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Entretiens sur le premier livre de Samuel
Histoire des rois d’Israël
Adrien Ladrierre (famille ; auteur probable)
Table des matières abrégée :
2 Histoire des rois d’Israël. Saül
3 Histoire des rois d’Israël. David
Table des matières détaillée :
1.1 La maison d’Elkana — 1 Samuel 1
1.2 La prière d’Anne — 1 Samuel 1
1.3 La naissance de Samuel et le cantique de Anne — 1 Samuel 1 et 2
1.4 La maison d’Éli — 1 Samuel 2:12-36
1.5 L’appel de Samuel — 1 Samuel 3
1.6 Défaite d’Israël. Prise de l’arche — 1 Samuel 4
1.7 L’arche de l’Éternel chez les Philistins — 1 Samuel 5 et 6
1.8 Le retour de l’arche — 1 Samuel 6
1.9 Samuel, juge d’Israël — 1 Samuel 7
1.10 Les fils de Samuel. Les Israélites demandent un roi — 1 Samuel 7 et 8
2 Histoire des rois d’Israël. Saül
2.1 Le choix de Saül et son onction — 1 Samuel 9
2.2 Avertissements donnés à Saül et son intronisation — 1 Samuel 10
2.3 Saül, ses premier pas dans la royauté — 1 Samuel 11
2.4 Samuel se démet de ses fonctions de juge — 1 Samuel 12
2.5 La première faute — 1 Samuel 13
2.6 Jonathan délivre Israël — 1 Samuel 14
2.7 Jonathan en danger de mort — 1 Samuel 14:23-46
3 Histoire des rois d’Israël. David
3.1 Dieu choisit David — 1 Samuel 16
3.2 David commence à délivrer Israël — 1 Samuel 16 et 17
3.3 David délivre Israël. Le combat avec Goliath — 1 Samuel 17
3.4 David se lie à Jonathan — 1 Samuel 17:52 à 18:4
3.5 Saül commence à haïr David— 1 Samuel 18:5-19
3.6 Mical devient femme de David. Intervention de Jonathan pour David — 1 Samuel 18:20 à 19:10
3.7 Saül cherche à tuer David chez lui — 1 Samuel 19:10-18
3.8 Saül prophétisant. David et Jonathan se quittent — 1 Samuel 19:19 à ch. 20
3.9 David persécuté par Saül. Chez Akhimélec — 1 Samuel 21:1-10
3.10 La caverne d’Adullam — 1 Samuel 21:10 à 22:2
3.11 David persécuté par Saül. Doëg et le massacre des sacrificateurs — 1 Samuel 22:3-23
3.12 David persécuté par Saül. Kehila et les Ziphiens — 1 Samuel 23
3.13 David épargne la vie de son ennemi — 1 Samuel 24 et 26
3.14 Histoire d’Abigaïl — 1 Samuel 25
3.15 David chez les Philistins — 1 Samuel 27, 29, 30
3.16 Mort de Saül et de ses fils — 1 Samuel 28 et 31
Bonne Nouvelle 1889 pages 145 à 149 et 189 à 195.
— Le dernier juge d’Israël dont nous ayons parlé dans le livre des Juges, c’est Samson qui mourut en faisant tomber le temple des Philistins et en entraînant avec lui, dans la mort, quantité d’ennemis. Il y eut encore deux juges dont l’histoire est rapportée au commencement du premier livre de Samuel qui fut le dernier des juges. Après cela, les livres de Samuel nous rapportent l’établissement de la royauté chez le peuple d’Israël et l’histoire des deux premiers rois, Saül et David, l’homme selon le cœur de Dieu et l’ancêtre du Seigneur Jésus Christ (1 Sam. 13:14, Matthieu 1:1 ; Romains 1:3).
— Samuel a-t-il écrit ces livres ?
— Non, au moins pas tout entiers car nous lisons au chapitre 25 de 1 Samuel : « Et Samuel mourut ». Il a sans doute écrit les chapitres qui précèdent ; quant au reste on peut penser que ce furent les deux prophètes, Nathan et Gad (1 Chron. 29:29). Les Juifs les nommaient les livres de Samuel parce qu’ils commencent par l’histoire de ce prophète. Mais l’important pour nous n’est pas de savoir de quel instrument Dieu s’est servi pour écrire l’histoire de son peuple mais d’être assurés que c’est lui-même qui l’a donnée.
— Quel était le premier de ces deux juges ?
— C’est Éli. Il était souverain sacrificateur d’Israël et jugea le peuple durant quarante ans. Mais nous ne savons rien de lui sauf ce qui eut lieu dans les dernières années de sa longue vie. Il mourut âgé de quatre-vingt dix-huit ans.
— Puisque c’était le souverain sacrificateur qui jugeait les Israélites, ils servaient donc fidèlement l’Éternel et non plus les idoles.
— Je crois que, tout en rendant un certain culte extérieur à l’Éternel qui avait son tabernacle au milieu d’eux (1 Sam. 1:3), les Israélites n’en continuaient pas moins à adorer de fausses divinités. C’est ce que nous voyons un peu plus loin quand Samuel dit au peuple repentant : « Si de tout votre coeur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre coeur à l’Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins » (1 Samuel 7:3).Ce passage nous montre en même temps que les Israélites étaient toujours asservis aux Philistins à cause de leur infidélité.
— Mais, à cette époque, il y avait bien des Israélites qui n’adoraient pas les idoles, n’est ce pas ?
— Sans doute. Dieu se réserve dans tous les temps, même les plus fâcheux, de fidèles serviteurs qui lui rendent témoignage. Tel était Éli, le souverain sacrificateur, tels étaient les parents de Samuel, 1 Sam. 1:3, 11 ; 2:1-10). Ceux-là savaient que l’Éternel est le seul vrai Dieu, et qu’il fallait le servir et l’adorer seulement dans son tabernacle à Silo où il avait été placé aux jours de Josué (Josué 18:1). Il y avait aussi, en ce temps, des prophètes de Dieu en Israël, bien que la parole de l’Éternel fût rare en ces jours-là à cause du misérable état du peuple (1 Sam. 2:27 ; 3:1). La premier livre de Samuel commence en nous parlant des parents de ce prophète, et en nous racontant sa naissance. Non seulement l’histoire de Samuel enfant renferme beaucoup d’enseignements, mais celle de toute sa vie et de l’époque où il vécut est aussi très instructive. Comme toujours, nous y voyons la bonté, la patience et les soins de Dieu envers son peuple ; et dans ce peuple nous avons la triste peinture de notre cœur naturel.
— Éli, comme souverain sacrificateur, était de la tribu de Lévi. Aucun des juges précédents n’était de cette tribu, n’est-ce pas ?
— Non, ils avaient été issus des tribus de Juda, de Benjamin, de Manassé et d’autres, mais point de Lévi. Samuel aussi était Lévite. Mais afin de commencer son histoire, lis le verset 1 du premier chapitre. Nous y apprenons le nom du père de Samuel.
— « Et il y avait un homme de Ramathaïm-Tsophim, de la montagne d’Éphraïm, et son nom était Elkana, fils de Jerokham, fils d’Élihu, fils de Thohu, fils de Tsuph, Éphratien ». Elkana est le père de Samuel, mais comment sait-on qu’il était Lévite ?
— Par le sixième chapitre du premier livre des Chroniques, versets 22-28 et 34-38. Nous y apprenons qu’Elkana était de la famille des Kehathites qui avaient la charge du sanctuaire, de l’arche, de la table, du chandelier, des autels, des ustensiles qui servaient au culte divin, etc. Au désert, ils portaient les choses saintes (Nombres 3: 28, 32). Les sacrificateurs étaient aussi de la famille des Kehathites.
— C’est parce que le jeune Samuel était de cette famille qu’il pouvait servir dans le tabernacle, n’est-ce pas ?
— Précisément. Mais tu vois que son père ne demeurait pas à Silo où était le tabernacle. Il habitait Rama, ce qui veut dire « hauteur, colline ». Plusieurs villes d’Israël situées sur des collines portaient ce nom. Ici Rama est appelée Ramathaïm-Tsophim, ce qui veut dire les hauteurs du pays de Tsouph. Cette Rama était une ville de la tribu de Benjamin, mais située dans la montagne d’Éphraïm. C’est pour cela qu’Elkana est dit Éphratien ou Éphraïmite. Les Lévites demeuraient non seulement dans les villes qui leur avaient été données en héritage dans les diverses tribus, mais ils habitaient aussi d’autres villes. Dans tout le reste de l’histoire de Samuel, Ramathaïm-Tsophim est désignée simplement sous le nom de Rama.
— Au début de l’évangile de Matthieu, quand le roi Hérode a fait tuer les enfants de Bethléhem, il est parlé de Rama : « Une voix a été ouïe à Rama, [des lamentations, et] des pleurs, et de grands gémissements, Rachel pleurant ses enfants ; et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont pas » (Matthieu 2:17-18). Est-ce le même Rama que celui de Samuel ?
— Non, on donnait ce nom à toute la contrée qui entourait Bethléhem et qui est essentiellement une montagne de vignobles, entourée de vallées avec des pâturages et des champs fertiles et renfermant beaucoup de plantations d’arbres de diverses espèces. La Rama de Samuel était plus au nord. Ainsi le père de Samuel s’appelait Elkana, il était Lévite et habitait la ville de Rama. Lis maintenant le second verset. Nous y trouverons quelque chose concernant la famille d’Elkana.
— « Et il avait deux femmes : le nom de l’une était Anne, et le nom de la seconde, Peninna. Et Peninna avait des enfants, mais Anne n’avait pas d’enfants ». Est-ce bien pour un homme d’avoir deux femmes ?
— Non, c’était un désordre. Dieu ne l’avait pas institué ainsi au commencement. Il donna Ève seule pour femme à Adam. Ce fut Lémec, un descendant de Caïn qui, le premier, prit deux femmes (Gen. 4:19-24).
— Mais ce qui m’étonne c’est de voir des hommes pieux, comme Abraham et d’autres, suivre cet exemple.
— Dieu n’avait pas fait de défense positive à cet égard, mais ce qui nous montre que c’était contraire à l’ordre établi de Dieu c’est que tous ceux qui suivirent l’exemple de Lémec eurent beaucoup de chagrins dans leur vie de famille. Le Nouveau Testament suppose toujours qu’un homme a une seule femme, et pour les nations chrétiennes faire autrement est un crime puni par la loi. Lis maintenant le verset trois qui nous fait connaître le caractère religieux d’Elkana et de sa maison.
— « Et cet homme montait chaque année de sa ville pour adorer l’Éternel des armées et lui sacrifier à Silo ; et là étaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, sacrificateurs de l’Éternel ». Elkana était donc un Israélite fidèle qui n’adorait pas les idoles mais rendait son culte à l’Éternel.
— En effet. Et en même temps qu’Elkana rendait culte au vrai Dieu, il le faisait, non selon ses convenances, mais selon les directions de la parole de Dieu. Où est-ce qu’Elkana allait adorer l’Éternel ?
— À Silo, parce que là se trouvait le tabernacle avec les autels et l’arche de Dieu depuis les jours de Josué (Jos. 18:1).
— Tu as raison. Par la bouche de Moïse, l’Éternel avait ordonné à son peuple une fois entré dans le pays de Canaan de n’offrir des sacrifices qu’au lieu où Il aurait mis son nom (Deut. 12: 10-14). C’était l’endroit où se trouvait le tabernacle, demeure de Dieu. Elkana savait cela. Il ne sacrifiait donc pas sur un autel près de sa maison, ce qui aurait été plus commode, mais il faisait le voyage de Silo, sans craindre le dérangement et la fatigue, pour obéir à la parole de l’Éternel. L’Éternel voulait qu’ils se souvinssent toujours qu’ils étaient un seul peuple, son peuple. C’est pour cela qu’ils n’avaient tous qu’un seul et même lieu de rassemblement pour adorer leur Dieu et lui offrir des sacrifices. Et ce lieu était celui où l’Éternel avait mis son nom. Peux-tu me dire ce qui aujourd’hui rassemble les croyants, le peuple céleste ?
— C’est le nom de Jésus. Il a dit : « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matthieu 18:20).
— C’est cela. Maintenant, dis-moi, quand Elkana allait-il à Silo ?
— Chaque année. L’Éternel avait prescrit à son peuple de se présenter devant Lui trois fois l’an : à la fête de Pâques, à celles des semaines et des tabernacles (Deut. 16:16). Les parents de Jésus montèrent avec lui à Jérusalem à la fête de Pâques, Il alla lui-même à celle des tabernacles, et à celle de la Pentecôte beaucoup de Juifs s’étaient rendus à Jérusalem quand le Saint Esprit descendit sur les disciples (Luc 2, Jean 7, Actes 2). Elkana allait-il trois fois par an à Silo ?
— Probablement, car l’Éternel avait dit : « trois fois l’an, tout mâle d’entre vous paraîtra devant l’Éternel, ton Dieu, au lieu qu’il aura choisi ». Je ne pense pas qu’ici il soit question d’aucune de ces fêtes. Le sacrifice qu’Elkana va offrir est appelé le sacrifice annuel, 1 Sam.1:21 et 2:19, et quand il l’offre, il va à Silo avec toute sa famille. Je crois donc qu’il s’agit de ce que l’Éternel avait commandé au sujet des premiers-nés mâles des bêtes. Lis ce qui est dit en Deut. 15:19-20.
— « Tu sanctifieras à l’Éternel, ton Dieu, tout premier-né mâle qui naîtra parmi ton gros bétail ou ton menu bétail. Tu ne laboureras pas avec le premier-né de ta vache ; et tu ne tondras pas le premier-né de tes brebis : tu le mangeras, toi et ta maison, devant l’Éternel, ton Dieu, d’année en année, au lieu que l’Éternel aura choisi ».
