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Entretiens sur 2 Samuel et 1 Chroniques

 

Histoire des rois d’Israël : Le second roi d’Israël

 

Adrien Ladrierre (famille)

 

Table des matières :

1     David règne sur Juda à Hébron — 2 Samuel 1 à 4

2     David, le second roi est reconnu roi par tout Israël — 2 Samuel 5 ; 1 Chroniques 11-12

3     David prend la forteresse de Sion — 2 Samuel 5:6-9 ; 6 ; 1 Chroniques 11:4-9 ; 13 ; 15 et 16

4     L’arche et la construction d’un temple

4.1      David veut amener l’arche en Sion, Uzza est frappé de mort, victoires de David sur les Philistins — 2 Samuel 6:1-11 ; 1 Chroniques 13 et 14

4.2      David amène l’arche en Sion — 2 Samuel 6:1-11:1 Chroniques 13-16

4.3      Le transport de l’arche en Sion — 2 Samuel 6 ; 1 Chroniques 13-16

4.4      David veut bâtir un temple à l’Éternel — 2 Samuel 7 ; 1 Chroniques 17

5     Victoires de David — 2 Samuel 8 ; 1 Chroniques 18

6     Histoire de Mephibosheth — 2 Samuel 9

7     La guerre de David contre les Ammonites — 2 Samuel 10

8     Victoires de Joab sur les Ammonites et de David sur les Syriens — 2 Samuel 10 ; 1 Chroniques 19

9     Le péché de David

9.1      David tombe dans le péché — 2 Samuel 11

9.2      David se repent de son péché — 2 Samuel 12

9.3      Repentir et relèvement de David — 2 Samuel 12

10       Histoire d’Absalom

10.1     Histoire d’Absalom — 2 Samuel 13 et 14

10.2     2 Samuel 15:1-6

10.3     2 Samuel 15:7-23

10.4     2 Samuel 15:24 à 16:14

10.5     2 Samuel 16:15 à 17:29

10.6     2 Samuel 18:1-18

10.7     2 Samuel 18:19-33

10.8     2 Samuel 19 — Retour de David à Jérusalem

11       2 Samuel 19 et 20 — Révolte de Shéba

12       2 Samuel 21 — Les Gabaonites et les dernières guerres de David

13       2 Samuel 24, 1 Chroniques 21 — David fait dénombrer le peuple, son châtiment

14       1 Chroniques 22 à 28 — Préparatifs de David pour la construction et le service du temple

15       Exhortations de David au peuple et à Salomon — 1 Chroniques 28-29

16       Complot d’Adonija. Salomon est établi roi — 1 Rois 1

17       Les dernières paroles de David et sa mort — 1 Rois 2 et 2 Samuel 23:1-7

 

 

1                        David règne sur Juda à Hébron — 2 Samuel 1 à 4

Bonne Nouvelle  1893 n° 2 à 5 pages 30 à 34,:46 à 52, 70 à 76, 88 à 93.

Saül étant mort, David va vraiment régner sur Israël, n’est-ce pas ?

Comme nous le verrons, David eut encore bien des difficultés à surmonter avant d’occuper sa place comme roi sur tout le peuple.

— Comment apprit-il la triste fin de Saül et de ses fils ?

— David était revenu à Tsiklag après sa victoire sur les Amalékites. Trois jours après son retour, un homme arriva, les vêtements déchirés et de la terre sur la tête en signe de deuil, (voyez 1 Sam. 4:12 ; 2 Sam. 15:32). Amené devant David, il tomba contre terre et se prosterna. « D’où viens-tu ? » lui dit David. « Je me suis échappé du camp d’Israël », fut la réponse. « Que s’est-il passé ? Raconte-le-moi », continua David. Et cet homme raconta qu’Israël avait été battu par les Philistins, et que plusieurs avaient été tués, et parmi eux Saül et Jonathan.

— Comme David dut être attristé en apprenant que son ami Jonathan était mort !

— Il avait sans doute peine à le croire car il dit à l’homme : « Comment sais-tu que Saül et Jonathan, son fils, sont morts ? ». Et ce jeune homme répondit : « Je passais par aventure sur la montagne de Guilboa ; et voici, Saül s’appuyait sur sa lance, et voici, les chars et les gens de cheval le serraient de près. Et il se tourna en arrière et me vit, et m’appela ; et je dis : Me voici. Et il me dit : Qui es-tu ? Et je lui dis : je suis Amalékite. Et il me dit : Tiens-toi, je te prie, sur moi, et tue-moi, car l’angoisse m’a saisi, parce que ma vie est encore toute en moi. Alors je me suis tenu sur lui, et je l’ai mis à mort ; car je savais qu’il ne vivrait pas après sa chute (qu’il ne survivrait pas à sa défaite) ; et j’ai pris la couronne qui était sur sa tête et le bracelet qui était à son bras, et je les ai apportés ici à mon seigneur ».

— Mais, c’était un menteur. Saül s’était jeté sur son épée et tué lui-même, comme nous l’avons vu la dernière fois.

— Certainement. C’est le récit de la parole de Dieu et il est vrai, tandis que celui de l’Amalékite est forgé par lui pour tromper David. Cet homme était sans doute un de ces pillards qui suivent les armées et qui, après la bataille, vont dépouiller amis et ennemis, morts ou blessés. On voit cela même de nos jours. Quelle triste chose que la méchanceté du cœur humain ! L’homme dont nous parlons aura pensé qu’il ferait bien d’apprendre en premier à David que son ennemi Saül était mort et que même il avait contribué à le faire mourir. Il jugeait David d’après son propre cœur à lui. Il s’attendait, sans doute, à recevoir de lui une grande récompense en lui apportant la couronne et le bracelet de Saül.

— Mais comment avait-il pu s’en emparer ?

— Il aura peut-être reconnu Saül, l’aura vu se tuer et aura attendu le moment favorable pour le dépouiller, au milieu de la confusion du combat.

— David était maintenant bien sûr que Saül était mort à la vue de sa couronne et de son bracelet.

— Oui, aussi sa douleur éclata aussitôt, car le cœur généreux de David n’avait cessé de respecter Saül, et il avait toujours une ardente affection pour Jonathan. Il sentait aussi vivement l’humiliation de la défaite de son peuple et du déshonneur porté au nom de l’Éternel. Il déchira ses vêtements, les hommes qui étaient avec lui firent de même, et ils menèrent deuil, ils pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir sur Saül, Jonathan et ceux du peuple de l’Éternel qui avaient été tués.

— David n’a pas de rancune contre Saül, il ne se souvient pas du mal qu’il lui avait fait, il ne se réjouit pas de sa mort qui fait qu’il pourra être roi. Il réalise ce qui nous est dit d’aimer nos ennemis, n’est-ce pas ? (Matthieu 5:44).

— En effet. Il est bien différent de ce David qui voulait se joindre aux Philistins pour combattre contre Israël. Dans ce dernier cas, c’était son cœur naturel qui parlait, mais maintenant c’est le cœur de l’homme selon Dieu.

— Qu’arriva-t-il à ce méchant Amalékite ?

— Il reçut le juste châtiment de son mensonge. Au lieu de lui procurer une récompense, sa perfidie le perdit. Après l’expression de sa douleur, David dit à ce jeune homme : « D’où es-tu ? ». « Je suis », répondit-il, « fils d’un homme étranger, d’un Amalékite ». « Comment n’as-tu pas craint d’étendre ta main pour tuer l’oint de l’Éternel ? » dit David. Et il appela un de ses guerriers et lui ordonna de tuer le menteur qui se vantait d’avoir mis à mort le roi d’Israël. Ainsi le méchant fait une œuvre qui le trompe (Prov. 11:18) ; il ne reste pas impuni. « Celui qui profère des mensonges périra » (Prov. 19:9 ; voir Psaume 101:7 ; ce Psaume exprime ce que sera le royaume quand Christ règnera sur Israël. Et nous devons nous rappeler que David est le type de Christ). Cette œuvre de justice et de jugement accomplie, David exprima sa douleur dans une complainte qu’il composa sur la mort de Saül et de Jonathan, et c’est surtout de ce dernier qu’il parle. « Ton ornement, ô Israël, est tué sur tes hauts lieux. Comment les hommes forts sont-ils tombés ! Ne le racontez pas dans Gath, n’en portez pas la nouvelle dans les rues d’Askalon ; de peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, de peur que les filles des incirconcis ne tressaillent de joie … L’arc de Jonathan ne se retirait pas du sang des tués … et l’épée de Saül ne retournait pas à vide. Saül et Jonathan, aimés et agréables dans leur vie, n’ont pas été séparés dans leur mort. Ils étaient plus rapides que les aigles, plus forts que les lions. Filles d’Israël, pleurez sur Saül … Comment Jonathan a-t-il été tué sur tes hauts lieux ! Je suis dans l’angoisse à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Tu étais pour moi plein de charmes ; ton amour pour moi était merveilleux … Comment sont tombés les hommes forts, et sont péris les instruments de guerre ! ». C’est ainsi que David exhalait sa plainte, célébrait la vaillance de Saül et de Jonathan, rappelait l’affection mutuelle de Jonathan et de son père, et exprimait la souffrance profonde de son propre cœur en pensant que son ami — celui qui lui était cher — avait péri.

— C’est bien beau, tout ce que dit ici David. Cela nous rappelle tous les beaux traits de la vie et du caractère de Jonathan et de Saül. Et il n’y a pas l’ombre d’un reproche.

— David voulut que cette complainte, que l’on nomma le chant de l’Arc, fût enseignée aux fils de Juda pour perpétuer le souvenir de Jonathan, sa vaillance et son habileté à tirer de l’arc. Il se souvenait qu’aux premiers jours de leur amitié, Jonathan, dans son affection pour lui, lui avait donné son arc, son épée et son baudrier. Il se rappelait aussi ce jour où les trois flèches lancées par l’arc de Jonathan étaient le signal de leur entrevue, au temps où Saül commençait à le persécuter.

— Et maintenant, je pense que David ne resta plus à Tsiklag et qu’il put retourner dans son pays où il avait été si longtemps fugitif et d’où il s’était exilé.

 

 

— David ne se hâta point de quitter Tsiklag. Il voulut d’abord savoir quelle était la volonté de l’Éternel, car il avait autrefois trop souffert en suivant ses propres pensées. Il interrogea donc l’Éternel et dit : « Monterai-je dans une des villes de Juda ? Et l’Éternel lui dit : Monte. Et David dit : Où monterai-je ? Et il dit : À Hébron ».

— J’aurais pensé que l’Éternel lui aurait dit d’aller à Jérusalem puisque c’était la capitale, ou bien à Bethléhem qui était le lieu de naissance de David.

— Dieu est toujours plein de sagesse en tout ce qu’il fait. Jérusalem, ou du moins la forteresse de Sion, était encore entre les mains des Jébusiens qui n’en furent dépossédés que plus tard par David (Josué 15:63 ; 2 Samuel 5:6-9). Quant à Bethléhem, c’était un très petit endroit fort peu éloigné des frontières de Benjamin. Or comme tu le verras, David ne fut d’abord reconnu roi que par la tribu de Juda. Hébron, au contraire, était au centre de la tribu. Cette ville, une des plus anciennes du monde et qui existe encore (Nombres 13:23), rappelait aux Israélites les plus précieux souvenirs. C’est près d’Hébron qu’Abraham vint planter ses tentes après s’être séparé de Lot. Là, Dieu lui fit des promesses relatives à la possession du pays de Canaan par sa postérité, et traita alliance avec lui. Là encore, l’Éternel vint le visiter et lui réitéra ses promesses. Ce fut là aussi que Sara mourut et qu’Abraham l’enterra dans la caverne de Macpéla. Lui-même y fut enterré, ainsi qu’Isaac, Léa et Jacob (Genèse 13:18 ; 15 ; 18:1, etc., 23:17-20 ; 25:7-10 ; 27:27-29 ; 49:31 ; 50:13). Les Arabes lui donnent le nom d’El Khalil, l’ami, en souvenir peut-être d’Abraham, l’ami de Dieu. Quels souvenirs propres à encourager David ! Il était l’héritier des promesses et avait devant ses yeux l’exemple de la foi, de la patience et de l’obéissance de son ancêtre Abraham qui avait foulé cette terre. Il pouvait se rappeler la prophétie de Jacob : « Le sceptre ne se retirera point de Juda » (Gen. 49:10), et c’était lui qui, le premier, tenait ce sceptre. Il pouvait compter sur la parole que Dieu avait dite. Un autre grand souvenir de foi et de courage se rattachait à cette ville. C’était celui de Caleb. Les espions envoyés par Moïse étaient venus dans la vallée d’Eshcol où était située Hébron. Mais là ils avaient vu les géants de la race d’Anak. Effrayés, ils avaient à leur retour jeté le découragement dans le cœur du peuple. Mais Caleb, plein de cœur comme le signifie son nom, avait au contraire cherché à relever le courage des fils d’Israël. L’Éternel le récompensa en lui donnant d’entrer dans le pays de Canaan et en lui conservant toute sa vigueur malgré son grand âge. Il déposséda les fils d’Anak et reçut en héritage la ville où ils habitaient, c’est-à-dire Hébron (Nombres 13:23-25 et 28-31 ; 14:24 ; Josué 14:6-15). David avait aussi devant lui de grandes difficultés, mais l’exemple de la foi de Caleb n’était-il pas propre à l’encourager ?

— Oh, oui ! Hébron était tout à fait la ville où David était le mieux placé.

— David, obéissant à la parole de l’Éternel, monta donc à Hébron avec ses deux femmes, Akhinoam et Abigaïl ; il amena aussi la troupe de ses guerriers avec leurs familles, et ils habitèrent dans les villes, aux alentours d’Hébron. Alors les hommes de Juda vinrent et oignirent David pour roi sur la tribu de Juda.

— Il y eut donc alors un second roi sur les autres tribus ?

