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LE CANTIQUE DES CANTIQUES ou LE CANTIQUE DE SALOMON

 

Adrien Ladrierre probable

 

Table des matières :

1     Une nouvelle relation — chapitre 1 et 2

2     Les expériences de l’épouse — chapitre 3 à 8

2.1     Attirée par le Seigneur, mais pas affranchie des liens avec la terre

2.2     Indifférence et expériences qui s’ensuivent

2.3     Être occupés du Seigneur

2.4     Chapitres 6 et 7

2.5     Trois confessions

2.6     Chapitre 8

 

 

Bonne Nouvelle 1874 pages 81 à 85, 101 à 107, 125 à 130, 147 à 150

 

1                        Une nouvelle relation — chapitre 1 et 2

C’est du même homme, le roi Salomon, que Dieu a voulu se servir, d’abord pour nous prouver qu’il est impossible de trouver le bonheur ici-bas, ensuite pour nous montrer où le cœur peut goûter un repos qui ne saurait être troublé. Sur la terre, « tout est vanité et poursuite du vent », mais le repos dont nous parlons devient toujours plus précieux et plus désirable à mesure que l’on en jouit davantage. Ce repos, c’est en Christ qu’il se trouve, et c’est Christ qui est véritablement le sujet du Cantique des Cantiques.

Un cantique est l’expression de ce que le cœur ressent. On ne peut pas chanter lorsqu’on est triste. Ceci nous fait comprendre d’emblée le grand contraste qui existe entre le livre de l’Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. L’Ecclésiaste nous dit comment il faut se conduire pour être heureux « dans les jours de la vie de sa vanité » sur la terre, mais il ne nous donne pas un objet pour le cœur ; bien au contraire, il déclare positivement que rien dans ce monde ne saurait satisfaire celui qui y recherche le bonheur. Mais, dans le Cantique des Cantiques, cet objet est clairement présenté à l’âme afin qu’elle s’y attache et en jouisse. Cet objet, nous l’avons dit, est Christ lui-même. C’est avec ce qui fait l’objet des affections que l’on est en relation, et dans le sujet qui nous occupe cette relation est la plus intime de toutes celles connues ici-bas : celle de l’homme avec son épouse.

Le Cantique de Salomon est une prophétie faisant partie de l’Écriture dont l’apôtre Pierre dit que « de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pierre 1:21). Mais il faut avoir soin de remarquer qu’il ne s’agit pas, dans cette prophétie, des relations de Christ avec l’Église. Ce sont les entêtes de chapitres, ajoutés dans beaucoup de Bibles, qui ont fait naître cette idée laquelle est complètement fausse ; car l’Église est appelée le « mystère caché dès les siècles en Dieu » (Voyez Rom. 16:25, Éph. 3:5-12 ; Col. 1:24-27).

Un mystère dans la Parole de Dieu ne signifie pas quelque chose d’extraordinaire que personne ne peut comprendre, mais bien un secret qui n’a pas encore été révélé. Ainsi, le mystère ou secret de l’Église était caché pendant tout le temps de l’Ancien testament, mais il a été révélé dans le Nouveau. En Éphésiens 3 il est dit que ce mystère a été maintenant donné à connaître.

Néanmoins, il se peut que l’on fasse cette objection : Quoique le mystère de l’Église ne fût pas encore révélé dans l’Ancien Testament, est-ce que Dieu n’avait pas celle-ci en vue lorsqu’Il poussa le roi Salomon à écrire son Cantique, et ce Cantique ne serait-il pas comme une prophétie de ce qui devait être révélé plus tard ?

Eh bien, non ! Cela est impossible. D’abord, une prophétie est une révélation, de sorte que le Cantique des Cantiques ne peut pas être une prophétie de l’Église, car l’Église était alors un mystère. Ensuite, le caractère de l’épouse telle qu’elle est décrite dans le Cantique des cantiques et ses rapports avec son époux, ne correspondent pas avec ce qui est écrit touchant l’Église ; c’est un tout autre genre de relations.

