternel, selon sa volonté, avait pris et choisi Amos pour son prophète ; et la parole qu’il annonçait était celle de Dieu. Le sacrificateur qui s’y opposait subirait la conséquence de sa témérité, et Israël serait certainement emmené en captivité.
Au chapitre 8, après de nouvelles déclarations de la fin prochaine du royaume d’Israël, Dieu annonce à ce malheureux peuple le plus affreux de tous les fléaux : la famine d’ouïr « les paroles de l’Éternel ». C’étaient de bien tristes temps que ceux « où la parole de l’Éternel était rare » (1 Samuel 3 v. 1). Il y en a eu, il y en aura encore de plus tristes pour Israël, tandis que vous, vous avez le bonheur de vivre dans des pays et dans des temps où la parole de Dieu est à la portée de tous. Puissiez-vous apprécier ce grand privilège, et en profiter pour la lire et croire le témoignage de Dieu au sujet de son Fils qu’elle renferme. Sans cela, cette parole même s’élèverait contre vous et ne ferait que rendre plus grave votre culpabilité !
Au chapitre 9, enfin, le Seigneur est présenté comme dirigeant tout, de sorte qu’Israël ne saurait échapper. Cependant, Dieu n’oubliait pas son peuple qui serait criblé dans toutes les nations du monde, sans que pour cela un seul grain fût perdu. Puis, au jour où l’Éternel exécutera son jugement final au milieu du peuple, il relèvera, selon les desseins de sa grâce, non pas le tabernacle de Jéroboam, mais celui de David, son bien-aimé, et le rebâtira dans toute sa gloire, pour que sa postérité possède toutes les nations amenées à la connaissance du non de l’Éternel. Alors aussi l’Éternel ramènera Israël de sa captivité et les rétablira en les bénissant abondamment. « Je les planterai sur leur terre, et ils ne seront plus arrachés de dessus leur terre que je leur ai donnée, dit l’Éternel, ton Dieu ».
Ce résumé du livre d’Amos, extrait d’un ouvrage fort apprécié, et que j’ai cherché à rendre assez simple pour que vous le compreniez, offrira peut-être des difficultés à quelques-uns d’entre vous ; mais ne vous laissez pas décourager pour cela. Prenez du temps pour lire d’abord le livre d’Amos, un chapitre, un jour, avec l’explication que nous en donnons ; un chapitre le lendemain, et ainsi de suite jusqu’à la fin. Puis relisez-le plus tard, en demandant à Dieu de vous donner l’intelligence, et vous verrez, je n’en doute pas, qu’il y a là aussi comme dans toutes les Écritures, une source abondante d’instruction et d’édification pour vos âmes.
La Bonne Nouvelle 1871 p. 46 à 50
Abdias est le quatrième des petits prophètes. Son nom signifie : Serviteur de l’Éternel. Dans une de nos études sur le prophète Élie, nous avons parlé d’un autre Abdias qui vivait à la cour d’Achab, où il remplissait les fonctions d’intendant, et qui était aussi un homme pieux et craignant Dieu, quoique serviteur d’un roi impie. Celui qui nous occupe aujourd’hui est l’auteur du livre le plus court de l’Ancien Testament. On ne sait rien de positif sur l’époque où il vécut, et la Bible ne nous donne aucun détail sur sa vie. Il est probable qu’il prophétisa peu de temps après la destruction de Jérusalem ; dans ce cas il aurait été contemporain de Jérémie. Sa prophétie, comme celle de Jonas et de Nahum, s’applique au jugement des Gentils. La plupart d’entre vous n’ignorent pas que la Parole appelle Gentils ou nations tous les peuples qui ne faisaient pas partie du peuple d’Israël, lequel, avant l’économie de la grâce, était le seul peuple de Dieu. Les Gentils étaient des païens ou des idolâtres. Cependant les fidèles sortis du paganisme sont parfois appelés Gentils, pour les distinguer des Juifs convertis (Rom. 15:16, Galate 2:12-14).
Dans les seize premiers versets de son livre, Abdias annonce aux Édomites les châtiments que l’Éternel va faire fondre sur eux, à cause de leur orgueil — « L’arrogance de ton cœur t’a séduit, toi qui demeures dans les creux du rocher, ta haute habitation ; [toi] qui dis dans ton cœur : Qui me fera descendre par terre ? » (v. 3) — et à cause de leur jalousie et de leur haine contre leurs frères, les enfants de Jacob. Cette expression « leurs frères » doit vous faire comprendre que ces deux peuples avaient la même origine. En effet, tous les deux étaient issus d’Isaac ; et les Édomites, ou Iduméens, sont les descendants d’Ésaü, frère de Jacob. Ésaü est aussi appelé du nom d’Édom (qui veut dire roux) à cause, peut être, de la couleur du potage qu’il convoita et pour lequel il vendit son droit d’aînesse. En lisant le chapitre 27 de la Genèse, et l’étude que nous en avons fait, vous verrez comment Jacob, quoique le plus jeune, hérita de la bénédiction et des promesses qui s’y rattachaient, promesses qui constituaient sa postérité comme peuple de Dieu. Ce fut là le motif de la haine invétérée d’Ésaü et de ses descendants à l’égard d’Israël, et ils montrèrent cette haine dans toutes les occasions ; Ésaü d’abord, en menaçant son frère Jacob (Gen. 27:41) ; puis les Édomites qui furent souvent en guerre avec les rois de Juda, ainsi que cela est fréquemment rapporté dans le livre des Rois et des Chroniques. Et cette inimitié se manifesta surtout lors du siège de Jérusalem par Nébucadnetsar. Alors les Édomites se réjouirent, mais ils poussèrent la lâcheté jusqu’à faire leur profit des malheurs des vaincus, lors de la chute de la ville. Aussi Abdias leur reproche-t-il en termes très énergique et sévères, et de la part de l’Éternel, leur attitude et leur conduite envers Israël : « Au jour où tu te tins vis-à-vis, au jour où des étrangers emportaient ses richesses, et où des forains entraient dans ses portes et jetaient le sort sur Jérusalem, toi aussi tu étais comme l’un d’eux. Mais tu n’aurais pas dû regarder le jour de ton frère, le jour de son désastre ; et tu n’aurais pas dû te réjouir au sujet des fils de Juda, au jour de leur destruction, et tu n’aurais pas dû ouvrir ta bouche toute grande au jour de la détresse. Tu n’aurais pas dû entrer dans la porte de mon peuple, au jour de leur calamité ; ni regarder, toi non plus, sa misère, au jour de sa calamité ; et tu n’aurais pas dû porter [la main] sur ses richesses au jour de sa calamité ; et tu n’aurais pas dû te tenir au carrefour pour exterminer ses réchappés, et tu n’aurais pas dû livrer ceux des siens qui étaient demeurés de reste au jour de la détresse » (Abdias v. 11-14).
