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La merveilleuse histoire

 

 

du Fils de Dieu devenu homme

 

 

Table des matières

 

1     Le grand sujet de joie.

2     Le plus beau nom.

3     La présentation du petit enfant dans le temple.

4     Le petit enfant, Roi des Juifs.

5     Le petit enfant en Égypte.

6     Le jeune garçon dans le temple.

7     Le petit enfant de Bethléem devenu homme.

8     L’Homme qui allait de lieu en lieu faisant du bien.

9     L’Homme obéissant.

10     L’Homme de douleurs.

11     L’Homme juste trahi, renié et condamné injustement.

12     L’Homme juste condamné injustement.

13     L’Homme innocent, méprisé et rejeté.

14     L’Homme sur la croix.

15     Jésus dans le sépulcre.

16     L’Homme ressuscité d’entre les morts.

17     L’Homme ressuscité sur la terre.

18     L’Homme ressuscité montant au ciel.

19     L’Homme dans la gloire.

20     L’Homme dans la gloire. (suite)

21     Le retour de l’Homme glorifié.

22     Ce qui se passe sur la terre après que Jésus est venu chercher les saints.

23     Ce qui se passe dans le ciel avant que l’Homme glorifié apparaisse au monde.

24     Ce qui se fera dans le ciel avant l’apparition de l’Homme glorifié.

25     Louange à Christ.

26     L’apparition en gloire du Fils de l’homme.

27     Le royaume de l’Homme qui fut autrefois rejeté.

28     Le royaume de l’Homme qui fut autrefois rejeté. (suite)

29     Les derniers jours de cette terre.

30     Le jugement dernier, ou le jugement des morts.

31     L’état éternel — Quand le Fils aura remis le Royaume à Dieu le Père

 

 

1                        Le grand sujet de joie.

 

Il y a déjà bien des années que des bergers, étant aux champs, y gardaient leurs troupeaux pendant les veilles de la nuit. À quoi pensaient-ils ? De quoi s’entretenaient-ils ensemble ? Je ne le sais pas, mes amis ; mais je sais que dans l’obscurité où ils étaient, quelqu’un les voyait, pensait à eux, les aimait et voulait leur procurer un grand bonheur. C’était Dieu.

Oui, Dieu Lui-même, le grand Dieu qui a fait toutes choses, pensait à ces pauvres bergers, et il pense à vous aussi, chers amis.

Tout à coup un ange du Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Or la gloire du Seigneur, nous dit Paul qui l’avait vue, est plus éclatante que la splendeur du soleil qui cependant efface toute autre lumière.

Vous pouvez vous imaginer ce qu’éprouvèrent les bergers, et ce que vous auriez éprouvé vous-mêmes, mes amis. «Ils furent saisis d’une fort grande peur». Et pourquoi ? N’est-ce pas bien beau de voir un ange et la gloire du Seigneur ? Sans doute, mais les bergers, comme les autres hommes, étaient des pécheurs comme vous l’êtes aussi, et le pécheur a peur devant Dieu, parce qu’il sait qu’il mérite le jugement.

Mais Dieu n’envoyait pas son ange pour effrayer les bergers, c’était au contraire pour leur annoncer une bonne nouvelle, un message de grâce, car «Dieu est amour», et cette bonne nouvelle est aussi pour vous.

«Ne craignez point», dit l’ange. «Je vous annonce UN GRAND SUJET DE JOIE ; aujourd’hui, un SAUVEUR vous est né, le CHRIST, le SEIGNEUR».

Où donc ? pensaient peut-être les bergers. Ah ! ce sera dans quelque palais, dans la magnificence, et comment pourrons-nous y aller, nous pauvres gens ?

Non, mes amis ; Dieu n’envoyait pas un Sauveur entouré de richesses et de magnificence. C’était un petit enfant tout faible et emmailloté. Il n’était pas dans un palais, mais dans une crèche. Ses parents étaient pauvres, et il n’y avait pas eu d’autre place pour eux dans l’hôtellerie. Les bergers n’avaient pas peur d’aller dans une étable, et toi, cher ami, aurais-tu peur de venir à Celui qui a été un pauvre petit enfant ?

Mais qui était-il, ce petit enfant dont un ange annonce la naissance, pour lequel la gloire du Seigneur resplendit sur la terre ? C’était le Fils unique et bien-aimé de Dieu, descendu du ciel sur la terre pour faire connaître aux hommes l’amour de Dieu, et venu pour sauver les pécheurs.

N’est-ce pas que l’ange avait bien raison de dire : «Ne craignez pas ?» C’était le coeur de Dieu qui s’ouvrait envers l’homme misérable et perdu. A-t-on peur de qui vous aime ? N’y a-t-il pas là UN GRAND SUJET DE JOIE ?

Aussi cette joie éclate même dans le ciel. Aussitôt que l’ange eut fini de parler, il y eut une multitude de l’armée céleste qui, devant les bergers ravis, louèrent Dieu en disant : «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et sur la terre paix, et bon plaisir dans les hommes !»

Que pensez-vous que firent les bergers quand les anges furent partis ? Vont-ils rester ? Ah ! ils ne se soucient pas de leurs troupeaux pour le moment. «Allons, disent-ils, à Bethléem». Ils vont et voient avec admiration le petit enfant couché dans la crèche.

Et vous, chers amis, ne voulez-vous pas venir aussi à Jésus pour connaître son amour ? Il n’est plus sur la terre, dans la crèche, il est dans la gloire du ciel. Mais il vous aime : «Laissez, dit-il, venir à moi les petits enfants». Il est mort sur la croix pour vous acquérir le ciel, et si vous venez à Lui maintenant, vous verrez un jour de vos yeux, mais sans crainte, la gloire qui autrefois resplendit sur la terre.

 

 

Bonne Nouvelle 1881

2                        Le plus beau nom.

 

 

Vous vous souvenez, mes amis, du grand sujet de joie annoncé aux bergers par un ange. C’était simplement la naissance d’un petit enfant pauvre, dans une petite ville d’un petit pays. Combien de fois cela arrive autour de nous sans que personne s’en inquiète. Mais cette fois l’allégresse éclatait dans le ciel, parce que ce petit enfant était le Fils bien-aimé de Dieu, venu sur la terre pour sauver les hommes perdus et leur apporter le bonheur.

N’aimeriez-vous pas savoir ce qui arriva encore à ce petit enfant ? Dieu pense aux petits enfants et s’occupe d’eux, puisque son Fils a été comme l’un d’eux.

Vous savez, n’est-ce pas, que quand un petit enfant naît dans une famille, on commence par lui donner un nom. Vous en avez tous un qui vous a été donné à votre naissance. Eh bien, on donna aussi un nom au petit enfant de Bethléem.

Mais quel nom ? Oh ! vous le connaissez tous. Vos bouches me le disent. C’est JÉSUS. Mais qui avait choisi ce nom pour lui ? Ordinairement ce sont les parents qui choisissent le nom qu’ils donneront à leur enfant, et c’est ce qui eut lieu aussi pour celui dont nous parlons. Ce n’était pas Marie sa mère qui avait choisi son nom. Le petit enfant de Bethléem était le Fils du Très-Haut, et il fut nommé par Dieu son Père qui par son ange avait dit à Marie : «Tu appelleras son nom Jésus».

Quand vous êtes né, qu’est-ce qui a conduit vos parents à vous donner tel ou tel nom ? Ils ont dit peut-être : «Oh ! nous l’appellerons Louis, c’est un si joli nom». Ou bien, «elle s’appellera Marie, comme sa tante que nous aimons tant» ; ou encore : «Il s’appellera Samuel, parce que nous voudrions que notre cher garçon fut comme le petit Samuel, un serviteur de Dieu». Mais vos parents ne savaient pas ce que vous deviendrez et ce qui vous arrivera. Dieu, au contraire, connaît toutes choses, et quand il donne un nom à quelqu’un, il sait ce que sera celui qu’il nomme et le nom l’indique d’avance. Que veut donc dire le nom qu’il donne à son Fils ?

Jésus signifie «SAUVEUR». Et pourquoi Dieu donna-t-il ce nom au petit enfant né à Bethléem ? Parce que ce petit enfant devait sauver les pauvres pécheurs perdus en les délivrant de la puissance de Satan, de la mort et du péché, et leur ouvrir le ciel.

Et maintenant, mes amis, dites-moi si vous connaissez un plus beau nom que celui-là ? Oh ! non, n’est-ce pas ? S’il y en avait eu un plus beau et plus grand, Dieu ne l’aurait-il pas donné à son Fils bien aimé ? Assurément. C’est ce nom, le seul sous le ciel, qui soit donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés ; c’est ce nom que Dieu a placé au-dessus de tout autre, afin qu’au nom de JESUS se ploie tout genou des êtres célestes et terrestres et infernaux. Tel est ce nom donné au petit enfant. Ô mes chers petits amis, que ce nom soit le plus cher à votre coeur, qu’il vous rappelle la personne adorable du Fils de Dieu venu pour vous sauver, de Celui qui pour cela est mort sur la croix et qui est maintenant dans le ciel, où il veut vous avoir près de Lui.

 

Le nom de Jésus

 

Oh ! que ton nom, Sauveur fidèle,

À mon âme soit précieux.

Que constamment il me rappelle

Que pour moi tu quittas les cieux.

 

À ta naissance les saints anges,

Venus du séjour éternel,

Éclatent en chants de louanges :

«Paix sur la terre, et gloire au ciel !»

 

Petit enfant, dans une étable

Tu t’abaissais jusques à nous.

Dévoilant au coeur misérable

Ce que la grâce a de plus doux.

 

C’était le coeur de Dieu lui-même

S’ouvrant à nos regards ravis

Et disant : Voyez ! je vous aime ;

Car pour vous j’ai donné mon Fils.

 

Et tu parcourus sur la terre

Ta route, à tous faisant du bien,

Humble, patient, débonnaire,

Aux coeurs brisés ouvrant le tien.

 

Puis sur la croix, dans la souffrance,

Comme un agneau tu t’es offert,

Pour qu’au croyant plein d’assurance

Le chemin vers Dieu fût ouvert.

 

Oh! que ton nom, Sauveur fidèle

Me soit toujours plus précieux.

Que constamment il me rappelle

Que ton amour m’ouvrit les cieux.

 

Bonne Nouvelle 1881 —

3                        La présentation du petit enfant dans le temple.

 

J’aimerais vous parler encore aujourd’hui, mes amis, de l’enfant qui était né à Bethléem et à qui l’on donna le plus beau de tous les noms, celui de Jésus.

Bien longtemps avant la naissance de Jésus, il y avait eu au pays d’Égypte une nuit terrible. Les méchants Égyptiens avaient fait des Israélites leurs esclaves et les traitaient avec une cruauté horrible, jusqu’à jeter leurs petits enfants dans le Nil. Et quand Dieu leur commanda de laisser aller son peuple, ils ne voulurent pas. Alors Dieu envoya son ange, et à minuit l’ange entra dans les maisons des Égyptiens et y tua tous les premiers-nés. Pensez quelle épouvante ! Mais les Israélites bien tranquilles chez eux, n’avaient vu périr aucun de leurs enfants. Dieu voulait leur rappeler comment, dans sa bonté, il les avait épargnés, et il avait ordonné que le premier fils qui naîtrait dans une famille, lui serait consacré.

«Il est à moi», avait dit l’Éternel, et on devait le lui présenter quarante jours après sa naissance, en offrant en même temps un agneau, ou, si l’on était trop pauvre, deux tourterelles ou deux pigeonneaux.

C’est ce que l’on fit avec le petit enfant Jésus. Ses parents allèrent le présenter au Seigneur. Mais où ? À Jérusalem. C’était la ville que Dieu avait autrefois choisie et où Salomon avait bâti un temple magnifique dans lequel l’Éternel était venu habiter. Mais les Juifs devinrent si méchants que Dieu ne put plus rester avec eux ; il quitta le temple et les abandonna à leurs ennemis. Le grand et puissant roi Nébucadnetsar vint, détruisit la ville et le temple et emmena le peuple prisonnier à Babylone.

Dieu avait-il donc abandonné son peuple pour toujours ? Non, mes amis. Il avait toujours le dessein d’envoyer son Fils sur la terre et ce Fils bien-aimé de Dieu devait naître à Bethléem. Aussi Dieu mit-il dans le coeur d’un autre roi nommé Cyrus, de renvoyer les Juifs dans leur pays et de leur permettre de rebâtir un temple. C’est ce qu’ils firent, et plus tard le roi Hérode, dont je vous reparlerai, fit embellir magnifiquement ce temple. C’était un grand et splendide édifice situé sur une colline ; il était tout de marbre blanc et d’or, éblouissant au soleil, et entouré de cours, d’appartements et de portiques. Devant le temple se trouvait l’autel où l’on offrait les sacrifices. Mais il y avait une chose qui y manquait. Laquelle donc ? C’est que Dieu n’y était pas venu habiter. Cependant il voulait bien l’appeler sa maison, et même il avait dit que la gloire de ce temple serait plus grande que celle du premier. Savez-vous pourquoi ? Je vais vous le dire, mes amis. C’est que son Fils bien-aimé devait y venir, Lui en qui Dieu habitait, Dieu avec les hommes, EMMANUEL.

C’est en effet dans ce temple que Marie et Joseph vinrent présenter à l’Éternel le petit enfant Jésus. Mais ils étaient pauvres et ne purent offrir que deux pigeonneaux. Ah ! voyez, chers amis, le Fils de Dieu venu dans une étable, couché à sa naissance dans une crèche et se trouvant là dans la maison de son Père comme un petit enfant pauvre. Nul ne faisait attention à Lui ; le sacrificateur ne savait qui il était mais Dieu avait les yeux arrêtés sur Lui ; bien qu’un faible et pauvre enfant, c’était son Fils bien-aimé.

Dieu, mes amis, aime à faire connaître ses secrets à ceux qui le servent. Il y en avait de tels à Jérusalem qui attendaient Celui que Dieu avait promis d’envoyer, et Dieu les avertit que le Seigneur était entré dans son temple. Parmi ces serviteurs de Dieu se trouvait à Jérusalem un homme pieux nommé Siméon. Le Saint Esprit qui était sur lui, lui avait dit de la part de Dieu qu’il ne mourrait pas avant d’avoir eu le bonheur de voir le Christ. Comme Siméon devait attendre avec impatience ce beau jour ! C’est ainsi que vous, chers amis, vous attendez le moment où va arriver quelqu’un que vous aimez. Et voilà qu’un jour, Siméon se sent pressé par l’Esprit de Dieu de se rendre dans le temple ; il va et que voit-il ? Celui qu’il attendait. Non pas un Roi puissant entouré de gloire, mais un petit enfant dans les bras de sa mère, une pauvre femme, accompagnée de son mari, un charpentier. Mais qu’importait cela à Siméon ? C’était celui que son coeur désirait, et plein d’un saint ravissement, il prend dans ses bras le petit enfant, il a près de son coeur le Fils de Dieu.

Oh ! mes amis, quelle chose merveilleuse qu’un homme pécheur, comme vous et moi, ait pu tenir dans ses bras le Fils de Dieu ! Quelle condescendance de la part de Dieu ! Quel amour pour nous !

Siméon n’avait plus rien à désirer. Son bonheur sur la terre était parfait, il pouvait mourir, et il bénit Dieu et dit : «Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu ton salut». Et ce n’était pas seulement le salut pour Siméon, c’était pour tous.

Cher ami, n’aurais-tu pas aimé voir aussi ce petit enfant dans les bras de Siméon ? Le prendre dans les tiens, comme tu prends un petit frère, une petite soeur ? Ah ! tu peux recevoir et posséder Jésus dans ton coeur. Il frappe à la porte et demande d’y entrer.

Il y avait encore une autre personne dont le coeur fut tout réjoui de voir Jésus. C’était une très vieille femme nommée Anne. Elle était prophétesse et servait Dieu nuit et jour. Elle arriva au temple au même instant que Siméon tenait le petit enfant et l’ayant aussi reconnu comme le Sauveur, aussitôt pleine de joie, elle se mit à parler de lui à tous ceux qui attendaient le salut.

Vous voyez, mes amis, que l’ange avait bien raison d’annoncer un grand sujet de joie. Où courez-vous, bergers, au milieu de la nuit ? Oh ! nous allons à Bethléem, voir le Christ, le Seigneur, le Sauveur. Où cours-tu, Siméon ? Au temple, mes amis, le Sauveur vient d’y arriver. Que font ces gens autour d’un petit enfant dans le temple ? Pourquoi ont-ils l’air si heureux ? La mère est tout émue et tout étonnée ; les visages sont tout radieux ; les louanges éclatent. Ah ! c’est qu’ils voient, ils contemplent, ils possèdent leur Sauveur. Et quel est-il ? C’est ce petit enfant.

Les anges du ciel se réjouissaient à sa venue, les bergers louaient Dieu, Siméon, Anne et tous les saints bénissaient le Seigneur ; et vous, chers amis, que voulez-vous faire ? Ah ! venez à Celui qui, après avoir été un petit enfant présenté à Dieu dans le temple sur la terre, est maintenant pour toujours dans la présence de Dieu, dans le ciel, couronné de gloire et d’honneur, et où il veut vous conduire aussi.

 

Bonne Nouvelle 1881

4                        Le petit enfant, Roi des Juifs.

 

Savons-nous encore autre chose touchant le petit enfant Jésus ? Oui, chers amis. Ce pauvre petit enfant, né dans une étable, couché dans une crèche était venu dans le monde pour être ROI et sa renommée comme tel devait s’étendre jusqu’aux bouts de la terre. C’est ce que je vais vous raconter aujourd’hui.

Ce ne sont plus des bergers, ni un Siméon, ni une Anne, ni même des Juifs qui viennent chercher Jésus pendant qu’il est encore à Bethléem. Ce sont des étrangers venus de fort loin, ce sont des hommes savants et riches.

Qui donc leur avait annoncé la naissance du petit enfant ? Avaient-ils vu la gloire du Seigneur, comme les bergers, ou bien étaient-ils avertis par l’Esprit Saint, comme Siméon ? Non. Ils contemplaient et étudiaient les cieux, l’ouvrage des mains de Dieu, la lune et les étoiles qu’il a agencées, et tout à coup une étoile remarquable apparut à leurs yeux. C’était ainsi que Dieu voulait attirer leur attention, et ils apprirent de Lui qu’à ce moment un petit enfant était né en Judée pour être le Roi des Juifs qui apporterait la bénédiction et le bonheur sur toute la pauvre terre souffrante à cause du péché.

Vous rappelez-vous ce que Siméon disait du petit enfant, quand il le tenait dans ses bras ? Jésus était le salut préparé devant tous les peuples, une lumière pour les nations et la gloire du peuple d’Israël. Et nous voyons ici ces hommes des nations éloignées, éclairés par cette lumière divine. Ces hommes étaient des Mages, comme ceux dont il est question dans l’histoire de Daniel. C’étaient, dans l’Orient, les personnages les plus savants et qui, avec des richesses, avaient aussi une grande autorité. Que pensez-vous qu’ils firent après que Dieu leur eut fait connaître ce qui était arrivé ? Exactement comme les bergers. «Allons en Judée», se dirent-ils, «voir ce que Dieu nous a fait connaître». — «Mais c’est si loin, si coûteux, si fatigant» — «Oh ! n’importe, nous voulons voir et adorer le Roi des Juifs».

Chers amis, avez-vous ce même désir de connaître Jésus, ce même cœur pour venir à Lui ? Il ne faut pas faire un lointain voyage ; il est là, près de vous.

Et les Mages se mirent en route pour la Judée. Mais une fois arrivés, où iront-ils  ? «À Bethléem», direz-vous. Non, car ils ne savent pas que le petit enfant se trouve là. Ils se disent : «Où demeurent les rois ? C’est dans la plus belle ville, dans la capitale». Ils se rendent donc à Jérusalem et demandent : «Où est le Roi des Juifs qui a été mis au monde car nous avons vu son étoile dans l’Orient, et nous sommes venus l’adorer».

Ils étaient persuadés que tout le monde le leur dirait, et voilà, personne ne peut leur répondre et au lieu de joie ils voient le trouble partout. Quelle chose étrange, n’est-ce pas  ? Comment cela se faisait-il ? Je vais vous le dire.

Il y avait alors à Jérusalem un autre roi nommé Hérode, bien différent de ce doux petit enfant de Bethléem, le Roi de paix. Hérode était un homme méchant et cruel, qui avait fait tuer presque toute sa famille. Or Dieu a dit : «Il n’y a point de paix pour les méchants», et Hérode était toujours tourmenté dans son esprit. En entendant dire que de riches étrangers étaient arrivés, qui demandaient après un roi des Juifs qui venait de naître, il eut peur. Il pensa que ce roi lui ôterait son trône et le punirait pour tous ses crimes. Et comme à Jérusalem on connaissait bien sa méchanceté, tout le monde craignit que ce ne fut l’occasion de nouvelles cruautés. Voilà pourquoi les Mages ne rencontrèrent que des cœurs troublés et non joyeux.

Ah ! chers amis, la venue de Jésus qui était un grand sujet de joie pour les uns, était un sujet de trouble pour les autres. Pensez-vous que si les habitants de Jérusalem avaient cru la parole de Dieu et attendu le Christ promis, ils eussent eu peur ? Oh non ! ils se seraient dit : «Voilà Celui qui vient pour nous délivrer et nous rendre heureux».

Mes chers amis, Jésus va revenir du ciel. Aurez-vous peur ? Ceux qui l’aiment et l’attendent seront remplis de joie, mais quel moment terrible pour les méchants !

Que va faire Hérode dans son tourment ? Il avait bien entendu dire que les Juifs attendaient un Libérateur qu’ils nommaient le Christ, mais il n’y avait sans doute pas cru jusqu’alors. Comment saura-t-il où est ce roi des Juifs qui lui fait si peur ? Il fait assembler les chefs des sacrificateurs et les scribes, c’est à dire tous ceux qui connaissaient bien les Écritures saintes, qui annonçaient la venue du Christ, et il leur demande où il devait naître. Les savants juifs lui disent tout de suite : «C’est à Bethléem, ville de Judée». Comment le savaient-ils ? Parce que le prophète de Dieu l’avait ainsi écrit plus de 700 ans à l’avance. Mais ces savants juifs qui ont bien de la science pour dire où est né le Christ, n’ont pas de cœur pour aller le trouver. Les Mages n’ont pas craint de faire des centaines de lieues, et ceux-là ne se dérangent pas pour une petite course de deux heures à peine. Ah ! chers amis, connaître la Bible ne suffit pas, il faut que le cœur soit à Jésus.

Quand Hérode eut appris ce qu’il voulait savoir, il pensa sans doute : «Si je vais moi-même à Bethléem, on aura peur et on cachera le petit enfant, j’y enverrai d’abord les Mages». Il les fit donc venir en secret, leur demanda bien exactement le temps auquel ils avaient d’abord vu l’étoile, afin de savoir l’âge du petit enfant, et les envoya à Bethléem.

Que voulait-il donc faire ? «Afin», dit-il, «que moi aussi, j’aille l’adorer». Oh ! le méchant, cruel et hypocrite Hérode ! Ce qu’il voulait, c’était de faire périr le petit enfant et anéantir le dessein de l’amour de Dieu qui envoyait son Fils pour sauver les hommes.

Hérode savait-il cela ? Non, mes amis. Il craignait pour lui-même ; mais il était un méchant et les méchants sont les serviteurs du diable. Le diable avait fait tomber l’homme dans le péché, et maintenant que le Sauveur était venu, le diable se servait d’Hérode et le poussait par la crainte à faire périr le petit enfant. Oh ! que c’est terrible d’être un serviteur de l’ennemi de Dieu. Voilà, mes amis, comment le monde accueillit d’abord le Fils de Dieu ; les scribes et les sacrificateurs restent dans l’indifférence, et le méchant roi veut le tuer.

Les Mages ignoraient toutes ces choses. Bien heureux d’avoir appris où était Celui que leur cœur désirait, ils se mettent en route pour Bethléem, et Dieu qui les avait amenés jusque-là, leur fait voir de nouveau le signe qui leur prouve qu’il les conduit encore. L’étoile brillante reparaît au ciel et va devant eux jusqu’à ce qu’elle s’arrête à l’endroit où était le petit enfant.

Oh ! quelle fut leur joie ! Extrêmement grande, nous dit la parole de Dieu. On est si heureux quand on trouve Jésus. L’as-tu trouvé, mon cher ami ? En croyant en Lui et en l’aimant, quoique tu ne puisses pas le voir maintenant, ton cœur se réjouit-il d’une joie ineffable et glorieuse ?

Mais les mages ne durent-ils pas être bien étonnés de voir que le Roi des Juifs n’avait au lieu d’un palais qu’une pauvre demeure ; au lieu d’un trône, un petit berceau ; et, autour de Lui, au lieu de serviteurs et de courtisans empressés, un charpentier et sa femme, la mère du petit enfant ? Je ne sais pas s’ils furent étonnés, en tout cas, ils ne furent pas repoussés par l’humble apparence du Roi des Juifs. Eux les riches, les savants, ils se prosternent devant le faible petit enfant ; ils l’adorent, le cœur rempli d’un profond bonheur, et offrent ce qu’ils ont apporté de plus précieux, de l’or, de l’encens, de la myrrhe. Ainsi bergers, Anne, Siméon, Mages tous sont accueillis par le petit enfant et trouvent près de Lui la satisfaction de leur âme. Viens aussi, mon cher ami, à ce précieux Sauveur, viens l’adorer et t’offrir tout entier à Lui.

 

 

Bonne Nouvelle 1881

 

5                        Le petit enfant en Égypte.

 

Vous aimeriez bien savoir, n’est-ce pas, ce qui arriva au petit enfant Jésus après la visite des mages, et si le méchant Hérode le trouva. Je vais vous le dire.

Les mages, qui pensaient qu’Hérode était sincère, seraient sans doute retournés à Jérusalem pour lui dire leur bonheur d’avoir trouvé le petit enfant. Mais Dieu qui les avait conduits, ne le permit pas. Ils avaient trouvé celui qu’ils désiraient, la joie remplissait leur cœur et ils n’avaient plus rien à faire avec le méchant. Dieu, dans un songe, les avertit de ne point passer par Jérusalem, et ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin.

Vous pouvez vous imaginer la colère du méchant Hérode, quand il vit que les mages ne revenaient pas et que, bientôt après, il apprit qu’ils étaient partis. Alors se montra ouvertement la cruauté de son cœur. Il n’avait pas comme les mages une étoile pour lui montrer où était le petit Roi des Juifs au milieu de tous les autres jeunes enfants de Bethléem.

Que faire ? Il envoie ses soldats et fait tuer tous les enfants de Bethléem et des environs depuis l’âge de deux ans et au-dessous. Ô quelle douleur, quand les cruels messagers entraient dans une maison et demandaient : «Où est votre petit enfant ?» et quand, malgré les pleurs et les supplications de la mère, du père, des frères et des sœurs, on égorgeait sans pitié le pauvre petit ! Voilà la méchanceté du cœur de l’homme conduit par Satan. Car c’est Satan, mes amis, qui, sachant que Jésus était le Sauveur, voulait le faire périr en se servant de la cruauté d’Hérode. Aussi est-il représenté dans le livre de l’Apocalypse comme un grand dragon prêt à dévorer le petit enfant à sa naissance.

Mais où était l’enfant Jésus ? Échappa-t-il ? Oui, oui, mes amis. Dieu veillait sur lui. Il ne l’avait pas envoyé dans le monde pour être tué par Hérode. Il devait grandir, devenir un homme parfait, servir Dieu en prêchant l’évangile, montrer dans sa divine personne l’amour et la bonté de Dieu, son Père, et puis mourir enfin par les mains des méchants pour nous sauver. Où était-il donc, tandis que l’on égorgeait les enfants de Bethléem ? Ah ! bien loin, sans qu’Hérode s’en doutât, car en même temps que Dieu avertissait les mages, il disait aussi à Joseph par un ange dans un songe de conduire en Égypte le petit enfant et sa mère.

L’Égypte est le pays où autrefois les enfants d’Israël avaient été esclaves sous le cruel roi Pharaon, qui voulait faire périr leurs enfants nouveau-nés. C’est alors que le petit Moïse fut sauvé des eaux. L’Égypte était loin de Bethléem. Il n’y avait dans ce temps ni voitures, ni chemins de fer. Les riches avaient des chevaux ou des chameaux et des chars, mais les pauvres allaient à pied, peut-être sur des ânes. Pensez, chers amis, comme ce devait être pénible et fatigant, dans un climat très chaud, exposé aux attaques des voleurs, de faire ce long voyage avec un petit enfant. Mais Joseph et Marie partent sans hésiter ; c’est Dieu qui le leur a dit et ils savent que Dieu les conduira et les gardera. Ils ne comprenaient peut-être pas bien tout ce que deviendrait ce petit enfant, mais ils savaient combien il était précieux aux yeux de Dieu. Marie se souvenait sans doute que l’ange lui avait dit, en annonçant sa naissance, qu’il serait grand et serait appelé le Fils du Très-Haut, et que Dieu lui donnerait le trône de David son père, et Joseph se rappelait qu’un ange lui avait aussi dit que ce petit enfant sauverait son peuple de leurs péchés.

Mais n’est-ce pas étrange que le Fils de Dieu, venu sur la terre pour être Roi, n’ait pas un lieu pour se loger quand il arrive, soit tout de suite poursuivi par Satan, et obligé de s’enfuir pour échapper aux méchants ? Ah ! mon cher ami, cela montre combien le monde où il est venu est rempli de mal et quel besoin l’on a d’un tel Sauveur. Cela ne fait-il pas aussi voir l’amour de Dieu qui a envoyé son Fils dans un tel monde, et l’amour de Jésus qui a bien voulu se soumettre à tant de fatigues, de douleurs et d’humiliations ?

Le petit enfant resta-t-il en Égypte ? Non ; autrefois les enfants d’Israël en étaient sortis sous la conduite de Moïse, et maintenant Dieu appelle son Fils hors d’Égypte. Un ange apparut en songe à Joseph, et lui dit de retourner avec le petit enfant et sa mère au pays d’Israël. Hérode, le cruel Hérode qui avait fait mourir tant de gens, était mort à son tour, d’une maladie terrible, rongé des vers. Mais son fils Archélaüs régnait à sa place ; il n’était pas moins cruel que son père, et Joseph craignait pour le petit enfant. Que faire ? Dieu qui avait les yeux arrêtés sur son Fils, qui était sur la terre son plus précieux joyau, ne laissa pas Joseph sans direction. Il le conduisit loin d’Archélaüs dans la Galilée, à Nazareth, la ville où Joseph habitait avant la naissance de Jésus.

