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Les Psaumes

Auteur probable : Adrien Ladrierre

Bonne Nouvelle 1872, réparti sur douze numéros de p. 7 à 231

Table des matières :

1     Les Psaumes — Introduction

2     Psaumes d’instruction : Les Psaumes dits « Maskil »

2.1     1° livre : Psaume 32

2.2     2° livre : 8 Psaumes d’instruction (42 à 45 et 52 à 55)

2.2.1     Psaumes 42, 43

2.2.2     Psaumes 44 et 45

2.2.3     Psaumes 52, 53, 54 et 55

2.3     3° livre : Psaumes 74, 78, 88 et 89

2.3.1     Psaumes d’Asaph, Héman et Ethan

2.3.1.1      Psaume 74

2.3.1.2      Psaume 88

2.3.1.3      Psaume 89

2.3.2     Psaume 78

2.4     5° livre : Psaume 142

3     Les Psaumes alphabétiques

3.1     Psaume 25

3.2     Psaumes 34 et 37

3.3     Psaumes 111, 112 et 145

3.3.1     Ps. 111 et 112

3.3.2     Ps. 145

3.4     Psaume 119

 

1                        Les Psaumes — Introduction

 

En nous proposant de vous entretenir du livre des Psaumes, notre intention n’est pas de prendre chaque Psaume en détail, bien que cette précieuse portion de la Parole de notre Dieu mérite un examen très minutieux. Nous désirons pouvoir vous donner quelques idées générales du contenu du livre dans son ensemble, puis prendre quelques Psaumes pour en faire le sujet de quelques méditations futures. Les Psaumes auxquels nous venons de faire allusion sont ceux qui sont appelés « Maskil » qui veut dire « instruisant » ou « donnant instruction ».

Les Psaumes sont l’expression, adressée à Dieu, des émotions d’un cœur touché par sa grâce. Dans l’original hébreu, le mot veut dire « des louanges », parce que la bonté de Dieu fait sortir des louanges de la bouche du croyant. D’un bout à l’autre, on sent que ce sont là les expressions d’un cœur qui croit à la bonté de Dieu, qui se confie en Lui, et qui croit que les sources intarissables de son amour et les trésors inépuisables de sa grâce lui sont ouverts, et sont valables en tout temps. Le Seigneur Jésus Christ fut le seul qui marcha dans cette dépendance de Dieu. Quand Il était dans ce monde comme homme parfait, Il n’était pas seulement parfait en connaissance comme Dieu manifesté en chair, mais en même temps parfait en obéissance et en dépendance. Et c’est son esprit que l’on respire dans les Psaumes. Aussi combien ne doivent-ils pas nous être précieux, car ils nous font comprendre quels sont les sentiments d’une âme parfaite vis à vis de Dieu et de quelle manière Dieu aime que nous nous approchions de Lui.

Le Seigneur Jésus connaissait le caractère et l’étendue de l’amour de Dieu parce qu’Il était le Fils unique dans le sein du Père (Jean 1:14, 18). Et Il est venu du ciel pour nous faire connaître cet amour que Lui seul pouvait révéler (Matth. 11:27). Et étant maintenant retourné au ciel, Il nous a envoyé le Saint Esprit (Actes 2:33), pour demeurer avec nous et habiter en nous (Jean 14:17), et pour nous faire connaître en pratique les choses que Jésus est venu nous déclarer (Jean 16:12-15).

Ce sont donc ceux qui ont l’Esprit de Christ et la pensée de Christ (Rom. 8:9 ; 1 Cor. 2:16) qui peuvent se servir des Psaumes dans leurs entretiens avec Dieu, en donnant à ces Psaumes la signification que le Saint Esprit leur donne. Car le même Esprit, qui habite dans le croyant maintenant, inspirait les saints hommes de Dieu qui ont écrit les Psaumes (2 Pierre 1:21).

Mais les Psaumes sont aussi prophétiques. Ils parlent beaucoup de la gloire du règne de Jésus sur cette terre, aussi bien que des évènements qui introduiront ce règne, — la méchanceté des hommes qui amènera le juste jugement de Dieu, et les souffrances du peuple de Dieu à cause de la persécution qu’ils subiront, avant que Dieu intervienne et prenne leur cause en main en faisant tomber ses jugements sur les persécuteurs (Comparez 2 Thess. 1:4-10).

La gloire du Seigneur Jésus sur la terre sera établie en connexion avec la nation d’Israël, selon la promesse de Dieu à leur père Abraham (Gen. 22:18). De là vient qu’il y a tant d’allusions dans les Psaumes à l’histoire d’Israël dans le passé, tant de vœux pour eux et tant d’expressions qu’il faut comprendre dans un sens purement spirituel : l’espérance et la bénédiction du croyant ne sont pas terrestres mais célestes ; celles d’Israël se rapportaient à cette terre seulement. Les choses annoncées d’avance sont actuellement vraies quant à Israël, et spirituellement vraies quant à l’enfant de Dieu aujourd’hui.

Enfin les Psaumes sont surtout précieux et importants pour nous parce qu’ils nous font comprendre les souffrances de Christ qui a passé par toutes les afflictions et les angoisses qu’éprouvera son peuple fidèle dans les derniers jours, et que peuvent éprouver les âmes sincères qui recherchent le Seigneur Jésus dans le temps présent en face de l’ennemi vigilant qui veut si possible toujours nous détourner de la vérité. Comparez Ésaïe 63:9 avec 1 Pierre 1:11 et Luc 24:27, 44-47 ; le Seigneur Jésus Lui-même désire que nous fassions sa connaissance de cette manière intime et réelle, parce que c’est ainsi que notre cœur se sent attiré vers sa personne adorable, pleine de grâce et de vérité. « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais [nous en avons un qui a été] tenté en toutes choses comme nous, à part le péché » (Hébreux 4:15).

Que le Seigneur se révèle ainsi à tous vos cœurs ! Vous le verrez un jour de vos propres yeux. Est-ce que ce sera pour entrer avec Lui dans la maison de son Père, ou sera-ce pour entendre une parole de malédiction qui vous bannira de sa présence pour toute l’éternité ? Si vous croyez en Lui maintenant de tout votre cœur, vous entrerez dans sa joie en ce jour-là, et vous pourrez dès maintenant vous servir des Psaumes pour votre encouragement comme un enfant bien-aimé de Dieu le Père.

 

Les Psaumes sont divisés en cinq livres dont chacun se termine par une espèce de formule d’actions de grâces.

Le premier livre va jusqu’à la fin du psaume 41. Et à la fin il est dit : « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, de l’éternité jusqu’en éternité ! Amen, oui, amen ! ».

Le second livre se termine au Psaume 72 par ces trois derniers versets : « Béni soit l’Éternel, Dieu, le Dieu d’Israël, qui seul fait des choses merveilleuses ! Et béni soit le nom de sa gloire, à toujours ; et que toute la terre soit pleine de sa gloire ! Amen ! Oui, amen. Les prières de David, fils d’Isaï, sont finies ».

Le troisième livre va jusqu’au dernier verset du Psaume 89 : « Béni soit l’Éternel pour toujours ! Amen, oui, amen ! »

Le quatrième livre, de même que le troisième, contient dix-sept Psaumes et finit au Psaume 106, verset 48 : « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, de l’éternité jusqu’en éternité ! Et que tout le peuple dise : Amen ! Louez l’Éternel ! »

Enfin le cinquième livre termine le recueil. Et les dernières paroles exhortent tout ce qui respire à louer l’Éternel. Le Psaume 150 est le couronnement des quatre derniers Psaumes qui ont tous ce cachet d’adoration du Dieu de tout amour et de toute grâce.

 

Les deux premiers livres ont un caractère bien marqué.

Dans le premier on trouve presque toujours le nom de l’Éternel, nom par lequel il s’est révélé à Moïse et aux enfants d’Israël au moment d’intervenir pour les délivrer de l’esclavage au pays d’Égypte (Exode 3:14-17 ; 6:2-8). C’est donc dans ce premier livre que l’on trouve les grands principes du salut, de la souffrance de notre Seigneur Jésus pour le péché (Ps. 22 par exemple), et la manière dont Il prend soin de nous comme le « Bon Berger » (Ps. 23).

Dans le second livre, on trouve rarement le nom de l’Éternel, mais très souvent le nom de Dieu. Et là nous avons les expériences d’une âme qui recherche Dieu, mais qui ne jouit pas du sentiment de sa faveur et de la clarté de sa face. C’est là que se trouve le Psaume 51 qui traite de la confession du péché qui pèse sur la conscience.

Si vous voulez comparer les Psaumes 14 et 53 qui sont cités dans le chapitre 3 des Romains, et qui sont presque mot à mot les mêmes, vous verrez cette différence qu’on vient de vous signaler. Le Psaume 14 du livre 1 parle de l’Éternel, et le Psaume 53 du deuxième livre parle de Dieu.

Les autres livres ont un caractère plus mélangé : le troisième et le quatrième s’occupent beaucoup de l’histoire passée du peuple d’Israël et de la gloire à venir, et le cinquième traite des exercices du cœur des rachetés de Dieu, qui sont Ses serviteurs, et qui se nourrissent nécessairement de sa Parole.

 

Pour jouir beaucoup des Psaumes il faut être dans la condition dont ils parlent. Mais il y en a plusieurs qui ont une portée bien simple et une application générale. Nous pensons qu’il sera utile et intéressant pour vous de suivre, dans l’ordre que le Saint Esprit nous a indiqué, la lecture des Psaumes qui sont appelés « Maskil ». Nous conserverons ainsi une chaîne d’idées qui nous facilitera l’étude de ce long recueil de prières et d’actions de grâces.

 

 

2                        Psaumes d’instruction : Les Psaumes dits « Maskil »

 

Il y a quatorze Psaumes qui sont appelés « Maskil » si l’on compte le Ps. 43 qui n’a pas de titre, mais qui semble faire partie du Ps. 42. Au premier livre, il n’y en a qu’un. C’est le Psaume 32. Ils se trouvent principalement dans le livre 2 où il y en a huit, le Psaume 43 y compris. Dans le livre trois, il y en a quatre : les Psaumes 74, 78, 88 et 89 ; dans le livre quatre il n’y en a pas, et dans le livre cinq il n’y en a qu’un seul, le 142.

 

2.1   1° livre : Psaume 32

C’est dans ce Psaume que nous trouvons notre première instruction qui est le message de grâce que le Seigneur Jésus est venu nous annoncer dans ce monde, dans toute sa plénitude, en disant : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, [et] dont le péché est couvert ! Bienheureux l’homme à qui l’Éternel ne compte pas l’iniquité, et dans l’esprit duquel il n’y a point de fraude (v. 1-2).

Le Psaume 25 est le premier qui parle du péché, et là se trouve la prière à laquelle nous avons la réponse ici au verset 5. Au Psaume 25:11, il est dit : « Tu me pardonneras mon iniquité ; car elle est grande » ; et ici « J’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché ».

Quel précieux début à l’école de notre Dieu. Est-ce que vous avez jamais demandé à Dieu de tout votre cœur qu’Il pardonne votre iniquité parce qu’elle est grande ? Et y en a-t-il parmi vous qui ait reçu dans son âme la réponse que nous venons de signaler dans ce beau Psaume ? Bienheureux, en effet, est celui à qui Dieu a pardonné toute son iniquité. David pouvait le dire ; il connaissait l’iniquité aussi bien que le pardon gratuit que Dieu lui accorde ; et l’apôtre Paul en parle aussi en Romains 4 où il cite ce Psaume lequel est le premier qui parle du pardon.

Le « péché » n’est pas mentionné dans les Psaumes avant le Ps. 32 sauf au Ps. 25:7, 18 et 19:13. Le mot « transgression » ne se trouve que trois fois avant le Ps. 32, savoir Ps. 5:10 ; (19:13 et) 25:7. Le mot « iniquité » se trouve aussi trois fois : Ps. 18:23 ; 25:11 ; 31:10 (les Ps. 5, 18 et 19 s’occupent de la séparation du mal, et non pas de la confession du péché ni de sa rémission).

Ces trois mots iniquité, transgression et péché sont les trois qui sont employés dans le livre du Lévitique chapitre 16 verset 21 en parlant de l’expiation qui était faite pour le peuple d’Israël une fois par an (Héb. 9:7) et en Daniel 9:24 en parlant de l’œuvre du Messie qui allait venir, comme cela est dit en Héb. 9:12. Et les trois mots se trouvent également aux versets 1, 2 et 5 de ce Psaume.

L’apôtre Paul en Romains 4 explique par le Saint Esprit que ceux qui jouissent du pardon de leurs péchés sont ceux qui croient en Dieu qui justifie le méchant. Et Dieu peut justifier le méchant maintenant, non pas parce qu’il a mérité en aucune manière la bonté de Dieu — tout le contraire, il mérite Sa colère — mais Dieu peut le justifier parce que le Seigneur Jésus Christ a pris sur Lui tous les péchés que le méchant a commis, et parce que Dieu a puni le Seigneur Jésus Christ au lieu de punir le méchant. C’est là la bonté de Dieu et le dévouement de Jésus qui a porté la peine de nos péchés. Oh ! Quel amour ! Quelle grâce ! Certainement Il nous a aimés le premier. Il n’est donc pas étonnant que son amour pour nous nous Le fasse aimer en retour. Seulement le cœur naturel est tellement endurci qu’on ne veut guère croire ces précieuses vérités, parce que l’on préfère vivre dans le péché et loin de Dieu. Écoutez la voix de Celui qui vous appelle maintenant, la voix du bon Berger qui a laissé sa vie pour ses brebis : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés ». Sentez-vous le fardeau de vos péchés ? Allez donc auprès de Lui, et Il vous soulagera. Confessez tous vos péchés à Dieu, et il ôtera l’iniquité qui vous condamne. « Car l’Éternel a fait tomber sur Lui (Jésus) l’iniquité de nous tous » (Ésaïe 53:6).

Depuis le verset trois, le Psaume 32 nous montre de quelle manière l’assurance du pardon de Dieu se fait jour dans l’âme. En lisant soigneusement ce Psaume, vous verrez que David n’était pas toujours aussi heureux que les deux premiers versets pourraient nous le faire croire. Il y eut un temps où il ne jouissait pas du tout de ce pardon ; il ne faisait que gémir et rugir tout le jour, et la main de Dieu s’appesantissait sur lui. Mais il nous est dit pourquoi il en était ainsi. C’est parce qu’il ne voulait pas ouvrir sa bouche pour confesser. Il gardait le mal dans son cœur, comme vous tous, enfants et jeunes gens, et même vieillards, qui n’êtes pas encore venus à Jésus pour être lavés et pardonnés.

Il en était de même aussi pour le pauvre fils prodigue dans la parabole de Luc 15. Il s’était éloigné de la maison de son père pour pouvoir faire sa propre volonté en vivant dans la débauche ; et pour qu’il revînt à la maison et qu’il confessât son péché, il a fallu qu’une famine fut envoyée afin de le plonger dans la misère et de l’amener à sentir son état. C’est ainsi que Dieu agit envers nous dans sa grâce quand nous nous en doutons le moins.

Dans le Psaume qui nous occupe, on trouve le petit mot « Sélah » à la fin des versets 4, 5 et 7. Il veut dire « pause », et fait très souvent une petite division qui est extrêmement utile pour l’intelligence des Psaumes. Ici il marque les changements successifs qui ont lieu dans le cœur de David.

Au verset 5, il ouvre sa bouche pour tout confesser à l’Éternel. Dorénavant il ne voulait rien cacher. Et alors il trouve un plein pardon, aussi plein qu’il était gratuit ; et ses iniquités ne pèsent plus sur sa conscience ; tout son péché a été ôté.

Ensuite les versets 6 et 7 décrivent le résultat de la jouissance du pardon dans une âme. D’abord il constate que le pardon qu’il a trouvé sera le partage de tous ceux qui, étant droits de cœur, rechercheront Dieu selon la bonne parole d’invitation en Ésaïe 55:6 : « Cherchez l’Éternel tandis qu’on le trouve ; invoquez-le pendant qu’il est proche ». Et puis dans le jour du jugement, — « le déluge de grandes eaux », — un pécheur pardonné sera hors de toute atteinte, et ressemblera à l’arche de Noé portée sur la surface des eaux ; — plus les eaux s’élevaient, plus l’arche montait vers Dieu. Ce qui empêchait l’eau d’entrer dans l’arche, c’était l’enduit [Peut-être n’est-il pas généralement connu que le mot traduit par « enduit » ou « bitume » une seule fois en Gen. 6:14, est partout ailleurs traduit par « rançon », « rédemption », ou « expiation », et se trouve très souvent dans l’Ancien Testament]. Et ce qui empêche que le jugement atteigne l’enfant de Dieu, c’est la rédemption par le Christ Jésus. Tous ceux qui étaient dans l’arche furent gardés des eaux, soit celles d’en bas soit celles d’en haut ; et tous ceux qui sont rachetés par Jésus Christ sont à l’abri de tout jugement de Dieu contre le péché. Auprès de Jésus, le croyant trouve un asile où il sera gardé de toute détresse. Là il sera environné de chants de triomphe à cause de la délivrance dont Dieu le fait jouir (Ps. 32:7). Comparez Jean 16:33 où le Seigneur dit à ses bien-aimés disciples que dans ce monde ils auraient de la tribulation, mais Il leur dit en même temps d’avoir bon courage parce que Lui avait vaincu le monde. Et dans sa mort Il a détruit toute la puissance de l’adversaire (Héb. 2:14).