— Et nous voyons en cela la fidélité d’Elkana à accomplir tout ce que la loi de l’Éternel prescrivait. Il nous donne un bel exemple.
— Pourquoi Dieu est-il appelé ici l’Éternel des armées ?
— C’est le titre qu’il prend comme marchant à la tête de son peuple contre ses ennemis. Les Israélites sortant d’Égypte sont désignés sous le nom des armées de l’Éternel. « Et je ferai sortir mes armées, mon peuple, les fils d’Israël, hors du pays d’Égypte », dit Dieu. Et plus loin : « Il arriva, en ce même jour, que toutes les armées de l’Éternel sortirent du pays d’Égypte » (Exode 7:4 ; 12:41). Quand les Israélites sont sur le point d’entrer en Canaan, Dieu apparaît à Josué comme « le chef de l’armée de l’Éternel » (Jos. 5:13-15). Il était comme leur général, pour ainsi dire, marchant à leur tête. Nous le voyons par exemple quand Jéricho est prise. L’arche, le trône de l’Éternel, marchait devant le peuple. Mais ce qu’il y a de touchant dans ce nom c’est que Dieu le prend souvent quand son peuple est chétif et misérable, comme pour lui dire : « Je suis toujours avec ma puissance à votre tête pour vous délivrer ». C’était le cas aux jours d’Elkana alors que les Philistins opprimaient Israël. Il en était de même au temps d’Aggée quand le faible résidu reconstruisait le temple. « Je suis avec vous, dit l’Éternel des armées », pour les encourager (Aggée 2:4).
— Mais, Dieu est aussi le chef et le roi des armées célestes, de tous les anges puissants, n’est-ce pas ?
— Sans doute, mais dans l’Ancien Testament il s’agit des armées d’Israël. Maintenant il y a un petit détail à la fin du verset 3 que tu as lu. Il nous apprend en quel temps Elkana vivait.
— C’est qu’à Silo se trouvaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, sacrificateurs de l’Éternel. Pourquoi cela est-il dit ?
— Éli était le souverain sacrificateur et le juge d’Israël. Ses fils avaient le grand privilège d’approcher de l’Éternel pour Lui présenter les offrandes du peuple. Et cela demandait d’eux la sainteté et la pureté de la vie. Au lieu de cela ils étaient, comme nous le verrons, de très méchants hommes. Le temps où Elkana vivait était donc une époque fâcheuse. Mais il ne se laissait pas détourner du service de l’Éternel parce que d’autres agissaient mal, et la mauvaise conduite des fils d’Éli fait d’autant plus ressortir sa piété.
— Cela nous donne une leçon. Quand même ceux qui se disent chrétiens n’agissent pas bien, cela ne doit pas nous empêcher d’être fidèles à Dieu.
— Tu as raison car chacun a à répondre pour lui-même (Rom. 14:12). Pour terminer ce que nous avons à dire de la maison d’Elkana, dis-moi ce qui t’a frappée dans les versets 4 à 8.
— Elkana amenait toute sa famille à Silo.
— Oui, on venait là, en famille, devant l’Éternel pour se réjouir en mangeant en commun une portion des sacrifices qu’on avait offerts.
— Il y avait aussi une chose très triste qui devait bien affliger Elkana et empêcher la fête d’être joyeuse. Peninna était méchante et tourmentait la pauvre Anne parce qu’elle n’avait pas d’enfants. Ce n’était pourtant pas sa faute.
— Certainement non. Dieu avait permis cette épreuve très douloureuse pour une femme juive parce que les Israélites regardaient comme une preuve directe de la faveur de Dieu d’avoir une nombreuse famille. Anne souffrait donc beaucoup de ne pas avoir des fils et des filles comme Peninna et c’était une grande méchanceté de la part de celle-ci d’aggraver les souffrances d’Anne par de méchantes paroles. Si quelqu’un souffre de quelque privation, qu’avons-nous à faire ?
— Le consoler, bien sûr.
— Sans doute. Et Peninna se privait du grand bonheur d’adoucir l’épreuve d’Anne. Mais Dieu voulait faire tourner cette épreuve à sa gloire. Il s’élève au dessus de la méchanceté de l’homme et sa grâce change les larmes en joie, comme nous le verrons.
— Elkana se montre bien bon, n’est-ce pas ? Il donne à Anne une double portion. C’était pour l’honorer devant tous, je pense, et montrer que lui ne la méprisait pas. Et puis, quelles douces paroles ! Cela devait bien consoler Anne de voir combien Elkana l’aimait.
— Certainement, mais les vraies consolations viennent de Dieu. Anne allait en faire l’expérience.
Bonne Nouvelle 1889 pages 202 à 210
— Quand nous avons parlé de la maison d’Elkana, nous avons vu l’affliction de Anne qui était privée d’enfants et en butte à la méchanceté de Peninna.
— Oui, mais Elkana faisait tout son possible pour la consoler, il l’aimait tendrement, sans doute parce qu’elle était douce et pieuse.
— C’est vrai, et c’est ainsi que nous devons consoler ceux qui sont affligés. Mais la sympathie et la tendresse de ceux qui nous aiment, bien que nous soulageant dans nos peines, n’en ôtent pas le sujet. Ainsi les Juifs qui consolaient Marthe et Marie pouvaient bien pleurer avec elles, mais non leur rendre leur frère Lazare (Jean 11). Un seul console efficacement parce qu’il ôte ce qui cause la peine et nous donne infiniment plus et mieux que ce que nous désirons.
— Tu veux parler du Seigneur, n’est-ce pas ?
— Tu as raison. C’est Lui qui a dit : « Venez à Moi … et je vous donnerai du repos », et qui seul pouvait dire à une mère affligée de la perte de son fils unique : « Ne pleure pas » (Matthieu 11:28, Luc 7:13). Et c’est Lui qui consola Anne. Mais que faut-il faire pour jouir du repos et de la consolation que le Seigneur donne ?
— Venir à Lui.
— Oui, venir et tout Lui dire, tout Lui confier et attendre tout de Lui. C’est ce que fit Anne. Nous allons le voir dans la suite du chapitre.
— Le temple dont il est parlé ici, c’est bien le tabernacle, n’est-ce pas ?
— Oui, c’était le lieu où l’on venait adorer l’Éternel. Il est aussi appelé « la maison de l’Éternel » (v. 7 et 24), parce que c’était là que l’Éternel avait dit qu’il habiterait. Plus tard, quand le pays fut en repos sous le roi Salomon, l’habitation de Dieu ne fut plus une tente ou tabernacle, mais un splendide édifice, bâti de pierres de prix (1 Rois 5:17).
— Pauvre Anne ! Pendant que les autres se réjouissaient au festin, elle ne mangeait pas et n’avait pour elle que le chagrin et les larmes.
— Elle aurait pu dire comme le psalmiste dans la détresse : « Mes larmes ont été mon pain » (Ps. 42:3). Mais Dieu permet que nous ayons des épreuves et des peines pour nous pousser auprès de Lui. Il veut que nous allions verser nos larmes dans son sein, et c’est alors que nous trouvons la paix et le vrai soulagement pour notre cœur. David disait : « Il est bon pour moi que j’aie été affligé, afin que j’apprenne tes statuts » (Ps. 119:71). Jusqu’alors, Anne avait pleuré solitaire, loin de Dieu, et n’avait pas été consolée. Au contraire, sa tristesse était toujours plus grande. Maintenant elle se lève et va pleurer au bon endroit, devant Dieu. Et c’est ce qu’il nous faut faire aussi.
— Pourquoi est-il dit qu’Éli était assis près de l’un des poteaux du temple ?
— C’est pour nous montrer qu’Éli était heureux de rester auprès de la maison de l’Éternel qu’il aimait. Les saints hommes de Dieu autrefois éprouvaient avec force le bonheur de se trouver là où Dieu habitait. Le psaume 84 l’exprime d’une bien belle manière. Lis les versets 1, 2 et 10.
— « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel ; mon coeur et ma chair crient après le Dieu vivant…Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille. J’aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté ». C’est en effet bien beau. Cela fait penser au ciel où nous serons toujours en présence de Dieu.
— C’est vrai. Mais maintenant déjà, le chrétien peut jouir de la présence de Dieu. L’apôtre nous invite à entrer dans les lieux saints et à nous approcher de Dieu parce que Jésus nous en a ouvert le chemin par sa mort (Héb. 10:19-22). Le chrétien a le privilège d’être toujours heureux auprès de Dieu.
— Anne devait être encouragée de voir le souverain sacrificateur près d’elle.
— Peut-être au premier moment, mais ce qu’il lui dit ensuite dût être bien pénible pour elle. Il la crut ivre et lui adressa des paroles sévères. Dieu permet quelquefois que, dans nos afflictions, nous ne soyons pas compris, même par des personnes pieuses qui jugent mal nos motifs. Sais-tu pourquoi ?
— Peut-être est-ce pour que nous comptions sur Dieu seul ?
— C’est bien cela, en effet. Notre précieux Sauveur a fait sur la croix la douloureuse expérience de ne pas être compris et de se trouver seul. On l’estimait « battu de Dieu », et on disait de Lui : « Il s’est confié en Dieu ; qu’il le délivre maintenant, s’il tient à lui ; car il a dit : Je suis fils de Dieu » (Ésaïe 53:4 ; Matthieu 27:43). Il était seul, absolument seul, mais il ne cessa pas de s’attendre à Dieu. Revenons maintenant à Anne. Elle fit deux choses. Peux-tu me dire lesquelles ?
— « Elle pria l’Éternel et pleura abondamment ».
— Sais-tu ce qu’indiquaient les pleurs d’Anne ?
— Ils montraient son chagrin. Elle pleurait abondamment parce qu’elle avait beaucoup de peine.
— Mais Anne pleurait devant Dieu. Et Dieu voit l’affliction du cœur de ceux qui viennent à Lui. David en avait fait l’expérience quand il disait : « L’Éternel a entendu ma supplication* ; l’Éternel a reçu ma prière » (Ps. 6:9) (*). Et Anne l’éprouva aussi. Mais que fit encore Anne ?
(*) Certaines versions disent : la voix de mes pleurs
— « Elle pria ». Elle demanda à Dieu ce qu’elle désirait ardemment.
— Elle exprimait ainsi sa confiance en l’Éternel. Il était sa ressource et il ne manque jamais. Nous avons à faire comme elle dans toutes nos peines et nos épreuves, petites ou grandes. L’apôtre Paul nous y exhorte quand il nous dit : « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Philippiens 4:6, et Dieu lui-même dit : « Invoque-moi au jour de la détresse : je te délivrerai, et tu me glorifieras » (Ps. 50:15).
— Je suis bien heureuse de savoir que le Seigneur voit quand j’ai du chagrin et qu’il m’écoute quand je prie. Cela me rappelle un cantique :
Et bien que je ne sois encore
Qu’un jeune enfant,
Le Sauveur, quand ma voix l’implore,
Toujours m’entend.
Il sait si je verse des larmes
ou suis joyeux,
Et peut dissiper mes alarmes
En tous lieux.
— Puisses-tu toujours garder cette confiance et en toute circonstance venir au Seigneur qui entend nos prières. Mais dans la prière de Anne, il y a quelque chose de remarquable. Y as-tu fait attention ?
— Elle a fait un vœu. C’est cela, n’est-ce pas ? Elle promet à l’Éternel que, si elle a un fils, elle le lui donnera pour tous les jours de sa vie.
— Oui, elle ne désirait pas un fils pour sa propre satisfaction, mais pour qu’il soit tout entier au service de l’Éternel. Elle avait à cœur la gloire de l’Éternel dans ces temps où le peuple d’Israël était dans un triste état. C’est le sentiment qui doit aussi nous animer quand nous présentons à Dieu nos prières. Nous n’avons pas à chercher nos propres intérêts mais, avant tout, ce qui glorifie le Seigneur. Par exemple, si tu demandes à Dieu d’être patiente et obéissante, ce n’est pas pour qu’on te loue mais parce que cela honore Dieu.
— Anne dit que le rasoir ne passerait pas sur la tête de son enfant.
— Nous avons lu en Nombres 6 un passage où il est question de ceux qui pour un temps se consacraient à l’Éternel, et le signe du nazaréat pour un homme était qu’il laissait croître ses cheveux. « Pendant tous les jours du voeu de son nazaréat, le rasoir ne passera pas sur sa tête ; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est séparé [pour être] à l’Éternel, il sera saint ; il laissera croître les boucles des cheveux de sa tête » (Nombres 6:5).
— C’était ainsi pour Samson. Anne promettait à l’Éternel que son fils Lui serait consacré dès sa naissance.
— C’est cela. Pour Samson, il était nazaréen selon le commandement de Dieu ; pour le fils de Anne, c’était par le dévouement de la mère pour le service de Dieu. Comme Lévite, le fils de Anne appartenait au service de l’Éternel depuis l’âge de vingt-cinq ans, mais Anne le donnait à Dieu dès sa naissance. Et c’est ainsi que le plus cher désir des parents chrétiens est que leurs enfants soient de bonne heure et entièrement consacrés à Dieu.
— Éli a été bien dur avec la pauvre Anne.
— Éli se trompait, sans doute, et parla peut-être précipitamment. Avant de juger, il aurait dû s’assurer si sa pensée à son égard était bien fondée. Il montrait qu’il était un homme sujet à l’erreur, bien qu’il fût souverain sacrificateur (Héb. 5:2). Ne t’est-il pas souvent arrivé de mal juger une de tes camarades ?