Était-ce une grande ville ? Non, mes amis. Était-elle célèbre ? Non, encore ; loin de là. Les Galiléens étaient méprisés des autres Juifs, et parmi les Galiléens même, les habitants de Nazareth étaient méprisés au point que l’on disait  : «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?» Aussi le petit enfant, quand il fut devenu un homme, partagea-t-il ce mépris jeté sur cette ville. En tout il s’est abaissé, il a voulu prendre la dernière place. Et toi, mon ami, quelle place aimes-tu à prendre ?

 

Bonne Nouvelle 1881

 

6                        Le jeune garçon dans le temple.

 

Le petit enfant Jésus, que nous avons vu à Bethléem, en Égypte, et enfin à Nazareth, grandit comme vous avez grandi, mes chers amis. Dieu voulut que son Fils bien-aimé venu sur la terre passât par l’enfance, afin que chacun eût confiance en Lui et qu’il fut pour vous aussi un modèle parfait.

Deux choses le distinguaient par-dessus tous les autres enfants. Qu’était-ce donc ? C’est qu’il était rempli de sagesse et que la faveur de Dieu reposait sur Lui, parce qu’il était saint, absolument sans péché. Vous n’êtes pas tels, mes amis ; mais ne pouvez-vous cependant pas jouir de la faveur de Dieu ? Oh oui ! si vous croyez au Seigneur Jésus ; et quant à la sagesse, demandez-la à Dieu qui la donne à tous libéralement.

Comme je vous l’ai dit, Joseph et Marie, la mère de Jésus, n’étaient pas riches. Joseph était charpentier, c’est dans l’humble demeure d’un ouvrier que Jésus fut élevé, au milieu de frères et soeurs, enfants de ce charpentier. Lui-même apprit l’état de Joseph et travailla de ses mains pour gagner son pain. Il sut ce que c’est que d’être pauvre, et pourtant il était 1e Seigneur de gloire.

Mais Joseph et Marie étaient pieux ; ils désiraient servir Dieu et faire ce que sa loi prescrit. Ainsi chaque année ils allaient à Jérusalem à la fête de Pâques pour adorer l’Éternel, bien que ce fût un voyage long et coûteux. Pour faire ce voyage, on se réunissait entre parents et connaissances du même endroit ; les plus riches avaient des montures, les pauvres allaient à pied. C’est ce que l’on appelle une caravane.

Tant que l’enfant Jésus fut petit, Joseph et Marie ne pouvaient l’emmener, mais quand il eut douze ans ils le jugèrent assez fort pour supporter les fatigues du voyage et le prirent avec eux. Vous pensez peut-être que ce devait être bien agréable de faire cette course, mais rappelez-vous que très probablement Joseph et Marie allaient à pied, et que, pendant plusieurs jours, sous un climat très chaud, il fallait tantôt monter, tantôt descendre, pour remonter encore. On était sans doute souvent bien fatigué, mais on prenait courage à la pensée de se présenter bientôt devant l’Éternel, et quand Jérusalem paraissait, couronnée de son temple magnifique, oh ! comme on oubliait la fatigue, et l’on s’écriait avec le psalmiste : «Je me suis réjoui à cause de ceux qui me disaient : Montons à la maison de l’Éternel !»

«Nos pieds se sont arrêtés en tes portes, ô Jérusalem !»

Et nous pouvons être bien sûrs que le jeune garçon Jésus jouissait de ce bonheur, car la maison de l’Éternel était celle de son Père.

Quand la fête, qui durait huit jours, fut passée, Joseph et Marie partirent. Ils auraient bien dû regarder si Jésus était avec eux et ceux qui allaient du même côté, n’est-ce pas ? Ils ne le firent pas, et le jeune garçon resta à Jérusalem. Ce ne fut qu’après un jour de marche qu’ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances, et ils ne le trouvèrent pas. Comme ils devaient être inquiets ! Que faire ? Il n’y avait qu’à retourner à Jérusalem. C’est ce qu’ils firent et, durant trois jours, ils cherchèrent en vain Jésus. Mais je pense, mes amis, que si Joseph et Marie s’étaient bien souvenus des paroles de l’ange qui annonçait que Jésus était Fils du Très-Haut, ils auraient su tout de suite où le trouver.

Où donc était allé le jeune garçon ? Était-il resté à Jérusalem pour jouir de sa liberté, comme d’autres enfants, pour aller s’amuser avec des garçons de son âge, pour courir dans la ville et admirer les beaux monuments, les belles rues et les soldats romains faisant l’exercice ? Non, mes amis, d’autres pensées occupaient le coeur du jeune garçon Jésus. Avait-il peut-être peur d’être seul dans cette grande ville, ne sachant où aller ? Non ; Jésus savait où aller ; il va sans crainte dans la maison de son Père, dans le temple, et c’est là que Joseph et Marie le trouvent enfin.

Mais qu’y faisait-il ? Il était assis au milieu des docteurs. Qui étaient ces docteurs ? Des hommes qui avaient beaucoup étudié et qui expliquaient les saintes Écritures. Cela vous aurait peut-être semblé bien sévère d’être au milieu de ces hommes savants, mais Jésus, dès son enfance, aimait la parole de son Dieu et Père, il y prenait son plaisir, et il venait prendre sa place comme écolier au milieu de ceux qui pouvaient s’entretenir avec Lui des choses de Dieu. Quel spectacle merveilleux ! Quel écolier modèle ! Il n’enseignait point les docteurs, il restait à sa place comme un jeune garçon, mais tout, dans sa conduite et son langage, annonçait sa sagesse sans égale. Il écoutait, il interrogeait et répondait, et tous ceux qui étaient présents étaient étonnés de son intelligence.

Cher jeune lecteur, aimes-tu comme Jésus la parole de Dieu ? Sais-tu écouter, répondre, et mets-tu assez d’intérêt aux choses de Dieu pour interroger quand tu ne comprends pas ?

Vous pouvez vous imaginer l’étonnement de Joseph et de Marie, en voyant Jésus ainsi occupé. «Pourquoi nous as-tu fait ainsi ? lui demanda Marie, nous te cherchions, étant en grande peine». Mais Jésus leur dit : «Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ?» Oui, mes amis, la première chose qui doit nous occuper, c’est ce qui concerne Dieu, et Jésus nous montre que même pour un enfant, c’est l’affaire principale.

Et ensuite, que fit le jeune garçon ? Il quitta avec eux le temple, les docteurs, Jérusalem, et retourna dans la pauvre petite ville de Nazareth. Et là, pendant dix-huit ans encore, il vécut dans la soumission à ses parents, dans le travail et l’humilité, Lui qui était le Fils de Dieu. La loi de Dieu, dont il s’entretenait avec les docteurs, était dans son coeur, et il le montrait dans sa conduite. Aussi avançait-il en sagesse et en stature et en grâce auprès de Dieu et des hommes.

Mon cher ami, ne veux-tu pas suivre ce modèle parfait ? Tout se résume pour toi dans ces deux choses : t’attacher à la parole de Dieu et être soumis à tes parents.

«Oh ! combien j’aime ta loi, c’est ce dont je m’entretiens tout le jour». «Par quel moyen, le jeune homme rendra-t-il pure sa conduite ? Ce sera en y prenant garde selon ta parole». «Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, car cela est agréable au Seigneur».

 

Bonne Nouvelle 1881

 

7                        Le petit enfant de Bethléem devenu homme.

 

Avez-vous lu quelquefois, mes amis, l’histoire d’un homme célèbre dans le monde ? On le montre dans son enfance, puis dans sa jeunesse et sa vie, et on le conduit jusqu’à sa mort. Eh bien, il y a un homme dont l’histoire n’a jamais eu et n’aura jamais sa pareille. C’est Dieu lui-même qui l’a écrite ; c’est celle de Jésus, son Fils bien aimé, sur la terre, d’abord petit enfant à Bethléem, puis grandissant à Nazareth et enfin allant de lieu en lieu dans le pays d’Israël, en faisant du bien, jusqu’au moment où il fut mis à mort par la main des méchants.

Je vous ai dit quelque chose de son enfance, je voudrais vous parler maintenant un peu de sa vie quand il fut devenu un homme.

Lorsque Jésus eut trente ans, il quitta l’atelier et la maison de Joseph, à Nazareth, et se rendit dans le désert près du fleuve du Jourdain. Il y avait alors là un homme nommé Jean le baptiseur, qui prêchait que l’on se repentît de ses péchés, parce que le Fils de Dieu allait venir, et il baptisait ceux qui croyaient sa parole et qui confessaient leurs péchés.

Jésus voulut aussi être baptisé. Pourquoi ? Avait-il quelque péché dont il dût se repentir ? Bien au contraire ; il était Celui que Jean annonçait, l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.

Pourquoi donc se faisait-il baptiser ? Pour montrer à ceux qui s’humiliaient devant Dieu qu’il les approuvait, que son coeur était avec eux, que Dieu prenait plaisir en eux (voir Ésaïe 57 :15 ; 66 :2 ). Ainsi Jésus devenu un homme fait, prenait sa place, non avec les grands de la terre, mais, comme il l’avait fait dès sa naissance, avec les petits, les pauvres et les humbles. Il s’abaissait lui-même.

Mais, mes amis, Dieu élève ceux qui s’abaissent, et nous voyons à ce moment une scène merveilleuse qui jamais encore n’avait eu lieu sur cette pauvre terre, où Dieu ne pouvait voir que le péché. Aussitôt que Jésus eut été baptisé et qu’il sortit de l’eau, le ciel s’ouvrit, et la voix de Dieu le Père se fit entendre disant : «Tu es mon Fils bien aimé ; en toi j’ai trouvé mon plaisir». Et, en même temps, le Saint Esprit descendit sur lui comme une colombe.

Jésus, qui avait été un enfant saint et parfait, était aussi un homme parfait. C’est pour cela que le ciel s’ouvrait pour Lui, que Dieu le reconnaissait pour son Fils, déclarait son amour pour Lui et le remplissait du Saint Esprit. Jamais un tel homme n’avait paru ici-bas.

Et vous, chers amis, pouvez-vous être aimés de Dieu comme ses enfants et être remplis du Saint Esprit ? Dieu peut-il prendre plaisir en vous ? Oh oui, béni soit-il ! Si vous venez à Jésus, si vous croyez en Lui, Dieu vous aimera comme il aime Jésus ; vous serez ses chers enfants, et il enverra dans vos coeurs l’Esprit de son Fils.

Après que Jésus eut été ainsi déclaré Fils de Dieu, le Saint Esprit le conduisit dans un autre désert. C’était un lieu bien triste, aride, et où ne se trouvaient que des pierres et des bêtes sauvages. Jésus resta là durant quarante jours sans manger ni boire. Ne souffrait-il pas et n’avait-il pas peur ? Oh non, il savait que Dieu son Père était avec Lui pour le garder et le soutenir.

Vous me demanderez pourquoi Jésus dut aller dans le désert. Vous rappelez-vous, chers amis, ce qui arriva à Adam le premier homme ? Dieu l’avait placé dans le paradis terrestre et l’avait comblé de tout ce qui pouvait le rendre heureux, et que fit Adam ? Il fut désobéissant. Jésus, le second homme, vint dans la pauvreté et l’abaissement, fut conduit dans un désert, privé de tout, et demeura obéissant.

Mais comment savons-nous qu’il fut obéissant ? Ah ! c’est que le même méchant et rusé ennemi, Satan, qui avait tenté Ève dans le beau jardin d’Éden, vint aussi tenter Jésus dans l’affreux désert.

Après les quarante jours, Jésus eut faim. Alors Satan s’approcha et lui dit : «Si tu es le Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain». Cela paraissait bien naturel, mais Jésus savait bien qu’il était Fils de Dieu, sans avoir besoin de faire ce miracle, et il se confiait en Dieu son Père, pour lui donner la nourriture nécessaire au temps convenable. Il dit donc à Satan : «Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu», c’est-à-dire l’homme vivra par l’obéissance à Dieu.

Alors le diable plaça Jésus sur le haut du temple et lui dit : «Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas, car Dieu a dit que ses anges te garderaient». Mais Jésus n’avait pas besoin d’éprouver Dieu pour voir s’il était fidèle à ses promesses. Il le savait bien et s’assurait en Lui ; il dit donc au diable : «Il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu».

Enfin le diable mena Jésus sur une fort haute montagne, et lui montra tous les royaumes et la gloire et les richesses du monde, lui promettant de les lui donner s’il se prosternait devant lui. Mais Jésus savait que tout appartient à Dieu qui saurait bien lui donner, au temps convenable, l’honneur, la gloire et la domination. Pour le moment, il avait renoncé à tout ; il venait pour être sur la terre un homme humble et obéissant, pour servir et s’abaisser même jusqu’à la mort de la croix, et il dit à Satan : « Va arrière de moi, Satan, car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul». Jésus préférait Dieu à toutes les richesses et à toute la gloire du monde.

C’est ainsi que Jésus montra qu’il était plus fort que Satan. Il triompha de lui par son obéissance parfaite à Dieu et par sa soumission entière à la parole de Dieu. Quand le diable vit qu’il ne pouvait pas vaincre Jésus, il s’en alla, mais alors des anges s’approchèrent du Seigneur et vinrent le servir. Jésus était l’objet des soins de Dieu et restait, même dans son abaissement, Celui que les anges honoraient.

Satan vous tente-t-il aussi ? Oh oui, certainement ! Il s’efforce de toutes manières de vous faire sortir du chemin de l’obéissance pour accomplir votre propre volonté qui, au fond, est la sienne. Pouvez-vous lui résister ? Oui, certainement. Puisque Jésus l’a vaincu, ceux qui croient en Jésus, et que Jésus a sauvés, peuvent lui dire : «Va-t’en loin de moi, je ne veux pas t’écouter ; j’appartiens à Jésus ; c’est à Dieu que je veux obéir». Ainsi, comme Jésus fut vainqueur de l’ennemi et le repoussa en étant soumis à la parole de Dieu, faites de même, chers amis.

 

Bonne Nouvelle 1881

 

8                        L’Homme qui allait de lieu en lieu faisant du bien.

 

Vous rappelez-vous, mes amis, ce qu’était devenu le petit enfant né à Bethléem ? Un homme n’est-ce pas, comme vous le deviendrez aussi, si Dieu vous laisse sur la terre.

Mais vous souvenez-vous aussi de ce qui arriva à Jésus quand il eut atteint l’âge de trente ans ? Le Saint Esprit descendit sur Lui ; Dieu, du haut du ciel, le reconnut pour son Fils bien-aimé, et ensuite il fut tenté dans le désert par le diable.

Le diable put-il le faire pécher en quoi que ce soit ? Oh non ; Jésus resta parfaitement obéissant à Dieu et remporta ainsi la victoire sur Satan, qui fut obligé de se retirer.

Mais que devint Jésus après cela et que fit-il ? Il fut un parfait serviteur de Dieu qui allait de lieu en lieu faisant du bien, et c’est de sa vie comme serviteur de Dieu au milieu des hommes, que je vous parlerai aujourd’hui, mes amis.

En parcourant ainsi le pays où il habitait, Jésus prêchait l’évangile. «C’est pour cela», disait-il, «que je suis venu». Savez-vous ce que c’est que l’évangile ? C’est la bonne nouvelle de l’amour de Dieu envers les pécheurs perdus. Jésus l’annonçait en disant : «Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son FILS UNIQUE, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle». «Le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu». Et, plein d’amour, il invitait les pécheurs à venir à Lui : «Venez à MOI, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi».

Était-ce aussi aux enfants que Jésus s’adressait ? Oh oui, car eux aussi sont perdus. Jésus les aimait tendrement, et il disait en parlant même des tout petits : «Le fils de l’homme est venu pour sauver ce qui était perdu ;… et ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’un seul de ces petits périsse». Aussi, quand des parents lui amenaient des petits enfants afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât, et que les disciples voulaient les empêcher, Jésus dans son amour disait : «Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas», puis il les prenait entre ses bras et les bénissait.

Chers petits enfants, Jésus vous aime, ne voulez-vous pas venir à Lui pour qu’il vous bénisse ?

Vous comprenez, mes amis, que tous les pécheurs qui sentaient leurs péchés et se repentaient, venaient auprès de Jésus pour entendre cette bonne nouvelle de la grâce de Dieu venue pour les sauver.

Un jour, une pauvre femme qui avait commis de grands et nombreux péchés, entendit dire que Jésus était dans une maison de la ville. Vite, elle s’y rendit et se mit à pleurer à ses pieds. Jésus ne la repoussa pas, bien que tout le monde la méprisât, mais il lui dit : «Tes péchés sont pardonnés, va-t’en en paix ; ta foi t’a sauvée».

C’est ainsi que Jésus reçoit tout pécheur qui vient à Lui.

Il allait aussi les chercher. Il passa une fois tout exprès dans la Samarie. C’était un pays dont les habitants étaient des ennemis des Juifs. Pourquoi Jésus y alla-t-il ? Ah ! mes amis, c’est qu’il était venu pour tous les pécheurs, et il y avait là une autre pauvre femme pécheresse qui avait besoin de Lui. Il la rencontra au bord d’un puits où elle allait chercher de l’eau. Jésus était bien fatigué du chemin qu’il avait fait dans la brûlante chaleur du jour. Malgré cela, tout de suite il se mit à annoncer l’évangile à cette femme. Il lui parla du don de Dieu et d’une eau que Lui, Jésus, donnerait à cette pauvre femme, et qui serait en elle une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. Savez-vous, mes amis, qui est ce don de Dieu ? C’est Jésus lui-même, et l’eau qu’il donne, c’est la paix, la joie, le bonheur éternel, qu’il verse dans le cœur par le Saint Esprit. Jésus donne encore de cette eau à quiconque vient à Lui. La femme crut et fut tout heureuse et elle fit connaître son bonheur aux gens de la ville, qui vinrent aussi entendre Jésus et crurent en Lui comme au Sauveur du monde.

Mais Jésus ne se bornait pas à prêcher l’évangile et à instruire ceux qui venaient l’entendre. Il était descendu du ciel sur une terre où règnent, à cause du péché, la souffrance et la mort, et où le diable exerce sa puissance, et en voyant tant de larmes et de douleurs, son cœur était ému de compassion. Il avait vaincu le diable, il était venu pour détruire ses œuvres et toute sa puissance, et pour le montrer, tout en prêchant l’évangile pour le salut des âmes, il guérissait ceux que Satan avait asservis.

Les aveugles se rendaient près de Lui ; il touchait leurs yeux et ils voyaient. Un misérable lépreux se jetait à ses pieds, Jésus le touchait et la lèpre disparaissait. On lui apportait un paralytique : «Aie bon courage», lui disait Jésus, «tes péchés sont pardonnés. Lève-toi, prends ton lit, et t’en va dans ta maison». Et le paralytique marchait. — Un pauvre homme possédé d’un démon qui le tourmentait cruellement, vint un jour à sa rencontre. Jésus commande au démon de sortir, et le pauvre homme fut délivré.

Par sa puissance, Jésus pourvoyait aux besoins de ceux qui l’entouraient. Des milliers d’hommes, de femmes et de petits enfants s’étaient rassemblés pour l’entendre et être guéris. Il était tard, ils n’avaient pas de provisions, et Jésus ne voulait pas les renvoyer à jeun. «Faites-les asseoir», dit-il à ses disciples. «Maître», répondent ceux-ci, «nous n’avons que cinq pains et deux poissons». «Apportez-les», dit Jésus, et avec ce peu de vivres multipliés par sa puissance, il les nourrit tous.

La mort elle-même ne pouvait subsister devant Lui. Avez-vous vu un mort ? L’âme est partie, le corps reste immobile et froid ; on le porte en terre et une affreuse corruption s’en empare. Quelle chose terrible, elle fait frissonner, n’est-ce pas ? C’est la conséquence du péché. Mais Jésus est le Prince de la vie ; il est plus puissant que la mort.

Il rencontra un jour un triste cortège. On portait en terre un mort, fils unique de sa mère qui était veuve. Le cœur de Jésus fut aussitôt ému de compassion : «Ne pleure pas», dit-il à la pauvre mère. Puis s’adressant au mort, il lui commanda : «Jeune homme, lève-toi !» Et le mort se leva et Jésus le donna à sa mère. Une autre fois, ce fut une petite fille de douze ans qu’il rendit à ses parents.

Jésus avait quelques amis qu’il aimait tendrement. L’un d’eux, nommé Lazare, tomba malade et mourut pendant qu’il était loin. Quatre jours après, Jésus arriva. Il voulut aller au sépulcre où l’on avait mis son ami. C’était une grotte fermée par une pierre. «Otez la pierre», dit Jésus. La sœur du mort dit : «Seigneur, il sent déjà, car voilà quatre jours qu’il est là». Mais Jésus fit ôter la pierre et cria : «Lazare, sors dehors !» et le mort revint à la vie, sortit et retourna avec ses sœurs.

Telle était la puissance de Jésus, mes amis. Il l’exerçait dans son amour pour faire du bien. Par sa parole il guérissait les corps et ressuscitait les morts ; la même parole appelait les pécheurs à Lui et ceux qui venaient et croyaient avaient la vie éternelle.

Chers amis, l’amour de Jésus et la puissance de sa parole sont encore les mêmes. Avez-vous reçu cette parole dans vos cœurs ? Avez-vous la vie éternelle ?

 

Bonne Nouvelle 1881

 

9                        L’Homme obéissant.

 

Qu’est-ce que c’est que l’obéissance ? Vous le savez tous plus ou moins, mes amis, et vous me répondez : «C’est de faire ce qu’on nous dit». Bien ; mais à qui faut-il obéir ?

«À nos parents, à nos maîtres». C’est encore juste ; on obéit à ceux qui ont le droit de commander. Mais qui a le droit suprême sur nous ? Ah ! c’est Dieu, n’est-ce pas ? et c’est à Lui que tous, jeunes et vieux, pauvres ou riches, faibles ou puissants, sont tenus d’obéir.

Et quand faut-il obéir à Dieu ? Est-ce quelquefois, quand la chose nous plaît, quand nous y voyons quelque avantage ? Non ; c’est toujours, en tout, partout, que nous en soyons contents ou non.

Je vous demanderai encore : De quelle manière faut-il obéir ? Est-ce en murmurant, parce que nous ne pouvons faire autrement, avec un cœur mal satisfait ? Non, vous le savez, c’est avec promptitude et joie.

Et savez-vous, mes amis, ce que suppose une semblable obéissance ? C’est que la propre volonté est mise de côté. On n’agit pas, parce que l’on veut soi-même faire telle ou telle chose, mais parce que Dieu le veut. Toute action, parole, pensée, mouvement du cœur, doit être réglé par la volonté de Dieu. Faites-y bien attention, mes amis. Du moment que l’on fait quelque chose de sa propre volonté, quand même cela nous paraîtrait très bon, sans que ce soit la volonté de Dieu, on cesse d’être obéissant. Ce n’est pas seulement de faire ce qui nous est commandé, mais de ne rien faire, si Dieu ne nous le commande pas.

Ah ! direz-vous, c’est impossible ; personne n’a jamais obéi comme cela. Vous avez raison, mes amis ; personne, sauf un seul qui a été sur la terre, d’un bout à l’autre de sa vie, l’homme parfaitement obéissant. Vous le connaissez, n’est-ce pas ? Vous pouvez le nommer ; c’est Jésus.

Le premier homme, Adam, avait été comblé de biens, et mis dans un lieu de délices, fut-il obéissant ? Non ; le premier pas qu’il fit fut de laisser la volonté de Dieu pour suivre la sienne, en écoutant le serpent, en regardant le fruit défendu, en le prenant et le mangeant. Et depuis ce moment, tous les hommes, petits et grands, ont suivi le même sentier de propre volonté et ont déshonoré Dieu à l’envi par leur révolte et leurs désobéissances.

Quelle différence avec Jésus ! Il ne regardait pas comme un objet à ravir d’être égal à Dieu : il était Dieu, dans le sein du Père de toute éternité, le resplendissement de sa gloire, Celui par qui et pour qui toutes choses furent faites, qui soutient toutes choses par sa parole puissante, et ce Fils unique de Dieu, qui était parfaitement heureux, a voulu devenir un homme. Pourquoi, mes amis ? Vous répondez : «C’est pour nous sauver». Ah ! sans doute, mais avant tout, par-dessus tout, c’est pour être obéissant, afin de glorifier, par son obéissance, Dieu que notre désobéissance avait déshonoré.

Ecoutez-le quand il se présente à Dieu, au moment d’entrer dans le monde : «Voici, je viens, dit-il, pour faire, ô Dieu, ta volonté». Et quand une fois il est descendu au milieu des hommes pécheurs, un homme comme eux, mais parfait, que dit-il encore : «Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé». «Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé». Ses disciples le pressaient de manger, après une course fatigante, croyant qu’il devait penser un peu à ses propres besoins. Non, disait-il, «j’ai à manger d’une viande que vous ne connaissez point. Ma viande est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre». Et à la fin de sa carrière sur la terre, il pouvait dire à son Père : «Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire».

Il avait été obéissant dès son enfance, alors qu’il se soumettait à Marie et à Joseph, et que cependant il s’occupait des affaires de son Père : il fut obéissant toute sa vie.

Quand il parlait, ce n’était point de lui-même, mais selon que le Père l’enseignait ; quand il agissait, c’était selon que le Père lui commandait ; aussi disait-il encore : «Je fais toujours les choses qui lui plaisent». «J’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour».

Et ne pensez pas, mes amis, que ce fut sans souffrances. Ah ! sans doute, Jésus était parfaitement heureux dans cette soumission de tous les instants. Mais, «quoiqu’il fut le Fils, il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes». Il n’avait pas à obéir dans le ciel. Mais une fois homme, il devait apprendre l’obéissance à travers les tentations du diable et la contradiction des pécheurs.

Jusqu’où est-il allé dans le sentier de l’obéissance ? Jusqu’au point que Dieu Lui-même avait marqué, et ce point, c’était la mort. Oui, mes amis, «il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave», Lui qui était le Fils de Dieu ; puis, comme homme, il est allé plus loin encore, «il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort», et quelle mort ! «la mort de la croix».

Voilà, mes amis, l’obéissance parfaite ; celle qui met de côté la propre volonté, non pas pour les choses qui plaisent ou qui ne sont pas difficiles, mais pour subir ce qu’il y a de plus humiliant et de plus douloureux.

Et remarquez bien que le Seigneur Jésus savait d’avance à quoi il s’engageait quand il disait : «Je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté». Il annonçait à ses disciples que Lui, «le fils de l’homme», devait souffrir beaucoup et être mis à mort. Quand le moment fut arrivé, la nuit où les méchants le prirent, dans le jardin de Gethsémané, en voyant devant Lui, par la pensée, tout ce qu’il allait endurer, «il commença à être saisi d’effroi et fort angoissé». Et il leur dit «Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort». Est-ce qu’il recule devant l’obéissance dans ce moment terrible ? Non ; il dit bien : «Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe» ; mais aussitôt il ajoute : «Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite». Il aurait pu échapper à la main des méchants ; son Père lui aurait donné plus de douze légions d’anges pour le délivrer, mais comment les Écritures, l’expression de la volonté de Dieu, auraient-elles été accomplies ? Il laissait donc volontairement sa vie, pour que la volonté de Dieu fût faite, et c’est pour cela que le Père l’aimait.

Voilà, chers amis, l’homme obéissant, le seul qui l’ait été parfaitement sur la terre et qui ainsi a glorifié Dieu. Or il nous a laissé un modèle, afin que nous suivions ses traces. Notre cœur naturel est toujours un cœur rebelle, désobéissant, plein de propre volonté, mais quand nous croyons en Jésus, Dieu nous donne une nouvelle vie, la vie même de son Fils, afin que nous soyons comme Lui, ici-bas, des enfants d’obéissance.

 

Bonne Nouvelle 1881

 

10                  L’Homme de douleurs.

Le petit enfant né à Bethléem et couché dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui dans l’hôtellerie, fut-il jamais riche sur la terre ? Non, mes amis. Il avait été élevé par le charpentier Joseph et avait lui-même travaillé de ses mains. Quand il se mit à prêcher l’évangile, il ne choisit pas pour ses compagnons des riches ou des grands de la terre, mais des pêcheurs et des péagers. Il était pauvre, si pauvre qu’il fallait que des femmes qui le suivaient, l’assistassent de leurs biens, et que lui-même disait à quelqu’un qui voulait être son disciple : «Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête». Le Fils de l’homme c’était lui. Vous, mes enfants, vous avez une demeure, un abri chez vos parents qui vous soignent. Ce ne sont que les plus pauvres d’entre les pauvres qui n’ont pas un endroit où se retirer la nuit. Eh bien, Jésus avait pris sa place là, au milieu de ces plus pauvres, Lui qui avait créé toutes choses, n’avait pas sur la terre une demeure à lui. Pourquoi ? Quelqu’un qui le connaissait répond : «Étant riche, il a vécu dans la pauvreté pour vous, afin que, par sa pauvreté, vous fussiez enrichis».

Le monde n’a pas grande considération pour les pauvres. Aussi Jésus fut-il tout de suite méprisé par les grands, les riches et les savants, «N’est-ce pas là le charpentier ?» «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?» Voilà comment on parlait de lui.

Non seulement on le méprisait, mais, quand il allait de lieu en lieu, guérissant les malades et chassant les démons, savez-vous ce qu’on disait de Lui ? «C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons». On lui amenait une fois un pauvre paralytique pour qu’il le guérit. Jésus dit à cet homme : «Prends courage, mon enfant, tes péchés sont pardonnés». Et tout de suite ses ennemis se mirent à l’accuser disant : «Cet homme blasphème», c’est-à-dire il outrage Dieu. Une autre fois, Il reprenait les méchants Juifs à cause de leur incrédulité, et ils lui répondirent : «Tu as un démon», et d’autres ajoutaient «Il est fou ; pourquoi l’écoutez-vous ?» C’est ainsi qu’était traité par les hommes le Fils de Dieu, celui qui était le resplendissement de la gloire de Dieu. Il annonçait la bonne nouvelle du salut pour les pauvres pécheurs et on disait : «Il séduit le peuple» ; il avait ouvert les yeux d’un aveugle-né, et les pharisiens l’appellent un «méchant».

Oh ! combien Jésus devait souffrir en voyant tant de méchanceté ! Ses frères mêmes ne croyaient pas en lui et le traitaient rudement. Aussi était-il tout «attristé», à cause de l’endurcissement du coeur de ceux auxquels il ne témoignait que de l’amour et qui lui rendaient de la haine en retour. À la fin de sa vie, comme il était près de Jérusalem et qu’il pensait au terrible châtiment que Dieu allait faire tomber sur ces méchants, il se mit à pleurer. Il aurait voulu les rassembler comme une poule sa couvée sous ses ailes, et ils ne voulaient pas. Voilà ce qui attristait son coeur.

