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LES SAGES ENTRE LES SAGES

 

Proverbes 30:24-28

 

Il y a quatre choses petites sur la terre, qui sont sages entre les sages, nous est-il dit dans le livre des Proverbes (30:24-28). Il n’est pas dit simplement sages, ce qui est déjà fort rare dans un monde où il y a tant d’insensés, mais sages entre les sages. Il vaut la peine de les connaître et apprendre d’elles. C’est tout simple, les quatre sont caractérisées par la petitesse. Ce ne sont pas les grands qui sont sages (Job 32:9).

 

La première catégorie de ces sages qui soit mentionnée est les fourmis. Elles sont petites en effet. Avoir conscience de notre petitesse est la première condition pour devenir sage. Comme l’humilité nous convient en présence de Celui qui est merveilleusement grand, qui est revêtu de majesté et de magnificence, dont la grandeur est insondable, qui prend les sages dans leurs ruses et qui donne la grâce aux humbles ! Prenons notre vraie place devant lui, reconnaissons, sans fraude, ce que nous sommes. Qu’est-ce que l’homme ? Un pauvre ver de terre qui sait qu’il va mourir, et dont l’orgueil n’est égalé que par la vanité. « Les fils du commun ne sont que vanité, les fils des grands ne sont que mensonge : placés dans la balance, ils montent ensemble plus légers que la vanité » (Ps. 62:9). Abaissons-nous à notre niveau devant ce Dieu puissant qui nous montre où est la sagesse : chose plus désirable que les rubis, aucune des choses auxquelles nous prenons plaisir ne l’égale : longueur de jour est dans sa droite ; dans sa gauche, richesse et honneur. Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et qui la tient ferme est bienheureux.

 

La seconde chose qui nous est dite des fourmis, c’est qu’elles sont un peuple sans puissance. Il faut être fort pour vaincre, il faut vouloir, allez-vous dire. Les sages entre les sages sont sans puissance. Ce n’est pas de la sagesse que de vouloir lutter contre un plus fort que soi. S’il est important de connaître sa petitesse, combien aussi important est-il d’avoir conscience de sa faiblesse, car là est le secret de sa force. « Quand je suis faible, alors je suis fort » (2 Cor. 12:10). « Je me glorifierai donc dans mes infirmités, afin que la puissance du Christ demeure sur moi » (2 Cor. 12:9). S’il y a une leçon difficile entre toutes à apprendre, c’est que nous sommes des êtres « sans force ». « Car Christ, alors que nous étions sans force, au temps convenable, est mort pour des impies » (Rom. 5:6). Ceux qui ont conscience de leur entière incapacité cherchent leur force dans un Sauveur puissant qui a triomphé de toute la puissance de Satan et de la mort.

Chères âmes qui gémissez sous l’esclavage du péché, qui prenez de bonnes résolutions n’aboutissant à rien, considérez les fourmis, je vous prie, et devenez sages !

 

La troisième chose qui nous est dite des fourmis, c’est qu’elles préparent en été leurs vivres. « Va vers la fourmi, paresseux ; regarde ses voies et sois sage. Elle n’a ni chef, ni surveillant, ni gouverneur, elle prépare en été son pain, elle amasse pendant la moisson sa nourriture » (Proverbes 6:6-8). Rien ne les pousse au travail, ni chef, ni surveillant, ni gouverneur, rien ne les oblige, si ce n’est le sentiment qu’il y a un temps dans lequel elles peuvent amasser ce qui les fera vivre quand viendront les mauvais jours. Pour nous, c’est aujourd’hui qu’il faut venir à celui qui donne la vie éternelle, par la foi au Seigneur Jésus ; c’est aujourd’hui qu’il faut recueillir des richesses éternelles et des biens dans les cieux, d’où les voleurs n’approchent pas et où la teigne ne détruit pas. Quelle folie de ne penser qu’au temps présent, quand toute une éternité est en jeu ! Quelle diligence chez ces petits animaux ; quelle activité dans une fourmilière ! L’hiver vient ; si elles ne se hâtent pas, elles auront faim. Quand le temps de la moisson est passé, on ne trouve rien.

 

Les damans sont des mammifères de la taille d’un petit lapin. On les rencontre surtout en Abyssinie. Ce sont de gentils animaux qui ont beaucoup d’analogie, quant à leurs mœurs, avec les marmottes de nos contrées. Ils vivent en colonies dans les rochers, où on peut les voir se chauffer au soleil ; arrive-t-il un danger quelconque, toute la petite bande se réfugie dans les anfractuosités des rochers, se mettant ainsi à l’abri de tous leurs ennemis.