Les quatre derniers versets du Psaume 32 s’occupent de la marche chrétienne et sont adressés à ceux qui jouissent déjà de la délivrance que David mentionne dans la première partie.

On voit qu’en commençant Dieu ne demande pas d’intelligence. Il demande seulement un cœur obéissant et une oreille attentive. Pour tout le reste, Il se charge Lui-même d’instruire son enfant et de le diriger dans le bon chemin. Et pour y marcher heureusement, il faut être docile et obéissant (non pas comme un cheval qui a besoin du mors et du frein), mais il faut marcher dans un esprit de confiance en Dieu et de dépendance de Lui. C’est là le véritable bonheur pour tous ceux qui sont droits de cœur, c’est-à-dire qui ne sont pas hypocrites. Car Dieu aime la vérité dans le cœur, non pas la profession de lèvres seulement (Ps. 51:6).

Voilà notre première leçon, une leçon de grâce, de salut, de vie éternelle et de bonheur qui se termine par des actions de grâces. Que le Seigneur la grave dans vos cœurs afin que vous ne l’oubliiez jamais !

 

2.2   2° livre : 8 Psaumes d’instruction (42 à 45 et 52 à 55)

 

Dans le second livre des Psaumes, il y a huit Psaumes dits « Maskil », si l’on compte le Psaume 43 qui semble faire suite au Ps. 42, et qui est sans titre. Ils sont arrangés en deux suites de quatre Psaumes chacune, d’abord les Psaumes 42 à 45, qui sont adressés au chef de musique par les fils de Coré ; puis les Ps. 52 à 55 qui sont de David, également adressés au chef de musique.

Dans le second livre huit Psaumes sont des fils de Coré (y compris toujours le 43) : ils se succèdent depuis le commencement du livre jusqu’au Psaume 49. Dans le troisième livre, il y en a quatre : les Psaumes 84, 85, 87 et 88 dont le dernier seul est appelé « Maskil ». Il y en a donc douze en tout, et avant de nous en occuper en détail, nous considèrerons brièvement l’histoire de cette famille mise à part tout spécialement pour chanter les louanges de Dieu, car tous leurs Psaumes sont pour chanter ; quand même ils ne sont pas donnés au chef de musique, ils sont désignés comme « chant » (voyez les Ps. 46, 48, 87).

Le père de famille, Coré, cousin germain d’Aaron et de Moïse, fut l’instigateur de cette terrible rébellion dans le désert qui amena de la part de Dieu un jugement précipité et d’un genre tout nouveau, car « la terre ouvrit sa bouche et engloutit » ceux de la compagnie de Coré qui restaient dans le camp, et le feu sortit de la part de l’Éternel et consuma les 250 hommes qui offraient le parfum (Nombres 16:28-35). Et dorénavant Coré est cité comme exemple et comme avertissement solennel à tous ceux qui veulent résister à l’autorité de Dieu (Jude 11). Cependant la grâce souveraine de Dieu ne manqua pas de se déployer, comme toujours, en faveur de ceux qui se trouvaient impliqués comme à leur insu dans la méchanceté de leur père, car il est dit que « les fils de Coré ne moururent pas » (Nomb. 26:11). Ils étaient comme des tisons arrachés du feu ; et Dieu, dans sa grâce magnifique, daigne les employer dans son service pour chanter ses louanges. Samuel, le premier prophète d’Israël (Actes 3:24), était de cette famille, et son petit-fils, Héman (l’auteur à ce qu’il paraît, du Ps. 88) fut un des trois conducteurs du service du chant sous le roi David (Comp. 1 Chron. 6:33-38 ; 25:4-6 ; 15:16-19).

Quel encouragement pour nous de voir comme Dieu prend ceux qui n’ont aucun droit à sa miséricorde pour les approcher de Lui, et les faire jouir de la clarté de sa face dans la gloire de sa grâce. Dieu est celui qui justifie, — qui peut condamner ?

 

2.2.1        Psaumes 42, 43

Nous avons vu que le Psaume 32 place devant nous la première grande instruction pour une âme qui a besoin de la justification. Les deux que nous allons considérer nous présentent les circonstances dans lesquelles une âme fidèle se trouve après avoir confessé le nom de son Sauveur. On trouve que le monde est hostile, et que le chemin de la foi est souvent bien pénible, et à cause du rude chemin, l’âme s’abat. Que de peine le Seigneur Jésus a prise auprès de ses chers disciples pour les avertir et les fortifier d’avance pour le jour de l’épreuve, car elle ne manquera pas d’arriver tôt ou tard. Au commencement du chapitre 51 du prophète Ésaïe, on voit les mêmes soins qui prévoient les mauvais jours et fournissent à l’âme ce qu’il lui faut pour qu’elle tienne bon. Dans ce passage les mots « Écoutez-moi » (ou expression équivalente) sont répétés trois fois : aux versets 1, 4 et 7. — D’abord : « Écoutez-moi, vous qui poursuivez la justice, qui cherchez l’Éternel ! », c’est à dire qu’ils ne l’ont pas encore trouvé. — Ensuite : « Prête-moi l’oreille, ma nation ! …Ma justice est proche, mon salut est sorti », vous n’avez pas à chercher bien longtemps avant de le trouver. — Enfin : « Écoutez-moi, vous qui connaissez la justice, peuple dans le cœur duquel est ma loi : Ne craignez pas l’opprobre de [la part de] l’homme, et ne soyez pas effrayés de leurs outrages ». Quand on confesse le nom du Seigneur, on rencontrera toujours d’une manière ou d’une autre l’opprobre des hommes. Mais il y a en même temps la bonne parole de Dieu pour nous encourager et nous soutenir, et c’est ce que nous voyons dans ces Psaumes : Dieu, le Dieu vivant est l’unique ressource de l’âme abattue. « Comme le cerf brame après les courants d’eau, ainsi mon âme crie après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraîtrai-je devant Dieu ? » (Ps. 42:1-2).

Évidemment, pour pouvoir soupirer ainsi après le Dieu vivant, il faut qu’on soit en règle avec Lui au sujet de ses péchés, et qu’on ait fait l’expérience de Dieu comme sauveur et non pas comme juge. Quand Dieu est notre ami et que nous le connaissons, nous sommes heureux de nous abriter auprès de Lui. Ainsi, dans la formule trois fois répétée (Ps. 42:5, 11, et Ps. 43:5) : « Pourquoi es-tu abattue, mon âme, et es-tu agitée au dedans de moi ? Attends-toi à Dieu ; car je le célébrerai encore », il est ajouté la première fois : « Sa face est le salut », et ensuite les deux autres fois : « Il est le salut de ma face et mon Dieu ». L’essentiel est de savoir qu’il ne retire pas sa face de dessus le juste (Job 36:7 ; Ps. 34:15) ; et quand le regard du croyant est dirigé sur Dieu, sa face brille du reflet de la gloire de Dieu, ainsi que la face de Moïse quand il était sur la montagne : « Or nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18).

Il est très important pour le chrétien, quand il rencontre des difficultés dans la marche de comprendre cette vérité et de la mettre en pratique : quant à Dieu il faut regarder en arrière, quant à soi-même il faut regarder en avant. Tant de fois Dieu rappelle à son peuple d’Israël la délivrance merveilleuse qu’Il leur avait accordée en les tirant hors du pays d’Égypte, et il en est ainsi pour nous. Dieu nous a sauvés quand nous étions de méchants rebelles contre Lui, et dignes de tout autre chose que la grâce ; Mais Il nous a fait grâce, et « n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec Lui ? » (Rom. 8:32).

Pour nous assurer en Dieu et pour comprendre son amour, il nous faut regarder en arrière à la croix de Christ. Mais quant à nous-mêmes, à notre position dans le monde, il faut regarder an avant à tout ce que Dieu a préparé pour nous dans les richesses de la grâce, et où Christ est entré déjà comme notre précurseur pour nous préparer une place : « Cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3:1).

En accord avec ce principe, on trouve au Psaume 42 verset 6 le souvenir de tout ce que Dieu a été pour l’âme ; et au Psaume 43, verset 3, l’espérance du cœur, le but du voyage — la montagne de sa sainteté et ses demeures.

Au verset 6 du Psaume 42, il y a trois choses qui occupent les pensées : « Mon Dieu ! Mon âme est abattue au dedans de moi ; c’est pourquoi il me souvient de toi depuis le pays du Jourdain et des Hermons, de la montagne de Mitsear ». La traversée merveilleuse du Jourdain est l’entrée au pays de la bénédiction. Dieu faisait passer son peuple, arrêtant le fleuve du jugement dont toutes les vagues et les flots ont passé sur Christ. Ensuite nous trouvons le souvenir des deux montagnes dont Hermon était la plus grande dans le pays, et Mitsear qui veut dire petit. De sorte que ce sont les œuvres de Dieu, les grandes et les petites qui occupent les pensées. Les Hermoniens ont de grandes choses à raconter, mais ceux qui habitent à Mitsear, la petite montagne, peuvent également parler des merveilles du Dieu fort et vivant. Il pouvait arrêter le soleil dans sa marche afin que son peuple fût vengé de ses ennemis, Il pouvait également faire ployer toute une armée d’envahisseurs du pays d’Israël par le moyen de 300 lampes cachées dans des cruches de terre. Il pouvait soutenir son prophète sans qu’il mangeât ou bût pendant quarante jours ; ou bien lui envoyer des corbeaux pour lui apporter de la viande et du pain le matin et le soir.

Mais c’est dans la région du Jourdain qu’on fait la connaissance de toute la bonté et de la grâce de Dieu — un fleuve qui regorge par dessus tous ses bords durant tout le temps de la moisson — mais qui pourtant a dû s’arrêter dans un monceau d’eau devant l’arche de l’alliance afin que les rachetés de l’Éternel entrent dans le pays promis.

C’est Christ qui nous a préparé ce chemin, qui a porté lui-même le jugement. Il est l’arche qui a arrêté pour nous le fleuve impétueux du jugement afin que nous soyons à l’abri pour toute l’éternité. C’est Lui qui a fait alors cette expérience amère dont nous ne saisissons que bien faiblement les profondeurs : « Un abîme appelle un autre abîme à la voix de tes cataractes ; toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi » (Ps. 42:7). Et nous pouvons dire : « Et je viendrai à l’autel de Dieu, au Dieu de l’allégresse de ma joie ; et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! (Ps. 43:4).

Certainement « De jour, l’Éternel commandera à sa bonté ; et, de nuit, son cantique sera avec moi » (Ps. 42:8). Qu’il en soit ainsi de nous tous, jeunes et vieux, pour l’amour de son nom jusqu’à ce que Jésus vienne nous chercher.

 

2.2.2        Psaumes 44 et 45

Il reste encore deux Psaumes des fils de Coré dans le deuxième livre qui font suite à ceux que nous avons examiné précédemment. Ce sont le 44 et le 45. Et, bien que le sujet de l’un et de l’autre soit les expériences et les espérances des enfants d’Israël, le peuple choisi et béni de Dieu, nous y trouvons pourtant une instruction profondément pratique pour nous tous, jeunes et vieux. Que l’Esprit de notre Dieu nous y rende attentif.

Le psaume 44 traite d’un temps où Israël reculait devant l’adversaire ; la puissante main de leur Dieu ne se manifestait pas en leur faveur comme aux jours de Josué alors que Dieu dépossédait leurs ennemis, les chassant de devant l’armée victorieuse de son peuple racheté ; dans ce temps-là Israël revenait ordinairement du combat sans perdre un seul homme, quoique leurs ennemis tombassent par milliers — mais, à l’époque où fut écrit le Psaume dont nous parlons, tout était changé, et c’était à Israël de dire : nous sommes considérés comme des brebis de boucherie.

Vous vous rappelez que dans l’histoire des enfants d’Israël, particulièrement dans le livre des Juges, il en a souvent été ainsi à cause de leurs péchés. Ils abandonnèrent l’Éternel et se prosternèrent devant les faux dieux, puis l’Éternel les livra entre les mains de ceux qui les pillèrent jusqu’à ce qu’ils crient à Lui pour être délivrés (voyez Juges 2:11-19). Par la bonté et la providence de Dieu, tout cela nous sert d’exemple, car les voies de Dieu avec son peuple d’autrefois sont les mêmes que ses voies avec nous aujourd’hui. Le cœur humain n’a pas changé et les pensées de Dieu sont éternellement les mêmes.

Le Psaume 44 se divise en deux parties, et comme on le voit souvent dans les Psaumes, c’est le petit mot « sélah » qui marque cette division à la fin du verset 8. Dans la première partie on a le souvenir de la bonté de Dieu dans le passé. La seconde est l’exposé de la position présente et le Psaume se termine avec la supplication adressée à Dieu pour qu’il agisse en faveur de son peuple affligé.

Or, il y a deux manières de marcher : par la vue et par la foi. Et selon que l’on marche d’une manière ou de l’autre, le souvenir des œuvres de Dieu en délivrance produit deux effets différents sur l’âme. — Quand on marche par la vue, c’est-à-dire en se dirigeant d’après les circonstances où l’on se trouve, le souvenir de la bonté de Dieu plonge l’âme dans le désespoir parce qu’on s’occupe du contraste entre ce qui a été et ce qui est. Et si l’on ne voit pas les mêmes effets de son bras puissant, on se dit que Dieu ne nous aime plus, qu’Il nous a abandonnés, et ainsi de suite. On pense à ses propres misères et on ne trouve pas de soulagement. — Quand, au contraire, on marche par la foi, on raisonne ainsi : si Dieu a délivré le peuple dans le temps, ce n’était pas à cause de leur dignité ou de leurs mérites, mais à cause de son grand nom, et pourquoi ne ferait-il pas la même chose aujourd’hui ? Quand on n’a rien à lui présenter, ni dans l’un ni dans l’autre cas, on trouve que c’est avec le même titre qu’on vient réclamer son puissant secours, et ce titre, c’est notre besoin, notre détresse. Le besoin fait appel à un Dieu qui aime secourir, la détresse fait appel à un Dieu de bonté qui veut exaucer, et ainsi l’on prend courage pour s’adresser à Lui, comme cela se voit dans ce Psaume.

On trouve deux exemples remarquables de ce dont nous venons de parler, l’un en Gédéon (Juges 6:9), l’autre en Néhémie (Néh. 9). L’un et l’autre avaient profondément senti les angoisses que leur faisaient éprouver les péchés du peuple d’Israël. Gédéon ne connaissait pas encore Dieu d’une manière personnelle, et il en tire trop promptement la conclusion que Dieu ne pouvait pas être au milieu d’un peuple qui avait à souffrir de telles choses, et le souvenir de la bonté de l’Éternel dans le passé ne faisait que le fortifier dans cette conclusion. Mais il dut bientôt apprendre, de la manière la plus pratique, que le Dieu d’Israël n’avait nullement changé, et qu’Il pouvait délivrer son peuple qui se confiait en Lui, en se servant des moyens les plus insignifiants en apparence. Dieu restait toujours fidèle, et Il aimait Israël malgré toute la dureté de leur cœur (Deut. 7:8). Mais le peuple avait péché, et Dieu était obligé de le châtier.

Néhémie fait contraste avec Gédéon. Il avait déjà appris à connaître Dieu à l’école de l’épreuve et de l’affliction ; et dans un moment de crise, en face d’un nouveau mal qui était venu au jour au milieu de l’assemblée, les Lévites, sous la conduite de Néhémie, se fortifièrent en se rappelant toute la bonté et la fidélité qui avaient caractérisé les voies de Dieu envers les enfants d’Israël dès le commencement de leur histoire, sans que le peuple eût rien fait pour mériter tant de faveurs. Bien loin de là, ils n’avaient fait que contrister son Esprit.

Le chemin qui nous conduit vers Dieu et vers la gloire céleste traverse un rude désert où nous avons à passer par bien des endroits pénibles, et où nous avons à recevoir des leçons souvent très humiliantes ; mais c’est une chose précieuse quand l’âme peut dire à Dieu qui connaît les secrets du cœur : je n’ai pas oublié Dieu, et je n’ai pas étendu mes mains vers un Dieu étranger (Ps. 44:20-21). Se confier en Dieu malgré tout est le secret du vrai bonheur, et quoique le Seigneur semble tarder, il faut l’attendre avec patience et constance. « Celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Habakuk 2:3 ; Hébreux 10:37).