Est-ce la seule fois que Jésus pleura ? Non, mes amis ! Il venait du ciel où il n’y a point de larmes, mais ici sur la terre, tout lui parlait du péché et l’affligeait. De tous côtés on lui amenait des malades, des aveugles, des démoniaques ; il les guérissait, mais en le faisant son coeur entrait tellement dans ces souffrances, que réellement il prenait nos langueurs et portait nos maladies. Avez-vous quelquefois vu quelqu’un de bien malade et qui souffrait beaucoup ? Peut-être était-ce l’un de vos parents, ou bien l’un de vos frères ou soeurs ? N’est-ce pas que vous souffriez avec le malade ? Pensez donc ce que c’était pour Jésus, qui n’avait pas comme nous un coeur méchant et endurci par le péché, mais qui, au contraire, était plein d’une parfaite tendresse.

Jésus n’avait que très peu d’amis. Il y en avait un qui se nommait Lazare et qui tomba malade, comme Jésus était loin. Lazare mourut. Alors Jésus vint pour consoler les soeurs de son ami et pour le ressusciter. Mais quand il vit la douleur de tous ceux qui étaient là et leurs pleurs, son âme en fut si vivement affectée, qu’il frémit dans son esprit et pleura. Et cependant il était sur le point de ressusciter Lazare. Mais il était profondément affligé, en voyant tout ce que le péché a causé de souffrances.

Vous voyez, mes amis, combien le Seigneur Jésus a souffert durant sa vie. Mais c’est peu de chose en comparaison de ce qu’il endura à la fin. Il savait qu’il devait bientôt mourir, quoiqu’il fût encore bien jeune. Il n’avait que trente-trois ans. Le soir de la nuit où il allait être livré entre les mains des méchants, il voulut prendre un dernier repas avec ses disciples, comme pour leur dire adieu. Après ce repas, il prit un pain qu’il rompit, et il le leur distribua en disant : «Ceci est mon corps qui est donné pour vous, faites ceci en mémoire de moi» ; puis il prit une coupe pleine de vin et dit : «Buvez-en tous. Ceci est mon sang qui est répandu pour plusieurs. Faites ceci, toutes les fois que vous boirez de cette coupe, en mémoire de moi». Au moment de mourir, il désirait que ses disciples se souvinssent de Lui, de son amour, de ses souffrances, de sa mort pour les sauver. Et depuis ce moment, les chrétiens se sont rassemblés ainsi pour se souvenir de Jésus.

Qu’arriva-t-il donc cette nuit-là ? Je vais vous le dire. Après le repas Jésus alla avec ses disciples à la montagne des Oliviers, dans un endroit appelé Gethsémané. Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et s’éloigna des autres pour prier. Alors il commença à être saisi d’effroi et fort angoissé, et il dit à ceux qui étaient avec lui «Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez avec moi». Comme vous, quand vous êtes tristes, ce cher Sauveur avait besoin, dans sa grande douleur, d’être consolé et encouragé par ses amis.

Il alla un peu plus avant, et, dans son angoisse, il se jeta la face contre terre et pria, disant : «Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ; toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite». Et si grande était son agonie à mesure qu’il priait plus instamment, que sa sueur devint des grumeaux de sang découlant sur la terre. Il retourna deux fois vers ses trois disciples, et les deux fois il les trouva dormant, et il leur dit avec tristesse : «Ainsi vous n’avez pas pu veiller une heure avec moi». Ses amis sur la terre n’avaient pu le soutenir, mais un ange du ciel était venu le fortifier.

Quelle était donc cette souffrance qu’endurait Jésus ? Il était seul, dans la nuit. Il n’y avait là personne pour le tourmenter. C’est vrai, mes amis ; mais Jésus connaissait toutes choses d’avance. Il savait que le moment était venu où il retournerait auprès de son Père dans le ciel, mais il savait aussi qu’auparavant il lui fallait souffrir tout ce que la méchanceté des hommes et la rage de Satan pourraient imaginer. Il savait surtout que, puisqu’il était venu pour nous sauver, il devait supporter toute la colère de Dieu contre le péché, c’est-à-dire le jugement et la mort. Il voyait tout cela devant Lui, ce précieux Sauveur, et pensez-vous que ce ne devait pas être effrayant ! Ne croyez-vous pas que si l’on vous disait : «Dans trois heures, tu vas être torturé jusqu’à ce que tu meures», vous n’en souffririez pas d’avance ? Il en était ainsi pour Jésus ; il allait endurer de la part des hommes et de la part de Dieu des souffrances inexprimables ; c’est ce qu’il appelait la coupe, le breuvage amer qu’il ne lui était pas possible d’éviter. Et, dans son amour pour nous et son obéissance envers Dieu, il l’a bu jusqu’au bout. Oh ! combien il a été nommé avec raison «l’homme de douleurs, sachant ce que c’est que la langueur». Ne l’oubliez pas, mes amis.

 

 

Ô Jésus, sainte victime,

Tu vins jusqu’en ce bas lieu

Sous nos pieds fermer l’abîme

Où nous tombions loin de Dieu.

 

Tu vins dans notre nature

Prendre sur toi nos langueurs.

Pour sauver ta créature,

Tu fus l’homme de douleurs.

 

Bonne Nouvelle 1881

 

11                  L’Homme juste trahi, renié et condamné injustement.

 

Vous vous rappelez, mes amis, combien le Seigneur Jésus souffrit durant sa vie jusqu’au moment où il était dans le jardin de Gethsémané. Comme il revenait vers ses disciples après avoir prié pour la troisième fois son Père que la coupe passât loin de Lui, voilà que tout d’un coup, au milieu de la nuit, on entend un grand bruit, on voit briller des lumières, et le paisible jardin est envahi par une grande foule de soldats et de gens portant des épées, des bâtons et des flambeaux. Qui cherchaient-ils ainsi ? Était-ce un brigand ou un voleur ? Non ; c’était Jésus qui n’avait jamais fait aucun mal, qui était doux et humble de coeur.

Un homme les conduisait et leur avait dit : «Celui à qui je donnerai un baiser, c’est Jésus ; saisissez-le !» Et il s’approcha de Jésus et lui donna un baiser en lui disant : «Maître, maître, je te salue».

Qui était ce méchant homme ? Était-ce un de ses ennemis ? Hélas non, mes amis, c’était Judas un de ses douze apôtres qu’il avait choisi, qui avait mangé avec Lui, qui l’avait suivi partout et avait vu sa vie toute sainte et pleine d’amour. Et maintenant il l’avait vendu pour trente pièces d’argent, et il le trahissait par un baiser ! Quelle douleur pour le coeur de Jésus ! Quelle méchanceté dans le coeur de Judas ! Ah ! disons-nous bien ceci : c’est le mauvais coeur que moi j’ai aussi.

Mais, direz-vous, pourquoi Jésus ne chasse-t-il pas ces méchants, Lui qui fit tant de miracles, n’était-il pas assez puissant ? Oh ! oui, sans doute. En voici la preuve : il s’avança vers cette troupe et il leur dit : «Qui cherchez-vous». Ils répondirent : «Jésus de Nazareth». «C’est moi», dit Jésus ; et frappés de stupeur ils tombèrent par terre. Mais ensuite il se laissa volontairement saisir par eux.

Et ses disciples, ne firent-ils rien pour défendre leur cher Maître ? Oui, l’un d’eux, Simon Pierre, avait une épée dont il frappa un des hommes qui venaient prendre Jésus et il lui emporta une oreille. Mais Jésus ne venait pas tuer les hommes ; il venait les sauver. Il arrête aussitôt Pierre et lui dit : «Remets ton épée dans le fourreau. Si je priais mon Père, ne me donnerait-il pas une armée d’anges ? Mais il faut que les Écritures s’accomplissent». Et il guérit l’homme blessé. Vous voyez, mes amis, comment Jésus montra jusqu’au bout son obéissance envers Dieu et son amour pour les hommes, même pour ses ennemis.

Ni Judas, ni ces méchants ne se laissèrent arrêter par la douceur et l'amour de Jésus. Ils le saisirent brutalement et l'emmenèrent. Et ses disciples qu’il aimait tant, l’accompagnèrent-ils du moins pour le consoler et l’encourager ? Non, ils eurent peur et s’enfuirent, le laissant seul. Oh ! que le pauvre coeur de l’homme est lâche ! Un seul, Pierre, le suivit de loin, comme ayant honte de Lui. Tout cela n’est-il pas bien triste ? Aimeriez-vous, si vous aviez de la peine, être abandonné de vos amis ? Jésus l’a été.

Où le conduisit cette bande armée ? Ce fut chez ses plus cruels ennemis, chez les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes, qui l’avaient haï dès le commencement et qui depuis longtemps cherchaient à le faire mourir. Pourquoi ? Leur avait-il fait quelque mal ? Pas du tout, il voulait les sauver. Mais ils étaient orgueilleux et avares ; ils auraient voulu un roi guerrier, qui les délivrât non du péché et de Satan, mais des Romains et qui les comblât de richesses et de gloire. Jésus, au contraire, était venu pour détruire les oeuvres du diable. Il les reprenait à cause de leurs mauvaises pensées et de leur hypocrisie, il était comme une lumière brillante qui découvrait tout ce qui était dans leur coeur, et au lieu de s’humilier et de se repentir, ils haïssaient Jésus et n’avaient qu’une pensée : celle de le faire mourir. Cela a toujours été ainsi. Vous rappelez-vous le premier homme qui fut tué ? C'est Abel, n'est-ce pas ? Et pourquoi Caïn le tua-t-il ? Parce que les oeuvres d’Abel étaient justes et que les siennes étaient mauvaises. Et vous-mêmes, chers amis, n’avez-vous pas souvent été fâchés quand on vous reprenait de quelque chose de mal ? Peut-être même en voyant quelqu’un d’autre se bien conduire et désirer servir le Seigneur, avez-vous eu un sentiment de mauvais vouloir à son égard.

Jésus fut donc amené devant ses ennemis qui ne désiraient que sa mort. Il était là tout seul devant eux, sans un ami pour le défendre. De faux témoins se mirent à l’accuser de toutes sortes de choses qui n’étaient pas vraies et que l’on ne pouvait pas prouver, mais Lui, doux comme un agneau, ne répondait rien. Alors le souverain sacrificateur lui demanda : «Es-tu le Christ, le Fils de Dieu ?» Jésus savait bien que, s’il disait oui, il serait condamné aussitôt, mais pouvait-il ne pas dire la vérité ? Non, il était le fidèle témoin de la vérité de Dieu sur la terre, et il répondit : «Je le suis, et désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu, et il viendra sur les nuées du ciel». C’était comme s’il leur avait dit : Vous pouvez me faire mourir, mais après ma mort, je serai dans la gloire de Dieu, revêtu de sa puissance, et de là je viendrai pour le jugement. C’était pour réveiller leur conscience que Jésus disait cela, mais au contraire leur coeur s’endurcit, leur colère ne put plus se contenir, et ils s’écrièrent : «Il a blasphémé, il mérite la mort», et aussitôt ils se mirent à lui donner des soufflets et à lui cracher au visage. D’autres se moquaient de Lui, lui couvrant la figure et le frappant, en disant d’une manière dérisoire : «Prophétise, Christ, qui t’a frappé».

Représentez-vous une pareille scène, mes amis. Ces hommes graves, sérieux, religieux, les chefs du peuple, les docteurs, les sacrificateurs, tous s’unissent pour accabler de leurs injures et de leurs coups, un homme, seul, abandonné, qui n’avait fait aucun mal, qui n’avait fait que du bien, qui avait montré dans toute sa vie, la bonté, la vérité, la sainteté, la puissance de Dieu même. Si vous alliez dans une cour de justice, vous verriez que jamais on ne dit un mot même contre le plus grand des criminels. On examine tranquillement ce qu’il a fait ; on le condamne quand les preuves de son crime sont évidentes, mais sans une injure ni un coup. Et le Fils de Dieu est condamné, frappé, injurié, par des hommes ses créatures ! Voilà où Satan a conduit le coeur de l’homme ! Chers amis, on à peine à croire à une telle méchanceté. Mais souvenez-vous qu’au fond, aucun de nous ne vaut mieux que ces juifs.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

12                  L’Homme juste condamné injustement.

 

 

Je vous ai raconté, mes amis, ce qui arriva à Jésus chez le souverain sacrificateur où on l’avait d’abord conduit. Et Pierre, qui l’avait suivi de loin, que faisait-il pendant ce temps ? S’était-il avancé pour être à côté de Jésus, le consoler et souffrir avec Lui ? Non, le coeur naturel est lâche et sans force devant Satan, et Pierre devait l’apprendre cette nuit-là. Il se chauffait tranquillement dans la cour, à quelques pas de l’endroit où Jésus était injurié et maltraité, et il pouvait voir ce que l’on faisait au Maître qu’il avait suivi et que certainement il aimait.

Tout d’un coup une servante dit à Pierre : «N’es-tu pas des disciples de cet homme ?» — «Non», répondit Pierre tout effrayé. Puis un autre dit : «Cet homme était avec Jésus de Nazareth». Mais Pierre le nia avec serment disant : «Je ne connais pas cet homme». Quelques temps après, un homme dit : «Tu es de ces gens-là. Ne t’ai-je pas vu au jardin avec lui». Alors le pauvre Pierre, tout irrité et plein de crainte, se mit à jurer contre lui-même et répéter encore : «Je ne le connais pas». Aussitôt le coq chanta. Or Jésus avait dit auparavant à Pierre, qui se vantait de le suivre jusqu’à la mort, qu’il le renierait trois fois avant que le coq chantât. En même temps le Seigneur qui, au milieu même de ses souffrances, n’oubliait pas son disciple, se retourna vers lui et le regarda. Oh ! alors le coeur du pauvre Pierre fut brisé, et il vit l’affreux péché qu’il venait de commettre, et étant sorti, il pleura amèrement. Vous comprenez ces larmes, n’est-ce pas, mes amis ? Avoir put renier un Maître si bon, qui l’aimait tant ! Ah ! Pierre pouvait voir là toute la méchanceté et la faiblesse de son coeur.

Et Judas, me direz-vous se repentit-il ?

Oui, mes amis. Quand il apprit que Jésus serait livré à la mort, toute l’horreur de son crime se présenta à lui. Mais il n’avait pas aimé Jésus ; il reconnut bien son péché devant les hommes, mais non devant Dieu et, dans son désespoir, il se pendit. Quel sort terrible, n’est-ce pas ?

Fit-on tout de suite mourir Jésus ? Non. Les juifs n’en avaient pas le droit. Ils étaient obligés d’obéir au gouverneur romain, qui se nommait Ponce Pilate. Ils conduisirent donc Jésus à Pilate ; mais ils ne pouvaient pas dire : «Fais-le mourir, car nous le haïssons» ; ou : «Fais-le mourir, car il dit être le Christ, et nous ne le croyons pas» ; la loi romaine n’aurait pas pu le condamner pour cela, et Pilate les aurait renvoyés. Les méchants sacrificateurs et les anciens des juifs inventèrent donc ceci : ils dirent à Pilate : «Cet homme défend de payer les impôts à l’empereur et dit qu’il est roi». C’était tout à fait faux. Jésus leur avait dit au contraire peu de jours auparavant : «Rendez à César ce qui appartient à César». César, c’était le nom de l’empereur romain. Et une fois que le peuple voulait faire Jésus roi, lui ne l’avait pas voulu et s’était retiré sur la montagne. Jésus avait bien le droit d’être roi, mais il ne devait pas l’être alors à la manière des rois de la terre.

Pilate donc interrogea Jésus et lui dit : «Es-tu roi ?» Jésus répondit : «Oui, je suis né pour cela, mais maintenant mon royaume n’est pas de ce monde ; sans cela mes gens auraient combattu pour me défendre». C’était bien simple, n’est-il pas vrai ? Pilate fut obligé de reconnaître que Jésus n’avait rien fait de mal et il le dit aux juifs. Mais ceux-ci ne voulurent rien entendre, et continuèrent à l’accuser.

Le pauvre Pilate était bien embarrassé. Il aurait bien voulu délivrer Jésus, sans mécontenter les juifs. D’abord, il fit conduire Jésus à Hérode, roi de Galilée, qui se trouvait alors à Jérusalem, pour savoir s’il le condamnerait, mais Hérode se contenta de se moquer de Jésus et le renvoya à Pilate. Alors Pilate dit aux juifs : «Vous voyez bien qu’Hérode n’a pas non plus trouvé de crimes dans cet homme ; je vais donc le faire fouetter et puis je le relâcherai». Il leur dit encore : «J’ai l’habitude de vous relâcher un prisonnier le jour de la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche Jésus ?» «Non, non», crièrent les foules, «relâche-nous Barabbas». Ce Barabbas, mes amis, était un brigand et un meurtrier, et c’est lui que les Juifs préférèrent au Fils de Dieu. «Que ferai-je donc de Jésus ?» demanda Pilate. «Crucifie-le» cria la foule. Oh ! mes amis, quelle méchanceté, crucifier Celui qui ne leur avait fait que du bien !

Mais Pilate n’aurait-il pas pu relâcher Jésus, puisqu’il était le gouverneur ? Certainement il le pouvait, et selon la justice il aurait dû le faire, car lui-même jugeait que Jésus n’avait commis aucun crime. Mais là encore nous voyons ce qu’est le méchant coeur de l’homme. Pilate eut peur. Il ne voulait pas mécontenter les juifs ; il craignait qu’on ne l’accusât de ne pas être ami de César, et ainsi qu’il ne perdit sa place. Le coeur de l’homme éloigné de Dieu est capable de tout, et Pilate, contre sa conviction, contre toute justice, condamna Jésus à être crucifié.

Quelle douleur pour le coeur de Jésus ! Trahi par Judas, renié par Pierre, abandonné de tous ses amis, seul devant ses ennemis ; les juifs, son propre peuple qu’il aimait tant, demandant sa mort, après avoir entendu ses paroles de grâce et vu ses miracles ; le gouverneur romain le condamnant injustement, voilà mes amis ce que trouva le Fils de Dieu sur la terre. Le juste et le saint a été condamné injustement.

Que pensez-vous de Judas, de Pierre, des juifs et du gouverneur romain ? Ils étaient bien méchants, dites-vous ; mais croyez-vous que vous valez mieux ? Non, mes amis ; et si vous aviez été là, vous auriez fait de même. Le coeur de l’homme est désespérément malin, dit Dieu, et nous avons tous à l’apprendre.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

 

13                  L’Homme innocent, méprisé et rejeté.

 

Vous vous rappelez que le malheureux Pilate avait condamné Jésus, bien qu’il le jugeât innocent, et Jésus devait mourir. De nos jours, quand un homme a été condamné à mort, on ne le tourmente pas, même s’il a commis les plus grands crimes. On le laisse tranquille pendant les dernières heures de sa vie. Il n’en fut pas ainsi de Jésus. Il fut tout de suite livré à ses bourreaux. Et qui étaient-ils ? De rudes et grossiers soldats romains sans aucune pitié, qui se faisaient un jeu cruel des souffrances qu’ils infligeaient au condamné. Conduisirent-ils Jésus tout de suite à la croix ? Non, mes amis, le Sauveur avait encore bien des douleurs à endurer avant de laisser sa vie.

Les Romains étaient un peuple d’un coeur dur comme le fer. D’après leur loi, tout condamné à mort, à moins d’être citoyen romain, était cruellement fouetté avant son supplice. Pour cela on le dépouillait de ses vêtements, et on le frappait avec des cordes garnies de noeuds qui meurtrissaient les chairs. C’est là le supplice humiliant et douloureux que subit le Seigneur. Lui, le bien-aimé du Père, qui habitait la gloire du ciel, adoré par les anges, oui, mes amis, c’est là ce que des hommes pécheurs lui firent souffrir, c’est jusque-là qu’il s’abaissa lui-même.

Cela vous semble bien cruel, n’est-ce-pas ? Et en même temps vous vous demandez : «Comment Jésus qui faisait tant de miracles, s’est-il laissé ainsi maltraiter ?» Ah ! mes chers amis, Jésus aurait pu en effet se délivrer, terrasser d’un mot ces méchants, et remonter au ciel. Mais comment alors aurait-il pu vous sauver ? Il fallait qu’il souffrît ces choses. Ah ! il n’a pas perdu courage, il ne nous a pas laissés, il a été jusqu’au bout dans son obéissance à Dieu, il a eu sa chair meurtrie pour que nous fussions guéris. Précieux Sauveur, n’est-ce pas ? Quel amour que le sien !

Et je voudrais encore vous dire, mes amis, que Jésus savait tout cela d’avance. Il le savait avant de venir du ciel pour être un homme sur la terre, il en parlait avec ses disciples, quand ils parcouraient ensemble le pays d’Israël, il s’en entretenait avec Moïse et Élie, quand il fut transfiguré. C’est pour cela qu’il était venu, et rien ne l’a arrêté dans son oeuvre de grâce.

Les soldats avaient obéi à Pilate en fouettant Jésus. Ils pouvaient maintenant l’emmener et le crucifier. Mais la méchanceté de leur coeur leur donna la pensée de s’amuser de cet homme sans défense qu’ils avaient entre leurs mains. Cela vous paraît affreux. Mais n’avez-vous jamais vu des enfants s’amuser cruellement d’un plus faible, incapable de se défendre, le tourmenter, le faire souffrir par des moqueries, ou quelquefois par des coups, et même se rassembler plusieurs pour cela ? Ah ! le coeur est le même chez un soldat romain des anciens temps et un enfant de nos jours.

Que firent donc ces méchants soldats romains ?  Ils avaient sans doute entendu dire que Jésus était condamné pour avoir voulu se faire roi, c’est de cela qu’ils résolurent de se moquer. Mais ils veulent que tous leurs camarades se divertissent avec eux aux dépens de ce Juif qui se disait roi, et vite ils les font assembler dans la grande salle où ils se trouvaient. Ils placent Jésus au milieu d’eux. À un roi il faut un vêtement royal, et ils jettent sur lui un manteau de pourpre. Un roi doit avoir une couronne ; vite, on va chercher des branches d’épines que l’on entrelace, et on met sur la tête de Jésus cette couronne douloureuse. Il faut qu’un roi ait un sceptre, marque de commandement et de puissance ; par dérision on met un roseau dans les mains du Sauveur. À un roi, il faut des hommages, et ils s’agenouillent devant lui en se moquant et disant : «Salut, roi des Juifs», puis se relevant ils crachent contre lui, prennent le roseau et en frappent sa tête meurtrie par les épines.

Voyez- vous, mes amis, cette scène terrible ? Cette multitude d’hommes brutaux, sans miséricorde, riant des souffrances, riant des insultes dont ils accablent l’innocent qui est devant eux ! Et qui est-il celui qui, sous ces outrages, reste muet comme un agneau, n’ouvrant pas la bouche pour se plaindre ? C’est le SEIGNEUR DE GLOIRE ; c’est le CRÉATEUR insulté par ses créatures ! Quelle méchanceté d’un côté, quel abaissement de l’autre ! Mais comme je vous l’ai dit, mes amis, Jésus devait souffrir ainsi pour pouvoir nous sauver. Il fallait qu’il fût le méprisé, le rejeté des hommes, homme de douleurs, sachant ce que c’est que la langueur, obéissant à Dieu jusqu’au bout, au milieu de toutes les hontes et les souffrances, et montrant ainsi sa perfection. Quand est-ce que l’obéissance se fait le mieux voir ? Est-ce dans les choses qui nous plaisent ou dans les choses pénibles ? Et où la patience sera-t-elle la plus parfaite ? Est-ce quand tout va bien, ou quand tout est contraire ? Le Seigneur Jésus fit voir là toute sa douceur, sa patience et sa parfaite obéissance.

Vous vous demandez peut-être, comment Pilate pouvait permettre toute cette cruauté des soldats. Sans doute qu’après avoir prononcé le jugement et vu fouetter Jésus, il s’était retiré. Mais son âme n’était pas tranquille, il pensait toujours aux moyens de délivrer Jésus. Il vit ce que les soldats lui avaient fait, et comme les principaux sacrificateurs et d’autres Juifs étaient encore dehors attendant sans doute qu’on conduisit Jésus pour être crucifié, il fit sortir le Sauveur couvert des marques de son humiliation et de ses souffrances. Il pensait peut-être que les juifs le voyant ainsi châtié seraient satisfaits, et qu’il pourrait le laisser aller. Il leur déclara donc encore une fois qu’il ne trouvait aucun crime en Jésus. Mais ces coeurs endurcis eurent à peine vu Jésus et entendu Pilate, qu’ils s’écrièrent : Crucifie-le ! crucifie-le ! Pilate hésitait encore, mais les Juifs lui dirent que s’il relâchait Jésus, il agirait contre César, puisque Jésus voulait se faire roi. Enfin Pilate essayant de leur présenter Jésus comme étant leur roi, les Juifs crièrent : «Ote-le, crucifie-le ! nous n’avons pas d’autre roi que César».

Ainsi les Juifs rejetaient le Fils de Dieu venu sur la terre montrer tout l’amour et la grâce de Dieu, ils voulaient faire mourir l’homme parfait et refusaient leur vrai roi, pour accepter volontairement pour roi, l’empereur des païens. Ils cessaient, vous le voyez, d’être le peuple de Dieu ; et, comme ils rejetaient Jésus, Dieu les rejetait aussi jusqu’au jour où il usera de grâce envers eux et où pleurant leur crime, ils reconnaîtront Jésus.

Pilate vit bien qu’il n’y avait rien à attendre des juifs, mais que pensez-vous qu’il fit après cette dernière épreuve ? Parfaitement convaincu dans sa conscience de l’innocence de Jésus, ayant le pouvoir en mains pour le délivrer, il céda encore une fois lâchement et livra Jésus pour être crucifié. Les soldats prirent donc Jésus et l’emmenèrent. Il était maintenant tout à fait clair que les Juifs ayant vu Jésus avaient haï et Lui et son Père, que les païens prêtaient la main à leur crime, et que le coeur de l’homme est inimitié contre Dieu. Quelle grâce que Dieu ait voulu sauver de semblables créatures.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

14                  L’Homme sur la croix.

Jésus avait été définitivement rejeté par les Juifs et condamné par Pilate. Les soldats l’emmenèrent donc pour le crucifier. Vous savez ce que c’est qu’une croix, n’est-ce pas, et comment on y suspendait ceux que l’on voulait faire mourir ? On les plaçait sur la croix et, les bras étant étendus, on clouait les mains et les pieds sur le bois ; puis on dressait la croix dont on affermissait le pied dans un trou creusé en terre. Ensuite on laissait les malheureux crucifiés mourir dans les souffrances. C’était un supplice bien cruel ; de plus, chez les Romains, on ne l’infligeait qu’aux hommes les plus vils et les plus criminels, et chez les juifs, Dieu avait déclaré que celui qui était pendu au bois, était maudit. Ainsi, mes amis, le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, venait prendre la place d’un malfaiteur, la place de la honte la plus grande, la place d’un homme maudit. Dans son amour, pour nous sauver, il s’abaissait ainsi ! Y avez-vous jamais pensé ?

Ceux que l’on crucifiait, devaient porter leur croix jusqu’au lieu du supplice. Jésus en fut donc chargé ; mais les soldats ayant rencontré un homme, nommé Simon, qui revenait des champs, le contraignirent de porter la croix après Jésus. Pourquoi ? Je ne saurais vous le dire ; mais ne pensez-vous pas que c’était un grand honneur pour Simon ? Ah ! je suis sûr que s’il croyait en Jésus, il était tout heureux de faire cela pour Lui et d’être méprisé avec son cher Maître. Et c’est ainsi, mes amis, en souffrant le mépris pour christ, que le chrétien aujourd’hui encore est appelé à porter sa croix en suivant Jésus.

Ils arrivèrent ainsi au lieu appelé Golgotha ou le Calvaire, où l’on crucifiait les criminels. Les soldats avaient amené deux brigands pour être crucifiés avec Jésus. On commença par leur donner du vin mêlé avec du fiel pour les enivrer, afin qu’ils sentissent moins la douleur. Jésus y goûta bien, car un Psaume de David avait dit d’avance qu’on l’abreuverait de fiel, mais il refusa d’en boire. Ce précieux Sauveur voulait subir la douleur de la croix en ayant toute sa connaissance. Alors les soldats le prirent, et le Fils de Dieu fut cloué sur la croix et élevé de la terre entre les deux brigands, par la main même de ses créatures. À celui qui était vraiment Roi, on ne donna pour trône que la croix, la dernière place dans l’ignominie et la douleur.

Et ne se plaignait-il pas ? Non ; il était là comme un agneau qu’on immole. Ne disait-il rien à ceux qui le crucifiaient ? Non ; mais il s’adressait à Dieu son Père, et ce n’était pas pour demander la punition de ceux qui le traitaient ainsi, c’était pour demander leur pardon. «Père», disait-il, «pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font». Oh ! Quelle grâce !

Mais cela ne touchait pas ces cœurs endurcis. Les sacrificateurs, les scribes étaient venus le voir cloué sur la croix, et ils se moquaient de Lui. Ceux qui passaient l’injuriaient, les soldats se moquaient aussi de Lui, et jusqu’aux malheureux brigands crucifiés avec Lui, lui disaient des outrages. On avait mis au-dessus de sa tête un écriteau disant qu’il était le Roi des Juifs et on lui disait : «Si tu es le Roi d’Israël, le Fils de Dieu, descends donc de la croix !» Oh quelle méchanceté du cœur ! quel triomphe pour Satan ! mais aussi quel amour de la part de Jésus ! Il aurait bien pu descendre de la croix s’il l’eût voulu, mais alors comment nous aurait-il sauvés ? Il y resta pour tout accomplir.

Mais sur la croix même, tandis qu’il était abreuvé d’outrages, ce bon Sauveur montrait sa grâce. Un des brigands l’outrageait toujours. Alors l’autre se mit à le reprendre et à confesser son crime, et il dit à Jésus : «Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume». Il avait foi au Seigneur crucifié quand tout le monde le rejetait. Et Jésus lui dit : «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis». N’était-il pas heureux, mes amis, ce pauvre brigand dans les souffrances. Oh ! oui, infiniment heureux ! Et Jésus était heureux avec lui ; c’était sa consolation et sa récompense, car il était venu chercher et sauver ce qui était perdu. Mes amis, si vous mouriez aujourd’hui, seriez-vous avec Jésus dans le paradis ?

Et en même temps, ne pensant jamais à Lui-même, Jésus pouvait aussi s’occuper de sa mère. Elle était là près de la croix avec quelques femmes et l’apôtre Jean, que Jésus aimait particulièrement. Marie, en voyant son fils attaché à la croix, avait son cœur comme transpercé d’une épée, ainsi que le lui avait dit d’avance le pieux Siméon, quand il tenait dans ses bras le petit enfant Jésus et que le Saint Esprit lui faisait connaître ce qui arriverait à ce petit enfant. Mais Jésus console sa mère en la confiant au disciple qu’il aimait, pour qu’il lui tînt lieu de fils. Jean devait être bien heureux d’être revenu près de la croix pour voir et entendre encore une fois le Sauveur.

