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Les livres d’Esdras, Néhémie et Esther

 

Adrien Ladrierre (probable)

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest

Table des matières abrégée :

1     Le livre d’Esdras

2     Le livre de Néhémie

3     Le livre d’Esther

 

Table des matières détaillée :

1     Le livre d’Esdras

1.1     Les prophètes et la reconstruction du temple

1.2     Esdras quitte Babylone pour Jérusalem (ch. 7)

1.3     Les fautes du peuple (ch. 9 et 10)

1.4     Résumé : Les deux parties du livre

1.5     L’instruction pour nous

2     Le livre de Néhémie

2.1     Ch. 1 — Les exercices de cœur de Néhémie

2.2     Ch. 2-3 — Retour de Néhémie et début de reconstruction de la muraille

2.3     Ch. 4 — Les ennemis de l’extérieur

2.4     Ch. 5 — Les désordres de l’intérieur

2.5     Ch. 6-8 — Les pièges et l’achèvement des travaux

2.6     Ch. 9-10 — Décisions de cœur pour l’Éternel

2.7     Ch. 11 — Population de Jérusalem

2.8     Ch. 12 — Dédicace de la muraille

2.9     Ch. 13 — Nouveaux désordres et nouveau retour de Néhémie

2.10       Résumé du livre de Néhémie

2.11       Caractères des circonstances du temps de Néhémie

2.12       Instructions pour nous

3     Le livre d’Esther

3.1     Ch. 1-2

3.2     Ch. 3 — Le massacre programmé

3.3     Ch. 4 — L’intervention de Mardochée

3.4     Ch. 5 — L’intervention d’Esther

3.5     Ch. 6-7 — L’insomnie du roi et la chute d’Haman

3.6     Ch. 8-10 - Le renversement du massacre et la fête de Purim

3.7     Ce qu’on trouve dans le livre d’Esther

3.7.1     Soins providentiels de Dieu

3.7.2     Des types ou images

3.7.3     Les moyens providentiels de Dieu malgré les arrangements des hommes

 

 

1                        Le livre d’Esdras

 

Bonne Nouvelle 1875 p. 3-6 et 21-25

1.1   Les prophètes et la reconstruction du temple

En passant en revue l’histoire du prophète Aggée, nous avons vu comment les Juifs qui étaient rentrés dans leur pays étaient parvenus, après beaucoup de difficultés, et malgré l’hostilité de leurs ennemis, à relever le temple de l’Éternel à Jérusalem. Dieu avait été avec eux dans ce travail et il leur avait envoyé Aggée, comme vous vous le rappelez sans doute, pour les encourager à ne point se lasser mais à persévérer jusqu’à l’achèvement prochain de l’édifice. Les paroles de Zacharie, contemporain d’Aggée, firent également un effet merveilleux sur le peuple. On travailla de si bon cœur et avec tant d’activité au bâtiment du temple, que celui-ci fut achevé dans l’espace de quatre ans, soit la sixième année du règne de Darius, et l’on célébra la dédicace par de nombreux sacrifices. Les sacrificateurs et les lévites rentrèrent alors dans l’exercice de leurs charges. Au commencement de l’année suivante, tout le peuple célébra avec une grande joie la fête de Pâques et celle des pains sans levain ; et durant cette solennité ils rendirent des actions de grâces à Dieu de ce qu’il avait incliné en leur faveur le cœur du roi Darius, tellement qu’on avait pu reprendre et achever sans obstacles la reconstruction du temple.

 

1.2   Esdras quitte Babylone pour Jérusalem (ch. 7)

Or, après ces choses, et durant le règne d’Artaxerxès, roi de Perse, Esdras, fils de Seraïa, descendant d’Aaron, monta de Babylone à Jérusalem. C’était un homme zélé pour la gloire du Seigneur, en même temps qu’un scribe bien exercé dans la loi de Moïse ; et son cœur avait été incliné par Dieu à étudier les statuts et les ordonnances de l’Éternel pour les observer et pour les enseigner parmi le peuple d’Israël. Comme il était aimé du roi, il obtint de lui la permission d’emmener aussi en Judée un certains nombre de Juifs, parmi lesquels plusieurs sacrificateurs et lévites. Outre son intention d’introduire l’ordre qui faisait défaut dans les exercices du culte divin, le dessein d’Esdras était d’établir des magistrats et des officiers de justice dans tout le pays. Pour favoriser l’exécution de ces projets, le roi munit Esdras d’une lettre adressée à tous ses conseillers et ses trésoriers ordonnant de lui fournir sans aucune difficulté tant des deniers que des produits des terres du roi, tout ce dont il aurait besoin pour le service de la maison de Dieu ; puis le souverain ajouta : « que tout ce qui est ordonné par le Dieu des cieux soit fait exactement pour la maison du Dieu des cieux » (Esdras 7:23).

Avec Esdras partit donc pour Jérusalem un nombre d’environ quinze cents hommes ayant avec eux leurs femmes et leurs enfants. Ils emportaient un riche trésor en or monnayé, en vases d’or et d’argent et en ustensiles de toutes sortes ; car non seulement les Israélites qui demeuraient en Assyrie, mais aussi le roi et les grands du royaume leur avaient fait des dons très somptueux pour l’usage de la maison de Dieu. Un si riche bagage devait faire craindre à ces voyageurs d’être attaqués et pillés par les brigands qui ravageaient la contrée ; néanmoins Esdras se fit un scrupule de demander au roi une escorte de soldats, car il dit : « nous avions parlé au roi, en disant : La main de notre Dieu est en bien sur tous ceux qui le cherchent ; et sa force et sa colère sont contre tous ceux qui l’abandonnent » (Esdras 8:22). Ainsi au lieu de s’appuyer sur la force des hommes et sur le bras de la chair, il publia le jeûne auprès du fleuve d’Ahava, et ils s’humilièrent devant Dieu et ils le prièrent de leur donner un heureux voyage de toute manière. Et Dieu fut fléchi par leurs prières et les exauça ; car ils partirent du fleuve d’Ahava pour aller à Jérusalem, et la main de Dieu fut sur eux et il les délivra de la main des ennemis et de leurs embûches sur le chemin. Après un voyage d’environ 800 km, qui dura environ trois mois et demi, ils arrivèrent heureusement à destination.

Avez-vous mis votre confiance en Dieu, chers lecteurs, et avez-vous expérimenté que sa main est favorable à tous ceux qui l’invoquent ? Le bras de la chair fait toujours défaut, son insuffisance ne tarde pas à se montrer, et d’amères déceptions attendent celui qui se confie dans ce misérable appui. Mais le bras du Seigneur ne manque jamais ; Il est un rocher et une forteresse pour ceux qui s’attendent à Lui. Si vous possédez Jésus comme le Sauveur de votre âme, vous éprouverez dans tous les détails de votre vie ici-bas les soins, la fidélité et l’amour de Celui qui, après avoir mis sa vie pour ses brebis, marche devant elles comme leur bon Berger.

Chers lecteurs, que Dieu vous fasse la grâce d’écouter la voix du bon berger et de le suivre afin que tout aille bien pour vous pour le présent et pour l’éternité, car « sa force et sa colère sont contre tous ceux qui l’abandonnent » (8:22)

Après s’être reposés durant trois jours, les nouveaux arrivants qui étaient retournés de la captivité, sous la conduite d’Esdras, firent le compte de tout ce qu’ils avaient apporté avec eux pour l’usage du temple de Jérusalem or, argent et ustensiles, et le remirent à Merémoth et Éléazar, sacrificateurs ; puis l’on offrit des holocaustes et des sacrifices d’expiation au Dieu d’Israël pour tout le peuple. Les lettres qu’ils avaient de la part du roi furent également remises à qui de droit, en sorte que les satrapes et les gouverneurs établis sur le pays favorisèrent le peuple et la maison de Dieu.