Pour les Juifs, les damans étaient des animaux impurs, et il leur était défendu de manger de leur chair. Mais dans notre chapitre, ils nous sont donnés comme un exemple de sages entre les sages, comme les fourmis dont nous avons parlé plus haut. Il nous est dit qu’ils sont un peuple sans puissance. En effet, ils n’ont pas d’armes pour se défendre contre leurs ennemis ; leur petite taille les met à la merci de tous les animaux carnivores, et de tous les oiseaux de proie. Leurs dents ne sont pas assez fortes pour causer des morsures sérieuses, et ils n’ont pas de griffes, chacun de leurs doigts étant enfermé dans un petit sabot. Pauvres petits damans, qui ne peuvent se défendre eux-mêmes, et qui, conscients de leur incapacité, se cachent de devant leurs ennemis dans les fentes des rochers, où ils sont entièrement à l’abri ! C’est en cela que consiste leur sagesse.

 

Quel enseignement pour nous qui avons des ennemis nombreux contre lesquels nous sommes sans puissance. Que pouvons-nous, en effet, en présence de toute la méchanceté de Satan ? Qu’opposerions-nous à la folie de nos cœurs et aux appâts trompeurs du monde, et que pouvons-nous faire en face de tant d’autres dangers ? Il n’y a de sécurité qu’en se tenant bien près du Rocher des siècles : le Seigneur Jésus.

Quand le daman est dans le rocher, sa sécurité ne dépend pas de sa puissance à lui, mais bien de celle du rocher lui-même ; de même pour celui qui a trouvé son refuge en Christ, sa sécurité ne vient pas de lui, mais de Christ lui-même. C’est à Lui que l’ennemi devrait avoir à faire avant de pouvoir nuire au coupable qui se réfugie en Lui. Or Christ l’a vaincu une fois pour toutes, ayant été obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix.

Vous qui êtes poursuivis par le péché, assaillis par l’adversaire de vos âmes, qui tremblez en considérant sa puissance et votre faiblesse, votre folie même, le Rocher de votre secours est là, tout près de vous, qui vous dit : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » (Jean 6:37). « Dieu est notre refuge et notre force, un secours dans les détresses toujours facile à trouver » (Ps. 46:1). Nous pouvons n’être en nous-mêmes que de pauvres coupables, souillés par le péché, sans puissance contre le mal, ne trouvant en nous-mêmes aucune ressource ; écoutons les grandes leçons de ceux qui sont des petits sur la terre, mais qui sont sages entre les sages. Faisons comme les damans des rochers dont la puissance est dans un autre.

 

Maintenant d’autres sages entre les sages : Les sauterelles qui, elles aussi, sont petites sur la terre. Dans la loi de Moïse, elles étaient des animaux purs dont un Juif pieux pouvait manger (Lév. 11:21-22), « car elles ont des jambes avec lesquelles elles sautent sur la terre, » nous est-il dit. Un ennemi quelconque se présente-t-il devant elles, un danger se rencontre-t-il sur leur chemin ? Vite, un petit effort, et leurs jambes, comme de vrais ressorts, les lancent dans les airs, leurs ailes se déploient, et les voilà qui s’envolent loin, bien loin, échappant ainsi à leurs ennemis confus, et évitant tout danger en s’éloignant rapidement.

Chers lecteurs, ne comprenez-vous pas les leçons que Dieu veut nous donner par les sauterelles ? Avez-vous conscience de votre faiblesse, de votre petitesse, êtes-vous comme les espions que Josué envoya dans le pays de la promesse ? (Nombres 13:34). « Nous y avons vu des géants, et nous étions à nos yeux comme des sauterelles, et nous étions de même à leurs yeux ». Satan et toute sa puissance, le monde et tous ses dangers sont devant nous, et que sommes-nous pour les éviter ? Ne sommes-nous pas en leur présence comme de pauvres sauterelles ? Oui, certainement. Mais, au-dessus des difficultés, il y a une ressource ; dans le ciel un Sauveur qui peut sauver jusqu’à la fin ceux qui s’approchent de Dieu par lui, et la foi, comme avec des ailes, sait s’élever jusqu’à lui. Satan vous accuse peut-être en vous rappelant vos fautes. La foi sait qu’il y a un Sauveur qui est mort pour ces fautes et qui est ressuscité pour notre justification. Qui peut accuser un coupable qui croit en Jésus, puisque c’est Dieu qui l’a justifié sur le principe de la foi ? — Vous sentez votre faiblesse en présence des tentations ou de coupables habitudes, et en bien d’autres choses ? Il y a un Sauveur vivant dont la force s’accomplit dans notre faiblesse. La foi sait cela, s’élève jusqu’à lui, elle a des ressources que l’incrédule ne soupçonne pas, elle voit celui qui est caché dans le ciel, celui que Dieu a donné pour sauver ceux qui se confient en Lui. Oh ! les ailes de la foi... elles peuvent nous élever jusque dans les hautes sphères des conseils de Dieu et dans la jouissance des choses célestes ; elles nous transportent bien loin de la terre, et nous font entrer dans le ciel même.