Mais il est encore un autre secret du bonheur que l’Esprit de Dieu nous révèle au Psaume 45, c’est de nous occuper de la gloire de notre Seigneur Jésus Christ ; comme Il nous dit en Jean 16:33 : « Vous avez de la tribulation dans le monde ; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde ». Le Psaume 45 traite de la gloire de Jésus, et il est la véritable réponse à la prière du Psaume 44 où tout était détresse et misère. Ici tout est gloire et victoire (voyez les versets 3, 4, 5). La lamentation a duré pendant la nuit, mais la joie et le chant de triomphe sont venus avec le jour, et l’âme peut dire alors : « Chantez à l’Éternel, vous, ses saints, et célébrez la mémoire de sa sainteté. Car il y a un moment dans sa colère, il y a une vie dans sa faveur » (Ps. 30:4-5) ; et cette « vie » est éternelle, selon l’expression du Psaume 56 verset 6 : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours et à perpétuité ». Il n’est donc pas étonnant qu’au commencement l’auteur dise : « Mon cœur bouillonne d’une bonne parole ; je dis ce que j’ai composé au sujet du roi ; ma langue est le style d’un écrivain habile ».

Nous savons que le « Roi » dont il s’agit est notre Seigneur Jésus Christ car les versets 6 et 7 sont cités et appliqués directement à Lui par le Saint Esprit dans le premier chapitre de l’épître aux Hébreux. Quel bonheur quand le cœur peut se réjouir dans sa victoire et dans sa gloire ; car c’est là une source intarissable de joie et de triomphe. Il est plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur ses lèvres : c’est pourquoi Dieu l’a béni à toujours (v. 2). Il nous rend participants de sa victoire ; mais pour la remporter, Il a dû s’humilier jusque dans la poussière de la mort. « Son visage était défait plus que celui d’aucun homme, et sa forme, plus que celle d’aucun fils d’homme (Ésaïe 52:14). Tel a été son amour pour nous et son abnégation de Lui-même (comp. Phil. 2:5-11).

Il a pu remporter la victoire parce qu’Il n’avait pas de péché en Lui, mais, comme il est dit au verset 7 : « Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons ». Mais Il n’est pas solitaire dans sa gloire. À sa droite est la reine parée d’or d’Ophir. — C’est une prophétie de la gloire de la nation d’Israël au jour que le Seigneur Jésus règnera sur la terre. Israël est « l’épouse » dans l’Ancien Testament (car le mystère de l’Église n’était pas encore révélé comme en Éphésiens 3:5 ; Col. 1:26 ; Rom. 16:25-26). Il y a cependant une application pratique et individuelle pour chacun de nous. Car Israël racheté est le type d’une âme pécheresse sauvée par la grâce et reçue dans la famille de Dieu. L’or, dans la Parole de Dieu, est toujours l’emblème des perfections de Dieu, particulièrement de sa justice ; et c’est là la parure glorieuse de celui qui a été lavé dans le sang de l’Agneau. Christ lui-même est notre justice (1 Cor. 1:30), et nous devenons justice de Dieu en Lui (2 Cor. 5:21). Dieu a si complètement effacé le péché en jugement dans la mort de son Fils qu’Il peut maintenant être parfaitement juste, tout en justifiant ceux qui sont reconnus impies. Que c’est merveilleux !

Étant ainsi sauvés, justifiés, glorifiés (1 Cor. 6:11 ; Rom. 8:30), l’Esprit nous adresse une exhortation solennelle : « Oublie ton peuple et la maison de ton père », ainsi que Dieu l’avait dit à Abram lors de son appel. C’est-à-dire que Dieu veut que le cœur soit entièrement adonné à Christ. Comparez les paroles de Jésus à cet égard : Luc 14:25-33 ; ainsi que Prov. 23:26 : « Mon fils, donne-moi ton cœur ». Naturellement c’est une exhortation qui ne s’adresse qu’aux enfants. Il faut être enfant d’abord ; il faut être paré de cet or fin de la justice de Dieu. Mais une fois dans cette position bénie, Dieu ne veut pas que le cœur se détourne de Lui en aucune manière, ni qu’il lui soit donné à moitié.

Et si Jésus a tellement souffert pour nous, est-ce qu’Il n’est pas digne de toutes les affections de notre cœur ? Son nom sera mémorable dans tous les âges.

Pouvez-vous chanter ce beau cantique nuptial avec les fils de Coré, comme de pauvres pécheurs perdus quant à vous-mêmes, mais sauvés par la grâce ? Est-ce que vous possédez déjà cette robe magnifique de justice, la meilleure qui se trouve dans la maison du Père ? Dans ce cas vous pouvez entonner le cantique. Sinon, pourquoi tardez-vous ? Qu’attendez-vous ? Le Seigneur Jésus dit maintenant : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Encore un peu de temps, et Il viendra Lui-même, et nous verrons le Roi dans sa gloire et sa beauté (Ésaïe 33:17).

 

2.2.3        Psaumes 52, 53, 54 et 55

 

Ces quatre Psaumes dits « Maskil » dans le deuxième livre sont de David et sont tous adressés au Chef de musique. Ils forment une suite, et deux d’entre eux, le 52 et le 54, ont été écrits dans des moments critiques de l’histoire de David, comme leurs titres nous l’indiquent.

Ce fait est important à signaler parce qu’il nous montre que l’ordre des Psaumes n’est pas, chronologique mais plutôt moral. Le 51, par exemple fut écrit plusieurs années après les 52 et 54 alors que David était depuis longtemps sur le trône à Jérusalem ; tandis que les Psaumes 52 et 54 ont été inspirés pendant le règne de Saül, le prédécesseur de David, quand celui-ci fut obligé de se sauver à cause de la persécution incessante de la part de Saül.

Cet ordre dans les Psaumes a une profonde signification. Il nous fait voir de quelle manière le Saint Esprit veut exercer nos consciences devant Dieu. Or, les Psaumes 52 et 53 nous dévoilent le mal qui se trouve dans le cœur de l’homme. Mais Dieu ne nous montre pas cela avant de nous avoir fait comprendre, dans le Psaume 51, que nous sommes nous-mêmes pécheurs, et que Dieu seul peut ôter ce péché et nous remplir de sa joie dans sa présence. Quand on sait que Dieu aime le cœur froissé et brisé, on est libre de confesser ses péchés devant Lui. Et alors on jouit de son pardon et de la rédemption qu’Il a opérés. Après cela on est à même de comprendre le vrai caractère du péché, comme Dieu le voit, afin d’en avoir toujours plus d’horreur.

Que d’âmes renversent cet ordre divin et restent longtemps dans la misère et loin de Dieu parce qu’elles croient qu’elles n’osent pas s’approcher de Lui sans une intelligence approfondie de ce que c’est que le péché devant Dieu ! Mais ce que Dieu désire voir c’est une conscience réveillée et qui reconnaît son état de péché. Il donnera assez d’intelligence ensuite, mais Il veut produire dans l’âme le sentiment du besoin d’être pardonné.

Et ici, je désire m’arrêter un moment pour vous demander à chacun : Avez-vous besoin que Dieu vous pardonne ? Avez-vous contristé son Esprit ? Pouvez-vous dire comme David : « Contre toi seul, j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux…J’ai été enfanté dans l’iniquité…Purifie-moi…Lave-moi » (Ps. 51:4-7). Dieu aime la vérité dans le cœur ; et tous ceux qui Lui parlent ainsi, en vérité, connaissent bientôt cette joie de l’Esprit que Dieu donne à l’âme rachetée qu’Il rend plus blanche que la neige. Cherchez-vous la joie avant le pardon ? Voulez-vous connaître le péché dans toute son horreur avant de confesser ce que vous connaissez déjà et qui reste là comme un poids terrible sur votre conscience ? Ce n’est pas ainsi que vous jouirez de l’abondance de la grâce illimitée de Dieu. Allez vers Lui à cœur ouvert, tel que vous êtes, et dites-lui tout. Et vous verrez s’Il ne vous fait pas un accueil semblable à celui qu’Il fit au pauvre fils prodigue quand Il le reçut dans sa maison (Luc 15).

Quel ordre parfait dans les voies de Dieu ! Il veut mettre une âme en liberté dans sa présence. Et puis Il lui apprend tout ce qu’il en est quant au péché. Dès le commencement de l’histoire de l’homme, le péché s’est manifesté sous deux caractères : la violence et la corruption (voyez Genèse 6:11). Le Psaume 52 traite de la violence, et le 53 de la corruption.

Doëg, l’Édomite, est un exemple frappant de la malignité impitoyable et audacieuse dont l’homme est capable. On en trouve l’histoire dans le premier livre de Samuel au chapitre 22. Pour conserver les bonnes grâces du roi Saül, Doëg ne craint pas de faire mourir en un seul jour 85 des sacrificateurs de l’Éternel. Mais Dieu en tenait compte, l’homme qui s’assurait dans ses grandes richesses et qui mettait sa force en son avidité, allait être déraciné de la terre des vivants (Ps. 52:5-7). Le méchant a beau se vanter du mal, quelque puissant qu’il soit, il sera anéanti. Et malgré tout, l’âme du croyant peut se reposer dans la bonté et la gratuité de Dieu qui ne passeront jamais (vers. 9).

Le Psaume 53 fait ressortir l’autre caractère du mal, savoir la corruption, démontrant que l’homme rejette Dieu pour pouvoir suivre sa propre volonté et toute l’abomination du cœur naturel. La grande folie de ce chemin aboutit à la honte et à la frayeur. « Le méchant se sauve quand personne ne le poursuit » (Prov. 28:1). Mais la délivrance que Dieu accorde à son peuple remplit l’âme de joie. On remarquera que ce Psaume est presque mot à mot le même que le Psaume 14, et il est cité en Rom. 3:10-12, pour prouver que tout le monde est sous le péché selon ce qu’il est dit : « Il n’y a point de juste, non pas même un seul ».

Quel tableau que celui que dépeignent ces deux Psaumes, de l’inimitié et de l’opposition du cœur naturel contre Dieu !

Les deux Psaumes qui suivent nous font voir de quelle manière le Seigneur Jésus a souffert de ces deux espèces de mal quand Il est venu dans ce monde pour sauver des créatures aussi dégradées que nous. En conservant toujours le même ordre, le Psaume 54 traite de la violence et le 55 de la corruption. C’est à dire que le mal vient d’abord des ennemis qui sont dehors, ensuite de celui qui avait été ami, mais qui est devenu traître tel Judas qui trahit le Seigneur par un baiser. « [Les paroles de] sa bouche étaient lisses comme le beurre, mais la guerre était dans son cœur ; ses paroles étaient douces comme l’huile, mais elles sont des épées nues (Ps. 55:21).

L’occasion qui poussa David à écrire le Paume 54 se trouve en 1 Sam. 23:19 quand les Ziphiens s’arrangeaient avec le roi Saül pour lui livrer David, chose qu’ils ont essayé une seconde fois en 1 Samuel 26:1. C’étaient des gens du caractère de Doëg l’Édomite qui ne craignaient pas de lever leur main contre l’homme qui était selon le cœur de l’Éternel (1 Sam. 13:14). Mais toutes leurs machinations furent inutiles, car Dieu intervenait toujours pour délivrer son serviteur, comme cela est dit dans le Psaume : « Voici, Dieu est mon secours ; le Seigneur est entre ceux qui soutiennent mon âme » (Ps. 54:4).

Que de fois le Seigneur Jésus a dû éprouver pareillement la haine et la violence des hommes, mais ils n’ont jamais pu rien Lui faire avant le moment solennel qu’il appelle leur « heure et pouvoir des ténèbres » (Luc 22:53). Les gens de Nazareth ont essayé de le précipiter de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie ; à Jérusalem, ils ont pris des pierres pour les jeter contre Lui, et ils ont envoyé des huissiers pour le prendre ; ils ont aussi envoyé des agents secrets qui feignaient d’être justes pour le surprendre en paroles afin de le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur ; mais personne n’a pu mettre les mains sur Lui avant ce moment où Lui-même allait mettre sa vie pour nous pécheurs perdus. Et alors Il s’est livré au pouvoir de ceux qui étaient sortis contre Lui, comme contre un brigand avec des bâtons et des épées pour le prendre.

Mais, quelque pénible que cela dût être pour Lui de rencontrer continuellement la haine et l’inimitié de ceux que son cœur voulait bénir, combien ne devait-ce pas être plus affligeant encore, pour l’esprit si tendre du Seigneur Jésus, de voir la misère et la dégradation des hommes dans leurs rapports mutuels, et d’expérimenter la perfidie de ceux en qui son âme aurait aimé trouver son plaisir. C’est de cela que traite le Psaume 55. « J’ai vu la violence et les querelles dans la ville... La perversité est au milieu d’elle, et l’oppression et la fraude ne s’éloignent pas de ses places » (Ps. 55:9-11). Voilà ce que le Seigneur voyait continuellement autour de Lui ; même ses disciples bien-aimés se disputaient entre eux. « Il a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même » (Héb. 12:3).

Et que dira-t-on de Juda qui vendit le Seigneur, non parce qu’il en voulait en aucune manière à Jésus qui l’avait toujours traité avec la même tendresse que les autres disciples, mais tout simplement parce qu’il convoitait trente pièces d’argent, espérant sans doute que Jésus échapperait aux mains de ses persécuteurs, comme cela avait été le cas si souvent auparavant. « Car ce n’est pas un ennemi qui m’a outragé, alors je l’aurais supporté ; ce n’est point celui qui me hait qui s’est élevé orgueilleusement contre moi, alors je me serais caché de lui ; mais c’est toi, un homme comme moi, mon conseiller et mon ami : Nous avions ensemble de douces communications ; nous allions avec la foule dans la maison de Dieu » (Ps. 55:12-14).

Mais tous les disciples Lui ont été infidèles au moment de son humiliation profonde. Il fut obligé de leur dire : « Vous serez tous scandalisés en moi cette nuit » (Mat. 26:31). Pierre même le renia. Assurément, c’est comme le dit un autre Psaume, le Ps. 142 : « Il n’y a personne qui s’enquière de mon âme ». « L’opprobre m’a brisé le cœur, et je suis accablé ; et j’ai attendu que [quelqu’un] eût compassion [de moi], mais il n’y a eu personne, ... et des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvé » (Ps. 69:20).

Quel bonheur pour quelqu’un qui se trouve, en quelque manière, dans une situation pareille, de posséder en Jésus un tel souverain Sacrificateur qui peut sympathiser puisqu’Il a été tenté en toutes choses comme nous à part le péché ! Quel bonheur d’entendre de ses lèvres cette exhortation : « Rejette ton fardeau sur l’Éternel, et il te soutiendra ; il ne permettra jamais que le juste soit ébranlé (Psaumes 55:22).

Aussi longtemps que nous sommes dans le monde, il faut nous attendre à souffrir à cause du mal qui y règne. Mais, au lieu de nous plaindre d’autrui, comme on est si facilement porté à le faire, puissent ces leçons divines nous apprendre à nous juger nous-mêmes et à nous approcher du Seigneur Jésus, pour voir de quelle manière Il a souffert et combien Il a été patient à travers tout, se remettant entre les mains de Dieu, en acceptant tout de sa part. Cela nous tiendra dans l’humilité et dans la paix et nous fera paraître bien légère notre affliction, en comparaison de tout ce que notre Seigneur a souffert, uniquement pour nous attirer à Dieu. Il nous a laissé un exemple afin que nous suivions ses traces (1 Pierre 2:21).

 

Ce glorieux Sauveur qui, depuis sa victoire,

Tient le globe entier sous sa loi,

Pour que je sois à Lui, dans l’éternelle gloire,

S’est donné Lui-même pour moi.

 

J’estime que, pour Lui, l’opprobre est une grâce,

Tout gain terrestre est un vain poids :

Sachant qu’Il me prépare une céleste place,

Je me glorifie en sa croix.

 

 

2.3   3° livre : Psaumes 74, 78, 88 et 89

 

Dans le troisième livre des Psaumes se trouvent quatre de ces Psaumes « Maskil », dont aucun n’est de David. Les deux premiers sont d’Asaph, qui est l’auteur des Psaumes 73 à 83 aussi bien que du Psaume 50 dans le deuxième livre : savoir douze en tout. Il est ainsi l’auteur des deux tiers du troisième livre des psaumes qui contient 17 Psaumes. Les deux autres Psaumes « Maskil » dans ce livre ont été composés respectivement par Héman et Ethan qui avec Asaph étaient les trois chefs de musique en Israël au temps du roi David quand il arrangeait les différentes classes de sacrificateurs (1 Chron 15:19 ; 6:33-48). Le Psaume de Héman, le 88, fut composé pour les fils de Coré, de même que ces quatre de David que nous avons déjà examinés : savoir les Ps. 42 à 45. Héman lui-même était un descendant de Coré. Ethan est appelé Jeduthun en 1 Chron. 16:38 ; et plus tard aussi, lorsqu’il fut enfin formellement établi comme chef de musique par David. Car le nom de Jéduthun veut dire : « louant » ou « celui qui loue ». Trois Psaumes, comme leurs titres l’indiquent, lui étaient nommément remis : deux par David, le 39 et le 62, et l’autre par Asaph, le 77.

