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Histoire du royaume d’Israël – Entretiens

 

 

Famille d’Adrien Ladrierre

 

Table des matières :

1     1 Rois 15 et 16 — Les cinq rois qui succédèrent à Jéroboam (Nadab, Baësha, Éla, Zimri, Omri)

2     Le roi Achab et le prophète Élie — 1 Rois 16:28 – 2 Rois 2

2.1     Achab et Jézabel — 1 Rois 16:28-34

2.2     Élie le Tishbite. La sécheresse — 1 Rois 17:1

2.3     Élie au torrent du Kérith — 1 Rois 17:2-6

2.4     Élie et la veuve de Sarepta — 1 Rois 17:7-16

2.5     Élie et le fils de la veuve de Sarepta — 1 Rois 17:17-24

2.6     Élie et Abdias — 1 Rois 18:1-6

2.7     La rencontre d’Élie avec Achab — 1 Rois 18:7-18

2.8     Le peuple choisissant l’Éternel plutôt que Baal — 1 Rois 18:19-40

2.9     La fin de la sécheresse — 1 Rois 18:41-46

2.10      La fuite d’Élie à Horeb — 1 Rois 19:1-18

2.11      Dieu montre sa bonté et sa puissance en faveur d’Israël — 1 Rois 19:19 à 1 Rois 20:30

2.12      Nouvelle faute d’Achab — 1 Rois 20:30-43

2.13      Histoire de Naboth — 1 Rois 21

2.14      La mort d’Achab — 1 Rois 22:1-40

3     1 Rois 22:41-54 et 2 Rois 1 — Règne d’Achazia, fils d’Achab

4     2 Rois 2:1-12 — Enlèvement d’Élie

5     2 Rois 2 et suivants — Règne de Joram — Histoire d’Élisée, le prophète

5.1     Élisée au Jourdain et à Jéricho — 2 Rois 2:12-22

5.2     Les méchants enfants de Béthel — 2 Rois 2:23-24

 

 

 

1                    1 Rois 15 et 16 — Les cinq rois qui succédèrent à Jéroboam (Nadab, Baësha, Éla, Zimri, Omri)

Bonne Nouvelle 1897 n° 5 pages 83 à 94

 

— Tu m’as dit la dernière fois que l’Éternel frappa Jéroboam et qu’il mourut. Qui est-ce qui régna à sa place ?

— Ce fut un de ses fils, nommé Nadab. Te rappelles-tu ce que le vieux prophète Akhija annonça à la femme de Jéroboam ?

— Oui. Il lui avait dit que toute la famille de Jéroboam périrait, et qu’aucun de ses membres ne serait enterré dans un sépulcre, mais serait dévoré par les chiens et les oiseaux de proie.

— La prophétie s’accomplit bientôt comme Akhija l’avait dit : « Mais quoi ? … déjà maintenant ! » (1 Rois 14:14). Nadab suivit l’exemple de son père et fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel en continuant à adorer les veaux d’or et ainsi à faire pécher Israël. L’idolâtrie, qui détournait le peuple du culte du vrai Dieu, était le péché le plus grand ; c’était une abomination aux yeux de l’Éternel (Deut. 7:25), et il devait être puni de mort (Deut. 13). Les rois et le peuple d’Israël qui persévéraient dans ce péché étaient donc sous la sentence de mort, et leur histoire montre bien que cette sentence s’exécutait.

— Je suis étonné de voir que Nadab n’avait pas eu le cœur touché par tout ce qu’il avait vu et entendu de la puissance et des avertissements de l’Éternel. S’il s’était repenti, Dieu lui aurait pardonné, n’est-ce pas ?

— Sans doute, car l’Éternel avait dit : « Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme inique, ses pensées, et qu’il retourne à l’Éternel, et il aura compassion de lui, - et à notre Dieu, car il pardonne abondamment » (És. 55:7). Mais Nadab préférait son veau d’or à un Dieu saint qui a dit à son peuple : « Vous serez saints, car moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint » (Lév. 19:2). Il pouvait ainsi faire sa propre volonté et suivre toutes les pensées et les convoitises de son méchant cœur. Son veau d’or ne l’en empêchait pas. Nadab ne se doutait pas que le jugement allait être exécuté sur lui. « Si le méchant ne se retourne pas », avait dit le roi David, « Dieu aiguisera son épée : il a bandé son arc, et l’a ajusté, et il a préparé contre lui des instruments de mort » (Ps. 7:12-13) (combien il est sérieux de penser que cela s’applique aux pécheurs de nos jours ! Le jugement est à la porte). C’est ce qui eut lieu pour Nadab.

— Est-ce qu’il fut tué par quelqu’un ?

— Oui ; et voici comment la chose arriva. Il était allé, avec son armée, assiéger la ville de Guibbethon, qui appartenait aux Philistins, ces constants ennemis d’Israël. Guibbethon était sur le territoire assigné par Josué à la tribu de Dan (Jos. 19:44) ; c’était une des villes données aux lévites (Jos. 21:23). Mais les Israélites n’avaient pu, sans doute par manque de foi et d’énergie, en déposséder les Philistins (Jug. 1:34). Tandis qu’il était là, un homme nommé Baësha, de la tribu d’Issacar, conspira contre lui et le tua. C’était l’instrument de mort dans la main de l’Éternel.

— Mais est-ce l’Éternel qui avait commandé à Baësha de tuer Nadab ?

— Non ; Baësha ne se souciait pas de l’Éternel ; il suivait les mauvais désirs de son cœur. Il voulait être roi et, pour cela, il commença par attirer le peuple à lui, puis il tua Nadab et régna à sa place, sans que personne ne lui dise rien. Il fit encore plus : il extermina la famille de Jéroboam, afin que personne de cette famille ne fit valoir ses droits au trône. Ainsi fut accomplie la terrible prophétie d’Akhija. Dieu se sert des méchants et de leurs mauvaises actions pour exécuter ses desseins, mais les méchants n’en sont pas moins coupables, et Dieu les châtie à leur tour, comme nous le verrons pour Baësha. Lis à ce propos Ésaïe 10:5-16.

— Tu m’as dit que Baësha ne se souciait pas de l’Éternel, comment le sait-on ?

— C’est qu’au lieu de détruire l’idolâtrie, il nous est dit qu’il « fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et marcha dans la voie de Jéroboam, et dans son péché par lequel il avait fait pécher Israël » (1 Rois 15:34), c’est-à-dire l’idolâtrie. Ainsi il avait été rebelle à son roi, il avait été meurtrier, et maintenant nous le voyons idolâtre. Et il voulut faire encore plus que Jéroboam pour empêcher son peuple d’avoir des relations avec le peuple de Juda et d’aller adorer à Jérusalem. Il fit la guerre contre Asa, roi de Juda, et bâtit sur la frontière des deux royaumes une ville forte nommée Rama, pour empêcher ceux de Juda de venir en Israël et ceux d’Israël d’aller dans le royaume de Juda. Alors Asa, se sentant sans doute le plus faible, appela à son secours Ben-Hadad, roi de Syrie, qui envahit le nord du pays d’Israël.

— Asa fit-il bien de chercher de l’aide auprès d’un roi païen ? N’aurait-il pas mieux fait de demander à l’Éternel de le secourir, comme Abija le fit quand il combattait contre Jéroboam ?

— Tu as raison. Lis le Ps. 121:1, 2 et le Ps. 46. Quoi qu’il en soit, Baësha cessa de bâtir Rama et resta dans son royaume à Thirtsa.

— Comment Baësha pouvait-il être tranquille là ? Ne devait-il pas se dire : « Je suis dans le palais de l’homme que j’ai tué pour me faire roi, et dont j’ai fait mourir les enfants ; voilà son lit ; je m’assieds à sa table ». Tout devait lui rappeler ses meurtres. Ne penses-tu pas qu’il était malheureux, bien qu’il fût roi ?

— Il aurait dû l’être ; mais le cœur et la conscience de l’homme qui ne craint pas Dieu s’endurcissent dans le mal, de sorte qu’il se glorifie même d’être venu à bout de ses desseins de quelque manière que ce soit (Ps. 10:3-6 ; 72:6-7), et comme aurait dit Sophonie (3:5) : « L’inique ne connaît pas la honte ». Mais Dieu est juste, et le méchant ne saurait rester impuni. Baësha jouissait de sa royauté et de ses richesses, lorsqu’un jour un homme se présenta devant lui, chargé, comme autrefois Akhija pour Jéroboam, d’un message de l’Éternel pour lui. C’était Jéhu, fils de Hanani le prophète, et prophète lui-même.

— N’avait-il pas peur de venir ainsi devant un homme aussi cruel que Baësha ?

— Non ; il était un fidèle serviteur de l’Éternel ; lui et son père ne craignaient pas de parler hardiment aux rois. On voit en 2 Chron. 16:7 et 19:1-3, que quarante ans plus tard le même Jéhu reprit le roi Josaphat. Lui et son père vivaient sans doute dans le royaume de Juda (2 Chron. 20:34). Voici son message à Baësha : « Parce que je t’ai élevé de la poussière, et que je t’ai établi prince sur mon peuple Israël, et que tu as marché dans la voie de Jéroboam, et que tu as fait pécher mon peuple Israël,… : voici, j’ôterai Baësha et sa maison, et je ferai de ta maison comme j’ai fait de la maison de Jéroboam, fils de Nebath » (1 Rois 16:2-3). Dieu avait permis qu’il parvînt à la royauté, et il aurait dû, lui et le peuple, renoncer à l’idolâtrie. Il ne le fit pas, et l’Écriture dit que le jugement de Dieu tomba sur sa maison, à cause de tout le mal qu’il faisait devant les yeux de l’Éternel pour le provoquer à la colère et parce qu’il avait été meurtrier de Jéroboam, c’est-à-dire de son fils et de sa famille. Dieu châtiait Baësha, l’idolâtre et le meurtrier. Baësha mourut après un règne de vingt-quatre ans, et son fils Éla lui succéda.

— Est-ce qu’il fut cruel comme son père ?

— Il n’est pas dit qu’il ait tué personne, mais il ne fut pas meilleur que Baësha. Le jugement de Dieu vint contre lui à cause des péchés qu’il avait commis, ainsi que son père, pour faire pécher Israël, c’est-à-dire en le maintenant dans l’idolâtrie. Mais à tous ses péchés, Éla en ajoutait un autre : c’était l’ivrognerie. Tu sais combien il est triste et dégoûtant de voir un homme se livrer à la boisson. Il perd par degrés sa raison, ne sait plus ce qu’il dit, ni ce qu’il fait, et s’abaisse au-dessous des animaux. Non seulement un ivrogne se dégrade et se ruine lui-même dans sa santé et dans son âme, mais il réduit souvent sa famille à la misère. Dans tous les cas, il la rend malheureuse, et donne un funeste exemple à ses enfants. Souvent il est frappé d’une mort prématurée et, ce qui est le pire de tout, il perd son âme car il est écrit : « ni voleurs, ni avares, ni ivrognes n’hériteront du royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6:10). Aussi la parole de Dieu met-elle souvent en garde contre cette honteuse passion. « Toi, mon fils, écoute et sois sage, et dirige ton coeur dans le chemin. Ne sois pas parmi les buveurs de vin, ni parmi les gourmands », a dit Salomon ; et plus loin il ajoute : « Ne regarde pas le vin quand il est vermeil, quand il est perlé dans la coupe, et qu’il coule aisément ; à la fin, il mord comme un serpent et il pique comme une vipère » (Proverbes 23:19-20, 31-32). L’apôtre Paul, lui, écrivait aux Éphésiens : « Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit » (Éph. 5:18). Il ne faut même pas user de vin jusqu’à en être échauffé et excité, car la parole de Dieu nous exhorte souvent à être sobres ; vois la très sérieuse exhortation du Seigneur en Luc 21:34-36, et 1 Thessaloniciens 5:6, 8 et 1 Pierre 1:13 ; 4:7 ; 5:8.

— Il me semble que, pour un roi comme Éla, c’est encore plus honteux de s’enivrer que pour un autre homme.

— Tu as raison. Les rois et les grands doivent donner l’exemple à ceux qui sont sous leur autorité. D’ailleurs, comment gouverneront-ils bien s’ils ne sont plus maîtres de leur raison ? Dans les Proverbes, il est dit : « Ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux grands de dire : Où sont les boissons fortes ? de peur qu’ils ne boivent, et n’oublient le statut, et ne fassent fléchir le jugement de tous les fils de l’affliction » (Prov. 31:4-5), c’est-à-dire de peur qu’ils ne fassent pas droit aux malheureux et aux affligés.

— Comment l’Éternel punit-il Éla de ses péchés ?

— L’armée d’Israël assiégeait de nouveau Guibbethon, et Éla, au lieu de se mettre à la tête de son peuple, avait donné le commandement à un officier nommé Omri. Quant à lui, il était resté à Thirtsa. Il y avait là un autre de ses officiers nommé Zimri, qui commandait la moitié de ses chars et qui conspira contre lui, comme Baësha avait conspiré contre Nadab. Un jour, Éla était allé chez un nommé Artsa qui était son intendant. Là, le jeune roi buvait et s’enivrait lorsque, tout à coup, Zimri entra et le tua. Éla passa ainsi de l’ivresse dans la mort.

— Quelle terrible fin !

— Oui, c’était le jugement de Dieu. Éla n’avait régné que deux ans. Il était donc encore jeune et avait passé sa vie dans le péché, faisant ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel. Combien n’y a-t-il pas de jeunes gens qui meurent ainsi sans s’être convertis à Dieu, et alors, où va leur âme ? Il y a, à ce sujet, dans le livre de l’Ecclésiaste, une solennelle exhortation adressée aux jeunes gens. Lis le verset 9 du chapitre 11.

— « Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et que ton coeur te rende heureux aux jours de ton adolescence, et marche dans les voies de ton coeur et selon les regards de tes yeux ; mais sache que, pour toutes ces choses, Dieu t’amènera en jugement ».