Dans le livre de la Parole qui nous occupe, le Saint Esprit fait allusion au royaume terrestre de notre Seigneur Jésus Christ : Sion, Jérusalem, et le peuple d’Israël qui sera rétabli en gloire dans le pays de la promesse, Canaan, alors que Dieu donnera au peuple un « nouveau cœur » (Comparez Ézéchiel 36). Les Juifs ont rejeté leur Messie la première fois qu’Il s’est présenté à eux pour être reçu ; mais, lorsqu’Il reviendra pour la seconde fois, ils le recevront, après s’être repentis et avoir confessé tous leurs péchés. Ils seront alors comme une épouse terrestre du Seigneur (Psaume 45), tandis que l’Église est son épouse céleste.

Toutefois le Cantique de Salomon, de même que les Psaumes de David, trouve de nos jours, aussi bien qu’au temps auquel il se rapporte plus particulièrement, son application à chaque âme individuellement. On y découvre, divinement exprimés, les progrès que l’âme fait dans la connaissance du Seigneur Jésus Christ. Sous ce point de vue, le Cantique des cantiques est très actuel et très précieux.

Ce qui donne à ce livre beaucoup d’à propos pour décrire ces progrès de l’âme, c’est que la relation dont il parle, de l’épouse avec son époux, existe avant qu’il soit question de progrès. Il faut être déjà dans une relation pour en comprendre les devoirs, et faire des progrès dans l’intelligence des privilèges qui s’y rattachent, mais la relation d’épouse ne vient pas de naissance : il faut, pour la former, la volonté de l’époux et les affections réciproques de ceux qui s’engagent mutuellement et, une fois formée, cette relation, selon l’ordonnance de Dieu, ne peut point être rompue tant que la vie dure.

Vous n’ignorez pas que personne en venant dans ce monde ne naît enfant de Dieu. Nous naissons tous enfants d’Adam et, pour devenir enfant de Dieu, il faut une nouvelle naissance. C’est une relation toute nouvelle et l’on y entre dès l’instant que l’on croit au Seigneur Jésus. Une fois dans cette relation, il faut progresser pour en comprendre toujours mieux le caractère, l’étendue, les devoirs et les privilèges ; et c’est avec l’intelligence spirituelle que Dieu communique à l’âme qui vit près de Lui, que les affections croissent, se fortifient et se développent en harmonie avec la sphère nouvelle et divine dans laquelle elles se meuvent.

Nous reviendrons ci-après avec plus de détails sur les points qui ont attiré notre attention. Dieu veuille lui-même bénir pour chacune de vos âmes la lecture de sa bonne et précieuse Parole.

 

Les deux premiers chapitres nous montrent d’une manière générale la relation qui se forme entre Christ et l’âme qui vient à Lui. Les six chapitres suivants parlent des expériences que fait l’âme sous l’influence de cette relation, avant même que celle-ci soit pleinement établie en pratique. La fin du chapitre 2 a beaucoup d’analogie avec celle du chapitre 8. Jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que les ombres s’enfuient, la pleine connaissance de l’époux n’est pas réalisée de fait, elle est affaire de foi. On sait qu’il est là, comme le chevreuil sur les montagnes, mais on ne saurait l’atteindre. Il en est ainsi pour les chrétiens quant à la gloire de Jésus ; ils participeront à cette gloire lorsque Jésus sera manifesté et que « le jour » sera là. Mais tout ce que nous venons de voir nous montre la différence qu’il y a entre « l’épouse » du Cantique des cantiques et « l’Église » de Christ, car la relation de l’Église avec son Chef est déjà établie, elle est bâtie sur le seul fondement qui a été posé, Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant (Matth. 16 ; 1 Cor. 3). Si nous sommes chrétiens, Dieu nous appelle dès maintenant à la pleine connaissance et réalisation de la relation nouvelle dans laquelle il nous introduit aussitôt que nous croyons. Dans ce sens, les ombres s’enfuient et le jour est là pour nous lorsque nous arrivons à cette connaissance, c’est-à-dire lorsque nous sommes réellement affranchis ; car « les ténèbres s’en vont et la vraie lumière luit déjà » (1 Jean 2:8). Mais les âmes demeurent souvent longtemps dans un état d’incertitude et d’espérance, aimant véritablement le Seigneur mais n’en jouissant pas comme elles le devraient et ne sachant pas bien où et comment Le rencontrer. C’est un état semblable que nous trouvons dans le Cantique des cantiques Aussi ce livre est-il bien propre à nous faire comprendre ce qui empêche tant de personnes d’être affranchies. Mais en même temps, qu’il est consolant et encourageant de voir partout, à côté de toute l’incrédulité, de toutes les inconséquences de nos faibles cœurs, et malgré leur faiblesse, l’expression de l’amour fidèle du Sauveur en faveur de la pauvre âme qu’Il attire à Lui !