D’après 1 Chron. 16:5-7 ; 25:1-6 ; 2 Chron. 5:12, il paraît qu’Asaph était le conducteur du chant proprement dit, en se servant des cymbales pour lui donner plus d’expression ; tandis que Jeduthun et Héman conduisaient les deux genres de musique instrumentale. Jeduthun et ses enfants jouaient de la harpe, et c’était à eux de définir le caractère de la mélodie. Puis Héman et ses enfants renforçaient le ton avec des musettes et, peut-être, avec d’autres instruments à vent. C’est pourquoi il est dit que Héman « élevait la corne » (note 1 Chron. 25:5). On comprend donc pourquoi Ethan (ou Jeduthun) était considéré comme chef quand il s’agissait de musique instrumentale. Mais Asaph « prophétisait », c’est à dire s’occupait des paroles du chant selon le commandement du roi (1 Chron. 25:2).

Ces trois chefs de musique d’Israël étaient des représentants des trois familles de Lévites. Héman, petit-fils de Samuel le prophète, descendait de Kehath de la famille de Coré ; et dans l’ordre de leur ministère, il occupait la place du centre. À sa droite se tenait Asaph, d’entre les descendants de Guershon ; et à sa gauche Ethan qui était de la famille de Merari (1 Chron. 6:33-48).

Les dons de Dieu étaient ainsi distribués également afin que tous puissent se réjouir ensemble en Sa présence. Quelle bonté de sa part ! C’était aux Lévites de servir dans sa maison, et c’était à eux aussi de chanter et de conduire les louanges de Dieu au milieu de son peuple bien-aimé. Je ne doute pas que ce ne soit là un principe important pour nous tous : Dieu veut que tous ceux qui sont occupés à son service le fassent avec un cœur rempli de louanges et d’actions de grâces (Col. 3:16, 17). Et qui sont ceux qui peuvent chanter dans leur cœur à Dieu, dans un esprit de grâces ? Ne sont-ce pas ceux qui peuvent appeler Dieu leur Père, c’est à dire ceux qui sont lavés de leurs péchés dans le sang précieux de Jésus ? C’est pourquoi il est dit : « rendant grâce par lui (le Seigneur Jésus) à Dieu le Père » (Col 3:17). Oh ! Que les enfants de Dieu doivent être heureux ! En êtes-vous ? Il vous appelle aujourd’hui à venir auprès de Lui, avec vos péchés, et tels que vous êtes, pour entendre de sa propre bouche qu’Il a effacé tous vos péchés par le sacrifice de son Fils unique, notre Seigneur Jésus Christ. « Célébrez l’Éternel ! Car il est bon ; car sa bonté demeure à toujours » (Psaumes 118:1).

C’est le Psaume 135 qui est spécialement celui de ces Lévites, serviteurs et chantres. Et si vous le comparez avec le psaume 115, vous verrez pourquoi ils ont pu bénir Dieu de cette manière. D’abord la maison d’Israël, la maison d’Aaron, et tous ceux qui craignent l’Éternel sont invités à mettre toute leur confiance en Lui (Ps. 115:9-11), parce qu’ « il est leur secours et leur bouclier », ensuite les versets 12 et 13 disent que c’est Lui qui les bénit, chacun individuellement ; et puis le Psaume 135:19-20 nous montre la réponse qu’ils font à Dieu, et comme quoi ceux qui ont été ainsi bénis peuvent bénir l’Éternel à leur tour, et faire monter à Lui des actions de grâces. « Nous l’aimons parce que Lui nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19). « Que rendrai-je à l’Éternel pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom de l’Éternel » (Psaumes 116:12-13). Que le Seigneur dans sa grâce vous accorde à tous de pouvoir faire ainsi, car celui qui sacrifie la louange Le glorifie (Ps. 50:23 ; Héb. 13:15).

 

2.3.1        Psaumes d’Asaph, Héman et Ethan

Nous dirons maintenant quelque chose des Psaumes écrits par Asaph, Héman et Ethan, en laissant de côté, pour le moment, le Ps. 78 qui a un caractère particulier. Il est très remarquable de considérer comment les trois autres Psaumes se ressemblent. Ils ont été inspirés à l’occasion d’un temps de grande détresse, et dans chacun on voit la ressource que trouve auprès de Dieu l’âme du fidèle bien que celui-ci ne puisse pas voir, pour le moment, la délivrance qu’il désire. Il semblerait que ces trois Psaumes font allusion à la fuite du roi David de Jérusalem lors de la formidable rébellion soulevée par son fils Absalon. Bien des harpes en Israël ont dû être mises de côté à cette époque ; mais tous ces évènements ont fourni l’occasion d’écrire les prophéties relatives aux souffrances de Christ qui, Lui aussi, a été livré entre les mains de l’ennemi, en portant les péchés de plusieurs. Ces Psaumes sont en outre une consolation particulière pour les enfants de Dieu qui se trouvent au milieu du mal et en présence de l’adversaire qui règne dans le monde. Quelle chose précieuse quand on a la conscience d’être du côté de Dieu de sorte qu’on peut dire avec Asaph : « Lève-toi, ô Dieu ! Plaide ta cause » (Ps. 74:22), parce que la cause de Dieu est aussi la cause de tous ses rachetés. Quel bonheur quand on le sait pour soi-même !

Souvent Dieu permet que l’âme soit exercée de tous côtés par le pouvoir de l’adversaire (comme Job par exemple), au point qu’elle ne voit point d’issue ; car sur la terre il n’y a point non plus de ressources ; mais quand l’âme en est là, c’est alors le moment pour elle de regarder en haut et de placer toute sa confiance en Dieu, en marchant par la foi et non par la vue. C’est la leçon que tous ces Psaumes nous enseignent.

 

2.3.1.1                 Psaume 74

Asaph au Psaume 74 disait qu’il semblait bien que Dieu avait abandonné son peuple ; l’ennemi apportait toute sorte de désolation dans le sanctuaire ; il avait couvert d’opprobres le nom de Dieu ; en outre il n’y avait plus de prophètes, plus de signes, personne qui sût jusqu’à quand dureraient ces troubles. — Que faire ? Se souvenir que « Dieu est d’ancienneté mon roi, opérant des délivrances au milieu de la terre » (Ps. 74:12). C’est Lui qui a partagé la mer Rouge pour laisser passer ses rachetés (v. 13) ; c’est Lui qui a arrêté le cours impétueux du Jourdain pour faire entrer son peuple dans le beau pays qu’Il leur avait destiné ; c’est Lui qui a fait le jour et la nuit, et a préparé les saisons pour le bien de l’homme. Est-ce assez de savoir que Dieu s’intéresse au bien de ses créatures ? Dieu est amour, et parce qu’Il nous aime, Il a trouvé moyen de nous avoir auprès de Lui en pardonnant avec justice toutes nos iniquités ; et maintenant nous n’avons qu’à nous abriter en Lui au temps de la détresse, sachant qu’Il ne veut pas laisser triompher l’adversaire sur un seul de ses rachetés pour lesquels Jésus a payé un si grand prix. L’ennemi a outragé Dieu, et Dieu plaidera sa propre cause. Assurément, personne n’a su, comme Jésus, ce que c’est que de supporter les outrages, et tout ce que Jésus a souffert de la part des hommes était injuste. Du mal qu’on lui rendait pour sa bonté, il dit : « Les outrages de ceux qui outragent Dieu sont tombés sur moi ». Mais Il se remet entre les mains de Celui qui, à la fin, jugera justement et il accepte tout de sa part. Quel exemple parfait pour nous !

 

2.3.1.2                 Psaume 88

Le Psaume 88, Psaume de Héman, parle d’une affliction personnelle, plus profonde que celle d’Asaph. Dans le Psaume 74, c’était plutôt les souffrances du peuple et le mépris jeté sur le sanctuaire de Dieu qui oppressaient l’esprit d’Asaph. Ici c’est une souffrance qui vient, non pas des hommes comme instruments, mais directement de Dieu lui-même, et dans laquelle l’âme ne trouve ni ami, ni compagnon pour sympathiser à son épreuve et soulager sa douleur. — Qui a connu cette douleur comme notre Seigneur Jésus Christ ? Seul, Il a subi toute la colère de Dieu afin que nous n’eussions jamais à en souffrir. « Ta fureur s’est appesantie sur moi, et tu m’as accablé de toutes tes vagues », dit-il au verset 7, lequel rappelle le verset 7 du Psaume 42. Abandonné même de tous ses disciples, personne n’a pu le suivre quand Il a porté le péché du monde et que, pour l’ôter, Il a donné sa vie en sacrifice, Lui l’Agneau de Dieu ; Il a souffert entre deux brigands ; Il est descendu dans les parties les plus basses de la terre, dans la mort même ; et c’est en ressuscitant que Lui, le premier, a pu répondre d’une manière triomphante à ces merveilleuses questions du verset 10 : « Feras-tu des merveilles pour les morts ? Ou les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer ? ». Oui ! « Maintenant Christ a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis ». Et les morts en Christ seront ressuscités, et les vivants seront ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur (1 Thess. 4:16-17 ; 1 Cor. 15:20).

 

2.3.1.3                 Psaume 89

Le Psaume 89 d’Ethan traite en particulier de toute la bonté de Dieu envers David, et des grâces qu’Il avait assurées à son serviteur quand celui-ci manifesta l’intention de bâtir une maison au Dieu d’Israël (2 Sam. 7 ; 1 Chron. 17). Ces grâces assurées se trouvent réunies et sont accomplies dans la personne de Jésus, le Fils promis à David, sur le trône duquel Il doit s’asseoir pour consommer la joie et la gloire de son peuple d’Israël. Trois choses sont célébrées dans la première partie du Psaume : la puissance, la justice et la bonté de Dieu. Et toutes les trois s’unissent en faveur de l’Homme selon son cœur ; et la fidélité de Dieu qui ne change jamais d’avis devient la confiance de son serviteur. Mais depuis le verset 38, tout change, et pour le moment il semblerait que Dieu a oublié ses promesses ; car, au lieu de trouver la gloire et l’honneur, on ne rencontre que la honte, le mépris et les opprobres. Cela continue ainsi jusqu’au verset 45. Alors, depuis le verset 46, l’âme qui souffre ainsi s’adresse à Dieu pour connaître la fin de toute son angoisse. Christ a dû ainsi mettre de côté sa propre gloire, en se faisant sacrifice pour le péché afin que tous les grands desseins de Dieu fussent accomplis. C’est Christ qui a pu dire qu’Il portait dans son sein les outrages par lesquels les ennemis de Dieu ont diffamé les traces de Son oint. Oh ! Combien Il a souffert pour nous !

 

Tous ces Psaumes nous apprennent donc ce que c’est que de marcher par la foi et non pas par la vue, « nos regards n’étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas : car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles » (2 Cor. 4:18) ; et telle a été la vie du Fils unique de Dieu.

 

2.3.2        Psaume 78

 

Comme nous l’avons dit dans notre précédente étude, il nous reste encore à examiner un des Psaumes d’Asaph, le Psaume 78 qui passe en revue l’histoire du peuple d’Israël et en tire une instruction profonde pour l’âme qui veut l’écouter. Je dirai plutôt que ce n’est pas tant l’histoire du peuple que l’histoire des voies de Dieu à son égard, qui est le sujet de la méditation du prophète ; et celui-ci fait appel au peuple afin qu’il écoute sa loi et qu’il prête l’oreille aux paroles de sa bouche, car il voulait parler des merveilles que Dieu avait faites dans le passé, aussi bien que de la conduite du peuple d’Israël envers l’Éternel, se servant de ces faits comme d’une parabole pour avertir, pour instruire et pour encourager ses auditeurs — les enfants de ceux en faveur desquels Dieu s’était manifesté avec tant de bonté. Et c’est ici que nous trouvons, nous aussi, la porte de la bénédiction ; et la foi sait en profiter car « Ceux qui sont sur le principe de [la] foi, ceux-là sont fils d’Abraham et sont bénis avec lui » (Galates 3:7-9) ; et Jérusalem, la bienheureuse qui est d’en haut, est la mère de nous tous (Gal. 4:26 ; Apoc. 21:2, 10-11). « Toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance » (Rom 15:4).

Écoutez maintenant comment Dieu veut que le souvenir de ses bontés se perpétue — « Il a établi un témoignage en Jacob, et il a mis en Israël une loi qu’il a commandée à nos pères, pour qu’ils les fissent connaître à leurs fils, afin que la génération à venir, les fils qui naîtraient, les connussent, [et] qu’ils se levassent et les annonçassent à leurs fils, et qu’ils missent leur confiance en Dieu » (Ps. 78:5-7). Si on vous raconte les grandes choses qui sont écrites dans la Parole de Dieu, c’est afin que votre cœur en soit pénétré pour que vous vous confiiez en Dieu et que vous racontiez à d’autres personnes la bonté qu’Il vous aura fait connaître.

Les versets 9 à 11 nous expliquent à quelle occasion ce Psaume fut écrit, savoir que les enfants bien-aimés de Dieu, au lieu d’être victorieux comme ils auraient dû l’être, avaient tourné le dos au jour de la bataille. Ce fait si humiliant remplit de tristesse l’âme du prophète, et il en cherche d’abord la raison et ensuite le remède. La raison n’est pas difficile à découvrir : le peuple avait refusé de marcher selon la loi de son Dieu, ils avaient oublié ses exploits et les merveilles qu’il leur avait fait voir. Et qu’il est facile pour nous de faire la même chose que les enfants d’Israël (ou d’Éphraïm comme ils sont appelés au verset 9) ! Nous aimons aussi faire notre propre volonté, et alors nous oublions toute la bonté et la fidélité de Dieu, et il en résulte que nous nous trouvons dans le même misérable état que les enfants d’Israël, et malheureux au dedans de nous-mêmes ; l’ennemi a le dessus et nous sommes couverts de honte. — Mais quelle est la ressource ? C’est de faire comme Asaph, c’est de repasser l’histoire de la fidélité de Dieu, car on y voit que Dieu a toujours déployé sa grande puissance en faveur de ceux qui ne la méritaient nullement, mais qui contristaient sans cesse son esprit de grâce et de patience ; et quoiqu’Il ait dû les châtier, Il ne les a jamais abandonnés.

Les versets 12 à 16 racontent de quelle manière Dieu avait racheté son peuple de l’esclavage du pays d’Égypte, et fendant la mer Rouge et conduisant son peuple par le passage ouvert au milieu des eaux amoncelées deçà et delà, leur montrant le chemin de nuit par une lumière de feu, et de jour par une colonne de nuée ; puis, quand ils entrèrent dans ce désert aride où il n’y avait point d’eau, il leur fit jaillir de l’eau du rocher pour les rafraîchir. On trouve cette histoire dans le livre de l’Exode, chapitres 14 à 17. Vous vous rappelez sans doute la description de ces moments terribles que le peuple eut à traverser quand ils virent que l’armée de Pharaon les poursuivait et qu’il semblait que la mer Rouge leur coupait le chemin et qu’ils allaient retomber entre les mains de ce redoutable roi. Quel moment de joie inattendue et de merveilleux salut quand Moïse étendit sa verge sur les eaux et qu’un chemin s’ouvrit par la puissance de Dieu à travers la mer ! Avec quelle allégresse ils se hâtèrent d’en profiter, et quelle reconnaissance vint remplir leurs cœurs quand ils virent comment Dieu les avait délivrés et avait précipité leurs ennemis pour toujours au fond des eaux. Tout le chapitre 15 de l’Exode est leur cantique de joie et de victoire.

Mais cette délivrance merveilleuse ne changeait rien à l’aspect du désert. Il était toujours aride, et il n’y avait point d’eau. Et le cœur incrédule est facilement porté à murmurer contre un Dieu de parfaite grâce et on regrette même d’avoir été délivré de la puissance du cruel Pharaon. Cependant Dieu se montre fidèle, comme toujours ; la même verge que Moïse avait étendue sur la mer sert maintenant à frapper le rocher et des eaux abondantes en jaillissent pour abreuver le peuple. Dieu avait changé les eaux en terre ferme pour délivrer son peuple, et maintenant Il fait du désert aride des réservoirs d’eaux pour les rafraîchir (Ps. 107:33, 35). Y a-t-il quelque chose de trop difficile pour Lui ? Peut-Il abandonner son peuple après avoir fait tant de choses en leur faveur ?