— Pauvre Éla ! Il avait marché dans les voies de son cœur, de ce cœur trompeur dont les pensées sont mauvaises en tout temps (Jérémie 17:9 ; Genèse 6:5 ; 8:21), et maintenant il avait été amené en jugement devant le Dieu saint et juste ! Zimri régna donc à sa place et, dès qu’il fut sur le trône, il fit périr toute la famille de Baësha, ne laissant en vie ni parent, ni ami.

— Cela fait frémir de voir tous ces meurtres. Comme ces hommes étaient cruels !

— Oui, ils n’avaient pas la crainte de Dieu et leur cœur naturel était conduit par Satan, qui a été meurtrier dès le commencement (Jean 8:44). L’apôtre Paul dit de ceux qui ne recherchent pas Dieu que « leurs pieds sont rapides pour répandre le sang » (Romains 3:15). Zimri était un meurtrier. De plus, il suivit ses prédécesseurs dans l’idolâtrie. Il ne jouit d’ailleurs pas longtemps du fruit de son crime. Son règne ne dura que sept jours.

— C’était bien court. Il avait sans doute espéré rester longtemps roi sur Israël et posséder les richesses d’Éla. Mais comment se fit-il qu’il régna si peu de temps ?

— La nouvelle de ce qu’il avait fait arriva bientôt au camp à Guibbethon. On entendit dire : « Zimri a conspiré contre le roi et l’a tué, et il règne à sa place ». Mais l’armée ne voulait pas avoir Zimri pour roi et, le même jour, dans le camp, tous établirent Omri pour roi. Aussitôt celui-ci, avec toute l’armée, quitta Guibbethon et alla assiéger Thirtsa où Zimri s’était enfermé. Mais les soldats d’Omri eurent bientôt enfoncé les portes et pris la ville. Alors le malheureux Zimri, désespéré, se réfugia dans le palais et y mit le feu, et périt volontairement dans les flammes. « Il mourut à cause de ses péchés », dit la Parole de Dieu.

— C’était aussi un grand péché de s’ôter la vie à soi-même, n’est-ce pas ?

— Certainement. Zimri ne voulait pas tomber entre les mains d’Omri qui, sans doute, l’aurait fait mourir. Le monde trouve héroïques des actions telles que celle de Zimri, mais Dieu les condamne car notre vie lui appartient et, dans la Bible, nous voyons que ce sont toujours des hommes sans crainte de Dieu qui s’ôtent à eux-mêmes la vie. Ainsi Zimri avait vécu dans le péché et termina son existence par un péché.

— Que de tristes évènements s’étaient passés en sept jours ! Mais Omri fut-il, au moins, un meilleur roi que les précédents ?

— Hélas, non. Bien au contraire ! « Et Omri fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, et il fit pis que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16:25), voilà ce que nous dit de lui la Parole de Dieu. Le commencement du règne d’Omri fut difficile. La moitié du peuple voulait avoir pour roi un nommé Thibni ; l’autre moitié était pour Omri, de sorte que pendant quatre années le pays fut déchiré par une guerre civile. Pauvre peuple d’Israël ! S’il était resté fidèle à l’Éternel et n’avait pas adoré les veaux d’or que Jéroboam avait faits, tous ces malheurs ne seraient pas tombés sur lui. Le prophète dit : « Israël a rejeté le bien, l’ennemi le poursuivra ». Et encore : « C’est ta destruction, Israël, que tu aies été contre moi, contre ton secours » (Osée 8:3 ; 13:9). Enfin Omri prévalut contre son rival ; Thibni mourut sans que nous sachions comment, et Omri régna et fut un roi puissant aux yeux du monde.

— Est-ce qu’il demeura aussi à Thirtsa ?

— Non, le palais avait été brûlé. Omri choisit une autre résidence. À quelque distance de Thirtsa, il y avait une montagne, ou plutôt une colline, admirablement située. Elle s’élevait au centre d’une large vallée, son sommet était plat et d’environ vingt kilomètres de circuit, et ses pentes escarpées descendaient en terrasses jusque dans la plaine. Tout autour, d’autres collines plus élevées semblaient la garder comme un rempart. Omri vit que c’était un endroit bien favorable pour y construire une ville forte. Il acheta la montagne à Shémer, son possesseur, pour une forte somme d’argent et y bâtit son palais et une cité qu’il appela Samarie, selon le nom de Shémer (le mot hébreu est Shomeron). Le pays environnant fut aussi nommé Samarie.

— Dans le Nouveau Testament, il est plus d’une fois question de Samarie. Est-ce la même ville ?

— Oui. Samarie devint une ville célèbre, la capitale du royaume d’Israël. Son site était magnifique. La plaine, à ses pieds, était couverte de riches moissons, et les flancs de la colline de Samarie et des collines environnantes étaient couvertes d’oliviers, de figuiers et de vignes. La beauté de Samarie et de ses alentours était renommée. La parole de Dieu la compare à une guirlande de fleurs posée sur la tête d’un homme dans un festin. Elle était l’orgueil d’Éphraïm sur le territoire duquel elle s’élevait. Éphraïm désigne souvent tout le royaume d’Israël (vois Ésaïe 7:1-2). Mais Samarie devint aussi le centre de l’idolâtrie dans le pays d’Israël, comme nous le verrons. C’est pourquoi les prophètes annoncèrent de la part de l’Éternel la ruine de cette ville dont les Israélites étaient si fiers. Ésaïe dit : « Malheur à la couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm, et à la fleur flétrie de son bel ornement, qui est sur le sommet de la riche vallée de ceux qui sont vaincus par le vin ! Voici, le Seigneur a un [instrument] fort et puissant, comme un orage de grêle, un tourbillon de destruction : comme un orage de puissantes eaux qui débordent, il renversera par terre avec force. La couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm sera foulée aux pieds » (Ésaïe 28:1-3). Vois pour l’orgueil d’Éphraïm, c'est-à-dire du royaume d’Israël, Ésaïe 9:8-12.

— Reste-t-il des ruines de Samarie, comme tant d’autres villes anciennes ?

— Elle fut assiégée plusieurs fois par les ennemis d’Israël, et enfin elle fut prise par le roi d’Assyrie qui mit fin au royaume des dix tribus. Mais, bien que déchue, elle ne périt pas. Bien plus tard, le roi Hérode, celui qui fit mettre à mort les petits enfants de Bethléem, releva la ville de Samarie, l’embellit par plusieurs magnifiques monuments et changea son nom en celui de Sébaste. Sébaste vient du mot grec qui signifie Auguste. Hérode donna ce nom à Samarie en l’honneur de l’empereur César Auguste (Luc 2:1). Mais maintenant, que reste-t-il de toute cette magnificence ? Rien que quelques colonnes debout au milieu de champs de blé et d’autres plantes. Les pierres mêmes des édifices et des maisons de Samarie ont été roulées dans la vallée, ou ont servi à d’autres constructions. Ainsi s’est accomplie à la lettre la prophétie de Michée qui vivait plus de sept cents ans avant Hérode : « Et je ferai de Samarie un monceau dans les champs, des plantations de vigne ; et je ferai rouler ses pierres dans la vallée, et je découvrirai ses fondements » (Michée 1:6). Là où se trouvait cette superbe cité se trouve maintenant un pauvre village dont le nom Sébuste rappelle celui de Sébaste. Les voyageurs qui ont visité ce lieu ont été frappés en voyant l’exactitude avec laquelle la prophétie a été accomplie. Aux yeux de Dieu, tout est comme présent. Et tu vois aussi la vérité de cette parole : « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe : l’herbe a séché et sa fleur est tombée, mais la parole du Seigneur demeure éternellement » (1 Pierre 1:24-25). Les plus grandes et les plus belles choses que l’homme élève se gâtent et prennent fin. « La terre et les œuvres qui sont en elle seront brûlées entièrement » (2 Pierre 3:10), mais « celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jean 2:17), et aura sa place dans la cité céleste qui ne peut être détruite car Dieu en est l’architecte et le créateur (Hébreux 11:10, 16).

— Combien cela est beau ! Mais dis-moi, Omri fut-il aussi tué ?

— Non. Il n’avait pas été meurtrier comme Baësha et Zimri ; mais à d’autres égards, il avait fait pis que ses autres prédécesseurs en encourageant encore plus l’idolâtrie. Mais s’il ne subit pas de châtiment dans cette vie, nous savons que Dieu amènera toute œuvre en jugement (Ecclésiaste 12:14), et Omri aura à répondre du mal qu’il a fait. Il mourut après douze ans de règne, et son fils Achab lui succéda.

 

 

2                    Le roi Achab et le prophète Élie — 1 Rois 16:28 – 2 Rois 2

Bonne Nouvelle 1897 n° 6 pages 102 à 110

2.1   Achab et Jézabel — 1 Rois 16:28-34

— Nous arrivons maintenant à une époque bien intéressante et bien touchante de l’histoire du peuple d’Israël. On y voit la patience et la bonté de l’Éternel envers ce peuple toujours rebelle et que Dieu voulait ramener à Lui. Te rappelles-tu ce que le Seigneur Jésus disait de Jérusalem qui n’avait pas voulu l’écouter ?

— Je sais que le Seigneur Jésus pleura en annonçant les malheurs qui devaient arriver aux Juifs à cause de leur incrédulité (Luc 19:41-44), mais je ne me rappelle pas ce que tu veux dire.

— Le Seigneur a dit : « Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23:37). Eh bien, c’est ce que l’Éternel voulait faire au temps d’Achab par le moyen d’Élie, mais finalement le peuple n’écouta pas et resta dans l’idolâtrie. Te rappelles-tu que je t’ai dit un mot d’Achab ?

— Oui, il était fils d’Omri et il lui succéda. Fut-il aussi méchant que son père ?

— Il le fut encore plus. La parole de l’Éternel dit de lui : « Et Achab, fils d’Omri, fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui … Et Achab fit plus que tous les rois d’Israël qui avaient été avant lui, pour provoquer à colère l’Éternel, le Dieu d’Israël » (1 Rois 16:30, 33). Et à tous ces péchés, il en ajouta un bien grand : il prit pour femme Jézabel, fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens.

— Pourquoi était-ce un si grand péché ?

— Parce que Jézabel était une païenne. L’Éternel avait défendu ces mariages aux Israélites de peur qu’ils ne soient par-là entraînés dans l’idolâtrie (Deutéronome 7:3-4). Et c’est ce qui arriva à Achab. « Il servit Baal, et se prosterna devant lui, et dressa un autel à Baal dans la maison de Baal qu’il bâtit à Samarie. Et Achab fit une ashère ».

— Qui était Baal, et qu’était-ce qu’une ashère ?

— Baal était le faux dieu qu’adoraient les Sidoniens et plusieurs autres peuples de l’orient comme par exemple les Moabites (Nombres 25:3). On dressait des autels à Baal sur les toits des maisons, sur des lieux élevés, sous des arbres et dans des bocages (Nombres 22:41 ; Jérémie 32:29 ; 2 Rois 17:10-11). On rendait à ce faux dieu un culte impur et sanguinaire et pour l’honorer on brûlait des enfants en holocauste sur ses autels (Jérémie 19:5).

-Quelle horrible chose, et quelle différence avec le culte de l’Éternel !

— Oui. C’est Satan qui a mis de telles pensées dans le cœur des hommes, lui qui est meurtrier dès le commencement. Une ashère était une statue qui représentait Astarté, ou Ashtoreth, la déesse des Sidoniens (1 Rois 11:5). C’est la lune qu’on adorait sous cette forme. Elle est appelée la reine des cieux, à qui les femmes des Juifs offraient de l’encens (Jérémie 44:17), et son culte était aussi accompagné de cérémonies abominables. Tu comprends maintenant pourquoi ce péché, qu’Achab commettait en prenant Jézabel pour femme, était si grand. Jézabel persuada d’abord son mari de servir Baal et Astarté, puis elle voulut que tout Israël servit aussi ses fausses divinités, et nous verrons que ce culte resta comme une plaie en Israël, et s’étendit même dans le royaume de Juda.

— Achab abandonna-t-il tout à fait l’Éternel ?

— Achab reconnaissait toujours l’Éternel comme Dieu, ainsi que nous le verrons, mais il joignait à cela le culte de Baal pour plaire à Jézabel. C’est ainsi que de nos jours on voit des chrétiens qui, pour plaire à des parents ou des amis, s’associent à des choses du monde. C’est à ceux-là que l’apôtre dit :

« Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules … soyez séparés et ne touchez pas à ce qui est impur » (2 Corinthiens 6:14-18).

— C’était très mal à Achab de se laisser ainsi conduire par Jézabel puisqu’il savait que l’Éternel était Dieu.

— Sans doute. Il était un homme faible devant la volonté impérieuse de Jézabel. Pour que Baal fût seul dieu en Israël, Jézabel avait fait tuer tous les prophètes de l’Éternel qui s’y trouvaient et qu’elle avait pu atteindre. Il faut savoir que tout Israël ne s’adonnait pas à l’idolâtrie ; il y avait un résidu fidèle, des saints et des prophètes. Pour le culte de ce faux dieu, elle avait un grand nombre de prêtres qui sont aussi appelés prophètes parce qu’ils prétendaient parler au nom de Baal ou d’Astarté. Il y avait quatre cent cinquante prêtres de Baal, et quatre cents d’Astarté. Ceux-ci étaient les plus privilégiés car ils mangeaient à la table de Jézabel, c’est-à-dire qu’elle les nourrissait des mets de sa table. Ainsi la méchante reine établissait l’idolâtrie chez le peuple de Dieu et persécutait les saints. Mais il est très intéressant de noter qu’Achab avait comme préposé sur sa maison un homme pieux qui craignait fort l’Éternel. Il se nommait Abdias, ce qui signifie « serviteur de l’Éternel », et il se montra bien tel. Quand Jézabel faisait tuer les prophètes de l’Éternel, il avait réussi à en cacher cinquante dans une caverne, et cinquante dans une autre, et il les y avait nourris.

— Mais ne craignait-il pas que la cruelle Jézabel ne le découvrît et ne le tuât aussi ?

— Il craignait encore plus l’Éternel, et c’est ce qui lui donnait le courage de faire le bien, même au risque de sa vie. À côté de ce bel exemple de foi et de dévouement, la parole de Dieu nous en rapporte un de triste incrédulité. Te rappelles-tu le nom de la première ville que prirent les Israélites quand ils entrèrent dans le pays de Canaan ?

