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LES PROVERBES DE SALOMON

 

Adrien Ladrierre (auteur probable)

 

Table des matières abrégée :

1     Préface — chapitre 1:1 à 7

2     Introduction — Première partie, chapitres 1 à 3

3     Introduction — Deuxième partie, chapitres 4 à 9

4     Chapitres 10 à 19

5     Les Proverbes de Salomon — chapitres 30 et 31

 

Table des matières détaillée :

1     Préface — chapitre 1:1 à 7

2     Introduction — Première partie, chapitres 1 à 3

2.1     Chapitre 1:8 à 33

2.1.1     L’appel de la Sagesse au-dedans — 1:8-19

2.1.2     L’appel de la Sagesse au dehors — 1:20-33

2.2     Chapitres 2 et 3

2.2.1     La recherche de la Sagesse

2.2.2     L’amour de la Sagesse

2.2.3     L’obéissance à la sagesse

2.2.4     L’instruction que donne la sagesse, et comment elle corrige

2.2.5     L’observation des enseignements de la Sagesse

3     Introduction — Deuxième partie, chapitres 4 à 9

3.1     Chapitres 4 à 7 — le chemin de la Sagesse

3.1.1     Chapitre 4:20-27

3.1.2     Chapitre 5:1-23

3.1.3     Chapitre 6:1-19

3.1.4     Chapitre 6:20-35

3.1.5     Chapitre 7:1-27

3.2     Chapitres 8 et 9 — La voix de la Sagesse

3.2.1     versets 12-16 — La définition de la Sagesse

3.2.2     versets 17-21 — Le fruit de la Sagesse

3.2.3     versets 22-26 — La source de la sagesse

3.2.4     versets 27-31 — L’œuvre et la joie de la Sagesse.

3.2.5     versets 32-36 — La bénédiction de la Sagesse.

4     Chapitres 10 à 19

4.1     Chapitres 10 à 14

4.2     Chapitres 15 à 19

4.3     Chapitres 20 à 24

4.3.1     Chapitre 20

4.3.2     Chapitre 21

4.3.3     Chapitre 22

4.3.4     Chapitre 23

4.3.5     Chapitre 24

4.4     Chapitres 25 à 29

4.4.1     Chapitre 25

4.4.2     Chapitre 26

4.4.3     Chapitre 27

4.4.4     Chapitre 28

4.4.5     Chapitre 29

5     Les Proverbes de Salomon — chapitres 30 et 31

5.1     Chapitre 30

5.2     Chapitre 31

 

 

 

1                        Préface — chapitre 1:1 à 7

Bonne Nouvelle 1873 pages 82 à 88, 104 à 110, 132 à 140

Nous allons étudier ensemble les Proverbes de Salomon, livre difficile sous quelques rapports mais qui s’adresse à des personnes de tout âge. Vous aurez sans doute remarqué la répétition fréquente des mots : « Mon fils » et dans les chapitres 4:1 et 8:32 : « Enfants, écoutez ». Ces expressions montrent clairement que l’écrivain inspiré a en vue les enfants et les jeunes gens. Cela ne veut pas dire que les instructions de la sagesse ne s’adressent qu’à ceux qui sont jeunes ; et l’on trouve dans ce livre beaucoup de choses qui s’appliquent à tous les détails, à toutes les circonstances de la vie, choses qui sont par conséquent pour nous tous. Mais Dieu demande que le jeune enfant soit instruit dès l’entrée de sa voie : « Élève le jeune garçon selon la règle de sa voie » (22:6). C’est la « souveraine Sagesse » qui se charge de le faire ; c’est à vous donc de l’écouter. Que le Seigneur vous accorde des oreilles pour l’entendre car bienheureux est celui qui écoute la Sagesse (8:34).

Nous dirons d’abord quelques mots sur le contenu et la division du livre entier. Les 9 premiers chapitres forment une sorte d’introduction. À partir du chapitre 10, nous avons les proverbes proprement dits. Le premier verset de ce chapitre 10 commence textuellement ainsi : « Proverbes de Salomon ». Ces proverbes occupent 20 chapitres dont les cinq derniers ont été transcrits par les gens d’Ézéchias, roi de Juda. Puis les deux chapitres qui terminent le livre sont ajoutés comme appendice ; ils contiennent l’un (chap. 30) les paroles d’Agur, l’autre (chap. 31) les paroles du roi Lémuel.

 

Le but des Proverbes est indiqué tout au commencement (1:2-4). Il y a quatre choses distinctes à réaliser : deux de principe, deux de pratique. Il est dit que les Proverbes sont :

1 — Pour connaître la sagesse et l’instruction ;

2 — Pour entendre les discours de l’intelligence ;

Ensuite :

3 — Pour recevoir une instruction de bon sens, de justice, de jugement et d’équité ;

4 — Pour donner du discernement aux simples, et de la connaissance et de l’adresse aux jeunes gens.

Les deux premiers sujets embrassent les principes de la sagesse : ce qu’elle est, ce que l’on doit connaître, la manière dont elle s’exprime, ce que l’on doit entendre. Puis, ayant connu et entendu, il faut apprendre à mettre en pratique cette sagesse, et comment l’on doit se conduire dans ce monde. Pour cela, la sagesse se met en devoir de nous donner une juste perception des choses comme Dieu les voit, — de nous instruire dans le bon sens, la justice, le jugement et l’équité ; — ensuite elle nous enseigne de quelle manière on doit se comporter dans toutes les circonstances de la vie, et elle nous donne le discernement et l’adresse nécessaires pour éviter les pièges de Satan et marcher comme des enfants de lumière.

Ne voyez-vous donc pas combien il importe de bien écouter ? Sans la connaissance que Dieu nous donne, on ne sait rien et par conséquent on ne peut rien faire qui lui soit agréable. Jésus lui-même est notre exemple parfait comme Homme dans ce monde. Il dit : « Je juge selon ce que j’entends » (Jean 5:30) ; et encore : « Selon que le Père m’a enseigné, je dis ces choses. Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que moi, je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:28-29). C’est de Lui aussi que parle l’Esprit Saint en Ésaïe 50:4 : « Le Seigneur l’Éternel m’a donné la langue des savants, pour que je sache soutenir par une parole celui qui est las. Il [me] réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne » (Ésaïe 50:4).

Qu’Il nous accorde la grâce d’être comme Lui ! Remarquez ce qui est dit ici, versets 5-6 : « Le sage écoutera, et croîtra en science, et l’intelligent acquerra du sens pour comprendre un proverbe et une allégorie, les paroles des sages et leurs énigmes ». N’est-il pas vrai que ce qui prouve que l’on a écouté, c’est quand on met en pratique ce qui nous a été dit, c’est à dire quand on marche dans l’OBÉISSANCE ? Comparez Jacques 1:22-25. C’est là le chemin de la liberté et du bonheur ; la liberté de faire, non pas notre propre volonté, mais la volonté de Dieu, comme Jésus le dit Lui-même : « Je fais toujours les choses sui Lui plaisent ». Le bonheur qu’on éprouve dans ce chemin n’est pas un bonheur passager, c’est la joie de savoir que l’œil du Seigneur est toujours sur nous ; dans ce chemin, quoi qu’il arrive, Il nous sera toujours en aide de sorte que nous n’avons rien à craindre. « Il ne retire pas ses yeux de dessus le juste » (Job 36:7).

Le Seigneur Jésus prend plaisir en ceux qui marchent dans l’obéissance. Il dit que son Père les aimera, et que Lui et le Père feront leur demeure chez de telles personnes (Jean 14:23). Il les appelle « sa mère et ses frères », savoir « ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (Luc 8:21). Dans un autre passage, en Jean 7:17, Il nous dit que le vrai moyen d’apprendre davantage et de bien comprendre quelle est la doctrine, c’est de faire la volonté de Dieu. Le pouvoir de faire Sa volonté, c’est de L’aimer (Jean 14:23).

Mais nous qui sommes méchants, comment aimerions-nous le Seigneur ? C’est en apprenant que Lui nous a aimés et qu’Il a donné son Fils unique, son Bien-aimé, pour porter nos péchés, pour souffrir à notre place le jugement que nous méritions. « Nous, nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19). Jésus est venu dans ce monde pour nous révéler tout l’amour de Dieu le Père. Il voulait nous faire entrer dans la jouissance de tout ce dont Il jouit Lui-même, en accomplissant les desseins éternels de Dieu et ce qui est dit de Lui : « Mes délices étaient dans les fils des hommes » (Proverbes 8:31).

Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel comme c’est aussi le commencement de la connaissance (Ps. 111:10 ; Prov. 1:7). C’est de marcher devant un Dieu que l’on connaît personnellement, en faisant ce qui Lui est agréable, comme Énoch (Gen. 5:22, Héb. 11:5). Ceux qui faisaient ainsi « croissaient par la consolation du Saint Esprit » (Actes 9:31). C’est toujours un chemin de bonheur et de paix.

Ceux qui n’en veulent rien, Dieu les appelle des « fous ». Ils méprisent la sagesse et l’instruction. Jésus les appelle « Fous et aveugles » (Matth. 23:17, 19). Ils se croyaient assez sages pour pouvoir se passer des enseignements du Seigneur Jésus Christ. Ils ne voulaient pas aller à Lui pour avoir la vie (Jean 5:40). Ils croyaient voir, et ne voulaient pas aller à Jésus pour qu’Il leur ouvrît les yeux. Jésus leur dit donc : « Votre péché demeure » et « vous mourrez dans votre péché » (Jean 9:41 ; 8:21). Quelle terrible chose quand on sait qu’après la mort suit le jugement, et que, au jour du jugement, on rendra compte de toute parole, oiseuse même, qu’on aura dite ! (Matth. 12:36). Jésus nous déclare qu’il en sera ainsi.

Pensez-y, chers lecteurs, Dieu n’oublie pas les péchés qui ne sont pas effacés par le précieux sang de Jésus. Si l’on n’est pas lavé dans ce précieux sang efficace, tous les livres qui sont les registres de nos péchés seront ouverts contre nous devant le grand trône blanc (Apoc. 20:11-15). Comment pourra-t-on y répondre ? Ce sera chose impossible. Alors il s’en suivra une condamnation immédiate et une punition pour l’éternité dans le feu qui ne s’éteint jamais ! Impossible d’y échapper ! Nous avons à faire avec le Dieu Éternel, nous qui avons des âmes immortelles. Maintenant c’est le jour de grâce ; aujourd’hui, oui AUJOURD’HUI, c’est le JOUR DU SALUT ; et Dieu ordonne aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent parce qu’Il a établi un jour auquel il doit juger en justice toute la terre habitée, par l’Homme qu’Il a destiné à cela (Actes 17:30-31). Maintenant, Jésus parle en disant : « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement ; mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24). Oui, chers lecteurs, écoutez et votre âme vivra (Ésaïe 55:3) ; écoutez et le Seigneur vous enseignera comment il faut marcher devant Lui, Il vous enseignera la crainte de l’Éternel (Ps. 34:11).

La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal ; c’est le commencement de la sagesse, c’est une fontaine de vie, pour faire éviter les pièges de la mort, c’est la discipline de la sagesse, c’est le commencement de la connaissance (8:13 ; 9:10 ; 14:27 ; 15:33 ; 1:7).

Que le Seigneur vous l’enseigne par son Saint Esprit !

Voilà, dans ces sept premiers versets, ce que l’on peut appeler la préface du livre. C’est l’introduction aux neuf premiers chapitres qui vont surtout nous occuper, si Dieu le permet. Les 20 chapitres 10 à 29 sont le développement des quatre sujets que nous avons mentionnés plus haut, et qui sont indiqués, comme nous l’avons vu, dans les versets 2, 3, 4 du premier chapitre.

 

 

2                        Introduction — Première partie, chapitres 1 à 3

 

2.1   Chapitre 1:8 à 33

Nous remarquerons ici, une fois pour toutes, que, dans le livres des Proverbes, « la Sagesse » veut dire : Dieu qui parle dans le Fils, Jésus Christ (1 Cor. 1:24).

Quand la Sagesse parle, sa voix se fait entendre dans deux sphères différentes que l’on peut appeler « dedans » et « dehors ». Ceux qui sont du « dedans » sont reconnus comme étant en relation d’enfant avec elle ; c’est pourquoi l’on trouve toujours les mots : « Mon fils » au commencement de son discours (voyez 1:8). Dans l’autre sphère, l’expression de la parole n’admet pas d’équivoque. On lit au verset 20 : « La Sagesse crie au dehors ».