Aussi la punition prononcée sur Édom est-elle en proportion de sa faute ; ce peuple fut entièrement retranché. « Si des voleurs, si des pillards de nuit venaient chez toi (comme tu es ruiné !) voleraient-ils plus que ce qui leur suffit ? Si des vendangeurs venaient chez toi, ne laisseraient-ils pas des grappillages ? Comme Ésaü est fouillé ! Comme ses choses cachées sont mises à découvert … Et tes hommes forts, ô Théman, seront terrifiés, afin que chacun soit retranché de la montagne d’Ésaü par le carnage…. et la maison d’Ésaü sera du chaume ; … et il n’y aura pas de reste de la maison d’Ésaü, car l’Éternel a parlé » (v. 5-6, 9, 18). Cette prophétie ne tarda pas à être accomplie. En effet, cinq ans après la ruine de Jérusalem, Nébucadnetsar, roi de Babylone, se tourna contre les Edomites, ses anciens alliés, et les détruisit. « Tous tes alliés t’ont poussé à la frontière ; ceux qui étaient en paix avec toi t’ont trompé, ils ont prévalu contre toi ; [ceux qui mangeaient] ton pain ont mis un piège sous toi » (v. 7). Ainsi font les alliés de ce monde. Ces redoutables menaces contre les Iduméens furent aussi prononcées par les prophètes Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et Joël. La terre d’Édom, ou l’Idumée, est un pays vallonné situé entre la mer Morte et la mer Rouge, au sud-est de Canaan. Il était jadis fertile ; mais les voyageurs modernes attestent que la contrée est aujourd’hui aride et désolée, ce qui témoigne de l’accomplissement des prophéties.
Depuis le verset 17 jusqu’à la fin de son livre, Abdias annonce le rétablissement d’Israël et le relèvement de Jacob : « Et sur la montagne de Sion il y aura délivrance ; et elle sera sainte, et la maison de Jacob possédera ses possessions… Et ceux du midi posséderont la montagne d’Ésaü, et ceux du pays plat, les Philistins ; et [les fils d’Israël] posséderont la campagne d’Éphraïm et la campagne de Samarie ; et Benjamin [possédera] Galaad. Et les captifs de cette armée des fils d’Israël [posséderont] ce qui appartenait aux Cananéens jusqu’à Sarepta, et les captifs de Jérusalem, qui [avaient été] à Sépharad, posséderont les villes du midi. Et des sauveurs monteront sur la montagne de Sion pour juger la montagne d’Ésaü. Et le royaume sera à l’Éternel ».
Vous savez qu’Israël, rejeté de Dieu pour un temps à cause de ses nombreuses rebellions, et dispersé sur toute la terre, rentrera dans son pays et dans sa ville de Jérusalem. C’est le Seigneur Jésus lui-même qui accomplira à l’égard de ce peuple qui l’a rejeté les promesses que Dieu a faites à leurs pères. Christ apportera avec lui la bénédiction, la prospérité et la paix, lorsqu’il viendra, avec son Église, établir son règne sur la terre pendant les mille ans qui suivront le temps d’agitation, de trouble et de travail de ce pauvre monde.
En résumé, le livre d’Abdias nous montre :
En Édom, la haine du monde contre Dieu et tout ce qui est de Lui, et le jugement qui en est la fin.
En Israël, la fidélité invariable du Seigneur envers ceux qui lui appartiennent, et sont les objets de ses promesses et de sa bénédiction.
Que la grâce agisse dans vos cœurs de telle sorte que, bien mieux qu’Israël dont les bénédictions sont terrestres, vous ayez part aux bénédictions célestes que Christ nous a acquises par son précieux sang, afin qu’aussi vous soyez du nombre de ceux qui règneront avec Lui.
La Bonne Nouvelle, 1869 p. 73-80, 103-110, 123-128, 145-146
Dans ces temps malheureux où la vraie piété était de plus en plus rare, tant en Juda qu’en Israël, où la foi au Sauveur à venir se perdait de jour en jour davantage, où les promesses de Dieu étaient oubliées et ses commandements ouvertement transgressés ; dans ces tristes temps, Dieu suscita des prophètes chargés de sa part de reprendre le peuple et ses conducteurs, de leur rappeler la volonté du Seigneur, de leur dénoncer ses jugements et aussi, et surtout, de leur exposer les promesses relatives aux temps de rafraîchissement qui devaient accompagner et suivre la présence du Messie sur la terre. C’est par l’inspiration du Saint Esprit que ces hommes de Dieu ont parlé ; c’est par cet Esprit de Christ qui était en eux qu’ils ont par avance rendu témoignage, annonçant les souffrances qui devaient arriver au Messie et les gloires qui suivraient (1 Pierre 1:11).