— Oui, c’est Jéricho. Ses murailles tombèrent après que les Israélites en eurent fait le tour une fois pendant six jours et sept fois le septième jour.

— Et te rappelles-tu ce que Josué dit après avoir détruit Jéricho de fond en comble ?

— Non. Je sais seulement que Rahab ne périt pas parce qu’elle avait cru l’Éternel et caché les espions, et puis que Acan avait pris et caché un manteau et de l’or malgré la défense de Josué, et qu’il fut lapidé (Josué 6 et 7).

— C’est bien que tu te rappelles cela. Mais voici ce que Josué dit après avoir détruit la ville : « Maudit soit devant l’Éternel l’homme qui se lèvera et bâtira cette ville de Jéricho ! Il la fondera sur son premier-né, et en posera les portes sur son plus jeune fils » (Josué 6:26). Et voilà qu’au temps d’Achab, un homme de Béthel nommé Hiel, osa braver la malédiction prononcée par Josué, et rebâtit Jéricho. Mais ce que Josué avait dit cinq cents ans auparavant arriva. Le fils aîné de Hiel le Béthélite mourut comme on posait les fondements de la ville, et quand on posa les portes, son plus jeune fils mourut aussi.

— C’était bien triste. Hiel ne savait-il pas ce que Josué avait dit ?

— Il devait le savoir comme tout autre Israélite. On n’ignorait pas d’où provenaient les ruines de l’ancienne ville. Mais Hiel ne crut pas que les paroles de Josué s’accompliraient si longtemps après avoir été dites. Vois les moqueurs dont parle Pierre dans sa seconde épître (chapitre 3:3-4). Il brava la malédiction et elle tomba sur lui.

— Il aurait pourtant dû être rendu attentif quand son fils aîné mourut.

— Sans doute, et c’est ce qui le rendait plus coupable de persévérer dans son entreprise impie. Quel triste état que celui où se trouvait le peuple d’Israël : l’idolâtrie, le meurtre et l’incrédulité, avec le mépris de la parole de Dieu !

— Je me rappelle avoir lu en Apocalypse 2:20 qu’il y avait, dans l’une des assemblées auxquelles le Seigneur écrivait, une femme appelée Jézabel. Qui était-elle ?

— On pense que le Seigneur donne ce nom à cette femme qui se disait prophétesse parce que, comme l’ancienne Jézabel, elle favorisait l’idolâtrie et y entraînait le peuple de Dieu. Mais cette femme est la figure du mal qui s’est introduit dans la chrétienté sous le patronage de l’église de Rome qui a établi une idolâtrie pire que celle du paganisme et qui a persécuté et mis à mort les fidèles témoins de Christ.

 

2.2   Élie le Tishbite. La sécheresse — 1 Rois 17:1

— L’Éternel n’avertit-il pas Achab et le peuple ?

— Oui. Dieu est patient et miséricordieux. Il ne veut pas que le pécheur périsse mais se convertisse et vive (Ézéchiel 18:23 ; 33:11 ; 2 Pierre 3:9). Et Il avertit Achab et Israël pour les ramener à Lui. Il se servit pour cela d’un prophète nommé Élie, le Thishbite.

— Pourquoi est-il appelé ainsi ?

— Il y avait dans la tribu de Nephtali une ville nommée Thisbé, qui n’est pas nommée dans l’Écriture. Peut-être Élie était-il de cette ville ? Mais il demeurait dans le pays de Galaad, de l’autre côté du Jourdain. Il était un des prophètes que Jézabel n’avait pas pu faire périr. Son nom a une très belle signification. Il veut dire : « Mon Dieu l’Éternel », et il justifiait bien son nom. Élie était un homme de Dieu qui vivait en la présence de l’Éternel ; il pouvait dire : « l’Éternel devant qui je me tiens », et comme il est dit dans le Psaume 16 : « Je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi ». Nous pouvons nous figurer combien Élie devait être affligé en voyant le triste état du peuple, s’adonnant à l’idolâtrie, et les fidèles serviteurs de Dieu persécutés par Jézabel. Enfin un jour, il vint se présenter courageusement devant Achab et lui dit : « L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant, qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole » (1 Rois 17:1).

— Il lui fallait, en effet, bien du courage. Il pouvait craindre que le roi ou Jézabel ne le fissent mettre à mort.

— Sais-tu d’où lui venait ce courage ?

— Oh, oui ! Il se confiait en l’Éternel.

— Tu as raison. Il se disait : « Parce que l’Éternel est à ma droite je ne serai pas ébranlé », et comme David : « L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Psaume 16:8 ; 27:1). Il était ainsi ferme, de même que Moïse, « comme voyant celui qui est invisible » (Hébreux 11:27).

— Nous sommes heureux de savoir que Dieu est ainsi près de nous et qu’Il nous protège. Cela me rappelle un beau verset d’un psaume : « Même quand je marcherais par la vallée de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi » (Psaume 23:4). Mais je ne comprends pas quelque chose, Élie parle au roi comme s’il était le maître de la pluie. « Il n’y aura pas de pluie, sinon à ma parole ». C’est Dieu seul qui a ce pouvoir, n’est-ce pas ?

— Certainement ; mais nous avons les explications des paroles d’Élie dans un passage du Nouveau Testament. Lis Jacques 5:17-18. Et après tu liras aussi pour toi Job 5:10 ; 28:26 ; 38:28.

— « Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous, et il pria avec instance qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ; et il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit ». Cela me semble presque cruel de la part d’Élie de demander cette longue sécheresse, car bien des gens devaient en souffrir, et peut-être en mourir.

— Il faut se rappeler qu’Israël était sous le gouvernement direct de Dieu et que, s’il désobéissait, il devait être puni. La sécheresse était un de ces châtiments de Dieu envers son peuple rebelle (Lévitique 26:19 ; Deutéronome 28:22, 24). Élie le savait et il demande à Dieu de frapper ainsi le peuple, non pour le détruire, mais pour que le peuple et Achab se détournent des idoles et se convertissent à l’Éternel. Et l’Éternel exauça la prière d’Élie parce qu’elle était selon sa volonté (1 Jean 5:14), et Il le dit à Élie. Alors Élie alla annoncer au roi qu’il ne pleuvrait pas sinon à sa parole. Dieu confie, pour ainsi dire, son pouvoir à son serviteur. Dans les temps à venir, quand Dieu exercera ses jugements sur le monde impie, les deux témoins de Dieu auront « le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe point de pluie durant les jours de leur prophétie » (Apocalypse 11:6).

— Pouvons-nous prier ainsi ?

— Non. Nous prions uniquement pour que Dieu fasse grâce aux pécheurs et les convertisse à Lui par la puissance de Son Esprit, en leur donnant de recevoir la bonne nouvelle de Son amour. Mais Jacques nous donne l’exemple d’Élie pour nous encourager à prier avec foi et ferveur. « La fervente supplication du juste », dit-il, « peut beaucoup » (Jacques 5:16). Et le Seigneur Jésus nous dit : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevez, et il vous sera fait » (Marc 11:24), car « toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9:23).

 

2.3   Élie au torrent du Kérith — 1 Rois 17:2-6

Bonne Nouvelle 1897 n° 7 pages 124 à 132

— Qu’arriva-t-il à Élie après qu’il eut parlé au roi ? Celui-ci ne fut-il pas courroucé après Élie.

— Rien ne nous est dit des sentiments d’Achab, et il ne fit rien au prophète. L’Éternel gardait son serviteur, personne ne pouvait lui nuire. Et non seulement l’Éternel gardait Élie contre le mauvais vouloir des méchants, mais il pourvoyait à ses besoins. Élie aurait pu dire : Que va me faire Achab ? Où me cacherai-je pour qu’il ne me trouve pas ? Comment vivrai-je pendant la famine ? Et il aurait pu être inquiet. Mais, non ! Il se confiait en son Dieu qui répondit à sa foi. « La parole de l’Éternel vint à lui, disant : Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là » (1 Rois 17:2-4).

— Élie devait être bien surpris du moyen que Dieu employait pour le nourrir, car les corbeaux sont des oiseaux voraces. Et puis où pouvaient-ils trouver la nourriture chaque jour pour lui ?

— Élie savait, comme nous devrions le savoir, que Dieu tient toutes choses dans ses mains puissantes, et que toutes choses obéissent à son commandement. Sans raisonner, il fit selon la parole de l’Éternel, et « les corbeaux lui apportaient du pain et de la chair le matin, et du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent ». Il était là, heureux et tranquille, près de son Dieu.

— Que c’est beau ! Nous devrions être ainsi, n’est-ce pas ?

— Oui. Le Seigneur Jésus a dit : « Ne soyez donc pas en souci, disant : Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? … Car votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses » (Matthieu 6:31-32). Nous devons travailler pour gagner notre vie, mais en nous attendant toujours à Dieu qui donne et qui bénit le travail. Un chrétien peut être pauvre, malade, sans ressource aucune, mais Dieu a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point » (Hébreux 13:5). Et Dieu a encore des corbeaux, c’est-à-dire des instruments pour venir en aide à ses enfants. Le secours vient souvent d’où on ne l’attend pas, mais il ne manquera jamais à celui qui se confie en Dieu.

— Élie au commencement se disait peut-être : Les corbeaux sont venus aujourd’hui, mais viendront-ils demain ?

— C’est ce que le cœur incrédule serait porté à dire, mais le Seigneur dit : « Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine » (Matthieu 6:34).

— Cela me fait penser que les Israélites ne devaient recueillir de la manne que pour un jour. Ils devaient aussi se confier en Dieu pour le lendemain (Exode 16:4).

— Oui. Dieu demande de nous que nous nous reposions entièrement sur sa bonté et sa puissance, et Il ne nous manquera pas. Dieu aime que nous ayons confiance en Lui. Que penserait ton papa s’il te voyait toujours inquiète et soucieuse, et te demandant : Papa me donnera-t-il des habits quand les miens seront usés ? Donnera-t-il de l’argent à maman pour acheter ce qu’il faut pour le dîner ?

— Papa n’aimerait pas cela, mais je n’aurais pas cette idée. Je sais bien qu’il travaille pour nous donner tout ce qu’il nous faut.

— Combien plus devons-nous ainsi compter sur Dieu, le Père céleste. Un père sur la terre pourrait devenir pauvre ou tomber malade, être privé de travail et être empêché de pourvoir aux besoins de sa famille. Mais Dieu a tout entre ses mains et à son commandement, et il est plein de bonté. Nous pouvons donc être bien tranquilles, et n’avoir d’autre souci que de le servir.

— L’Éternel dit aussi à Élie de se cacher au torrent de Kerith. C’était pour que le méchant Achab ne puisse pas le trouver, n’est-ce pas ?

— Oui. Et Dieu ayant assigné cet endroit à Élie, il était impossible qu’Achab le découvrît, bien qu’il l’eût fait chercher partout (chapitre 18:10). N’est-on pas bien heureux d’être sous les soins d’un tel Dieu ? David disait : « Car, au mauvais jour, il me mettra à couvert dans sa loge, il me tiendra caché dans le secret de sa tente ; il m’élèvera sur un rocher » (Psaume 27:5).

 

2.4   Élie et la veuve de Sarepta — 1 Rois 17:7-16

Mais au bout d’un certain temps, par suite de la sécheresse, le torrent n’eut plus d’eau. Que va faire Élie ?

— Oh ! L’Éternel saura bien y pourvoir.

— Sans doute, et c’est encore en se servant de moyens qui paraissent bien chétifs aux yeux du monde. Des corbeaux qui viennent apporter de la viande et du pain à un homme dans un endroit désert ! Quelle folie aux yeux du monde ! Et maintenant Élie se tient tranquille auprès du torrent asséché. Il attend avec confiance l’ordre de son Dieu qui ne veut pas le laisser mourir de soif, et la parole de Dieu vient à lui disant : « Lève-toi, va-t’en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu habiteras là ; voici j’ai commandé là à une femme veuve de te nourrir » (1 Rois 17:9). Élie n’aurait pas su où se cacher pour qu’Achab ne le trouve pas ; et où aller maintenant que le torrent a séché ? Élie était un homme faible, sans ressources par lui-même, comme c’est le cas pour nous tous. Mais il était un homme de foi et de prière, et il éprouva ce que dit le cantique : « Jamais Dieu ne délaisse / Qui se confie en Lui ». Et nous avons à faire comme lui.

— Où était Sarepta ? Était-ce une ville d’Israël ?

— Non, elle appartenait aux Sidoniens qui étaient des Cananéens idolâtres.

— Pourquoi donc l’Éternel envoie-t-il Élie chez une personne qui faisait partie d’un peuple idolâtre, plutôt que de l’adresser à une veuve du pays d’Israël ?

— Le peuple d’Israël était alors l’objet d’un jugement de Dieu et comme rejeté par Lui. Dieu voulait rendre témoignage de ce fait en conduisant son serviteur hors du pays. Il montrait en même temps sa grâce souveraine qui s’étendait à une personne d’une race maudite, et qu’il voulait bénir. Plus d’une fois, dans l’Ancien Testament, Dieu a montré son dessein d’amour et de grâce envers les nations, en dehors de son peuple élu. Rahab, la Cananéenne de Jéricho, fut sauvée ; Ruth, la Moabite, épousa Boaz et fut l’ancêtre du Seigneur. Et maintenant que les pauvres Juifs ont rejeté le Seigneur, leur Messie, Dieu s’est tourné vers nous, les nations, pour nous annoncer le salut. On peut lire à ce sujet Actes 28:28 et Romains 11:11.

— Cette veuve était sans doute riche, ou du moins à l’aise, pour pouvoir nourrir le prophète.

— Tu vas en juger. « Élie se leva et s’en alla à Sarepta », comme l’Éternel le lui avait dit, sans raisonner, ni regimber, de ce que Dieu l’envoyait chez les païens. « Et il vint à l’entrée de la ville ; et voici, il y avait là une femme veuve qui ramassait du bois ; et il lui cria et dit : Prends-moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase, afin que je boive. Et elle s’en alla pour en prendre. Et il lui cria et dit : Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain. Et elle dit : L’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche ; et voici, je ramasse deux bûchettes, afin que j’entre, et que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons ».