 

1.3   Les fautes du peuple (ch. 9 et 10)

Un homme pieux et dévoué, comme l’était le sacrificateur Esdras, devait avoir un grand sujet de reconnaissance envers Dieu dont la bonne main avait fait prospérer leur voyage et leur avait permis d’atteindre le but sains et saufs. Il était heureux de ce succès providentiel, mais sa joie ne fut pas de longue durée. En s’occupant de ceux qui étaient rentrés au pays la première fois, et qui aurait dû, à cause de la bonté du Seigneur à leur égard et de toutes les délivrances qu’ils avaient reçues de sa part, persévérer dans son obéissance et son service, Esdras trouva, hélas ! que la loi était déjà violée et que le mal était entré parmi eux. Israël ne s’était pas tenu séparé des nations qui avaient pénétré dans le pays et le souillaient de leurs idoles. Non seulement plusieurs hommes du commun peuple, mais aussi des sacrificateurs, des lévites et des magistrats avaient pris pour femmes des filles païennes (Esd. 9:1-2). Or Dieu avait défendu très expressément ces sortes de mariages, par la loi de Moïse, parce qu’il voulait que les Israélites fussent un peuple à part de tous les autres, pour être son bien propre et particulier. Esdras fut confondu de ce désordre et, dans sa douleur, il déchira ses vêtements, il s’arracha les cheveux et la barbe et il s’assit tout désolé. Il demeura ainsi jusqu’au temps de l’offrande du soir. Alors il se leva et, se couvrant de ses habits déchirés, il s’agenouilla et, étendant ses mains vers l’Éternel, il exprima avec effusion la profonde affliction de son cœur en disant : « Mon Dieu, je suis confus, et j’ai honte de lever ma face vers toi, ô mon Dieu ; car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes, et notre coulpe a grandi jusqu’aux cieux. Dès les jours de nos pères jusqu’à ce jour, nous avons été grandement coupables ; et à cause de nos iniquités, nous, nos rois, nos sacrificateurs, nous avons été livrés en la main des rois des pays, à l’épée, à la captivité, et au pillage, et à la confusion de face, comme [il paraît] aujourd’hui » (Esdras 9:7). Puis après avoir passé en revue les grâces et les délivrances dont le Seigneur les avait comblés de tout temps, après avoir rappelé les ordonnances qu’ils avaient transgressées, il continue la confession des péchés d’Israël, péchés dont il prend la charge sur lui et termine en ces mots : « Éternel, Dieu d’Israël, tu es juste, … nous voici devant toi dans notre culpabilité, car, à cause de cela, on ne peut se tenir devant toi. Et comme Esdras priait et faisait sa confession, pleurant et se prosternant devant la maison de Dieu, il se rassembla vers lui, d’Israël, une très grande congrégation d’hommes et de femmes et d’enfants, car le peuple pleurait beaucoup » (Esdras 9:15 ; 10:1). Alors Esdras fit le jeûne et mena deuil à cause des péchés du peuple : et l’on publia dans tout le pays de Juda que chacun de ceux qui était retournés de la captivité eût à se rendre à Jérusalem pour s’y assembler ; et quiconque ne s’y rendrait pas dans les trois jours, selon l’avis des principaux et des anciens, celui-là serait séparé d’avec ses frères, et perdrait la jouissance de ses biens.

Ainsi ils s’assemblèrent à Jérusalem devant la place de la maison de Dieu ; et ils étaient fort tremblants. C’était la saison des pluies ; mais cela ne les empêcha pas de se réunir car la chose était urgente. « Et Esdras, le sacrificateur, se leva et leur dit : Vous avez été infidèles, et vous avez pris des femmes étrangères, pour ajouter à la coulpe d’Israël. Et maintenant, faites confession à l’Éternel, le Dieu de vos pères, et faites ce qui lui est agréable, et séparez-vous des peuples du pays et des femmes étrangères » (10:10-11). Et toute l’assemblée reconnut qu’il était de son devoir de se conformer à la loi. Sous la main d’Esdras, et par les soins de ceux qui furent établis pour cela, l’enquête qui dura deux mois amena la découverte de 109 coupables, lesquels se soumirent de bon gré aux mesures qu’on avait décrétées dans le but de purifier la nation de toute alliance avec les idolâtres ; ils prêtèrent la main au renvoi de leurs femmes et avouant leur péché, ils offrirent un bélier pour ce délit.

 

1.4   Résumé : Les deux parties du livre

Esdras, dont le nom signifie secours, est l’auteur du livre qui nous occupe. Ce livre, qui couvre une période d’à peu près 80 ans, se divise en deux parties. La première, qui comprend les chapitres 1-6, raconte ainsi que nous avons eu l’occasion de le voir, en parlant du prophète Aggée, le retour de la première colonie de captifs, sous la conduite de Zorobabel et la reconstruction du temple au milieu de grandes difficultés. La seconde partie, chapitres 7-10, contient le récit du voyage d’Esdras avec la deuxième colonie et nous montre les efforts que fit cet homme pieux pour relever le niveau moral de ce peuple tombé si bas, de ce résidu que Dieu avait comme arraché au feu et qui avait aussitôt oublié la main de celui qui l’avait délivré en prenant des filles des étrangers. Ces deux divisions du livre sont séparées par une période d’une cinquantaine d’années, laquelle est passée sous silence.

 

1.5   L’instruction pour nous

L’instruction qui ressort pour nous, chers lecteurs, du récit que nous venons de lire, c’est l’importance qu’il y a pour l’enfant de Dieu d’être séparé quant à sa marche, quant à son état moral, quant au culte qu’il est appelé à rendre à Dieu, de tout ce qui est du monde car le monde est inimitié contre Dieu. Que le Seigneur, en se révélant à vos âmes comme Celui qui sauve de la ruine et de la perdition quiconque croit en Jésus et comme Celui qui demeure fidèle malgré les infidélités de l’homme, vous fasse la grâce de vivre pour Lui et de le servir en l’attendant.