Environ cinquante ans avant la ruine des dix tribus, ces hommes de Dieu commencèrent leurs prédications et leurs prophéties, en y mêlant parfois des traits de l’histoire de leur temps. Leurs écrits ont été ensuite insérés dans le recueil des livres de l’Ancien Testament : ils consistent en quatre grands et douze petits livres qui forment la dernière partie de ce recueil et qu’on appelle les Prophètes. Ils font ainsi partie de cette Écriture dont l’apôtre Paul dit qu’elle a été inspirée de Dieu (2 Tim. 3:16). Le Sauveur a constamment cité ces Écritures comme rendant témoignage de Lui, et les apôtres en ont fait de même. Ces anciens messagers de l’Éternel n’ont pas tous vécu et prophétisé à la même époque ; ils l’ont fait successivement sur trois cents ans. Ainsi, pour bien comprendre le sens et la portée de leurs prophéties, il importe de se rappeler à qui elles étaient adressées, puis aussi dans quel temps et dans quelles circonstances elles ont été prononcées.
Jonas est le premier de ces prophètes chronologiquement. Son nom veut dire : colombe ; c’est le même que celui du père de Simon Pierre (voyez Jean 1:43 ; 21:15-17). Il n’est fait qu’une seule fois mention de Jonas dans l’Ancien Testament en dehors du livre qui porte son nom. C’est en 2 Rois 14:25 où il est dit de Jéroboam II, roi d’Israël, qu’il rétablit les bornes d’Israël … selon la parole de l’Éternel, le Dieu d’Israël, qu’il avait proférée par le moyen de son serviteur Jonas, fils d’Amitthaï, prophète, qui était de Gath-Hépher dans la tribu de Zabulon. C’est là tout ce que nous savons sur son ministère en Israël ; mais dans le livre qui porte son nom et qui est le cinquième des petits prophètes, nous avons le récit de sa mission dans une grande ville païenne — fait tout exceptionnel dans l’histoire de la prophétie sous l’ancienne alliance — et des circonstances extraordinaires qui accompagnèrent cette mission. Il serait bien de commencer par lire avec soin ce livre intéressant du prophète Jonas.
Dès le premier verset, vous y verrez qu’il s’agit bien ici du même Jonas que dans 2 Rois 14:25 — puisque, dans les deux passages, il est appelé fils d’Amitthaï. Or, probablement vingt ans après les encouragements qu’il avait donnés à Jéroboam II, soit vers l’an 860 avant la naissance du Sauveur, la parole de Dieu lui fut adressée, en disant : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle, car leur méchanceté est montée devant moi ».
Ninive, dont le nom Hébreu signifie demeure de Ninus, était la célèbre capitale de l’empire d’Assyrie. Son origine se perd dans les temps les plus reculés de l’histoire, puisqu’elle est déjà nommée en Genèse 10:11. Elle était située sur la rive orientale du Tigre, et, si l’on en croit les historiens, ses murailles avaient 30 m de hauteur, 15 à 20 lieues (67 à 89 km) de circonférence ; elles étaient flanquées de 1 500 tours dont chacune avait 60 m de haut. Le fleuve qui la traversait et ses solides murailles la rendaient imprenable. Elle était le centre du gouvernement, de la richesse, et d’un immense commerce (voyez Nahum 2:10 ; 3:16). Les conséquences de cette prospérité furent l’orgueil et la dissolution (Nahum 3:4). Toute espèce de crimes et de péchés criants y régnaient plus que partout ailleurs. Leur méchanceté était montée jusqu’à l’Éternel, comme jadis celle des constructeurs de Babel, et celle des habitants des villes de la plaine. C’est pourquoi Il charge son serviteur Jonas de se rendre à Ninive et de crier contre elle. La mission d’aller prêcher la repentance ou dénoncer les jugements de Dieu à un peuple païen aussi dépravé déplaisait beaucoup au prophète ; car comme le roi d’Assyrie ne cessait d’opprimer le peuple de Dieu, Jonas eût vu volontiers la ville de Ninive entièrement détruite, tandis que sa mission aurait pour effet d’en prévenir la ruine. C’est ce qu’il avouera lui-même au chapitre 4 v.2 quand il ose dire à Dieu, dans le dépit et la colère que lui fait éprouver son long support et sa miséricorde : « Éternel, je te prie, n’était-ce pas là ma parole, quand j’étais encore dans mon pays ? C’est pourquoi j’ai d’abord voulu m’enfuir à Tarsis, car je savais que tu es un Dieu qui fait grâce et qui es miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté et qui te repens du mal dont tu as menacé ». — Il est bien triste, n’est-ce pas, de voir un homme de Dieu s’affliger de ce que Dieu fait grâce, et désirer la vengeance, le jugement, les fléaux et la destruction sur une ville coupable plutôt que le repentir et le pardon de ses habitants ? Eh bien, ce sentiment est très naturel au cœur de l’homme ; la pure grâce envers les pécheurs l’irrite toujours. Que d’exemples n’en avons-nous pas dans la Bible ! Voyez, entre autres, dans Luc 9:52-56, les deux disciples Jacques et Jean qui, irrités de ce qu’une bourgade de Samaritains avait refusé de recevoir leur Maître, lui disent : « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume, comme aussi fit Élie » ? Sur quoi Jésus les censura fortement et dit : « Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés » ! — Voyez à la fin de la touchante parabole du fils prodigue (Luc 15:25-32), son frère aîné revenant des champs, se mettant en colère de la joie par laquelle le père célébrait le retour de son malheureux fils. Voyez les Juifs, figurés par ce fils aîné, et dont l’apôtre disait : « Qui ont mis à mort et le Seigneur Jésus Christ et leurs prophètes, et qui nous ont chassés par la persécution, et qui ne plaisent pas à Dieu, et qui sont opposés à tous les hommes, — qui nous empêchent de parler aux nations afin qu’elles soient sauvées — 1 Thess. 2:15-16 ». Oui, il est naturel à nos cœurs, à vos cœurs aussi, de s’irriter contre la grâce, surtout quand elle s’exerce envers des gens qui nous paraissent, dans notre orgueil, valoir moins que nous. Hélas ! Nous ne ressemblons que trop à cet ouvrier qui murmurait contre son maître parce que celui-ci donnait à celui qui n’avait été appelé qu’à la onzième heure le même salaire qu’à ceux qui avaient travaillé tout le jour, et auquel le maître dit : « Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est mien ? Ton œil est-il méchant parce que moi, je suis bon — Matt. 20:14-15 » ?