— Oh oui, et il m’est arrivé après de me rendre compte que je m’étais trompée, et d’en être très triste.
— Le Seigneur nous exhorte à ne pas juger les autres, à ne pas être prompts à penser mal à leur égard (Matthieu 7:1, 1 Cor. 13:5). Mais il ne faut pas oublier non plus qu’Éli avait à cœur la gloire de la maison de Dieu et, comme un gardien vigilant, il ne pouvait souffrir rien qui l’aurait déshonorée, ce qui aurait été le cas si une personne ivre s’en était approchée.
— Comme la réponse de Anne est douce et humble ! Elle ne se fâche pas ni ne se plaint d’être mal jugée. Et elle parle à Éli avec un si grand respect.
— L’esprit de Christ était en elle. « Lui qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas » (1 Pierre 2:23), et tels nous devons être. De plus, Éli était un vieillard et le souverain sacrificateur de l’Éternel. Sous ces deux rapports, Anne le respectait car la loi de Moïse disait : « Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard » (Lévitique 19:32), et « Tu n’outrageras pas les juges, et tu ne maudiras pas le prince de ton peuple » (Exode 22:28). Ces sentiments devraient aussi être aujourd’hui ceux des enfants et des jeunes gens, mais malheureusement ils l’oublient trop souvent.
— Éli avait changé de pensée en l’entendant, et comme Anne dut être heureuse de l’entendre dire ces bonnes paroles : « Va en paix ; et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui as faite » (1 Samuel 1:17).
— En effet, Anne était heureuse. La paix et la confiance remplissaient maintenant son cœur au lieu des larmes et de l’amertume. « Elle n’eut plus le même visage ». Elle put s’asseoir à table avec son mari et Peninna et ses enfants, et y être joyeuse. C’est ce qui arrive quand on a été près de Dieu et qu’on a déposé à ses pieds toutes ses douleurs et ses peines. « La paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence » garde alors nos cœurs (Philippiens 4:7).
— Et pourtant Dieu ne lui avait rien dit et elle ne savait pas si elle serait exaucée.
— C’est vrai, mais elle n’avait pas besoin de cela pour avoir la parfaite confiance que Dieu lui donnerait ce qu’elle avait demandé. Elle n’avait pas demandé un fils pour elle-même mais pour qu’il servît à la gloire de Dieu. C’était selon la volonté de Dieu, et Dieu accorde les choses qui sont selon sa volonté. Lis à ce sujet le beau passage de 1 Jean 5 verset 14.
— « Et c’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ».
— C’est une grande consolation pour les parents qui demandent la conversion de leurs enfants en vue de la gloire de Dieu. Nous verrons comment Dieu exauça la prière de Anne.
Bonne Nouvelle 1889 pages 226 à 233
— Après avoir prié dans le sanctuaire, Anne n’avait plus le même visage. C’est qu’elle n’avait plus la même chose dans le cœur, n’est-ce pas ?
— En effet, au lieu de l’amertume et du chagrin, elle avait confiance que Dieu l’avait entendue. Le poids si lourd qui pesait sur elle avait été ôté et ce fut avec un cœur heureux, après s’être prosternée devant l’Éternel avec les autres membres de la famille, qu’elle revint à Rama. Tout change dans notre vie quand nous avons remis à Dieu nos soucis et nos peines. C’est comme la lumière du soleil qui, après une pluie d’orage, écarte les nuages et vient réjouir la terre.
— Et bientôt Anne vit sa prière exaucée. Elle eut la joie d’avoir un cher petit enfant à soigner et à serrer sur son cœur.
— Oui, et plus encore, c’était un fils qu’elle voulait consacrer à l’Éternel. As-tu remarqué le nom qu’elle lui donne ?
— C’est Samuel, « car », dit-elle, « je l’ai demandé à l’Éternel ». C’est ce que veut dire ce nom, n’est-ce pas ? Anne, en appelant son fils, devait toujours se rappeler la grâce que Dieu lui avait faite.
— Et Samuel se souvenait sans doute, dans sa vie, qu’il était l’enfant de la prière. Aussi le voyons-nous être lui-même un homme de prière et souvent crier à l’Éternel (7:5, 9 ; 8:6 ; 12:18, 23 ; 15:11).
— Le nom de Anne a-t-il une signification ?
— Il veut dire « grâce », et il s’applique bien à celle qui le portait, que l’on pense à son caractère ou à la manière dont Dieu usa avec elle. Il se montra plein de grâce, en voyant ses larmes et en l’exauçant.
— Pourquoi Anne ne voulut-elle pas monter à Silo avec Elkana ? Elle devait avoir hâte de remercier Dieu.
— Anne ne cessait, sans doute, de le remercier dans son cœur, mais elle se souvenait qu’elle avait donné son enfant à l’Éternel. Il n’était pas à elle, c’était un trésor dont elle avait la charge et qu’elle ne voulait pas quitter un instant jusqu’à ce qu’elle le remette à Celui qui le lui avait confié. C’est pour Lui qu’elle le nourrissait et lui donnait tous ses soins. Le petit enfant ne pouvait se passer d’elle jusqu’à ce qu’il soit sevré, et elle ne voulait pas monter avec lui à Silo pour avoir ensuite à le ramener à Rama. Dès que le petit Samuel fut sevré et qu’il n’eut plus besoin d’elle, elle le conduisit à la maison de l’Éternel.
— Mais Samuel devait être encore tout petit après avoir été sevré.
— C’est bien ce que la Parole de Dieu nous fait remarquer : « Et l’enfant était très jeune ». Mais Anne ne voulait pas tarder à accomplir son vœu et garder pour elle ce qui était à Dieu, et elle montrait aussi de cette manière toute sa confiance en l’Éternel qui saurait bien garder dans sa maison un tout petit enfant et en prendre soin. N’est-il pas le meilleur des pères, un Père tout puissant ?
— Oh, oui ! On est heureux de savoir comme Dieu nous aime et garde les petits enfants. Le Seigneur Jésus nous le dit d’une manière si touchante (Matthieu 18:10-14). Pourquoi Anne amena-t-elle trois jeunes taureaux, de la farine et du vin ?
— C’étaient des sacrifices et des offrandes à l’Éternel pour la consécration à Dieu du petit Samuel (Nomb. 8:8, 12). Dieu avait dit : « On ne paraîtra pas à vide devant ma face » (Ex.23:15, 34:20). Tu vois aussi qu’ils égorgèrent le taureau. C’était sans doute celui qui était réservé pour l’holocauste, le sacrifice par lequel on était agréé de Dieu. Samuel, bien qu’enfant, était un pécheur et il avait besoin d’un sacrifice pour approcher Dieu. Un second taureau était peut-être un sacrifice pour le péché, et le troisième un sacrifice de prospérité. Dans ce dernier, celui qui offrait pouvait, avec sa famille, manger une partie de la chair. Quant à la farine, c’était probablement pour des offrandes de gâteau, et le vin, en plusieurs cas, était répandu devant l’Éternel en signe de joie. Les sacrifices ayant été offerts, le jeune garçon fut amené à Éli auquel Anne raconta comment Dieu avait merveilleusement répondu à sa prière, et comment elle désirait que son enfant soit dès ce jour consacré à l’Éternel tous les jours de sa vie.
— C’était un bel acte de foi. Mais combien il devait lui en coûter de se séparer de son petit garçon après l’avoir tant désiré !
— C’est vrai. Mais Anne appréciait par-dessus tout pour son fils le bonheur d’être élevé dans le sanctuaire même de Dieu et pour Son service. Pour cela, elle était prête à tous les sacrifices. Il en est ainsi pour les parents chrétiens. Leur plus ardent désir, et ce pour quoi ils feraient tous les sacrifices, c’est de voir leurs enfants appartenir au Seigneur. Lis pour toi maintenant les onze premiers versets du chapitre deux.
— Cette prière d’Anne est bien belle. Elle ne pleure plus abondamment. Elle rend grâces, elle est pleine de joie, elle loue et adore l’Éternel.
— Ce qu’elle exprime d’abord c’est, en effet, la joie qui déborde de son cœur, mais il faut remarquer qu’elle la fait remonter à Celui qui en est la source. L’Éternel l’avait délivrée de son fardeau et mis fin à sa grande épreuve, et elle se réjouissait en Lui. Et nous, nous sommes appelés à nous réjouir dans le Seigneur qui nous a accordé un salut bien plus grand encore (Phil. 3:1 ; 4:4).
— Que veut dire Anne par ces paroles : « Il élèvera la corne de son oint » ?
— La corne est le symbole de la force. Jusqu’alors Anne avait été abattue sous le mépris de Peninna. Mais maintenant elle est relevée par l’Éternel. Elle se sentait forte par la puissance de son Dieu et elle avait de quoi répondre à ses ennemis qui la tourmentaient parce qu’elle n’avait pas d’enfants. On voit ensuite de quelle manière elle célèbre toute la grandeur de l’Éternel. Quels caractères de Dieu fait-elle ressortir ?
— D’abord elle dit qu’Il est saint, Il ne peut supporter le mal ; ensuite elle dit qu’il n’y a pas de rocher comme notre Dieu. Cela veut dire qu’on peut se confier en Dieu sans craindre que jamais Il ne nous manque, n’est-ce pas ?
— Tu as raison. Que dit-elle encore de l’Éternel ?
— Qu’Il est un Dieu de connaissance et que par Lui les actions sont pesées. Il connaît tout ce que nous pensons et faisons. C’est bien sérieux. Un verset dit : Toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de Celui à qui nous avons à faire » (Héb. 4:13).
— Le roi David nous montre aussi d’une manière frappante cette toute connaissance de Dieu qui s’étend même à nos moindres actions. « Éternel ! Tu m’as sondé, et tu m’as connu. Tu connais quand je m’assieds et quand je me lève, tu discernes de loin ma pensée ; tu connais mon sentier et mon coucher, et tu es au fait de toutes mes voies. Car la parole n’est pas encore sur ma langue, que voilà, ô Éternel ! tu la connais tout entière » (Psaumes 139:1-4). Ainsi, nos actions les plus indifférentes, toutes nos pensées et nos paroles, Dieu les connaît et y prend garde. Son œil nous suit partout, son oreille nous entend. C’est à la fois bien solennel et propre à nous remplir d’une crainte salutaire, mais aussi d’une sainte confiance. C’est terrible pour les méchants mais consolant pour les saints.
— Ensuite Anne parle de la grande puissance de l’Éternel et de sa domination sur toutes choses. Elle dit : « L’Éternel fait mourir et fait vivre ; il fait descendre au shéol et [en] fait monter. L’Éternel appauvrit et enrichit ; il abaisse, et il élève aussi ».
— En effet, il n’y a pas de puissance plus grande que celle de tenir dans ses mains la vie et la mort, et c’est celle que possède maintenant notre précieux Sauveur. Il dit à Jean, son disciple bien-aimé, qui était tombé à ses pieds comme mort : « Ne crains point ; moi, je suis le premier et le dernier, et le vivant ; et j’ai été mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ; et je tiens les clefs de la mort et du hadès » (Apocalypse 1:17-18).
— Que veulent dire les mots : le shéol et le hadès ?
— Le premier mot est un mot Hébreu employé dans l’Ancien Testament, et le second un mot grec qui se trouve dans le Nouveau Testament. L’un et l’autre désignent le séjour des âmes après qu’elles ont quitté le corps. Rien n’arrive sans la volonté de notre Dieu. « Pas un seul d’entre les passereaux ne tombe en terre, sans votre Père » (Matthieu 10:29). La pauvreté et la richesse viennent de Lui. Notre position sur la terre, c’est Lui qui la dispense, et tout est pour le bien des siens. Cela est bien consolant. Celui qui a fondé la terre, qui a créé les mondes et les soutient par la parole de sa puissance, c’est Celui-là qui prend soin de nous. Que pourrions-nous craindre ?
— Rien assurément. Mais Anne parle aussi de Dieu comme juge. Elle dit : « L’Éternel jugera les bouts de la terre », c’est-à-dire tout le monde, n’est-ce pas ?
— Oui, et c’est ce que toute la Parole de Dieu proclame. Il y a un jour assigné où « Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Écclésiaste 12:14). Les Psaumes comme les prophètes annoncent fréquemment ce jugement : « Il vient, car il vient pour juger la terre : il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa fidélité » (Psaume 96:13). Mais sais-tu par qui Dieu exercera ce jugement ?
— C’est le Seigneur Jésus qui jugera. Il dit lui-même : « Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa gloire, et toutes les nations seront assemblées devant lui pour être jugées » (Matthieu 25:31-32).
— Oui, c’est le Seigneur Jésus à qui, comme Fils de l’homme, Dieu a donné l’autorité de juger, de même que, comme Fils de Dieu, il donne la vie à qui Il veut (Jean 5: 21, 26). L’apôtre Paul dit aussi : « Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent ; parce qu’il a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée, par l’homme qu’il a destiné [à cela], de quoi il a donné une preuve certaine à tous, l’ayant ressuscité d’entre les morts » (Actes des Apôtres 17:30-31). Nous reparlerons du beau cantique de Anne, mais peux-tu me redire les caractères sous lesquels Dieu y est présenté ?
— Dieu est saint, Il est ferme comme un rocher sur qui on peut s’appuyer en sécurité, Il connaît toutes choses, Il est puissant pour faire vivre et mourir, il tient toutes choses dans ses mains, et enfin Il est le juge de tous.