 

2                        Le livre de Néhémie

Bonne Nouvelle 1875 p. 43-47 ; 62-66 ; 81-88

2.1   Ch. 1 — Les exercices de cœur de Néhémie

Il y avait treize ans qu’Esdras était à Jérusalem lorsqu’on y vit arriver Néhémie, homme aussi zélé que le premier pour la gloire de Dieu et le bien de son peuple. Néhémie, dont le nom signifie consolation de l’Éternel, était grand échanson du roi Artaxerxès qui l’affectionnait particulièrement. Quelques Juifs de la tribu de Juda étant arrivés à Babylone, Néhémie s’enquit d’eux touchant ses frères réchappés et touchant Jérusalem. Il apprit de leur bouche que la ville était demeurée désolée, que ses murailles renversées n’avaient point été relevées, pas plus que les portes ; et que ceux qui restaient de la captivité, dispersés dans la province, se trouvaient plongés dans une profonde misère. En entendant cela il fut extrêmement affligé. — En effet, depuis une centaine d’années que les Juifs avaient successivement regagné Jérusalem, on s’était contenté de rebâtir le temple, et l’on n’avait rien fait pour sortir la ville de son état de ruine. — Alors Néhémie jeûna et mena deuil durant plusieurs jours, il pleura abondamment et recourut par la prière à l’Éternel son Dieu en disant : « Je te prie, que ton oreille soit attentive et que tes yeux soient ouverts, pour écouter la prière de ton serviteur que je fais aujourd’hui devant toi, jour et nuit, pour les fils d’Israël tes serviteurs, et la confession [que je fais] touchant les péchés des fils d’Israël, que nous avons commis contre toi ; moi aussi et la maison de mon père, nous avons péché. Nous avons très mal agi contre toi, et nous n’avons pas gardé les commandements et les statuts et les ordonnances que tu as commandés à ton serviteur Moïse. Souviens-toi, je te prie, de la parole que tu as commandée à ton serviteur Moïse, en disant : Si vous êtes infidèles, je vous disperserai parmi les peuples ; et si vous revenez à moi, et que vous gardiez mes commandements et que vous les pratiquiez, quand vos dispersés seraient au bout des cieux, je les rassemblerai de là et je les ramènerai au lieu que j’ai choisi pour y faire demeurer mon nom. Et ils sont tes serviteurs et ton peuple, que tu as rachetés par ta grande puissance et ta main forte. Je te supplie, Seigneur, que ton oreille soit attentive à la prière de ton serviteur, et à la prière de tes serviteurs qui prennent plaisir à craindre ton nom ; et fais réussir aujourd’hui ton serviteur, je te prie, et donne-lui de trouver miséricorde devant cet homme » (le roi Artaxerxès) — (1:6-11).

 

2.2   Ch. 2-3 — Retour de Néhémie et début de reconstruction de la muraille

Or il arriva un jour, comme Néhémie faisait son service à la table du roi que celui-ci remarqua l’air triste de son échanson et il lui en demanda la cause. Néhémie la lui avoua avec une telle franchise que cela éveilla l’intérêt du roi ; voyant cela, il continua en disant : « Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur est agréable devant toi, qu’il m’envoie en Juda, à la ville des sépulcres de mes pères, et je la bâtirai » (2:5). Et le roi et la reine lui accordèrent un congé suffisant pour entreprendre ce voyage, et des lettres lui furent données pour les gouverneurs des provinces afin que ceux-ci lui procurent secours et protection. Asaph, le garde du parc royal, reçut également l’ordre de lui fournir tous les bois dont il aurait besoin pour l’ouvrage qu’il se proposait de faire.

Néhémie partit donc, accompagné par ordre du roi d’une petite escorte de gens de guerre. Arrivé dans le pays, il remit aux gouverneurs les lettres dont il était porteur ; sur quoi il se rendit à Jérusalem où, sans découvrir son dessein à personne, il fit de nuit l’inspection de la ville afin de se rendre compte exactement par lui-même de l’état des murailles — et voilà tout était en ruines et désolé, et les portes consumées par le feu. Alors il fit venir les magistrats, les sacrificateurs et les chefs du peuple, et leur ayant exposé le déplorable état où la ville se trouvait encore, il leur apprit que Dieu avait incliné le cœur du roi Artaxerxès à consentir que les murs et les portes de Jérusalem soient reconstruites, et il leur déclara que la main de l’Éternel était avec lui. Ces hommes furent très réjouis d’apprendre cette bonne nouvelle, et ils formèrent aussitôt le projet de mettre incessamment la main à l’œuvre. Les travailleurs qui se chargèrent de cette grandiose entreprise se partagèrent en différentes compagnies, dont chacune avait un certain pan de mur à édifier (Chap. 3). Moyennant l’assistance et la protection de Dieu, on activa l’ouvrage avec tant d’ordre et de diligence que, dans un fort court espace de temps, on eut emporté les décombres et élevé les murailles et les portes tout autour de la ville.

 

2.3   Ch. 4 — Les ennemis de l’extérieur

Quand on fut arrivé à la moitié de la hauteur des constructions, les ennemis des Juifs dont le plus dangereux et le plus méchant était Samballat, un des chefs des Samaritains, employèrent tous les moyens pour empêcher l’achèvement de l’œuvre. Au début ils s’étaient contentés de se moquer de cette entreprise, et de tâcher de décourager les travailleurs par leurs insultantes railleries ; mais, lorsqu’ils virent que, contre toute apparence, l’ouvrage avançait à vue d’œil et très heureusement, ils résolurent de tomber à main armée sur les Juifs, et de démolir tout ce qu’ils avaient bâti. Le sage et prudent Néhémie, dont la fermeté et la vigilance ne faiblissaient pas, prit si bien ses mesures de défense dès qu’il eut connaissance des projets de leurs ennemis que ceux-ci n’osèrent point tenter une attaque. Il ordonna à un certain nombre d’hommes armés de leurs épées, de leurs javelines et de leurs arcs, de se poster autour de la ville ; et pour leur inspirer du courage, il leur dit : « Ne les craignez pas ; souvenez-vous du Seigneur, qui est grand et terrible, et combattez pour vos frères, pour vos fils et pour vos filles, pour vos femmes et pour vos maisons » (4:14). Ainsi Dieu dissipa le conseil des ennemis, et les Juifs retournèrent aux murailles, chacun à son travail ; et ceux qui bâtissaient travaillaient chacun d’une main, et de l’autre ils tenaient l’épée. La nuit, on faisait bonne garde ; et Néhémie et ses gens ne quittaient point leurs vêtements.

 

2.4   Ch. 5 — Les désordres de l’intérieur

Une autre épreuve, fort sensible, attendait encore Néhémie. Non seulement il avait affaire aux ennemis de dehors mais il fallait s’occuper de ceux de dedans. Les pauvres d’entre le peuple élevèrent leur voix, et se plaignirent amèrement de la rareté et de la cherté des vivres, accusant ceux de leurs frères, plus riches, d’en être la cause. La disette était telle que plusieurs d’entre eux avaient dû mettre en gage leurs biens et même leurs enfants, pour faire face à la nécessité présente. Aussi Néhémie fit venir auprès de lui les principaux du peuple et les magistrats ; et, en présence de toute l’assemblée, il les tança sévèrement, leur représentant l’iniquité et l’inhumanité de leurs procédés. Il les blâma beaucoup de ce qu’ils exigeaient de leurs frères pauvres un intérêt usuraire ; et les reproches qu’il leur adressa produisirent un tel effet que ces hommes promirent aussitôt de rendre aux pauvres les champs, les vignes, les oliviers et les maisons qu’ils leur avaient pris en gage, et de leur remettre la dette des intérêts de l’argent prêté.

Néhémie donna l’exemple du plus entier désintéressement vis-à-vis du peuple. Non seulement il renonça complètement, pendant les douze ans qu’il fut gouverneur sur eux, à recevoir la paye et les avantages qui étaient assignés à cette charge, mais il usa d’une grande libéralité envers ses frères juifs (chap. 5). Dans les circonstances critiques qu’il eut ainsi à traverser l’autorité dont le roi l’avait revêtu, en l’établissant sur Juda, lui fut des plus utiles ; et il était véritablement qualifié pour faire face à ces difficultés ; car une révolution n’aurait pas manqué de fournir aux étrangers un prétexte pour intervenir et une occasion par conséquent de fondre sur les Juifs. Il importait de maintenir l’ordre et la tranquillité dans le pays afin que l’ouvrage de la reconstruction des murs de la ville ne fût en rien ralenti.