Après cela, mes amis, vint pour Jésus le moment le plus terrible. On l’avait crucifié à neuf heures du matin. À midi, tout à coup, le soleil s’obscurcit et des ténèbres profondes couvrirent tout le pays jusqu’à trois heures. Tous s’étaient éloignés de la croix et se tenaient à distance. Et, du sein de l’obscurité, on entendit Jésus s’écriant d’une forte voix : «Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ?» Pourquoi Jésus, qui n’avait fait aucun mal, était-il abandonné de Dieu ? Ah ! c’est qu’il n’était pas seulement l’homme parfait, l’homme obéissant jusqu’à la mort, mais sur la croix il s’offrait en sacrifice à Dieu pour ôter le pêché, il était fait pêché pour nous et il subissait le jugement de Dieu, il était abandonné. Dieu n’épargnait pas son propre fils. Chers amis, c’était pour que Dieu pût vous pardonner vos pêchés, pour que vous ne fussiez pas abandonnés de lui pendant l’éternité, mais que vous fussiez reçus dans le ciel ; voilà pourquoi Jésus était abandonné de Dieu. Ne vous a-t-il pas aimés d’un immense amour ?

Quand ces heures terribles furent passés, Jésus dit : «j’ai soif». Et quelqu’un courut chercher du vinaigre dont il imbiba une éponge et il la présenta à Jésus au bout d’un roseau. Alors Jésus dit : «C’est accompli». Qu’est-ce qui était accompli ? Tout ce que Dieu avait annoncé dès le commencement, tout ce qu’il voulait faire pour sauver de misérables pécheurs. Et comme tout était accompli, Jésus dit : «Mon Père, je remets mon esprit entre tes mains». Et il baissa la tête et expira. Il montrait par là, mes amis, qu’il mourait volontairement.

Tel fut l’homme sur la croix, telle fut sur la terre la fin de la vie de celui que nous avons vu un petit enfant dans la crèche à Bethléem.

Il n’y avait pas eu auparavant, mes amis, et il n’y aura jamais dans l’éternité un moment plus solennel que celui où Jésus expira. Aussi Dieu le fit bien voir, car à cet instant, le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent et des saints ressuscitèrent, mais ils ne sortirent de leurs tombeaux qu’après la résurrection de Jésus. Pourquoi le voile du temple se déchirait-il ? Pour montrer que les pécheurs purifiés de leurs péchés par la mort du Seigneur Jésus, pouvaient entrer en la présence de Dieu. Et si vous me demandez, mes amis, pourquoi à ce moment des morts ressuscitèrent, je vous répondrai que cela montrait que la mort de Jésus détruisait la puissance de la mort. N’est-ce pas bien merveilleux ? Les péchés de celui qui croit en Jésus sont effacés, il peut entrer sans crainte en la présence de Dieu et il ressuscitera un jour. Oh ! quel glorieux salut !

D’après la loi de Moïse, les corps des crucifiés ne devaient pas rester sur la croix jusqu’au lendemain. Les juifs demandèrent donc à Pilate de les faire ôter. Mais habituellement, les malheureux suppliciés n’étaient pas encore morts, de sorte que pour achever de les tuer, on leur rompait les jambes. C’est ce que l’on fit aux deux brigands. Mais en venant à Jésus, on s’aperçut qu’il était déjà mort. On ne lui rompit donc pas les jambes, mais un des soldats lui perça le côté d’un coup de lance, et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. L’apôtre Jean était présent et nous raconte qu’il l’a vu. Que voulaient dire ce sang et cette eau ? C’est le signe de notre salut parfait et éternel ; le sang expie le péché, l’eau purifie le pécheur. C’est le fruit de la mort de Jésus, et c’est pour chacun de ceux qui croient. Est-ce pour vous aussi, chers amis ? Oui si vous croyez en Jésus.

Voilà l’histoire de la croix. N’est-elle pas belle et précieuse ? C’est l’histoire de la méchanceté horrible de l’homme qui fait mourir le Fils de Dieu, mais c’est l’histoire de l’amour de Dieu qui, pour sauver l’homme si méchant, donne son Fils unique ; c’est l’histoire de l’amour de Jésus qui s’offre Lui-même pour que tous nos péchés soient effacés.

 

 

Jésus sur la croix.

 

Ah ! voyez sur la croix ce Sauveur débonnaire !

Ses membres sont cloués sur un infâme bois.

Les Juifs ont réussi. Conduits par l’adversaire,

Ils ont condamné Christ d’une commune voix.

 

Qu’il meure ! ainsi criait toute la multitude,

Qui se pressait pour voir injurier Jésus.

Qu’il meure ! Il s’est fait Christ ! Dans leur ingratitude

Ils disputent à qui l’outragera le plus !

 

Après avoir bandé les paupières divines

Du vrai roi d’Israël à leurs regards caché,

Ils le frappent disant : Voyons, si tu devines,

Lequel de nous, ô Christ, le premier t’a touché.

 

On le mène à Pilate : Ôte-le, crucifie !

Il s’est fait roi, dit-on ; il mérite la mort !

Ils rejettent ainsi le Prince de la vie :

Sur leur tête est son sang ! Oh quel terrible sort !

 

Le gouverneur enfin a livré la victime

À ce peuple insensé qui, d’un commun accord,

Préfère au Fils de Dieu, Barabbas dont le crime

Méritait justement la sentence de mort.

 

Les soldats insultant sa personne divine

Le revêtent de pourpre et placent un roseau

Dans ses mains ; puis tressant en couronne l’épine,

La mettent sur son front comme un sanglant bandeau.

 

C’en est fait : de la croix il a subi l’outrage ;

Entre deux malfaiteurs Jésus est attaché ;

Les principaux des Juifs ont assouvi leur rage,

L’homme coupable a mis le comble à son péché.

 

Muet comme un agneau, Jésus, dans la souffrance,

Porte sans murmurer l’opprobre et la douleur.

Abandonné de Dieu pour notre délivrance

Il finit dans la mort son immense labeur.

 

À la croix il remporte une pleine victoire

Sur la mort, sur Satan qui se croyait vainqueur,

Puis il sort de la tombe et, couronné de gloire,

Sur le trône du Père, il s’assied en Sauveur.

 

Où donc sont nos péchés qui pesaient sur sa tête,

Quand il cria : Mon Dieu, pourquoi m’as-tu laissé ?

Ils sont tous effacés par son œuvre parfaite ;

Ils sont dans le sépulcre où Christ a reposé.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

15                  Jésus dans le sépulcre.

 

Il y a déjà quelque temps, mes amis, que nous ne nous sommes entretenus du Seigneur Jésus. N’aimeriez-vous pas que nous parlions encore de Lui ? Mais, me direz-vous, nous avons vu que les méchants l’ont fait mourir sur la croix, son histoire n’est-telle pas finie ? Oh non. L’histoire des autres hommes finit avec leur vie sur la terre ; mais pour Jésus, il n’en est pas ainsi. D’ailleurs vous comprenez qu’on ne l’a pas laissé sur la croix ; et ne voudriez-vous pas savoir ce que l’on a fait de Lui après sa mort ?

Quand quelqu’un meurt dans nos pays, vous savez qu’on le place dans un cercueil, puis on le descend dans une fosse que l’on remplit de terre. Chez les Juifs on creusait pour les morts une chambre dans le rocher, et l’on y déposait le corps après l’avoir embaumé, c’est-à-dire, enveloppé de parfums et de linges. Chaque famille avait son sépulcre, mais on mettait les corps des criminels dans des sépulcres publics, et c’était un grand déshonneur.

Qu’arriverait-il du Seigneur Jésus qui avait été mis au rang des malfaiteurs ? Sa mère, les femmes qui l’avaient suivi, et Jean le seul des apôtres qui fût près de la croix, auraient bien désiré ensevelir honorablement Celui qu’ils aimaient, mais aucun d’eux n’auraient osé aller en demander la permission à Pilate, et puis dans quel sépulcre l’auraient-ils placé ?

Dieu pouvait-il permettre que le corps de son Fils bien-aimé, qui l’avait servi pendant toute sa vie et qui avait été obéissant jusqu’à la mort, fût mis avec ceux des brigands ? Non, cela ne se pouvait pas, et Dieu qui voyait l’impuissance des disciples prit lui-même soin de Jésus. Jésus avait toujours pris la dernière place sur la terre, et maintenant qu’il était mort, Dieu voulait l’honorer et lui donner une place avec les riches, comme il l’avait dit longtemps auparavant par un de ses prophètes.

Comment cela pouvait-il se faire ? Je vais vous le dire, mes amis. Il y avait alors parmi les principaux Juifs un homme riche et respecté, nommé Joseph. Il n’avait point pris part à la mort de Jésus, car c’était un homme de bien et juste ; il était même disciple du Seigneur, mais jusqu’alors il n’avait pas osé le dire, parce qu’il avait peur des Juifs. Ce jour là, quand Jésus était dans le plus grand abaissement, Dieu lui mit au coeur et lui donna le courage d’aller demander à Pilate le corps de Jésus pour l’ensevelir, et Pilate le lui accorda. C’est Dieu qui donne les bonnes pensées et au plus faible la force pour les suivre.

De plus, vous savez que dans les choses difficiles et pénibles on aime à avoir quelqu’un avec soi. Dieu le sait bien, aussi donna-t-il un compagnon à Joseph. C’était Nicodème, aussi l’un des principaux Juifs et docteur de la loi. Il était venu une fois la nuit vers Jésus pour s’entretenir avec Lui. Le Seigneur lui avait parlé de l’amour de Dieu, qui a donné son Fils pour que nous ayons la vie éternelle, il lui avait parlé aussi de la croix où Lui-même devait être élevé pour sauver les pécheurs. Nicodème avait cru le Seigneur, et plus tard, dans une occasion il avait pris ouvertement sa défense contre les autres pharisiens. Maintenant que ces méchants avaient réussi à faire mourir Jésus, il vint pour aider Joseph à accomplir son oeuvre d’amour envers leur cher Maître.

Oh ! combien ils devaient être affligés, mais heureux en même temps de pouvoir rendre au Seigneur les derniers devoirs. C’était un grand honneur que Dieu leur accordait. C’est par leurs mains qu’il prenait soin de son Fils, que les Juifs et les Romains avaient crucifié. Ils descendirent donc de la croix le corps de Jésus, l’enveloppèrent soigneusement de linges et de parfums, puis le portèrent dans un sépulcre neuf qui se trouvait dans un jardin près de là, et qui appartenait à Joseph. Et c’est ainsi que Jésus, qui avait voulu être pauvre durant toute sa vie, fut avec le riche dans sa mort, selon la parole de Dieu.

Joseph et Nicodème mirent une grande pierre devant 1’ouverture du sépulcre, pour que l’on ne pût y pénétrer, puis ils s’en allèrent parce que le jour du sabbat allait bientôt commencer, et qu’ils n’avaient pas le temps d’achever comme ils l’auraient voulu l’ensevelissement de leur précieux Maître.

Les pauvres femmes, qui aimaient le Seigneur Jésus et qui étaient restées près de la croix quand il y était attaché, avaient regardé de loin où l’on mettait son corps. Elles auraient bien voulu faire aussi quelque chose pour Lui ; mais il était trop tard ce jour-là ; elles partirent donc, se promettant bien de revenir et d’apporter aussi des parfums pour la sépulture du Seigneur. Vous voyez, mes amis, qu’au milieu de tant de méchants qui avaient voulu la mort de Jésus, et de tant d’indifférents qui ne se souciaient pas de Lui, il y avait quelques coeurs qui lui étaient bien attachés en dépit de tout. Il en est de même aujourd’hui ; la foule des hommes n’aime pas Jésus et ne se soucie pas de Lui : voulez-vous sortir de la foule et être de ceux qui l’aiment ?

Vous avez peut-être été étonnés de ce que je vous ai dit que le jour du sabbat allait commencer, et vous vous demandez si la mort du Seigneur eut lieu la nuit et s’il fut enseveli la nuit. Non, mes amis. Le Seigneur Jésus fut crucifié le vendredi matin à neuf heures. À midi, il y eut ces terribles ténèbres dont je vous ai parlé la dernière fois, et à trois heures, Jésus expira. Mais chez les Juifs le jour commençait à six heures du soir, et durait jusqu’au lendemain à six heures du soir. Le sabbat commençait donc le vendredi, trois heures après que le Seigneur fut mort, et vous voyez que Joseph et Nicodème eurent peu de temps pour arranger et placer son corps dans le sépulcre.

Vous savez que le jour du sabbat était le septième de la semaine, et que c’était le jour du repos que Dieu avait établi pour les Juifs. Il était absolument défendu par la loi de Dieu de faire aucune oeuvre en ce jour-là. Les femmes eurent donc juste le temps d’acheter et de préparer leurs aromates et leurs parfums, et une fois le sabbat commencé, le vendredi à six heures du soir, elles se reposèrent le reste du soir et toute la journée du samedi.

Tandis que les amis de Jésus s’occupaient ainsi de sa sépulture, — et c’était tout ce qu’ils pouvaient faire maintenant pour Lui, — il y avait d’autres personnes qui pensaient à Lui, mais d’une manière bien différente. Les méchants qui l’avaient fait mourir n’étaient pas tranquilles. Ils se souvenaient que Jésus avait dit qu’il ressusciterait le troisième jour après sa mort. Ils savaient bien ce que cela voulait dire, ils n’ignoraient pas que ressusciter, c’est revenir à la vie ; ils savaient bien quelles oeuvres de puissance Jésus avait faites, et ils se rappelaient sans doute particulièrement que Jésus avait ressuscité Lazare, un de ses amis, mort depuis quatre jours. Cela les inquiétait beaucoup. Ah ! l’on n’est jamais tranquille quand on a fait le mal. Ils vinrent donc trouver Pilate et lui dirent : «Nous nous souvenons que ce séducteur (c’est ainsi qu’ils nommaient le Seigneur, le Fils de Dieu) a dit qu’il ressusciterait après trois jours. Ordonne donc que son sépulcre soit bien gardé, de peur que ses disciples ne viennent enlever son corps et ne disent au peuple qu’il est ressuscité». Pilate leur dit : «Mettez-y une garde de soldats comme vous l’entendez». Ils placèrent donc une troupe de soldats romains devant le sépulcre et pour plus de sûreté, ils scellèrent la pierre, c’est-à-dire qu’ils prirent une courroie dont ils mirent un bout sur le roc dans lequel le sépulcre était creusé et l’autre sur la pierre qui en fermait l’entrée. Puis ils fixèrent ces bouts au moyen d’une sorte de cire et y posèrent leurs cachets. Ainsi on ne pouvait ôter la pierre, puis la remettre, sans qu’on s’en aperçut.

Ils s’en allèrent alors un peu tranquillisés. Ils pensaient, ayant ainsi solidement fermé le sépulcre, en avoir fini avec Jésus, que leur méchant coeur avait haï sans cause. Pauvres gens, n’y avait-il pas quelqu’un qu’ils oubliaient ? Oui, ils oubliaient Dieu et sa puissance pour laquelle il n’y a ni gardes, ni pierre si fortement scellée soit-elle. Ils oubliaient le Dieu vivant qui avait là son Fils bien-aimé et qui ne voulait pas le laisser sentir la corruption du sépulcre, mais qui allait l’en faire sortir en dépit de la puissance des hommes, de la mort et du diable. Jésus avait été mis à mort par un monde méchant, le sépulcre l’avait dérobé aux yeux des hommes, et le monde ne devait plus le voir avant son glorieux retour, quand il viendra pour le jugement des méchants ; mais Dieu le voyait, et bientôt ses disciples affligés allaient aussi le revoir.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

16                  L’Homme ressuscité d’entre les morts.

Tandis que Joseph et Nicodème descendaient de la croix et mettaient dans le sépulcre le corps du Seigneur, les femmes qui aimaient Jésus, regardaient de loin où on le mettait pour venir l’embaumer dès que le sabbat serait passé. Leur cœur avait été tout le temps occupé de leur cher Maître ; aussi, le premier jour de la semaine, de très grand matin, elles se rendirent au sépulcre avec leurs aromates.

Tout en marchant, elles étaient inquiètes. Elles ne savaient sans doute pas que l’on avait mis une garde au sépulcre, cela les aurait fort effrayées, mais elles avaient vu placer devant l’entrée une fort grosse pierre et elles se disaient : «Qui nous ôtera la pierre qui ferme le sépulcre ?»

Jugez de leur étonnement lorsqu’en approchant elles virent que la pierre avait déjà été roulée, et que le sépulcre était ouvert. Que s’était-il donc passé ? Quelqu’un était-il venu avant elles ? Oui, mes amis, quelqu’un était descendu dans le sépulcre. C’était Dieu lui-même, dans sa gloire et sa puissance, qui était venu délivrer des liens de la mort son Fils bien-aimé. Jésus était ressuscité et était entré dans une vie où la mort n’a plus de puissance.

Et la pierre, qui l’avait roulée ? Un grand tremblement de terre avait eu lieu, un ange du Seigneur, resplendissant de gloire, était descendu du ciel, avait ôté la pierre, et s’était assis dessus. C’est là ce que les femmes virent. Mais pourquoi l’ange était-il venu rouler la pierre ? Était-ce pour que Jésus ressuscité pût sortir ? Oh non, mes amis, Jésus ressuscité était déjà sorti ; il n’avait pas eu besoin qu’on lui ouvrît l’entrée du sépulcre. L’ange avait ôté la pierre pour montrer que le sépulcre était vide.

Vous représentez-vous quelle fut la terreur des gardes en sentant la terre trembler, et en voyant l’ange glorieux qui venait ouvrir la tombe ? La frayeur qui les saisit les rendit comme morts. Et les femmes eurent-elles aussi peur quand elles virent l’ange. Ah ! sans doute ; mais elles aimaient Jésus, et l’ange les rassura tout de suite en leur disant : «N’ayez pas peur. Vous cherchez Jésus le crucifié ; il n’est plus parmi les morts. Il est ressuscité et vous le verrez. Venez voir où était le Seigneur, et allez vite dire à ses disciples qu’il est ressuscité d’entre les morts».

Quelle joie, n’est-ce pas, pour ces pauvres femmes. Mais elles devaient avoir un plus grand bonheur encore, ainsi que vous allez le voir. Comme elles s’en retournaient avec un cœur tout heureux pour annoncer aux disciples ce qui était arrivé, voici que tout d’un coup elles voient devant elles Jésus qui leur dit : «Je vous salue». Elles furent d’abord saisies mais c’était bien leur cher Maître et ses paroles pleines de grâce ; et elles tombèrent à ses pieds et l’adorèrent. Le cœur de Jésus n’avait pas changé ; il aimait les siens autant qu’avant d’avoir passé par la mort, aussi les rassure-t-il en disant : «N’ayez pas de peur. Allez annoncer à mes frères qu’ils aillent en Galilée ; ils me verront là». Ses frères, vous le savez, c’étaient ses disciples. Oh ! mes amis Dieu ne veut pas que nous ayons de la crainte. Pourquoi a-t-on peur de Dieu ? C’est que l’on a péché et que l’on sait que Dieu est juste et doit punir le pécheur. Mais pourquoi Jésus est-il mort sur la croix ? Ah ! c’est pour ôter nos péchés. Et la preuve que nos péchés sont ôtés c’est que Jésus est ressuscité. Cela ne nous montre-t-il pas que Dieu nous aime. Avez-vous peur de quelqu’un qui vous aime ? Non, n’est-ce pas ? Eh bien, Dieu veut que vous sachiez qu’il vous aime tellement qu’il a donné son Fils bien aimé pour vous sauver, et, du haut du ciel, Jésus ressuscité vous dit aussi : «Mon enfant, n’aie pas peur, mon Père t’aime». Ah ! si vous croyez que Dieu vous aime, vous n’aurez point de crainte.

Après avoir vu Jésus, les femmes allèrent raconter aux apôtres tout ce qui leur était arrivé, mais, chose triste à dire, ils ne voulurent d’abord pas les croire. Pensez-vous qu’ils étaient heureux en ne croyant pas ? Non, l’on n’est heureux qu’en croyant ce que Dieu nous dit.

Mais il y avait une personne qui vit Jésus avant ces femmes dont je viens de vous parler. Je vais vous raconter son histoire. Elle se nommait Marie, et était surnommée Magdeleine, parce qu’elle était de la ville de Magdala. Elle avait été bien malade et bien malheureuse car elle était possédée de sept démons. Mais Jésus l’avait délivrée de ce terrible état, et son cœur s’était attaché à son Sauveur, et elle l’avait suivi partout. Elle était aussi près de la croix quand il expira. Ce fut elle qui arriva la première près du sépulcre, et, le voyant ouvert, vite, elle vint avertir Pierre et Jean. Aussitôt ceux-ci coururent au sépulcre qu’ils trouvèrent vide. Mais ils ne virent pas le Seigneur et retournèrent chez eux.

Cela ne satisfaisait pas Marie. Elle ne pouvait se résoudre à quitter le sépulcre sans avoir trouvé le corps de son cher maître, car elle ne savait pas qu’il était vivant. Dans sa détresse elle pleurait. Et en pleurant elle se baissa pour regarder dans le sépulcre. Elle pensait peut-être que Pierre et Jean avaient mal regardé et que Jésus était là. Mais non, il n’y était pas ; seulement à la place où il avait été couché, Marie vit deux anges qui lui demandèrent pourquoi elle pleurait. «Ah ! dit Marie, on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a mis». Elle ne pensait pas que Jésus était près d’elle en ce moment même. En se retournant, elle vit quelqu’un. C’était le Seigneur lui-même, mais elle ne le reconnut pas. Alors Jésus l’appela par son nom, et le cœur de Marie fut remué ; elle reconnut la voix de son Seigneur. Le bon Berger appelle ses propres brebis par leur nom et elles entendent sa voix et le suivent. Chers amis, connaissez-vous cette douce voix de Jésus qui vous appelle par votre nom et vous dit : «Marie ou Louise, ou Paul ou Albert, viens à moi, suis-moi pour que je te rende heureux ?»

Êtes-vous venus à Lui ?

Marie fut bien heureuse quand elle vit le Seigneur. Elle avait bien plus qu’elle ne cherchait ; au lieu de trouver Jésus parmi les morts, elle le trouvait vivant. Quand nous venons à Dieu, il nous donne toujours beaucoup plus que nous ne pensons. Il se plaît à remplir nos cœurs de joie déjà sur la terre, et bientôt, mes amis, nous verrons dans le ciel, couronné de gloire, le même Jésus que vit Marie et nous serons toujours avec Lui.

Le Seigneur reconnaît ceux qui sont fidèles et il les honore. Il chargea Marie d’un message pour ses disciples : «Va vers mes frères, lui dit-il, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu». Qui est-ce que Jésus appelle ainsi ses frères ? Ce sont ces pauvres disciples, dont l’un l’a renié et qui tous l’ont abandonné. Mais Jésus les avait aimés jusqu’à la croix, il les aimait encore, et ce message leur montrait son grand amour. Malgré leur faiblesse et leur péché, il leur donne une place avec Lui auprès de Dieu son Père comme des enfants bien-aimés. Il veut qu’ils sachent cela avant que Lui ne retourne au ciel, afin qu’ils soient bien assurés qu’ils ont le même Père que Lui et que Dieu les aime comme il l’aime lui-même.

Mes chers amis, Jésus est mort et ressuscité pour vous aussi, afin qu’en croyant en Lui, vous soyez aussi des enfants de Dieu et que vous ayez place auprès de Lui dans la maison du Père. Le voulez-vous ?

Pendant ces scènes bénies où un homme ressuscité, le Seigneur, apparaissait à ses amis, que faisaient les gardes. Revenus de leur frayeur, ils coururent à la ville et rapportèrent aux sacrificateurs ce qui était arrivé. N’étaient-ils donc pas convertis ? Non, mes amis. Ce qui convertit, ce ne sont pas les miracles, mais la parole de Dieu reçue dans le cœur. Voyez ces méchants sacrificateurs. Ils ont la certitude que Jésus est ressuscité, mais leur cœur endurci refuse de croire. Ils donnent de l’argent aux gardes pour dire que les disciples sont venus durant la nuit prendre le corps de Jésus, et les gardes, qui savent très bien le contraire, consentent à dire ce mensonge. Voilà le pauvre méchant cœur de l’homme.

Mais tout cela n’empêchait pas Jésus d’être ressuscité. Chose merveilleuse, n’est-ce pas ? Il y eut sur notre terre durant quarante jours un homme ressuscité d’entre les morts. Mais, direz-vous, Lazare et d’autres ressuscités ont vécu peut-être plus longtemps sur la terre. Oui, mes amis, mais ils vécurent de la même vie que nous, et elle se termina par la mort, tandis que Jésus était sur la terre vivant d’une vie que la mort ne pouvait toucher, de la vie qu’il a maintenant dans le ciel. Nous verrons une autre fois ce qu’il fit durant ces quarante jours.

 

Bonne Nouvelle 1882

 

17                  L’Homme ressuscité sur la terre.

 

Jésus ressuscité ne monta pas tout de suite au ciel auprès de Dieu son Père. Il resta quarante jours sur la terre. Mais il ne se montra point à ceux qui l’avaient crucifié ; ses disciples seuls le virent. Toutefois il ne vécut plus avec eux, comme il le faisait avant sa mort. Il venait les voir de temps en temps pour les bien assurer qu’il était vivant, Lui, le même Jésus qu’ils avaient connu, et c’était aussi pour continuer à les instruire et leur communiquer des dons précieux pour leurs âmes. Je veux, mes amis, vous raconter quelques-unes de ces entrevues de Jésus avec ceux qu’il aimait.

Nous savons qu’après s’être montré à Marie Magdeleine et aux femmes, il apparut aussi à Pierre, mais nous ne savons pas ce qu’il lui dit. Mais dans l’après-midi du jour de la résurrection, deux des disciples s’en allaient à un village nommé Émmaüs. Ils n’avaient pas entendu le message de Marie, ni le récit des femmes qui avaient vu Jésus ; ils savaient seulement qu’on avait trouvé le sépulcre vide, et ils n’avaient pas encore cru que Jésus était ressuscité. Ils cheminaient donc tout tristes, en s’entretenant ensemble de ce qui était arrivé. Tandis qu’ils causaient ainsi, un étranger vint se joindre à eux. C’était Jésus, mais ils ne le reconnurent pas. «Pourquoi êtes-vous tristes ?» leur demanda le Seigneur.

Et ils lui racontèrent que c’était parce que Jésus de Nazareth avait été crucifié, et qu’ils avaient espéré que Lui serait le Libérateur d’Israël. Ils dirent bien aussi qu’on avait trouvé son sépulcre vide, mais que personne n’avait vu Jésus.

Alors Jésus leur reprocha d’être si lents à croire ce que les prophètes avaient dit. Et il se mit à leur expliquer ce que toutes les Écritures disaient de Lui. Les disciples écoutaient de tout leur cœur, et à mesure que Jésus parlait, ils sentaient leur âme s’émouvoir et comme brûler d’amour. C’est si doux d’entendre parler de quelqu’un que l’on aime. Arrivés à Émmaüs, ils pressèrent Jésus de rester avec eux. Ils auraient toujours voulu l’entendre. Jésus consentit à entrer. Et comme ils s’étaient mis à table pour prendre leur repas, Jésus prit le pain, le bénit et le rompit, comme il avait fait quand il nourrit les cinq mille hommes. Alors leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent, et ils comprirent pourquoi leur cœur avait été si ému en l’entendant. Mais Jésus, à ce moment, disparut.

Que faire ? Pouvaient-ils garder pour eux seuls cette heureuse nouvelle ? Non ; sans penser au long chemin qu’ils avaient déjà fait, sans dire : Nous sommes bien fatigués, attendons à demain, — vite ils se lèvent et retournent à Jérusalem pour annoncer aux apôtres ce qui leur était arrivé. Mes amis, le cœur ne calcule pas.

Les apôtres étaient assemblés. Jésus était déjà apparu à Pierre, et voilà que les deux disciples arrivent, et disent aussi que Jésus est ressuscité. Vous pouvez penser comme cela devait occuper ceux qui n’avaient pas vu le Seigneur. Ils n’étaient cependant pas encore bien sûrs de ce que leur disaient Pierre, les femmes et les deux disciples. Tandis qu’ils étaient ainsi à s’entretenir de ces choses, les portes étant bien fermées, parce qu’ils avaient peur des Juifs, Jésus se trouva au milieu d’eux. «Paix vous soit !» leur dit-il. Mais ils furent remplis de crainte et ne crurent pas encore, s’imaginant, dans leur folie, voir un fantôme, comme si Dieu aurait voulu les tromper. Alors Jésus leur dit : «Venez, touchez-moi. Voyez mes mains et mon côté». Et pour les assurer encore plus fortement que c’était lui-même, il mangea devant eux. Alors ils crurent enfin et furent remplis de joie. Mes amis, croire Dieu est la source de la joie.

Jésus leur dit alors une seconde fois : «Paix vous soit !» Maintenant ils avaient cette paix dans leur cœur, ils ne pouvaient plus être troublés, puisque Jésus, leur cher Maître, était vivant. Croyez-vous que Jésus est vivant après être mort pour vos péchés ? Alors, chers amis, vous ne devez plus avoir de crainte.

Dans cette première entrevue avec les apôtres, Jésus leur donna plusieurs choses, non pas de celles que le monde donne, mais de bien plus précieuses. D’abord il souffla en eux l’Esprit Saint, pour leur communiquer sa propre vie. Puis il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprissent les Écritures, et enfin il les envoya dans le monde, comme lui-même y avait été envoyé par son Père, pour prêcher l’évangile à tous, Juifs et païens. Mais il leur dit d’attendre à Jérusalem que le Saint Esprit descendît du ciel sur eux. Mes amis, si vous croyez au Seigneur Jésus, vous êtes sauvés, mais de plus vous avez, tout comme les apôtres, la vie de Christ en vous, car c’est la seule qui plaise à Dieu et dont on puisse vivre au ciel.

