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L’HABITATION DE DIEU SUR LA TERRE

 

 

André Gibert

 

Table des matières :

1     Jusqu’à Christ

2     Christ ici-bas. «Le temple de son corps»

3     Christ en haut. L’Église, «habitation de Dieu par l’Esprit»

4     L’avenir

 

 

ME 1968 p. 85-93

 

Dieu «habite la lumière inaccessible» ; il «habite l’éternité» (*). Là, caché, inconnaissable en Lui-même — IL EST.

 

(*) 1 Tim. 6:16 ; Ésaie 57:15

Mais il se fait connaître par ce qu’il opère, et l’Écriture parle de son habitation dans les mondes créés par Lui.

Bien que les cieux des cieux ne puissent le contenir (*), il «habite les cieux», «en haut». De nombreux passages (**) parlent de ce «lieu de son habitation», sa «demeure sainte», dans les cieux qui, peuplés de créatures invisibles, sont la demeure propre des anges (***).

 

(*) 1 Rois 8:27

(**) Entre autres : Deut. 26:15 ; 1 Rois 8:27, 43 ; 2 Chron. 30:27 ; Ps. 113:5 ; 123:1 ; 68:5 ; Ésaie 57:15 ; 63:15 ; Jérémie 25:30

(***) Jude 6

La terre, elle, est «l’habitation des hommes» (*).

Mais Dieu a voulu, d’une part que des hommes deviennent des habitants du ciel, et cela à un titre plus élevé que les anges — d’autre part que Lui-même ait une habitation sur la terre.

C’est ce dernier dessein que nous désirons considérer dans ses grands traits.

(*) Ps. 115:16

 

1                        Jusqu’à Christ

Ce dessein de Dieu d’avoir une demeure dans le lieu d’habitation des hommes date d’avant la fondation du monde. Lors de la création, la Sagesse éternelle «se réjouissait dans la partie habitable de la terre de l’Éternel» (*) : elle voyait le monde habité à venir soumis à l’Homme glorifié, avec d’autres hommes associés à lui après avoir été rendus propres pour la présence de Dieu ; et dans l’avenir éternel «l’habitation de Dieu sera avec les hommes, et il habitera avec eux» (**).

(*) Prov. 8:31

(**) Apoc. 21:3

 

L’accomplissement de ce dessein divin est le fait de la grâce seule. Il se poursuit à travers toutes les dispensations de l’histoire de l’humanité, bien qu’Adam, et sa descendance après lui, s’y soit montré tristement réfractaire.

 

Avant la chute, il y avait des communications entre Dieu et une terre où «tout était très bon». Dieu visitait l’homme, «se promenait dans le jardin», sans qu’il nous soit dit cependant qu’Il habitât là, avec lui : la jouissance de la relation dans laquelle se trouvait Adam, innocent mais mis à l’épreuve, dépendait de son obéissance. Il a manqué et a été chassé d’Éden. L’homme ainsi exclu de la présence de Dieu, et Dieu à la fois se tenant et étant tenu à l’écart du monde qui s’organise sans lui, il semblait que la rupture fût définitive et irrévocable. Mais le dessein de grâce de Dieu subsiste. Dieu agit par son Esprit et sa Parole, vivifiant des croyants, et, soit avant le déluge où un Hénoc, un Noé, «marchent avec lui», soit après le déluge où un Abraham est l’«ami de Dieu», des hommes vivent dans une intimité plus ou moins grande avec ce Dieu qu’ils ont cru. Mais rien dans l’histoire de ces patriarches qui désigne ou promette une habitation de Dieu ici-bas. Il leur prépare une cité dans une patrie meilleure, c’est-à-dire une céleste ; leur foi reconnaît les droits de Dieu, reçoit ses promesses, compte sur lui. Mais Il n’habite pas avec eux.

 

Une telle habitation suppose en effet que l’obstacle du péché est ôté, au moins en figure ; car Dieu est saint et la terre souillée. Aussi n’en est-il parlé que lorsque Dieu eut mis à part, pour porter son nom, un peuple racheté. Comme on le sait, c’est seulement après la Pâque et la mer Rouge, dans le cantique d’Exode 15, le premier cantique de la Bible, qu’il est question expressément, à la fois de rédemption, de sainteté, et d’habitation de Dieu. L’Esprit de Dieu met au cœur de ce peuple racheté le désir d’une telle habitation («je lui préparerai une habitation» (*)) ; mais Dieu ne saurait habiter dans une maison due à l’homme, conçue et édifiée selon l’homme. Le lieu qu’il habitera, où il introduira et plantera Lui-même son peuple, il le préparera, Lui seul («le sanctuaire que tes mains ont préparé» (**)). C’est Lui qui donnera directement, par inspiration, à Moise comme à un David et un Salomon» (***), les instructions voulues pour que ces mains humaines construisent sur la terre une demeure concrète à l’Éternel.