Nous avons dit que les deux premiers chapitres présentent d’une manière générale la nouvelle relation. C’est l’épouse qui parle d’abord : elle confesse que son cœur a trouvé un objet qui l’étreint et elle désire jouir de toute l’affection qu’elle découvre dans cet objet : « Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! Car tes amours sont meilleures que le vin ». Le vin, dans la Parole de Dieu, représente tout ce qui réjouit le cœur de l’homme sur la terre. L’épouse reconnaît quant à elle qu’elle a trouvé quelque chose de meilleur. C’est le vin nouveau dont parle le Seigneur Jésus dans les évangiles et qui doit être mis dans des outres neuves. Hélas, on a tant de peine à croire que celui qui fournit le vin nouveau est puissant pour créer un vase neuf, capable de le contenir ! Comparez Éphésiens 2:10 : « Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus ». On s’efforce d’accommoder le nouveau avec le vieux, de mettre le bon vin de la joie de l’esprit Saint (1 Thess. 1:6) dans les vieilles outres de notre propre justice. C’est une chose impossible. Aussi longtemps qu’on essaie, on est misérable, mais c’est déjà quelque chose d’avoir entrevu une joie meilleure sous tous les rapports que tout ce que le monde peut donner. Quand on est arrivé au sentiment de sa propre faiblesse, on peut alors s’adresser au Seigneur en lui disant comme l’épouse : « Tire-moi, et nous courrons après toi ». Et l’on sent bien que, s’il ne nous tire, on est incapable de courir.

Avec ce sentiment-là, toute créature humaine commence à comprendre son état réel devant Dieu : « noire » [il faut lire « noire » et non pas « brune » ainsi que cela se lit dans la plupart des versions, aux versets 5 et 6]. Oui, chacune doit le confesser pour elle-même : « Je suis noire ». C’est dans la lumière du Seigneur, « soleil de justice », que l’on arrive à cette connaissance. « Je suis noire, parce que le soleil m’a regardée ». Par la bonté de Dieu le croyant peut ajouter : « …mais je suis agréable » car lorsqu’on découvre son état de perdition, Christ est là pour nous revêtir de la justice de Dieu, et les iniquités sont ôtées, les péchés sont couverts. Quant à notre nature, nous sommes noirs comme ces tentes de Kédar qui étaient faites du poil des chèvres noires. Quant à notre position en Christ, nous sommes agréables et comme les tentures de Salomon (probablement le voile du sanctuaire ; 2 Chron. 3:14).

C’est la révélation de Dieu en grâce qui fait que l’âme désire connaître le Seigneur personnellement de sorte que l’expression de ce désir se manifeste aussitôt : « Déclare-moi, toi que mon âme aime, où tu pais… » Et la réponse, faite dans des termes où l’affection déborde, montre à celui qui cherche qu’il faut « sortir après les traces du troupeau ». Il n’y a pas deux chemins. Le bon Berger qui vient chercher ses brebis les conduit toutes par le même chemin car il va devant elles. Il faut le suivre en écoutant le son de Sa voix ; et vous savez, n’est-ce pas chers lecteurs, que c’est par la Parole que l’on entend Sa voix.

Une âme qui cherche encore le Seigneur est continuellement préoccupée d’elle –même et pense tantôt à son bonheur, tantôt à sa misère. Mais quand elle a réellement rencontré Jésus, elle ne s’occupe que de Lui, elle se repose en Lui, Il est son bonheur, en Lui est la paix.

Cette préoccupation de soi-même est caractéristique dans le Cantique des cantiques, particulièrement dans les deux premiers chapitres. L’épouse dit, en cherchant un emblème parmi les plus belles fleurs de la terre : « Je suis le narcisse de Saron et le lis des vallées ». – Oui, dit le Seigneur, mais c’est un « lis entre les épines ». Il est difficile de l’avoir. Ses compagnes, au milieu desquelles elle a été élevée, sont autant d’épines autour d’elle. Il faut qu’on lui dise : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens » (2:10).