Hélas ! Le cœur naturel trouve néanmoins bientôt une occasion de se plaindre. Dieu avait fait pleuvoir la manne sur le peuple d’Israël, Il leur avait donné le blé des cieux (Ps. 78:24) pour les rassasier ; mais parce que ce n’était pas une viande qui flattât leur appétit, ils se mirent à pleurer de nouveau et à murmurer contre Dieu disant : Qui nous fera manger de la chair ? (Voyez Nomb. 11:4-35). C’est ce qui fait le sujet de ce Psaume v. 17 à 31. Cette fois-ci Dieu répondit à leur requête mais Il leur fit sentir en même temps le caractère de leur péché contre Lui. Il leur envoie des cailles en si grande quantité que la terre tout autour du camp en était couverte, et on n’avait qu’à se baisser pour en ramasser autant qu’on en voulait. Cependant, cette viande même qu’ils mangèrent fut pour eux la cause d’une très grande plaie qui « abattit les hommes d’élite d’Israël » (v. 31). Quel avertissement solennel ! Dieu sait mieux que nous ce qui nous convient ; mais quand on est mécontent de son partage, il peut arriver que l’on demande des choses qui sont plutôt nuisibles ; et alors Dieu satisfait quelquefois aux désirs du cœur pour nous faire voir qu’il vaut mieux s’en remettre à Lui, et ne pas agir d’après sa propre volonté. Dieu est plein de grâce, Il apaise souvent sa colère et n’éveille pas toute sa fureur (v. 38) ; mais Il ne peut pas laisser passer le péché comme si de rien n’était ; et, soyons-en sûrs, notre péché nous trouvera un jour ou l’autre (Nomb. 32:23).

Quand Dieu punissait son peuple, alors ils le recherchaient (v. 34), mais ce n’était pas de cœur — « Ils le flattaient de leur bouche et ils lui mentaient de leur langue ; et leur cœur n’était pas ferme envers lui, et ils ne furent pas fidèles dans son alliance » (v. 36-37). Comparez Jér. 3:10, qui se rapporte à l’alliance que le peuple de Juda traita avec l’Éternel au temps du bon roi Josias (2 Rois 23:1-3), alliance qui ne fut que de trop courte durée. Mais il en a toujours été ainsi. Le cœur de l’homme est foncièrement revêche et le péché lui est plus facile que l’obéissance. Coup sur coup le peuple tenta Dieu dans le désert ; ils affligèrent le Saint d’Israël et murmurèrent contre Lui, oubliant ses miracles en Égypte, les dix plaies dont Il avait frappé les Égyptiens pour faire sortir son peuple comme des brebis et les mener comme un troupeau dans le désert (v. 40-53). Quand Moïse était sur la montagne avec Dieu et que Dieu lui révélait comment Il voulait habiter au milieu de son peuple d’Israël, le peuple en bas parlait de rejeter tout à fait l’Éternel et ils se firent un veau d’or pour dieu et conducteur (Exode 32) ! Et quand Dieu les eut amenés jusqu’aux frontières du bon pays de Canaan, ils envoyèrent pour reconnaître la contrée des espions qui leur firent un rapport encourageant en leur montrant de son fruit ; néanmoins le peuple se lamenta en disant que les gens qui y habitaient étaient trop forts pour qu’on pût les vaincre, et que les villes murées étaient trop redoutables, et qu’il leur vaudrait mieux retourner au pays d’Égypte que d’essayer de déposséder les habitants de Canaan (Nomb. 14). Ils ne songeaient même pas que l’Éternel Dieu qui les avait conduits jusque là serait assez puissant pour les amener à une fin triomphante.

Malgré tout, Dieu ne voulait pas les abandonner. Il ne pouvait pas tenir le coupable pour innocent, mais Il était plein de pitié, miséricordieux, lent à la colère, grand en bonté et en vérité (v. 38 ; Ex. 34:6-7) ; et à travers le Jourdain, Il les fit enfin arriver dans le beau pays qu’Il avait promis à leurs pères de leur donner, et Il les y fit habiter, selon sa parole, après avoir chassé les nations devant eux. Mais bientôt Israël suivit le méchant train des nations que Dieu avait chassées à cause de leurs iniquités et il s’établit des hauts lieux et des images taillées, tombant ainsi dans l’idolâtrie, et abandonnant l’Éternel. Par conséquent, Dieu se mit en grande colère, et à son tour, « il abandonna la demeure de Silo, la tente où il avait habité parmi les hommes ; et il livra à la captivité sa force, et sa magnificence en la main de l’ennemi » (v. 60-61). Ceci arriva quand les Philistins eurent le dessus sur Israël, et que l’arche de Dieu fut prise par eux (1 Sam. 4). Hophni et Phinées, sacrificateurs, tombèrent par l’épée à cette occasion ; leur vieux père Éli tomba à la renverse de dessus son siège en apprenant ces tristes nouvelles, et en mourut ; et la femme de Phinées, quand on lui fit ce rapport, succomba aussi en mettant au monde un fils qu’elle nomma I-Cabod en disant : « La gloire s’en est allée d’Israël ; — parce que l’arche de Dieu était prise, et à cause de son beau-père et de son mari » (1 Samuel 4:21).

Mais Dieu s’est souvenu de la misère de son peuple opprimé par leurs ennemis de tous les côtés. Il s’est réveillé comme un homme qui se serait endormi (Ps. 78:65), et Il est intervenu de nouveau pour délivrer l’infidèle Israël. Il frappa les Philistins dans toutes leurs villes, comme cela est raconté en 1 Sam. 5, de telle sorte qu’ils furent trop contents de renvoyer l’arche ; ensuite Dieu suscita David pour paître son peuple Israël et le délivrer de la main des Philistins. Vous vous rappelez combien de fois David les frappa depuis que, jeune garçon encore, il avait vaincu le géant Goliath jusqu’aux deux batailles qu’il leur livra dans la vallée des Rephaïm et la prise qu’il fit de Métheg-Amma ; et ce furent deux des descendants de David qui achevèrent de les exterminer (Voyez 1 Sam. 17 ; 2 Sam. 5 ; 8:1 ; 2 Chron. 26:6 ; Ésaïe 14:28-32 ; 2 Rois 18:8).

Dieu ne rétablit jamais ce que l’homme a gâté, mais Il introduit quelque chose de nouveau pour attirer le cœur de l’homme à Lui-même par la grâce ; c’est pourquoi Il a dédaigné Silo et le tabernacle de Joseph, et Il a choisi la tribu de Juda et la montagne de Sion pour y établir David son serviteur.

Quel tableau de la bonté de Dieu ! Ne peut-on pas dire comme Asaph au verset 72 : « Et il les fit paître selon l’intégrité de son cœur, et les conduisit par l’intelligence de ses mains » ? Du côté d’Israël tout était rébellion et désobéissance ; du côté de Dieu tout était grâce et fidélité. Voilà notre leçon. Il faut que Dieu tienne compte de toute iniquité ; mais Il veut pardonner à tous ceux qui se tournent vers Lui ; et il veut accomplir à notre égard ses premiers desseins de grâce, malgré toute notre infidélité et la dureté de notre cœur. Confiez-vous en Lui, Il en est bien digne. « Il ne retire pas ses yeux de dessus le juste » (Job 36:7).

 

2.4   5° livre : Psaume 142

 

Nous avons maintenant considéré tous les Psaumes dits « Maskil » excepté le dernier, le Psaume 142 qui se trouve dans le livre cinq et qui fut écrit par David quand, poursuivi par ses ennemis, il était caché dans les ténèbres, privé de la clarté du grand jour. Ce Psaume est très court. C’est une prophétie remarquable des souffrances de notre Seigneur Jésus Christ. Il exprime l’état d’une âme qui a profité des enseignements, que nous avons placés devant vous aussi, en considérant les derniers Psaumes « Maskil », — l’état d’une âme qui se repose en Dieu seul, alors qu’il n’y a pour elle pas le moindre soulagement aux angoisses qu’elle rencontre sur la terre. Voilà quelque chose de noble ! Une âme qui plane au dessus des tristes circonstances qu’elle traverse, sans se laisser en rien ébranler par elles, mais qui au contraire voit par l’œil de la foi, à travers toutes les ténèbres présentes, un rayon de la clarté du jour éternel de joie et de gloire qui remplacera la nuit de tristesse et d’humiliation (2 Cor. 4:16-18). Mais, bien que ce rayon soutienne et encourage l’âme, il ne change rien aux circonstances éprouvantes par où elle passe, lesquelles restent toujours pénibles, même au plus haut degré ; néanmoins l’âme ne se laisse pas émouvoir par ces choses quand elle ne voit que Dieu et ne s’occupe que de Lui.

Il en était ainsi du Seigneur Jésus Christ qui, « à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu » (Héb. 12:2). Cette joie, comme un reflet de gloire de la maison de son Père, le rendait parfaitement content de faire la volonté de Dieu ici-bas, quelques terribles que fussent les souffrances que cette coupe amère Lui valait ; pour Lui cependant, c’était toujours la coupe que son Père Lui avait donnée, mais, pas moins. Il verse dans le sein de son Père les larmes et les supplications qui exprimaient combien cette coupe Lui était amère : « Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite ». Et l’ange qui le fortifiait à cette heure le mit en état de prier plus instamment, de sorte que « sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre » (Luc 22:42-44). Précieux Sauveur ! Comme Il a dû souffrir pour nous ! Et combien Il nous a aimés profondément pour vouloir descendre ainsi jusqu’au plus bas de la fosse afin de nous en faire remonter. Il s’est humilié jusqu’à la mort, à la mort même de la croix (Phil. 2:8).

Mais les hommes pour qui Jésus a tellement souffert ont été sans pitié pour Lui, comme cela est rapporté en Ésaïe 53:3 : « Il est méprisé et délaissé des hommes, homme de douleurs, et sachant ce que c’est que la langueur, et comme quelqu’un de qui on cache sa face ; il est méprisé, et nous n’avons eu pour lui aucune estime ». L’homme était content de se débarrasser de Jésus ; mais Jésus, dans sa grâce infinie, cherchait l’homme. Assurément il n’y a jamais eu de douleur semblable à celle du Seigneur Jésus (voyez Lam. 1:12) ; mais rien n’a pu l’arrêter dans son chemin d’abnégation et de parfait dévouement jusqu’à ce qu’Il eût atteint son but, savoir de trouver le pécheur perdu. Mais en cherchant le pécheur perdu, Il a dû non seulement subir la juste colère de Dieu contre lui, mais encore expérimenter contre sa propre personne toute la méchanceté du pécheur et son inimitié acharnée contre Dieu, comme il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » (Ps. 69:9).

Le Psaume 142 décrit les exercices de son âme, qui deviennent un exemple parfait pour tous ceux qui se trouvent dans une épreuve sans voir une quelconque issue ; épreuve qui leur est survenue dans le chemin de la droiture où l’on rencontre toujours la haine et le mépris de ceux qui suivent le train de ce monde et de celui qui en est le prince.

Les deux premiers versets nous montrent où se trouve le seul refuge véritable : « De ma voix, je crie à l’Éternel ; de ma voix, je supplie l’Éternel. Je répands devant lui ma plainte, je déclare ma détresse devant lui ». Oh ! Quelle joie pour le cœur de pouvoir ajouter : « Quand mon esprit était accablé en moi, toi tu as connu mon sentier ». — C’est là le témoignage d’une bonne conscience dans un monde où l’ennemi sera toujours content de trouver une occasion contre un enfant de Dieu (1 Pierre 2:12 ; 3:16). Quel bonheur de pouvoir se remettre à Dieu en toutes choses, comme Jésus « qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement » (1 Pierre 2:23) ! — « Tu as connu mon sentier ».

Quand on est dans une grande angoisse, c’est un besoin du cœur de chercher quelque soulagement, quelque sympathie en ceux qui nous entourent. Jésus n’a trouvé personne. Au contraire, Il était entouré d’ennemis qui lui dressaient continuellement des pièges (Luc 11:54 ; 20:20) ; comme cela est dit dans le Psaume, versets 3 et 4 : « Quand mon esprit était accablé en moi, toi tu as connu mon sentier. Sur le chemin par lequel je marchais, ils m’ont caché un piège. Regarde à droite, et vois ; il n’y a personne qui me reconnaisse ; tout refuge est perdu pour moi ; il n’y a personne qui s’enquière de mon âme ». Voilà le genre de tristesse que l’homme de douleurs a connu. Et Lui l’éprouvait non pas seulement pour son propre compte mais parce qu’Il savait que tous ceux qui s’éloignaient de Lui — le Messager de paix de la part de Dieu — rejetaient pour eux-mêmes le conseil de Dieu et abandonnaient ainsi les bontés que Dieu leur offrait. De sorte que, pour Jésus, c’était une double douleur qui le portait à dire : « J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant et en vain » (Ésaïe 49:4). Mais la ressource de son âme dans ce moment suprême, c’était Dieu son Père ainsi qu’on le voit dans les versets 5 à 7 du Psaume que nous avons sous les yeux : « J’ai crié vers toi, Éternel ! J’ai dit : Tu es mon refuge, ma part dans la terre des vivants. Sois attentif à mon cri, car je suis très misérable ; délivre-moi de mes persécuteurs, car ils sont plus forts que moi. Fais sortir mon âme de la prison, pour célébrer ton nom. Les justes m’environneront, parce que tu m’auras fait du bien ». Et les desseins glorieux de Dieu s’accomplirent dans la résurrection de Jésus selon qu’il est dit au Psaume 22:22 : « J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de la congrégation ». Cette assemblée s’est réunie pour la première fois le jour de la résurrection de Jésus (Jean 20), et le premier message que Jésus leur envoya par Marie était celui-ci : « Va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17). Il les considérait dorénavant comme ses frères, — les frères de Celui qui était ressuscité d’entre les morts.

Quel exemple glorieux et encourageant pour nous ! « Aucun de ceux qui s’attendent à toi ne sera confus » (Ps. 25:3). Et qui peut décrire le bonheur intérieur d’une âme qui sait qu’elle a un refuge en Dieu Lui-même, le Dieu vivant, au moment même de la plus grande tristesse et des plus noires ténèbres venant de dehors. Ce sont les rayons du soleil de justice qui resplendissent dans le cœur de telle sorte que tout le corps devient plein de lumière. Alors on n’est plus dépendant d’une lumière de dehors (Luc 11:36). Voilà ce qui soutenait le Seigneur Jésus quand il passait à travers ses souffrances indicibles, et voilà ce qui soutiendra tous ceux qui se trouveront avec Lui dans des souffrances pour la justice et pour son nom ; des souffrances du même genre quoique pas au même degré. C’est là qu’on pourra apprendre comme Paul, selon l’ardent désir de son cœur, la communion des souffrances de Christ (Phil. 3:10).

Oh ! Que c’est autre chose de chercher le soulagement d’une épreuve que Dieu nous dispense, et autre chose de chercher dans l’épreuve la communion des souffrances de Christ ! Mais pour cela il faut connaître la puissance de sa résurrection ; alors l’âme sera illuminée d’une clarté céleste, un échantillon de cette gloire dont elle jouira pleinement bientôt avec le Seigneur qui l’a tant aimée, et qui a donné sa vie pour elle. Et puisque nous serons avec Lui dans la gloire là-haut, que Dieu nous accorde de chercher à être avec Lui dans la souffrance ici-bas !

 

Dans ce que nous avons écrit sur les Psaumes, il y a beaucoup de choses qui sont peut-être au dessus de votre portée, et qui sont en rapport avec des expériences que vous n’avez peut-être pas encore faites. Que Dieu vous donne, quant à ces enseignements, d’y trouver votre part plus tard si le Seigneur tarde à venir et s’Il vous accorde encore quelques années de vie sur cette terre ! Néanmoins il y a des choses que vous comprenez parfaitement déjà maintenant parce qu’elles se rattachent à notre nature humaine qui commence à se développer et à montrer son mauvais côté dès la plus tendre jeunesse. C’est bien triste mais il en est ainsi ; et c’est pourquoi Jésus est descendu dans ce pauvre monde qu’Il a vu si mauvais et si corrompu. Il y est venu pour ôter le péché et nous procurer le pardon selon la justice de Dieu, et pour nous faire comprendre les richesses insondables de l’amour de son Père qui avait décrété par un effet de sa volonté souveraine de nous faire ses enfants bien-aimés. Nous voyons ainsi que notre Sauveur a entrepris une double tâche : — premièrement de nous apprendre qu’Il a ôté le péché afin de pouvoir nous recevoir, — ensuite de nous faire comprendre le vrai caractère du péché en nous, et autour de nous, pour que nous ayons une communion parfaite avec Lui, et que nous puissions nous adresser à Lui, et nous appuyer sur Lui dans toutes les circonstances de la vie. Et voilà ce que nous avons trouvé dans les Psaumes « Maskil ».