Nous avons donc ainsi une division nette et facile à saisir dans ce premier chapitre de l’introduction :

·        versets 8 à 19. L’appel qui se fait entendre au-dedans, adressé au fils,

·        versets 20 à 33. L’appel qui se fait entendre au dehors, adressé au simple (*).

 

 (*) Nous préférons de beaucoup le mot « simple » au mot « sot » de la version de Martin, ou « stupide » de la version d’Ostervald ; car ce mot est d’une application très générale dans la parole de Dieu. Comparez Ps. 19:7 ; 116:6 ; 119:130. L’expression s’applique à ceux qui n’ont pas de sagesse, mais elle suppose en même temps qu’ils ne recherchent pas la sagesse humaine, laquelle empêche d’acquérir la sagesse divine (1 Cor. 3:18). Nous dirons donc toujours « simple » là où ce mot se rencontrera dans le livre des Proverbes. Voyez 1:4, 22, 32 ; 7:7 ; 8:5 ; 9:4, 16 ; 14:15, 18 ; 19:25 ; 21:11 ; 22:3 ; 27:12.

Qu’il est précieux de voir que la connaissance de la relation vient d’en haut. Si quelqu’un peut appeler le Dieu Vivant son Père, il est évident que c’est Dieu Lui-même qui lui donne de pouvoir le faire. C’est pourquoi nous lisons, en Jean 1:12, que Dieu donne le droit d’être Ses enfants à ceux qui ont reçu le Seigneur Jésus, la vraie Lumière du monde. Comparez Galates 4:4-7, où il est dit que Dieu nous fait Ses enfants par l’œuvre de salut de notre Seigneur Jésus Christ ; ensuite qu’Il nous fait connaître que nous sommes ses enfants par le moyen du Saint Esprit qu’Il nous donne. C’est Lui qui fait tout. « Vous me serez pour fils et pour filles, dit le Seigneur, [le] Tout-puissant » (2 Cor. 6:18). Quand Dieu me dit : « Mon fils », si je crois à cette parole, j’apprends tout de suite à lui répondre : « Abba, Père ».

Mais ce n’est pas uniquement à ses enfants, qu’Il a sauvés et adoptés, que Dieu parle. S’il en était ainsi, aucun de nous n’aurait jamais entendu sa voix — Grâces lui soient rendues ! Il s’adresse à ceux qui sont en dehors de toute bénédiction, à ceux de la race d’Adam déchu, lesquels se trouvent tous en dehors du paradis dont Adam et sa femme ont été chassés. Dans ce sens, nous sommes tous par nature « au dehors », — loin de Dieu, perdus (Éphésiens 1:13). Mais Jésus est venu nous chercher là où nous nous trouvons ; « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19:10). Que Dieu en soit béni ! « Cette parole est certaine et digne de toute acceptation, que le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Timothée 1:15). Il a pu le faire car « Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures » (1 Corinthiens 15:3). Quelle grâce de Dieu, n’est-ce pas, qu’Il ait fait entendre sa voix de miséricorde à ceux qui s’étaient eux-mêmes privés de tout droit d’attendre autre chose que le jugement !

 

Examinons maintenant d’un peu plus près ce que la souveraine Sagesse dit à ceux qui sont au-dedans, sur lesquels elle a un certain contrôle, et ce qu’elle dit à ceux qui sont au dehors.

 

2.1.1        L’appel de la Sagesse au-dedans — 1:8-19

 

On trouve ici les mots : « Mon fils » répétés trois fois (1:8, 10, 15). La première fois, il y a le commandement formel d’écouter le père et la mère, et d’obéir ; les deux autres fois, c’est l’avertissement solennel de ne pas écouter les pécheurs, et d’éviter le mauvais chemin.

Il y a une bénédiction positive à écouter ses parents : « ce sera une guirlande de grâce à ta tête, et des colliers à ton cou » (v. 9). Comparez une expression semblable dans 1 Pierre 3:4 où il s’agit d’ « un esprit doux et paisible » qui est comme une parure pour celui qui le possède, et « d’un grand prix devant Dieu ». Paul dit aux Éphésiens (6:1-3) que l’obéissance aux parents est appelée le premier commandement avec promesse. La bénédiction de Dieu en résulte toujours. Mais le commandement n’en est pas moins des plus positifs : « Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable dans le Seigneur » (Col. 3:20). « Écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Samuel 15:22).

Rappelez-vous aussi, chers lecteurs, que si l’obéissance doit caractériser tous les rapports des chrétiens avec leur Père céleste, ainsi que ceux des enfants avec leurs parents selon la chair, le principe s’applique aussi aux jeunes gens vis-à-vis de ceux qui les instruisent, car dans ce cas l’enseignant représente les parents (1 Pierre 5:5).

L’obéissance doit être sans réserve, de bonne volonté et de bonne grâce. Dieu veuille que vous soyez tous obéissants. Vous serez alors les êtres les plus heureux dans le monde. Regardez à notre modèle parfait, le Seigneur Jésus Christ. Il a été obéissant jusqu’à la mort (Phil. 2:8). Sa nourriture c’était de faire la volonté de Celui qui L’avait envoyé et d’accomplir son œuvre (Luc 4:34). La conséquence en était, comme nous le lisons en Proverbes 8:30, que Jésus était les délices tous les jours de son Père, toujours en joie en Sa présence. Et quand Il était un enfant dans ce monde, Il fut aussi soumis à ses parents (Luc 2:51). Les deux choses vont toujours ensemble. Écoutez donc ses propres paroles : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit accomplie » (Jean 15:10-11). Avant tout, soyez obéissants comme notre Seigneur Jésus Christ !

·        Les versets 10 à 19 de notre chapitre parlent de ce qu’on doit éviter :

·        il ne faut pas prêter l’oreille à celui qui veut nous entraîner au mal (10-14) ;

·        il ne faut pas entrer dans leur mauvais chemin (15-19).

On peut facilement reconnaître le langage de celui qui induit en tentation. Il veut s’amasser du butin par des moyens déshonnêtes, en faisant perdre aux autres et en faisant tomber les innocents. Il est plein d’égoïsme.

Considérez maintenant un instant comment le fait d’écouter des discours séduisants conduit bientôt au mauvais chemin dont la fin est la perdition, selon le verset 19. On en voit un exemple mémorable aux chapitres 3 et 4 de la Genèse. Dans le chapitre 3, Ève écoute la voix du séducteur et se laisse tromper ; son mari et elle désobéissent à Dieu et sont chassés du paradis. Dans le chapitre 4, leur fils aîné Caïn est déjà tellement plongé dans le mal qu’il devient meurtrier et menteur, tout comme le diable lui-même (Jean 8:44). Caïn fait mourir son propre frère, puis il ose dire à Dieu qu’il ne sait pas où est son frère. Voilà le « chemin de Caïn » (Jude 11), qui est bien le chemin de Satan (1 Jean 3:12). Caïn est donc maudit et banni de la présence de Dieu. — Quelle terrible fin !

Nous retrouverons plus tard d’autres enseignements à l’égard du méchant homme et de son mauvais chemin. Tant l’un que l’autre doivent être soigneusement évités (Psaume 1:1).

 

2.1.2        L’appel de la Sagesse au dehors — 1:20-33

 

Cette partie de l’œuvre de la Sagesse s’adresse aux pécheurs, à ceux qui sont loin de Dieu. Nous y verrons donc le grand secret pour obtenir la vie éternelle. Remarquez d’abord le sérieux de cet appel de la Sagesse, et combien elle se donne de la peine. Elle crie hautement, il faut que tout le monde l’entende. Elle crie partout, il ne faut laisser passer personne. Elle invite, elle supplie, elle dit à tous : « Convertissez-vous ». Quelle bonté de Dieu ! Il ne désire pas la mort du pécheur, bien plutôt qu’il laisse ses mauvaises voies et qu’il vive (Ézéchiel 33:11). Il désire que tous viennent à la repentance (2 Pierre 3:9 ; 1 Tim 2:4). « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor. 5:19). À présent encore, Dieu nous dit : « Voici, c’est maintenant le temps agréable ; voici, c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6:2). Du haut des cieux, Jésus crie encore : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Faut-il qu’Il dise de quelques-uns d’entre vous comme jadis Il a dû dire des Juifs : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5:40). À Dieu ne plaise ! Il faut donc venir à Lui maintenant pour avoir la vie et la paix.

Le moyen par lequel Dieu nous donne la vie, est indiqué au verset 23, dans les mêmes termes dont Jésus se sert en parlant à Nicodème (Jean 3). C’est l’Esprit et la Parole, car « l’eau » dont Jésus parle est une figure empruntée aux prophètes Ésaïe et Ézéchiel, et veut dire la Parole (comparez Psaume 119:9 et Éphésiens 5:26 ; Tite 3:5). Il y a beaucoup de passages où l’action de l’Esprit de Dieu et de la Parole de Dieu est mise en lumière. Nous ne faisons qu’en indiquer quelques-uns. Sondez-les, cherchez et examinez pour vous-mêmes. Ce sont 1 Pierre 1:12, 23 ; Jacques 1:18, 21 ; Gal. 5:25. Dieu veuille que vous soyez du nombre de ceux qu’Il a choisis « pour le salut, dans la sainteté de l’Esprit et la foi de la vérité, à quoi Il vous a appelés par notre évangile pour que vous obteniez la gloire de notre Seigneur Jésus Christ » (2 Thess. 2:13-14).

La fin du premier chapitre des Proverbes parle d’une alternative terrible, présentée à celui qui refuse la connaissance et la crainte de l’Éternel. Comparez le verset 29 et le verset 7. Lisez encore ce passage. N’est-ce pas terrible pour celui qui ne veut pas écouter ? Il rejette le « conseil » de Dieu contre lui-même (v. 25, 30), ainsi que cela est dit des Pharisiens au temps de notre Seigneur Jésus Christ (Luc 7:30) ; il sera rassasié de ses propres conseils (v. 31) quand il moissonnera tout ce qu’il aura semé (Ésaïe 50:11 ; Gal. 6:8).

La dernière parole de notre chapitre est encore une parole de grâce et d’encouragement : « Mais celui qui m’écoute habitera en sécurité et sera tranquille, sans crainte du mal » (v. 33). C’est ainsi que Dieu prend plaisir à présenter la grâce aussi longtemps que dure le « jour du salut ».

 

2.2   Chapitres 2 et 3

 

Au premier chapitre nous avons vu les deux aspects de l’appel de la Sagesse. Les deux chapitres qui suivent et qui vont nous occuper maintenant traitent de l’effet produit dans nos âmes quand on prend garde à sa voix. Ils s’adressent donc au « fils » et sont basés sur une relation déjà connue.

À cette occasion, remarquons combien dans son évangile notre Seigneur Jésus Christ tient à ce que la relation d’enfant vis-à-vis de Dieu ait toute sa force dans l’âme afin de disposer le cœur à recevoir tous les enseignements divins. Il dit : « Quiconque fera la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. Et il se mit encore à enseigner » (Marc 3:35 ; 4:1). Ayant été rejeté par les gens religieux de ce monde, Il s’associe à lui-même par les liens les plus étroits quelques hommes devant lesquels Il se met à exposer tout à nouveau les mystères de la connaissance de Dieu. Quand on « reçoit Jésus », quand on croit en son nom, on devient enfant de Dieu. Comparez Jean 1:12-13 avec Galates 4:4-7. C’est ce sur quoi nous avons insisté en parlant du premier chapitre. « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé ». Voilà le commencement de la vie nouvelle. C’est là ce qui rend possible l’instruction, car la nouvelle nature peut seule la recevoir. Il faut l’Esprit de Dieu pour discerner les choses de Dieu. Quand Dieu nous a donné son Esprit, alors nous commençons à comprendre combien nous est nécessaire son instruction, sans laquelle on ne connaît rien du tout.

Ainsi le Seigneur Jésus parlait en paraboles aux foules, ce qui était pour elles un jugement de la part de Dieu (Marc 4:12). La vérité de Dieu s’y trouvait bien, mais elle y était cachée car le peuple n’avait pas le désir de suivre Jésus, leur cœur n’était pas ouvert, ils ne voulaient pas le bon Médecin. Mais à ceux qui suivaient le Seigneur et qui avaient des oreilles et des cœurs disposés à écouter, Jésus expliquait tout lorsqu’ils étaient seuls avec Lui, retirés à l’écart de la multitude (Marc 4:34).

Que Dieu vous donne à tous, chers lecteurs, des oreilles pour entendre car « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17).

Nos deux chapitres 2 et 3 se divisent en cinq paragraphes :

2:1-9 : la recherche de la Sagesse.