L’appel du Seigneur, s’il est entendu, nous fera toujours quitter tout ce qui serait propre à retenir notre cœur ici-bas. Il veut nous avoir pour Lui seul. Il veut nous posséder en entier. Son amour ne peut pas se répandre dans un cœur partagé. Oh ! Combien peu nous sommes disposés à nous consacrer ainsi entièrement au Seigneur. On dort au lieu de veiller : on s’enferme dans sa maison, dans son jardin, dans une quantité de choses souvent bonnes en apparence, jolies extérieurement, mais où il n’y a d’aliment que pour le cœur naturel qui y trouve ses plaisirs ; et avec tout cela le Seigneur est laissé dehors. Il se montre néanmoins, il se fait entendre de nouveau, il réitère son appel : « Lève-toi et viens ». Il voudrait que nous élevions nos cœurs et nos voix en actions de grâce et en louanges, et nous demeurons muets parce que nos cœurs vides, sans écho, ne sont pas encore affranchis de leurs liens terrestres.

Cependant, lorsqu’on regarde au Seigneur, on éprouve qu’Il est toujours le même, et qu’Il est, Lui seul, un sûr abri. Lui seul, comme un pommier isolé « entre les arbres d’une forêt », donne des fruits doux et nourrissants. C’est Lui qui nous a cherchés et trouvés car, si nous pensions à ce que nous étions, nous sommes forcés d’avouer que nous étions « morts dans nos fautes et dans nos péchés », marchant « suivant le train de ce monde » comme « les fils de la désobéissance », « étrangers et ennemis quant à l’entendement, dans les mauvaises œuvres », « dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et des pensées ; et nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ » (Éph. 2:3-5). C’est l’œuvre de Christ pour nous qui nous sauve, et quand l’âme a eu affaire avec le Sauveur, elle peut bien dire : « Il m’a fait entrer dans la maison du vin ; et sa bannière sur moi, c’est l’amour ».

Bienheureux est celui qui ne regarde pas aux choses qui se passent autour de lui, mais qui ferme les yeux sur tout ce qui peut retenir le cœur ici-bas ! Bienheureux celui qui va droit au Seigneur en répondant à son appel de grâce ! Celui-ci portera du fruit tel que le Seigneur en cherche, et il n’y aura pas de ces petits renards qui viennent gâter les vignes et détruire les petites grappes à mesure qu’elles poussent.

Lorsqu’on dit : « Mon bien-aimé est à moi », il se peut néanmoins qu’il y ait encore beaucoup d’autres choses qui occupent en même temps le cœur, et il faut parfois que le chrétien passe par de tristes amères et pénibles expériences jusqu’à ce qu’il soit débarrassé, dégagé des liens qui l’entravent dans sa marche. Quoiqu’il en soit le Seigneur est fidèle et Il accomplit son œuvre de grâce dans l’âme. « Celui qui a commencé en vous une bonne œuvre, l’achèvera jusqu’au jour de Jésus Christ » (Philippiens 1:6).

 

2                        Les expériences de l’épouse — chapitre 3 à 8

2.1   Attirée par le Seigneur, mais pas affranchie des liens avec la terre

Les chapitres 3 à 8 du Cantique des Cantiques décrivent les expériences d’une âme qui est réellement attirée par l’affection du Seigneur mais qui n’est pas encore affranchie de ses liens avec la terre. En cherchant ses aises ici-bas, l’épouse n’y trouve pas son bien-aimé car le Seigneur n’a pas eu dans ce monde de lieu où reposer sa tête. Mais elle voudrait le voir, aussi elle se lève et se met à sa poursuite par la ville. Elle ne se rebute pas dans sa recherche et son bien-aimé se laisse bientôt trouver par elle. Mais il a une instruction à lui donner : c’est qu’au lieu de rester chez elle, sur sa couche où elle n’a pu jouir d’aucun repos, elle aurait dû s’en procurer auprès de lui, Salomon. C’est là, dans le repos du roi, que l’on est garanti de toute frayeur.