Ainsi Jonas, ne regardant qu’à lui, craignait que sa réputation de prophète ne fût compromise par la miséricorde de Dieu. Cependant son premier devoir était d’obéir sans raisonner à la parole de l’Éternel qui lui avait été adressée. Au lieu de cela, le fils d’Amitthaï allant, de même que jadis Élie, comme son cœur lui disait (1 Rois 19:3), se leva pour s’enfuir à Tarsis (*) « de devant la face de l’Éternel ». Il était insensé autant que rebelle en ayant une telle pensée, n’est-ce pas ? Comme prophète n’aurait-il pas dû savoir que cette pensée était une folie ? N’aurait-il pas dû dire comme David : « Où irai-je loin de ton Esprit ? Et où fuirai-je loin de ta face ? Si je prends les ailes de l’aube du jour, si je fais ma demeure au bout de la mer, là aussi ta main me conduira et ta droite me saisira » (Psaume 139:7, 9). Encore ici, le pauvre Jonas n’est qu’une image fidèle de ce que nous sommes tous par nature. Quand vous êtes conduits par votre cœur à faire quelque chose de mauvais, comme votre conscience vous le dit, n’est-il pas vrai que pourvu que votre péché ne soit parvenu à la connaissance d’aucun homme, pourvu que vous l’ayez fait en cachette ou dans l’obscurité de la nuit, vous vous croyez en sûreté ? N’est-il pas vrai qu’alors vous oubliez tout à fait qu’il est un œil toujours ouvert qui vous voit et qui lit dans vos cœurs ? Ah ! Souvenez-vous de cette parole qui vient à la suite de celles que nous venons de citer : « Au moins les ténèbres m’envelopperont, — alors la nuit est lumière autour de moi. Les ténèbres même ne sont pas obscures pour me cacher à toi ».
(*) Tarsis était probablement au sud de l’Espagne, ou vers Cadix, à l’autre bout de la Méditerranée.
Mais revenons à Jonas qui veut s’enfuir de devant la face de l’Éternel. Dans ce but il descend à Japho, très ancienne ville des Philistins, sur les bords de la Méditerranée, avec un port assez connu (voyez 2 Chron. 2:16 ; Esdras 3:7). Dans le Nouveau Testament, elle est nommée Joppé : c’est là que vivait cette femme pieuse et charitable nommée Tabitha ou Dorcas , laquelle tomba malade et mourut pendant le séjour que faisait l’apôtre Pierre près de là, à Lydde. Appelé par les disciples, il se rendit à Joppé et ressuscita Dorcas (Actes 9:36-43). Puis il y passa plusieurs jours chez un certain Simon, corroyeur, qui avait sa maison au bord de la mer, comme un ange de Dieu l’apprit à Corneille qui, de Césarée où il demeurait, fit chercher l’apôtre à Joppé. C’est aujourd’hui la ville de Jaffa à 55 kilomètres de Jérusalem.
Le prophète arrive à Japho où il trouve un navire partant pour Tarsis ; et ayant payé son passage, il s’embarqua pour aller avec eux à Tarsis loin de la face de l’Éternel. Cela nous fait voir que, lorsque nous suivons le chemin de la désobéissance à Dieu, Satan prend plaisir à nous en faciliter les moyens. À cette époque, il devait être rare qu’un vaisseau fût, à Japho, prêt à partir pour Tarsis, et cependant Jonas en trouve précisément un en partance. De plus, s’il n’avait pas eu l’argent exigé pour ce long voyage, il n’aurait pas pu monter à bord. Or, il avait de quoi payer et il fut reçu comme passager. Dieu permit tout cela parce qu’Il savait comment atteindre et ramener son infidèle serviteur. Il avait une sévère leçon à lui donner, ainsi que nous le verrons, si le Seigneur le permet, dans notre prochaine étude.
Nous avons laissé Jonas s’embarquant à Japho, après avoir payé son passage à bord d’un navire qui allait à Tarsis. Ainsi l’insensé pensait s’enfuir de devant la face de l’Éternel. Mais l’Éternel qui voit et suit son infidèle serviteur, et qui veut le ramener, « envoya un grand vent sur la mer ». Quand Il le veut, il fait des vents ses messagers, il commande même aux vents et à l’eau, et ils lui obéissent (Luc 8:25). Or dans ce grand vent qui souleva une grande tempête sur la mer de sorte que le navire risquait de sombrer, il y avait comme une voix solennelle de Dieu s’adressant au prophète, si celui-ci avait veillé pour l’entendre. À bord du navire, Jonas était celui qui avait besoin d’être repris, c’était à lui que le message était envoyé. Les pauvres marins, des païens sans doute, avaient déjà été souvent exposés à la tempête. Pour eux, il n’y avait rien de nouveau, rien d’extraordinaire, rien de plus que ce qui arrive à ceux qui naviguent sur les grandes eaux. Mais il se trouvait à bord un personnage pour qui le grand vent et la grande tourmente était quelque chose de tout particulier et d’extraordinaire. C’était lui, et lui seul, que ce grand vent cherchait, que cette tempête appelait. Cependant, tandis que, dans leur angoisse à la vue du danger imminent qui les menace, les marins crient chacun à son dieu, Jonas était descendu au fond du vaisseau où il dormait profondément. Environ 900 ans plus tard, un autre serviteur du Seigneur, l’apôtre Pierre était dans un grand danger, la veille du jour où il devait, selon toute apparence humaine, être mis à mort par ordre du roi Hérode et il dormait tout aussi profondément dans sa prison entre deux soldats et lié de chaînes (Actes 12:6). Mais quelle différence entre ces deux hommes de Dieu et entre ces deux sommeils. Chez le prophète, c’était l’oubli de Dieu et de ses jugements qui le faisait dormir du sommeil d’une insouciance coupable et, peut-être aussi, de la satisfaction qu’il éprouvait d’avoir, pensait-il, échappé à une mission souverainement désagréable pour lui. [Le geôlier de Philippe dormait aussi alors que Paul et Silas, les pieds attachés au poteau, chantaient