2:10-22 : l’amour de la Sagesse.

3:1-10 : l’obéissance à la Sagesse.

3:11-20 : L’instruction que donne la Sagesse, et comment elle corrige.

3:21-35 : L’observation des enseignements de la Sagesse.

On verra plus loin ce qu’il y a d’admirable dans cet ordre, et comment chaque chose se suit, découlant ainsi l’une de l’autre, jusqu’à ce que l’on soit amené à glorifier Dieu par un témoignage pratique dans la vie de chaque jour. Dieu, dans sa grâce, soutient, encourage son enfant par l’espérance de l’héritage de la gloire.

Nous ferons remarquer ici en passant que, à propos du « fils », cinq membres sont constamment mis en jeu chez lui. De ces cinq membres, trois sont mentionnés dans le premier paragraphe de nos deux chapitres, savoir l’oreille, le cœur, la bouche (ou la voix) (2:23). Les deux autres sont introduits à leur place dans le cinquième paragraphe où il s’agit de la pratique : les yeux, les pieds (3:21, 23). Nous en parlerons plus tard en les mettent en contraste avec les « membres » du méchant (chap. 4).

Considérons maintenant les cinq divisions indiquées ci-dessus.

 

2.2.1        La recherche de la Sagesse

 

La Sagesse demande la réalité en tous ceux qui ont affaire avec elle. Elle a en haine la bouche hypocrite (8:13). Elle s’adresse au cœur et elle éveille des besoins dans le cœur. Du moment que ces besoins se font réellement sentir, cela se manifeste bientôt par l’attention que l’on prête à tout ce que dit la Sagesse, et par les demandes que l’on fait à Dieu pour avoir la véritable intelligence. Le caractère de la demande se fait voir aussi dans la manière dont on recherche la Sagesse. On se donne beaucoup de peine, n’est-ce pas, pour gagner un peu d’argent. Est-ce que l’on se donne autant de peine pour gagner l’intelligence ? Est-on vraiment sérieux en la demandant à Dieu ? L’essentiel, ici, c’est la réalité de la recherche. Ce n’est nullement une question de nos mérites ni même de notre pouvoir de trouver l’intelligence. Les trois « si » aux verset 1, 3, 4, s’appliquent à la sincérité de la demande.

Le Seigneur Jésus a dit : « Celui qui cherche, trouve ». Il en est de même ici. Quand on est sincère dans sa recherche, la récompense ne se fait pas longtemps attendre ; car le même Dieu de bonté, qui a produit les besoins dans notre cœur, est là pour les satisfaire. La récompense, dans notre chapitre, est une double connaissance qui fait référence aux versets 2, 3, 4, du premier chapitre (voir plus haut dans la préface).

Il y a d’abord la crainte de l’Éternel et la connaissance de Dieu (v. 5) qui est le commencement de toute sagesse (1:7). Comparez 1:2. Ensuite il y a la connaissance de la justice, du jugement et de l’équité, et de tout bon chemin (v. 9), pour savoir bien se conduire dans les affaires de la vie. Comparez 1:3, 4.

En faisant ainsi la connaissance de Dieu, on expérimente que c’est Lui qui donne gratuitement (v. 6), et qu’Il secourt et protège ceux qui sont droits, et les garde dans les sentiers de l’intégrité. De cette manière le cœur est atteint et gagné pour Dieu.

L’effet de cela se fait remarquer aussitôt dans notre second paragraphe.

 

2.2.2        L’amour de la Sagesse

 

Ayant goûté le bien, on le poursuit pour ce qu’il est en lui-même, et l’amour du bien nous garde du mal et du mauvais chemin. La connaissance de Dieu, déjà acquise, fait qu’on désire Le connaître davantage. La Sagesse est non seulement présentée au cœur mais elle entre dans le cœur, et l’on apprend en pratique que Dieu est amour. La prière de l’apôtre Paul en Colossiens 1:9, 10, commence à se réaliser ; car c’est en étant rempli de la connaissance de la volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelle, croissant par la connaissance de Dieu, que l’on est capable de marcher d’une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards. On entre de bon cœur dans le bon chemin, recherchant ce qui est agréable à Dieu ; et le mal perd son empire sur nous, il n’a plus d’attrait pour le cœur. Comme cela est dit en Romains 6:14 : « Le péché ne dominera pas sur vous, parce que vous n’êtes pas sous [la] loi, mais sous [la] grâce ».

On est ainsi gardé (v. 12-15) du mauvais chemin et du méchant homme qui y prend plaisir. Comparez ce que nous avons déjà vu en considérant le chapitre 1 versets 10-19. On est gardé également de la femme étrangère et de toute sa flatterie. « L’homme » représente l’activité dans le mal, la violence. « La femme » désigne un laisser-aller à l’égard du mal, la corruption. Ce sont les deux formes de l’iniquité manifestée tout au commencement quand Dieu voyait que toute la terre était corrompue devant lui et remplie de violence ou d’extorsion (Gen. 6:11-12). Des deux côtés Dieu nous fait voir non seulement le mal en lui-même mais de quelle façon il se présente à nous. Quelquefois Satan agit au dehors pour nous entraîner dans le mauvais chemin, par la violence. Il est question alors du méchant « homme ». Quelquefois il agit au-dedans de nous par la corruption, il veut nous attirer dans le mal en flattant notre égoïsme. C’est pourquoi Dieu nous montre alors le caractère de la « femme étrangère » et de son influence, — la flatterie.

Les versets 20 à 22, tout en démontrant la fin des deux chemins, celui du bien et celui du mal, parlent aussi d’un autre effet réjouissant pour l’âme qui suit les directions de la Sagesse. C’est ce que nous voyons aussi dans 1 Jean 1:7 ; Éph. 5:1-2, etc. On ne se trouve pas seul dans ce chemin-là. C’est le sentier des gens de bien, des justes. Marchant dans la lumière comme Dieu est dans la lumière, on a communion les uns avec les autres. Comparez Psaume 119:63, 79.

Mais si le cœur est gagné pour Dieu, il faut aussi qu’il soit soumis à Dieu. C’est là le sujet de notre troisième paragraphe qui rappelle de nouveau la relation de « fils ».

 

2.2.3        L’obéissance à la sagesse

 

La loi s’impose au cœur ; mais c’est la loi de la liberté qui s’impose à un cœur qui aime agir en conséquence. « Que ton cœur garde mes commandements » (3:1). Le commandement c’est d’aimer (Jean 15:1 Jean 4:21). L’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit (Rom. 5:5). « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19).

Cinq directions, chacune avec son résultat ou sa conséquence, sont données ici :

·        « Mon fils n’oublie pas mon enseignement, et que ton cœur garde mes commandements ».

o       Résultat : « Ils t’ajouteront un prolongement de jours, et des années de vie, et la paix » (3:1-2 ; comparez Éphésiens 6:1-3).

·        « Que la bonté et la vérité ne t’abandonnent pas ; lie-les à ton cou, écris-les sur la tablette de ton cœur » (3:3 ; voyez 6:21 ; 7:3). Vous savez bien que « la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ (Jean 1:17).

o       Résultat : « Tu trouveras la faveur et la bonne sagesse aux yeux de Dieu et des hommes » (3:4). Ainsi en était-il du Seigneur Jésus lui-même quand il était un jeune enfant sur la terre (Luc 2:53). Quel précieux exemple pour nous !

·        « Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence ; dans toutes tes voies connais-le ».

o       Résultat : « Il dirigera tes sentiers » (3:5-6). Quel bonheur de le savoir !

·        « Ne sois pas sage à tes propres yeux ; crains l’Éternel et éloigne-toi du mal ».

o       Résultat : « Ce sera la santé pour ton nombril, et un arrosement pour tes os » (3:7-8). Ces deux expressions d’une grande force expriment l’effet fortifiant pour le cœur de l’humilité et de la crainte de l’Éternel.

·        « Honore l’Éternel de tes biens et des prémices de tout ton revenu »

o       Résultat : « Tes greniers se rempliront d’abondance, et tes cuves regorgeront de moût » (3:9-10). Comparez Aggée 1:3-9 ; 2:14-19). Comme le dit le Seigneur Jésus en Matthieu 6:33 : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus ». Il faut que Dieu et les intérêts du Seigneur Jésus aient la première place dans notre cœur.

 

2.2.4        L’instruction que donne la sagesse, et comment elle corrige

 

Dieu connaît bien la nature humaine et toute sa faiblesse. Il est nécessaire qu’Il nous enseigne le bon chemin. Et quand nous en sortons, il faut qu’Il nous y fasse rentrer. C’est pourquoi Il nous instruit et nous corrige. Il emploie toute sorte de moyens pour atteindre son but, selon sa providence et sa sagesse infinie. Il agit toujours comme un tendre père (Héb. 12:5-11), quoique sur le moment l’épreuve soit un sujet de tristesse. La fin, cependant, est bienheureuse pour celui qui trouve la Sagesse, laquelle est plus précieuse que les perles ; elle porte avec elle de longs jours, des richesses, de la gloire, une éternité de bonheur ; elle répand dans le cœur la joie et la paix (*) (Rom. 15:13). Elle est l’arbre de vie à ceux qui l’embrassent, cet arbre qu’Adam a perdu dans le jardin d’Éden à cause de sa désobéissance, mais qui se retrouve dans la personne du Seigneur Jésus Christ (Jean 6:33, 35, 58 ; Apoc. 2:7).

 

(*) Le mot « prospérité » de la version Martin, aux versets 2 et 17 doit être traduit par « paix » ; c’est le sens universel du mot hébreu.

C’est enfin par la Sagesse que Dieu a fondé et disposé la terre, les cieux et les abîmes (v. 19-20).

 

2.2.5        L’observation des enseignements de la Sagesse

 

Tout ce qui précède nous amène à ce que nous trouvons ici. Dieu est fidèle pour faire tout ce qui est nécessaire au bonheur réel de son enfant, dans ce monde et dans la vie à venir. Il dit : « Je t’instruirai, et je t’enseignerai le chemin où tu dois marcher ; je te conseillerai, ayant mon œil sur toi » (Psaumes 32:8). Il faut donc de notre côté diriger notre œil sur Lui, car Il veut nous guider comme un père, par la grâce et l’amour, non par la force. Voilà pourquoi il est parlé des yeux au verset 21. Les bénédictions immédiates qui découlent du fait de garder la droite connaissance sont au nombre de cinq : la vie de l’âme, l’ornement du cou, l’assurance de la marche extérieure de sorte qu’on ne bronche pas, la tranquillité intérieure de sorte que le sommeil est doux ; et enfin l’absence de toute frayeur subite car l’Éternel gardera le pied d’être pris. Lui est l’espérance du cœur (v. 26).

Ensuite, aux versets 27 à 31, nous avons cinq avertissements très utiles, c’est-à-dire de ne pas laisser passer l’occasion de faire ce qui est juste et bon, de ne pas machiner le mal, ni chercher les procès, ni porter envie à l’oppresseur. « Car l’Éternel a en abomination le pervers, et son secret est avec les hommes droits. La malédiction de l’Éternel est dans la maison du méchant, et il bénit l’habitation des justes. Certes il se moque des moqueurs, et il donne la grâce aux débonnaires. Les sages hériteront la gloire, mais la honte est l’élévation des sots » (3:32-35).

Quel héritage pour l’enfant bien-aimé de Dieu : Son secret (Ps. 25:14), Sa bénédiction, Sa grâce et Sa gloire (Ps. 84:11). Il veut que de toute manière nous jouissions de Lui.

 

 

3                        Introduction — Deuxième partie, chapitres 4 à 9

 

Bonne Nouvelle 1873 pages 163 à 171

 

Nous entrons maintenant dans la seconde partie de « l’introduction », dans laquelle sont développés, avec beaucoup de détails, les principes généraux des « deux appels » qui nous ont occupés dans le premier chapitre. Les chapitres 4 à 7 peuvent être aussi envisagés comme correspondant au chapitre 1 versets 8 à 19 — le chemin de la Sagesse, ou comment se conduire dans sa maison. Les chapitres 8 et 9 correspondraient aussi au chapitre 1 versets 20 à 33, traitant de la voix de la Sagesse qui se fait entendre au dehors.

Nous passerons brièvement en revue les quatre chapitres 4 à 7.