 

(*) Ex. 15:2

(**) Ex. 15:7

(***) Ex. 25:9 ; 1 Chron. 28:12, 19 ; 1 Rois 8:38.

 

Ce fut d’abord le tabernacle, demeure temporaire adaptée à la vie errante de son peuple, la tente où Il entre en la remplissant de sa gloire» (*). Ce fut, plus tard, une fois le peuple établi dans le pays et les ennemis subjugués, le temple érigé par un roi glorieux, en un lieu inchangeable (**), et où la gloire de l’Éternel se manifeste pareillement» (***). Le désir du fidèle à l’égard de Sion, tel qu’il s’exprime en Ps. 132:5 continue celui d’Exode 15:2, de même que le propos de Dieu d’Exode 15:17 se fixe définitivement sur ce lieu (Ps. 132:13, 14).

 

(*) Ex. 40:34, 35

(**) 1 Rois 9:3

(***) 1 Rois 8:10, 11

 

Toutefois, si l’habitation de Dieu était bien parmi des hommes, elle n’était pas dans des hommes ; et si Dieu habitait au milieu de son peuple (*), il n’habitait pas en lui ; il était avec ce peuple, il le reconnaissait, mais il le laissait, bien qu’objet de grâce, sous l’alliance de la loi. Dieu n’était pas là dans la magnificence d’une gloire illuminant tout de son déploiement : au contraire, il «habitait dans une obscurité profonde» (**), la gloire se faisait «nuée», et l’homme n’avait pas de place dans la demeure où Dieu siégeait, séparé, inaccessible, entre les chérubins, à l’intérieur du voile. La loi n’avait que l’ombre des biens à venir.

 

(*) 1 Rois 6:13

(**) 1 Rois 8:12

 

Une telle habitation, d’autre part, ne pouvait être durable que si le peuple était fidèle à l’alliance (*). Il ne l’a pas été, il ne pouvait l’être. La patience et la miséricorde de Dieu ont pourtant été grandes. Une première fois, le peuple introduit en Canaan mais non encore en repos, s’est montré si rebelle, au temps des Juges, que «Dieu l’entendit... et il abandonna la demeure de Silo, et il abandonna la tente où il avait habité parmi les hommes» (**) ; mais ensuite, dans sa grâce souveraine il choisit Juda, David, et «Sion qu’il aima, et bâtit son sanctuaire» (***), le temple. Mais nous savons, hélas, ce que devint le royaume après les jours splendides de Salomon.

 

(*) 1 Rois 9:6-9

(**) Ps. 78:59, 60

(***) Ps. 78:68-70

 

Le moment arrive où la gloire de l’Éternel doit quitter le temple (*), et où la maison, abandonnée, est détruite par les Chaldéens. Elle est bien rebâtie après la captivité, et le nom de l’Éternel y est de nouveau invoqué, pour la joie et la consolation de «ceux qui craignent l’Éternel et pensent à son nom» (**), un Résidu au sein d’une masse de professants sans vie ; mais on ne peut pas dire que Dieu ait repris là son habitation. L’arche n’y est plus, donc ni propitiatoire ni chérubins, et la gloire de l’Éternel n’est pas retournée en son lieu terrestre. Les fidèles étaient enseignés par le prophète à attendre le Seigneur — Celui que le peuple professait «chercher» — qui «viendra soudain à Son temple» (***). Il en a été ainsi pendant les quatre siècles de troubles où, plus d’une fois pillée et profanée, pour être somptueusement reconstruite par les soins d’Hérode, la maison, nettoyée des idoles, balayée, ornée, semblait se préparer à accueillir ce Seigneur. Mais la repentance y avait-elle préparé les coeurs ?

 

(*) Ézéch. 9 et 11

(**) Mal. 3:16

(***) Mal. 3:1

 

Le voici. Le ciel se réjouit. «Bon plaisir dans les hommes !» Jésus, le Seigneur annoncé, paraît, vient, visite le temple ; mais il n’y séjourne pas : on en a fait une «caverne de voleurs». Dieu n’est pas là !

 

2                        Christ ici-bas. «Le temple de son corps»

Mais, absent du temple de pierre, Dieu est «en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même» (*). Par le plus admirable des mystères, Il habite ici-bas «manifesté en chair» (**). La plénitude se plaît à habiter dans le Fils de l’amour de Dieu ; toute la plénitude de la déité habite corporellement (***) dans cette Personne bénie, née de l’Esprit Saint, et en qui se voit le Père. Il est à la fois, «au milieu de nous», le tabernacle de la Parole devenue chair, et le temple du Dieu vivant» (****).