Lorsqu’on recherche le repos et la paix sans Christ, on est toujours déçu ; tandis que, si nos cœurs sont occupés de Lui, nous serons tranquilles et heureux. Le bon Berger, quand il trouve sa brebis perdue, a beaucoup plus de joie que n’en a la brebis qui est l’objet de sa sollicitude. C’est le Berger qui appelle ses amis à venir se réjouir avec Lui de sa trouvaille. Pareillement, nous avons ici (chap. 3) l’appel aux filles de Jérusalem afin qu’elles sortent et regardent « le roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l’a couronné au jour de ses fiançailles, et au jour de la joie de son cœur ».

Puis le bien-aimé poursuit son œuvre d’amour, en vue d’amener son épouse à ne plus être préoccupée d’elle-même. Elle avait dit : « Mon bien-aimé est à moi » ; et elle croyait pouvoir lui donner une place dans son cœur sans en bannir les autres choses qui l’occupaient. Mais lui ne veut pas de cœurs partagés et, dans le chapitre 4, il révèle à l’épouse combien elle lui est précieuse. Il veut qu’elle tourne vers Lui son cœur, qu’il compare à un beau jardin, dans lequel il désire trouver des fruits. Les vents soufflent dans ce jardin, afin que la bonne odeur des parfums se répande de tous côtés ; puis l’épouse invite son bien-aimé à y venir, il répond aussitôt à son désir en lui déclarant qu’il a trouvé en effet les fruits délicieux qu’il cherchait ; et il convie ses amis afin qu’ils mangent avec Lui.

 

2.2   Indifférence et expériences qui s’ensuivent

Mais l’épouse a encore d’autres expériences à faire. Au chapitre 3 elle est en défaut quant aux circonstances dans lesquelles elle se trouve : elle avait un lit, un endroit de repos, loin du roi ; ici au chapitre 5, elle est mise à l’épreuve quant à elle-même, quant à sa personne : on la trouve dormant. Le bien-aimé l’appelle en disant : « Ouvre-moi » ; mais elle ne peut pas se lever. Il lui montre sa main, l’avançant par le trou de la porte ; émue enfin à cause de lui, elle se lève pour lui ouvrir, mais il s’était retiré ; il faut maintenant qu’elle subisse les conséquences douloureuses de son indifférence.

Elle sort sans protection car son bien-aimé n’est plus avec elle. Elle le cherche partout, mais en vain, elle ne sait où le découvrir. Les guets, faisant leur ronde par la ville, la rencontrent ; ils la battent et la dépouillent de son voile : à présent, la voici dans l’angoisse et la honte. Alors elle raconte à ses compagnes sa douleur et elles lui répondent : « Ton bien-aimé qu’est-il de plus qu’un autre bien-aimé, ô la plus belle parmi les femmes ? » ce qui lui fournit l’occasion de leur dépeindre les charmes de son bien-aimé. Les filles de Jérusalem, frappées par cette description et touchées de tant de réalité dans l’affection qui lie si étroitement l’épouse à son bien-aimé, se sentent aussitôt poussées à le rechercher avec elle. À leur tour, elles lui demandent où il est allé ; et chose étrange, elle le sait maintenant. Elle répond : « Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, aux parterres des aromates, pour paître dans les jardins et pour cueillir des lis » ; en outre, elle confesse ce qu’il est pour elle ; confession qui montre qu’elle a fait des progrès dans sa connaissance. Elle disait précédemment (2:16) : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » ; à présent elle dit : « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ». Cette interversion dans sa pensée indique qu’elle est plus occupée de lui que d’elle-même ; elle n’est pas encore débarrassée d’elle-même au point d’être absorbée par lui et de s’effacer, de se perdre pour ainsi dire en lui ; mais elle a fait des progrès très réels.

 

2.3   Être occupés du Seigneur

Avant d’aller plus loin, nous désirons attirer votre attention, chers lecteurs, sur le côté pratique de ces enseignements afin que, par leur application à vos consciences et à vos cœurs, vous retiriez pour vous-mêmes tout le profit que ces enseignements renferment pour quiconque veut être soumis à la Parole de Dieu. Ces instructions se rapportent plus particulièrement aux expériences de la vie chrétienne. S’il en est parmi vous (et il y en a, je l’espère, plusieurs) qui recherchent sérieusement le Seigneur, mais qui ne jouiraient pas encore de l’affranchissement en Christ, c’est à ceux-ci que le Cantique de Salomon s’adresse avec à propos.