 

3.1   Chapitres 4 à 7 — le chemin de la Sagesse

 

Les 19 premiers versets du chapitre 4 sont une espèce d’avant-propos qui prépare le chemin aux enseignements qui les suivent. Comme nous l’avons déjà fait remarquer plus d’une fois, on se trouve ici en présence d’une personne et d’une voie. C’est ce qui caractérise ces chapitres des Proverbes. Le Saint Esprit insiste là-dessus parce qu’il est de toute importance pour nous de nous rappeler que si nous avons deux voies devant nous — celle du bien et de la vie, et celle du mal et de la mort — notre Seigneur Jésus Christ, et notre adversaire Satan ou le diable. Quant à ces deux voies, comparez Rom. 2:6-11 ; et quant aux deux personnes, voyez Jean 8:42-47.

Le Seigneur Jésus Christ est venu dans ce monde pour nous révéler Dieu, pour nous approcher de Lui, pour effacer nos péchés en les portant Lui-même, et pour nous montrer en pratique le chemin de la vie. Il est dit : « Je suis le chemin, et la vérité, et la vie » (Jean 14:6). Satan est là, qui s’oppose de toute manière à ce que nous écoutions les paroles de Christ. Il nous attire par les plaisirs du monde, il nous distrait par les soucis de la vie, il nous présente toute sorte de mensonges pour détourner notre cœur de Dieu, et nous éloigner de Lui, pour nous tenir dans les ténèbres, nous plonger dans la misère et nous entraîner à la mort. Mais, grâces à Dieu, Jésus par sa mort a vaincu Satan (Héb. 2:14), et ceux qui croient en Jésus sont vainqueurs aussi par le « sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage » (1 Cor. 15:57 ; Apoc. 12:11). Que Dieu vous accorde, chers lecteurs, de comprendre cela en pratique. Croyez au Seigneur Jésus et vous serez sauvés.

Le chapitre qui nous occupe, le chapitre 4, nous montre la bonne voie et nous met en présence de la Sagesse. Celle-ci se présente elle-même (v. 1-13), faisant appel aux plus tendres affections que ressent dans son cœur celui qui sait qu’il est bien-aimé (comp. 8:30, Éph. 5:1, 2). Ensuite dans les versets 14 à 19, elle met en contraste le sentier des méchants et le sentier des justes.

On ne peut trop insister auprès de vous sur les deux principes que nous trouvons ici :

1° Ce que nous avons à chercher : la sagesse, la prudence. Écouter ses instructions, marcher dans l’obéissance, serrer ses paroles dans le cœur — voilà le chemin du bonheur et de la vie où toutes les divines affections que Dieu nous donne peuvent se déployer à la gloire de son saint nom et pour le bien de beaucoup d’âmes. Ce n’est pas seulement une doctrine que je dois apprendre : c’est une personne que je dois connaître — Dieu manifesté en Christ. Voilà ce qui rend l’âme heureuse, ce qui lui donne la force. Jésus dit : « Et c’est ici la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jean 17:3). Toute la science que le monde peut donner n’est rien à côté de cette connaissance personnelle du Seigneur Jésus Christ qu’Il accorde au pauvre pécheur qui vient à Lui tel qu’il est. L’âme est alors heureuse dans la présence du Dieu vivant, sachant que Dieu l’aime et qu’Il garde de tout mal. N’aimeriez-vous pas connaître ainsi le Seigneur Jésus Christ ? Eh bien ! Il vous invite à venir à Lui maintenant, et tels que vous êtes.

2° En second lieu, nous voyons ici ce que nous devons éviter : le sentier des méchants. Loin de penser à y entrer, il faut s’en éloigner autant que possible en marchant dans le sentier opposé : « Éloigne-t-en, n’y passe point ». « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Prov. 4:18). Auprès de lui on se trouve dans la lumière, et plus on le connaît plus on voit clair. La voie des méchants, qui vivent loin de Lui, est toujours comme l’obscurité ; Satan, le prince des ténèbres, les retient dans ce chemin (Éph. 6:12 ; 2 Cor. 4:4).

 

La portion qui s’étend du chapitre 4 verset 20 jusqu’à la fin du chapitre 7 nous éclaire à l’égard du mal qui règne dans le monde. Et elle nous montre en même temps de quelle manière on peut y résister. Le passage entier se divise en cinq paragraphes, qui commencent chacun par ces mots affectueux : « Mon fils ». C’est là le secret qu’il ne faut jamais perdre de vue. Nous en avons déjà parlé. C’est la conscience de la relation avec Dieu qui nous rend heureux dans sa présence, et nous donne du courage. Mais que de fois nous avons besoin qu’on nous rappelle cette vérité précieuse tant de fois répétée dans la Parole de Dieu ! Les enfants de Dieu même sont en danger d’oublier l’exhortation qui s’adresse à eux comme à des fils (Héb. 12:5).

La grande doctrine de toute cette portion est celle-ci : il faut avoir le cœur occupé du bien pour pouvoir résister au mal. Ce n’est pas en pensant au mal que je suis à même d’y résister. Mais si je suis activement occupé du bien, je ne pense pas au mal et j’en suis gardé : de plus, si le diable vient, je saurai lui résister. Puis Dieu dit qu’il s’enfuira de moi (Jacques 4:7).

 

3.1.1        Chapitre 4:20-27

Les membres du corps, occupés premièrement de la vérité, sont mentionnés au nombre de cinq :

L’oreille, tendue vers Dieu seul, doit recevoir les paroles de la vérité.

Les yeux doivent s’arrêter sur ces paroles et regarder droit.

Le cœur doit les garder, se donnant tout entier au service de la vérité et se gardant de tout ce qui s’y oppose.

La bouche parlera alors de l’abondance dont le cœur est rempli, elle doit être consacrée au service de la vérité.

Les pieds doivent tenir, en conséquence, le chemin de la droiture, ne s’en détournant ni à droite ni à gauche.

 

3.1.2        Chapitre 5:1-23

Si les affections du cœur sont dirigées vers le bien, et s’en occupent, on saura reconnaître la voix du tentateur quand même il simulerait le bien et qu’il viendrait avec les entraînements de la douceur, avec les lèvres qui « distillent du miel, et son palais plus doux que l’huile ». Quand on boit des eaux vives (v. 15) que Jésus donne à ceux qui viennent à Lui (Jean 4:10, 14 ; 7:37, 38), on n’a pas besoin d’aller ailleurs chercher du rafraîchissement, on n’a pas besoin de puiser aux sources amères de ce pauvre monde. Quand on connaît la voix du bon Berger, il est facile de discerner toutes les autres voix de ce monde, car il n’y en a pas une qui ressemble à la sienne. Le chemin de ce monde aboutira au jugement (v. 5, 11, 22, 23). Si donc on ne veut pas être surpris au mauvais jour, alors il n’y aura plus moyen d’échapper, il faut aller à Jésus tandis que sa grâce dure encore, c’est-à-dire aujourd’hui.

 

3.1.3        Chapitre 6:1-19

Il y a ici quatre avertissements :

— v. 1-5 « Ne participe pas aux péchés d’autrui » (1 Tim. 5:22). Toute sorte de caution est expressément défendue, même pour l’ami intime. C’est une source de toute sorte de maux, de querelles, de divisions et de déceptions. Si on l’a fait, il ne faut pas tarder un instant à s’en dégager.

— v. 6-11 Ne t’abandonne pas à la paresse.

— v. 12-15 prends garde à la corruption.

— v. 16-19 Prends garde à la violence.

Ces deux derniers avertissements montrent le caractère de ces deux manifestations du mal. Comparez 2:12-19 ; Gen. 6:11.

 

3.1.4        Chapitre 6:20-35

L’attachement à la vérité est le moyen de nous garder de tout ce qui peut séduire le cœur naturel. Mais il faut mettre les commandements en pratique. On sera alors béni dans tout ce que l’on fait. Comparez Jacques 1:22-25. « Le commandement est une lampe et l’enseignement une lumière, et les répréhensions de la discipline sont le chemin de la vie » (6:23). Voilà pourquoi il faut s’appliquer à garder les commandements, les lier à son cœur, les attacher à son cou de telle manière qu’ils soient à la fois nos délices et notre ornement. Rien n’est plus méprisable que l’homme qui entre dans une voie de malice, tout simplement pour la satisfaction de ses propres désirs. Malheur à celui qui agit ainsi, car le péché trouvera le coupable avec toute sa bassesse ; son indignité sera mise en évidence, car Dieu voit tout.

 

3.1.5        Chapitre 7:1-27

Ici encore, le « fils » est invité à garder par devers lui les commandements de la Sagesse, en les écrivant sur la table de son cœur. Christ est gravé par l’Esprit de Dieu sur le cœur de tout croyant (2 Cor. 3:3). Cela étant, le caractère de Christ doit être manifesté par le croyant dans tous les détails de sa vie. Pensez-y, vous tous qui avez confessé le nom de Jésus ; car, grâces à Dieu, quelques-uns d’entre vous l’ont fait. Est-ce que tout le monde peut dire, en vous voyant, que vous portez le cachet d’un entier dévouement à Christ ? C’est l’affection du cœur, non pas l’intelligence, qui nous garde. Si je veux croître dans l’amour pour Dieu et pour Christ, je dois penser beaucoup à son amour pour moi. « Nous L’aimons parce que Lui nous a aimés le premier ».

La fin du chapitre 7 contient une description de la « femme étrangère » ; pleine de ruse, elle cherche les ténèbres ; elle couvre le mensonge et l’iniquité par un bel extérieur, une apparence attrayante, et elle finit par aller là où elle entraîne ses dupes — « dans les chambres de la mort ». Satan est vigilant, il rôde autour de nous, cherchant qui il pourra dévorer. Mais Dieu est plus fort que lui ; et c’est en gardant la parole de Dieu et les commandements de Jésus que nous serons victorieux de toutes les attaques du malin.

 

Nous remarquons en terminant, chers lecteurs, un contraste remarquable entre le caractère du « fils » et celui du méchant que l’on trouve au chapitre 4:20-27 et au chapitre 6:12-19. Dans l’un et l’autre cas, il est question de cinq membres, qui ne sont cependant pas les mêmes.

Le « fils », comme nous l’avons vu, a les oreilles, les yeux le cœur, la bouche, le pied. Le « méchant » (et cela est répété deux fois) a la bouche, les yeux, les pieds, les mains, le cœur. Ce qui manque au méchant ce sont les oreilles pour écouter la vérité ; mais à leur place, il a des mains pour enseigner le mal en cachette et répandre le sang innocent.

Vous voyez donc que ce ne sont pas beaucoup d’œuvres que Dieu attend de nous : ce qu’il nous faut avant tout, ce sont des oreilles pour l’écouter. Que Dieu vous les donne à tous ! Et si l’un de vous était plus préoccupé de faire des œuvres que d’écouter Dieu, réfléchissez au contraste solennel dont nous venons de parler, et que Dieu Lui-même a écrit pour notre instruction.

 

3.2   Chapitres 8 et 9 — La voix de la Sagesse

 

Les deux chapitres que nous allons examiner terminent l’introduction du livre des Proverbes. Ils correspondent au chapitre 1:20-33, comme nous l’avons dit. C’est l’appel de la Sagesse, révélée dans son caractère intime d’une manière très remarquable.

Cet appel s’adresse à ceux qui sont « dehors », c’est-à-dire ceux qui ne sont pas en relation connue avec Dieu. C’est donc une sorte d’évangélisation. Mais les enfants de Dieu ne doivent pas oublier que rien ne leur est plus salutaire qu’une telle évangélisation car elle leur fait comprendre davantage de quelle manière la surabondante grâce de Dieu se déploie en cherchant le pécheur. L’appel, c’est la vie éternelle pour le pécheur qui l’écoute ; il renferme aussi une instruction et un encouragement pour l’enfant de Dieu qui a un témoignage à rendre de son Père céleste dans un monde où règne la mort ; car cet appel lui apprend ce que c’est que ce témoignage et comment il faut le rendre.

Avant d’entrer dans le détail de ces deux beaux chapitres, nous désirons rappeler encore une fois que « la Sagesse » dont il est question ici c’est le Seigneur Jésus Christ. Toute la Parole de Dieu — la loi de Moïse, les Prophètes, les Psaumes rendent témoignage de Christ (Luc 24:27, 44). Il est « la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu » (1 Cor. 1:24). Jésus est « la Parole » dont il est question dans l’évangile de Jean (1:1). Il est « la Sagesse » des chapitres 8 et 9 des Proverbes. Nous verrons aussi que ces deux portions de la Parole ont entre elles des rapports remarquables.