Bonne Nouvelle 1890 pages 7 à 15
— Anne dans son beau cantique, célèbre la grandeur de l’Éternel qui élève les misérables et les petits, et abaisse les orgueilleux et les puissants. C’était ce qui lui était arrivé à elle. Mais l’Esprit de Dieu parlait par sa bouche et annonçait aussi les choses qui devaient arriver à Israël. Par ses péchés, Israël était devenu un peuple déchu et misérable, mais il y avait dans son sein un petit nombre de personnes comme Anne qui sentaient cette misère et cette ruine, et qui s’attendaient à l’Éternel pour la délivrance. C’est ce qu’exprime Anne à la fin de son cantique quand elle dit : « L’Éternel jugera les bouts de la terre, et il donnera la force à son roi, et élèvera la corne de son oint ».
— Que voulait-elle dire par là ? Il n’y avait alors point de roi établi sur le peuple d’Israël.
— C’est vrai, mais Dieu allait bientôt lui donner un roi – son roi – un homme selon son cœur, qui délivrerait Israël de la main de ses ennemis. C’était David. Mais, dans les paroles de Anne, l’Esprit de Dieu étend nos pensées plus loin. Il va jusqu’aux derniers jours, quand l’Éternel jugera les bouts de la terre (Ps. 96:13, 98:9). Et par qui ? Par le Seigneur Jésus, Fils de Dieu et Fils de David (Rom. 1:3-4), l’Oint de l’Éternel, selon ce que nous lisons dans le Psaume 2 versets 2 à 8.
— « Les rois de la terre se lèvent, et les princes consultent ensemble contre l’Éternel et contre son Oint : rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes ! Celui qui habite dans les cieux se rira [d’eux], le Seigneur s’en moquera. Alors il leur parlera dans sa colère, et, dans sa fureur, il les épouvantera : et moi, j’ai oint mon roi sur Sion, la montagne de ma sainteté. Je raconterai le décret : l’Éternel m’a dit : Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande-moi, et je te donnerai les nations pour héritage, et, pour ta possession, les bouts de la terre ». C’est le Seigneur Jésus qui sera ainsi établi Roi, n’est-ce pas ?
— Oui. Ces paroles lui sont appliquées dans le livre des Actes, 4:25-27, et dans l’épître aux Hébreux, 1:5, et nous en voyons l’accomplissement dans l’Apocalypse (19:11-16 ; 12:5), comparé avec Ps. 2:9. Alors le peuple d’Israël si abaissé maintenant et qui aura encore à passer par de grandes tribulations, sera délivré et le Seigneur Jésus règnera en justice. Lorsque Anne eut achevé de prononcer ses paroles de louanges, que firent Elkana et elle ?
— Ils retournèrent dans leur maison à Rama, et le petit Samuel resta avec Éli. « Le jeune garçon servait l’Éternel en la présence d’Éli, le sacrificateur ». Éli lui apprenait ce qu’il y avait à faire pour servir l’Éternel, n’est-ce pas ?
— Oui, Le bonheur de Anne qui avait donné son enfant à l’Éternel et la paix de la maison d’Elkana, forment un contraste étrange avec la maison d’Éli. Il avait deux fils, Hophni et Phinées. Comme lui, ils étaient sacrificateurs. Quel beau privilège était le leur, de pouvoir approcher du sanctuaire de l’Éternel et lui offrir les sacrifices du peuple pour purifier celui-ci de ses péchés. Mais, au lieu de comprendre la sainteté de leur position, et combien leur conduite aurait dû y répondre, ils étaient, dit l’Écriture, « des fils de Bélial », c’est-à-dire des hommes méchants ; « ils ne connaissaient pas l’Éternel ».
— Est-ce qu’Éli ne les avait pas instruits dans la connaissance de Dieu et de sa volonté ?
— Nous n’avons pas de raison pour en douter, mais ils avaient probablement fait comme bien des enfants et des jeunes gens qui n’écoutent pas et ne reçoivent pas dans leur cœur les enseignements qui leur sont donnés. Peut-être aussi leur père ne les avait-il pas repris assez sévèrement quand ils étaient jeunes et agissaient mal ; lis Proverbes 23:13-14.
— Que faisaient-ils de mauvais ?
— Au lieu de se contenter de la portion des sacrifices que la loi de Moïse leur assignait, ils exigeaient du peuple et prenaient même de force les meilleurs morceaux choisis à leur gré, et même ce qui était exclusivement réservé à l’Éternel, c’est-à-dire la graisse. Ils s’enrichissaient ainsi, dit plus loin un prophète, des prémices de toutes les offrandes d’Israël. Ils méprisaient et foulaient aux pieds les sacrifices et les offrandes de l’Éternel, et la conséquence de leur manière de faire est que le peuple n’avait plus de respect pour les choses saintes. Aussi « le péché de ces jeunes hommes fut très grand devant l’Éternel » est-il dit. Ils ne faisaient servir leur position religieuse que pour satisfaire leurs convoitises.
— En donnant un si mauvais exemple, ils entraînaient les autres dans le mal, et cela d’autant plus qu’ils étaient des sacrificateurs, des gens qui auraient dû les premiers servir Dieu fidèlement ?
— Et leur mauvaise conduite ne s’arrêtait pas là. Ils commettaient des actions honteuses. Ils se livraient sans retenue à des péchés très grossiers. Comment en aurait-il été autrement ? Ils n’avaient pas la crainte de l’Éternel, il n’y avait aucun frein pour les retenir. C’est ce qui arrive à ceux qui n’ont pas voulu recevoir la connaissance de Dieu dans leur cœur. Combien il y a de jeunes gens et de jeunes filles qui, ne craignant pas Dieu, s’abandonnent sans frein à leurs mauvais désirs ! La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse et la garantie contre le mal. C’est pourquoi il est écrit : « Écoutons la fin de tout ce qui a été dit : Crains Dieu, et garde ses commandements ; car c’est là le tout de l’homme (Écclésiaste 12:13).
— Mais Éli ignorait-il ce que faisaient ses fils ?
— Non, il l’avait appris. Il était alors très âgé, et combien, dans sa vieillesse, il devait en être affligé ! Il n’y a rien qui soit plus douloureux pour le cœur des parents que de voir leurs enfants mal se conduire. Il les exhorta et les réprimanda même très sérieusement. « Vous entraînez à la transgression le peuple de l’Éternel », leur dit-il. « Si un homme a péché contre un homme, Dieu le jugera ; mais si un homme pèche contre l’Éternel, qui priera pour lui ? (1 Samuel 2:24-25). Il voulait dire que si un homme péchait délibérément, par fierté, la loi le condamnait sans miséricorde (Nombres 15:30-31). Mais la répréhension n’était pas suffisante. Ces méchants fils ne craignaient pas l’Éternel, comment auraient-ils écouté leur père ? Éli avait bien un moyen que la loi de Moïse lui indiquait pour mettre un terme au mal que ses fils commettaient. C’était de les signaler au peuple comme désobéissants et rebelles, et alors le peuple devait les lapider (Deut. 21:18-21). Mais il recula devant cette chose terrible. Alors l’Éternel prit lui-même la chose en main, et fit savoir à Éli le jugement qu’il allait exécuter.
— Comment le lui fit-il savoir ?
— Il lui envoya un prophète qui lui rappela comment Dieu avait choisi son ancêtre Aaron pour être sacrificateur et avoir une large part des sacrifices et des offrandes d’Israël. Éli et ses fils, comme descendants d’Aaron jouissaient de ces privilèges. Ensuite le prophète lui reprocha les péchés de ses fils qu’il aurait dû arrêter dans leur mauvaise voie. Il lui annonça que la sacrificature serait ôtée de sa maison et donnée à un sacrificateur fidèle et que, quant à ses méchants fils, il aurait la douleur de les voir mourir tous deux le même jour.
— Quelles terribles paroles pour Éli, et quel chagrin pour son cœur !
— En effet, mais Dieu veut maintenir sa gloire et la sainteté de sa maison. Son peuple ne pouvait être en relation avec Lui sans une sainte sacrificature. « Ceux qui m’honorent », dit Dieu, « je les honorerai ; et ceux qui me méprisent seront en petite estime ». Les paroles du prophète s’accomplirent. Quant au reste de sa prophétie, il eut son accomplissement au temps de David et de Salomon. Abiathar, l’arrière petit fils d’Éli, se mit du parti d’Adonija contre Salomon, le roi choisi de Dieu. Il fut déposé de la sacrificature et remplacé par Tsadok qui descendait d’Éléazar, le fils aîné d’Aaron (1 Rois 1:7 ; 2:26-27 ; 1 Chron. 6:1-8). Lis maintenant 1 Samuel 2:35.
— « Et je me susciterai un sacrificateur fidèle : il fera selon ce qui est dans mon coeur et dans mon âme, et je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint ». C’est de Tsadok et de Salomon que le prophète parle, n’est-ce pas ?
— Oui, mais le roi Salomon n’est pas resté fidèle ; ses successeurs non plus ; la royauté et la sacrificature ont cessé pour Israël à cause de ses péchés, de sorte que Dieu veut parler d’un autre oint devant qui le sacrificateur marchera toujours.
— C’est le Seigneur Jésus, n’est-ce pas ?
— En effet, Il est l’Oint de l’Éternel par excellence. Et nous lisons en Ézéchiel 43: 19 et 44:15 que, dans le millénium, quand le temple aura été rebâti et que le Seigneur Jésus règnera, c’est la famille de Tsadok qui sera établie dans la sacrificature. Pendant cette époque bienheureuse pour toute la terre, ce sera un prince de la famille de David qui gouvernera sur la terre les enfants d’Israël.
— Comment retrouvera-t-on les descendants de David et de Tsadok puisque le peuple d’Israël a été dispersé ?
— Dieu saura bien les retrouver, comme il retrouvera aussi les dix tribus dont il semble n’y avoir plus de trace. Toutes les paroles de Dieu s’accompliront sans qu’il en manque une. « Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent », dit le Seigneur, « un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli (Matthieu 5:18 ; 24:34-35).
— Mais le Seigneur Jésus est aussi sacrificateur, n’est-ce pas ?
— Oui, Il est notre grand souverain sacrificateur dans le ciel où il paraît pour nous devant Dieu et où il intercède pour nous (Héb.9:24 ; 7:25). Mais il sera pour son peuple d’Israël, durant les mille ans de son règne, roi et sacrificateur comme Melchisédec : « Il sera sacrificateur sur son trône » (Zacharie 6:12-13).
— Ce ne sera plus comme aux jours d’Éli, il n’y aura plus de méchants sacrificateurs. Que devenait le petit Samuel à côté des méchants fils d’Éli ?
— Dieu le gardait, lui l’enfant de la prière, Il le préparait pour commencer la délivrance de son peuple. Ce devait être une consolation pour le vieil Éli d’avoir auprès de lui cet enfant doux et obéissant. Après avoir parlé du grand péché des fils d’Éli, l’Écriture dit : « Et Samuel servait devant l’Éternel ». Anne n’oubliait pas son cher enfant. Chaque année, à l’époque du sacrifice annuel, elle venait à Silo avec Elkana et apportait à Samuel une petite robe que, sans doute, elle avait confectionnée avec amour pour son premier-né. Car Dieu avait accordé à Anne une grande grâce. Éli avait béni Elkana et Anne et dit : « Que l’Éternel te donne des enfants de cette femme, à la place du prêt qui a été fait à l’Éternel ! » Et Anne avait maintenant toute une famille, trois fils et deux filles. Mais je suis sûre que ce qui la rendait surtout heureuse, c’était ce qui est dit de Samuel : « Le jeune garçon Samuel grandissait auprès de l’Éternel ».
— Est-ce parce qu’il demeurait près du tabernacle que cela est dit ?
— Ce n’est pas seulement pour cela, mais parce que dans son cœur, il vivait dans la présence de Dieu et s’abstenait du mal. Et c’est ainsi que tout enfant peut grandir. Lis maintenant le verset 26 qui vient après les terribles paroles prononcées contre les fils d’Éli que l’Éternel avait résolu de faire mourir car leur péché ne pouvait être pardonné.
— « Et le jeune garçon Samuel allait grandissant, agréable à l’Éternel et aux hommes ». Cela me rappelle ce qui est dit du Seigneur : « Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2:52). Samuel d’avance marchait sur les traces de Jésus. Je voudrais être comme Lui !
— Si tu prends Jésus pour modèle et que tu demandes à Dieu la grâce de pouvoir l’imiter, il te l’accordera et te rendra capable par Son Esprit de croître en sagesse, de jouir de sa faveur et ainsi honorer le Seigneur par ta conduite au milieu de tes amies, par ton obéissance envers tes parents et tes professeurs, par ta douceur envers tous.
Bonne Nouvelle 1890 pages 21 à 28.
— Ce chapitre nous parle de la partie la plus importante de la vie de Samuel, l’appel que Dieu lui adressa. Jusqu’alors Samuel avait appris, sous la direction d’Éli, ce qui concernait le service de l’Éternel. « Le jeune garçon Samuel servait l’Éternel devant Éli ». Il avait été un écolier docile, mais Dieu ne lui avait pas parlé directement et ne l’avait chargé d’aucune mission. C’est en cela que consiste l’appel, et c’est ce que l’Éternel allait faire à l’égard de Samuel. Dès lors, Samuel devait être un prophète de l’Éternel. Il y a, soit dans l’Ancien, soit dans le Nouveau Testament, bien des exemples d’hommes que Dieu appela à accomplir quelque mission. Peux-tu en citer quelques-uns ?
— D’abord Moïse. L’Éternel l’appela du milieu du buisson en feu et l’envoya pour être le libérateur des enfants d’Israël (Ex. 3:4-10). Et le Seigneur Jésus appela Jacques et Jean et Pierre pour être ses apôtres et annoncer l’évangile (Matthieu 4:18-22). Mais tu as dit que Samuel fut un prophète de l’Éternel. Qu’est-ce qu’un prophète ?
