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SACRIFICATURE ET SACRIFICATEURS

 

 

André Gibert

 

Table des matières :

1     Source et fonction de la sacrificature

2     Sacrificature et sacrificateurs dans l’Ancien Testament

3     Christ sacrificateur

3.1      Selon l’ordre de Melchisédec

3.2      Sacrificature actuelle

3.3      Christ souverain sacrificateur des chrétiens, eux-mêmes sacrificateurs

3.4      Les sacrificateurs ont eux-mêmes besoin d’un sacrificateur

3.5      Perfection de la sacrificature de Christ

3.6      Chercher à saisir la grandeur

 

 

Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest ; ME 1985 p. 29

 

1                    Source et fonction de la sacrificature

Le but de la sacrificature est de mettre des hommes en relation avec Dieu. Cet office est fondé sur l’oeuvre de Christ et l’opération de l’Esprit de Dieu, sans quoi il ne saurait y avoir de relation entre Dieu, le Dieu saint, et l’homme pécheur, et personne ne serait régénéré. Il est exercé par des hommes, les anges ne sont pas sacrificateurs. Il implique une mise à part, selon le libre choix de Dieu. «Nul ne s’arroge cet honneur, mais seulement s’il est appelé de Dieu» (Héb. 5:4). La prétention humaine peut aspirer indûment à la sacrificature, on le voit dans l’Ancien Testament avec Coré, le roi Ozias. Mais c’est le propre de toute religion de la chair, et le cas des formes religieuses qui, méconnaissant la «sainte sacrificature» de tous ceux qui «ont goûté que le Seigneur est bon», veulent établir des intermédiaires. Sans parler des cultes de faux dieux et de leurs sacrifices (Genèse 41:45 ; 2 Rois 11:18 ; Exode 2:16, etc., Actes 14:13).

La sacrificature comporte essentiellement des dons (ou offrandes) et des sacrifices (Héb. 8:3). La relation à la fois fondamentale et suprême qu’elle assure et maintient est en effet l’adoration : des hommes rendus capables de rendre culte à Dieu ! (Héb. 10:2 ; Phil. 3:3 ; Ézéchiel 46:2). L’expression finale en Israël, selon la loi de Moïse, était d’offrir, après l’holocauste consumé sur l’autel d’airain, l’encens sur l’autel d’or, l’un et l’autre d’agréable odeur à l’Éternel (Deut. 33:10), de même que l’offrande de gâteau sur lequel fumait l’encens. Les sacrifices du temps présent sont des sacrifices spirituels, «de louanges... le fruit des lèvres qui confessent son nom» (Héb. 13:15), et d’autre part le «sacrifice vivant» du corps du croyant, présenté en «service intelligent», lui est agréable (Rom. 12:1).

(*) Notre propos est l’exposition simple de vérités familières, nous l’espérons, à beaucoup de nos lecteurs, mais qu’il est utile de rappeler.

 

Mais l’homme étant pécheur ne saurait être approché de Dieu sans un sacrifice pour le péché. Une victime figurait à l’avance le sacrifice de Christ, maintenant accompli pour jamais, «une fois pour toutes». Il ouvre le chemin à l’adorateur, assure son approche (Héb. 10:16-20). Et enfin le croyant ici-bas, faillible et toujours exposé à la souillure, a besoin que soit toujours rappelée devant Dieu la valeur de cette offrande de Christ, par laquelle il est sanctifié, rendu propre à se présenter devant Dieu : un tel rappel fait partie des fonctions de sacrificateur, et c’est ce que fait pour nous l’intercesseur divin, Christ lui-même. Cette intercession a lieu, non pour obtenir au croyant la justice et la paix avec Dieu — elles lui sont acquises sans retour, par la rédemption — mais pour l’en faire jouir effectivement dans ce corps mortel.

 

2                    Sacrificature et sacrificateurs dans l’Ancien Testament

La sacrificature a donc présenté des caractères différents, selon le déroulement sur la terre des voies de Dieu préparées dans le lieu saint (Ps. 77:13).

Les patriarches offraient des sacrifices — appelés ordinairement holocaustes sauf en Gen. 31:54 et 46:1 — soit pour eux-mêmes, soit pour leur famille, soit pour d’autres personnes (Job 1:5). Il s’agit toujours de sacrifices d’animaux ; seule la sacrificature de Melchisédec, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, est une sacrificature de pleine bénédiction, fruit de la victoire remportée par Abram sur les rois d’Orient : il bénit Abram par ce Dieu Très-Haut, et il bénit ce Dieu Très-Haut avec Abram.