 

2.5   Ch. 6-8 — Les pièges et l’achèvement des travaux

Il fallait être constamment sur ses gardes vis-à-vis de ces ennemis de dehors ; lesquels, voyant qu’ils ne pouvaient rien contre Néhémie par la force, employèrent la ruse et la trahison pour chercher à le surprendre (chap. 6) ; mais Dieu le protégea si puissamment qu’il évita heureusement tous les pièges qu’on lui tendait.

Les travaux furent conduits avec tant de célérité et de savoir-faire que, au bout de cinquante-deux jours, on put suspendre les portes de la ville. L’ouvrage étant ainsi arrivé à bonne fin, moyennant le secours de Dieu, on prit des mesures pour le rétablissement de l’ordre dans les cérémonies du culte, et chacun s’empressa de contribuer dans une large mesure aux fournitures que nécessitait le cérémoniel sacré. En outre, on réorganisa l’administration de la police de sûreté et l’on mit des gardes aux portes de la ville afin de la mettre à couvert de toute surprise de l’ennemi (chap. 7). Le premier jour du septième mois, tout le peuple s’assembla à Jérusalem, comme s’il n’eût été qu’un seul homme, et il demanda au pieux sacrificateur Esdras de bien vouloir leur faire la lecture de la loi de Moïse, laquelle l’Éternel avait ordonné à Israël. À cet effet, l’on se réunit sur la place qui est devant la porte des eaux ; et durant deux jours, depuis l’aube jusqu’à midi, on lut les Écritures ; et quelques-uns des lévites qui accompagnaient Esdras expliquaient ces choses au peuple avide de les entendre de nouveau, après les avoir longtemps abandonnées. Lorsqu’on vint à l’endroit où il était parlé de l’institution de la fête des tabernacles que Dieu avait ordonné par le moyen de Moïse, et qui devait être célébrée ce mois-là, on décida spontanément d’en faire la publication par tout le pays ; sur quoi cette fête fut célébrée avec de grande démonstration de joie et d’allégresse. Pendant les sept jours que dura la fête, on fit au peuple la lecture de la loi de Dieu, et au huitième jour il y eut une assemblée solennelle (chap 8).

 

2.6   Ch. 9-10 — Décisions de cœur pour l’Éternel

Un des bons effets que produisit sur le peuple l’ouïe de la parole de Dieu, fut de les amener à comprendre la nécessité et la convenance qu’il y avait pour eux de se séparer des idolâtres qui se trouvaient mêlés parmi eux. Quelques jours après la fête, ils s’assemblèrent donc de nouveau pour jeûner et prier et mener deuil à cause de leurs grands et nombreux péchés par lesquels ils avaient lassé la miséricordieuse longanimité de leur Dieu, et l’avaient forcé de les abandonner au pouvoir des nations païennes. « Et le vingt-quatrième jour de ce mois, les fils d’Israël s’assemblèrent avec jeûne et vêtus de sacs, et avec de la terre sur eux. Et la race d’Israël se sépara de tous les fils de l’étranger ; et ils se tinrent là et confessèrent leurs péchés et les iniquités de leurs pères » (Néhémie 9:2). On fit la clôture de ce jour de jeûne par une humble et fervente prière que les lévites prononcèrent à haute voix dans l’assemblée. Dans cette prière, ils rappelèrent les innombrables preuves de miséricorde et de fidélité que Dieu avait données à son peuple, et ils les passèrent en revue depuis le moment de l’appel d’Abraham, leur père jusqu’au jour d’alors. L’aveu des fautes nombreuses du peuple avait aussi sa place dans cette invocation qui se termina par de ferventes actions de grâces à ce Dieu qui les avait ramenés dans leur pays bien qu’ils fussent, à cause de leur nombreuses rébellions, sous la domination de rois païens. Puis on écrivit un traité d’alliance, qui fut signé par Néhémie et 90 autres notables (chap. 9). Tout le peuple ratifia avec serment ce traité par lequel ils juraient de marcher fidèlement dans la loi de Dieu qui avait été donnée par le moyen de Moïse, son serviteur, et de garder et de faire tous les commandements de l’Éternel, leur Seigneur. Ils promettaient de ne point se mêler avec les nations païennes ; ils s’engageaient à observer fidèlement le jour du sabbat, les jours de fêtes et les années sabbatiques, enfin ils prenaient l’engagement de fournir tout ce qui serait nécessaire tant pour la célébration des cérémonies du culte que pour l’entretien des sacrificateurs et des lévites (chap. 10).

 

2.7   Ch. 11 — Population de Jérusalem

Cependant Jérusalem n’était encore peuplée que de peu d’habitants ; aussi pendant que la nation s’y trouvait rassemblée, l’on profita de cette occasion pour s’occuper des moyens d’augmenter la population de la ville. Le résultat des mesures prises à ce sujet fut que les principaux d’entre les sacrificateurs et les lévites consentirent à venir s’y établir. On choisit aussi par le sort une personne sur dix d’entre les habitants de tout le pays ; ainsi le chiffre de la population de la ville sainte s’accrut d’environ trois mille hommes avec leurs familles (chap 11).

 

2.8   Ch. 12 — Dédicace de la muraille

Une fois donc que l’enceinte fut rebâtie, le culte rétabli et la ville repeuplée, on fit la dédicace des murailles en grande pompe. Tous les lévites des villes de Juda et de Benjamin y furent conviés ; les sacrificateurs se purifièrent ; ils purifièrent aussi le peuple, les portes et la muraille ; les princes et les chefs du peuple s’assemblèrent sur les murs, et deux chœurs de chantres et d’enfants en firent le tour au son des instruments en chantant des hymnes sacrés. L’un de ces chœurs était conduit par Esdras, l’autre était accompagné par Néhémie, les magistrats, les sacrificateurs et une partie du peuple. Puis les deux groupes, partie chacune de son côté, se rencontrèrent et s’arrêtèrent auprès du temple où de nouveaux chants s’élevèrent en l’honneur de l’Éternel. « Et ils offrirent ce jour-là de grands sacrifices, et se réjouirent, car Dieu les avait réjouis d’une grande joie ; et les femmes aussi et les enfants se réjouirent ; et la joie de Jérusalem s’entendait au loin » (Néhémie12:43).

 

2.9   Ch. 13 — Nouveaux désordres et nouveau retour de Néhémie

Après douze année d’activité en faveur du peuple de Dieu, Néhémie considéra sa tâche comme terminée et cru devoir, comme il l’avait promis, retourner à Babylone à la cour de son royal maître. C’était en l’an 433 avant Jésus Christ. Mais, hélas, peu de temps après son départ, il se commit derechef de si grands désordres parmi les Juifs que quelques uns d’entre eux, bien intentionnés, supplièrent le roi de leur envoyer de nouveau leur gouverneur. Effectivement le peuple avait rompu avec tous ses engagements : on avait profané la maison de Dieu, on avait cessé de fournir ce qu’il fallait pour le service du culte et l’entretien des lévites, le sabbat n’était plus observé et l’on s’était de nouveau mêlé aux étranger ennemis de Dieu en contractant des mariages avec eux. Néhémie obtint un nouveau congé ; et dès que cet homme vertueux fut de retour à Jérusalem, il travailla avec beaucoup de fermeté et de sévérité à détruire les abus qui avaient reparu durant son absence et à retrancher tout ce qui était contraire aux ordonnances divines ; il n’épargna ni soins, ni peines, pour rétablir les sacrificateurs et les lévites dans leur dignité et le culte dans l’ordre convenable ; il sépara les Hammonites et les Moabites de l’assemblée de l’Éternel, chassa Tobija, chef samaritain, d’une chambre du temple où l’avait installé le grand sacrificateur Eliasib, et régularisa le paiement des dîmes que l’on négligeait d’apporter. Il fit cesser les travaux, ventes et achats le jour du sabbat, et enfin il censura et châtia ceux des Juifs qui avaient pris une femme étrangère.