Tous les apôtres n’étaient pas là ce soir du jour de la résurrection de Jésus. Thomas se trouvait absent. Quand il revint, les autres tout joyeux, lui dirent : «Thomas, nous avons vu le Seigneur». Ah ! dit Thomas : «À moins que je ne voie la marque des clous en ses mains, et que je mette mon doigt dans les marques des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne croirai pas». Quelle incrédulité ! Les apôtres auraient pu être bien fâchés, mais n’avaient-ils pas fait comme lui ? Mais le Seigneur est plein de grâce et de patience, il ne se lasse pas. Huit jours après (c’était le premier jour de la semaine), comme tous étaient encore rassemblés et Thomas avec eux, Jésus vint encore et leur dit : «Paix vous soit !» Il n’était pas là quand Thomas avait parlé, mais il savait tout, et il dit à Thomas de voir ses mains et de toucher son côté. Alors Thomas crut. Mais le Seigneur déclara bienheureux ceux qui croiraient sans avoir vu. Vous ne pouvez pas voir Jésus qui est dans le ciel, mais vous pouvez être bienheureux en croyant ce que la parole de Dieu vous dit de Lui et de son grand amour ; et si vous croyez maintenant, vous le verrez un jour là où il est.

Jésus avait fait dire par les femmes auxquelles il était d’abord apparu, que les disciples devaient aller en Galilée, et qu’il les verrait là. Pourquoi ? Parce que c’était en Galilée qu’il les avait d’abord connus et appelés à Lui. Les disciples y allèrent donc, et en attendant de voir Jésus, ils reprirent leurs occupations. Vous vous rappelez que plusieurs étaient des pêcheurs. Un soir, ils se trouvèrent sept réunis sur le bord du lac. Parmi eux, étaient Pierre et Jean. Pierre leur dit : «Je m’en vais pêcher», et tous allèrent avec lui, mais de toute la nuit, ils ne purent rien prendre. Le matin venu, étant dans leur nacelle, à quelque distance de la rive, ils virent sur le rivage quelqu’un qui leur demanda : «Enfants, avez-vous quelque chose à manger ?». «Non», dirent-ils. C’était Jésus qui leur parlait, mais ils ne le savaient pas. «Jetez le filet du côté droit de la nacelle», dit-il. Ils le firent et prirent une quantité de gros poissons. Alors Jean reconnut le Seigneur et le dit à Pierre, qui se jeta vite dans l’eau pour être plus promptement auprès de son cher Maître. Quand tous furent arrivés à terre, ils trouvèrent un repas préparé par le Seigneur, qui les invita à venir manger et les servit lui-même. Quelle grâce, n’est-ce pas, mes amis. Et Jésus a dit qu’il servirait aussi les siens quand ils seraient avec Lui dans le ciel. N’aimerez-vous pas vous y trouver ?

Après le repas, le Seigneur demanda à Pierre trois fois de suite : Pierre, m’aimes-tu ? Et même la première fois, il lui dit : M’aimes-tu plus que ne font ceux-ci ? Oh ! comme Pierre devait se rappeler cette triste nuit où, trois fois aussi, il avait dit qu’il ne connaissait pas Jésus après s’être vanté d’être prêt à mourir pour Lui. Pierre aimait Jésus ; il ne pouvait pas dire le contraire ; mais, quand il avait renié Jésus, il avait agi comme s’il ne l’avait pas aimé, et ce souvenir l’attristait beaucoup. Ah ! mes amis, nous sommes d’autant plus affligés d’avoir péché, que nous connaissons mieux l’amour de Jésus. Pierre n’osait plus avoir confiance en lui-même, il n’osait plus se comparer aux autres, mais il pouvait se confier en Jésus, et c’est pourquoi il lui répondit simplement : «Seigneur, tu sais que je t’aime». Le Seigneur Jésus connaissait en effet l’affection de Pierre, et pour lui montrer que son affreux péché était pardonné et combien Lui, Jésus, l’aimait, il lui confia le soin de paître ses brebis et ses agneaux. Êtes-vous des agneaux de Jésus ? Pierre ne peut plus vous paître, c’est-à-dire vous nourrir en vous parlant de bouche, car il est mort depuis longtemps, mais il a écrit deux lettres, et dans l’une il dit : «J’aurai soin qu’après mon départ, vous puissiez en tout temps vous rappeler ces choses». Quelles choses ? Celles qui se rapportent à Christ, le Seigneur, et dont Pierre parle avec amour dans ces lettres que vous pouvez lire et comprendre, mes amis, et ainsi votre âme sera nourrie.

Jésus annonça aussi à Pierre un grand honneur. C’est que, comme autrefois il avait voulu mourir pour Lui, mais qu’au lieu de cela il l’avait renié, maintenant il mourrait en effet pour Jésus quand il serait devenu vieux. Cela ne devait-il pas effrayer Pierre ? Non, il aimait vraiment le Seigneur, et celui qui aime Jésus est heureux de donner sa vie pour Lui.

Pierre aurait bien voulu savoir ce qui arriverait à Jean, son ami, et il le demanda au Seigneur. Mais Jésus ne lui répondit pas autre chose que ceci : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe». Chacun des apôtres avait son service particulier. Jean resta sur la terre beaucoup plus longtemps que les autres, et le Seigneur lui fit écrire un livre appelé l’Apocalypse ou Révélation, qui nous parle des derniers temps, de la venue glorieuse de Christ, et de ce qui arrivera, jusqu’à la fin du monde.

L’apôtre Paul nous rapporte dans une de ses lettres que cinq cents disciples étant une fois réunis, Jésus se montra à eux, mais nous ne savons pas où ce fut, ni ce qu’il leur dit. Mais il y avait eu assez de témoins pour que tous fussent assurés qu’un homme ressuscité d’entre les morts, Jésus qui avait été sur la croix, avait vécu sur la terre de cette vie de résurrection qui est au delà du péché, du jugement, de la mort et de la puissance de Satan. Chers amis, si vous appartenez au Seigneur Jésus vous avez déjà sur la terre, cette même vie, car il est dit du chrétien qu’il a été ressuscité avec le Christ, et bientôt vos corps aussi seront rendus semblables à celui du Seigneur Jésus, afin que vous puissiez habiter dans le ciel.

Une autre fois, si Dieu le permet, je vous parlerai de la dernière entrevue de Jésus avec les siens, et nous verrons où il est allé et où il se trouve maintenant.

 

 

Bonne Nouvelle 1883

 

18                  L’Homme ressuscité montant au ciel.

 

Après que Jésus fut resté quarante jours avec ses bien-aimés disciples depuis sa résurrection, et qu’il leur eut encore donné bien des instructions et des enseignements, le moment vint où il dut les quitter pour retourner auprès de son Père. Vous vous rappelez qu’il leur avait dit d’aller en Galilée, où ils devaient le voir, et qu’il les avait rencontrés au bord du lac de Génézareth, où il avait surtout parlé avec Pierre. Mais il les vit aussi sur une montagne, où il leur avait ordonné de se rendre. Là il leur dit que toute autorité lui avait été donnée dans le ciel et sur la terre, qu’ils devaient proclamer cela parmi toutes les nations, en leur enseignant à garder tout ce qu’il avait commandé. Et comme les disciples auraient pu être effrayés d’aller ainsi au milieu d’un monde si méchant, il leur promit d’être avec eux jusqu’à la fin. Quelle précieuse consolation, ô mes amis, de savoir que, bien que nos yeux ne puissent le voir, Jésus, à qui appartient toute puissance au ciel et sur la terre, est toujours avec les siens !

Mais la dernière entrevue de Jésus avec ses disciples n’eut pas lieu en Galilée ; ce fut à Jérusalem. Les disciples croyaient toujours que leur Maître allait établir son royaume à Jérusalem, et qu’ils régneraient avec Lui. Ils pensaient que, maintenant qu’Il était ressuscité, nulle puissance humaine ne pourrait Lui résister, et ils lui demandèrent si ce serait bientôt. Pauvres disciples, ils ne comprenaient pas qu’il y a une gloire bien au-dessus de celle de tous les rois de la terre, la gloire du ciel, où devait entrer Jésus, l’Homme que le monde avait rejeté, méprisé et cloué à la croix. Et vous, mes amis quelle gloire pensez-vous la plus excellente, et laquelle voudriez-vous posséder ?

Et puis, dans la pensée et dans le cœur de Dieu, il y avait, non seulement pour les Juifs, mais pour toutes les nations, des biens beaucoup plus précieux que ceux d’un royaume terrestre. Savez-vous lesquels, mes amis ? Ce sont les biens célestes, la paix de Dieu, la vie éternelle, l’entrée dans la maison du Père, la jouissance des richesses de la grâce et de l’amour de Dieu durant l’éternité. Pour que ces biens-là pussent être donnés aux pauvres pécheurs, il fallait que Jésus quittât cette terre et allât auprès de Dieu, dans le ciel, d’où il les a répandus.

Mais les apôtres ne pouvaient pas comprendre cela. Pourquoi ? Parce que le Saint Esprit n’était pas encore venu leur faire connaître les choses célestes. Est-il venu maintenant ? Oui, mes amis ; c’est Lui qui révèle ces choses par la parole de Dieu, et qui vous presse de croire au Seigneur Jésus pour que vous soyez sauvés. Alors vous vous réjouirez d’une joie ineffable, car vous posséderez les trésors du ciel, la paix dans l’amour du Père, dont vous serez les heureux enfants. Voulez-vous ces trésors ?

 

Être un enfant de Dieu,

Avoir en ce bas lieu

Le ciel pour son partage !

Quel bonheur, quelle paix,

De jouir à jamais

Du divin héritage !

 

Le Seigneur Jésus dit donc à ses apôtres de rester à Jérusalem et d’y attendre tranquillement qu’il eût envoyé le Saint Esprit, qu’il leur avait promis, et qu’alors ils seraient capables de prêcher à toutes les nations l’évangile, la bonne nouvelle de la rémission des péchés. Pourquoi les apôtres avaient-ils besoin pour cela du Saint Esprit ? Parce que le Saint Esprit seul pouvait les instruire et les remplir de force et de courage au milieu d’un monde méchant. Et il en est de même maintenant, mes amis. Nous avons la parole de Dieu pour nous instruire, mais c’est le Saint Esprit qui nous la fait comprendre et qui donne la force pour la mettre en pratique. Or, rappelez-vous bien ceci, chers amis, le Saint Esprit est là ; Jésus l’a envoyé du ciel, et il est en chacun de ceux — même les enfants — qui croient au Seigneur Jésus.

Après cette dernière recommandation, Jésus emmena ses disciples hors de la ville, sur la montagne des Oliviers, près de la petite ville de Béthanie, où demeuraient ses amis Lazare, Marthe et Marie. Alors il éleva les mains vers le ciel et il les bénit. Tandis qu’il les bénissait, il fut séparé d’eux et monta vers le ciel. Ils le regardaient s’en aller, mais bientôt une nuée — signe de la gloire de Dieu — le reçut, et il disparut de devant leurs yeux. Ils restaient là, ne pouvant détacher leurs regards du ciel, où leur cher maître était, lorsque deux anges se trouvèrent près d’eux et leur dirent : «Jésus, que vous avez vu monter au ciel, en reviendra de la même manière». Alors les apôtres adorèrent Jésus et s’en retournèrent à Jérusalem.

N’avaient-ils pas le cœur bien triste, maintenant que Jésus était décidément parti ? Non, mes amis ; ils étaient remplis de joie, et louaient et bénissaient Dieu. Cela vous étonne peut-être. Ah ! c’est qu’ils conservaient dans leur âme l’image de leur Maître bien-aimé les bénissant ; c’est qu’ils voyaient bien maintenant que Dieu le glorifiait en le faisant monter auprès de Lui ; c’est qu’ils étaient sûrs que dans ciel il pensait encore à eux, qu’il ne cessait pas de les aimer et qu’il leur enverrait le Saint Esprit promis ; c’est enfin qu’ils avaient l’espérance de le revoir bientôt, puisque les anges et Lui-même avaient dit qu’il reviendrait. On a le cœur joyeux quand on peut voir Jésus dans le ciel, nous aimant et se préparant à venir nous prendre avec Lui. Connaissez-vous cette joie, mes amis ?

Le ciel renferme encore ce précieux Sauveur. Une autre fois, s’il plaît à Dieu, nous verrons ce qu’il est et ce qu’il fait là pour nous. Il va revenir. Serez-vous heureux de le voir ?

 

 

 

Plein de puissance

Au ciel monté,

Ceint d’excellence,

De majesté,

Jésus de gloire

Environné,

Pour sa victoire

Est couronné.

Il va descendre,

De ces hauts cieux,

Pour venir prendre

Dans les saints lieux,

Tous ceux qu’il aime,

Qu’il a sauvés,

Qu’en son sang même

Il a lavés.

 

 

Joie infinie,

Bonheur sans fin,

Quand réunie,

Sauveur divin !

L’Église heureuse

T’adorera,

Et glorieuse

T’exaltera.

 

 

Bonne Nouvelle 1883

 

19                  L’Homme dans la gloire.

 

 

Vous vous souvenez, mes amis, que le Seigneur Jésus, ayant conduit ses apôtres sur la montagne des Oliviers, fut élevé de la terre pendant qu’il les bénissait. Leurs yeux le suivirent jusqu’à ce qu’il disparut enveloppé par une nuée.

Où alla-t-il ? Au ciel, me direz-vous. Oui mes amis, et n’est-ce pas une chose merveilleuse que celle-ci : Il y a maintenant dans le ciel un homme qui a vécu sur la terre comme nous, qui y a été petit enfant, qui y a souffert, qui y est mort. On pense bien que Dieu est dans le ciel, c’est sa demeure ; que Jésus y est comme Fils de Dieu, que les anges y sont, mais qu’il y ait dans le ciel un homme, qui est le Fils de Dieu, c’est vrai, mais qui est là comme homme, voilà une chose vraiment merveilleuse.

Mais comment est-il dans le ciel et qu’y fait-il ? N’aimeriez-vous pas le savoir ? Sans doute, mais qui nous le dira ? Personne n’est monté au ciel pour revenir ensuite nous le dire. C’est vrai ; mais quelqu’un est venu du ciel pour nous faire connaître ce qui concerne le Seigneur Jésus là-haut.

Quelle est donc cette personne ? est-elle encore sur la terre ? est-ce que nous pouvons la voir ? Elle est sur la terre, mes amis, mais nous ne pouvons pas la voir comme on voyait le Seigneur Jésus. C’est le Saint Esprit que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas, et qui a été envoyé du ciel par le Seigneur Jésus pour habiter dans les croyants et dans l’Église.

Le Seigneur Jésus était venu du sein du Père pour nous le faire connaître, sans cela, comme personne ne vit jamais Dieu, nous n’aurions pas pu savoir combien il nous aime. De même le Saint Esprit est venu nous faire connaître ce qu’est et ce que fait Christ dans le ciel.

Mais, me direz-vous, est-ce que le Saint Esprit nous parle et pouvons-nous l’entendre ? Certainement, mes chers amis, et je vais vous dire de quelle manière. Le Saint Esprit a enseigné les apôtres qui ont écrit le Nouveau Testament, les Évangiles, les Actes, les Épîtres et l’Apocalypse. Il leur a rappelé tout ce que Jésus avait fait et dit sur la terre, et il leur a annoncé ce qu’est Jésus dans le ciel, ce qu’il y fait, et les choses qui sont encore à venir. Comme Jésus le leur avait promis, le Saint Esprit les a conduits dans toute la vérité, et, dans leurs écrits, il nous fait connaître les choses célestes. Mais pour les comprendre, il faut que ce même Esprit les explique à nos coeurs et alors nous voyons ce qu’est le Seigneur Jésus là-haut, ce qu’il y fait, et nos coeurs sont remplis de joie. Et pour cela, mes chers amis, écoutez attentivement ce que le Saint Esprit vous dit, par la parole de Dieu et par le moyen des serviteurs de Jésus. Toutes les fois qu’on vous parle de Celui qui vous a tant aimés, le Saint Esprit est là qui vous presse de le recevoir dans vos coeurs. Voudriez-vous lui fermer l’oreille ? Ah ! si vous l’écoutez, il vous parlera de Jésus dans le ciel, et ne le désirez-vous pas ?

 

Dans le désert, pendant la route,

Fermant l’oreille à tout vain bruit,

Oh ! que mon coeur toujours écoute

La douce voix de ton Esprit.

 

Eh bien, mes amis, la première chose que nous apprenons, c’est que Jésus est entré dans les lieux saints, où nul homme n’était entré et ne pouvait entrer, dans la présence glorieuse du Dieu saint et juste, devant Sa Majesté, dans la maison du Père aussi. Là, Dieu l’a reçu, l’a couronné de gloire et d’honneur, et l’a fait asseoir à sa droite. Oui, Jésus est assis sur le trône de son Père ; le trône de la Majesté divine. C’est là que le Saint-Esprit nous le montre. Ah ! il le méritait bien, n’est-ce pas ? Lui, le Fils bien-aimé de Dieu, qui avait traversé la terre, toujours soumis, doux et patient, obéissant jusqu’à la mort. Il avait eu ici-bas pour trône la croix, et pour couronne des épines ; il avait été abreuvé de honte et de souffrances, mais maintenant nous le voyons sur le trône de Dieu dans la paix, la joie et la lumière divines, le front ceint d’une couronne de gloire. Oh ! qu’il est beau de le voir là ; c’est par la foi maintenant, mais bientôt ce sera de nos yeux :

 

Au milieu du trône

Nos yeux le verront.

Aucune couronne

Ne manque à son front.

 

Ensuite le Saint Esprit nous apprend que Dieu a placé le Seigneur Jésus au-dessus de toutes les choses qui existent, lui a donné autorité sur tout, a tout mis sous ses pieds et lui a donné un nom au-dessus de tout nom. Sur la terre, dès son enfance, il fut persécuté ; il n’avait pas un lieu où reposer sa tête ; il était le méprisé, le rejeté des hommes, mais maintenant la gloire est son partage, le ciel, sa demeure, et toutes choses lui sont assujetties. Il est le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, bien que tous ne reconnaissent pas encore son autorité, et le temps vient où tout genou des êtres célestes, terrestres et infernaux, se ploiera, et où toute langue confessera que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Voilà, mes amis, la gloire suprême où se trouve maintenant Jésus. Rien n’est plus grand que Lui aux yeux de Dieu, rien n’est plus précieux pour son coeur que son Fils bien-aimé. Et vous, n’êtes-vous pas réjouis de voir Jésus dans cette place d’honneur ? Il disait à ses disciples : «Si vous m’aviez aimé, vous vous seriez réjouis de ce que je m’en vais au Père». Et en effet quand nous aimons vraiment quelqu’un, nous sommes bien aises de le voir heureux et honoré.

N’avez-vous jamais pensé : Oh que j’aimerais voir ce qu’il y a dans le ciel ? Que ce doit être beau ! Eh bien ouvrez les yeux de votre coeur et le Saint Esprit vous montrera, en effet, dans le ciel ce qu’il y a de plus beau, puisque c’est ce qui fait la gloire de Dieu : vous verrez dans le ciel Jésus et Jésus qui vous a aimés et qui vous aime, mes chers amis.

Vous rappelez-vous l’histoire d’Étienne ? Il était devant ses ennemis qui frémissaient de rage et grinçaient les dents contre lui. Mais lui, au milieu de toute leur haine, pensait à Jésus. Et comme il levait les yeux au ciel, le Saint Esprit dont il était rempli, lui montra la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Il dit : «Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu». La vue de cette gloire remplissait le coeur d’Étienne. Ses ennemis se jetèrent sur lui avec de grands cris, le poussèrent hors de la ville et l’accablèrent de pierres pour le faire mourir. Mais Étienne voyait toujours Jésus dans le ciel ; son coeur était rempli de son amour, il mourut priant pour ceux qui le tuaient, et remettant son esprit entre les mains de Jésus. Voilà mes amis, ce que produit dans le coeur, par le Saint Esprit, la vue de Jésus dans le ciel. On est heureux même dans les souffrances, on est capable de confesser Jésus, et on est transformé à la ressemblance de Jésus. N’aimeriez-vous pas ressembler à Jésus ? Eh bien, c’est en le contemplant dans le ciel que l’on est ainsi changé.

Une autre fois, nous parlerons encore de ce précieux Sauveur dans le ciel, et nous verrons ce qu’il fait là pour nous.

 

Bonne Nouvelle 1883

 

20                  L’Homme dans la gloire. (suite)

 

Nous avons vu, mes amis, que maintenant, dans la gloire du ciel, il y a un Homme assis à la droite de Dieu, couronné d’honneur, ayant toutes choses sous ses pieds. Et cet homme est le même qui a été sur la croix, Jésus le Sauveur.

Mais environné de cette gloire, adoré par les anges, pense-t-il à nous ? Ah oui, béni soit son nom ! Il est le même Jésus qui aimait les siens sur la terre, qui les aime maintenant et qui ne cessera de les aimer. Dans le monde, quand quelqu’un devient riche et puissant, il oublie souvent ses amis pauvres. Vous rappelez-vous l’échanson du Pharaon, auquel Joseph expliqua ses songes ? Une fois hors de la prison et rétabli dans la faveur du roi, il ne se souvint plus du pauvre Joseph. Mais il n’en est pas ainsi du Seigneur Jésus. Il n’oublie aucun de ceux qui lui appartiennent, qu’il a rachetés par son sang, et qui sont encore ici-bas. Il s’occupe constamment d’eux dans le ciel. Même des enfants, direz-vous ? Certainement, même des enfants qu’il aimait quand il était ici-bas.

Mais comment Jésus s’occupe-t-il de nous dans ciel ? Eh bien, mes amis, en premier lieu, il paraît pour nous devant la face de Dieu. Comment pourrions-nous paraître devant la face du Dieu saint ? Impossible ; mais quelqu’un y paraît pour nous, revêtu de sainteté et de justice ; c’est Celui qui a ôté tous nos péchés, qui a subi le jugement à notre place. Oh ! quel parfait et précieux et glorieux représentant nous avons là ! Il paraît devant la face de Dieu pour nous, avec tout l’amour qu’il nous porte dans son coeur, et il est là le Fils bien-aimé de Dieu. Si vous appartenez à Jésus, les yeux de Dieu trop purs pour voir le mal, ne tombent pas sur vous, mais sur son Fils bien-aimé, qui a pleinement accompli l’oeuvre de la rédemption et qui est devant Lui pour vous. Dieu vous voit, pour ainsi dire, à travers toute l’excellence de Jésus et de son oeuvre sur la croix. Et il est là constamment pour nous, «à perpétuité», nous dit Dieu. N’est-on pas bien en sûreté quand on sait et croit cela ?

Nous pouvons regarder en arrière, et nous voyons Jésus sur la croix devant Dieu, portant à notre place le jugement contre le péché, et si nous regardons en haut, nous voyons encore Jésus devant Dieu pour nous. Oh ! que ce précieux Sauveur remplisse nos pensées et nos coeurs.

Que fait encore le Seigneur Jésus dans le ciel ? Il y est notre grand souverain sacrificateur. Est-ce pour offrir des sacrifices ? Non, sur la croix il s’est offert une fois pour toutes en sacrifice pour nos péchés ; il a été la victime sainte, pure, sans tache : l’Agneau de Dieu. Dans le ciel, il est notre souverain sacrificateur ; comme tel il sympathise avec nous, et il intercède auprès de Dieu pour nous.

Chers amis qui connaissez Jésus et sa grâce, vous désirez servir Dieu, n’est-ce pas ? Mais vous éprouvez tous les jours que vous êtes pleins de faiblesse et d’infirmité et qu’il y a de grandes difficultés pour résister au mal et faire le bien, n’est-il pas vrai ? Eh bien, Jésus a traversé la terre au milieu des mêmes circonstances, il a été tenté comme nous en toutes choses, mais en restant toujours à part du péché, et là-haut dans le ciel, se souvenant de nous, il sympathise avec nous dans nos infirmités. Oui, mes chers amis, qui désirez ardemment être agréable à Dieu et qui sentez votre faiblesse, Jésus vous voit de là-haut, vous porte sur son coeur devant Dieu, et est plein de sympathie pour vous, Lui qui a connu toutes les difficultés du chemin à travers un monde plongé dans le mal. Et qu’en résulte-t-il ? C’est que vous pouvez aller avec une entière confiance au trône de la grâce pour recevoir miséricorde, trouver grâce et avoir le secours nécessaire au moment opportun. Et vous pouvez y aller constamment, dans les petites comme dans les grandes difficultés ; celles que vous rencontrez à la maison, comme celles que vous rencontrez à l’école ou dans le monde. Vous trouvez toujours là, à ce trône de la grâce, Jésus qui vous a tant aimés et qui vous aime.

Mais il intercède là-haut pour nous. Vous rappelez-vous, mes amis, l’histoire d’Israël attaqué au désert par Amalek ? Moïse monte sur la montagne et intercède pour le peuple qui combat dans la plaine. Et ainsi Israël est vainqueur. Vous êtes et nous sommes tous exposés aux attaques de l’ennemi de nos âmes. Comment ne pas être vaincus dans notre impuissance ? Ah ! mes amis, Jésus pense à nous, il intercède pour nous pour que nous ne péchions pas. Si nous regardons sans cesse à Lui, nous pouvons toujours être plus que vainqueurs par Lui qui nous a aimés. Ah ! pensez à cela quand la tentation vient : Jésus intercède pour moi afin que je ne pèche pas, et alors vous pourrez résister au diable et il s’enfuira loin de vous.

Alors, me direz-vous, nous ne devrions jamais pécher. En effet, mes amis ; mais il arrive que, en ne veillant pas, ou en nous confiant en nous-mêmes, nous tombons en faute. Que faire alors ? Christ dans le ciel, nous laisse-t-il ? Non, béni soit-il. Il s’occupe constamment de ceux qui sont à Lui ; il les conduit à travers tout, et les sauve jusqu’à la fin de la course. Chers amis chrétien, êtes-vous heureux quand vous êtes tombé en faute ? quand vous vous êtes laissé aller à désobéir, à être irrité ou impatient ? Oh non ! Pourquoi ? Parce que vous sentez que Dieu ne peut vous approuver ; le Saint Esprit qui est en vous est contristé. Comment faire pour être de nouveau heureux ? Ah ! ce n’est pas en vous efforçant d’oublier votre faute. Non, regardez en haut quand vous avez péché, et voyez-y Jésus le juste qui est là notre Avocat auprès du Père. Il intercède pour vous, afin que vous sentiez votre faute. Pourquoi ? Est-ce pour que vous soyez malheureux ? Non, mes amis, mais pour que vous veniez à Dieu et que vous Lui confessiez votre péché, et alors vous voyez que Dieu vous l’a pardonné, et vous jouissez de nouveau de tout son amour. Oh ! mes amis, ne laissez jamais un péché négligé, oublié, non confessé ; c’est comme si vous méprisiez la précieuse intercession de Jésus dans le ciel.

Voyez l’histoire de l’apôtre Pierre. La nuit où le Seigneur Jésus fut livré, il avait dit à ses disciples qu’il avait prié pour eux afin que leur foi ne défaillît pas. Et il les avait avertis qu’ils l’abandonneraient. Pierre croyait qu’il aimait tant Jésus qu’il pourrait mourir avec Lui. Pierre ne connaissait pas son pauvre coeur présomptueux et faible dans la tentation. Et vous savez qu’il renia son précieux Maître. Mais Jésus avait prié pour lui, et Jésus le regarda et Pierre, saisi de douleur, comprit son affreux péché et sortit et pleura amèrement. Après cela, il put de nouveau être heureux.

Mes amis, nous ne pouvons être heureux que quand nos coeurs sont à l’aise avec Dieu, comme vous n’êtes heureux avec vos parents que quand il n’y a rien dans votre conduite qu’ils désapprouvent. Et Jésus dans le ciel s’occupe sans cesse de vous pour ôter ce qui vous mettrait mal à l’aise avec Dieu, et vous empêcherait d’être heureux. Pour cela, il vous le fait connaître par sa Parole et par l’action de son Saint Esprit. C’est comme s’il vous regardait, ainsi qu’il le fit à Pierre. N’évitez jamais ce regard plein d’amour, mais allez tout de suite confesser votre faute.

Mes chers amis, si vous aviez été vêtus d’habits bien propres, avec des souliers bien cirés aux pieds, pour vous rendre à une fête, vous auriez bien soin en vous y rendant de marcher en évitant la boue et la poussière et tout ce qui pourrait vous salir. Et s’il vous était arrivé de vous faire une tache, ne seriez-vous pas bien contents de trouver quelqu’un qui avant d’entrer vous nettoierait ? Eh bien, c’est ce que Jésus, dans son grand amour, fait sans cesse pour les siens. Ce précieux Sauveur, dans le ciel, dans la gloire, veut être encore le serviteur de ceux qu’il a sauvés, et qu’il aime, et pour qu’ils soient toujours propres pour la présence de Dieu son Père et heureux près de Lui, il intercède sans cesse pour eux. C’est ce qu’il enseigna à ses apôtres avant de quitter la terre ; il leur lava les pieds.

Vous voyez donc, mes amis, ce que Jésus fait dans le ciel pour nous. Il paraît devant Dieu pour nous ; il sympathise avec nous dans nos difficultés, nous soutient dans notre faiblesse, intercède pour que nous ne péchions pas, mais soyons vainqueurs, et si nous avons péché, s’occupe de nous afin que nous soyons amenés à confesser notre péché, et que nous soyons heureux près de Dieu. Ainsi, dans son amour continuel, il nous garde et nous conduit jusqu’à ce que nous soyons où il est Lui-même.

En effet, mes amis, il est entré dans le ciel comme notre Précurseur, c’est-à-dire celui qui va devant quelqu’un pour préparer une place. C’est ce qu’a fait ce bien-aimé Sauveur et, parce qu’il est là, tous ceux qui croient en Lui peuvent être assurés qu’ils y seront avec Lui, c’est le désir de son coeur. Est-ce aussi le vôtre ?

Nous verrons une autre fois comment il l’accomplira.

 

 

Bonne Nouvelle 1883

 

21                  Le retour de l’Homme glorifié.

 

Avant de quitter ses chers disciples, comme Jésus les voyait tout affligés de son prochain départ, ce bon Sauveur leur dit : «Que votre coeur ne soit pas troublé. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ; je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais, JE REVIENDRAI, et je vous prendrai auprès de moi».

Nous voilà donc bien sûrs, mes amis, que Jésus REVIENDRA chercher les siens, puisqu’il l’a dit. Cela réjouit-il votre coeur ?

Où est-ce que Jésus est allé ? Au ciel, dites-vous. Oui, mais le ciel, c’est la maison de son Père, et c’est là qu’il veut introduire ses bien-aimés, afin qu’ils soient toujours avec Lui. Oh ! combien il nous aime. Quelle belle demeure que la maison du Père ! Que l’on doit y être heureux ! Là souci, douleur, pleurs et mort ne trouvent point de place, parce que le péché n’y est point. Tout y est sainteté, joie, paix, lumière pour l’éternité. Le bonheur que l’on y goûte est celui de Jésus lui-même, et ce cher Sauveur veut que nous le partagions avec Lui. Il l’a demandé à son Père avant de quitter cette terre. «Père», a-t-il dit, «je veux quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient avec moi». Il nous aime tant, qu’il veut que nous ayons une place avec Lui tout près du coeur de son Père.