— Nous le verrons plus tard. Parlons d’abord de quelques-uns des vaillants hommes qui étaient avec David. Il y avait d’abord les trois fils de Tséruïa, la sœur de David : Abishaï, Asçaël et Joab (1 Chron. 2:16). Abishaï était le fidèle compagnon de David (1 Sam. 26:6-12). C’était un très vaillant guerrier. « Il leva », nous est-il dit, « sa lance contre trois cents hommes, qu’il tua » (1 Chron. 11:20). Quant à Joab, nous verrons son histoire en même temps que celle de David. Parmi les principaux chefs se trouvait aussi Benaïa. Il frappa deux des puissants guerriers de Moab, que l’Écriture nomme « des lions de Dieu », pour montrer leur force et leur vaillance ; il tua un lion dans une fosse un jour de neige, et enfin, comme David autrefois tua le géant Goliath, Benaïa, armé seulement d’un bâton, alla contre un géant égyptien, lui arracha sa lance et le perça de sa propre arme. Il resta toujours fidèlement attaché à David et, aussi sage que vaillant, l’aidait de ses conseils (1 Chron. 11:22-25). Il y a toute une liste de ces guerriers qui avaient suivi David. L’Esprit Saint cite leurs noms au commencement du règne de David, et pour montrer comme Dieu apprécie et honore ceux qui se sont attachés à l’homme selon son cœur, il les rappelle encore à la fin de son règne (1 Chron. 11:10-47 ; 2 Sam. 23:8-39). Parmi eux, il faut retenir le nom d’Urie le Héthien dont nous reparlerons, mais nous pouvons remarquer que Joab n’y est nommé nulle part.

— Cette liste me fait penser que Jésus avait aussi ses compagnons, les apôtres.

— Tu as raison. Ils sont nommés dans la parole de Dieu, et le Seigneur, avant de quitter la terre, leur dit : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations » (Luc 22:28). Puis Jésus leur promet une place d’honneur auprès de Lui dans son royaume. Il en fut ainsi des compagnons de David. Après avoir souffert avec lui, ils occupèrent des positions élevées quand il régna. Mais il y a une différence.

— Oui, les chrétiens ne combattent pas avec des épées et des lances contre des hommes. Ils combattent contre Satan par la prière et la parole de Dieu (Éphésiens 6:12-18).

— C’est pourquoi l’apôtre dit : « Les armes de notre guerre ne sont pas charnelles » (2 Cor. 10:3-5). Mais ce qu’il y a de commun entre les compagnons de David et les chrétiens, c’est la foi dans les promesses de Dieu et dans sa puissance pour les accomplir (Héb. 11:32-34).

— David avait autrefois combattu pour tout Israël. Est-ce qu’il n’y eut que les hommes de Juda qui le reconnurent pour roi ?

— Non. Il y avait des hommes vaillants de diverses tribus d’Israël qui étaient venus le trouver à Tsiklag, même d’entre ceux de Benjamin, la tribu de Saül. S’étaient rangés aussi avec lui, des hommes forts et vaillants de la tribu de Gad, de l’autre côté du Jourdain, guerriers dont les faces étaient comme celles des lions et les pieds légers comme ceux des gazelles. Des fils de Benjamin et de Juda vinrent se joindre à lui. Et David leur dit : « Si c’est pour la paix que vous venez vers moi, pour m’aider, mon cœur sera uni à vous ; mais si c’est pour me livrer à mes ennemis, quand il n’y a pas de violence en ma main, que le Dieu de nos pères regarde, et punisse. Et l’Esprit revêtit Amasçaï, chef des principaux capitaines : Nous sommes à toi, David, et avec toi, fils d’Isaï ! Paix, paix à toi, et paix à ceux qui t’aident, car ton Dieu t’aide ! Et David les reçut » (1 Chroniques 12:17-18).

— Quel encouragement ce devait être pour David d’entendre comme ces hommes lui étaient dévoués. C’est là ce que nos cœurs devraient dire au Seigneur Jésus : « Nous sommes à toi et avec toi ! »

— Que Dieu nous accorde, en effet, cette grâce. C’est ce que l’apôtre Paul exprimait en disant : « Vous n’êtes pas à vous-mêmes » (1 Cor. 6:19). Il y eut aussi des hommes de la tribu de Manassé qui passèrent à David, et comme tous les jours il arrivait des gens à David, il finit par y avoir un grand camp avec lui (1 Chron. 12:1-22).

— Et tous ceux-là étaient avec David à Hébron ?

— Sans doute, puisqu’il nous est dit que David les fit tous monter avec lui. Le temps où David fut roi à Hébron fut encore un temps d’épreuves et de peines. Il dut attendre sept ans et demi avant qu’Israël tout entier le reconnût pour roi. Dieu exerça ainsi sa patience, comme il le fait à l’égard de tous ses serviteurs.

— En effet, Abraham dut attendre bien longtemps avant d’avoir le fils que Dieu lui avait promis.

— Et il nous est dit : « Abraham, ayant eu patience, obtint ce qui avait été promis » (Héb. 6:15). N’avons-nous pas à attendre avec patience quelque chose qui nous est promis ?

— Oui, Il nous faut attendre avec patience le Seigneur Jésus qui viendra nous prendre pour que nous soyons avec lui dans le ciel (Romains 8:25 ; Jacques 5:7). Et en attendant nous avons à Le servir (1 Thessaloniciens 1:3, 9-10.

 

 

— Pendant ces sept ans et demi où David régnait à Hébron, Ish-Bosheth, quatrième fils de Saül dont il ne nous a pas été parlé jusqu’à présent, régnait sur Israël. Il est parfois nommé Eshbaal (1 Chroniques 8:33). Il semble avoir été d’un caractère timide et faible, sans énergie, tout différent de celui de Jonathan. De là vient peut-être son nom qui pourrait n’être qu’un surnom et qui veut dire : homme d’ignominie.

— Comment un tel homme put-il songer à se faire roi ?

— Il ne se fit pas roi lui-même. Souviens-toi d’Abner, le cousin de Saül, chef de son armée (1 Samuel 14:50 ; 26:13-15). Ce fut lui qui prit Ish-Bosheth et l’établit roi sur Israël, à Mahanaïm, ville située de l’autre côté du Jourdain, dans la tribu de Manassé. C’est près de là que les anges de Dieu vinrent à la rencontre de Jacob à son retour de chez Laban (Genèse 32:1-2).

— C’était bien mal à Abner d’établir un autre roi. Il savait bien que David était choisi de Dieu.

— Tu as raison. Mais il faut se rappeler qu’Abner était tout à fait un homme du monde, un grand guerrier, un habile politique, mais nullement un homme de Dieu. Il avait pris parti pour Saül qui était de sa tribu et de sa famille, et voulait soutenir son fils. Il occupait ainsi un poste éminent, le premier après le roi, tandis qu’en reconnaissant David, il n’aurait plus eu la première place. C’est là le penchant naturel du cœur : aimer être le premier. Abner ne s’inquiétait pas de l’Éternel et de sa volonté et, sauf la tribu de Juda et quelques autres, tout Israël suivait Abner. Ils oubliaient ce que David était et avait fait. Il était l’oint de l’Éternel et avait vaincu Goliath et les Philistins.

— C’est bien triste de voir cette ingratitude du peuple.

— Oui, mais que voyons-nous autour de nous ? Jésus est l’Oint de Dieu et son Fils Bien-aimé. Il a accompli la rédemption et a vaincu Satan pour nous délivrer, et combien il y a peu de personnes qui s’attachent à Lui. On aime mieux le monde et ses convoitises, et ainsi on suit Satan et non pas Christ.

— C’est vrai et c’est encore plus triste.

— Cela vient, comme à l’égard de David, de ce que le cœur naturel est ennemi de Dieu et ne se soumet pas à sa volonté (Romains 8:7 ; Colossiens 1:21 ; Jean 15:24). Mais pour reprendre notre histoire, nous lisons touchant David à Hébron un beau trait qui nous montre, encore une fois, sa générosité envers Saül qu’il regarda toujours comme l’oint de l’Éternel, à la table duquel il avait mangé et dont il avait épousé la fille. David avait le noble cœur d’un homme de Dieu. Il apprit que les habitants de Jabès, au péril de leur vie, avaient donné une sépulture honorable à Saül et à ses fils, et il leur envoya des messagers pour les remercier de leur action. « Bénis soyez-vous de l’Éternel », leur fit-il dire, « de ce que vous avez usé de cette bonté envers votre seigneur Saül, et de ce que vous l’avez enterré ! Et maintenant, que l’Éternel use envers vous de bonté et de vérité ! Et moi aussi je vous rendrai ce bien, parce que vous avez fait cela » (2 Samuel 2:5-6).

— C’est bien beau de voir chez David cette fidélité envers Saül qui avait été si méchant à son égard. Il ne rendait pas le mal pour le mal. Mais ne fit-il pas la guerre à Ish-Bosheth ?

— Oui, et ce devait être pour lui bien douloureux de combattre ceux qui étaient ses frères. Mais en réalité ils étaient des rebelles contre Dieu. Un chrétien fidèle peut être ainsi appelé à résister à quelqu’un qui se dit chrétien et qui apporterait de mauvaises doctrines. Seulement il ne combat pas avec des armes charnelles et ne doit pas se départir d’un esprit de douceur (2 Tim. 2:24-26 ; 2 Cor. 10:4-5). Et c’est avec douleur qu’il combattra ainsi. Pour revenir à David, il ne nous est pas dit qu’il combattit lui-même. C’était entre Joab et Abner que se livraient les combats, et tous deux n’étaient que des hommes ambitieux, sans véritable crainte de Dieu.

— David ne consultait-il pas l’Éternel pour savoir ce qu’il aurait à faire ?

— Nous ne le savons pas. Mais Dieu se servait de ces hommes pour accomplir ses desseins à l’égard de David. Le guerre se poursuivait dans un esprit tout charnel et par conséquent cruel. Les deux armées se rencontrèrent près du réservoir de Gabaon, et Abner dit à Joab : « Que les jeunes hommes se lèvent donc et jouent [entre eux] devant nous ! Et Joab dit : Qu’ils se lèvent ».

— Que voulait dire Abner ? N’était-ce pas un singulier moment pour jouer ?

— Hélas ! C’était un jeu bien barbare. On choisit de chaque côté douze hommes pour combattre les uns contre les autres devant les deux chefs d’armée. C’était peut-être pour décider à quel parti appartiendrait la victoire, (voyez le défi porté par Goliath à un champion israélite en 1 Sam. 17:8-9). Mais chacun de ces hommes ayant saisi son adversaire par la tête lui passa son épée à travers le corps, et ils tombèrent tous morts.

— Quelle chose horrible ! Et c’est là ce qu’Abner et Joab appelaient un jeu. Que les hommes sont cruels !

— Oui, on peut bien dire : « Leurs pieds sont rapides pour verser le sang ». La mort de ces champions fut le signal de la bataille qui fut très rude, mais l’armée d’Abner fut mise en déroute, et lui-même dut chercher son salut dans la fuite. Le frère de Joab, Asçaël, qui était léger à la course comme une gazelle, se mit à le poursuivre, espérant peut-être s’emparer de lui. Abner l’ayant reconnu l’invita à se détourner de lui de peur que, forcé de se défendre, il ne lui donnât peut-être la mort. Mais Asçaël persista à le poursuivre, et Abner le frappa en arrière du bois de sa lance avec une telle force qu’elle lui traversa le corps et il mourut.

— Pauvre Asçaël ! Il fut bien puni de sa témérité et de sa présomption. Il voulait sans doute acquérir de la gloire en se saisissant d’Abner.

— Je le pense. Abner aurait préféré ne pas le tuer pour que Joab, le vengeur du sang, ne lui en voulût pas. Il avait peut-être seulement eu l’intention de l’étourdir en le frappant du bois de sa lance, mais il ne sut pas mesurer son coup. Quoi qu’il en soit, cette mort eut pour Abner de tristes conséquences.

— Tout cela est bien pénible. Quel bonheur quand Jésus règnera.

— Oui. Il fera cesser les guerres sur toute la terre : « De leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes : une nation ne lèvera pas l’épée contre une [autre] nation, et on n’apprendra plus la guerre » (Michée 4:3, Psaume 46). La guerre est toujours une douloureuse conséquence du péché, mais il faut nous rappeler qu’il y a eu des guerres que l’Éternel ordonnait comme châtiment ; par exemple, quand les Israélites s’emparèrent du pays de Canaan. Et ici, les partisans d’Abner s’opposaient à Dieu. Mais parmi ceux qui se réclament du nom de Christ, il ne devrait pas y avoir de guerre.

— Est-ce que la poursuite de l’armée d’Abner par celle de Joab fut longue ?

— Abner s’étant arrêté sur une colline avec les hommes de Benjamin, demanda à Joab de cesser la poursuite. Joab lui répondit : « Dieu est vivant, que, si tu n’avais parlé, dès le matin [déjà] le peuple se serait retiré, chacun de la poursuite de son frère ! ». Joab fit donc sonner la trompette et arrêta la poursuite. Mais dix-neuf hommes du côté de David, sans compter Asçaël, et trois cent soixante du côté d’Abner, étaient tombés dans le combat. Abner retourna à Mahanaïm avec ses hommes, et Joab et les siens revinrent à Hébron auprès de David, emportant le corps d’Asçaël qu’on enterra à Bethléhem dans le sépulcre de son père.

— La guerre continua-t-elle encore ?

— Oui, mais nous n’avons pas le récit des combats qui furent livrés ; nous savons seulement que David allait se fortifiant et que la maison de Saül s’affaiblissait. Mais c’était triste de voir les Israélites divisés et se combattant les uns les autres, au lieu d’être amis et de combattre contre les Philistins, leurs ennemis communs. Hélas ! C’est ce que l’on ne voit que trop entre les chrétiens.