 

Encore un petit, sage entre les sages : le lézard ! Mettons la main sur notre bouche et écoutons : c’est la sagesse qui nous parle. Faisons comme Agur et reconnaissons notre ignorance en présence de celui qui est monté aux cieux et qui en est descendu et dont le nom est Merveilleux. Qu’il daigne nous instruire ! Il a réprouvé la folie d’un prophète en faisant parler une ânesse d’une voix d’homme (Lui est-il plus difficile de faire parier une ânesse que de faire parler un fils d’homme ?). Il va nous enseigner en prenant, encore une fois, ce qui est petit sur la terre, un pauvre reptile, un être sans importance.

« Tu saisis le lézard avec les mains, et il est dans les palais des rois » (Proverbes 30:28). Demeure bien glorieuse pour une créature aussi insignifiante, allez-vous dire. En effet, nous n’aurions jamais songé à introduire le lézard dans un tel lieu, pensant qu’une muraille en ruine était bien suffisante pour le mettre à l’abri, et bien assez confortable pour lui ; lui-même n’aurait rien désiré de mieux. Mais les pensées de Dieu sont élevées au-dessus des nôtres, autant que les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Qui pourra l’empêcher d’accomplir ses desseins d’amour ? Qui le privera de la satisfaction d’être glorifié en enrichissant des misérables ?

Le lézard est un animal impur (Lévitique 11:29). Outre cela, il a quelque ressemblance avec le serpent, mais il est tout à fait inoffensif : on peut le saisir avec les mains sans danger.

Nous, nous regardons à l’apparence ; Dieu regarde au cœur et sait ce qu’il en est de chacun ; puis il a trouvé un moyen digne de lui pour purifier des êtres souillés : grande leçon qu’il a enseignée à son serviteur, l’apôtre Pierre, lorsqu’il vit descendre du ciel un grand vase contenant tous les reptiles de la terre, ainsi que les quadrupèdes et les oiseaux des cieux. « Lève-toi, Pierre, tue et mange, » lui fut-il dit. Mais Pierre répondit : « Non point, Seigneur ; car jamais je n’ai rien mangé qui soit impur ou immonde ». La voix lui fut adressée une seconde fois, disant : « Ce que Dieu a purifié, toi ne le tiens pas pour impur » (Actes 10:9-16). Le pécheur, lavé de ses souillures dans le sang de Christ, est maintenant plus blanc que neige.

Croyez-vous que Dieu pourrait laisser son racheté dans le monde, vraie maison qui s’écroule de toutes parts ? Non, son amour ne saurait être satisfait ainsi ; il veut l’avoir dans sa propre maison, dans le palais du grand Roi des Rois. Quelle félicité pour des créatures de rien ! Délivrées de leur misère, les voilà introduites dans la gloire. Il ne fallait rien de moins pour l’amour du Sauveur, qui a dit : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi » (Jean 17:24). Il ne fallait rien moins pour la gloire du Dieu bienheureux, qui veut être admiré dans les siens et glorifié dans tous ceux qui auront cru : Des lézards dans les palais des rois ! Qui aurait pensé à cela ?

Que Dieu veuille nous accorder à tous de connaître cette sagesse qui consiste : à nous occuper de l’avenir, tandis qu’il en est temps, comme les fourmis ; à nous mettre à l’abri, comme les damans, en mettant notre confiance en Celui qui est le Rocher des siècles, disant comme Moïse, homme de Dieu : Seigneur, tu as été notre demeure de génération en génération (Ps. 90) ; à nous laisser conduire par son Esprit en toutes choses en attendant d’être introduits dans la maison du Père, dans le palais du Roi. Fléchissons nos genoux devant lui pour l’adorer. Amen.