 

2.10                      Résumé du livre de Néhémie

Le livre que nous venons de repasser ensemble peut se diviser en trois parties distinctes :

1. Les chap. 1 à 7 rapportent l’arrivée de Néhémie à Jérusalem et ses travaux au milieu des difficultés sans nombre jusqu’à l’achèvement des murs de la ville.

2. Les chap. 8 à 12 nous parlent des divers rassemblements du peuple soit pour être dénombré, soit pour entendre la lecture du livre sacré ou pour célébrer les fêtes solennelles, faire confession de leurs fautes par le jeûne et la prière et enfin pour célébrer la dédicace de la muraille.

3. Le chap. 13 rapporte le deuxième séjour de Néhémie à Jérusalem.

« Les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir » (Rom. 11:29). Cette déclaration de l’Écriture est vraie dans tous les temps pour quiconque est l’objet de la faveur de Dieu ; — elle demeure vraie pour quiconque d’entre vous a saisi le Sauveur par la foi. L’apôtre Paul rappelle cette vérité dans son épître, pour faire allusion aux dispensations du Seigneur envers son peuple juif : or l’histoire de ce peuple est une preuve continuelle de cette vérité. Tout ce que Dieu avait promis et avait arrêté dans son conseil éternel de paix, touchant Israël, doit s’accomplir ; et c’est ce qui se verra à la fin quand le peuple recevra le Messie qu’ils ont rejeté la première fois qu’il est venu, et que leurs cœurs se retourneront vers le Christ qui viendra mettre toutes choses en ordre et établir son règne sur le terre alors qu’Israël dira : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Luc 13:35).

 

2.11                      Caractères des circonstances du temps de Néhémie

Le livre que nous venons de parcourir nous montre d’un côté la patience et la bonté de Dieu envers Jérusalem qu’il a élue, et de l’autre côté la position dans laquelle les Juifs se trouvaient, et devaient rester, jusqu’à ce que le Messie vienne. Lorsque, dans sa bonté souveraine, Dieu leur présenta le Messie, le vrai libérateur, celui-ci aurait pu les faire sortir de cette position et rassembler ses enfants sous ses ailes, mais ils ne l’ont pas voulu. Et quelle était cette positon ? Tout en étant séparés des nations et observateur des ordonnances, ils étaient privés des privilèges qui leur avaient appartenu comme peuple de Dieu et demeuraient sous le joug des Gentils ; tout en étant capables de rendre à Dieu les choses qui sont à Dieu, ils étaient privés de sa présence au milieu d’eux, comme cela avait été précédemment le cas dans le temple, ils étaient enfin tenus de rendre à César les choses qui sont à César. Quand l’ange de l’alliance, le Fils de Dieu, est venu, lequel aurait pu mettre la gloire dans le temple en le purifiant, ils n’ont rien voulu de Lui, ils l’ont chassé et ils sont restés sous le poids des conséquences de leur propre refus. C’est l’état où ils se trouvent actuellement jusqu’à l’apparition de Jésus en gloire.

En Esdras, nous avons vu le temple rebâti et l’autorité de la loi rétablie au milieu du peuple séparé de nouveau du reste des nations et mis à part pour Dieu.

En Néhémie, nous assistons à la reconstruction des murailles de la ville et au rétablissement de ce que l’on peut appeler l’état civil du peuple ; mais les faits se passent au milieu de circonstances qui montrent que le peuple est définitivement sous la domination des Gentils ; car le gouverneur Néhémie, bien qu’il fût un Juif, avait été établi sur ses compatriotes de la part des Gentils : Dieu ayant disposé le roi païen à accorder à Néhémie tout ce qu’il avait à cœur de faire pour le bien du peuple et de Jérusalem. Un autre Juif, nommé Pedaïa, est commissaire du roi pour tout ce qui concernait Juda. Ainsi donc Néhémie nous fait voir le rétablissement partiel et extérieur des Juifs dans leur pays, mais sous la puissance des Gentils et sans le trône de Dieu, ni de David. C’est l’histoire de leur rétablissement afin que la présentation du Messie fût possible. Il est, en effet, venu ; il a cherché du fruit chez les siens qui avaient été comblés de tant de grâces, mais il n’a trouvé que des grappes sauvages (Ésaïe 5:2).

Le temps où Néhémie a travaillé au bien de son peuple n’a pas été une de ces phases brillantes dans l’histoire, si propres à réveiller l’énergie de la foi, et même l’énergie de l’homme à qui elles prêtent leur éclat. Au contraire ce fut un temps qui exigea de la persévérance ; et Néhémie puisait cette persévérance dans l’intérêt profond qu’il portait au peuple, malgré leurs manquements réitérés, mais aussi parce que c’était le peuple de Dieu. Aussi cette persévérance poursuit son œuvre, si mesquine en apparence ; elle la poursuit envers et contre tout, au milieu de ce qui n’était propre qu’à le rebuter : l’infidélité de la part du peuple, le découragement de ceux qui coopéraient aux travaux de Néhémie, le mépris, la haine et l’opprobre des ennemis. Or le résultat d’une telle persévérance qui se livrait entièrement à l’œuvre fut de déjouer toutes les intrigues des ennemis et d’éviter tous leurs pièges ; car Dieu ne manque pas de prendre soin de ceux qui se confient en Lui. Il est intéressant de voir chez Néhémie la persévérance de la vraie foi parce que l’œuvre qu’il poursuivait, toute pauvre qu’elle fût en apparence, était l’œuvre même de Dieu. Tout son cœur était à cette œuvre parce qu’elle était de Dieu. Aussi le peuple est encouragé par l’énergie de Néhémie dont la foi imprime en quelque sorte son caractère sur eux et ils sont prêts à travailler et combattre en même temps.

Remarquons, chers lecteurs, que, dans les temps difficiles, la foi se montre non dans la magnificence du résultat mais dans l’amour pour l’œuvre de Dieu, quelque petite qu’elle soit, et dans la persévérance qu’on y apporte à travers toutes les difficultés, parce que ce dont on s’occupe c’est l’œuvre de Dieu, les choses de Dieu, et que ces choses-là ont toujours le même prix, quelles que soient les circonstances qui les accompagnent. C’est pourquoi Dieu a béni le travail du fidèle Néhémie.

 

2.12                      Instructions pour nous

Chers lecteurs ! Avez-vous, comme Néhémie, placé toute votre confiance en Dieu et Le connaissez-vous comme votre Père par la foi en son Fils Jésus, le Sauveur ? Pouvez-vous Lui dire, comme ce pieux serviteur dont nous nous sommes entretenus : « Souviens-toi de moi en bien, ô mon Dieu ! » (Néh. 13:31). Pouvez-vous le Lui dire, en ayant conscience que « ses yeux ne se retirent pas de dessus les justes » (Job 36:7), et que ses « oreilles sont attentives à leurs cris » (2 Chr. 7:15 ; Ps. 17:1). — Oh ! Que Dieu vous fasse la grâce d’avoir vos cœurs habituellement tournés vers Lui, et de chercher toute votre force en Lui. Alors vous surmonterez les plus grandes difficultés dans un monde qui a chassé le Seigneur, et dans lequel ceux qui suivent Jésus rencontrent des tribulations. Alors, quelle que soit l’épreuve, vous demeurerez sans crainte si vous avez mis votre confiance en Celui qui dit au siens : « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33).