 

 

— C’est une triste histoire que celle de David à Hébron. Nous y voyons agir, non la foi qui compte sur Dieu et regarde à Lui, mais les passions d’hommes qui n’ont pas la crainte de Dieu. Toutefois l’Éternel s’en servait pour accomplir ses desseins à l’égard de son serviteur David. Abner était le ferme appui d’Ish-Bosheth, aussi se croyait-il tout permis. Il s’était très mal conduit envers Ritspa, une des femmes de Saül, et Ish-Bosheth lui en fit des reproches. Abner, orgueilleux et sans crainte de Dieu comme il l’était, au lieu de reconnaître qu’il avait mal agi, traita la chose avec légèreté et se fâcha contre le roi. « Suis-je une tête de chien », c’est-à-dire un homme de rien, lui dit-il, « moi qui ai usé de bonté envers la maison de Saül, ton père, envers ses frères et envers ses amis, et qui ne t’ai pas livré aux mains de David, que tu m’imputes aujourd’hui de l’iniquité à cause de cette femme ? »

— C’était bien vilain à lui de parler ainsi. Croyait-il donc que ce n’était pas un péché d’offenser une pauvre femme ?

— Abner se croyait un trop grand personnage pour avoir à se soucier de Dieu et des hommes. Il fit plus car dans son irritation, il dit à Ish-Bosheth : « Que Dieu fasse ainsi à Abner et ainsi y ajoute, si je ne fais pas à David comme l’Éternel lui a juré, en faisant passer le royaume de la maison de Saül, et en établissant le trône de David sur Israël » (2 Samuel 3:9-10).

— Mais, comment pouvait-il parler ainsi ? S’il savait que Dieu avait juré à David, pourquoi avait-il établi Ish-Bosheth comme roi ?

— C’est qu’au fond, Abner ne s’inquiétait pas de l’Éternel et de ses pensées. Il suivait sa propre volonté. Par son énergie, il avait établi Ish-Bosheth pour roi afin, en réalité, de gouverner lui-même, s’opposant à Dieu, et maintenant, irrité contre le roi qu’il avait fait, il croyait être nécessaire à David pour lui assurer la royauté.

— Et que fit le pauvre Ish-Bosheth ?

— C’était un homme faible et timide. Il n’osa rien dire à Abner ni rien tenter contre lui. Alors Abner, poursuivant son dessein, envoya des messagers à David pour lui dire : « Fais alliance avec moi ; et voici, ma main sera avec toi pour tourner vers toi tout Israël ». David répondit de faire venir auparavant Mical, la fille de Saül.

— Elle était la femme de David, mais Saül la lui avait ôtée et l’avait donnée à un autre. Pourquoi voulait-il qu’elle revînt avec lui ?

— Je pense que c’était dans l’ordre des choses, mais que David voulait aussi montrer par là à la tribu de Benjamin et à ceux qui avaient pris parti pour la maison de Saül, qu’il n’avait point d’animosité contre elle, et ainsi les rattacher à lui. Ish-Bosheth renvoya donc Mical à David.

— Mais c’est à Abner que David avait demandé Mical.

— C’est vrai, parce que David savait bien que, sans Abner, Ish-Bosheth ne ferait rien. Mais après avoir parlé à Abner, David avait envoyé dire à Ish-Bosheth : « Donne-moi ma femme Mical ». Sur ces entrefaites, Abner avait parlé aux anciens d’Israël et aux hommes de Benjamin pour les entraîner du côté de David.

— Toute la conduite d’Abner me semble bien vilaine. Il n’agit pas pour plaire à Dieu, mais pour se venger.

— Tu as raison. Il y avait encore un autre motif tout à fait humain et pas du tout noble qui le faisait agir. Il voyait bien que David prospérait et que le parti de la maison de Saül s’affaiblissait, et il voulait à temps se ranger du côté du plus fort. Il vint donc vers David qui lui fit un festin. Ensuite il dit au roi : « Je me lèverai, et j’irai, et j’assemblerai vers mon seigneur, le roi, tout Israël ; et ils feront alliance avec toi ; et tu régneras sur tout ce que ton âme désire ». Il nous faut bien remarquer l’importance qu’Abner s’attribue. Il parle toujours de lui-même : Je ferai, je dirai, fais alliance avec moi, etc. Il compte sur lui-même et laisse Dieu de côté. Pauvre Abner ! Il ne se doutait pas que ce jour même sa vie lui serait redemandée. Dieu n’avait pas besoin de lui pour accomplir ses desseins, et il ne voulait pas que David dût son trône à un tel homme.

— Comment Abner mourut-il ?

— Joab était absent lorsque Abner vint vers David. À son retour, il apprit leur entrevue, et aussitôt il alla trouver David et lui dit : « Qu’as-tu fait ? Voici, Abner est venu vers toi ; pourquoi l’as-tu congédié, en sorte qu’il s’en est allé ? Tu connais Abner, fils de Ner, qu’il est venu pour te tromper, et pour connaître tes sorties et tes entrées, et pour savoir tout ce que tu fais ». Et immédiatement, sans prévenir David, il envoya des messagers après Abner pour le faire revenir, sans doute comme si c’était de la part du roi. Abner revint et, comme il entrait à Hébron, Joab le tira à part au milieu de la porte, comme pour lui parler en secret. Les portes des villes étaient, en général, un passage voûté d’une certaine longueur, au dessus duquel se trouvait une pièce (voyez 2 Samuel 18:33). Au milieu du passage, de part et d’autre, deux couloirs conduisaient à des escaliers pour monter dans cette pièce. Là il frappa Abner et le tua. Son frère Abishaï était d’accord avec lui pour accomplir ce meurtre.

— C’était sans doute pour se venger de ce que Abner avait tué leur frère Asçaël, mais il l’avait fait pour sa défense.

— En effet, ils avaient voulu se venger. Et l’on peut voir dans tout cela les mauvais sentiments du cœur humain ; mais en même temps l’on voit le juste jugement de Dieu. Abner s’était opposé au roi élu de Dieu, et Dieu le frappe. Plus tard le pauvre Joab fera la même expérience. On ne se moque pas de Dieu. Ce qu’on sème, on le récolte (Galates 6:7-8). Tôt ou tard, le châtiment arrive.

— C’est bien sérieux. David fut-il fâché en apprenant ce que Joab avait fait ?

— Certainement. Il prononça une malédiction sur Joab : « Je suis innocent, moi et mon royaume, devant l’Éternel, à jamais, du sang d’Abner, fils de Ner : qu’il tombe sur la tête de Joab, et sur toute la maison de son père ». Puis lui et tout le peuple jeûnèrent et menèrent un grand deuil sur Abner.

— Ainsi il ne punit pas Joab ?

— Non, sauf en ce que je t’ai dit. Il remit la chose à l’Éternel. Bien qu’il fût roi, il se sentait faible devant Joab et Abishaï. Il dit : « Ces hommes-là, les fils de Tseruïa, sont trop durs pour moi. Que l’Éternel rende à celui qui fait le mal, selon son méfait ! »

— C’est étrange, car enfin Joab et Abishaï n’étaient que des hommes, et ils ne craignaient pas Dieu ; tandis que David, lui, était aimé de Dieu et pouvait s’appuyer sur Lui et l’avoir pour sa force.

— C’est vrai, David avait tort. Mais combien de fois ne voit-on pas un enfant de Dieu craindre les hommes et ce qu’ils peuvent faire ou dire. C’est un manque de foi, et il nous faut demander à Dieu de nous donner les sentiments de David quand il disait : « L’Éternel est ma lumière et mon salut : de qui aurai-je peur ? L’Éternel est la force de ma vie : de qui aurai-je frayeur ? » (Psaume 27:1).

— Et que devint le pauvre Ish-Bosheth après la mort d’Abner qui était son soutien ?

— Il fut saisi de crainte, et avec lui tout Israël fut troublé. Alors deux méchants hommes, chefs de bandes à son service, crurent se faire bien voir de David en tuant Ish-Bosheth. Ils entrèrent dans la chambre où il se reposait durant la grande chaleur du jour, le firent mourir et apportèrent sa tête à David. Mais celui-ci fut horrifié par leur crime, et il ordonna à ses serviteurs de les mettre à mort. Puis il fit enterrer la tête d’Ish-Bosheth dans le sépulcre d’Abner à Hébron. Nous venons donc de voir les tristes traits que présente l’histoire des hommes qui ne craignent pas Dieu. Ils sont orgueilleux, traîtres et sanguinaires. C’est bien le portrait que trace la parole de Dieu : « Leurs pieds sont rapides pour verser le sang ; la destruction et la misère sont dans leurs voies » (Romains 3:15-16). Mais David ne s’associe pas à eux. Il « ne marche pas dans le conseil des méchants, et ne se tient pas dans le chemin des pécheurs » (Psaume 1:1). Au contraire, il a horreur de ces mauvaises actions, il blâme et châtie le méchant.

 

 

2                        David, le second roi est reconnu roi par tout Israël — 2 Samuel 5 ; 1 Chroniques 11-12

Bonne Nouvelle  1893 n° 6 pages 111 à 116

Qu’arriva-t-il à David après la mort d’Ish-Bosheth ? Eut-il encore à combattre pour soumettre les autres tribus d’Israël ?

— Non, « toutes les tribus d’Israël vinrent vers David à Hébron, et parlèrent, disant : Voici, nous sommes ton os et ta chair » (2 Samuel 5:1). Ils voulaient dire qu’ils étaient tout à fait de son côté. « Autrefois », continuèrent-ils, « quand Saül était roi sur nous, c’était toi qui faisais sortir et qui faisais entrer Israël » (c’est-à-dire, tu commandais les armées d’Israël) ; « et l’Éternel t’a dit : Tu paîtras mon peuple Israël, et tu seras prince sur Israël. Et tous les anciens d’Israël vinrent vers le roi à Hébron ; et le roi David fit alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel ; et ils oignirent David pour roi sur Israël ».

— Quelque chose m’étonne. Tout le temps ces Israélites savaient que Saül et sa maison étaient rejetés de l’Éternel et que David était le vrai roi, et c’est seulement maintenant qu’ils viennent vers lui et le reconnaissent pour roi.

— Ils n’étaient pas des hommes de foi comme ceux qui s’étaient joints à David quand il était persécuté. Les motifs qui les faisaient agir du vivant de Saül et d’Ish-Bosheth étaient tout à fait humains. Ils avaient autrefois choisi Saül et ils croyaient devoir lui rester fidèles, sans se demander quelle était la volonté de Dieu. Leur orgueil les empêchait de s’attacher à un roi fugitif ; ils étaient comme Nabal. On rencontre maintenant aussi bien des personnes que des sentiments charnels, comme l’orgueil et la propre justice, empêchent de reconnaître Jésus, l’humble Jésus qui fut crucifié, comme leur Sauveur et Seigneur. C’était le cas des Juifs et des sages de ce monde dont parle Paul en 1 Corinthiens 1:20-24.

— Alors, quand ils viennent à Hébron vers David pour l’oindre comme roi, ils sont convertis, ainsi que nous dirions ?

— Oui. Dieu leur a ôté leurs appuis humains, Abner et Ish-Bosheth, et il leur a rappelé qu’autrefois David les conduisait à la victoire contre leurs ennemis, et que c’était lui que Dieu avait désigné pour être le berger et le conducteur d’Israël. Et c’est ainsi que maintenant Dieu ouvre aussi les yeux des pauvres pécheurs qui étaient sous la puissance de Satan, et les amène à Jésus, le grand capitaine de notre salut et le souverain berger des brebis (Actes 26:18 ; Hébreux 2:10 ; 13:20).

— Ce dut être un grand bonheur pour David de voir son peuple se soumettre ainsi à lui.

— Assurément. Il pouvait bénir l’Éternel et dire : « Éternel ! le roi se réjouira en ta force, et combien s’égayera-t-il en ton salut ! Tu lui as donné le désir de son cœur, et tu ne lui as pas refusé la requête de ses lèvres. Car tu l’as prévenu par des bénédictions excellentes ; tu as mis sur sa tête une couronne d’or fin » (Ps. 21:1-3). Il voyait autour de lui, non seulement les vaillants hommes qui, pleins de foi, s’étaient joints à lui au désert et avaient persévéré avec lui dans ses épreuves, et dont nous avons parlé (1 Chron. 11:15-47 ; 12:8-18) ; non seulement ceux qui étaient venus le rejoindre à Tsiklag (1 Chron. 12:1-7 et 19-22) ; mais de toutes les tribus des milliers et des milliers de guerriers vinrent proclamer sa royauté, « lui transférer le royaume de Saül, selon le commandement de l’Éternel ». Tous étaient de vaillants hommes, mais il y avait des qualités diverses parmi ceux qui composaient cette armée de Dieu. Les uns étaient des gens de renom dans leur tribu, d’autres avaient été choisis exprès pour établir David roi ; les fils d’Issacar étaient intelligents pour discerner les temps et guider Israël par leurs conseils ; ceux de Zabulon avaient des munitions de guerre et n’avaient point un cœur double — bien bel éloge, n’est-ce pas ? Les Rubénites, les Gadites et ceux de la demi tribu de Manassé d’au-delà du Jourdain, venaient aussi avec des armes de guerre ; les hommes des tribus de Dan, de Nephtali et d’Aser, préparés pour la guerre, affluaient avec leurs frères des autres tribus. Des Lévites et des sacrificateurs étaient aussi là, en grand nombre. Il y avait à côté des fils de Juda et de Siméon des fils de Benjamin, frères de Saül. Les rivalités avaient disparu, les querelles et les combats avaient cessé, tous ces hommes de guerre venaient « à Hébron d’un cœur droit, pour établir David roi sur tout Israël » ; et aussi tout le reste d’Israël — ceux qui n’avaient pas pu se joindre à eux — était d’un seul cœur avec eux pour donner la royauté à David.

— Quelle différence avec le temps où David fuyait de lieu en lieu devant Saül, ou celui où Joab et son armée combattaient contre Abner et les autres Israélites !

— En effet. Et d’un autre côté les compagnons de David, heureux aussi et pleins de cordialité, avaient préparé tout ce qu’il fallait pour recevoir les nouveaux arrivants. Des tribus même éloignées, on avait envoyé des vivres en abondance de sorte qu’il y avait une grande joie en Israël. Ils restèrent ainsi ensemble trois jours, mangeant, buvant et se réjouissant. Tout était dans l’ordre voulu de Dieu et, dans ce cas, on ne peut qu’être heureux. C’est ainsi que les premiers chrétiens, lorsqu’ils n’avaient qu’un cœur et qu’une âme, étaient aussi plein de joie (Actes 2:46).