des hymnes et que les autres prisonniers les écoutaient. Il ne fut réveillé que par un tremblement de terre qui ébranla les fondements de la prison (Actes 16:27)]. L’apôtre dort dans le sentiment d’une parfaite paix, joyeux à la pensée d’être bientôt auprès du Seigneur pour lequel il allait mourir comme un fidèle témoin ou martyr. [Autrefois Pierre avait, lui aussi, dormi quand il n’aurait pas dû le faire. Sur la sainte montagne, à la vue de la gloire magnifique, lui et ses deux compagnons étaient accablés de sommeil (Luc 9:32) ; et en Gethsémané, Jésus saisi de tristesse avait dit aux mêmes trois disciples : « Veillez avec moi » et par deux fois, Il les trouva endormis (Luc 26:36-45)]. Peut-être aussi, dans le cas où il se serait alors souvenu de cette déclaration de son Maître : « Quand tu seras vieux, un autre te ceindra… disant cela pour indiquer de quelle mort il glorifierait Dieu » (Jean 21), déclaration qui revint à la pensée de Pierre lorsqu’il fut devenu vieux en effet (1 Pierre 5:1 ; 2 Pierre 1:14) ; peut-être Pierre avait-il l’assurance que, en réponse aux prières incessantes que l’assemblée faisait pour lui, Dieu le délivrerait — comme Il le fit — de toute la puissance d’Hérode. Heureux ceux qui peuvent dormir avec la tranquillité d’esprit et la bonne espérance de Pierre. Mais malheur à ceux qui dorment quand il faudrait veiller, quand ils sont au bord d’un précipice ou à la porte de l’éternité ! S’ils sont néanmoins des serviteurs de Dieu comme Jonas, c’est à eux que s’adresse cette exhortation sérieuse : « Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi » (Éphésiens 5:14). La vie est sérieuse, toute espèce de dangers nous menacent, nous y sommes peut-être tout aussi exposés que Jonas ou l’apôtre Pierre. C’est à nous aussi que Jésus Christ dit : « Veillez », car il le dit à tous (Marc 13:37). Oui, « C’est déjà l’heure de nous réveiller du sommeil…la nuit est fort avancée, et le jour s’est approché (Romains 13:11). En effet pour pouvoir veiller, il faut d’abord se réveiller.
Mais revenons à Jonas qui dort à fond de cale. Le maître des rameurs s’approche de lui et lui dit : « Que fais-tu, dormeur ? Lève-toi, crie à ton Dieu ! Peut-être Dieu pensera-t-il à nous, et nous ne périrons pas ». Il est bien triste et bien honteux pour un prophète de l’Éternel de s’attirer ainsi les reproches mérités de la part d’un païen, dont les paroles reviennent à ceci : Ce n’est certes pas le temps de dormir car nous sommes sur le point d’être engloutis par les flots. Lève-toi, invoque ton Dieu. Chacun de nous a crié à son dieu, mais en vain car la tempête continue. Peut-être le tien est plus puissant que les nôtres et pourra nous délivrer.
Puis, dans leur angoisse croissante, les marins, dans la pensée inspirée de Dieu probablement qu’il y a à bord quelque criminel que poursuit sur la mer la vengeance céleste, se dirent l’un à l’autre : « Venez, jetons le sort, afin que nous sachions à cause de qui ce malheur nous arrive. Et ils jetèrent le sort, et le sort tomba sur Jonas ». L’Ancien Testament nous fournit quelques exemples de païens consultant le sort sur ce qu’ils devaient faire ou attendre, dans des cas embarrassants. Les Hébreux aussi le consultent souvent, et parfois d’après l’ordre de l’Éternel. Les soldats romains jettent le sort pour partager entre eux les vêtements du Seigneur (Matth. 27:35), afin que fût accompli ce qui avait été annoncé par le prophète-roi (Psaume 22:18). C’est par le sort aussi que Matthias est choisi comme apôtre en remplacement de Judas (Actes 1:26). Mais, dans ce dernier cas, les croyants n’avaient pas encore reçu la Saint Esprit pour les « conduire dans toute la vérité ». Aussi, c’est la dernière fois qu’il est question de décider une question par le sort dans les Écritures. Quand ce moyen était encore légitimement employé, Dieu se réservait d’en diriger le résultat de manière à faire connaître sa volonté. C’est ce qui ressort de ce passage de Proverbes 16:33 : « On jette le sort dans le giron, mais toute décision est de par l’Éternel ». Ce fut bien ce qui arriva dans le cas de Jonas qui vit aussi se vérifier pour lui cet autre proverbe (10:9) : « Celui qui marche dans l’intégrité marche en sûreté, mais celui qui pervertit ses voies sera connu ». Les voies que Jonas suivait n’était que trop tortueuses aussi Dieu voulut qu’il fût démasqué ; le sort tomba sur lui. Alors les marins lui dirent : « Déclare-nous à cause de qui ce mal nous est arrivé ? Quelle est ton occupation et d’où viens-tu ? ». Et il leur répond : « Je suis Hébreu, et je crains l’Éternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre ». Puis il leur avoua que c’était à cause de lui que cette terrible tempête était venue sur eux ; et, tout saisis de crainte, comme la tourmente allait toujours en augmentant, ils se demandaient ce qu’ils lui feraient pour que la mer se calme. Il leur dit : « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer s’apaisera pour vous ». La tempête envoyée par l’Éternel a-t-elle maintenant atteint son but ? Sa voix a-t-elle été entendue ? La conscience du prophète prévaricateur a-t-elle été touchée de manière à ce qu’il sentît que, par sa désobéissance, il s’était rendu digne de mort ? Ou bien cette confession prouvait-elle seulement qu’il aimait bien mieux être noyé que d’aller à Ninive ? Sans vouloir trancher, il nous semble que le but de Dieu ne fut complètement atteint que plus tard, comme nous le verrons, s’il plaît au Seigneur, en étudiant le deuxième chapitre.
