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UN MOT ENCORE SUR PHILADELPHIE

 

André Gibert

ME 1977 p. 24-26

 

 

Il est bien reconnu que les états de l’histoire de l’Église représentés par les quatre dernières assemblées d’Apoc. 2 et 3 apparaissent successivement et coexistent jusqu’à la venue du Seigneur. Philadelphie sera enlevée avant «l’heure de l’épreuve», alors que Thyatire, Sardes et Laodicée continueront à professer un christianisme sans Christ et sans vie dont Babylone sera la commune et finale expression, avec pour fin la destruction, consommée immédiatement avant l’apparition du Seigneur en gloire.

Mais un point sur lequel on ne s’arrête peut-être pas assez est que Philadelphie est la seule des quatre à laquelle l’Esprit s’adresse comme à un tout. Il n’est pas question chez elle d’«autres» comme à Thyatire, de «quelques-uns qui n’ont pas souillé leurs vêtements» comme à Sardes, ni de «quelqu’un» entendant la voix de Celui qui frappe à la porte comme à Laodicée. Que les fidèles distingués de la masse dans ces trois assemblées participent à l’enlèvement, aucun doute, pas plus que pour les fidèles des époques précédentes ni que pour les saints des autres dispensations. Mais c’est dans Philadelphie seule que le Seigneur qui va venir voit l’Assemblée comme telle, sans résidu distinct. Il en était ainsi pour les trois premières assemblées (qui représentent des états historiquement révolus) ; l’Église y était vue d’ensemble, appelée globalement soit à se repentir (Éphèse, Pergame), soit à souffrir (Smyrne). Avec Philadelphie le Seigneur a devant lui l’ensemble de ceux qui, sortis de Thyatire et de Sardes (celle-ci sortie déjà de Thyatire), dans la faiblesse et sous l’opprobre ne renient pas son nom, gardent sa Parole, et l’attendent, au milieu de l’apostasie mûrissante. Tel autrefois en Israël le résidu pieux de Luc 1 et 2. Lui seul les connaît tous, soit individus dispersés comme des corps étrangers au sein des multiples dénominations ecclésiastiques, soit rassemblés çà et là en dehors de la synagogue de Satan. Il en a été ainsi dès le Réveil, dont Lui seul aussi sait quand, où et comment l’Esprit a opéré pour le produire et en étendre les effets. Et il en sera de même jusqu’à l’enlèvement. Ils forment une compagnie dont l’ensemble est indiscernable, pour d’autres yeux que les siens, associée à Lui-même et non au monde, et qui reçoit de Lui promesses, encouragements et exhortations. Il s’adresse à elle comme à son assemblée. De sorte qu’un groupement qui prendrait le nom de Philadelphie ne pourrait qu’être en contradiction avec l’état philadelphien : il affirmerait avoir de la force, alors qu’un des caractères fondamentaux de Philadelphie est d’avoir peu de force. D’un autre côté, tout corps particulier qui se dit Église fragmente l’unité du seul corps de Christ ; mais les principes de cette unité demeurent, et tout rassemblement réellement effectué au nom du Seigneur est appelé à témoigner de cette unité qui existe, mais qui est en Christ et seulement en Christ, assurée par son Esprit et exprimée à sa Table. Bien saisir cela nous fera sentir plus fortement la portée de la promesse : «Je te garderai de l’heure de l’épreuve», comme de l’avertissement qui accompagne le «Je viens bientôt» : «Tiens ferme ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne». Et n’est-ce pas dans la jouissance plus profonde de l’amour du Seigneur pour son Assemblée dans la faiblesse que se développera cette «affection fraternelle» inséparable d’un témoignage philadelphien ? Rien de plus opposé à l’esprit sectaire.

Laodicée, elle, qui apparaît comme la réaction de la chrétienté professante au Réveil philadelphien, ajoute au traditionalisme de Thyatire et à celui de Sardes le modernisme qui tient Christ dehors. Philadelphie ou Laodicée : qu’en est-il de nous ?