— Quelle belle fête pour les Israélites et pour David !

— Elle n’est que l’ombre d’une fête bien autrement glorieuse décrite au Psaume 110. C’est quand l’Éternel dira à Christ : « Domine au milieu de tes ennemis ! Ton peuple sera [un peuple] de franche volonté, au jour de ta puissance, en sainte magnificence. Du sein de l’aurore te [viendra] la rosée de ta jeunesse », c’est-à-dire que, de même qu’à l’aurore la rosée se répand sur la terre, de même quand paraîtra Christ, le Soleil de justice, alors Israël fidèle, comme un peuple nouveau, brillant de jeunesse, se rangera autour de Lui.

— C’est quand Jésus reviendra établir son règne sur le terre, n’est-ce pas ? Et nous viendrons avec Lui. Quel bonheur de voir le Seigneur reconnu par tous comme le Roi de gloire !

— Oui. Jésus qui a été rejeté, couvert d’opprobres et crucifié, sera enfin reconnu par Israël comme son Messie et son Roi (Zacharie 12:10). En attendant, Il est dans le ciel à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur et notre grand souverain sacrificateur. Toutes choses sont placées sous ses pieds, mais Il ne règne pas encore de façon visible, Il attend (Hébreux 2:9 ; 10:12-13 ; 8:1). Nous sommes son peuple céleste et il demande de nous un cœur droit, humble, obéissant, qui cherche sa gloire et qui le suit, en s’attachant aux choses qui sont en haut. Nous n’avons pas, comme les Israélites, à livrer des combats à des hommes de chair et de sang, mais au monde et au prince de ce monde, Satan, qui cherche toujours à nous entraîner dans le péché. Et de même que, dans ceux qui étaient venus vers David, il y avait des qualités différentes — les uns combattant, les autres enseignant et d’autres encore apportant des provisions — de même, parmi le peuple chrétien, le Seigneur a donné des évangélistes qui luttent contre la forteresse de Satan en prêchant l’évangile, des docteurs qui enseignent et des pasteurs pour nourrir le troupeau des vérités de la parole (Éphésiens 4:11).

— Mais que peut faire quelqu’un de jeune comme moi ?

— Ne penses-tu pas que, quand les Israélites se rassemblaient, il n’y avait pas dans les familles des compagnons de David à Hébron, des femmes, des jeunes filles, des petites filles et des jeunes gens qui étaient tout heureux d’apporter du pain, des fruits, peut-être un peu d’eau, à ceux qui venaient de loin et étaient fatigués ? J’en suis bien sûre. Chacun pouvait faire quelque chose. Il en est de même maintenant. Parmi le peuple chrétien, chacun a son service, et même quelqu’un comme toi, s’il a du cœur pour le Seigneur, trouvera bien le moyen de montrer par sa complaisance, son amabilité, sa disposition à rendre service à ceux qui l’entourent. Nous parlerons la prochaine fois de ce que fit David en tout premier lieu après avoir été établi roi sur tout Israël.

 

 

3                        David prend la forteresse de Sion — 2 Samuel 5:6-9 ; 6 ; 1 Chroniques 11:4-9 ; 13 ; 15 et 16

1893 n° 7 pages 121 à 129

Après avoir été établi roi, David avait à cœur de chercher l’arche de l’Éternel et de la placer là où Dieu le lui montrerait. Tu te rappelles ce qu’était l’arche et ce qui lui était arrivé.

— Oui, l’arche était le trône de l’Éternel. Les Philistins l’avaient prise dans une bataille parce que les Israélites étaient méchants, mais ils furent obligés de la renvoyer à cause des maladies dont Dieu les frappait (1 Samuel 5 ; 6 ; 7:1).

— C’est bien cela. L’arche était aussi le signe de l’alliance de Dieu avec son peuple. Mais elle ne fut pas rapportée dans le tabernacle à Silo. Elle resta à Kiriath-Jéarim dans la maison d’Abinadab. Tout était ainsi en désordre et rappelait le péché d’Israël, car la place de l’arche était dans le lieu très saint et il ne semble pas que Saül ait eu à cœur de l’y replacer. Il n’est même pas fait mention de l’arche pendant son règne. Mais David était l’homme selon le cœur de Dieu, il aimait l’Éternel. Aussi une de ses premières pensées fut de ramener l’arche. « Ramenons à nous l’arche de notre Dieu », dit-il au peuple, « car nous ne l’avons pas consultée aux jours de Saül » (1 Chroniques 13:3).

— Est-ce qu’on ramena l’arche à Silo ?

— Non, l’Éternel avait choisi un autre endroit et il dirigea son serviteur David pour préparer le lieu où il voulait mettre son nom.

— C’est Jérusalem, n’est-ce pas ?

— Oui. Mais Jérusalem était encore souillée par la présence des Cananéens. Cette ville appartenait aux Jébusiens, un des peuples de Canaan que les Israélites devaient détruire à cause de leurs iniquités et avec qui ils ne devaient pas traiter alliance (Deutéronome 7:2). Jérusalem était sur la frontière des deux tribus de Juda et de Benjamin, mais elle était dans le lot attribué à cette dernière tribu. Après la mort de Josué, quand les Israélites eurent à prendre vraiment possession du pays, les fils de Juda s’emparèrent bien de Jérusalem (Juges 1:8 ; quand il est dit « les fils de Juda » ou « de Benjamin », il faut bien comprendre que cela veut dire les descendants de ces patriarches). Mais ni eux ni les fils de Benjamin ne purent prendre la forteresse de Jérusalem située sur le mont Sion autour duquel la ville était construite. Elle resta entre les mains des Jébusiens qui habitèrent avec les fils de Juda et de Benjamin (Josué 15:63 ; Juges 1:21). C’était un grand mal car c’était contre la volonté de Dieu, et un grand piège, car ils étaient en danger d’être entraînés dans les idolâtries abominables des Cananéens (Juges 3:5-7).

— Pourquoi donc les fils de Juda et de Benjamin ne chassèrent-ils pas les Jébusiens puisque l’Éternel l’avait commandé ?

— C’est parce que la confiance en l’Éternel leur Dieu leur manqua. Ils perdirent ainsi leur force et se lassèrent de combattre et trouvèrent plus commode de s’arranger avec les nations qu’ils auraient dû détruire. Ils oublièrent ce que Josué, avant de mourir, leur avait dit : « L’Éternel, votre Dieu, les chassera devant vous, et les dépossèdera devant vous ; et vous prendrez possession de leur pays, comme l’Éternel, votre Dieu, vous l’a dit » (Josué 23:5). Tu vois qu’ils avaient pour eux la ferme parole de Dieu ; en se confiant en Lui, ils auraient certainement vaincu les Jébusiens, quelque forts qu’ils fussent. Ils auraient dû suivre l’exemple de Caleb (Josué 14:6-15), qui dit, en parlant des villes fortes et des géants : « Je les dépossèderai, comme l’Éternel l’a dit ». Si nous voulons être forts pour résister aux tentations, il faut mettre notre confiance en Dieu et dans sa parole.

— Ainsi, au temps de David, les Jébusiens étaient encore là.

— Oui. Saül qui avait toujours à lutter contre les Philistins et qui occupa son temps à lutter contre David, ne pensa même pas à chasser ces ennemis qui demeuraient au cœur du pays. Mais David ne voulut plus les tolérer. Devenu roi, entouré de son armée et de ses vaillants chefs et, de plus et surtout, agissant selon la pensée de Dieu, il marcha contre les Jébusiens. Ceux-ci, se confiant dans la position forte de la citadelle située sur une colline escarpée et d’accès difficile, se moquèrent de David. Ils lui dirent : « Tu n’entreras point ici ; mais les aveugles et les boiteux te repousseront » (2 Samuel 5:6).

— Que voulaient-ils dire par là ?

— Leur position était si forte par elle-même que, quand même ils seraient des aveugles et des boiteux, c’est-à-dire des hommes impuissants pour combattre, David n’entrerait pas dans leur forteresse. Alors David dit : « Quiconque frappera les Jébusiens et atteindra le canal, et les boiteux et les aveugles qui sont haïs de l’âme de David... sera chef et capitaine » (2 Samuel 5:8 ; 1 Chroniques 11:6). Le canal était sans doute le point par lequel on pouvait pénétrer dans la forteresse.

— Et ces aveugles et ces boiteux, c’étaient les Jébusiens, n’est-ce pas ? Mais pourquoi est-il dit qu’ils étaient haïs de l’âme de David ?

— C’est parce qu’ils s’opposaient à Dieu en résistant au roi que l’Éternel avait établi.

— Mais nous ne devons haïr personne, n’est-ce pas ?

— Non. Nous ne sommes pas sous la loi qui juge et qui condamne. Nous vivons sous le régime de la grâce apportée par le Seigneur Jésus qui pardonnait à ses ennemis, qui est mort pour nous qui étions ennemis de Dieu et qui nous a dit : « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5:44). Mais il y a une chose que nous devons haïr comme Jésus la haïssait, c’est le mal, quel qu’il soit. L’apôtre dit : « Ayez en horreur le mal, tenez ferme au bien » (Romains 12:9). D’après les paroles de David, on fit une sorte de proverbe : « L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison », ce qui ne veut pas dire que nous ne devons pas accueillir les pauvres aveugles et les misérables boiteux ; bien au contraire. Mais l’on ne doit pas frayer avec ceux qui notoirement sont ennemis de Dieu comme les Jébusiens, ni les recevoir.

— Qui monta le premier contre les Jébusiens ?

— Ce fut Joab, dont nous avons déjà parlé. C’était un homme habile et énergique, mais pas un homme de Dieu, bien que l’Éternel se servît de lui. Il devint chef de l’armée et, plus d’une fois, imposa sa volonté à David. Peut-être eut-il mieux valu que David, plein de foi comme il l’était en combattant Goliath, fût monté lui-même le premier et demeurât seul chef de l’armée et ne donnât pas à Joab des droits sur lui. Quoi qu’il en soit, le dessein de Dieu s’accomplit : la forteresse de Sion fut prise, David vint y habiter et on l’appela la ville de David. Il bâtit dans l’intérieur de la forteresse et tout autour, et Joab releva le reste de la ville. Jérusalem, qui comprenait dans son enceinte le mont Sion, devint ainsi le siège de la royauté et aussi le lieu où l’Éternel voulait établir son trône et mettre son nom (1 Rois 11:13 ; 2 Chroniques 6:6). Et depuis les yeux et le cœur de l’Éternel ont toujours été là (2 Chroniques 7:16).

— Il n’y a pas de ville plus remarquable qu’elle, n’est ce pas ? Elle est si ancienne et je crois qu’elle doit subsister jusqu’à la fin. Et puis c’était là que l’Éternel avait son temple, et surtout le Seigneur Jésus y a été bien souvent et y est mort.

— En effet, les plus grandes et les plus célèbres cités que l’histoire mentionne, n’ont pas une gloire qui approche celle de Jérusalem, bien qu’elle ait été abaissée jusque dans la poussière. Il en est de même pour Israël qui, malgré sa petitesse relative au milieu des nations, n’en est pas moins aux yeux de Dieu plus grand qu’aucun peuple de la terre, car il est le peuple de Dieu au sein duquel est né le Sauveur. Comme le dit Ésaïe c’est « une nation répandue loin et ravagée… un peuple merveilleux dès ce temps et au-delà… vers une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds » (Ésaïe 18:2, 7). Mais revenons à Jérusalem, la ville sainte, la ville du grand Roi, de l’Éternel des armées, belle dans son élévation, la joie de toute la terre, parfaite en beauté (Psaume 48 ; Lamentations de Jérémie 2:15 ; Matthieu 4:5). C’est ainsi que Dieu la voit et que le fidèle d’autrefois la contemplait. Et elle reste toujours telle aux yeux de Dieu. Si elle fut ruinée et désolée à cause des péchés d’Israël, elle renaîtra avec une splendeur qui dépassera ses plus beaux jours d’autrefois (Ésaïe 60:15-22 ; 65:18, 25). Nous devons nous souvenir que Jérusalem, qu’il s’agisse d’avertissement, de châtiment ou de promesses, est souvent prise pour le peuple entier. Elle le représente. Elle est aussi appelée la fille de Sion, du nom de la forteresse qui la dominait et qui devint la demeure de David, le roi choisi de Dieu.

— Est-ce que la Bible nous dit quand Jérusalem fut fondée ?

— Non. Nous savons qu’elle existait du temps de Josué et se nommait alors Jébus (Josué 15:8). On pense que c’est la même ville qui est appelée Salem dans la Genèse et dont Melchisédec était le roi (Genèse 14:18), car dans un psaume il est dit : « Dieu est connu en Juda, son nom est grand en Israël ; et son tabernacle est en Salem, et son domicile en Sion » (Psaume 76:1-2). Nous voyons donc quelle est son ancienneté. Elle a passé par bien des vicissitudes ; elle a été assiégée, prise et brûlée bien des fois, mais tandis que les antiques et grandes cités de Babylone et de Ninive, bien plus étendues qu’elle, gisent toujours dans la poussière, Jérusalem s’est toujours relevée. Maintenant, à cause des péchés d’Israël, elle est encore foulée aux pieds par les nations (Luc 21:24). Mais quand les temps des nations seront accomplis, qu’Israël aura reconnu Christ pour son Messie et son Roi, Jérusalem sortira de son abaissement ; le temple de l’Éternel sera en elle ; elle sera alors ce que nous avons dit, une ville resplendissante de beauté, d’une richesse sans égale, l’ornement de toute la terre, et son nom sera : « L’Éternel est là » (Ézéchiel 48:35).

— Je comprends mieux l’attachement des Juifs à leur ville de Jérusalem. Ils vont pleurer tous les ans auprès des pierres qui restent encore des fondations du temple.