— C’était un homme à qui Dieu donnait la charge de communiquer les pensées qu’Il lui révélait. Il était comme la bouche de Dieu (Héb. 1:1 ; Nomb. 12:6 ; comparez Exode 4:12-16 et 7:1). Il n’annonçait pas seulement des choses à venir mais il dévoilait au peuple ce que Dieu pensait de son état et lui adressait des reproches et des exhortations. Les prophètes accomplissaient quelquefois des miracles pour prouver leur mission divine.
— Samuel n’était-il pas bien jeune pour être un prophète ?
— Dieu choisit les instruments qu’il veut. Il se glorifie toujours dans la faiblesse (2 Cor. 12:9). Moïse avait quatre-vingts ans quand Dieu l’appela à être le conducteur de son peuple, et Samuel n’était qu’un jeune garçon quand Dieu le désigna comme prophète pour Israël.
— Comment l’Éternel parlait-il aux prophètes ?
— Par des songes et des visions (Nomb. 12:6 ; Ézéchiel 1:1 ; Daniel 7:1). À l’époque où vivait Samuel, l’Éternel faisait rarement entendre sa voix par le moyen des prophètes. « La parole de l’Éternel était rare en ces jours-là ; la vision n’était pas répandue », est-il dit. C’était à cause du mauvais état du peuple qui, à l’exemple des fils d’Éli, marchait dans le péché et joignait l’idolâtrie au culte de l’Éternel (1 Sam. 7:3). Mais Dieu n’oubliait pas ses promesses à l’égard de son peuple et il appelait Samuel pour être son prophète auprès des enfants d’Israël et les ramener à Lui. Mais avant de les bénir ainsi, Dieu voulait châtier les méchants.
— Comment l’Éternel appela-t-il Samuel ?
— Une nuit, Samuel était couché selon sa coutume dans le temple de l’Éternel, c’est-à-dire dans le tabernacle, non loin de l’endroit où Éli lui-même reposait. Il était, pour ainsi dire, le gardien de ce saint lieu où était l’arche de Dieu, son trône. Quel endroit pour la demeure d’un jeune garçon ! C’était vers le matin. Les lampes sur le chandelier d’or n’étaient pas encore éteintes car elles devaient brûler toute la nuit (Lév. 24:3). Malgré les fautes de son peuple, l’Éternel habitait encore au milieu de lui, et il allait faire entendre sa voix, non au vieux sacrificateur mais au jeune serviteur qui Lui avait été consacré et qu’Il avait choisi. Dans le silence profond de la nuit, dans le lieu où tout parlait de la majesté et de la sainteté de Dieu, une voix se fit soudain entendre : « Samuel ! » disait-elle, et le jeune homme s’éveilla.
— Comme il dut être étonné !
— Il ne connaissait pas encore la voix de l’Éternel et crut qu’Éli l’avait appelé. Éli et lui étaient les seuls à habiter dans le tabernacle. Samuel était un jeune homme obéissant. Il n’était pas comme certains enfants qu’il faut appeler deux ou trois fois avant qu’ils se décident à bouger. Il ne trouvait pas non plus ennuyeux d’être tiré de son sommeil et ne murmurait pas. Aussi, dès qu’il s’entendit appeler, il s’écria : « Me voici ! » et courut promptement vers le vieillard. « Me voici », répéta-t-il, « car tu m’as appelé ». Éli ne comprenait pas ce que voulait dire Samuel. Peut-être pensait-il qu’il avait rêvé. « Je ne t’ai pas appelé », lui dit-il, « retourne, couche-toi ». Le jeune homme docile retourna à sa couche. Mais bientôt la voix se fit entendre de nouveau : « Samuel ! ». Il ne se trompait pas, on l’avait bien appelé. Et quel autre qu’Éli cela pouvait-il être ? Aussi accourut-il encore auprès de lui, disant : « Me voici, car tu m’as appelé ». Pour la seconde fois, Éli le renvoya. En regagnant sa couche, il devait se demander qui avait bien pu l’appeler. C’est qu’il y avait quelqu’un dans le tabernacle que Samuel servait depuis plusieurs années, mais sans connaître cet hôte mystérieux qui habitait dans l’obscurité du sanctuaire. C’était l’Éternel. Il ne le connaissait pas encore, mais son ignorance n’était pas comme celle des fils d’Éli qui avait sa source dans la méchanceté. Samuel craignait l’Éternel et le servait, mais « la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée ». C’est dans ce sens qu’il ne le connaissait pas, il n’avait pas encore entendu sa voix. Et c’était cette voix qui l’appelait sans qu’il le sache.
— Nous ne pouvons plus jouir d’un tel bonheur.
— Non, pas de la même manière que Samuel. Il était appelé à être prophète et pour cela il devait connaître la voix de l’Éternel pour apprendre ce qu’il aurait à communiquer au peuple. Mais pour nous, nous avons les pensées de Dieu dans sa parole écrite. C’est là que nous entendons sa voix, c’est par elle qu’il nous appelle à venir à Jésus, à Le suivre, à vivre pour Lui. Aussi les chrétiens sont-ils nommés « des appelés de Jésus Christ », « saints appelés » et « participants à l’appel céleste » (Rom. 1:6-7 ; Héb. 3:1). Cela n’est-il pas un aussi grand bonheur que celui de Samuel ?
— C’est vrai ! Jésus nous dit : « Venez à moi », c’est son appel. Et quand on l’a écouté, on est de ses brebis et on connaît sa voix et on le suit. Il nous dit dans sa parole qu’il nous aime et cela rend tout heureux. Comment Samuel sut-il que la voix qui l’appelait était celle de l’Éternel ?
— Ce fut par le moyen d’Éli. Une troisième fois, la voix appela : « Samuel ! » Et le jeune garçon, sans se rebuter, s’empressa de courir auprès d’Éli, ne voulant pas que le vieillard pût manquer de ses soins. Samuel avait un cœur dévoué à celui qu’il servait et dit encore : « Me voici, car tu m’as appelé ». Éli, cette fois, comprit que ce n’était pas une illusion de Samuel et que l’Éternel lui-même appelait son jeune serviteur. « Va, couche-toi », lui dit-il, « et s’il t’appelle, alors tu diras : Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ». C’est ce que fit Samuel. L’Éternel vint comme les autres fois et appela : « Samuel, Samuel ! » et Samuel dit : « Parle, car ton serviteur écoute ».
— Samuel n’était-il pas effrayé en sachant que l’Éternel était là et lui parlait ?
— Non. Samuel ne connaissait pas jusqu’alors la voix de l’Éternel, mais il savait qu’Il était le Dieu du peuple d’Israël, son Dieu à lui aussi, le Dieu qu’il servait. Il était un enfant pieux, vivant dans le sanctuaire. Pourquoi aurait-il eu peur ? As-tu peur de quelqu’un qui t’aime, de ton père quand il te parle ? Nous n’avons pas à avoir peur de Dieu quand nous sommes simples de cœur, que nous connaissons sa bonté et que nous marchons avec Lui. Abraham, l’ami de Dieu, n’avait pas peur de l’Éternel qui venait le visiter, mais Jacob eut peur quand l’Éternel lui parla, à cause de sa mauvaise conscience (Ésaïe 41:8 ; Gen. 18:1-5 et 16-19 ; 28:16-17).
— Et qu’est-ce que l’Éternel dit à Samuel après l’avoir appelé ?
— Des choses terribles pour Éli et pour Israël car Dieu ne pouvait bénir son peuple avant de lui avoir fait sentir sa verge pour l’amener à se repentir. L’Éternel dit qu’il allait accomplir tout ce qu’il avait annoncé à Éli par le prophète venu vers lui.
— Samuel fut sans doute bien affligé en entendant cela.
— Certainement. Aussi il ne se hâta pas de rapporter à Éli les paroles de l’Éternel. Il laissa reposer le vieillard jusqu’au matin. Alors, suivant sa coutume, il ouvrit les portes de la maison de l’Éternel. Mais il ne dit encore rien ; il craignait de briser le cœur d’Éli en lui racontant sa vision. Éli, cependant, désirait savoir ce que l’Éternel avait dit au jeune homme car, quelle qu’elle soit, il aimait la parole qui venait de Dieu. « Samuel, mon fils », lui dit-il. Éli aimait Samuel, le jeune homme obéissant, comme un fils. Ses propres fils avaient affligé et déshonoré sa vieillesse, mais le fils de Anne était sa consolation. Comme dans la nuit, Samuel répondit : « Me voici ». Alors Éli lui demanda ce que l’Éternel lui avait révélé, le conjurant de ne rien lui cacher, et Samuel lui rapporta toutes les paroles de l’Éternel. « C’est l’Éternel », répondit le vieillard, « qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux ».
— Comme il était soumis ! Pas une plainte ni un murmure ne lui échappe, et pourtant comme il devait être triste.
— Sans doute, mais il reconnaissait que le jugement de Dieu était juste et il s’humiliait sous la main puissante de Dieu. Tel fut l’appel de Samuel et la première révélation qui lui fut faite. Depuis ce moment, l’Éternel continua d’apparaître à Silo, et de se révéler à Samuel par sa parole. Et tout Israël, d’un bout à l’autre du pays, sut qu’il était établi prophète de l’Éternel. C’était une grâce que Dieu faisait à son peuple. Et bien que d’abord ce fût pour annoncer le jugement, plus tard il devint le libérateur du peuple.
Bonne Nouvelle 1890 pages 43 à 49.
— L’Éternel avait appelé le jeune Samuel à être prophète au vu et au su de tout le peuple. Le premier message dont il fut chargé était bien pénible, comme nous l’avons vu, mais l’Éternel avait parlé, et « ce que Samuel avait dit arriva à tout Israël ».
— Comment cela eut-il lieu ?
— Les Israélites se rassemblèrent pour combattre les Philistins qui vinrent à leur rencontre.
— Pour quelle raison les Israélites firent-ils cela ? Dieu le leur avait-il commandé ?
— Non, ils le firent de leur propre chef. Ils voulaient, sans doute, secouer le joug des Philistins et pensaient être assez forts pour cela. Mais que pouvaient-ils si Dieu n’était pas avec eux et s’ils agissaient sans son ordre ? Nous aussi, nous ne pouvons vaincre nos ennemis que si Christ est avec nous. D’ailleurs, les Israélites toléraient le péché des fils d’Éli au milieu d’eux, ils péchaient eux-mêmes et Dieu ne pouvait être avec eux. Ils furent battus et perdirent quatre mille hommes. Te rappelles-tu une autre occasion où les Israélites subirent une défaite parce qu’il y avait au milieu d’eux quelqu’un qui avait péché ?
— N’est-ce pas quand Acan avait pris de l’interdit (Josué 7:1) ? Mais Josué ne le savait pas.
— C’est vrai, mais cela nous montre que Dieu ne peut tolérer le mal, connu ou non, au milieu de son peuple et que, si ce mal n’est pas ôté, il ne peut le bénir. C’est pourquoi David disait : « Purifie-moi de mes fautes cachées » (Ps 19:12). Et nous devons faire comme lui car notre Dieu est saint et nous appelle à la sainteté (1 Pierre 1:15-16). Mais au temps de notre histoire, ce n’était pas un mal caché, il était évident à tous les yeux. Chacun connaissait l’horrible conduite des fils d’Éli, et chacun savait bien ce que le prophète et Samuel avaient dit de la part de l’Éternel à ce sujet. Et tel était l’aveuglement des anciens d’Israël qu’au lieu de voir dans leur défaite une marque de la désapprobation de Dieu et un appel à se repentir et à se détourner de leur mauvaise voie, ils dirent : « Pourquoi l’Éternel nous a-t-il battus aujourd’hui devant les Philistins ? » Rien de plus dangereux pour une âme que de ne pas voir son mauvais état. Mais qu’avaient fait autrefois Josué et les anciens d’Israël après que le peuple ait été battu ?
— Ils s’étaient humiliés la face contre terre, et dès qu’ils avaient connu le méchant, ils s’étaient dépêchés de le punir comme Dieu l’avait dit (Josué 7:6, 25).
— C’est ce que ne firent pas les anciens au temps d’Éli. Au contraire, ils dirent : « Prenons à nous, de Silo, l’arche de l’alliance de l’Éternel, et qu’elle vienne au milieu de nous et nous sauve de la main de nos ennemis ». Ils se rappelaient sans doute que leurs pères avaient passé le Jourdain à pied sec, l’arche y étant descendue avant eux, et que les murs de Jéricho étaient tombés après les solennelles processions faites autour de la ville avec l’arche. Mais leur cas était bien différent. L’Éternel était alors avec son peuple, il marchait à leur tête et eux aussi suivaient ses ordres, Josué 3 et 4, tandis que maintenant, il n’avait rien commandé. « Prenons à nous », avaient dit les anciens. C’était leur volonté et non celle de Dieu qu’ils suivaient, et Dieu ne pouvait pas être avec eux.
— Faire venir l’arche, ce n’est pas faire venir l’Éternel.
— Et surtout, quand ce sont des rebelles qui le prennent au milieu d’eux. Au lieu d’avoir l’Éternel avec eux, voici ce qu’ils eurent : « Le peuple envoya à Silo, et on apporta de là l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins ; et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, étaient là avec l’arche de l’alliance de Dieu ». L’Éternel des armées qui siège entre les chérubins ne vint pas avec l’arche pour faire triompher un peuple rebelle. Sans Lui, l’arche n’était rien. Ceux qui l’accompagnaient étaient au contraire les méchants fils d’Éli qui appelaient sur eux le jugement du Dieu saint. Extérieurement, il y avait au milieu des Israélites ce qui y était quand les murs de Jéricho tombèrent, c’est-à-dire l’arche et les sacrificateurs. Mais Dieu n’y était pas et ne pouvait y être parce qu’il ne peut s’associer au péché. Par conséquent il manquait aux Israélites la puissance contre leurs ennemis.