Savez-vous ce qui empêche de jouir du salut ? C’est que vous vous occupez toujours de vous-mêmes. L’égoïsme et l’orgueil de nos pauvres cœurs nous empêchent de croire que Dieu s’est occupé de tout ce qui nous concerne, et cela bien longtemps avant que nous eussions la moindre idée de rechercher sa face. C’est parce que Dieu nous a vus méchants et corrompus au dernier point, qu’Il a envoyé son Fils unique, lequel est venu ici-bas porter la peine de nos péchés. Maintenant Dieu fait annoncer le message de sa grâce, savoir qu’Il peut avec justice nous pardonner en vertu du sacrifice de Christ, et Il vous invite, chers lecteurs, à venir Lui ouvrir votre cœur.

Pendant que Dieu agit ainsi en grâce à notre égard, de notre côté que faisons-nous ? Si du côté de Dieu tout est déjà prêt, il est évident que c’est du nôtre que viennent les entraves, les empêchements, les difficultés. Combien de fois, hélas, le Seigneur ne nous trouve-t-il pas, comme l’épouse du Cantique des cantiques, cherchant un lieu de repos loin de Lui, et dormant, dans l’indifférence, bien que la conscience nous dise, et que l’expérience nous le démontre chaque fois, que ce n’est qu’en Jésus que se trouvent le repos, la paix et une joie durable et stable. Combien souvent notre cœur ne Lui est-il pas comme fermé ! On pense à soi, on s’occupe de soi ; puis on se met à rechercher le Seigneur et on ne le trouve pas. Mais du moment qu’on s’occupe de Lui, qu’on pense à ce qu’Il est dans sa personne et dans son œuvre, on sait où Il est et on le trouve. Le cœur est alors délivré de toute peine, de tout soucis, de toute inquiétude et l’on est en paix. Cela ne veut pas dire que l’on soit arrivé à une pleine connaissance du Seigneur, de sa personne ou de son œuvre. Mais le cœur a trouvé son repos en Lui, quelque misérable que l’on puisse être soi-même, on ne doute plus de la parfaite bonté du Seigneur ; on expérimente, comme l’exprime l’épouse, que tout en Lui est aimable.

Il faut que notre cœur ait un objet quelconque qui gouverne nos pensées et attire nos affections. Si cet objet n’est pas le Seigneur, ce sera quelque idole qui prendra la place ; et cette idole se trouvera soit parmi les choses qui nous environnent, soit dans les circonstances que nous traversons, soit chez nos parents et/ou amis, soit en nous-mêmes. Aussi longtemps qu’on cultive cet objet d’idolâtrie, le cœur demeure fermé pour le Seigneur, quelle que soit d’ailleurs la profession qu’on puisse faire de rechercher sa face et de Le servir.

 

2.4   Chapitres 6 et 7

En poursuivant dans le Cantique des cantiques l’histoire des expériences de l’épouse, on voit que le but du bien-aimé est de la détourner de s’occuper d’elle-même. Pour atteindre ce but, Il lui montre que c’est lui-même qui prend plaisir à remarquer et à relever toutes les grâces qui sont en elle, et qu’il est ravi de l’épouse qu’il a trouvée. Ce sont les chapitres 6 et 7 qui traitent de cela, et le précieux résultat s’en fait voir à la fin du chapitre 7. Quand l’épouse a compris où se portent les affections du bien-aimé, que c’est elle-même qui en est l’objet, elle trouve son repos de cœur dans son amour. Alors, pour la troisième fois, elle donne essor au sentiment qu’elle éprouve : « Je suis à mon bien-aimé, et son désir se porte vers moi ». Ayant trouvé le bien-aimé, elle ne pense plus à sa joie à elle, mais elle se repose dans le fait que Lui a trouvé un trésor qui le satisfait : elle Lui appartient, elle est en Lui.

 

2.5   Trois confessions

Les trois confessions que nous avons signalées présentent un progrès très remarquable dans la foi au Seigneur.

1) 2:16 : « Mon bien-aimé est à moi ». Précieuse trouvaille, en effet ! Mais peux-tu la conserver ? Hélas ! S’il s’agit de notre fidélité, de notre capacité de retenir le Seigneur que nous avons trouvé, aucun de nous ne peut regarder avec assurance vers l’avenir. Notre faiblesse, nos inconséquences, l’incrédulité du cœur naturel viennent remplir l’âme de crainte et de doute. Il est vrai que la seconde partie de la confession « et je suis à lui » apporte quelque consolation, mais c’est toujours le doute qui prédomine parce que l’on s’occupe avant tout de soi-même.