— On voit bien que cette veuve était très pauvre puisqu’elle s’attendait à mourir de faim après avoir consommé ses pauvres provisions. Elle devait être bien triste de n’avoir rien pour elle et surtout pour son enfant. Je me rappelle la douleur d’Agar qui, dans le désert, voyait Ismaël mourir de soif (Genèse 21:15-16). Mais comment Élie savait-il que c’était la veuve à qui Dieu avait commandé de le nourrir ?

— Les veuves portaient sans doute un costume particulier, et quand Élie vit sa promptitude à lui rendre service, éclairé aussi par l’Esprit de Dieu qui le conduisait, il comprit que c’était bien celle dont l’Éternel lui avait parlé. Sans doute aussi qu’Élie avait prié.

— C’est comme le serviteur d’Abraham quand il demande à Rebecca de lui donner à boire, n’est-ce pas ? (Genèse 26:14-18). Mais l’Éternel avait-il parlé à cette veuve pour lui commander de nourrir Élie ?

— Non, pas de vive voix, mais Il avait incliné son cœur à exercer l’hospitalité envers lui. Dieu dirigeait tout pour répondre à la foi de son serviteur et aussi pour venir en aide à cette pauvre veuve, en qui Dieu voyait une disposition à croire sa parole (vois Actes 14:9).

— Comment pouvait-elle savoir qu’Élie était un Israélite et que l’Éternel était son Dieu ?

— Le langage et le costume d’Élie lui disaient sa nationalité, et on savait parmi les nations que le nom du Dieu d’Israël était l’Éternel.

— Alors cette pauvre femme agissait mieux que la femme samaritaine qui ne donnait pas d’eau à Jésus parce qu’il était Juif (Jean 4:8-9). Mais le Seigneur était si rempli d’amour qu’il ne se fâcha point, mais donna à cette femme l’eau du salut et de la vie éternelle. Oh ! Comme Jésus était bon !

— En effet. Il est digne de tout notre amour et de toute notre confiance. C’est Lui qui vient d’abord vers nous pour nous faire du bien, quand nous ne pensions pas même à Lui et que nous étions chargés sous le fardeau de nos péchés et de notre misère, comme il vint vers la Samaritaine pécheresse qui ne le connaissait pas, et vers la veuve de Sarepta qui mourait de faim avec son enfant, et qui ignorait la bonté toute gratuite de l’Éternel, le Dieu d’Israël, envers elle, une Cananéenne qui n’avait rien à prétendre de Lui. Les nations n’avaient point de part aux privilèges d’Israël (Éphésiens 2:11-12) et les Cananéens étaient une race maudite (Genèse 9:25).

— Ce que tu viens de dire me rappelle une autre femme cananéenne au temps du Seigneur, quand Il était aussi près de Sidon. Cette femme avait une fille tourmentée par un démon. Elle vint auprès de Jésus et lui dit : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon » (Matthieu 15:22). Et Jésus ne lui répondit rien. Cela m’a paru bien étrange de la part de Jésus qui avait tant de compassion pour tous ceux qui souffraient. Je sais que Jésus guérit cette pauvre fille mais, peux-tu me dire pourquoi Il n’écouta pas d’abord la mère ?

— Les disciples demandèrent au Seigneur de répondre à la femme et de guérir sa fille. Mais Jésus répondit : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Et cette femme, en l’appelant « Fils de David », s’était adressée à Lui comme si elle avait été une de ces brebis. Elle n’avait pas pris sa vraie place, et le Seigneur n’avait rien à lui répondre. Ce serait pareil si un homme du commun s’adressait à un roi comme s’il faisait partie de la famille royale. Mais cette femme avait une vraie foi au Seigneur, une vraie confiance en sa bonté toute puissante, et elle continue à le prier, mais elle Lui rend hommage et dit simplement : « Seigneur, assiste-moi ».

— Et le Seigneur lui dit qu’il ne fallait pas prendre le pain des enfants et le jeter aux chiens. Cela paraît pourtant dur !

— Oui. Quand Dieu nous fait connaître notre véritable état de péché et nous dépouille de toutes nos prétentions à valoir quelque chose, cela paraît très dur à notre cœur naturel, méchant et orgueilleux. Mais cette femme accepte avec humilité la position que le Seigneur lui fait ; elle consent à n’être que comme un chien, un être qui n’a aucun droit à faire valoir, mais elle s’attache d’autant plus avec foi à la miséricorde du Seigneur, car même les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leur maître. Et cette foi de la pauvre païenne en sa bonté souveraine réjouit le cœur du Seigneur Jésus qui guérit sa fille.

— Jésus ne renvoie pas celui qui vient à Lui (Jean 6:37).

— C’est vrai, mais il faut venir à Lui en reconnaissant notre indignité, « car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (1 Pierre 5:5). Le pharisien orgueilleux ne reçoit pas à sa prière une réponse de grâce, mais le publicain humilié qui dit : « Sois apaisé envers moi, pécheur », retourne justifié en sa maison (Luc 18:9-14). Et, dans notre passage, cette veuve aussi reconnaît sa misère et son impuissance.

 

 

Bonne Nouvelle 1897 n°8 pages 143 à 150

 

Après avoir quitté le torrent du Kerith, Élie n’avait pas trouvé une riche veuve pour le nourrir. Celle qu’il rencontra était si pauvre qu’elle n’avait plus qu’un peu de farine et un peu d’huile pour elle et pour son fils. Après cela, elle s’attendait à mourir de faim. Mais elle était hospitalière et s’empressa d’apporter à Élie de l’eau pour apaiser sa soif. Ensuite elle lui raconta son extrême pauvreté. C’était une épreuve pour la foi d’Élie, mais Celui qui l’avait fait nourrir par des corbeaux, avait aussi la puissance de pourvoir à ses besoins par le moyen d’une pauvre veuve dénuée de tout. En même temps, la grâce de Dieu allait s’exercer envers cette pauvre païenne dont le cœur était simple et disposé à accepter la parole de Dieu. Élie lui dit : « Ne crains pas ». Elle avait dit : « Moi et mon fils nous mourrons », elle voyait son état désespéré. Et l’Éternel, par la bouche du prophète, la rassure. C’est ce qui nous montre le cœur de Dieu. Il veut bannir la crainte de notre âme parce que la crainte rend malheureux, et il veut que nous mettions notre confiance en Lui.

— Te souviens-tu de quelqu’un à qui le Seigneur dit : « Ne crains pas » ?

— Le Seigneur le dit à Pierre qui était effrayé parce qu’il était un homme pécheur devant le Seigneur Jésus (Luc 5:10). Et aussi, quand Jean voit le Seigneur dans sa gloire, il tombe à ses pieds comme mort, et Jésus le relève en lui disant : « Ne crains pas » (Apocalypse 1:17).

— Oui, dans son amour Dieu nous dit de ne pas craindre. Il le disait aussi à Abraham (Genèse 15:1). Il le répète souvent à son peuple affligé et, à maintes reprises, Jésus le dit à ses disciples (Ésaïe 10:24 ; 41:10, 13-14 ; 43:1 ; 44:2, etc. ; Matthieu 14:27). Quelle bonté de Dieu qui veut que nos cœurs restent paisibles, en repos ! Élie ensuite dit à la veuve : « Va, fais selon ta parole », c’est-à-dire prépare à manger avec ce que tu as, « seulement fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ».

— Comme cela devait surprendre la veuve ! Elle devait se demander : Si je fais un gâteau de ce que j’ai, que restera-t-il pour mon fils et moi ?

— Élie le lui explique par ces paroles : « car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre ». Remarque le nom qu’Élie donne à l’Éternel : c’est le Dieu d’Israël. Bien qu’Israël soit coupable, l’Éternel est toujours son Dieu ; Élie tient à ce qu’on le reconnaisse. Comme Moïse, il avait deux choses à cœur : la gloire de l’Éternel et le bien de son peuple. Le peuple étant coupable, il est châtié et c’est vers les païens que le prophète est envoyé pour leur montrer la grâce du Dieu d’Israël. C’est ainsi qu’au temps du Seigneur et des apôtres, les Juifs ayant rejeté le grand salut qui leur était offert, ce salut par grâce, par la foi au Seigneur Jésus, est annoncé aux nations païennes (Actes 28:25-28).

— Cette veuve alla-t-elle faire ce que lui demandait Élie ?

— Oui, elle le fit sans raisonner et sans craindre, avec renoncement. Et sais-tu ce que cela montrait en elle ?

— Oui, c’était la foi. Elle crut la parole de l’Éternel venant par la bouche d’Élie.

— Et sa foi ne fut pas trompée. Ayant d’abord pourvu aux besoins du serviteur de Dieu, « Et elle mangea, elle, et lui, et sa maison, toute une année. Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie ». Qu’est-ce que cela nous apprend ?

— À avoir confiance en Dieu, n’est-ce pas ?

— Oui, sans nous mettre en souci du lendemain. La veuve, sa maison et Élie dépendaient entièrement de ce que Dieu avait dit. Aujourd’hui ils étaient nourris, ils pouvaient être sûrs que le lendemain ils retrouveraient le pot avec de la farine, la cruche avec de l’huile. Le Seigneur Jésus nous apprend que c’est ainsi que, jour après jour, Dieu nous donnera le nécessaire. Il prend soin de ses enfants (Matthieu 6:25-34). Mais il y a encore une autre leçon que nous apprend cette histoire. La veuve et son fils n’avaient à attendre que la mort. Mais la grâce de Dieu, souveraine et inattendue vient vers eux et leur apporte le salut et la vie. N’est-ce pas ce qui arrive au pécheur ?

— Oui. Nous sommes perdus à cause de nos péchés, mais la parole de Dieu nous dit que, si nous croyons au Seigneur Jésus qui est mort pour nos péchés, nous ne périrons pas, mais que nous avons la vie éternelle (Romains 6:23 ; Jean 3:16).

— C’est la grâce de Dieu qui apporte le salut et qui, dans la personne de Jésus, est apparue à tous les hommes (Tite 2:11), aux Juifs et aux païens. Et quand on a cru au Seigneur Jésus et que l’on est sauvé, les soins de Dieu envers notre âme continuent. Il entretient en nous la vie car Il nous donne le Saint Esprit et le pain de vie qui est Christ (2 Corinthiens 1:21-22 ; Jean 6:35). Et cela ne manque ni ne s’épuise jamais.

 

2.5   Élie et le fils de la veuve de Sarepta — 1 Rois 17:17-24

Mais la veuve avait à apprendre quelque chose de plus touchant la puissance de l’Éternel, le Dieu d’Israël, et en même temps la concernant. Son fils tomba malade, et si malade qu’il mourut. Quelle affliction pour le cœur de cette mère ! Fallait-il qu’il eût été sauvé de mourir de faim, pour le voir, maintenant qu’il y a du pain pour le nourrir, être enlevé par une maladie ! La pauvre femme s’écrie : « Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ? »

— Quelles paroles étranges ! Elle semble reprocher à Élie d’être venu chez elle, et c’est lui qui l’avait empêchée de mourir de faim !

— C’est précisément ce qu’elle ne pouvait comprendre. Elle sent la présence de Dieu dans la présence de son serviteur, et quand un pécheur est amené dans la présence de Dieu, ses péchés lui reviennent en mémoire. C’est ce qui arrive à cette pauvre femme. Nous ne savons pas ce qui s’était passé dans sa vie, mais il y avait une iniquité qui se dressait particulièrement devant elle, et elle voit la main du Dieu juste qui la châtie à cause de son péché. Te rappelles-tu un exemple d’un homme qui, en présence de Jésus, est aussi convaincu de ses péchés ?

— Je crois. C’est Pierre quand il était dans la barque avec Jésus, n’est-ce pas ?

— Oui, mais dans son cas ce qui lui révèle la présence de Dieu, c’est sa puissance en lui accordant une bénédiction. De quelque manière que ce soit, Dieu veut pour notre bien que nous soyons amenés à reconnaître que nous sommes des pécheurs dignes seulement du jugement et de la mort. La veuve avait joui de la bénédiction que Dieu lui avait accordée sans penser à son péché. Alors Dieu la frappe en lui enlevant ce qu’elle avait de plus cher

— Mais Dieu eut compassion d’elle.

— Oui. Il nous est dit que « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). Et puis, il a compassion des veuves. Élie fut sans doute bien peiné dans son cœur en voyant la douleur de la veuve. Mais il connaissait la puissance de l’Éternel, de Celui qui fait mourir et qui fait vivre (Deutéronome 32:39 ; 1 Samuel 2:6) et avait foi en cette puissance. Il dit donc à la femme : « Donne-moi ton fils », et il prit l’enfant et le porta dans la chambre haute où il habitait, et le mit sur son lit. Et alors Élie, qui avait, par sa prière, fait que le ciel fût fermé à cause des péchés d’Israël, s’adressa à l’Éternel avec la même ferveur en faveur de cette pauvre femme affligée et qui reconnaissait son iniquité. « Ô Éternel, mon Dieu ! », dit-il, « as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve chez laquelle je séjourne, en faisant mourir son fils »?

— On voit qu’Élie, en effet, était affligé du mal qui arrivait à la veuve. Il aurait voulu que son séjour fût toujours un sujet de joie et non de trouble et d’amertume, comme c’était le cas au commencement. Mais Élie ne dit pas : Éternel, Dieu d’Israël, mais « Ô Éternel, mon Dieu ! ». Peux-tu me dire pourquoi ?

— Quand il parle à Achab, et à la femme, Élie rappelle que l’Éternel est le Dieu d’Israël, en contraste avec les faux dieux des nations. Mais quand il s’adresse à l’Éternel personnellement en priant, il dit : « Mon Dieu ». C’était Celui qu’il connaissait pour son Dieu, dont il était le serviteur, avec qui il était en relation intime. C’est ainsi que, dans nos prières, nous disons à Dieu : « Mon Dieu, mon Père » comme Jésus nous l’a enseigné (Jean 20:17). N’est-ce pas bien doux de pouvoir nous adresser ainsi avec confiance à ce Dieu tout puissant, et lui dire « mon Dieu » comme quelqu’un qui est à nous ?