Si, donc, c’est le bon Berger lui-même qui parle ici, nous n’avons pas besoin de presser les brebis d’écouter sa voix. Elles aiment l’entendre. Sa voix est avant tout pour les brebis, les enfants. Voilà pourquoi les enfants sont souvent nommés dans tous ces chapitres. Comparez 4:1 ; 7:24 ; 8:32. Mais le bon Berger cherche des brebis, c’est le son de sa voix qui les manifeste ; voilà pourquoi Il la fait entendre au dehors, dans les carrefours, afin que tous les passants y prennent garde. Oui ! Il la fait entendre à chacun de ceux d’entre vous qui n’ont pas jusqu’à présent été auprès de Lui. Vous refuseriez-vous à entendre sa voix ? « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3:15).

 

Les onze premiers versets du chapitre 8 montrent comment la Sagesse crie, et combien son appel est sérieux. Elle ne laisse passer personne sans l’exhorter à recevoir son instruction. Elle se présente sur les lieux élevés, aux carrefours, aux passages, aux portes. Elle s’adresse aux simples, à ceux qui manquent de discernement. Ses discours traitent de la vérité ; ils sont avec la justice et ils sont aisés à trouver ; de sorte que personne n’a d’excuse pour ne pas les écouter. Celui qui est le moins instruit n’y trouve rien qui soit au dessus de son intelligence, bien qu’il faille l’opération de l’Esprit de Dieu pour les faire pénétrer dans le cœur.

Jésus, citant ce qui est écrit dans les prophètes : « Et ils seront tous enseignés de Dieu » ajoute : « Quiconque a entendu le Père et a appris [de lui], vient à moi » (Jean 6:45). Le Seigneur Jésus est venu dans ce monde nous révéler Dieu, et il l’a fait d’une manière tellement simple qu’un petit enfant peut comprendre cette révélation. C’est pourquoi Il dit : « Laissez venir à moi les petits enfants ». Et ailleurs : « Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants » (Matth. 11:25). « La sagesse a été justifiée par tous ses enfants » (Luc 7:35), et ses instructions valent mieux que l’argent et que l’or et que toutes les choses les plus précieuses de la terre. Voulez-vous écouter sa voix, ou bien voulez-vous en détourner vos oreilles pour rechercher plutôt les vanités passagères de ce monde ? Dieu veuille que cette dernière alternative ne soit pas la vôtre !

 

À partir du verset 12 de notre chapitre 8, nous trouvons cinq groupes de cinq versets chacun.

 

3.2.1        versets 12-16 — La définition de la Sagesse

La crainte de l’Éternel, qui est le commencement de la sagesse, c’est de haïr le mal. La séparation d’avec le mal, la discrétion, la prudence, le conseil, l’adresse, voilà ce qui caractérise la Sagesse. À elle appartient la force. Comparez ce qui est dit en 2 Tim. 1:7 : « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil ».

 

3.2.2        versets 17-21 — Le fruit de la Sagesse

La Sagesse apporte avec elle l’amour, les richesses, la gloire, les biens permanents, et la justice. Non pas toutefois selon l’homme ou selon le monde, mais selon Dieu. Tout est de Dieu. « L’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint » (Rom. 5:5 ; 1 Jean 4:7-19). Les richesses de Dieu sont insondables, intarissables (Rom. 11:33 ; Éph. 1:7, 18 ; 2:7). Sa gloire a été manifestée dans la face de Jésus Christ (Jean 1:14 ; 2 Cor. 4:6) ; et nous qui croyons en Lui, attendons la pleine manifestation de cette gloire, qu’Étienne a entrevue (Actes 7:55 ; Tite 2:13). « Les biens permanents » (Héb. 10:34) sont en contraste avec les richesses périssables de ce monde (Prov. 23:5 ; 1 Tim. 6:17). La justice de Dieu est manifestée dans la personne et l’œuvre de Christ (Rom. 3:21-26). Quant à la justice humaine, Dieu n’en a point trouvé sur terre, car « il n’y a point de justes » (Rom. 3:10-19).

 

3.2.3        versets 22-26 — La source de la sagesse

C’est l’Éternel Dieu. Nous lisons en Jean 1:1-2 : « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu. Elle était au commencement auprès de Dieu ». Elle était là avec Dieu bien avant la création du monde lorsqu’il n’y avait rien de tout ce qui est autour de nous. Elle n’a pas été créée ; elle était ; elle existait. Comparez 1 Jean 1:1. C’est Jésus, le Fils de Dieu.

 

3.2.4        versets 27-31 — L’œuvre et la joie de la Sagesse.

Quand Dieu fit toute la belle création, Jésus était là. C’est Lui qui l’a faite (Col. 1:15-16), car « toutes choses furent faites par Lui » (Jean 1:3). Jésus a toujours fait les délices de son Père, Il était toujours en joie dans Sa présence, et ses plaisirs étaient avec les enfants des hommes. Devons-nous donc nous étonner que l’Esprit de Dieu exhorte les croyants à se réjouir toujours dans le Seigneur ? Quelle grâce, quelle faveur d’être admis dans cette sphère de joie et de bonheur (Jean 15:11), d’être appelés à marcher dans la communion avec le Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 1:9), et de savoir que, pour rendre possible cette communion, Jésus a ôté tous nos péchés par son sang précieux !

 

3.2.5        versets 32-36 — La bénédiction de la Sagesse.

Bienheureux est l’homme qui écoute la Sagesse. Il est alors comme le portier qui veille pour le retour de son Seigneur (Marc 13:34). Car Jésus, qui a donné sa vie pour nous sur la terre et qui est remonté vers son Père dans le ciel, va bientôt revenir chercher tous ceux qui croient en Lui et les prendre auprès de Lui dans la gloire et dans la maison du Père. S’ils sont morts, Il les ressuscitera. S’ils sont vivants, Il les changera en donnant à chacun d’eux un corps glorieux semblable au sien. Puis Il les introduira dans les demeures bienheureuses qu’Il leur a préparées. Quel service précieux, n’est-ce pas, que de garder les portes de la maison de Dieu lorsqu’on sait que c’est le portier qui le premier verra son Seigneur à son retour !

Celui qui trouve la sagesse trouve la vie, car en elle est la vie (Jean 1:4). Non seulement cela mais il attire sur lui la faveur de l’Éternel. Il est dit en Éph. 1:6 que nous avons été rendus agréables dans le Bien-aimé. Quelle grâce !

La Sagesse termine son exhortation par une exhortation bien solennelle concernant ceux qui refusent de l’écouter : « Tous ceux qui me haïssent aiment la mort ». Êtes-vous du nombre de ceux-là ? Ah ! plutôt, écoutez aujourd’hui la voix de la Sagesse ! « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » (Héb. 3:15).

 

Le chapitre 9 s’occupe de la différence qu’il y a entre l’appel de la Sagesse et celui de la Folie — entre l’œuvre du Seigneur Jésus qui est venu chercher et sauver ce qui est perdu, et l’œuvre de l’adversaire, le diable qui rôde autour de nous cherchant qui il pourra dévorer. Deux invitations, deux maisons, deux festins sont mis ici en contraste. D’un côté on voit l’amour, la vie, la lumière ; de l’autre, la haine, la mort, les ténèbres. Les deux invitations s’adressent aux mêmes personnes, à tout le monde en un mot ; et s’il y a une différence sous ce rapport, elle consiste en ce que l’invitation de la Folie a surtout en vue « ceux qui vont droit leur chemin », c’est-à-dire ceux qui ont une bonne réputation selon le monde, qui sont sans reproche quant à leur vie extérieure. Car Satan vise particulièrement ceux qui se conduisent bien et il tâche de les détourner du bon chemin ; tandis que ceux qui font le mal sont déjà manifestés comme étant sous son pouvoir, séduits par ses ruses.

Avant d’inviter quiconque, la Sagesse fait ses préparatifs ; la Folie n’a rien à préparer, elle est bruyante mais elle n’est que sottise et ne connaît rien. Dans sa manière d’inviter elle voudrait imiter la Sagesse afin de détourner de la bonne voie ceux qui y marchent ; mais elle n’a rien à offrir à ses conviés si ce n’est des eaux dérobées et du pain qu’il faut manger en cachette parce qu’on n’ose pas se montrer en plein jour. Elle est tellement éhontée qu’elle a la hardiesse de s’asseoir dans les lieux élevés de la ville pour inviter le monde ; mais quand on entre chez elle, on fait trop tard la triste découverte que là sont les trépassés, et que ceux qu’elle a conviés sont au fond du sépulcre. Chez elle c’est la mort.

Considérons maintenant l’appel de la Sagesse. Ses travaux préparatoires sont au nombre de cinq :

Elle a bâti sa maison.

Elle a taillé ses sept colonnes. Le nombre sept, emblème de la perfection divine, indique ici la fermeté inébranlable des conseils de Dieu dans le plan du salut.

Elle a apprêté sa viande ; la nourriture ne manque pas chez elle.

Elle a mixtionné son vin ; il y a abondance de joie (Psaume 104:15).

Elle a aussi dressé sa table.

Tout est préparé d’avance afin que, lorsque ses invités entreront dans la maison, ils ne trouvent rien, absolument rien à faire si ce n’est de se réjouir en participant à toutes les choses précieuses qui sont mises devant eux.

Ensuite elle envoie ses serviteurs, elle va aussi elle-même porter son message d’affection et de grâce à celui qui est simple et qui est dépourvu de sens. « Laissez la sottise, et vivez, et marchez dans la voie de l’intelligence » (9:6).

Réfléchissez-y un moment, chers lecteurs. Quand un savant donne un festin, il invite les savants à y venir afin de jouir de leur société. Mais la Sagesse veut remplir de fous sa salle de festin ! Le Dieu d’amour attire à sa table ceux qui manquent de sens, qui ne connaissent pas ce que c’est que l’amour, qui sont ennemis de Dieu (Rom. 5:10 ; 8:7). Quelle grâce de sa part !

Êtes-vous, chers lecteurs, au nombre des conviés ? Ou bien préférez-vous le triste chemin de la folie et de la mort en refusant de vous rendre aux appels de la grâce de Dieu ? « Car les gages du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Romains 6:23). Venez maintenant à Jésus. Vous ne gagnerez rien à rester loin de Lui, quand même ce serait dans la pensée de faire du bien à des camarades qui ne veulent pas venir. Au lieu de leur être en aide, c’est vous qui en recevrez vous-mêmes une tache (v. 7). Il faut que vous veniez vous-mêmes et que vous vous attachiez aux sages.

Le grand enseignement de la Sagesse, c’est de haïr le mal, de l’abandonner ; et de marcher dans la crainte de l’Éternel (v. 10) ; alors des années de vie vous seront ajoutées (Éph. 6:3 ; 1 Tim. 4:8). « Si tu es sage, tu seras sage pour toi-même ; et si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine » (9:12). Voyez Galates 6:4-5.

Oui, chers lecteurs, Dieu met devant vous aujourd’hui d’un côté la vie et le bien, de l’autre la mort et le mal (Deut. 30:15). « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé » (Actes 16:31).

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4                        Chapitres 10 à 19

Bonne Nouvelle 1873 pages 190 à 196, 205 à 216

 

Nous voici maintenant arrivés aux Proverbes proprement dits. Ils sont pour la plupart simples et bien pratiques, et nous n’avons pas l’intention de faire autre chose que de vous en donner une courte esquisse, en les recommandant toutefois à votre sérieuse attention, et en vous engageant à en faire une lecture souvent répétée. Ils nous sont très utiles, même indispensables, si nous sommes désireux de vivre sagement et pour la gloire de Dieu dans ce monde. Ils nous sont d’un grand secours pour éviter maints pièges dans lesquels ceux qui marchent nonchalamment ne manquent pas de tomber.

Nous vous avons déjà fait remarquer que les Proverbes proprement dits de Salomon se composent d’une série de vingt chapitres (10-29), dont les cinq derniers sont comme à part des quinze autres, par le fait qui nous est raconté au premier verset du chapitre 25 : que les gens d’Ézéchias, roi de Juda, les avaient copiés.

Cette division nous permet d’entrevoir un autre fait qui est important pour l’intelligence du livre, savoir que les Proverbes ne sont pas simplement un recueil de maximes utiles, mélangées sans ordre et sans division, mais qu’au contraire ce livre se distingue par un dessein et un ordre tout divins.

Les quatre sujets indiqués au chapitre 1 versets 2-4 nous donnent en effet une espèce de sommaire des vingt chapitres10-29 qui se partagent donc en quatre divisions, dont l’une, la dernière (chapitres 25 à 29) a déjà été signalée. Restent quinze chapitres divisés en trois parties de cinq chapitres chacune, comme suit :

chapitres 10-14. Pour connaître la sagesse et l’instruction.