— Cela nous apprend quelque chose, n’est-ce pas ?
— Oui, les formes religieuses ne sont rien si le cœur n’est pas humble et pur devant Dieu. C’est au cœur que Dieu regarde (1 Samuel 16:7). On peut avoir « la forme de la piété mais en ayant renié la puissance » (2 Tim. 3:5).
— Que firent les Israélites quand ils virent l’arche entrer dans leur camp ? Ils auraient dû avoir peur de ce Dieu si saint.
— Loin de là. Leur conscience était endurcie. Quand l’arche entra dans le camp, les Israélites, ne se souvenant que des victoires de leurs pères et ne pensant pas à leurs péchés et à ceux des fils d’Éli qui les rendaient anathème (Josué 7:11-12), crurent qu’ils allaient être victorieux des Philistins. Ils se mirent à pousser de grands cris de joie, tellement que la terre en frémit. Ils ne pensaient pas que le jugement allait les atteindre.
— Les Philistins durent être bien surpris. Ne se demandèrent-ils pas ce que cela signifiait ?
— Sans doute, et en apprenant que l’arche était venue dans le camp d’Israël, ils furent saisis de frayeur. Quoique ignorants à bien des égards, ils avaient entendu parler de la puissance du Dieu d’Israël. « Dieu est venu dans le camp. Malheur à nous ! » dirent-ils « car il n’en a jamais été ainsi auparavant. Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants ? Ce sont là les dieux qui ont frappé les Égyptiens de toutes sortes de plaies dans le désert ». Ils ignoraient sans doute que ce Dieu puissant n’était pas venu avec l’arche, que les Israélites coupables n’avaient aucune force et qu’eux, Philistins, allaient être l’instrument de Dieu pour les châtier. Toutefois au lieu de se laisser abattre, ils prirent courage et se dirent les uns aux autres : « Philistins, fortifiez-vous et soyez hommes, de peur que vous ne soyez asservis aux Hébreux, comme ils vous ont été asservis ! Soyez hommes, et combattez ! » C’est ce qu’ils firent, et Dieu leur donna de remporter une grande victoire. Les malheureux Israélites éprouvèrent que, sans l’Éternel avec eux, ils étaient les plus faibles d’entre les hommes et que leur apparence religieuse ne les garantissait pas. Leur défaite fut terrible. Trente mille hommes furent tués, et avec eux les deux fils d’Éli, et l’arche fut prise.
— Quelle humiliation pour eux !
— Oui, tout cela était bien triste. Le peuple de Dieu battu, les sacrificateurs de Dieu tués, l’arche de Dieu prise par des païens et devenant un trophée de leur victoire ; il semblait que l’Éternel lui-même fût vaincu. C’est ainsi que les péchés des chrétiens déshonorent leur Dieu devant le monde. Mais l’Éternel est au-dessus de tout. Si son peuple ne sait pas maintenir sa gloire, Lui la maintient. Les Philistins apprirent à faire la différence entre Israël et le Dieu d’Israël, comme entre ce Dieu et leurs idoles.
— Combien Éli dut être affligé en apprenant ces tristes nouvelles, et surtout la mort de ses fils !
— Il y avait quelque chose à quoi Éli tenait encore plus qu’à ses fils. Le pauvre vieillard aveugle « était assis sur un siège, aux aguets, à côté du chemin ». Pourquoi aux aguets ? Il cherchait à entendre le moindre bruit qui lui ferait connaître l’issue de la bataille. Était-ce à cause des Israélites ou de ses fils ? Non, mais « son cœur tremblait pour l’arche de Dieu ». Ce qu’Éli avait à cœur avant tout, c’était la gloire de l’Éternel. Et en cela nous avons à imiter le pieux vieillard.
— Et comment les nouvelles lui parvinrent-elles ?
— Il entendit des cris dans la ville. Un homme de Benjamin qui s’était enfui de la bataille et qui était venu à Silo le même jour, ayant ses vêtements déchirés en signe de deuil, avait annoncé ce qui était arrivé, et toute la ville jeta des cris. Éli s’informa de ce que c’était et l’homme vint à lui et dit : « Je me suis enfui de la bataille aujourd’hui ». « Qu’est-il arrivé, mon fils ? » lui demanda le vieillard tremblant. « Israël a fui devant les Philistins », répondit le messager, « et même il y a eu une grande défaite du peuple, et aussi tes deux fils, Hophni et Phinées, sont morts, et l’arche de Dieu est prise ».
— Quelles nouvelles douloureuses pour Éli !
— Oui, tout se réunissait pour accabler le cœur du vieillard. Il avait vécu quatre-vingt dix-huit ans, près d’un siècle, et au lieu de s’endormir en paix, il voyait la ruine de tout ce qui lui était le plus cher. L’arche de Dieu prise, c’était pour lui le dernier coup, il ne put le supporter. Lorsque le messager mentionna l’arche de Dieu, « Éli tomba à la renverse de dessus son siège, à côté de la porte, et se brisa la nuque et mourut ».
— Ainsi le pauvre peuple d’Israël n’avait plus rien, ni l’arche, ni sacrificateurs, ni juge.
— Non, rien, et ses ennemis dominaient sur lui, et tout cela à cause de ses péchés. Mais c’est une figure de l’état actuel des Juifs bien plus triste encore. Le prophète Osée le décrit ainsi : « Car les fils d’Israël resteront beaucoup de jours sans roi, et sans prince, et sans sacrifice, et sans statue, et sans éphod ni théraphim » (Osée 3:4). Ils sont dispersés, assujettis aux nations et sans être idolâtres, ils ne peuvent cependant offrir leurs sacrifices, ni rendre leur culte à Dieu.
— Mais Dieu les ramènera.
— Sans doute, comme aussi l’Éternel délivra les Israélites d’autrefois.
— La peuple fut sans doute affligé par ces tristes évènements. On n’en saurait douter. Au lieu d’avoir secoué le joug des Philistins, les malheureux Israélites leur étaient asservis plus que jamais. Mais il y eut une personne en particulier qui ressentit profondément, comme Éli, la prise de l’arche. Ce fut la belle-fille d’Éli, femme de Phinées. Elle mit au monde un fils dans ces circonstances affligeantes, puis elle mourut de douleur. Comme elle se mourait, on voulait la consoler en lui disant qu’elle avait un fils, le grand désir de toutes les femmes d’Israël. Mais elle n’y fit pas attention. Son cœur n’était occupé que d’une chose – le déshonneur jeté sur le nom de l’Éternel par la prise de l’arche. Elle nomma son fils I-Cabod, ce qui veut dire « privé de gloire » car, disait-elle, « la gloire s’en est allée d’Israël ; — parce que l’arche de Dieu est prise ».
— C’est une douloureuse histoire. Mais on voit combien Éli et sa belle-fille étaient attachés à l’Éternel. Et cela nous apprend que nous devrions être aussi attachés au Seigneur Jésus et tenir à ce qu’il soit honoré, et être attristés quand il ne l’est pas, n’est-ce pas ?
— Oui, Dieu regarde au cœur fidèle.
— Que faisait Samuel en ces tristes temps ?
— Il n’est pas parlé de lui. Nous pouvons bien penser qu’il ressentait aussi vivement ce qui se passait et qu’il criait à Dieu pour ce pauvre peuple. Nous le retrouverons plus tard lors de la restauration d’Israël.
Bonne Nouvelle 1890 pages 64 à 70
— Le peuple d’Israël a été vaincu et l’arche de l’alliance de l’Éternel a été prise par les Philistins. Ils l’emportèrent comme un trophée de leur victoire et la transportèrent à Asdod, l’une des cinq villes principales de leur territoire. Là se trouvait un temple consacré à leur faux dieu Dagon dont nous avons vu le nom dans l’histoire de Samson (Juges 16:23), et c’est dans ce temple, à côté de l’idole, qu’ils placèrent l’arche sainte de Dieu.
— Quelle triste place pour l’arche, à l’abri du temple d’un faux dieu au lieu d’être dans le sanctuaire !
— C’était une chose humiliante pour Israël, mais non pour Dieu. L’Éternel ne pouvait rester associé à une idole et il allait bientôt le montrer. Les Philistins attribuaient sans doute leur victoire à Dagon, leur dieu, comme lorsqu’ils avaient pris Samson et disaient : « Notre dieu a livré entre nos mains Samson, notre ennemi » (Juges 16:23-24). Ils placèrent donc l’arche à côté de leur idole, comme hommage à sa puissance sur le Dieu d’Israël.
— Ils auraient dû se souvenir de ce qui était arrivé quand Samson, après avoir invoqué l’Éternel, fit tomber la maison sur ceux qui étaient rassemblés pour célébrer leur Dieu.
— Sans doute. Ils avaient vaincu Israël parce que l’Éternel avait châtié son peuple à cause de ses péchés, mais ni eux ni leur dieu n’avaient vaincu l’Éternel. Il le leur montra en prenant lui-même sa cause en main, comme il le leur dit dans Ésaïe 63:5 : « Je regardai, et il n’y avait point de secours … et mon bras m’a sauvé ». Lis aussi Ésaïe 40:19-20 ; 44:9-20, pour voir la folie de l’homme qui remplace Dieu par des idoles. Sans le secours d’aucun bras d’homme, il fit tomber l’idole des Philistins.
— Sait-on comment était cette idole ?
— Oui, elle avait une tête et des bras d’homme et se terminait en forme de poisson. Les Grecs aussi avaient ces sortes de divinités qu’ils disaient habiter la mer.
— Quelle folie d’adorer de telles choses qui n’existent même pas !
— C’est bien vrai. L’apôtre Paul nous dit la raison de cette folie des hommes : « Ce qui se peut connaître de Dieu est manifeste parmi eux ; car Dieu le leur a manifesté ». C’est « sa puissance éternelle et sa divinité, qui se discernent par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites », c’est-à-dire les œuvres de la création. Mais les hommes, « ayant connu Dieu, ils ne le glorifièrent point comme Dieu, ni ne lui rendirent grâces ; mais ils devinrent vains dans leurs raisonnements, et leur cœur destitué d’intelligence fut rempli de ténèbres : se disant sages, ils sont devenus fous, et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en la ressemblance de l’image d’un homme corruptible et d’oiseaux et de quadrupèdes et de reptiles » (Romains 1:18-23). Mais à côté de la folie des idolâtres, il y a celle de ceux qui disent : « Il n’y a pas de Dieu » (Ps. 14:1), et de ceux qui, connaissant les paroles du Seigneur, ne les mettent pas en pratique (Matthieu 7:26-27). Tous ceux-là sont nombreux autour de nous. Mais continuons notre histoire. Lorsqu’au matin les sacrificateurs de Dagon entrèrent dans la maison de leur dieu, ils trouvèrent leur idole abattue la face contre terre devant l’arche de l’Éternel.
— Ils durent être bien frappés !
— En effet, ils auraient dû l’être selon ce que le roi David dit plus tard : « Que tous ceux qui servent une image taillée, qui se vantent des idoles, soient honteux. Vous, tous les dieux, prosternez-vous devant lui » (Ps. 97:7). Mais le cœur de l’homme cherche toujours à se séduire, il tient à l’œuvre de ses mains et les sacrificateurs de Dagon s’imaginèrent peut-être que c’était un fait accidentel. Ils tenaient sans doute aussi à leur idole à cause du profit qu’ils en retiraient. Ils la relevèrent donc et la remirent en place.
— Quel pauvre dieu que celui qui ne peut même pas se relever !
— Oui. Cela me rappelle un beau passage du Psaume 135, versets 15 à 18. Lis-les.
— « Les idoles des nations sont de l’argent et de l’or, ouvrage de mains d’homme : elles ont une bouche, et ne parlent pas ; elles ont des yeux, et ne voient pas ; elles ont des oreilles, et n’entendent pas ; il n’y a pas non plus de respiration dans leur bouche. Ceux qui les ont faites, tous ceux qui se confient en elles, sont comme elles ». Mais qu’arriva-t-il ensuite à l’idole des Philistins ?
— Le lendemain, de bonne heure, les sacrificateurs revinrent. Cette fois, ce ne pouvait plus être un fait accidentel. Non seulement l’idole était abattue devant l’arche de l’Éternel, mais sa tête et ses mains détachées du tronc gisaient sur le seuil.
— Comme ils durent être saisis !
— Ils le furent, sans doute, car le souvenir de ce fait se conserva dans leurs rites religieux. Depuis ce jour, les serviteurs de Dagon ne marchèrent plus sur le seuil de leur temple. Ils pensaient sans doute que cela aurait été une profanation. Ils le franchissaient sans y toucher. Mais est-ce là tout ce qu’ils auraient eu à faire ?
— Oh, non ! Ils auraient dû abandonner leur idole et reconnaître l’Éternel comme leur Dieu.
— Ils ne le firent pas. Alors l’Éternel leur fit sentir sa puissance d’une autre manière bien plus sensible. Il avait abattu leur dieu, il frappa leurs personnes. Ces fiers Philistins qui avaient mis en déroute les Israélites, se virent atteints d’une maladie à la fois honteuse et douloureuse qui en fit mourir plusieurs. De plus, des souris en nombre considérable se répandirent dans leurs champs et détruisirent leurs récoltes. La ville d’Asdod et tout son territoire étaient désolés. Ils virent dans ces deux fléaux la main du Dieu d’Israël et dirent : « L’arche du dieu d’Israël ne restera pas avec nous ; car sa main pèse durement sur nous et sur Dagon, notre dieu ». Ils assemblèrent tous les princes des Philistins et leur demandèrent : « Que ferons-nous de l’arche du dieu d’Israël ? Et ils dirent : Qu’on dirige l’arche du dieu d’Israël vers Gath ». Gath était une autre ville du pays des Philistins.