 

(*) 2 Cor. 5:19

(**) 1 Tim. 3:16

(***) Col. 1:19 ; 2:9

(****) Jean 1:14 ; 2:21

 

Il reste isolé, étranger ici-bas, parce qu’il est du ciel ; et on ne veut pas de Lui, parce que les hommes ne veulent pas de Dieu. Ce temple est le ciel sur la terre, et la terre ne peut le supporter. «Détruisez ce temple...» Et il a été détruit. On a crucifié le Seigneur de gloire. Certes, il avait dit : «en trois jours je le rebâtirai» (*), et effectivement le troisième jour il ressuscite, par la gloire du Père, mais c’en est fini pour ce monde, pour ce peuple, «il faut que le ciel reçoive» Celui dont on n’a pas voulu, et Dieu lui donne la gloire, le fait asseoir à sa droite, «jusqu’au temps du rétablissement de toutes choses» (**).

 

(*) Jean 2:19-21

(**) Actes 3:21

 

3                        Christ en haut. L’Église, «habitation de Dieu par l’Esprit»

La maison de pierre est ainsi plus que jamais «laissée déserte» (*),  en attendant sa destruction quarante ans plus tard. Mais, à la suite de la glorification de Christ, Dieu vient sur la terre non plus en manifestation corporelle mais dans la Personne invisible du Saint Esprit, agissant dès la Pentecôte pour former une «maison spirituelle», faite de «pierres vivantes» (**).

 

(*) Matt. 23:38

(**) 1 Pierre 2:5

 

La rédemption a été opérée. «C’est accompli». Ceux qui naissent de nouveau sont, après avoir cru, scellés du Saint Esprit de la promesse. Ils sont faits «gens de la maison de Dieu» ; ils sont «bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes dans le Christ Jésus» (*) ; ils sont déjà «assis ensemble dans les lieux célestes» en Lui (*), en attendant d’y être de fait dans des corps glorifiés ; ils sont «rendus capables de participer au lot des saints dans la lumière» (**) ; ils sont appelés à «la communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ» (***). Leur appel est céleste, mais déjà est céleste leur position en Christ, et la foi saisit dès maintenant cette part bénie, qui n’avait été celle d’aucun saint jusqu’alors. Puissions-nous la saisir vraiment, chers enfants de Dieu !

 

(*) Éph. 1:3 ; 2:6

(**) Col. 1:12

(***) 1 Jean 1:3

 

Et c’est parce qu’ils ont cette position en Christ, que la même opération du Saint Esprit fait d’eux des vases propres à l’habitation de Dieu. Le corps de chaque croyant est le temple du Saint Esprit (*), et l’Église, comme tout, est une «habitation de Dieu par l’Esprit» (**).

 

(*) 1 Cor. 6:19

(**) Éph. 2:22

 

L’état ainsi créé, savoir l’état chrétien, est unique et merveilleux. Rien de tel ne s’était jamais vu, ni ne se reverra après le temps de l’Église. Dieu habite non plus au milieu d’un peuple, avec des hommes, parmi eux, mais dans des hommes. Israël n’a jamais constitué l’habitation de l’Éternel, mais l’Église est l’habitation de Dieu. L’Église séjourne sur la terre comme Christ y a été, c’est-à-dire comme n’étant pas de la terre mais du ciel ; elle n’est pas une institution humaine mais un corps céleste, étranger ici-bas, et insupportable pour le monde. Pénétrons-nous bien de cela. «Vous êtes» (non «vous serez») «édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit». Notre façon de vivre dans ce monde dépend dans une large mesure de la façon dont nous recevons l’enseignement de la Parole à ce sujet.

L’homme ne peut changer le caractère de cette habitation, c’est celui de Dieu, imprimé par Lui, sans rien de la chair incapable et ennemie. La maison de Dieu est sainte comme Dieu est saint ; l’ordre qui y convient est celui de Dieu. Il ne s’agit plus de rites ou de cérémonies, mais des effets moraux du travail intérieur de l’Esprit de puissance, d’amour et de conseil. Les «signes» ont eu leur place pour confirmer la Parole, et de tous temps Dieu emploie comme instruments qui Il veut ; mais le Saint Esprit est dans les croyants seuls, Dieu n’«habite» que là. Sa rencontre avec les siens, en intimité, en communion, est quelque chose de secret, et c’est de cette façon cachée qu’il habite dans l’Église. Le «mystère de la piété» (1 Tim. 3:16) se lie significativement à «la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant» (v. 15). On dira que le Saint Esprit est dans le monde, qu’il est dans la «grande maison» de la chrétienté, c’est vrai, il y opère en grâce, vivifie puis scelle ceux qui croient en Jésus ; mais ce n’est nullement là son habitation, au contraire, il est là en étranger, en témoin à charge (Jean 16:8), et ceux chez qui il habite comme leur «Consolateur» sont dans le monde mais ne sont pas du monde. Nous chantons : L’Église est étrangère Maintenant ici-bas. Appliquons-nous à tirer de ce fait ses conséquences pratiques. Et ici entre en jeu notre responsabilité comme croyants.