— Oh, certainement !

— Élie commence donc à se tourner vers son Dieu. Ensuite « il s’étendit sur l’enfant, trois fois, et il cria à l’Éternel, et dit : Éternel, mon Dieu ! fais revenir, je te prie, l’âme de cet enfant au-dedans de lui. Et l’Éternel écouta la voix d’Élie, et fit revenir l’âme de l’enfant au-dedans de lui, et il vécut ».

— Comme cela est beau !

— Oui, et nous voyons dans ce fait une nouvelle preuve que « la fervente supplication du juste peut beaucoup » (Jacques 5:16), et que « toutes choses sont possibles à celui qui croit » (Marc 9:23). Nous voyons aussi dans ce fait comment l’Éternel eut compassion de la pauvre veuve.

— Cela me rappelle que le Seigneur Jésus ressuscita aussi le fils d’une veuve (Luc 7:11-17), mais Lui n’eut besoin que de dire une parole sans qu’il Lui fût nécessaire de s’adresser à l’Éternel, parce qu’Il était le Fils de Dieu. Oui, Il agissait par sa propre puissance, Lui le Prince de la vie (Jean 5:21 ; Actes 3:15 ; Jean 11:25) ; tandis que les prophètes et les apôtres avaient à prier Dieu qu’Il manifestât sa puissance ; eux n’en avaient aucune en eux-mêmes.

— Pourquoi Élie s’étendit trois fois sur l’enfant ?

— Je ne sais, mais ce n’était pas cela qui pouvait rendre la vie à l’enfant. Ce qui opéra, c’est la puissance de l’Éternel en réponse à la prière d’Élie. Élie prit donc l’enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Élie dit : « Vois, ton fils vit ».

— Combien la pauvre mère dut être heureuse !

— Oui, et reconnaissante aussi, et en même temps tous les doutes de son cœur à l’égard d’Élie et de l’Éternel furent dissipés. Elle dit à Élie : « Maintenant, à cela je connais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est la vérité ». Elle avait appris à connaître l’Éternel comme Celui qui, par sa puissance, « fait mourir et fait vivre ; fait descendre au shéol et en fait monter » (1 Samuel 2:6) (le shéol est le lieu où vont les âmes séparées du corps). Et nous, nous connaissons Celui qui est « la résurrection et la vie », Jésus, le fils de Dieu. Le premier, Il est ressuscité d’entre les morts, et Il ressuscitera ceux qui se sont endormis en Lui, c’est-à-dire ceux qui sont morts en croyant en Lui, et ils ne mourront plus (Jean 11:25-26 ; 1 Corinthiens 15:23 ; 1 Thessaloniciens 4:16 ; Luc 20:35-36).

 

 

2.6   Élie et Abdias — 1 Rois 18:1-6

Bonne Nouvelle 1897 n°9 p.163-168

— Élie resta-t-il chez la veuve à Sarepta jusqu’à la fin de la sécheresse et de la famine ?

— Oui. L’Éternel ne lui avait pas commandé d’aller ailleurs, et il y avait chez cette veuve de quoi le nourrir pendant tout ce temps puisque l’Éternel, le Dieu d’Israël, avait dit : « Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre » (1 Rois 17:14). Mais la troisième année, l’Éternel dit à son serviteur : « Va, montre-toi à Achab, et je donnerai de la pluie sur la face de la terre ».

— Élie n’avait-il pas peur de se montrer à ce méchant roi ?

— Non. L’Éternel lui avait commandé d’y aller, et Élie obéissait sachant bien que son Dieu le garderait. On n’a pas peur quand on a Dieu avec soi et que l’on est dans son chemin. On peut dire comme David : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Psaume 27:1). Élie s’en alla donc pour se montrer à Achab.

— N’était-il pas triste de quitter la veuve et son jeune fils rendu à la vie ?

— Sans doute. Il laissait cette tranquille maison, cette demeure où l’Éternel avait montré sa puissance et sa bonté pour nourrir le pauvre, pour faire mourir et vivre, et où lui-même avait goûté le repos pendant un temps. Il allait maintenant au devant des luttes contre la méchanceté du monde et la puissance du mal. Mais c’est la part de tous les serviteurs de Dieu, et ce fut celle de notre précieux Seigneur et Sauveur qui endura « la contradiction des pécheurs contre lui-même » (Hébreux 12:3). Tandis qu’Élie quittait Sarepta, Achab et Abdias s’en allaient à Samarie où la famine sévissait fortement.

— Je ne puis m’empêcher d’être frappé en voyant la différence entre la veuve, sa maison et Élie, et la triste position d’Achab et de son peuple. Les uns sont tranquilles et ne manquent de rien parce qu’ils se sont confiés en Dieu, et les autres sont misérables et livrés à la famine à cause de leurs péchés.

— C’est vrai. Les enfants de Dieu sont et seront toujours les objets de ses soins et peuvent être paisibles au milieu de toutes les inquiétudes et les soucis qui agitent et troublent le monde. Dieu leur a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point » (Hébreux 13:5).

— Où donc s’en allaient Achab et Abdias ?

— Achab avait dit à Abdias : « Va dans le pays, à toutes les sources d’eaux, et à tous les torrents ; peut-être trouverons-nous de l’herbage, et nous conserverons la vie aux chevaux et aux mulets, et nous ne serons pas obligés de détruire de nos bêtes » (1 Rois 18:5). Et ils se partagèrent le pays pour le parcourir. Achab s’en alla seul par un chemin, et Abdias s’en alla seul par un autre chemin.

— Tu m’as dit qu’Abdias était un homme pieux qui craignait l’Éternel. Comment se fait-il qu’il restait avec Achab et s’accordait avec lui ?

— Abdias ne servait pas le faux dieu Baal, c’est vrai. Il craignait l’Éternel et l’avait montré en sauvant la vie de cent prophètes de l’Éternel. Mais Abdias n’avait pas, comme Élie, la foi énergique qui conduit à se séparer entièrement et résolument du monde et du mal afin d’être tout entier pour Dieu. Abdias était serviteur d’Achab et celui-ci était son seigneur, comme il le reconnaît lui-même au verset 10. Et Élie appuie sur ce fait : « Va, dis à ton seigneur » (1 Rois 18:8). Abdias ne rendait pas témoignage contre l’idolâtrie d’Achab, ce qui lui aurait retiré la faveur du roi, fait perdre sa place et ses richesses, et aurait peut-être mis sa vie en danger. Abdias était un homme timide, et les versets 9, 12 et 14 nous révèlent ses craintes. On rencontre aussi de nos jours des chrétiens qui n’ont ni le courage, ni la force, ni la foi nécessaires pour se séparer de leurs amis mondains et du monde, et pour rendre ainsi témoignage au Seigneur Jésus. L’apôtre Paul exhortait les Corinthiens à ne pas suivre ce chemin où l’on ne peut pas jouir de la bénédiction divine. Lis dans 2 Corinthiens 6 les versets 14 à 16.

— « Ne vous mettez pas sous un joug mal assorti avec les incrédules ; car quelle participation y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle communion entre la lumière et les ténèbres ? et quel accord de Christ avec Bélial ? ou quelle part a le croyant avec l’incrédule ? et quelle convenance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? »

— Nous voyons par-là que les fidèles, pour être obéissants à la parole de Dieu, ne doivent nullement s’associer avec ceux qui ne connaissent pas Dieu. Les uns appartiennent au domaine de la justice, de la lumière et de Christ ; les autres à celui où règnent l’iniquité, les ténèbres et Bélial. Et c’est quand on est vraiment séparé du mal et décidé pour Christ uniquement, que l’on est heureux. Élie, dépendant en tout de l’Éternel, sans ressources et obligé d’être nourri par des corbeaux et une pauvre veuve, contraint de se cacher d’Achab, n’était-il pas beaucoup plus heureux qu’Abdias avec ses richesses, sa haute position et la faveur du roi ?

— J’en suis bien sûre. Il vaut mieux avoir l’approbation de Dieu que celle du monde.

— Continuons maintenant notre histoire. Comme Abdias était en chemin, voilà que tout à coup Élie se trouva devant lui. Grande fut la surprise d’Abdias car Achab avait fait chercher Élie partout dans les pays environnants.

— Achab ne se doutait pas qu’il était à Sarepta, dans le pays même de Jézabel.

— Non. L’Éternel lui avait dit d’aller là, et personne n’aurait pu le découvrir. Élie pouvait dire avec David : « Car, au mauvais jour, il me mettra à couvert dans sa loge, il me tiendra caché dans le secret de sa tente » (Psaume 27:5). C’est ainsi que Dieu garde les siens, et ils n’ont rien à craindre.

— Ce que tu dis me rappelle une petite histoire que j’ai lue. Une pauvre veuve demeurait avec son fils dans une chaumière non loin de la grande route. C’était en hiver, dans un temps de guerre. Des troupes de soldats parcouraient le pays et certains devaient passer sur cette route. Le jeune homme craignait beaucoup que, si les soldats découvraient leur chaumière, ils ne leur fassent du mal ou tout au moins qu’ils ne les dépouillent du peu qu’ils avaient. La nuit était arrivée, et c’est en tremblant qu’il se coucha. Mais la mère, dans la prière du soir, avait demandé à Dieu de les protéger et avait dit à son fils de ne rien craindre. De grand matin, avant le jour, ils furent réveillés par un grand bruit. C’était une troupe de cavaliers qui passaient à quelque distance, et bientôt ils n’entendirent plus rien. Comment n’avait-on pas découvert leur chaumière ? Ils s’aperçurent qu’une neige abondante était tombée pendant la nuit, et le vent l’avait accumulée de manière à cacher la petite maison. Ainsi Dieu avait écouté la prière de la pauvre veuve et les avait garantis en élevant un mur autour d’eux. N’est-ce pas bien beau ?

 

2.7   La rencontre d’Élie avec Achab — 1 Rois 18:7-18

Bonne Nouvelle 1897 n° 10, pages 181 à 197

Mais dis-moi ce que fit Abdias en voyant Élie.

— Tout surpris en le reconnaissant, il tomba sur sa face devant lui et s’écria : « Est-ce bien toi, mon seigneur Élie ? ». Et Élie répondit : « C’est moi ; va, dis à ton seigneur : Voici Élie ! » (18:7-8) Mais Abdias eut peur de porter au roi ce message.

— Que craignait-il donc ? Achab n’avait rien contre lui et devait être satisfait d’avoir trouvé celui qu’il avait tant cherché.

— C’est vrai, mais Abdias n’avait pas confiance en la parole du serviteur de l’Éternel.

— Comment le voyons-nous ?

— Abdias dit au prophète : « Et il arrivera, dès que je m’en irai d’auprès de toi, que l’Esprit de l’Éternel te portera je ne sais où ; et je serai venu informer Achab, et il ne te trouvera pas, et il me tuera » (18:12).

— Pauvre Abdias ! Il croyait donc que l’Éternel voulait lui tendre un piège pour le faire périr. Il aurait dû être heureux de porter à son maître un message de la part du serviteur de Dieu. Au lieu de cela, il a peur. Il n’était pas comme Élie.

— En effet, et cela venait sans doute de ce qu’il était dans une fausse position auprès d’Achab, le roi idolâtre. S’il craignait l’Éternel, il avait aussi bien peur d’Achab. Il plaide auprès d’Élie en rappelant qu’il craint l’Éternel et qu’il avait sauvé la vie de cent prophètes de l’Éternel. Élie ne lui fit pas de reproches de sa timidité. Il lui dit simplement pour le rassurer : « L’Éternel des armées, devant qui je me tiens, est vivant, qu’aujourd’hui je me montrerai à Achab » (18:15). Alors Abdias rapporta la nouvelle au roi qui alla à la rencontre d’Élie.

— Achab était sans doute satisfait de tenir enfin Élie.

— C’est sûr car, dès qu’il le vit, il l’accusa en lui disant : « Est ce bien toi, celui qui trouble Israël ? ». Mais l’homme de Dieu ne se laissa pas intimider et répondit courageusement : « Je ne trouble pas Israël, mais c’est toi et la maison de ton père, parce que vous avez abandonné les commandements de l’Éternel et que tu as marché après les Baals ». Élie voulait dire que c’était l’idolâtrie, dans laquelle Achab avait entraîné le peuple, qui avait attiré sur celui-ci les châtiments de Dieu. Il faisait ainsi appel à la conscience du roi qui ne trouva rien à répondre.

 

2.8   Le peuple choisissant l’Éternel plutôt que Baal — 1 Rois 18:19-40

Élie continua donc et lui dit : « Et maintenant, envoie, rassemble vers moi tout Israël, à la montagne du Carmel, et les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes des ashères, qui mangent à la table de Jézabel ». Tu te rappelles que les ashères sont des images de la divinité féminine des Phéniciens.

— Je suis frappée de voir que c’est le prophète qui commande au roi.

— Achab, repris sans doute dans sa conscience, sentait l’autorité de celui qui représentait l’Éternel. Il obéit à la parole d’Élie, et bientôt se trouva réunie sur les pentes du Carmel une assemblée nombreuse, des plus imposantes, et là se passa la scène la plus solennelle de l’histoire d’Israël, après celle qui avait eu lieu au mont Sinaï quand l’Éternel donna sa loi qui commence par ces paroles : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:3). Par son serviteur Élie, Dieu voulait parler au cœur de son peuple et le ramener à l’observation de cette loi qu’il avait abandonnée. Dans le Nouveau Testament, il est dit de Jean Baptiste : « Et il fera retourner plusieurs des fils d’Israël au Seigneur leur Dieu. Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour faire retourner les coeurs des pères vers les enfants, et les désobéissants à la pensée des justes » (Luc 1:16-17). Représente-toi ce que devait être cette scène. D’un côté se trouvait le serviteur de Dieu, seul. De l’autre, se dressaient les nombreux serviteurs de Baal, le roi et sa suite qui étaient spectateurs, et toute la congrégation d’Israël. Élie, s’avançant, dit au peuple : « Combien de temps hésiterez-vous entre les deux côtés ? Si l’Éternel est Dieu, suivez-le ; et si c’est Baal, suivez-le !»