Quoi qu’il en soit, le conseil que Jonas leur donnait jeta les pauvres marins dans la plus grande perplexité. Ils pouvaient avoir entendu parler des prodiges de la toute puissance du Dieu d’Israël, et avoir sujet de craindre d’être punis s’ils faisaient mourir un adorateur de ce grand Dieu. Dans tous les cas, ils répugnaient extrêmement à sacrifier leur compagnon de voyage. Aussi font-ils de nouveau tous leurs efforts pour lutter contre la tempête et gagner la terre. Tout est inutile : la mer devenait toujours plus furieuse, ce qui semble indiquer que le message du Seigneur n’était pas encore arrivé avec puissance aux oreilles et au cœur de celui à qui il était envoyé.
À la fin, ces pauvres gens prennent le parti de crier à l’Éternel en le priant de ne pas leur imputer à péché la mort de cet homme et en ajoutant : « Toi Éternel, tu as fait comme il t’a plu ». Là-dessus ils précipitèrent Jonas dans les flots impétueux. Aussitôt l’orage cessa et la fureur de la mer s’arrêta. À la vue de ce miracle, ils reconnurent que l’Éternel était le seul vrai Dieu, et dès qu’ils furent arrivés à terre, ils lui offrirent des sacrifices selon les vœux qu’ils avaient faits, en action de grâces à cause de leur délivrance.
Laissez-moi encore attirer votre attention sur un second contraste entre le prophète Jonas et un autre apôtre. Ce contraste est des plus humiliant pour le prophète de Gath-Hépher. Nous l’avons vu dormir pendant que tous ses compagnons invoquaient leurs dieux ; c’est un païen qui le réveille et l’exhorte à prier. Ensuite il doit se reconnaître coupable après avoir déclaré qu’il craint l’Éternel, le Dieu des cieux. Il demande lui-même qu’on le jette à la mer. Tout cela démontrait qu’il s’était éloigné de Dieu et qu’il marchait dans une voie d’égarement et d’infidélité. Ce qui amène les marins à craindre l’Éternel et à lui sacrifier des victimes c’est, non pas le témoignage rendu par le fils d’Amitthaï ou ses exhortations et ses prières, mais uniquement l’effet heureux et soudain de l’exécution d’un jugement du Seigneur sur son serviteur rebelle. C’est Dieu seul qui, dans ce cas, tire le bien du mal comme il sait toujours le faire.
Maintenant lisez Actes 27. Vous y trouverez le récit d’un événement qui a quelques rapports, mais plus encore de différences, avec la scène dont nous venons de nous entretenir. Là aussi il s’agit d’un vaisseau exposé à la tempête. Là aussi il y avait un serviteur du Seigneur, mais dans le chemin de la fidélité. Il est conduit à Rome comme prisonnier, à cause du témoignage qu’il a rendu à la grâce de Dieu. Si le navire est en danger, ce n’est pas par la faute de l’apôtre Paul, mais parce qu’on n’a pas ajouté foi à ses avis et à ses conseils. Il est avec Dieu et près de ce Dieu dont il dit ouvertement : « À qui je suis et que je sers ». Aussi est-il honoré des communications de son Dieu relativement au sort du navire et de ceux qui y sont, et pour lesquels il devient un sauveur. Car un ange lui dit : « Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi ». Et, en effet, tous se sauvèrent. Paul est donc l’opposé de Jonas : celui-ci est la cause du danger que court le navire et de sa propre ruine. Paul ne peut périr là, parce que Dieu veut qu’il comparaisse devant César et, par la grâce de Dieu, c’est en considération de son fidèle serviteur que la vie de tous ceux qui sont avec lui à bord est aussi épargnée. Ainsi la désobéissance conduit toujours au malheur, et la fidélité est toujours suivie de la bénédiction pour le fidèle et aussi souvent pour d’autres.
Que le Seigneur vous rende fidèles afin que vous soyez tous du nombre de ceux qui naviguent avec un plus grand que Paul, avec le Sauveur qui dira bientôt à son Père : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».
Quand Jonas dit aux marins effrayés : « Prenez-moi et jetez-moi dans la mer, et le mer s’apaisera », nous aimons à croire qu’il y avait aussi en lui la pensée que, lui seul étant coupable, le châtiment de Dieu devait tomber sur lui seul, et non pas sur ses pauvres compagnons de voyage. David exprimait une pensée analogue lorsque, son peuple étant frappé par l’ange de l’Éternel à cause du péché de son roi, celui-ci dit à Dieu : « N’est-ce pas moi qui ai commandé de dénombrer le peuple ? C’est moi qui ai péché et qui ai mal agi ; mais ces brebis, qu’ont-elle fait ? Éternel, mon Dieu, je te prie, que ta main soit sur moi et sur la maison de mon père, mais qu’elle ne soit pas sur ton peuple pour le frapper (1 Chron. 21:17).
Ces belles paroles étaient l’expression du sentiment de son péché et de son dévouement pour Israël. Elles nous rappellent un dévouement infiniment plus admirable, celui du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ qui, n’ayant jamais connu le péché, a consenti volontairement à être fait péché pour nous pécheurs, à mourir sur la croix, Lui juste pour nous injustes. Quel amour ! Oh, comment pourriez-vous rester indifférents !
Revenons à Jonas : il est jeté à la mer où, sans doute, il va périr. Non, car le même Dieu qui avait élevé un grand vent sur la mer, était toujours là pour le garder après lui avoir donné une sévère leçon. « L’Éternel prépara un grand poisson pour engloutir Jonas ; et Jonas fut dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits ». Ici encore nous voyons qu’il n’y a rien d’insignifiant dans la vie d’un serviteur du Seigneur. Un grand poisson n’était pas une chose rare ; il y en avait beaucoup dans la mer. Néanmoins le Créateur tout puissant en prépare ou en fait venir un pour Jonas afin que ce monstre aussi fût un message de Dieu pour son âme. La conservation du prophète dans le ventre du poisson fut sans doute un miracle de la toute puissance de Dieu. [Il est connu qu’il y a des poissons, surtout une espèce de requin géant ou « poisson de Jonas », qui peuvent engloutir des hommes et même des chevaux. Ils les avalent tout entiers et ne digèrent pas aussi promptement que d’autres animaux. On les trouve en très grand nombre dans la mer Méditerranée et, entre autres, près de Joppé. Le célèbre Schubert, auteur d’un voyage en Palestine, cite le fait, bien connu dit-il, d’un matelot qui fut un jour avalé vif par un requin lequel, peu de temps après, atteint et tué par un boulet de canon, rejeta immédiatement ce pauvre homme blessé par les innombrables dents aiguës et tranchantes du monstre, mais cependant encore plein de vie, à tel point que, plus tard, ce matelot ainsi délivré courait le monde avec le même requin empaillé, par la gueule duquel il avait passé et qu’il faisait voir pour de l’argent].