Dans ces chapitres se trouvent des pensées générales sur la sagesse et sur son effet chez celui qui la possède dans le cœur.

chapitres 15-19. Pour entendre les discours d’intelligence.

Ici nous avons surtout la sagesse s’exprimant par des paroles convenables. La langue, aussi bien que le cœur, doit être sous le contrôle de l’Esprit de Dieu.

chapitres 20-24. Pour recevoir une instruction de bon sens, de justice, de jugement et d’équité. Cette portion traite de la sagesse qui nous aide à former des jugements justes, pour savoir comment nous conduire dans le monde où règne le péché.

chapitres 25-29. Pour donner du discernement aux simples, et de la connaissance et de l’adresse aux jeunes gens.

Cette dernière partie a pour but de préparer le cœur, par le renoncement de soi-même, à faire face aux diverses circonstances de la vie.

Quel vaste champ d’instruction pour tous les âges et toutes les conditions !

 

4.1   Chapitres 10 à 14

 

Le premier mot, dans ce chapitre 10, est adressé au cœur du fils : « Un fils sage réjouit son père ». Je suis sûr que vous vous souvenez tous d’un exemple parfait de ce verset. Jésus, « la sagesse de Dieu » (1 Cor 1:24), pouvait dire : « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:29-30). Et le Père lui rend ce témoignage : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matth. 3:17). Il a été obéissant jusqu’à la mort.

Cette sagesse dont il est question au premier verset a deux caractères spéciaux : la justice et la diligence (v. 2, 4, 6, 7). Le contraste est aussi présenté dans la méchanceté et l’indolence, car les Proverbes sont un livre de contrastes.

Les versets 8-14 nous montrent un autre contraste, savoir entre « le sage de cœur » et « l’insensé de lèvres ». Quand on est vraiment sage on n’a pas besoin d’en parler : on obéit et l’on est heureux et calme dans le chemin de l’obéissance ; « Même un jeune garçon se fait connaître par ses actions, si sa conduite est pure et si elle est droite ». Proverbes 20:11. Au contraire, lorsqu’on babille ou qu’on parle beaucoup, c’est une preuve qu’on est rempli de soi-même, et « dans la multitude des paroles la transgression ne manque pas ». Proverbes 10:19. Puis ce passage déclare que le babillard tombera. « De l’abondance du cœur la bouche parle ». Matthieu 12:34. Quand l’amour de Dieu règne dans le cœur, la bouche est « une fontaine de vie » v. 11 ; car ce que l’on dit fait du bien à tous ceux qui nous entourent. Mais la haine excite les querelles.

Les versets 15-21 commencent ainsi : « les biens du riche sont sa ville forte » — expression qui a une application très générale. Cela veut dire qu’il faut être riche soi-même pour pouvoir faire du bien à autrui. Dieu nous fait connaître les immenses richesses de sa grâce. Il nous donne un trésor inébranlable dans le ciel. Celui qui croit posséder ce trésor est à même d’agir en grâce et d’imiter le Seigneur Jésus qui, étant riche, a vécu dans la pauvreté pour nous afin que, par sa pauvreté, nous fussions enrichis. Il est dit que « La langue du juste est de l’argent choisi » (v. 20). Voici de quelle sorte de richesses il est ici question : Dieu désire que nous sachions exprimer une parole assaisonnée à celui qui en a besoin. Pour cela il importe de vivre dans sa présence divine et en communion avec Lui, comme Jésus y a vécu (voyez Ésaïe 50:4). Quel bonheur de pouvoir le faire !

Nous trouvons ici dans ces 21 premiers versets trois choses qui sont résumées dans un seul verset en 2 Tim. 1:7 : « Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais de puissance, et d’amour, et de conseil ».

Les versets 1-7 nous présentent « le conseil des pensées bien ordonnées.

Les versets 8-14, « l’amour » du cœur sage.

Les versets 15-21, la vraie « puissance » du juste, qui consiste à garder l’instruction, et à dispenser autour de lui dans ce monde les biens célestes dont Dieu l’a comblé.

La fin du chapitre fait rapporter tout cet enseignement à Dieu, en tournant le cœur vers Lui et en le faisant dépendre de Lui :

« La bénédiction de l’Éternel est ce qui enrichit, et il n’y ajoute aucune peine » v. 22. « La crainte de l’Éternel ajoute des jours, mais les années des méchants seront raccourcies » v. 27. « La voie de l’Éternel est la force pour l’homme intègre, mais elle est la ruine pour les ouvriers d’iniquité » v. 29.

Ce chapitre nous donne la clef de l’ordre des trois chapitres suivants, dans le détail desquels nous ne pouvons pas entrer maintenant. Nous nous bornerons à faire ressortir trois divisions que l’on trouve ici, et qui sont faciles à saisir :

1) chapitre11:1 « La fausse balance est en abomination à l’Éternel mais le poids juste lui est agréable ». Ceci se rapporte aux choses morales. C’est la capacité d’estimer tout à sa juste valeur et d’agir sans hypocrisie, en ayant des pensées justes.

2) chapitre 11:20 « Ceux qui sont pervers de cœur sont en abomination à l’Éternel, mais ceux qui sont intègres dans leurs voies lui sont agréables ».

3) chapitre 12:22 « Les lèvres menteuses sont en abomination à l’Éternel, mais ceux qui pratiquent la fidélité lui sont agréables ».

On a donc ici, comme dans le chapitre 10, premièrement la pensée bien ordonnée ; ensuite le cœur sage, soumis à Dieu, marchant dans son amour et dans sa crainte ; enfin la manifestation de la puissance morale dans les lèvres qui prononcent la vérité.

Le secret de se maintenir dans cette voie, comme nous l’avons déjà vu (10:17), est de « garder l’instruction ». Dans le même sens, le chapitre 13 commence ainsi : « Un fils sage [écoute] l’instruction du père ». Comme chaque parole semble s’adresser directement à notre conscience ! Que Dieu vous accorde, chers lecteurs, ces trois choses précieuses : une pensée juste, un cœur sage, et la puissance pratique de celui qui aime Dieu et marche dans sa communion pour être un instrument de bénédiction dans ce pauvre monde si ténébreux.

Le chapitre 14 met en contraste la sagesse et la folie, la justice et le péché.

 

4.2   Chapitres 15 à 19

 

Ces chapitres s’occupent spécialement de la langue — la manière de présenter les paroles de la sagesse ; pour cela il faut que le cœur soit en bon état, et que la manière dont on se conduit justifie ce que la bouche dit (15:13-17 ; 16:20-26). Le paragraphe commence avec « la réponse douce » et se termine par l’annonce du jugement sur les moqueurs, ceux qui abusent de leur langue.

Le Seigneur Jésus dit : « Le Seigneur l’Éternel m’a donné la langue des savants » Ésaïe 50:4. Aussi l’on s’étonnait des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche (Luc 4:22). Oh ! Que Dieu nous fasse la grâce de parler dans le monde comme Lui. Quand quelque chose vous aigrit ou vous irrite, pensez à Lui qui était toujours si patient ; souvenez-vous que la réponse douce apaise la colère. Vous apprendrez ainsi en pratique quels sont les discours d’intelligence.

La paix, la patience, l’humilité, la diligence : Voilà de précieuses vertus qui nous sont enseignées dans cette portion. Le chapitre 19 présente la vérité en contraste avec les richesses terrestres comme source de pouvoir ; et nous voudrions insister auprès de vous, chers amis, à l’occasion d’un conseil qui est de la dernière importance. C’est au chapitre 19 verset 27 : « Mon fils, cesse d’écouter l’instruction qui fait errer loin des paroles de la connaissance ». La vérité avant tout ! Il faut se garder d’aller écouter quelqu’un qui parlerait contre la vérité de Dieu ; les mauvaises communications corrompent les bonnes mœurs. Celui qui va entendre un libre penseur, par exemple, est bien dans le cas de recevoir dans son cœur quelques-uns de ses raisonnements. Un libre penseur, ou rationaliste, met ses propres idées au-dessus de la parole de Dieu ; il se croit plus sage que Dieu, il oublie que le premier raisonnement que l’homme ait jamais fait est un des plus vrais quoique bien humiliant pour nous. On le lit en Genèse 3:10 où Adam dit à Dieu : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ».

C’est quand on a réellement peur de Dieu que l’on élève la voix contre lui, pour essayer de faire taire la voix de la conscience. Jésus, Lui, nous dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Il a, Lui seul, les paroles de la vie éternelle.

 

Il nous reste à passer rapidement en revue les deux dernières divisions du livre des Proverbes, lesquelles traitent surtout de la pratique. Ce sont respectivement les chapitres 20 à 24, et 25 à 29.

Nous avons indiqué précédemment le caractère général de chacune de ces divisions ; néanmoins nous rappelons ici pour mémoire celui des deux dernières.

 

4.3   Chapitres 20 à 24

 

« Pour recevoir instruction dans la sagesse, la justice, le juste jugement, et la droiture ». 1:3. Ce sommaire nous donne une idée nette du contenu de cette partie du livre des Proverbes. Le chemin de la sagesse dans le monde qui « gît dans le méchant » (1 Jean 5:19), la marche à suivre, la conduite qui doit nous caractériser, le jugement sain que nous devons former : voilà les sujets spéciaux de cette portion. Entrer dans les détails dépasserait nos limites et notre but. Qu’il nous soit permis, en passant, d’exprimer notre reconnaissance au Dieu de toute grâce de ce qu’Il a daigné nous donner ainsi des directions infaillibles pour toutes les circonstances de la vie. Quelle bonté de sa part ! Qu’Il nous accorde aussi la patience et la force de puiser continuellement ces directions dans sa Parole, ainsi que la foi et le courage pour mettre en pratique tous les enseignements de son Saint Esprit.

Avant d’aller plus loin, remarquons ici que la « balance » et la « mesure » (v. 10 et 23) sont souvent employées dans les Proverbes pour exprimer le jugement que l’on forme de soi-même ou d’autrui. Il y a des gens qui ont une « mesure » pour eux-mêmes et une autre pour leur prochain. Ils ne songent pas à faire à leurs semblables comme ils voudraient que ceux-ci leur fissent. Ils sont prompts à trouver que leurs amis sont en défaut, avant de se donner le temps d’examiner s’ils n’ont pas eux-mêmes manqué d’une façon plus grave encore. Cette manière d’agir et de juger est une abomination devant Dieu. Pensez-y et quand vous vous sentez portés à vous plaindre de quelqu’un, examinez-vous vous-mêmes et demandez-vous si vous êtes bien réellement en droit de vous plaindre. Et si vous avez vraiment un sujet de plainte, parlez-en d’abord à Dieu, tout en priant pour celui qui vous aurait offensé. En agissant ainsi vous serez gardés de beaucoup de pièges de l’ennemi.

 

4.3.1        Chapitre 20

Le chapitre 20 dépeint surtout, sous ses diverses faces, le caractère des hommes en général.

Quand il s’agit de nous-même, de notre propre caractère, il vaudrait mieux nous taire et ne jamais chercher à nous faire une réputation auprès de nos semblables. C’est un bon conseil que celui exprimé par quelqu’un en ces termes : « Ayez soin de votre conduite et Dieu aura soin de votre caractère ». « Nombre d’hommes proclament chacun sa bonté » v. 6, mais Dieu nous dit qu’un jeune enfant même fait connaître par ses actions si son œuvre est pure et si elle est droite. v. 11.

Il est bon de se rappeler continuellement que l’œil de Dieu est sur nous (voyez 15:3) ; Il voit tout, Il connaît tout. Cette pensée, si elle est habituelle, nous gardera de faire le mal, même en cachette, comme aussi de faire le bien en public pour être vu des hommes. Jésus dit quant à l’aumône, à la prière et au jeûne, que tout cela soit fait en secret, et « ton Père qui voit dans le secret te récompensera » Matth. 6:4, 6, 18. Si Dieu se charge ainsi dans sa bonté de me récompenser, qu’ai-je besoin de rechercher la faveur des hommes mortels ?

Au reste, il faut savoir se dominer soi-même, ne pas se laisser aller à des excès, et agir avec patience en toute occasion. Ah ! que la patience nous semble souvent difficile ! C’est parce que nous pensons à nous-même au lieu de nous en remettre à Dieu. Dans ce chapitre 20, cinq sortes d’impatience sont mentionnées et se trahissent :

·        v. 19, en révélant le secret ;

·        v. 20, en ne se soumettant pas à ses parents ;

·        v. 21, en se hâtant pour un héritage ;

·        v. 22, en se vengeant soi-même ;

·        v. 23, en jugeant autrui.

