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N’AYANT RIEN ET POSSÉDANT TOUTES CHOSES

 

(2 Cor. 6:10 ; 1 Cor. 3:21-23)

 

à propos de Genèse 23

 

André Gibert

ME 1986 p. 305

 

 

Deux grands principes sont mis en évidence par la conduite d’Abraham après la mort de Sara. Le premier est que le pays de Canaan lui appartient de par la promesse de Dieu, non encore accomplie, mais sûre, de sorte que c’est là que «son mort» doit être enterré, c’est là qu’il doit ressusciter. Le second est qu’il est étranger dans ce pays tant que l’Éternel y supporte ses habitants (Gen. 15:16) ; ce n’est pas des Héthiens qu’Abraham en recevra l’héritage, mais de Dieu seul, qui l’a promis.

Tout est à Abraham, mais par la foi seule. Il vit en étranger et en nomade parmi ce qui lui est promis. Le temps n’est pas venu de posséder effectivement le pays, mais ce temps viendra. La mère des croyants l’attend ; sa mort même ne brise pas son espérance, comme le confirme le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux (v. 11-13). Et en effet, comme nous le savons, au temps fixé par Dieu, ce n’est pas par achat que le pays appartiendra à la semence d’Abraham, mais par la seule puissance de Dieu. Jusque là, le patriarche, et sa descendance fidèle après lui, attendra ; et, s’il veut posséder quelque chose à lui, il l’achètera, régulièrement, commercialement, selon l’usage de ce monde, pour qu’il n’y ait aucune contestation.

Il ne mélange pas les deux domaines. Le croyant, fils d’Abraham, ne doit le faire en aucune manière. «N’ayant rien, et possédant toutes choses». Payant le tribut aux autorités que Dieu maintient, et rendant l’honneur à qui l’honneur. Le monde n’a rien à faire dans ce que Dieu donne, mais le croyant ne revendique rien de ce qu’il possède pourtant en espérance.

Agissant ainsi, il «se garde pur» du monde (Jacq. 1:27) et peut marcher selon une voie nette, en toute honnêteté et piété. Il ne doit prêter à aucune contestation (cf. Gen. 21:22-34 ; Rom. 12:18). La foi s’élève au-dessus des affaires et circonstances terrestres ; elle ne les annule pas, n’en fait pas abstraction, mais les traite comme quelqu’un qui appartient à une autre sphère, qui a une autre vie, et qui pratique la justice selon Dieu. En se proposant toujours ce qui entraîne la séparation du mal, la foi manifeste la vie triomphante de la mort. Et elle démontre que Dieu et sa Parole sont sa part, «son bouclier et sa très grande récompense». Le roi de Sodome ne peut dire qu’il a enrichi Abram — Abram est plus riche que lui ! Mais les princes des Héthiens ne peuvent pas davantage dire qu’Abraham a profité d’eux, ou a acquis quoi que ce soit qu’il n’ait payé !

Étant combien plus riches qu’Abraham, nous qui sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ, nous devrions être attentifs à vivre dans le présent siècle «sobrement, et justement, et pieusement».