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LA POSITION, LA MARCHE ET LA FOI

 

 

André GIBERT

 

ME 1959 p. 29

 

Tables des matières :

1     «Devant Dieu en Christ»

2     «Au milieu d’une génération tortue et perverse» — Phil. 2, 15

3     «Si du moins» ... — Colossiens 1, 23

 

1                        «Devant Dieu en Christ» (2 Cor. 12:19) — La position

 

«Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ... nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour» (Éph. 1:4). Les croyants sont donc les objets d’un libre et souverain choix de Dieu, fait dans l’éternité et pour l’éternité. Il nous a voulus revêtus de caractères qui reflètent les siens : la sainteté, qui exclut et repousse tout ce qui n’est pas la volonté divine, — l’irréprochabilité qui est le propre de voies parfaitement conformes à cette volonté, — et cela dans ce qu’Il est en Lui-même, c’est-à-dire «en amour». Ces caractères sont ceux de Christ, en qui Dieu trouve ses délices et à qui Il nous associe dans ses conseils éternels. Nous ne pouvions être saints et irréprochables autrement qu’en Christ. Notre caractère est lié à notre position en Lui, en qui nous avons été «bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes» (v. 3). En dehors de Lui nous n’aurions été que des créatures, tombées de l’innocence dans le péché, souillées et coupables. Mais tel Il est, tels Dieu nous voit en Lui, et tels nous serons effectivement et exclusivement un jour.

Le croyant peut parler avec assurance d’une telle position et d’un tel caractère. La base sur laquelle ils sont inébranlablement fondés, c’est l’intention de Dieu. Il n’y a là aucune incertitude, nulle condition n’est posée, nulle réserve n’est faite. Dieu a fait connaître sa volonté ; n’aurait-il pas les moyens d’accomplir, dans le temps, le plan conçu par Lui seul dans l’éternité ? Rien ne saurait Lui faire obstacle, ou plutôt le triomphe de tous les obstacles est impliqué dans le conseil divin lui-même, qui a Christ pour agent : «Je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté». L’exécution de ce plan divin comporte notre adoption «pour lui, par Jésus Christ» (v. 5), et cette adoption est rendue possible par la rédemption (v. 7). Tout est accompli maintenant, l’oeuvre est parfaite, Christ paraît pour nous devant la face de Dieu, «Il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé», tout est «à la louange de la gloire de sa grâce» ; nous sommes «assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (2:6) et nous attendons d’être là avec Lui. Mais le caractère mis sur nous est en Lui, il l’était avant que nous fussions, de toute éternité, comme il l’est pour l’éternité.

 

2                        «Au milieu d’une génération tortue et perverse» (Phil. 2:15) — La marche du chrétien lumière dans ce monde

 

Ce caractère est mis sur les croyants ici-bas par l’Esprit saint qui leur a été donné. Ils sont placés, nouvelle création au sein de l’ancienne à laquelle ils appartiennent encore corporellement, «au milieu d’une génération tortue et perverse», parmi laquelle, leur est-il dit, «vous reluisez comme des luminaires». Leur position en Christ, leur relation avec Dieu comme Père — «des enfants de Dieu» — sont immuables, mais ils se trouvent sur la terre comme des preuves vivantes de l’oeuvre de Dieu parmi les oeuvres des hommes, comme les porteurs de la lumière que Christ a apportée dans les ténèbres de ce monde ; leur présence démontre les effets de la parole de vie dans des hommes.

Sommes-nous cela de façon effective et visible ? Ce témoignage est-il clairement rendu ? La même parole, par le même Esprit, enseigne le nouvel homme, l’avertit, le réveille, pour que toute activité de l’ancien soit immédiatement jugée, car le péché demeure en nous tant que nous sommes dans ces corps. Mais rien ne peut changer quoi que ce soit à notre vocation présente, qui est d’être «sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables». Dieu nous revêt, devant le monde, de ce titre sans égal, ses enfants. Nous l’avons reçu par grâce, par la foi au nom du Verbe fait chair. Si nous avons le privilège de prendre un tel nom, notre responsabilité est de le porter. Un enfant de Dieu doit être sans tache s’il veut revendiquer son titre sans se condamner lui-même, aux yeux même de ce monde, qui voit parfois mieux que nous à quoi notre noblesse nous oblige. Un chrétien dont la conduite justifie des reproches, qui se mêle à la corruption, ternit son caractère, en même temps qu’il «attriste le Saint Esprit de Dieu, par lequel il a été scellé pour le jour de la rédemption».

C’est dans le sentiment que nous sommes sans cesse exposés, dans la pratique, à renier notre caractère, que nous avons à nous conduire avec crainte, et à «travailler à notre propre salut avec crainte et tremblement» . Non que nous puissions être en aucune manière nos propres sauveurs, ni que notre Sauveur puisse perdre aucun des siens, mais la marche que nous sommes appelés à poursuivre est celle de sauvés, et de sauvés par Lui seul. La crainte sanctifiante qui remplit un coeur lorsqu’il a pris quelque peu conscience de la valeur d’une telle personne est de ne pas garder le contact avec elle, de lâcher sa main et d’être entraîné loin de Lui. Nous allons trouver le secret pour être ainsi gardés, dans un troisième passage qui nous parle, lui aussi, de gens «saints, irréprochables et irrépréhensibles».