— C’est vrai. On les voit, venus de divers pays et se lamentant sur la ruine de leur ville sainte. Cela rappelle les accents si touchants du Psalmiste : « Ô Dieu ! Les nations sont entrées dans ton héritage ; elles ont profané ton saint temple ; elles ont mis Jérusalem en monceaux de pierres… Nous avons été en opprobre à nos voisins, en risée et en raillerie auprès de nos alentours. Jusques à quand, ô Éternel ? Seras-tu en colère à toujours ? » (Psaume 79:1, 4-5. Comme cela exprime bien les sentiments des Juifs en tant de lieux ! Et comme les paroles suivantes nous disent l’amour qu’ils portent à Jérusalem : « Auprès des fleuves de Babylone, là nous nous sommes assis, et nous avons pleuré quand nous nous sommes souvenus de Sion. Aux saules qui étaient au milieu d’elle nous avons suspendu nos harpes. Car là, ceux qui nous avaient emmenés captifs nous demandaient des cantiques… Chantez-nous un des cantiques de Sion. Comment chanterions-nous un cantique de l’Éternel sur un sol étranger ? Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma droite s’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens de toi, si je n’élève Jérusalem au-dessus de la première de mes joies ! » (Psaume 137:1-6).

— C’est bien beau, mais je suis étonnée que les Juifs qui aiment ainsi Jérusalem et qui lisent les Écritures, ne se soient pas demandés le pourquoi de cette désolation.

— L’apôtre Paul nous dit que leurs entendements ont été endurcis, qu’un voile demeure sur leurs cœurs quand ils lisent l’Écriture. C’est à cause de leur péché d’avoir rejeté Christ. Il faut qu’ils se repentent et que leur cœur se tourne vers le Seigneur, alors le voile sera levé (2 Corinthiens 3:14-16). Alors se réalisera ce qui est écrit au Psaume 102 versets 13 à 15 : « Tu te lèveras, tu auras compassion de Sion ; car c’est le temps d’user de grâce envers elle, car le temps assigné est venu. Car tes serviteurs prennent plaisir à ses pierres, et ont compassion de sa poussière. Alors les nations craindront le nom de l’Éternel, et tous les rois de la terre, ta gloire » ((Psaume 102:13-15). Ce sera le temps heureux du règne de Jésus, où l’Éternel essuiera les larmes de tout visage et ôtera l’opprobre de dessus son peuple (Ésaïe 25:8 ; 65:19).

 

 

4                        L’arche et la construction d’un temple

4.1   David veut amener l’arche en Sion, Uzza est frappé de mort, victoires de David sur les Philistins — 2 Samuel 6:1-11 ; 1 Chroniques 13 et 14

Bonne Nouvelle  1893 n° 8 pages145 à 152

David amena-t-il l’arche de l’Éternel à Jérusalem aussitôt qu’il eut pris la forteresse ?

— C’était son désir. Il avait préparé une tente à Sion qui est la ville de David pour l’y placer et, pour accomplir cet acte solennel, il convoqua tout Israël avec les sacrificateurs et les Lévites. Ainsi lui et tout son peuple, parmi lesquels il y avait trente mille hommes d’élite, se rendirent à Kiriath-Jéarim où, depuis des années, après que Dieu l’eut ramenée de chez les Philistins, l’arche était restée dans la maison d’Abinadab (1 Samuel 7:1-2), oubliée pour ainsi dire d’Israël.

— Mais David ne l’avait pas oubliée et il voulait l’avoir près de lui, dans sa maison, n’est-ce pas ?

— Oui, David tenait à l’arche de tout son cœur parce que c’était le trône de l’Éternel, le signe de sa présence au milieu de son peuple. Or David aimait l’Éternel (Ps. 18:1, 116:1), et jouissait du bonheur d’être en sa présence. « Éternel ! » dit-il, « J’ai aimé l’habitation de ta maison, et le lieu de la demeure de ta gloire » (Ps. 26:8), et d’autre part : « J’ai demandé une chose à l’Éternel, je la rechercherai : [c’est] que j’habite dans la maison de l’Éternel tous les jours de ma vie, pour voir la beauté de l’Éternel et pour m’enquérir diligemment [de lui] dans son temple » (Ps. 27:4).

— Quelle belles paroles ! Mais il n’y avait pas de signe extérieur de la présence de Dieu comme autrefois la nuée sur le tabernacle.

— C’est vrai, mais Dieu avait dit : « Je me rencontrerai là avec toi, et je parlerai avec toi de dessus le propitiatoire, d’entre les deux chérubins qui seront sur l’arche du témoignage » (Exode 25:22). La foi et le cœur de David avaient bien saisi cette parole et pour lui, comme pour tout fidèle d’Israël, l’Éternel siégeait toujours entre les chérubins. Le nom de l’Éternel, c’est-à-dire sa présence, était là. Le tabernacle sans l’arche ne possédait pas la présence de l’Éternel. Que ce fût chez les Philistins ou chez Abinadab ou plus tard en Sion, l’Éternel siégeait entre les chérubins (1 Samuel 4:4 ; 2 Samuel 6:2 ; Psaume 80:1 ; 2 Rois 19:15).

— C’était bien précieux pour David et pour tous les Israélites d’avoir ainsi la certitude de la présence de l’Éternel au milieu d’eux. Nous n’avons pas un tel bonheur, nous n’avons pas d’arche.

— Tu te trompes, nous avons même davantage. Ne te souviens-tu pas des paroles du Seigneur Jésus : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » et encore : « Je suis avec vous jusqu’à la consommation du siècle » (Matthieu 18:20 ; 28:20). Jésus est notre arche sainte. C’est autour de Lui que les croyants ont à se rassembler, comme autrefois les Israélites autour de l’arche ; et nous avons à croire sa parole qui nous assure qu’il est tous les jours avec nous. Nous jouissons ainsi de sa présence, de la présence de Dieu.

— Quand nos cœurs sont avec Jésus, ils sont en la présence de Dieu.

— Oui, car la connaissance de la gloire de Dieu luit dans la face de Jésus Christ (2 Corinthiens 4:6).

— Ainsi David et Israël allèrent chercher l’arche de l’Éternel à Kiriath-Jéarim. Comment l’amenèrent-ils à Sion ?

— Ce fut d’abord avec une grande joie, mais cette joie fut bientôt troublée.

— Firent-ils quelque chose de mal ?

— Aux yeux des hommes, tout allait très bien. David était rempli de zèle et de bonne volonté et désirait vraiment honorer l’Éternel. Mais il négligea de consulter la parole de Dieu quant à la manière de transporter l’arche, et suivit ses propres pensées. Or Dieu veut régler tout lui-même dans ce qui concerne son service, et les hommes n’ont pas à y introduire même ce qui leur semble le plus à propos. La faute de David eut une triste conséquence. Te rappelles-tu ce que firent les Philistins quand ils renvoyèrent l’arche ?

— Ils la placèrent sur un chariot neuf traîné par deux jeunes vaches. Et sans être conduites, elles prirent d’elles-mêmes le chemin d’Israël.

— Ce que firent les Philistins convenait bien à un peuple païen qui ignorait la parole de Dieu, et qui voulait honorer et apaiser le Dieu terrible qui les avait frappés. Mais David n’avait pas à imiter les Philistins. Il aurait dû se demander : « Comment l’Éternel veut-il que son arche soit transportée ? » et l’Écriture lui aurait montré que c’était aux Lévites de la famille de Kehath qu’appartenait l’honneur de porter l’arche sur leurs épaules. Dieu les avait désignés pour cela (Deutéronome 10:8, Nombres 7:9). Ainsi, nous n’avons pas à avoir seulement la bonne volonté de servir Dieu ; il faut le servir de la manière que sa parole prescrit. Au lieu de suivre l’ordonnance de Dieu, David fit placer l’arche sur un chariot neuf comme l’avaient fait les Philistins. On l’attela de bœufs et Uzza et Akhio, fils d’Abinadab, le conduisirent. Ce dernier était à la tête des bœufs et Uzza marchait à côté du chariot. David et toute la maison d’Israël suivaient au son des instruments de musique et s’égayaient de toute leur force.

— Ce devait être une bien belle fête.

— Oui, mais qui devait être interrompue par le deuil et la tristesse parce que David n’avait pas suivi l’ordre de la parole de Dieu. Comme le joyeux cortège était en route, arrivés près d’une aire appartenant à un certain Nacon, les bœufs glissèrent. Uzza, traitant l’arche comme une chose humaine, craignit qu’elle ne tombe et voulut la soutenir. Cela aussi pouvait paraître une bonne chose d’empêcher l’arche précieuse de tomber ; mais c’était en réalité manquer de foi en la puissance de Dieu pour maintenir sa gloire et y substituer la force de l’homme, comme si l’Éternel n’était pas capable de prendre soin lui-même de son trône. C’était un acte profane, car nul ne devait porter la main sur le trône de Dieu. Les Lévites eux-mêmes ne devaient la porter qu’avec des barres et ne pas la toucher sous peine de mort (Nombres 4:15). L’acte d’Uzza ne resta pas impuni. « La colère de l’Éternel s’embrasa contre Uzza, et Dieu le frappa là à cause de sa faute », nous est-il dit. « Il mourut là, près de l’arche de Dieu ». Uzza porta le châtiment de sa faute, mais si d’abord David avait suivi la parole de Dieu, cela ne serait pas arrivé.

— Je vois combien il est important d’obéir à Dieu en tout si l’on ne veut pas s’exposer à son jugement. David dut être bien affligé.

— Il le fut, en effet, car il avait à cœur la gloire de Dieu, et il voyait bien la faute qu’Uzza avait commise. Il nomma cet endroit « Pérets-Uzza », c’est-à-dire la brèche d’Uzza, pour conserver le souvenir de cette manifestation de la puissance de Dieu en jugement. Les Israélites qui passaient là devaient ainsi se rappeler que Dieu est un Dieu jaloux de sa gloire et qu’il demande l’obéissance. Mais un autre sentiment saisit David. La majesté du Dieu saint et tout puissant le remplit de frayeur. Il sentit qu’il était pécheur, et dans cette pensée de son indignité devant Lui, il dit : « Comment l’arche de l’Éternel entrerait-elle chez moi ? »

— C’est comme quand Pierre, dans la barque avec Jésus, fut saisi de frayeur et s’écria : « Seigneur, retire-toi de moi ; car je suis un homme pécheur » (Luc 5:8). Mais Jésus lui fit grâce et lui dit : « Ne crains pas ». Alors Pierre, au lieu que Jésus se retirât de lui, eut le bonheur de rester toujours avec Lui.

— C’est bien que tu te souviennes de la grâce de Jésus envers les pécheurs qui reconnaissent leur indignité. David avait à apprendre la miséricorde de l’Éternel et ses compassions qui sont sur toutes ses œuvres (Ps. 145:9).

— Que fit-il de l’arche puisqu’il n’osait pas la faire entrer dans sa maison ?

— Il la fit conduire dans la maison d’un certain Obed-Édom qui était Lévite (1 Chron. 15:18, 21, 24 ; 16:5, 38 ; 26:4-8 ; Rapprochez le verset 5 de 1 Chron. 13:14). « Et l’arche de l’Éternel demeura trois mois dans la maison d’Obed-Édom, le Guitthien ; et l’Éternel bénit Obed-Édom et toute sa maison ». Quand on reçoit le Seigneur avec un cœur humble et simple, il apporte avec Lui la bénédiction. Vois par exemple la maison de Marthe et de Marie à Béthanie. Le Seigneur y fut reçu, et quelle bénédiction il y apporta ! Marie écoutait sa parole à ses pieds, et il ressuscita leur frère Lazare (Luc 10:38-42 ; Jean 11). Puissions-nous être comme Obed-Édom et recevoir le Seigneur Jésus dans nos cœurs ! Il aime faire sa demeure chez ceux qui l’aiment et gardent sa parole (Jean 14:21, 23).

— Pauvre David ! Lui qui avait mis tant de cœur à chercher l’arche et à lui préparer une demeure.

— Dieu voulait l’instruire et détruire en lui sa propre volonté afin qu’il s’attache uniquement à sa parole. Après cette attente de trois mois, il eut la joie d’accomplir son dessein et d’amener l’arche en Sion. « Dieu », dit l’Écriture, « nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté » (Héb. 12:10). Nous verrons une autre fois comment David vit se réaliser le désir de son cœur. En attendant, il s’établit à Jérusalem. « Il grandissait de plus en plus », nous est-il dit, car « l’Éternel, le Dieu des armées, était avec lui » (2 Samuel 5:10).

— Ainsi, malgré sa faute, Dieu ne l’abandonnait pas.

— Non, « il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même » (2 Timothée 2:13), quand bien même nous manquons. Dieu avait choisi David pour être le plus élevé des rois de la terre (Ps. 89:19-28), et il avait dit : « Je lui garderai ma bonté à toujours ». Ainsi, selon sa promesse, l’Éternel était avec lui. Des rois étrangers le respectaient, et l’un d’eux, Hiram, roi de l’opulente ville de Tyr, lui envoya des messagers et ensuite des bois de cèdre avec des charpentiers et des tailleurs de pierre pour les murailles, et ils bâtirent une maison pour David.

— Pourquoi David prit-il des étrangers pour bâtir sa maison ? N’y avait-il pas parmi les Israélites des ouvriers capables de le faire ?

— Les Israélites étaient un peuple essentiellement agriculteur et ne s’occupaient guère d’industrie. Leurs maisons étaient simples dans leur structure ainsi que quant aux matériaux employés pour les construire. On n’aurait donc pas pu trouver parmi eux des ouvriers capables d’ériger des palais. Les Tyriens, au contraire, peuple de riches commerçants, avaient une ville ornée de maisons belles et luxueuses, de temples et de palais somptueux. Pour cela il fallait des architectes et des ouvriers habiles. Les Tyriens en avaient de tels, et c’est pourquoi David en prit pour bâtir sa maison. Salomon fit de même quand il voulut construire ses palais et le temple de l’Éternel. Pour en revenir à David, en se voyant ainsi honoré par un roi étranger et puissant, « il connut que l’Éternel l’avait établi roi sur Israël, car son royaume était haut élevé à cause de son peuple Israël » (1 Chroniques 14:2). Il se sentit affermi sur son trône. C’est à cause, ou pour l’amour de son peuple Israël que l’Éternel élève haut David. La gloire du roi rejaillit sur Israël, à qui Dieu avait fait les promesses. Et c’est ainsi que Dieu a haut élevé Jésus, et lui a donné un nom au-dessus de tout autre nom (Phil. 2:9-11), et la gloire de Jésus resplendit sur l’Église et l’illumine.