— Le peuple était-il donc indécis ?

— Sans doute. Il n’avait pas oublié le nom de l’Éternel, il savait que Dieu avait son temple à Jérusalem et qu’Élie était son prophète, il n’ignorait pas qu’il devait le servir. Mais le culte de Baal était plus attrayant, et ses fêtes et ses cérémonies impures répondaient aux convoitises du cœur naturel. De plus, c’était la religion d’Achab et de Jézabel, et on désirait leur plaire. Le peuple était donc hésitant. Or Dieu demande que l’on soit décidé pour Lui, Il ne veut pas que notre cœur soit partagé entre le monde et Lui. Vois en Ruth 1:15-17, la décision de Ruth, et aussi Josué 5:13. Comme le dit le Seigneur Jésus : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres » (Luc 16:13).

— Le peuple répondit-il quelque chose ?

— Non, il ne dit mot. Peut-être craignait-il le roi et attendait-il ce que celui-ci dirait. Alors vint l’épreuve solennelle qui devait décider entre l’Éternel et Baal. Élie dit au peuple : « Je reste, moi seul, prophète de l’Éternel, et les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante hommes » (18:22).

— Pourquoi dit-il cela ?

— Parce que l’on suit volontiers la multitude, et que l’on s’imagine que le grand nombre a raison. Élie va leur montrer que Dieu ne juge pas ainsi, car il est dit : « Tu n’iras pas après la foule, pour mal faire » (Exode 23:2) ; et c’est lui Élie qui, bien que seul, est pour la vérité. Il continua ainsi : « Qu’on nous donne deux taureaux ; et qu’ils choisissent pour eux l’un des taureaux, et qu’ils le dépècent, et qu’ils le placent sur le bois, et qu’ils n’y mettent pas de feu ; et moi j’offrirai l’autre taureau, et je le placerai sur le bois, et je n’y mettrai pas de feu. Et vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi j’invoquerai le nom de l’Éternel, et le dieu qui répondra par le feu, lui, sera Dieu » (18:23-24).Tu le vois, c’était une épreuve bien simple que chacun pouvait saisir, aussi le peuple répondit : « La parole est bonne ». Les prophètes de Baal offrirent leur taureau sur un autel et, depuis le matin jusqu’à midi, ils invoquèrent leur dieu disant : « Ô Baal, réponds-nous ! ». Nous avons là un exemple de ces vaines redites que le Seigneur condamne (Matthieu 6:7), et qui hélas sont en usage dans une église qui se dit chrétienne. Mais il n’y eut pas de réponse, et ils sautaient autour de l’autel.

— Penses-tu qu’ils pouvaient croire que leur faux dieu leur répondrait ?

— Certainement non, mais les prêtres des fausses divinités étaient très habiles. Ils séduisaient les gens par de faux miracles qui n’étaient que des tours d’adresse, et ils espéraient sans doute arriver, par un moyen ou par un autre, à mettre le feu sans qu’on ne s’en aperçût. C’était peut-être pour cela qu’ils sautaient autour de l’autel, ce qui devait causer une certaine confusion qui leur aurait permis d’arriver à leurs fins. Mais l’Éternel et son serviteur étaient là pour déjouer leurs ruses. À midi, comme ils n’étaient arrivés à aucun résultat, Élie se moquait d’eux et leur disait : « Criez à haute voix, car il est un dieu ; car il médite, ou il est allé à l’écart, ou il est en voyage ; peut-être qu’il dort, et il se réveillera ! »

— Élie avait bien raison. Au Psaume 115, il est dit : « Leurs idoles sont de l’argent et de l’or, ouvrage de mains d’homme : elles ont une bouche et ne parlent pas ; elles ont des yeux et ne voient pas ; elles ont des oreilles et n’entendent pas ; elles ont un nez et ne sentent pas ; elles ont des mains et ne touchent pas ; des pieds, et ne marchent pas » (Ps. 115:4-8). Comment Baal aurait-il pu répondre ? Il n’était rien.

— Tu as raison. L’apôtre Paul dit aux Corinthiens : « Nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde, et qu’il n’y a point d’autre Dieu qu’un seul » (1 Cor. 8:4), mais il disait aussi que « Les choses que les nations sacrifient aux idoles, elles les sacrifient à des démons et non pas à Dieu » (1 Cor. 10:19-20), parce que c’est Satan qui a poussé l’homme à l’idolâtrie, et l’a ainsi détourné du vrai et seul Dieu. Après les railleries d’Élie, les prophètes de Baal ne continuèrent pas moins leurs vaines invocations, se faisant des incisions selon leur coutume avec des épées et des piques, jusqu’à faire couler le sang sur eux. Mais la loi de Dieu le défendait aux Israélites, comme nous le dit Lévitique 19:28. Leur dieu aimait le sang humain, on lui sacrifiait des victimes humaines, et ils pensaient par leurs blessures attirer son attention sur eux et obtenir que leurs prières soient exaucées. Ils firent cela jusqu’à l’heure où l’on offrait le gâteau, c’est-à-dire entre 3 et 6 heures de l’après midi où l’on offrait le second holocauste journalier avec un gâteau de pure farine (Ex. 28:41). Mais il n’y eut aucune réponse. Alors Élie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi ».

— Pourquoi Élie leur demandait-il cela ?

— Je pense que c’était pour que le peuple puisse bien le voir et l’entendre, peut-être aussi était-ce pour montrer que lui, le prophète, était de cœur avec ces pauvres Israélites égarés. Alors Élie répara l’autel de l’Éternel qui avait été renversé.

— Il y avait un autel à l’Éternel sur le mont Carmel ?

— Je ne le crois pas, bien que cela soit possible. Je pense plutôt que cela veut dire qu’Élie rétablit le culte de l’Éternel au milieu d’Israël, d’autant plus que nous lisons ensuite : « Et Élie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel vint la parole de l’Éternel, disant : Israël sera ton nom ; et il bâtit avec les pierres un autel au nom de l’Éternel ». Tu vois qu’il y aurait eu deux autels, ce qui n’était pas nécessaire. Te rappelles-tu en quelle occasion l’Éternel avait dit à Jacob que son nom serait Israël ?

— C’est lorsqu’il revenait de chez Laban, et qu’il lutta avec Dieu. Et ce nom veut dire : « vainqueur de Dieu » (Genèse 32:27-28). Mais Jacob ne fut vainqueur de Dieu qu’en s’humiliant, n’est-ce pas ?

— Sans doute, la parole de Dieu nous le fait comprendre. Vois Osée 12:5 où il est dit : « Il pleura et supplia ». Dieu fit sentir à Jacob sa faiblesse, puis Il le bénit. Ici l’Écriture rappelle cette circonstance au moment où l’Éternel va se manifester comme étant toujours le même Dieu d’Israël.

— Pourquoi Élie prit-il douze pierres puisque le royaume d’Israël ne comprenait que dix tribus ?

— C’est parce que, malgré l’infidélité de son peuple, Dieu le voit toujours dans son ensemble, un seul peuple et non pas deux. La division venait, non de Dieu, mais du péché de Salomon, de Roboam et de Jéroboam. Malgré le schisme, dans le temple, sur les tables du lieu saint, étaient placés devant l’Éternel les douze pains qui représentaient les douze tribus. C’est ce que le roi Abija rappelle à Jéroboam venu lui faire la guerre (Lévitique 24:5-9 ; 2 Chroniques 4:8 et19 ; 13:11). L’apôtre Paul, devant Agrippa, dit aussi : « Et maintenant je comparais en jugement pour l’espérance de la promesse faite par Dieu à nos pères, à laquelle nos douze tribus, en servant Dieu sans relâche nuit et jour, espèrent parvenir ; et c’est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par les Juifs » (Actes 26:6-7). Et quand il disait cela, où étaient les douze tribus ? Dispersées, perdues dans la mer des nations, mais bien connues de Dieu comme Israël son peuple, bien qu’un faible nombre d’individus sans doute servent vraiment leur Dieu. Dans l’Apocalypse, Jean voit une femme qui représente le peuple d’Israël, avec une couronne de douze étoiles qui figurent les douze tribus (Apoc. 12:1). Et dans l’avenir, les prophètes nous montrent Israël et Juda ramenés au pays de leurs pères et ne formant plus qu’un seul et même peuple sous un unique roi (Ézéchiel 37:15-22). Dieu ne renonce jamais à ses desseins, et ses serviteurs s’y attendent et pensent comme Lui. Tu vois donc qu’Élie, en bâtissant son autel de douze pierres, agissait conformément à la pensée de Dieu. Il rappelait aussi de cette manière aux dix tribus qu’elles n’avaient pas cessé de faire partie du peuple élu de Dieu, et qu’elles pouvaient avoir part à sa bénédiction.

— C’est bien beau de voir la fidélité de Dieu malgré l’infidélité des hommes.

— Oui, « si nous sommes incrédules », dit l’apôtre, « lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13). Ce que je viens de te dire de l’unité constante du peuple d’Israël devant Dieu nous rappelle autre chose. Pendant le temps où Israël est mis de côté comme peuple, Dieu a établi l’Assemblée, l’Église, « qu’il a acquise par le sang de son propre Fils » (Actes 20:28). Il l’avait formée pour être une, et aussi pour être pure. Comme Israël devait être un témoin pour Dieu au milieu des nations, ainsi l’Église devait être une lumière au milieu du monde. Mais, de même qu’Israël, l’Église sur la terre s’est corrompue en s’alliant au monde et en introduisant dans son sein l’idolâtrie (Apocalypse 2:13-16 et 20). Elle s’est aussi divisée en une multitude de sectes, de sorte que, ni son unité ni sa pureté n’ont été manifestées au monde comme elles auraient dû l’être (Jean 17:21). Mais, dans la pensée du Seigneur, telle qu’Il la voit, l’église est toujours une, la maison de Dieu où Il habite par l’Esprit, et le corps de Christ, un seul corps et non plusieurs (Éphésiens 2:22 ; 4:4). Dans la gloire, quand nous serons avec le Seigneur, cette unité sera manifestée (Jean 17:22-23). En attendant, les chrétiens fidèles ont à reconnaître l’unité du corps de Christ, et par conséquent à se séparer de toutes les sectes que les hommes ont formées. Il nous faut maintenant continuer l’histoire d’Élie.

— À propos de ce que tu as dit de l’Église, je me rappelle le beau cantique qui dit :

 

Que l’unité de ton Église est belle !

Seigneur Jésus, qu’elle plaît à tes yeux !

Dans ton amour tu t’es livré pour elle :

Tu veux l’avoir près de toi dans les cieux.

 

— Et nous pouvons y ajouter ce verset :

 

Et que sera-ce au jour où, réunie,

Dans les hauts cieux l’Église te verra !

Oh ! Quels transports, quelle joie infinie,

Quand, dans la gloire, elle t’adorera !

 

— Oui, ce sera un bien beau jour lorsque les noces de l’Agneau seront venues, et qu’il y aura dans le ciel une grande joie. Quel bonheur de nous trouver là ! (Apocalypse 19:6-9). Mais que fit Élie après avoir bâti son autel ?

— Élie creusa autour un fossé, puis il arrangea le bois, dépeça le taureau et le mit sur le bois. Ensuite il commanda qu’à trois reprises on versât quatre cruches d’eau sur l’holocauste et le bois, de sorte que l’eau coula autour de l’autel et remplit le fossé.

— De cette manière on ne pouvait accuser Élie d’avoir mis le feu au sacrifice.

— Et la preuve que l’Éternel est Dieu devait être d’autant plus convaincante. Alors, à l’heure où l’on offre le gâteau, au moment où, découragés, les prêtres de Baal cessaient leurs vaines invocations, « Éternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac, et d’Israël, qu’il soit connu aujourd’hui que toi tu es Dieu en Israël, et que moi je suis ton serviteur, et que c’est par ta parole que j’ai fait toutes ces choses. Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, et que ce peuple sache que toi, Éternel, tu es Dieu, et que tu as ramené leur cœur » (18:36-37).

— Cette prière d’Élie est courte mais bien belle. Il n’avait à cœur que le bien du peuple et la gloire de l’Éternel.

— C’est vrai. Aussitôt qu’il l’eut terminée, « le feu de l’Éternel tomba, et consuma l’holocauste, et le bois, et les pierres, et la poussière, et lécha l’eau qui était dans le fossé ».

— Quelle scène merveilleuse ! Combien cela dut frapper Achab, les prêtres de Baal et tout le peuple !

— Il ne nous est rien dit des sentiments du roi et des prophètes de Baal. Mais tout le peuple, en voyant la réponse que l’Éternel donnait à la prière de son serviteur, se prosterna et s’écria : « L’Éternel, c’est lui qui est Dieu ! L’Éternel, c’est lui qui est Dieu ! ». Dieu avait ramené son peuple à Lui.

— Je me rappelle que lorsque Moïse eut consacré Aaron et ses fils, il entra avec Aaron dans le tabernacle, et quand ils ressortirent et bénirent le peuple, la gloire de l’Éternel apparut et le feu sortit de devant l’Éternel et consuma le sacrifice (Lévitique 9:23-24). Alors tous poussèrent des cris de joie et se prosternèrent. C’était aussi une bien belle scène.

— En effet. L’Éternel montrait ainsi que l’offrande de son peuple Lui était agréable, et il faisait voir que c’était bien Lui qui avait choisi Aaron et ses fils pour la lui présenter. Te souviens-tu d’une autre occasion où le feu du ciel vint consumer les sacrifices ?

— Ce fut quand Salomon eut bâti le temple et eut achevé de prier l’Éternel de le bénir, n’est-ce pas ? C’était le signe que Dieu avait entendu la prière de Salomon, et qu’Il acceptait le temple pour sa demeure (2 Chroniques 7:1-3).

— Oui, et la gloire de l’Éternel vint remplir le temple.