Vous aurez remarqué que tous ces Psaumes s’occupent du mal, soit en dedans, soit au dehors, sauf peut-être le 45 qui est la réponse au 44, et lequel célèbre quelqu’un - un seul - qui a toujours, comme homme, aimé la justice et haï le mal.

Le premier Psaume de la série pose les fondements des relations de l’âme avec Dieu, moyennant la confession que celle-ci fait de son iniquité, le pardon gratuit que Dieu lui accorde ; c’est le Ps. 32 dans le premier livre. Les huit Psaumes du livre 2 parlent du mal au dehors, qui n’est que le reflet, la conséquence de l’intérieur. Mais, par la bonté de Dieu, ils indiquent aussi comment, en pratique, il faut traiter le mal qui se trouve en dedans, toujours prêt à agir dans le cœur. Le Psaume 42 qui parle de l’oppression de l’ennemi (v. 9), et le Ps. 43 qui gémit à cause de sa nation impie et de l’homme trompeur, donnent les traits du tableau des deux forces du mal : la violence et la corruption, éléments qui sont développés dans les Ps. 52 à 55 ; puis les Ps. 44 et 45 présentent la souffrance et la délivrance personnelles que l’âme éprouve, et qui la poussent vers Dieu ; ce dont les quatre Psaumes du livre 3 (74, 78, 88 et 89) parlent avec beaucoup plus de détails. Enfin le Psaume 142, dans le livre 5, expose la confiance assurée en Dieu d’une âme intègre qui ne trouve point de sympathie sur la terre.

 

Si vous ne les avez déjà faites, vous ferez ces expériences si vous vivez sur la terre ; et maintenant déjà, Dieu vous communique par l’instruction que vous recevez les ressources inépuisables que sa bonne Parole contient pour le jour de l’épreuve. Cependant vous connaissez déjà le mal dans vos cœurs, et Dieu est juste, Il ne peut pas le laisser passer. Si vous le confessez devant Lui, et que vous vous jugiez vous-mêmes, vous jouirez de son pardon, et vous goûterez le bonheur qu’il y a d’avoir, dans son cœur, la certitude inébranlable de Lui appartenir. Si, au contraire, vous persistez dans votre état, sans Lui confesser votre péché, il vous jugera ; sa Parole vous condamne déjà ; et Jésus, qui a été crucifié pour sauver ceux qui se confient en Lui, vous punira d’une perdition éternelle au jour qu’Il sera glorifié dans ses saints. Oh ! Permettez-moi de vous supplier d’aller à Lui maintenant afin que vous ayez le pardon et la paix. Que l’Éternel Dieu, notre Père, grave lui-même, par son Esprit de grâce, ses saintes leçons sur la table de vos cœurs.

 

3                        Les Psaumes alphabétiques

 

Il y a un autre genre de Psaumes qui portent un cachet particulier, et qui, d’après la manière dont ils sont composés, sont surtout propres à arrêter notre attention. On ne les distingue pas par le titre comme c’est le cas des Psaumes dits « Maskil », mais par le fait que, dans l’original hébreu, les versets ou les phrases sont arrangés de manière à commencer par une lettre suivant l’ordre alphabétique.

En traduisant les Psaumes en français, ou en toute autre langue, cette particularité ne se retrouve naturellement pas, mais elle est signalée dans beaucoup de Bibles par les mots Aleph, Beth, Gimel, etc., qui sont les noms des lettres de l’alphabet hébreu, comme nous disons A, B, C, etc.

Pour un Juif, ou quelqu’un qui connaît l’hébreu, il y a ainsi une grande facilité à rappeler ces Psaumes à sa mémoire, sans perdre la suite exacte des pensées et des paroles. Quoiqu’il en soit, il se trouve toujours dans ces Psaumes une espèce de sommaire de doctrine qui s’adresse au cœur d’une manière spéciale, comme résultat de l’enseignement des Psaumes précédents, et qui exprime en même temps la confiance en Dieu et la joie du cœur de celui qui a écouté les instructions et qui a répondu aux invitations de l’amour divin.

On peut remarquer en passant que cet arrangement alphabétique n’est pas limité aux Psaumes seulement, parmi les livres poétiques de la Parole de Dieu, mais il se trouve aussi dans le dernier chapitre des Proverbes, et dans les quatre premiers chapitres des Lamentations de Jérémie.

Dans le recueil des Psaumes, il y en a sept de ce genre, dont trois dans le premier livre, savoir les psaumes 25, 34 et 37. Les autres se trouvent tous dans le dernier livre ; ce sont les Psaumes 111, 112, 119 et 145. Le Psaume 119 est le plus remarquable de tous. Il est divisé en vingt-deux sections de huit versets chacune, correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, et tous les versets de chaque section commencent par la même lettre ; ainsi les huit premiers versets commencent en hébreu avec A, les huit suivants avec B, et ainsi de suite. Dans les Psaumes 25 et 34, les lettres He et Vau se trouvant dans le même verset 5, la lettre Pe est répétée à la fin pour compléter le nombre ; et dans le Psaume 145 la lettre Nun, qui viendrait après le verset 13 est sautée, de sorte qu’il n’y a que vingt et un versets au lieu de vingt-deux. [Selon quelques manuscrits, on a bien voulu ajouter un verset entre le 13 et le 14, commençant avec Nun, mais c’est probablement un effort fait en vue de garder l’apparence, tandis que la Parole de Dieu veut toujours garder le sens — malgré l’omission apparente qui a, sans doute, sa raison d’être].

 

3.1   Psaume 25

 

Considérons maintenant un peu en détail ces Psaumes alphabétiques, et d’abord le Psaume 25. Nous en avons déjà dit quelques mots précédemment dans l’étude des Psaumes dits « Maskil » (voir étude sur le Ps. 32). Mais ce Psaume mérite un examen tout particulier, non seulement parce qu’il est le premier qui parle du « péché », mais aussi à cause de la manière dont il met en évidence les opérations de l’Esprit de Dieu dans le cœur du croyant.

Le Psaume 25 est le dernier d’une série commencée avec le Psaume 20, et qui présente notre Seigneur Jésus Christ comme « Roi », dans son incarnation, sa mort, sa résurrection, son entrée dans la gloire, et finalement sa seconde venue. Comme il est dit en 1Pierre 1:11, l’Esprit de Christ y rend témoignage de ses souffrances et de la gloire qui les suivrait.

Les Psaumes 20 et 21 parlent du roi qui se présentait à son peuple — le roi que Dieu avait sacré sur Sion, la montagne de sa sainteté (Ps. 2:6) ; comme le dit le prophète Zacharie 9:9, verset repris en Matthieu 21:5 : « Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, débonnaire et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une ânesse ». Jamais roi de la terre ne s’est présenté comme Lui, — le seul qui ne fût pas égoïste, « qui a passé de lieu en lieu, faisant du bien, et guérissant tous ceux que le diable avait asservis à sa puissance ; car Dieu était avec lui » (Actes 10:38), — Lui qui était venu pour donner et non pour prendre, pour servir et non pas pour être servi, — Jésus de Nazareth, « le prince des rois de la terre » (Apoc. 1:5).

Mais quand les hommes l’ont vu, alors ils l’ont haï, et ils ont intenté du mal contre lui (Ps. 21:11). « Il vint chez soi, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1:11). « Les rois de la terre se sont trouvés là, et les chefs se sont réunis ensemble, contre le Seigneur et contre son Christ » (Actes 4:26, Ps. 2:2). Ils lui ont bien accordé son titre de Roi, mais c’était dans l’inscription clouée au dessus de lui sur la croix : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs » (Matth. 27:37). Ils lui ont mis une couronne sur la tête, mais c’était une couronne d’épines. Ils lui ont mis un manteau d’écarlate et ont fléchi les genoux devant lui, mais c’était pour s’en moquer et cracher contre lui. Puis ceux qui sont les témoins de ses souffrances indicibles hochent la tête et provoquent le roi d’Israël à descendre de la croix, s’il le peut ! Oh ! Comme le caractère de l’homme se manifeste sous son vrai jour à la croix de Christ, l’homme aveuglé et trompé par Satan, haïssant Dieu et ennemi de toute justice ! C’est là le sujet du Psaume 22 : « c’est Christ qui est mort », « Lui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui », Lui qui a dû crier à notre place : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Rom. 8:34 ; 2 Cor. 5:21 ; Ps. 22:1).

Cher lecteur, croyez-vous que Christ est mort et qu’Il a subi la colère de Dieu pour le péché pour vous ? Que « lui-même a porté nos péchés en son corps sur le bois, afin qu’étant morts aux péchés, nous vivions à la justice » et que « par sa meurtrissure vous avez été guéris ? » (1 Pierre 2:24 ; Ésaïe 53:5). Croyez-vous cela ? Êtes-vous lavés dans son sang précieux ?

Mais si le Christ a été livré pour nos fautes, Il est ressuscité pour notre justification (Rom. 4:25). Le Dieu de paix a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, dans la puissance du sang de l’alliance éternelle (Héb. 13:20), oui, de ce sang précieux qui nous purifie de tout péché, et qui fait que Jésus peut prendre soin, comme berger et surveillant de nos âmes, de ces pauvres brebis égarées qu’Il lui a tant coûté de chercher et de sauver. Il est ressuscité d’entre les morts, le grand pasteur des brebis, et le Ps. 23 nous montre quels soins Il prodigue à celles-ci.

Il est monté au ciel pour pouvoir le faire car maintenant toute autorité lui a été donnée dans le ciel et sur la terre. Le Grand Pasteur des brebis est glorifié. C’est lui-même qui le dit : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (Luc 24:26). Ne sommes-nous pas heureux que le Psaume 24 suive le Psaume 23, et de savoir que maintenant « à l’Éternel est la terre et tout ce qu’elle contient » et que « les portails éternels » du ciel ont élevé leurs linteaux pour laisser entrer « le roi de gloire…l’Éternel puissant en bataille », qui a vaincu toute la puissance de l’ennemi et qui Lui-même a voulu nous ouvrir le même chemin afin que là où Il est nous soyons aussi ? Et ne pouvez-vous pas joindre vos voix aux voix de ceux qui disent : « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang, … à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1:5-6) ? Oui, grâces à Dieu ! Grâces à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 15:57).

Voilà la bonne nouvelle que Dieu nous annonce : Christ, incarné pour la passion de la mort, est ressuscité et couronné de gloire et d’honneur (Héb. 2:9). Quel en est l’effet sur vous, cher lecteur ? Est-ce que vous dites tout d’abord, comme le premier verset de notre Psaume alphabétique (25) : « À toi Éternel, j’élève mon âme ». Et puis : « Mon Dieu, en toi j’ai mis ma confiance » ? Pas un de ceux qui se confient en Dieu ne sera confus ; mais nous avons besoin d’apprendre beaucoup de choses. Ah ! L’attitude de votre âme est-elle comme celle de David au verset 4 : « Fais-moi connaître tes voies, ô Éternel ! Enseigne-moi tes sentiers » ? Voilà en quoi le Seigneur Jésus, notre exemple parfait, a toujours marché pendant sa vie, faisant les choses qui étaient agréables à son Père, comme le dit un prophète : « Le Seigneur l’Éternel m’a ouvert l’oreille, et moi je n’ai pas été rebelle, je ne me suis pas retiré en arrière » (Ésaïe 50:5) ; et encore : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40:8) ; alors il dit : « Voici, je viens pour faire ta volonté » (Héb. 10:9). Finalement, est-ce que vous pouvez dire en regardant au Dieu de notre salut, au Seigneur Jésus, assis maintenant à la droite de Dieu : « c’est à toi que je m’attends tout le jour » (v. 5). L’attendez-vous toujours celui qui nous a dit : « Voici, je viens bientôt » ?

Quelle beauté parfaite il y a dans la Parole de Dieu. C’est ici le premier Psaume où l’on ose parler de ses péchés et de ses transgressions (versets7, 11), parce que le Psaume 22 a déjà parlé du moyen dont Dieu s’est pourvu pour les ôter ; et c’est aussi le premier qui présente cette attente de l’âme qui sent qu’elle n’appartient plus à cette terre, et qui espère jusqu’au bout dans la délivrance que va lui apporter Celui qui doit bientôt venir. On peut demander le pardon, non pas parce que l’iniquité est petite, mais parce qu’elle est grande (v. 11), car Dieu lui-même a procuré un remède divinement efficace pour l’effacer, tellement qu’il n’en restera plus le moindre souvenir. C’est pourquoi on peut dire : « Ne te souviens pas de mes péchés » mais « souviens-toi de moi », et cela, non à cause de mes mérites (je n’en ai point), mais « à cause de ta bonté, ô Éternel » (v. 7). Il est bon et droit ; Il enseignera donc aux pécheurs le chemin qu’ils doivent suivre, non seulement parce que les pécheurs ne connaissent pas ce chemin, mais aussi parce que Lui les a appelés à marcher dans la communion avec son Fils, notre Seigneur Jésus Christ (1 Cor. 1:9).

Deux choses caractérisent l’attitude de l’âme dans ce Psaume : d’abord le besoin qu’elle a d’être enseignée dans le sentier qui est selon le cœur de Dieu, et d’être gardée dans ce sentier et abritée de tout le pouvoir de l’ennemi ; puis l’attente de la délivrance que le Seigneur a placée devant nous pour nous encourager tout le long du voyage, de sorte que nous pouvons dire sans l’ombre d’un doute et sans nulle crainte : « Moi, je verrai ta face en justice quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image » (Psaumes 17:15).

Il se peut qu’il y ait des difficultés, des détresses à traverser ; il se peut que l’on doive rencontrer l’affliction, l’isolement, la persécution même (versets 16 à 19) dans le chemin. C’est ce que le Seigneur Lui-même a rencontré ici-bas plus que quiconque. Mais bientôt nous verrons la pleine délivrance. Et si nous souffrons avec Jésus, nous règnerons aussi avec Lui. « Car notre légère tribulation d’un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire, nos regards n’étant pas fixés sur les choses qui se voient, mais sur celles qui ne se voient pas : car les choses qui se voient sont pour un temps, mais celles qui ne se voient pas sont éternelles » (2 Cor. 4:17-18). « Nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2).

Quelle chose pour nous de savoir que le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent ! (v. 14). Certainement Il gardera tous ceux qui s’attendent à Lui.

 

Remarquez maintenant la conclusion, le dernier verset qui commence avec Pe, et qui se lie ainsi au verset 16. Si l’on prie le Seigneur : « Tourne-toi vers moi et use de grâce envers moi », ce n’est pas dans un sens égoïste, mais on a le cœur assez large pour penser aux autres ; cela devient même un besoin du cœur ; on prie pour tout son peuple bien-aimé, comme David le fait pour Israël quand il dit : « Ô Dieu ! Rachète Israël de toutes ses détresses » (Psaumes 25:22). « Or que le Seigneur incline vos cœurs à l’amour de Dieu et à la patience du Christ ! » (2 Thessaloniciens 3:5).

 

3.2   Psaumes 34 et 37

B. N. 1872 pages 186-192

 

Ces deux Psaumes doivent être considérés ensemble car ils appartiennent à la même série qui commence au Ps. 31 et se termine au Ps. 37. Cette série a pour sujet la confiance en Dieu, et on y trouve le développement en détail du Psaume 7 et du verset 20 du Psaume 25.

Je me suis retiré vers toi, tel est le thème sur lequel se déroulent ces Psaumes ; et c’est l’expression parfaite des relations du Seigneur Jésus, comme homme, avec son Père (Héb. 2:13), relations dans lesquelles il nous a introduits.

Les sept Psaumes de cette série se divisent en deux parties, se terminant chacune par le Psaume alphabétique. Les quatre premiers, correspondant aux versets 1 à 5 du Ps. 7, traitent de la délivrance de l’ennemi — Ps. 31, du pardon des péchés — Ps. 32, et puis de la parole et des œuvres de l’Éternel comme source de la dépendance — Ps. 33. Le Psaume 34 donne l’application pratique dans l’expérience du croyant et dans les soins paternels de Dieu. Le nom de l’Éternel s’y trouve dans presque tous les versets. Les trois Psaumes qui suivent traitent de la position du croyant en face du mal qui l’entoure dans ce monde, ils correspondent à la dernière portion du Ps. 7. Le Psaume 35 exprime les sentiments de l’âme qui s’en remet à Dieu, lequel jugera justement, et qui ne veut pas se venger de ceux qui l’accusent injustement et qui le persécutent. Le Psaume 36 met en contraste le mal qui existe dans le monde avec la bonté éternelle de Dieu, et le Ps. 37 montre le chemin que le chrétien doit suivre en pratique en face du mal.