L’exhortation du Psaume 37 résonne ici à nos oreilles : « Demeure tranquille, [appuyé] sur l’Éternel, et attends-toi à lui » v. 7. « Dans la confiance sera votre force » dit le prophète Ésaïe 30:15. « C’est une chose bonne », ajoute Jérémie, « qu’on attende, et dans le silence, le salut de l’Éternel » Lament. 3:26. Et Jésus dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » Matthieu 11:28. Et encore : « Possédez vos âmes par votre patience » Luc 21:19.

Seigneur Jésus, auprès de toi,

Garde-moi dans la patience ;

Je suis si faible : enseigne-moi

À m’appuyer sur ta puissance.

 

4.3.2        Chapitre 21

Le chapitre 21 rapporte tout à l’Éternel. C’est Lui qui dirige tout, même le cœur du roi ; qui juge tout v. 2 ; qui prend connaissance de tout ce qui Lui est agréable v. 3 ; car « Écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » 1 Samuel 15:22. Voilà pourquoi celui qui s’adonne soigneusement à la justice et à la miséricorde trouvera la vie, la justice et la gloire, v. 21. Dieu ne manquera pas de tenir compte à chacun de tout ce qu’il aura fait en vue de la gloire de Son Nom.

Ce chapitre traite de la justice, et par conséquent il fait ressortir plusieurs fois les voies des méchants. v. 4, 7-12, 27-29.

Nous voulons insister auprès de vous particulièrement sur deux choses qui sont très importantes. Elles se trouvent dans les versets 23, 25, 26 : « Qui garde sa bouche et sa langue, garde son âme de détresses » v. 23. Il ne faut pas trop parler, surtout des autres. Une bonne partie du mal qu’il y a dans ce monde provient des paroles oiseuses que l’on prononce légèrement, sans y réfléchir, et auxquelles les auditeurs attachent le plus souvent une importance plus grande que celle que nous leur donnons au moment où nous les disons. Bavarder, c’est un péché grave ; et notre péché nous trouvera, Nombres 32:23. Comparez aussi les chapitres 16:28 ; 26:20, 22. En rapport avec cette exhortation vous trouverez une prière exprimée par l’Esprit de Dieu dans le Psaume 141:3 « Mets, ô Éternel ! une garde à ma bouche, veille sur l’entrée de mes lèvres ». L’autre exhortation nous invite à ne pas nous borner à des souhaits, à des désirs inutiles, mais à mettre en pratique ce qui est bon sans arrière-pensée. C’est ainsi que Dieu agit envers nous, Jacques 2:5, et Dieu aime celui qui donne en simplicité, sans apprêt, Rom. 12:8, et joyeusement, 2 Cor. 9:7.

La fin du chapitre 21 complète le commencement en nous plaçant en présence de Dieu. « Il n’y a point de sagesse, et il n’y a point d’intelligence, et il n’y a point de conseil, en présence de l’Éternel » ; rien ne peut subsister contre lui, mais la délivrance vient de lui, de lui seul.

 

4.3.3        Chapitre 22

Le chapitre 22 nous met en garde contre la paresse, et nous enseigne comment on peut acquérir des biens soit temporels soit moraux, et comment l’on doit s’en servir. L’œil bienveillant et le cœur pur dont il est question, v. 9-11, rappellent ces paroles de l’apôtre : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, afin qu’il ait de quoi donner à celui qui est dans le besoin ». Éphésiens 4:28. Comparez aussi les versets 22-28.

Ce chapitre, qui traite de la diligence, renferme en outre l’ordonnance de Dieu relativement au devoir des parents vis-à-vis de leurs enfants, ordonnance qui concerne également tous ceux qui s’occupent de l’instruction de la jeunesse : « Élève le jeune garçon selon la règle de sa voie ; même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera point » v. 6. Heureux les enfants dont les parents font attention à cet enseignement de Dieu ! Heureux les enfants qui, dès leur tendre enfance, ont appris à obéir spontanément, sans raisonner, qui ont appris à soumettre leur volonté propre à celle de leurs parents ! On ne saura jamais commander à moins de savoir obéir. Dieu sait combien la correction nous est nécessaire ; c’est pourquoi Il dit : « Ne manque pas de corriger le jeune garçon ; quand tu l’auras frappé de la verge, il n’en mourra pas. Tu le frapperas de la verge, mais tu délivreras son âme du shéol », Prov. 23:14. Voyez aussi 19:18.

 

4.3.4        Chapitre 23

Le chapitre 23 fait particulièrement allusion au cercle de la famille, que l’enfant réjouisse le cœur de ses parents. On y trouve aussi plusieurs conseils utiles à l’égard du manger et du boire, et de la manière de se conduire dans les rapports sociaux avec diverses gens, surtout avec les grands.

Dieu veuille que le verset 26 vous vienne directement de la part de votre Père céleste (nous parlons à ceux qui Le connaissent en Jésus) : « Mon fils, donne-moi ton cœur, et que tes yeux se plaisent à mes voies ». Mais comment peut-on donner son cœur à Dieu ? N’est-ce pas en croyant à son grand amour pour nous, Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais qui l’a livré pour nous tous afin de nous laver de nos iniquités, et de nous amener à Lui comme ses bien-aimés enfants ? « Nous, nous l’aimons parce que lui nous a aimés le premier », 1 Jean 4:19.

 

4.3.5        Chapitre 24

Le chapitre 24 relève notre courage dans les circonstances difficiles. Il garde nos âmes dans la patience. Il nous engage, en nous attendant à Dieu, à ne pas faire le mal pour qu’il en arrive du bien. Il nous invite à être prêts à secourir ceux qui sont en détresse, v. 11, 12. C’est de cet esprit-là qu’était animé le bienheureux apôtre Paul dans ses afflictions et ses souffrances en Asie, 2 Cor. 1:3-7.

Les versets 23-34, qui terminent la portion qui vient de nous occuper, forment une espèce d’appendice, dans lequel on trouve l’équité enseignée à cinq points de vue :

1- v. 23-26, le jugement juste et la réponse droite. Il faut savoir faire une différence dans sa manière d’agir, soit avec les méchants, soit avec les bons. Comparez Jude 22, 23.

2- la juste administration des ressources dont on dispose : il ne faut pas bâtir sa maison avant d’avoir de quoi se nourrir au moyen du travail des champs.

3- la juste appréciation des affaires d’autrui, en toute vérité.

4- le juste refus de se faire justice à soi-même : « Ne résistez pas au mal », dit le Seigneur. Matth. 5:31-42.

5- le juste emploi des talents que Dieu nous a confiés, en recevant instruction et avertissement du triste exemple du paresseux. Comparez 6:6-11.

En passant en revue tous ces précieux enseignements, on remarque surtout combien l’Esprit de Dieu insiste sur l’abnégation de soi-même et sur le dévouement aux intérêts d’autrui. « Portez les charges les uns des autres, et ainsi accomplissez la loi du Christ » Galates 6:2. « Car aussi le Christ n’a point cherché à plaire à lui-même, mais selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi », Romains 15:3.

 

4.4   Chapitres 25 à 29

 

« Pour donner aux simples de la prudence, au jeune homme de la connaissance et de la réflexion ». Proverbes 1:4. Nous avons déjà dit que cette dernière partie des Proverbes, copiée par les gens d’Ézéchias, roi de Juda, a pour but de préparer le cœur, par le renoncement de soi-même, à faire face aux diverses circonstances de la vie. Elle règle le cœur, en lui donnant une connaissance, selon Dieu, du bien et du mal.

Vous avez sans doute remarqué dans le paragraphe 3 l’importance que l’Esprit de Dieu attache au renoncement de soi-même. C’est là la grande clé de tous ces enseignements, c’est là la pensée et l’Esprit de Christ, sans lesquels on ne peut pas être son disciple (Phil. 2:5 ; Luc 9:23 ; 14:27). On voit par là comment la parole de Dieu nous juge, en mettant à nu les pensées secrètes et l’égoïsme de nos cœurs naturels. Que Dieu nous accorde à tous d’être les imitateurs de notre Seigneur Jésus Christ !

 

4.4.1        Chapitre 25

Le chapitre 25 traite de l’humilité (v. 6, 7 ; comp. Luc 14:7-11) ; la patience (v. 8, 9, 15) ; l’abnégation de soi-même (v. 16, 17, 20, 21, 22 ; comp. Rom. 12:19-21). La fin du chapitre (v. 23-28) fait ressortir la valeur de la parole bienfaisante et de l’esprit soumis, en contraste avec ce qui leur est contraire. D’abord la parole bienfaisante, les bonnes nouvelles apportées d’un pays éloigné, qui sont comme de l’eau fraîche à une personne altérée et lasse, est mise en contraste avec la langue qui médit en secret et qui sème des rapports, aussi bien qu’avec la langue qui ne cesse de parler, et toujours pour quereller. L’une parle trop bas, l’autre trop haut. Enfin l’homme bienheureux, qui sait retenir son esprit, est mis en contraste avec un homme juste qui n’a pas le courage de faire face au méchant (v. 26), cherchant la gloire avec trop d’ardeur. L’un ne se montre pas assez, l’autre se montre trop.

 

4.4.2        Chapitre 26

Le chapitre 26 met au jour cinq caractères mauvais :

·        l’insensé, v. 1-12 ;

·        le paresseux, v. 13-16 ;

·        le querelleur, v. 17-20 ;

·        le semeur de rapports, v. 20-22 ;

·        le haineux, v. 23-28.

Nous avons déjà vu en Prov. 6:16-19 à quel point ces choses sont en abomination devant Dieu. On trouve comme l’épigraphe de ce chapitre en Éphésiens 5:15-16 « Prenez donc garde à marcher soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, mais comme étant sages ; saisissant l’occasion, parce que les jours sont mauvais ». Comp. aussi 1 Thess. 4:12 ; 5:15.

 

4.4.3        Chapitre 27

Le chapitre 27 s’occupe de la vanité et de la fausse sécurité.

·        versets 1-6 : Il ne faut pas se vanter soi-même de ce que l’on peut ou veut faire (Matth. 6:34 ; Jacques 4:13-17). On n’est pas toujours sage ; il ne faut donc pas le prendre en mauvaise part quand quelqu’un a la bienveillance de nous reprendre.

·        versets 7-10 : Il faut se contenter de la place que Dieu nous a assignée. Si l’on veut changer de position, on sera comme l’oiseau qui quitte son nid et qui ne trouve plus où se reposer. Il ne faut pas abandonner ses anciens amis.

·        versets 11-17 : La véritable bonté cherche l’occasion favorable de se déployer. On peut tout gâter si l’on fait une action bonne ou aimable en elle-même, dans des conditions qui ne sont pas recommandables.

·        versets 18-22 : il ne faut pas rechercher la louange, mais se borner à faire son devoir en laissant à d’autres le soin d’en parler : c’est celui qui se tient toujours prêt à servir son maître qui sera honoré. Voyez ce que le Seigneur Jésus en dit dans Jean 12:26.

·        versets 23-27 : la diligence est toujours nécessaire pour faire valoir ce que l’on possède. Il ne faut pas s’imaginer que le mal n’arrivera jamais, parce que tout semble prospérer aujourd’hui.

On pourrait donc mettre comme épigraphe du chapitre 27 l’exhortation si encourageante et si précieuse de l’épître aux Hébreux 13:5 « Que votre conduite soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement ; car lui-même a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point ».

 

4.4.4        Chapitre 28

Le chapitre 28 dévoile le mal qui se trouve sous plusieurs formes dans le cœur de l’homme. On y voit le portrait du fils prodigue (v. 7, voir Luc 15). La corruption, v. 7-9, ainsi que la violence, v. 10-12, nous y sont montrées (comp. Gen. 6:11). Dieu, pour ainsi dire, met ici le doigt sur cet endurcissement du cœur de celui qui ne veut pas se repentir à l’ouïe des paroles de grâce et de pardon qui lui sont adressées : v. 13-15. Il nous fait voir, v. 19-24, comment celui qui se hâte de s’enrichir tombe dans le piège du diable, piège dont il est aussi question en 1 Tim. 6:9-10. Enfin nous trouvons, v. 25-28, les pensées de Dieu au sujet de l’orgueil qui nous est naturel. Dieu dit que celui qui se confie en son propre cœur est un fou.

Souvenez-vous, chers lecteurs, du verset 13 : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde ». Comparez Ps. 130 où il est dit au verset 4 : « Mais il y a pardon auprès de toi, afin que tu sois craint ».