En effet, s’il s’agit de la construction de l’Assemblée par Christ, cette action d’édification divine, invisible, est parfaite. La maison «croît pour être un temple saint dans le Seigneur» (*), les pierres vivifiées prennent place l’une après l’autre sur le fondement, en fonction de la maîtresse pierre de coin, vivante, précieuse aux yeux de Dieu» (**). Bientôt l’édifice, enfin achevé, prendra place en haut dans sa perfection immuable.

 

(*) Éph. 2:20, 21

(**) 1 Pierre 2:4, 5

 

Mais le témoignage visible de ce travail spirituel est confié aux croyants. Et là se montre l’activité charnelle, opposée à l’Esprit. Elle donne, dans l’aspect extérieur de la maison, le mélange des bons et des mauvais matériaux (*) ; et à l’intérieur elle produit le mélange des vases à honneur et des vases à déshonneur (**).

 

(*) 1 Cor. 3:9-17

(**) 2 Tim. 2:20

 

L’Esprit de Dieu, dans les épîtres, multiplie les exhortations, les enseignements et les avertissements propres à nous inciter à la sainteté pratique en serrant la Parole en nous et en la laissant agir sur nos consciences et nos coeurs ; le Seigneur, qui marche au milieu des sept lampes d’or, parle de bien des manières à son Assemblée ; Dieu discipline ses enfants et agit maintenant en jugement sur sa maison pour la purifier, avant de juger le monde. Un exercice continuel est nécessaire au fidèle pour qu’il se sépare du mal et poursuive la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un coeur pur (*), et qu’ensemble ils vivent comme étant l’habitation de Dieu par l’Esprit. Ne nous contentons pas de la théorie de l’Assemblée ; si elle n’est pour nous que pure lettre, sachons bien que toujours la lettre tue. Réveillons-nous. L’effort inlassable de l’ennemi est de mêler l’Église au monde, alors que le propre de l’Église selon Dieu est d’être l’habitation de Dieu par cet Esprit qui convainc le monde de péché, de justice et de jugement. Cela ne nous dit-il rien ?

(*) 2 Tim. 2:21, 22

 

4                        L’avenir

Bientôt l’Église, habitation présente de Dieu ici-bas, quittera cette terre, et prendra place dans le ciel. Le Saint Esprit s’en ira avec elle. Restera ici-bas, pour un temps très court, la maison extérieure, ce qui a été édifié par l’homme, la profession sans Christ et sans l’Esprit. Puis cette Babylone sera jugée : il est frappant qu’elle soit appelée en Apoc. 18:1 la demeure de démons (ou : l’habitation, c’est le même mot qu’en Éph. 2:22 et ce sont les deux seuls emplois du terme grec dans le Nouveau Testament) : elle aura eu la prétention d’être l’habitation de Dieu, elle sera trouvée être celle des démons ! Dans le même temps, au temple de Jérusalem rebâti dans l’incrédulité, mais selon la parole du Christ une «maison balayée et ornée», l’Antichrist viendra s’asseoir (*).

 

(*) 2 Thess. 2:4

 

Babylone jugée, l’Antichrist «consumé par le souffle de la bouche» (*) du Seigneur Jésus manifesté en gloire, alors la place sera faite, sur la terre purifiée par les jugements, pour un temple nouveau, celui de la Jérusalem millénaire, alors que la Jérusalem céleste, «la femme de l’Agneau», la sainte cité, n’aura «pas de temple en elle» : elle appartient aux nouveaux cieux. Mais elle sera elle-même, à jamais, «l’habitation de Dieu» qui dans la nouvelle terre «sera avec les hommes» (Apocalypse 21).

 

(*) 2 Thess. 2:6

 

Alors sera accompli tout le dessein de Dieu, qui se reposera dans son amour ; alors sera éternellement glorifiée l’oeuvre de la rédemption, dans la réconciliation de toutes choses avec la plénitude.

«À Lui gloire dans l’Assemblée dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles ! Amen» (Éphésiens 3:21).