 

3                        «Si du moins» ... (Colossiens 1:23) — la foi vivante et l’espérance

 

Dans l’épître aux Colossiens, les chrétiens sont considérés comme des gens qui étaient «autrefois étrangers et ennemis quant à leur entendement, dans les mauvaises oeuvres», donc non seulement éloignés de Dieu mais éloignés par leur faute, et opposés à Lui, et qui sont maintenant placés, en vertu de la mort de Christ, sur le terrain tout nouveau de la réconciliation. Nous trouvons le même but divin qu’en Éphésiens 1:4, savoir de les «présenter saints et irréprochables et irrépréhensibles devant Lui», mais alors que dans les Éphésiens ce but est énoncé en rapport avec le propos de Dieu, l’élection avant la fondation du monde, il l’est ici en rapport avec le moyen par lequel nous avons été réconciliés, c’est-à-dire «le corps de la chair» de Christ, dans lequel Il est mort pour nous, à la gloire de Dieu. Le moyen est aussi parfait que le propos. Notre présentation comme saints et irréprochables est aussi sûre, de par l’efficacité de ce moyen, qu’elle l’est de par la souveraineté du conseil éternel dont elle procède. Elle ne dépend pas de nous, mais de Dieu, manifesté et agissant en Christ. Tout ce que réclamait notre condition a été fait, et rien ne peut être ajouté à une telle oeuvre. Christ aura les siens avec Lui en gloire, parfaits comme Lui-même. C’est Lui qui les présentera. Tandis qu’ils sont encore sur la terre, morts avec Lui, ressuscités avec Lui, leur vie est cachée avec Lui en Dieu, et quand Il sera manifesté ils seront alors, eux aussi, manifestés avec Lui en gloire. Mais à quel titre ont-ils part à des réalités si hautes ? Au titre de croyants, et ils les possèdent en espérance. La seule chose pour eux, mais c’est là leur responsabilité, est de ne pas abandonner la foi et l’espérance chrétiennes, sinon il ne leur reste rien.

Ils ne peuvent saisir quelque chose de leur part qu’en «demeurant dans la foi, fondés et fermes, et ne [se] laissant pas détourner de l’espérance de l’évangile» qu’ils ont ouï et cru lorsqu’ils ont reçu la parole de vérité (v. 5, 6). La vie pratique du chrétien sur la terre procédera tout naturellement de cette foi et de cette espérance fermes. L’une et l’autre se nourrissent des choses d’en haut, et de rien d’autre. Les choses de la terre leur sont funestes. C’est pour cela que nous trouvons : «Si du moins...». Salutaire mise en garde, précieuse et non point troublante. Ce serait un non-sens que de dire à un incrédule qu’il est réconcilié et qu’il sera présenté saint et irréprochable. C’en serait un, tout autant, que de dire cela à quelqu’un qui se serait détourné de la foi, soit qu’il apostasie ce qu’il avait confessé, prouvant par là qu’il n’avait pas la foi du coeur, soit qu’il écoute un autre évangile présentant un autre Christ, et qu’il se trouve «déchu de la grâce». L’apôtre ne pouvait tenir ce langage aux Galates. Les certitudes et les promesses n’appartiennent qu’à la foi. Et celle-ci se montre par ses oeuvres.

Il faut soigneusement prendre garde, à ce propos, que ce n’est jamais la marche qui produit la foi et l’espérance, mais la foi et l’espérance qui produisent une marche conforme à ce que l’oeuvre de Christ a fait de nous et qui sera bientôt manifesté. C’est en pensant aux choses d’en haut que nous ne penserons pas à celles qui sont sur la terre, et que nous aurons et le discernement et l’énergie nécessaires pour «mortifier [nos] membres qui sont sur la terre».

Quelles sont donc ces choses d’en haut dont la foi s’occupe et qui nourrissent l’espérance ? Celles qui concernent Christ. Elles comportent tout ce que les versets précédents du chap. 1 nous disent de Lui, de ses primautés, de ses gloires, de son oeuvre, et des résultats de son oeuvre. Nous avons besoin de progresser dans cette connaissance, par le coeur et par l’esprit. Ce ne sont pas des choses qu’il suffit d’avoir entendues une fois, auxquelles on a cru une fois pour ne plus y revenir. Il faut au contraire y revenir sans cesse. Il faut que nos racines plongent dans le sol, ferme et nutritif à la fois (2:7), de façon à croître dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ. C’est toujours la même personne, mais mieux et plus intimement connue. Nous n’avons pas à apprendre une leçon morne et morte, mais à vivre, et à vivre de la «plénitude» elle-même.

Ainsi l’enseignement donné aux Colossiens, vient, par le «si du moins» de notre responsabilité, incorporer à la vie chrétienne pratique, dont s’occupe l’épître aux Philippiens, notre position en Christ dont nous entretient celle aux Éphésiens. Nous ne serons tels que Paul désirait voir les Philippiens, «sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables», que dans la mesure où nous ferons ce qu’il enjoint aux Colossiens, savoir de retenir, par la foi et dans l’espérance, la bienheureuse réalité posée par Dieu comme immuable, voulue par Lui avant la fondation du monde et acquise par l’oeuvre de Christ, celle d’être «saints et irréprochables devant lui, en amour». La foi et l’espérance sont en Lui, qui opère en nous «le vouloir et le faire, selon son bon plaisir».

«Or, à celui qui a le pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez, et de vous placer irréprochables devant sa gloire avec abondance de joie, — au seul Dieu, notre Sauveur, par notre seigneur Jésus Christ, gloire, majesté, force, et pouvoir, dès avant tout siècle, — et maintenant, et pour tous les siècles. Amen» (Jude 24, 25).