 

3                        Le livre d’Esther

Bonne Nouvelle 1874 p. 202-207 ; 223-232

Dans de précédentes études, nous avons vu comment un bon nombre d’entre les Juifs qui avaient été amenés captifs à Babylone, furent conduits par l’Esprit prophétique à retourner en Judée et à Jérusalem, après les soixante-dix années d’exil, afin de rebâtir le temple de l’Éternel.

Parmi les Israélites qui ne suivirent pas l’exemple de leurs compatriotes mieux inspirés et ne rentrèrent pas dans leur pays, les uns restèrent en Assyrie, et les autres se dispersèrent de tous côtés ainsi qu’ils le sont encore de nos jours. Beaucoup d’entre eux émigrèrent dans le vaste empire de Perse, et c’est de ceux-ci qu’il est question dans le livre qui va nous occuper.

 

Ce qui frappe d’abord, en le lisant, c’est que le nom de Dieu ne s’y trouve pas. Néanmoins, l’action divine est extrêmement sensible d’un bout à l’autre du livre. À cause de leurs rebellions multipliées contre Celui qui aurait voulu prendre soin d’eux et les conduire, les enfants d’Israël étaient devenus « Lo-Ammi », c’est-à-dire « pas mon peuple » ; or, dans cet état, Dieu ne les reconnaissait plus comme ceux auxquels il pouvait se révéler ; sa face glorieuse et bénie leur était en quelque sorte cachée. Toutefois sa fidélité trouve encore l’occasion de se manifester ici ; ses soins miséricordieux et providentiels, ainsi que nous le verrons, ne manquent pas de se déployer en faveur d’Israël. Ils avaient oublié Dieu, mais lui ne les oublie pas, loin de là : on voit qu’il prend soin de tout ce qui les concerne, par la manière dont il dispose les évènements ; et ce que les hommes appelleraient un hasard, une circonstance fortuite, devient précisément le moyen qu’il choisit pour l’accomplissement des desseins de sa souveraine sagesse.

 

3.1   Ch. 1-2

« Et aux jours d’Assuérus (cet Assuérus régnait depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie sur cent vingt-sept provinces), en ces jours-là, il arriva que le roi Assuérus, étant assis sur le trône de son royaume, à Suse, la capitale, la troisième année de son règne, fit un festin à tous ses princes et ses serviteurs, les puissants de la Perse et de la Médie, les nobles et les chefs des provinces étant devant lui, — montrant les richesses glorieuses de son royaume et le faste magnifique de sa grandeur pendant nombre de jours, pendant cent quatre-vingts jours. Et quand ces jours furent accomplis, le roi fit à tout le peuple qui se trouvait à Suse, la capitale, depuis le grand jusqu’au petit, un festin de sept jours, dans la cour du jardin du palais du roi… Au septième jour, comme le cœur du roi était gai par le vin, il dit…d’amener la reine Vasthi devant le roi, avec la couronne du royaume, pour montrer sa beauté aux peuples et aux princes, car elle était belle de figure. Mais la reine Vasthi refusa de venir à la parole du roi transmise par les eunuques. Et le roi se mit fort en colère, et sa fureur s’embrasa en lui » (1:1-5, 10-12).

Alors le roi, après avoir pris conseil des sages et des sept plus grands seigneurs du royaume, ordonna que Vasthi ne parût plus devant lui, et que sa couronne et son titre de reine fussent donnés à une autre, meilleure qu’elle. Or le Seigneur dirigea tellement les choses qu’Assuérus choisit pour son épouse, à cause de sa remarquable beauté, une fille juive, craignant Dieu, dont le nom était Esther (ce qui signifie « astre »). Elle était de la tribu de Benjamin, orpheline de père et de mère ; et son oncle Mardochée, qui l’avait adoptée et élevée comme sa propre fille, lui enjoignit de ne point déclarer au roi « son peuple et sa naissance » (2:10, 20). Appelée ainsi à une position si éminente en devenant la femme du roi (2:17), cela devait lui fournir l’occasion d’être plus tard un instrument entre les mains de Dieu pour la délivrance merveilleuse de tout son peuple.

 

3.2   Ch. 3 — Le massacre programmé

Parmi les seigneurs de la cour, il y en avait un qui occupait le premier rang : c’était Haman, homme orgueilleux et vindicatif. Pour satisfaire sa vanité, on avait donné un ordre portant que tous ceux qui se tenaient à la porte royale devaient s’incliner et se prosterner devant lui. « Mais Mardochée ne se courbait pas et ne se prosternait pas » (3:2). Aussi Haman devint-il bientôt l’ennemi juré, non seulement de Mardochée mais de toute la nation juive à laquelle celui-ci appartenait. « Mais c’eût été une chose méprisable à ses yeux que de mettre la main sur Mardochée seul, car on lui avait appris [quel était] le peuple de Mardochée, et Haman chercha à détruire tous les Juifs qui étaient dans tout le royaume d’Assuérus, le peuple de Mardochée » (3:6). Effectivement, la douzième année du règne d’Assuérus, au premier mois, le cruel ministre obtint de son souverain un édit en vertu duquel, à un certain jour fixé, tous les Juifs qu’il avait accusés de révolte devaient être massacrés. Mais pour déterminer le jour de sa sanglante vengeance, cet homme, aussi irrésolu qu’il était impitoyable, s’en remit au sort lequel, par une direction toute particulière de Dieu, tomba sur le treizième jour du douzième mois. Ce douzième mois de l’année juive, qui est le mois d’Adar, correspond à notre mois de février. On avait donc onze mois de répit, et ce temps gagné était suffisant pour que la reine pût obtenir, par son intercession, la non exécution de l’épouvantable massacre. En faisant jeter le sort devant lui, Haman se moquait certainement de cette vérité de Dieu : « On jette le sort dans le giron, mais toute décision est de par l’Éternel » (Prov. 16:33).

Nous verrons plus loin, Dieu voulant, combien furent terribles pour le malheureux Haman les conséquences de son fol orgueil. Dans son audacieuse présomption, il se laissa aveugler au point de se croire un personnage considérable, maître d’exécuter tout ce que son ambition désordonnée lui dictait. Plus l’homme incrédule se croit fort et puissant, plus il méprise Dieu et les déclarations de sa parole, oubliant que Dieu est au dessus de tout et que ses droits sur ses créatures demeurent toujours les mêmes, quelles que soient les prétentions humaines. Ces droits, il les maintient soit en surprenant les sages de ce monde dans leurs ruses afin de déjouer leurs méchants desseins, soit en prenant en main la cause de ceux qui sont en butte à ces ruses de leurs adversaires. « L’orgueil va devant la ruine, et l’esprit hautain devant la chute » (Prov. 16:18).