2) 6:3 : « Je suis à mon bien-aimé ». Ici, dans la deuxième confession, l’ordre est déjà interverti. Cela va bien ! Pourrait-il y avoir défaut de son côté ? Impossible ! Voilà donc la certitude. Mais il est ajouté : « et mon bien-aimé est à moi ». C’est-à-dire qu’il faut pourtant qu’il y ait de la fidélité des deux côtés : tu es à Lui si toutefois tu lui demeures fidèle, et que tu le gardes pour toi ; peux-tu le faire ? En as-tu le pouvoir ? Te voilà de nouveau plongé dans la crainte et la perplexité en y pensant, parce que tu ne peux pas laisser de côté ta joie, tes sentiments, ni renoncer à toi-même. Tu n’as pas encore trouvé le véritable repos de l’âme. Il est nécessaire que tu entendes la voix du bon Berger, que tu goûtes ce que Son cœur à Lui exprime pour toi, afin que tu sois débarrassé de toi-même, et que tu trouves la paix.

3) 7:10 : « Je suis à mon bien-aimé ». Les affections divines étant formées par la voix de grâce du bon Berger, le cœur témoigne alors d’une foi qui ne laisse plus de doute ni de crainte. Seras-tu à Lui pour toujours ? Sans aucun doute, car Il ne change pas, Il aime parce que Dieu est amour. Mais es-tu véritablement l’objet de ses affections ? Oui, car je le sais par sa propre parole, je l’ai lu dans son propre cœur, dans la clarté de sa face qu’Il a tournée vers moi ; aussi puis-je ajouter : « et son désir se porte vers moi ». Le soleil qui m’a regardé m’a montré que je suis noir, mais mon cœur se repose dans cet amour suprême qui a daigné prendre en affection une pauvre misérable créature telle que moi.

Oui, chers amis, je suis persuadé que si quelques-uns de vous ont déjà entendu la voix du bon Berger, et ont suivi ses pas, leur désir est de ne plus jamais le quitter. C’est le trésor que nous trouvons dans Son amour, qui nous fait devenir pèlerins et voyageurs sur la terre. Cet amour est tel que beaucoup d’eaux ne pourraient point l’éteindre, et que les fleuves mêmes ne pourraient point le noyer (Cantique des cantiques 8:7).

 

2.6   Chapitre 8

Le dernier chapitre ajoute quelques précieux traits de plus ; non dans le but de faire ressortir encore le caractère de la confiance de l’épouse en son bien-aimé, ce qui est déjà pleinement établi, mais afin de montrer certains résultats qui découlent de cette relation qu’il a formée entre elle et Lui.

Premièrement, quelles que soient les difficultés que l’on puisse rencontrer dans ce monde avant d’aller auprès du Seigneur Jésus, jouir de Lui dans la maison du Père, là où la tristesse et la douleur ne seront plus, voici la prière que l’âme peut Lui adresser : « Mets-moi comme un cachet sur ton cœur, comme un cachet sur ton bras ». C’est ce cœur d’amour, c’est ce bras tout-puissant qui sauront garantir de tout mal l’âme du racheté de Jésus. Celui qui se confie en Lui ne sera jamais confus.

En second lieu, l’épouse a trouvé maintenant une joyeuse occupation. Au premier chapitre, quand on voulait la contraindre à garder les vignes, elle n’avait point gardé sa vigne à elle ; mais maintenant elle trouve du plaisir à la garder, non pas pour elle-même mais pour le roi afin qu’il en recueille le revenu. Ayant trouvé dans Salomon un objet pour son cœur, toutes ses délices sont de se dévouer pour lui.

Mais avant tout, ce que son cœur désire, c’est d’entendre sa voix. Et vous, chers lecteurs, qui avez cru au Seigneur Jésus Christ, avez-vous ce désir-là ? Croyez-vous que vous avez été appelés pour voir le Juste, pour connaître sa volonté et entendre la voix de sa bouche ? Il dit : « Je viens bientôt ! ». Votre cœur peut-il lui répondre : « Amen ! Viens Seigneur Jésus » ?