Mais comment entrer dans une si belle et sainte demeure ? Nous en sommes tout à fait indignes. Mais remarquez, mes amis, qu’il a été lui-même nous préparer la place. Pour cela, il devait souffrir et mourir pour ôter nos péchés. Comment, sans cela, aurions-nous jamais pu être amenés dans cette sainte maison du Père ? C’était impossible. Mais Jésus nous aimait, il voulait nous avoir, et rien ne lui a coûté pour nous acquérir le droit de nous préparer une place là où il est. Et maintenant la place est prête, mes amis. Pour chacun de ceux qui croient au Seigneur Jésus, il y a une place dans la demeure du Père. Y avez-vous la vôtre, mes amis ?

Il reste maintenant une chose, c’est que les bien-aimés du Seigneur aillent prendre, loin de cette terre, les places qu’il leur a préparées. Comment cela arrivera-t-il ? Enverra-t-il pour les chercher un ange, le plus brillant des anges de lumière ? Non ; il viendra lui-même. Quand nous attendons l’arrivée de quelqu’un que nous aimons, nous n’envoyons pas une autre personne pour le recevoir. Nous allons nous-mêmes. Eh bien, Jésus qui nous aime, REVIENDRA en personne pour nous chercher et nous amener plein de joie dans la demeure de son Père, et il dira : «Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés». Quelle joie aussi pour nous, n’est-ce pas ?

Et comment viendra-t-il ? Il est assis maintenant sur le trône du Père ; mais quand le moment sera venu, il se lèvera et descendra du ciel. Viendra-t-il jusque sur la terre ? Non, il s’arrêtera dans l’air, et là fera entendre un cri de commandement, comme celui d’un capitaine qui appelle ses hommes. La trompette de Dieu résonnera, comme lorsque les Israélites entendaient la trompette d’argent qui leur donnait le signal du départ. Tout le monde entendra-t-il cette voix de Jésus ? Cela ne nous est pas dit, mes amis, mais tous ne la reconnaîtront pas. Elle ne sera reconnue que par ceux qui l’auront connue sur la terre, par ses brebis dont il a dit : «Mes brebis connaissent ma voix». Ceux-là seuls, en entendant cette voix de Jésus, diront : «C’est pour moi, c’est mon cher Sauveur qui m’appelle», et ils iront vers Lui. Si l’un de vous, mes amis, était dans une grande foule, et que, du dehors de la foule, votre papa vous appelât, les autres entendraient bien la voix de votre père, mais vous seul la reconnaîtriez et iriez vers lui. Il en sera de même quand Jésus viendra. Connaissez-vous sa voix, mes amis ? Êtes-vous un de ses agneaux ? Alors, vous entendrez sa voix avec bonheur quand il descendra du ciel. Mais est-ce que nous ne devons pas tous mourir avant que Jésus vienne ? Non, mes amis, car l’apôtre dit : «Nous ne mourrons pas tous». Il y aura des vivants sur la terre à ce moment ; vous et moi, nous serons peut-être de ce nombre. Et les morts entendront-ils aussi la voix de Jésus. Oui, mais non pas tous, quand Jésus viendra chercher les siens. Ceux qui sont morts en croyant et espérant en Lui, ceux-là entendront sa voix et sortiront de leurs tombeaux, pour être réunis avec les saints qui vivront sur la terre, et alors tous ensemble, nous nous en irons vers le Seigneur.

Mais vous comprenez bien, mes amis, que ce ne sera pas avec de pauvres misérables corps sujets à la souffrance, à la mort et à la corruption, comme ceux que nous avons maintenant. Non ; Christ, le Sauveur, transformera les corps de ses bien-aimés en la ressemblance du corps de sa gloire. Les morts ressusciteront avec des corps glorieux, incorruptibles, immortels, propres pour le ciel, et les vivants seront changés ; sans passer par la mort, ceux-ci seront transformés. Leurs corps, comme ceux des ressuscités, deviendront glorieux, incorruptibles, immortels. Oh ! quel merveilleux et heureux changement ! C’est la puissance de Christ qui l’opérera. Et en combien de temps ? En un clin d’oeil, dès que la trompette de Dieu se sera fait entendre.

N’aurons-nous pas peur ? Oh ! comment aurions-nous peur d’entendre la voix de Celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ? Aurons-nous peur, quand sa puissance nous aura transformés parfaitement à sa ressemblance ? Si nous regardions à nous-mêmes, nous pourrions avoir peur, mais nous ne verrons que Lui et son amour, et nous serons ravis de joie. Aurions-nous même le temps d’avoir peur, quand tout sera fait en un clin d’oeil ?

Et quand nous aurons été ainsi changés, mes amis, la terre aura cessé d’être notre demeure. Nous irons vers Celui qui nous appelle, à sa rencontre en l’air. Il nous conduira dans la maison de son Père pour occuper la place qu’il nous a préparée, et nous serons toujours avec Lui. Oh ! quelle joie, quelle allégresse dans le ciel, pour nos coeurs et pour lui-même. N’aimerez-vous pas être là ?

Tout cela n’est-il pas beau et digne de l’amour de Jésus ? Oui, n’est-ce pas ? Et comment ne demanderions-nous pas : «Quand sera-ce ? Faut-il encore longtemps attendre ?» Le moment, mes amis, nul ne le sait. Peut-être sera-ce avant que vous n’ayez achevé ce jour. Le matin, en vous levant, vous pouvez dire : «Il viendra peut-être aujourd’hui». Le soir, en vous couchant : «Ce sera peut-être cette nuit». Jésus a dit : «Je viens bientôt». Que répond votre coeur ? Est-ce : «Oui, viens, Seigneur Jésus ?»

Mes amis, la pensée du retour de Jésus réjouit-elle votre coeur, ou bien vous cause-t-elle quelque trouble ? Êtes-vous prêts ? Oh ! soyez toujours prêts. La première chose nécessaire, pour attendre sans crainte le Seigneur Jésus, c’est de savoir que l’on est sauvé ; la seconde chose, pour l’attendre sans trouble, avec joie, c’est d’être vigilant et d’avoir tout en ordre dans ses pensées et dans son coeur.

Quand votre cher père ou votre chère mère vous ont dit en partant : «Je reviendrai bientôt», comment désirez-vous qu’ils vous trouvent à leur retour ? Comment serez-vous heureux en pensant à leur retour ? Est-ce en désobéissant, en vous conduisant mal ? Non, n’est-ce pas ? C’est en obéissant et en ayant tout en ordre. Eh bien, ne désirez-vous pas que Jésus trouve tout en ordre dans votre vie, quand il viendra ? Que le Seigneur vous donne, mes chers amis, d’attendre vraiment et avec un coeur sincère, son retour.

Et ceux qui n’auront pas cru au Seigneur Jésus et qui n’auront pas entendu sa voix, que leur arrivera-t-il ? Nous parlerons de cela une autre fois, mes amis, si le SEIGNEUR N’EST PAS ENCORE VENU.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

22                  Ce qui se passe sur la terre après que Jésus est venu chercher les saints.

 

Nous nous demandions l’autre jour, mes amis, ce qui arriverait sur la terre à ceux qui y restent après que les saints ressuscités ou vivants s’en seront allés avec Jésus. Hélas ! ceux qui, ayant entendu l’évangile, n’auront pas cru, seront abandonnés à la puissance du mal pour croire le mensonge et se rebeller toujours plus contre Dieu, jusqu’à ce qu’ils tombent enfin sous un jugement terrible.

La parole de Dieu nous trace par avance l’histoire de ces tristes temps de révolte ouverte contre Dieu.

D’abord les Juifs seront rentrés dans leur pays, mais toujours incrédules à l’égard de Jésus. Ils y rebâtiront un temple à Jérusalem et seront soutenus par l’empereur latin d’Occident. Ce sera la continuation de leur histoire, tels que nous les voyons dans les évangiles, une race méchante et perverse. Et comme ils n’auront pas voulu croire en Jésus, ils arriveront au dernier degré du mal.

Un méchant homme, que la parole de Dieu nomme l’Inique, l’homme de péché, le fils de perdition, s’élèvera au milieu d’eux. Il sera leur roi tout en étant un faux prophète qui les séduira par toutes sortes de signes et de miracles. Il prétendra être le Christ et s’assiéra comme étant Dieu dans le temple de Dieu. Et les pauvres Juifs qui n’ont pas voulu recevoir le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu, suivront ce méchant. La parole de Dieu le représente sous la figure d’une bête, ce qui est l’image du pouvoir royal, exercé sans la connaissance de Dieu, comme nous le voyons dans le livre de Daniel *. Et cette bête a deux cornes comme un agneau, car elle veut se faire passer pour Christ ; mais elle parle comme un dragon. Ses mensonges et sa méchanceté font voir qu’elle est du diable, qui est menteur et meurtrier dès le commencement.

 

* cf Psaume 49:20. «L’homme qui est en honneur et na point d’intelligence est semblable aux bêtes brutes qui périssent entièrement».

Un peu auparavant, dans les contrées occidentales de l’Europe, celles que nous habitons, se sera élevée une autre bête. Ce sera un monarque puissant qui rétablira l’ancien empire romain. Mais il accomplira ses desseins avec la puissance que Satan lui communiquera. Car Satan aura été chassé du ciel et précipité sur la terre, et il viendra avec une grande fureur pour faire tout le mal possible, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps. Cet empereur puissant, la bête, exercera un tel prestige, que toute la terre sera dans l’admiration à son égard et l’adorera. Sa puissance s’étendra sur une foule de peuples, mais lui blasphémera contre Dieu.

C’est lui qui, par sa puissance, soutiendra le faux roi et prophète des Juifs, et celui-ci, à son tour, emploiera toute sa subtilité pour augmenter l’autorité de la bête. Par ses prodiges et ses miracles, il fera que les hommes adoreront l’image de la bête qu’il aura eu la puissance d’animer et de faire parler. Ceux qui ne voudront pas adorer cette image seront mis à mort. Tous, petits et grands, riches et pauvres, devront prendre sur leur front ou leur main droite une marque qui indique leur soumission à la bête. Ceux qui, par fidélité à Dieu, s’y seront refusés, ne pourront ni acheter, ni vendre.

En même temps, il y aura une grande puissance religieuse, une fausse église, appelée d’une manière figurée Babylone, dans la parole de Dieu. Elle entraînera les hommes dans l’idolâtrie la plus épouvantable. Vous voyez donc qu’il y aura une révolte générale et terrible contre Dieu. Et d’où viendra cela ? De ce que les hommes n’auront pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Oh ! combien il est important de prêter maintenant l’oreille aux appels du Seigneur.

N’y aura-t-il donc pas des fidèles, des saints de Dieu, sur la terre, dans cette sombre époque de méchanceté ? Oui, sans doute, mes amis, Dieu a toujours eu des témoins. Il en a maintenant et il en aura alors parmi les juifs et les nations. Mais combien ils auront à souffrir. Plusieurs d’entre les Juifs ne voudront pas reconnaître le Méchant comme étant le Christ, et il les persécutera et les fera mourir. Ils crieront à Dieu en attendant la délivrance. Quelques-uns iront annoncer aux nations l’évangile du royaume, l’évangile éternel. L’évangile du royaume c’est la bonne nouvelle de la venue du Roi, Christ, qui viendra délivrer les saints et régner en justice ; l’évangile éternel, c’est la bonne nouvelle que Dieu, le Tout puissant, va accomplir sa promesse de tous temps et bénir la terre, mais dans l’un et l’autre cas, les méchants subiront d’abord le jugement.

Ce ne sera pas l’évangile de la grâce, vous le voyez, mes amis. Maintenant, c’est le temps de la grâce, du pardon que Dieu offre gratuitement à tous ceux qui croient en son Fils bien-aimé. Mais ceux qui auront méprisé l’évangile de la grâce, n’auront pas d’oreille pour écouter les messagers qui annonceront l’évangile du royaume ou l’évangile éternel. Cet évangile sera pour ceux qui n’auront pas entendu celui de la grâce. Et plusieurs le recevront ; ils craindront comme Noé autrefois, ils croiront et ainsi bâtiront leur arche pour être sauvés au jour du jugement d’un monde inique.

Mais, comme je vous le disais, ce sera un temps de persécutions terribles contre tous ceux qui, Juifs ou gentils, seront fidèles à Dieu. Aussi nous sont-ils montrés comme criant à Dieu, pour demander vengeance et délivrance. À Jérusalem même, il y aura deux témoins qui prophétiseront au nom du Seigneur, en ayant, comme Moïse et Élie, la puissance de frapper la terre de plaies. Mais à la fin, la bête qui vient avec le pouvoir de Satan les vaincra, les mettra à mort, et ne permettra pas qu’ils soient ensevelis. Et tous les hommes impies se réjouiront d’être délivrés de la présence de ces serviteurs de Dieu. Mais Dieu les ressuscitera et les appellera au ciel où ils monteront à la vue de leurs ennemis. Les hommes seront épouvantés, mais non convertis.

Dieu ne donnera-t-il pas d’autres avertissements aux hommes ? Oui, sans doute, il exercera sur la terre des jugements destinés à montrer aux hommes sa désapprobation et à les engager à sortir de leur mauvaise voie. C’est ainsi qu’il avertit autrefois Pharaon.

Des guerres, des famines, des pestes séviront d’abord sur la terre. Premièrement ceux qui y habitent seront effrayés, croyant que le grand jour de la colère de Dieu est venu. Mais ensuite, ils reprendront leur mauvais train. Dieu les frappera plus fort, par des jugements si terribles qu’ils chercheront la mort et ne la trouveront point, tandis que par d’autres plaies un grand nombre seront tués. Malgré cela, ceux qui auront été épargnés ne se repentiront pas. Alors Dieu versera sur la terre, sur la mer, sur les fleuves, sur le soleil, sur le trône de la bête, les coupes de sa colère. Tout deviendra pour les hommes une cause de souffrance. Croyez-vous qu’alors ils se repentiront ? Non, mes amis, pas plus qu’autrefois Pharaon. Au lieu de se courber sous la puissante main de Dieu, ils s’endurciront et deviendront encore plus méchants.

D’abord la bête, avec les rois de la terre, s’uniront pour détruire le système idolâtre appelé Babylone. Sans doute, ils le feront pour abolir tout vestige de religion. Nous voyons déjà maintenant une quantité d’hommes qui voudraient qu’il n’y eût pas de Dieu. Ensuite ces insensés, séduits par Satan et conduits par la bête et le faux prophète, réuniront leurs armées pour livrer combat au Seigneur lui-même. Quelle folie, n’est-ce pas ? Que peuvent-ils espérer ? Ce qui les attend, nous le verrons une autre fois. Mais vous voyez, mes chers amis, quel triste tableau présentera la terre livrée à ceux qui ont rejeté Christ. Et c’est pourquoi Dieu fait annoncer maintenant le salut aux pécheurs, afin qu’ils fuient la colère à venir.

 

 

Bonne Nouvelle 1884

 

23                  Ce qui se passe dans le ciel avant que l’Homme glorifié apparaisse au monde.

 

Nous avons vu, mes amis, ce qui se passe sur la terre après que Jésus est venu chercher ses bien-aimés, vivants ou ressuscités. Je désire maintenant vous dire ce qui arrivera dans le ciel durant ce temps.

Comment peut-on le savoir ? me demanderez-vous. Nul homme n’aurait pu le découvrir, mais le Seigneur Jésus l’a fait connaître par son ange à Jean, le disciple qu’il aimait, et Jean l’a écrit dans le livre appelé l’Apocalypse, ce qui veut dire Révélation.

Jean était dans une île appelée Patmos, lorsque Jésus lui envoya son ange. Il vit une porte ouverte dans le ciel , et entendit une voix qui lui disait : «Monte ici». Et il fut ravi en esprit et vit les choses qui étaient dans le ciel. N’auriez-vous pas aimé être avec lui ? Oh ! sans doute. Eh bien, mes amis, vous serez là un jour, vous verrez ces choses et vous en jouirez, si maintenant vous appartenez au Seigneur Jésus.

Jean vit donc d’abord le Seigneur, Dieu, le Tout puissant, l’Éternel, Celui qui a créé toutes choses et qui vit aux siècles des siècles, assis sur un trône dans le ciel. De ce trône sortaient des éclairs, des voix et des tonnerres, pour montrer que ce n’était pas le trône de la grâce, mais celui du jugement. Cependant, on voyait aussi autour du trône un arc-en-ciel, pour rappeler la fidélité de Dieu, et sa miséricorde envers la terre. De plus, Jean vit sept lampes de feu brûlant devant le trône. Elles représentent l’Esprit de Dieu dans sa perfection, éclairant, sondant et jugeant tout. Et enfin une mer de verre, semblable à du cristal, était aussi devant le trône. Que voulait dire cela ? Le verre pur est comme de l’eau solide. Autrefois, devant le tabernacle et devant le temple, il y avait un grand bassin rempli d’eau, où les sacrificateurs se lavaient. Mais, dans le ciel, il n’est pas besoin de se laver. Ceux qui s’y trouvent, sont parfaitement purs, sans souillure, et c’est ce que nous enseigne la mer de verre.

Mais n’y avait-il dans le ciel que Dieu sur son trône ? Non, le ciel n’est pas vide, mes amis. Jean vit d’abord ceux qui s’y trouveront plus tard. Et qui sont-ils ? Les saints que Jésus viendra prendre avec Lui. Autour du trône de Dieu, Jean vit vingt-quatre autres trônes sur lesquels étaient assis des anciens ou vieillards, vêtus de robes blanches et portant des couronnes d’or sur leurs têtes. Tels lui apparurent les saints glorifiés.

Mais pourquoi sont-ils représentés comme des vieillards ? Pour montrer, mes amis, qu’ils sont remplis de sagesse pour comprendre les pensées de Dieu. Chaque saint les comprendra alors parfaitement. Ils sont assis, dans un parfait repos, sans aucune crainte, devant la Majesté divine, ils sont sacrificateurs, ce que désignent leurs vêtements blancs, et ils possèdent la dignité royale. Ils régneront avec Celui qui est assis sur le trône. Quelle glorieuse position, n’est-ce pas, chers amis ? Eh bien, elle est celle de chaque racheté de Christ, même d’un enfant.

Mais, direz-vous, n’y a-t-il donc que vingt-quatre saints dans le ciel ? Non, mais ce nombre indique le double d’un ensemble complet. Combien de patriarches, fils de Jacob, y avait-il ? Douze. Et combien d’apôtres ? Douze aussi. Tous les saints de l’Ancien Testament et les saints qui auront vécu depuis la Pentecôte jusqu’à la venue de Jésus, seront là dans cette gloire.

Vous aimeriez, sans doute, savoir ce que feront les saints glorifiés. Resteront-ils toujours assis sur leurs trônes ? Oh non ; mais avant de vous dire ce qu’ils feront, il faut que vous sachiez ce que Jean vit encore dans le ciel. Il vit quatre êtres vivants qui représentent la puissance de Dieu comme juge sur la terre. Ils étaient pleins d’yeux tout autour et au dedans, ce qui indique la connaissance parfaite du passé, du présent et de l’avenir. L’un d’eux était semblable à un lion, c’est la force ; un autre, à un veau, c’est la fermeté ; le troisième, avec une face comme celle d’un homme, c’est l’intelligence, et le quatrième était semblable à un aigle qui vole, c’est la rapidité. Connaissance, force, fermeté, intelligence et rapidité, ne sont-ce pas là les qualités qui conviennent pour exécuter le jugement divin ? Mais de plus, ces quatre êtres vivants avaient chacun six ailes, et ils célébraient la sainteté parfaite de Dieu, en disant : «Saint, saint, saint, est le Seigneur, Dieu, Tout puissant, celui qui était, et qui est, et qui vient». Et, en même temps, les anciens, les saints dans la gloire, tombent sur leur face devant Dieu, se prosternent et jettent leurs couronnes devant le trône en disant : «Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l’honneur, et la puissance ; car c’est Toi qui as créé toutes choses : et c’est à cause de ta volonté qu’elles existaient et furent créées».

C’est là l’adoration, mes amis. Quand les saints seront dans le ciel, ils adoreront le Seigneur, le Tout puissant, le Dieu créateur de toutes choses, Celui qui vit aux siècles des siècles. N’aimerez-vous pas vous trouver au milieu de ces adorateurs, et jeter aussi votre couronne devant le trône ?

Il y a une autre question que vous vous faites peut-être. Ne verrons-nous pas le Seigneur Jésus dans le ciel ? Oh ! certainement. S’il n’y était pas, nous ne pourrions pas nous y trouver, et comment, d’ailleurs, y serions-nous heureux sans Lui ? Aussi Jean le vit-il. Et sous quelle forme ? Est-ce dans la gloire ? Sans doute ; il le voit au milieu du trône, au centre de la Majesté divine, entouré des anciens et des quatre êtres vivants, revêtu de la puissance et de la connaissance parfaites, et l’un des anciens le montre à Jean comme étant le Lion de Juda, la racine de David, Celui qui a vaincu. Mais Jean le voit en même temps portant le caractère de l’Homme de douleur, de Celui qui fut attaché sur la croix pour ôter le péché. Il le voit comme un agneau immolé.

Oui, mes amis, dans la splendeur du ciel, couronné de gloire et d’honneur, notre précieux Sauveur portera les traces de ses souffrances pour nous ; nous ne pourrons pas contempler sa gloire, sans nous rappeler sa croix et l’amour dont il nous a aimés.

Et autour de Lui, le plus près de Lui, se trouveront les saints glorifiés. Ils tomberont sur leurs faces devant Lui, offrant dans des coupes d’or des parfums, les prières des saints qui seront encore alors sur la terre. Et ayant des harpes dans leurs mains, ils chanteront un cantique à la gloire du Seigneur Jésus, le Sauveur.

C’est encore l’adoration, mes amis. Les saints, dans le ciel, adoreront le Seigneur Jésus et célébreront ses louanges. Oui, chers amis sauvés, nous verrons ce divin Sauveur qui a été pour nous dans la souffrance et la mort, et nous chanterons le cantique nouveau : «Tu es digne, car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation, et tu les as faits rois et sacrificateurs pour notre Dieu ; et ils régneront sur la terre».

Mais les saints ne seront pas seuls à adorer Jésus. Les anges, les milliers et milliers d’anges seront à l’entour du trône et des saints, et diront : «Digne est l’Agneau qui a été immolé de recevoir la puissance, et richesse, et sagesse, et force, et honneur, et bénédiction». Et toutes les créatures sur la terre, sur la mer et sous la terre, se joindront à ces chants de louange et de gloire, et diront : «À Celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, la bénédiction, et l’honneur, et la gloire, et la force, aux siècles des siècles !»

Voilà, mes chers amis, ce qu’il y a dans le ciel, après que Jésus est venu chercher ses bien-aimés, et voilà, à l’égard de Dieu et de Jésus, la sainte occupation des habitants du ciel, tandis que, sur la terre, les hommes poursuivent le cours de leurs méchancetés. Mais j’ai encore d’autres choses à vous dire touchant le ciel et ceux qui y seront. Ce sera pour une autre fois. En attendant, rappelez-vous que, déjà maintenant, c’est l’heureuse part de tous ceux qui appartiennent à Jésus, fut-ce le plus faible enfant, d’adorer Dieu et l’Agneau, de chanter ses louanges, et de dire avec ravissement : «À Celui qui nous aime et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; à Lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen».

 

Bonne Nouvelle 1884

 

24                  Ce qui se fera dans le ciel avant l’apparition de l’Homme glorifié.

 

J’ai essayé de vous montrer, mes chers amis, ce qu’il y a dans le ciel, après que Jésus y a introduit ses bien-aimés rachetés. Maintenant, vous me demanderez peut-être : Que feront les saints et les anges dans ce séjour de gloire et de bonheur ? Ils adoreront Dieu et l’Agneau, nous l’avons vu. Mais ne s’occuperont-ils pas d’autre chose, par exemple, de ce qui se passera sur la terre ? Oui, mes amis ; tous s’en occuperont, car il s’agit de la gloire et des droits de Dieu et de son Christ ici-bas.

Jean voit d’abord les quatre animaux, appelant successivement les exécuteurs des premiers jugements de Dieu. Ensuite, avant que d’autres jugements ne viennent, Jean voit un ange qui va marquer du sceau de Dieu le front des serviteurs fidèles de Dieu qui sont de la race d’Israël.

Après cela, Jean voit une grande foule d’entre toutes les nations se tenant devant le trône et devant l’Agneau. Ils sont vêtus de longues robes blanches, ils ont des palmes dans leurs mains et disent : «Le salut est à notre Dieu qui est assis sur le trône et à l’Agneau». Et tous les anges, entendant cela, tombent sur leurs faces et adorent Dieu.

N’aimeriez-vous pas savoir quelle est cette multitude ? Jean le désirait aussi. Alors l’un des anciens lui expliqua que ce sont ceux qui auront passé par la grande tribulation, par ces temps terribles de persécution qui auront lieu sur la terre. «Ils ont», dit l’ancien à Jean, «lavé leurs longues robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi, ils sont devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Ils n’auront plus faim ni soif, parce que l’Agneau les paîtra et les conduira aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux». Tel sera le bonheur de ceux qui auront été fidèles pendant ce temps de détresse. Que c’est doux, mes amis, de contempler cette scène de consolation divine envers ceux qui auront tant souffert ! Ah ! Dieu n’oublie point ceux qui lui sont fidèles.

Mais Jean nous rapporte encore d’autres choses qui se passeront dans le ciel. Les sept anges qui se tiennent devant Dieu, reçoivent sept trompettes. C’est pour proclamer d’une manière éclatante de nouveaux jugements de Dieu sur les hommes méchants et idolâtres, qui, malgré tous les avertissements que Dieu leur aura donnés, ne voudront pas se repentir.

Et, après que le septième ange a sonné de la trompette, on entend dans le ciel de grandes voix annonçant que le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et qu’il régnera aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre anciens adorent le Seigneur, Dieu, Tout-Puissant.

Alors se passera une autre scène merveilleuse dans le ciel. C’est un combat. Un combat dans le ciel ! Quelle chose étrange, pensez-vous. Sont-ce les saints qui combattront ? Non, mes amis, leurs combats auront pris fin. Ce seront les anges qui combattront, ayant à leur tête l’archange Michel. Et contre qui ? Contre le dragon, c’est-à-dire Satan et ses anges. Vous vous étonnez, sans doute, que Satan et ses anges puissent être dans le ciel. Quand on pense à cet ennemi de Dieu, on se le figure dans l’enfer. Il n’y est pas encore. La parole de Dieu nous le montre se promenant çà et là sur la terre, et rôdant autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. Il est le prince de ce monde, et il agit dans ceux qui n’appartiennent pas au Seigneur. Quand l’évangile est prêché, il est là, cherchant à empêcher d’écouter et à ôter du coeur la parole de Dieu, de peur qu’en croyant on ne soit sauvé. Voilà ce qu’il fait maintenant sur la terre. Oh ! quel terrible ennemi, n’est-ce pas ? Mais il peut aussi se présenter dans le ciel, devant Dieu, pour accuser les saints et le peuple de Dieu, comme on le voit dans l’histoire de Job et celle du souverain sacrificateur Joshua. Et la parole de Dieu nous dit que maintenant les chrétiens ont à combattre contre les puissances de méchanceté qui sont dans les lieux célestes.

Mais le Seigneur Jésus ne l’a-t-il pas vaincu ? Oh ! sans doute. Et c’est pour cela, mes amis, que le chrétien peut lui résister hardiment, et Satan s’enfuit loin de lui ; c’est pour cela aussi, que Satan et ses anges ne seront pas les plus forts dans le combat livré dans le ciel. Ils seront précipités du ciel sur la terre, et une grande voix se fera entendre, disant : «L’accusateur de nos frères, qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit, a été précipité  ; et eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau».

Vous voyez donc, mes amis, combien tout ce qui concerne les saints et la gloire de Dieu sur la terre, occupera les pensées et la vie de ceux qui seront dans le ciel.

Comme je vous l’ai dit auparavant, quand Satan aura été précipité sur la terre, il emploiera toute sa ruse et son énergie pour pervertir les hommes et persécuter les saints. Il n’y réussira que trop. Les hommes s’endurciront toujours plus, et ceux qui seront fidèles à Dieu souffriront et seront mis à mort.

Alors Jean voit sept anges sortir de devant la présence de Dieu. L’un des quatre animaux leur donne sept coupes d’or pleines du courroux de Dieu. Ce sont les derniers jugements qui frappent les hommes rebelles, avant que le Seigneur vienne. Ces coupes d’or, mes amis, représentent la sainte justice de Dieu s’exerçant par le jugement. Quelle chose terrible ! Les hommes auront refusé de recevoir Christ qui a subi le jugement sur la croix à la place de ceux qui croient en Lui, et maintenant la colère de Dieu va être répandue sur eux ! Oh ! mes amis, ne voulez-vous pas venir à Jésus pour être sauvés de la colère qui vient ?

Les sept anges verseront leurs coupes, et les hommes seront frappés de plaies terribles. À la septième, Babylone sera jugée et détruite, et alors se fait entendre dans le ciel une voix comme celle d’une foule nombreuse, disant : «Alléluia ! Le salut, et la gloire, et la puissance de notre Dieu ! Car ses jugements sont véritables et justes !» Et une seconde fois, ils disent : «Alléluia !» Pourquoi cette foule proclame-t-elle la justice de Dieu ? Parce que Babylone, qui corrompait la terre et versait le sang des saints, a été jugée. Les vingt-quatre anciens et les quatre animaux se joignent à cette foule. Ils tombent sur leurs faces et adorent Dieu, en disant : «Amen ! Alléluia !» Et une voix sort du trône, disant : «Louez notre Dieu, vous tous ses esclaves, et vous qui le craignez, petits et grands».

Vous voyez donc combien tout ce qui concerne la gloire de Dieu, occupe les habitants du ciel. Mais quand Babylone a été jugée sur la terre, une scène merveilleuse se passe dans le ciel. Ce n’est plus un combat, ce sont des noces. Et quelles noces ? Qui est l’Époux et quelle est l’Épouse ? Nous allons le voir.

De nouveau, une voix puissante d’une foule nombreuse se fait entendre. Elle dit : «Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu, le Tout-Puissant, est entré dans son règne. Réjouissons-nous et tressaillons de joie, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’AGNEAU sont venues, et sa femme s’est préparée ; et il lui a été donné d’être vêtue de fin lin éclatant et pur, car le fin lin, ce sont les justices des saints».

Ainsi nous entendons d’abord proclamer dans le ciel l’établissement du royaume de Dieu. C’est ce royaume annoncé dans tout l’Ancien Testament, que Jésus vint pour établir, mais il fut rejeté. Et quel en est le Roi ? Jésus lui-même. C’est Lui qui est le Seigneur, Dieu, Tout-Puissant, le Prince des rois de la terre, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. Dieu va mettre toutes choses sous ses pieds, à Lui le rejeté, le méprisé, le crucifié. C’est Lui qui est l’Époux glorieux.