— C’est étrange. Voulaient-ils donc envoyer la maladie et la désolation à Gath ?
— Dans leur raisonnement, ils se disaient : Peut-être que ces fléaux qui frappent Asdod sont-ils dus à une cause accidentelle. Nous saurons bien, en envoyant l’arche autre part si le mal est dû à sa présence. Ils ne voulaient pas s’avouer vaincus si facilement. L’homme résiste à Dieu tant qu’il peut. Mais dès que l’arche de l’Éternel fut à Gath, « il arriva que la main de l’Éternel fut sur la ville : il y eut un très grand trouble, et il frappa les hommes de la ville, depuis le petit jusqu’au grand ». Il était évident que le mal venait directement de Dieu dont l’arche qui était son trône ne pouvait être comme un trophée de victoire chez les ennemis de son peuple, ni être associée à des idoles. Il a dit : « Je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées » (Ésaïe 42:8).
— Que firent alors les habitants de Gath ?
— « Ils envoyèrent l’arche de Dieu à Ékron », une autre ville du pays des Philistins. « Et il arriva, comme l’arche de Dieu entrait à Ékron, que les Ékroniens poussèrent des cris, disant : Ils ont dirigé vers nous l’arche du dieu d’Israël, pour nous faire mourir, nous et notre peuple ». Et en effet, « la main de Dieu s’appesantissait sur la ville » remplie d’une « consternation mortelle » à cause de la maladie qui sévissait et de la mortalité qui régnait. Que faire dans ces terribles circonstances ? Les Ékroniens le comprirent. Ils firent assembler tous les princes des Philistins et dirent : « Renvoyez l’arche du dieu d’Israël, et qu’elle retourne en son lieu, afin qu’elle ne nous fasse pas mourir, nous et notre peuple ». C’était tout ce qu’il y avait à faire. Le lieu de l’arche n’était pas le temple de Dagon, ni le pays des Philistins, mais le tabernacle au pays d’Israël. C’est là que devait être le trône de l’Éternel, au milieu de son peuple, quand bien même celui-ci pouvait se montrer infidèle.
— Cette frayeur des Philistins me rappelle celle des Égyptiens quand Dieu les eut frappés de plaies, et qu’enfin il eut fait mourir leurs premiers-nés parce que le Pharaon ne voulait pas laisser partir les Israélites. Ils pressaient le peuple de s’en aller car ils disaient : « Nous sommes tous morts » (Exode 12:31-33).
— Et chose très remarquable, le souvenir de ces jugements terribles dont Dieu avait frappé les Égyptiens s’était conservé, après plus de trois siècles, chez les Philistins. Ils en avaient ouï parler, car nous lisons dans le cantique d’Israël, après le passage de la mer Rouge : « Les peuples l’ont entendu, ils ont tremblé ; l’effroi a saisi les habitants de la Philistie » (Ex. 15:14) ; Israël était et sera toujours, malgré ses égarements, « un peuple merveilleux » (Ésaïe 18:2).
Bonne Nouvelle 1890 pages 82 à 88.
— Pendant sept mois, l’arche était restée chez les Philistins. Et pendant ce temps-là les pauvres Philistins avaient été cruellement frappés dans leurs personnes et dans leurs biens. Le saint Dieu d’Israël ne pouvait demeurer au milieu des païens sans leur faire sentir sa puissance et sans leur montrer l’impuissance de leur dieu Dagon pour les délivrer. Les Philistins, dans leur anxiété, ne savaient que faire ni comment se débarrasser de cette arche. Alors ils s’adressèrent à leurs sacrificateurs et à leurs devins comme étant les seuls capables de leur donner un bon conseil.
— Mais ne pouvaient-ils pas reporter l’arche tout simplement dans le pays d’Israël ?
— Bien qu’ils ne connussent pas le vrai Dieu, ils regardaient son arche comme un objet sacré et craignaient, s’ils ne la renvoyaient pas d’une manière convenable, d’attirer encore plus sur eux la colère de ce Dieu redoutable. « Que ferons-nous de l’arche de l’Éternel ? » dirent-ils donc aux sacrificateurs et aux devins ; « faites-nous savoir comment nous la renverrons en son lieu ». Les sacrificateurs et les devins leur dirent : « Si vous renvoyez l’arche du dieu d’Israël, ne la renvoyez pas à vide ; ne manquez pas de lui rendre un sacrifice pour le délit ». Quel sacrifice ? demandèrent les princes des Philistins, n’osant rien faire par eux-mêmes. Et ils répondirent : « Vous ferez des figures de vos hémorroïdes, et des figures de vos souris qui détruisent le pays, et vous donnerez gloire au dieu d’Israël ». Les sacrificateurs et les devins dirent qu’il devait y avoir cinq offrandes de chaque sorte parce qu’il y avait cinq princes qui régnaient sur les Philistins. Mais ils ajoutèrent quelque chose de très frappant. « Peut-être le dieu d’Israël allégera-t-il sa main de dessus vous, et de dessus vos dieux, et de dessus votre pays. Et pourquoi endurciriez-vous votre cœur, comme les Égyptiens et le Pharaon ont endurci leur cœur ? Après qu’il eut opéré puissamment parmi eux, ne les laissèrent-ils pas aller ? Et ils s’en allèrent ». Ainsi, après plus de trois cent cinquante ans, le souvenir des merveilles que l’Éternel avait opérées en faveur de son peuple en Égypte, était encore vivant chez ces peuples idolâtres.
— Les princes des Philistins durent se hâter de ramener l’arche, n’est-ce pas ?
— Oui, et leurs sacrificateurs et leurs devins leur dirent aussi comment ils devaient la renvoyer. « Faites un chariot neuf, et prenez deux vaches qui allaitent, sur lesquelles le joug n’ait jamais été mis », ils voulaient dire qui n’ont jamais rien traîné. Le joug est la pièce de bois que l’on met par-dessus la tête des bœufs ou des vaches et à laquelle on attache les cordes qui servent à tirer. « Et attelez les vaches au chariot, et faites ramener à la maison leurs petits d’auprès d’elles ».
— Pourquoi donc voulaient-ils qu’on prenne toutes ces précautions ?
— Le chariot neuf était, je pense, une marque d’honneur rendue au Dieu d’Israël. Quant au choix des jeunes vaches qui n’avaient pas porté le joug et que l’on éloigne de leurs petits, on va en voir la raison. Quand les vaches allaitent elles ne veulent pas être séparées de leurs veaux et, si elles le peuvent, retournent toujours auprès d’eux quand on les en a séparées. Les sacrificateurs et les devins dirent encore aux princes des Philistins : « Prenez l’arche de l’Éternel, et mettez-la sur le chariot, et mettez dans un coffret, à côté d’elle, les objets d’or que vous lui rendez comme offrande pour le délit ; et vous la renverrez, et elle s’en ira ».
— Sans conducteur ?
— Oui, et c’était là l’épreuve que voulaient faire ces hommes qui ne manquaient pas de sagesse humaine. « Et vous verrez », dirent-ils, « si elle monte par le chemin de sa frontière, vers Beth-Shémesh, (ville de la tribu de Juda, une de celles données aux Lévites (Josué 15:10 ; 20:16), c’est l’Éternel qui nous a fait ce grand mal ; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, [mais] que c’est une chose accidentelle qui nous est arrivée ». Nous comprenons donc maintenant pourquoi ils voulaient qu’on prît deux jeunes vaches et qu’on enfermât leurs veaux loin d’elles.
— Oh, oui ! À moins que l’Éternel ne l’empêchât, les jeunes vaches seraient vite retournées vers leurs petits.
— Sans doute. Les princes des Philistins firent comme leurs sacrificateurs et leurs devins leur avaient dit. Comme ils devaient attendre avec anxiété le résultat ! Et qu’arriva-t-il ? Dieu prit soin de sa gloire ; il montra qu’il gouverne toutes choses et que, malgré leurs fautes, les Israélites étaient le peuple de son choix. Les jeunes vaches sans hésiter se dirigèrent tout droit du côté de Beth-Shémesh.
« Et les vaches allèrent tout droit par le chemin, du côté de Beth-Shémesh ; elles marchèrent par une seule route, allant et mugissant, et elles ne se détournèrent ni à droite ni à gauche ». Tout étonnés, les princes des Philistins suivaient et allèrent après elles jusqu’à la frontière de Beth-Shémesh.
— Les plaies des Philistins cessèrent-elles alors ?
— L’Écriture ne nous en dit rien, mais nous pouvons bien le penser sans cela ces pauvres idolâtres auraient cru que c’était une chose accidentelle. Ils avaient fait ce qu’ils pouvaient pour honorer le Dieu d’Israël et Dieu accepta avec bonté leur offrande, et les délivra de leurs fléaux.
— Ne craignirent-ils pas, dès ce moment, d’attaquer encore les Israélites ?
— Non, Ils restèrent toujours leurs ennemis. Dieu lui-même ramenait son trône chez le peuple dont il était le Roi. Il n’avait eu besoin d’aucun bras d’homme, d’aucune armée. Les habitants de Beth-Shémesh étaient alors occupés à moissonner leurs blés dans la vallée. Quel dut être leur étonnement en voyant ce chariot avancer seul, sans conducteur pour aiguillonner les bêtes, et à une certaine distance ce groupe d’hommes qui suivait ! Qu’y a-t-il sur ce chariot ? Il approche et les premiers près desquels il se trouve reconnaissent l’arche. Peut-être quelques-uns avaient-ils assisté à cette funeste bataille où elle avait été prise ? Ils la croyaient perdue pour toujours, mais c’est bien elle qui revient. Voilà son couvercle en or, voilà les chérubins de gloire qui étendent leurs ailes, voilà ses barres. La nouvelle se répand et tous viennent contempler l’arche, et une grande joie remplit leurs cœurs. Et ce sont les princes des Philistins qui l’accompagnent humblement ! Quelle merveille que l’Éternel avait accomplie en faveur de son pauvre peuple. Le chariot s’arrêta dans un champ où se trouvait une grande pierre. En signe de gratitude, les Beth-Shémites fendirent le bois du chariot et offrirent les deux jeunes vaches en holocauste à l’Éternel. Ensuite les Lévites qui demeuraient à Beth-Shémesh prirent l’arche, la descendirent de dessus le chariot et le placèrent sur la grande pierre, avec le coffret qui renfermait l’offrande des Philistins. Ces Lévites étaient justement de la famille de Kéhath (Josué 20:16), et c’est à eux que Moïse avait donné la charge de porter les choses saintes qui étaient dans le tabernacle et particulièrement l’arche (Nomb. 4:4-6 et 15). Puis les gens de Beth-Shémesh offrirent encore des holocaustes et sacrifièrent des sacrifices de prospérité en signe de joie. Les princes des Philistins contemplèrent toute cette scène, virent comment les Israélites honoraient leur Dieu, puis s’en retournèrent à Ékron, dans leur pays.
— Il est étonnant qu’ils ne se soient pas convertis à l’Éternel.
— Ils regardaient le Dieu des Israélites comme un dieu plus puissant que le leur, voilà tout, et ils étaient bien contents d’être débarrassés de Lui. Il n’y avait point chez eux de vraie crainte de Dieu, mais une crainte superstitieuse.
— Reportèrent-ils l’arche à Silo ?
— Non, mais elle ne resta pas non plus à Beth-Shémesh. Il se passa là un fait qui montre la sainteté de l’Éternel. Des habitants de cette ville ne comprirent pas tout l’honneur que l’Éternel leur faisait et le saint respect qui convient à sa présence. Poussés par une curiosité profane, ils regardèrent dans l’arche comme pour pénétrer les choses secrètes de Dieu. Nous ne pouvons savoir des secrets de Dieu que ce qu’Il veut bien nous faire connaître (Deut. 29:29). Et qu’arriva-t-il ? L’Éternel avait frappé de plaies les Philistins qui se glorifiaient de leur victoire et avaient conduit l’arche en triomphe dans le temple de leur dieu, et il frappa de mort ces profanes de Beth-Shémesh qui avaient osé porter les yeux dans son arche sainte. Soixante-dix hommes moururent et ne purent aller dire aux autres ce qu’ils avaient vu.
— Quelle frayeur dut saisir les autres !
— Oui, et ils agirent comme les Philistins. Ils dirent : « Qui peut tenir devant l’Éternel, ce Dieu saint ? », et au lieu de s’humilier, ils préférèrent se débarrasser de l’arche. C’est une chose bien triste quand, au lieu de reconnaître ses péchés et de les abandonner, on aime mieux éloigner Dieu de sa pensée. Le Seigneur Jésus disait : « Les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3:19, voyez aussi Marc 5:17). Et il nous est dit aussi de servir Dieu « d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte. Car aussi notre Dieu est un feu consumant » (Hébreux 12:28-29).
— Et que fit-on de l’arche ?
— Sans rien faire savoir, semble-t-il, de ce qui leur était arrivé, les Beth-Shémites envoyèrent des messagers dans une ville nommée Kiriath-Jéarim, pour dire aux habitants : « Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel : descendez, faites-la monter vers vous ». Les hommes de Kiriath-Jéarim furent tout heureux d’apprendre cette nouvelle et d’avoir l’arche chez eux. Ils vinrent la chercher, la mirent dans la maison d’un homme nommé Abinadab, sans doute un Lévite, et sanctifièrent, c’est-à-dire mirent à part, Éléazar, son fils, pour la garder. Elle ne retourna point à Silo, mais resta là durant environ soixante-dix ans, et nous ne pouvons douter que cela fut une bénédiction pour Abinadab et toute sa famille (comparez 2 Samuel 6:11-12).