Là, dans le sein de ce sépulcre, au cœur de la mer, environné de l’abîme, Jonas rentre en lui-même et revient au Seigneur. Il sent son péché, il le confesse. Il s’est adonné à des vanités fausses, car rien n’est plus vain et mensonger que le chemin de la désobéissance : aussi, par là, il a abandonné le sentiment et la jouissance de la grâce de son Dieu. C’est aussi là ce qui fait le malheur de tous les pécheurs. C’est l’amour du péché qui les tient éloignés de la grâce et qui les empêche de connaître l’amour de Dieu en Jésus Christ. Puis le prophète fait sa prière à l’Éternel, avec l’assurance qu’elle parvient au palais de sa sainteté et que déjà elle est exaucée : il a foi en Dieu de qui vient le salut. Du sein des eaux profondes et des racines des montagnes, il peut dire avec une entière confiance : « Je regarderai encore vers le temple de ta sainteté » et même : « Ô Éternel, mon Dieu, tu as fait remonter ma vie de la fosse ». Quel précieux don que celui de la foi, qui saisit ainsi les promesses de Dieu et qui en jouit par avance, comme si elle les possédait déjà. Que le Seigneur vous donne ou vous augmente la foi !
Nous savons que Jonas était alors un admirable type du Seigneur Jésus et c’est Jésus lui-même qui nous le révèle. Aux Pharisiens hypocrites qui lui demandaient de leur faire voir quelque miracle, il répondit : « Une génération méchante et adultère recherche un signe ; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas le prophète. Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (Matthieu 12:38-40) ».
En effet, si Jonas, dans sa détresse, dit à Dieu : « Toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi », il ne fait que répéter ce que David avait dit au Psaume 42:7 qui s’applique tout particulièrement au Seigneur Jésus sur la croix. Et comme Jésus fut exaucé par son Père et ressuscité avec puissance le troisième jour, de même le prophète sortit de son sépulcre, parce que l’Éternel commanda au poisson, et il dégorgea Jonas sur la terre.
Maintenant, l’homme de Dieu est devenu obéissant. Obéissant à l’ordre que l’Éternel lui fait de nouveau entendre, il s’en va à Ninive. C’était une très grande ville de trois jours de marche. Et Jonas commença à faire dans la ville une journée de marche et il fit la proclamation en ces mots : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ». Et les hommes de Ninive crurent Dieu ; un jeune d’humiliation et de pénitence fut publié par le roi ; ils crièrent à Dieu de toutes leurs forces et se convertirent ; et Dieu se repentit du mal qu’il avait dit qu’il leur ferait, et il ne le fit point.
Plût à Dieu que toutes les prédications fidèles de sa parole, toutes les dénonciations de ses jugements contre les pécheurs obstinés, produisissent des effets analogues au milieu de ceux, hommes et enfants, qui se nomment chrétiens ! S’ils persistent, et si vous persistez à fermer vos oreilles et vos cœurs aux appels de Dieu, il ne vous restera à la fin qu’une attente terrible de jugement. Que Dieu vous donne de le comprendre pendant qu’il en est temps et de vous convertir à Lui !
Chose triste à dire ! celui qui aurait dû, plus que tout autre, se réjouir et bénir le Seigneur de l’effet de sa prédication, le prophète Jonas s’en affligea et s’en irrita. La grâce accordée aux Ninivites repentants lui déplut extrêmement, et il en fut en colère. Dans son zèle amer d’Israélite, il eût mieux aimé voir Ninive renversée et tous ses habitants détruits. Il tenait davantage à son honneur de prophète qui, à son gré, aurait reçu un plus grand relief par l’accomplissement des menaces qu’il avait fait entendre, qu’il ne tenait à la miséricorde envers de pauvres pécheurs. Pauvre et orgueilleux Jonas ! Il avait encore besoin d’une leçon et Dieu est trop fidèle pour ne pas la lui donner. Il se plaint de Dieu, de sa clémence, de son support, de son amour, comme si lui, Jonas, n’en avait pas besoin tout autant qu’un autre. Il va jusqu’à dire : « Maintenant, Éternel, je t’en prie, prends-moi ma vie, car mieux me vaut la mort que la vie. Et l’Éternel dit : fais-tu bien de t’irriter ? ».
Irrité le prophète sort de la ville. Il s’assied près de Ninive et se fait une cabane. Il semble avoir oublié l’enseignement qu’il avait appris pendant son séjour de trois jours au fond de la mer, aussi lui faut-il un nouveau message de la part de Dieu. « L’Éternel Dieu prépara un kikajon, c’est à dire une plante de ricin, qu’il fit croître au dessus de Jonas pour faire ombre sur sa tête, pour le délivrer de sa misère ». C’est une plante qui, dans les pays chauds, s’élève jusqu’à six mètres de hauteur et dont les grandes feuilles bien fraîches procurent un doux ombrage. C’était là aussi un messager de Dieu pour l’âme du prophète. Aussi « Jonas se réjouit d’une grande joie à cause du kikajon ». Assis à l’ombre, il ne pense plus à la mort qu’il avait demandée dans un moment d’impatience et de dépit. « Et Dieu prépara un ver le lendemain, au lever de l’aurore, et il rongea le kikajon, et il sécha ». Ce ver, quelque insignifiant qu’il pût paraître, n’en était pas moins un agent de Dieu tout autant que le grand vent, le grand poisson ou le ricin. Un ver employé par le Seigneur peut opérer de grandes choses. Celui-ci fit soudainement sécher le ricin de Jonas pour lui donner une sérieuse leçon, il nous la donne aussi. Celui qui avait préparé un ver, prépare ensuite un vent d’est étouffant ; et le soleil frappe sur la tête de Jonas de sorte qu’il s’évanouit et demanda de nouveau de mourir : « Mieux me vaut la mort que la vie », dit-il. Mais Dieu dit à Jonas : « Tu as pitié du kikajon pour lequel tu n’as pas travaillé, et que tu n’as pas fait croître, qui est né en une nuit et a péri en une nuit ; et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne savent pas distinguer entre leur droite et leur gauche, et aussi beaucoup de bétail ! ».