Mais il est aussi l’Agneau : son sang a été versé ; il a été immolé. Si les hommes l’ont rejeté et crucifié, Dieu Lui a donné une place sur son trône. Et pendant qu’il était rejeté des hommes, mais sur le trône de Dieu, il s’est formé une épouse, rachetée par son sang. Quelle est-elle ? C’est l’Église, mes amis, l’Assemblée de Dieu, c’est-à-dire tous les saints depuis le jour de la Pentecôte, jusqu’à leur enlèvement auprès du Seigneur. L’Église qui, sur la terre, a eu part au rejet et au mépris de Christ, l’Église formée pour le ciel par Lui-même, qui l’a aimée et s’est donné pour elle. La voilà dans le ciel. Son vêtement indique la pureté parfaite dont, par grâce, elle est revêtue. Aux acclamations de la foule nombreuse des habitants célestes, elle est reconnue publiquement pour son épouse, unie à Lui de la manière la plus intime, et la joie la plus grande fait tressaillir le ciel.

Ô mes amis, ne désirez-vous pas être là ? Cette joie ne fait-elle pas par avance tressaillir vos coeurs ?

Mais d’autres sont aussi là dans la gloire, ayant une part intime dans cette fête et cette joie. Ce sont les conviés au banquet des noces de l’Agneau. Qui sont-ils ? Ce sont les saints de l’Ancien Testament, qui ont attendu Christ, se sont réjouis, comme Abraham, de voir son jour, et qui maintenant, comme Jean-Baptiste, ont une joie parfaite en se trouvant associés à cette fête et en contemplant l’Époux et l’Épouse.

Voilà ce qui se passe dans le ciel, tandis que sur la terre se déchaînent le pouvoir et la méchanceté de Satan. Mais ce n’est plus que pour peu de temps. Le Vainqueur et le Vengeur va bientôt paraître, et la pauvre terre aura aussi sa part de bénédictions. Mais ce ne sera qu’après le jugement des méchants. Nous verrons cela, mes amis, une autre fois, si le Seigneur n’est pas encore venu.

Bonne Nouvelle 1884

 

 

 

25                  Louange à Christ.

 

Nous t'adorons, Seigneur de gloire,

Exalté plus haut que les cieux

Nous célébrons, Dieu de victoire,

Ton nom à jamais précieux !

À toi notre hommage,

À toi d'âge en âge,

La louange dans les hauts lieux !

 

 

Ô Roi des rois, ceint de puissance,

Qui vas paraître en ta beauté !

Tu fus ici dans la souffrance,

Haï de tous et rejeté.

À toi notre hommage,

À toi sans partage,

Louange dans l'éternité !

 

 

Ô Jésus, Prince de la vie !

Cloué sur un infâme bois,

Abandonné, dans l'agonie,

Tu souffris la mort de la croix

Reçois notre hommage,

Qu'à toi d'âge en âge,

S'élèvent nos coeurs et nos voix !

 

 

Dans ta gloire et celle du Père

Tu vas paraître en ta splendeur.

Et dans le ciel et sur la terre,

Tu régneras, Christ et Seigneur !

Mais déjà notre âme,

Jésus, te proclame

Fils de Dieu, puissant Rédempteur.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

26                  L’apparition en gloire du Fils de l’homme.

 

Vous rappelez-vous, mes amis, quel est le dernier événement dont nous avons parlé comme se passant dans le ciel ? C’est la célébration des noces de l’agneau, et la joie ineffable qui éclate à ce sujet dans les parvis célestes.

Sur la terre, hélas ! les hommes, malgré tous les avertissements de Dieu, auront persévéré dans leur méchanceté et se seront toujours plus endurcis dans leur incrédulité. Les rois de la terre, séduits et entraînés par le dragon, Satan, par la bête, le dernier chef de l’empire latin, et par le faux prophète, l’Antichrist, rassembleront leurs armées pour le grand jour du combat de Dieu, le Tout-puissant. Ils se lèveront et consulteront ensemble contre l’Éternel et contre Jésus, son Oint, disant : «Rompons leurs liens, et jetons loin de nous leurs cordes». Ils ne voudront se soumettre ni à Dieu, ni à son Christ.

Pour assurer leurs desseins, ils marcheront contre Jérusalem. Je vous ai dit que les Juifs seront alors de retour dans leur pays et qu’ils auront bâti un temple à Jérusalem. Beaucoup d’entre eux seront dans l’incrédulité, auront suivi l’Antichrist, et accepté l’alliance de la bête, mais au milieu d’eux se trouvera un résidu fidèle qui aura été persécuté, et qui soupirera en criant à l’Éternel et en attendant la délivrance.

Et voilà que les rois de la terre, la bête et le faux prophète, rassemblent leurs armées pour détruire la ville sainte, sur laquelle Dieu n’a pas cessé d’avoir les yeux. Dieu aura repris ses voies envers son peuple ; il le châtiera encore une fois, à cause de ses péchés, mais malheur à ceux qui lui feront la guerre. C’est contre Dieu même que marchent ces armées, pour anéantir si possible toute trace de son nom et de son culte. Cela vous semble bien terrible, n’est-ce pas, mes amis ? Mais jetez les yeux autour de vous, demandez à vos parents, et ils vous diront combien déjà il y en a de ces hommes qui voudraient bannir jusqu’au nom et à la pensée de Dieu. Ils préparent les voies à ces temps sombres, où Satan exercera son empire sur ceux qui n’auront pas voulu maintenant recevoir l’évangile de la grâce.

Quand ces formidables armées auront ainsi envahi la Judée et entouré Jérusalem, il y aura, pour ce pauvre peuple juif, un temps de détresse sans égale. «Si ces jours-là n’eussent été abrégés», dit le Seigneur Jésus, «nulle chair n’eût été sauvée ; mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés».

Représentez-vous ces ennemis de Dieu, acharnés à détruire le reste des saints, et tout vestige du culte à rendre à Dieu ; voyez-les avec toute la puissance des engins de guerre actuels, sans doute encore perfectionnés, et avec toute la science militaire. Ils seront là, réunis en masse sous des chefs puissants et habiles ; l’un, que les hommes, dans leur enthousiasme, auront adoré comme un dieu, l’autre, qui aura fasciné les hommes par sa ruse. Ils ne douteront pas de leur réussite. Qui pourrait résister à leur unanimité et à leur puissance ? Ils croiront bien en avoir fini pour jamais avec ce Dieu qui les gêne.

Et en effet, Dieu permettra qu’ils remportent un succès apparent. Jérusalem sera prise, la moitié des habitants faits captifs, une autre partie s’enfuira, et Dieu leur ménagera une retraite en leur ouvrant un chemin à travers la montagne des Oliviers, que sa puissance séparera en deux, comme autrefois, il fendit les eaux de la Mer Rouge.

Mais quand les ennemis de Dieu et de son peuple croiront être arrivés à bout de leurs desseins, le moment du jugement divin sera là. Ils penseront n’avoir plus qu’à jouir du fruit de leur triomphe, et ils diront «paix et sûreté», mais alors une ruine subite fondra sur eux, comme autrefois sur Sodome et Gomorrhe, et ils n’échapperont point.

Oh ! quel moment solennel, mes amis ! Aussi subit et inattendu que terrible ! Le ciel s’ouvre, non plus pour laisser passer le choeur des anges disant : «Paix sur la terre» ; non plus pour que le regard de Dieu s’abaisse avec délices sur son Fils bien-aimé ; non plus pour qu’Étienne, le saint martyr, voie le Fils de l’homme à la droite de Dieu. Non ; c’est pour livrer passage à ce Fils de l’homme qui, sur la terre, a été méprisé, rejeté et crucifié, mais que Dieu a couronné de gloire et d’honneur. «Le voici qui vient avec les nuées», dit la parole de Dieu, «et TOUT OEIL LE VERRA, et ceux qui l’ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui». Oui, il viendra avec puissance et une grande gloire : dans sa gloire, dans celle du Père et des saints anges.

Écoutons, mes amis, comment la Parole nous décrit cette apparition du Seigneur Jésus Christ : «Je vis le ciel ouvert», dit l’apôtre Jean, «et voici un cheval blanc, et celui qui est assis dessus appelé FIDÈLE ET VÉRITABLE, et il juge et combat en justice. Et ses yeux sont comme une flamme de feu ; et sur sa tête il y a plusieurs diadèmes ; et il porte un nom écrit que nul ne connaît que Lui seul ; et il est vêtu d’un vêtement teint dans le sang ; et son nom s’appelle LA PAROLE DE DIEU. Et les armées qui sont dans le ciel, le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, éclatant et pur. Et une épée aiguë à deux tranchants sort de sa bouche, afin qu’il en frappe les nations, et il les paîtra avec une verge de fer... Et il a sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : ROI DES ROIS, ET SEIGNEUR DES SEIGNEURS».

Qui est celui qui apparaît ainsi dans son appareil de guerrier invincible et triomphant ? C’est Jésus. Tel il descendra du ciel et ses pieds se poseront sur la montagne des Oliviers, d’où il était monté au ciel, à la vue des douze apôtres. Maintenant il revient sur la terre avec tous ses saints. Les anges de sa puissance sont aussi là, prêts à exercer la vengeance et à exécuter le jugement contre ceux qui ne connaissent pas Dieu, et contre ceux qui n’obéissent pas à l’évangile. La présence glorieuse du Seigneur arrêtera les impies vainqueurs et les frappera de terreur. Les saints persécutés lèveront la tête : ce sera la fin de leurs douleurs.

Ce combat suprême, mes chers amis, ne sera pas comme ces batailles ordinaires dont l’issue est plus ou moins douteuse. Satan et l’homme pourraient-ils un moment subsister devant l’éclat de l’avènement de Christ ? Il ne lui faudra pas longtemps pour accomplir sa victoire. Qui pourrait résister à sa puissance ? Le souffle de sa bouche suffit pour anéantir ses ennemis.

La bête et le faux prophète, ces deux méchants hommes, instruments de Satan, seront pris et jetés vifs dans l’étang de feu et de soufre, subissant ainsi immédiatement le châtiment d’une destruction éternelle de devant la présence du Seigneur. Le reste, je veux dire les rois qui les auront suivis, avec leurs armées, seront frappés de mort par l’épée aiguë qui sort de la bouche du vainqueur. Qu’est-ce que cette épée ? C’est la parole de jugement qu’il prononcera contre eux. Ah ! cette parole de Jésus qui maintenant vivifie ceux qui l’écoutent et produit la vie éternelle, cette même parole fera entendre le jugement de mort. Chers amis, écoutez maintenant la voix si tendre de la grâce qui vous appelle, de peur que vous n’ayez à entendre un jour la voix du jugement. Hélas ! ceux qui tomberont ainsi morts en ce jour du combat de Dieu, le Tout-puissant, se relèveront mille ans plus tard pour entendre leur jugement final devant le grand trône blanc.

Et ces temps sont proches ! Oh ! chers amis, hâtez-vous de chercher votre refuge auprès de Jésus. Fuyez, fuyez la colère qui vient. Quelle terreur saisira à ce moment les nations ! Quel soulagement pour les saints ! «Cessez», dira Jésus, l’Éternel, aux nations, «reconnaissez que je suis Dieu : je serai exalté parmi les nations, je serai exalté par toute la terre». Et les saints répondront : «L’Éternel des armées est avec nous ; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite». En effet, l’Éternel, le Dieu d’Israël, sera intervenu en leur faveur d’une manière mille fois plus éclatante qu’autrefois, en Égypte, quand il détruisit l’orgueilleux Pharaon.

Mais, mes amis, ce ne sera que le premier acte du jugement de Dieu contre le monde impie. La révolte ouverte, audacieuse, et à main armée, aura été anéantie. Mais tous les méchants, vivant encore sur la terre, n’auront pas été jugés. Il en restera qui n’auront pas été pour Christ dans ces scènes finales, qui n’auront pas prêté l’oreille aux avertissements de Dieu et à la parole des témoins de la vérité. Ceux-là doivent avoir leur tour.

Après le combat et la victoire, le Fils de l’homme venu dans sa gloire avec tous les anges, s’assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront alors assemblées devant Lui ; non pas les morts, mais les nations des vivants. Ce sera alors le jugement des vivants, dont il est souvent parlé dans l’écriture. Le jugement des morts ressuscités aura lieu bien longtemps après.

Vous vous souvenez, mes amis, que je vous ai dit que, pendant le temps où la bête régnera et où les hommes l’adoreront, il y aura de fidèles témoins d’entre les Juifs qui lui refuseront cet hommage et qui annonceront l’évangile du royaume. Les saints alors subiront une cruelle persécution. Personne ne pourra acheter ni vendre, à moins d’avoir une marque sur le front ou sur la main droite, savoir, le nom de la bête ou le nombre de son nom. Tous ceux qui n’auront pas voulu adorer l’image de la bête, devront être mis à mort. De quelle patience et de quelle foi les saints n’auront-ils pas besoin ! Ils seront persécutés, poursuivis, jetés en prison, mis à mort.

Or, quand les nations seront assemblées devant le trône de gloire de Jésus, le Fils de l’homme, elles auront à rendre compte de la manière dont elles auront agi envers les saints et les messagers de Dieu, si chers à Jésus, qu’il les appelle ses frères. Les uns auront reçu leur message et cru Dieu, et loin de les repousser et de les mépriser, ils les auront accueillis, nourris, vêtus, visités dans leurs prisons. En ce jour solennel de jugement, le Roi, Jésus, les ayant placés à sa droite, reconnaîtra ce qu’ils auront fait à ses frères comme lui ayant été fait à lui-même, et il leur dira : «Venez, les bénis de mon Père ; héritez du royaume qui vous est préparé dès la fondation du monde».

Mais pour ceux qui, sans avoir marché dans une révolte ouverte contre Dieu, n’auront montré qu’indifférence pour son message et ses appels, qui, par conséquent, n’auront point accueilli, ni soulagé ses messagers persécutés, prouvant ainsi leur insouciance et leur incrédulité envers le Roi lui-même, oh ! que leur sort sera terrible. Ils auront mieux aimé leurs aises sur la terre, ils auront craint la bête et le faux prophète, au lieu de craindre Dieu, ils auront eu honte de prendre parti pour Jésus et les siens persécutés ; ils recevront alors la rétribution qui leur sera due. Ils entendront ces paroles foudroyantes sortir de la bouche du Roi : «Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges».

Chers amis, faites bien attention à cela. Ce n’est pas seulement l’incrédulité ouverte, le blasphème et l’impiété scandaleuse qui appellent le jugement de Dieu. Vivre pour soi et pour la terre, ne pas se soucier de l’évangile, être timide, avoir honte de Jésus et des siens, dénote aussi un coeur incrédule. Or celui qui ne croit pas au Fils n’a pas la vie.

Ainsi, après cette séance solennelle de jugement, le sort final des uns et des autres sera fixé pour jamais : «Ceux-ci», dit le Seigneur, «s’en iront dans les tourments éternels, et les justes, dans la vie éternelle».

Après le jugement des vivants, s’établira sur la terre le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ ; l’Éternel sera roi sur toute la terre.

S’il plaît à Dieu, mes amis, nous parlerons une autre fois de ces temps de bénédictions.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

 

 

27                  Le royaume de l’Homme qui fut autrefois rejeté.

 

Le Seigneur Jésus, après avoir anéanti les audacieux ennemis qui auront rassemblé leurs armées contre Lui, et après avoir jugé les nations, établira sur la terre son règne de gloire, de justice, de paix et de bénédiction. Il y aura bien encore quelques tentatives faites contre le peuple de Dieu qui habitera en paix dans son pays. Ainsi certains peuples du Nord, sous la conduite de Gog, prince de Rosh, de Méshec et de Tubal, viendront pour s’emparer des richesses d’Israël. Mais ils tomberont sous le jugement de l’Éternel, et toutes les nations de la terre saisies de crainte, se soumettront quand il dira : «Cessez et connaissez que je suis Dieu».

Il y a eu plusieurs grands empires sur la terre ; vous apprenez cela dans l’histoire, mes amis. Vous avez entendu parler des empires de Nébucadnetsar, de Cyrus, d’Alexandre le Grand, et de celui des Romains ; mais aucun n’est à comparer avec celui du Seigneur Jésus qui s’étendra sur tout le globe, remplacera tous ceux qui l’ont précédé et ne sera suivi par aucun autre.

N’aimeriez-vous pas, mes amis, savoir ce que sera ce royaume du Fils de l’homme ? La parole de Dieu nous le fait connaître dans sa magnificence, et j’essaierai de vous le montrer.

La première grande bénédiction, c’est que Satan ne pourra plus exercer sa pernicieuse influence sur la terre, pendant la durée de ce règne. «Je vis un ange», dit l’apôtre Jean, «descendant du ciel, ayant la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Et il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et Satan, et le lia pour mille ans ; et il le jeta dans l’abîme et l’enferma ; et il mit un sceau sur lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis ; après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps».

Ces mille ans sont la durée du règne de Christ. Quel bonheur pour les hommes, quand ce terrible ennemi sera lié, lui, l’adversaire, le séducteur, menteur et meurtrier dès le commencement ! Cela ne changera pas les coeurs ; il faudra encore naître de nouveau et recevoir la vie de Dieu ; mais il ne sera plus là pour ôter la parole de Dieu du coeur quand elle sera annoncée ; il ne rôdera plus comme un lion rugissant, cherchant qui il peut dévorer ; il ne pourra plus, par ses ruses, égarer les coeurs. Il ne sera plus le prince de ce monde ; c’est le Prince de vie qui régnera. Oh ! quel heureux temps pour toutes les nations !

Mais il y a une nation sur laquelle Dieu a toujours les yeux. Savez-vous quelle elle est, mes amis ? Ce sont les Juifs. Bien que dispersés et méprisés, à cause de leurs péchés, ils n’ont jamais cessé, dans la pensée de Dieu, d’être son peuple. Revenus dans leur pays, ils auront passé par de terribles jours de détresse avant l’apparition du Seigneur. Ils auront crié vers l’Éternel qui les aura délivrés. Mais qui reconnaîtront-ils dans leur Libérateur ? Précisément ce Jésus qu’autrefois leurs pères ont rejeté et crucifié. «Ils regarderont vers moi qu’ils ont percé», dit l’Éternel. Oh ! quelle profonde douleur saisira leurs âmes, quand ils penseront à leur longue incrédulité et au crime affreux dont leurs pères se sont rendus coupables ! Leur douleur sera telle qu’est celle d’une mère qui a perdu son fils unique.

L’Esprit de grâce et de supplications sera répandu sur eux. Touchés de componction, ils imploreront la miséricorde divine. Comme David autrefois, ils s’écrieront : «Ô Dieu, Dieu de mon salut, délivre-moi de tant de sang !» Et Dieu répondra à leurs prières.

Ils verront que ce même Jésus, que leurs pères ont crucifié et qui disait alors : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font», est Celui qui a aboli le péché par le sacrifice de lui-même et qu’à cause de Lui, Dieu déclare à son peuple qu’il ne se souviendra plus de leur pêché et pardonnera leur iniquité. Quelle allégresse remplira alors leurs pauvres coeurs ! Leur deuil sera changé en joie et leurs pleurs en chants de louanges.

Ils s’empresseront de nettoyer leur pays de toute trace d’idolâtrie ; ils ne souffriront plus les faux prophètes et se sépareront de toute impureté. Et Dieu mettra sa loi au dedans d’eux et l’écrira dans leur coeur. Chacun n’enseignera plus son prochain ou son frère, en disant : Connaissez l’Éternel, car ils le connaîtront tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand. Et de même que Joseph fut reconnu par ses frères, ils reconnaîtront Jésus comme le roi d’Israël et s’écrieront comme autrefois les disciples : «Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au Fils de David !»

Ainsi s’accompliront les promesses de Dieu et les paroles de l’ange à Marie, touchant le petit enfant qui naquit à Bethléem et fut couché dans une crèche : «Tu enfanteras un fils et tu appelleras son nom Jésus. Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; et il régnera sur la maison de Jacob à toujours, et il n’y aura pas de fin à son règne».

Oh ! quelle merveilleuse histoire que celle de cet homme parfait qui, venu d’abord comme un pauvre petit enfant, grandit dans l’humiliation, fut rejeté et crucifié, puis ressuscita et monta au ciel ! Et c’est Lui qui en reviendra avec gloire pour régner comme roi d’Israël sur ces pauvres Juifs et dans cette ville de Jérusalem qui n’avait pas voulu le recevoir. Là il sera roi de justice et roi de paix ; rempli de majesté, il sera assis et dominera sur son trône et sera sacrificateur étant sur son trône.

Où sera placé son trône ? Dans Jérusalem, la ville du grand Roi. Cette ville tant de fois prise et saccagée sera alors rebâtie avec une magnificence sans égale, remplie d’une population nombreuse et entourée de la protection de Dieu, comme d’une muraille de feu. Écoutez ce que dit l’Écriture à l’égard de cette cité chérie de Dieu : «Les ruisseaux de la rivière réjouiront la ville de Dieu, qui est le saint lieu des demeures de l’Éternel. Dieu est au milieu d’elle ; elle ne sera point ébranlée. Ce qui se dit de toi, cité de Dieu, ce sont des choses glorieuses». L’Éternel lui dit : «Tu appelleras tes murailles SALUT, et tes portes LOUANGE» ; «Jérusalem sera appelée ville de vérité et son nom sera : L’Éternel est là».

Et dans cette ville sainte, sera rebâti le temple de l’Éternel, selon les directions divines que nous trouvons dans un prophète. Ce qui en fera la splendeur, c’est que le trône de l’Éternel s’y trouvera de nouveau. Après les péchés des Juifs, Nébucadnetsar détruisit le temple de Salomon ; mais auparavant, comme nous l’apprend le prophète Ézéchiel, la gloire de l’Éternel avait quitté le temple et la ville, et depuis elle n’y était point revenue. Mais alors, les péchés d’Israël seront pardonnés, le Roi, Fils de David, sera là, et la gloire de l’Éternel reviendra dans ce nouveau temple. Comme signe de la présence de l’Éternel, Ésaïe le prophète dit : «L’Éternel créera sur toute l’étendue du mont de Sion et sur ses assemblées, une nuée de jour avec une fumée, et une splendeur de feu flamboyant de nuit, car la gloire se répandra partout. L’Éternel lui sera pour lumière éternelle et son Dieu pour sa gloire».

Telle sera Jérusalem, la joie de toute la terre, la ville des fêtes solennelles, séjour tranquille, tabernacle qui ne sera point transporté, car c’est là que l’Éternel se montrera magnifique pour son peuple.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

28                  Le royaume de l’Homme qui fut autrefois rejeté. (suite)

 

Voyons maintenant ce que sera le peuple d’Israël lui-même sous le règne du Seigneur. Vous savez, mes amis, qu’au temps de Roboam, fils de Salomon, dix tribus se séparèrent et formèrent le royaume d’Israël. Elles furent emmenées en captivité par le roi d’Assyrie, à cause de leur idolâtrie, et jamais ne rentrèrent dans leur terre. Où se trouvent-elles ? On l’ignore, mais Dieu le sait : il saura les retrouver et les ramènera dans leur pays, et là elles seront de nouveau réunies à Juda sous la domination du même Roi, Jésus, Fils de David.

Le pays qu’habiteront les douze tribus sera beaucoup plus étendu qu’il n’a jamais été, et sera partagé entre elles. Les villes seront rebâties ; une population nombreuse les remplira. On y vivra dans une paix profonde. Partout on entendra les chants de l’allégresse ; la voix des jeunes gens et des jeunes filles retentira en accents joyeux et les places seront remplies d’enfants jouant ensemble ; et chacun se reposera sous sa vigne et sous son figuier. Quel tableau de paix et de bonheur, sans aucun sujet de crainte de la part d’aucun ennemi !

La terre sera alors d’une fertilité extraordinaire, car il n’y aura plus de malédiction. L’Éternel répandra d’en haut sa bénédiction, et ainsi s’accompliront ces paroles d’un Psaume : «Tu couronnes l’année de ta bonté, et tes sentiers distillent la graisse. Ils distillent sur les pâturages du désert, et les collines se ceignent d’allégresse. Les prairies se revêtent de menu bétail, et les plaines sont couvertes de froment ; elles poussent des cris de triomphe : oui, elles chantent». Et ailleurs, pour montrer la succession non interrompue des récoltes, le prophète dit : «Le laboureur atteindra le moissonneur, et celui qui foule les raisins atteindra celui qui jette la semence ; et les montagnes distilleront le moût, et tous les coteaux en découleront». Plus de famine, plus de disette, sous ce règne du Seigneur.

Écoutez encore, mes amis, un fait bien remarquable qui caractérisera cette époque bienheureuse : les bêtes sauvages elles-mêmes auront perdu leur férocité. Deux fois, le prophète Ésaïe le dit : «Le loup demeurera avec l’agneau, et le léopard gîtera avec le chevreau ; le veau et le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La jeune vache paîtra avec l’ourse, leurs petits gîteront ensemble, et le lion mangera du fourrage comme le boeuf. Et l’enfant qui tète s’ébattra sur le trou de l’aspic, et l’enfant qu’on sèvre mettra sa main au trou du basilic». Sous la domination du Seigneur, le dernier Adam, il en sera dans la création comme aux jours d’Éden, avant que le premier Adam n’eût péché. Ne sera-ce pas merveilleux ? Mais cela ne conviendra-t-il pas bien à la présence de Celui qui est venu pour détruire les oeuvres du diable ?

Vous rappelez-vous la vie extraordinairement longue des patriarches avant le déluge ? Elle atteignait presqu’à mille ans. Il en sera de même durant le règne du Seigneur. Écoutez encore ce que dit à ce sujet le prophète Ésaïe : «Je m’égayerai donc sur Jérusalem, et je me réjouirai sur mon peuple, et on n’y entendra plus de voix de pleurs, ni de voix de clameurs. Il n’y aura plus désormais aucun enfant né depuis peu de jours, ni aucun vieillard qui n’accomplisse ses jours, car celui qui mourra âgé de cent ans sera encore jeune ; mais le pécheur âgé de cent ans sera maudit. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre y habite ; ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit ; car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus perpétueront le travail de leurs mains». Vous voyez donc que la mort ne frappera que le pécheur obstiné, et n’eût-il que cent ans, il sera encore jeune ; mais que la règle sera la vie et non la mort, puisqu’on ne laissera pas son bien à d’autres, comme il arrive maintenant, et qu’il n’y aura plus de pleurs de deuil. Y aura-t-il donc encore des pécheurs ? demanderez-vous. Hélas ! le coeur de l’homme n’aura pas été changé ; on aura besoin, comme maintenant, du salut par le sang de Christ ; mais la justice régnera et, chaque matin, nous dit un Psaume, le Roi retranchera du pays le méchant, c’est-à-dire celui qui volontairement ne voudra pas se soumettre à son autorité.

À cette époque de gloire, il y aura encore sur la terre des nations diverses avec leurs gouvernements et leurs rois. Mais entre tous ces peuples, les pauvres Juifs, depuis si longtemps méprisés et persécutés, occuperont le premier rang, comme le dit Moïse : «Il sera à la tête et non à la queue». Les rois et les nations rechercheront leur alliance en disant : «Nous irons avec vous, car nous avons entendu que Dieu est avec vous». Comme le dit un autre prophète, en parlant à Jérusalem : «Les fils des étrangers rebâtiront tes murailles, et leurs rois seront employés à ton service. Tes portes seront continuellement ouvertes ; elles ne seront fermées ni nuit ni jour, afin que les forces des nations te soient amenées, et que leurs rois y soient conduits. Car la nation et le royaume qui ne te serviront point périront. Même les enfants de ceux qui t’auront affligée, viendront vers toi en se courbant ; et tous ceux qui te méprisaient, se prosterneront à la plante de tes pieds, et t’appelleront la ville de l’Éternel, la Sion du Saint d’Israël. Au lieu que tu as été délaissée et haïe, je te mettrai dans une élévation éternelle, et ta joie sera de génération en génération».

Telle sera la gloire de la nation d’Israël ; «aux derniers jours, la montagne de la maison de l’Éternel sera affermie au sommet des montagnes, et elle sera élevée au-dessus des coteaux».

Mais Israël, au milieu duquel habitera le Seigneur, ne sera pas seulement honoré par les nations, et une cause de bénédictions matérielles pour elles. Il sera aussi employé pour la bénédiction spirituelle des peuples. D’Israël, il est dit : «Tous tes enfants seront enseignés de l’Éternel», «et quant à ton peuple, ils seront tous justes» ; la loi de Dieu sera au dedans d’eux, écrite dans leur coeur ; ils connaîtront tous l’Éternel. De cette nation bénie sortiront des messagers qui iront de lieu en lieu annoncer la gloire de l’Éternel. Ce seront les missionnaires d’alors, et, par leur moyen, la connaissance de l’Éternel remplira toute la terre, comme le fond de la mer est couverte par les eaux.

Ainsi, mes amis, toutes les nations du monde participeront aussi à la bénédiction apportée par la présence de Jésus. C’est ce que dit Dieu par la bouche du prophète Ésaïe, en parlant de la gloire du Seigneur : «C’est peu de chose que tu me sois serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour délivrer les captifs d’Israël ; c’est pourquoi je t’ai donné pour lumière aux nations, afin que tu sois mon salut jusqu’aux bouts de la terre. Ainsi a dit l’Éternel, le Rédempteur, le Saint d’Israël, à la personne méprisée, à celui qui est abominable dans la nation, au serviteur de ceux qui dominent : Les rois le verront et se lèveront, et les principaux aussi, et ils se prosterneront devant Lui». Voilà, mes amis, qu’elle sera la gloire de Jésus de Nazareth.

Et quel sera l’effet de la prédication des missionnaires juifs ? L’idolâtrie disparaîtra de la surface de la terre, et tous les peuples reconnaîtront et adoreront l’Éternel, le vrai Dieu. «Venez», diront les peuples, «montons à la montagne de l’Éternel, à la maison du Dieu de Jacob ; et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers ; car la loi sortira de Sion, et la parole de l’Éternel sortira de Jérusalem». «Ainsi plusieurs peuples et de puissantes nations viendront rechercher l’Éternel des armées à Jérusalem et y supplier l’Éternel». «Depuis le soleil levant jusqu’au soleil couchant, son nom sera grand parmi les nations».

Alors s’accomplira la promesse faite à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta semence. Or la semence d’Abraham, c’est-à-dire sa postérité, c’est Christ.