Nous avons affaire plus particulièrement, en ce moment, avec les Psaumes 34 et 37 qui donnent la somme pratique de la doctrine appliquée à notre expérience : au psaume 34, on est bas, et l’on regarde en haut ; au Ps. 37, on est haut et l’on regarde en bas. Dans le premier état, c’est toujours la délivrance et puis le triomphe ; le second état est bien dangereux si l’on oublie un seul moment que « le salut des justes vient de l’Éternel ; il est leur force au temps de la détresse » (Ps. 37:39).

 

Dans le Psaume 34 il y a un appel spécialement adressé aux enfants, mais suivons l’ordre de l’enseignement pas à pas. D’abord le titre de ce Psaume et l’occasion à laquelle il fut écrit nous montrent que l’enfant de Dieu sort de la disgrâce après avoir appris par elle à se connaître en quelque mesure — ce qui est nécessaire pour chacun de nous ; c’est une leçon à apprendre tôt ou tard. Mais rappelons les grands traits de l’événement rappelé dans ce Psaume.

David avait quitté le pays d’Israël parce qu’il redoutait la malveillance de son seigneur, le roi Saül, et il s’était enfui auprès d’Akish, roi de Gath, étant poussé par la crainte des hommes au lieu de demeurer tranquille sous le regard de Dieu. Et comme il arrive toujours quand on agit de cette façon, David se trouva en présence d’un danger beaucoup plus grand, — entre les mains des hommes dont il avait lui-même tué le champion, car Goliath était de la ville de Gath. Les hommes d’Akish reconnurent David et ils parlèrent défavorablement de lui devant le roi de sorte que d’un moment à l’autre David pouvait s’attendre à perdre la vie. Aussi pour échapper à ce nouveau danger, il contrefit le fou devant eux. Quelle position défavorable pour l’oint de l’Éternel, pour cet homme sur la tête duquel Samuel avait versé l’huile sainte ! (1 Sam. 16). Mais Dieu n’oublie pas son serviteur et, dans sa grâce, Il intervient et dispose le cœur d’Akish à chasser David, et c’est alors que celui-ci écrivit le Psaume 34, l’Esprit de Dieu s’emparant de l’occasion pour rendre témoignage des souffrances de Christ qui s’est placé volontairement sous le pouvoir de l’ennemi pour pouvoir en délivrer ceux qui y étaient par leur faute. David dit : « Cet affligé a crié ; et l’Éternel l’a entendu, et l’a sauvé de toutes ses détresses » (v. 6) et l’Esprit applique ses paroles à Jésus (Héb. 5:7) qui, durant les jours de sa chair, fit monter avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort, et qui l’exauça à cause de sa piété. Et même sur la croix la parole fut accomplie (verset 20 du Psaume) : « Il garde tous ses os, pas un d’eux n’est cassé » (Jean 19:36 ; Exode 12:46). C’est quand on est passé par l’épreuve et qu’on a vu la délivrance qu’on peut inviter autrui à savourer et à voir que l’Éternel est bon. Bienheureux l’homme qui se confie en Lui !

La grâce brise le cœur, elle remplit la bouche d’actions de grâce. Bien loin d’ouvrir la porte à la licence ou de laisser agir la volonté propre, elle fait comprendre que le fait de se trouver en relation avec Dieu nécessite qu’on se garde du mal, car « les yeux de l’Éternel regardent vers les justes » (v. 15, comparez Job 36:7). On ne peut pas avoir communion avec Dieu et marcher dans les ténèbres en même temps (1 Jean 1:6) ; et si l’on est dans la lumière, tout ce qu’on fait de contraire à la lumière est manifesté tout de suite, et doit être jugé soit par nous, soit par le Seigneur (1 Cor. 11:31-32) ; tant mieux si c’est par nous.

L’enseignement qui est particulièrement adressé aux enfants, versets 11 à 16, est cité en plein par Pierre dans sa première épître (1 Pierre 3:10 à 12). « La crainte de l’Éternel, c’est de haïr le mal (Proverbes 8:13). C’est parce que Dieu ne peut pas et ne veut pas le supporter qu’Il fit tomber son terrible jugement sur la personne de son Fils qu’Il a fait péché pour nous. De sorte que tous ceux qui sont sauvés par le sang précieux de Christ sont amenés à détester le mal que Dieu hait tellement, et pour lequel Christ a tant souffert. « La face de l’Éternel est contre ceux qui font le mal ». « L’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs ; et aucun de ceux qui se confient en lui ne sera tenu pour coupable » (Versets 16 et 22).

 

Le Psaume 37, aussi de David, parle des sentiments qui peuvent surgir dans le cœur du chrétien quand il voit le mal prospérer autour de lui, tandis que le juste rencontre un chemin pénible et qu’il est même opprimé par le méchant. Asaph souffrait amèrement de cet état de choses, et portait envie aux insensés, se plaignant de son sort (voyez le Ps. 73) ; et ce ne fut que dans le sanctuaire de Dieu qu’il apprit à se juger d’avoir eu de telles pensées. Et c’est là l’instruction de ce psaume 37 : « Ne t’irrite pas à cause de ceux qui font le mal, ne sois pas jaloux de ceux qui pratiquent l’iniquité … Ne t’irrite pas à cause de celui qui prospère dans son chemin, à cause de l’homme qui vient à bout de ses desseins … Laisse la colère et abandonne le courroux ; ne t’irrite pas, au moins pour faire le mal » (v. 1, 7, 8).

Quant à l’existence du mal dans le monde et à la manière dont Dieu semble laisser faire, un peu de réflexion suffit pour convaincre que c’est inévitable. Le péché est entré dans le monde et l’homme pécheur s’oppose naturellement à tout ce qui est bon. Dieu est « lent à la colère » (Exode 34:6) ; « Il est patient envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (2 Pierre 3:9). C’est pourquoi il n’exécute pas encore son jugement, qui toutefois a déjà été prononcé contre le mal et qui ne manquera pas d’être exécuté en son temps. Si Dieu agissait en jugement maintenant, qui échapperait ? Mais « c’est maintenant le jour du salut » (2 Cor. 6:2) ; et Dieu « est bon envers les ingrats et les méchants » (Luc 6:35), et « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes » (Matth 5:45). Il y a donc du mal dans le monde au jour où Dieu agit en grâce, et le jugement seul peut effacer le mal ; et quand Dieu agit en jugement, il faut qu’Il juge tous les hommes également parce qu’Il est juste et qu’Il n’a pas égard à l’apparence des personnes.

Dans ce Psaume 37 qui nous occupe, il y a trois bons conseils à l’égard de ce que doit être notre attitude dans ce monde et l’état de notre cœur pour produire cette attitude : — v. 3-4 « Confie-toi en l’Éternel et pratique le bien ; habite le pays, et repais-toi de fidélité, et fais tes délices de l’Éternel : et il te donnera les demandes de ton cœur ». — v. 5-6 « Remets ta voie sur l’Éternel, et confie-toi en lui ; et lui, il agira, et il produira ta justice comme la lumière, et ton droit comme le plein midi ». — v. 7 « Demeure tranquille, appuyé sur l’Éternel, et attends-toi à lui ».

Les versets 8-15 mettent en contraste le méchant et le débonnaire — l’homme qui n’insiste pas sur ses droits ; et c’est celui-ci, comme le dit Jésus, qui héritera de la terre (v. 11 — voir Matth. 5:5).

Les versets 16-22 traitent des biens qu’on peut avoir, et quant à cela, « mieux vaut le peu du juste que l’abondance de beaucoup de méchants ».

Les versets 23-33 ont pour sujet la voie du juste ; l’Éternel prend plaisir à ses voies et lui soutient la main ; la loi de Dieu est dans son cœur, aucun de ses pas ne chancellera.

Enfin les versets 34-40 sont la conclusion : « la fin de l’homme intègre et droit est la paix » (v. 37) ; « le salut des justes vient de l’Éternel ; il est leur force au temps de la détresse, et l’Éternel leur aidera et les délivrera » (v. 39).

Chers lecteurs, ne vaut-il pas mieux se renoncer soi-même dans ce monde et marcher en avant en s’attendant tranquillement à Dieu pour toutes choses dans la paix, que de chercher sa propre satisfaction ici-bas pour rencontrer finalement le jugement et la colère de Dieu au temps où leur pied bronchera ? (Deut. 32:35). Dieu nous voit et tient compte de tout ce que nous faisons.

Dans le chemin du renoncement, on trouve le Seigneur Jésus qui « n’a point cherché à plaire à lui-même », mais selon qu’il est écrit : « Les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi » (Rom. 15:3 ; Ps. 69:9). Il était le Seigneur de tous ; le monde fut fait par Lui ; cependant quand il vient dans ce monde, Il ne veut rien exiger, rien prendre que ce qu’on lui donne de bon cœur. Ne vous semble-t-il pas qu’il dût Lui être bien dur de commencer sa vie terrestre dans une étable et de ne trouver pour berceau qu’une crèche parce qu’il n’y avait pas de place pour Lui dans l’hôtellerie. Jésus était un homme pauvre duquel le monde ne fit aucun cas, et jamais il n’a cherché, Lui, à se faire valoir ; néanmoins, malgré l’inimitié qu’Il a rencontrée, Il est allé partout, faisant du bien à tous, annonçant la bonne nouvelle du salut aux pécheurs perdus qui le haïssaient, et quand ils le crucifièrent, Il pria son Père de leur pardonner.

Qu’il y ait donc en vous, cher lecteur, cette pensée qui a été aussi dans le Christ Jésus ; et si vous êtes sauvés par la grâce, soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné (Phil. 2:5 ; Éph. 4:32).

 

Qui sous la garde du grand Dieu

Pour jamais se retire

À son ombre, en un si haut lieu,

Assuré se peut dire.

Lui seul est mon libérateur,

Mon espoir, mon asile.

Sous la main d’un tel protecteur,

Mon âme, sois tranquille.

 

 

 

3.3   Psaumes 111, 112 et 145

Bonne Nouvelle 1872 pages 204 à 211.

Les quatre Psaumes alphabétiques qu’il nous reste à examiner se trouvent tous dans le cinquième livre des Psaumes (Ps. 107 à 150). Nous nous occuperons cette fois-ci des Psaumes 111, 112 et 145 et nous garderons le Psaume 119 pour un autre article. Mais il est bon de jeter un coup d’œil sur l’ensemble du dernier livre pour arriver à une appréciation juste du sujet de ces Psaumes.

Le cinquième livre se divise en sept sections :

— la première, se terminant par les deux Psaumes alphabétiques 111 et 112, présente la bonté de l’Éternel dans les détails des circonstances de la vie, que ces circonstances soient amenées par la providence de Dieu ou par l’hostilité de l’homme contre le chemin de la droiture ; montrant ainsi que le repos de l’âme est dans les conseils éternels d’un Dieu de parfaite bonté. « Car il s’est tenu à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugeaient son âme ». Et Il fait asseoir son Oint à sa droite, remettant toute l’autorité entre les mains de Celui qui a accompli la rédemption. Puis le Psaume 111 donne en somme le caractère de Celui qui doit être craint, et le Ps. 112, le caractère de celui qui le craint.

— La seconde section (Ps. 113 à 118) développe les voies de Dieu en grâce et en bénédiction à l’égard des individus qui en sont les objets, et cela dans le but de faire monter à Dieu le tribut de louanges qui lui est dû. Les serviteurs sont appelés à l’adorer toujours tant leur cœur est rempli par Lui de joie et d’actions de grâce.

— Le Psaume 119 forme la troisième section, c’est la valeur de la Parole de Dieu écrite dans le cœur.

— La quatrième se compose des quinze Psaumes des degrés, lesquels traitent de l’expérience de la grâce de Dieu dans l’âme et du sentiment que sa présence produit chez le croyant.

— La cinquième section comporte les Psaumes 135 à 137, et nous montre le caractère et les motifs de l’adoration, et qui sont ceux qui doivent célébrer Dieu, et en quelle occasion il ne convient pas de chanter, car il y a « un temps de pleurer ».

— La sixième contient huit Psaumes de David, et elle fait voir comment l’expérience de la bonté et de la fidélité de Dieu attache à Lui le cœur de son serviteur qui s’applique sans cesse à l’adoration et recherche avant tout la jouissance de la présence de Dieu pour lui plaire, quelles que soient les circonstances. Le dernier de ces huit Psaumes est alphabétique.

— Enfin la septième section (les 5 derniers Psaumes) est le résultat, le couronnement et la conclusion de toutes les autres — des louanges qui montent et qui prennent leur essor dans tous les sens, en commençant par le cœur individuel (Mon âme, loue l’Éternel ! Ps 146:1), puis trouvant un écho dans toute la création (Que tout ce qui respire loue Jah ! Louez Jah ! Ps. 150:6). Comparez Apoc. 5:9-14.

 

3.3.1        Ps. 111 et 112

Considérons maintenant les Psaumes alphabétiques 111 et 112 qui se trouvent ensemble à la fin de la première section du cinquième livre des Psaumes. Le titre de l’un et de l’autre, comme celui de plusieurs Psaumes dans le cinquième livre est « Alléluia » ou « Louez l’Éternel ». Le sujet de louanges dans le Ps. 111, c’est l’Éternel Lui-même, son caractère et son œuvre ; tandis que dans le 112 c’est le bonheur de l’homme qui craint Dieu, et la formation de son caractère d’après celui de l’Éternel.

Cela nous fait penser à ce verset : « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit » (2 Cor. 3:18). Quand on s’occupe de Christ, on devient l’expression pratique de ce que Christ est, et en Lui toute la plénitude de la déité habite corporellement. Un miroir, tout petit qu’il soit, s’il est tourné vers le soleil, reflète ses rayons ; mais si la face du miroir est tournée dans l’autre sens, le soleil donne toujours mais on ne voit plus son reflet dans le miroir.

Il suffit de lire les deux Psaumes ensemble pour voir jusqu’à quel point c’est vrai. Le Psaume 111:3 dit que la justice demeure à perpétuité, et dans le Psaume 112:3 on trouve la même expression en toutes lettres en parlent de la justice de l’homme qui craint l’Éternel. Et cela est répété au verset 9. De même, quand l’Éternel manifeste son glorieux caractère en proclamant son nom devant Moïse en Exode 34:6, manifestation répétée au verset 4 du Psaume 111 : « L’Éternel est plein de grâce et miséricordieux », on en trouve aussitôt l’effet pratique au Psaume 112:4, c’est que l’homme juste est aussi « plein de grâce, et miséricordieux ». Le Psaume 111:5 nous apprend que l’Éternel « se souvient à toujours de son alliance », et le Ps. 112:6 affirme que « la mémoire du juste sera à toujours ». Le Ps. 111:7-8 dit que « tous ses préceptes sont sûrs, maintenus à perpétuité, pour toujours, faits avec vérité et droiture » et le Ps. 112:8, que le cœur du juste est soutenu ; il ne craint pas.

On voit donc que le cœur de celui qui se confie en Dieu est aussi arrêté, aussi ferme que les préceptes de son Dieu, lesquels il aime à garder ; et Dieu, qui se souvient sans cesse de son alliance de grâce, agit de telle sorte qu’on se souvienne également de celui qui est au bénéfice de son alliance. Or cela ne serait pas un plaisir pour Dieu si l’homme juste n’était pas d’accord avec Lui ; mais Dieu lui donne un cœur nouveau qui répond en toutes choses à l’amour divin ; et enfin Il l’associe à Lui-même de telle manière qu’Il rattache sa propre gloire au nom et au souvenir de l’homme juste.

Il est évident qu’il n’y a qu’un seul être qui, de fait, répond au caractère de l’homme intègre qui est dépeint au Psaume 112. C’est le Seigneur Jésus Christ. Sur Lui, les cieux s’ouvrent et le Père dit qu’Il trouve tout son plaisir en Lui. Mais Dieu envoie l’Esprit de son Fils dans le cœur de tous ceux qui croient en Lui afin qu’ils soient moralement semblables à son Fils ; et c’est ainsi que le Psaume devient vrai à leur égard.

Ah ! Ce n’est pas peu de choses que d’être un objet de la grâce souveraine de Dieu. Quand l’homme se trouve dans une position qui lui donne tant soit peu d’autorité, il veut mettre tout le monde sous son joug. Dieu, au contraire, se sert de son pouvoir absolu sur toutes choses pour s’associer à Lui-même en gloire et en joie une misérable créature qu’Il a rachetée à grand prix (comparez Phil. 3:21). — « Il a envoyé la rédemption à son peuple ; il a commandé son alliance pour toujours. Son nom est saint et terrible ». On comprend donc que « la crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui pratiquent ses préceptes auront une bonne intelligence ». Êtes-vous de ce nombre, mes chers lecteurs ? Quel bonheur indicible que celui qui attend tous ceux qui appartiennent à Dieu ! Or, dès à présent même, Dieu les comble tellement de ses biens et les enrichit si abondamment qu’ils peuvent se passer de toutes les pauvres choses de ce monde passager. À les voir, ce sont, comme dit l’apôtre, des gens qui n’ont rien et qui toutefois possèdent toutes choses (2 Cor. 6:10). Voilà pourquoi ils sont à même de répandre les bénédictions qui viennent d’en haut, d’en donner aux pauvres qui les entourent dans ce monde. Ainsi faisait notre Seigneur Jésus Christ en prêchant l’évangile aux pauvres.

Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Dieu aime celui qui donne joyeusement, et Il augmentera les fruits de votre justice (voyez 2 Cor. 9:7-15). « Sa corne est élevée en gloire. Le méchant le verra, et en aura du dépit ; il grincera les dents et se fondra ; le désir des méchants périra » (Ps. 112:9-10).

 

3.3.2        Ps. 145

Le Psaume 145 est comme une conclusion des sept Psaumes de David qui le précèdent. Il devient en même temps la thèse des cinq Psaumes qui suivent et qui forment la dernière section du cinquième livre des Psaumes. Il présente d’une manière particulière la louange de Dieu, et c’est le seul Psaume qui soit intitulé : « Louange de David ». Le seul autre Psaume qui ait un titre un peu semblable est le Ps. 100 qui est intitulé : « Psaume d’actions de grâces ».

Deux sujets de louanges ressortent de ce Psaume 145 : — premièrement la magnificence glorieuse de la majesté de Dieu, — deuxièmement Sa miséricordieuse fidélité. Et nous pensons que c’est l’absence de la lettre « nun » en hébreu, après le verset 13 (comme nous l’avons fait remarquer précédemment) qui marque la division.

Il est à remarquer, comme dans la dernière section du livre, que David commence ici par l’expression du besoin de son propre cœur de louer, et qu’il termine par un appel général à tout le monde de se joindre à lui pour bénir l’Éternel. Il faut avoir expérimenté pour soi-même la bonté de Dieu pour être ainsi disposé à le louer ; et alors on a le cœur assez au large et assez plein de confiance dans le caractère de Dieu pour inviter les âmes à exprimer par des louanges ce qu’elles ont dû ressentir de la bonté invariable de Dieu. Comme dans les Psaumes 5, 84 et ailleurs, David reconnaît Dieu pour Roi ici. C’est là toujours un grand sujet de joie et d’assurance ; comparez Ps. 44:4 ; 47:2, 6, 7 ; 74:12. Quand on se rappelle le nom sous lequel l’Éternel s’est fait connaître (Ps. 111, Exode 34) : « L’Éternel est plein de grâce et miséricordieux, lent à la colère, et grand en bonté » (v. 8), le cœur prend plaisir à méditer la gloire et la magnificence de Son règne, et à chanter la valeur de ses faits redoutables, et sa justice (comp. Apoc. 5:8-14 ; 19:6).

Notre Psaume, dans sa première partie au moins, est évidemment une de ces écritures dont Pierre fait mention, lesquelles parlent de la gloire qui devait suivre les souffrances de Christ (1 Pierre 1:11). On trouve en Daniel 7:14, 17, presque les mêmes expressions appliquées au règne millénial du fils de l’homme ; seulement dès ce chapitre (v. 18) les saints sont associés avec le Seigneur dans son royaume, ce qui est confirmé dans l’Apocalypse (chap. 20:4, 6).

La seconde partie du Psaume traite de la fidélité de Dieu et des soins continuels dont Il entoure ses saints pendant la traversée de ce désert, en attendant la gloire. Il se tient près de tous ceux qui l’invoquent en vérité, Il accomplit le souhait de ceux qui le craignent ; Il exauce leur cri et les délivre. Ainsi que le Seigneur le dit (Jean 15) : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (verset 7).

Combien cela doit nous encourager à nous approcher toujours davantage de Lui avec une sainte hardiesse, en comptant sur sa grâce qui ne fera jamais défaut. On trouve trois précieux encouragements dans ces versets :

— L’Éternel est près de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

— Il accomplit le souhait de tous ceux qui le craignent.

— L’Éternel garde tous ceux qui l’aiment.

Pour finir, on trouve toujours cette solennelle parole d’avertissement : « Il extermine tous les méchants ». Mais quelle bonté de Dieu de nous avertir d’avance et de nous frayer le chemin du salut et du bonheur !

Pouvez-vous, chers lecteurs, dire avec David : « Ma bouche dira la louange de l’Éternel ; et que toute chair bénisse son saint nom, à toujours et à perpétuité » (Ps. 145:21).

 

 

3.4   Psaume 119

Bonne Nouvelle 1872 pages 225 à 231.

Ce Psaume, très remarquable en lui-même, l’est aussi par son arrangement et par ses divisions. On voit que c’est à dessein que chacune de ses portions se compose de huit versets commençant par la même lettre hébraïque. Ces lettres se suivent aussi dans l’ordre alphabétique, c’est à dire qu’il y a huit versets commençant par A, huit versets commençant par B, et ainsi de suite pour les 22 lettres de l’alphabet hébreu.

Si l’on examine le rapport mutuel de ces vingt-deux portions entre elles, on voit pourtant que cet arrangement méthodique est entièrement subordonné à l’ordre divin des pensées et du sujet qui sont traités et développés dans ce Psaume. Il en est toujours ainsi des choses de Dieu dans lesquelles il y a toujours un ordre parfait ; et pour nous faire entrer dans ces choses, Dieu se sert de simples moyens ou méthodes qui sont bien à notre portée, et qui ont pour but d’éclaircir et non pas de lier la vérité.

Ce Psaume se divise juste au milieu en deux parties contenant chacune onze portions qui se groupent d’une manière régulière en cinq sections, comme cela se voit aussi dans l’arrangement des Lamentations de Jérémie. La première partie traite de la valeur de la Parole d’une manière générale. La seconde partie traite de la Parole elle-même. Nous donnons ci-après un tableau analytique et comparatif de tout le Psaume qui fera mieux comprendre le rapport existant entre toutes les portions.

 

Première partie versets 1-88

 

La valeur de la Parole

Deuxième partie versets 88-176

 

La Parole elle-même

§ 1 Aleph (v. 1-8)

Beth (v. 9-16)

La Parole indique le chemin de la bénédiction et donne la force morale pour y marcher.

§ 1 Lamed (v. 89-96)

Mem (v. 97-104)

La Parole, son caractère et son effet.

§ 2 Gimel (v. 17-24)

Daleth (v. 25-32)

Le désir de l’âme qui devient étrangère sur la terre, de connaître et de garder la Parole qui donne la vie et la force.

§ 2 Nun (v. 105-112)

Samech (v. 113-120)

Ce que la Parole opère pour l’âme envers Dieu, l’amenant dans sa communion, et la séparant de tout mal.

§ 3 He (v. 33-40)

Vav (v. 41-48)

Zaïn (v. 49-56)

Par le moyen de la Parole, la miséricorde et la vérité maintiennent l’âme dans la voie de l’Éternel et dans sa justice.

§ 3 Hajïn (v. 121-128)

Pe (v. 129-136)

Tsade (v. 137-144)

Comptant sur l’exercice actif de la miséricorde de la part de l’Éternel, l’âme trouve la Parole attrayante en elle-même, comme étant le reflet de la justice absolue de l’Éternel. « La Justice et la paix se sont entrebaisées » Ps. 85:10.

§ 4 Cheth (v. 57-64)

Teth (v. 65-72)

Le caractère et l’effet de l’application : l’Éternel et sa Parole sont la ressource de l’affligé, qui est opprimé par le mal qui l’entoure.

§ 4 Koph (v. 145-152)

Resh (v. 153-160)

La puissance vivifiante de l’Éternel et sa Parole, soutenant la vie qui vient de Lui, contre toute l’oppression et la malice des méchants.

§ 5 Jod (v. 73-80)

Caph (v. 81-88)

La persécution même devient, par le moyen de la fidélité et de la miséricorde de l’Éternel, l’instrument pour établir le caractère de son serviteur, et lui donner un cachet divin aux yeux de ceux qui craignent Dieu.

§ 5 Scin (v. 161-168)

Tav (v. 169-176)

La Parole donne la joie et la paix au milieu de la persécution. On ne peut pas se confier dans la chair.

 

Il suffit de jeter un coup d’œil sur ce tableau pour se rendre compte de l’étendue immense qu’embrasse ce Psaume. On y trouve l’instruction biblique qui convient à chacun, quel que soit son âge ou l’état dans lequel il se trouve. Nous nous bornerons à indiquer quelques traits saillants, ensuite nous considèrerons les deux premières sections de chaque partie qui développent les premiers éléments de la connaissance de Dieu par sa Parole. À mesure qu’on avance dans le chemin, on a besoin de toutes les consolations que nous offre cette Parole. Mais Dieu ne nous fait jouir d’elle qu’à mesure que nous sentons davantage le besoin de nous en nourrir. La première partie du Psaume montre les effets extérieurs produits chez l’âme soumise à l’influence de la Parole. La seconde partie développe le caractère de la Parole et son action sur l’âme intérieurement, en la remplissant de paix et de joie.

Dans toutes les deux on trouve souvent répétée l’expression du désir d’être vivifié. Car c’est la loi de l’Esprit de vie dans le Christ Jésus qui nous affranchit de la loi du péché et de la mort. Mais les termes dont l’Esprit se sert, relativement à cette action vivifiante de la Parole, ne font que mettre en relief le caractère qui est particulier à chacune des deux parties du Psaume, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Cette expression revient neuf fois :

 

Première partie

Verset 25 : Fais-moi vivre selon ta Parole.

Verset 37 : Fais-moi vivre dans ta voie.

Verset 40 : Fais-moi vivre dans ta justice.

Verset 88 : Fais-moi vivre selon ta bonté.

 

 

 

Seconde partie

Verset 107 : Fais-moi vivre selon ta Parole.

Verset 149 : Fais-moi vivre selon ton ordonnance.

Verset 154 : Fais-moi vivre selon ta Parole (ou ton discours).

Verset 156 : Fais-moi vivre selon tes ordonnances.

Verset 159 : Fais-moi vivre selon ta bonté.

 

[v. 154 Le mot Parole n’est pas le même que celui traduit « parole » aux versets 25 et 107 ; il veut plutôt dire l’expression de la parole, la manière dont elle sort de la bouche de Dieu ; c’est ce qu’il y a de si doux au verset 103 où l’on retrouve le même mot que dans le verset 154. C’est là ce que le psalmiste a en vue. Il désire que la vie de Dieu ait une telle efficace en lui qu’il devienne en pratique l’expression de la pensée de Dieu ; c’est ce que Christ a toujours été].

 

La première partie parle du chemin de la justice dans lequel l’âme est amenée ; la seconde traite de ce qui est opéré dans l’âme. Dieu donne la vie en effaçant le péché par le jugement que Christ a subi à la croix ; et mieux on comprend combien ce jugement a été terrible, mieux on jouit de cette miséricorde ineffable qui a placé devant le pauvre pécheur un tel moyen de salut.

La vie est accordée selon la Parole, car « de sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité, pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures » (Jacques 1:18). Et Jésus nous dit qu’il faut être né d’eau et de l’Esprit (l’eau est ici l’action purificatrice de la parole de Dieu). Mais on ne possède la vie en soi que dans la dépendance de Dieu, c’est pourquoi nous avons besoin de l’exercice constant de Sa bonté. Aussi est-il ajouté : Fais-moi vivre selon ta bonté. Jésus nous dit que, séparés de Lui, nous ne pouvons rien faire. Mais il ne nous abandonnera pas, et celui qui croit en lui ne sera pas confus.

Dans la première partie du Psaume on voit le progrès toujours croissant de l’hostilité de l’ennemi. Il faut s’y attendre dans la carrière chrétienne ; mais Dieu et sa parole sont là pour consoler, et faire sortir victorieusement son serviteur de tout mal.

Après l’opprobre et le mépris des versets 22, 23 et 42, on éprouve la moquerie (v. 51), on est volé (v. 61), on devient l’objet de la calomnie et de l’oppression des orgueilleux (v. 69, 78), on est persécuté sans sujet et harcelé jusqu’à être presque exterminé ; et l’angoisse de l’âme augmente en même temps ; mais tout cela ne fait que rattacher davantage à la Parole l’âme qui compte sur sa puissance vivifiante (comp. 2 Cor. 7 ; 11).

Dans la seconde partie l’hostilité de l’ennemi et la persécution sont supposées être un état de choses existant (v. 95, 110, 121, 122, 134, 150, 157, 161), mais la parole de Dieu est la ressource et la joie de son serviteur ; et l’angoisse que l’âme éprouve est surtout causée par tout le mal que les persécuteurs ourdissent contre Dieu (v. 136, 139, 158) en foulant aux pieds ses commandements et en méprisant sa grâce. C’est dans cette expérience que l’on goûte véritablement la communion des souffrances de Christ.

 

La première partie de notre Psaume débute en décrivant le bonheur de ceux qui s’adonnent de tout leur cœur à Dieu afin de marcher dans ses voies selon sa Parole. Le Seigneur Jésus en dit autant : « Bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Luc 11:28 ; 8:21). Le verset 4 nous montre un cœur fidèle dont le dévouement puise ses motifs dans l’obéissance selon Dieu, laquelle écarte toute idée de se vanter soi-même (comp. Luc 17:10). On ne dira pas : je vous sers parce que je vous aime car ainsi on se vanterait de son amour ; mais on dira plutôt : je vous sers parce que je désire que votre volonté soit accomplie. C’est de cette manière que Jésus parle (Héb. 10:7-9 ; Ps. 40:7-9). De même ici : « Tu as commandé tes préceptes pour qu’on les garde soigneusement ». Cela nous est difficile à réaliser ; aussi l’on trouve immédiatement quatre versets (5-8) de prière afin que Dieu l’opère Lui-même en nous.

« Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (119:9). Et il faut que cela soit une affaire de cœur. « Je t’ai cherché de tout mon cœur » (v. 10, comp. v. 2). Mais quand même on serrerait la Parole dans son cœur afin de ne pas pécher contre l’Éternel, il faut sans cesse Lui demander qu’Il nous instruise dans la connaissance de cette Parole. On ne peut rien faire sans le secours de son Esprit ; et nous avons à réclamer constamment ce secours (voyez v. 18, 26, 27, 28, 33). Toutefois il ne faut pas se contenter de connaître la Parole, « si vous connaissez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (13:17) ; et nous avons ici (v. 32) l’expression juste de ce que c’est qu’être dans la dépendance de Dieu à cet égard : « Je courrai dans la voie de tes commandements, quand tu auras mis mon cœur au large » (comp. 2 Cor. 6:13 ; 7:1). Courir dit plus que marcher (comp. Phil. 3:14 ; 1 Cor. 9:26).

 

Le sujet du commencement de la seconde partie (v. 89-96) est la stabilité de la Parole par laquelle le Seigneur soutient toutes choses, comme il est dit aussi en Héb. 1:3. Il n’y a point d’incertitude, rien de chancelant dans la Parole ; et parce que Dieu nous soutient et nous encourage par son moyen, il n’est pas étonnant qu’elle fasse les délices du croyant qui exprime ainsi sa foi : « Je suis à toi, sauve-moi ; car j’ai recherché tes préceptes » (v. 94). C’est l’expression de la confiance dans le Dieu de résurrection en quelque circonstance que l’on se trouve (comp. 2 Cor. 1:9-10 ; 1 Tim. 4:10).

Le psalmiste aime la loi de son Dieu, et elle lui communique trois choses ; il devient par elle plus sage que ses ennemis, plus habile que ses instructeurs, plus intelligent que les anciens. Mais c’est parce qu’il met en pratique la Parole. Il garde ses pieds de toute mauvaise voie afin d’observer la Parole. La Parole apporte avec elle sa récompense, elle est plus douce que le miel à la bouche ; elle est une lampe au pied, une lumière au sentier ; elle conduit dans la communion avec Dieu, en remplissant le cœur de la joie de Sa présence, et la bouche de Ses louanges (v. 108, 111). Elle fait sentir néanmoins à l’âme toute sa propre faiblesse, mais le croyant trouve tout de suite en Dieu Lui-même asile et bouclier (v. 114) ; et en présentant à Dieu sa prière continuelle afin d’être soutenu (v. 116-117), il travaille à son propre salut avec crainte et tremblement (v. 118-120 ; Phil. 2:12).

Cher lecteur, si vous voulez être réellement heureux dans ce monde aussi bien que dans le monde à venir, attachez-vous à la Parole de Dieu, croyez en elle et marchez à sa lumière à la rencontre du Seigneur Jésus Christ.

« Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante qui va croissant jusqu’à ce que le plein jour soit établi » (Proverbes 4:18).