Ces paroles étaient bien propres à faire sentir au prophète son égoïsme et sa dureté de cœur. D’un autre côté, elles font ressortir, en contraste, la bonté, la patience et la compassion de Dieu pour ses pauvres créatures, surtout pour les jeunes enfants et même pour les animaux. Apprenez aussi de là que Dieu est en tout et partout, et que toutes les circonstances, même les plus ordinaires, peuvent être préparées ou dirigées par Lui pour vous donner des enseignements en rapport avec votre état d’âme. Que le Seigneur vous donne des oreilles pour entendre sa voix dans tout ce qui vous arrive, l’intelligence spirituelle pour la comprendre, et la soumission de cœur pour vous y conformer !
Nous tenons à vous rappeler encore un passage relatif à Jonas et à son ministère, passage bien sérieux et que nous demandons à Dieu de vous faire comprendre à salut. Le Seigneur Jésus dans Matthieu 12:41 et Luc 11:32, après avoir déclaré qu’il ne serait pas donné à la race méchante et adultère des Juifs qui l’entouraient, d’autre signe que celui du prophète Jonas dans le ventre du gros poisson, ajoute : « Des hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération (les Juifs d’alors) et la condamneront, car ils se repentirent à la prédication de Jonas et voici, il y a ici plus que Jonas ». Cela veut dire que les Juifs étaient beaucoup plus coupables que les Ninivites, et qu’ils seraient condamnés par eux au jour du jugement, parce que les habitants de Ninive avaient écouté les paroles de Jonas et s’étaient convertis, tandis que les Juifs, ayant au milieu d’eux Celui qui était infiniment supérieur au prophète, le Seigneur de Jonas et le leur, fermaient leurs oreilles et leurs cœurs aux appels de grâce qu’Il leur adressait pour les amener à la repentance et à la foi.
— Et vous, avez-vous écouté le Seigneur Jésus ? Avez-vous confiance en ses paroles et en son amour ? Maintenant encore, « Il est ici et Il vous appelle ». Si vous refusez de l’écouter, de le croire, de le recevoir comme le seul et parfait Sauveur, vous seriez beaucoup plus coupables que les Ninivites et les Juifs eux-mêmes, et vous attireriez sur vous une plus grande et plus juste condamnation, car vous avez reçu bien plus de lumières et de grâces qu’eux. Dieu veuille que cette considération pénètre dans vos consciences et dans vos cœurs pour y produire, par la miséricorde divine, une vraie repentance envers Dieu et la foi en Jésus Christ.
La Bonne Nouvelle 1870 pages 25 à 32.
Michée veut dire : Qui est comme l’Éternel ? Près de deux cents ans avant celui dont nous allons nous occuper, à la demande de Josaphat roi de Juda, un prophète du même nom, fils de Jimla, avait été consulté par Achab sur l’issue de la campagne qu’ils allaient entreprendre contre la Syrie (voyez 1 Rois 22 ; 2 Chron. 18). Malgré les prédictions favorables que 400 prophètes de mensonge donnaient à l’impie Achab, malgré les coups qu’il reçoit de l’un d’eux, malgré les menaces du méchant roi d’Israël, l’homme de Dieu lui annonce avec une solennelle intrépidité la défaite de ses armées, la dispersion du peuple et sa mort à lui.
Quant à Michée, le sixième des petits prophètes auquel nous consacrons cette étude, nous n’avons sur sa personne et sa famille d’autres indices que ceux qu’il nous donne lui-même dans le premier verset de son livre. Il se dit Morashtite, ce qui signifie qu’il était originaire de Morésheth, ville de la tribu de Juda (1:14), et il prophétisa sous les règnes de Jotham, Achaz et Ézéchias, rois de Juda ; il était donc contemporain des prophètes Ésaïe, Osée et Amos. Les royaumes de Juda et d’Éphraïm, ce dernier surtout, passaient par des temps déplorables qui présageaient leur ruine. Shalmanéser s’avançait contre Samarie, Sankhérib contre Jérusalem, et malgré quelques délivrances momentanées et miraculeuses, les circonstances étaient bien sombres. Cependant le peuple n’y prenait pas garde, une fatale sécurité régnait sur les habitants des deux royaumes et les endormait. Il ne manquait pas, parmi eux, de faux prophètes disant : « Paix, paix ! » quand il n’y avait point de paix à attendre. De même, aux derniers jours, les hommes diront « Paix et sûreté ! » et alors une ruine subite fondra sur eux et ils n’échapperont point (1 Thess. 3:3).
En Israël et en Juda, les prophètes seuls veillaient et avertissaient le peuple en cherchant à le réveiller. Michée vient aussi, déclarant tour à tour à Jérusalem et à Samarie, à Juda et à Éphraïm, les châtiments qui les attendent, et les invitant à se repentir, à se convertir à Dieu et à se confier en Lui pour être sauvés ; mais il sait bien qu’on ne l’écoutera pas ; il le dit lui-même : « S’il y a un homme qui marche selon le vent et le mensonge, qui mente, disant : je te prophétiserai au sujet du vin et de la boisson forte ! il sera le prophète de ce peuple » (