Moïse, avant le Sinaï mais après la sortie d’Égypte et la Pâque, rend témoignage à la bonté inlassable de Dieu envers un peuple ingrat dès son entrée dans le désert, et indocile ; l’autel de Jéhova Nissi l’exprime (Ex. 17:15), puis on voit Moïse associer son beau-père Jéthro, un Madianite, aux sacrifices offerts à Dieu (Ex. 18:12).

Mais c’est alors que l’Éternel va faire connaître son intention à l’égard de son peuple : «Vous m’appartiendrez en propre d’entre tous les peuples, car toute la terre est à moi, et vous me serez un royaume de sacrificateurs, et une nation sainte» (Ex. 19:5, 6). La promesse est immuable, mais son accomplissement est encore futur, dans le royaume de Christ. Ce peuple terrestre ainsi toujours mis à part, est en effet mis à l’épreuve, une condition a été imposée : «Si vous écoutez attentivement ma voix et si vous gardez mon alliance...» ce qu’Israël n’a pas fait et qu’il était incapable de faire ; aussi la pensée de Dieu s’accomplira seulement dans le règne de paix et de justice, où Israël sera le centre des bénédictions de la terre comme royaume de sacrificateurs : «Vous serez appelés les sacrificateurs de l’Éternel ; on dira de vous : les serviteurs de notre Dieu» (Ésaïe 61:6).

Avec le régime de la loi de Sinaï, sous lequel le peuple se place délibérément, méconnaissant la grâce qui jusque-là l’avait conduit, ce peuple n’est pas reconnu dans son entier comme sacrificateur, la sacrificature est confiée à une famille, celle d’Aaron (Ex. 28:1), spécialement consacrée «pour exercer la sacrificature devant moi». Elle est chargée d’assurer toutes les cérémonies du culte judaïque : «c’est en relation avec elle que le peuple a reçu sa loi» (Héb. 7:11). Dans ses rites se retrouvent toujours d’une part les offrandes, qu’il s’agisse de l’holocauste, de l’offrande de gâteau, du sacrifice de prospérité, d’autre part le sacrifice pour le péché (Héb. 5:1-4). Le sacrificateur en a besoin pour lui-même. Car cette sacrificature a failli, comme tout ce qui est mis entre des mains d’hommes ; elle a manqué dès son origine dans la personne d’Aaron : cédant à la volonté du peuple, Aaron, le sacrificateur désigné par Dieu avait fait lui-même le veau d’or ! Elle a néanmoins subsisté, «enveloppée d’infirmité», tant que Dieu n’avait pas mis de côté son peuple, et que des relations officielles étaient maintenues, quel que fût l’état des coeurs, éloignés de Dieu alors que les lèvres prétendaient l’honorer.

 

3                    Christ sacrificateur

3.1   Selon l’ordre de Melchisédec

Elle subsista jusqu’à ce que «se levât un autre sacrificateur», qui ne fût pas nommé selon l’ordre d’Aaron mais selon l’ordre de Melchisédec (Héb. 7:11). Elle a pris fin pour un temps, après que Jésus ait dû dire : «Votre maison vous est laissée déserte, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur». Quand Celui-là viendra pour régner, les relations lévitiques reprendront, la loi sera écrite sur leurs entendements comme sur leurs coeurs, le culte sera célébré selon la pensée de Dieu, avec des sacrificateurs de la race d’Aaron (Ézéchiel 44:15), mais ce sera dans la lumière d’une sacrificature bien plus élevée, celle de Melchisédec.

 

3.2   Sacrificature actuelle

Cette sacrificature, Christ l’exerce dès maintenant, en faveur de ceux qui croient. Il l’a acquise par son obéissance qui l’a conduit à la croix de Golgotha. Il a été «consommé» dans la souffrance (Héb. 5:9). Le même qui lui avait dit quand il vint dans ce monde : «Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré» lui a dit quand il a été «élevé dans la gloire» : «Tu es sacrificateur pour l’éternité». Il attend d’être manifesté en gloire : l’Éternel a dit à mon Seigneur : «Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour le marchepied de tes pieds» (Ps. 110).