— Il y a une chose qui m’embarrasse. C’est Dieu seul qui peut faire descendre le feu du ciel, n’est-ce pas ? Et cependant j’ai lu dans l’Apocalypse que la seconde bête, celle qui a des cornes comme un agneau mais qui parle comme un dragon, fera de grands miracles, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre (Apocalypse 13:11-13). Comment cela peut-il avoir lieu ?

— La parole de Dieu nous enseigne qu’un temps terrible vient où les hommes, n’ayant pas voulu accepter la grâce apportée par Christ et n’ayant pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés, seront abandonnés à l’action énergique de l’erreur qu’un homme leur présentera de sorte que, au lieu de croire à la vérité, ils croiront au mensonge. Cet homme n’est autre que la seconde bête, c’est l’Antichrist. Il est appelé l’homme de péché, le fils de perdition, l’inique, qui se présentera lui-même comme Dieu. Il viendra avec la puissance de Satan et, par cette puissance, il opèrera toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges de mensonge (2 Thess. 2:3-12), « en sorte que même il fait descendre le feu du ciel sur la terre, devant les hommes » (Apoc. 13:13), afin de prouver sa divinité comme, à la prière d’Élie, le feu descendit pour montrer que l’Éternel était Dieu. Il ne nous est pas dit comment il aura ce pouvoir, mais Dieu permettra qu’il opère ce prodige devant les hommes qui n’auront pas voulu croire à la vérité, et de cette manière il les séduira et les entraînera dans l’iniquité la plus affreuse.

— Quel bonheur de penser que nous serons alors avec Jésus dans le ciel ! (Apocalypse 3:10-11). Mais je suis étonnée que le roi Achab et les prophètes de Baal ne se soient pas convertis à l’Éternel, en voyant cette chose merveilleuse.

— La suite de l’histoire d’Achab nous permet de penser que lui aussi reconnut que l’Éternel était Dieu, bien que cela ne l’ait pas empêché de commettre ou de laisser commettre de mauvaises actions sous l’influence de la méchante Jézabel. Quant aux prophètes de Baal, ils reçurent le juste châtiment de leur péché d’idolâtrie et des mensonges par lesquels ils séduisaient le peuple. Élie dit : « Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d’entre eux n’échappe ! ». Et Élie les fit mettre à mort auprès du torrent de Kison, au pied du Carmel.

— Quelle fin horrible !

— La loi de Moïse était formelle à cet égard. Le faux prophète qui, même en faisant un miracle, cherchait à entraîner le peuple dans l’idolâtrie, devait être mis à mort (Deutéronome 13:1-5).

— Mais, ces prophètes de Baal étaient-ils des Israélites ?

— Cela ne nous est pas dit. Il pouvait y avoir des Israélites parmi eux, les sacrificateurs des veaux d’or étaient des Israélites (1 Rois 13:33-34). Mais la loi ne faisait pas la distinction. Cette fin des prophètes de Baal rappelle un châtiment encore plus terrible. La seconde bête est appelée aussi le faux prophète. Il s’élèvera du milieu des Juifs et fera, comme je te l’ai dit, des miracles pour séduire ceux qui habitent sur la terre, et pour leur faire adorer l’image de la première bête (Apocalypse 13:14-15). Il usera donc de son pouvoir diabolique pour entraîner les hommes dans la plus affreuse idolâtrie. Mais quelle sera sa fin ? Lui et la bête, qui tous deux se seront élevés contre Dieu et l’Agneau, seront jetés dans l’étang de feu embrasé par le souffre (Apocalypse 19:20).

 

2.9   La fin de la sécheresse — 1 Rois 18:41-46

— L’Éternel avait dit à Élie qu’il donnerait de la pluie sur la terre. Est-ce qu’il accomplit bientôt sa promesse ?

— Oui, mais il fallait d’abord que l’Éternel soit reconnu comme Dieu et que le mal soit ôté du milieu d’Israël. Après que les prophètes de Baal aient été mis à mort, Élie dit à Achab : « Monte, mange et bois, car il y a un bruit d’une abondance de pluie ». Rien ne l’annonçait, il n’y avait pas un nuage dans le ciel, mais Élie savait que l’Éternel accomplirait ce qu’il avait dit.

— Achab crut-il Élie ?

— Oui, il était bien convaincu qu’Élie était un vrai prophète du seul vrai Dieu. Il alla manger et boire. Sans doute qu’en cette journée mémorable il n’en avait pas eu le temps. Quant au serviteur de Dieu, qui pensait ainsi aux besoins des autres, il ne s’occupait pas des siens propres, il avait autre chose à faire. Il monta au sommet du Carmel pour prier.

— Que voulait-il donc demander à Dieu ?

— Te rappelles-tu le passage de l’épître de Jacques que nous avons lu ? (5:17-18).

— Oui, il nous est dit qu’Élie pria avec instance pour qu’il ne plût pas, et qu’ensuite il pria de nouveau et le ciel donna de la pluie. Je vois maintenant : ce qu’Élie demandait, c’est que l’Éternel fasse pleuvoir, n’est-ce pas ? Mais puisqu’il savait que la pluie allait venir, pourquoi priait-il ?

— C’est parce qu’il avait confiance en la parole de l’Éternel qu’il pouvait annoncer avec certitude à Achab qu’il pleuvrait. Mais cela ne l’empêchait pas de demander à Dieu qu’Il envoyât la pluie. Nous savons que Dieu connaît nos besoins et qu’Il veut y pourvoir. Est-ce qu’à cause de cela nous nous dispenserions de prier ?

— Oh, non ! Certainement pas.

— Élie monta donc au sommet du Carmel, et là il se prosterna jusqu’en terre, mit sa tête entre ses genoux et pria instamment. Puis il dit à son serviteur : « Monte, je te prie ; regarde du côté de l’ouest », c’est-à-dire du côté de la mer. Le jeune homme obéit, et revint vers Élie et lui dit : « Il n’y a rien ». Le prophète lui dit : « Retournes-y sept fois ».

— Pourquoi Élie a-t-il dit cela ?

— Pour nous montrer que nous avons à prier avec persévérance, sans nous lasser (Luc 18:1). Pour nous éprouver, Dieu ne répond pas toujours immédiatement à nos prières, mais il nous répondra certainement, puisque lui-même nous exhorte à demander et qu’il promet de nous exaucer (Matthieu 7:7 ; Luc 11:5-13 ; Philippiens 4:6 ; Psaume 50:15). À la septième fois, le serviteur revint dire : « Voici un petit nuage, comme la main d’un homme, qui s’élève de la mer ». Alors Élie lui dit : « Lève-toi, dis à Achab : Attelle, et descends, afin que la pluie ne t’arrête pas ». En attendant, les cieux devinrent noirs par d’épais nuages, le vent s’éleva et il tomba une forte pluie.

— Cela est beau. Dieu répondait à la prière d’Élie et montrait encore une fois sa puissance. Ce petit nuage semblait peu de chose, et c’était le commencement d’une grande bénédiction.

— C’est vrai. Souvent Dieu ne nous accorde pas tout de suite tout ce que nous avons demandé, mais le peu qu’il nous donne d’abord est le gage qu’il nous exaucera pleinement. Achab monta sur son char et s’en alla à Jizreël dans son palais. Et la main de l’Éternel fut sur Élie qui ceignit ses reins, et courut devant Achab jusqu’à Jizreël.

— Cela me paraît bien étrange que le prophète coure ainsi devant le char d’Achab.

— Voici pour te l’expliquer ce que j’ai lu dans un livre d’un voyageur en Palestine : « La conduite d’Élie dans cette circonstance m’a toujours semblé très extraordinaire chez un homme de son âge, de son caractère et revêtu de son caractère de prophète. Et cependant, bien comprise, cette conduite était belle et pleine d’enseignements importants. Élie, agissant comme serviteur de Dieu, avait couvert Achab de honte et de confusion en présence de ses sujets. Cela aurait pu tendre à l’abaisser à leurs yeux et diminuer son autorité. Telle n’était pas l’intention d’Élie, il n’aurait pas voulu affaiblir le gouvernement, ni pousser à la rébellion. Le prophète fut donc divinement dirigé à donner au roi un témoignage de respect et d’honneur aussi public et aussi frappant que l’avait été nécessairement l’opposition faite à son idolâtrie et la sévérité de ses paroles à son égard. La manière de rendre honneur à Achab en courant devant son char était en accord avec les coutumes des pays orientaux, telles qu’elles existent encore de nos jours. Je me souvins de cet incident de l’histoire d’Achab lorsque Mohammed Ali vint à Jaffa avec une grande armée pour étouffer la rébellion en Palestine. Le camp était établi sur les collines de sable au sud de la ville, tandis que Mohammed Ali demeurait au-dedans des murs. Les officiers allaient et venaient constamment entre le camp et la ville, précédés par des coureurs qui étaient toujours en avant des chevaux, si rapide que fût le galop de ceux-ci. Afin d’être plus à l’aise pour courir, non seulement ils ceignaient leurs reins aussi étroitement que possible, mais ils retroussaient leurs vêtements sous leur ceinture pour ne pas être embarrassés. C’est ce que fît sans doute Élie. La distance entre le bas du Carmel et Jizreël est d’environ 20 kilomètres, et la course, qui dura au moins deux heures, devait se faire sous une tempête de pluie et de vent. On comprend qu’il fallait bien que « la main de l’Éternel fut sur Élie » pour qu’il pût faire cet exploit. Ainsi, ce fut pour rendre honneur au roi qu’Élie accomplit cet office de serviteur, lui rendant honneur, honorant le roi (Romains 13:7 ; 1 Pierre 2:17), après avoir été devant lui comme un fidèle serviteur de l’Éternel pour le reprendre.

 

 

2.10                   La fuite d’Élie à Horeb — 1 Rois 19:1-18

Bonne Nouvelle 1897 n° 11 pages 204 à 212

— Nous allons continuer l’histoire d’Élie. Il s’était montré bien grand comme témoin de l’Éternel, sur le mont Carmel. Aujourd’hui nous verrons combien il est faible. Il a peur de Jézabel.

— Savait-elle ce qu’Achab était allé faire à Carmel ? Était-elle avec lui ?

— Non, ce n’était pas la place des femmes. D’ailleurs si elle l’avait su, elle n’aurait pas craint pour ses prophètes. Que pouvait faire un seul homme contre huit cent cinquante ?

— Achab ne lui raconta-t-il pas ce qui s’était passé quand il fut à Jizreël ?

— Oui, « Achab raconta à Jézabel tout ce qu’Élie avait fait, et, en détail, comment il avait tué par l’épée tous les prophètes ».

— Jézabel dut être bien frappée en apprenant qu’à la prière d’Élie le feu du ciel était descendu sur le sacrifice, tandis que les prophètes de son dieu Baal n’avaient rien pu faire. Elle aurait dû reconnaître aussi que l’Éternel était le seul vrai Dieu.

— Sans doute, mais son cœur était aveuglé, et elle fut seulement irritée contre Élie qui avait fait tuer ses prophètes. Elle lui envoya un messager pour lui dire que le lendemain, à cette heure, elle le traiterait comme l’un d’eux, c’est-à-dire qu’elle le ferait mettre à mort.

— Quelle méchante femme ! Pourquoi voulait-elle attendre au lendemain pour se venger ?

— On ne le sait pas. Dieu, sans doute, y mettait un obstacle parce qu’il prenait soin de son serviteur.

— Élie ne fut-il pas bien effrayé ?

— Il n’aurait pas dû l’être, lui qui connaissait l’Éternel et sa toute puissance. Autrefois, à deux reprises, il s’était présenté devant Achab, et il avait maintenant encore toutes les raisons possibles pour ne rien redouter. L’Éternel, son Dieu, n’avait pas changé et pouvait mettre à néant toutes les menaces de Jézabel. Mais la foi d’Élie défaillit, il perdit Dieu de vue, il oublia ce que Dieu était. Or nous ne sommes forts pour rencontrer les difficultés, les dangers, les circonstances contraires que si nous sommes avec Dieu, si nous plaçons pour ainsi dire Dieu et sa puissance entre nous et les difficultés. Il faut toujours nous rappeler que Dieu est pour nous et alors, comme Paul le dit, nous sommes plus que vainqueurs (Romains 8:31, 36-37). Nous ne craignons rien et nous pouvons dire : « L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Psaume 27:1). Et encore : « Même quand je marcherais par la vallée de l’ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton, ce sont eux qui me consolent » (Psaume 23:4). Mais Élie eut peur de cette ombre de la mort que Jézabel faisait planer sur lui et « voyant cela, il se leva, et s’en alla pour sa vie », c’est-à-dire pour sauver sa vie, sans attendre l’ordre de Dieu et suivant le mouvement de son propre cœur.

— C’était bien différent quand il attendait que Dieu lui dise d’aller au torrent de Kerith pour être nourri par des corbeaux, ou à Sarepta pour recevoir l’hospitalité chez une pauvre veuve, ou de se présenter devant Achab.

— Oui. Alors il dépendait de Dieu et était heureux, tandis que maintenant il s’en allait tout découragé, comme nous le verrons. Et puis il quittait l’endroit où il devait rendre témoignage à l’Éternel et rester pour encourager et fortifier le peuple qui avait reconnu que l’Éternel était Dieu, et qui avait besoin d’être soutenu. Élie était comme un soldat qui abandonne son poste.

— Et où s’en alla-t-il ?

— Il passa dans le royaume de Juda et vint à Beër-Shéba qui était à la limite sud du royaume de Juda, mais il ne s’y crut pas encore en sécurité et, y ayant laissé son serviteur, il s’enfonça dans le désert où il marcha toute une journée le cœur bien lourd, on peut le croire, parce qu’au lieu de penser à Dieu, il s’aigrissait en lui-même comme la suite nous le montre. Enfin, fatigué sans doute, il s’assit sous un genêt, et demanda à Dieu de mettre fin à sa vie. Le genêt est un arbuste assez grêle qui pousse en Arabie, mais qui donne cependant un peu d’ombre. La racine en est très amère et ne peut servir de nourriture qu’en cas d’extrême besoin (Job 30:4). Employé comme bois de chauffage, il donne des charbons très ardents auxquels David compare la langue des méchants (Psaume 120:4). « C’est assez ! maintenant, Éternel », dit-il, « prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères ». Tu le vois, il était complètement abattu.