 

 

4.2   David amène l’arche en Sion — 2 Samuel 6:1-11:1 Chroniques 13-16

Bonne Nouvelle  1893 n° 9 pages 163 à 170

Deux faits nous montrent que David avait appris qu’il devait dépendre de l’Éternel et ne pas agir sans le consulter. Les Philistins, ces ennemis irréconciliables d’Israël, ayant su que David avait été établi roi sur tout le peuple, assemblèrent leurs armées pour le combattre. C’est ainsi que Satan cherche toujours à s’opposer à l’accomplissement des desseins de Dieu. David marcha contre les Philistins mais, avant d’engager le combat, il consulta Dieu qui lui dit : « Monte et je les livrerai en ta main ». Fortifié par cette parole, David attaqua ses ennemis et les vainquit. Dans leur déroute, les Philistins abandonnèrent leurs dieux en qui ils se confiaient, et David les fit brûler au feu. Il pouvait dire : « Que tous ceux qui servent une image taillée, qui se vantent des idoles, soient honteux » (Ps. 97:7).

— Les Philistins virent ainsi, une fois de plus, la puissance du Dieu d’Israël.

— Sans doute, mais le méchant cœur de l’homme s’endurcit même quand Dieu le frappe. Ainsi en fut-il du Pharaon d’Égypte ; ainsi en sera-t-il à la fin. Les hommes, sur qui tomberont les jugements de Dieu, s’endurciront aussi. La parole de Dieu dit : « Et les autres hommes qui n’avaient pas été tués par ces plaies, ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains, pour ne pas rendre hommage aux démons, et aux idoles d’or, et d’argent, et d’airain, et de pierre, et de bois » (Apocalypse 9:20.

— Ainsi les Philistins osèrent, malgré tout, attaquer encore David ?

— Oui. Leurs armées vinrent au même lieu où ils avaient été battus, dans la vallée des Réphaïm, ou géants, non loin de Gabaon. David, pour les rencontrer, ne se confia pas dans sa victoire précédente. « Il interrogea encore Dieu », nous est-il dit. Cette fois Dieu lui répondit : « Tu ne monteras pas après eux ; tourne autour d’eux, et tu viendras contre eux vis-à-vis des mûriers ; et aussitôt que tu entendras sur le sommet des mûriers un bruit de gens qui marchent, alors tu sortiras pour la bataille, car Dieu sera sorti devant toi pour frapper l’armée des Philistins » (1 Chroniques 14:14-15).

— Pourquoi Dieu dit-il cela à David ? Il aurait pu lui donner la victoire de la même manière que la première fois.

— Sans doute, mais Dieu voulait montrer à David que la victoire dépendait uniquement de Lui, et qu’elle serait le prix de l’obéissance à sa parole. « David fit comme Dieu lui avait commandé », et il battit complètement ses ennemis. C’est ainsi, en étant humblement dépendants de Dieu, que nous pourrons être vainqueurs de l’ennemi de nos âmes. Les victoires de David firent connaître son nom dans tous les pays alentour, et l’Éternel jeta la frayeur sur toutes les nations.

— Et alors David put tranquillement s’occuper du transport de l’arche à Sion ?.

— Oui. David avait vu que, bien loin d’être un sujet de terreur, la présence de l’arche dans la maison d’Obed-Édom y avait amené la bénédiction. Ses victoires sur les Philistins lui avaient aussi montré que l’Éternel est avec ceux qui sont soumis à sa parole. Il fut donc rempli de confiance et se prépara à accomplir le désir de son cœur, d’amener l’arche dans la demeure qu’il lui avait préparée en Sion.

— David était alors bien heureux de n’avoir plus cette frayeur qui l’avait empêché d’abord d’avoir l’arche près de lui.

— Certainement. La bonté de Dieu, quand on la saisit, ôte la crainte du cœur. « L’amour parfait » — celui de Dieu connu et goûté — « chasse la crainte », dit l’apôtre Jean (1 Jean 4:18). Et David avait vu et expérimenté cette bonté de sorte qu’il n’avait plus peur. Dans un beau psaume David décrit les sentiments qui remplissaient son âme quand l’arche fut transportée. C’est le Psaume 132. En voici le commencement : « Éternel, souviens-toi de David, [et] de toutes ses afflictions ! Comment il a juré à l’Éternel, [et] fait un vœu au Puissant de Jacob : si j’entre dans la demeure de ma maison, si je monte sur le lit où je couche, si je permets à mes yeux de dormir, à mes paupières de sommeiller, jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour l’Éternel, des demeures pour le Puissant de Jacob ! ». David rappelle ici qu’il avait passé par beaucoup d’afflictions et de grandes épreuves quand il était poursuivi par Saül, et qu’ensuite il dut combattre jusqu’à ce qu’il fût roi sur tout Israël. Mais au milieu de toutes ses peines, il pensait à l’Éternel et à l’arche qu’Israël oubliait. David n’avait qu’une pensée, c’était la gloire de l’Éternel qui autrefois avait été retirée à Israël (1 Samuel 4:21-22). Et il avait juré de travailler sans relâche à ce qu’elle fût rétablie au milieu du peuple, et que le trône de l’Éternel, l’arche, y eût une demeure digne de Lui.

— Nous devrions aussi avoir à cœur la gloire du Seigneur Jésus, mais comment pouvons-nous y travailler ?

— La demeure où le Seigneur Jésus veut habiter, c’est notre cœur. Quand nous croyons en Lui, il le purifie et le remplit de son amour. Alors tout ce que nous ferons par paroles et par œuvres sera pour Lui, et c’est ainsi que nous le glorifierons (Éphésiens 3:16-20 ; Colossiens 3:14-17 ; Jean 14:23 ; 1 Corinthiens 6:19-20).

— Le psaume parle-t-il encore de l’arche ?

— Oui. Quand David fut roi, il voulut accomplir son dessein, et c’est ce que dit le psaume : « Voici, nous avons oui parler d’elle à Éphrata, nous l’avons trouvée dans les champs de Jaar ». Éphrata est la contrée où était située Bethléhem, le lieu de naissance de David (voir Michée 5:2). Jaar veut dire « forêt », et Kiriath-Jéarim signifie « ville des forêts », et David alla y chercher l’arche dans la maison d’Abinadab.

— Après que David l’eût trouvée là, l’arche fut mise sur un chariot neuf, et les bœufs ayant glissé, Uzza voulut retenir l’arche et l’Éternel le frappa de mort.

— David, instruit par la parole de Dieu, n’agit plus de même pour transporter l’arche de la maison d’Obed-Édom. Il dit : « Il ne convient pas que l’arche de Dieu soit portée par personne excepté les Lévites ; car l’Éternel les a choisis pour porter l’arche de Dieu et pour en faire le service à toujours » (1 Chroniques 15:2). Alors il fit venir les sacrificateurs Tsadok et Abiathar avec les chefs des Lévites, et il leur dit : « Vous êtes les chefs des pères des Lévites ; sanctifiez-vous, vous et vos frères, et faites monter l’arche de l’Éternel, le Dieu d’Israël, au lieu que je lui ai préparé. Car, parce que vous ne l’avez pas fait la première fois, l’Éternel, notre Dieu, a fait une brèche parmi nous ; car nous ne l’avons pas recherché conformément à l’ordonnance ». En même temps, David régla tout l’ordre du service des Lévites pour la célébration des louanges de l’Éternel avec des chants et des instruments de musique. Parmi les chantres qui furent établis par les chefs des Lévites pour diriger leurs frères, il y en a trois dont nous pouvons dire quelques mots. Te souviens-tu du nombre des fils de Lévi et de leurs noms ?

— Il y en avait trois qui se nommaient Kéhath, Guershom et Mérari (Genèse 46:11 ; Nombres 3:17). Et c’étaient les descendants de Kéhath qui avaient la charge de porter l’arche et la table et le chandelier d’or (Nombres 3:31).

— Les trois principaux chantres établis par les chefs des Lévites étaient Héman, Asaph et Éthan. Ils sont auteurs de quelques-uns des psaumes. Le premier était de la famille de Kéhath et petit-fils de Samuel (1 Chroniques 6:33). Il a écrit le psaume 88. Il est aussi appelé « le voyant (ou prophète) du roi dans les paroles de Dieu, pour exalter sa puissance » (1 Chroniques 25:5). Asaph, dont il est souvent question et qui est aussi appelé un voyant (2 Chron. 29:30), a écrit plusieurs psaumes : 50, 73 à 83. Son nom est associé à celui de David comme auteur des saints cantiques par lesquels on louait l’Éternel. Il était de la famille de Guershom (1 Chron. 6:39). Enfin Éthan, qui était descendant de Mérari (1 Chron. 6:44), a écrit le magnifique psaume 89.

— Ils étaient heureux d’être choisis pour célébrer Dieu par leurs chants.

— C’est vrai. Mais nous tous avons aussi ce privilège, et l’apôtre Paul nous recommande de nous entretenir « par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur au Seigneur » (Éphésiens 5:19). Seulement le culte du chrétien est en esprit et en vérité (Jean 4:23). Ce n’est pas un culte terrestre comme celui des Israélites, accompagné d’une grande pompe et de cérémonies magnifiques. Rien de semblable ne nous est prescrit dans le Nouveau Testament. Il nous est dit d’être rempli de l’Esprit et de chanter de notre cœur à Dieu (Colossiens 3:16), en « rendant toujours grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ ». Quand notre cœur connaît et goûte l’amour du Seigneur Jésus, il est rempli de joie et il chante.

— Il m’arrive souvent de penser à tout ce qu’il a fait pour moi et combien il est bon, et grand, et glorieux, et alors un de nos cantiques me revient à l’esprit et je le chante en moi-même. Et j’aime quand, à l’école du dimanche ou aux réunions, nous chantons tous ensemble ! Je pense alors combien ce sera beau lorsque nous serons autour du trône de l’Agneau, dans le ciel, et que nous chanterons ces cantiques nouveaux dont il est parlé (Apocalypse 5:9).

— Oui, ce sera beau. Notre culte sera alors parfait, comme le sera notre bonheur.

 

 

4.3   Le transport de l’arche en Sion — 2 Samuel 6 ; 1 Chroniques 13-16

Bonne Nouvelle  1893 n° 10 pages 184 à 191.

Voici comment l’arche fut transportée en Sion. Il n’arriva pas d’incident fâcheux car tout avait été disposé selon l’ordonnance de l’Éternel. Les sacrificateurs et les Lévites s’étant purifiés, ces derniers prirent l’arche de Dieu sur leurs épaules au moyen des barres qu’ils placèrent sur eux, comme Moïse l’avait commandé, selon la parole de l’Éternel. Puis David, les Lévites qui portaient l’arche et les chantres, tous vêtus de robes de lin, s’avancèrent vers Sion. David portait aussi un éphod de lin.

— Qu’est-ce qu’un éphod ?

— L’Éphod était une sorte de ceinture, consistant en deux rubans qui prenaient sur le cou, descendaient des épaules et se croisaient sur la poitrine, puis retournaient en arrière pour ceindre la robe. C’était comme une espèce d’écharpe. L’éphod était le signe distinctif des sacrificateurs.

— Mais David n’était pas sacrificateur.

— C’est vrai, mais David revêt ici, selon la pensée de Dieu, le caractère de roi et sacrificateur comme type du Seigneur Jésus. Le prophète Zacharie annonce que, dans un temps à venir, il y aura « un homme dont le nom est Germe, et il germera de son propre lieu, … et il bâtira le temple de l’Éternel. Lui, il bâtira le temple de l’Éternel, et il portera la gloire, et il s’assiéra, et dominera sur son trône, et il sera sacrificateur sur son trône » (Zacharie 6:12-13). Cet homme est le Seigneur Jésus qui sera, pour Israël repentant et rétabli dans sa terre, roi et sacrificateur pour le gouverner et le bénir.

— C’est comme Melchisédec, n’est-ce pas ? (Genèse 14:18-20 ; Hébreux 7:1-3). Et il est dit que nous sommes aussi rois et sacrificateurs (1 Pierre 2:9 ; Apocalypse 1:6).

— C’est vrai. Nous sommes associés à la dignité de notre précieux Sauveur (Apocalypse 4:4 ; 5:10 ; 2 Timothée 2:12).

— Et les saints dans le ciel sont vêtus de vêtements de lin blancs, comme David et les Lévites (Apocalypse 4:4 ; 7:9 ; 19:8, 14).

— Oui, tout ce qui se passait dans ce beau jour où l’on transportait l’arche en Sion, en signe de grâce et de bénédiction, était une ombre de ce jour infiniment plus beau où Jésus règnera avec ses rachetés, et où Israël et la terre entière seront bénis, où la paix et la justice domineront, où la bonté et la vérité se seront rencontrées, la justice et la paix s’entre-baiseront » (Psaume 85:10). Mais continuons l’histoire de David. Le roi, marchant en tête du cortège et transporté d’une sainte joie, dansait et sautait de toute sa force devant l’Éternel. Après lui venaient l’arche portée par les Lévites, puis les chantres faisant retentir l’air de leurs chants et des accords de leurs instruments de musique, et enfin Israël, le peuple entier, poussant des cris de joie en accompagnant le trône de son Roi, L’Éternel.

— Sais-tu à quoi cela me fait penser ? À cette joie du ciel dont il est parlé dans l’Apocalypse quand il est dit à propos des noces de l’Agneau : « Alléluia ! car le Seigneur, notre Dieu, le Tout-puissant, est entré dans son règne. Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-lui gloire » (Apoc. 19:6-7). C’est si beau de voir comme Dieu veut rendre heureux son peuple.