 

4.4.5        Chapitre 29

Le chapitre 29, le dernier de cette série, nous montre d’abord, v. 1-12, les conséquences du mal signalé au chapitre 28 ; puis, v. 13-18, certaines causes qui empêchent son développement dans toute son étendue.

Il y a premièrement Dieu qui a la haute main sur tout, v. 13, et qui peut en grâce souveraine illuminer les yeux du pauvre qui est opprimé aussi bien que ceux de l’oppresseur.

Il y a ensuite l’autorité des hommes que Dieu a établis sur la terre pour gouverner. Comparez Romains 13:1-5.

Puis enfin, dans chaque famille, l’autorité du père et de la mère qui doit se montrer en corrigeant l’enfant quand celui-ci ne demeure pas soumis.

À la fin du chapitre, on voit comment il faut infliger cette correction ou punition, selon que les circonstances l’exigent, et en évitant la colère, l’emportement (v. 20, 22), l’orgueil (v. 23) ; mais en veillant en même temps de ne pas participer au mal en refusant d’agir par considérations personnelles ou par crainte des hommes, plutôt que d’agir dans la crainte de Dieu.

Chers lecteurs, si Dieu nous montre le mal qui est dans nos cœurs, c’est qu’Il désire nous faire chercher sa face, vu qu’Il a trouvé une rançon pour le pécheur et que le sang de son Fils bien-aimé purifie de tout péché.

Il veut que nous dépendions de Lui-même pour tout, pour le salut, pour la marche et pour les circonstances de la vie. « Mais Dieu est puissant pour faire abonder toute grâce envers vous, afin qu’ayant toujours en toutes choses tout ce qui suffit, vous abondiez pour toute bonne œuvre ». 2 Corinthiens 9:8. Que le Seigneur vous accorde de trouver toute votre force et votre joie en Dieu et en la parole de sa grâce !

 

 

5                        Les Proverbes de Salomon — chapitres 30 et 31

Bonne Nouvelle 1873 pages 221 à 228

Ces deux chapitres remarquables sont comme une espèce d’appendice au livre des Proverbes. Le chapitre 30 contient les paroles d’Agur, fils de Jaké, adressées à deux témoins. Comparez 2 Tim. 2:2. Le chapitre 31 nous donne les paroles du roi Lémuel.

 

5.1   Chapitre 30

On peut envisager le chapitre 30 comme un commentaire pratique du chapitre 25, versets 6, 7, 8, 14. L’instruction que nous avons ici a pour but de nous montrer qu’il faut se mettre en règle soi-même avant de vouloir corriger quelqu’un. Comparez Matthieu 7:1-5.

C’est un cœur humble qui parle ici, un cœur qui souffre en voyant le mal qui règne dans le monde, et qui désire véritablement y porter remède, mais sent son incapacité pour le faire. Il y a deux côtés distincts dans le chapitre :

·        versets 1-16, où l’on apprend à se juger soi-même (1 Cor. 11:31)

·        versets 17-33, où l’on trouve exposés le caractère du péché, et la place qu’il convient de prendre vis-à-vis de celui qui est en faute. La première partie nous enseigne l’humilité, la seconde la patience.

 

L’Esprit de Dieu nous détourne de nous-mêmes afin de nous placer tout d’abord devant Dieu. C’est ainsi que nous comprenons combien nous sommes peu de chose. Pour devenir réellement sage, il faut premièrement reconnaître qu’on est fou ; c’est ce que fait Agur ici, v. 2-3. Comparez 1 Cor. 3:18-20.

Ensuite cet homme pose quatre questions qui occupent son esprit, concernant la voie et l’œuvre de l’Éternel, puis deux questions auxquelles nul ne peut répondre à moins d’être enseigné de Dieu comme le dit le Seigneur Jésus en Jean 6:45. « Quel est son nom », demande Agur « et quel est le nom de son fils, si tu le sais ? » En effet, connaître ces noms-là c’est la vie éternelle (Jean 17:2). Jésus seul, le Fils unique de Dieu, peut révéler le nom de son Père ; et c’est le Père qui révèle le nom du Fils (Matth. 11:27 ; 16:17. Si vous connaissez le Père et le Fils, vous avez la vie éternelle par la foi en Son nom. Vous êtes maintenant enfant de Dieu.

« La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). Toute parole de Dieu est épurée (v. 5) ; voilà pourquoi il importe de la recevoir telle qu’elle nous est donnée, sans rien y ajouter, sans rien retrancher.

Agur n’ambitionne pour lui-même qu’une position modeste dans ce monde, pas trop haute, pas trop basse, juste ce qu’il faut. C’est là précisément ce que le Seigneur Jésus promet à ses disciples, enfants de leur Père céleste (Matthieu 6:25-34) ; mais combien il y en a peu, même parmi ceux qui se disent disciples du Seigneur Jésus, qui se contentent de cette place.

 

Les versets 10-16 sondent le cœur, et démontrent le caractère de la convoitise que rien ne saurait rassasier. Quand il s’agit de reprendre quelqu’un, il faut bien prendre garde de ne pas le faire en étant poussé par quelque motif égoïste, comme par exemple de vouloir nous exalter nous-mêmes aux dépens de celui-là. Il y a des gens qui pensent être nets, mais qui toutefois ne sont pas lavés de leur ordure.

 

La seconde partie du chapitre, versets 17-33, nous présente le caractère du péché, et combien est grande la difficulté de mettre le doigt là-dessus. On ne réussit pas toujours à convaincre, à atteindre la conscience de celui que l’on veut reprendre. Néanmoins le jugement ne manquera pas de tomber tôt ou tard sur celui qui marche dans le mal (v. 17) ; mais, en attendant, il est souvent très difficile de rendre le mal évident aux yeux du pécheur. « Le cœur est trompeur par-dessus tout, et incurable ; qui le connaît ? » (Jérémie 17:9). Il est beaucoup plus facile de dire que quelqu’un a péché, que de démontrer en quoi il a péché ; l’aigle dans l’air ne laisse point de trace, non plus que le serpent sur le rocher, ou le navire au milieu de la mer. Vous pouvez être certain de l’avoir vu passer, mais si l’on vous en demande des preuves, il n’est pas toujours possible de les donner. Le péché endurcit le cœur à tel point que, si l’on persiste à le pratiquer, la honte qu’il produit se change en effronterie. La conscience est cautérisée ; et rien, si ce n’est la toute puissance de Dieu, ne peut sauver de la destruction l’âme qui se trouve dans un pareil état.

Ensuite il importe beaucoup que, dans tous nos rapports, nous ne sortions pas de la place que Dieu nous a assignée ; et que nous n’agissions pas au-delà de la mesure qui convient. Quatre exemples de cette fâcheuse situation sont signalés pour notre avertissement, dans les versets 21 à 23.

Enfin nous trouvons deux groupes de modèles à imiter, au nombre de quatre dans chaque groupe. Ceux mentionnés dans le premier sont des êtres très petits, mais avec cela bien sages : les fourmis, les damans ou blaireaux des rochers, les sauterelles, le lézard (versets 24-28). Ils nous enseignent la prévoyance (1 Tim. 6:19 ; Éph. 6:13), la confiance (Ps. 27:5 ; 91:1 ; 1 Tim. 6:17), l’association (Phil. 1:27) et la dépendance (1 Thess. 5:23, 24 ; 1 Pierre 1:5). Le lézard s’accroche, il se tient attaché à ce qui est au-dessus de lui ; par conséquent il n’y a pas de palais trop beau pour lui. Il ose entrer partout, il n’inquiète personne. Il n’y a pas non plus d’endroit trop élevé pour lui, il arrive jusqu’au sommet le plus haut. Il en est ainsi de celui qui dépend de Dieu.

Le second groupe parle de ceux qui ont une belle démarche : le lion, le coursier qui a les reins ceints, le bouc, le roi. Ils représentent le courage (Matthieu 10:28), la constance (Héb. 3:14 ; Jacques 5:8 ; 2 Pierre 3:17), la hardiesse (Rom. 1:16 ; 2 Tim. 1:8), la majesté (1 Pierre 2:9).

Le premier groupe nous fait voir ce que nous devons être ; le second, comment nous devons marcher.

La conclusion de tout ce chapitre est une exhortation à reconnaître aussitôt sa faute lorsqu’on a mal agi : « Si tu as agi follement en t’élevant et si tu as pensé à mal, [mets] la main sur ta bouche ; car la pression du lait produit le beurre, et la pression du nez fait sortir le sang, et la pression de la colère excite la querelle ». Il se peut que l’on n’ait fait qu’ajouter au mal, en essayant d’y porter remède d’une façon inintelligente et charnelle.

 

5.2   Chapitre 31

Le chapitre 31 est une instruction donnée au roi Lémuel par sa mère (comparez 2 Tim 1:5), pour lui apprendre son devoir comme souverain, et ce que sa femme devrait être pour lui et pour sa maison. Cela divise le chapitre en deux parties, dont la seconde, depuis le verset 10, est alphabétique, c’est-à-dire que chaque verset commence avec une des lettres de l’alphabet hébreu dans leur ordre régulier. Ce dernier chapitre contient autant de versets qu’il y a de chapitres dans le livre entier des Proverbes ; et il y a un certain rapport entre chaque verset et le chapitre correspondant par le même chiffre. Par exemple la division au verset 10 correspond exactement avec la division que nous avons indiquée au chapitre 10 du livre. Nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur l’examen de ces coïncidences aussi remarquables qu’intéressantes.

Quant aux renseignements que renferme pour chacun de vous, chers lecteurs, cette précieuse portion de la parole, il y a d’abord dans les versets 1 à 9 ce que le chrétien doit être devant le monde où il est appelé à marcher comme une sacrificature royale (1 Pierre 2:9) ; ensuite dans les verstes 10 à 29 ce que le chrétien doit être individuellement pour Christ, auquel il est uni et pour lequel il doit vivre (Rom. 7:4 ; 2 Cor. 5:15).

 

Les versets 1-9 présentent d’une manière saisissante les deux grands principes que nous avons signalés en parlant de la fin du chapitre 24, savoir l’abnégation de soi-même (dans les versets 2-5 de notre chapitre), et le dévouement aux intérêts d’autrui (verstes 6-9).

 

Les versets 10 à 29 se divisent en quatre séries de cinq versets chacune, où le caractère de cette noble femme est dépeint sous ses divers aspects.

 

Versets 10-14, son caractère général :

Elle est vertueuse — v. 10

On peut se fier à elle parce qu’elle s’occupe toujours des intérêts de son mari — v. 11

Elle est persévérante — v. 12

Elle ne recule pas devant le travail — v. 13

Elle se donne de la peine pour offrir à son mari ce qu’il y a de meilleur — v. 14

 

Versets 15-19, son caractère domestique. Ici l’on peut remarquer :

Sa vigilance — v. 15

Son économie — v. 16

Son courage — v. 17

Son activité infatigable — v. 18

Son ardeur — v. 19

 

Versets 20-24, son caractère social. Elle se distingue par :

Sa bonté envers les affligés — v. 20

Sa considération pour les gens de sa maison — v. 21

Sa dignité personnelle — v. 22

La renommée de son mari est due en partie au résultat du travail de ses mains — v. 23

Son ouvrage se recommande lui-même — v. 24

 

Versets 25-29, son caractère moral :

Elle jouit maintenant de l’honneur, et son avenir ne fera que combler sa joie — v. 25

Elle parle avec sagesse et bonté — v. 26

Elle veille sur les mœurs de sa maison — v. 27

Elle est révérée et bénie de ses enfants — v. 28

Elle est chérie et honorée par son mari — v. 29

 

La conclusion, versets 30-31, rappelle à notre attention que ce n’est pas l’apparence extérieure qui doit décider nos jugements ; la seule chose digne d’être remarquée c’est la crainte de l’Éternel régnant dans le cœur. Le Seigneur n’oublie rien de ce qui est fait pour Lui, c’est pourquoi l’Esprit ajoute ici : « Donnez-lui du fruit de ses mains, et qu’aux portes ses œuvres la louent », là où son mari se tient assis (v. 23).

 

À la fin de sa carrière, l’apôtre Paul, passant en revue sa vie chrétienne, pouvait dire avec une bonne conscience : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » ; et son cœur se reposait dans la satisfaction de son Seigneur et Maître. Que Dieu nous accorde à tous la grâce d’être ainsi dévoués à Christ qui s’est livré pour nous, et cela de telle manière que nous puissions dire avec l’apôtre : « Désormais m’est réservée la couronne de justice, que le Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4:7-8).