— Pauvre Élie ! Lui qui avait été si courageux ! Mais c’était très mal de désirer la mort parce qu’il était dans une position difficile, n’est-ce pas ?

— Oui, d’autant plus que c’était pour sa fidélité à l’Éternel qu’il était poursuivi par une reine idolâtre et méchante. Il aurait dû compter sur le Dieu tout puissant qui pouvait bien le garantir contre les menaces de Jézabel. Nous voyons, en l’apôtre Paul, un contraste très frappant avec Élie dans cette circonstance de sa vie. Il était exposé à beaucoup de peines et aux persécutions pour le nom du Seigneur, mais il disait : « Nous ne nous lassons point ». S’il avait le désir de déloger, ce n’était pas pour échapper aux difficultés du chemin, mais c’était pour être avec son cher Sauveur. Et si le Seigneur voulait qu’il reste ici-bas, Paul en était heureux afin de travailler et souffrir pour Christ. Tu pourras lire 2 Corinthiens11:23-28 ; Philippiens 1:21-24 ; Actes 20:24. On voit quelques fois des personnes dire comme Élie, quand elles éprouvent un grand chagrin, ou qu’elles ont fait quelque perte, ou sont dans une position pénible : « Oh ! Je voudrais mourir ! ». Mais c’est manquer de confiance en la bonté de Dieu et lui faire, pour ainsi dire, des reproches comme s’Il ne savait pas ce qui est bon pour nous.

— L’Éternel a-t-il dit quelque chose à Élie ?

— Pas à ce moment-là, mais Il ne l’abandonnait pas. Il avait les yeux sur son pauvre serviteur qui apprenait à connaître sa faiblesse. Après ses paroles désespérées, Élie se coucha sous le genêt et s’endormit.

— Outre la fatigue, peut-être avait-il faim. Dans le désert, il ne trouvait rien à manger.

— Dieu, qui l’avait nourri et abreuvé au torrent de Kerith et à Sarepta, a des ressources même au désert. Il lui envoya un ange qui le toucha et lui dit : « Lève-toi, mange », et Élie trouva à son chevet un gâteau cuit sur les pierres chaudes et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha.

— Je suis surprise qu’Élie n’ait rien demandé à l’ange.

— En effet. Élie devait voir en cela une preuve que Dieu, dans sa bonté, veillait sur lui, et qu’il ne voulait point que son serviteur se décourageât au point de désirer mourir. Mais Élie avait une leçon à apprendre, et pour cela il avait à faire un long voyage. C’est pourquoi l’ange revint, le réveilla et lui dit : « Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi » (19:7). Élie comprit alors la pensée de Dieu. Au lieu de se recoucher, il alla où l’Éternel voulait le conduire. Il avait bien besoin pour cela d’aliments venant directement de Dieu pour le fortifier. Car « il alla, avec la force de ces aliments, quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu ». Connais-tu d’autres personnes qui restèrent ainsi quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire ?

— Oui, il y a Moïse quand, sur la montagne de Sinaï, Dieu lui donna la loi, et puis le Seigneur Jésus lorsqu’il fut tenté par le diable.

— En effet nous voyons cela en Exode 24:18 ; 34:28 ; Deutéronome 9:9 et 18 ; Matthieu 4:2. Et te rappelles-tu quelque chose touchant Horeb ?

— C’est là que Moïse était venu avec le troupeau de Jéthro et que l’Éternel lui parla du milieu du buisson ardent, et c’est là que Dieu conduisit le peuple d’Israël après la sortie d’Égypte et lui fit entendre ses paroles. C’est pour cela que Horeb est appelée la montagne de Dieu, n’est-ce pas ?

— Oui, tu pourras relire Exode 3:1 ; Malachie 4:4-5 ; Deutéronome 1:6 ; 4:10. Sinaï et Horeb sont deux cimes de la même chaîne de montagnes, voisines l’une de l’autre. Dieu y avait donné sa loi par le ministère de Moïse, et celui-ci était resté invisible au peuple pendant quarante jours et quarante nuits, et Dieu y amène Élie pendant le même temps, loin du peuple, pour lui faire connaître sa volonté. Étant arrivé à Horeb, Élie « entra dans la caverne, et y passa la nuit ». C’était peut-être la même fente de rocher où l’Éternel avait mis Moïse pendant que sa gloire passait, car personne ne peut voir Dieu en face et vivre (Exode 38:21-22). Élie était donc là, attendant ce que l’Éternel avait à lui dire. Et voici, la parole de l’Éternel vint à lui et lui dit : « Que fais-tu ici, Élie » ?

— Sais-tu pourquoi Dieu pose cette question à Élie puisque c’est Lui qui l’avait amené à Horeb ?

— C’était pour lui faire comprendre qu’il aurait dû rester au milieu d’Israël pour y rendre témoignage contre l’idolâtrie. Mais Élie ne semble pas avoir compris cela. Il répond : « J’ai été très jaloux pour l’Éternel, le Dieu des armées ; car les fils d’Israël ont abandonné ton alliance ; ils ont renversé tes autels et ils ont tué tes prophètes par l’épée, et je suis resté, moi seul, et ils cherchent ma vie pour me l’ôter ». Élie se fait valoir en disant : « J’ai été très jaloux pour l’Éternel ». C’était vrai, mais ce n’était pas à lui de le dire. Puis il oublie ce qui s’est passé à Carmel où le peuple s’était écrié : « C’est l’Éternel qui est Dieu ». Ce n’était pas non plus le peuple, mais Jézabel qui voulait le tuer. Élie avait le cœur aigri parce qu’il pensait à lui-même, et cela le porte à accuser le peuple. C’est comme s’il avait appelé la vengeance sur Israël. C’était un esprit et des sentiments bien différents de ceux de Moïse qui, sur cette même montagne, demandait à Dieu de pardonner au peuple coupable (Exode 32:32). Vois aussi Nombres 14:19-20, et Paul en Romains 9:3.

— Le Seigneur Jésus aussi demandait à son Père de pardonner à ceux qui le crucifiaient (Luc 23:34).

— Élie était un homme fidèle mais rigide et ne comprenant pas la bonté et la grâce patiente de Dieu (2 Pierre 3:9). Alors l’Éternel lui dit : « Sors, et tiens-toi sur la montagne devant l’Éternel ». Et l’Éternel passa. Mais « devant l’Éternel un grand vent impétueux déchirait les montagnes et brisait les rochers », puis il y eut un tremblement de terre et ensuite du feu ; mais l’Éternel n’était ni dans le vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. C’étaient des marques et des effets de sa puissance pour l’exécution du jugement, mais ce n’était pas Lui-même. Et après le feu se fit entendre une vois douce et subtile. Quand Élie l’entendit, il comprit que c’était l’Éternel ; alors il enveloppa son visage dans son manteau. C’était une marque de respect, tu sais (vois Exode 3:6 ; 33:23 ; Ésaïe 6:2), et il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

— Je crois comprendre ce que voulait dire cette voix douce et subtile qui indiquait la présence de l’Éternel. C’était la grâce et la bonté de Dieu envers son peuple. Il ne voulait pas encore les punir.

— Non, mais Élie n’avait pas su le découvrir. L’Éternel lui redemanda : « Que fais-tu ici, Élie ? » comme pour lui dire : « Va vers le peuple, exhorte-le à la repentance ; dis-lui que l’Éternel est patient, mais qu’il doit s’amender et ne pas retomber dans l’idolâtrie ». Mais Élie ne comprit pas davantage, et fit la même réponse, répétant les mêmes plaintes. Pauvre Élie ! Il voulait bien être un messager de jugement, mais non de grâce. Il ressemblait à Jonas qui s’irritait parce que Dieu ne détruisait pas Ninive (Jonas 4). Alors Dieu lui donne ses ordres. Il lui dit : « Va, retourne par ton chemin, vers le désert de Damas, et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour qu’il soit roi sur la Syrie ; et Jéhu, fils de Nimshi, tu l’oindras pour qu’il soit roi sur Israël, et tu oindras Élisée, fils de Shaphath, d’Abel-Mehola, pour qu’il soit prophète à ta place ». Tels devaient être les instruments de Dieu pour châtier, l’un Israël coupable, et l’autre, la maison d’Achab, ce roi pervers. C’était comme le vent violent, le tremblement de terre et le feu. Quant à Élisée, il exécuta un seul acte de jugement (2 Rois 2:23-24). Mais dans sa carrière au milieu d’Israël, il fut plutôt la voix douce et subtile, le messager de la grâce et de miséricorde. Élie était comme Jean le baptiseur, dénonçant le jugement ; Élisée est un type bien beau du Seigneur Jésus qui allait de lieu en lieu faisant du bien et proclamant la grâce (Matthieu 3:7-12 ; Actes 10:38 ; Luc 4:16-21 ; 7:31-34). Et pour montrer à Élie que sa grâce s’exerçait encore au milieu de son peuple et qu’il n’était pas seul serviteur de Dieu en Israël, comme il le pensait, l’Éternel ajouta : « Je me suis réservé en Israël sept mille hommes, tous les genoux qui n’ont pas fléchi devant Baal, et toutes les bouches qui ne l’ont pas baisé ». Il y avait donc un résidu fidèle qu’Élie ne connaissait pas !

— Cela a dû le consoler et le réjouir d’apprendre qu’il n’était pas aussi solitaire qu’il le croyait, et il aura sans doute recherché ces Israélites fidèles.

— Cela ne nous est pas dit, mais nous pouvons l’espérer. En tout cas, il avait appris de précieuses leçons en Horeb. L’Éternel s’était montré à lui comme à Moïse, quand il passa devant celui-ci et cria le nom de l’Éternel : « L’Éternel, l’Éternel ! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité » ! (Exode 34:6). Qu’il est bon de connaître un tel Dieu !

 

 

2.11                   Dieu montre sa bonté et sa puissance en faveur d’Israël — 1 Rois 19:19 à 1 Rois 20:30

Bonne Nouvelle 1897 n° 12 pages 229 à 236

— Élie accomplit-il les trois choses dont l’Éternel l’avait chargé ?

— Non, Élie n’exécuta sa mission qu’à l’égard d’Élisée. L’Éternel voulut encore montrer sa patience et sa bonté envers Achab et son peuple, et répondre à ce que ce dernier l’avait reconnu pour Dieu. C’est pourquoi il différa d’envoyer ceux qui devaient exécuter ses jugements. Ce fut Élisée qui plus tard, comme remplaçant d’Élie, fut chargé des deux autres parties de la mission qui avait été confiée à Élie en Horeb.

— Quand Élie quitta Horeb, retourna-t-il par le même chemin, et fut-il nourri comme la première fois ?

— Cela ne nous est pas dit, mais nous pouvons être sûrs que l’Éternel prit soin de son serviteur. Quant au chemin qu’il suivit, il devait aller au désert de Damas qui était au sud-est de cette ville. Ainsi Élie était de l’autre côté du Jourdain qu’il dut traverser pour arriver à Adel-Mehola où était Élisée. C’est une ville de la tribu d’Issachar, à environ 25 kilomètres au sud de Beth-Shan (1 Samuel 31:10). Elle est mentionnée en Juges 7:22 et 1 Rois 4:12. En suivant cette route, il évitait ses ennemis.

— Élie connaissait-il déjà Élisée ?

— Cela ne nous est pas dit, mais c’est probable. Élie trouva Élisée occupé à labourer avec douze paires de bœufs. Il était avec la douzième, près de la charrue. Élie, passant vers lui, jeta sur lui son manteau. C’était un acte qui indiquait qu’Élisée serait prophète à sa place, revêtu de la même charge que lui, et qu’il devait le suivre. Élisée le comprit bien car il abandonna ses bœufs, courut après Élie et lui dit : « Que je baise, je te prie, mon père et ma mère, et je m’en irai après toi ». Élie lui répondit : « Va, retourne ; car que t’ai-je fait ? » (19:20). Élisée s’en retourna d’auprès de lui, tua la paire de bœufs et en fit un sacrifice, et en fit cuire la chair qu’il donna au peuple de la ville. Tous connurent ainsi que Dieu l’appelait à être prophète. Puis, ayant pris congé de ses parents, il alla après Élie et il le servait. Nous verrons plus tard la suite de l’histoire d’Élie. Pour le moment, nous nous occupons d’Achab. Pauvre Achab ! Après avoir souffert de la famine, le voilà frappé d’un autre fléau, la guerre. Nous ne savons sous quel prétexte Ben-Hadad, roi de Syrie, vint avec une puissante armée assiéger Samarie. Trente-deux rois étaient avec lui, et des chevaux et des chars de guerre. Achab n’avait qu’une petite armée de sept mille hommes, et se sentait incapable de résister. Aussi quand l’insolent Ben-Hadad lui fit dire par des messagers : « Ton argent et ton or sont à moi, et tes femmes, et tes fils, les plus beaux, sont à moi » (20:3), le malheureux Achab ne sut que répondre : « Selon ta parole, ô roi, mon seigneur, je suis à toi, moi et tout ce que j’ai ». Il se déclarait le vassal et serviteur d’un roi païen.

— Que c’était triste et humiliant pour un roi d’Israël, le peuple de Dieu ! Achab aurait dû s’adresser à l’Éternel pour être secouru, lui qui avait vu le feu du ciel descendre à la prière d’Élie.

— Ni son cœur ni sa conscience n’avaient été touchés et atteints. Il continuait à suivre sa mauvaise voie, et ainsi était sans force devant l’ennemi. Ben-Hadad, rendu plus insolent et plus orgueilleux par la faiblesse et la lâcheté d’Achab, envoya de nouveaux messagers pour lui dire : « Tu me donneras ton argent et ton or, et tes femmes, et tes fils ; mais demain à cette heure, j’enverrai mes serviteurs vers toi, et ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs, et ils mettront dans leurs mains tout ce qui est désirable à tes yeux, et l’emporteront ». C’était un pillage en règle. Cette fois Achab ne pouvait répondre sans consulter le peuple. Il lui était permi