 

Cher lecteur, on ne se moque pas impunément de Dieu et de sa parole. Croyez-vous tout ce qu’il vous dit touchant sa grâce et son amour, dont il a fait preuve envers les pauvres pécheurs, en envoyant dans le monde son Fils unique comme Sauveur ? Croyez-vous aussi ce qu’il dit touchant le jugement et la condamnation éternelle, sous lesquels demeure toute âme qui refuse de répondre aux appels de cette grâce, laquelle est apparue à tous les hommes, apportant le salut à quiconque veut le recevoir par la foi tel que Dieu le lui offre, c’est-à-dire gratuitement ; parce que la grâce ne peut être que gratuite, sans cela elle cesserait d’être une grâce.

« Celui qui prend garde à la parole trouvera le bien, et qui se confie en l’Éternel est bienheureux » (Proverbes 16:20).

 

Le cruel Haman avait donc réussi à persuader le roi de décréter la destruction de tous les Juifs qui se trouvaient dans son empire, et le jour du massacre avait été fixé par le sort. On prit aussitôt des mesures pour l’exécution du terrible décret ; « Et les scribes du roi furent appelés, le premier mois, le treizième jour du mois, et suivant tout ce qu’Haman commanda, on écrivit aux satrapes du roi et aux gouverneurs qui étaient [préposés] sur chaque province, et aux chefs de chaque peuple, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue ; ce fut au nom du roi Assuérus qu’on écrivit, et on scella avec l’anneau du roi. Et les lettres furent envoyées par des courriers dans toutes les provinces du roi, pour détruire, tuer et faire périr tous les Juifs, depuis le jeune garçon jusqu’au vieillard, les enfants et les femmes, et pour que leurs biens fussent mis au pillage, en un même jour, le treizième [jour] du douzième mois, qui est le mois d’Adar…Les courriers partirent, pressés par la parole du roi. Et l’édit fut rendu à Suse, la capitale. Et le roi et Haman étaient assis à boire ; mais la ville de Suse était dans la consternation » (3:12-15).

 

3.3   Ch. 4 — L’intervention de Mardochée

Aussitôt que Mardochée, l’oncle d’Esther, eut appris ce qui avait été décidé, il déchira ses vêtements et se couvrit d’un sac et de cendres, en signe de deuil, et il sortit par la ville en poussant de grands cris de douleur. Et dans chaque province, partout où l’on eut connaissance de l’ordonnance du roi, les Juifs menèrent deuil, jeûnant, pleurant et se lamentant. La reine elle-même fut fort affligée, et envoya Hathac, l’un des eunuques, auprès de Mardochée pour savoir plus exactement ce qu’il en était. Alors Mardochée fit remettre à la reine une copie de l’ordonnance qui avait été mise par écrit et publiée dans Suse, afin de les exterminer ; en même temps il la fit prier d’entrer chez le roi pour lui demander grâce et lui faire requête pour sa nation.

« Et Esther dit à Hathac et le chargea [de dire] à Mardochée : Tous les serviteurs du roi et le peuple des provinces du roi savent que pour quiconque, homme ou femme, entre auprès du roi, dans la cour intérieure, sans avoir été appelé, [il existe] une même loi [prescrivant] de le mettre à mort, à moins que le roi ne lui tende le sceptre d’or, pour qu’il vive ; et moi, je n’ai pas été appelée à entrer vers le roi ces trente jours » (Esther 4:10-11). Néanmoins Mardochée insista de nouveau pour qu’Esther entrât vers le roi. « Et qui sait si ce n’est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? ». Là-dessus, Esther fit dire à Mardochée : « Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, et ne mangez ni ne buvez pendant trois jours, ni la nuit, ni le jour ; moi aussi, et mes jeunes filles, nous jeûnerons de même ; et ainsi, j’entrerai vers le roi, ce qui n’est pas selon la loi ; et si je péris, je périrai » (4:14, 16).

Quel beau dévouement que celui d’Esther ! Elle s’expose de la manière la plus généreuse, et profite de sa haute position pour intervenir en faveur de son peuple, bien qu’elle sût que sa démarche pouvait lui coûter le trône, et même la vie. Cela ne vous rappelle-t-il pas ce que Jésus a fait d’une manière bien plus sublime encore quand il a quitté la gloire du ciel pour venir ici-bas faire le sacrifice de sa propre vie, sur le bois maudit de la croix, pour ceux qui le haïssaient, afin de satisfaire les justes exigences de la justice divine contre le péché et de manifester l’amour de Dieu pour le pécheur.

 

3.4   Ch. 5 — L’intervention d’Esther

Or, après les trois jours de jeûne, Esther se présenta devant le roi dans le parvis du palais. « Et aussitôt que le roi vit la reine Esther se tenant dans la cour, elle trouva faveur à ses yeux. Et le roi tendit à Esther le sceptre d’or qui était dans sa main. Et Esther s’approcha et toucha le bout du sceptre » (5:2). Puis le roi lui demanda ce qu’elle désirait, promettant de lui accorder jusqu’à la moitié du royaume. Alors Esther, qui n’avait autre chose en vue que la délivrance de ses compatriotes, et qui savait que pour cela il fallait commencer par se débarrasser de leur implacable oppresseur, se borna à inviter le roi et son ministre Haman à un festin qu’elle leur avait préparé. Ils y vinrent donc, « et le roi dit à Esther pendant qu’on buvait le vin : Quelle est ta demande ? Elle te sera accordée. Et quelle est ta requête ? [Quand ce serait] jusqu’à la moitié du royaume, ce sera fait. Et Esther répondit et dit : [Voici] ma demande et ma requête : Si j’ai trouvé faveur aux yeux du roi, et si le roi trouve bon d’accorder ma demande et de faire selon ma requête, que le roi et Haman viennent au festin que je leur préparerai, et demain je ferai selon la parole du roi » (5:6-8). Et Haman se retira joyeux et le cœur gai ; mais, ayant vu à la porte du roi, Mardochée qui ne se remua point pour lui, il fut rempli de colère contre Mardochée. Toutefois il se contint ; puis, arrivé chez lui, il fit quérir ses amis et Zéresh sa femme et se mit à leur raconter la gloire de ses richesses et l’excellence de ses enfants, et toutes les choses dans lesquelles le roi l’avait agrandi, et comment le roi l’avait élevé au premier rang. « Et Haman dit : La reine Esther n’a même fait venir personne avec le roi au festin qu’elle a fait, excepté moi ; et pour demain aussi, je suis invité chez elle avec le roi. Mais tout cela ne me sert de rien aussi longtemps que je vois Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. Et Zéresh, sa femme, et tous ses amis lui dirent : Qu’on prépare un bois, haut de cinquante coudées ; et au matin, parle au roi, pour qu’on y pende Mardochée ; et va-t’en joyeux au festin avec le roi. Et la chose plut à Haman, et il fit préparer le bois » (5:12-14).