Bonne Nouvelle 1890 pages 112 à 116.
— L’arche de l’Éternel était revenue au pays d’Israël. Dieu lui-même l’y avait ramenée, par sa force, sans le secours d’aucun homme. On aurait pu croire que tout Israël serait heureux d’avoir de nouveau le trône de Dieu au milieu d’eux et que, dans leur reconnaissance, ils rapporteraient l’arche à Silo, et serviraient ce Dieu si fidèle qui n’abandonnait pas son peuple malgré ses fautes. Mais non. Ils laissèrent l’arche à Kiriath-Jéarim, continuèrent à servir des idoles et, par conséquent, demeurèrent sous la domination des Philistins. Un long temps s’écoula ainsi, vingt années.
— Samuel ne faisait-il rien pour le peuple pendant ce temps ?
— Il ne nous en est rien dit, mais nous pouvons bien penser qu’il priait l’Éternel pour ce pauvre peuple. C’est Dieu qui agit enfin dans les cœurs des Israélites de sorte qu’après ces vingt années de sommeil, d’indifférence et d’infidélité, ils se réveillèrent et « toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel ». Ils n’avaient trouvé loin de Lui, ni bonheur ni bénédiction.
— Le fils prodigue aussi revint enfin à lui-même et pensa à la maison de son père (Luc 15:17-18).
— C’est juste. Et c’est alors que Samuel reparaît et vient dire aux Israélites : « Si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins ». Retourner à l’Éternel, c’est la conversion comme Paul le disait aux Thessaloniciens : « vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu » (1 Thess. 1:9). Mais la conversion doit être réelle, du cœur, du cœur tout entier. Et quelle en est la preuve ? C’est qu’on abandonne le mal, le péché, et qu’on recherche le bien, c’est-à-dire Dieu. « Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez de devant mes yeux le mal de vos actions ; cessez de mal faire, apprenez à bien faire », voilà ce qu’Ésaïe dit (És. 1:16-17). Se dire converti quand il n’y a pas de changement de vie, n’est pas vrai. Ensuite Dieu veut un cœur décidé : « Attachez fermement votre cœur à l’Éternel ». C’est ce que à quoi Barnabas exhortait les nouveaux convertis à Antioche : « Il les exhortait tous à demeurer [attachés] au Seigneur de tout leur cœur » (Actes 11:23). C’est une pauvre conversion que celle qui ne lie pas le cœur au Seigneur, de sorte qu’il devienne tout pour nous. Et ensuite le Seigneur ne veut pas un cœur partagé : « Servez-le lui seul ». Il demande que le cœur, et par conséquent la vie, soit pour Lui seul. Il a dit : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres » (Luc 16:13). Les Israélites avaient essayé de mêler le culte de l’Éternel à celui des idoles, c’était une abomination. L’Éternel ne souffre pas de partage. De même, le chrétien ne peut associer le monde à sa vie qui doit être pour Dieu seul (voyez 2 Cor. 6:14-18, Jacques 4:4). Mais, dans les paroles de Samuel, il y a une promesse. As-tu remarqué laquelle ?
— Il dit : « Il vous délivrera de la main des Philistins ».
— Une fois que les Israélites s’étaient purifiés de leurs souillures, avaient abandonné le culte des idoles avec leurs fêtes et montré en cela la réalité de leur conversion, Dieu pouvait être de nouveau en relation avec eux et les bénir. Et c’est ce qu’ils firent à la voix de Samuel : « Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul ». Samuel voulut ensuite qu’il y eût un témoignage public du retour d’Israël à son Dieu, de même que maintenant aussi une âme convertie ne doit pas cacher ce que Dieu a fait pour elle (Marc 5:19, Luc 8:45-48). Samuel fit donc assembler tout le peuple dans un endroit nommé Mitspa et dit : « Je prierai l’Éternel pour vous ». Les Israélites se rassemblèrent au lieu indiqué, puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Éternel en signe de repentance, puis ils jeûnèrent et confessèrent leur péché. Ainsi fut rétablie la relation entre l’Éternel et son peuple, et la bénédiction ne tarda pas à se montrer. Depuis ce moment, Samuel jugea, c’est-à-dire gouverna Israël.
— Comment l’Éternel délivra-t-il les Israélites de la domination des Philistins ?
— Les Philistins apprirent ce grand rassemblement du peuple à Mitspa. Ils pensèrent, sans doute, que c’était pour venir leur faire la guerre et, les premiers, ils marchèrent en armes contre les Israélites, leurs princes à leur tête. Ceux-ci, qui connaissaient la valeur des Philistins, eurent peur car ils se rappelaient leurs dernières défaites. Mais ils savaient maintenant à qui s’adresser pour être secourus. Ils ne se confiaient pas en leur force mais en Dieu, et ils dirent à Samuel : « Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins ». Alors « Samuel prit un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste ; et Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça ».
— Pourquoi Samuel offrit-il cet agneau ?
— Lorsque nous nous approchons de Dieu, nous avons à nous souvenir que nous sommes des pécheurs, et que nous ne pouvons avoir accès auprès de Lui qu’en vertu d’un sacrifice agréable à Dieu. Tel était l’holocauste où l’animal était offert tout entier en signe de dévouement complet à Dieu. Et celui qui offrait l’holocauste était agréé de Dieu à cause du sacrifice (Lévitique 1:2-4 ; Lisez aussi ce que dit la Parole : Genèse 4:4 ; 8:20-21). Voilà pourquoi Samuel offre d’abord l’holocauste. Ensuite il pria et fut exaucé. Et qui est pour nous l’holocauste ? Avons-nous encore à offrir des agneaux ?
— Non. C’est le Seigneur Jésus qui est notre holocauste, notre sacrifice, et il a été offert une fois pour toutes. Et c’est par Lui que nous approchons de Dieu (Éphésiens 5:2 ; Hébreux 9:12 ; 10:10 ; 13:15).
— C’est cela. C’est Lui qui nous rend agréables à Dieu, et c’est par Lui que nos prières montent à Dieu (Jean 15:16 ; 16:23-24). L’Éternel exauça Samuel qui intercédait pour le peuple, et Dieu exauce aussi Jésus qui intercède pour nous (Hébreux 7:25 ; Romains 8:34), afin que nous soyons soutenus dans notre faiblesse. Au moment où Samuel s’occupait ainsi d’Israël devant l’Éternel, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille aux Israélites. Mais Dieu prit en mains la cause de son peuple. Comme autrefois aux jours de Josué et de Débora (Josué 10:7-11, Juges 4:15 ; 5:20-21), Il combattit des cieux contre ses ennemis, fit retentir sa voix puissante, un grand tonnerre, sur les Philistins et les mit en déroute, et les Israélites n’eurent qu’à les poursuivre et les frapper. Depuis ce jour et durant tout le temps où Samuel jugea, les Philistins ne rentrèrent plus sur le territoire d’Israël. Les villes qu’ils avaient prises furent recouvrées et le peuple fut en paix. Ainsi, l’Éternel accomplit sa promesse. Et quand nous aussi nous marchons fidèlement, Dieu nous exauce, Dieu nous garde, Dieu nous délivre et nous n’avons plus qu’à rendre grâces. C’est ce que fit Samuel. Il voulut qu’il y eût un monument public de la délivrance que Dieu avait accordée à son peuple. Il dressa une pierre à l’endroit où avait cessé la poursuite des Philistins et la nomma Ében-Ézer, ce qui veut dire « la pierre de secours » parce que, dit-il, « l’Éternel nous a secourus jusqu’ici ». Et nous pouvons de jour en jour dresser aussi notre Ében-Ézer, et chaque soir dire avec reconnaissance : Dieu m’a secouru jusqu’ici, il est un Dieu fidèle, il me gardera jusqu’au bout.
Bonne Nouvelle 1890 pages 125 à 130.
— Dieu donna aux Israélites une merveilleuse victoire sur les Philistins en réponse aux prières de Samuel. Ils furent ainsi délivrés pour un temps de ces ennemis acharnés. « La main de l’Éternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel ». Israël était aussi en paix avec les autres peuples et goûtait ainsi des jours heureux après tant de troubles. Pendant ce temps de tranquillité, Samuel jugeait le peuple, c’est-à-dire rendait la justice. Pour cela, il se rendait chaque année successivement à Béthel, à Guilgal et à Mitspa, puis il retournait à Rama où était sa maison et où il bâtit un autel.
— Pourquoi Samuel allait-il dans ces différents endroits pour juger le peuple ? N’aurait-il pas pu rester à Rama pour cela ?
— Sans doute, mais chacun de ces endroits rappelait quelque bénédiction spéciale que Dieu avait accordée à son peuple, et Dieu voulait qu’il s’en souvînt. Qu’est-ce qui avait eu lieu à Béthel ?
— C’est là que Jacob eut ce songe merveilleux où il vit une échelle dressée sur la terre et dont le sommet touchait aux cieux, et les anges montaient et descendaient sur elle (Genèse 28).
— Cela montrait à Jacob qu’il y avait une relation établie entre l’Éternel, le Dieu fidèle, et lui-même, l’objet de ses soins. C’est là que l’Éternel lui promit la possession de Canaan et la bénédiction pour sa postérité. À Béthel, les Israélites pouvaient se souvenir des promesses de Dieu. Guilgal était l’endroit où le peuple avait campé après avoir passé le Jourdain (Josué 5). C’est de là qu’il partait pour combattre et revenait après la victoire. Cela rappelait comment l’Éternel avait été avec son peuple et avait accompli ses promesses en le mettant en possession du pays. Et enfin, Mitspa rappelait la dernière victoire, l’intervention de Dieu en grâce envers son peuple qui avait péché, mais s’était humilié. Ces endroits étaient donc bien choisis pour que le peuple se souvienne de tout ce que l’Éternel avait fait pour eux.
— Mais d’où vient que Samuel bâtit un autel à Rama ? N’y avait-il pas toujours l’autel à Silo devant le tabernacle ?
— Par suite des péchés d’Israël, tout était en désordre. L’arche n’était pas à sa place dans le sanctuaire, et Dieu n’avait pas dit qu’on l’y replaçât. Il fallait attendre un autre moment. Tout dépendait de Samuel qui soutenait le peuple, en marchant par la foi devant Dieu. Il était à la fois le prophète, le sacrificateur et celui qui gouvernait, et était ainsi comme un type du Seigneur. Mais Samuel vieillissait et aurait aimé être remplacé dans sa charge. Qu’aurait-il dû faire ? S’adresser à Dieu, n’est-ce pas, comme il l’avait fait si souvent. Mais l’homme le plus excellent manque, et au lieu de s’attendre à Dieu, il agit selon sa propre pensée et « il établit ses fils juges sur Israël » (1 Samuel 8:1). Samuel cédait, sans doute, à son cœur paternel. Il les avait peut-être très bien élevés, et peut-être aussi avaient-ils été des fils soumis ? Il pouvait donc penser que c’était un bon choix ; mais ce n’était pas le choix de Dieu qui seul lit dans les cœurs. Et puis, être fils de Samuel ne leur donnait pas la foi de Samuel. Et c’est la foi qui seule nous fait marcher dans le chemin de Dieu. Aussi qu’arriva-t-il ? C’est que, dans leur nouvelle position, l’amour de l’argent se développa dans leur cœur et, au lieu de rendre la justice équitablement, ils favorisaient ceux qui leur faisaient des présents quand bien même leur cause n’était pas juste. « Et ses fils ne marchaient pas dans ses voies ; mais ils se détournaient après le gain déshonnête, et prenaient des présents, et faisaient fléchir le jugement ».
— Samuel le savait-il ?
— Ils n’étaient pas sous ses yeux, ils demeuraient à Beër-Shéba où Abraham et Isaac avaient séjourné. Comme cela aurait dû leur rappeler la piété, la droiture et la fidélité de ces anciens patriarches qui, eux, ne couraient pas après le gain (voyez dans Genèse 13 et 14, la manière de faire d’Abraham envers Lot et le roi de Sodome) ! Mais ni l’exemple de leur père, ni le souvenir de leurs ancêtres n’agissaient sur leur cœur. Sans doute, les fils de Samuel n’en vinrent là que peu à peu. Mais si nous ne veillons pas sur les penchants de nos cœurs et ne les réprimons pas, ils nous entraînent toujours plus loin dans le mal.
— Mais est-ce que ceux envers qui les fils de Samuel agissaient injustement ne se plaignaient pas ?
— Sans doute, et le mécontentement contre eux devint partout très grand de sorte que tous les anciens d’Israël s’assemblèrent et vinrent vers Samuel, à Rama, et lui dirent : « Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent pas dans tes voies ». Jusque-là c’était bien, mais qu’auraient-ils dû dire ensuite ?
— Ils auraient dû demander à Samuel ce qu’il fallait faire puisqu’il était prophète et il aurait consulté Dieu.
— Tu as raison. Au lieu de cela, ils expriment leur propre volonté, sans s’inquiéter de la pensée de Dieu, ni de Samuel, et disent : « Établis sur nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations ».
— Samuel obéit-il à leur demande ?
— Non. Samuel ne pouvait pas obéir à une parole d’homme. Il voulait obéir à Dieu seulement, et la conduite des Israélites l’affligea beaucoup. « Et la chose fut mauvaise aux yeux de Samuel, qu’ils eussent dit : Donne-nous un roi pour nous juger ». Mais Samuel avait une grande ressource dans ses peines, comme dans les dange