D’ailleurs, mes amis, le Seigneur Jésus n’est pas seulement le Christ, fils de David, roi d’Israël, et la semence d’Abraham. Il est aussi le Fils de l’homme, et comme tel, il reçoit un empire qui doit s’étendre sur toute la terre ; toutes choses dans la création sont mises sous ses pieds, afin qu’il domine et répande la bénédiction sur tout. Le prophète Daniel, après que Dieu lui eut montré les quatre grands empires qui devaient se succéder sur la terre, dit : «Je regardais encore dans les visions de la nuit, et voici comme le Fils de l’homme, qui venait avec les nuées des cieux ; et il vint jusqu’à l’Ancien des jours et se tint devant Lui. Et il lui donna la seigneurie, et l’honneur et le règne : et tous les peuples, les nations et les langues le serviront : sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera point dissipé». Tel sera l’empire du Fils de l’homme autrefois méprisé et crucifié, et c’est pourquoi nous avons vu que son front porte plusieurs diadèmes, et qu’il porte le titre de Roi des rois, et Seigneur des seigneurs.

Mais combien son règne sera différent de celui de ces grands conquérants qui ont ensanglanté et dévasté la terre ! «Voici», est-il dit de lui, «un Roi régnera en justice, et les princes présideront avec équité. Et ce personnage sera comme le lieu auquel on se retire à couvert du vent, et comme un asile contre la tempête ; comme sont les ruisseaux d’eaux dans un pays sec, et l’ombre d’un gros rocher en une terre altérée». La justice pour faire droit à chacun, la protection, le rafraîchissement et le repos, oh ! ce sera toujours le même Jésus qui disait : «Venez à moi, et je vous soulagerai».

Et il sera aussi Roi de paix. «Il exercera le jugement parmi les nations et reprendra plusieurs peuples : ils forgeront de leurs épées des socs, et de leurs hallebardes des serpes ; une nation ne lèvera plus l’épée contre l’autre, et elles ne s’adonneront plus à la guerre. Mais chacun s’assiéra sous sa vigne et sous son figuier, et il n’y aura personne qui les épouvante».

Tel sera le règne du Seigneur, mes amis, et cette période de paix, de bonheur, de bénédiction où les soupirs de la création auront cessé, durera mille ans. C’est en la voyant d’avance, que le Psalmiste s’écrie : «L’Éternel règne ; que la terre s’égaye, que les îles nombreuses se réjouissent ! Dites parmi les nations : L’Éternel règne ! Aussi le monde est affermi, il ne sera pas ébranlé. Il exercera le jugement sur les peuples avec droiture. Que les cieux se réjouissent, et que la terre s’égaye ; que la mer bruie, et tout ce qui la remplit ; que les champs se réjouissent et tout ce qui est en eux ! Alors tous les arbres de la forêt chanteront de joie, devant l’Éternel ; car il vient ; car il vient pour juger la terre : il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa fidélité».

Et nous, mes amis, nous pouvons répéter ces versets du cantique :

 

Tout mon coeur s’enflamme

Lorsque je te vois,

Des yeux de mon âme,

Ô grand Roi des rois !

Régner en puissance

Sur tout l’univers,

Et, par ta présence,

Briser tous les fers.

 

Ta tendresse extrême

Remplira les coeurs

Des saints, dont toi-même

Essuieras les pleurs.

Aux aimables rives

L’Agneau les paîtra,

Le fleuve d’eaux vives

Les abreuvera.

 

 

Seigneur ! quand sera-ce

Que ces temps heureux

Où luira ta face

Combleront nos voeux ?

Ton épouse crie :

«Viens, Prince de paix !

Viens, Prince de vie,

Régner à jamais !

Régner à jamais!

 

Bonne Nouvelle 1884

 

29                  Les derniers jours de cette terre.

 

Chers amis, avez-vous lu avec attention ce que je vous ai dit les dernières fois ? Votre coeur n’a-t-il pas été ravi en voyant la terre, maintenant remplie de douleurs, mais alors heureuse sous le règne de Jésus ? Vous rappelez-vous la gloire des saints, et leur bonheur en haut dans la sainte cité où se trouve le trône de Dieu et de l’Agneau, et ainsi toutes choses étant réunies en un, en Christ, la joie et les actions de grâces s’élevant partout à Dieu comme un parfum ?

Comment supposer qu’un tel bonheur pourra être troublé sur la terre ? Les hommes ne devront-ils pas être tellement heureux sous la domination juste du Prince de la paix, qu’ils n’auront pas même la pensée de vouloir s’y soustraire ?

Mes chers amis, il y a une grande leçon que nous avons à apprendre, et qui nous est enseignée depuis le commencement de la Bible jusqu’à la fin. C’est que le coeur naturel reste toujours le même : les plus grandes bénédictions ne le changent pas, ne l’améliorent point ; l’homme peut en jouir, mais son coeur naturel, ce que la parole nomme la chair, n’est pas changé.

Ainsi les Israélites avaient été sauvés du jugement en Égypte, conduits à travers la mer Rouge, nourris et abreuvés au désert où Dieu habitait au milieu d’eux. Ils avaient entendu sa voix sur le mont Sinaï. Dieu ensuite les avait introduits dans le bon pays de Canaan, et que firent ils ? toujours ils se montrèrent désobéissants et rebelles.

Les Juifs eurent au milieu d’eux le Fils de Dieu lui même, plein de grâce et de vérité, de compassion et d’amour. Leur coeur fut-il changé ? Qu’ont-ils fait ? Ils ont crucifié le Seigneur de gloire.

Ensuite le Saint Esprit a été envoyé du ciel ; la parole du salut par grâce a été annoncée et l’est encore ; les hommes sont-ils meilleurs ?

Non, mes chers amis ; dans tous les temps, il y a une chose qui est et reste absolument nécessaire, c’est la nouvelle naissance, car ce qui est né de la chair est chair. Le Seigneur Jésus l’a dit : Il vous faut naître de nouveau. Sans cela l’homme reste le même : la chair est inimitié contre Dieu.

Et cela a amené et amène toujours le jugement.

Maintenant je voudrais vous demander : Qui est-ce qui a ainsi poussé les Israélites à se révolter, les Juifs à crucifier Jésus, et de nos jours les chrétiens de nom à ne pas recevoir le salut et à rejeter Christ ? C’est celui qui a fait tomber Adam dans le paradis terrestre ; c’est l’ennemi de Dieu et des hommes, Satan qui séduit l’homme, qui s’empare de son méchant coeur et le fait se révolter contre Dieu.

Mais, direz-vous, sous le règne de Jésus, Satan sera lié. C’est vrai, mes amis, aussi pendant ce temps-là, tous les hommes se soumettront à Christ ; mais les uns le feront du coeur, ceux qui seront nés de nouveau ; les autres, des lèvres et extérieurement, car il le faudra. La justice régnera et le méchant, qui se manifestera tel, sera retranché.

Cela durera mille ans, mais au bout des mille ans, il faut que Satan soit délié. Alors se fera l’épreuve de ce qui est réel et de ce qui n’est qu’apparence. Dieu, dès le commencement, a toujours mis l’homme à l’épreuve, afin que l’on sût ce qu’il y a en lui.

Que fait Satan quand il est délié ? Il vient, le même qu’avant d’être jeté dans l’abîme, avec sa méchanceté et sa ruse. Et quel est le résultat. Les hommes résisteront-ils à ses séductions ? Hélas ! mes amis, c’est son dernier effort, mais comme il avait réussi autrefois en Éden, quand l’homme jouissait de tout ce que Dieu avait créé pour lui, il réussit sur la terre couverte des bénédictions du règne de Christ.

Comment Satan agit-il et parvient-il à séduire les nations ? Cela ne nous est pas dit en détail ; il vient pour égarer, et il trouve des coeurs prêts à écouter ses conseils rusés. Il agit comme toujours. Pendant le règne de Christ, vous vous le rappelez, mes amis, il y a un peuple cher à Dieu, un peuple de saints, et une cité bien-aimée, Jérusalem. Ce peuple a la prééminence, il est à la tête des nations. Les richesses et la gloire sont à lui d’une manière excellente, et la cité est la métropole de la terre. Les nations doivent monter là pour apporter leurs tributs et adorer le seul Éternel ; les nations et leurs rois n’ont plus la première place.

Alors Satan souffle dans les coeurs l’esprit d’indépendance, de révolte et d’envie. On ne veut plus du joug que l’on a porté, être soumis à Christ comme on l’a été. On veut jouir pour soi-même. C’est le même coeur, vous le voyez, chers amis, c’est la même histoire qu’autrefois. Après le déluge comme avant, après Christ comme pendant qu’il était sur la terre, après le millénium comme avant *, le coeur de l’homme, poussé par Satan, dit : «Rompons leurs liens, secouons leurs chaînes, soyons les maîtres. Abaissons cette cité orgueilleuse qui veut dominer, détruisons ce peuple qui se vante d’être saint et cher à Dieu, emparons-nous de leurs richesses. Tout sera à nous sur une terre heureuse». Ce sont les mêmes pensées qu’aujourd’hui, les mêmes principes que de nos jours. Et qui sait si l’homme, oubliant qu’il doit tout à Christ, ne se vantera pas d’avoir amené, par ses efforts, la prospérité merveilleuse dont aura joui la terre durant mille années.

 

*  Lisez Ézéchiel 38, 39 ; ceci a lieu avant le millénium.

Et alors, mes amis, conduites par Satan, malgré la gloire de Dieu à Jérusalem sur la terre, et la gloire de Dieu dans la cité céleste rayonnant d’en haut, les nations (car on s’habitue à tout, et cela montre ce qu’est le coeur) s’assembleront pour un dernier combat. C’est la dernière et suprême révolte contre Dieu.

Ce sont les nations qui sont aux quatre coins de la terre, ils sont en nombre comme le sable de la mer, et ils oseront, dans leur impiété, monter contre ce pays, sur lequel Dieu a les yeux, contre cette cité bien-aimée, que Dieu lui-même aura restaurée. Ce n’est pas la cité céleste, ils n’y peuvent atteindre. Ils iraient bien jusque-là s’ils le pouvaient, mais Satan a été chassé du ciel pour jamais. La multitude de leurs armées enveloppe le camp des saints. Qui pourra leur résister ? Ils marchent contre un peuple sans défense.

En effet, les saints ne peuvent résister, les portes de Jérusalem sont ouvertes ; mais quelqu’un intervient. C’est Celui qui a dit à Jérusalem : «Nulles armes forgées contre toi ne subsisteront». Le dernier combat contre Dieu est une dernière défaite pour Satan et pour l’homme pécheur ; c’est une ruine totale pour les combattants et leur chef. Le feu du ciel les dévore ; c’est Dieu qui agit. Ils périssent sur la terre, ils meurent sous le jugement. Et Satan ? Lui ne peut mourir, mais son règne, sa puissance et son histoire sont finis pour jamais. Il va dans l’étang de feu, dans le feu éternel qui lui était préparé et à ses anges. Il y est jeté par la puissance irrésistible de Dieu et va y retrouver ceux qui, sur la terre, avaient été ses actifs instruments : la bête et le faux prophète.

Et c’est ainsi que se termine l’histoire de cette terre, mes amis. Nous en savons plus par la parole de Dieu que tous les savants et les politiques du monde. Les premiers jours de cette triste histoire, de même que les derniers, sont marqués par la révolte de l’homme. Cette terre a été ainsi souillée par le péché. Même la puissance de Christ, régnant en justice et apportant la bénédiction, n’avait pas changé ce fait. La terre était souillée par l’homme pécheur. Elle aussi doit être changée ; toutes choses doivent être faites nouvelles. Mais comment cela a-t-il lieu ? Je vous le dirai une autre fois, s’il plaît au Seigneur.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

30                  Le jugement dernier, ou le jugement des morts.

 

Vous rappelez-vous, mes amis, ce que je vous ai dit sur le moment où le Fils de l’homme, Jésus, viendra et s’assiéra sur le trône de sa gloire ? Les nations seront assemblées devant Lui et Il les jugera. Il donnera le royaume et la vie éternelle aux uns ; aux autres les peines éternelles. C’est le jugement des vivants, après lequel viendra l’heureuse époque du règne de Christ sur la terre durant mille ans.

J’ai maintenant à vous parler d’une dernière scène qui concerne ce monde. Je vous ai raconté la dernière révolte des hommes contre Dieu. Les méchants ont été consumés par le feu du ciel ; Satan a été jeté dans l’étang de feu et de soufre avec la bête et le faux prophète, et c’est pour jamais. Dans le ciel sont les saints d’en haut, sur la terre restent les saints, les fidèles, qui ont traversé les temps du règne de Christ, dans la terre sont les morts.

Et qui sont ces morts ? Ce sont ceux qui n’ont pas été ressuscités dans la première résurrection, parce qu’ils n’avaient pas la vie de Dieu ; les morts depuis le commencement du monde jusqu’à l’ascension de Christ ; ceux qui, depuis ce moment jusqu’à l’enlèvement des saints, n’auront pas voulu recevoir Jésus ; ceux qui, après cette période, auront adoré la bête et auront été frappés par l’épée sortant de la bouche de Celui qui viendra du ciel, et enfin ceux que nous venons de voir périr dans la dernière révolte.

Car, mes amis, ce qui attend tout homme qui n’est pas sauvé, c’est la mort, et après — le JUGEMENT. Or c’est le jugement final, le jugement dernier qui s’exerce sur les MORTS. Ils sont morts — leur corps est dans la terre, leur esprit attend dans le lieu invisible.

Dans ce que j’ai à vous dire, le temps des morts est venu, le temps où ils doivent être jugés. C’est tout ce qui reste à faire pour terminer l’histoire de cette pauvre terre.

Un TRÔNE est dressé pour le juge, — un grand trône blanc, — symbole de pureté et de sainteté, éblouissant de la lumière qui découvrira tout pour le jugement. Où est dressé ce trône ? Dans aucun lieu terrestre, car devant la face de Celui qui est assis sur le trône de jugement, la terre et le ciel que le péché a souillés, ne sauraient subsister. La terre est brûlée avec les oeuvres qui sont en elles, fruits du travail de l’homme pour sa gloire et ses plaisirs ; les cieux en feu sont dissous. Tout ce vaste édifice fait d’abord pour l’homme, et que l’homme a souillé, s’évanouit par suite du jugement qui les atteint d’abord.

Et quel est CELUI qui siège sur le trône ? C’est Celui à qui tout jugement a été donné, Celui que les hommes ont rejeté, quand il venait ici-bas plein de grâce et de vérité, Celui qu’ils rejettent maintenant que, depuis la gloire où il est, il agit par le Saint Esprit, qu’ils rejetteront même quand il aura régné sur la terre ; c’est Celui-là, contre qui l’homme s’est toujours rebellé, mais que Dieu a toujours honoré. C’est le FILS DE L’HOMME qui a été mort, mais qui est vivant aux siècles des siècles. Ciel et terre ont disparu, et le JUGE, dans sa majesté suprême, s’est assis sur le grand trône blanc au milieu d’un silence solennel. Les mille bruits de la nature ou du travail ou du plaisir des hommes ont cessé.

Quels sont ceux qui comparaissent devant le Juge ? LES MORTS. Tous les saints morts en Christ ont été ressuscités ; tous les vivants qui ont cru en Lui sont avec eux, glorifiés ; ils sont avec Lui, près de Lui, dans une sécurité parfaite. Ils ne viendront pas en jugement. Il ne reste que les morts, ceux qui, sur la terre, étaient morts dans leurs fautes et dans leurs péchés, et sont descendus tels dans le sépulcre. Eux aussi ont entendu à la fin la voix du Fils de Dieu, sa voix puissante qui ressuscite les morts. Elle s’est fait entendre dans leurs sépulcres où gisent leurs corps, dans le sombre domaine de la mort ; elle a retenti jusque dans les profondeurs de la mer ; le lieu invisible où sont les âmes des morts l’a entendue. Et TOUS REPRENNENT VIE, les grands et les petits, nul n’est oublié, et les voilà tous devant le Juge. Terre et ciel ont disparu ; ils sont là seuls. Pas un endroit pour se cacher, pas un objet pour se distraire, pas un avocat pour plaider leur cause, pas un regard pour les encourager. La puissance de Dieu, dont ils faisaient peu de cas sur la terre, les a amenés là et les y retient. Le trône, le grand trône blanc, dans sa pureté parfaite, les inonde de sa lumière ; le regard du Juge, semblable à une flamme de feu, les pénètre ; ils sont là, devant Lui, et ils ATTENDENT. Oh ! quel moment solennel et redoutable !

La séance de jugement commence : les LIVRES sont ouverts. Quels sont ces livres ? Les livres de mémoire de Dieu. Toutes les pensées, toutes les paroles, tous les actes les plus secrets de la vie de chacun sont là enregistrés. Rien n’est oublié ; c’est Dieu lui-même qui a tout lu au fond des coeurs, qui a tout vu, tout entendu et tout enregistré. Elles sont là pour chacun des hommes, ces pages noires de leurs péchés, parmi lesquels le plus noir, le plus affreux de tous, est d’avoir méprisé les appels de sa grâce. Oui, chacun y a sa page ; elle s’écrit maintenant, mes amis.

N’y a-t-il donc aucun moyen pour qu’elles soient blanchies, pour que ce compte terrible soit annulé ? Oui, MAINTENANT ; dans ce jour de grâce qui dure encore, mes amis. LE SANG DE JÉSUS-CHRIST PURIFIE DE TOUT PÉCHÉ. S’il passe sur la page noire de vos péchés, il n’en reste aucune trace, elle devient plus blanche que la neige, car Dieu lui-même déclare : «Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés, ni de leurs iniquités». Et comment ce sang précieux peut-il ainsi effacer mes péchés ? Si tu crois en Jésus, mon ami. Dès que tu es venu à Lui, la page est blanchie.

 

Il EFFACE, Il efface

Tes péchés AUJOURD’HUI.

Ce jour est le jour de grâce :

AUJOURD’HUI viens à Lui.

 

Mais devant le grand trône blanc, c’est TROP TARD. Les pages sont là, ces morts n’ont pas cru, sans quoi ils seraient vivants, ils n’ont pas voulu de ce sang précieux. Leurs péchés subsistent : ils les voient, ils les lisent, ils se souviennent : ils ne peuvent autrement que SE SOUVENIR de TOUS leurs péchés. Il n’y a plus rien là pour se distraire, pour s’étourdir, pour se faire illusion. C’est la réalité ; on ne peut plus là s’aveugler mutuellement, se moquer, s’affermir l’un l’autre dans l’incrédulité. On ne peut plus douter devant le grand trône blanc. Ah ! pourront dire ces âmes, c’est là ce Christ dont je n’ai pas voulu ! J’ai préféré mes plaisirs, ma propre volonté, à sa croix, à son amour ! Et le voilà, mon Juge ! Oui, il sera là comme Juge ; il n’y aura plus lieu à la miséricorde et à la grâce. La grâce a fini de s’exercer, et ceux qui seront devant le grand trône blanc, reconnaîtront que c’est justice. Les livres et leur conscience les accuseront.

Et un autre livre sera ouvert. C’est LE LIVRE DE VIE. Bienheureux ceux dont les noms y sont écrits ; ils n’ont rien à redouter du jugement. Mais qui a son nom écrit sur ses pages bénies ? Ceux-là seuls qui ont la vie, la vie de Dieu, la vie éternelle. Et comment a-t-on cette vie ? En croyant au nom du Fils de Dieu. Oui, chers amis, dès qu’un pauvre pécheur est venu à Jésus pour être sauvé, son nom est écrit dans ce livre d’où nulle puissance ne peut l’effacer. IL EST PASSÉ DE LA MORT À LA VIE.

Mais ces morts qui sont devant le grand trône blanc n’ont aucune part dans le livre de vie. Ici-bas ils n’ont pas voulu venir à Christ pour avoir la vie ; leur nom, dans ce dernier jour, ne se trouve pas écrit dans le livre de vie : TOUTE ESPÉRANCE EST PERDUE.

Oh ! terrible certitude ! Qu’ils voudraient pouvoir mourir ! Mais c’est impossible. Il n’y a plus de mort, plus de lieu invisible où les âmes vivent séparées du corps, en attendant la résurrection. Ces morts ont été ressuscités pour la résurrection de jugement ; la mort et le lieu invisible ont été jetés dans l’étang de feu et de soufre, détruits pour jamais, et ceux qui sont devant le grand trône blanc, quoique morts pour Dieu et pour le bonheur, vivent, mais c’est pour le désespoir éternel.

Une main puissante, irrésistible, les saisit, et ils sont jetés dans l’étang de feu et de soufre. Ils subissent la peine d’un jugement éternel, la SECONDE MORT ; non anéantis, mais séparés et éloignés pour toujours de Dieu, duquel la face est un rassasiement de joie.

Telle est la fin et de ce monde et de son prince, et de tous ceux qui ont suivi et servi le prince de ce monde. Ô mes chers amis, fuyez, fuyez la colère à venir ; AUJOURD’HUI, tandis qu’il est temps, VENEZ À CHRIST.

Et les autres, ceux qui étaient dans le ciel et les saints qui étaient sur la terre, que deviennent-ils ? Nous le verront une autre fois, si Dieu le permet.

 

Bonne Nouvelle 1884

 

 

31                  L’état éternel — Quand le Fils aura remis le Royaume à Dieu le Père

Il y a déjà longtemps, mes chers amis, que j’ai commencé à vous raconter l’histoire merveilleuse du Fils de Dieu devenu un homme, depuis le moment où, comme petit enfant, il naquit dans le monde et fut couché dans une crèche.

Nous l’avons suivi ensemble dans son humble chemin sur la terre, chemin d’amour et de sainteté, jusqu’à la croix où la méchanceté des hommes l’a cloué, et où il est mort pour nos péchés.

Ensuite, nous l’avons vu ressuscité, et montant au ciel, s’asseoir à la droite de Dieu, où il est maintenant couronné de gloire et d’honneur, et attendant que Dieu mette sous ses pieds ses ennemis et établisse son règne sur la terre.

Je vous ai parlé de ce règne de bonheur et de justice qui durera mille ans sur cette terre, mais qui aussi prendra fin.

Alors les derniers ennemis seront vaincus. Le diable sera jeté dans l’étang de feu et de soufre, et les morts, jugés devant le grand trône blanc, iront l’y rejoindre.

Un autre grand fait sera accompli, la MORT ne sera plus. Comme le dit l’apôtre Paul : «Le dernier ennemi qui sera aboli, c’est la mort». Pour le chrétien, mes amis, la mort n’a plus de terreur ; c’est un ennemi vaincu. Mais il n’est pas encore aboli. Jusqu’à la fin des mille ans, il est là. Mais comme je vous l’ai dit, la mort sera aussi jetée dans l’étang de feu et de soufre. Elle ne sera plus. Elle n’était déjà plus pour les sauvés, elle ne sera plus pour les autres. Ils vivront, mais hélas ! loin de Dieu pour toujours, dans l’étang de feu et de soufre.

Mais qu’arrivera-t-il alors ? Les voies de Dieu seront terminées pour la terre et le ciel actuels, ils auront disparu. Le Seigneur Jésus, le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme, aura accompli ce qui était dans les pensées de Dieu. Venu sur cette terre, il y a été obéissant jusqu’à la mort de la croix et est devenu le SAUVEUR. Venu pour régner sur Israël, il a été rejeté, et Dieu l’a fait asseoir sur son trône dans le ciel et Lui a donné la domination universelle. Tout a été mis sous ses pieds et tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, se ploiera devant Lui. Mais après le jugement devant le grand trône blanc, son règne aussi prendra fin, il remettra le royaume au Père, et Lui-même sera aussi assujetti à Celui qui lui a assujetti toutes choses.

Qu’y aura-t-il alors ? La parole de Dieu nous le dit, mes amis. Il y aura une nouvelle création. Dans la première création, Dieu avait d’abord fait et orné les cieux et la terre, puis il avait formé le premier homme pour y habiter.

Le ciel et la terre de la nouvelle création n’existent pas encore, mais le fondement en est posé. C’est Christ, le second homme, le nouvel homme. Et tous ceux qui appartiennent au Seigneur Jésus font déjà partie de la nouvelle création, comme dit l’apôtre Paul : «Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création ; les choses vieilles sont passées ; voici toutes choses sont faites nouvelles». Le nouvel homme est créé selon Dieu en justice et sainteté de vérité, et le chrétien a revêtu le nouvel homme. Plus tard, les saints auront aussi des corps incorruptibles.

Ainsi, chose merveilleuse ! les futurs habitants de la création nouvelle sont formés d’avance. Mais il leur faut une nouvelle demeure. La terre et le ciel d’à présent auront disparu, alors Celui qui est assis sur le trône dira : «Voici, je fais toutes choses nouvelles», et il fera en effet des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habitera, une terre appropriée à ces hommes justes et saints , faits selon l’image de Dieu et revêtus de corps incorruptibles.

C’est ce que l’apôtre Jean nous montre : «Je vis», dit-il, «un nouveau ciel et une nouvelle terre ; car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés, et la mer n’est plus». C’est donc quelque chose de tout nouveau, qui ne ressemblera en rien à la terre actuelle, dont les trois quarts sont recouverts par la mer.

Comment sera-t-elle, cette terre ? La parole de Dieu, mes amis, qui nous décrit tout au long la création de la lumière, du firmament, et de ce qui couvre cette terre-ci, ne nous dit rien de ce qui distinguera extérieurement la nouvelle terre, je ne puis donc rien vous en dire. L’important, et ce que je sais avec une entière certitude, c’est que le bonheur de ceux qui y habiteront sera parfait.

Ce bonheur résultera de deux choses. La première, c’est l’absence du mal. Il n’existera pas sur cette terre nouvelle : la justice y habitera. Les premières choses sont passées. Ces premières choses, c’était le péché qui séparait de Dieu, la source du bonheur, c’était le tourment, l’angoisse, le trouble et la mort, fruits du péché. Mais tout cela aura disparu pour jamais. Là, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, la mort ne sera plus. Christ a ôté le péché, il a aboli la mort. S’il y a un souvenir des douleurs passées, l’amertume en sera effacée, les pleurs seront essuyés de leurs yeux par Dieu lui-même. Quelle tendresse, quel amour, de la part de Dieu ! Quelle ineffable jouissance pour les saints !

Une seconde chose constituera le bonheur, le bonheur suprême et indicible, c’est la présence de Dieu, Dieu lui-même : «Et j’ouïs», dit Jean, «une grande voix venant du ciel, disant : Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux». Sur cette terre bénie il n’y aura plus, comme aujourd’hui, de nations diverses, séparées par les langues, les coutumes, et hélas ! des haines profondes. Cela aussi est un fruit du péché. Il n’y aura plus, comme sur la terre milléniale, des Juifs distincts des autres nations. Il y aura des hommes, des hommes saints, justes de la justice divine, avec lesquels Dieu prendra son plaisir, et ils seront tous son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu.

Sur la première terre, en Éden, Dieu venait visiter l’homme mais n’habitait pas avec lui. Plus tard, sur la terre souillée, Dieu, dans sa grâce, daignait condescendre à venir sous la tente d’Abraham son ami, mais il ne demeurait pas avec lui. Au désert ou en Canaan, Dieu avait un sanctuaire où il habitait, mais il y restait caché, et c’était pour les Juifs seuls. Actuellement, par son Esprit, il habite dans les chrétiens et dans l’Église, mais le monde ne le connaît pas.

Sur la terre nouvelle, rien ne limitera la bénédiction, tous y auront part ; il y aura un seul peuple et Dieu avec eux, leur Dieu ; Dieu TOUT EN TOUS. Dieu habitera pour toujours avec eux, Lui le Dieu bienheureux, la source du bonheur. Une allégresse éternelle remplira leur coeur ; un ravissement ineffable dans la lumière, la sainteté, la justice et l’amour, sera leur partage.

Et quel sera le temple où, sur cette terre bienheureuse, Dieu habitera au milieu des hommes ? Il y a une chose, mes amis, à laquelle Dieu a pensé de toute éternité, pour la gloire de son bien-aimé Fils ; elle se forme maintenant et durera éternellement, à part, céleste et distincte de tout : c’est l’Église et c’est elle qui sera l’habitation de Dieu sur la nouvelle terre.

Actuellement les saints sur la terre, édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, sont l’habitation de Dieu par l’Esprit. Quand Jésus vient, tous s’en vont avec Lui, réunis avec ceux qui sont morts en Lui, mais qui ressuscitent à sa venue. Ils ne cessent pas pour cela d’être l’habitation de Dieu ; c’est une chose éternelle. Vous vous rappelez, mes amis, ce que je vous ai dit de la sainte cité, qui est en même temps l’Épouse de l’Agneau, c’est l’Église. Jean nous la montre, après les mille ans du règne de Christ, quand il y a un ciel nouveau et une terre nouvelle. Elle n’a pas changé, elle n’est pas vieillie, elle est aussi jeune, aussi pure, aussi belle, qu’au commencement. «Je vis», dit l’apôtre «la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari». C’est là l’habitation de Dieu avec les hommes, où il déploie sa gloire à leurs yeux, d’où coule pour eux la bénédiction et le bonheur, et elle vient sur la terre, la terre nouvelle où la justice habite, afin que Dieu soit là, au milieu des hommes, son peuple. Le ciel et la terre sont ainsi réunis en Dieu pour toujours, dans une félicité sans fin. Et l’Église, vase de la gloire, reste pour l’éternité, le canal des bénédictions divines.

Mes chers amis, nous ne pouvons rien imaginer de plus grand et de plus précieux que ces paroles : «Voici, l’habitation de Dieu est avec les hommes». Tous les plans de Dieu sont accomplis, le désir de son coeur est satisfait : être avec les hommes selon sa nature sainte, et les rendre parfaitement heureux par sa présence. Et rappelons-nous bien que tout cela est le résultat de l’oeuvre du Seigneur Jésus sur la croix. Il n’y a pas un seul de ceux qui seront sur cette terre heureuse qui ne s’y trouve en vertu du sang de Christ. L’Église, aussi, ne possède sa beauté sans tache et sa place bénie que parce que Christ l’a aimée et s’est livré lui-même pour elle. À Lui toute gloire !

Et vous êtes invités, mes chers amis, à venir prendre votre place dans cette gloire. Jésus dit : «À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de l’eau de la vie». «Que celui qui a soif vienne». Mais il faut aussi combattre et vaincre, et pour cela Dieu nous donne sa force.

Hélas ! mes amis, il y a une autre chose qui demeurera pour l’éternité, et je ne puis faire autrement que vous en parler, puisque la parole de Dieu nous le dit. Cette chose terrible, c’est l’étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort. Là seront pour toujours, loin du bonheur ineffable de la présence de Dieu, les timides, les incrédules, tous les menteurs..., tous ceux dont les péchés n’auront pas été lavés dans le sang de Christ.

Où serez-vous ?

 

 

Bonne Nouvelle 1885