 

3.5   Ch. 6-7 — L’insomnie du roi et la chute d’Haman

Mais Dieu, qui est au-dessus des pensées des hommes et qui connaît tous les desseins de leur cœur, déjoua les machinations d’Haman. Cette nuit-là, le roi ne pouvant pas dormir se fit lire, pour passer le temps, le livre des mémoires dans lequel on inscrivait tous les faits remarquables de l’histoire du royaume. Et il se trouva écrit que Mardochée lui avait sauvé la vie une fois, en dévoilant un complot que deux des eunuques avaient tramé contre le souverain. « Et le roi dit : Quel honneur et quelle distinction a-t-on conférés à Mardochée, à cause de cela ? Et les serviteurs du roi qui le servaient, dirent : On n’a rien fait pour lui » (6:3). Et comme Haman venait auprès du roi pour lui demander de faire pendre Mardochée, le roi lui dit : « Que faut-il faire à l’homme que le roi se plaît à honorer ? » Or Haman, pensant qu’il ne pouvait être question que de sa propre personne, répondit : « Qu’on apporte le vêtement royal dont le roi se revêt, et le cheval que le roi monte, et sur la tête duquel on met la couronne royale ; et que le vêtement et le cheval soient remis aux mains d’un des princes du roi les plus illustres ; et qu’on revête l’homme que le roi se plaît à honorer, et qu’on le promène par les rues de la ville, monté sur le cheval, et qu’on crie devant lui : C’est ainsi qu’on fait à l’homme que le roi se plaît à honorer » (v 8-9). Alors le roi dit à Haman de se hâter de faire ainsi à Mardochée, le Juif, et de n’en rien omettre ; et Haman, la rage au coeur, dut se conformer exactement à l’ordre du roi, et avoir la honte de marcher devant Mardochée à cheval, en criant : « C’est ainsi qu’on fait à l’homme que le roi se plaît à honorer ». — « Et Mardochée revint à la porte du roi. Et Haman se rendit en hâte à sa maison, triste et la tête couverte » (v 12). Et il raconta à sa femme et à ses amis l’humiliation qu’il venait de subir ; alors ils lui dirent : « Si Mardochée devant lequel tu as commencé de tomber est de la race des Juifs, tu ne l’emporteras pas sur lui, mais tu tomberas certainement devant lui » (v 13). Et comme ils parlaient encore, on vint appeler Haman pour le festin d’Esther.

Après le repas, au vin de la collation, le roi renouvela à la reine ses offres de la veille, savoir de lui accorder tout ce qu’elle souhaiterait, même jusqu’à la moitié du royaume. Alors la reine demanda que sa vie lui fut laissée, et que son peuple fut délivré de la main de celui qui l’opprimait. « Car nous sommes vendus, moi et mon peuple, pour être détruits [et] tués, et pour périr. Or si nous avions été vendus pour être serviteurs et servantes, j’aurais gardé le silence, bien que l’ennemi ne pût compenser le dommage fait au roi. Et le roi Assuérus parla et dit à la reine Esther : Qui est-il, et où est-il, celui que son cœur est rempli [de la pensée] de faire ainsi ? Et Esther dit : L’adversaire et l’ennemi, c’est ce méchant Haman. Et Haman fut terrifié devant le roi et la reine » (7:4-6). Et le roi furieux de la conduite indigne d’Haman, ordonna qu’on le pendît aussitôt au gibet même que ce méchant avait préparé pour Mardochée ; puis la colère du roi fut apaisée : il donna à la reine Esther le palais d’Haman. Et Mardochée se présenta devant le roi, car Esther avait déclaré qu’il était son oncle ; et Mardochée fut établi dans les honneurs et le rang qui avaient appartenus à Haman. L’on révoqua aussi les lettres touchant le massacre des Juifs, et le roi permit à ceux-ci de se mettre en état de défense contre quiconque les attaquerait et chercherait leur perte malgré la révocation.

 

3.6   Ch. 8-10 - Le renversement du massacre et la fête de Purim

Effectivement, le treizième jour du mois d’Adar, jour où le massacre devait avoir lieu et où les ennemis des Juifs espéraient en être les maîtres, ce fut le contraire qui arriva ; car les Juifs s’étant assemblés en leurs villes par toutes les provinces du royaume, aucun de leurs ennemis ne put tenir ferme devant eux, mais les Juifs furent les maîtres de ceux qui les haïssaient, et ils en firent un très grand carnage. Ils firent également périr les dix fils d’Haman et les pendirent au gibet. Le quatorzième et le quinzième jour du mois, les Juifs se reposèrent de leurs ennemis, et firent des fêtes de réjouissances et des festins en mémoire de cette merveilleuse délivrance. — Aujourd’hui, l’on célèbre encore chaque année cette fête sous le nom de Purim, c’est-à-dire fête du Sort parce qu’Haman leur oppresseur avait jeté le sort, Pur, pour détruire le peuple. La veille on fait rigoureusement abstinence et on lit dans les synagogues le livre d’Esther en entier, lecture que l’on répète le lendemain matin ; après quoi chacun s’en retourne dans sa maison, et la journée se passe dans toutes sortes de réjouissances.

 

3.7   Ce qu’on trouve dans le livre d’Esther

3.7.1        Soins providentiels de Dieu

Le livre si intéressant que, par la bonté de Dieu, nous venons de parcourir ensemble nous montre la position des Juifs hors de leur pays, mais sous la main de Dieu et les objets de ses soins. Ce n’est pas une intervention ouverte de la part de Dieu en faveur de son peuple ; la chose était impossible à cause de toutes leurs infidélités ainsi que nous l’avons déjà dit ; mais cette portion de la Bible nous fait voir les soins providentiels du Seigneur en vue d’assurer l’existence et la conservation de son peuple au milieu de leurs ennemis. Ceux qui avaient été ainsi menacés d’une entière destruction étaient de la captivité de Juda et de ceux qui n’étaient pas rentrés dans la terre de Canaan. Ils avaient fait preuve en cela d’un grand manque de foi et d’énergie, d’un manque d’affection pour la maison et la cité de Dieu. Mais cela fait d’autant mieux ressortir l’absolue et souveraine bonté de Dieu lui-même, son absolue et souveraine fidélité en faveur de son peuple, peuple béni et aimé malgré tout, « car les dons de grâce et l’appel de Dieu sont sans repentir » (Rom. 11:29).

 

3.7.2        Des types ou images

Le livre d’Esther nous montre d’une manière typique comment, en dépit de tout ce qui pourrait en apparence s’y opposer, Dieu reprendra à la fin ses relations avec Israël. On voit l’épouse Gentile mise de côté à cause de sa désobéissance et parce qu’elle a manqué à montrer sa beauté au monde. Cette épouse est remplacée par une épouse Juive qui possède l’affection du roi. La puissance audacieuse d’Haman le Gentil, oppresseur des Juifs, est détruite ; et le protecteur d’Esther, Mardochée le Juif, auparavant méprisé et honni, est élevé à l’honneur et à la gloire en lieu et place du Gentil.

 

3.7.3        Les moyens providentiels de Dieu malgré les arrangements des hommes

Enfin ce livre contient beaucoup d’instructions pour ceux qui le lisent avec attention et avec le secours du Saint Esprit. Vous en trouverez pour vous-mêmes si vous demandez au Seigneur de rendre profitable pour vos âmes cette précieuse partie des Écritures. N’est-il pas vraiment beau de voir comment la main cachée de Dieu prépare et dirige tout ; comment toutes choses arrivent à point, au moment opportun, même l’insomnie du roi ; combien les moyens providentiels que Dieu emploie sont au-dessus de tout ce que l’homme, avec sa prétendue sagesse et intelligence, aurait pu combiner et arranger ; et de quelle manière ceux qui cherchent la volonté de Dieu peuvent, quoiqu’il en soit, compter sur Lui dans tous les temps, même lorsque la délivrance semble impossible et en dépit des machinations de l’ennemi et leur succès apparent.

Que le Seigneur lui-même vous fasse la grâce de vous confier pleinement en Lui quant aux intérêts présents et éternels de votre âme, et quant à toutes les circonstances que vous pourriez rencontrer durant la traversée de ce monde, en attendant Dieu.