 

3.3   Christ souverain sacrificateur des chrétiens, eux-mêmes sacrificateurs

C’est comme étant de l’ordre de Melchisédec qu’il est le sacrificateur de notre confession, le souverain sacrificateur des chrétiens, Jésus. Dans le ciel, il paraît pour nous devant Dieu, devant la face de Dieu. À tous ceux qui croient en lui il ouvre le chemin, de sorte qu’ils peuvent s’approcher de Dieu sans conscience de péché, et ils sont eux-mêmes une famille, la famille des enfants de Dieu, pour adorer Dieu dans son sanctuaire. Ils entrent, le voile déchiré, le chemin nouveau et vivant est ouvert aux sacrificateurs pour bénir Dieu et pour proclamer les vertus de Celui qui nous a sauvés. Ils constituent une sainte sacrificature, une sacrificature royale. Cela englobe tous ceux qui ont «goûté que le Seigneur est bon», tous les croyants. Il n’y a pas de sacrificateurs «pris d’entre les hommes». Nous pouvons nous approcher, famille agréée, nation sainte, une «sainte sacrificature» appelée à bénir Dieu en lui offrant des «sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ» (1 Pierre 2:5), et proclamer «les vertus de Celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (id. v. 9). Tous les «nés de nouveau» sont des sacrificateurs. Et eux seuls ! Autrement ce serait la négation du christianisme, fondé sur la pleine suffisance de l’oeuvre expiatoire de Jésus Christ venu sur la terre pour révéler l’amour de Dieu.

 

3.4   Les sacrificateurs ont eux-mêmes besoin d’un sacrificateur

Mais nous sommes sur la terre, «enveloppés d’infirmités» tant que nous serons dans ces corps mortels. Pour que nous fassions des privilèges de notre position en Christ une réalité, que nos relations avec Dieu soient effectives dans notre vie terrestre, il faut l’office médiatorial dont le service d’Aaron était une figure imparfaite. Jésus ressuscité et glorifié l’assure dans le ciel, «toujours vivant pour intercéder pour nous» qui marchons sur la terre comme le peuple de l’Éternel cheminait dans le désert vers Canaan.

 

3.5   Perfection de la sacrificature de Christ

Nous avons besoin d’un tel office, mais Aaron et ses fils étaient dans le même état d’infirmité que nous, alors que Christ, homme parfait, semblable à nous en toutes choses, à part le péché, est Fils de l’homme mais Fils de Dieu venu sur la terre pour obéir et qui a été glorifié, ayant été salué par Dieu sacrificateur pour l’éternité. «Un Fils consacré pour l’éternité». Il exerce en perfection, présentement, les offices d’Aaron dans leur dignité et il porte le caractère d’un Melchisédec. Il y a à la fois analogie entre les fonctions de la sacrificature lévitique et celles de Christ pour nous, et contraste dans la façon dont est effectué ce sacerdoce. La sacrificature aaronique, imparfaite, faillible, limitée, ne donnait que «la figure et l’ombre des choses célestes» (Hébr. 8:4, 5). Elle était limitée dans son action : le lieu très-saint était fermé, les sacrifices étaient à répéter sans cesse et ne représentaient que la remémoration des péchés, non leur expiation, et les sacrificateurs étaient eux-mêmes assujettis au péché et à la mort (Héb. 7:23). La sacrificature de Christ est parfaite, intransmissible, éternelle, illimitée.

 

3.6   Chercher à saisir la grandeur

Nous en sommes les objets, bien chers frères et soeurs, par grâce, mais sommes incapables d’en saisir toute la grandeur, d’en percevoir l’étendue, d’en mesurer l’efficacité et de comprendre tout ce qu’elle comporte d’amour infini. Mais Dieu a préparé dans sa Parole, pour nos entendements limités, des illustrations propres à nous faire entrevoir quelque chose de cela ; ce sont les divers «types» fournis par l’Ancien Testament. Tous les détails que l’Écriture nous donne sur la mise à part d’Aaron et de ses fils, leurs vêtements, leur consécration, leur service, sont propres à nous instruire et surtout nous représentent quelque côté de Christ et de son oeuvre. Les sacrificateurs offraient des dons selon la loi, mais ils servaient dans le tabernacle, figure pour le temps présent, ombre des choses célestes. Que nos pensées et nos regards se portent davantage vers les perfections de notre Souverain Sacrificateur !