— En effet. Israël était heureux aux jours où l’arche entrait à Sion, mais cela ne dura pas longtemps. Israël et la terre seront dans la joie quand Jésus régnera, mais cela aussi prendra fin. La joie dans le ciel sera éternelle car le péché n’y sera plus. C’est la présence de Dieu seule qui remplit le cœur d’un bonheur réel (Ps. 16:11), et dans le ciel rien ne viendra entraver ou obscurcir la jouissance de cette présence. Mais la joie véritable qui résulte de la bénédiction divine produit l’adoration. Aussi nous voyons que le culte dû à l’Éternel n’était pas oublié. Quand les Lévites chargèrent l’arche sur leurs épaules, on sacrifia sept veaux en sacrifice à l’Éternel, et sept béliers comme sacrifice de prospérité. Puis quand les Lévites avaient fait six pas, David offrait un taureau et une bête grasse.

— L’Éternel était ainsi célébré et honoré par tout son peuple et par le roi qu’il avait choisi.

— Oui, et c’est ce que demande notre Dieu. C’est avec cette sainte pompe, bien différente des fêtes par lesquelles on honore les hauts faits des grands de la terre, que l’arche, le trône de l’Éternel, entra dans la cité de David et fut placée « dans la tente que David avait tendue pour elle ». On offrit encore des holocaustes et des sacrifices de prospérité, et David put alors dire ces paroles du Psaume : « Lève-toi, Éternel ! pour [entrer dans] ton repos, toi et l’arche de ta force » ! Et alors aussi, il exhorta le peuple d’Israël par ces paroles : « Entrons dans ses demeures, prosternons-nous devant le marchepied de ses pieds ». Puis il pria pour les sacrificateurs et le peuple, en disant : « Que tes sacrificateurs soient revêtus de justice, et que tes saints chantent de joie » (Psaume 132:7, 8, 9). As-tu compris pourquoi David disait : « Lève-toi, Éternel ! pour [entrer dans] ton repos, toi et l’arche de ta force » ?

— C’est peut-être parce que jusqu’alors l’arche n’avait pas eu de demeure fixe.

— C’est bien cela. Quand les Israélites étaient en marche dans le désert, l’arche allait avec eux de lieu en lieu (1 Chr. 17:5). Lorsqu’ils partaient, Moïse disait : « Lève-toi, Éternel ! et que tes ennemis soient dispersés, et que ceux qui te haïssent s’enfuient devant toi ! » (Nombres 10:35). Mais étant entrés dans le pays promis et, après bien des vicissitudes, maintenant qu’ils avaient pour roi l’homme selon le cœur de Dieu, l’arche pouvait avoir son lieu de repos, celui qui avait été choisi par l’Éternel lui-même. C’est ce qu’il dit dans ce beau psaume dont je t’ai parlé, en réponse à la prière de David. Lis depuis le verset 13 du psaume 132.

— « Car l’Éternel a choisi Sion ; il l’a désirée pour être son habitation : c’est ici mon repos à perpétuité ; ici j’habiterai, car je l’ai désirée ».

— L’Éternel n’oubliera jamais Sion bien qu’elle ait été ruinée à cause des péchés d’Israël. Mais Il ramènera son peuple, et Sion sera de nouveau sa demeure (Jérémie 31:1-6 ; Ésaïe 51:3). Les versets 15 et 16 nous diront comme Dieu répond aux prières en donnant plus même que nous ne demandons.

— « Je bénirai abondamment ses vivres, je rassasierai de pain ses pauvres ; et je revêtirai de salut ses sacrificateurs, et ses saints exulteront en chantant de joie ». C’est vrai. L’Éternel promet l’abondance même pour les pauvres ; les sacrificateurs sont l’objet de la délivrance, et il y a pour les saints une joie triomphante.

— Et c’est là ce que le Seigneur Jésus donne à ses bien-aimés. Sur la terre, il nourrissait les pauvres du troupeau (Matthieu 14:13-21 ; 15:32-39) ; Il nous a faits des sacrificateurs pour son Dieu et Père, après nous avoir sauvés parfaitement en nous lavant de nos péchés dans son sang (Apocalypse1:5-6), et il remplit nos cœurs d’une joie excellente en attendant que nous exultions dans le ciel (Jean 15:11 ; Philippiens 3:4 ; Apocalypse 19:7).

— Comme nous sommes heureux de connaître Jésus !

— Continuons l’histoire de David. L’arche de l’Éternel ayant ainsi été placée dans la tente, David voulut que tout le peuple qui avait assisté à la fête eût une part de ses bienfaits. Comme sacrificateur il le bénit au nom de l’Éternel, et comme roi il distribua des vivres à chacun. « Et il établit des Lévites devant l’arche de l’Éternel pour faire le service, et pour rappeler et célébrer et louer l’Éternel, le Dieu d’Israël » (1 Chron. 16:4). Puis il remit à Asaph, le chef des chantres, un beau cantique que l’on chante en ce jour-là pour la première fois, (ce cantique se compose des 15 premiers versets du psaume 105 ; du psaume 96 avec quelques changements, du commencement des psaumes 106:107:118 et 136, et des versets 47 et 48 du psaume 106). Il rappelle la grandeur de l’Éternel, les merveilles que dans le temps passé il accomplit pour Israël, il exhorte les peuples à adorer l’Éternel, et annonce sa venue pour juger la terre ; enfin il se termine par l’exhortation si belle et répétée souvent dans les psaumes : « Célébrez l’Éternel, car il est bon et sa bonté demeure à toujours… Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, de l’éternité jusqu’en éternité » ! À cette invitation, tout le peuple répondit en disant : « Amen » ! et loua l’Éternel.

— Ainsi toute cette belle fête s’était bien passée. Rien n’était venu la troubler. Combien David devait être rempli de bonheur !

— Bien certainement, car il aimait vraiment l’Éternel. Tout heureux d’avoir amené l’arche dans la tente qu’il avait préparée, il n’oublia pas le tabernacle qui était à Gabaon avec l’autel des holocaustes. Là il établit le sacrificateur Tsadok avec ses frères les sacrificateurs « pour offrir des holocaustes à l’Éternel sur l’autel de l’holocauste continuellement, matin et soir, et selon tout ce qui est écrit dans la loi de l’Éternel » (1 Chron. 16:40, Ex. 29:38-42). Nous voyons par là que David connaissait la loi donnée de Dieu par Moïse et s’appliquait à faire ce qu’elle prescrivait. David désigna aussi des Lévites ayant à leur tête Héman et Jéduthun afin qu’ils soient devant le tabernacle et l’autel « pour célébrer l’Éternel, parce que sa bonté demeure à toujours ». Le culte de l’Éternel ainsi rétabli, le peuple s’en alla, chacun dans sa maison, et David s’en retourna pour bénir sa maison. Mais là un grand chagrin l’attendait.

— C’est bien étrange, après tout ce que David avait fait, que Dieu permit que sa joie soit troublée. Qu’arriva-t-il ?

— Comme le cortège qui accompagnait l’arche entrait dans la ville, la femme de David, Mical, fille de Saül, regarda par la fenêtre et vit le roi sautant et dansant devant l’Éternel, et elle le méprisa dans son cœur. Quand donc David s’en retourna pour bénir sa maison, Mical vint au devant de lui et dit avec ironie : « Combien s’est honoré aujourd’hui le roi d’Israël, qui s’est découvert aujourd’hui devant les yeux des servantes de ses serviteurs, comme se découvrirait sans honte un homme de rien ! » (2 Samuel 6:20). Elle aurait voulut, sans doute, que David marchât glorieusement en tête du cortège, vêtu d’habits royaux et la couronne en tête. Elle ne comprenait pas qu’en un tel jour, toute la gloire devait revenir à l’Éternel, et que même le roi devait Lui céder la place et prendre devant Lui une position d’humilité.

— C’était bien mal à elle. Elle aurait dû elle aussi être heureuse de voir l’arche ramenée en Sion et louer l’Éternel. Mais je pense qu’elle n’aimait pas l’Éternel comme David. Qu’est-ce que le roi lui dit ?

— Il répondit : « Ç’a été devant l’Éternel, qui m’a choisi plutôt que ton père et que toute sa maison pour m’établir prince sur le peuple de l’Éternel, sur Israël ; et j’ai dansé devant l’Éternel et je me rendrai plus vil encore que cela, et je serai abaissé à mes yeux ; mais auprès des servantes dont tu as parlé, auprès d’elles, je serai honoré » (2 Samuel 6:21-22). Il y avait dans le cœur de David de la reconnaissance envers Dieu qui lui avait donné le royaume ; il sentait sa petitesse et son indignité, et il savait que s’abaisser et s’humilier devant Dieu était la vraie grandeur et la place qui nous convient. « Celui qui s’abaisse sera élevé ».

— Pauvre Mical ! C’était à elle maintenant d’avoir honte.

— Dieu lui infligea un châtiment plus sévère. Elle n’eut point d’enfant jusqu’au jour de sa mort. C’était pour une femme juive un opprobre (Luc 1:25), et comme une punition. Mais elle, qui avait méprisé son mari et méconnu les droits de l’Éternel, qu’aurait-elle enseigné à ses enfants ? Comment les aurait-elle élevés ? En elle ainsi la maison de Saül fut rejetée. Elle ne pouvait donner des descendants au trône de David.

 

 

4.4   David veut bâtir un temple à l’Éternel — 2 Samuel 7 ; 1 Chroniques 17

Bonne Nouvelle  1893 n° 11 et 12 pages 205 à 212:230 à 238.

Nous avons vu la joie de David d’avoir pu ramener l’arche en Sion, dans la demeure qu’il lui avait préparée. Et l’Éternel avait approuvé et béni son entreprise. Il avait promis que là serait son habitation à perpétuité. Mais le cœur de David désirait faire davantage pour l’Éternel, son Dieu.

— Quand quelqu’un nous aime et que nous l’aimons, nous voudrions faire toujours plus pour lui.

— Qu’est-ce que David voulait faire pour son Dieu ?

— David s’était fait construire un beau palais où il habitait en repos après tous ses combats et ses travaux. Au contraire, l’arche de l’Éternel, le trône de Dieu et du Roi d’Israël, était sous une simple tente. David trouvait que cela ne convenait pas, et il aurait voulu bâtir un temple à l’Éternel. Il dit donc à Nathan, le prophète : « Regarde, je te prie, moi j’habite dans une maison de cèdres, et l’arche de Dieu habite sous des tapis ». Nathan comprit la pensée du roi qu’il trouva bonne, et il lui dit : « Va, fais tout ce qui est dans ton cœur, car l’Éternel est avec toi ». Mais les pensées de l’homme, si bonnes puissent-elles être ou paraître, ne sont pas les pensées de Dieu (Ésaïe 55:8-9). La nuit, l’Éternel parla à Nathan et lui dit d’annoncer à David que ce ne serait pas lui qui bâtirait un temple.

— Cela ne fit-il pas beaucoup de peine à David ?

— Non, car si Dieu refusa à David ce qu’il avait à cœur, il lui fit en revanche des promesses si belles, si magnifiques que David en fut rempli de reconnaissance et d’adoration. Il vit que l’Éternel avait pour lui en réserve plus, bien plus, qu’il n’aurait jamais pu penser ou désirer.

— Que lui promit-il ?

— l’Éternel dit à Nathan : « Va, et dis à mon serviteur, à David : Ainsi dit l’Éternel : Me bâtirais-tu une maison pour que j’y habite ? car je n’ai pas habité dans une maison, depuis le jour où j’ai fait monter les fils d’Israël hors d’Égypte, jusqu’à ce jour ; mais j’ai marché çà et là dans une tente et dans un tabernacle. Partout où j’ai marché au milieu de tous les fils d’Israël, ai-je dit un mot à quelqu’une des tribus d’Israël à laquelle j’ai commandé de paître mon peuple Israël, en disant : Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdres ? ». Il y a quelque chose de bien beau dans ce que dit l’Éternel : « J’ai marché çà et là dans une tente ». L’Éternel a condescendu toujours à se placer dans la position où était son peuple. Quand Israël était esclave en Égypte, et comme dans une fournaise d’épreuves et de douleurs, l’Éternel apparaît à Moïse dans le buisson en feu qui ne se consumait pas, et lui dit : « J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple…Je connais ses douleurs, et je suis descendu pour le délivrer » (Exode 3:7-8). Dans le désert, lorsque les Israélites habitaient sous des tentes et allaient çà et là, l’Éternel voulut aussi avoir son tabernacle ou tente au milieu d’eux. Ensuite, quand ils ont à passer le Jourdain, il y descend avant eux ; au moment de combattre les peuples de Canaan, il se montre à Josué comme le Chef des armées de l’Éternel (Josué 3 ; 5:14). Puis pendant le temps agité des juges, après avoir eu sa tente à Guilgal, elle est transportée à Silo et à Gabaon (Josué 18:1 ; 1 Chron. 16:39 ; 2 Chron. 1:3). C’est ainsi encore qu’Ésaïe dit : « Dans toutes leurs détresses, il a été en détresse, et l’Ange de sa face les a sauvés » (Ésaïe 63:9).

— Comme on voit bien l’amour de Dieu pour son peuple. Mais nous le connaissons bien aussi pour nous, n’est-ce pas ? Il a envoyé Jésus, son Fils bien-aimé, dans le monde.

— Oui. Il a voulu connaître la triste position où le péché nous a réduits. Et Lui, toujours sans péché, est entré avec sa tendre sympathie dans nos douleurs et nos langueurs et a connu les infirmités de notre condition ici-bas (Matthieu 8:17 ; Hébreux 4:15). Mais s’il est ainsi descendu du ciel, c’est aussi pour nous délivrer.

— Mais maintenant que David était roi et en repos, pourquoi ne pouvait-il pas bâtir le temple ?

— David avait encore des ennemis à soumettre, et par conséquent des combats à livrer. Son repos n’était que momentané. Le temple ne pouvait s’élever que sous un roi de paix, étranger à la guerre. C’est ce que David reconnaît à la fin de son règne. Il dit aux chefs du peuple qu’il avait rassemblés : « J’avais dans le cœur de bâtir une maison de repos pour l’arche de l’alliance de l’Éternel…Mais Dieu me dit : Tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu es un homme de guerre et tu as versé le sang » (1 Chroniques 28:2-3 ; 22:8-10).

— Tout devait être en paix quand le temple de l’Éternel serait bâti pour montrer qu’Il est le Dieu de paix.

— C’est le nom qui Lui est donné ainsi qu’au Seigneur Jésus (Philippiens 4:9 ; Ésaïe 9:6-7 ; 2 Thessaloniciens 3:16). Dieu nous donne maintenant la paix dans nos âmes et les enfants de Dieu, par conséquent, sont invités à vivre en paix. Et le temps vient où le Prince de paix, Jésus, règnera et établira la paix sur toute la terre.

— Quel beau jour ce sera ! Mais dis-moi ce que l’Éternel promit à David.

— Il eut égard au saint désir de son cœur. Dieu ne nous donne pas toujours ce que nous demandons, de la manière que nous voudrions qu’Il le fît. Dans son amour et sa sagesse, il nous donne mieux et plus que nous n’aurions pensé. L’Éternel, par la bouche de Nathan, commença par rappeler à David les grandes grâces qu’Il lui avait accordées. « Ainsi dit l’Éternel des armées », dit le prophète, « Je t’ai pris des parcs, d’auprès du menu bétail, pour que tu fusses prince sur mon peuple, sur Israël ». D’humble et pauvre berger, Dieu l’avait fait roi.

— N’est-ce pas aussi ce que Dieu a fait pour nous ? Nous étions de pauvres pécheurs, et il nous est dit que nous avons été faits rois et sacrificateurs (Apocalypse 5:10).

— Tu as raison. Pour nous comme pour David , c’est par pure grâce. Il est bon de nous en souvenir. L’Éternel dit encore : « J’ai été avec toi partout où tu as marché ; et j’ai retranché tous tes ennemis de devant toi, et je t’ai fait un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre ». En effet, Dieu avait entouré David de sa puissante protection, et l’avait délivré des mains de Saül et des Philistins, et maintenant il régnait sur tout Israël. Quel changement pour le berger de Bethléhem ! Certes David avait lieu d’être reconnaissant. Mais après cela Dieu déclare à David ce qu’il veut encore faire pour Israël et pour lui. Et c’est bien plus grand et magnifique que tout ce qu’il avait fait. Lis 2 Samuel 7 à partir du verset 10.

— « Et j’ai établi un lieu à mon peuple, à Israël, et je le planterai, et il habitera chez lui, et ne sera plus agité ; et les fils d’iniquité ne l’affligeront plus comme au commencement, et depuis le jour où j’ai établi des juges sur mon peuple Israël ». Mais Israël a encore été opprimé, affligé, et il l’est encore.

— C’est vrai. À cause de leurs péchés ils sont dispersés, dans l’opprobre et souffrants, mais le prophète va plus loin que le temps de David et de Salomon. Il parle d’un avenir qui n’est pas encore, car les promesses de Dieu s’accompliront. Comme le dit Paul : « Dieu n’a pas rejeté son peuple, qu’il a préconnu » (Romains 11:2). [Le peuple d’Israël est maintenant sous le jugement, mais l’Éternel lui fera grâce, quand il se repentira. Le voile qui leur cache Jésus sera alors enlevé de dessus leur cœur (2 Cor. 3:16)]. Les prophètes qui sont venus longtemps après David, et quand déjà le peuple d’Israël subissait le châtiment dû à ses péchés, annoncent ces temps heureux où aura lieu ce que Dieu a promis à David, son serviteur. Lis par exemple Jérémie 24:6 et 7.

— « Je mettrai mes yeux sur eux pour [leur] bien, et je les ferai retourner dans ce pays ; et je les bâtirai et je ne les renverserai pas, et je les planterai, et je ne les arracherai pas. Et je leur donnerai un cœur pour me connaître, car moi je suis l’Éternel ; et ils seront mon peuple, et moi je serai leur Dieu ; car ils retourneront à moi de tout leur cœur ».

— Lis encore dans le même prophète chapitre 31:1-4.

— « En ce temps-là, dit l’Éternel, je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et ils seront mon peuple. Ainsi dit l’Éternel : Le peuple des réchappés de l’épée a trouvé grâce dans le désert ; je m’en vais donner du repos à Israël. L’Éternel m’est apparu de loin : Je t’ai aimée d’un amour éternel ; c’est pourquoi je t’attire avec bonté. Je te bâtirai encore, et tu seras bâtie, vierge d’Israël ! Tu te pareras encore de tes tambourins, et tu sortiras dans la danse de ceux qui s’égaient ». Comme tout cela est beau. Le cœur en est saisi.

— Oui, on voit là l’amour immuable de Dieu. Ses dons et son appel sont sans repentance (Romains 11:29). Et cet amour est le même pour nous.

— Mais quand cela aura-t-il lieu ?

— Jérémie 30:24 nous le dit : « L’ardeur de la colère de l’Éternel ne retournera pas, jusqu’à ce qu’il ait exécuté et accompli les pensées de son cœur. À la fin des jours vous le comprendrez ». C’est donc après que Dieu aura exécuté le jugement sur les méchants, qu’il rétablira son peuple. Maintenant lis encore Ézéchiel 28:25-26.

— « Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Quand je rassemblerai la maison d’Israël d’entre les peuples parmi lesquels ils seront dispersés, et que je serai sanctifié en eux aux yeux des nations, alors ils habiteront sur leur terre que j’ai donnée à mon serviteur Jacob : ils y habiteront en sécurité ; ils bâtiront des maisons, et ils planteront des vignes, et ils habiteront en sécurité, quand j’aurai exécuté des jugements sur tous ceux qui les méprisaient, tout autour d’eux ; et ils sauront que je suis l’Éternel, leur Dieu ».

— Il y a encore bien d’autres passages qui montrent que Dieu n’oublie pas son peuple, et qu’il veut accomplir les promesses faites à son serviteur David. « Tout Israël sera sauvé », dit l’apôtre Paul, « selon qu’il est écrit : Le libérateur viendra de Sion ; il détournera de Jacob l’impiété » (Romains 11:26). Nous avons encore à lire les promesses qui concernent David. Lis pour cela 2 Samuel 7 depuis la fin du verset 11.

— « L’Éternel t’annonce que l’Éternel te fera une maison ». Que veut dire cela ? Dieu voulait-il bâtir une maison où David habiterait ?

— Non. Une maison ici signifie une postérité. Les versets suivants te le feront comprendre.

— « Quand tes jours seront accomplis et que tu dormiras avec tes pères, je susciterai après toi ta semence qui sortira de tes entrailles, et j’affermirai son royaume. Lui, bâtira une maison à mon nom ; et j’affermirai le trône de son royaume pour toujours. Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils : s’il commet l’iniquité, je le châtierai avec une verge d’hommes et avec des plaies des fils des hommes ; mais ma bonté ne se retirera point de lui, comme je l’ai retirée d’avec Saül que j’ai ôté de devant toi. Et ta maison et ton royaume seront rendus stables à toujours devant toi, ton trône sera affermi pour toujours. Nathan parla ainsi à David, selon toutes ces paroles et selon toute cette vision ». Peux-tu m’expliquer ce que je viens de lire ?

— Certainement, mais d’abord on peut remarquer que tout ce que l’Éternel promet à David doit arriver après sa mort. C’est comme pour Abraham. Dieu lui promet qu’il donnera le pays de Canaan à sa postérité, mais quant à lui-même, dans ce pays, il n’a pas un pouce de terre (Actes 7:5). Les hommes de Dieu ont à marcher par la foi, et nous verrons plus tard combien David est reconnaissant de ces promesses. Mais tu comprends bien quel est le fils que l’Éternel promet à David.

— C’est Salomon, n’est-ce pas ? C’est lui qui bâtit un temple magnifique à l’Éternel.

— Tu as raison. Salomon, dans les premières années de son règne, aima l’Éternel et l’Éternel l’aimait (2 Sam. 12:24 ; 1 Rois 3:3). Il lui donna la sagesse, des richesses et une grande gloire. Mais l’Éternel dit que, s’il commettait l’iniquité, il serait châtié. Dieu le répéta plus tard à Salomon lui-même, en lui disant que si lui ou ses descendants et Israël se détournaient du droit chemin, ils seraient rejetés ainsi que la maison que Salomon aurait bâtie (1 Rois 8:6-9). Et qu’est-ce qui arriva ? Salomon fut le tout premier à se détourner de l’Éternel pour adorer des idoles. Ses descendants, à quelques exceptions près, ainsi qu’Israël, l’imitèrent. Et ils furent châtiés et chassés de leur terre.

— Qu’est ce que Dieu veut dire par ces paroles : « Je le châtierai avec une verge d’hommes et avec des plaies des fils des hommes » ?

— Cela signifie que l’Éternel se servirait d’hommes pour punir Israël et ses rois, mais sans les détruire tout à fait. Par exemple, le roi d’Assyrie qui envahit le pays d’Israël était la verge de la colère de Dieu contre son peuple (És. 10:5). Et les plaies dont il est parlé sont les fléaux qui frappent les hommes, tels que la guerre, la famine, les maladies qui sévirent contre Jérusalem (Éz. 14:21). Mais avec tout cela, la maison de David, sa postérité, ne devait pas disparaître comme celle de Saül qui ne fournit plus de rois. L’Éternel avait fait à David des promesses qui devaient s’accomplir malgré les péchés de ses descendants et de son peuple. C’est ce que le prophète Ésaïe rappelle quand il adresse son magnifique appel à Israël au chapitre 55:3. Lis-le.

— « Inclinez votre oreille et venez à moi ; écoutez, et votre âme vivra : et je ferai avec vous une alliance éternelle, les grâces assurées de David ». Quand est-ce donc que cela s’accomplira ? Nous avons lu : « J’affermirai le trône de son royaume pour toujours ». Et nous ne voyons pas de trône en Israël.

— Cela est accompli. Il y a un autre fils de David, plus grand que Salomon qui a déjà paru (Mat. 12:42).

— C’est le Seigneur Jésus, n’est-ce pas ?

— Oui. C’est à Lui qu’appartiennent les promesses d’un heureux avenir certain et durable pour Israël. C’est ce que, depuis David, les prophètes n’ont cessé d’annoncer. L’apôtre Paul le rappelle quand il prêche l’évangile dans la synagogue d’Antioche de Pisidie (Act. 13:34).

— Peux-tu me dire quelques-unes des prophéties qui se rapportent au Seigneur Jésus comme Fils de David ?

— Eh bien, lis par exemple Ésaïe 9:6-7.

— « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de [son] empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours ».

— Lis encore en Ésaïe, chapitre 11 versets 1, 2 et 10.

— « Et il sortira un rejeton du tronc d’Isaï, et une branche de ses racines fructifiera ; et l’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel… Et, en ce jour-là, il y aura une racine d’Isaï, se tenant là comme une bannière des peuples : les nations la rechercheront, et son repos sera gloire ».

— Les versets intermédiaires décrivent la félicité qui règnera sur la terre quand le Fils de David, le Seigneur Jésus, aura pris les rênes du gouvernement. Mais lis encore dans Jérémie 23:5-6.

— « Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, et je susciterai à David un Germe juste ; et il régnera en roi, et prospérera, et exercera le jugement et la justice dans le pays. Dans ses jours Juda sera sauvé et Israël demeurera en sécurité ; et c’est ici le nom dont on l’appellera : L’Éternel notre justice ».

— Cela se rapporte à ces temps heureux où l’Éternel rétablira Juda et Israël dans leur pays. Ézéchiel aussi a parlé du grand Fils de David. Lis au chapitre 34:23-24.

— « Et je susciterai sur eux un pasteur qui les paîtra, mon serviteur David : lui les paîtra, et lui sera leur pasteur. Et moi, l’Éternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux ».

— David était mort depuis longtemps quand Ézéchiel prononça ces paroles. Le prophète parle de Celui dont David était le type, du Seigneur Jésus qui se nomme lui-même le Berger des brebis (Jean 10:11, voyez aussi Hébreux 13:20).

— Oui, et je me rappelle un peu ce que l’ange a dit à Marie, en Luc 1:31-33. « Et voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son royaume ».

— Le Seigneur Jésus était en effet de la famille de David, comme nous le voyons par les généalogies en Matthieu et Luc, et par conséquent héritier du royaume d’Israël. Il avait droit à ce trône. Lorsqu’il entre à Jérusalem, les foules l’acclament ainsi : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le royaume de notre père David, qui vient » (Marc 11:9-10). Mais son peuple ne l’ayant pas reconnu, son royaume maintenant n’est pas de ce monde (Jean 8:36-37). Le temps vient où « Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles » (Apocalypse 11:15).

— Et, n’est-ce pas, les apôtres dans le Nouveau Testament, parlent aussi du Seigneur Jésus comme fils de David ?

— Oui, l’apôtre Pierre et l’apôtre Paul, en prêchant l’évangile aux Juifs, leur rappellent les promesses faites à David (Actes 2:30-36 ; 13:23, 33-34). Lis Romains 1:3.

— « Touchant son Fils né de la semence de David, selon la chair » (Romains 1:3).

— Dans l’épître aux Hébreux, l’Esprit Saint applique au Seigneur Jésus les paroles de Nathan relatives au descendant de David : « Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils », Hébreux 1:5. Et à la dernière page de la Bible, nous est encore rappelée la promesse de l’Éternel à David. C’est le Seigneur Jésus lui-même qui parle et dit : « Moi, je suis la racine et la postérité de David, l’étoile brillante du matin » (Apocalypse 22:16). Dieu est fidèle. David, comme le dit l’apôtre Pierre, « est mort », mais il a cru Dieu, et a vu d’avance par la foi, ce d